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Produits et activités

Tourisme de montagne: un flot d’idées

La pérennité du tourisme de montagne ne repose pas uniquement sur les sports d’hiver. Les changements climatiques incitent à revoir les stratégies de développement touristique vers une diversification de l’offre à travers les saisons. Plusieurs régions du Québec et ailleurs sur le globe s’adaptent et innovent. Pour se démarquer, certains n’hésitent pas à développer des produits et services autour de l’eau. Voici quelques initiatives inspirantes qui donnent le goût de plonger dans l’action !  

Miser sur le bien-être : se la couler douce

Les acteurs de l’industrie touristique de montagne font preuve d’imagination pour créer de nouveaux produits et expériences répondant aux attentes de la clientèle en quête de bien-être. L’eau devient une composante majeure de cette offre, étant perçue à la fois comme stimulante, apaisante et possédant de nombreux bienfaits pour la santé.  

La station de ski française La Plagne propose plusieurs activités alliant l’eau et le bien-être. L’activité nature «Bivouac Consciences» se déroule sur deux journées d’expédition le long de l’Isère. La rivière sert de fil conducteur à trois activités : une séance de yoga au bord de l’eau, une descente en rafting sur 18 km et une initiation/ou un perfectionnement à la pêche à la mouche. 

Source : La Plagne 

Selon les responsables de l’expédition, le yoga permet aux participants de débuter le séjour en se concentrant sur l’essentiel. Cette première phase (ou étape) offre un espace pour atteindre un état de relaxation et de reconnexion à soi. La pêche est complémentaire créant un lien direct avec la rivière ainsi que son environnement visible et caché. Le rafting, quant à lui, vient équilibrer le tout en apportant une bonne dose d’adrénaline.  

En Suisse, un petit étang servant autrefois de réservoir pour alimenter la centrale électrique d’une scierie a été aménagé en 2003 en un centre de santé de la méthode Kneipp. Cette philosophie repose sur cinq principes fondamentaux : l’eau, les plantes, le mouvement, l’alimentation et l’équilibre. Cette doctrine soutient l’importance des thérapies naturelles ainsi que les forces de l’autoguérison du corps. Le site propose de la marche dans l’eau, un sentier pieds nus, un jardin d’herbes, des stations d’immersion et de repos.  

Source : Centre Kneipp de Schwandalpweiher  

Une vague d’adrénaline

L’eau rime parfois avec sensations fortes ! Certaines stations de ski ont usé d’imagination pour faire vivre des expériences sans nécessairement construire des structures imposantes et dispendieuses. Aquasensations est un parcours d’obstacles aquatiques à Val Cenis en Savoie qui intègre différents modules mélangeant accrobranches aquatiques, tyroliennes, cylindres, passerelle en bois, waterjump, etc. La vidéo suivante donne un aperçu. 

À Tignes, dans les Alpes françaises, Acroland invite les amateurs de sensations fortes à glisser sur de longs toboggans et à conclure leur descente dans les eaux du lac. L’installation propose trois niveaux de difficulté (6m, 9m, 12m) avec pour chacun d’entre eux la possibilité de choisir entre un toboggan avec tremplin, une piste avec une planche de bodyboards ou encore une descente sur des bouées gonflables. L’encadrement est assuré par Henri Authier, ancien champion de ski freestyle, spécialiste en acrobatie hot-jumping. 

Joindre l’utile à l’agréable

Les domaines skiables construisent de plus en plus de bassins de rétention pour l’enneigement artificiel. La plupart d’entre eux ne présentent aucun intérêt en termes de paysage ou de biodiversité. Quelques stations font preuve de souplesse et de créativité en permettant d’en faire de véritables ouvrages multifonctionnels sans nuire à la fonction de réservoir. C’est le cas du bassin de l’Alpe des Chaux, en Suisse, qui offre un espace de détente durant l’été avec une plage de gravier, une pataugeoire, une zone non-nageur et un bassin de natation. Selon les responsables du site, l’attractivité du site a dépassé les attentes puisque de 200 à 300 personnes par jour ont fréquenté les lieux alors que 100 visiteurs journaliers étaient prévus.  

Chaque goutte compte !

En raison de son fort attrait touristique, la gestion de l’eau n’est pas sans poser un problème. Sa forte consommation pour les multiples usages qui en sont faits met sous pression cette ressource naturelle limitée. S’ajoutent à cela les effets négatifs des changements climatiques qui affectent sa disponibilité et sa qualité. Il convient donc de construire un plan raisonné lors de la mise en place d’activités pour éviter de créer une pression supplémentaire dans son milieu.  

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Produits et activités

Développer l’offre touristique de la montagne sur 4 saisons

Au printemps 2022, la ministre du Tourisme du Québec, Caroline Proulx, a invité neuf régions à lui soumettre un « Plan montagne » sur quatre saisons. L’un des objectifs est de renforcer l’attractivité de ces lieux pour assurer la vitalité économique des régions. Ce plan constitue l’occasion de plancher sur des solutions qui permettront de diversifier l’offre touristique en montagne et de faire face aux changements climatiques. À cet égard, la France propose quelques modèles inspirants qui sont présentés dans cette analyse.

Développer l’offre de produits et surveiller son impact

Les enjeux que rencontrent les territoires de montagne sont nombreux et plusieurs destinations à travers le monde vivent des préoccupations semblables. L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) publiait d’ailleurs un rapport en décembre 2021 sur le sujet. D’entrée de jeu, l’OMT souligne que pour développer ce produit, il est essentiel de diversifier ses sources de revenus en proposant une offre renouvelée à fort impact, en termes d’attractivité, mais à faible impact, d’un point de vue environnemental.

Source : UNWTO

Une proposition d’expériences nouvelles, voire innovantes, contribue à la transformation des zones de montagne en destinations touristiques quatre saisons. L’étendue des possibilités est vaste : plein air et aventure, culture, gastronomie, bien-être, agrotourisme, tourisme spirituel et tourisme « communautaire », c’est-à-dire qui favorise le contact avec la communauté locale.

D’après l’OMT, pour qu’un développement se fasse de façon harmonieuse, les nouveaux produits doivent :

– Être authentiques et refléter les attributs uniques de la destination de montagne ;

– Avoir le soutien des communautés locales ;

– Respecter l’environnement naturel et social ;

– Se différencier de la concurrence ;

– Apporter une contribution économique significative ;

– Être conçus selon une approche durable et inclusive, en intégrant la création d’emplois de qualité.

Dans cette optique, il est important de surveiller en continu l’impact et les bénéfices des nouveaux produits ou services sur le territoire et les communautés en place. Par exemple, en Italie, l’Observatoire du tourisme durable de la région du sud Tyrol utilise des indicateurs tels que la satisfaction locale, l’emploi, la saisonnalité, l’occupation du territoire, la diversité des paysages, la gestion de l’énergie et de l’eau afin d’évaluer l’impact du tourisme sur l’économie, l’environnement et la société.

