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Innovation de gestion culturelle: deux cas inspirants pour l’industrie touristique

Avez-vous déjà pensé partager votre expertise et en faire une source de revenus supplémentaire pour votre entreprise? Ou encore, avez-vous déjà songé à vous associer aux intervenants de la province entière pour mettre en valeur vos produits dérivés et les rendre accessibles à une clientèle de masse? Il est parfois avantageux, voire inspirant, de s’extraire de son milieu pour voir ailleurs ce que font les autres. Voici deux pratiques de gestion novatrices issues du milieu culturel britannique qui pourraient très bien avoir des applications dans l’industrie touristique québécoise.

Culture Label: culture et consommation en ligne se rejoignent

Culture Label est un site Internet lancé en juillet dernier, qui regroupe 2000 produits des boutiques de 70 musées, galeries, institutions et entreprises culturelles du Royaume-Uni dans un seul catalogue, afin de mieux les promouvoir à un public élargi. Il s’agit d’une véritable vitrine virtuelle mondiale, un genre «d’Amazon» de la culture.

Culture Label

Dans une ère de postconsommation, les fondateurs de Culture Label estiment que les consommateurs sont maintenant en quête de produits différents, qui ont «une âme», une histoire et avec lesquels ils ont un lien émotif. Par leurs achats, ils cherchent aussi à faire leur part. Les produits culturels répondent parfaitement à ces critères.

Jusqu’à maintenant, le commerce en ligne des sociétés partenaires de Culture Label était visiblement sous-développé. En effet, en 2008, seulement 3% de leurs ventes au détail se faisaient en ligne, tandis que les transactions sur le Web comptaient pour 15% du commerce général dans le pays.  En créant une plateforme virtuelle commune, Culture Label espère augmenter les ventes au détail des institutions culturelles de façon à ce qu’elles représentent de 20 à 30% de leur chiffre d’affaires total.

Le modèle d’affaires permet aux entreprises et aux organismes culturels de s’investir à faible risque. Voici comment cela fonctionne: le client peut faire une recherche sur le site soit par marque, soit par catégorie de produit. Les éditeurs font des suggestions, et des blogueurs font le lien entre les produits présentés et les expositions ou événements en cours. Quand le client est prêt à faire un achat, Culture Label le reconduit vers le site de l’organisme ou de l’entreprise qui prend en charge la transaction et l’envoi. Il n’y a pas de frais associés à l’affichage des produits sur le portail (maximum de 24 produits par vendeur), mais Culture Label prend une commission sur chacun des achats.

Jusqu’à maintenant, les institutions et entreprises qui y participent incluent d’importants acteurs de l’industrie culturelle tels que le Tate et la galerie Saatchi. Mais l’initiative permet aussi aux plus petites entreprises culturelles de prendre une place égale. Ainsi, on y trouve quelques festivals, une petite bijouterie et les guides de voyage Le Cool. Pour le moment, Culture Label ne se limitent qu’aux organismes et entreprises britanniques, mais explore actuellement les possibilités de partenariats internationaux. Vingt pour cent du trafic sur le site viendrait déjà des États-Unis.

Au-delà de l’augmentation des revenus et de la visibilité accrue pour ces entreprises, il y a les concepts de dessaisonalisation et de dérégionalisation qui sont à considérer. Si le modèle fonctionne pour la culture, pourquoi ne s’appliquerait-il pas aussi aux attraits et aux événements touristiques qui vendent également des produits dérivés identitaires?

Royal Opera House: de la culture à la consultation

Royal Opera House

Le très renommé Royal Opera House (ROH) de Londres fait de la publicité dans les pages affaires du quotidien Times, non pour ses performances exceptionnelles, mais bien pour son programme de perfectionnement professionnel intitulé Housework.

En collaboration avec MAP Consortium, un regroupement visant le développement créatif et professionnel des institutions culturelles et de leur personnel, le Royal Opera House transforme sa réputation pour l’excellence ainsi que ses atouts culturels et créatifs en outils de perfectionnement professionnel percutants, mémorables et amusants. Qu’elles traitent d’innovation ou de travail d’équipe, toutes les formations sont créées sur mesure, mais en voici un échantillon:

  • Développement personnel : accompagnés d’un chanteur professionnel, les participants apprennent à utiliser leur voix et leurs corps pour améliorer leurs approches relationnelles.
  • Leadership : les participants découvrent les techniques utilisées par les chefs d’orchestre pour que chaque musicien réalise la meilleure performance possible et pour assurer la cohésion de l’ensemble du groupe. La liste des clients qui ont fait appel aux services du ROH inclut TUI Travel, Prudential et Goldman Sachs.

Lancé il y a plus d’un an, le programme a des objectifs stratégiques importants:

  1. Renforcer et approfondir les relations existantes avec les partenaires de l’institution et créer de nouvelles occasions de développement d’affaires.
  2. Offrir des possibilités de développement personnel et professionnel aux employés du ROH, car ils sont les animateurs et les formateurs des groupes.
  3. Développer une nouvelle source de revenus pour le ROH.

Suivant l’exemple du ROH, y a-t-il un savoir-faire ou des méthodes propres à votre entreprise qui pourraient servir à d’autres industries? Si ce n’est pour diversifier les sources de revenus, peut-être avez-vous une expertise à valoriser lors de la recherche de commanditaires ou de partenaires stratégiques?

 

Analyse rédigée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel

Sites :

http://www.roh.org.uk/support/training.aspx
http://www.culturelabel.com
http://www.mapconsortium.com

Sources :

Sonne, Paul. «Museum Shops Link Up on Web», The Wall Street Journal, 4 septembre 2009. http://online.wsj.com/article/SB125201383506484601.html

Spencer, Rosie. «Challenge to Funding Models for UK Museums», The Art Newspaper, 18 août, 2009. http://www.theartnewspaper.com/articles/Challenge-to-funding-models-for-UK-museums/18677

Wood, Zoe. «Museum Stores Booming As Cultural Shoppers Seek Out ‘Gifts With Soul’», The Guardian, 18 août 2009. http://www.guardian.co.uk/artanddesign/2009/aug/18/museums-national-trust-gift-sales

«Culture on the Business Pages», www.intelligentnaivety.com, 23 juillet 2009. http://www.intelligentnaivety.com/2009/07/23/culture-on-the-business-pages/

«Online Catalogue Showcases Museum & Gallery Products», www.springwise.com, 18 août 2009. http://springwise.com/retail/culturelabel/

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Ailleurs dans le monde Hébergement Marketing Produits et activités

Artistes en résidence: nouveaux acteurs dans l’expérience touristique

Que l’on parle d’expositions d’artistes dans les aéroports ou d’une œuvre peinte à même le mur d’un foyer d’hôtel, il n’y a pas de doute, la culture s’intègre de plus en plus aux composantes de l’expérience touristique. Pourquoi alors ne pas pousser l’idée encore plus loin en transformant une partie de votre espace en véritable lieu d’inspiration et de création artistique? Des intervenants touristiques développent des programmes d’artistes en résidence, et ce, au grand bonheur de leurs clients.

Le contact avec l’artiste en création permet à l’entreprise:

  • de se faire remarquer, de se distinguer de la concurrence et de faire parler d’elle;
  • d’améliorer la qualité de l’expérience touristique de ses clients en y ajoutant un élément inusité et un brin d’authenticité;
  • de se positionner comme mécène et de créer un environnement propice aux échanges culturels;
  • d’offrir à un artiste une occasion inouïe de s’inspirer d’un nouveau milieu afin d’y produire une œuvre.

