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Destinations

Innover en milieu rural et isolé

À l’occasion de l’événement français Place Marketing Forum organisé par la Chaire Attractivité et Nouveau Marketing Territorial en septembre 2021, Moa Björnson, cheffe du développement de la municipalité de Træna, est venue présenter le dynamisme de sa communauté d’adoption. Celle-ci est située dans un archipel tout près du cercle polaire. L’initiative Tenk Træna vise à diversifier l’économie par l’innovation en accueillant des visiteurs créatifs qui doivent collaborer avec des membres de la collectivité. Ce projet a d’ailleurs été décoré à plusieurs occasions, notamment lors du plus récent Place Marketing Forum. Voici en quoi il consiste.

Diversifier l’économie

Bien qu’elle soit en dehors du radar, loin des grands bassins de population et composée de très peu d’habitants, la municipalité de Træna est devenue un réel incubateur d’innovation. Mme Björnson estime que cette communauté puise sa force dans sa taille réduite et son caractère agile, tout en pouvant compter sur de nombreux esprits créatifs.

Alors que l’industrie de la pêche constituait son seul véritable moteur économique, l’île avait besoin d’un second souffle pour améliorer la qualité de vie de la communauté, attirer de nouveaux résidents et redynamiser les lieux. Un festival de musique, mis sur pied en 2003 et accueillant chaque année quelques milliers de visiteurs, faisait déjà parler de la destination en Norvège, notamment de par ses sites spectaculaires. Il fallait réfléchir à poursuivre le développement de Træna avec une approche d’attractivité douce, en respectant l’identité de l’île et le mode de vie de ses habitants.

Attirer des compétences

C’est alors qu’en 2015 a été créée l’initiative Think Træna (Tenk Træna) afin de rassembler les forces vives locales pour identifier des pistes qui devaient mener à une diversification de l’économie de façon durable et responsable. L’un des projets à voir le jour est basé sur le concept d’artiste en résidence. L’artiste, mais aussi le chef cuisinier, l’entrepreneur, l’ingénieur ou encore le chercheur qui le souhaite peut ainsi poser sa candidature pour aller demeurer sur l’île pendant 1 à 3 mois et développer un projet avec des membres de la communauté. L’initiative doit se solder par des résultats qui bénéficieront aux résidents.

Le participant, logé sans frais dans une habitation sélectionnée pour des prix d’architecture, concrétise donc son idée en partenariat avec des collaborateurs locaux et, du même coup, expérimente la vie sur l’île. Le but est d’attirer des personnes aux compétences complémentaires à celles déjà présentes et de cocréer avec la communauté. Les interactions entre les résidents, les organisations locales et l’artiste-chef-entrepreneur en résidence enrichissent les connaissances de chacun.

Des résultats concrets

Lancé en 2015, le programme en résidence a déjà fait plusieurs tours de roue. Plus de 45 projets se sont concrétisés. En voici quelques-uns, en rafale.

Architectes en résidence 

Un étudiant en architecture a transformé le plus vieux hangar à bateau de l’île — destiné à la démolition — en sauna et espace de rencontre. Celui-ci, situé en bord de mer, est aujourd’hui très fréquenté par les résidents comme par les visiteurs. Il peut être réservé pour des réunions.

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Source : Tenk Træna

Un autre architecte en résidence a conçu une hutte pour se protéger du vent dans l’un des endroits les plus exposés de l’île.

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Source : AIR Træna

Artiste en résidence 

Deux artistes en résidence ont créé un balado qui consiste à découvrir l’archipel par la voix des enfants qui l’habitent.

Entreprises en résidence

Une entrepreneure de Chicago est venue créer du cuir écoresponsable à partir de peau de poisson. Cela permet de valoriser une partie des déchets de l’industrie locale de la pêche. Elle cherche maintenant des collaborateurs pour monter une petite chaîne de production à Træna.

Une équipe de la multinationale OSRAM, à la recherche d’un lieu pour expérimenter certains aspects de l’éclairage urbain, s’est installée sur l’île. Cette dernière est devenue une véritable salle d’exposition à ciel ouvert de lumières interactives. Le projet-pilote consistait à évaluer l’impact des différents systèmes d’éclairage sur les sites et les habitants. L’endroit était tout indiqué pour ce type d’installations étant donné la faible luminosité naturelle durant les mois d’hiver. Voici une vidéo illustrant le projet.

