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Enjeux Tourisme durable

Les changements climatiques vont-ils modifier nos habitudes de voyage?

Si la pluie et le mauvais temps ont des répercussions directes sur le tourisme, il en va de même de la chaleur accablante et de l’humidité suffocante. Les récentes canicules observées un peu partout sur la planète risquent-elles de modifier le choix des destinations touristiques?

D’ici quelques années, les fluctuations du climat forceront l’industrie touristique à se préparer aux conditions changeantes. Certaines destinations hivernales traditionnelles pourraient bien recevoir plus de pluie que de neige. Et les amateurs de sports de glisse dans des secteurs tels que les Alpes et la Scandinavie devront peut-être se déplacer vers des régions aux chutes de neige plus fiables.

Trois rapports alarmants

En un mois, trois rapports préoccupants tirent le signal d’alarme.

Tout d’abord, en juin dernier, des scientifiques de l’ONU prédisent une nouvelle envolée de la température mondiale de 1,4 à 5,8°C d’ici 2100. À ces élévations de température s’ajouterait aussi une augmentation du niveau de la mer de 9 à 88 cm, entre 1990 et 2100.

Quelques jours plus tard, c’est au tour de l’Observatoire français sur les effets du réchauffement climatique (ONERC) de présenter les résultats d’un rapport intitulé «Un climat à la dérive, comment s’adapter?».

Ce rapport annonce l’arrivée désormais inéluctable de profonds changements, et ce, quels que soient les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre qui pourront être déployés. Ces modifications climatiques vont affecter de nombreux secteurs, comme l’agriculture, la pêche, l’aménagement du territoire, la protection des populations… et bien sûr, le tourisme!

Début juillet, même proclamation en provenance du WWF (World Wide Fund for Nature) qui démontre qu’un réchauffement planétaire de 2°C toucherait durement certaines régions du globe, dont la Méditerranée. Cette dernière pourrait voir ses périodes caniculaires (jours où la température excède 35°C) s’allonger de six semaines.

Au Québec, d’ici 2050, l’augmentation des gaz à effet de serre pourrait se traduire par un réchauffement de 1o à 6oC dans le sud et de 2o à 9oC dans le nord, selon les saisons. Les précipitations, de leur côté, sont susceptibles d’augmenter de 20% dans certaines régions, principalement en hiver.

On note aussi l’augmentation possible des phénomènes extrêmes en cas d’hivers plus doux, comme la tempête de verglas qui a dévasté les arbres du sud du Québec et du sud-est de l’Ontario, en janvier 1998.

Le malheur des uns…

Ces réchauffements climatiques, outre le fait qu’ils aggravent la sécheresse et l’incidence des feux de forêt, risquent également de perturber la venue de nombreux touristes, qui pourraient dorénavant opter pour des destinations plus fraîches. Parmi les différents impacts possibles, mentionnons ceux sur:

  • les modes de réservation: avec une augmentation des réservations et ventes de dernière minute (attention aux surfréquentations imprévues);
  • les destinations: avec une préférence pour des lieux plus frais comme le littoral, les espaces lacustres et autres parcs aquatiques, les régions montagneuses, etc.;
  • les services: qui devraient avantager les entreprises de location de bateaux, les visites de grottes ou de mines, les spas, les activités (sub)aquatiques, etc.;
  • les infrastructures: par exemple, le réchauffement et la baisse du niveau des eaux pourraient entraîner l’érosion des berges et forcer les riverains à construire des digues afin de protéger certaines plages.

Ces modifications dans le choix d’une destination touristique sont susceptibles d’affecter tant les séjours d’été que ceux d’hiver. L’été, une multiplication des «événements climatiques extrêmes» (fortes précipitations, cyclones, ouragans, etc.) obligerait certains lieux de villégiature à faire face à des risques de crues catastrophiques des rivières tandis que l’hiver, une diminution de l’enneigement entraînerait une obligation, pour les stations de ski, de s’équiper de canons à neige et de diversifier leurs activités (Lire aussi: Chaud devant! Le réchauffement climatique pourrait raccourcir la saison de ski).

… fait le bonheur des autres

Par contre, d’autres régions y verront là tout un avantage. Avec des étés plus chauds, plus secs et plus longs, elles pourront ainsi étendre la saison: une situation idéale pour des activités extérieures, comme le camping, la pêche, le tennis, etc.

Des étés plus chauds et plus secs favoriseront les séjours des habitants dans leur région, où ils profiteront du beau temps pour découvrir les beautés touristiques locales.

Selon l’IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change), le Canada bénéficierait réellement des hausses de température pour allonger sa saison touristique.

Une modification des pratiques

Les changements climatiques peuvent entraîner une modification des façons de faire des acteurs du tourisme.

Rappelons qu’en France, lors de la canicule qui a fait de nombreuses victimes à l’été 2003, bon nombre de restaurateurs ont vu leurs activités réduites, la clientèle recherchant une nourriture plus légère.

La forte demande en climatisation pourrait conduire les professionnels de l’hébergement, mais aussi de la restauration, à s’interroger sur la nécessité d’installer un système d’air climatisé.

Il va sans dire que ces changements vont survenir, petit à petit, dans les prochaines décennies. Ce qui laisse le temps aux intervenants touristiques de se préparer et de réfléchir à la formulation de stratégies nouvelles, et de commencer à se projeter dans un futur plus chaud.

Voir aussi

L’impact de la météo sur la fréquentation touristique
Rapport WWF
Rapport ONERC
Centre québécois d’actions sur les changements climatiques
Réseau canadien de recherche sur les impacts climatiques et l’adaptation

Sources:

– Blanchard, Marcel. «La canicule plombera-t-elle la fréquentation en France?», TourMag, 28 juin 2005.
– Gosline, Anna. «Will global warming impact tourism hotspots?», New Scientist, 22 mai 2005.
– Létard, Valérie; Hilaire Flandre et Serge Lepeltier. «La France et les Français face à la canicule: les leçons d’une crise», Document du Sénat, Rapport d’information n° 195 (2003-2004) fait au nom de la mission commune d’information, déposé le 3 février 2004.
– Témoignages. «Publication du rapport de l’ONERC sur «Un climat à la dérive, comment s’adapter?», 25 juin 2005.
– WWF. «Changement climatique en Méditerranée: 2 degrés de plus, 2 degrés de trop pour les touristes?», 5 juillet 2005.