Nous vous présentons quelques exemples d’artistes en résidence dans divers secteurs de l’industrie en espérant qu’ils puissent être une source d’inspiration.

Dans les hôtels

L’Hôtel Pfister de Milwaukee a lancé son programme d’artiste en résidence au printemps en rénovant son centre d’affaires pour y inclure un studio ainsi qu’une galerie d’art. L’artiste y peint une bonne partie de la semaine et des fins de semaine pendant que les clients de l’établissement sont invités à venir découvrir ses créations au fur et à mesure qu’il les réalise. Reginald Baylor, l’artiste résident actuel, est également chargé des visites de la collection d’art de l’hôtel à l’occasion des forfaits «Overnight Art Package» et il accueille même les groupes scolaires pour leur expliquer son processus créatif.

Artiste en residence

Source: www.thepfisterhotel.com

Voyez l’artiste qui emménage dans ses nouveaux locaux de création:

Le Creators Inn by Elvine est un microhôtel à l’intérieur de l’Hôtel Scandic Malmen de Stockholm, où les âmes créatrices sont invitées à soumettre une demande pour loger gratuitement pendant l’été. En plus de la chambre, les personnes acceptées ont accès à un espace de travail commun, à une cuisine, à une salle à manger, à un studio de musique et à un atelier au sous-sol. Selon le concepteur du projet, le but est de promouvoir la région auprès des artistes dont la seule présence contribue à rendre la ville plus intéressante. Le site Internet du microhôtel propose même des entrevues avec les artistes qui donnent leurs commentaires sur la ville et sur les services de l’établissement. Le concepteur qualifie l’initiative de responsabilité sociale créative (Creative Social Responsibility), mais avoue qu’il s’agit là d’un exercice de marketing efficace.

artiste en residence
Oeuvre en papier de l’artiste Shin Tanaka, client invité du Creators Inn.
Source: www.creatorsinn.com

L’Hôtel Marienbad de Berlin offre une chambre cinq étoiles aux artistes fauchés en échange d’une œuvre. Certains y ont laissé des traces permanentes (sculptures, tableaux, installations) tandis que d’autres ont présenté leurs œuvres éphémères à l’occasion d’événements ouverts au public. Ainsi, des projections de films, des lectures poétiques et des concerts électropunk ont eu lieu à l’hôtel, lui procurant une atmosphère comparable aux soirées élégantes du 18e siècle consacrées aux arts.

artiste en residence
Source: www.cultureprojects.com

Dans les grands espaces

Le programme d’artiste en résidence dans le parc national du Gros-Morne, à Terre-Neuve, est une activité de diffusion de la Art Gallery of Newfoundland and Labrador (AGNL), créée en 1998 dans le but de rendre le parc plus accessible au public à partir des arts. Le parc héberge de 3 à 4 artistes canadiens ou internationaux par année qui, en plus de s’adonner à un effort créatif, participent à la programmation et interagissent avec les visiteurs, les résidents, les scientifiques et les employés. Les œuvres inspirées des lieux sont ensuite exposées dans des galeries d’art à travers le monde. Le programme connaît un tel succès qu’il a été lancé dans d’autres parcs nationaux à Terre-Neuve et au Yukon.

Dans le Rocky Mountain National Park du Colorado, les artistes en résidence demeurent deux semaines dans une cabane historique à flanc de montagne. À la fin de leur séjour pendant lequel ils interagissent avec les visiteurs, une œuvre est choisie; elle sera soit intégrée à la collection d’art du parc pour exposition, soit vendue. Les fonds recueillis serviront à financer le programme d’artiste en résidence ainsi que la préservation du bâtiment.

artiste en residence
Source: www.nps.gov

Dans l’aéroport

L’aéroport de Heathrow a invité l’écrivain Alain de Botton à y passer une semaine à titre d’artiste en résidence dans le but de prouver qu’un aéroport est un lieu intéressant d’observation. L’auteur a donc eu un accès libre au nouveau Terminal 5, récemment critiqué pour ses longues files d’attentes à la sécurité. Récemment publié, son livre intitulé A Week At The Airport: A Heathrow Diary expose les rouages de l’aéroport; les voyageurs et employés rencontrés deviennent les personnages de son récit, écrit, en partie, sur place. L’ouvrage sera distribué gratuitement à 10 000 passagers dans l’aéroport et mis en vente en librairie. C’est ce que l’on peut qualifier de stratégie de marque pour le moins innovatrice.

artiste en residence
Source: www.heathrowairport.com

Même dans les DMO

En juillet, l’Office de tourisme de Chicago, la seule organisation de gestion de la destination (OMD) aux États-Unis à faire partie intégrante du service des affaires culturelles de la ville, a annoncé l’arrivée du créateur Jim Lasko à titre d’artiste en résidence. Il est chargé de la réalisation d’un événement de très grande envergure pour 2011 qui unira artistes, résidents et visiteurs dans la promotion de la ville comme destination culturelle incontournable.

Danse, musique, arts du cirque, nouveaux médias, théâtre, littérature… toutes les formes d’art ont de quoi émerveiller votre clientèle. Avez-vous un espace sous-utilisé à un moment de l’année que vous pourriez transformer en un lieu d’inspiration et de création artistique?
De L’Écart à Rouyn-Noranda à la coopérative Lézarts à Montréal, les centres de création ne manquent pas au Québec. Pourquoi alors ne pas faire appel à cette communauté artistique pour établir des liens qui bénéficieront à tous?

 

Analyse rédigée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel

Lire aussi: Et si la culture allait à la rencontre des touristes?
Au lieu de penser produit, pensez expérience

Sites:
www.thepfisterhotel.com/
www.creatorsinn.com/
www.cbc.ca/artspots/
www.therooms.ca/artgallery/summer_residencies_2010.asp
www.nps.gov/romo/supportyourpark/artist_in_residence.htm
www.explorechicago.org/
www.lezarts.coop
www.lecart.org/residence.asp

Sources:
–  Agence France-Presse. «Un écrivain en résidence à l’aéroport d’Heathrow», Cyberpresse, 19 août 2009.
–  Connolly, Kate. «Room service: Berlin hotel tells artists to pay for stay with artwork, not cash», The Guardian, 9 août 2009.
–  Kogan, Rick. «The City is his Canvas», Chicago Tribune, 30 août 2009.
–  «De Botton’s airport diary launched at Heathrow today», www.springwise.com , 22 septembre 2009.
–  «Un écrivain en résidence dans un aéroport», Le Devoir, 20 août 2009.
–  «Stockholm hôtel offers free haven for creative souls», The Local, 15 mai 2009.

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Gestion

Programmes de fidélisation: les effets de la crise

On ne le dira jamais assez, la crise a changé beaucoup de choses. Mais comment a-t-elle modifié le comportement des consommateurs pour les programmes de fidélisation liés au tourisme? Il y a pourtant des occasions à saisir, par exemple cibler davantage les femmes et la génération Y. Deux études récentes font le point sur cette question et offrent des pistes d’exploration.