Source : Vimeo, Govertsen film

Chef en résidence

Les chefs cuisiniers qui participent au programme sont invités à venir expérimenter les produits extraits des eaux de l’archipel. Durant le festival hivernal de musique Træna med Storm, qui célèbre le climat aride et les paysages dramatiques durant la saison froide, un chef a conçu un menu dégustation mettant en vedette les algues. Une entreprise locale en fait la cueillette et la transformation. Pour inciter la population à s’approprier ce produit dans l’alimentation du quotidien, ce chef propose une recette simple et facile à reproduire pour les résidents.

Source : Vimeo, Polar Permaculture Solutions, AS

Famille en résidence

Le programme permet aussi à une famille de venir s’installer temporairement pour tester la vie insulaire. Selon le type de travail et les besoins en matière de services scolaires ou de garde, la famille choisie est accompagnée pour maximiser les chances d’un séjour prolongé réussi.

Développement intégré et durable

L’organisme Tenk Træna, qui gère le programme en résidence, planche aussi sur plusieurs projets en cocréation qui s’inscrivent dans une vision à plus long terme. Il travaille actuellement sur un concept intégré qui combine hôtel (30 chambres), site culturel, musée, expériences de plein air, espaces de coworking pour visiteurs comme pour résidents, habitations et locaux commerciaux, le tout en activité 365 jours par année. Le but est d’en faire un endroit dynamique et selon les principes du développement durable, qui allie vie locale et animation des visiteurs.

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Source : Tenk Træna

À retenir

Enfin, comme le souligne Mme Björnson, pour favoriser le dynamisme d’une communauté et mousser son attractivité, il faut demeurer flexible et ne pas avoir peur de tester des idées. Il faut également se rappeler des éléments suivants :

  • Identifier les opportunités ;
  • Chercher les possibilités de collaboration dans la communauté, mais aussi à l’extérieur ;
  • Développer des projets à court ET à long terme ;
  • Ne pas chercher à obtenir l’unanimité, il y aura des gens en désaccord ;
  • Accepter que développer nécessite du temps.

L’innovation n’est pas réservée qu’aux milieux urbains. Elle nait lorsque les esprits créatifs sont sollicités et elle s’avère d’autant plus heureuse lorsqu’elle implique l’engagement de la communauté.

 

Image à la une : Tenk Traena

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Tourisme durable

Hawaï : voyager et redonner à la communauté

Le programme Mālama Hawaii, lancé en juin 2021 par Hawaii Tourism Authority et le Hawaii Visitors and Convention Bureau, invite les visiteurs à « donner en retour » — traduction libre de l’expression mālama. Participer à des initiatives de reforestation, de nettoyage de plage, effectuer des travaux d’entretien sur un cuirassé historique, les options pour s’impliquer sont diversifiées.

 

Des expériences immersives

Le programme rassemble ainsi des organismes communautaires reconnus et une centaine d’hôtels et de campings à travers l’archipel d’Hawaï. Ceux-ci ont conclu des ententes afin d’offrir à leurs clients des occasions de volontourisme branchées sur les besoins du milieu.

À titre d’exemple, le voyageur qui se procure un forfait Mālama Hawaii au camping Camp Olowalu obtient un rabais de 10 % en s’engageant dans l’activité de bénévolat encadrée. Celle-ci consiste à contribuer à la réhabilitation d’un milieu naturel de la région par le retrait de plantes envahissantes et la plantation d’espèces indigènes. L’organisme responsable de ce projet, Kipuka Olowalu, guide et informe les visiteurs sur l’histoire du lieu, l’importance de sa restauration, les façons de procéder, en plus de leur inculquer quelques notions sur la culture du peuple en lien avec cette nature. Le participant s’ouvre ainsi à une expérience enrichissante et immersive tout en contribuant à l’amélioration du milieu.

Source : Kipuka Olowalu 

D’autres établissements, en partenariat avec la Pacific Whale Foundation, fournissent l’équipement nécessaire pour nettoyer les berges. Le client remplit un formulaire dans lequel il décrit les matériaux et déchets amassés avant de faire parvenir le tout à l’organisme en question. Ce travail lui permet d’obtenir une nuitée gratuite à l’hôtel participant.