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Enjeux Tourisme durable

Le tourisme durable, équitable, solidaire, responsable, social… un brin de compréhension

Se lancer à l’assaut des définitions relève d’une mission presque impossible tant elles sont nombreuses et n’obtiennent pas toujours de consensus. Mais essayer de démêler les grands principes sans entrer dans les subtilités qui soulèvent la discorde peut s’avérer utile pour mieux cerner le contexte vers lequel l’industrie touristique tend à évoluer. Voeux pieux?

Le développement durable, le sujet de l’heure!

À l’heure où nous sommes préoccupés par les effets de la mondialisation, la détérioration de l’environnement, la propagation du SIDA et par beaucoup d’autres problèmes qui influent sur notre milieu et notre qualité de vie, le développement durable s’impose comme une solution à plusieurs maux. Issu du Rapport Bruntland, le développement durable sous-tend «un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs.»

Le monde touristique n’y échappe pas. Le tourisme a évolué à un point tel que la croissance des flux touristiques n’est pas sans conséquences sur l’environnement, tant social que physique, des destinations visitées. Désormais, il convient de mieux piloter le développement et l’expansion touristiques pour appliquer les concepts du développement durable.

Les fondements du tourisme durable

Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), la définition conceptuelle du développement durable du tourisme se lit comme suit:

«Les principes directeurs du développement durable et les pratiques de gestion durable du tourisme sont applicables à toutes les formes de tourisme dans tous les types de destination, y compris au tourisme de masse et aux divers créneaux touristiques. Les principes de durabilité concernent les aspects environnemental, économique et socioculturel du développement du tourisme. Pour garantir sur le long terme la durabilité de ce dernier, il faut parvenir au bon équilibre entre ces trois aspects.»

Tourisme Québec, dans son document intitulé Écotourisme et tourisme de nature, orientations et plan d’action 2003-2008, s’est inspiré de plusieurs sources pour établir sa définition du tourisme durable:

«Le tourisme durable répond aujourd’hui aux besoins des touristes et des régions qui les accueillent tout en protégeant et en améliorant les ressources pour l’avenir. Le tourisme durable mène à une gestion intégrée de toutes les ressources, de manière à combler les besoins économiques, sociaux et esthétiques tout en préservant l’intégrité culturelle, les processus écologiques essentiels, la diversité biologique et le milieu vital. Le tourisme durable concerne les façons de faire, de gérer et de développer qui sont adoptées et mises en pratique par les exploitants touristiques.»

Par ailleurs, l’Organisation mondiale du tourisme a publié un Code mondial d’éthique du tourisme dont les principes sont fondés sur le tourisme durable.

Toutes les formes de tourisme dont il est ici question gravitent autour du tourisme durable

Plusieurs formes de tourisme que l’on qualifie souvent d’alternatif gravitent autour du concept de développement et de tourisme durable, chacune mettant l’accent sur un aspect en particulier.
 

Écotourisme

il est principalement lié aux formes de tourisme pratiqué en milieu naturel et à la notion d’apprentissage.

Conformément aux récentes caractéristiques retenues par l’OMT et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), Tourisme Québec décrit l’écotourisme comme «une forme de tourisme qui vise à faire découvrir un milieu naturel tout en préservant son intégrité, qui comprend une activité d’interprétation des composantes naturelles ou culturelles du milieu (volet éducatif), qui favorise une attitude de respect envers l’environnement, qui repose sur des notions de développement durable et qui entraîne des bénéfices socioéconomiques pour les communautés locales et régionales.»

Tourisme équitable

généralement associé aux relations Nord-Sud, ce type de tourisme s’inspire des principes du commerce équitable. Il fait en sorte que les communautés locales soient impliquées dans la prestation touristique et bénéficient des retombées économiques, et ce, afin de leur permettre d’améliorer leurs conditions de vie.

Selon Normand Hall de la Société pour un tourisme durable et responsable (SOTDER), cela «suppose un partage équitable des bénéfices, de façon à ce que le tourisme favorise réellement la cohésion économique et sociale entre les peuples et les régions. Les intervenants contribuent à l’épanouissement et à l’amélioration des conditions de vie des populations locales en favorisant l’embauche de personnel local, l’achat local et la redistribution équitable des revenus d’opération, particulièrement chez les groupes défavorisés.»

L’Union nationale des associations de tourisme et de plein air (UNAT) va plus loin dans sa démarche en soulignant l’implication active de la communauté locale au projet: «un ensemble d’activités de services, proposé par des opérateurs touristiques à des voyageurs responsables, et élaboré par les communautés d’accueil, autochtones (ou tout au moins en grande partie avec elles). Ces communautés participent de façon prépondérante à l’évolution de la définition de ces activités (possibilité de les modifier, de les réorienter, de les arrêter). Elles participent aussi à leur gestion continue de façon significative (en limitant au maximum les intermédiaires n’adhérant pas à ces principes du tourisme équitable). Les bénéfices sociaux, culturels et financiers de ces activités doivent être perçus en grande partie localement, et équitablement partagés entre les membres de la population autochtone.»

Tourisme solidaire

ce tourisme mise sur la relation entre les peuples, entre visiteurs et visités et sur la notion de solidarité où les voyageurs contribuent à l’amélioration des conditions de vie des communautés visitées.

Dans sa façon de voyager, le touriste soutient des actions de développement, participe au financement d’un projet social ou peut même agir à titre de bénévole dans le cadre d’un programme spécifique. Selon l’UNAT, «le tourisme solidaire et responsable regroupe les formes de tourisme «alternatif» qui mettent au centre du voyage l’homme et la rencontre et qui s’inscrivent dans une logique de développement des territoires. L’implication des populations locales dans les différentes phases du projet touristique, le respect de la personne, des cultures et de la nature et une répartition plus équitable des ressources générées sont les fondements de ces types de tourisme.»

Tourisme responsable

aussi appelé tourisme éthique, il fait référence à la conscience sociale et à la façon de voyager du touriste.

Selon Normand Hall (SOTDER), le touriste dit responsable adoptera un comportement qui vise à respecter les expressions culturelles des populations visitées, ainsi que leur milieu naturel et habité. Dans cette optique, les organismes décideurs et les entreprises peuvent aussi être parties prenantes d’un tourisme responsable, tant en ce qui touche leurs politiques de développement que leurs produits.

