Catégories
Gestion Ressources humaines

Le repreneuriat : passer le flambeau à la prochaine génération

Une précédente analyse a démontré que la prochaine décennie est cruciale pour les PME au Québec. En effet, entre 60 et 70 % des propriétaires atteindront l’âge de la retraite d’ici 2022. Qui plus est, en raison d’un manque de relève ou d’acheteurs potentiels, 40 % des entrepreneurs âgés de 65 ans et plus ont l’intention de fermer leur entreprise selon une étude effectuée en 2014 par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

en raison d’un manque de relève ou d’acheteurs potentiels, 40 % des entrepreneurs âgés de 65 ans et plus ont l’intention de fermer leur entreprise

La relève se trouve parfois au sein même de la famille. Néanmoins, la transmission peut s’avérer longue et ardue. Le processus peut durer de 2 à 10 ans. Il est donc essentiel de s’outiller adéquatement et de prendre le temps nécessaire pour que tous les partis — le cédant et le repreneur — y trouvent leur compte.

Cassis Monna et Filles : une longue route vers un transfert réussi

L’histoire de Cassis Monna et Filles est issue d’une longue tradition familiale. Venant d’une lignée de liquoristes français, Bernard Monna fonde son entreprise en 1992 à l’île d’Orléans. D’abord destinée à son fils, elle est reprise par ses deux filles en 2004. Catherine et Anne étaient déjà impliquées dans l’ouverture de l’aire de dégustation et de restauration de l’entreprise lorsque leur père a tâté le terrain pour valider leur intérêt. Il faudra 11 ans avant que le transfert soit officiel et qu’elles deviennent actionnaires majoritaires en 2015.

Si les relations entre les deux parties se sont avérées faciles, les aspects légaux ont causé des retards et des embuches. La motivation et la patience se sont effritées au fil des années. L’aide est finalement venue de l’Union des producteurs agricoles. Une conseillère s’est occupée du suivi des ententes et des accords permettant ainsi d’accélérer le processus avec les autres professionnels impliqués dans le transfert d’entreprise.

Après avoir vécu le syndrome de l’imposteur, les deux sœurs se sont approprié les lieux et donnent leur propre vision à l’entreprise

Avec du recul, Catherine Monna estime que sa famille aurait dû rencontrer un expert dès le début du processus pour gagner du temps. Pour sa part, Anne s’accorde à dire que le travail en famille est une grande force, mais qu’il constitue aussi un grand défi. Après avoir vécu le syndrome de l’imposteur, les deux sœurs se sont approprié les lieux et donnent leur propre vision à l’entreprise. 

Cidrerie Michel Jodoin : la pomme ne tombe jamais loin de l’arbre

Les produits de la cidrerie Michel Jodoin se trouvent un peu partout au Québec et plus de 42 000 personnes visitent leurs installations chaque année. Le propriétaire Michel Jodoin implique depuis plusieurs années ses deux enfants, Philippe et Marie-Pier, afin d’assurer la relève de son entreprise. Il s’agit maintenant de la 5e génération à travailler à la cidrerie.

Jodoin-famille

Source : Cidrerie Michel Jodoin

Selon Michel Jodoin, le transfert d’une entreprise comporte plusieurs défis. Il s’agit principalement d’apprendre à lâcher prise et à laisser la chance à ses enfants de commettre des erreurs. Chacun joue un rôle déterminé et n’empiète pas sur le terrain de l’autre. Marie-Pier s’occupe de l’administration et du marketing, tandis que Philippe travaille au verger.

la clé dans le transfert d’une entreprise familiale est d’assumer ses idées

Pour sa part, Marie-Pier a suivi une formation à l’École d’Entrepreneurship de Beauce qui lui a permis de gagner en maturité et d’apprendre de plusieurs cas de réussite. Cette étape a influencé son choix de s’impliquer dans la compagnie et lui a offert les outils nécessaires à la passation. Elle prend maintenant sa place tout en assurant une continuité dans les méthodes. Selon elle, la clé dans le transfert d’une entreprise familiale est d’assumer ses idées et d’avoir une bonne communication avec la personne qui cède sa place.

Hôtel Château Laurier : partir pour mieux revenir

Situé à proximité du Vieux-Québec, l’hôtel Château Laurier est géré depuis 1975 par la famille Girard. Lui-même repreneur de l’entreprise de son père, Alain Girard est bien conscient des défis que peut apporter le transfert de la PME familiale. C’est sa fille Aude qui a pris la relève.

À la suite de sept ans d’études et de travail dans le milieu hôtelier à Montréal, Aude revient au bercail en 2013. Elle occupe divers postes pour finalement succéder à sa tante comme directrice des opérations. En 2015, Aude a suivi une formation complémentaire à l’École d’Entrepreneurship de Beauce afin de développer son style de leadership et sa confiance en tant que jeune entrepreneure.

Appuyés par un cabinet-conseil, Alain Girard et ses collaborateurs en sont venus à la conclusion, lors de la mise en place du nouveau plan stratégique, qu’il s’agissait d’un bon moment pour céder la direction générale à Aude. M. Girard demeure président de l’entreprise afin de laisser la gestion des opérations à sa fille et lui permettre de développer toutes ses aptitudes et qualités dans le domaine de l’hôtellerie.

il est primordial que l’équipe adhère au changement et reste à ses côtés

Pour la nouvelle directrice générale, il est primordial que l’équipe adhère au changement et reste à ses côtés. Elle continue à développer son propre style de gestion dans l’entreprise en misant sur plusieurs modifications organisationnelles axées sur une approche collaborative. Ces changements et l’adaptation des employés et des partenaires représentent ses principaux défis.

Des outils pour le transfert d’entreprise

Il existe plusieurs outils et ressources pour le repreneuriat. En voici quelques-uns :

Avez-vous d’autres conseils ou des exemples de réussite ?

