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Gestion Tourisme durable

Développer une région touristique de façon harmonieuse, c’est possible! (Compte rendu de conférence)

Comment assurer un développement récréotouristique durable et harmonieux propice à la mise en valeur d’une région, et ce, en se basant sur la concertation? La réponse: la coopérative de solidarité, une entreprise collective privée à l’esprit entrepreneurial. Et ça fonctionne! Nous vous présentons la coopérative de solidarité Vallée Bras-du-Nord dans la région de Saint-Raymond de Portneuf. Par son approche novatrice de gestion et de coopération, elle a remporté une dizaine de prix pour son projet Tourisme, paysage et coopération.

Danielle Larose, initiatrice et conseillère de la coopérative de solidarité Vallée Bras-du-Nord, est venue présenter le projet Tourisme, paysage et coopération lors des Journées RÉSEAU de la Fédération québécoise des organisations locales de tourisme, tenues en avril dernier à Québec. Mme Larose est avocate et conseillère juridique spécialisée en développement local, durable et solidaire dans les secteurs du tourisme, de la culture et auprès des autochtones.

La coopérative de solidarité est une structure de l’économie sociale qui intègre la notion de rentabilité, à la fois économique et sociale. Celle de la vallée du Bras-du-Nord n’est donc pas un organisme à but non lucratif, mais plutôt une organisation collective privée où les revenus générés sont réinvestis dans l’entreprise pour consolider les emplois des membres travailleurs, pour développer des infrastructures et en assurer la pérennité.

Créée en 2002, cette entité est issue d’une concertation locale entre les propriétaires riverains, les entreprises qui offrent des services récréotouristiques, les travailleurs récréoforestiers et touristiques, de même que les intervenants économiques locaux qui souhaitaient un développement de qualité qui mettrait en valeur la superbe vallée du Bras-du-Nord.

Pourquoi instaurer une telle structure?

  • Parce que la région possède des attraits significatifs – une vallée magnifique, 35 kilomètres de rivière, de nombreuses montagnes et falaises, une chute majestueuse, un paysage bucolique…
  • Pour contribuer à diversifier l’économie d’une communauté agroforestière dans une démarche de développement durable.
  • Pour susciter la coopération entre les différents acteurs.
  • Pour maintenir l’équilibre entre le développement touristique, l’exploitation forestière, la villégiature, l’environnement et la population locale.
  • Pour protéger le territoire et le mettre en valeur.
  • Pour élargir la participation active de la population, des entreprises touristiques, des travailleurs forestiers, des visiteurs, des intervenants (municipaux et gouvernementaux) à la mission de la coopérative de solidarité.
  • Pour faire converger des intérêts divergents.
  • Parce que la coopérative de solidarité unit le meilleur de l’entrepreneuriat collectif et privé.
  • Parce qu’elle se base sur les principes de la participation, de la prise en charge, de la responsabilité individuelle et collective.
  • Pour exercer un effet de levier significatif pour les entreprises privées.

L’ABC de cette coopérative de solidarité touristique

Qui s’occupe du développement des projets, de la promotion de la région, de l’accueil des visiteurs (information, signalisation sur le territoire, système de navettes pour réduire les déplacements automobiles, etc.) et de l’encadrement sécuritaire de la pratique des activités? La coopérative de solidarité.

Cette dernière privilégie l’encadrement (normes, code d’éthique, guide de bonnes pratiques, contrats de droits de passage, etc.) plutôt que l’instauration de réglementations. Le Plan d’implantation et d’intégration architectural (PIIA) a été établi par la suite afin de protéger les actions volontaires de la population.

La coopérative donne de l’emploi de qualité aux gens de la région, en particulier à des jeunes en situation d’insertion socioprofessionnelle. Depuis huit ans, 80 de ces jeunes ont travaillé d’arrache-pied à l’aménagement de plus de 70 kilomètres de sentiers. Elle sensibilise et mobilise la population en expliquant les projets et en tenant plusieurs actions citoyennes (fête champêtre, trousses d’actions, randonnée éco sommet, colloques, etc.).

Exploiter une coopérative de solidarité n’est pas un parcours qui se fait sans heurt surtout quand il s’agit de rivalités d’intérêts et de respect des droits de chacun. Tout passe par le dialogue et les préceptes du développement durable guident les choix. Le processus décisionnel s’exerce de façon démocratique selon trois types de membership – travailleur, utilisateur, soutien corporatif et individuel – et tous ont voix au chapitre: un membre, un vote.

Le projet Tourisme Paysage et Coopération intègre concrètement les seize principes de développement durable (qualité de vie, protection de l’environnement, efficacité économique, participation et engagement des citoyens, etc.) dans sa gestion courante et dans ses futurs développements.

La suite des choses…

Les gestionnaires ont encore beaucoup de pain sur la planche: consolidation du projet, mise en action du plan stratégique 2008-2012, atteinte de la rentabilité financière et évaluation de la pertinence et de l’impact de l’obtention d’un statut de parc régional. Plusieurs organismes nationaux, régionaux et locaux ont appuyé ce projet et d’autres devraient s’y joindre.

Par ses actions, la coopérative de solidarité Vallée Bras-du-Nord souhaite devenir une destination récréotouristique incontournable au Québec tout en gardant l’authenticité qui la distingue. C’est la grâce qu’on lui souhaite!

Sources:

– Larose, Danielle. «Tourisme, paysage et coopération», Les Journées RÉSEAU FQOLT (Fédération québécoise des organisations locales de tourisme), «Le développement durable en tourisme», tenues les 16 et 17 avril 2008 à Québec.
– La coopérative de solidarité Vallée Bras-du-Nord
Le Chantier de l’économie sociale

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Gestion Produits et activités

Être éleveur d’émeus ou gestionnaire touristique? Les deux…

Offrir des produits du terroir signifie souvent aussi exploiter une entreprise touristique. Cette dualité devient inévitable. Les notions de gestion, d’économie et de marketing doivent côtoyer l’élevage des canards, les vendanges ou la préparation de fins fromages. La plupart des producteurs ont compris qu’une stratégie d’accueil touristique comporte des avantages, mais est-il possible d’optimiser les façons de faire?