  

Source : Pacific Whale Foundation 

Relance : profiter de l’impulsion du moment

La reprise du tourisme constitue une occasion pour tenter d’aborder le voyage différemment et d’offrir des avenues plus engageantes pour le visiteur envers la destination. Voilà qui favorise une plus grande responsabilisation de l’entreprise et du client. L’expérience touristique ne peut qu’en être plus riche et mémorable.

 

Source image à la une : Hawaii Tourism Authority

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Transport

Vers des roadtrips qui carburent à l’électricité

Moyen de transport de l’avenir

Les véhicules électriques (VÉ) gagnent en autonomie, ce qui permet à leurs utilisateurs de réaliser de véritables roadtrips. Il s’agit d’ailleurs d’une tendance touristique selon le magazine Lonely Planet. Elle gagnera du terrain avec la progression des itinéraires comportant des bornes de recharge à distance raisonnable et en quantité suffisante.

À cet effet, des destinations encouragent les entreprises de l’industrie touristique à se doter de tels équipements pour ainsi favoriser leur fréquentation par cette clientèle tout en encourageant le virage vers des transports plus durables.     

Le Colorado

L’organisation de gestion de la destination du Colorado partage un coffre à outils en ligne pour guider les entreprises situées le long des routes touristiques à s’équiper de bornes de recharge. Le Colorado Tourism Office, en partenariat avec des agences gouvernementales rattachées au transport et à l’énergie, présente ainsi les avantages, pour l’industrie comme pour les voyageurs, de favoriser les déplacements touristiques en VÉ. En voici quelques-uns :

  • La désignation « Electrified Byway » garantira au conducteur de véhicule électrique une présence et une répartition de stations de recharge suffisantes pour se sentir en sécurité ;
  • Contrairement à l’approvisionnement en essence, les bornes de recharge électrique ne sont pas limitées à un seul type d’emplacement. Elles peuvent être installées à l’endroit où l’on souhaite voir des voyageurs s’arrêter ;
  • Les Electrified Byways attireront une clientèle sensibilisée à l’environnement et au respect de la nature ; un segment convoité.

L’Oregon

L’État de l’Oregon propose déjà des routes touristiques bien équipées pour accueillir les voyageurs en VÉ. Il détient l’un des réseaux de bornes de recharge rapide les plus développés des États-Unis. Elles sont réparties à travers le territoire dans divers types d’entreprises bien engagées vers un tourisme plus durable. Plusieurs itinéraires sont offerts. Dans la Willamette Valley, des viticulteurs se sont regroupés en réseau pour offrir une route qui s’intitule Plug & Pinot. Chaque vignoble offre des bornes de recharge permettant aux occupants de la voiture de visiter les lieux et de procéder à une dégustation le temps que le véhicule reprenne des forces.

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Source : Travel Oregon

Des routes électriques

En Israël, l’entreprise Electreon planche sur un projet qui permet aux véhicules de se recharger pendant qu’il roule, à même la route. Des fils de cuivre connectés situés sous l’asphalte transmettent l’énergie aux VÉ qui y circulent. Un projet-pilote est en cours dans la région de Tel-Aviv. La Suède compte déjà une telle infrastructure. Elle a été développée par une branche suédoise de l’entreprise israélienne. La Smartroad Gotland, le premier système de route électrique sans fil au monde, permet pour l’instant de recharger des camions et des autobus en mouvement. Les tests, réalisés avec succès, ont été produits en hiver alors que la température se situait autour de zéro degré Celsius.

Source : YouTube

La croissance au Québec

En juin 2020, l’Association des Véhicules Électriques du Québec (AVEQ) dénombrait plus de 76 500 certificats d’immatriculation de voitures électriques dans la province. Sur une année, il s’agit d’une progression de 44 %. Mais la COVID-19 aura affecté ce secteur d’activités, puisque cette croissance annuelle était plutôt de 70 à 80 % au cours des deux dernières années.

L’installation de bornes à travers la province va bon train. Le Circuit Électrique, le réseau public alimenté par Hydro Québec, est le plus répandu. Il compte plus de 2 500 bornes de recharge, dont 305 bornes rapides. Plus d’une centaine d’autres seront déployées de part et d’autre de la province au cours des deux prochaines années. Cet ajout s’inscrit dans l’objectif d’Hydro-Québec, annoncé en janvier 2019, concernant l’implantation de 1600 stations de recharge rapide sur dix ans.

