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Invasion de puces RFID dans les stations de ski

La technologie RFID (Radio Frequency Identification ou identification par radiofréquence), ces petites puces intelligentes pas plus grosses que des grains de sable, envahit les stations de ski, des cartes d’abonnement au matériel de location!

Le RFID est un système d’identification comprenant une étiquette munie d’une puce électronique dite «intelligente» qui sert à mémoriser de l’information et un lecteur. Le transfert des données du composant électronique vers le lecteur s’effectue sans contact, par radiofréquence, d’où son appellation (lire aussi: Le RFID suit à la trace bagages, voyageurs, congressistes et taxis).

Déjà utilisée dans plusieurs secteurs de l’industrie touristique, voilà que cette technologie prend d’assaut les stations de ski. On la retrouve notamment:

  • aux remonte-pentes et dans les abonnements;
  • dans les applications de location/prêt de matériel, skis, bottes, etc.

Les cartes d’abonnement ont bonne mémoire

Peu à peu, les cartes avec puce RFID font leur apparition dans quelques stations de sports d’hiver – elles sont encore rares, bien sûr. Mais viendra le jour, dans quelques années, où l’emploi de ces cartes sera monnaie courante.

Le système se présente comme suit:

  • une carte (ou un autre dispositif, un bracelet par exemple) munie d’une puce RFID servant d’émetteur;
  • des balises radio servant de récepteurs, disséminées aux endroits stratégiques comme les remonte-pentes, les haltes-restaurants, etc.

Tout comme ces puces permettent, grâce à un système de repérage électronique, de suivre à la trace les enfants dans un parc d’attractions (lire aussi: Au LegoLand, système de repérage électronique pour tous les enfants), elles donnent également la possibilité de suivre le skieur. Quelle piste emprunte-t-il? Suit-il un parcours systématique? Où et quand s’arrête-t-il pour se restaurer? À quelle heure vient-il le plus souvent?

Cette technologie présente de nombreux avantages:

  • pour l’utilisateur/skieur, car elle constitue un gain de temps (elle donne accès rapidement aux remonte-pentes) et elle est d’utilisation facile (plus besoin de la sortir et de la montrer à un contrôleur, elle peut donc rester bien au chaud dans la poche de votre veste, puisqu’elle est automatiquement détectée par les bornes électroniques);
  • pour les stations de ski, car, outre un gain en temps (moins d’attente et donc d’achalandage au bas des pistes) et d’efficacité, elle autorise le suivi du flux de skieurs sur les pistes en temps réel et l’optimisation de la capture de données essentielles exploitables pour améliorer les services (marketing, statistiques de fréquentation, yield management, etc.).

Cette carte est éternelle, puisque rechargeable. Dans le cas de certaines stations de France, on peut même la recharger par téléphone ou Internet. C’est ainsi à Chamrousse (dans l’Isère), Dévoluy (dans les Hautes-Alpes) et Val Fréjus (en Savoie).

Une puce dans les chaussures

Ici aussi la technologie RFID peut faire des miracles. Ces petites puces se retrouvent collées sur le matériel (skis, chaussures, bâtons, etc.) et donnent accès aux inventaires informatisés grâce à un ordinateur relié à un logiciel de réservation et de facturation.

L’implantation de cette technologie va donc remplacer sous peu les étiquettes manuelles ou munies de codes-barres, qui, avec la neige et l’eau, ont tendance à s’abîmer, se délaver, voire même se déchirer. Une véritable aubaine pour les responsables de la logistique, qui pourront suivre en temps réel le stock de matériel dédié à la location. C’est déjà le cas à la Bresse-Honhneck, dans les Vosges (France).

Des cartes « mains libres » déjà en activité

Aux États-Unis, en vue de la saison d’hiver, la station de ski de Tamarack (Idaho) a installé, en juillet 2004, un système d’accès mains libres (de marque Rapidtron) pour faciliter l’utilisation des remonte-pentes. De nombreuses stations américaines se sont également équipées de ces tourniquets informatisés, en Utah, au Colorado, etc.

Le système fonctionne sur la base de cartes individualisées grâce à un code et/ou une photographie de l’utilisateur et munies de la technologie RFID. La carte permet à son détenteur d’avoir rapidement accès aux remonte-pentes via un couloir réservé, sans devoir faire la file. Comme le système est géré par radio-fréquence, il ne nécessite aucun contact.