Source de l’image à la une : Pexels

Catégories
Produits et activités Tourisme durable

Tourisme et petites municipalités – rétrospective

De petites municipalités misent sur le tourisme…

Le développement touristique des villages et des petites villes connaît un essor grâce à l’engagement des citoyens, des municipalités, de divers organismes et d’investisseurs privés. C’est le cas de la municipalité de Saint-Camille en Estrie qui a pu mener à bien le projet de reconversion de son église en salle multifonctionnelle, grâce à la coopérative Destination Saint-Camille qui regroupe sept entreprises de la région. Quant à Saint-Jean-Port-Joli, c’est l’action citoyenne, particulièrement celle de ses nombreux artistes et artisans, qui est au cœur du renouveau de la destination avec son projet Saint-Jean-Port-Joli, village créatif, qui propose onze choix d’ateliers visant à augmenter la durée de séjour des visiteurs. Pour en savoir plus : Les petites municipalités québécoises misent sur le tourisme.

municipalites_rurales_tourisme_sainte-camille

Source : Destination Sainte-Camille

… et sur l’aménagement durable

L’aménagement durable peut améliorer l’expérience des visiteurs et transmettre une image positive de la ville, quand il ne devient pas une attraction en soi. Cela se traduit par le développement d’une mobilité douce, par la création de sentiers cyclables et pédestres, par le verdissement, qui contribue à réduire les îlots de chaleur et à rendre la ville plus agréable à vivre, ou encore par des investissements dans des espaces existants ou inutilisés comme c’est le cas en Suisse, où l’on a expérimenté la culture d’algues le long d’un réseau routier. Cet aménagement, initié dans le cadre du festival Genève, villes et champs, a créé la surprise auprès des visiteurs. Comme pour bon nombre de projets, l’aménagement durable urbain a du succès en partie grâce à la cohésion communautaire et à de solides partenariats avec les services, les entreprises, les organisations à but non lucratif, les institutions éducatives et les citoyens. Pour en savoir plus, lire : L’aménagement durable dans les petites municipalités.

… et sur leur rue principale

Cette artère essentielle à la vie citoyenne et au développement touristique régional bénéficie parfois de programmes structurants comme celui de la Fondation Rues principales, qui vise à aider les municipalités à revitaliser durablement leur centre-ville. D’un point de vue touristique, l’idée est de faire de ces villages plus que des lieux de passage, mais aussi des espaces de rencontres authentiques avec la population locale, où les occasions d’acheter des produits régionaux se multiplient. Pour ce faire, certaines artères misent sur leurs bâtiments symboliques tels le magasin général, la gare ou les marchés. La mise en valeur des zones clés de la rue principale, témoin de la culture locale, s’insère également de façon cohérente dans le développement des routes touristiques (Chemin du Roy, Route du Paysan, etc.), assure une meilleure répartition des visiteurs sur le territoire et augmente le sentiment d’appartenance des communautés locales. Extrait de : Rendre son âme à la rue principale.

cd_revitaliser_rue_principale_image2

Source : Magasin général Le Brun

… et sur l’agrotourisme

Le tourisme gourmand hors des grands centres urbains favorise le développement économique des milieux ruraux, entre autres, par la promotion de la gastronomie locale. De plus en plus de régions rurales organisent donc leur offre agricole et culinaire pour courtiser les visiteurs. C’est le cas des intervenants danois (petites entreprises agroalimentaires, restaurants, hôtels, organisations de promotion touristique et gouvernements) qui ont choisi de miser sur une « nouvelle cuisine nordique » faite de produits frais et locaux, mise en vedette notamment par le célèbre restaurant copenhaguois Noma. D’autres, comme l’Appalachian Regional Commission et le Tourism Council, qui comprend des représentants de 13 États américains de la région des Appalaches, ont mis sur pied la campagne Bon Appétit! Bon Appalachia! dans le but de valoriser les producteurs locaux les plus dynamiques. Ces destinations gourmandes sont localisables sur une carte interactive. Découvrez d’autres exemples ici : La campagne courtise les foodies.

… et sur la mise en valeur de leurs attraits naturels

La mise en lumière des attraits touristiques, plus spécifiquement dans les espaces naturels, a le pouvoir d’attirer les visiteurs en très grand nombre. Au-delà du simple éclairage de ces lieux pour maintenir l’achalandage, l’ajout d’une expérience de divertissement, artistique ou encore historique est un facteur d’attractivité et de différenciation. Au Québec, plusieurs parcs organisent depuis longtemps des randonnées nocturnes sur des sentiers illuminés. L’une de ces initiatives a su se démarquer récemment, en devenant une véritable attraction touristique reconnue internationalement. Il s’agit de Foresta Lumina, une installation nocturne signée Moment Factory, s’apparentant à un spectacle, au Parc de la Gorge de Coaticook dans les Cantons-de-l’Est. La mise en lumière de parcours nocturnes peut constituer un axe majeur d’une démarche de valorisation d’un espace nature initiée par un exploitant d’attrait touristique ou une municipalité et ajoute ainsi un élément de différenciation à la région touristique.  

municipalites_rurales_tourisme_foresta_lumina

                                                Source : Foresta Lumina                                                                                                             

… et sur la promotion

Plusieurs gestionnaires de destinations à travers le monde élaborent des stratégies et des actions de marketing afin d’augmenter la fréquentation de leurs régions. Visit Britain, par exemple, lançait en janvier 2015 la campagne triennale Countryside is GREAT qui vise à positionner les régions de la Grande-Bretagne parmi les lieux incontournables à découvrir. À travers différents ambassadeurs, Countryside is GREAT met en valeur la culture moderne, la fine cuisine, l’hébergement de classe mondiale et les magnifiques paysages britanniques. Quant à Visit Philadelphia et ses partenaires, ils encouragent les résidents et les visiteurs de Philadelphie à découvrir 15 petites municipalités situées dans 5 comtés en périphérie de la ville avec la campagne Towns of the Philadelphia Countryside. Pour en apprendre davantage sur ces campagnes et d’autres promotions, lisez : Encourager les touristes à voir plus loin que la ville.

 Et vous? Sur quoi misez-vous pour développer votre petite municipalité?

Source de l’image à la une : @istockphoto

 

 

Catégories
Produits et activités

Le tourisme gourmand au Québec prend du galon

Du 16 au 18 novembre dernier se tenait le 1er Grand rendez-vous en agrotourisme et tourisme gourmand à Victoriaville. L’événement a accueilli 160 intervenants et exploitants provenant de toutes les régions du Québec. Il s’agissait d’une initiative de l’Association de l’Agrotourisme et du Tourisme Gourmand du Québec, Terroir et Saveurs.

Denis Brisebois, directeur de Lemay Stratégies, a présenté les résultats d’une enquête sur les retombées économiques et l’importance de l’agrotourisme et du tourisme gourmand au Québec. Le bilan : 25,9 millions de visites en 2015 ! De ce nombre, 43 % proviennent de clientèles touristiques. Cela représente une moyenne de 14000 visites-personne par année pour les 789 producteurs agrotouristiques et les 1052 exploitants œuvrant en tourisme gourmand.

infographie agrotourisme

Source : Lemay Stratégies

Le tourisme gourmand peut désormais être abordé comme un produit d’appel ayant un excellent potentiel d’exportation.