Changer les « pétrodollars » en dollars touristiques

Avec une telle croissance du recours aux voitures électriques et du nombre de stations de recharge, les dépenses liées au transport, ou plutôt à l’achat d’essence deviendront pratiquement nulles pour de plus en plus de voyageurs sur la route. Voilà une belle occasion d’orienter cette dépense vers une expérience touristique.

 

Image à la une : Pexels

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Destinations

Sauver la rue principale

De nombreuses villes, de toutes les tailles, souffrent d’une dévitalisation de leur centre-ville. La transition vers le commerce en ligne et, en banlieue, vers les magasins à grande surface y contribue certainement. Le dynamisme de ces lieux centraux est pourtant essentiel à la santé des collectivités, à la qualité de vie des résidents et à l’attractivité touristique. Comment faire pour inverser la vapeur?

 

Des centres-villes en péril

Certaines artères commerciales de grandes villes comme Montréal ou même New York et Londres connaissent des taux de vacance alarmants. Le commerce de détail vit une crise, notamment due aux changements de comportement des consommateurs. Le coût des loyers et des taxes pour les locaux centraux contribue aussi à cette désaffection. Ces espaces deviennent inabordables pour les entreprises indépendantes qui donnent du caractère à un lieu, cédant ainsi la place aux grandes chaînes plus en moyens, mais beaucoup moins distinctives de l’endroit. Aussi, ces locaux peuvent demeurer vacants très longtemps avant de trouver preneurs, ce qui dévitalise les lieux et appauvrit leur pouvoir d’attraction. Les édifices patrimoniaux ont aussi la vie dure. Les coûts des travaux nécessaires à leur restauration s’avèrent colossaux et, donc, ces bâtiments sont trop souvent laissés à l’abandon.

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Rue Sainte-Catherine Est, Montréal.

Source : Réseau de veille en tourisme

La multiplication des locaux vacants touche aussi les rues principales de nombreuses petites municipalités du Québec. Celles-ci peinent à retenir leurs commerçants, faute d’achalandage. L’exode des jeunes vers les grands centres et la désaffection du centre-ville par les résidents entraînent une dévitalisation. Pour attirer de nouvelles clientèles (des résidents et des visiteurs), il faut leur offrir un centre attrayant et animé, qui stimule les échanges et favorise l’esprit de communauté.

Densifier et favoriser la mixité

Des experts proposent des pistes de solution pour redynamiser les artères commerciales et créer à nouveau des lieux de rencontre pour renforcer les liens dans la communauté. Au Royaume-Uni, ce phénomène est pris très au sérieux par les autorités. Le ministre britannique du Développement économique se fait même appeler le « ministre des Rues principales ». Des urbanistes lui suggèrent de convertir certains locaux commerciaux laissés vacants en leur donnant d’autres fonctions, résidentielles ou institutionnelles. Ainsi, plutôt que de vouloir réintégrer un commerce dans un local vacant, pourquoi ne pas modifier le zonage et y installer une bibliothèque municipale décentrée ou encore y aménager des logements? Un centre-ville vivant est composé de gens qui y vivent, y travaillent, y mangent et s’y divertissent.

Les centres-villes sont probablement appelés à se resserrer et à se densifier pour un plus grand dynamisme. Les autorités municipales devront faire preuve de flexibilité et revoir leurs systèmes de taxation pour encourager ces transformations. On propose aussi d’imposer une taxe à ceux qui conservent des loyers vacants. Celle-ci pourrait être jumelée à une réglementation obligeant de tels propriétaires à entretenir les locaux et leur devanture, à conserver un éclairage en soirée et à maintenir les espaces propres et prêts à recevoir des occupants rapidement.