En France, à Bourg Saint-Maurice, le système mains libres arrivera cet hiver sur le domaine skiable des Arcs. Il suffira de présenter une carte à puce entre les bornes de départ de la remontée mécanique. Les travaux d’installation s’étaleront sur deux ans avec, dès cette année, l’aménagement de 80 bornes. À terme, près de 15 km de fibres optiques seront enterrés. Bien sûr, cette technologie coûte cher. Le budget de mise en place de ce système s’élève à près de 4 millions $CA.

Pas de puces au Québec

Au Québec, il n’existe encore rien de tel. Les stations Mont-Sainte-Anne, Le Massif de la Petite-Rivière-Saint-François et Stoneham, partenaires dans l’instauration du forfait «carte blanche», ont plutôt recours à un système de scanner (lecteur de type fusil) de codes-barres imprimés à même les tickets. L’information ainsi obtenue permet, non seulement de vérifier la validité du billet, mais aussi la collecte de quelques données statistiques sur la fréquence d’utilisation.

Pour Charles Blier, vice-président et directeur général du Mountain Creek Resort dans le Vermont (États-Unis), tout reste toujours une question de coûts-bénéfices. Les principales stations américaines possèdent déjà cette technologie et le coût s’y justifie plus facilement. C’est un bon moyen de se différencier des compétiteurs.

Mais au Québec, le retard s’explique selon lui par la sous-capitalisation de plusieurs stations. «Installera-t-il des canons à neige ou des équipements RFID? Voilà la grande question que se pose chaque propriétaire. C’est une question de choix tactique.»

Selon Steve Tremblay, directeur technique chez Softicket, une entreprise québécoise spécialisée dans les systèmes de gestion de billetterie et de concessions, aucune station québécoise n’utilise déjà cette technologie. Et il ne prévoit pas son implantation avant un ou deux ans. Il évoque les coûts très élevés et le fait que les Québécois sont plutôt réfractaires aux nouvelles technologies.

Une façon de contrer la dépense élevée

À l’hiver 2003-2004, dans les Pyrénées françaises, six stations de ski se sont regroupées sous la bannière N’Py, pour Nouvelles Pyrénées, afin de mettre en place un forfait commun. Elles proposent une carte à puce payante (55 $CA pour un adulte, 40 $CA pour les moins de 25 ans) qui, grâce à un prélèvement direct sur un compte bancaire et à un système de contrôle électronique, évite aux skieurs de faire la file aux caisses et d’avoir à sortir leur billet au départ des remontées mécaniques.

En plus de l’utilisation d’une même carte, les six stations partagent également les frais en matière d’achat de matériel, de formation du personnel, de marketing et de commercialisation.

Une bonne idée à retenir pour le Québec!

Voir aussi

Rapidtron
Tamarack (Idaho)
Les Arcs (France)
Softicket

Sources:
– Business Wire. «Ski resort gets smart access system», 12 juillet 2004.
– Fuquay, Jim. «Small chip, big changes: A computer chip makes tracking products easier», Star-Telegram (Fort Worth, TX), 18 juillet 2004.
– Tourmag. «Forfait mains libres pour 6 stations des Pyrénées», 26 novembre 2003.
– Barbaccia, Annie. «SKI: Les cartes électroniques dites mains libres se multiplient et se perfectionnent dans les stations de sport d’hiver», Le Figaro, 12 décembre 2003, p. 17.
– Sud-Ouest (Gers départemental). «Une carte à puce en commun pour N’Py», 2 décembre 2003, p. 2.

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La relève des skieurs et planchistes est-elle au rendez-vous?

Bien que le vieillissement de la population représente un véritable défi pour l’ensemble des entreprises de services, cette réalité touche particulièrement les stations de ski. La courbe démographique du Québec permettra-t-elle à l’industrie du ski de maintenir ses bonnes performances dans les années à venir? À la suite, voir L’AVIS DU PDG DE L’ASSQ.

Le Québec et les États-Unis: deux réalités différentes

Au Québec, la proportion de skieurs et planchistes de 50 ans et plus a doublé entre 1989 et 2002, passant de 6,1% à 12,7% (graphique 1), selon le Print Measurement Bureau. Elle représente cependant le segment le moins important, alors que les jeunes de 12-24 ans comptent pour près de 35% de cette clientèle. Notons aussi la forte progression du segment des 35-49 ans. Précisons que 78% des jours-ski (visites) proviennent du marché québécois.