Quatre entreprises d’ici qui ne se tournent pas les pouces

La Maison Lavande, à Saint-Eustache dans les Basses-Laurentides, exploite un créneau unique dans la région. Depuis les débuts de la lavanderaie en 2006, le couple d’entrepreneurs a grandement diversifié ses activités, explique Nancie Ferron, copropriétaire. Au cours des dernières années, il y a eu la création d’une vaste gamme de produits cosmétiques (plus de 70 produits pour le corps, la maison et même pour les animaux) ainsi que des créations gourmandes.

Plus récemment, l’entreprise a déployé des boutiques d’allées dans quelques centres commerciaux, lui permettant de rejoindre une plus large clientèle. Avec son site Web transactionnel et au goût du jour ainsi qu’une présence active sur les médias sociaux — un employé à temps plein s’y dédie — La Maison Lavande a rajeuni sa clientèle.

la maison lavande boutique

Source : La Maison Lavande

En juillet 2016, l’entreprise de livraison de petits déjeuners à domicile Oatbox a tenu son événement Silver Spoon Collective sur le site de La Maison Lavande. Les influenceurs invités ont contribué à développer la notoriété et la réputation de l’entreprise.

L’Auberge des Glacis, à l’Islet dans Chaudière-Appalaches, est non seulement fière de mettre sur sa table des produits de 70 entreprises de la région, mais a bien compris l’importance des entreprises agrotouristiques et des producteurs agroalimentaires pour sa clientèle.

Nancy Lemieux, propriétaire, explique que des capsules vidéo ont été créées afin de présenter chacun des producteurs qui l’approvisionnent. Cette démarche s’est déroulée au cours des derniers mois avec l’aide de la journaliste Danielle Laforce. La toute nouvelle chaîne Glacis.tv permet d’aller à la rencontre des personnes derrière chacun des produits, de leur façon de travailler et de leur histoire. On y propose aussi des capsules du chef de l’auberge. Une dizaine de vidéos sont déjà en ligne et plusieurs autres sont à venir. Elles donnent une toute nouvelle valeur à l’auberge et à sa table tout en contribuant à faire connaître les entreprises de la région. Il s’agit également de contenus parfaits pour le partage sur les médias sociaux.

Source : Glacis.tv

L’Orpailleur, à Dunham dans les Cantons-de-l’Est, est un vignoble pionnier de son industrie et de l’agrotourisme au Québec. Charles-Henri de Coussergues a implanté ses premières vignes en 1982 et produit la première bouteille de vin en 1985. Il a défriché le secteur de la viticulture au Québec. Depuis, il ne cesse d’œuvrer à faire connaître les vins d’ici et à faciliter leur distribution. La petite histoire de l’Orpailleur fait partie intégrante de l’expérience agrotouristique proposée.

Edith Ducharme, directrice des communications et du marketing, se dit gardienne de la marque et de l’histoire de l’entreprise. L’Orpailleur s’est grandement développé au cours des années. L’entreprise organise plusieurs événements et produit 165  000 bouteilles annuellement. Mme Ducharme donne cinq conseils aux entreprises agrotouristiques :

  1. Mettre son histoire de l’avant ;
  2. Garder l’accent sur la mission centrale, ne pas s’éparpiller ;
  3. Rester modeste. Aussi réussis que les produits puissent être, d’autres producteurs font également des prouesses ;
  4. Avoir de l’audace. La modestie ne l’empêche en rien, il faut oser innover ;
  5. Demeurer prudent, et surtout, authentique.

orpailleur

Source : L’Orpailleur

Le copropriétaire de la Cidrerie et Vergers Pedneault de l’Île-aux-Coudres dans Charlevoix, Éric Desgagnés, exploite les fruits d’un verger datant de 1918, fondé par son grand-père. L’entreprise fabrique 26 produits alcoolisés différents, issus de la pomme, mais aussi d’autres petits fruits comme la prune.

L’île-aux-Coudres étant isolée et fréquentée surtout l’été, la distribution sur le site ou aux alentours s’avère difficile. L’entreprise a donc déployé ses produits dans de nombreux points de vente (29 au total), dont quatre boutiques mises sur pied par les copropriétaires (Baie-Saint-Paul, La Malbaie, quartier Petit Champlain et Marché du Vieux-Port à Québec). L’objectif est bien sûr de vendre des produits, mais également d’attirer des visiteurs à l’Île-aux-Coudres.

cidrerie pedneault

Source : Cidrerie et Vergers Pedneault

Desgagnés estime aussi qu’il est important de s’impliquer dans l’industrie ; il est lui-même président de l’association touristique régionale. Enfin, la présence de l’entreprise au sein du vaste réseau d’Économusées est une belle avenue à exploiter. Feuilletez leur e-magazine pour en savoir davantage sur ce réseau.

economusee

Source : Société du réseau Économusée®

Vers la reconnaissance d’un produit d’appel

Plusieurs autres présentations ont enrichi ce 1er Grand rendez-vous en agrotourisme et tourisme gourmand. L’engouement des clientèles touristiques et excursionnistes n’est plus à démontrer et l’offre québécoise est riche, néanmoins dispersée et soumise à un contexte de forte concurrence. Un des objectifs de la rencontre consistait à mobiliser les acteurs du secteur vers une plus grande cohésion et un meilleur positionnement dans l’offre touristique québécoise. L’avenir nous dira s’ils ont atteint leur but!

Source de l’image à la une: La Maison Lavande

Catégories
Produits et activités

L’agrotourisme, meilleur ambassadeur des régions

Un intérêt qui se confirme

Un sondage réalisé par la Chaire de tourisme Transat auprès de 5520 répondants québécois, français, américains et ontariens portant sur leurs habitudes de voyage permet d’évaluer la popularité de l’agrotourisme. Voici quelques faits saillants :

  • 7 % de la clientèle québécoise et 4 % de la clientèle hors Québec a participé à une activité agrotouristique au cours d’un voyage en 2014, toutes destinations confondues.
  • Les Français ont affiché un taux de participation équivalent à celui des Québécois (7 %), tandis que 3 % des Ontariens et 4 % des Américains ont pris part à une expérience agrotouristique.
  • Parmi les 3302 Québécois sondés, 15 % ont mentionné avoir effectué une à trois excursions agrotouristiques à proximité de leur domicile durant les deux derniers mois.
  • Si l’on se penche particulièrement sur le cas de la clientèle hors Québec qui a visité la belle province, 12 % de celle-ci a mentionné avoir effectué une activité agrotouristique. Cette donnée doit être considérée avec réserve, compte tenu du faible échantillon (121 répondants).

Voici des exemples d’expériences agrotouristiques d’ici et d’ailleurs qui, espérons-le, en inspireront certains pour développer ou structurer l’offre mettant le terroir en valeur.