Tourisme social

ce secteur préconise le droit aux vacances et l’accessibilité au tourisme à tous les groupes de la population.

Une fiche synthèse publiée par Louis Jolin, responsable du Comité scientifique du Bureau international du tourisme social (BITS), permet de mieux comprendre l’évolution du tourisme social au fil des années. Chapeauté par le BITS, ce concept «réfère aux programmes, aux réalisations et aux actions visant à rendre effectifs le droit aux vacances et l’accessibilité au tourisme à tous les groupes de la population, notamment les jeunes, les familles, les retraités, les handicapés, les personnes aux revenus modestes… mais qui visent aussi la qualité de la relation entre les visiteurs et les communautés d’accueil.»

Ce mouvement ayant intégré tout récemment les questions d’équité et de solidarité avec les communautés d’accueil, l’accessibilité au tourisme signifie aussi que les visités doivent avoir accès à leurs propres ressources touristiques et qu’elles puissent bénéficier des retombées.

Ce qui se résume à «faire voyager et voyager autrement»

On dénonce souvent les répercussions négatives du déplacement de centaines de millions de voyageurs chaque année; mais, comme le mentionnait Arthur Pedersen, chargé de la gestion du tourisme dans les sites du patrimoine mondial pour l’UNESCO, le tourisme «zéro émission» n’existe pas. Cependant, ces différentes formes de tourisme suscitent toutes une remise en question de la pratique touristique, et ce, que l’on soit acteur public et économique ou voyageur.

Le tourisme est souvent la planche de salut des régions et de plusieurs pays en voie de développement et la perspective qu’offre le tourisme durable et ses différentes composantes se veut une base solide et salutaire pour en réduire les effets néfastes.

Il reste encore beaucoup à faire avant que l’ensemble des entreprises touristiques deviennent des «personnes morales» socialement responsables et que tous les voyageurs soient respectueux du milieu visité. Le processus est néanmoins enclenché. Les programmes de certification et les labels se multiplient au gré des idéaux et des définitions que chacun veut bien en faire.

Ces formes de tourisme resteront-elles marginales? Évolueront-elles de façon superficielle alors que l’industrie voudra afficher un semblant de conscience sociale? Cette orientation est-elle réaliste et viable?

Sources:
– Hall, Normand. «Écotourisme, tourisme durable, tourisme responsable ou tourisme équitable?», L’Ère de l’écotourisme, Bulletin spécial produit par l’Association québécoise pour la promotion de l’éducation relative à l’environnement (AQPERE) dans le cadre de l’Année internationale de l’écotourisme 2002, hiver 2003, p. 4-5.
– Jolin, Louis. «Le tourisme social, un concept riche de ses évolutions», BITS information, no 141, 3e trimestre 2003, p. 6-8.
– Jolin, Louis. «L’ambition du tourisme social: un tourisme pour tous, durable et solidaire!», Fiche synthèse, disponible au [www.bits-int.org/documents_divers/fr/Fichetourismesocialfev04.pdf], 2004, 11p.
– Organisation mondiale du tourisme. [www.world-tourism.org/francais/frameset/frame_sustainable.html].
– Organisation mondiale du tourisme. «Code mondial d’éthique du tourisme», [www.world-tourism.org/code_ethics/pdf/languages/Codigo%20Etico%20Fran.pdf].
– Pedersen, Arthur. «Protéger le patrimoine mondial de l’humanité», LaRevueDurable, no 11, juin, juillet, août 2004, p. 39-42.
– St-Hilaire, Louis. «Laure Waridel – Une grande pionnière du commerce équitable», Entreprendre, vol. 18, no 1, 2005, p. 4-6.
– Tourisme Québec. «Écotourisme et tourisme de nature, orientations et plan d’action 2003-2008», Direction du développement des produits touristiques, 2003, 73 p.
– Union nationale des associations de tourisme et de plein air. [http://www.unat.asso.fr/].

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Tendances Tourisme durable

La tendance «Slow» se propage!

Le grand coupable se nomme Carlo Petrini, cet Italien qui a décidé de lutter contre la «mcdonaldisation» du monde alimentaire et de redonner ses lettres de noblesse au patrimoine culinaire en instaurant le mouvement Slow Food. S’ensuivirent les Slow Cities et le Slow Travel. À lire lentement, pour bien s’imprégner de l’essence de ce mouvement!

Contre le fast food, la malbouffe et… le café instantané

Voyant l’impact de la mondialisation sur le monde culinaire et la propagation des chaînes de fast food, Petrini riposte en lançant le Slow Food en 1986. Ce mouvement, qui s’oppose à la standardisation et à la banalisation alimentaires, vise à sauvegarder la biodiversité et le patrimoine alimentaire mondial tout en souscrivant à la théorie du développement durable. On parle même d’«écogastronomie».

  
Basé sur trois principes, le goût, l’authenticité et la diversité, le Slow Food  met en valeur les produits d’un terroir et le savoir-faire des artisans. Il a aussi pour but de redonner aux gens l’envie de découvrir les saveurs, les goûts, les parfums, les arômes, de cultiver le plaisir des sens et surtout de prendre le temps d’apprécier ces bonnes choses.

Aujourd’hui, il compte plus de 80 000 membres dans une centaine de pays. Le regroupement Slow Food Québec a démarré en 2001 et à ce jour, près de 200 membres (gourmets, journalistes, experts, étudiants, producteurs ou commerçants) y ont déjà souscrit, dont les chefs réputés Normand Laprise (Toqué!) et Daniel Vézina (Laurie Raphaël). La mise en valeur des produits québécois à l’étranger, l’organisation de débats sur certaines questions alimentaires et l’éveil du goût chez les jeunes représentent autant d’actions entreprises par ce regroupement.

Les villes emboîtent le pas

Dans la foulée du Slow Food, le mouvement des Slow Cities s’amorce aussi en Italie, en 1999. Il recense des villes de plus de 50 000 habitants qui misent sur l’amélioration de la qualité de vie des citoyens, sur la préservation des particularités du milieu, sur la qualité de l’accueil et sur les bonnes pratiques environnementales (réduction de la circulation automobile, utilisation du transport en commun, etc.).