Aux États-Unis, la situation s’avère plus problématique. Selon une étude menée par Leisure Trends Group auprès de 250 000 skieurs et planchistes américains de 16 ans et plus, les baby-boomers (nés entre 1946 et 1964) constituent désormais plus de 60% des skieurs, comparativement à 50% en 1992-1993. Durant cette même période, la part des 25-34 ans déclinait de 27% à 22% et celle des 16-24 ans de 23% à 19%.

Chez nos voisins du Sud, le nombre de nouveaux adeptes n’est pas aussi élevé que par le passé. La proportion des planchistes débutants est passée de 41% en 1996-1997 à 9% en 2002-2003, et de 9% à 2% du côté des skieurs. Évidemment, l’effet nouveauté de la planche à neige a créé un fort engouement dans les années 1990. Le marché américain représente environ 6% de l’ensemble des jours-ski du Québec.

Afin d’assurer un bon niveau d’achalandage dans les stations de ski, on doit continuer à miser sur un renouvellement constant des clientèles. La courbe démographique rend cette tâche d’autant plus primordiale. Heureusement, le modèle de croissance établi à la suite d’une enquête démographique du Conseil canadien du ski (CCS) confirme que les Canadiens de la génération Y, les 9-27 ans (28% de la population), skient beaucoup et constituent un excellent noyau de relève, avec 46% des skieurs et planchistes. Il s’agit d’une bonne nouvelle quand on constate que le taux de pratique diminue considérablement avec l’âge (graphique 2).

Au Québec, un adepte sur quatre fait partie de la relève, ce qui est de bon augure. Le programme Iniski & Inisurf à l’école, instauré en 1987 par l’Association des stations de ski du Québec, n’est certes pas étranger à ce succès. L’étude du CCS indique d’ailleurs que le Québec réussit mieux que les autres provinces en ce qui a trait à la conversion des débutants en skieurs et planchistes réguliers.

Un autre défi se pose pour les gestionnaires de stations: maintenir la clientèle actuelle sur les pentes, alors que la moyenne d’âge des skieurs augmente rapidement (graphique 1). Plusieurs raisons conditionnent les aînés à délaisser les sports de glisse. La détérioration de leur condition physique, et surtout les conséquences plus importantes d’un accident sur leur santé, viennent en tête de liste. On note également une résistance moindre au froid, qui en décourage plusieurs.

Des implications et des solutions pour les dirigeants

En dépit de la perspective d’une bonne relève, le déséquilibre dans la pyramide des âges permet de prévoir certains changements quant aux habitudes de consommation des skieurs. Voici quelques observations caractérisant la clientèle plus âgée:

  • La pratique se fait de manière moins intense. Les aînés skieront à leur rythme, vraisemblablement moins d’heures par jour. Une offre modulée sur une base quotidienne, avec des forfaits adaptés, leur convient davantage qu’un tarif unique.
  • Leurs exigences quant à la qualité du service et au confort des installations sont plus élevées. Les aires de repos de même que les lieux de contemplation et de quiétude s’avèrent particulièrement prisés.
  • La présence de services ou d’activités complémentaires sur place (ex. : un spa ou une bonne table) intéresse une clientèle qui se contente de moins de cinq heures de glisse par jour. Les baby-boomers sont davantage enclins à apprécier l’offre de sport de glisse comme une expérience touristique globale.
  • Cette clientèle est plus sensible aux prix des équipements qu’à la dernière trouvaille technologique.
  • Un environnement sécuritaire du domaine skiable (élimination des obstacles potentiels) rassurera les aînés, qui craignent de plus en plus les accidents en vieillissant.
  • Au Québec, la demande se concentre essentiellement du vendredi au dimanche, période comptant pour 92% de l’achalandage. Afin d’aplanir les périodes de pointe, les stations pourraient offrir des forfaits aux aînés afin de les attirer sur les pentes en semaine.

Perspectives encourageantes

En dépit du vieillissement de la population, l’avenir des stations de ski au Québec demeure fort prometteur. Plusieurs éléments structurants jouent en faveur de ce secteur:

  • Selon une étude de la Compagnie des Alpes, plus les skieurs commencent jeunes à s’adonner à ce sport, plus ils sont susceptibles de le pratiquer longtemps.
  • Les baby-boomers demeurent plus actifs que la génération précédente et disposent de plusieurs années additionnelles de ski.
  • Les baby-boomers qui demeureront adeptes jouiront de plus de temps libre et effectueront davantage de jours-ski. Ils présentent d’ailleurs des niveaux de participation supérieurs à ceux de la génération X (28-39 ans) ou de la génération Y (9-27 ans).
  • De plus en plus de parents skient avec leurs enfants: (57% en 1993-1994) aux États-Unis comparativement à 76% en 2002-2003.
  • L’apport du tourisme continuera à être salutaire pour de nombreuses stations.