Inspirations européennes 

Une récente étude d’Atout France présente plusieurs initiatives intéressantes. 

Pile dans la tendance du storytelling, Vins Patrimoine®/Vins qui parlent est un projet consistant en la conception d’étiquettes avec codes QR pour quelques vins regroupés sous le nom Terroirs du Vertige. Le code, une foi lu, renvoie à une vidéo où le vigneron parle de son produit, ainsi que des mets avec lesquels il s’accorde. On peut y découvrir les paysages et les gens peuplant la région. Le vin devient alors un réel ambassadeur du territoire. Ce concept qui pourrait être exporté à d’autres types de produits rappelle la campagne gaspésienne Monhomard.ca, où un code attaché à chaque crustacé mène à une vidéo du pêcheur l’ayant capturé.

 

Avec les régimes alimentaires qui se multiplient, la plateforme italienne Agriturismiperceliaci.com permet de chercher des restaurants et des hébergements garantissant que de la nourriture sans gluten est disponible au sein des fermes agrotouristiques. Le portail s’autofinance grâce à la publicité et à l’adhésion des offreurs. Les utilisateurs peuvent y contribuer en signalant les nouveaux établissements qui se spécialisent dans la cuisine sans gluten et par des commentaires.

THYME est à la fois une école de cuisine, un hébergement champêtre disséminé entre une maison de village et cinq cottages indépendants, ainsi qu’un bistro qui complète l’offre de restauration et d’animation. THYME est situé dans le district de Cotswold, au sud-ouest de l’Angleterre. L’école de cuisine utilise les produits locaux et les cours variés (fabrication de pain, préparation de plats thaïlandais, cuisine avec la viande ou les poissons, etc.) se déroulent durant une journée ou un court séjour. L’ensemble du projet représente une relation gagnant-gagnant pour les producteurs, les résidents qui voient leur communauté se développer et les fondateurs, qui en tirent des revenus.

agrotourisme_thyme

Source : THYME

Inspirations québécoises

Le Tortillard gourmand est un minibus pouvant transporter 10 personnes; il sillonne la région de Lanaudière, à la découverte de fermes et d’un vignoble. L’escapade comprend aussi un atelier culinaire. Quatre itinéraires suivant diverses thématiques sont offerts, en plus de virées hors série qui incluent un souper et un concert au Festival de Lanaudière.

 agrotourisme_tortillard_gourmand

Source : Tortillard gourmand

L’auberge Le Baluchon en Mauricie propose des excursions en compagnie d’un herboriste le long de la rivière du Loup. Les participants peuvent cueillir une variété de végétaux et apprennent ensuite à les intégrer à la cuisine.

Tourisme Cantons-de-l’Est lançait au printemps 2015 une carte présentant six circuits de vélo permettant de découvrir l’offre gourmande de la région. Élaborée avec l’aide de Vélo Québec, la carte établit les niveaux de difficulté et les courbes de relief de chacun des parcours sélectionnés pour la beauté de ses paysages, son offre gourmande, ses attraits et son hébergement situé à proximité. 

La Table agroalimentaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean organise plusieurs activités culinaires. Elle a invité récemment une dizaine de restaurateurs de la région à participer à un projet visant le développement de l’offre alimentaire, caractérisée par la cuisine du terroir. Les candidats choisis bénéficieront d’un encadrement individuel et d’une importante visibilité promotionnelle. Ils deviendront les « ambassadeurs » d’une cuisine type de la région. 

Viser une qualité exemplaire agrotourisme

L’offre agrotouristique s’est bien développée au cours des dernières années. Les enjeux d’aujourd’hui concernent principalement la qualité des produits sur le marché et des expériences vécues par les visiteurs.

L’étude d’Atout France détermine six enjeux de la mise en valeur du terroir dans une perspective touristique.

  • Garantir la qualité des produits. Les consommateurs peuvent avoir du mal à s’y retrouver, et il faut faciliter l’accès à une information uniformisée.
  • Garantir le caractère local des produits et favoriser les circuits courts.
  • Intégrer les nouvelles tendances alimentaires (bio, sans gluten, végétarien, etc.).
  • Proposer de nouvelles offres et expériences. Il s’agit souvent d’activités à part entière, où il importe que celles-ci soient variées et intéressantes (cours de cuisine, cueillette, interprétation, etc.).
  • Développer des offres identitaires aptes à servir de vitrines pour la destination.
  • Valoriser l’ensemble des offres et les connecter aux efforts de développement et de promotion touristique.

Votre région vise-t-elle dans le mille?

 

Source de l’image à la une : Freeimages.com/Stephen J. Sullivan

Catégories
Produits et activités

Le mycotourisme émerge au Québec

Le mycotourisme est une activité du secteur de l’écotourisme ou du récréotourisme, qui repose sur l’exploitation de la ressource fongique forestière. Au cours des dix dernières années, un pas de géant a été franchi dans la mise en valeur des champignons forestiers comestibles. Il s’agit d’une tendance très forte en Europe; l’activité se révèle fort lucrative. En Espagne, dans la seule région de Castilla y Léon, la cueillette de champignons sauvages et le mycotourisme représentent une filière de plus de 60 millions d’euros annuellement. Aujourd’hui, 54 % des hébergements de la région affirment accueillir des mycotouristes, tandis que 52 % des restaurants des alentours mettent ce produit à l’honneur dans leurs menus.

De la balade épicurienne à l’assiette : le vrai goût du terroir

Il s’agit d’une tendance très forte en Europe; l’activité se révèle fort lucrative

Cette activité champêtre par excellence se décline en d’aussi simples plaisirs que ceux d’être en forêt, d’identifier les champignons, mais aussi les arbres et les fleurs, de les toucher puis de les sentir. Ces nouvelles découvertes favorisent la convivialité et la bonne entente entre les participants, et la fierté d’avoir cueilli ses propres champignons pour les déguster le soir même semble émaner de chaque sortie. « Luxe, calme et volupté » illustrent d’ailleurs parfaitement l’expérience haut de gamme que le Four Seasons Resort à Vail, dans le Colorado, propose à ses clients lors de cette sortie sensorielle tout-terrain. La balade est guidée par un expert en mycologie; la pause casse-croûte prend la forme d’un vin, fromage et prosciutto, et la journée se termine par un cours de cuisine avant de se rendre au restaurant gastronomique de l’hôtel.