À la base, l’objectif de tout programme de fidélisation est d’abord de retenir, puis de développer la clientèle d’une entreprise en lui offrant par exemple des rabais ou des récompenses. L’exploration des données sur les adhérents permet ensuite à l’entreprise de :

  • repérer des tendances de consommation;
  • identifier les clients les plus lucratifs;
  • offrir un service plus personnalisé;
  • adapter les produits ou les services offerts;
  • cibler les efforts de promotion.

Dans l’environnement compétitif que l’on connaît actuellement, exacerbé par la crise économique mondiale, les consommateurs sont déterminés à en avoir encore plus pour leur argent. Par conséquent, les efforts marketing pour accroître la fidélité (loyalty marketing) deviennent plus importants que jamais, d’autant plus qu’il est beaucoup plus probable qu’un client fidèle recommande un produit ou un service, que ce soit en personne, sur Facebook ou sur un blogue.

En effet, selon une étude de la firme de recherche Colloquy sur les perceptions et les comportements des Américains en temps de récession, le nombre d’adhésions aux programmes de fidélisation en général est à la hausse. Par contre, depuis 2007, il y a un déclin de 31% dans la participation dite «active» aux programmes liés au tourisme (c’est-à-dire les adhérents qui utilisent régulièrement le programme). Ainsi, la population américaine a activement participé à 1,5 programme en 2009 comparativement à 2,2 en 2007. Une baisse de 13% a également été observée auprès du segment des voyageurs aisés qui ont participé activement à 2 programmes plutôt qu’à 2,3.

Quelques raisons viennent expliquer cette diminution.

  • Les voyageurs d’affaires consolident leurs points pour tirer un maximum de bénéfices des programmes qu’ils favorisent, d’autant plus qu’ils sont de moins en moins sur la route.
  • Les entreprises ont négocié des ententes avec certains hôtels et transporteurs et pénalisent les employés qui choisissent des fournisseurs non privilégiés.
  • Beaucoup de voyageurs en ont simplement assez de gérer de multiples programmes.
  • Les voyageurs d’affaires, en particulier, se limitent à quelques fournisseurs pour ne pas avoir à faire le suivi des dates d’interdiction et d’échéance des points.

De plus, un journaliste du USA Today suggère que les taux d’échange de points des programmes de fidélisation ont décru en raison des tarifs promotionnels actuellement offerts.

L’Université Cornell a récemment publié une étude comparant les programmes de fidélisation des transporteurs aériens (programmes pour grands voyageurs – PGV) et des hôteliers (programmes pour clients assidus – PCA). L’étude intitulée Loyalty Programs: Airlines Outdo Hotels établit les conclusions suivantes.

  • Il est plus probable que les personnes qui voyagent souvent adhèrent à un programme de fidélisation (PGV et PCA).
  • Bien que l’adhésion aux programmes soit fortement liée au revenu (qui est fortement corrélé avec la fréquence des voyages), l’âge ne semble pas être un facteur important.
  • La proportion des voyageurs qui ont adhéré à un PGV est plus grande que celle des voyageurs qui ont adhéré à un PCA.
  • Dans le cas des PGV et des PCA, l’adhésion est plus élevée auprès des voyageurs d’affaires, qui sont majoritairement des hommes.
  • Les voyageurs d’agrément préfèrent nettement les PGV.
  • Si on leur donnait le choix, une majorité de membres des PCA préféreraient obtenir des milles aériens plutôt que des points d’hôtel.

À la lumière des résultats de ces deux études, voici quelques stratégies à préconiser.

  1. Personnaliser encore plus le service
    Selon Cornell, les hôtels sont les mieux placés pour offrir un service sur mesure à leurs clients, que ce soit en leur fournissant un numéro de téléphone exclusif, leur journal préféré ou encore le petit déjeuner dans la chambre. Certains y voient une occasion en or pour les petits hôteliers qui peuvent plus facilement surprendre et enchanter leurs clients avec de petits gestes sincères comme un surclassement surprise à leur arrivée ou un appel de remerciement à leur retour à la maison.
  2. Établir une relation avec les clients influents
    Colloquy établit un lien entre l’adhésion à un programme de fidélisation et les «champions» du bouche à oreille. Ces derniers se sentiraient très engagés lorsqu’ils deviennent membres. Il s’agit de les identifier, d’entretenir une bonne relation avec eux et de leur donner raison de parler de vous positivement.
  3. Viser les femmes
    Elles représentent 46% de la population active, 43% des voyageurs d’affaires et seulement 30% des membres des PCA (aux États-Unis). Cornell suggère aux hôteliers de satisfaire les besoins particuliers de cette clientèle, notamment en matière de sécurité.
  4. Cibler la génération Y
    Elle représente le segment ayant le plus faible pouvoir d’achat, mais ces jeunes adultes se montrent plus ouverts que tous les autres segments démographiques aux programmes de fidélisation liés au tourisme (Colloquy). C’est l’occasion de les solliciter, de leur démontrer les bénéfices de votre programme et de fidéliser la clientèle de demain!
  5. Enrichir les partenariats
    Cornell conseille aux hôteliers de s’associer aux transporteurs aériens dans le but d’offrir des milles en guise de récompense, mais d’autres partenariats peuvent aussi être envisagés pour augmenter la valeur perçue du programme. Par exemple, les hôtels Fairmont sont maintenant associés à la compagnie de disques EMI. Les membres du Club du Président obtiennent un rabais de 15% sur la musique qu’ils achètent sur le portail d’EMI ainsi que la priorité sur l’achat de billets pour des concerts spéciaux.
  6. S’associer à une œuvre caritative
    Que ce soit dans le but de faire un voyage carbone neutre ou de faire un don à une cause, la collaboration avec une œuvre caritative permet aux consommateurs d’utiliser leurs points à bon escient.

Pour sortir vainqueur de cette période difficile, il s’agit d’attirer et de retenir les clients. Un défi de taille, certes. Mais les programmes de fidélisation sont des outils puissants pour atteindre ce but, s’ils sont bien utilisés. Et le vôtre, est-il optimisé?

Lire aussi:
Vos programmes de fidélisation sont-ils efficaces?
Gros plan sur la génération Y

Sources :
–  Dekay, Frederick, Raven, Peter et Rex. S. Toh. «Loyalty Programs: Airlines Outdo Hotels», Cornell Hospitality Quarterly, 17 juin 2009.
–  De Lollis, Barbara. «Hotel Loyalty: Will your elite status survive the récession?», USA Today, 10 août 2009.
–  Ferguson, Rick et Kelly Hlavinka. «After the Meltdown – Consumer Attitudes and Perceptions About Loyalty Programs in the Post-Recession Economy», Colloquy, juin 2009.
–  Irwin, Tanya. «Consumers Consolidating Travel Loyalty Memberships», Media Post News, 28 juillet 2009.
–  Pratt, Madigan. «Good News: Travel Loyalty Program Membership is Shrinking», Hotel News Resource, 5 août 2009.
–  Wilkening, David. «RIP : Reward Programs?», Travel Mole, 24 septembre 2009.
–  Yu, Roger. «Travelers put loyalty to the test with airline, hôtel reward programs», USA Today, 15 septembre 2009.
–  «Active Loyalty Program Participation Drops 31%», Hotels Mag, 27 juillet 2009.
–  «Fairmont & EMI Launch New Music Platform Online», Canadian Corporate News, 6 mai 2009.
–  «Hotel Loyalty to Take New Directions», Hotel News Resource, 15 septembre 2009.
–  «Loyalty Marketing: Attracting and Retaining Customers in Difficult Times», Euromonitor Strategy Briefin, 14 mai 2009.