Accompagner les territoires de montagne

La France a dévoilé son plan Avenir Montagnes en mai 2021. Ce dernier consacre un important budget au volet ingénierie qui est piloté par l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT). Ce volet vise à accompagner près de 60 territoires de montagne qui désirent baser leur stratégie de développement sur une offre touristique diversifiée, quatre saisons, durable, respectueuse de la biodiversité et des paysages et qui consomme peu de ressources naturelles et foncières.

La vidéo qui suit présente les bonnes pratiques observées dans le massif des Bosges et le Massif central. On y trouve notamment le projet de rénovation de la Grande Traversée du Massif central à vélo. Accompagnée par l’ANCT, la démarche mobilise plusieurs acteurs locaux, valorise chacun des territoires qui sont traversés par l’itinéraire et contribue au développement de l’activité économique de la région.

Dynamiser les stations sur quatre saisons – Le cas de la station Chamrousse

Les motivations pour prendre des vacances à la montagne vont bien au-delà du ski. D’après une étude réalisée par Skift et Club MED, les visiteurs s’y rendent pour :

– Profiter de l’atmosphère et prendre de l’air frais (60 %)

– Recharger leurs batteries et déconnecter du quotidien (46 %) ;

– Passer du temps en famille et avec les amis (44 %) ;

– Utiliser les installations de bien-être comme le spa (28 %).

Depuis plusieurs années, de nombreuses stations de montagne font preuve d’innovation pour offrir une diversité d’activités et d’expériences sur quatre saisons. Par exemple, la station française Chamrousse, propose une panoplie d’expériences pour divertir et mettre au défi tous types de visiteurs, tant en saison blanche qu’en saison verte. On y trouve notamment 33 kilomètres de sentier pédestre qui se déclinent en balades familiales ou en randonnées sportives. Ces itinéraires incluent différentes activités ludiques telles que des parcours d’orientation, des chasses au trésor, des jeux-questionnaires, des activités de type escape game ou encore du géocaching et des balades guidées. Sur deux roues, les sportifs peuvent s’adonner à la descente en vélo de montagne, à la montée en vélo de route ou à des parcours de motocross, de BMX, de trottinette et de skateboard. En hauteur, les adeptes d’adrénaline retrouvent des activités telles que du via ferrata, de l’escalade, des parcours dans les arbres, de la tyrolienne et du parapente. Les plus courageux peuvent même dormir dans une tente suspendue à la falaise.

Au-delà de son caractère sportif, la station Chamrousse est une montagne qui met de l’avant la culture, l’artisanat et le bien-être. Il est donc possible d’y suivre des cours de yoga ou de photographie, de participer à toutes sortes d’ateliers (fabrication de savon, de biscuits, de produits cosmétiques, etc.), d’accéder à un spa ou même à une bibliothèque. Plusieurs fêtes et événements animent également la station.

L’engagement de la montagne envers le développement durable se traduit par plusieurs actions concrètes qui se déploient en respectant le patrimoine naturel du milieu. En 2019, la station a lancé le projet d’aménagement de la Croix de Chamrousse qui comprend :

– Des aménagements en montagne : passerelle piétonne de type himalayenne, itinéraires pédestres ;

– Des espaces de découverte : belvédères, espace de pique-nique, terrasse panoramique.

Pour veiller à la bonne intégration du projet dans son environnement naturel, une stratégie d’aménagement touristique a été élaborée en tenant compte de la préservation des milieux et des paysages. Ainsi, les zones touchées par les travaux ont été réhabilitées afin de régénérer l’espace naturel.

Source : Chamrousse.com

Depuis plus d’une décennie, le Réseau de veille en tourisme documente la transformation des stations de montagne en destination quatre saisons et partage plusieurs exemples de bonnes pratiques sur son site Web. Pour les (re) découvrir, voici quelques anciennes analyses :

Image à la une : Pexels

 

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Destinations Hébergement

Nouvelle vie aux bâtiments, second souffle aux villages

L’exode et le vieillissement de la population représentent des défis de taille pour plusieurs régions alpines. En Suisse, cette problématique impacte l’achalandage et le dynamisme des centres villageois. Divers bâtiments municipaux sont délaissés, puis abandonnés. Une réaffectation s’impose.  

Un modèle de gouvernance innovant

C’est ainsi que plusieurs villages font appel à l’Aide suisse à la montagne pour revitaliser ces lieux inoccupés. L’organisation est financée exclusivement par des dons et apporte son soutien aux projets générant de la valeur ajoutée et créant des emplois pour les populations suisses de montagne, notamment dans les secteurs de la restauration et de l’hébergement. Elle représente un modèle de gouvernance innovant qui encourage la mobilisation citoyenne. L’Aide suisse à la montagne reçoit l’appui de multiples experts bénévoles provenant de différentes sphères d’activité, comme le tourisme ou l’agriculture. Ces derniers examinent les demandes de projets des citoyens et soumettent leurs recommandations à un comité plus restreint, qui définit la stratégie, la supervise et décide ensuite du soutien monétaire accordé. En parallèle à ce processus, tous les dons sont gérés par une équipe administrative qui s’assure de garder une bonne relation avec les nombreux donateurs. En 2021, l’organisme a appuyé plus de 800 projets totalisant un investissement de 27,7 millions de francs — soit environ 38 millions de dollars canadiens.  

L’organisation reconnait ainsi l’importance de conférer à nouveau une fonction à un bâtiment symbolique dans un village. Définir un usage permet d’intéresser les habitants au potentiel d’un lieu inutilisé. En s’appropriant des bâtisses ou des sites ainsi que des enjeux y étant liés, les populations locales de montagne apprennent à connaitre leur territoire et à œuvrer pour sa pérennité. 

Petits villages, grandes ambitions

L’un des moyens de contrer l’exode est de permettre aux gens qui souhaitent rester dans leur région d’y travailler. La nouvelle vocation des bâtiments inoccupés contribue à la création d’emplois et donne l’occasion à plusieurs communautés d’améliorer leurs conditions de vie, mais aussi d’implanter une offre touristique à leur image. 

C’est notamment le cas d’Aragnon, une commune suisse du canton du Valais, qui reçoit de nombreux nomades numériques dans un espace de coworking situé dans l’édifice de l’ancienne école du village. De son côté, la localité de Pinsec propose aux touristes d’être hébergés dans de petites chambres d’hôtes, qui jadis, faisaient office de salles de classe.   

Dans le village de Gadmen, une école a été reconvertie en établissement d’hébergement. Le bâtiment principal accueille maintenant un hôtel qui comprend 11 chambres. On retrouve également sur place un restaurant, une salle de sport et un gîte avec plusieurs lits superposés pensés pour les groupes. 