Four season Vail

Source : news.yahoo.com

Produits à la fois populaires mais surtout très raffinés depuis quelques années, les champignons sont en vogue dans les plus grands restaurants. Les touristes à la recherche d’une activité éducative et de plaisirs gourmands trouveront leur bonheur à l’Hotel Palazzo Di Valli à Sienne, au Long Beach Lodge Resort à Tofino ou encore au restaurant étoilé Xesc Fonda dans les Pyrénées espagnoles (voir la vidéo du chef Francesc Rovira, ainsi que les photos ci-dessous).

Chef Francesc

Source : theplanetd.com

Une activité à fort potentiel pour les zones rurales

La promotion de la cueillette locale de champignons comestibles s’avère prometteuse pour les retombées économiques et la valorisation du territoire. D’ailleurs, le tourisme mycologique est maintenant considéré comme une source incontournable de revenu et d’emploi dans le milieu rural espagnol. Un portail Web est même entièrement dédié aux amateurs. N’en déplaise aux passionnés qui gardent souvent jalousement leurs informations, ici tout est public : lieux de bonnes récoltes, espèces, conditions météorologiques des derniers jours, restaurants et hébergements recommandés, marchés locaux, etc.

Micocyl

Micocyl2

Source : micocyl.es

Chaque municipalité est à même d’offrir un produit unique en fonction de ses atouts. Que cette activité soit gastronomique, d’interprétation, d’éducation ou de découverte, celle-ci peut bonifier l’offre existante et stimuler l’achalandage touristique. Kamouraska, au Québec, s’est inscrit dans cette optique de valorisation de la ressource mycologique.

De belles randonnées en forêt, dégustation à la clé, sont offertes au public, et un premier festival a même été organisé du 4 au 6 septembre dernier (voir vidéo).

À quelles clientèles s’adresser?

La cueillette de champignons peut être jumelée à d’autres activités de plein air telles que le camping, la randonnée ou le vélo. Elle est pratiquée en famille, en groupe ou en solitaire, avec ou sans guide et s’adresse aux visiteurs de courte ou de longue durée, de même qu’à la population locale.

Panneaux interpretation Kamouraska

Source : leplacoteux.com

 Structurer son offre

En s’appuyant sur des infrastructures locales existantes comme des restaurants et des lieux d’hébergement, des excursions peuvent être organisées et s’intégrer à une offre de forfait incluant le coucher, la cueillette et la dégustation. Si l’activité exige peu de matériel, elle nécessite en revanche d’être encadrée par un spécialiste qui apprendra aux clients à reconnaître les espèces comestibles.

Les destinations comme le Grand Domaine Bagnoles de l’Orne, la Lozère ou l’Ontario offrent différentes expériences dans un même forfait. L’Ontario combine par exemple l’observation des étoiles, la chasse aux champignons, des découvertes pittoresques et une descente nocturne en tyrolienne.

Ontario_Bagnolles

Sources : Bagnoles de l’Orne et Ontario

Pour les férus de mycologie, l’entreprise mycoTours offre des expéditions sur mesure dans les Rocheuses du Colorado, tandis que l’agence de voyages On The Road Experience propose de parcourir en une semaine la région du Yunnan, en Chine.

Québec : des trésors dans nos forêts

le Québec prend doucement conscience de son eldorado et de son potentiel touristique

Activité aussi naturelle que pêcher ou chasser en Amérique du Nord, ramasser des champignons sauvages fait partie des habitudes ancrées dans la culture comme en Russie, en Chine ou en France. Avec un territoire aussi grand, le Québec prend doucement conscience de son eldorado et de son potentiel touristique. André Fortin, mycologue, prédit que « d’ici une dizaine d’années, l’impact économique des champignons forestiers pourrait atteindre 100 millions de dollars au Québec, avec toutes les retombées qui découlent de l’industrie du tourisme et de la restauration ». Marie-France Gévry, spécialiste en foresterie, estime de son côté que « faire une cueillette de champignons avec 20 personnes qui paient chacune 50 $ pour vivre cette expérience peut être beaucoup plus payant que les champignons eux-mêmes ». Un créneau que certains ont flairé depuis longtemps comme MycoSylva, la Seigneurie du Triton, la Mycoboutique et le parc régional Massif du Sud, alors que la Mauricie en fait depuis peu la promotion.

Mauricie

Source : mycomauricie.com

Chanterelle, morille, champignon homard, pied-de-mouton, bolet, armillaire ventrue, marasme des oréades, retenez bien ces noms, ils attirent beaucoup les Européens, sans oublier le matsutake, dont la clientèle asiatique raffole. Il y a un immense potentiel à développer, alors exit la mycophobie, et place au mycotourisme!

Catégories
Marketing

Promouvoir les régions grâce aux recettes de grands-mères

Qu’il s’agisse d’un plat savoureux préparé par grand-mère et dégusté après une partie de cache-cache au chalet avec ses cousins, ou encore du scotch de l’oncle Jim siroté après avoir effectué une longue randonnée sur la côte, les souvenirs de bonne bouffe et de moments gourmands sont à l’honneur avec l’organisme VisitScotland. L’agence de promotion touristique demande aux Écossais de lui faire parvenir des anecdotes portant sur ces sujets, ainsi que les lieux et les recettes qui y sont associés.

Cet appel à tous fait partie des nombreuses activités inscrites sous la thématique touristique de l’année 2015 en Écosse, qui est celle de la nourriture et de la boisson (Year of Food and Drink Scotland 2015). VisitScotland choisira certaines de ces recettes locales pour produire un livre, Treasured Tastes of Scotland. Ce dernier fera voyager le lecteur à travers les différentes régions du pays par des histoires culinaires authentiques. Le livre, qui sera publié au courant de l’année, mettra ainsi l’accent sur les histoires derrière les recettes de famille, selon les régions, et incitera le lecteur à goûter aux produits locaux. Voilà une belle façon de combiner le tourisme gourmand au storytelling.

 

Image à la une : VisitScotland.org

Catégories
Produits et activités

Le tourisme à la ferme

Lorsqu’on imagine un voyage, on ne pense généralement pas à des tâches comme le ramassage des œufs frais pour le déjeuner ou la traite des vaches. Pourtant, des offres de séjours à la ferme prennent forme, et avec des composantes allant de l’implication dans les tâches quotidiennes de la ferme à des visites guidées, en passant par des randonnées ou la fabrication de produits du terroir, chacun peut y trouver son compte. Contrairement à l’offre du réseau mondial Worldwide Opportunities on Organic Farms (WWOOF) (lire aussi Vous avez dit WOOFing?), qui implique un engagement bénévole auprès de fermes biologiques en échange d’un lieu où dormir, celle des séjours à la ferme peut inclure du travail en plus des activités de découverte et de l’hébergement, mais ce n’est qu’une option parmi d’autres.

