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Enjeux Produits et activités

La tentation quatre-saisons des stations de ski

Au cours des dernières années, le tourisme de villégiature quatre-saisons a connu un essor considérable au Québec, surtout grâce au développement de Tremblant. D’autres projets majeurs sont en gestation, notamment ceux du Massif de Petite-Rivière-Saint-François et de la Station touristique Mont-Orford. La mise en oeuvre de tels chantiers interpelle de nombreux intervenants et suscite d’importants débats.

Développement tous azimuts

On assiste à travers le monde à une multiplication des projets de centres de villégiature au sein de stations de ski, projets conçus pour diversifier l’offre et créer une «destination en soi». Dans la majorité des cas, le sport de glisse constitue la composante centrale, à laquelle s’ajoutent de nouveaux services et activités.

Dans le cas de la Station touristique Mont-Orford, la direction a déposé un ambitieux plan de développement visant à créer un véritable centre de villégiature, dont les volets immobilier et récréatif seraient étroitement intégrés pour constituer un produit quatre-saisons.

Pour les stations de ski de plus grande envergure, l’heure est souvent aux choix et l’absence de décision peut se traduire par des baisses d’achalandage, une diminution des marges de profit, des difficultés de renouvellement de la clientèle, etc. Des experts ont réfléchi à l’avenir des resorts de ski et aux changements à surveiller. Voici quelques-unes de leurs observations:

  • Les stations de ski se réinventeront pour se transformer de plus en plus en centres de villégiature quatre-saisons.
  • Les stations qui persistent à miser sur la clientèle traditionnelle, soit les baby-boomers vieillissants, rencontreront davantage de difficultés pour maintenir leur achalandage.
  • Celles qui miseront sur les jeunes planchistes (surfers des neiges) obtiendront du succès.
  • Les nouvelles installations intégreront autant des composantes extérieures qu’intérieures (ex.: pistes aménagées pour les planchistes, stations de ski «intérieures», parcs de planches et patins à roulettes quatre-saisons, terrains de jeu de waveboard, etc.).
  • Les centres devront diversifier leurs activités hivernales (ex.: traîneau à chiens, luge, motoneige, balades en carriole, parapente, escalade de glace, ski en hélicoptère, courses d’orientation, etc.) afin de rejoindre tous les groupes d’âge.
  • Ceux qui parviendront à générer des revenus durant les saisons intermédiaires en ajoutant une panoplie d’activités estivales (vélo de montagne, parcours de golf, murs d’escalade, équitation, randonnée pédestre, pêche, activités éducatives, etc.) remporteront le plus de succès. 
  • Plusieurs propriétaires considéreront l’ajout de parcs aquatiques intérieurs afin de stabiliser les entrées financières toute l’année.
  • Pour plaire à la clientèle qui se contente de moins de cinq heures de glisse par jour et qui recherche davantage une expérience touristique globale, les stations bénéficieraient de la présence de services ou d’activités complémentaires sur les lieux (ex.: un spa ou une bonne table).  
  • La construction de condotels comme nouvelle forme de levier financier attirera un nombre de plus en plus grand d’investisseurs.
  • Dans leurs efforts de devenir une destination quatre-saisons, les centres qui se dotent d’installations pour accueillir des conférences attireront davantage les voyageurs d’affaires (et leur famille) durant les mois d’automne et du printemps.

Le développement ne plaît pas à tous

Les projets de développement des lieux de villégiature sont souvent accueillis avec beaucoup d’enthousiasme par l’industrie touristique, mais pas toujours par les organismes environnementaux et les coalitions représentant les intérêts des citoyens. Si l’on prend le cas du projet de développement du Mont-Orford, la proposition du promoteur a soulevé de nombreuses réactions, notamment en raison de sa situation géographique. Plusieurs s’y opposent, arguant que le parc national du Mont-Orford devrait rester exempt de tout développement immobilier.

Pourtant, l’établissement d’un mariage équilibré entre la protection de l’environnement et un développement touristique durable et intelligent présente des avantages indéniables. Plusieurs centres de villégiature jouent efficacement cette carte. Dans de tels cas, c’est toute la philosophie de gestion de l’organisation qui emprunte cette voie du tourisme vert et responsable.

À suivre dans la prochaine édition du Globe-Veilleur: Le cas Revelstoke, une expérience inédite.