Claude Péloquin

Sources:
– Spring, Jim. «Keeping the Boom Going», Ski Area Management, vol.43, no 3, mai 2004.
– Maine News. «Ski industry wants to keep aging skiers on the slopes», 29 février 2004.
– Serriere, Frédéric. «Sports d’hiver: challenge pour les seniors… et les stations!», Tourmag [www.tourmag.com], 2 mars 2004.
– Neville, Tim. «A Downhill Skier’s Uphill Climb», Business Week, 15 mars 2004.
– Reynier, Véronique, Kévin Vermeir et Bastien Soulé. «Les nouvelles glisses se banalisent», Espaces, no 214, avril 2004.
– Pointon, Nicole. «Hot New Ski Travel Trends for 2003/04 Season», Commission canadienne du tourisme, 21 octobre 2003.
– Conseil canadien du ski. «Modèles de croissance Québec et Ontario», 2004.

L’avis du président-directeur général de l’Association des stations de ski du Québec (ASSQ)

En réaction au texte publié en juillet dernier, je me permets de saluer la justesse de vos propos à l’égard du défi du renouvellement des clientèles. Cet enjeu est au coeur des préoccupations de l’Association des stations de ski du Québec et dicte une série d’actions visant à pallier les changements démographiques observés au Québec.

Nos programmes visant la relève s’adressent aux jeunes de 5 à 10 ans en diminuant au maximum les barrières à l’entrée. Nous anticipons ainsi augmenter le taux de participation de ce segment de clientèle à près de 40%. En atteignant ce résultat, et considérant un taux de conversion constant, nous croyons possible de convaincre et d’atteindre 20% de la population active du Québec d’ici 2010, comparativement à près de 17% actuellement.

Saisir les opportunités

De leur côté, les stations de ski s’adaptent en comprenant mieux les différents segments de clientèles, en offrant:

  • un accès tôt en saison, le défi étant de permettre l’accès maximal au domaine skiable pour la période des Fêtes, grâce aux systèmes de fabrication de neige plus performants;
  • un produit diversifié (ski de fond, raquette, sentier de patin sur glace, etc.);
  • une structure plus abordable du prix des abonnements, ciblant les périodes creuses;
  • une plus grande variété de billets de saison (abonnements);
  • un accès plus facile pour les débutants;
  • un environnement plus sécuritaire.

En réponse à votre question initiale, nous prenons tous les moyens pour que la relève soit au rendez-vous, tout en sachant que des obstacles importants se dressent. La compétition féroce pour le temps et l’argent disponibles pour les loisirs, les communautés ethniques pour qui l’hiver ne fait pas partie de leur culture, la sédentarité et la mauvaise condition physique des Québécois constituent des facteurs sur lesquels nous planchons actuellement (sans vouloir faire de jeu de mots…).

Depuis près de 10 ans, de nombreux experts, chercheurs, démographes et climatologues prévoient par ailleurs une importante diminution du marché du ski en Amérique du Nord. Pourtant, les cinq dernières saisons semblent démontrer un raffermissement de l’achalandage, et ce, malgré des conditions climatiques difficiles dans certains cas. Il faut croire que l’industrie prend les experts au sérieux en rivalisant d’imagination pour les faire mentir!

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Chaud devant! Le réchauffement climatique pourrait raccourcir la saison de ski

Selon Alain Bourque, climatologue à Environnement Canada, il faut s’attendre d’ici la fin du 21e siècle à une augmentation de la température moyenne de la surface du globe, d’environ 1 à 3,5 °Celsius (sur base des prévisions actuelles d’augmentation de la concentration atmosphérique de gaz à effet de serre et de sulfates).

Une étude effectuée récemment par le Programme des Nations unies pour l’environnement conclut que le réchauffement climatique aura un effet dévastateur sur l’industrie du ski.

Selon des chercheurs de l’Université de Zurich (Suisse), les précipitations de neige dans les centres de ski à basse altitude vont devenir de plus en plus faibles et difficiles à prévoir au cours des prochaines années. Les centres de ski de la côte Est du Canada, par exemple, pourraient constater un raccourcissement de la saison de ski de 7 à 32% d’ici à 2050.