La distribution des produits du terroir n’est pas chose simple au Québec

Dès leurs débuts, les producteurs de produits du terroir québécois ont adopté des stratégies d’accueil, d’interprétation et d’animation de la clientèle pour stimuler les ventes sur place en raison d’un contexte difficile de distribution de produits. Nous n’entrerons pas dans la multitude des subtilités qui complexifient la distribution à grande échelle des différentes catégories de produits ou alcools au Québec, mais il en résulte que, à l’heure actuelle, l’accent est mis sur les ventes directes des produits du terroir, lesquelles ont l’avantage de générer des marges beaucoup plus importantes pour les producteurs.

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Une clientèle segmentée, un marketing adapté

Clarifier les différents types de consommateurs en fonction de leur comportement d’achat permet de mieux cibler chaque segment par une approche marketing adaptée.

  • Les «amateurs de lieux de production» se déplacent spécifiquement dans le but de visiter des vignobles et des fermes artisanales. La ligne marketing directrice pour les attirer est de mettre de l’avant les modes de fabrication et les atouts propres du lieu.
  • Les «amateurs du produit» veulent parfaire leur connaissance des vins ou des fromages ou de tout autre produit et ils souhaitent généralement une dégustation gratuite. La qualité du produit sera ici l’élément central pour séduire cette clientèle.
  • Les «amateurs de la région» préfèrent la découverte et l’achat de produit ne constitue pas le moteur de leur visite. En raison de leur méconnaissance des modes de fabrication, ils seront attirés par un marketing axé sur l’apprentissage et l’initiation.
  • Les «amateurs de l’offre touristique» considèrent que les produits du terroir ne sont qu’un élément de séduction parmi d’autres. Il faut donc jouer sur la différenciation pour les attirer, d’abord dans la région, ensuite chez les producteurs.

Quelques stratégies clés

Voici quelques exemples de stratégies concrètes pouvant contribuer au succès d’une entreprise productrice de produits du terroir:

  • Profiter pleinement du contact avec la clientèle existante pour identifier les besoins des consommateurs. Cela peut se faire en conversant avec les visiteurs ou en portant une attention spéciale aux commentaires (livre d’or ou fiches commentaires). Ensuite, il importe d’adapter l’offre de services à ces besoins.
  • Vendre son entreprise par divers moyens: publicité, relations de presse, participation à des événements, etc.; les visiteurs ne viendront pas par magie. La stratégie marketing développée devra être en accord avec les segments de marché identifiés.
  • Se rapprocher des acteurs institutionnels (exemple: ministère de l’Agriculture, des pêcheries et de l’alimentation du Québec) et promotionnels (associations touristiques régionales, offices de tourisme, municipalités régionales de comté, etc.).
  • Devenir le meilleur ami de quelques restaurateurs et hôteliers bien ciblés! Si ces acteurs croient au produit, ils n’hésiteront pas à le servir à leur clientèle, à en vanter les mérites et à les inviter à visiter le lieu de production.
  • Proposer des offres aux voyagistes ou à d’autres organisateurs de circuits organisés (exemple: écoles), que ce soit individuellement ou de concert avec d’autres intervenants touristiques de la région (exemple: circuits thématiques).
  • Jouer la carte du marketing expérientiel. Il s’agit de stimuler les sens du consommateur dans le but de solliciter l’achat. Qui de mieux placé que les entreprises productrices de produits fins pour créer une expérience sensorielle alléchante?
  • Aménager les lieux à visiter et l’espace de vente pour que le consommateur se sente bien et ait envie d’acheter. S’offrir une brève formation de baseen merchandising peut être une stratégie payante!
  • Fidéliser la clientèle par le développement de relations personnalisées. Pour faciliter ce volet: créer une base de données de la clientèle, envoyer des courriels de fidélisation ou créer un événement privé ou réservé aux clients existants.

Et n’oublions pas la qualité de l’expérience, la formation du personnel, une présence dynamique sur Internet et combien d’autres idées novatrices et stimulantes! Il s’agit donc de trouver l’équilibre entre l’objectif du producteur qui développe le tourisme pour vendre ses produits et les clients qui ne viennent pas forcément sur le lieu pour acheter un produit, mais bien pour découvrir la vie du producteur et visiter le site.

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Outre les actions déployées par les producteurs de produits du terroir, l’industrie touristique a également un rôle à jouer dans le succès de cette filière. D’ailleurs, la mise en place d’une vingtaine de circuits thématiques depuis quelques années a grandement favorisé le développement du tourisme dans les fermes, les vignobles, les vergers, les érablières, etc. Par ailleurs, l’organisme Agricotour contribue grandement à la promotion de ces produits. De façon globale, il reste cependant du chemin à parcourir pour développer et consolider leur place dans l’offre touristique.

Bien comprendre les bénéfices d’une stratégie touristique sur les lieux

Intégrer le tourisme au sein des entreprises productrices de produits du terroir est bien plus qu’un moyen de vendre son produit et comporte plusieurs avantages:

  • Une expérience entre le consommateur et le producteur. Ce dernier peut expliquer ses produits, rencontrer ses clients ou des prospects et mieux comprendre leurs attentes et leurs besoins.
  • Une façon d’améliorer ou de développer l’image de marque de l’établissement et d’accroître la notoriété.
  • L’opportunité de lier le produit à son histoire, à la culture locale et de lui donner ainsi davantage de personnalité.
  • La possibilité d’essayer le produit, notamment par la dégustation, représente une forme de marketing direct généralement très appréciée de la clientèle.
  • Un moyen de fidéliser la clientèle et de stimuler le bouche-à-oreille par l’expérience de moments agréables.
  • Une occasion pour l’exploitant d’élargir sa mission à l’éducation et à la sensibilisation des consommateurs aux produits de qualité.

Tirer profit d’un territoire riche

Les richesses du Québec jumelées au travail des exploitants agricoles ont permis le déploiement d’une grande diversité de produits célébrant le terroir québécois. En attendant l’assouplissement des structures monopolistiques comme celle de la Société des alcools du Québec et une réelle reconnaissance de l’importance de la production locale et artisanale par l’État, la vente à la propriété est la solution des entreprises de produits du terroir. Alors, pourquoi ne pas mettre toutes les chances de son côté et tirer le maximum de ce mode de distribution?

