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Voyager autrement dans les destinations nordiques

D’un réseau de fermes en Islande aux rorbus en Norvège, les lieux inédits révèlent l’histoire et la culture d’une région d’accueil et alimentent l’imaginaire du voyageur. L’hébergement constitue une composante majeure de l’expérience. Qu’ils soient seuls ou en réseaux, certains propriétaires l’ont compris et structurent leur offre pour satisfaire le touriste en quête d’authenticité, ou plutôt d’excentricité.

D’une ferme à l’autre en Islande

Icelandic Farm Holidays, une association formée de près de 180 propriétaires fermiers, propose 4800 lits répartis en Islande, à la limite du cercle arctique. Selon le type d’établissement, de 4 à 150 personnes sont accueillies directement chez l’habitant ou dans un petit hôtel (guesthouse), une maisonnette, un appartement ou un hôtel champêtre. En plus de la vente d’hébergement, l’association peut offrir un séjour complet grâce à sa licence de voyagiste. Les activités, telles que la pêche, la randonnée à cheval et la plongée en apnée, et les forfaits sont offerts de manière organisée ou autonome. Icelandic Farm Holidays est certifiée par le programme EarthCheck.

Il est facile de planifier des circuits semi-organisés en automobile à partir du site Internet de l’Association. D’une durée de 3 à 13 jours, 14 circuits thématiques sont offerts en été et 11 en hiver, dont l’Express Self-drive, qui constitue un grand tour en une semaine. Les circuits s’adressent aux couples, aux familles comme aux aventuriers.

Source: Icelandic farm holidays

Par exemple, l’itinéraire Free as a bird inclut une nuit à Reykjavik, la capitale de l’Islande, et 3 certificats au choix dans les établissements d’hébergement membres. Des tours guidés, des circuits thématiques ponctuels (p. ex., Noël en campagne, aurore boréale) et spécialisés pour les amateurs d’ornithologie font aussi partie des offres.

Le site promotionnel de l’organisation comprend des informations présentées de manière simple et conviviale, ce qui permet au voyageur de bien préparer son itinéraire et d’éviter les mauvaises surprises à destination, telles que:

  • le nombre de jours, le prix, la description générale du circuit et sa localisation sur une carte;
  • le nombre de kilomètres à parcourir et l’itinéraire quotidien, incluant les points d’intérêt;
  • la liste des services et des produits compris ou non dans le forfait (p. ex., la location d’une voiture, les nuitées, la carte routière);
  • le mode de transport à l’arrivée à l’aéroport: location d’une voiture sur place ou transfert en navette jusqu’à l’hôtel avec un représentant (location ultérieure);
  • les indications sur la conduite en Islande: conditions routières et météorologiques et signalisation sur le site Web Safetravel.is, des brochures et une vidéo explicative;
  • la réservation en ligne.

Pour faciliter le parcours du client, l’Association a produit deux logos: «visites à la ferme» (open farm) et «vente de produits sur place» (farm food direct). Ce dernier fait la promotion des produits locaux fabriqués en quantité limitée et non offerts dans les sites marchands. Nouvellement créé, un label qualité est apposé sur les produits agroalimentaires; il sert à assurer la salubrité des lieux par des inspections de l’organisme administrateur. Les logos sont affichés sur l’ensemble des outils promotionnels.

Source: Icelandic farm holidays

Des phares et des rorbus en Norvège

La location d’un phare en Norvège s’avère possible grâce à la Société des phares de la Norvège, qui veille à la préservation de cet héritage patrimonial. Plus de 50 phares historiques ont changé de vocation depuis les années 1990; ils accueillent maintenant des visiteurs. Généralement, le séjour se déroule dans la maison du gardien qui a vue sur la mer. Toutefois, des offres plus insolites existent comme une nuit dans la tour, avec un forfait spécial pour les nouveaux mariés, ou dans un phare isolé sur une île accessible seulement en hélicoptère à cause de l’imprévisibilité des vagues (voir l’image ci-dessous). La liste des phares est affichée sur le site de l’Office de tourisme de la Norvège.

Plus d’une centaine de cabanes de pêcheurs, autrefois appelées «rorbus», longent la côte norvégienne. Elles étaient jadis utilisées par les pêcheurs de passage. Au fil du temps, elles sont devenues une oasis pour les visiteurs étrangers. Très prisés en été, ces rorbus sont équipés minimalement d’une salle de séjour, d’une chambre et d’une toilette.

Source: Visit Norway

Des igloos en été

L’hôtel quatre étoiles Arctic, au Groenland, a construit cinq «igloos estivaux» en remplaçant la glace par une structure en aluminium. Jouissant d’une vue sur le fjord, ils sont disponibles de mai à octobre.

Source: Hotel Arctic

Le Québec détient tout le potentiel nécessaire pour mettre en valeur de façon originale sa nature et son terroir. Très riche de son agriculture, la province compte plus de 80 fermes découvertes certifiées à ce jour; des exploitations agricoles spécialisées en visites récréatives et éducatives. Les tables champêtres, les gîtes, les pourvoiries, les phares, les refuges sur terre ou dans les airs, les yourtes, les fromageries, les vignobles, les microbrasseries et plus encore s’ajoutent à la liste des attraits d’ici. Quelques initiatives méritent d’être soulignées, telles que le site Internet terroiretsaveurs.com, qui met en valeur les atouts des région touristiques.

Dans un élan de continuité, la multiplication des collaborations entre les entreprises et leurs associations respectives, ainsi qu’avec d’autres secteurs non touristiques, est souhaitée pour la mise en marché de produits unifiés et diversifiés. La mise en place de partenariats innovants est nécessaire, car, au final, le mot d’ordre reste encore et toujours l’expérience ainsi que la simplicité d’action pour le client.

 

Sources:

Icelandic Farm Holidays

– Visitnorway.fr. «Séjourner dans une cabane de pêcheur», 20 juillet 2009.

– Hotel Arctic. «Stay overnight in an igloo», consulté le 15 mars 2012.

– Visitnorway.fr. «Louer un phare», 20 avril 2010.

– Visitnorway.fr. «Deux hôtels norvégiens classés pour leur originalité», 4 février 2009.

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Produits et activités

Tendances et bonnes pratiques dans l’œnotourisme

Le vin n’a jamais été aussi populaire au Québec. Selon les données de Print Measurement Bureau, 58,2% des Québécois ont consommé du vin en 2010. Couvrant quelque 630 hectares, la superficie de vignes du Québec représente seulement 7% de celle de la France et 16% de celle des États-Unis. Bien sûr, la province ne peut rivaliser avec les Grands Crus Classés de Bordeaux ou les vins de la Napa Valley, mais elle peut miser sur d’autres occasions pour améliorer la commercialisation de ses vins. L’œnotourisme, qui a permis à de nombreuses destinations de développer leur notoriété vitivinicole, est une avenue possible.

Faire du nectar des vignes un marché touristique…

L’œnotourisme, tourisme vitivinicole ou wine tourism, est une manière de voyager tout en découvrant un territoire à travers ses vins. Les activités proposées sont similaires à celles de l’agrotourisme. Les vignobles accueillent les touristes et leur proposent des dégustations, des visites guidées, des évènements, des participations aux vendanges, à des repas, etc. Dans de nombreux pays, il existe des routes, festivals, musées ou encore des spas sous la seule thématique de cette boisson alcoolisée!

Qui sont ces touristes amateurs de vin?

Selon la plupart des études sur le sujet, le portrait type d’un touriste amateur de vin est un voyageur domestique, jeune, ayant un haut niveau de scolarité, des revenus importants et possédant des connaissances sur le vin. Une étude publiée dans la revue Tourismos au printemps dernier définit le touriste amateur de vin dans les pays du «Nouveau Monde» comme étant le plus souvent une femme. Elle serait plus susceptible d’être attirée par le packaging des bouteilles et d’acheter un vin après sa visite du vignoble. Elle recherche un lieu apaisant où passer de bons moments avec ses proches.

Quelques tendances et bonnes pratiques à travers le monde vitivinicole

La diversification des activités autour du vin est une des pistes à aborder pour développer l’œnotourisme. Voici quelques exemples.

Vin & Attraction:

Le vin est devenu une attraction. Dans le Beaujolais en France, le Hameau Dubœuf a recréé un village viticole, ou œnoparc, qui retrace l’histoire et les traditions de la vigne et du vin (voir image ci-dessous). À Terra Vinea, des visites en train permettent de découvrir les fûts de chêne dans une cave à 80 mètres sous terre!