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Gestion Tourisme durable

Contribuer à la communauté grâce aux livres abandonnés à l’hôtel

Tous les ans, les clients du groupe Destination Hotels and Resorts abandonnent des milliers de livres dans les chambres. Afin de leur donner une seconde vie, la chaîne américaine a lancé un nouveau programme, «Read & Reuse», par lequel les ouvrages recueillis sont remis aux bibliothèques, écoles et autres organismes à but non lucratif des régions dans lesquelles œuvre l’entreprise.

L’idée vient d’un groupe d’employés, le Green Team, voué à l’amélioration des activités de l’entreprise, à la diminution de son empreinte écologique et à sa contribution aux communautés dans lesquelles se trouvent les 30 hôtels, centres de villégiature et centres des congrès.

Il s’agit d’une initiative sociale et environnementale, facile à mettre en place dans n’importe quel établissement hôtelier. Bravo!

Source:

–  «Destination Hotels & Resorts Launches “Read & Reuse” Program», Hotels Mag, 21 septembre 2009.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Les microbrasseries en pleine effervescence… touristique!

Qu’elle soit blonde, brune ou rousse, la bière de microbrasserie est à la mode. Elle accompagne les plats gastronomiques et intéresse les touristes par sa fabrication artisanale et régionale. Les microbrasseries québécoises sont nombreuses et leur nombre ne cesse de croître. Elles font désormais partie des intervenants touristiques, alors comment peuvent-elles aider à promouvoir le Québec comme destination?

Une tendance enivrante: Beer is the new wine

Selon le magazine Flavor & The Menu, la tendance numéro un en 2009 dans le milieu de la restauration est le mariage de la bière et d’une variété de mets gastronomiques. L’article confirme que la «révolution des microbrasseries» est la cause de cette nouvelle perception favorable, car les produits qui en sont issus présentent une palette de saveurs qui se marient mieux avec celles des aliments que du vin.

En raison de son prix moins élevé, la bière se prête davantage à une dégustation dans un cadre informel, une ambiance décontractée, ce qui convient bien au climat économique actuel. Cet avantage expliquerait la popularité croissante des pubs gastronomiques ou «gastro-pub» en Europe et en Amérique du Nord.

Faire mousser l’intérêt touristique

Cette nouvelle popularité pour la bière artisanale se traduit par un intérêt accru pour la tradition brassicole et ses origines. En 2008, les petites et grandes brasseries de la République tchèque ont reçu 380 000 touristes, une hausse de 8,5% par rapport à l’année précédente. Le «tourisme de bière» constitue le segment à plus forte croissance dans ce pays.

En Belgique, on mise beaucoup sur la culture de la bière pour vendre la destination. En effet, le site Internet de l’Office de tourisme de Belgique fournit le calendrier des nombreux événements et festivals de bières qui ont lieu pendant l’année, dresse la liste des brasseries et musées par région ainsi que des grossistes et des forfaits thématiques sur la bière. On y trouve également une panoplie de ressources permettant aux visiteurs de mieux connaître le produit belge. Ailleurs, la ville de Copenhague invite les touristes à visiter les brasseries, à goûter le produit et à échanger leurs impressions avec le maître-brasseur.

microbrasseries1

Dans les Alpes suisses, la brasserie Monsteiner Bier offre aux visiteurs neuf expériences uniques de dégustation, dont un forfait découverte qui inclut un parcours panoramique en train, une randonnée en montagne, la visite de la brasserie et, bien sûr, la dégustation de ses produits.

microbrasseries2

La popularité des microbrasseries s’observe également aux États-Unis, où les ventes de bières artisanales ont augmenté de 12% en 2007, selon le Brewers Association. Le magazine Forbes affirme d’ailleurs que les visites de brasseries deviennent de plus en plus sophistiquées. De la tournée animée par le maître-brasseur aux leçons brassicoles pour les touristes, ces visites attirent un nombre grandissant d’amateurs locaux et internationaux. Constatant cet intérêt pour ses produits, la brasserie Rogue à Newport, en Oregon, a ouvert un petit hôtel-appartement judicieusement appelé Bed & Beer.

Les microbrasseries du Québec: levons notre verre!

De nos jours, les Québécois consomment 90 litres de bière par année en moyenne. Toutefois, même si la tradition brassicole est bien ancrée dans les racines du Québec, ce n’est que depuis la fin des années 1980 qu’on produit de la bière artisanale un peu partout dans la province. Et ce n’est pas terminé! «Les brasseries artisanales poussent comme des champignons», affirme l’éditeur en chef du magazine Bières et plaisirs. En 2007, la part de marché des microbrasseries du Québec atteignait 4,3%, mais l’Association des microbrasseries du Québec (AMBQ) souhaite la faire passer à 12% d’ici 2017.

Au Québec, on commence depuis quelques années à voir les microbrasseries dans le portrait touristique. Cette année, la Microbrasserie du Lac St-Jean a été désignée lauréate d’or des Grands prix du tourisme 2009, dans la catégorie «Développement touristique – Restauration». L’an dernier, la Microbrasserie Nouvelle-France en Mauricie emportait le bronze dans cette même catégorie.

Actuellement, 14 des 22 régions touristiques du Québec ont au moins une microbrasserie sur leur territoire. Leurs bières plaisent aux touristes à la recherche de produits de fabrication locale et d’expérience authentique. En raison de noms comme «L’écume» (Îles-de-la-Madeleine), la «P’tit train du Nord» (Laurentides), «La Ciboire» (Québec) ou «La Noix de marmotte» (Montérégie), les bières des microbrasseries québécoises deviennent de véritables produits identitaires qui se rattachent à la région, à ses spécificités géographiques, à son peuple et même parfois à son folklore. De plus, l’AMBQ vise l’augmentation de son approvisionnement en ingrédients locaux, ce qui permettrait à certaines microbrasseries d’obtenir une appellation réservée.

Pour aider le consommateur à s’y retrouver, les Éditions Néopol consacrent un guide Petit Futé complet aux microbrasseries du Québec (Petit Futé s’est d’ailleurs associé à la microbrasserie Au Maître Brasseur (Laval) pour commercialiser sa propre bière!). De plus, le Mondial de la bière distribue une carte des microbrasseries du Québec, mais celle-ci n’est offerte qu’en version papier seulement. Peut-être y aurait-il lieu de créer une version électronique de cette carte afin de promouvoir ce produit distinctif et de le diffuser en ligne, à un public élargi. Fait intéressant, le site de planification de vacances www.quebecvacances.com dresse maintenant la liste des microbrasseries sous la catégorie «Activités et attraits».

Le Québec s’exporte…

Le Mondial de la bière de Montréal célèbre les bières d’ici et d’ailleurs depuis maintenant 17 ans. En octobre, l’événement ira faire connaître le Québec par le biais de ses bières à Strasbourg, de l’autre côté de l’Atlantique. Le lancement d’une édition sud-américaine du festival fait également partie des projets envisagés.

microbrasseries3La bière «400e» d’Unibroue, brassée à l’occasion du 400e anniversaire de Québec, a réellement souligné l’événement. Servie dans les établissements de la capitale, la «400e» était aussi en vente dans le reste du Québec, aux États-Unis et dans la vingtaine de pays où les produits Unibroue son distribués, procurant ainsi une visibilité accrue à la microbrasserie, mais aussi à la ville et aux festivités qui s’y déroulaient. La fête étant maintenant terminée, la «400e» sera toujours vendue au Québec en guise de passage à l’histoire.