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Voir aussi:
L’agrotourisme au Québec: point de mire

Sources:
– Castaing, Yohan. «Œnotourisme. Mettez en valeur votre exploitation viticole», Éditions La Vigne, Dunod, Paris 2007.
– Tourisme Québec. «Agrotourisme: diagnostic sectoriel/plan de développement et de commercialisation», Zins Beauchesne et associés, juin 2006.
– Knowd, Ian. «Tourism as a Mechanism for Farm Survival», Journal of Sustainable Tourism, volume 14, numéro 1, 2006.
– Photos: www.pdphoto.org

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Hébergement Tendances

Le tourisme et l’éveil culinaire québécois: une recette appétissante!

Fleur de sel, huiles raffinées, épices du monde et fruits exotiques; les cuisines québécoises se raffinent et se diversifient. En fait, les Québécois ont élargi leurs horizons culinaires au cours des dernières années. Les repas composés d’aliments frais et santé sont sur la table à tous les jours. Cette volonté de mieux manger n’est donc plus réservée aux grandes occasions, elle s’immisce dans le quotidien des gens, les rendant plus sensibles à l’égard de chacun de leurs repas. Considérant que les découvertes culinaires font partie intégrante d’une bonne expérience touristique, est-ce que les industries hôtelière et de la restauration sont bien au fait du niveau d’éveil de la clientèle?

Une tendance paradoxale

Comme ailleurs, le paysage agroalimentaire québécois s’est développé de façon paradoxale. Bien sûr, tout le monde n’est pas fin gourmet et même les plus grands gastronomes consomment des plats précuits ou fréquentent un restaurant-minute à l’occasion. Dans son étude sur les habitudes alimentaires des Canadiens, Statistique Canada nous apprend que 19% des Québécois fréquentent quotidiennement les établissements de restauration rapide (26% pour l’ensemble du Canada). Par ailleurs, 89% des Canadiens reconnaissent le lien entre l’alimentation et la santé à long terme, selon une étude du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec réalisée en 2004.

Si l’alimentation rapide a grandement influencé notre nutrition, un tout autre un pan de notre alimentation s’est aussi développé vers un idéal gastronomique ou de santé. Ainsi, nous observons l’effervescence des produits du terroir, de la filière biologique, des vins, des mets exotiques, des restaurants santé. Bref, au Québec, la gastronomie ne s’est jamais aussi bien portée. Même les supermarchés présentent à l’année des étals de fruits et de légumes frais, de viandes, de poissons et de produits fins.

Indice de l’éveil culinaire: la popularité des émissions de télévision, des livres de recettes et des magazines spécialisés

Les émissions dédiées à la cuisine sont très populaires: À la di Stasio attire environ 500 000 téléspectateurs chaque semaine, Ricardo Larrivée est sur les ondes partout au Canada et le Britannique très branché Jamie Oliver, LA star internationale. Les chaînes spécialisées suivent le courant: Food Network, Canal vie et Canal Évasion, Tout le monde à table, Bouffe en cavale et Nos restos chouchous. Ces émissions intéressent maintenant un public de gourmets beaucoup plus large qu’il y a dix ans où elles visaient une clientèle de femmes au foyer. Aujourd’hui, elles sont ouvertes sur le monde, proposent des recettes exotiques et sont d’ailleurs souvent diffusées à partir de divers coins du globe. En outre, la programmation incite à jumeler voyages et expériences culinaires. Les magazines de cuisine et les livres de recettes ont également la cote. Les gens ne voient plus la «popote» comme une corvée, mais comme un art de vivre. Selon le Print Measurement Bureau, 12% de la population québécoise a cuisiné un mets gastronomique à quelques reprises au cours de l’année 2006.

Autre indice: la multiplication des produits du terroir, des produits naturels ou biologiques

Ce marché en pleine croissance répond à un réel besoin des consommateurs de trouver un plaisir associé à la consommation d’un produit authentique ou lié au savoir-faire patrimonial. Pour un bref aperçu de la tendance au raffinement et à l’authenticité, pensons à la multiplication des fromages artisanaux québécois. Les gens portent de plus en plus attention à leurs achats, soit entre autres, pour encourager l’économie locale, pour goûter les produits québécois ou éviter les produits chimiques ou modifiés. De nombreux restaurants servent des produits régionaux ou biologiques, et ce, depuis plusieurs années. D’ailleurs, les chaînes comprennent cette tendance. À titre d’exemple, Fairmont s’engage à utiliser, autant que possible, des produits locaux, biologiques et équitables dans ses services de restauration.

Encore un indice: la fréquentation des boutiques spécialisées et des marchés publics

Certes, la majorité des achats des Québécois se font en supermarché, mais il semble qu’un pourcentage croissant des produits soient achetés dans les boutiques spécialisées et les marchés publics. Ces derniers, disparus depuis le milieu du XXe siècle, réapparaissent dans plusieurs villes du Québec. Par leur diversité, ces marchés conviennent aux consommateurs qui cherchent l’efficacité, mais aussi la fraîcheur, les saveurs et l’authenticité.

La forte fréquentation des restaurants

Cette conscientisation et cet intérêt pour une alimentation saine et savoureuse affectent directement l’industrie de la restauration, mais également les services alimentaires des établissements d’hébergement. Dans leur vie quotidienne, les Québécois fréquentent souvent les restaurants: en 2006, selon les données de la Canadian Restaurant and Foodservices Association (CRFA), les Québécois ont visité les restaurants 8,7 fois sur une période de deux semaines (7,9 en 2005), et la moyenne des Canadiens, 11,7 fois, incluant les repas du midi.