Offrir des commerces d’expérience

Des commerces de proximité, des entreprises de service, des restaurants, des bars et cafés et des lieux de divertissement sont habituellement nécessaires pour favoriser la fréquentation à pied d’une artère principale. Mais la transformation des habitudes de consommation impose une remise en question du type d’entreprises à accueillir. Les détaillants en ligne offrent des produits à bon prix. Les boutiques ayant pignon sur rue doivent offrir une expérience. Les modèles d’affaires sont appelés à évoluer. Ainsi, le libraire passionné qui conseille pourra aussi servir du bon café, offrir un espace de cotravail et vendre les croissants de la boulangerie du coin. Les commerces de détail de proximité qui offrent un contact personnalisé et des produits de qualité ont une plus grande chance de se tailler une place favorable et de stimuler l’achalandage de la rue.

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Source : Pexels

Mobiliser pour changer les mentalités

À l’occasion du colloque de l’organisme Rues principales, qui se déroulait à Québec en octobre dernier, de nombreux élus municipaux sont venus exprimer leur inquiétude sur le phénomène de dévitalisation des rues principales. Plusieurs conférenciers ont aussi parlé de la nécessité d’insuffler un changement de comportement dans le rapport de la population à la consommation et à son engagement dans son milieu de vie. Pour illustrer son propos et favoriser le dynamisme du secteur, le président exécutif de l’organisme, M. Christian Savard, a lancé l’idée d’une campagne d’achat de cadeaux de Noël sur la rue principale : « Mes cadeaux sur la rue principale ».

Des conseillers municipaux ont également présenté des projets de réaménagement ayant fait l’objet de consultations publiques. Aujourd’hui, la volonté des résidents concernant les artères commerciales s’articule autour des éléments suivants :

  • Plus de mixité dans les fonctions;
  • Des bâtiments historiques rénovés et mis en valeur;
  • Plus de cafés et de commerces indépendants qui représentent la diversité du milieu;
  • Des aménagements qui favorisent la fréquentation à pied et à vélo, et du mobilier urbain;
  • De la culture (arts de la scène, arts visuels, etc.);
  • Des lieux de rassemblement;
  • Une connectivité avec le milieu : relations entre les commerces, les services et les institutions.

Le changement de culture nécessite une volonté politique et collective.

Selon plusieurs conférenciers du colloque, l’un des plus grands enjeux se situe dans la résistance au changement. Le changement de culture, soit celui de prioriser les développements urbains qui renforcent la rue principale au lieu de l’étioler, de choisir d’encourager les commerçants locaux pour participer au dynamisme de la collectivité, nécessite une volonté politique et collective.

Une prochaine analyse présentera des exemples de petites villes qui se démarquent par leur dynamisme et le caractère attractif de leur centre-ville.

Source image à la Une : Pexels

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Une route pour devenir la destination de l’automne

Ayant un territoire reconnu pour sa symphonie de couleurs, avec plus de 20 millions d’arbres de différentes essences, l’Association touristique de la vallée de la Wye et de la forêt de Dean souhaite devenir la capitale de l’observation du feuillage automnal. Elle compte y parvenir avec la mise en place d’une stratégie comprenant une route thématique, un site Web ainsi qu’un guide. Les responsables ont collaboré avec un arboriculteur et conseiller forestier pour orienter les visiteurs vers les meilleurs endroits où admirer le paysage, le long d’un trajet de 80 km.

En plus de détailler les points de vue, le guide et le site Web proposent des activités pour profiter du feuillage automnal, telles que des promenades et des animations pour les familles, ainsi que des conseils pour la prise de photos.

Les entreprises se situant le long du parcours participent également au projet. Elles ont développé de nombreuses idées en lien avec la thématique de la route pour accueillir les visiteurs et animer leur territoire. Par exemple, les propriétaires de Wharton Lodge ont renommé leur hébergement « Leaf Peepers Cottages » pour la saison. Chez Eastnor Pottery, ils organisent des ateliers de modelage de l’argile sur le thème des feuilles. Une thérapeute propose des séances de relaxation en forêt pour améliorer le bien-être du corps et de l’esprit.

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Source : Association touristique de la vallée de la Wye et de la forêt de Dean

 

Bien que le Québec n’ait pas à rougir d’envie pour ses couleurs automnales, il s’agit d’une bonne idée pour valoriser les paysages et attirer davantage de visiteurs pendant cette saison.

 

Source de l’image à la une : Unsplash

 

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L’art de valoriser les régions par les murales

Voilà bientôt un an, Travel Oregon lançait une vidéo pour appuyer la campagne marketing Only Slightly Exaggerated. Elle se caractérisait par son originalité et son animation de type manga. Fort de son succès, l’OGD amène sur un autre terrain l’extravagance de sa campagne. Les images fantastiques prennent désormais vie à travers un sentier de murales.