Destination Hebrgement Ressources humaines rural

Source: Aide suisse à la montagne 

Dans la vallée de Muggio, le petit village de Scudellate, abritant à peine 20habitants à l’année, a entrepris un projet de plus grande envergure: un réseau dhébergement (albergo diffuso). Ce modèle italien offre les services d’un hôtel traditionnel selon une structure horizontale, qui subdivise les prestations hôtelières en plusieurs bâtiments. L’ancien restaurant a ainsi été rénové et fait à présent office de réception pour un petit hôtel qui se trouve à l’étage supérieur. Lécole, elle, accueille dorénavant quatrechambres d’hôtes comprenant plusieurs lits. À proximité, un Bed & Breakfast de luxe est en cours de construction et prévoit ouvrir ses portes en 2022. En termes de retombées, la revitalisation des diverses bâtisses a aidé à créer quatre emplois.  

destination Hebergement Ressources humaines rural

Source : Aide suisse à la montagne 

Crédit : Yannick Andrea 

Rappel à l’essentiel

Ces différentes communautés se sont tournées vers le tourisme pour redonner vie à leur région, sans pour autant perdre de vue leur objectif principal qui visait à contrer l’exode et à améliorer leurs conditions de vie en créant des emplois. Pour rester dans leur village natal, les habitants ont choisi d’investir dans la reconversion durable de certains bâtiments à l’abandon. Le contexte actuel de pénurie de main-d’œuvre nous rappelle l’importance de conserver nos ressources humaines. C’est d’autant plus primordial pour les petits joueurs qui jouissent d’une moins grande visibilité auprès des candidats potentiels. Comme quoi les plus petits peuvent aussi réussir à réaliser de grandes choses.  

Image à la une : Sergiu Vălenaș de Unsplash

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Produits et activités

Quand l’art trouve écho dans les territoires des montagnes

Nos confrères suisses de l’Observatoire Valaisan du Tourisme de l’Institut de Tourisme de la HES-SO Valais se sont penchés sur la redynamisation des territoires de montagne par l’animation et la création artistique. Voici deux exemples observés près de chez eux.

Faire revire un village qui se meurt

Chaque année, les amateurs de culture investissent de nouveaux lieux à Riom, village de montagne dans le canton des Grisons. Les spectateurs affluent. L’église baroque et la forteresse médiévale connaissent un second souffle. Le village revit pendant le Festival culturel Origen.

Depuis sa création en 2001, Origen a réussi son pari de transformer une région rurale en perte de vitesse en véritable pôle culturel, le tout en privilégiant les arts de la scène : théâtre, opéra, musique. En 2010, son fondateur, Giovanni Netzer, natif du lieu et âme de ce festival hors-norme, a fait installer un théâtre au col du Julier. Cette prouesse architecturale, construite en bois à 2284 mètres d’altitude dans un environnement extrême, celui de la haute montagne alpine, est une tour de Babel de 30 mètres de hauteur!

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Source : Savognin.graubuenden.ch

Avec les années, le développement de la région est devenu le thème central du Festival, car il faut penser à l’accueil du public, à l’hébergement, à la restauration, au transport et à l’implication des habitants. D’ailleurs, en 2019, le village de Riom, centre de ce pôle culturel, s’est porté candidat au concours du plus beau village de Suisse avec comme credo « la lutte contre la désertification rurale ». C’est dire la fierté affichée de ses habitants, qui peuvent également profiter de spectacles joués en romanche, une langue minoritaire en Suisse, mais toujours vivante dans cette région des Alpes grisonnes. 

Un vecteur de communication

Le Vision Art Festival est né en 2015, à l’initiative d’artistes passionnés par l’art urbain. Depuis, les murs de certains hôtels et de logements privés ou encore les surfaces offertes par l’infrastructure en béton des remontées mécaniques se couvrent de graffitis. À ce jour, les graffeurs ont peint 70 œuvres à des altitudes allant de 1500 à 3000 mètres. L’environnement climatique extrême de la haute montagne pose d’ailleurs des défis importants aussi bien lors de la réalisation des fresques que pour leur préservation.

Source vidéo : Youtube, Vision Art Festival

« Susciter l’intérêt et gagner les faveurs des habitants de Crans-Montana a été notre premier défi », indiquent les organisateurs. Au début, des polémiques ont éclaté. Le Festival s’est donc adapté. Aujourd’hui, il est devenu plus facile de trouver du soutien au sein de la population. « Il y a des murs plus “sensibles” que d’autres », explique l’artiste Jam Rezgui. Ainsi, « les murs les plus visibles, c’est-à-dire ceux situés aux entrées et aux sorties de la station, ne sont pas trop colorés ». Les murs avec des graffitis plus colorés occupent des rues latérales, des espaces plus discrets.

Les graffeurs s’adaptent aussi aux couleurs de l’environnement urbain en jouant sur le mimétisme. Certaines thématiques parlent directement au cœur des résidents : le mur d’un bâtiment résidentiel illustre une scène avec des convives dégustant une fondue, tradition bien helvétique. L’œuvre a été réalisée par un artiste marocain. Un autre graffiti représente l’acteur Roger Moore, connu pour avoir incarné James Bond, célèbre résident de Crans-Montana décédé en 2017.

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Source : Jasm.1 2018 Hôtel Le Green

« Ce festival est du pain béni pour la destination! », s’enthousiasme Samuel Bonvin, directeur marketing de la destination. L’image de station huppée et désuète colle toujours à la peau de Crans-Montana, et ce, malgré la démocratisation des sports d’hiver dans les années soixante-dix. Le Festival permet de bousculer ce cliché, tout en respectant l’identité culturelle du lieu. En effet, la marque Crans-Montana cherche à se positionner comme une destination de plaine-montagne, avec ses sommets, son espace urbain et, au pied du coteau, ses vignobles ensoleillés.

Le Vision Art Festival donne une image d’audace et séduit un jeune public; c’est bénéfique pour la destination. En effet, il est difficile de construire une image cohérente sur la base d’une diversité d’offres, c’est-à-dire le ski, le golf, le magasinage, le sport, la randonnée, etc. Avec leurs 11 000 habitants, les communes du Haut-Plateau forment un espace urbain à la montagne. Le boum de la construction de résidences secondaires dans les années soixante-dix a laissé derrière lui son cortège de bâtiments en béton, que l’art urbain exploite aujourd’hui. Et le marketing numérique fonctionne ici à plein régime. Par exemple, l’œuvre de l’artiste espagnol Okuda San Miguel a déjà été visionnée 9 millions de fois et elle continue à générer des vues encore aujourd’hui.