De plus, de 1997 à 2005, les dépenses annuelles des foyers québécois au restaurant ont augmenté et représentent maintenant 21,6% des dépenses en nourriture (19,8% en 1997). Cette hausse peut être due au revenu personnel plus élevé et au rythme de vie accéléré. Enfin, les restaurants gastronomiques semblent populaires, selon le Print Measurement Bureau. Ainsi, 30% des Québécois ont fréquenté ces établissements au cours des 30 jours précédant l’enquête et 8%, plus de trois fois au cours de la même période.

Pour des raisons évidentes, les Québécois mangent encore plus souvent au restaurant lorsqu’ils sont en voyage. Selon Statistique Canada, ils consacrent 20,5% de leurs dépenses touristiques à la restauration lors de leurs voyages dans la province (agrément – 19%, affaires – 24% et visite de parents et d’amis – 21%) en 2004.

Les voyageurs: de fines bouches!

Le tourisme culinaire est un phénomène répandu et reconnu par la Commission canadienne du tourisme qui encourage les entreprises à développer des produits et des forfaits. L’émergence de circuits touristiques culinaires comme la Route des vins ou la Route des saveurs en est une autre démonstration.

Les gens voyagent de plus en plus et découvrent des cuisines et des aliments variés. Ils exigent désormais un choix beaucoup plus vaste de mets santé et espèrent qu’on leur servira une assiette saine et équilibrée comportant protéines, fibres et légumes.

Nos grandes villes débordent maintenant d’épiceries fines, de restaurants raffinés et les régions du Québec emboîtent le pas, chacune à sa façon et à son rythme. On trouve de grandes tables partout dans la province et les produits locaux y sont très bien mis en valeur. Mais c’est à tous les repas que l’on veut bien manger et, à cet égard, il y a encore place à la diversification et à la recherche d’authenticité. On ne parle pas toujours de haute gastronomie, mais également de bistrots bon marché, de restaurants de tapas et de cafés sympathiques.

En définitive, la population s’est sensibilisée à la bonne chaire, à la santé et aux cuisines du monde. Sans retour en arrière probable, toute destination touristique se doit maintenant d’être très sensible aux besoins de la clientèle et à ses intérêts en matière d’alimentation.

Retenez les mots clés: fraîcheur, diversité et authenticité!

Sources:

– Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). «L’activité bioalimentaire au Québec – bilan 2006», 2006.
– Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). «L’alimentation santé: quand trois acteurs se rencontrent», Bioclips +, vol. 8, no 3, avril 2005.
– Association des restaurateurs du Québec. Communiqués de presse du 16 février 2007 et du 31 juillet 2007, [www.restaurateurs.ca].
– Statistique Canada. «Les habitudes alimentaires des Canadiens», Rapports sur la santé, vol. 18, mai 2007.
– Bérubé, Stéphane. «Du nouveau dans l’assiette», La Presse, 7 mai 2006.
– Vallée, Pierre. «Les Québécois et l’alimentation – Au pays de la malbouffe», [Le Devoir.com], 16 mars 2005.
– Olivier Riopel. «Comment mange-t-on au Québec?», juin 2005.
– Communiqué de presse. «From the Farm to the Fork: Fairmont Offers a Fresh New Take on Menus», [www.fairmont.com], 27 août 2007.

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Produits et activités Segments de clientèles

Faire saliver les touristes américains

Une récente étude américaine confirme la présence d’une niche importante de touristes culinaires aux États-Unis. On estime que 17% des touristes d’agrément ont participé à une ou plusieurs activités liées à la gastronomie et au vin au cours des trois dernières années, constituant ainsi la clientèle de touristes culinaires. Mais qui sont ces gourmets et ces amateurs de vins? Découvrez les différents types de touristes culinaires et leur profil.

Avant de présenter le touriste culinaire, définissons l’expérience

Le tourisme culinaire va au-delà de l’expérience de la fine cuisine. Selon la CCT (Commission canadienne du tourisme), «il comprend les activités culinaires, agrotouristiques et agroalimentaires spécialement conçues pour les touristes, qui mettent en valeur les aliments et les boissons et qui fournissent l’occasion de découvrir les plats et les vins propres à une région et de reconnaître le talent et l’ingéniosité des artisans.»

Différents types de touristes culinaires

L’étude de la Travel Industry Association identifie trois segments parmi les touristes américains qui apprécient la gastronomie ou le vin durant un voyage:

  • Délibérés: au moins un voyage où les activités liées à la gastronomie et au vin étaient la principale raison du séjour ou avaient influencé le choix de la destination.
  • Opportunistes: au moins un voyage qui inclut des activités associées à la gastronomie et au vin, mais où ces activités n’étaient pas un facteur de décision de la destination.
  • Accidentels: au moins un voyage où ils ont participé à des activités liées à la gastronomie et au vin simplement parce que ces activités étaient disponibles.

Tel que le tableau 1 l’illustre, on estime à 27,3 millions le nombre de touristes culinaires aux États-Unis. Les segments les plus intéressants à considérer sont toutefois les touristes culinaires délibérés et opportunistes, qui représentent 12,5% du total des touristes d’agrément.

Tableau 1 – Estimation du nombre de touristes culinaires aux États-Unis en 2006


Source: TIA, Profile of Culinary Travelers, 2006 Edition.

De ce nombre, 10% sont davantage intéressés par les activités qui se rapportent à la gastronomie et 9% par celles reliées au vin.


Dans la présente analyse, nous ne retiendrons que l’information concernant
les touristes culinaires délibérés et opportunistes.

Un profil intéressant

Le profil du touriste culinaire ne diffère pas de façon significative de celui des autres touristes d’agrément en ce qui concerne le sexe ou l’âge de la clientèle. Il est néanmoins surprenant de constater que 53% ont moins de 44 ans.

Il y a par contre des différences plus marquées parmi les groupes socioéconomiques. En effet, les touristes culinaires ont un niveau de scolarité ainsi qu’un revenu plus élevés que l’ensemble des touristes d’agrément américains.

Les touristes culinaires sont très actifs et participent à de nombreuses autres activités au cours d’un séjour dans une proportion plus forte que les touristes non culinaires. Ils s’intéressent particulièrement aux activités culturelles, ils apprécient les spas et visitent les parcs nationaux et les sites historiques.