La Oregon Mural Trail comporte sept fresques peintes à la main réparties dans autant de villes (voir l’image ci-dessous). Les images représentent des séquences de la vidéo de la campagne marketing. Les responsables du projet espèrent inciter les habitants et les voyageurs à parcourir les régions rurales de l’État et à découvrir leurs merveilles. Le sentier de murales se veut également un vecteur de fierté pour les communautés et un outil pour contribuer à leur développement artistique et culturel.

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Source : Travel Oregon

Les villes choisies devaient avoir réussi le programme du Rural Tourism Studio de Travel Oregon. Il s’agit d’une formation pour aider les communautés rurales à développer et offrir des expériences de qualité aux voyageurs. Dans le cas de la ville de Dalles, plusieurs projets, dont un sentier gastronomique et un podcast sur le patrimoine culturel de la région furent créés. La vidéo suivante présente les étapes de la conception de leur murale.

Source : YouTube

La culture et les arts apportent plusieurs bénéfices aux communautés rurales. En plus d’augmenter la qualité de vie des citoyens, ils contribuent à l’attractivité touristique de leur territoire. Il s’agit d’une façon de se démarquer et de valoriser les ressources locales. Une idée pour nos régions ?

 

Source de l’image à la une : YouTube

 

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Produits et activités

La randonnée comme outil de positionnement

Les circuits mythiques que sont le GR20, les Chemins de Saint-Jacques de Compostelle ou encore la Long Trail constituent d’importants produits d’appel pour les régions traversées, qu’il s’agisse de les parcourir en tout ou en partie. Les circuits spécifiques à la marche ou à la randonnée permettent à des municipalités éloignées de bénéficier de retombées touristiques et aux voyageurs de vivre des expériences mémorables.

 

Des bénéfices pour tous

Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), qui publiait un rapport au début de 2019 sur le tourisme de marche, celui-ci comporte de nombreux avantages tant pour les voyageurs que pour les destinations. Les touristes qui choisissent de découvrir un lieu par la marche ou la randonnée s’exposent davantage que les autres à développer des relations avec la population locale. Ils se croisent sur les routes ou sur les sentiers, dans les commerces de proximité ou dans les établissements d’hébergement des petites municipalités, souvent à l’écart des grands centres touristiques.

Aussi, la randonnée s’insère dans plusieurs tendances, notamment la quête du bien-être par l’activité physique et le dépassement de soi, le tourisme lent (slow tourism), les voyages transformationnels et les séjours à empreinte écologique réduite. L’intérêt grandissant pour la course de sentier et la marche nordique, technique scandinave qui nécessite l’emploi de bâtons et où tous les membres du corps sont mis à profit (un peu comme le ski de fond), contribue aussi à donner un nouvel élan à la randonnée.

La destination qui développe le tourisme de marche bénéficie également de plusieurs avantages. Comme le révèle l’OMT, c’est un secteur d’activité qui :

  • exige des investissements plutôt faibles par rapport à d’autres types de produits de tourisme sportif ;
  • ne nécessite pas d’infrastructures lourdes ou de grande capacité, ni d’une logistique complexe ;
  • concerne un important marché, qu’il s’agisse de marcheurs du dimanche ou de randonneurs aguerris ;
  • bonifie l’offre touristique déjà existante, permet de prolonger le séjour et de répartir la demande sur plus d’une saison ;
  • constitue une offre écoresponsable si elle est gérée adéquatement ;
  • favorise l’activité physique chez les résidents.

Le marché des randonneurs

La randonnée fait partie des principales activités des Canadiens et des Québécois lorsqu’ils voyagent. Selon les données de Vividata 2019, quelque 18 % des Canadiens ont fait de la randonnée ou une activité d’aventure à l’occasion d’un voyage réalisé au cours des 12 derniers mois (voir le graphique 1). Cette proportion s’élève à 20 % parmi les voyageurs québécois.