Le Festival est un vecteur prodigieux de communication. Sa notoriété est très élevée à l’international et permet de faire rayonner la destination dans le monde entier.

La culture est très présente à Crans-Montana et la destination soutient 91 événements par année. « Nous ne subventionnons pas la culture », précise Samuel Bonvin, même si la destination appuie bon nombre d’événements culturels et en évalue les résultats. « Le Vison Art Festival n’a pas une note élevée en termes d’affluence, mais ce n’est pas son but que d’attirer le maximum de visiteurs. » En revanche, le Festival est un vecteur prodigieux de communication. Sa notoriété est très élevée à l’international et permet de faire rayonner la destination dans le monde entier. De l’avis des organisateurs, l’événement reste cependant méconnu des « locaux », c’est-à-dire des habitants du canton du Valais. Que ce public de proximité s’y intéresse serait une belle récompense pour les porteurs de ce projet culturel et artistique.

 

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Tourisme durable Transport

Accéder à la nature en transport collectif

Le Québec est un véritable terrain de jeu pour les Québécois, ainsi que pour les visiteurs internationaux qui sont de plus en plus nombreux à vouloir y faire du plein air.

Reconnu pour ses attraits naturels, le Québec est un véritable terrain de jeu pour les Québécois, ainsi que pour les visiteurs internationaux qui sont de plus en plus nombreux à vouloir y faire du plein air, tel que le montre une étude de la Chaire de tourisme Transat.

Cependant, l’accès au territoire, plus précisément aux sentiers et aux lieux de pratique, représente un défi majeur. Selon les données du sondage de Vividata 2018, plus du quart (26,6 %) des résidents de l’île de Montréal n’ont pas de véhicule. C’est également le cas de 11 % de la population de la région de Québec. Voici quelques solutions d’ici et d’ailleurs qui facilitent le transport vers la nature en partant des centres urbains.

Différentes navettes, différentes offres de services

Une escale en Islande

En Islande, les navettes Destination Blue Lagoon ont été mises en place afin d’offrir la possibilité aux voyageurs de se rendre directement au Lagon bleu à partir de l’aéroport de Keflavik ou encore de la ville de Reykjavik. Cette option permet aux passagers en escale de visiter un attrait du pays qui aurait été autrement inaccessible. Une belle façon de faire découvrir sa destination grâce à une courte escapade et de semer l’envie d’y retourner.

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Source : Jeff Sheldon, Unsplash

Nana au service des Montréalais 

En fonction depuis juin 2016, Nana une start-up montréalaise de la cohorte des entreprises « incubées » 2018-2019 du MT Lab, a été créée dans le but de faciliter l’accès à la nature pour les touristes. Un service de navettes s’adressant aux voyageurs et aux résidents est offert depuis Montréal jusqu’à l’entrée des parcs et réserves sélectionnés. 

Partenaire de Nana, le réseau d’autobus Parkbus, fondé en 2010, propose une offre complémentaire ailleurs au Canada. Desservant à ses débuts la ville de Toronto, cette entreprise fournit aujourd’hui ses services à Vancouver, à Halifax et à Ottawa. Elle travaille actuellement sur un projet favorisant l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite.

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 Source : Nana, la navette nature

Préservation de l’environnement : un incontournable pour la pérennité des activités 

Les entreprises et les organisations spécialisées dans le secteur du plein air sont de plus en plus nombreuses à sensibiliser leur clientèle à son impact sur l’environnement et à mettre en place des programmes assurant une saine gestion des ressources naturelles.

Détour Nature, excursions et sensibilisation 

Détour Nature est une entreprise québécoise qui organise des excursions guidées d’une journée ainsi que de courts voyages au Québec, au Canada et dans quelques États américains. Depuis 2008, elle collabore avec Planetair afin de compenser les gaz à effet de serre qu’elle produit. Elle mise également sur la philosophie de Sans trace Canada et, à chaque sortie, sensibilise sa clientèle à l’importance de ne rien laisser sur son passage.

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Source : Fanny Beaulieu Cormier

Un système de navettes multiarrêts 

 Fervente défenseuse de la préservation des richesses naturelles de la vallée de la Bow, Banff a été la toute première municipalité du Canada à introduire un réseau d’autobus entièrement hybrides et électriques. Le service de navettes Roam propose différents arrêts tout au long de la journée, afin de faciliter la découverte des destinations avoisinantes telles que le lac Minnewanka, la ville de Canmore, le mont Tunnel et le mont Sulphur. Ces autobus sont accessibles aux personnes à mobilité réduite et en fauteuil roulant. Il est aussi possible d’y transporter son vélo, ses skis, etc.

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Source : Roam Public Transit

Des stations de ski favorisent le transport en commun

Selon le rapport de la National Ski Areas Association, chaque année en Amérique du Nord, des millions de personnes visitent les stations de ski. Soucieuses de continuer à offrir des expériences de qualité, les stations de ski n’ont pas d’autre choix que d’instaurer des solutions pour préserver leur principal attrait : la nature.

En janvier 2019, la station suisse SkiArena Andermatt-Sedrun, en partenariat avec Protect Our Winters, a organisé une fin de semaine sans auto dans le but de sensibiliser sa clientèle à son empreinte écologique. Les personnes qui s’y rendaient en transport en commun bénéficiaient d’un rabais de 50 % sur leur billet de train et leur accès journalier.

En Utah, le programme Reducing Individual Driving for the Environment (R.I.D.E.) est un système de covoiturage créé par la station de ski Snowbird dans le but de réduire les émissions de carbone et la congestion routière. Depuis le début de l’année 2019, l’application du même nom est offerte. Cette dernière permet de cumuler des points à chaque déplacement enregistré et de profiter ainsi de divers privilèges. Ayant comme objectif de conscientiser et de responsabiliser, l’application indique à ses utilisateurs leurs économies de CO2, en direct sur leur téléphone intelligent. En 2018, ce programme a évité l’émission de 381 000 kilogrammes de CO2.

Les citoyens s’organisent 

Les citoyens s’engagent eux aussi et mettent sur pied diverses initiatives telles que le covoiturage et l’optimisation de l’utilisation du transport en commun.

Covoiturage Plein air Montréal est un groupe Facebook dont les membres peuvent proposer des sorties ou encore se joindre à des personnes possédant un véhicule pour une escapade. Fonctionnant sur le même principe, la plateforme québécoise Ski Covoiturage s’adresse plus particulièrement aux adeptes de sports alpins.

Aux États-Unis, OffMetro a été conçu par et pour des citadins souhaitant s’évader de la ville sans voiture. Son site Web regroupe des idées d’activités facilement accessibles en modes de transports alternatifs comme le vélo, l’autobus, le bateau, etc.