Source:

– Coy, Jeff et Bill Haralson. «12 Predictions On the Future of Ski Resorts», Hotel Online [www.hotel-online.com], janvier 2005.

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Enjeux Gestion Marketing

L’impact de la météo sur la fréquentation touristique

Il est bien connu que les aléas de la météo ont un impact significatif sur la fréquentation touristique. Au delà de l’évidence d’un tel constat, quelle est la relation entre les prévisions météorologiques, les conditions observées et les départs touristiques? Deux études apportent un éclairage sur la question. La première a analysé le phénomène en Bretagne, alors que la deuxième s’est penchée sur l’incidence de la météo sur la décision des skieurs québécois de se rendre ou non sur les pistes.

De l’intuition aux faits

Des chercheurs français ont tenté d’évaluer l’impact des conditions météorologiques sur la fréquentation touristique en Bretagne. On a d’abord mesuré l’influence que jouait la météo sur les décisions de visiter ou non la Bretagne lorsque les prévisions ou les conditions observées s’avéraient défavorables. On a estimé à 8% la perte de nuitées touristiques pour les longs séjours (5 nuits et plus) n’ayant pas fait l’objet d’une réservation préalable (graphique 1). Le taux d’annulation est similaire pour les visiteurs n’utilisant pas l’hébergement commercial (parents et amis, résidences secondaires).

Les journées pluvieuses ont incité plusieurs Français à écourter leurs vacances, ce qui a occasionné des pertes d’environ 7% de nuitées au cours des mois de juillet et août. De façon générale, la moitié de cette clientèle perdue pour la Bretagne va chercher son soleil ailleurs, alors que l’autre moitié préfère rester ou retourner à la maison. L’étude démontre également que les deux tiers des Français ne sont aucunement influencés par les prévisions météorologiques quand ils prennent la décision à la dernière minute de visiter la Bretagne.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres

L’étude française a aussi voulu mesurer l’impact de l’évolution des conditions météo sur la fréquentation des attraits intérieurs. Voici les principales conclusions en termes d’évolution de l’achalandage:

  • Le passage d’une journée ensoleillée à une journée mitigée: + 13%.
  • Le passage d’une journée mitigée à une journée pluvieuse: + 25%.
  • Le passage d’une journée ensoleillée à une journée pluvieuse: + 40%.

On constate que lorsque le temps se dégrade, un nombre significatif de visiteurs en profitent pour se mettre à l’abri, préférant les attraits touristiques intérieurs aux activités de plein air.

Le sondage a été réalisé au cours des deux dernières années auprès de 500 Français ayant déjà visité la Bretagne lors des mois de juillet et août. L’étude a été menée par l’Observatoire régional de tourisme de Bretagne, en collaboration avec l’Université de Rennes 2.

Des impacts à long terme

Sur une plus longue échelle, l’étude nous apprend que l’année suivant un été où il a plu deux jours sur cinq présentait un déficit de fréquentation de la région de plus de 10%. Ce sont les intervenants oeuvrant dans le tourisme de plein air qui sont le plus à risque des contrecoups d’une saison maussade. Les pertes de nuitées observées dans de tels cas pouvaient dépasser les 40%.

La météo et le ski alpin

Les aléas de la météo ne sévissent pas qu’en été, le tourisme hivernal en subit également les conséquences. En dépit des efforts des stations de ski pour se prémunir contre ce facteur d’incertitude, en se dotant de systèmes d’enneigement efficaces, la météo demeure un facteur clé dans le désir d’aller skier. Une enquête de Descarie & complices, commandée par l’Association des stations de ski du Québec, a étudié la question.

L’imprévisible hiver québécois

Comme les prévisions météo influent directement sur la décision de partir ou non vers les pentes, les auteurs ont vérifié premièrement l’efficacité de ces prévisions. On constate qu’en hiver au Québec, les prévisions de température:

  • effectuées un jour d’avance se réalisent une fois sur deux avec un écart de + ou – deux degrés;
  • de trois jours ou plus se sont confirmées dans 33% des cas seulement;
  • de plus de trois jours comportaient, dans 9% des cas, un écart de dix degrés ou plus avec la réalité.

D’importants écarts de température entre les prévisions et la réalité entraînent des situations fâcheuses pour les stations de ski, puisque 50% des skieurs délaissent les pentes en dessous de -20 degrés.