Le monde du voyage ne pouvait que s’en imprégner

Le Slow Travel ne possède aucune définition officielle! Selon Rafael Matos-Wasem, chercheur à l’Institut Économie et tourisme en Suisse, le Slow Travel respecte deux principes: prendre son temps et s’immerger dans le lieu visité. Cette façon de voyager réfère aussi à l’état d’esprit du touriste et aux moyens auxquels il recourt pour visiter une région.

Adhérant au concept du tourisme durable, le Slow Travel minimise l’impact sur l’environnement, tant physique que culturel. La location d’un appartement ou d’une villa pour une semaine ou plus permet au voyageur de découvrir à son rythme les environs et les façons de vivre des gens. Il utilise les transports en commun, il achète des produits locaux, il savoure la cuisine locale, il boit son café au resto du coin et il prend surtout le temps de s’imprégner de la culture des gens qu’il visite.

Thomas Swick, chroniqueur de voyage au Sun Sentinel, suggère aux gens des manières d’aborder un voyage:

  • utiliser le globe terrestre comme instrument de méditation;
  • choisir une ville ou une région plutôt qu’un pays;
  • ne pas planifier de tout voir, mais essayer d’en découvrir le plus possible;
  • visiter le marché de la place;
  • lire les journaux locaux;
  • prendre le temps de sentir les fromages;
  • observer les gens et écouter leurs conversations;
  • admirer les lampadaires dans la rue;
  • remarquer la tapisserie du corridor;
  • etc.

Et si on s’y mettait!

Pourquoi ne pas miser sur notre patrimoine gourmand et notre charme québécois? Tous les ingrédients sont présents: les gens stressés qui cherchent un moyen d’arrêter de courir, les voyageurs qui ont soif d’apprentissage et de découverte, les gens désireux de vivre une expérience et pas seulement d’être spectateurs, l’essor du tourisme culinaire (Friends and Food International aux États-Unis organise des voyages culinaires en Toscane, en Provence et en Inde), des produits québécois qui n’ont rien à envier à d’autres destinations (les grandes tables du Québec, les Routes des saveurs, le caractère festif des villes où l’on délimite un espace le temps d’un festival, etc.).

Possède-t-on plus belle vitrine que notre héritage culturel, notre savoir-faire culinaire et nos produits du terroir? Et si l’on misait sur cet «art de vivre» au Québec?

On doit juste «ralentir» pour trouver les moyens d’organiser cette offre de qualité et de séduire la clientèle!

Voir aussi

www.slowfood.com
www.slowfoodquebec.com
www.citymayors.com/
environment/slow_cities.html

Sources:
– Axelrod, Lauryn. «Don’t Eat So Fast! The Slow Food Movement Wants Us To Savor Our Food And Cultures», GoNOMAD.com.
– Caouette, Marie. «Le «slow travel» plutôt que le tout inclus», Le Soleil, 27 novembre 2004, p. F3.
– Matos-Wasen, Rafael. «Le tourisme lent contre le bruit et la fureur des vacances», LaRevueDurable, no 11.
– Mollé, Philippe. «Il Dottore del gusto? Manger est un acte de foi et de plaisir», HRI, mars 2005.
– Swick, Thomas. «The Slow Travel movement: A primer», South Florida Sun-Sentinel, 6 février 2005.

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Tourisme durable

Commentaires du professeure Julianna Priskin sur le texte «Quand l’étiquette écotourisme est utilisée à toutes les sauces»

Expert associé au Réseau de veille en tourisme, Mme Julianna Priskin est professeure en écotourisme et développement régional au Département d’études urbaines et touristiques de l’Université du Québec à Montréal. Voici ses commentaires au sujet de l’analyse intitulée «Quand l’étiquette écotourisme est utilisée à toutes les sauces».

Dans cet article paru dans l’édition du 9 février du Globe-veilleur, on fait bien ressortir l’imprécision qui existe entre les notions d’écotourisme et de tourisme durable. Comment s’en étonner puisque ces deux concepts, qui ne représentent pas la même chose, n’ont pas de définition universellement reconnue. On ne devrait accoler l’étiquette écotouristique à une activité qu’à la condition de respecter un certain nombre de principes.

L’écotourisme est une forme de tourisme qui se déroule dans un environnement naturel. Il s’inscrit donc dans le contexte plus général du tourisme de nature. Mais l’écotourisme se distingue des autres formes de tourisme de nature, en ce qu’il est le seul à contribuer à la conservation de la nature, à la sensibilisation environnementale (volet éducatif) et au bien-être de la population hôte.

Alors, comment faire la distinction, en termes concrets? Si vous passez la journée à faire du kayak sur un lac ou une rivière et que vous rentrez chez vous le soir, vous vous livrez à une simple activité de loisirs ou de plein air. Si vous faites du kayak dans un parc national et passez la nuit dans une auberge ou dans le terrain de camping du parc, vous faites du tourisme de nature. Comme le kayak exige un effort physique et peut faire courir un certain degré de risque (selon le cours d’eau choisi), on peut le considérer comme une forme de tourisme d’aventure «douce». Toutefois, si vous pratiquez le kayak dans un parc national, en compagnie d’un guide formé et expérimenté qui vous renseigne sur votre environnement naturel et les moyens de le conserver, et que votre séjour est organisé par un voyagiste, alors vous vivez probablement une forme d’écotourisme. Dans quelle mesure? Cela dépend d’une foule d’autres facteurs, mais en règle générale, l’écotourisme :

  • contribue directement à la conservation de la nature, par des moyens financiers, par exemple, ou par la participation à des activités de gestion environnementale;
  • sensibilise le touriste à l’environnement, au moyen d’une promenade commentée dans un parc national en compagnie d’un guide professionnel qui fournit un enseignement sur l’écologie du lieu;
  • illustre l’adoption de politiques et de pratiques qui réduisent les impacts biophysiques des activités des clients et de l’entreprise: ainsi, un chalet qui utilise des technologies permettant de réduire la consommation d’énergie ou d’eau, ou dont les occupants prônent des pratiques de recyclage ou de réduction des déchets;
  • contribue favorablement au bien-être de la population hôte en créant de l’emploi et en faisant en sorte que les profits ne soient pas tous drainés hors de l’économie locale; et
  • respecte la culture de la population hôte, par exemple en la faisant participer à la planification de l’activité touristique.