Grands lecteurs, ils sont plus sensibles que les autres touristes d’agrément à toutes les publications testées par l’étude, notamment les cahiers spéciaux des journaux, les magazines de voyages et, bien sûr, les médias qui traitent de gastronomie et de vin. Ils consultent davantage Internet et utilisent les alertes Web. Les magazines spécialisés sont donc un média pertinent pour rejoindre cette clientèle, tout comme l’information en ligne.

Les principaux facteurs qui influencent le choix d’une destination sont l’expérience gastronomique unique et différente, la possibilité d’expérimenter une cuisine différente de chez soi, l’atmosphère originale et l’accessibilité des restaurants. Puisque vivre une expérience unique est le facteur qui se démarque le plus fortement, il est important d’inscrire les activités liées à la gastronomie dans le cadre d’une destination de caractère qui présente d’autres éléments attractifs (exemples: environnement physique, attraits culturels).

Les touristes culinaires risquent d’être sensibles à des forfaits qui mettront l’accent sur l’unicité de l’expérience dans sa globalité, pas seulement sous l’angle gastronomique. Les destinations et les organisateurs de voyages devraient donc travailler conjointement afin d’offrir une «immersion» dans la culture et la gastronomie locales. Cette immersion devrait toucher autant l’hébergement que l’offre complémentaire et les activités liées à la gastronomie et au vin. Les forfaits incitent les visiteurs à prolonger la durée de séjour et à visiter un plus grand nombre d’attraits.

En comparaison avec les autres touristes d’agrément, les touristes culinaires ont beaucoup plus tendance à rapporter des produits ou des vins locaux avec eux pour les partager avec leur famille et leurs amis. Il s’agit d’une autre occasion à saisir.

Potentiel de croissance

Le tourisme culinaire présente un excellent potentiel de croissance pour les prochaines années. Non seulement l’offre se développe et se raffine, mais le nombre d’adeptes grandit également. Selon l’étude citée, 60% des touristes d’agrément américains se disent intéressés à participer à des activités qui gravitent autour de la gastronomie ou du vin au cours d’un prochain voyage.

L’organisation de l’offre touristique québécoise afin d’offrir des expériences culinaires est amorcée depuis plusieurs années. La Route des saveurs dans Charlevoix, la Route des vins dans les Cantons-de-l’Est et la Route des fromages en sont de bons exemples. De plus, le site Internet de voyages Travelocity a inscrit Montréal à son palmarès des 10 destinations tout indiquées pour les gourmets en 2007, aux côtés de Rome et New York. La clientèle actuelle de nos attraits en matière de tourisme culinaire est majoritairement québécoise, mais le potentiel pour attirer la clientèle américaine est bien présent. Parions que nos bonnes tables urbaines et champêtres, nos vignobles et nos produits fins peuvent les faire saliver!

Sources:
– Travel Industry Association. «Profile of Culinary Travelers, 2006 Edition », janvier 2007.
– Commission canadienne du tourisme. «Guide pour le développement d’un produit de tourisme culinaire» et «Cultiver le goût du tourisme culinaire: une stratégie de développement de produits», novembre 2003.
– Bouliane, Martine. «Montréal dans la liste des dix destinations culinaires de Travelocity», La Presse, 30 mars 2007.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Idée du jour: convertir des champs de maïs en labyrinthes touristiques

Plusieurs États américains ont souhaité joindre l’utile à l’agréable en adaptant leurs champs de maïs de manière à les transformer en activité ludique. Ces labyrinthes «format géant» sont devenus très populaires chez nos voisins du Sud où ils se multiplient chaque année.

Né d’une initiative originale d’un fermier de l’Utah en 1996, le concept fut si populaire qu’en trois semaines il attirait déjà plus de 18 000 visiteurs. Aux États-Unis, le site Mazeplay.com illustre les États qui abritent de tels attraits (voir la carte). The MAiZE (www.cornfieldmaze.com) a recensé plus de 165 labyrinthes en Amérique du Nord et en Europe en 2005. Plusieurs provinces canadiennes ont également emboîté le pas, notamment en Alberta et en Colombie-Britannique.

États américains où l’on trouve au moins un labyrinthe de champs de maïs

 

Cette pratique commence à susciter de l’intérêt au Québec, alors que le Centre d’initiatives en agriculture de la région de Coaticook (www.produitsdelaferme.com) a récemment conçu le premier projet du genre, le Lait-Byrinthe. Ce genre d’attraction propose aux visiteurs de trouver l’issu du labyrinthe en évitant les impasses et en résolvant les énigmes. Il n’y a pas d’itinéraire imposé, seulement une expérience en nature à laquelle s’ajoute le défi de retrouver son chemin. La grille tarifaire d’entrée oscille habituellement de 3 à 10$.

Il y a même certaines entreprises comme Precision Mazes (www.precisionmazes.com) qui se spécialisent dans la conception de labyrinthes en utilisant un système de positionnement mondial (GPS) pour obtenir des résultats plus précis et réaliser des oeuvres d’art que l’on peut admirer du ciel. Les frais exigés pour un projet clé en main varient de 3000 à 7000$.

Voici quelques éléments à prendre en considération pour que l’expérience s’avère un succès:

  • S’assurer que les champs soient situés près d’un important bassin de population, accessible, facile à repérer et disposant d’un vaste stationnement.
  • Concevoir un produit distinctif. La présence d’un autre labyrinthe à proximité ne constitue pas nécessairement une mauvaise chose, puisque cela peut démontrer au contraire qu’il existe un intérêt pour ce type d’activité.
  • Prévoir suffisamment de temps pour le développement et la commercialisation.
  • Vendre une expérience adaptée au marché ciblé. Par exemple, la promotion d’un produit visant les groupes scolaires de jeunes sera différente de celle d’un labyrinthe hanté, conçu pour une visite nocturne par des adolescents. 
  • Assurer une bonne promotion dans la région par des maillages avec les entreprises locales. 
  • Ajouter des activités complémentaires reliées notamment à une visite à la ferme peut s’avérer intéressant.
  • Utiliser des plants de maïs qui brunissent tardivement à l’automne, afin de maximiser la rentabilité.