Quant aux précipitations anticipées, l’efficacité semble encore plus hasardeuse. Pour les prévisions de quatre jours où l’on prévoyait entre 80% et 100% de précipitations, dans les faits, on en a observé dans seulement 16% des cas.

Baisse de la température… baisse des intentions

Les skieurs et planchistes accordent beaucoup d’importance aux conditions météorologiques au moment de planifier leurs sorties. La majorité d’entre eux recherchent un froid modéré, des précipitations récentes et une journée ensoleillée (graphique 2). Par ailleurs, 56% des gens interrogés affirment que le facteur vent influence leur décision d’aller skier. Mais ce sont avant tout de bonnes conditions générales de ski que les skieurs désirent (84%).

Alerte aux bulletins météo

La conjugaison de prévisions douteuses et de l’importance accordée à la météo par les skieurs occasionne un défi de taille pour les gestionnaires de stations de ski. L’information donnée par les stations de ski est considérée comme aussi importante (68%) que les bulletins météo (67%). Toutefois, lorsqu’on demande aux skieurs la source d’information qu’ils consultent, plus de 61% affirment se fier aux bulletins, alors que seulement 31% se réfèrent aux stations.

En conclusion, les auteurs de l’étude recommandent aux stations de «reprendre le contrôle des bulletins météo» afin de leur ajouter une dose de crédibilité. On remarque que certains médias aiment bien jouer la carte du sensationnel et les prévisions ne font pas exception à la règle.

Il faut faire en sorte que le skieur ait le réflexe de consulter des sources d’information fiables pour avoir l’heure juste au sujet des conditions de ski. Le site Internet www.conditionsdeneige.com de l’Association des stations de ski du Québec, qui donne un portrait quotidien des conditions de neige pour l’ensemble des stations du Québec, devrait jouer ce rôle.

Quant aux prévisions à long terme, il faudrait éduquer le touriste de manière à ce qu’elles ne constituent jamais le facteur déterminant d’une sortie touristique.

Sources:
– Quinton, Éric. «L’impact de la météo sur la fréquentation touristique en Bretagne», Espaces, no 215, mai 2004.
– Descarie & complices. Les prévisions de la météo… ou serait-ce les prédictions de la météo?, 2000.
– Descarie & complices. Freins et déclencheurs face aux sports de glisse, 2000.

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Enjeux Gestion

À qui la faute?

Toutes choses égales d’ailleurs, l’industrie touristique a crû, croît et continuera de croître. Mais pourquoi rien ne se passe comme prévu? À qui la faute? Les sondages d’intentions de vacances se veulent annonciateurs de la tendance, alors que les résultats se situent souvent à l’opposé. Nous avons connu depuis quelques années de grands coupables, mais plusieurs petits se mettent de la partie!

Les deux années de recul touristique, 2001 et 2003, sont attribuables au 11 septembre 2001 et au SRAS. La morosité de l’économie, la menace, puis la guerre en Irak, de même que la crainte du terrorisme expliquent les flottements des dernières années, où le touriste préférait rester bien confortablement chez lui.

Maintenant que la situation semble rétablie, pourquoi le Québec n’atteint-il pas la croissance escomptée?

À la recherche du coupable!

Souvent, on expliquera les résultats décevants par de nombreux facteurs extérieurs. Les plus couramment mentionnés au cours de l’été 2004 sont:

  • La hausse du prix de l’essence
  • Le taux de change
  • La crainte du terrorisme
  • Les conditions météorologiques décevantes
  • L’économie américaine en dents de scie
  • Les élections présidentielles aux États-Unis, les années électorales étant généralement défavorables au tourisme
  • La croissance du nombre de concurrents, ainsi que l’arrivée de nouvelles destinations à prix abordables
  • La concurrence qui brade ses prestations
  • Une baisse dans les budgets promotionnels
  • Une implication plus faible des partenaires dans les actions promotionnelles
  • Les phénomènes de société – cocooning, difficulté de concilier les vacances

La liste peut ainsi s’allonger avec les motifs propres aux touristes eux-mêmes – la voiture a lâché et on prend le budget vacances pour la remplacer, cette année le plus vieux rentre à l’université…

Si on cumule toutes ces raisons, il y a fort à parier que les résultats seront décevants. Pourtant, le tourisme à l’échelle mondiale poursuit sa progression! Qui sont les gagnants, qui sont les perdants, là est la question…

Mais, assurément, il n’existe pas de formules mathématiques pour isoler les effets de chaque facteur d’influence, les quantifier et prédire avec certitude si nous connaîtrons ou non une bonne saison touristique.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Une saison de ski… sans neige. Que faire?