En principe, il faudrait répondre à tous les facteurs énumérés plus haut pour mériter l’appellation d’écotourisme. Mais en pratique, une entreprise qui répond à un ou deux de ces critères peut souvent qualifier ainsi ses activités. C’est malheureux, car il devient ainsi impossible de distinguer les véritables produits écotouristiques de ceux qui ne le sont que partiellement. Il serait donc utile d’adopter pour chaque critère des indicateurs de performance, quantitatifs et mesurables, grâce auxquels on pourrait situer sur une échelle le «degré d’écotourisme» de chaque activité. C’est d’ailleurs le principe qui sous-tend bon nombre des étiquettes d’accréditation actuelles. Mais, tout comme l’usage de définitions différentes pour représenter un même concept, la multiplication des étiquettes crée en fait beaucoup d’incertitude, ce qui n’est pas du tout souhaitable pour un secteur d’activités aussi répandu que le tourisme.

Pour ajouter au caractère nébuleux des termes vus ici, plusieurs définitions exigent que l’écotourisme soit une forme de développement durable – une notion elle-même encore plus nébuleuse. On peut dire simplement que le développement durable est un cadre de développement qui vise le long terme et qui s’applique à toutes les sociétés et à tous les secteurs économiques. Il s’agit aussi d’une idéologie qui a pour objectif de trouver l’équilibre entre l’économie, la société et les ressources biophysiques dont tout le reste dépend. Il va de soi qu’un tel idéal devrait aussi s’appliquer au tourisme.

Le tourisme durable constitue une forme de tourisme qui se développe et se gère de manière à rester viable, du point de vue social, économique et environnemental, et ce, de génération en génération. Il s’agit aussi d’une forme de tourisme qui ne nuit en rien au développement d’autres activités dans la même région. Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), le tourisme durable doit :

  • faire un usage optimal des ressources environnementales;
  • respecter l’authenticité socioculturelle des communautés hôtes; et
  • procurer des avantages socioéconomiques à tous les intervenants.

Les règles directrices pour le développement durable du tourisme et les pratiques de gestion qui s’y rapportent s’appliquent à toutes les formes de tourisme, ainsi qu’à toutes les destinations. Un centre de tourisme de masse situé sur une montagne ou sur une plage peut évaluer son degré actuel de durabilité et adopter des mesures qui amélioreront son rendement. Il est vrai que certains secteurs touristiques peuvent plus facilement que d’autres réaliser un tel idéal, mais tous peuvent faire quelque chose. Depuis plus d’une dizaine d’années, on a produit une abondante documentation expliquant comment générer un tourisme durable, mais en pratique, il reste encore de nombreux défis à relever.

À bien des égards, l’écotourisme peut réellement contribuer à la concrétisation d’un idéal de tourisme durable. Et comme l’écotourisme et le développement durable présentent de nombreux avantages pour la société et l’environnement, il serait bon d’évoluer dans ce sens, quelle que soit la difficulté.

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Tourisme durable

Quand l’étiquette «écotourisme» est utilisée à toutes les sauces

Pour se donner bonne conscience ou pour trouver un argument accrocheur, plusieurs entreprises apposent l’étiquette «écotouristique» sur leurs produits. L’écotourisme est vu par certains comme une approche de développement, comme un produit ou encore comme un segment de clientèle… À ce jour, aucune définition n’est universellement reconnue, mais certains préceptes y sont associés. ++ LE COMMENTAIRE DE JULIANNA PRISKIN ++

Du concept de développement durable à l’écotourisme

Gro Harlem Bruntland, alors première ministre de la Norvège et présidente de la Conférence mondiale de l’UNESCO pour l’environnement et le développement, a déposé en 1987 son fameux rapport Notre avenir à tous (plus tard connu sous le nom de Rapport Bruntland), où elle introduisait le concept de développement durable:

«un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre
la capacité des générations futures de répondre aux leurs.»

Cette notion a fait beaucoup de chemin par la suite. L’écotourisme est issu de l’union du développement durable et de l’engouement croissant pour le tourisme de nature et de plein air. L’échec de plusieurs projets touristiques en milieu naturel a aussi collaboré à l’émergence de cette forme de tourisme qui s’apparente à la philosophie du développement durable et responsable.

Qualifier d’écotourisme le tourisme d’aventure, vert, de nature, écologique, de plein air ou scientifique n’est pas juste. Chacun n’est en fait qu’une composante de l’équation.

Dans un article de la revue Téoros consacré à ce dossier, Maurice Couture souligne que «l’écotourisme constitue un phénomène relativement complexe, en évolution, qui ne s’appuie sur aucune définition universellement reconnue, bien que les mots clés suivants lui soient souvent associés:

  • observation et appréciation de la nature;
  • conservation de l’environnement naturel;
  • respect de l’environnement culturel et humain;
  • éducation et responsabilisation des clientèles;
  • bénéfices pour les milieux d’accueil.»

En fait, tout est une question de perception. Dès que l’on offre une expérience en milieu naturel, la tentation est forte d’y accoler l’étiquette. Alors que les balises sont difficiles à circonscrire, on laisse beaucoup de place à la perception du voyagiste, des responsables du marketing qui veulent donner une belle image de leur produit ou du client qui veut se donner bonne conscience. 

Comment se profile l’écotouriste?

Les chiffres que l’on publie laissent croire que le segment de marché est important, mais ils sont souvent associés au tourisme de nature. Dans un esprit plus conservateur, on estime à moins de 5% le segment des écotouristes expérimentés dans le monde. Cependant, le potentiel se révèle considérable en raison de la forte croissance des diverses formes du tourisme de nature.

Les nationalités présentant un intérêt marqué pour les produits de nature et d’écotourisme sont, dans l’ordre, les Américains, les Anglais, les Allemands, les Canadiens, les Français, les Australiens, les Néerlandais, les Suédois, les Autrichiens, les Néo-Zélandais, les Norvégiens et les Danois. Leur compréhension de la notion d’écotourisme est dans l’ensemble meilleure que celle des clientèles japonaise et asiatiques en général.