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Aux États-Unis, le nombre de randonneurs a crû de 50 % en 10 ans. En 2017, 15 % de la population américaine de 6 ans et plus a fait de la randonnée au cours de la dernière année, selon l’organisme Outdoor Foundation. En France, c’est aussi une activité qui connaît une grande popularité. Une étude d’Atout France publiée en 2019 dévoile qu’elle est le sport préféré des Français. Au cours des cinq dernières années, 35 % d’entre eux ont fait au moins un voyage dont la randonnée était la principale motivation de séjour.

Des facteurs de succès

Pour répondre à ce large marché et se positionner favorablement, l’offre doit répondre à certains critères. En voici quatre :

  • L’attractivité: évidemment, le sentier ou le trajet doit comporter des éléments d’intérêt pour attirer des marcheurs. La qualité des paysages, les composantes naturelles et culturelles, l’entretien font partie de ces atouts. Les routes asphaltées n’ont pas la cote auprès des randonneurs en général.
  • Les services : l’accès à des services touristiques adéquats (hébergement, équipements sanitaires le long du trajet, disponibilité de cartes des sentiers, signalisation, etc.) est essentiel pour répondre aux besoins de base des randonneurs.
  • La sécurité : pour susciter l’intérêt et donner un sentiment de sécurité, le circuit doit être fréquenté. Que ce soit par la population locale ou par des visiteurs, il faut passer le mot et maintenir une certaine activité sur les lieux pour garder le trajet bien vivant et sûr.
  • Le marketing : un plan marketing sur mesure en fonction des marchés ciblés s’avère nécessaire pour faire connaître le circuit. Des activités de promotion, comme l’organisation d’un événement annuel, permettent de donner une vitrine à la région et à son offre de randonnée. L’EuroNordicWalk Vercors, un rassemblement de marcheurs nordiques qui se déroule annuellement depuis sept ans dans le massif du Vercors, en France, l’illustre bien. Voici sa vidéo promotionnelle :

Source : Daily Motion

Des outils inspirants

Des destinations nordiques dont le produit phare est la randonnée proposent des outils utiles pour promouvoir leur offre, mais aussi pour encadrer et préparer les voyageurs. C’est le cas de Visit Greenland, l’organisme de gestion de la destination (OGD) qui publie l’Ultimate Greenland Hiking Guide. Celui-ci rassemble une foule d’informations sur les conditions particulières que revêt la randonnée sur ce territoire au climat aride. Le guide est abondamment illustré et facile à consulter. On y trouve notamment une section sur les façons de choisir le bon circuit de randonnée, sur les essentiels de la randonnée au Groenland ou encore sur les comportements à adopter en présence d’un ours polaire.

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La Norvège, avec ses fjords spectaculaires et sa nature abondante, est aussi une destination prisée des randonneurs. L’OGD du pays réserve une part importante de son site Web à cette activité. On y trouve notamment plusieurs vidéos sur les randonnées les plus populaires. Bien que les informations soient disponibles par écrit, chaque vidéo, animée par un guide local, présente les principales caractéristiques du circuit, rendant la préparation du voyageur beaucoup plus agréable. En voici un exemple :

Vidéo : Vimeo

Le Québec sur la bonne voie

Certains sites Web d’associations touristiques régionales (ATR) du Québec offrent une belle vitrine aux possibilités de randonnée dans leur région. Celui des Cantons-de-l’Est propose une recherche selon plusieurs filtres, par exemple le niveau de difficulté et la durée. La startup Hickster, grâce à un partenariat avec Rando Québec qui permet de recenser plus de 3 000 sites, contribue aussi à promouvoir et favoriser la pratique de la randonnée au Québec.

Plusieurs réseaux de sentiers et des circuits de marche de longue durée se déploient depuis quelques années. Le Grand Sentier, qui traverse le Canada d’est en ouest, le Sentier des Appalaches (SIA-QC) en Gaspésie ou encore le Sentier Notre-Dame–Kapatakan dans le fjord du Saguenay en sont quelques exemples. Les nombreuses possibilités de randonnée au Québec sont méconnues, souvent transmises de bouche à oreille. Il s’agit pourtant d’un excellent outil de positionnement et d’un produit touristique qui permet un étalement de la saison et une meilleure répartition des retombées touristiques sur le territoire, tout en s’inscrivant dans une perspective de développement durable.