Il existe, à proximité des stations de ski, des villages où presque toute la population vit, directement ou indirectement, du tourisme. Mais que faire quand l’hiver arrive et qu’il n’y a pas de neige? Tout le monde en pâtit: des locations de skis aux remontées mécaniques, en passant par l’hébergement et la restauration. Pour pallier au manque de neige, la folie des stations de ski «indoor» commence à gagner les grands centres urbains européens.

Noël au balcon, primevères en bouton

En raison du réchauffement climatique et des caprices de Dame Nature, les domaines skiables présentent des conditions d’enneigement de plus en plus variables. Pour sauver la saison hivernale, il faut alors avoir recours aux canons à neige. Mais comme ceux-ci ne fonctionnent pas au-dessus de 0oC, bien des régions ne pourront pas utiliser ce système.

Et que faire quand il pleut au lieu de neiger?

Des pistes de ski indoor

Alors, quand il n’y a plus ou pas de neige, pourquoi ne pas se tourner vers des pistes de ski intérieures?

Celles-ci présentent des conditions idéales:

  • elles sont ouvertes douze mois par an, hiver comme été, en journée ou en soirée;
  • elles présentent une température, un enneigement et un éclairage constants;
  • elles sont situées dans ou près des grands centres urbains;
  • elles sont généralement jumelées avec un complexe associant centre commercial et parc de loisirs.

Plus de doute, les nouveaux pôles commerciaux ont appris à se réinventer pour s’adapter aux récentes tendances de la «consommation plaisir».

Les ski-dômes, nouvelle passion des promoteurs de centres de loisirs

De la Lorraine à Dubaï, en passant par le Japon et la Grande-Bretagne, les pistes couvertes poussent comme des champignons. Les tarifs s’y déclinent à l’heure, à la journée ou sous forme d’abonnement saisonnier, avec ou sans location de matériel, avec ou sans cours. Des prix préférentiels sont proposés aux écoles et aux groupes.
En Lorraine, il sera désormais possible de skier aussi bien en été qu’en hiver dans le site thermal et touristique d’Amnéville. Une piste de ski indoor (longueur: 500 m, largeur: 40 m, surface de 17 000 m² et 360 m d’altitude) ouvrira ses portes à la fin de l’année. Deux pistes recouvertes de 80 cm de belle neige seront bordées de remonte-pente. Une piste sera spécialement réservée aux enfants, l’autre aux adultes, le tout pouvant accueillir 150 personnes à la fois.

Le complexe proposera également les services d’un restaurant avec vue sur les pistes, d’un magasin, d’un centre d’accueil et de location d’équipement, et d’une école de ski.

Le coût des travaux, estimé à 15 millions d’euros (couvert à plus de 9 millions par l’Union européenne et les conseils général et régional), représente une somme considérable pour la région. Mais celle-ci s’attend aussi à des retombées économiques d’envergure. Pour l’amortissement, les promoteurs comptent sur 120 000 entrées par an pour couvrir tous les frais.

En Belgique, un nouveau projet d’environ 300 millions d’euros devrait voir le jour dans la ville d’Antoing, située à 7 km de la frontière française. Il devrait accueillir, en 2008, le plus grand centre de sports de glisse en Europe.

En Espagne, en mai dernier, c’est la ville de Madrid qui créait l’événement en inaugurant un complexe commercial de 135 000 m² dont la principale attraction est une piste de ski couverte de 250 m de long.

En Grande-Bretagne, où les amateurs de glisse ont pris l’habitude d’aller skier en Europe continentale, le groupe de loisirs Xscape a inauguré, en octobre 2003, une deuxième piste de ski indoor d’une longueur de 150 m. Avec 1 500 tonnes de neige, c’est la plus grande piste du pays.

Le complexe situé à Castleford (Leeds) comprend également un mur d’escalade et des pistes de planche à roulettes. Situé au coeur d’un vaste environnement commercial, il jouxtera, dans les prochaines années, des bars, des cinémas multiplex, une salle de quilles et des commerces liés aux sports de glisse.

Le coût global de l’opération devrait s’élever à 80 millions d’euros. Le projet semble être très rentable, à la fois pour l’exploitant de la piste et pour les commerces installés autour.