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L’accès à la nature est un incontournable pour plusieurs Québécois et touristes désirant profiter des paysages de la belle province. Proposez-vous un service de transport en commun qui facilite l’accès à votre attrait ? Avez-vous pensé à élaborer un système de points dans le but d’inciter votre clientèle à réduire son empreinte carbone ? N’hésitez pas à vous inspirer des différentes solutions d’ici et d’ailleurs afin d’améliorer votre offre.

Source image à la une : Roam Transit

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Produits et activités Tendances

Tendances et enjeux du tourisme hivernal

Le Réseau de veille en tourisme collabore depuis plusieurs années avec le ministère du Tourisme du Québec afin de produire le bulletin de veille sur le tourisme hivernal. Son objectif consiste à informer les intervenants de l’industrie sur un des produits prioritaires de la Stratégie de mise en valeur du tourisme hivernal au Québec et sur les marchés concurrents. Voici trois grandes tendances observées dans ce secteur d’activité.

 

L’acquisition de nouvelles clientèles

La plupart des destinations hivernales internationales font face aux mêmes défis : inciter la relève à pratiquer des sports d’hiver et attirer des touristes et des excursionnistes qui se tournent parfois vers des territoires offrant une situation climatique moins aléatoire.

Au Québec, le taux de pratique des principaux sports d’hiver peine à atteindre 20 % (voir le graphique 1). Selon les données du sondage administré par Vividata, le patin s’avère l’activité la plus populaire, tous groupes d’âge confondus. Les jeunes Québécois de 14 à 34 ans pratiquent davantage la planche à neige que la moyenne de la population, mais pour ce qui est des autres activités considérées par le sondage, les résultats affichent peu d’écarts entre chaque segment.

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Les jeunes, une relève essentielle

On utilise l’expression « déficit nature » pour parler, notamment, des jeunes qui passent peu de temps en milieu naturel. Or, pratiquer des activités en plein air l’hiver est souvent une question d’habitude et de mode de vie ; plus on le fait tôt (enfance et adolescence), plus on augmente les chances de conserver cette propension une fois adulte (lire aussi : Inciter les Y à pratiquer les sports d’hiver).

En France, les villages et les stations de montagne d’Auvergne-Rhône-Alpes tentent de reconquérir les jeunes avec l’initiative Génération Montagne. Piloté par Auvergne-Rhône-Alpes Tourisme et l’Association Nationale des Maires de Stations de Montagne, le projet appuie ses assises sur cinq leviers d’action concrets :

  • Développer et promouvoir des offres adaptées aux habitudes de consommation des jeunes ;
  • Soutenir les structures d’hébergement collectif ;
  • Proposer des conditions tarifaires adaptées ;
  • Numériser les offres ;
  • Faciliter l’accès aux stations.

La transformation des comportements et des habitudes de consommation des jeunes de la génération Z nécessite d’adapter son offre et de revoir ses stratégies de communication (lire aussi : L’entreprise qui murmurait à l’oreille des Z). Avec le projet Génération Montagne, on assiste à une mobilisation des intervenants du territoire afin de valoriser les atouts et l’attractivité de la montagne.

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Source : Génération Montagne

Diversification de l’offre

Le mode de vie nordique possède une unicité attrayante qui se décline en de nombreuses expériences. Mettre en valeur cette offre plurielle et authentique semble nécessaire, voire essentiel pour faire face à la concurrence internationale (lire aussi : Tourisme hivernal : 5 destinations qui se démarquent !).

Les destinations célèbrent l’hiver

La perception de la saison froide a évolué. Les incitatifs pour mettre le pied dehors se multiplient, si bien qu’en ville, en montagne et en région rurale, on cherche à embrasser l’hiver au lieu de le subir. Les festivals et événements de tous genres (culturels, gourmands, sportifs, etc.) occupent de plus en plus cette période de l’année, ce qui contribue à l’attractivité de la destination.

Dans le cadre de son 375e anniversaire, Montréal a créé Les Hivernales dans le but de célébrer la nordicité de la métropole. La programmation de cet événement proposait aux résidents et aux visiteurs des activités ludiques et festives, de janvier à mars 2017 :

  • Course à obstacles : Barbegazi ;
  • Festival de musique électronique : Igloofest ;
  • Tournoi de hockey en plein air : la Classique Montréalaise ;
  • Etc.

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Source : Ville.montreal.qc.ca

Les stations de ski continuent de se réinventer

Depuis plusieurs années, les stations ont compris que pour joindre un plus large public, il faut désormais diversifier son offre d’activités et placer le visiteur au cœur de ses réflexions (lire aussi : Diversification des activités hivernales dans les stations de ski). Cette tendance s’intensifie à un point tel qu’il semble incontournable de repenser la station d’aujourd’hui et de demain. 

En France, le Conseil départemental de l’Isère a mandaté Isère Tourisme pour réfléchir à la station du futur. Quels services, activités, animations, infrastructures et expériences globales répondront aux besoins et attentes de la clientèle en 2030 ?

  

Vidéo : Youtube

Avec l’apport de 75 experts (chefs d’entreprises, chercheurs, sociologues, start-up, etc.), Isère Tourisme a défini neuf thématiques majeures et proposé cinq positionnements :

  1. La station pleine énergie est orientée vers la santé et le bien-être ;
  2. La station douce rend hommage à un mode de vie responsable, en connexion avec la nature ;
  3. La station loisirs met en valeur l’envie de partager du temps en famille et entre amis en pratiquant des activités ensemble ;
  4. La station high-tech intègre l’innovation technologique afin de créer une expérience globale fluide ;
  5. La station hyper sport cherche à dépasser les limites de la pratique sportive intense.

station_future_isere_tendance_hiverSource : pro.isere-tourisme.com

Intensification de pratiques durables

L’hiver est-il encore synonyme de neige ? Oui, mais pour combien de temps ? Les changements climatiques sont un réel enjeu. L’irrégularité des conditions météorologiques fait en sorte que les amateurs d’activités hivernales planifient et réservent leurs séjours et leurs billets d’accès à la dernière minute. La vulnérabilité de l’industrie face au climat exige de revoir certaines façons de faire.

De la réflexion à l’action

Scientifiques, experts et professionnels sont unanimes quant au besoin d’adapter les modèles de gestion, de miser sur des pratiques durables, de soutenir l’innovation et de diversifier l’offre (lire aussi : Le climat change, et vous ?). Il est maintenant l’heure de passer à l’action !

Depuis 2008, la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ) travaille de pair avec la firme environnementale Nature-Action Québec afin d’étudier la question du développement durable et de créer un programme environnemental. En 2016, le programme de certification écoSentier a été lancé et suscite depuis l’intérêt de plusieurs clubs. Cette année, ils sont au nombre de 25 à avoir fait des demandes de certification, ce qui permet d’atteindre 1900 kilomètres de sentiers certifiés au Québec.