Voici le profil type associé à la clientèle expérimentée:

  • Femmes
  • Personnes de 40 à 60 ans
  • Scolarité supérieure à la moyenne
  • Professionnels ou gestionnaires
  • Voyageurs expérimentés
  • Couples ou individuels
  • Utilisateurs d’Internet pour la planification du voyage
  • Aspects recherchés: composantes culturelles, potentiels d’observation, variété des activités, qualité des contenus, compétence des guides, aires protégées
  • Affiliés à des groupes écologiques, environnementaux ou naturalistes

On pourrait aussi subdiviser le profil de l’écotouriste selon sa propension à la rigueur de la pratique et selon son niveau d’expérience.

La montée de la conscientisation liée à la protection de l’environnement et des valeurs sociales autour du globe ne peut que servir ce secteur.

Certaines destinations phares

Les pays en développement (en Afrique, en Asie et en Amérique latine) contribuent fortement à la croissance de ce secteur. Ces destinations se démarquent particulièrement par l’offre d’un mélange de paysages exotiques et d’expériences culturelles: Costa Rica, îles Galapagos, Équateur, Pérou, Népal, etc. Par ailleurs, l’Australie aussi se positionne très bien dans ce domaine.

Dans un contexte nord-américain, le Grand Canyon, les Rocheuses, l’Alaska et les parcs nationaux sont sans conteste des produits d’appel.

On peut toutefois se demander si, dans certaines destinations, l’activité écotouristique respecte réellement les valeurs qui y sont associées.

Nombreux intervenants, nombreux enjeux

Toute la chaîne d’intervenants, de l’organisme de préservation à l’entreprise qui met un produit en marché, doit collaborer pour protéger les ressources, les mettre en valeur et déterminer la façon de les rendre accessibles au public.

Outre la protection et la conservation des milieux, voici certains des enjeux auxquels est confronté ce secteur:

  • contrôle du développement;
  • conflits d’usage entre les intérêts économiques (foresterie, mines, urbanisation, etc.) et touristiques, de même qu’entre les différentes clientèles touristiques (observation de la nature et pratique «motorisée»);
  • pérennité des sentiers (vélo, marche, etc.);
  • établissement de seuils à respecter en ce qui concerne l’achalandage et les activités à pratiquer;
  • accroissement du nombre d’aires naturelles protégées;
  • adoption de cadres de référence, de paramètres et de pratiques afin de partager une vision commune;
  • développement et mise en valeur des composantes naturelles et culturelles;
  • information et formation à tous les paliers afin de susciter l’adhésion aux grands principes de l’écotourisme;
  • instauration de programmes de certification;
  • développement d’une offre diversifiée et de qualité pouvant répondre aux besoins de l’ensemble de la clientèle (du néophyte jusqu’à l’inconditionnel).

L’écoQuébec

Les éléments suivants constituent un potentiel intéressant à exploiter pour positionner le Québec comme destination d’intérêt dans ce secteur d’activité:

  • les nations autochtones;
  • les milieux naturels présentant des caractéristiques distinctives (ex.: îles Mingan, fjord du Saguenay, lac Saint-Pierre, réserve mondiale de la biosphère de l’UNESCO);
  • les phénomènes saisonniers (ex.: migration d’oiseaux, baleines, paysages d’automne);
  • les sentiers et corridors touristiques (ex.: Route verte, Sentier national);
  • la nordicité.

Mais attention! On appose malheureusement trop facilement l’étiquette «écotouristique» ou le préfixe «éco» à de nombreux produits, sans que les valeurs véhiculées par ce concept n’y soient vraiment associées.

Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’émettre des certifications, mais ce mouvement n’est pas associé à une mode. Le développement durable, principe qui sous-tend l’écotourisme, fait partie de tous les discours actuels, parce que la capacité de la planète à se régénérer et à satisfaire les besoins croissants des êtres humains est de plus en plus compromise.

Il faut désormais développer intelligemment. Tous ont un rôle à jouer, le touriste y compris.

Pour en savoir plus:
Le Sommet mondial de l’écotourisme, tenu à Québec en mai 2002, a donné lieu à la Déclaration de Québec. Vous pouvez la consulter à l’adresse suivante:
http://www.world-tourism.org/sustainable/IYE/quebec/francais/declaration_f.html

On peut consulter le plan d’action de Tourisme Québec en matière d’écotourisme à l’adresse suivante:
Nature et tourisme au Québec – Orientations et plan d’action 2003-2008
 Sources:
– Couture, Maurice. «L’écotourisme en 2002 et après?», Téoros, vol. 21, no 3, automne 2002, p. 3-4.
– Couture, Maurice. «L’écotourisme – un concept en constante évolution», Téoros, vol. 21, no 3, automne 2002, p. 5-13.
– Couture, Maurice. «Nature et tourisme: l’écotourisme au Québec en 2002», Téoros, vol. 21, no 3, automne 2002, p. 43-49.

Commentaires du professeure Julianna Priskin

Expert associé au Réseau de veille en tourisme, Mme Julianna Priskin est professeure en écotourisme et développement régional au Département d’études urbaines et touristiques de l’Université du Québec à Montréal. Voici ses commentaires au sujet de l’analyse intitulée «Quand l’étiquette écotourisme est utilisée à toutes les sauces».

Dans cet article, on fait bien ressortir l’imprécision qui existe entre les notions d’écotourisme et de tourisme durable. Comment s’en étonner puisque ces deux concepts, qui ne représentent pas la même chose, n’ont pas de définition universellement reconnue. On ne devrait accoler l’étiquette écotouristique à une activité qu’à la condition de respecter un certain nombre de principes.

L’écotourisme est une forme de tourisme qui se déroule dans un environnement naturel. Il s’inscrit donc dans le contexte plus général du tourisme de nature. Mais l’écotourisme se distingue des autres formes de tourisme de nature, en ce qu’il est le seul à contribuer à la conservation de la nature, à la sensibilisation environnementale (volet éducatif) et au bien-être de la population hôte.