Alain Bourque fait observer que, au Canada, la température moyenne annuelle pourrait augmenter de 5 à 10°C au cours du prochain siècle, entraînant avec elle une modification du régime de précipitations (pluie, neige, etc.). Au Québec, inutile de rappeler les mauvais souvenirs du déluge du Saguenay (1996) ou la tempête de verglas (1998). Le climat et la météo, en général, ne sont pas seulement des sujets de conversation banales pour personnes en mal de dialogue. C’est également une source de préoccupation majeure pour certains scientifiques, analystes et spécialistes du secteur du tourisme.

Le climat présente depuis toujours une tendance naturelle et normale à la variation: en fonction du flux solaire, des courants océaniques, de la couverture de neige et de glace, des éruptions volcaniques, etc. Mais, les changements climatiques actuels sont amplifiés par des modifications de la composition de l’atmosphère (accroissement des concentrations de gaz à effet de serre et des taux de sulfates).

Les données recueillies pour le Québec illustrent clairement le réchauffement «anormal» observé dans le Sud du Québec entre janvier 1998 et mars 2000.

De telles fluctuations auront une influence notoire sur l’industrie, l’environnement et l’économie en général, provoquant notamment:

  • la modification des ressources en eau (niveau, température et qualité), ce qui se répercutera inévitablement sur le secteur de la pêche et des transports fluviaux;
  • la dégradation du système routier et en général, du transport terrestre;
  • l’apparition de problèmes de réseaux d’égouts pluviaux et de drainage, causant des débordements et refoulements;
  • la modification du rendement et la productivité agricole;
  • la migration et développement de nouvelles maladies (comme le virus du Nil);
  • la modification du taux de natalité/mortalité des animaux et donc, la modification de la biodiversité.

Répercussions à envisager pour les stations de ski

Selon certains experts réunis lors de la 1ère Conférence internationale sur les changements climatiques et le tourisme (Tunisie, avril 2003), les répercussions seraient les suivantes:

  • des hivers plus humides, c’est-à-dire davantage de neige en haute altitude et de la pluie plus bas;
  • une saison de neige plus courte;
  • une saison de ski plus courte;
  • une demande accrue pour les stations de ski de haute altitude;
  • un risque d’avalanches accru;
  • etc.

Le changement climatique affecte à peu près de la même façon toutes les régions montagneuses du monde. Cette menace pour les sports hivernaux se manifeste déjà dans certaines régions de l’Europe (comme la Suisse et l’Autriche), alors que l’Écosse enregistre de plus en plus fréquemment des hivers sans neige.

Mesures d’adaptation

Pour les stations de ski, les stratégies d’adaptation à ces phénomènes sont variées. Elles vont de l’atténuation des effets négatifs du changement climatique à une modification complète du produit touristique.

Entre autre, ces stratégies sont les suivantes:

  • aux altitudes limites, utiliser davantage la neige artificielle pour élargir et compléter la couverture neigeuse naturelle au fur et à mesure du relèvement des températures;
  • les stations de haute altitude deviendront sans doute plus prisées et vont devoir s’adapter à une demande accrue;
  • les stations de plus basse altitude, avec une couverture neigeuse réduite, risquent de devoir mettre en place une vaste gamme d’activités de remplacement du ski pendant la saison d’hiver;
  • la neige devenant moins stable, il faudra des protections accrues contre les avalanches;
  • les stations qui ne peuvent plus compter à coup sûr sur des hivers neigeux devront «se réinventer» et se tourner vers des marchés de remplacement;
  • etc.

Il faudra peut-être réaménager l’année scolaire de manière à éviter que les périodes de vacances ne soient trop concentrées et revoir les dates des congés de la relâche. Une ébauche d’aménagement du calendrier scolaire et d’étalement des vacances est déjà en cours pour augmenter les potentiels touristiques.

Il est à noter qu’actuellement, les semaines d’achalandage dans les stations de ski ne correspondent pas aux semaines présentant les meilleures conditions climatiques.

Bref, il nous reste deux solutions: faire l’autruche… ou crier au loup!

Voir aussi

Programme des Nation unies pour l’Environnement

Sources :
– Organisation mondiale du tourisme. «1ère Conférence internationale sur le changement climatique et le tourisme», Djerba (Tunisie), 9-11 avril 2003.
– Bourque, Alain. «Les changements climatiques et leurs impacts», VertigO, vol. 1, no 2, septembre 2000.
– Bueckert, Dennis. «Réchauffement climatique: L’industrie du ski pourrait souffrir grandement», Le Nouvelliste, 15 décembre 2003.
– Watson, Robert T. «Bilan 2001 des changements climatiques: Rapport de synthèse», UNEP.