Source : Hameau du vin

Vin & Spa:

Situé en Gaspésie, le vignoble Carpinteri, qui se démarque déjà par son architecture italienne et sa situation géographique (c’est le vignoble le plus au nord de l’Amérique), est le premier au Québec à offrir des soins de vinothérapie, à base de raisins et de feuilles de vigne.

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Source : Tripadvisor

Vin & Apprentissage:

Les touristes s’intéressent au processus de fabrication du vin. Dans le Languedoc en France, un vigneron a imaginé un parcours ludique à travers son vignoble, les Domaines Barsalou, permettant, grâce à des jeux et à des énigmes, de découvrir le terroir, le travail du vigneron et les cépages cultivés. Il offre aussi la possibilité aux visiteurs de louer des pieds de vigne afin qu’ils puissent suivre tout le processus de vinification. Des sites Internet tels que mesvignes.com ou adopt-a-vine.com proposent aux gens de louer des parcelles de vignes.

Vin & Architecture:

L’originalité attire les visiteurs. Certains vignobles en font leur image de marque, grâce à une architecture moderne. Au Dominus Estate, dans la Napa Valley, les murs sont des cages remplies de pierre.

Source : The republic of less

Summerhill Pyramid Winery, à Kelowna en Colombie-Britannique, fait vieillir ses vins biologiques dans une pyramide.

Source : Summerhill Pyramid Winery

Le futur Centre culturel et touristique du vin à Bordeaux aura une forme très originale, entre une carafe à décanter et un galet poli. Cette structure faite de bois et de verre est perçue comme une audace architecturale.

Source : sudouest.fr

Vin & Circuit:

Les vignobles des Pays de la Loire, en France, organisent chaque année l’évènement Vignes, Vins & Randos. Les participants ont le choix entre sept circuits, incluant des pauses gourmandes, des animations artistiques et pédagogiques ainsi qu’un jeu de pistes. Des forfaits «week-end œnotouristique» comprenant l’hébergement sont également proposés aux voyageurs.

Source : Vins de Loire

À l’occasion de l’évènement Les Rosés en Fête organisé chaque début d’été par la Route des vins de Brome-Missisquoi, des excursions pour femmes sont offertes par l’agence Kava tours, spécialisée dans le tourisme vinicole. Le forfait, incluant ou non une nuit à l’hôtel Le St-Martin Bromont avec le petit-déjeuner, comprend le transport en minibus de luxe depuis Montréal, une visite ponctuée d’un brunch au vignoble du Domaine Les Brome, une entrée au spa Balnea ainsi que des cadeaux dans la chambre (une bouteille de rosé, des chocolats, une montre rose par personne, un sac de pop-corn et un choix de «films de filles»).

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Source : laroutedesvins.ca

En Californie, il existe des systèmes de navettes traversant les routes des vins. Des compagnies comme The Wine Line ou The Grapeline Wine Country Shuttle promènent des groupes toute la journée de vignoble en vignoble et les ramènent le soir à leur lieu d’hébergement.

Vin & Hébergement :

Dans le Beaujolais en France, un camping propose un nouveau modèle d’hébergement, l’oenolodge. L’esprit du vin est omniprésent : cave à vins avec plusieurs bouteilles de beaujolais, livres, jeux de société sur le vin, huiles essentielles à base de raisins.

Source : camping-beaujolais.com

Vin & Développement durable:

En Oregon, Grand Cru Wine Tours est le premier voyagiste spécialisé dans le tourisme du vin à recevoir la certification Sustainable Tourism Eco-certification Program (STEP) par l’association Sustainable Travel International.

Vin & Famille:

Rares sont les vignobles qui proposent des activités familiales. Au Québec, le vignoble la Halte des Pèlerins se démarque par l’organisation d’une aventure interactive: le Secret du géant. Chaque année, des personnages déguisés arpentent les allées, donnant des indices aux visiteurs afin qu’ils résolvent l’énigme.

Vin & Web 2.0:

Des applications gratuites pour téléphones intelligents voient le jour: «Vins et tourisme en Bourgogne», «Vins de Loire», «Okanagan Wine Festival», etc. Grâce à la géolocalisation, elles permettent non seulement à l’utilisateur de consulter des informations sur les vignobles, les hôtels et les restaurants à proximité, les festivals, les randonnées organisées, mais aussi de partager des photos avec ses amis, entre autres. Enfin, le Château d’Agassac est le premier château français à proposer les visites «Vin-teractives» sur iPod.

Application «Vins de Loire»

Source : Apple

Application «Okanagan Wine Festival»

Source : Apple

Le Québec doit rendre l’œnotourisme plus visible et accessible à tous. Il est essentiel que les vignerons et les professionnels du tourisme misent sur les atouts actuels – des cépages distincts, les vins de glace, les nombreux festivals des vins, etc. – ainsi que sur les opportunités à venir. En effet, le nouveau label Vin certifié du Québec garantit un contrôle et une qualité des produits, favorisant la confiance et la fidélité des consommateurs, qui se déplaceront probablement en plus grand nombre dans les vignobles. L’avenir de l’œnotourisme au Québec semble prometteur!

 

Sources:

– Alebaki Maria et Iakovidou Olga. «Market Segmentation in wine tourism: a comparison of approaches», Tourismos, vol. 6, no 1, printemps 2011, p. 123- 140.

– Bloch, Brigitte. «Du rêve californien au marketing touristique et viticole», Revue Espace, no 237, Vin et Tourisme, mai 2006.

– Bosdecher Laurie. «Bordeaux s’offre son Gug genheim», sudouest.fr, 17 mai 2011.

– Borios Anaïs. «Oenotourisme – France: sur les routes des vignobles de l’Hexagone», tourmagazine.fr, 18 février 2011.

– Campings et vacances pour Comités d’Entreprises. «Des « oenolodges » pour valoriser le Beaujolais», campingce.com, 25 mars 2011.

– Couraud N., E. Neveu, C. Coppey, M. Venet, L. Bourcier, V. Tessier et T. Pires. «L’e-transformation du secteur viticole», Pôle e-Business de l’Institut Léonard de Vinci, Paris, avril 2011.

– Destinations Travel Magazine. «Wine Tasting in Paso Robles with the Wine Line» et «Chasing the Grape on California’s Central Coast», destinationstravelmagazine.com, novembre 2010, p. 10-19.

– Green traveler guides. «World’s first sustainable wine tour–in Oregon», greentravelerguides.com, 3 mai 2011.

– Malnic Evelyne. «Québec, le vignoble de l’extrême», La Vigne, no 225, novembre 2010.

– Ontario Ministry of Tourism & Recreation. «Wine, Beer & Food Tastings While on Trips Of One or More Nights», Travel Activities & Motivation Survey, novembre 2007.

– Organisation Internationale de la Vigne et du Vin. «Note de conjoncture mondiale», OIV, mars 2011.

– Print Measurement Bureau, 2011.

– Travel Industry Association and Edge Research. « Profile of Culinary Travelers, 2006 Edition », TIA, Washington, janvier 2007.

 

Sites Web:

Vins du Québec

Vino Passion

Viavitis

Kava tours

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Les produits de l’érable, ingrédients de choix du tourisme culinaire et gastronomique québécois

Le Québec est le plus important producteur de sirop d’érable au monde. La qualité de ce produit et son goût exquis insufflent depuis quelques années un vent de créativité à l’offre culinaire et gastronomique de la province. Piliers des traditions du temps des sucres, les produits de l’érable sont constamment réinventés par nos chefs et nos artisans qui élaborent assidûment de nouvelles façons de les mettre en valeur.

Le produit

Selon la Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ), en 2010, les 7420 entreprises acéricoles de la province généraient 75% du sirop d’érable consommé dans le monde et 91% de la production canadienne. La valeur de la récolte produite à la ferme durant cette même année, estimée à 39,96 millions de kilos, s’élève à près de 241 millions CAD.

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Les produits de l’érable du Québec voyagent beaucoup, ils sont exportés en très grande majorité dans près de 50 pays. En 2009, les principaux marchés se composent des États-Unis (71,2%), du Japon (6,4%) et de l’Allemagne (5,3%). Ces délices sucrés sont également vendus dans les boutiques de souvenirs de la province. De plus, les Québécois les offrent régulièrement en cadeau lorsqu’ils visitent des parents ou des amis à l’étranger.

Un véritable exemple de tourisme culinaire

Ce petit goût de chez nous évoque une tradition bien ancrée dans la culture québécoise, celle de la cabane à sucre. Les Québécois connaissent le menu, et leur passage à l’érablière fait en quelque sorte partie d’un rituel annuel.