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Source : ecosentier.ca

Dans les stations de ski, le virage écoresponsable s’accentue et les actions sont nombreuses : adhésion à des programmes environnementaux, utilisation d’énergies renouvelables, protection des ressources naturelles, réduction d’émissions de carbone, investissement dans des équipements performants et moins énergivores, innovation visant la conservation de la neige, engagement des employés, mise en place de projets impliquant les visiteurs (lire aussi : Des stations de ski écoresponsables).

Ces grands enjeux et tendances témoignent de la fragilité de notre tourisme hivernal, mais aussi du dynamisme de notre industrie, qui multiplie les efforts pour protéger, adapter, développer l’hiver et le rendre accessible aux consommateurs d’aujourd’hui et de demain. Pour demeurer à l’affût de la veille effectuée sur ce thème, le RVT vous encourage à vous abonner aux bulletins du ministère du Tourisme.

 

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Des stations de ski écoresponsables

Fortement touchées par les impacts des changements climatiques, des stations de ski prennent le taureau par les cornes et développent des initiatives porteuses. Voici trois cas qui illustrent bien ce virage nécessaire.

Une station carboneutre en Finlande

Au début des années 2000, la station de ski finlandaise Pyhätunturi a mis sur pied un programme environnemental avec l’appui de l’entreprise canadienne Ecosign Mountain Planners. Ce programme avait pour but de protéger la nature environnante qui constitue la ressource première de l’entreprise et de favoriser le maintien d’activités profitables pour les générations futures. Le déploiement des actions du programme fut plutôt lent au début. C’est à partir de 2008 qu’il a véritablement pris son envol.

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Source : Pyhätunturi

Impliquer les employés dès le début 

La formation et l’engagement des employés au programme ont permis de faire la différence. Parmi les actions mises de l’avant pour les employés : le club Green Flakes. Celui-ci organise des événements spéciaux pour motiver le personnel à poser des actions écoresponsables. Pour devenir membre des Green Flakes, l’employé doit suggérer ou déployer une action qui améliore le bilan écologique de la station. Selon cette dernière, l’engagement des employés s’avère la clé de la mise en œuvre du plan de réduction des émissions de CO2.

l’engagement des employés s’avère la clé de la mise en œuvre du plan de réduction des émissions de CO2

À cet égard, la station a investi dans de l’équipement d’entretien moins énergivore. La flotte de dameuses et de motoneiges a subi une cure de jeunesse pour des modèles plus performants sur le plan énergétique. Toutefois, un usage approprié de ces véhicules est indispensable pour obtenir des résultats significatifs. Pour inciter les employés de l’entretien des pistes à mettre en application les mesures enseignées, la moitié des économies réalisées sur le carburant leur est transmise. Ils ont donc intérêt à faire grimper ce montant. Depuis 2008, la consommation d’essence pour les véhicules voués à l’entretien des pistes a baissé de 50 %. Ainsi, un programme d’incitatifs à la réduction de la consommation d’essence, jumelé à de l’équipement moins énergivore a porté ses fruits.

La station de l’année 

La station a implanté de nombreuses autres mesures pour réduire son empreinte environnementale. Mentionnons notamment l’installation de clôtures de neige à certains endroits afin de la retenir et d’éviter qu’elle ne soit balayée par les vents, maximisant ainsi l’utilisation de la neige naturelle. Les canons à neige s’activent et cessent leur production automatiquement en fonction des conditions météo. Depuis 2009, la station carbure à l’hydroélectricité et le chauffage est généré par la biomasse.

ski-cloture-neigeClôture de neige à Pyhätunturi

Bien qu’elles aient été réduites de moitié, les émissions de carbones restantes sont compensées par l’achat de crédits avec l’entreprise Nordic Offset qui investit dans des projets de technologie propre. Pour faire front commun face aux changements climatiques et atténuer leur progression, la station organise annuellement des séminaires afin de sensibiliser les entrepreneurs locaux et les intervenants de la région au développement durable. Pyhätunturi est la première, et toujours la seule station carboneutre de la Finlande. En 2017, elle a reçu le titre de station de l’année.

Une station qui carbure au soleil et au vent

Au Massachusetts, le Berkshire East Mountain Resort est autosuffisant en matière d’électricité. L’éolienne de la station ainsi que les quelque 1 800 panneaux solaires situés dans un champ voisin permettent même d’emmagasiner de l’énergie pour les journées où les éléments naturels ne sont pas au rendez-vous.

Ces installations et leur rendement suscitent la curiosité. L’expertise développée par la station en matière d’énergie renouvelable a mené à la création, en 2016, du Renewable Energy Classroom. Tout groupe intéressé par ces aménagements peut ainsi participer à des visites guidées et apprendre les bases des énergies éolienne et solaire et les mesures de gestion efficace de l’énergie. Il est aussi possible de visiter les installations sur une base individuelle.

Le Berkshire East Mountain Resort est récipiendaire d’un Golden Eagle Award for Environmental Excellence 2017 décerné par SKI Magazine. Il a remporté la plus haute distinction dans la catégorie des stations de petite taille.

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Source : Berkshire East Mountain Resort

Une station qui s’engage socialement

Également gagnant d’un Golden Eagle Award for Environmental Excellence 2017 — catégorie station de moyenne taille —, le domaine skiable Taos, au Nouveau-Mexique, se démarque par son programme de développement durable Taos Verde. Depuis deux ans, des mesures drastiques ont porté leurs fruits puisqu’une réduction de 10,9 % des émissions de CO2 a été enregistrée.

Depuis la saison dernière (2016-2017), Taos a cessé la vente de bouteilles d’eau en plastique. Pour accommoder les clients, la station vend des bouteilles réutilisables pour le même prix et a installé des fontaines à travers le site. L’initiative Hydrate Locally Help Globally permet de réduire la quantité de déchets — en moyenne, seulement 20 % des bouteilles de plastique seraient recyclées — et dénonce la production de bouteilles à usage unique. Ce sont 10 000 bouteilles de plastique par année qui seront ainsi retirées du marché.

Ce sont 10 000 bouteilles de plastique par année qui seront ainsi retirées du marché

Taos Ski Valley est la première station de ski certifiée B Corporations, un label pour les entreprises qui atteignent des standards élevés de performance économique, sociale et environnementale et de transparence envers le public. Une telle certification indique que Taos s’implique non seulement sur le plan environnemental, mais aussi dans sa communauté, afin de la rendre plus forte et plus résiliente. La vidéo suivante illustre bien les valeurs qui animent le programme B Corporations.