Alors, comment faire la distinction, en termes concrets? Si vous passez la journée à faire du kayak sur un lac ou une rivière et que vous rentrez chez vous le soir, vous vous livrez à une simple activité de loisirs ou de plein air. Si vous faites du kayak dans un parc national et passez la nuit dans une auberge ou dans le terrain de camping du parc, vous faites du tourisme de nature. Comme le kayak exige un effort physique et peut faire courir un certain degré de risque (selon le cours d’eau choisi), on peut le considérer comme une forme de tourisme d’aventure «douce». Toutefois, si vous pratiquez le kayak dans un parc national, en compagnie d’un guide formé et expérimenté qui vous renseigne sur votre environnement naturel et les moyens de le conserver, et que votre séjour est organisé par un voyagiste, alors vous vivez probablement une forme d’écotourisme. Dans quelle mesure? Cela dépend d’une foule d’autres facteurs, mais en règle générale, l’écotourisme :

  • contribue directement à la conservation de la nature, par des moyens financiers, par exemple, ou par la participation à des activités de gestion environnementale;
  • sensibilise le touriste à l’environnement, au moyen d’une promenade commentée dans un parc national en compagnie d’un guide professionnel qui fournit un enseignement sur l’écologie du lieu;
  • illustre l’adoption de politiques et de pratiques qui réduisent les impacts biophysiques des activités des clients et de l’entreprise: ainsi, un chalet qui utilise des technologies permettant de réduire la consommation d’énergie ou d’eau, ou dont les occupants prônent des pratiques de recyclage ou de réduction des déchets;
  • contribue favorablement au bien-être de la population hôte en créant de l’emploi et en faisant en sorte que les profits ne soient pas tous drainés hors de l’économie locale; et
  • respecte la culture de la population hôte, par exemple en la faisant participer à la planification de l’activité touristique.

En principe, il faudrait répondre à tous les facteurs énumérés plus haut pour mériter l’appellation d’écotourisme. Mais en pratique, une entreprise qui répond à un ou deux de ces critères peut souvent qualifier ainsi ses activités. C’est malheureux, car il devient ainsi impossible de distinguer les véritables produits écotouristiques de ceux qui ne le sont que partiellement. Il serait donc utile d’adopter pour chaque critère des indicateurs de performance, quantitatifs et mesurables, grâce auxquels on pourrait situer sur une échelle le «degré d’écotourisme» de chaque activité. C’est d’ailleurs le principe qui sous-tend bon nombre des étiquettes d’accréditation actuelles. Mais, tout comme l’usage de définitions différentes pour représenter un même concept, la multiplication des étiquettes crée en fait beaucoup d’incertitude, ce qui n’est pas du tout souhaitable pour un secteur d’activités aussi répandu que le tourisme.

Pour ajouter au caractère nébuleux des termes vus ici, plusieurs définitions exigent que l’écotourisme soit une forme de développement durable – une notion elle-même encore plus nébuleuse. On peut dire simplement que le développement durable est un cadre de développement qui vise le long terme et qui s’applique à toutes les sociétés et à tous les secteurs économiques. Il s’agit aussi d’une idéologie qui a pour objectif de trouver l’équilibre entre l’économie, la société et les ressources biophysiques dont tout le reste dépend. Il va de soi qu’un tel idéal devrait aussi s’appliquer au tourisme.

Le tourisme durable constitue une forme de tourisme qui se développe et se gère de manière à rester viable, du point de vue social, économique et environnemental, et ce, de génération en génération. Il s’agit aussi d’une forme de tourisme qui ne nuit en rien au développement d’autres activités dans la même région. Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), le tourisme durable doit :

  • faire un usage optimal des ressources environnementales;
  • respecter l’authenticité socioculturelle des communautés hôtes; et
  • procurer des avantages socioéconomiques à tous les intervenants.

Les règles directrices pour le développement durable du tourisme et les pratiques de gestion qui s’y rapportent s’appliquent à toutes les formes de tourisme, ainsi qu’à toutes les destinations. Un centre de tourisme de masse situé sur une montagne ou sur une plage peut évaluer son degré actuel de durabilité et adopter des mesures qui amélioreront son rendement. Il est vrai que certains secteurs touristiques peuvent plus facilement que d’autres réaliser un tel idéal, mais tous peuvent faire quelque chose. Depuis plus d’une dizaine d’années, on a produit une abondante documentation expliquant comment générer un tourisme durable, mais en pratique, il reste encore de nombreux défis à relever.

À bien des égards, l’écotourisme peut réellement contribuer à la concrétisation d’un idéal de tourisme durable. Et comme l’écotourisme et le développement durable présentent de nombreux avantages pour la société et l’environnement, il serait bon d’évoluer dans ce sens, quelle que soit la difficulté.

Julianna Priskin
Professeure en écotourisme et développement régional
Département d’études urbaines et touristiques
UQAM

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Produits et activités Tourisme durable

Éducation, environnement et tourisme: un ménage à trois prometteur

L’intérêt pour les espaces naturels, la faune et la flore, souvent avivé par les nombreux documentaires écrits et télévisés sur le sujet, a certainement contribué à faire du patrimoine naturel le point de départ de nombreux voyages. Mais attention: finie la simple contemplation des paysages! On veut maintenant comprendre, s’instruire et participer… tout en voyageant.

Les voyages forment la jeunesse… et l’esprit

L’évolution du tourisme mondial se caractérise par une multiplication de l’offre et une diversification des segments de clientèles. Les touristes sont désormais plus expérimentés et exigeants, car ils voyagent davantage et sont en mesure de comparer les destinations les unes aux autres. La venue d’Internet, qui a notamment permis la démocratisation de l’information, a grandement facilité l’autonomie du voyageur dans son processus de planification.

Comme l’affirme Bertrand Labes, auteur d’un guide sur le tourisme industriel, les touristes d’aujourd’hui ne veulent plus bronzer «idiots». Ils recherchent des expériences touristiques qui reflètent leurs motivations, lesquelles prennent la forme des trois «E»: Entertainment, Excitement, Education (divertissement, émotions fortes, apprentissage). Parmi les créneaux qui affichent une très forte croissance, on remarque notamment l’écotourisme et les voyages éducatifs.

Cette recherche d’une véritable expérience signifie une quête de produits sur mesure, personnalisés et authentiques, grâce auxquels le touriste peut participer et apprendre tout en se divertissant.

En raison du code de conduite qu’il propose, l’écotourisme constitue le véhicule tout désigné pour promouvoir l’importance de l’environnement, tout en répondant à la demande d’un créneau de clientèle bien réel.

Le maillage entre l’écotourisme et l’apprentissage du milieu naturel s’avère d’autant plus propice qu’il se prête volontiers à des expériences vécues par de petits groupes (10-15 personnes) désirant bénéficier d’une expérience pratique. Une panoplie de milieux peuvent être envisagés pour développer un tourisme de plein air éducatif.