Aller à la cabane à sucre est une expérience qui va au-delà de la dégustation d’un repas. Elle correspond parfaitement au concept de tourisme culinaire, qui porte l’activité de manger ou de boire à une autre dimension, soit celle de « manger vrai » et de saisir « l’esprit du lieu » par des activités variées. Visite de l’érablière, apprentissage du processus de transformation de l’eau d’érable, balade en traîneau, danse et musique, voilà quelques exemples d’activités associées à la cabane à sucre (lire aussi: Quand manger fait partie intégrante de la culture).

La concurrence autour d’un même produit

Au cours des quelques semaines où la température réunit les conditions nécessaires pour la coulée de l’eau d’érable, les tables sucrées du Québec se font concurrence partout dans la province pour attirer les amateurs, d’ici ou d’ailleurs. L’offre est importante; plus de 200 cabanes à sucre ou érablières québécoises sont répertoriées sur le site Produits_erable_image1cabaneasucre.org, sans compter celles qui se trouvent dans les provinces canadiennes et les États américains limitrophes.

Dans ce contexte de compétitivité, certains intervenants ont décidé de s’unir pour mieux positionner leurs produits et pour mettre en commun leurs efforts promotionnels. C’est le cas en Montérégie où l’ATR et ses partenaires organisent depuis 2004 la campagne promotionnelle «L’érable, de la palette à la fourchette», qui met en valeur 20 érablières, 12 restaurateurs et une quinzaine d’hôteliers. Cette initiative suscite un engouement pour la région et se traduit par un achalandage touristique fort bien accueilli durant les mois de mars et d’avril.

Source: Tourisme Montérégie

Le temps des sucres redessiné

Produits_erable_image2On remarque depuis quelques années des initiatives qui poussent l’expérience des sucres au-delà des coutumes. On modernise les activités associées au produit et on cherche des façons osées de le mettre en valeur. Cet ingrédient sucré, valorisé pour ses apports nutritifs et sa délicate saveur, inspire nos chefs à le cuisiner tous les mois de l’année.

Lancée au printemps 2007 par la FPAQ, la Route de l’érable a pour but d’inviter les Québécois et les touristes à découvrir une variété de produits innovateurs provenant de l’érable. En l’espace de quelques années, ils sont passés de 30 à 100 créatifs sélectionnés pour leurs pratiques exemplaires et pour leur capacité de renouveler le produit.


Source: La route de l’érable

Plusieurs régions du Québec comptent sur leur territoire un de ces artistes culinaires répertoriés sur le site laroutedelerable.ca et classés en dix catégories: boucherie, boulangerie, boutique, brasserie, chocolaterie, fabricant d’alcool, glacier, pâtisserie, restaurant ou traiteur.Produits_erable_image3

Depuis 2008, la Route de l’érable est également représentée à l’international par quatre ambassadeurs, soit trois chefs français et un chef japonais. Chacun, à sa manière, partage son admiration pour ce produit noble avec les habitants de son pays; une façon gourmande de promouvoir le Québec.


Source: La route de l’érable

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Source: La route de l’érable

Du tourisme culinaire au tourisme gastronomique

Alors que le tourisme culinaire accorde beaucoup d’importance à l’authenticité du produit, le tourisme gastronomique est, pour sa part, davantage axé sur la qualité de celui-ci. Depuis quelques années, des chefs québécois remanient les ingrédients apparaissant sur le menu des cabanes à sucre pour en faire une expérience unique et mémorable (lire aussi: Tourisme gastronomique: la cuisine promotionnelle). En voici un exemple.

Pour une deuxième année consécutive, La Cabane s’installe au Vieux-Port de Montréal et prend d’assaut la Scena (pavillon Jacques-Cartier) pour le temps des sucres. Alors que l’an dernier le chef Danny St-Pierre s’associait au projet, cette année ce sera au tour des chefs Patrice Demers et Marc-André Jetté de revisiter le menu.

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Source: La Cabane – Vidéo

Une expérience authentique

Que l’on soit en ville ou en campagne, le temps des sucres fait partie des célébrations traditionnelles québécoises. Bien qu’il soit possible d’acheter des produits de l’érable partout à travers le monde, il n’est certes pas commun de les consommer à même leur lieu d’origine, là où l’eau d’érable est recueillie et transformée. En ce sens, les érablières du Québec sont bien placées pour accueillir les amateurs de produits de l’érable et les visiteurs avides d’expériences authentiques et culturelles (lire aussi: La question qui tue: «Offrez-vous une expérience authentique?»Les touristes à la recherche d’authenticité, mais que veulent-ils au juste?).

En collaboration avec Aude Lenoir

Sources:

– Tourisme Montérégie, communiqué de presse: «Tourisme Montérégie dresse un bilan positif de la campagne de promotion L’érable, de la palette à la fourchette 2010», Tourisme-monteregie.qc.ca, 27 avril 2010.

– Hersch Jacobs et Florence Smits, Le tourisme culinaire: un fort marqueur territorial l’exemple du Canada, Recherche-maconnais.org, septembre 2007.

– FPAQ. «Dossier économique 2010», 28 octobre 2010.

Sites Web:

– FPAQ
– La Route de l’Érable
– Les Créatifs de l’érable
– Tourisme Montérégie
– Les cabanes à sucre du Québec
– La Cabane
– L’érablière urbaine

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Produits et activités

Des exemples de réussite en milieu rural

Le premier congrès sur le tourisme rural (Rural Tourism Conference), se tenant à Kamloops, en Colombie-Britannique, a exposé les efforts déployés par les régions pour faire connaître leur «saveur locale» et ce qui fait leur fierté. Durant le congrès, l’accent a été mis sur l’authenticité et l’expérience, de même que sur l’importance du développement durable et du réseautage dans les milieux ruraux.

Selon Nicole Vaugeois, titulaire de la Chaire d’innovation régionale en tourisme et développement rural durable à la Vancouver Island University, le succès touristique d’une communauté repose sur quelques conditions préalables:

  • détenir des ressources naturelles et culturelles;
  • connaître l’industrie touristique;
  • être préparé et vouloir s’impliquer;
  • avoir du leadership.

Le terme «communauté» est ici utilisé pour désigner une agglomération, c’est-à-dire une concentration d’habitations, ville ou village, plus précisément sous un angle régional. Les prochaines sections présentent des cas de bonnes pratiques tirés de ce congrès.

T.R.I.P.: un projet novateur à l’échelle provinciale

Le Tourism Research Innovation Project (T.R.I.P.) a été conçu pour stimuler le développement touristique rural en Colombie-Britannique par la recherche et l’innovation. Ce projet, réalisé de 2006 à 2008, était mené par un consortium d’universités et de ministères.

À la base, plusieurs enjeux ruraux ont été identifiés en Colombie-Britannique:

  • manque d’investissements;
  • leaders, employés et bénévoles en nombre limité;
  • modification de la structure démographique;
  • produits touristiques moins développés, et par conséquent moins adaptés pour recevoir les touristes; impact sur l’expérience client;
  • manque de connaissances sur la contribution du tourisme dans les communautés.

Dans le cadre du projet, quatre circuits de trois semaines ont été effectués dans différentes régions de la Colombie-Britannique par l’équipe, composée d’une coordonnatrice et d’étudiants. Quatre agents de liaison, des étudiants en tourisme, ont aussi été embauchés pour documenter les enjeux et les innovations sur le terrain, tisser des liens et favoriser l’échange d’expertise avec le milieu entrepreneurial.

Un site Internet a été créé dans la foulée de cette initiative; celui-ci regroupe une foule d’informations destinées aux entreprises touristiques en milieu rural (guides de savoir-faire, études de cas, bonnes pratiques).

Des exemples inspirants

Partenariat: circuit agrotouristique

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Source: Circlefarmtour.com

Le Circle Farm Tour constitue un partenariat entre six communautés offrant un tour agrotouristique autonome sous une même bannière. Le premier circuit a été créé en 2003 dans les villes voisines d’Agassiz et d’Harrison Mills, suivi l’année suivante par la ville d’Abbotsford. En 2005, le Circle Farm Tour s’est formé dans la vallée Fraser, à l’intérieur de la région touristique Vancouver, Coast and Mountains. Les villes de Chilliwack, Agassiz/Harrison Mills, Abbotsford, Langley, Maple Ridge/Pitt Meadows et Mission regroupent 70 entreprises agrotouristiques ou reliées (fermes, vignobles, marchés, restaurants, fromageries, etc.).