Sachant que cette entente a profité autant à Unibroue qu’aux festivités, y aurait-il lieu d’avoir une plus grande collaboration entre les microbrasseries, les événements et les attraits touristiques? Une chose est certaine, les microbrasseries et leurs bières sont à la mode. On aurait tout avantage à en offrir plus aux clientèles touristiques dans les bars et les restaurants du Québec, mais aussi dans les boutiques de souvenirs!

Sources:
–  Artis, Olivier. «Le 400e part, la 400e d’Unibroue reste», Bières et plaisirs, février-mars 2009.
–  Artis, Olivier. «Capitaine Marois contre vents et marées», Bières et plaisirs, juin-juillet 2009.
–  Morin, Annie. «Les microbrasseries locales en quête d’ingrédients québécois», Le Soleil, 1er mars 2009.
–  Ruiz, Rebecca. «World’s Top Brewery Tours», Forbes Magazine, 1er juillet 2008. [http://www.forbes.com]
–  Wouters, Philippe. «Mot de l’éditeur», Bières et plaisirs, février-mars 2009.
–  Wouters, Philippe. «Invitation à la gourmandise», Bières et plaisirs, avril-mai 2009.
–  Wouters, Philippe. «Fiers d’être bleu!», Bières et plaisirs, juin-juillet 2009.
–  «Czech Republic Flooded by Beer Tourists», Tourism Review, 18 décembre 2008. [http://www.tourism-review.com]

Sites:
www.bonjourquebec.com
www.festivalmondialbiere.qc.ca
www.neopol.ca
www.quebecvacances.com
www.unibroue.com
www.visitbelgium.com
www.visitcopenhagen.com

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Ailleurs dans le monde Marketing

Promouvoir son entreprise avec un verre d’eau

verre_eauOffrir de l’eau du robinet pour augmenter l’achalandage dans son commerce? C’est effectivement ce que font les cafés et les restaurants new-yorkais qui participent au programme TapIt en remplissant gratuitement les bouteilles réutilisables de quiconque le demande.

On ne peut plus simple: la personne assoiffée cherche en ligne ou sur l’application iPhone prévue à cet effet le commerce participant le plus près d’où elle se trouve afin de faire le plein. De leur côté, les entreprises n’ont qu’à s’enregistrer en ligne comme partenaire, préciser le genre d’eau offerte (filtrée ou non, refroidie ou non) et spécifier où se procurer le liquide (au comptoir, auprès du personnel de service ou directement au robinet).

Pour une entreprise qui dépend beaucoup du bouche-à-oreille et de la bonne presse pour se faire connaître, ce geste facile et peu coûteux invite de nouveaux clients à franchir le seuil de la porte et à découvrir ce qui s’y cache derrière. Voilà une initiative simple, économique, écologique, communautaire, promotionnelle et applicable dans n’importe quel quartier ou n’importe quelle communauté!

Site: www.tapitwater.com

Sources:
–    Reuters, «How to Promote Your Business with a Glass of Water», [www.reuters.com], 7 août 2009.
–    Springwise. «New Yorkers invited to refill their water bottles at cafés», Springwise [www.springwise.com], 31 juillet 2009.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités Tendances

Si le touriste ne va pas à la plage, faites venir la plage en ville!

Qui n’aime pas se mettre les pieds dans le sable l’été… mais en ville? Eh oui! Que ce soit dans le but d’offrir des vacances à la population locale ou d’ailleurs, de redynamiser un quartier ou de promouvoir un service, des plages apparaissent en milieu urbain au grand bonheur des résidants et des touristes. De plus, même les municipalités qui n’ont plus accès à l’eau en raison d’un aménagement routier peuvent envisager une telle initiative. Lisez la suite pour savoir comment!

L’idée semble relativement simple: du sable, un peu d’eau, des chaises longues et des activités récréatives de type balnéaire. En fait, le concept de plage urbaine plaît autant aux touristes qu’aux citoyens, car il représente avant tout:

  • un grand lieu de rassemblement facile d’accès;
  • une activité gratuite pour toutes les tranches démographiques;
  • l’accessibilité aux vacances pour tous les paliers sociaux;
  • une distraction aux tracas du quotidien.

Des vacances pour tous: Paris-Plages

Fréquentation: presque 4 millions de visites en 2008
Budget: 2,5 millions d’euros, dont 1 million provenant de commandites privées

Bernard Delanoë, maire de Paris, a peut-être été la cible de moqueries lorsqu’il a présenté le projet pour l’été 2001, mais depuis, le succès de Paris-Plages, devenu événement annuel, ne peut être démenti. Pour sa huitième édition, deux grandes sections de la voie Georges Pompidou sont fermées, couvertes de sable fin et «habillées» de palmiers. Une troisième plage est installée au bassin de La Villette, en plein coeur du centre-ville, où les estivants peuvent s’initier à une variété de sports nautiques.

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Puisque ces plages sont devenues des attraits incontournables pour les touristes, on s’attend à ce que leur fréquentation atteigne un niveau record cette année en raison du nombre de Français ne pouvant pas se payer de vacances à cause de la crise économique. Afin d’offrir «un accès aux loisirs et à la culture pour tous», plusieurs partenaires culturels et touristiques s’associent à l’événement pour la première fois:

  • la Cité des sciences organise une gamme d’activités destinées aux familles sous divers thèmes, tels l’astronomie et le sable;
  • Flammarion propose une bibliothèque éphémère, et Librio, un parcours ludique et culturel autour du jeu «Paris et son histoire»;
  • le réseau de centres de thalassothérapie et de thermalisme Accor Thalassa offre massages, soins de détente et conseils santé;
  • Suitehotel présente le «Suite Jump», un concours de sauts sur lits: deux matelas pneumatiques géants et des photographes pour immortaliser le moment où les participants s’envoient en l’air!

Un concept qui fait des vagues

Les critiques du projet disent que la mairie de Paris aurait pu investir dans des infrastructures durables plutôt que dans des installations temporaires. Néanmoins, l’idée a essaimé un peu partout en France, en Europe et même à Tokyo.

Tandis que la ville britannique de Nottingham investit cet été dans la plus grande grève urbaine du pays pour redonner vie à son Old Market Square, un article de la BBC baptise le concept de plage urbaine de «nouveau rituel de l’été britannique». Selon l’auteur de cet article, de nombreuses villes y voient un attrait marketing efficace permettant d’attirer les touristes, principalement domestiques, dans les commerces du centre-ville.

Une destination créée de toutes pièces: Water Taxi Beach

À New York, la compagnie de navettes maritimes New York Water Taxi a lancé, en 2005, le projet de plage urbaine sur un terrain vague à côté de son quai de Long Island City. Selon son PDG, Tom Fox, le but initial était de rendre économiquement viables les trajets de fin de semaine dans cette direction. En fait, la plage urbaine aura depuis permis à l’entreprise d’accroître la notoriété de sa marque et de positionner le transport fluvial dans la ville comme étant non seulement pratique, mais aussi «branché».

  • L’accès à la plage est gratuit, mais la baignade est interdite.
  • Avec la collaboration de promoteurs musicaux, on y présente de grands concerts (le parcours en traversier est inclus dans le prix du billet).
  • La plage peut aussi être réservée pour des rassemblements privés (ex.: mariages) ou pour des événements corporatifs.
  • L’entreprise récolte tous les profits des kiosques de restauration sur le site (les aliments et les boissons de l’extérieur ne sont pas permis sur le site).