Chose certaine, cette manière pour le moins originale de développer l’agrotourisme peut constituer une avenue intéressante pour certains milieux ruraux.

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Produits et activités

À la conquête de l’érable

La région d’Elmira en Ontario se targue de présenter le plus important festival d’un jour du sirop d’érable au monde. Elmira Maple Syrup Festival existe depuis plus de 40 ans à titre d’organisation à but non lucratif dans une contrée rurale, grâce à la participation de plus de 2000 bénévoles de la communauté. L’événement a pour but de promouvoir la région et ses producteurs acéricoles.

Puisque le sirop d’érable est au Québec ce que le pétrole est à l’Alberta, ne pourrait-on pas davantage miser sur une trame événementielle pour mettre en valeur la période des sucres au Québec? Précisons que les acériculteurs du Québec génèrent environ 80% de la production mondiale de sirop d’érable. Comment alors le titre du plus important festival de sirop d’érable au monde peut-il nous échapper?

Le Festival beauceron de l’érable s’inscrit comme l’un des rares événements au Québec qui soulignent la thématique de la période des sucres. Créé en 1990, cet événement se déroule au mois de mars et accueille environ 50 000 personnes, dont des clientèles en provenance des écoles et des foyers pour aînés de la région. Bien qu’il jouisse d’une notoriété plutôt limitée, il s’agit d’un festival au rayonnement régional.

Quoi qu’il en soit, nul ne peut mettre en doute les forces du Québec sur ce créneau de marché. En effet, la clientèle touristique, notamment les Européens, a prouvé qu’elle s’intéresse à ce type de produit. En conséquence, la présence de festivités où l’on miserait sur la gastronomie avec des chefs proposant des recettes thématiques à l’érable permettrait aussi aux visiteurs de se rapprocher des produits du terroir. Plusieurs autres composantes pourraient se greffer à la programmation, par exemple:

  • illustration des traditions folkloriques (toujours populaire auprès de la clientèle internationale);
  • mise en scène de la thématique du bois d’érable (concours du bûcheron, travail d’ébénisterie, etc.);
  • récolte de l’eau d’érable;
  • promenades en carriole;
  • etc.

Il s’agit également d’une belle occasion pour favoriser l’allongement de la saison touristique hivernale jusqu’à la période printanière. Tous les ingrédients sont là, il ne nous reste qu’à conquérir le titre de première destination mondiale et que le Québec devienne le véritable happening du sirop d’érable.

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Produits et activités

L’agrotourisme au Québec: point de mire

Le Groupe de concertation sur l’agrotourisme au Québec (GCAQ) dévoilait récemment les résultats d’une enquête indiquant que les producteurs québécois réalisent en moyenne plus de 100 000 $ de revenus à partir de leurs activités agrotouristiques. Comment expliquer ce succès? En partie par le fait que cette activité répond bien au désir de plusieurs touristes d’apprendre tout en voyageant.

Définition du produit

Le GCAQ définit l’agrotourisme comme une activité touristique complémentaire à l’agriculture, ayant lieu sur une exploitation agricole. Il met en relation des producteurs agricoles avec des touristes ou des excursionnistes, permettant ainsi à ces derniers de découvrir le milieu agricole, l’agriculture et sa production à travers l’accueil et l’information que leur réserve leur hôte.

On doit savoir que la notion d’agrotourisme n’a rien d’un concept marketing. Une entreprise agrotouristique est avant tout un producteur agricole, comme le définit le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ). Les entreprises agrotouristiques se différencient principalement par le fait qu’elles offrent des activités d’accueil et d’animation sur les lieux.

Une industrie qui prend forme

Une banque de données compilée par le MAPAQ recense plus de 600 entreprises au Québec oeuvrant en agrotourisme. La majorité d’entre elles sont situées dans les Laurentides et la Montérégie (graphique 1). En 2004, le GCAQ a effectué une enquête auprès de 169 producteurs agrotouristiques répartis dans cinq régions du Québec, afin de dresser un profil détaillé du secteur.

Cette étude a notamment permis de constater que:

  • Les 169 producteurs agrotouristiques interrogés ont accueilli plus de 1,2 million de visiteurs en 2002. 
  • L’offre d’activités agrotouristiques permet d’augmenter le chiffre d’affaires des producteurs, tout en diversifiant leurs revenus et en facilitant la mise en marché de certains produits et services agricoles ou alimentaires.
  • Les activités proposées sont tarifées dans une proportion de 71%.
  • De l’avis des producteurs, l’ajout d’actifs et de ressources (financières et humaines) dédiés aux activités agrotouristiques a un impact positif direct sur le nombre de visiteurs.

À qui plaît l’agrotourisme?

Le touriste d’aujourd’hui ne veut plus rester inactif, il préfère opter pour des activités qui favorisent l’apprentissage tout en voyageant. Il s’agit d’un facteur important qui contribue au succès croissant de l’agrotourisme. La firme Zins, Beauchesne et associés identifie six axes d’intérêt correspondant au profil de la clientèle qui s’intéresse à l’agrotourisme:

  • le retour et l’attachement aux traditions;
  • l’intérêt pour la nature;
  • la convivialité tranquille;
  • le tourisme familial actif et participatif;
  • l’attrait pour les produits du terroir;
  • le volet apprentissage du tourisme.

Dans l’ensemble, les familles et les couples de plus de 50 ans représentent le principal marché de l’agrotourisme. Il s’agit d’une clientèle qui préfère organiser elle-même ses voyages, sans passer par une agence de voyages. La clientèle des entreprises agrotouristiques du Québec est majoritairement (75%) constituée de visiteurs individuels. En 2000, une étude de Lang Research indiquait déjà que 7% de la population nord-américaine avait participé à au moins deux activités agrotouristiques dans le cadre de leurs vacances.

Près de la moitié des entreprises agrotouristiques (43%) accueillent des groupes scolaires. Au Québec, les producteurs les plus populaires oeuvrent dans les secteurs de l’acériculture, de la pomiculture et des petits fruits.