Enfin, et non le moindre, les Émirats Arabes Unis (à Dubaï, plus précisément) travaillent à la construction d’une station de ski indoor au coût de 272 millions $US, un méga projet touristique qui porte le nom de Dubai Sunny Mountain Skidome.

Lancé en 1998, ce projet de station intérieure de sports d’hiver aux portes du désert devrait être opérationnel en 2006. Le dôme, composé d’une structure métallique, inclura entre autres une pente de ski orientable et des pistes de planche à neige, ce qui représentera plus de 6 000 tonnes de vraie neige. Ouvert toute l’année, il proposera également différentes expériences arctiques, allant du Pinguinarium aux aquariums d’hiver, en passant par des châteaux de neige, une patinoire, des aquariums quatre saisons, des jeux de lumière, un spa froid et chaud, etc.

Le projet sera réparti sur une surface de 1,4 million de pi², dans le DubaïLand.

Le complexe comprendra également un hôtel de luxe, dont la conception architecturale rappelle un iceberg, ainsi qu’un centre commercial, des restaurants et autres magasins de détail. Deux énormes colonnes de vraie glace marqueront l’entrée du dôme.

Un ski-dôme au Québec?

Et que dirait-on d’une telle installation, ici, au Québec?

Puisque l’on sait que sous -20 oC, 50% des skieurs rechignent à chausser leurs skis, ce type de complexe permettrait aux plus frileux de glisser sous des températures extrêmes, qu’il vente ou qu’il neige. Là, qu’importe la température extérieure, froide comme chaude, les amateurs de glisse pourraient s’en donner à coeur joie, 365 jours par an, de jour comme de nuit.

Sources:
– Vandermeir, Marc. «Amnéville glisse toute l’année: une énorme piste de ski couverte», Le Soir, 7 août 2004.
– About.com. «Snowdomes Open for Skiing or Snowboarding Year Round», 29 mai 2003.
– eHotelier.com. «Dubai’s first Ski Resort well under way», 16 août 2004.
– AFP World News. «Dubai to build 272-million-dollar ski dome», 15 décembre 2003.

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Enjeux Produits et activités

La saisonnalité dans les destinations de sports d’hiver: causes, conséquences et possibilités (Compte rendu de conférence)

TTRA, Montréal, juin 2004 – Compte rendu de la conférence prononcée par Simon Hudson, PhD, Haskayne School of Business, University of Calgary (Alberta).

Des hivers plus chauds et plus courts menacent la viabilité économique des stations d’hiver. Plusieurs stratégies peuvent être envisagées afin de contrer les impacts négatifs de la saisonnalité. La période hors saison offre des opportunités de développement et de croissance. Au-delà des facteurs climatiques, d’autres éléments sont source de saisonnalité, comme les vacances de la clientèle qui sont concentrées dans le temps, soit par habitude, soit par obligation.

Nombreuses sont les conséquences négatives dues à ce phénomène. La difficulté de trouver des investissements financiers et le faible retour sur l’investissement arrivent en tête de liste. La forte concentration de gens entraîne congestion, stress et surutilisation, d’où la perte de plaisir de la clientèle, les effets négatifs sur l’environnement et parfois l’animosité de la part du personnel et de la population hôte. Les problèmes de recrutement de personnel et l’inévitable période de chômage constituent des obstacles à l’employabilité.

La saisonnalité n’a pas que des impacts négatifs. La période de relâche permet aux individus et à l’environnement d’abaisser le niveau de stress et de récupérer. Elle permet aussi de procéder à l’entretien et aux réparations. Les postes saisonniers ouvrent des possibilités d’emplois à certaines catégories de gens et offrent parfois des perspectives de rémunération intéressantes.

Plusieurs possibilités permettent de contrecarrer le phénomène de la saisonnalité dans les destinations de sports d’hiver:

  • fabriquer de la neige;
  • améliorer l’équipement, les produits et les services;
  • convertir en centre de villégiature quatre saisons;
  • diversifier les produits (piscines, spas, tennis, festivals et événements, parc d’attractions, centre de conférences, sentiers d’interprétation, etc.);
  • attirer de nouvelles clientèles (aînés, congressistes, groupes d’intérêts, etc.) pendant les périodes moins achalandées;
  • faire du yield management, différencier les prix selon les périodes et la clientèle;
  • offrir des incitatifs pour retenir les employés;
  • collaborer avec l’État afin d’initier des mesures positives (réglementation, employabilité, formation, sécurité, etc.);
  • développer de nouvelles activités économiques connexes (technologies, centre de formation, etc.);
  • cesser les activités pendant les périodes inoccupées.