L’adhésion annuelle à la bannière coûte 4000 CAD à la ville et 450 CAD à l’entreprise. Les petites entreprises bénéficient ainsi d’une visibilité dans plusieurs médias (site Internet du Circle Farm Tour et d’offices de tourisme, médias, brochures, magazines spécialisés). Ce modèle d’affaires est développé sur les bases d’une communauté et présente plusieurs avantages:

  • facilité d’accès;
  • bénéfices pour les membres: plan marketing établi, retombées économiques;
  • visibilité des entreprises et des événements agrotouristiques d’une communauté;
  • diversification de l’agriculture traditionnelle;
  • développement d’une expérience touristique dans la communauté;
  • augmentation des dépenses touristiques;
  • conscientisation du consommateur à l’agriculture;
  • caractère autonome des circuits: ne pénalise pas l’ensemble des membres si, par manque de fonds, une ville ou une entreprise ne participe pas durant une année.

Un fonds tiers soutient également les activités de la bannière. L’organisation travaille actuellement à sophistiquer son plan marketing.

Stratégie marketing: site Internet pour téléphones intelligents

Devant la popularité grandissante des téléphones intelligents auprès de ses marchés prioritaires que sont le Royaume-Uni, le Japon et la Corée du Sud, la région de Kootenay Rockies a misé sur la création d’un site Internet spécialement conçu pour ce type d’utilisateurs.

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Source: Kootenayrockies.mobi

Développement de produit: géocaching

Shuswap GeoQuest est un concept basé sur la technologie pour promouvoir Shuswap – territoire de villégiature situé dans la région Thompson Okanagan – comme une destination quatre saisons.

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Source: Shuswapgeoquest.com

L’activité offerte par Shuswap GeoQuest est le géocaching, un jeu d’exploration autonome d’un endroit par l’exploitation d’un système GPS. Le but: trouver des trésors cachés dans la nature ou dans des endroits publics. Les trésors contiennent au minimum un carnet appelé logbook dans un contenant pouvant renfermer des objets laissés par d’autres joueurs. Un objet pris dans une cache doit être remplacé par un autre objet. Les parcours offrent divers degrés de difficulté allant de la promenade en ville à une chasse aux trésors en kayak. (Lire aussi: Quand les touristes jouent à la chasse au tresor).

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Source: Atelier de géocaching à Shuswap, 8 avril 2010

Un aspect intéressant de ce projet est l’intégration des coordonnées GPS dans les outils touristiques promotionnels. L’image ci-dessous présente une carte touristique sur laquelle la chambre de commerce de Salmon Arm affiche ses coordonnées en longitude et latitude. Les voyageurs peuvent utiliser leur GPS ou leur iPhone pour jouer.

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Source: The Official Shuswap Regional Vacation Guide 2010

Shuswap compte plus de 250 trésors cachés à l’année. L’organisation offre des activités éducatives et un événement majeur par saison (même l’hiver). Cette activité permet aux «locaux» d’explorer autrement leur région et aux touristes de découvrir des endroits méconnus. Les entreprises touristiques sont avantagées qu’une cachette se trouve à proximité.

Shuswap GeoQuest est encore en phase de développement; l’organisation planifie mettre en place des itinéraires touristiques et augmenter sa présence dans les magazines spécialisés et sur Internet.

Avez-vous une communauté à succès?

Les participants à une séance de brainstorming avaient comme défi de définir le développement durable en un mot. Voici les sept termes trouvés par les équipes:

  • responsable
  • équilibre
  • futur
  • capacité
  • engagement
  • attachement
  • collaboration

Ces résultats résument bien les facteurs de succès d’une communauté qui veut investir temps et argent dans le développement d’une expérience touristique rurale authentique. Derrière chaque projet fructueux se cache un champion, un leader visionnaire qui perçoit les occasions dans son milieu. Avez-vous déniché le vôtre?

Sources:

– Circle Farm Tour: Circlefarmtour.com

– Dixson, Donna. «Field of Dreams: Developing Agritourism Opportunities in Rural Communities», Rural Tourism Conference, 7 avril 2010.

– Kootenay Rockies: Kootenayrockies.mobi

– The tourism and hospitality education network. «Transforming Communities through Tourism, a Handbook for Community Tourism Champions», LinkBC.ca

– Shuswap GeoQuest: Shuswapgeoquest.com

– Steele, Joanne. «Would a Farm Tour Help Your Rural Community?», Ripple Blog, 13 avril 2010.

– Tourism Research Innovation Project: Trip-project.ca

– Vaugeois, Nicole et Lea Thuot. «Made in BC, Innovation in Sustainable Tourism», Vancouver Island University, 2009, 85 pages.

– Vaugeois, Nicole. «So how is development of tourism in a rural context different?», Vancouver Island University, Canadian Association of Geographers Special Session: Rural tourism and recreation in Canada, 28 mai 2009, Ottawa.

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Produits et activités

Tourisme gastronomique: la cuisine promotionnelle

La popularité du tourisme gastronomique n’est plus à démontrer; un véritable déluge de promotions, de blogues et de magazines alléchants le prouve. Les voyageurs sont toujours plus conscientisés par la qualité, la provenance et la préparation des aliments et cherchent des destinations où ils pourront goûter aux saveurs propres à la région ou au pays. Que ce soit pour la pure gastronomie, l’agrotourisme ou une expérience spa, quelques bonnes pratiques méritent d’être soulignées.

Subdivisé en plusieurs niches, le tourisme gastronomique est difficile à définir et à analyser, sans compter que chacun y va de son interprétation. Celle de l’International Culinary Tourism Association est simple et inspirante: «la recherche d’expériences gustatives uniques et mémorables». Parallèlement, le touriste gastronome est tout aussi difficile à cerner et donc à dénombrer. Il peut être celui qui s’évade pour de courts séjours vers des villes reconnues pour leur fine cuisine ou l’aventurier qui va à l’autre bout du monde pour expérimenter des cuisines rares et exotiques.

Quelques exemples de niches de tourisme gastronomique:

  • Les écoles de cuisine ont la cote et de nombreux endroits proposent des vacances culinaires. En plus d’améliorer leurs talents de cordon bleu, les participants profitent souvent d’activités extérieures diverses.
  • Les spas ont généralement inclus la composante alimentaire à leur offre. Les menus simples, pour ne pas dire spartiates, des premières années de ce secteur laissent place aujourd’hui à de véritables festins gastronomiques.
  • Le tourisme rural et l’agrotourisme constituent deux autres niches qui se rattachent au tourisme gastronomique. Ce peut être pour goûter la cuisine régionale après une journée d’activités extérieures, participer à un festival culinaire ou apprendre sur la culture ou la fabrication d’un produit. L’agrotourisme inclut aussi les attractions culturelles mettant de l’avant la vie rurale.
  • L’œnotourisme ou tourisme vinicole a fait la réputation de plusieurs régions du monde, notamment Bordeaux et la Bourgogne en France, la Toscane, Napa Valley et aussi la péninsule de Niagara.

En raison de sa nature variée et éclatée, la promotion du tourisme gastronomique se fait souvent de façon individuelle, lui conférant peu de poids. Il existe néanmoins des destinations et des organisations qui ont su se regrouper et projeter une image forte dans l’esprit des gourmets de ce monde.

Un partenariat audacieux

La Route des vins du Pays de Bade et d’Alsace est un bel exemple de coopération entre deux pays, l’Allemagne et la France. Six agences de développement touristique et économique ainsi qu’une association viticole travaillent ensemble, avec le concours de l’Union européenne, sous un modèle de coopérative de marketing. Alors qu’en Europe, les régions se livrent souvent une forte concurrence, cette association tranche avec un marketing unifié. Le territoire couvre 15 000 hectares de chaque côté de la rive du Rhin, qui tient lieu de frontière. L’offre est ainsi teintée différemment selon les traditions culinaires allemandes ou françaises. L’Alsace est réputée pour sa fine cuisine et détient la plus forte concentration de restaurants étoilés par Michelin à l’extérieur de Paris.

Un centre de villégiature axé sur l’agriculture

Oliver, dans la vallée de l’Okanagan, est déjà reconnu pour sa viticulture, ses fruits, ses légumes et son climat doux. La municipalité a le projet de devenir un lieu de villégiature basé sur l’agriculture. En bref, être à l’agriculture ce que Whistler est au ski. Outre sa production actuelle, ses autres atouts sont sa localisation près de l’autoroute, un aéroport, des circuits de golf renommés, un centre de ski ainsi qu’un centre-ville sympathique. Les porteurs du projet estiment que le développement d’un centre de villégiature représente des possibilités extraordinaires pour l’agriculture ainsi que pour la création d’une expérience culturelle et touristique unique. Tout en respectant les terres et l’esprit communautaire actuel, le projet comprendrait des attraits et des hébergements.