Protéger l’hiver

Les hivers de plus en plus incertains menacent la pérennité des activités hivernales des stations de ski. La nécessité d’agir dès maintenant pour réduire l’impact environnemental de l’activité humaine est bien sentie par un nombre grandissant d’entreprises. Des mouvements tels que Protect Our Winters (POW) ou le Climate Challenge qui incitent les stations à réduire leur empreinte écologique le démontrent bien.

Quelles sont les mesures mises de l’avant par votre entreprise pour réduire ses émissions de CO2?

 

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Parcourir la montagne une énigme à la fois

S’inspirant de la popularité des jeux d’évasion, qui consistent à la résolution d’énigmes par la recherche d’indices dans un laps de temps bien précis, la station de ski finlandaise a décidé d’importer le concept à la montagne. Appelée « The Lost Spell », l’activité invite les joueurs à partir à l’aventure sur les pistes de ski pour sauver le Pyhä tombé entre les mains diaboliques de Pakkasnoita, la sorcière du givre, en trouvant le sort perdu du gardien légendaire Huttu-Ukko.

Un départ est prévu toutes les 15 minutes et la durée du jeu est d’environ 2 heures et demie. Une personne peut jouer seule ou se joindre à un groupe. L’activité se déroulera sur les pentes de Pyhä du 7 au 22 avril 2018. 

L’objectif de cette nouvelle activité est de diversifier l’offre de la station pour les amateurs de glisse et, par le fait même, attirer une nouvelle clientèle puisqu’il s’agit d’une façon originale de découvrir la station même pour les skieurs peu expérimentés. Ce jeu d’évasion s’ajoute aux multiples activités déjà proposées. Pyhä a été nommée la meilleure station de ski du pays en 2017.

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Produits et activités

Les adeptes de vélo de montagne et leur relève

Selon l’État du vélo au Québec, 620 000 adultes québécois ont pratiqué le vélo de montagne en 2015, ce qui place l’activité sur un pied d’égalité avec le ski de fond, le hockey ou le ski alpin. L’offre est déjà bien développée : Vélo Québec répertorie 2247 km de sentiers répartis dans 124 sites. Avec l’arrivée du vélo à roues surdimensionnées (fatbike) il y a quelques années, on parle maintenant d’un sport quatre saisons de plusieurs réseaux de sentiers.

 

Sondage auprès des cyclistes de montagne québécois

Une étude réalisée par la Chaire de tourisme Transat à propos de plusieurs activités de plein air au Québec permet d’enrichir les connaissances concernant le comportement des cyclistes de montagne. L’échantillon pour cette activité est de 159 répondants québécois, dont 69 % sont des hommes.

  • Parmi eux, 43 % pratiquent ce sport depuis plus de 10 ans, 41 % depuis 3 à 10 ans.
  • Il s’agit d’une activité souvent occasionnelle : 31 % en font 3 à 5 fois par année et 25 %, 1 à 2 fois.
  • Environ 26 % sont des mordus qui pratiquent le vélo de montagne plus de 10 fois par année.
  • Que ce soit sur la durée ou la fréquence, les femmes sont moins assidues que les hommes.
  • Ces derniers s’adonnent au vélo de montagne seuls (48 %) ou entre amis (42 %) alors que les femmes en font le plus souvent en famille (46 %) ou avec leur conjoint (30 %).
  • Les disciplines les plus pratiquées sont le cross-country (74 %), le cyclocross (52 %) et la descente (51 %).
  • Faire de l’activité physique et profiter de la nature sont les principales motivations à la pratique de ce sport (voir le graphique 1).

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Il s’agit d’une activité qui se pratique principalement à proximité du domicile (à moins de 50 km pour plus de 90 % des répondants). Cependant, la moitié des répondants ont fait au moins un séjour avec nuitée incluant la pratique du vélo de montagne. Les excusions se planifient le jour même (42 %) ou la veille (29 %) alors que les séjours sont organisés plus d’une semaine (35 %) ou de 2 à 7 jours (32 %) à l’avance.

Le critère essentiel dans le choix d’un lieu de séjour est la beauté du paysage et de l’environnement : 79 % des individus le jugent important et 43 %, extrêmement important. La qualité des sentiers importe également pour les pratiquants.

Le coût de cette activité est le principal frein à sa pratique (56 %), suivi des risques de chute (25 %) et du fait qu’elle peut s’avérer trop exigeante physiquement (20 %).

L’achat d’équipement est d’ailleurs la principale dépense liée à ce sport. Les cyclistes ont dépensé en moyenne 183 $ au cours de la dernière année. Viennent ensuite les dépenses d’hébergement (100 $) et de restauration (94 $). Les droits d’accès représentent des dépenses annuelles de seulement 56 $

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Profil et comportement des utilisateurs de Trailforks

Trailforks est une base de données des sentiers de vélo de montagne à travers le monde et un outil pour les cyclistes, les gestionnaires de sites et les associations. L’information sur les sentiers repose sur les contributions des usagers et la validation par les associations et par d’autres usagers. Elle est reliée à Pinkbike, la plus importante communauté d’adeptes de vélo de montagne dans le monde.

En plus de l’information sur les sentiers, Trailforks cumule des statistiques sur les utilisateurs qui indiquent leur présence par l’application ou par l’entremise de Strava (une application de suivi de l’activité physique). Bien que ces statistiques comportent des biais méthodologiques — elles concernent les plus mordus —, elles fournissent néanmoins certains indicateurs intéressants.

En 2016, 270 utilisateurs uniques se sont connectés à Trailforks lors de sorties de vélo de montagne au Québec. À titre indicatif seulement, ces connexions démontrent que :

  • Les visiteurs hors Québec comptent pour 42 % des cyclistes de montagne dans la province. En comparaison, cette proportion s’élève à 85 % dans le cas du Vermont.
  • Les hommes représentent 96 % des utilisateurs.
  • Ils ont parcouru en moyenne 7 sentiers par visite.
  • Le segment des 30 à 40 ans domine (49 %), suivi des 40 à 50 ans (24 %) et des 20 à 30 ans (19 %).
  • Les secteurs ayant comptabilisé le plus grand nombre de sentiers parcourus sont Camp Fortune dans l’Outaouais, le mont Royal, le parc du Mont-Bellevue à Sherbrooke, le Mont-Sainte-Anne et les Sentiers du Moulin dans la région de Québec et Bromont dans les Cantons-de-l’Est.
  • La durée moyenne des sorties est de 2 heures pour une distance moyenne de 24 kilomètres.

Toutes les données accumulées constituent une précieuse source d’information pour les gestionnaires et les associations, ainsi qu’un plaidoyer pour justifier leurs actions et leurs projets.

Attirer davantage les jeunes et les femmes

une plus faible présence des femmes et des jeunes de moins de 30 ans

Ces deux sources d’information indiquent une plus faible présence des femmes et des jeunes de moins de 30 ans. Différentes initiatives sont mises en place pour attirer ces clientèles.