Qu’entend-on par tourisme à la ferme ?

composante du tourisme rural qui se vit au sein de fermes actives. L’environnement de travail fait partie du produit

Le tourisme à la ferme est une composante du tourisme rural qui se vit au sein de fermes actives. L’environnement de travail fait partie du produit. Ce secteur inclut toute entreprise d’hébergement ou tout attrait situé sur une exploitation agricole. Au-delà de l’hébergement, l’offre peut inclure :

  • un centre d’accueil, un musée,
  • un magasin de produits ou d’artisanat,
  • des visites guidées ou des sentiers,
  • des visites éducatives,
  • des activités d’autocueillette, d’équitation, de pêche, etc.

Pour qu’une entreprise soit considérée comme agrotouristique, elle doit être gérée par son propriétaire, un producteur agricole. Le tourisme est donc une activité complémentaire. Au Québec, l’organisme Terroir et Saveurs est très dynamique dans ses activités d’encadrement et de promotion des exploitants œuvrant en agrotourisme et en tourisme gourmand. Voici quelques exemples de bonnes pratiques ailleurs dans le monde. 

Pour ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier  

le tourisme peut être une façon de varier les revenus

Les agriculteurs ont parfois de la difficulté à vivre de leur production. Sans être une panacée, le tourisme peut être une façon de varier les revenus en proposant aux voyageurs une expérience authentique, proche de la nature et de la culture locale. Le propriétaire de la ferme peut adapter son offre en fonction des caractéristiques et des spécificités de l’établissement et de ce qu’on y produit (lire aussi Être éleveur d’émeus ou gestionnaire touristique? Les deux), sans compter qu’un séjour en milieu rural répond bien aux préoccupations d’une population de plus en plus curieuse de connaître l’origine des aliments qu’elle consomme régulièrement.

Des fermes douillettes 

Fini le confort rudimentaire de la ferme : une version plus luxueuse, conjuguant rusticité, art de vivre et confort, est désormais disponible. En Grande-Bretagne, aux États-Unis, aux Pays-Bas, en Allemagne et en France, le réseau Feather Down Farms offre aux visiteurs la possibilité de séjourner dans des tentes spacieuses de style glamping pouvant accueillir jusqu’à six personnes. À l’intérieur, on trouve un décor authentique de la vie rurale d’antan. Chaque ferme du réseau propose des activités et services qui correspondent à sa réalité. Un garde-manger regorgeant de produits locaux, souvent originaires de la ferme hôte, est mis à la disposition des clients qui souhaitent cuisiner, et les visiteurs sont invités à participer activement aux travaux ou à être des observateurs occasionnels, selon leur désir.

CL_Tourisme_a_la_ferme_image1

Source : Feather Down Farms

Eat, Stay, Farm

Au Vermont, en plus de la vente de ses produits, la ferme Green Mountain Girls offre l’hébergement et des activités de découverte. De la simple visite des installations aux exercices pratiques, les visiteurs ne manquent pas d’occasions d’en apprendre davantage sur les réalités agricoles.

Son programme « Agriculteur en formation » dure de quelques heures à plusieurs jours, pendant lesquels les voyageurs peuvent aider les agriculteurs dans leurs travaux quotidiens en s’occupant des animaux, des produits maraîchers et de la ferme. On y propose également la traite de la chèvre et la possibilité de fabriquer son propre fromage.

Vivre au rythme des cow-boys

Plus connue dans l’ouest des États-Unis et du Canada, l’expérience western des ranchs offre aux visiteurs la possibilité de vivre comme un cow-boy. Dans ce marché de niche, trois types de ranchs accueillent les vacanciers :

  • Le ranch classique est centré autour du cheval, on y propose des activités d’équitation, de pêche et de randonnée ainsi que des feux de camp;
  • Le ranch de travail propose à ses clients de devenir de véritables cow-boys le temps d’un séjour en participant au regroupement du bétail et aux travaux de l’établissement. Par définition, une partie des revenus du ranch de travail doit provenir d’activités d’élevage.
  • Le ranch de villégiature (resort ranch) est chic et peut inclure des infrastructures comme un spa ou un golf ainsi que des repas gastronomiques.

Situé dans les Rocheuses du Colorado, près de Denver, le Devil’s Thumb Ranch Resort & Spa est un exemple parfait de ranch de de villégiature. Avec ces 6 000 acres, il offre un hébergement rustique et luxueux, des plats raffinés et un spa. Au-delà des activités équestres typiques de ces établissements, une variété d’activités de plein air sont proposées été comme hiver (ski de fond, raquette, équitation, pêche, randonnée, tyrolienne, etc.). Une grange réaménagée sert de salle de réception pouvant accueillir 350 personnes.

CL_Tourisme_a_la_ferme_image2

Source : Devil’s Thumb Ranch Resort & Spa

Au Québec, le nombre d’entreprises agrotouristiques est en essor. Il est passé de 534 en 2005 à 837 en 2012, ce qui représente environ 3 % de l’ensemble des entreprises agricoles. Les activités comme les journées Portes ouvertes sur les fermes du Québec contribuent à accroître la visibilité des fermes des environs et à sensibiliser la population à leur réalité. Le tourisme à la ferme représente donc pour bon nombre d’établissements une occasion de diversifier leurs activités autrement que par la vente de produits du terroir et de mettre davantage en vedette les paysages ruraux, la nourriture locale et le savoir-faire traditionnel.

Catégories
Tourisme durable

La campagne courtise les «foodies»

 

À l’occasion du 23e Nordic Symposium on Tourism and Hospitality Research, qui se déroulait à Copenhague les 2 et 3 octobre 2014, le tourisme gourmand a fait l’objet de nombreuses présentations. Voici les grandes lignes de deux d’entre elles, qui concernent plus particulièrement le développement des régions rurales grâce à l’agrotourisme.

 

La production écologique grâce au tourisme

Le chercheur suédois Jan Henrik Nilsson rappelle à quel point l’approvisionnement alimentaire constitue l’une des principales fonctions de notre société et de l’économie, et ce, de l’agriculture jusqu’à l’assiette. La production agroalimentaire de masse exerce une pression sur plusieurs plans, tels que la santé, l’environnement, les changements climatiques et le traitement des animaux. La production écologique contribue à rendre le système d’approvisionnement plus durable. Néanmoins, elle engendre une hausse des prix pouvant, de prime abord, décourager le résident en milieu rural dans son alimentation au quotidien.