 

Image à la une : Pixabay

 

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Produits et activités

Popsilos : un circuit d’art à hauteur de silos

Avec la collaboration du gouvernement du Canada et de l’agence internationale d’art urbain Ashop, Jen Larocque et Mat Mault ont transformé les silos de cinq fermes ontariennes de la région de Prescott-Russell en impressionnants canevas.

Le circuit Popsilos illustre des icônes du milieu rural. Il invite les visiteurs à découvrir les produits locaux surà travers un court trajet, d’une ferme colorée à l’autre. L’initiative a été renouvelée depuis sa création, à l’occasion du 150e anniversaire de la Confédération du Canada.

En une journée, touristes et excursionnistes peuvent admirer l’enfant en salopette, la fourche à la main, de la Ouimet Farms Adventure, jusqu’à la guêpe géante qui butine la fleur d’un jardin de la ferme Horses by Hannah. Voici une vidéo qui explique le projet.

Source : YouTube

Une idée originale pour combiner les arts et les produits du terroir.

 

Source image à la une : Jennifer Larocque, Popsilos 

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Produits et activités

Les Beaux-Arts culinaires

Pour célébrer la Fête de la Gastronomie — Goût de France, on retrouve l’événement « Les Beaux-Arts Culinaires » pour une quatrième année en Normandie. Le concept : des chefs normands s’inspirent d’une œuvre d’art exposée dans l’un des huit musées participants de la région, afin de créer une recette originale. Ayant préalablement visité le musée, choisi leur tableau et préparé leur création, les 50 chefs invités viennent ensuite cuisiner au pied de la toile sélectionnée pour recréer leur œuvre culinaire devant le public.

Les visiteurs ont la chance de déguster des plats uniques, de discuter avec les chefs à propos du choix de leur tableau et de vivre une expérience culturelle multisensorielle. À leur sortie, ils repartent avec la recette du chef illustrée sur une carte postale. L’expérience se poursuit en ligne, sur la section « Recettes » du site Web où l’on retrouve la recette, mais également un mot du chef qui partage les détails de son inspiration. Cette animation culinaire valorise la région, les produits, la gastronomie et de nombreux acteurs de la Normandie.

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Source : Les Beaux-Arts Culinaires – Recette Coquillages et carottes, velouté safrané

 

Source image à la une : Les Beaux-Arts Culinaires

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Produits et activités

Quelle est la distance parcourue pour faire de l’autocueillette ?

Afin de permettre aux producteurs de mieux comprendre leur clientèle, une question a été ajoutée au coupon-réponse d’un concours, dans le but de connaître la distance parcourue pour réaliser une activité d’autocueillette en Estrie. Le Conseil de l’industrie bioalimentaire de l’Estrie a ainsi colligé les réponses de 2000 visiteurs québécois de juin à décembre 2017. 

Les résultats ont été analysés par type de culture et chaque producteur participant a également eu accès aux résultats de son propre établissement.

Il a été établi de nommer « clientèle locale », tout visiteur se déplaçant sur une distance de 10 à 100 kilomètres. La clientèle « hors région » se déplace sur plus de 100 kilomètres. Ainsi, on observe pour l’ensemble des cultures une proportion de 91,2 % de visiteurs locaux et 8,8 % de visiteurs hors région (que nous pourrions qualifier d’excursionnistes ou de touristes, bien que la définition officielle implique un déplacement d’au moins 40 kilomètres). Une majorité d’excursionnistes ou de touristes proviennent de la région de Montréal.

  • Ces proportions sont semblables pour la cueillette de petits fruits (fraises, framboises et bleuets) ;
  • Une part plus importante d’excursionnistes ou de touristes se déplacent pour l’autocueillette des pommes (13,9 %) ainsi que celle de cultures moins connues (12,7 %) telles l’argousier, la cerise griotte, la citrouille, etc.
  • L’autocueillette d’arbres de Noël est indéniablement une activité s’adressant à la population locale (98,7 %).

L’approche marketing des producteurs doit ainsi s’adresser d’abord à une clientèle locale. Il est cependant important d’être présent dans les outils de promotion touristique pour la part non négligeable de visiteurs hors région.

Cette démarche a été réalisée dans le cadre de la campagne de communication Souvenirs de cueillette, issue de la collaboration de six organismes et financée par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation.

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* Les visiteurs de l’extérieur du Québec ont été exclus des analyses.

 

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