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Monsieur Fox estime la fréquentation de la plage urbaine de Long Island City à 130 000 visites en 2008, dont 30% touristiques. D’ailleurs, New York Water Taxi s’associe maintenant à la DMO (organisme de gestion de la destination), NYC&Co. pour promouvoir la ville de New York comme destination balnéaire. Deux plages supplémentaires ont été construites pour la saison estivale 2009, l’une sur Governor’s Island, petite île au sud de Manhattan, et l’autre au South Street Sea Port, à Manhattan même avec vue sur l’iconique Brooklyn Bridge.

Monsieur Fox affirme que les coûts sont minimes grâce à un partenariat avantageux avec la Ville qui lui loue les terrains en voie de développement sur une base annuelle. Un excellent investissement, selon lui.

Surmonter les obstacles… asphaltés: Barge Beach Budapest

La ville de Budapest souhaitait redonner l’accès au Danube à ses citoyens, mais une autoroute construite sur la rive empêchait l’aménagement d’une plage. Pour l’été 2009, la firme locale Urban Landscape Group a relevé le défi de façon tout à fait singulière en créant une plage flottante sur trois barges recyclées. La plateforme mesure 2100 mètres carrés au total et peut accueillir jusqu’à 3000 personnes. Barge Beach Budapest comprend une piscine de 16 m et une pataugeoire entourées de chaises longues, de douches extérieures et de carrés de sable.

Le projet a coûté environ 1,5 million CAD, financé par la Ville et par des commandites privées (la plage Doré de Montréal avait coûté 8 millions à construire en 1990). La plage sera dorénavant ouverte tous les étés. À long terme, il est prévu que la tradition millénaire hongroise du bien-être soit mise en valeur grâce à la transformation des piscines en bains thermaux pour la saison hivernale.

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Finalement, l’idée de la plage en plein coeur de la ville n’est pas si farfelue! À Montréal, il y a la plage Doré. À Québec, la Société des Gens de Baignade travaille fort pour le réaménagement du bassin Louise. D’autres municipalités québécoises seront-elles tentées par l’attrait du sable chaud?

Sites:
www.paris.fr
www.designeast.eu
www.watertaxibeach.com
www.vtcs.hu

Sources:
Agence France Presse. «Paris se transforme en station balnéaire», La Presse, 18 juillet 2009.
Amselem, Johanna. «Sous les palmiers, Paris Plages», Paris Match, 20 juillet 2009.
«Barge Beach Budapest by Urban Landscape Group», Design in Central and Eastern Europe, 28 juillet 2009.
Boillat, Christophe. «La douceur des plages urbaines gagne enfin la Suisse», 24 heures, 20 juin 2009.
Crumley, Bruce. «Life’s a Beach in the 4th Arrondissement», Time Magazine, 5 août 2008.
Jenkins, Russell. «Nottingham brings the beach to locals with riviera development», Times Online, 17 juillet 2009.
Hammel, Katie. «Paris brings the beach to the people», Gadling, 20 juillet 2009.
Lalonde, Michelle. «A Beach Plan Worth Diving Into», The Gazette, 12 août 2008.
Rago, Danielle. «Urban Floating Beach Barge Set Sail on the Danube River», Inhabitat, 23 juillet 2009.
Schocker, Laura. «New rituals for the British Summer», BBC News Magazine, 22 juillet 2009.
Yancey, Kitty Bean. «NYC shifts sands to build three beaches», USA Today, 23 juillet 2009.

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Transport

Détente, visites guidées, golf et musée de la culture: Destination? L’aéroport d’Incheon!

Une partie de golf en attendant votre prochain vol? Vous préférez partir à la découverte d’un temple coréen plutôt que de faire la file à la porte d’embarquement? Peut-être avez-vous besoin d’un traitement spa après de longues heures en avion? Ces exemples représentent qu’un petit échantillon des services offerts aux passagers de l’aéroport d’Incheon en Corée du Sud, élu le meilleur aéroport au monde par la firme Skytrax pour l’année 2009*.

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L’aéroport se démarque par les services qu’il offre aux passagers, entre autres:

  • des ordinateurs publics et l’accès à Internet gratuits;
  • des douches gratuites et des endroits propres pour se changer;
  • un hôtel adjacent aux portes d’embarquement qui loue des chambres à 40$ pour une utilisation allant jusqu’à 6 heures (ou 100$ pour 24 heures);
  • une sélection de visites guidées sur terre et sur mer, d’une durée de une à six heures;
  • un terrain d’exercice sur place et des forfaits de golf;
  • des salles de visionnement de films ou de nouvelles;
  • des aires de jeux pour les enfants et des salles d’allaitement;
  • des services de massage et une expérience spa complète;
  • un musée de la culture coréenne;
  • un centre de la culture coréenne, où l’on peut concevoir son propre éventail et d’autres créations artisanales traditionnelles tout en écoutant de la musique locale.

L’aéroport d’Incheon reçoit actuellement 30 millions de passagers par année. Bien que le climat économique actuel ait ralenti sa croissance, l’aéroport prévoit tout de même accueillir 5 millions de passagers supplémentaires d’ici 2010 et 15 millions de plus d’ici 2015. Plaque tournante pour Asiana Airlines et Korean Air, il dessert 70 lignes aériennes et 170 destinations, dont plus de la moitié en Asie.

Vive les correspondances!

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* Le sondage Skytrax a été effectué auprès de 8,6 millions de voyageurs dans 190 aéroports du monde. Les aéroports ont été évalués selon 39 critères, dont les services d’enregistrement, la facilité de correspondance, l’accès à Internet et la gestion des bagages. Il est à noter que l’aéroport international de Hong Kong et l’aéroport Changi à Singapour occupent les 2e et 3e rangs du palmarès.

Sites:
Aéroport Incheon
World Airport Awards

Source:
Grossman, David. «Why can’t all airports be like Incheon?», USA Today, 16 juin 2009.

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Ailleurs dans le monde Tendances

Les espaces pop-up, la nouvelle tendance de l’éphémère

La tendance du pop-up, observée d’abord dans l’industrie de la vente au détail, trouve des applications touristiques ingénieuses. Qu’ils constituent un mode d’hébergement temporaire, un lieu de restauration mobile ou une boutique branchée, ces espaces commerciaux éphémères gagnent en popularité. Serait-ce une façon adroite d’optimiser la saison estivale au Québec?

L’idée du pop-up consiste à établir un espace commercial provisoire et scénographique à dimensions restreintes et à proximité d’un bassin de clients ciblés. C’est une façon surprenante et originale de vendre un produit ou un service, pendant une durée limitée (quelques jours ou plusieurs mois), dans le but de générer un buzz positif, de développer la notoriété de la marque et, espérons-le, d’accroître le chiffre d’affaires.