Selon M. Nilsson, le tourisme peut être vu comme un moyen de favoriser la production écologique par la vente dans les marchés et les réseaux locaux d’alimentation et par la promotion de la gastronomie locale. Selon le chercheur, la clientèle touristique constitue un segment intéressant sur plusieurs plans, puisqu’elle:

  • possède un certain pouvoir d’achat;
  • est encline à payer davantage pour des produits de qualité;
  • fréquente les restaurants, les événements spéciaux, les marchés publics, etc.;
  • apprécie les restaurants qui privilégient des produits locaux et biologiques.

Le tourisme favorise l’innovation

Son étude, réalisée dans la province suédoise du Småland, laisse entendre également que le tourisme favorise l’innovation en alimentation. Selon M. Nilsson, les idées novatrices sont souvent inspirées de ce qui se fait ailleurs. De plus, les projets novateurs remportent souvent plus de succès auprès des visiteurs de la région plutôt qu’auprès des gens qui l’habitent, souvent plus conservateurs. On n’a qu’à penser à de nouvelles variétés de fruits et légumes, à des productions artisanales raffinées, comme des fromages ou des saucisses, à des méthodes de cuisson ou de préparation provenant d’autres pays, à des plats ancestraux revisités, etc. C’est pourquoi le chercheur estime que les touristes sont essentiels à la survie des petites entreprises liées à l’alimentation durable en milieu rural.

L’adoption de l’appellation «Gourmet»

Deux autres chercheurs, Henrik Halkier, du Danemark, et Laura James, de la Suède, ont étudié la synergie nourriture-tourisme et les stratégies de deux régions rurales qui se positionnent sur le marché des destinations gourmandes. L’étude analyse les régions d’East Suffolk, en Angleterre, et du North Jutland, au Danemark.

CB_Campagne_foodies_image1

Source: VisitNordjylland.com

Dans les deux cas, les motivations des intervenants (petites entreprises agroalimentaires, restaurants, hôtels et organisations de promotion touristique) et des paliers de gouvernement étaient de prolonger la saison touristique et de développer l’économie rurale. Au Danemark, la «nouvelle cuisine nordique», soit celle faite de produits frais et locaux, mise en vedette notamment par le célèbre restaurant copenhaguois Noma, était vue comme le moteur de la stratégie. Du côté de l’Angleterre, on met l’accent sur la provenance des produits et sur l’importance que cela représente pour le consommateur, aujourd’hui plus informé que jamais. Un tel positionnement présente des défis, dont ceux liés à l’évaluation des besoins en matière de production et de distribution des produits.

Le North Jutland a fait preuve de dynamisme en créant une image de marque liée au tourisme gourmand. Les organismes gouvernementaux ont soutenu différents événements à caractère culinaire. Le programme LEADER de la Commission européenne pour l’économie rurale a permis de lier des petits producteurs aux restaurateurs; ces derniers ont créé des plats à partir de produits locaux auxquels ils ont attribué des histoires pour ainsi profiter de l’engouement pour le storytelling.

Le terroir se fait appétissant

Les chercheurs le constatent, des destinations le mettent en pratique: les produits locaux et de qualité attirent les gens! De plus en plus de régions rurales organisent leur offre agricole et culinaire pour courtiser les visiteurs. La campagne Bon Appétit! Bon Appalachia! a pour but de valoriser les producteurs locaux les plus dynamiques. L’Appalachian Regional Commission et le Tourism Council, qui comprend des représentants de 13 États américains de la région des Appalaches, ont sélectionné quelque 650 destinations gourmandes localisables sur une carte interactive. La vidéo ci-dessous illustre la diversité de cette offre et l’esprit qui anime ce marché touristique.

 

Source: Youtube

L’organisme Berkshire Farm and Table fait la promotion de la culture culinaire locale de la région des Berkshires, dans le nord-est des États-Unis. En développement, le site Web présente des événements, publie un blogue avec des histoires liées à la nourriture locale, propose des circuits gourmands par thématique, dont les trois suivants:

CB_Campagne_foodies_image2

Source: Berkshire farm and table

Des régions européennes ont bâti leur réputation grâce à une forte culture de producteurs et d’artisans, mais des États américains comme l’Oregon et la Californie disposent désormais d’une image de marque liée aux découvertes culinaires, aux produits locaux de qualité. Voilà une façon tout à fait séduisante et responsable de découvrir la ruralité.

 

Image à la une: Berkshire Farm & Table

Catégories
Hébergement Tendances

Les hôtels suivent la recette

Sans ceci et avec cela

Environ 12% de la population évite partiellement ou complètement de consommer du gluten; il s’agit de la première tendance culinaire au Canada. Les individus s’attendent donc, au restaurant, à retrouver des menus qui offrent une alternative. De plus en plus d’établissements s’adaptent; certains le mentionnent clairement à l’aide d’un label, et d’autres intègrent discrètement des plats sans gluten à leur menu. La formation des serveurs s’avère également nécessaire afin de bien renseigner la clientèle.

De plus en plus de gens surveillent également leur consommation de sel, de gras, de sucre, de lactose, de viande et d’additifs alimentaires chimiques. On cherche les aliments riches en fibres, en vitamines et en protéines qui ne sont pas d’origine animale. On réduit les portions et on valorise certains «super aliments» tels que le chou frisé (kale) ou le quinoa.

Pour répondre à cette demande, des restaurateurs envisagent d’afficher la valeur nutritive de leurs plats. Cela peut cependant s’avérer une tâche ardue, voire impossible pour les établissements de plus petite taille dont le menu change régulièrement.

Il y a plusieurs années, la chaîne Westin s’est associée au mouvement visant une meilleure alimentation SuperFoodsRX, et maintenant Fairmont offre deux nouvelles options: Cuisine Vitalité (choix bons pour la santé) et Cuisine Vitalité Plus (qui peut répondre aux régimes plus spécialisés tels végétalien, aliments crus et macrobiotique). Le Hard Rock Hotel & Casino de Las Vegas a récemment lancé un menu incluant des options sans gluten, à peu de calories, végétariennes ou végétaliennes.La tendance s’étend également aux menus pour enfants; la pionnière des aliments bio Alice Waters a créé un menu pour enfants dans les complexes touristiques Hyatt des États-Unis et des Caraïbes. Enfin, Intercontinental Planet Trekkers Menu fait vivre des expériences culinaires aux enfants.

Les produits locaux, pas uniquement dans le menu

Non seulement les chefs utilisent toujours plus les produits locaux dans la confection de leurs plats, mais quelques établissements hôteliers leur dédient aussi une place particulière. Au Baronette Renaissance Detroit-Novi Hotel, le Toasted Oak Grill & Market combine la restauration et la vente avec sa boutique de produits et de vins du Michigan. La clientèle locale représente 80% de l’achalandage.