Une mise en valeur par les circuits thématiques

Dans le but de favoriser l’essor de l’agrotourisme, plusieurs régions du Québec ont développé une vingtaine de circuits thématiques. Il s’agit d’un outil marketing efficace pour faire connaître, dans chaque région, les producteurs agricoles accueillant des visiteurs. Une signalisation touristique «labellisée» permet aux touristes d’identifier plus facilement les sites agrotouristiques d’intérêt.

Voici les principales routes thématiques du Québec, de même que certains budgets annuels de fonctionnement associés. Dans la moitié des cas, il s’agit de circuits qui possèdent un statut informel, sans comité d’organisation. La gestion s’effectue souvent par les membres de réseaux ou conseils agricoles, bioalimentaires ou agroalimentaires locaux, et ce, à travers d’autres dossiers.

 

Circuit thématique

 

Budget de fonctionnement

La Route des saveurs (Charlevoix)

20 000$

La Route des jardins (Centre-du-Québec)

8 000$

Le Circuit du paysan (Montérégie)

100 000$

Le bon goût frais de la Gaspésie

120 000$

La Route du marché à la ferme (Cantons-de-l’Est)

10 000$

La Route des vergers (Laurentides)

N.D.

La Route des vins du Québec

N.D.

La Route gourmande des fromages fins du Québec

N.D.

La Route des fleurs (Laval)

N.D.

La Route des mille et un plaisirs (Laurentides)

N.D.

Stratégies à mettre de l’avant

L’étude de la GCAQ révèle que les producteurs qui s’engagent activement par des stratégies de maillage avec d’autres partenaires sont ceux qui reçoivent le plus de visiteurs. Il s’agit de partenariats avec les attraits touristiques de la région ou une participation à un circuit ou un événement agrotouristique. Il existe également une corrélation entre les montants investis en promotion et l’achalandage touristique des sites agrotouristiques. Voici quelques autres facteurs de succès à prendre en considération:

  • La qualité de l’expérience de visite est primordiale, puisque les agrotouristes choisissent souvent leur destination en fonction des conseils de parents et amis.
  • Comme il s’agit d’une clientèle qui organise elle-même ses voyages, une présence efficace sur Internet pourrait porter fruit.
  • Offrir un bon rapport qualité/prix s’avère important, car le budget de voyage de l’agrotouriste est habituellement modeste.
  • Dans une optique de forfaitisation, on devrait donner priorité aux partenariats incluant des activités de plein air, telles que l’observation de la faune et de paysages ou la randonnée en montagne. Des maillages avec des attractions autochtones ou des attraits associés au patrimoine pourraient également bien fonctionner.  

Sources:
– Marcotte, Pascale et Laurent Bourdeau. «Portraits d’entreprises agrotouristiques du Québec», Groupe de concertation sur l’agrotourisme au Québec, avril 2004.
– Le Soleil. «Le tourisme agricole fait courir le monde», Économie, samedi 10 juillet 2004, p. B1.
– Boutin, Nadine. Le circuit «de la terre… à la table», un modèle de réseautage en agrotourisme, août 2003.
– Williams, Peter, Margaret Paridaen, Karim Dossa et Marcie Dumais. «Agritourism Market and Product Development Status Report», Centre for Tourism Policy and Research, Simon Fraser University, 30 avril 2001.
– Marchard, Anne. «Le guide de procédure pour un circuit ou une route», Fédération des agricotours du Québec, 2003.
– Miller, Malinda. «Agri Tourism Industry Profile», Agricultural Marketing Resource Center, Iowa State University, mars 2003.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Quand les PPP donnent du fromage et attirent les touristes

Dans la région du Bregenzerwald, en Autriche, la «Route des fromages» est née de la volonté conjointe d’un développement régional durable et d’un partenariat public-privé (PPP) entre agriculteurs, restaurateurs, entreprises touristiques, producteurs agroalimentaires, commerçants et artisans. Cette nouvelle forme de gouvernance, le partenariat territorial, constitue certainement un exemple de bonne pratique.

Située à l’extrême ouest de l’Autriche, près des frontières allemande et suisse, la région du Bregenzerwald s’étend sur 550 km carrés. Elle compte 22 villages et quelque 30 000 habitants (ainsi qu’un nombre approximativement égal de vaches) vivant principalement d’agriculture, de commerce et de tourisme. Mais une large part de la population achetait la majorité de ses produits alimentaires à l’extérieur de la région.

Cependant, vers la fin des années 1980, la situation a changé. De jeunes fermiers et de jeunes représentants de l’industrie hôtelière ont commencé à échanger leurs idées sur les problèmes reliés au secteur agricole. Les fermiers ont alors décidé d’adapter la qualité de leurs produits aux normes exigées par l’industrie touristique. En retour, celle-ci s’est mise à acheter de plus en plus de produits locaux.

Le fromage est vite devenu un acteur central

En 1996, à l’issue d’une rencontre au sommet organisée en collaboration avec la région, l’association des agriculteurs, des restaurateurs, des entrepreneurs touristiques, des producteurs agroalimentaires, des commerçants et des artisans locaux, a germé l’idée d’établir un «itinéraire du fromage», et ce, à l’image des circuits des vins déjà expérimentés dans d’autres régions.

Au début de l’année, on lança le premier appel aux participants potentiels et on créa une entreprise laitière centralisatrice (Dairies Companionship Bregenzerwald) pour implanter cette nouvelle initiative locale. En 1997, 17 des 20 laiteries alpestres locales se sont jointes à l’entreprise fondatrice.

Au terme de quelques années de réunions et de consultations, la «Route des fromages» a été inaugurée officiellement en mai 1998. Environ 700 personnes ont assisté à plus de 70 événements différents. La publicité et les médias ont aussi contribué au succès de l’entreprise. Plus de 300 articles de journaux ont été publiés sur le sujet, sans oublier la diffusion télévisée de plus de dix heures de documentaires et de 14 émissions internationales.

Un site Web très complet (en allemand seulement) reprenant toutes les adresses et activités, a même été créé (http://www.kaesestrasse.at).

Aujourd’hui, le Bergenzerwald compte de nombreuses fromageries et 200 exploitations familiales fabriquant environ 30 types de fromages différents, pour une production totale de 4500 tonnes par année.