Le tourisme dans les fermes scandinaves

L’agrotourisme et le tourisme rural sont une avenue souvent utilisée pour développer le tourisme dans les régions hors des centres urbains. Ayant bien implanté le tourisme à la ferme, les pays scandinaves pourraient certainement nous en apprendre sur le sujet. Généralement pour y dormir et s’y restaurer, mais aussi pour assister à des prestations artistiques, plus de 400 fermes de la Suède accueillent les visiteurs, soit environ 20% des fermes. Cette forme de tourisme est aussi bien développée au Danemark, en Norvège qu’en Finlande où environ 10% des fermes sont liées au tourisme. Même si le poids économique du tourisme dans les régions rurales scandinaves demeure faible, les revenus des fermes provenant du tourisme se situent entre 15% et 50%. Les établissements organisent de plus en plus leurs activités marketing en commun.

Tourisme_gastronomique_image1www.visitsweden.com

Une région, un label

Autre initiative rurale intéressante : la région de Skagafjörður, au nord de l’Islande, a consolidé la richesse de son offre agrotouristique autour de ses produits locaux. La particularité du projet Local Food réside dans le fait qu’il inclut tant la restauration que les produits fabriqués et distribués localement. Le label est apposé sur les produits offerts en magasin ainsi qu’à côté des éléments des menus des restaurants composés d’aliments locaux. Ces restaurants ont d’ailleurs observé une augmentation des ventes de ces plats.

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Le gastronomique Spa Eastman

La renommée du Spa Eastman (www.spa-eastman.com/) est bien établie; même que l’étude britannique Mintel sur le tourisme gastronomique le cite comme exemple d’un spa offrant à la fois détente et gastronomie. Le service de restauration de l’établissement a beaucoup évolué au cours des années et propose maintenant des plats raffinés ainsi qu’une sélection de vins biologiques.

Si l’alimentation a toujours fait partie du tourisme, cette fonction est aujourd’hui de plus en plus rattachée à des attentes de découvertes culinaires. Offrir une expérience gastronomique ne relève donc plus vraiment de l’innovation, désormais il faut qu’elle soit innovante.

Sources:
–     Mintel. «Gastronomic Tourism», International, Travel & Tourism Analyst, no 4, mars 2009.
–    Hall, C. Micheal, Müller, Dieter K., Saarinen, Jarkko. «Nordic Tourism, Issues and Cases», Aspects of Tourism, Channel View Publications, 2009.
–    Patton, Allan. Area ‘C’ Director, RDOS. «Agricultural Area Plan», 2008.
–    Oliver & District Community Economic Development Society. «Oliver Vision for the Future: North Americas First Agricultural Resort Area», South Okanagan Chamber of Commerce, Sochamber.ca

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Produits et activités

Accroître l’attractivité de son produit par les alliances (Compte rendu des Assises du tourisme 2010)

À l’ère du tourisme «expérientiel», certaines entreprises choisissent de s’allier à d’autres pour créer une offre complémentaire plus susceptible d’intéresser et d’attirer les visiteurs dans leur région et dans leur commerce. C’est le cas des trois gestionnaires qui sont venus partager leur expérience lors des Assises du tourisme 2010.

Pistes de collaboration pour développer l’offre et son attractivité

Les regroupements de partenaires
Alexander Reford, directeur des Jardins de Métis, situés à la jonction de deux associations touristiques régionales (ATR), celles du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, privilégie la collaboration avec de nombreux partenaires pour développer et promouvoir son offre. Comme il est membre de plus d’une dizaine d’associations sectorielles touristiques ou gastronomiques locales et régionales, il bénéficie d’une plus grande visibilité.

De plus, au fil des ans, monsieur Reford a établi des partenariats avec divers établissements d’enseignement de niveau collégial et universitaire liés au tourisme, à l’agriculture ou à l’architecture du paysage afin d’obtenir de la main-d’œuvre qualifiée qui contribue à l’amélioration de son produit.

Environ 10% du chiffre d’affaires des Jardins de Métis proviennent de forfaits créés en association avec une cinquantaine d’hôtels de la région. Ces partenariats, exempts de commission, sont un excellent investissement tant pour le client que pour tous les partenaires impliqués.

La création de thématiques in situ et extra-muros avec plusieurs collaborateurs, comme le Musée régional de Rimouski (parcours d’œuvres d’art contemporaines), le Festi-jazz international de Rimouski (concerts), le Carrefour de la littérature, des arts et de la culture (thés littéraires), l’Université de Montréal (école d’été) ainsi que les municipalités de New Richmond, d’Amqui et de Montréal, a permis d’ajouter des éléments nouveaux à l’offre des Jardins de Métis et de les promouvoir à travers le Québec.



Métis-sur-Montréal, Oursins, NipPaysage, 2009.
Source: Jardins de Métis

Enfin, les Jardins de Métis se sont lancés dans l’aventure culinaire en 2006 par la création de partenariats avec une trentaine de producteurs régionaux et par la tenue d’événements culinaires mettant en vedette le chef du Toqué!, Normand Laprise, et son équipe. Une nouvelle façon de mettre en évidence certains produits des Jardins, en l’occurrence les boutons d’hémérocalles.

Les routes et les circuits thématiques
Monsieur Robert Demoy, œnologue-cidriculteur et propriétaire de la Cidrerie du Minot, située à Hemmingford, a obtenu le premier permis de producteur artisan de cidre en 1987. Depuis, il a instauré la Route des cidres, en collaboration avec Tourisme Montérégie, et a participé à la fondation du Circuit du paysan. Voici ses conseils pour développer des alliances avantageuses:

  • être convaincu de la nécessité des alliances pour assurer le succès de son entreprise, mais pas à n’importe quel prix;
  • choisir ses alliés (et se rappeler que leur taille importe peu!);
  • amorcer des démarches lorsque l’occasion se présente;
  • avoir une vision à long terme et savoir être patient pour obtenir un bon retour sur l’investissement;
  • ne pas craindre que ses partenaires tirent plus d’avantages que soi de cette alliance;
  • réseauter et s’impliquer;
  • s’allier à au moins un partenaire capable d’offrir une permanence au projet;
  • développer une charte de qualité à laquelle adhèrent tous les partenaires afin de présenter une offre constante sur tout le circuit.


En suivant lui-même ces recommandations, monsieur Demoy a démontré aux participants des Assises qu’il est possible de faire bouger les choses sans nécessairement occuper une position de leader dans sa région.

Les événements thématiques

Éric Bilodeau, directeur des communications au Musée d’art contemporain de Montréal (MACM), est venu prouver qu’avec de la créativité, il est possible de se distinguer, même lorsqu’on ne dispose que d’un infime budget de mise en marché. Mais pour cela, il faut croire en son projet et ne pas craindre d’aller de l’avant en misant sur le partenariat.

L’un des partenariats les plus profitables du MACM est sans conteste celui qui le lie au festival Montréal en lumière, et tout particulièrement à l’événement Nuit blanche, qui se déroule de 20 h à 5 h du matin.

Afin d’attirer l’attention des médias et, par ricochet, de l’importante clientèle du festival, les créateurs «promotionnels» du MACM ont choisi de se distinguer en animant le hall d’entrée par toutes sortes de manifestations: cirque, danse, émission radiophonique, présentation multimédia et atelier familial de création. Le plus récent, «Icebergs à la dérive», un atelier d’origami où des icebergs géants en carton fabriqués par les participants ont servi à l’élaboration d’une œuvre collective installée dans le hall d’entrée, a contribué au succès de la Nuit blanche du festival au MACM: 18 000 personnes ont participé à la soirée, soit 10% de la fréquentation annuelle du Musée.


Source: MACM

Parmi d’autres partenariats réussis du MACM, mentionnons sa collaboration avec le Festival de jazz de Montréal et sa participation à la Journée des musées montréalais ainsi qu’à l’événement Montréal Ville de verre. Tout au long de la Journée des musées montréalais, les visiteurs pourront participer à la création d’une œuvre collective en verre en faisant don de leurs lunettes usagées. Celles-ci seront intégrées avec soin à une création collective qui sera ensuite exposée dans le hall du musée. En septembre prochain, les lunettes seront remises à l’organisme Optométristes Sans Frontières, qui les distribuera à son tour aux populations démunies de pays défavorisés.

Savoir profiter de l’événement pour développer l’attractivité de son produit lorsqu’on a peu de budget promotionnel: voilà le mot d’ordre d’Éric Bilodeau, dernier conférencier de cet atelier très formateur.

Consulter les présentations des conférenciers lors des ateliers.

Sources:
–    Bilodeau, Éric. Musée d’art contemporain de Montréal, Assises du tourisme 2010.
–    Demoy, Robert. Cidrerie du Minot, Assises du tourisme 2010.
–    Reford, Alexander. «Attaquer les marchés par alliances», Jardins de Métis, Assises du tourisme 2010.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Les microbrasseries en pleine effervescence… touristique!