Velo_montagne_femme

Crédit photo : Christian Sabourin

Les espaces de pratique, ou véloparcs, pour enfants ou débutants se développent. Le Centre National de Cyclisme de Bromont a agrandi sa zone d’habiletés, particulièrement populaire auprès des enfants. Les pistes à vagues (pumptracks) et pistes récréatives sont une autre façon d’intéresser les jeunes. On en trouve deux à Mont-Tremblant, dont une modulable et démontable. Elle permet différentes configurations.

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Source : Vélo Mont-Tremblant

Plusieurs signes indiquent que le nombre de femmes, bien qu’encore en deçà de celui des hommes, est en forte croissance. Les entreprises de vélos proposent des gammes de modèles complètement adaptés ainsi que de l’équipement et des vêtements bien féminins.

Plusieurs communautés ont maintenant un ou plusieurs clubs de vélo de montagne dédiés aux jeunes ou exclusivement féminins tels que les Mudbunnies à Bromont, les Spin Sisters dans la région de Calgary ou les Poules qui roulent à Tremblant.

Mentionnons également la création d’écoles de vélo de montagne et de camps de vacances tels DirtCamp ou le Camp Kéno qui proposent un tel volet.

Le mot de la fin revient à la campagne « Sleep later » de Whistler Mountain Bike Park qui encourage des débutants à pratiquer cette activité, mais s’adresse aussi aux experts. Le message exprime l’idée que le vélo de montagne est une meilleure idée qu’un brunch au restaurant.

Source : Youtube Whistler Blackcomb Mountain

Crédit photo de l’image à la une : Christian Sabourin

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4 expériences innovantes en tourisme

La sixième rencontre des Francophonies du e-tourisme (#FET6) s’est déroulée du 6 au 8 juin à Sierre dans la région du Valais en Suisse, sous le thème de l’innovation. Lors du forum public du 8 juin, 25 experts de la Belgique, de la France, de la Suisse et du Québec ont présenté le fruit de leurs travaux, dont six expériences touristiques innovantes. En voici quatre.

Quartier Artisan : un territoire innovant

Quartier Artisan (QA) est un espace d’expression et d’accompagnement pour les artisans-entrepreneurs du Québec situé à Lac-Mégantic. Il a été mis sur pied par le Centre Magnétique, un OBNL fondé en 2014 par Bernard d’Arche et Cécile Branco afin de contribuer à la relance économique de la région à la suite de la tragédie de 2013 (déraillement d’un train et explosion en plein centre-ville). Lors des FET6, Cécile Branco a présenté la vision de QA, soit celle de créer un lieu en marge des grands centres urbains, où les artisans-entrepreneurs du Québec viennent se rencontrer, se ressourcer et cocréer; mais aussi un lieu de cohabitation avec des citoyens engagés. Dans le futur espace de cocréation logé dans une scierie désaffectée, Cécile Branco imagine des salles d’expositions culturelles, des ateliers, des bureaux, des lofts, un restaurant et, pourquoi pas, une salle de spectacles ? Ce Quartier Artisan innove sur un territoire meurtri et propose une nouvelle offre touristique qui s’inscrit admirablement dans la tendance du tourisme expérientiel.

Val Thorens : l’innovation à travers une stratégie marketing intégrée

Val Thorens, la plus haute station de montagne de France, a été élue meilleure station de ski européenne et meilleure station au monde trois fois. Val Tho, comme on aime bien l’appeler, porte l’innovation dans son ADN. Grégory Guzzo, directeur de l’Office de tourisme de Val Thorens, est convaincu que la station de montagne de demain saura élever son niveau d’excellence, créer et partager des liens uniques et vivants avec ses clients, ses habitants et son environnement.

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Source : Val Thorens

Pour y parvenir, la station met l’intégration des données au cœur de sa stratégie marketing et commerciale. Grâce à un outil de gestion de la relation client hyper sophistiqué qui lui permet de mettre en œuvre des expériences à partir d’enquêtes qualitatives, de création de personas et d’un audit du parcours du client (voir image), Val Tho enregistre des résultats enviables. Pour un investissement total de 750 000 euros au cours des 5 dernières années, la station a généré un chiffre d’affaires supplémentaire de 41 millions d’euros, soit un ROI de 55/1! Plus d’un client sur quatre (29 %) est un habitué de la station.

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Source : Grégory Guzzo FET6

Vinum Montis, une expérience unique

Monsieur Julien Petit, directeur chez Sierre-Anniviers Marketing, a présenté Vinum Montis, un projet œnotouristique innovant initié par l’Office du Tourisme de Sierre, Salgesch et les environs. Cette initiative vise à mettre en commun l’offre œnotouristique régionale en offrant divers outils, dont un site Web transactionnel qui propose un forfait de dégustation uniforme, des histoires, des anecdotes et de bons conseils sur les encaveurs et leurs produits ainsi que des événements liés à la dégustation. Le club des privilégiés donne accès, pour 49 francs suisses (environ 65 CAD) par personne, à de nombreux avantages tels des offres exclusives en ligne, des entrées à plusieurs événements viticoles locaux, au Musée du vin et aux cinq événements de dégustation Vinum Montis 2017. À l’heure actuelle, le site recense 1648 vins, 67 caves, 46 offres œnotouristiques, 33 événements, 6 hébergements et 7 œnothèques.

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Source : Vinum Montis

Magic Pass, la montagne accessible à tous

Monsieur Jean-Daniel Clivaz, président de Crans-Montana Tourisme et Congrès, a présenté aux participants des FET6 la toute nouvelle Magic Pass, un abonnement saisonnier unique qui sera disponible l’hiver prochain au coût de 359 CHF (environ 500 CAD). Cette carte offre à sa clientèle près de 1000 km de pistes, 14 parcs à neige, une demi-lune olympique, 2 glaciers, des bains thermaux, et plus. L’innovation de cet outil promotionnel : le regroupement en coopérative de 25 stations de ski indépendantes des régions valaisannes, vaudoises, fribourgeoises et de l’arc jurassien. Si le modèle existe dans d’autres pays avec des offres similaires à Magic Pass, il s’agit généralement d’une seule et même entreprise. Magic Mountains Cooperation propose une communication commune et le partage d’informations et de savoir-faire qui assurera une répartition des risques pour les petites destinations. Cette initiative exceptionnelle et unique en Suisse vise à moyen terme à modifier les habitudes des usagers et à faire de la montagne le terrain de prédilection pour les activités de plein air.

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Source : Magic Pass

Pour approfondir la réflexion, lisez les autres comptes rendus des FET6 : 

10 facteurs clés de l’innovation

L’Office de tourisme des Grands Lacs : une entreprise libérée

L’hôtelière devenue ambassadrice de sa destination