Dans un monde parfait, tous les intervenants voudraient retirer les profits d’une stratégie à long terme qui permettrait d’aplanir les périodes de pointe et les creux engendrés par la saisonnalité dans une station de sports d’hiver. Dans la réalité, seulement des modèles d’affaires comme Intrawest peuvent être en mesure de développer efficacement une telle stratégie.

TTRA 2004 – Autres comptes rendus disponibles:

L’expérience touristique, une réelle valeur économique
Le pouvoir persuasif de la publicité et du reportage
Voyages d’affaires: les femmes sont-elles moins prévisibles que les hommes?
Perceptions de l’impact du tourisme sur la communauté
Les femmes et le tourisme sportif: examen sociodémographique
Impact économique du mariage gai sur le secteur du tourisme

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Enjeux Produits et activités

Chaud devant! Le réchauffement climatique pourrait raccourcir la saison de ski

Selon Alain Bourque, climatologue à Environnement Canada, il faut s’attendre d’ici la fin du 21e siècle à une augmentation de la température moyenne de la surface du globe, d’environ 1 à 3,5 °Celsius (sur base des prévisions actuelles d’augmentation de la concentration atmosphérique de gaz à effet de serre et de sulfates).

Une étude effectuée récemment par le Programme des Nations unies pour l’environnement conclut que le réchauffement climatique aura un effet dévastateur sur l’industrie du ski.

Selon des chercheurs de l’Université de Zurich (Suisse), les précipitations de neige dans les centres de ski à basse altitude vont devenir de plus en plus faibles et difficiles à prévoir au cours des prochaines années. Les centres de ski de la côte Est du Canada, par exemple, pourraient constater un raccourcissement de la saison de ski de 7 à 32% d’ici à 2050.

Alain Bourque fait observer que, au Canada, la température moyenne annuelle pourrait augmenter de 5 à 10°C au cours du prochain siècle, entraînant avec elle une modification du régime de précipitations (pluie, neige, etc.). Au Québec, inutile de rappeler les mauvais souvenirs du déluge du Saguenay (1996) ou la tempête de verglas (1998). Le climat et la météo, en général, ne sont pas seulement des sujets de conversation banales pour personnes en mal de dialogue. C’est également une source de préoccupation majeure pour certains scientifiques, analystes et spécialistes du secteur du tourisme.

Le climat présente depuis toujours une tendance naturelle et normale à la variation: en fonction du flux solaire, des courants océaniques, de la couverture de neige et de glace, des éruptions volcaniques, etc. Mais, les changements climatiques actuels sont amplifiés par des modifications de la composition de l’atmosphère (accroissement des concentrations de gaz à effet de serre et des taux de sulfates).

Les données recueillies pour le Québec illustrent clairement le réchauffement «anormal» observé dans le Sud du Québec entre janvier 1998 et mars 2000.

De telles fluctuations auront une influence notoire sur l’industrie, l’environnement et l’économie en général, provoquant notamment:

  • la modification des ressources en eau (niveau, température et qualité), ce qui se répercutera inévitablement sur le secteur de la pêche et des transports fluviaux;
  • la dégradation du système routier et en général, du transport terrestre;
  • l’apparition de problèmes de réseaux d’égouts pluviaux et de drainage, causant des débordements et refoulements;
  • la modification du rendement et la productivité agricole;
  • la migration et développement de nouvelles maladies (comme le virus du Nil);
  • la modification du taux de natalité/mortalité des animaux et donc, la modification de la biodiversité.

Répercussions à envisager pour les stations de ski

Selon certains experts réunis lors de la 1ère Conférence internationale sur les changements climatiques et le tourisme (Tunisie, avril 2003), les répercussions seraient les suivantes:

  • des hivers plus humides, c’est-à-dire davantage de neige en haute altitude et de la pluie plus bas;
  • une saison de neige plus courte;
  • une saison de ski plus courte;
  • une demande accrue pour les stations de ski de haute altitude;
  • un risque d’avalanches accru;
  • etc.