Qu’elle soit blonde, brune ou rousse, la bière de microbrasserie est à la mode. Elle accompagne les plats gastronomiques et intéresse les touristes par sa fabrication artisanale et régionale. Les microbrasseries québécoises sont nombreuses et leur nombre ne cesse de croître. Elles font désormais partie des intervenants touristiques, alors comment peuvent-elles aider à promouvoir le Québec comme destination?

Une tendance enivrante: Beer is the new wine

Selon le magazine Flavor & The Menu, la tendance numéro un en 2009 dans le milieu de la restauration est le mariage de la bière et d’une variété de mets gastronomiques. L’article confirme que la «révolution des microbrasseries» est la cause de cette nouvelle perception favorable, car les produits qui en sont issus présentent une palette de saveurs qui se marient mieux avec celles des aliments que du vin.

En raison de son prix moins élevé, la bière se prête davantage à une dégustation dans un cadre informel, une ambiance décontractée, ce qui convient bien au climat économique actuel. Cet avantage expliquerait la popularité croissante des pubs gastronomiques ou «gastro-pub» en Europe et en Amérique du Nord.

Faire mousser l’intérêt touristique

Cette nouvelle popularité pour la bière artisanale se traduit par un intérêt accru pour la tradition brassicole et ses origines. En 2008, les petites et grandes brasseries de la République tchèque ont reçu 380 000 touristes, une hausse de 8,5% par rapport à l’année précédente. Le «tourisme de bière» constitue le segment à plus forte croissance dans ce pays.

En Belgique, on mise beaucoup sur la culture de la bière pour vendre la destination. En effet, le site Internet de l’Office de tourisme de Belgique fournit le calendrier des nombreux événements et festivals de bières qui ont lieu pendant l’année, dresse la liste des brasseries et musées par région ainsi que des grossistes et des forfaits thématiques sur la bière. On y trouve également une panoplie de ressources permettant aux visiteurs de mieux connaître le produit belge. Ailleurs, la ville de Copenhague invite les touristes à visiter les brasseries, à goûter le produit et à échanger leurs impressions avec le maître-brasseur.

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Dans les Alpes suisses, la brasserie Monsteiner Bier offre aux visiteurs neuf expériences uniques de dégustation, dont un forfait découverte qui inclut un parcours panoramique en train, une randonnée en montagne, la visite de la brasserie et, bien sûr, la dégustation de ses produits.

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La popularité des microbrasseries s’observe également aux États-Unis, où les ventes de bières artisanales ont augmenté de 12% en 2007, selon le Brewers Association. Le magazine Forbes affirme d’ailleurs que les visites de brasseries deviennent de plus en plus sophistiquées. De la tournée animée par le maître-brasseur aux leçons brassicoles pour les touristes, ces visites attirent un nombre grandissant d’amateurs locaux et internationaux. Constatant cet intérêt pour ses produits, la brasserie Rogue à Newport, en Oregon, a ouvert un petit hôtel-appartement judicieusement appelé Bed & Beer.

Les microbrasseries du Québec: levons notre verre!

De nos jours, les Québécois consomment 90 litres de bière par année en moyenne. Toutefois, même si la tradition brassicole est bien ancrée dans les racines du Québec, ce n’est que depuis la fin des années 1980 qu’on produit de la bière artisanale un peu partout dans la province. Et ce n’est pas terminé! «Les brasseries artisanales poussent comme des champignons», affirme l’éditeur en chef du magazine Bières et plaisirs. En 2007, la part de marché des microbrasseries du Québec atteignait 4,3%, mais l’Association des microbrasseries du Québec (AMBQ) souhaite la faire passer à 12% d’ici 2017.

Au Québec, on commence depuis quelques années à voir les microbrasseries dans le portrait touristique. Cette année, la Microbrasserie du Lac St-Jean a été désignée lauréate d’or des Grands prix du tourisme 2009, dans la catégorie «Développement touristique – Restauration». L’an dernier, la Microbrasserie Nouvelle-France en Mauricie emportait le bronze dans cette même catégorie.

Actuellement, 14 des 22 régions touristiques du Québec ont au moins une microbrasserie sur leur territoire. Leurs bières plaisent aux touristes à la recherche de produits de fabrication locale et d’expérience authentique. En raison de noms comme «L’écume» (Îles-de-la-Madeleine), la «P’tit train du Nord» (Laurentides), «La Ciboire» (Québec) ou «La Noix de marmotte» (Montérégie), les bières des microbrasseries québécoises deviennent de véritables produits identitaires qui se rattachent à la région, à ses spécificités géographiques, à son peuple et même parfois à son folklore. De plus, l’AMBQ vise l’augmentation de son approvisionnement en ingrédients locaux, ce qui permettrait à certaines microbrasseries d’obtenir une appellation réservée.

Pour aider le consommateur à s’y retrouver, les Éditions Néopol consacrent un guide Petit Futé complet aux microbrasseries du Québec (Petit Futé s’est d’ailleurs associé à la microbrasserie Au Maître Brasseur (Laval) pour commercialiser sa propre bière!). De plus, le Mondial de la bière distribue une carte des microbrasseries du Québec, mais celle-ci n’est offerte qu’en version papier seulement. Peut-être y aurait-il lieu de créer une version électronique de cette carte afin de promouvoir ce produit distinctif et de le diffuser en ligne, à un public élargi. Fait intéressant, le site de planification de vacances www.quebecvacances.com dresse maintenant la liste des microbrasseries sous la catégorie «Activités et attraits».

Le Québec s’exporte…

Le Mondial de la bière de Montréal célèbre les bières d’ici et d’ailleurs depuis maintenant 17 ans. En octobre, l’événement ira faire connaître le Québec par le biais de ses bières à Strasbourg, de l’autre côté de l’Atlantique. Le lancement d’une édition sud-américaine du festival fait également partie des projets envisagés.

microbrasseries3La bière «400e» d’Unibroue, brassée à l’occasion du 400e anniversaire de Québec, a réellement souligné l’événement. Servie dans les établissements de la capitale, la «400e» était aussi en vente dans le reste du Québec, aux États-Unis et dans la vingtaine de pays où les produits Unibroue son distribués, procurant ainsi une visibilité accrue à la microbrasserie, mais aussi à la ville et aux festivités qui s’y déroulaient. La fête étant maintenant terminée, la «400e» sera toujours vendue au Québec en guise de passage à l’histoire.

Sachant que cette entente a profité autant à Unibroue qu’aux festivités, y aurait-il lieu d’avoir une plus grande collaboration entre les microbrasseries, les événements et les attraits touristiques? Une chose est certaine, les microbrasseries et leurs bières sont à la mode. On aurait tout avantage à en offrir plus aux clientèles touristiques dans les bars et les restaurants du Québec, mais aussi dans les boutiques de souvenirs!

Sources:
–  Artis, Olivier. «Le 400e part, la 400e d’Unibroue reste», Bières et plaisirs, février-mars 2009.
–  Artis, Olivier. «Capitaine Marois contre vents et marées», Bières et plaisirs, juin-juillet 2009.
–  Morin, Annie. «Les microbrasseries locales en quête d’ingrédients québécois», Le Soleil, 1er mars 2009.
–  Ruiz, Rebecca. «World’s Top Brewery Tours», Forbes Magazine, 1er juillet 2008. [http://www.forbes.com]
–  Wouters, Philippe. «Mot de l’éditeur», Bières et plaisirs, février-mars 2009.
–  Wouters, Philippe. «Invitation à la gourmandise», Bières et plaisirs, avril-mai 2009.
–  Wouters, Philippe. «Fiers d’être bleu!», Bières et plaisirs, juin-juillet 2009.
–  «Czech Republic Flooded by Beer Tourists», Tourism Review, 18 décembre 2008. [http://www.tourism-review.com]

Sites:
www.bonjourquebec.com
www.festivalmondialbiere.qc.ca
www.neopol.ca
www.quebecvacances.com
www.unibroue.com
www.visitbelgium.com
www.visitcopenhagen.com

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Marketing Produits et activités

Le cidre: un produit touristique identitaire?

«Auparavant, lorsque nous visitions des amis à l’étranger, nous leur apportions du sirop d’érable. Aujourd’hui, nous leur offrons une bouteille de cidre de glace». Cette observation de Véronique Rivest, une sommelière réputée, a bien résumé le potentiel identitaire du cidre québécois à l’occasion du colloque national sur le cidre, tenu le 12 février 2009 en Montérégie. Comment une région peut-elle asseoir son développement sur la mise en valeur d’un produit agrotouristique?