Installés dans des locaux vacants, dans un camion ou dans des conteneurs industriels recyclés et adaptés, les espaces pop-up ont l’avantage d’être:

  1. Temporaires: ils permettent d’économiser les coûts fixes liés à la location, à l’achat et à l’entretien d’un local, dont on ne se sert que peu ou pas du tout pendant la saison creuse.
  2. Mobiles: ils peuvent être déplacés là où se trouve la clientèle désirée.
  3. Modifiables: ils s’adaptent facilement à différents produits, services et environnements, ce qui leur confère une qualité de renouveau perpétuel.
  4. Surprenants: leur venue étant rarement annoncée, c’est avec grand plaisir que le public les découvre.
  5. Écologiques: réutilisables, recyclés ou recyclables, leur impact sur l’environnement est plus faible.
  6. Éphémères: en créant une offre restreinte dans le temps et dans l’espace, l’expérience pop-up devient elle-même une «proposition limitée», ce qui contribue au caractère exclusif du produit ou du service offert et fait naître un sentiment d’urgence quant à sa consommation.

Voici quelques exemples qui ont retenu notre attention.

Puma City

Nommé magasin de détail numéro un par la revue Travel + Leisure, Puma City est une boutique ambulante construite de conteneurs industriels recyclés. En plus de vendre les produits de marque Puma, l’endroit propose un bar avec une piste de danse et une terrasse. Ce magasin se déplace de port en port et devient une attraction en soi pour la clientèle jeune et branchée, l’espace de quelques semaines.

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Source: www.inhabitat.com

Kioskiosk

À une plus petite échelle, l’entreprise Kioskiosk, en collaboration avec la London Sustainable Development Commission, offre cet été seulement un espace d’exposition et de vente aux artisans locaux sur le parvis de la mairie de Londres. Le but est de promouvoir la créativité locale et d’encourager les petits commerces indépendants tout en proposant une «alternative» à saveur londonienne aux boutiques de souvenirs typiques.

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Southwest Porch

Pour célébrer le début de ses activités à l’aéroport de LaGuardia, la compagnie aérienne Southwest Airlines propose aux New-Yorkais de venir se détendre au Southwest Porch, situé temporairement au coin sud-ouest de Bryant Park. On y sert des sandwichs conçus par le chef vedette, Tom Coliccchio, dont les saveurs rappellent les destinations desservies par le transporteur.

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Café Illy

En 90 secondes, ce conteneur conçu par Adam Kalkin se transforme en petit café convivial. Même les meubles y sont intégrés!

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Müvbox

Le prototype est situé au Quai des Éclusiers dans le Vieux-Port de Montréal depuis le début du mois de juin. En moins de deux minutes, l’ancien conteneur industriel se métamorphose en petit bistrot avec une cuisine au propane et une terrasse pouvant accueillir 28 personnes. Les planchers sont fabriqués à partir de pneus recyclés, et des panneaux solaires installés sur le toit fournissent près de 40% de l’énergie consommée. On y sert des spécialités québécoises telles que le homard des Îles-de-la-Madeleine et le canard du lac Brome. Le prix de cet espace pop-up est de 150 000$ pour le modèle de base qui peut être converti selon les besoins.

Restos sur quatre roues

Tendance incontestable dans les rues de New York et de Los Angeles, les camions-restos font sensation en offrant maintenant de la cuisine gastronomique spécialisée. Ils se déplacent là où se trouvent les consommateurs et utilisent Twitter pour indiquer leurs nouveaux emplacements à leurs clients fidèles.

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Hôtel 41 Berangan

Situé à Kuala Lumpur, l’hôtel économique est constitué de onze conteneurs industriels recyclés qui permettent de maximiser l’utilisation de l’espace urbain. Les chambres ont vue sur la cour intérieure et disposent d’un accès Internet. Comme les coûts de construction sont réduits, le prix d’une chambre est très abordable (environ 26 à 65 CAD la nuit).

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Artrain

Développé par la firme Switch, ce concept muséal mobile permettra à l’organisme Artrain de transporter et d’exposer les œuvres de 150 artistes à travers les États-Unis. Chaque unité construite sur une semi-remorque se déploie en un espace d’exposition de 1000 pi2.

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Carré d’étoiles

L’entreprise française invite les touristes à redécouvrir les nuits à la belle étoile grâce à sa nouvelle forme d’hébergement haut de gamme. Chaque module nomade possède un dôme transparent sur le toit et est équipé d’une trousse d’observation des étoiles, incluant un télescope. Ces «carrés» hébergent jusqu’à quatre personnes et comprennent une cuisinette pourvue d’un réfrigérateur et d’une plaque de cuisson, une douche, une toilette, le chauffage électrique et un foyer au bioéthanol. Une télévision à écran plat, une prise téléphonique et Internet ainsi qu’un branchement pour MP3 s’ajoutent à la liste.

Chaque unité coûte 25 000 euros et est livrée avec tout l’équipement inclus. Selon le regroupement français, Forumeco, le Carré d’étoiles posséderait une durée d’amortissement très courte, soit de deux à cinq ans selon le taux d’occupation.

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Chapelles pour mariages spontanés

Deux chapelles temporaires ont vu le jour dans des espaces à commerces rotatifs de New York. La première, au 303 GRAND, permet aux couples de se marier «à la Vegas» pendant tout le mois de juin, tandis que la seconde, au Grand Opening, est opérationnelle pendant deux semaines en juillet. Les services incluent la diffusion en direct sur Internet, une cérémonie effectuée par un pasteur de l’église Universal Life et les services d’un photographe. Une façon d’organiser des noces uniques à petit prix, sans sacrifier la spontanéité de la fougue amoureuse!

Que ce soit pour augmenter une capacité d’accueil, créer un espace exclusif, lancer une nouveauté ou offrir un service complémentaire, les espaces pop up se prêtent à toutes sortes d’utilisations qui peuvent dynamiser le développement commercial d’un lieu ou d’un événement. Attendez-vous à en voir apparaître de plus en plus dans les villes, dans les campagnes et pourquoi pas… sur l’eau!

Sites:
www.carre-detoiles.com
www.41berangan.com
www.kioskiosk.co.uk
www.illy.com
www.liberateyourbrand.us

Sources:
– Benessaieh, Karine. «Un resto dépliable en 90 secondes», La Presse, 4 juin 2009.
– Caccivio, Alexandra. «Le tourisme insolite a le vent dans les voiles», Le Journal du Palais,
Forumeco, numéro 4100, du 29 septembre au 5 octobre 2008.
– Fabricant, Florence. «Dining on the Porch in Bryant Park», New York Times, Diner’s Journal, 15 juin 2009.
– Feinstein, Laura. «Pop-up Wedding Chapel», PSFK, 3 juin 2009.
– Feinstein, Laura. «Pop-up Wedding Chapel Trend in NYC», PSFK, 11 juin 2009.
– Goh, Suki. «In Malaysia, containers pop up as budget hotel rooms»,  [www.springwise.com],  2 mai 2009.
– Jusseaume, Daniel. «Foldout restaurant has solar power, will travel»,  [www.springwise.com],  25 juin 2009.
– Lortie, Marie-Claude. «Müvbox: enfin, la bonne cuisine descend dans la rue», La Presse, 12 juin 2009.
– Margolies, Nicko. «Artrain Brings Mobility to Museums», PSFK, 6 juillet 2009.
– Moizo, Patrick. «Pop-up cabins designed for stargazing», [www.springwise.com], 1er juillet 2009.
– Yoneda, Yuka. «Puma City Shopping Container Store Comes to Boston’s Fan Pier», [www.inhabitat.com], 4 mai 2009.
«Shipping Container Hotels», [www.trendhunter.com].
«Foodie Trucks to Line up For», [www.trendcentral.com], 23 juin 2009.
«It’s Taco Time: LA Gets Its First Gourmet Food Truck», [www.jaunted.com], 5 juin 2009.
«Free pop-up space for small creative businesses», [www.springwise.com], 17 juin 2009.
«Sipping Summer Ale On NYC’s New Southwest Porch at Bryant Park», [www.jaunted.com], 25 juin 2009.
«Pop-up Retail», [www.trendwatching.com], janvier 2004.