Le changement climatique affecte à peu près de la même façon toutes les régions montagneuses du monde. Cette menace pour les sports hivernaux se manifeste déjà dans certaines régions de l’Europe (comme la Suisse et l’Autriche), alors que l’Écosse enregistre de plus en plus fréquemment des hivers sans neige.

Mesures d’adaptation

Pour les stations de ski, les stratégies d’adaptation à ces phénomènes sont variées. Elles vont de l’atténuation des effets négatifs du changement climatique à une modification complète du produit touristique.

Entre autre, ces stratégies sont les suivantes:

  • aux altitudes limites, utiliser davantage la neige artificielle pour élargir et compléter la couverture neigeuse naturelle au fur et à mesure du relèvement des températures;
  • les stations de haute altitude deviendront sans doute plus prisées et vont devoir s’adapter à une demande accrue;
  • les stations de plus basse altitude, avec une couverture neigeuse réduite, risquent de devoir mettre en place une vaste gamme d’activités de remplacement du ski pendant la saison d’hiver;
  • la neige devenant moins stable, il faudra des protections accrues contre les avalanches;
  • les stations qui ne peuvent plus compter à coup sûr sur des hivers neigeux devront «se réinventer» et se tourner vers des marchés de remplacement;
  • etc.

Il faudra peut-être réaménager l’année scolaire de manière à éviter que les périodes de vacances ne soient trop concentrées et revoir les dates des congés de la relâche. Une ébauche d’aménagement du calendrier scolaire et d’étalement des vacances est déjà en cours pour augmenter les potentiels touristiques.

Il est à noter qu’actuellement, les semaines d’achalandage dans les stations de ski ne correspondent pas aux semaines présentant les meilleures conditions climatiques.

Bref, il nous reste deux solutions: faire l’autruche… ou crier au loup!

Voir aussi

Programme des Nation unies pour l’Environnement

Sources :
– Organisation mondiale du tourisme. «1ère Conférence internationale sur le changement climatique et le tourisme», Djerba (Tunisie), 9-11 avril 2003.
– Bourque, Alain. «Les changements climatiques et leurs impacts», VertigO, vol. 1, no 2, septembre 2000.
– Bueckert, Dennis. «Réchauffement climatique: L’industrie du ski pourrait souffrir grandement», Le Nouvelliste, 15 décembre 2003.
– Watson, Robert T. «Bilan 2001 des changements climatiques: Rapport de synthèse», UNEP.

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Produits et activités

Le quad rivalisera-t-il avec la motoneige?

La pratique du quad (VTT – véhicule tout terrain) comme activité récréative gagne rapidement en popularité au Québec. Le quad est-il un produit touristique en émergence au même titre que la motoneige il y a vingt ans ?

Entre 1995 et 2003, le nombre de motoneiges immatriculées au Québec a diminué de 159 000 à 146 000, alors que celui du quad a pratiquement doublé, passant de 148 000 à 279 000 (graphique 1). Près de 21 000 quads neufs ont été vendus au Québec en 2003.

En dépit d’un déclin de popularité parmi les adeptes québécois, la motoneige affiche une croissance marquée de la clientèle hors Québec. Selon Pannel Kerr Forster, quelque 400 000 nuitées sont attribuables à cette activité au Québec.

La pratique du quad gagne la faveur de nouveaux adeptes québécois au détriment de la pratique de la motoneige. Les conditions météorologiques de moins en moins propices, qui raccourcissent la saison de la motoneige, conditionnent en partie cette substitution. La pratique du quad constitue un loisir quatre saisons.

On recense au Québec quelque 140 clubs et 47 000 membres au sein de la Fédération Québécoise des Clubs Quads. Le réseau de sentiers des clubs membres de la Fédération totalise 17 000 km, dont environ 10 000 sont accessibles en hiver et 7 000 en été.

Portait des quadistes

Environ 13 % de la population québécoise adulte a réalisé une excursion de quad (une heure et plus) en 2002. On estime toutefois à près de 120 000 le nombre de quadistes «touristes». La durée moyenne d’un voyage de quad équivaut à 4,6 jours, et plus d’une centaine de kilomètres sont ainsi parcourus quotidiennement. Les adeptes réalisent en moyenne deux voyages annuellement.

La Montérégie compte le plus grand nombre de propriétaires de quads (28 400), suivie par les régions de Chaudière-Appalaches (25 700) et du Saguenay—Lac-Saint-Jean (25 400).