La région de Niagara s’est créé une réputation de destination agrotouristique solide grâce à la production de vin et, plus particulièrement, de vin de glace. Est-ce que la Montérégie peut aspirer à une renommée semblable avec ses cidres?

Les atouts: unicité et qualité du produit

La production ayant débuté au début des années 1990, le cidre de glace est un produit relativement nouveau, mais qui commence à se faire connaître à l’étranger. Au Québec, on dénombre une cinquantaine de producteurs qui apportent leur touche personnelle à leurs produits. Ensemble, ils fabriquent trois types de cidre différents: le «tranquille» (ou plat), l’«effervescent» (ou mousseux) et le produit vedette, le fameux cidre de glace. Le Québec se démarque par la qualité de ces trois produits, surtout par le dernier puisqu’il n’y a qu’au Québec où les froids hivernaux permettent à la pomme de geler de façon naturelle.

Aujourd’hui, comme tous les autres cidres, la fabrication du cidre de glace est encadrée par une réglementation qui impose de sévères normes de qualité. D’ailleurs, pour qu’une région comme la Montérégie se bâtisse une réputation, ses producteurs doivent respecter rigoureusement ces normes. Cela semble être le cas, car plusieurs cidres ont déjà reçu des prix d’envergure et leur qualité est stable d’année en année.

L’expérience touristique

Outre la qualité, il importe aussi de créer une expérience touristique autour du produit. Par exemple, la vallée de l’Okanagan en Colombie-Britannique mise sur une programmation bien remplie (un festival par saison) pour faire connaître ses vins et sa gastronomie. De son côté, la «Wine Route», en Ontario, est particulièrement fournie et diversifiée.

Le cidre est produit dans plusieurs régions du Québec, mais il y a une forte concentration en Montérégie. Elle est d’ailleurs la seule région qui place ce produit au cœur de son positionnement touristique. Les activités touristiques axées sur le cidre sont les suivantes:

  • La «Route des cidres» regroupe onze producteurs qui offrent des dégustations ou des visites des installations (voir un aperçu de la carte interactive, ci-dessous).
  • La deuxième édition du «Mondial des cidres de glace» a eu lieu en février dernier et a accueilli plus de 10 000 visiteurs.
  • La cueillette des pommes est une activité fort populaire à l’automne, particulièrement auprès des familles, et ce, tant chez certains cidriculteurs que dans de nombreux autres vergers de la région.
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Se faire connaître et reconnaître

La réputation du produit compte pour beaucoup dans l’attractivité d’une expérience. Celle des vins de Napa Valley en Californie n’est plus à faire et contribue à elle seule à attirer de nombreux touristes et amateurs. La connaissance et la reconnaissance du produit sont également des étapes à franchir dans la route vers le positionnement d’une région autour d’un produit agrotouristique. La Montérégie et ses producteurs de cidres cheminent dans cette direction mais demeurent encore grandement méconnus. De plus, ils ont à lutter contre la faible réputation générale de cette boisson, ce qui n’est pas le cas du vin.

À ce sujet, divers points de vue ont ponctué ce premier colloque national sur le cidre. Jean-François Demers, professeur, conférencier et sommelier, mentionnait que l’on trouvait les meilleurs cidriculteurs du monde parmi l’assistance mais que ceux-ci font face à un défi gigantesque. Pour faire connaître leur produit, ils doivent se tailler une place dans la cour des grands: l’industrie du vin. Ils devront travailler ensemble pour arriver à se faire reconnaître.

Thierry Debeur, des éditions et des guides du même nom, souligne que les actions des producteurs sont peu publicisées. Il mise aussi sur la force du nombre pour mieux se faire connaître.

La distribution

La connaissance et la reconnaissance du produit passent aussi par une vaste distribution. Un autre défi pour les cidriculteurs est donc de réussir à s’implanter auprès de nombreux restaurants du Québec. Il s’agit d’une avenue difficile à emprunter, puisqu’elle repose sur la demande des consommateurs qui, justement, demandent rarement du cidre. M. Demers encourage les producteurs à s’impliquer ensemble dans l’éducation de la population et des restaurateurs.

La distribution se fait donc directement par le producteur ainsi qu’à la Société des alcools (SAQ), pour quelques produits seulement. La SAQ fait de plus en plus de place aux boissons québécoises et dans la catégorie Terroirs d’ici, le cidre est le produit le plus vendu (environ 81% en 2007, une augmentation de 528% en 10 ans).

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À l’instar de régions telles que la vallée de l’Okanagan, Napa Valley et la région de Niagara, le succès d’un positionnement touristique basé sur un produit agrotouristique repose sur deux principales conditions: la reconnaissance du produit, qui passe nécessairement par une qualité exemplaire et une excellente distribution ainsi qu’une expérience touristique authentique et attrayante. L’industrie du cidre semble sur la bonne voie, mais demeure encore toute petite et très jeune. Autant elle est prometteuse, autant elle n’a pas vraiment droit à l’erreur…

Source:
– Colloque national sur le cidre. Tourisme Montérégie, 12 février 2009

Sites Web:
cidre du quebec
tourisme Monteregie

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Gestion Produits et activités

Destinations à déguster

Plus que jamais, les vacanciers tiennent compte des attraits culinaires d’une région lorsque vient le temps de choisir une destination de voyage. Ils souhaitent une expérience authentique et la cuisine s’avère une goûteuse expression de la culture locale. Vous avez déjà sûrement remarqué les photos alléchantes qui figurent au premier plan des images servant à vendre une région, un hôtel ou un centre de villégiature. Mais quelles autres stratégies envisager pour devenir une destination culinaire?

Un intérêt qui se confirme

Le tourisme culinaire peut prendre différentes formes: apprendre sur la production, visiter les marchés, suivre des leçons de cuisine, déguster des vins, effectuer un séjour à la ferme et, bien sûr, fréquenter les restaurants servant une cuisine typique.

Selon une enquête récente d’American Express Travel, les voyages rattachés à des intérêts personnels sont très importants (87%) et ce type de voyage se répétera ou augmentera au cours des deux prochaines années. L’un de ces intérêts, d’ailleurs le plus populaire selon le sondage, est d’élargir ses horizons culinaires. Essayer une cuisine nouvelle basée sur des mets locaux et exotiques se révèle très important pour 42% des répondants. Cette proportion est encore plus forte auprès des 18-34 ans (55%). La Specialty Travel Agents Association (STAA) confirme cette tendance et indique que les voyages culinaires constituent l’un des types de tourisme les plus en croissance.

Devenir une destination culinaire

Une région qui souhaite devenir une destination culinaire peut envisager différentes avenues.

Elle doit d’abord miser sur la restauration locale.

  • Inventorier les restaurants qui offrent une expérience culinaire typique.
  • Amener les restaurateurs à encourager le tourisme culinaire dans la région à travers leur créativité et leurs bonnes pratiques.
  • S’appuyer sur une ou quelques spécificités locales que chacun des restaurants adapte à sa manière.
  • Créer une expérience inoubliable par des démonstrations de chefs ou des formations en cuisine.
  • Mobiliser les résidants afin qu’ils deviennent des ambassadeurs du tourisme culinaire. Ils doivent pouvoir répondre adéquatement à la question: «Où puis-je trouver un bon restaurant dans les environs?».
  • Faciliter l’accès des visiteurs en mettant à leur disposition suffisamment d’espaces de stationnement, un service de valet gratuit ou encore en indiquant où ils peuvent se garer.
  • Amener les différents acteurs du tourisme culinaire à ne pas se voir comme des concurrents mais plutôt comme des partenaires. Une masse critique de bons restaurants procure un meilleur effet.
  • Envisager la possibilité d’instaurer une semaine des restaurants comme le font plusieurs villes nord-américaines. Une telle semaine, où les restaurants offrent ce qu’ils ont de meilleur au menu et à prix abordable, fait connaître les établissements à la population locale et attire des visiteurs. Pour que cet événement soit réussi, la destination doit déployer des efforts marketing auxquels les restaurateurs participent.

Les marchés publics sont des lieux privilégiés pour se plonger dans l’univers culinaire d’une destination. Même s’ils sont d’abord fréquentés par la population locale, il importe aussi de les placer à l’avant de l’offre touristique et d’en faciliter l’accès aux visiteurs.

De plus en plus, les chefs et les producteurs agroalimentaires locaux travaillent main dans la main pour satisfaire l’appétit de fraîcheur et de produits régionaux des consommateurs. Ces producteurs, qui collaborent avec les restaurateurs, peuvent ainsi adapter leurs récoltes aux besoins et à la vision du chef.