ML_tendances_culinaire_image_1

Source: Hotel F&B

Dans le même esprit, un marché fermier se tient à la place publique de l’Hôtel La Ferme dans Charlevoix. Petit frère du Grand marché de Charlevoix, il attire les résidents de la région et fait le bonheur des touristes.

Tel l’InterContinental de Montréal, les hôteliers urbains jardinent sur leur toit. Le chef, Matthieu Saunier, explique que leur potager est bien garni, mais que cela représente souvent un défi d’obtenir les quantités d’aliments nécessaires pour répondre à la demande.

L’hôtel Hyatt Regency Century Plaza offre à ses clients un livre de recettes réalisé par le Santa Monica Farmers’ Market, et leur propose même de goûter un plat concocté à partir d’une recette figurant dans l’ouvrage.

ML_tendances_culinaire_image_2

Source: Amazon

Des chefs passionnés

Puisque les voyageurs sont de plus en plus expérimentés, notamment en matière de cuisine, leurs attentes liées à l’authenticité sont élevées. Les chefs voyagent pour bien comprendre les cuisines d’ailleurs ou retournent à leurs propres racines culturelles. Pour connaître, comprendre et s’inspirer, ils goûtent les plats typiques et échangent avec d’autres chefs. D’autres partent en quête de leurs propres racines pour intégrer une touche toute personnelle à leur cuisine. Par exemple, l’hôtel SiliconValley a décidé de mettre de l’avant la cuisine grecque à son restaurant Dio Deka et au service aux chambres. Les cinq partenaires propriétaires du restaurant sont originaires de différentes régions de la Grèce, et plusieurs plats offerts sont en fait les recettes de leur mère ou de leur grand-mère.

Service aux chambres bienveillant

Le service aux chambres existe toujours, et les établissements qui instaurent une formule correspondant bien aux besoins de leur clientèle rehaussent ainsi la qualité de l’expérience vécue par celle-ci. La cuisine locale et saisonnière du JW Marriott de Chicago se transpose en une offre de service aux chambres unique: un assortiment de neuf bouchées composées d’ingrédients changeant chaque jour, un autre de trois plats accompagnés de vins sélectionnés tous les mois ou encore la combinaison de fromages de la région et d’une bière artisanale assortie.                

On n’échappe pas à la cuisine de rue

la cuisine de rue est de plus en plus présente dans les villes,et certains hôteliers souhaitent être de la partie

Avec l’assouplissement de la réglementation, la cuisine de rue est de plus en plus présente dans les villes,et certains hôteliers souhaitent être de la partie. Le restaurant de l’Auberge Saint-Antoine à Québec, le Panache, a sa version mobile à l’île d’Orléans depuis quelques années. Fort de cette expérience, une seconde roulotte gourmande, le Panache mobile 2, s’est récemment installée au Bassin Brown sur la promenade Samuel-de-Champlain.

Los Angeles est l’une des villes où la cuisine de rue est des plus actives. JW Marriott L.A. LIVE s’est associé avec quelques exploitants qui s’installent sur le parvis de l’hôtel lors de certains congrès. Les délégués peuvent ainsi vivre cette expérience sans avoir à parcourir la ville.

ML_tendances_culinaire_image_3

Source: Hotel F&B

Des animations innovantes

Au Hilton de Portland, en Oregon, un événement oppose en duel deux sommeliers: l’un servant des vins de l’Oregon, l’autre de l’État de Washington. Tout en se taquinant gentiment, ces derniers éduquent les clients sur les cépages, les méthodes et les produits. Et que le plus populaire gagne!

Une démonstration théâtrale de cuisine moléculaire est proposée aux participants à des congrès au Grand Hotel Marriott en Alabama. Le «Mad Scientist Chef» leur fait découvrir des combinaisons très étonnantes!

ML_tendances_culinaire_image_4

 Source: Hotel F&B

Mettez-y votre grain de sel (mais pas trop)!

Les voyageurs sont de plus en plus préoccupés par leur alimentation et curieux de découvrir de nouvelles formules. Une offre culinaire innovante est ainsi susceptible d’attirer une clientèle locale grandissante. Proposez des options adaptées – mais pas trop salées!

 

Image à la une: le chef Matthieu Saunier de l’InterContinental Montréal

Catégories
Produits et activités Tendances

#JeudiTourisme 2013: Gourmand, gastronomique, agrotouristique

L’hôtellerie se met à la bouffe de rue

La chaîne Four Seasons descend dans la rue pour faire connaître son offre gastronomique. Le Four Seasons Taste Truck a réalisé une tournée de 55 jours à travers 8 villes dans 3 États américains, et a pris part à de nombreux événements festifs.

 

 

 

CB_Gourmand_image1

Source: taste.fourseasons.com

Des produits de la ferme à l’aéroport

Le transporteur aérien JetBlue et l’organisme GrowNYC, qui organise des marchés depuis 1976, ont tenu un marché de type pop-up à l’aéroport JFK de New York mettant en vedette les produits locaux. Il s’agit de la première initiative du genre à avoir eu lieu à l’intérieur d’un terminal.

CB_Gourmand_image2

Source: untappedcities.com 

Un cocktail officiel pour Hôtellerie Champêtre

Des hôteliers se sont livré une compétition amicale afin de créer LE cocktail du réseau québécois Hôtellerie Champêtre. Le jury a choisi le «Toundra Chic», une création de Guy Laroche, directeur de l’Auberge de montagne des Chic-Chocs, en Gaspésie.

CB_Gourmand_image3

Source: www.facebook.com

D’épicerie organique à agence de voyages

L’entreprise Whole Foods Market, qui vend des produits d’épicerie équitables, propose maintenant des séjours dans les pays où elle s’approvisionne. Whole Journeys vend quant à elle des voyages dont la composante clé est la découverte de la cuisine régionale et de la culture culinaire.

CB_Gourmand_image4

Source: www.wholejourneys.com/

Manger chez des particuliers à travers le monde

La plateforme Web EatWith permet aux voyageurs d’entrer en contact avec des membres de la population locale en partageant un repas à leur domicile.

CB_Gourmand_image5

Source: www.eatwith.com/ 

L’aéroport dans la rue

Après une longue période de rénovation de sa zone de restauration, l’aéroport international de la capitale suédoise, Stockholm Arlanda, en fait la promotion en offrant une sélection de produits dans la rue.

CB_Gourmand_image6

Source: www.springwise.com 

Merci @ambrassard, @AudeLenoir, @KateGermain, @MarilyneDubois, @oplontis1971!

En savoir plus sur l’initiative #JeudiTourisme

Image à la une: www.wholejourneys.com