Quatre critères d’importance conditionnent la sélection d’une destination touristique de quad :

  • la qualité de l’aménagement des sentiers;
  • la présence d’une signalisation adéquate;
  • la beauté et la diversité des paysages du circuit;
  • l’offre d’hébergement à proximité des sentiers.

Contrairement aux motoneigistes, seulement 10 % des quadistes utilisent régulièrement les sentiers balisés des clubs fédérés de quad du Québec à des fins touristiques.

Perspectives touristiques

Au Québec, la pratique du quad à des fins touristiques se limite, pour l’instant, presque essentiellement à la clientèle québécoise. Considéré comme produit émergent, le quad se hisse parmi les produits touristiques « moteurs » de certaines régions du Québec.

Le Québec constitue une destination de choix pour le quad grâce à :

  • un réseau de sentiers étendu pénétrant la majorité des régions touristiques du Québec et donnant accès à des zones « grande nature »;
  • un vaste réseau de 17 000 kilomètres de sentiers se diversifiant au fil des saisons;
  • une infrastructure d’accueil (hébergement, restauration, relais) développée initialement pour les motoneigistes et adaptée aux quadistes;
  • plusieurs organisations de bénévoles assurant le développement et l’entretien des sentiers.

Ce n’est pourtant pas suffisant pour élever le Québec au rang de destination quad de calibre international. Parmi les destinations renommées, mentionnons le Maroc, la Tunisie, la Mauritanie, le Utah et le Nevada.

Vers un développement responsable

Le quad demeure un secteur encore jeune et peu structuré d’un point de vue touristique. Le nombre grandissant de quads en circulation amène plusieurs régions touristiques à se questionner sur leur stratégie de développement de ce produit. L’investissement dans la création de sentiers à vocation touristique interpelle plusieurs acteurs et nécessite le développement de collaborations.

Dans un souci de développement durable, il est impératif d’obtenir une reconnaissance des communautés concernant un partage du réseau des sentiers entre différentes catégories d’utilisateurs. Une telle cohabitation des voies entre véhicules motorisés et non motorisés exige une grande planification. Précisons qu’un emploi partagé ne signifie aucunement que les sentiers deviennent accessibles en même temps à tous les utilisateurs.

Dans une perspective de stratégie de développement de l’offre de quad et pour rehausser la qualité du produit, voici quelques facteurs importants à prendre en compte :

  • Les perceptions populaires tendent à voir le quad comme un véhicule bruyant et polluant.
  • L’accès permanent aux sentiers s’avère souvent difficile en raison de la précarité des droits de passage, d’un terrain parfois impraticable ou de la saison de la chasse.
  • La qualité de la signalisation et de l’entretien des sentiers varie sensiblement d’un club à l’autre en raison de l’inégalité des ressources humaines et financières.
  • Le choix actuel du tracé des sentiers ne tient que très peu compte des besoins d’un circuit de nature touristique et présente des lacunes sur le plan de l’interconnexion entre les différentes régions touristiques.
  • Les régions qui choisissent le quad comme produit touristique vedette doivent non seulement présenter un réseau de sentiers bien développé mais également adopter des critères d’aménagement de qualité répondant aux besoins de la clientèle touristique.
  • L’adoption d’une vision à long terme implique la mise en place d’un réseau « labelisé » et d’un « code de conduite » afin de mieux encadrer la pratique et uniformiser les standards de qualité entre les régions.

Bien que le taux de pénétration de l’activité quad auprès de la clientèle hors Québec demeure pour le moment embryonnaire et que plusieurs défis restent à relever, les perspectives touristiques s’avèrent néanmoins fort prometteuses.

Sources :
– Desjardins Marketing Stratégique / Pluram et Léger Marketing. « Étude sur le développement et la commercialisation touristique du quad au Québec », 21 juin 2002.
– Commission canadienne du tourisme, Société du Partenariat ontarien de marketing touristique FedNor, Fonds du patrimoine du Nord de l’Ontario et Communautés ontariennes. « Guide de développement d’un produit VTT touristique communautaire », 2003.
– Pannel Kerr Forster Inc. « Étude nationale sur le produit touristique motoneige », 2001.
– Fédération Québécoise des Clubs Quads. « Info-FQCQ – Statistiques », [www.fqcq.qc.ca], 2004.