Certaines destinations se dotent d’un concierge-restaurant. L’employé à ce poste peut être consulté par les hôtels et les autres établissements touristiques afin de diriger les touristes exactement à l’endroit qui leur convient.

Les festivals représentent également un moyen d’exploiter le potentiel du tourisme culinaire. Bien qu’il y ait ceux à grande échelle comme le grand Taste of Chicago qui attire plus de 6 millions de visiteurs, les plus modestes peuvent aussi obtenir de très grands succès. La Fête des vendanges Magog-Orford célèbrera son 16e anniversaire en 2009 et la municipalité estime avoir accueilli environ 60 000 visiteurs en 2008.

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La ville de Ludlow, au Royaume-Uni, est un exemple parmi de nombreuses destinations qui misent sur le tourisme culinaire pour asseoir leur notoriété. Elle semble bien réussir et voici quelques stratégies qui ont mené à la base de son succès:

  • utiliser la cuisine locale comme moyen de créer un capital culturel et un cachet social;
  • s’associer à divers fournisseurs d’aliments et de boissons afin de susciter une riche expérience de restauration et de magasinage;
  • créer une promesse d’authenticité locale basée sur une offre de qualité et des prix concurrentiels;
  • surpasser l’offre des autres destinations culinaires;
  • amener les producteurs à se sentir partie intégrante du tourisme de la région;
  • inciter les fournisseurs de services touristiques à se différencier par la cuisine.

Le tourisme culinaire semble promis à un avenir alléchant parce qu’il répond aux nouvelles valeurs des touristes. Goûter la cuisine locale donne aux visiteurs la sensation de vivre une expérience authentique.

Lire aussi:
–    Le tourisme et l’éveil culinaire québécois: une recette appétissante!
–    Faire saliver les touristes américains

Sources:
– American Express Travel. «American Express Travel survey finds pursuing personal interests drives travel despite current economic conditions»,  Communiqué de presse, 29 juillet 2008.
– Marzella, Dennis A. «Culinary Tourism: Does Your Destination Have Potential?»,  hiver 2008.
– Specialty Travel Agents Associations. «Culinary Travel One Of The Fastest Growing Segments In Travel», Travel Industry Wire, 2 décembre 2008.
– Yeoman, Ian. «Why food tourism is becoming more important», Hospitality Net, 11 août 2008.
– Ying, Tianyu, Ph.D. Shenoy, Sajna S. et Ph.D. Norman, William C. «Classifying Food Tourists: A Comparison of Thee Approches», Travel & Tourism Research Association, 39th proceeding, juin 2008.

Sites Web:
www.explorechicago.org
www.fetesdesvendanges.com

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Marketing Produits et activités

Quel est l’impact des médias sur le tourisme gastronomique?

Les relations entre les acteurs du tourisme culinaire et les médias sont tout aussi complexes qu’essentielles. Divers enjeux liés à ce rapport ont soulevé des discussions lors du récent colloque Tourisme, gastronomie et médias, tenu à l’occasion des Entretiens Jacques-Cartier les 6 et 7 octobre 2008 à l’UQAM, entre les intervenants de la France et du Québec. Voici quelques-uns des questionnements abordés.

Entre l’utilité et le pouvoir prescripteur

Il est difficile pour un restaurant de se faire connaître par les consommateurs, en particulier par les touristes. Beaucoup de choix s’offrent à eux, et dénicher les bonnes adresses n’est pas simple. Dans le passé, l’apparence de l’établissement était très importante dans le choix d’un restaurant, ce qui n’est plus le cas de nos jours. C’est alors que les guides et critiques gastronomiques prennent toute leur utilité. Les émissions culinaires présentées à la télévision peuvent aussi avoir des impacts non négligeables sur la popularité des restaurants ou des producteurs agrotouristiques. Aujourd’hui, dans l’ère où l’information prime, on souhaite connaître la petite histoire du restaurant que l’on choisit, qui est son chef, quelles sont ses spécialités, comment se qualifie la cave à vin ainsi que tout autre petit détail croustillant.

Les critiques gastronomiques ont certes une influence sur les intervenants du tourisme gastronomique. Pour ce qui est des établissements de restauration, les grandes villes sont plus largement «couvertes» par les critiques gastronomiques que les régions. Au Québec, on peut lire des articles sur les établissements montréalais ou ceux de la région de Québec chaque semaine, mais les restaurants hors de ces centres bénéficient plus rarement d’une telle possibilité. Pour les régions, les guides gastronomiques ou de voyage ainsi que l’information disponible sur Internet s’avèrent donc de meilleurs médias que les critiques journalistiques.

Les médias participent aussi à la découverte des producteurs de produits du terroir et de l’agrotourisme. De nombreux articles ont été écrits sur la Route des vins des Cantons-de-l’Est, ou celle de fromages, par exemple, et ont contribué à leur notoriété.

Mais l’impact de ces critiques est difficile à évaluer parce que trop variable d’une fois à l’autre. Pour certains établissements, il provoque un changement durable sur la renommée, alors que pour d’autres l’effet est court et s’éteint une semaine après la parution de l’article. Il est rare d’ailleurs qu’une seule critique fasse la réputation d’un établissement et il en faut généralement plusieurs. L’impact des mentions dans les guides de voyage et guides gastronomiques est plus durable, tout comme la durée de vie du média. D’un autre côté, ces guides deviennent désuets après un an ou deux.

Pour les heureux détenteurs d’une à trois étoiles des Guides Michelin, il est estimé que l’achalandage augmente de 30 à 40% en moyenne. Cela amène également une plus grande régularité dans l’achalandage en remplissant les salles à manger autant en semaine qu’en période de pointe. Depuis que le restaurant l’Astrance à Paris a obtenu trois étoiles Michelin, il y a trois mois d’attente pour pouvoir faire une réservation!

Enfin, outre les critiques et les mentions, la qualité offerte par l’établissement est cruciale pour sa réputation. Elle ne doit pas seulement être constante, mais sans cesse renouvelée pour suivre les goûts qui changent.

Enjeux de crédibilité et de légitimité

Reconnaître l’influence des critiques gastronomiques et des guides soulève néanmoins la question de la crédibilité et de la légitimité de l’information. Quoique la plupart des participants à ce colloque semblaient s’entendre sur le fait que les critiques gastronomiques sont des journalistes suivant une éthique de travail stricte ou des rédacteurs de guide attentifs, on admet aussi que tous ne sont pas nécessairement sérieux et professionnels. N’importe qui peut s’improviser critique gastronomique ou rédacteur de chroniques culinaires. Il y a aussi lieu de s’interroger sur la façon dont les éditeurs de guides de voyage choisissent leurs auteurs ainsi que les établissements qui seront visités.

Dans un autre ordre d’idées, il est possible de «se payer» une renommée. Outre la vieille méthode du pot-de-vin – qui peut ici être comprise au sens littéral –, mentionnons aussi l’exemple de Las Vegas qui a fait venir les plus grands chefs pour se doter d’une réputation de destination culinaire. On peut cependant supposer que dans ce cas, ainsi que dans ceux dont les critiques ont été écrites par intérêt, l’impact est moindre ou éphémère parce que peu ancré dans une tradition.

Encore une fois, Internet bouleverse tout

La question du recul des guides gastronomiques au profit de l’Internet a été soulevée. Les amateurs de bonne cuisine rédigent d’intéressantes critiques sur le Web et sont généralement plus à jour. D’autres participants à la conférence demeuraient toutefois sceptiques quant à la validité des commentaires des clients qui foisonnent sur Internet.

On semble néanmoins arriver à un bel équilibre avec une formule mixte, comme celle du journal Voir. En effet, les critiques professionnelles, rédigées par des journalistes, donnent également la voix aux lecteurs qui peuvent inscrire leurs propres commentaires. Le lecteur peut donc lire différents avis sur un établissement de restauration et se faire sa propre idée.

Finalement, bien que l’on trouve de bonnes et de mauvaises informations sur le Web, c’est la masse critique qui peut générer la qualité. Comme d’autres domaines où l’ouverture du Web 2.0 permet à tout un chacun d’intervenir, on voit naître une intelligence collective.

Entre une couverture inégale du territoire et du type d’établissement, quelques doutes sur l’impartialité de certains auteurs et l’arrivée du Web participatif, la mesure de l’impact des médias sur le tourisme gastronomique est difficile. Mais en dehors de l’effet média, laissons la conclusion à M. Charles Lapointe, directeur de Tourisme Montréal, qui soulignait que «pour s’assurer un avenir prospère, il faut passer à l’excellence dans l’offre».

Source:
– Colloque Tourisme, gastronomie et médias, tenu à l’occasion des Entretiens Jacques-Cartier les 6 et 7 octobre 2008 à Montréal.