Certains producteurs se sont même spécialisés dans:

  • des produits santé réalisés à partir de plantes des montagnes;
  • des produits cosmétiques naturels (au lait de chèvre, par exemple);
  • la production de lait de jument, etc.

Des auberges offrant des spécialités fromagères et des restaurants primés servent une cuisine régionale créative. Ainsi, la cave à fromage de Lingenau propose de venir voir mûrir plus de 33 500 tonnes de fromage. Le client peut également suivre un cours en art fromager à l’école Ingo Metzler à Egg.

Des petits-déjeuners ruraux ont vu le jour. On utilise maintenant des produits agricoles saisonniers dans la préparation des plats régionaux typiques. Les membres de la «Route des fromages» organisent des manifestations durant toute l’année, invitent à des dégustations et initient leurs invités aux secrets de la production fromagère.

Un succès international digne des efforts consentis

Toutes ces actions conjointes ont procuré de nombreux résultats positifs, tant sur le plan commercial qu’environnemental. La «Route des fromages» ne constitue pas une route au sens classique du terme, mais la réunion d’experts issus de diverses disciplines. Elle peut maintenant être considérée comme un projet-pilote pour la création d’un concept de commercialisation intégrée où, à partir d’un des secteurs centraux (ici l’agroalimentaire), les résidants ont su créer une symbiose entre le tourisme et le commerce afin d’établir une marque pour la région tout entière.

La promptitude de la population rurale à innover a servi à compenser les pertes pouvant survenir dans d’autres branches industrielles du territoire (comme les fermetures d’usine) afin d’assurer la (sur)vie de la population rurale locale et bien sûr, de créer de nouveaux emplois dans le domaine du tourisme.

Il faut souligner ici l’importance de la coopération. En effet, les différentes communautés du Bregenzerwald se sont vite rendu compte qu’un conglomérat de petites collectivités détenait un bien meilleur potentiel de développement si celles-ci essayaient de fonctionner étroitement ensemble.

Depuis 1998, d’autres projets ont vu le jour dans la région, et ce, dans différents secteurs économiques. Les fromages ont ainsi ouvert la voie et pavé la route d’une collaboration public-privé.

Au Québec aussi, le fromage fait des adeptes

Instaurée par des gens du milieu, la «Route des fromages et des trouvailles gourmandes» (www.nosfromages.com) du Centre-du-Québec connaît, à moindre échelle, un succès d’estime et financier qui va croissant.

En 2004, année de lancement, étaient impliquées dans le projet une trentaine d’entreprises agroalimentaires privées (fromageries, tables champêtres, vergers, etc.), ainsi que des entreprises publiques servant de partenaires financiers majeurs, comme:

  • le MAPAQ (ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation);
  • Aliments Québec;
  • la Conférence régionale des élus (interlocuteur privilégié du gouvernement en matière de développement régional);
  • la Financière agricole du Québec;
  • et la chaîne alimentaire Metro.

Le projet était parrainé par Tourisme Centre-du-Québec et appuyé par la Corporation de développement agroalimentaire-forêt du Centre-du-Québec, ainsi que par cinq municipalités régionales de comté (MRC) responsables de l’aspect agroalimentaire. Un dépliant tiré à 50 000 exemplaires et un site Web, créé en avril 2004, assuraient la promotion de la Route.

En 2005, le nombre de partenaires majeurs a diminué: Tourisme Centre-du-Québec devient le seul partenaire financier public du projet. La Route des fromages est maintenant regroupée dans un circuit multithématiques afin de permettre aux visiteurs de rayonner dans la région, donc de rester plus longtemps. Le dépliant a évolué pour devenir une brochure «circuits» présentant maintenant quatre thématiques:

  • Des jardins et des arts (15 partenaires);
  • La Route des fromages (15 partenaires);
  • Plein air, aventure et expérience (13 partenaires);
  • Les découvertes nocturnes (5 partenaires).

Cette brochure, publiée à 300 000 exemplaires, est destinée à la clientèle québécoise et distribuée dans:

  • les foyers de la région Centre-du-Québec;
  • les magazines Coup de Pouce et Le Bel Âge;
  • les salons et expositions de la région;
  • les bureaux d’information touristique;
  • les Centres Info-touristes;
  • le réseau de la Société des attractions touristiques du Québec (SATQ), etc.

Ce circuit gastronomique, qui non seulement participe à l’augmentation de la production locale, génère aussi des revenus et contribue à consolider et à maintenir des emplois. Selon Marie-Christine Hudon, commissaire agroalimentaire à la Corporation de développement agroalimentaire-forêt du Centre-du-Québec, les débuts sont modestes, mais l’objectif est de rendre la Route aussi connue que la Route des vins en Estrie.

Il n’existe malheureusement pas encore de statistiques de fréquentation, mais d’ores et déjà, plusieurs fromageries ont constaté une augmentation de l’achalandage, ainsi qu’une croissance de leurs ventes. Le nombre de visiteurs du site Web a quant à lui doublé entre juillet 2004 et mai 2005.

Dans le Centre-du-Québec, la production laitière occupe la première place parmi les productions agricoles régionales, avec des recettes de 234,8 M$ en 2002. La région compte plus de 80 fromages différents et 14 fromageries.

Voir aussi

Quand manger fait partie intégrante de la culture
Promotion touristique: quand différents pays s’unissent

Bergenzerwald (Autriche)
Tourisme centre du Québec

Sources:
– «Good Practice Partnership for Sustainable (Urban) Tourism. Pilot PPP Cases/ SUT-Governance», (sans date).
– «Pilot Partnerships for Sustainable Urban Tourism: Factors Contributing to Success». Austrian Synthesis Report (sans date).
– P.E. «Ski et fromage en Autriche dans le Bregenzerwald», Le Progrès – Lyon, 16 février 2001.
– Normandin, Céline. «Le fromage est devenu un moteur de l’économie», Les Affaires, Dossier spécial, 24 avril 2004, p. 47.
– Guide touristique du Bregenzerwald [www.bregenzerwald.at/bwt_info_fr.pdf].