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Le magasinage… à la recherche de la bonne affaire

On les voit déambuler, sacs à la main, le long de la rue Sainte-Catherine à Montréal et ailleurs au Québec. Qui sont ces touristes qui font leurs emplettes dans nos villes? L’activité de magasinage est bien populaire, mais peut-elle devenir une motivation principale au voyage? Survol des grandes tendances mondiales du magasinage.

Magasinage ou shopping, on le fait au Canada

Cela va sans dire, l’une des activités les plus fréquemment pratiquées par les Québécois en voyage au Canada est bel et bien le magasinage. Selon le Print Measurement Bureau (PMB), cette activité serait même légèrement plus en vogue depuis 2006. On peut conclure que les commerces québécois ont bénéficié de cette tendance à la hausse car d’année en année, environ 75% des Québécois qui voyagent à l’intérieur du Canada le font dans leur propre province.

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Le pourcentage de Québécois qui s’adonnent au magasinage lors d’un voyage à l’étranger est, quant à lui, plutôt stable au fil des ans, oscillant entre 37 et 42%.

Le magasinage semble être une activité complémentaire au voyage, du moins pour les Canadiens qui voyagent à l’intérieur du Canada, car il en est rarement la raison principale. C’est en fait ce que démontre le tableau suivant, publié par la Commission canadienne du tourisme sur les habitudes des touristes canadiens dans leur propre pays. À noter que la taille du marché d’adeptes du magasinage se chiffre à plus de 15 millions de Canadiens; il inclut toutefois les sorties au restaurant.

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Donc, si l’on considère que la taille du marché des voyageurs d’agrément est de 18 400 000 Canadiens, on constate notamment que 38% de l’ensemble de ces voyageurs ont effectué du magasinage ou du lèche-vitrine d’exposition et d’artisanat local  (7 000 000 de Canadiens). Il s’agissait de la raison principale du voyage pour 8% d’entre eux.

À l’échelle internationale, la firme Euromonitor International a néanmoins observé, de 2002 à 2007, une croissance mondiale des voyages dont le but premier serait le magasinage.

Partir pour mieux magasiner

Les fluctuations des taux de change auraient une grande influence sur le nombre de voyages de magasinage. En 2007, lorsque le dollar US était à la baisse, les États-Unis ont reçu 1,5 million de touristes étrangers de plus qu’en 2006. Cette augmentation a été le plus ressentie à New York, où la ville aurait connu une hausse de 22% des voyageurs en provenance de l’extérieur de l’Amérique du Nord. Le même phénomène s’est produit en Floride à la zone commerciale de Sawgrass Mills près de Fort Lauderdale, où 48% des achats ont été faits avec des cartes de crédit étrangères. À l’inverse, alors que la livre sterling performait bien en 2007, plusieurs touristes – particulièrement les Américains – ont délaissé Londres comme destination de magasinage. Un journaliste américain a même qualifié la ville d’onéreuse en lui collant le titre de «home of the $5 ice cream».

Les touristes chinois déferlent sur les commerces du monde

L’assouplissement des restrictions sur les voyages des Chinois à l’étranger en 2004, jumelé à la croissance des revenus disponibles des citoyens, a causé un véritable boom dans le trafic sortant de Chine. Le fait de voyager à l’étranger est devenu un symbole de statut social. De plus, les voyageurs chinois désirent se procurer les marques occidentales qui ne sont pas en vente dans leur pays. Ainsi, les dépenses touristiques mondiales attribuées au magasinage par les Chinois à l’étranger ont crû de 104% de 2002 à 2007 pour atteindre 9,9 milliards de dollars US. Ils se classent maintenant au 2e rang, derrière les Américains. Malheureusement, leur accès au Canada demeure toujours limité (lire: Mettre les pendules à l’heure… de la Chine).

Grande distance pour bonne affaire

L’étude d’Euromonitor International confirme que les touristes sont même prêts à effectuer des voyages long-courriers pour faire les boutiques. Les auteurs attribuent cette tendance observée, particulièrement dans la deuxième partie de la période de référence de l’étude (de 2002 à 2007), à la compétitivité des prix pour les billets d’avion, aux occasions attrayantes de magasinage, aux festivals et aux hôtels de luxe.

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En effet, les centres commerciaux se développent en véritables destinations touristiques avec l’ajout de composantes de restauration et de divertissement à grande échelle, ce que la revue Espaces appelle «la dimension “immatérielle” et qualitative dans les lieux de vente, afin de séduire un consommateur plutôt blasé et au niveau d’exigence accru». À titre d’exemple, le South China Mall de Hong Kong comporte sept zones dites internationales, car chacune d’entre elles ressemble à une ville ou à une région du monde. Le centre d’achats compte 1 500 boutiques, un parc aquatique, des montagnes russes, un théâtre Imax, des cinémas et des gondoles qui permettent aux gens de naviguer sur le canal qui traverse ce complexe gigantesque. Selon le magazine Forbes, c’est en Asie que l’on trouve neuf des dix plus grands centres commerciaux du monde.

Aussi, on observe que de plus en plus de villes se dotent d’un festival de magasinage en vue de stimuler leur économie et de faire venir les touristes en période creuse (exemples: Dubaï International Shopping Festival, Hong Kong Shopping Festival, Cannes Shopping Festival). Méga-campagnes marketing, concours aux prix qui font rêver et spectacles somptueux sont organisés dans le but de séduire les voyageurs et de les attirer dans les aires commerciales d’une région. Cependant, le succès de ces festivals dépend grandement de la continuité de l’événement, de la participation des commerçants et, surtout, des offres promotionnelles proposées.  Une véritable mobilisation des marchands est nécessaire, car tous doivent participer en offrant des rabais considérables. Évidemment, un tel évènement sous-entend également une grande collaboration entre commerçants locaux et intervenants touristiques, deux groupes qui, selon la revue Espaces, «ne travaillent que rarement ensemble».

Il va sans dire que le magasinage est une activité touristique importante qui en vaut parfois même le déplacement. Il reste à voir si le ralentissement économique actuel changera les comportements de consommation des touristes. Seront-ils plus économes en voyage ou, au contraire, seront-ils encore plus à l’affût de bonnes aubaines? Et quels incitatifs le Québec peut-il mettre en place pour tirer son épingle du jeu? Qui sait, les soldes de l’Après-Noël deviendront peut-être un jour une attraction touristique!

Lire aussi: Magasiner, l’activité numéro 1 du touriste!

Sources:
–    Dossier «Tourisme et Shopping 1re partie», Revue Espaces, no 269, avril 2009.
–    EAPV 2006 – Profil des activités au Canada: Magasinage et restauration lors d’un voyage. Commission canadienne du tourisme.
–    Print Measurement Bureau, 2002-20o8
–    «Shopping for Pleasure: The Development of Shopping as a Leisure Pursuit», Euromonitor International, mai 2008.
–    Van Riper, Tom. «The World’s Largest Malls», Forbes, 18 janvier 2009.