Le tourisme au service de la science

On note également l’émergence d’un nouveau créneau de spécialisation, soit le tourisme scientifique. Il peut arriver qu’un visiteur passionné émette le souhait d’interagir avec des experts scientifiques. À titre d’exemple, la station de recherche des îles Mingan, un organisme à but non lucratif consacré à l’étude écologique des mammifères marins et de leur environnement, offre aux touristes d’accompagner l’équipe de biologistes pour des excursions en mer et de participer à ses recherches, dans le but de soutenir financièrement ses activités scientifiques. Certains parcs animaliers et aquariums empruntent aussi cette avenue en permettant l’interaction directe du public avec les biologistes sur place.

Plusieurs lieux d’étude ou d’observation peuvent être ciblés pour développer un tourisme proche des valeurs environnementales. Que ce soit au sein d’un milieu naturel comme la réserve de la biosphère du Lac-Saint-Pierre, dans un centre d’interprétation ou dans un laboratoire, de nombreux sites peuvent ainsi être mis à profit.

Le défi réside dans la valeur du contenu et la qualité de l’interaction et de l’apprentissage. En effet, ces voyageurs présentent des attentes très élevées, d’autant plus qu’ils consentent à débourser davantage pour recevoir un produit de qualité. Plusieurs ne se contentent plus des réponses vagues et toutes préparées du guide-naturaliste, souvent formé rapidement dans le cadre d’un emploi d’été.

Des alliances entre des producteurs québécois d’écotourisme, des organismes responsables de la protection de l’environnement (notamment pour déterminer des thématiques pertinentes) et des partenaires gouvernementaux apportent d’intéressants résultats. Soulignons par exemple le partenariat entre l’Institut Maurice-Lamontagne de Pêches et Océans et le Centre de découverte Explorama en Gaspésie visant à jumeler intervention scientifique et qualité d’interprétation des espaces marins visités.

Par ailleurs, il faut utiliser les bons canaux de distribution pour rejoindre les clientèles susceptibles d’être intéressées par ce type de produit. De plus en plus de grossistes se spécialisent dans des niches bien particulières, incluant notamment le Learning Travel. Les itinéraires sont alors pleinement «meublés», de manière à maximiser l’enseignement de nouvelles connaissances liées à la thématique de voyage.

Internet constitue un canal de distribution de choix pour atteindre des marchés cibles. La clientèle recherchant de tels produits de créneau est souvent expérimentée et plus à l’aise avec Internet pour la planification de ses voyages.

Voir aussi

Station de recherche des Îles Mingan
Institut Maurice-Lamontagne

Sources:
– Keefe, Cathy. «TIA Shows Continued Growth in Online Travel Bookers; Nearly One-Third Book All Their Travel Online», Tourism Industry Association of America [www.tia.org], 22 janvier 2004.
– Couture, Maurice. «L’écotourisme, un concept en constante évolution», Téoros, vol. 21, no 3, automne 2002.
Astraud, Louis-Paul. «Bertrand Labes : De plus en plus de personnes ne veulent plus bronzer « idiot »!», L’internaute Magazine [www.linternaute.com], consulté le 5 août 2004.
– Labes, Bertrand. «Guide des sites industriels et techniques», Paris, éditions Horay, 2004.

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Ailleurs dans le monde Enjeux Gestion Tourisme durable

Chèque-vacances: un double levier, social et touristique

En France, en Suisse et en Belgique, les entreprises distribuent des chèques-vacances aux employés. Mieux qu’une prime, ces chèques font partie des avantages sociaux. C’est un levier économique considérable pour l’industrie du tourisme, mais c’est aussi bien souvent, pour certains, la seule possibilité de partir en vacances.

Plus intéressant qu’une prime

Avoir des vacances c’est bien, mais avoir les moyens de les prendre c’est mieux!

Le chèque-vacances est un titre de paiement national (basé sur le même principe que les chèques-repas) servant à régler les dépenses de vacances (frais de transport, hébergement, restaurants, musées, campings, parcs de loisirs…) et permettant de bénéficier de tarifs réduits.

Ils sont achetés par l’entreprise qui les cède aux salariés en prenant à sa charge une part de la valeur du chèque, comprise entre 20 et 80%. Nominatifs (ne pouvant être revendus), ils sont utilisables par les conjoints, enfants et ascendants à charge du titulaire. Ils ont une durée de vie limitée (deux ans, dans le cas de la France).

Ils ont été créés pour permettre à un plus grand nombre de personnes, notamment; celles qui ont des revenus modestes, de partir en vacances et d’avoir accès à un grand éventail d’activités culturelles et de loisirs.

De plus, comme ces chèques sont achetés plusieurs mois avant d’être remis aux travailleurs, donc avant leur utilisation, l’organisme émetteur gère un capital important qui devient un fonds d’investissement. Les intérêts que rapporte ce capital servent alors, en partie, à:

  • la rénovation et la modernisation d’équipements touristiques à vocation sociale (pour améliorer le confort et les services adaptés à l’accueil des familles, des jeunes, des personnes âgées et des personnes handicapées);
  • la création d’équipements touristiques à caractère social et innovant;
  • le développement d’actions pilotes et innovantes nécessitant des investissements matériels.

Avant tout, une mission sociale

En France, plus de 6 millions de salariés bénéficient désormais de ces fameux chèques-vacances. La formule existe depuis 1982 et concerne toutes les catégories de travailleurs. Ils font partie des avantages sociaux offerts par les entreprises, sous différentes modalités.

Cette action constitue avant tout une mission sociale; en effet, un peu plus du tiers des bénéficiaires avouent qu’autrement, ils ne seraient pas partis en vacances. Distribués par l’Agence nationale pour les Chèques-Vacances (ANCV), les chèques sont acceptés par plus de 135 000 prestataires (hôtels, train, clubs de sport, forfaits de ski, musées, etc.).

En France, le chèque-vacances est un levier économique énorme au niveau du tourisme puisque, selon l’ANCV, pour 1 euro possédé en chèque-vacances, ce sont 4 euros qui seront dépensés sur le plan national.

Une idée pour le Québec?

Au Québec, l’idée d’instaurer ce concept suscite beaucoup d’intérêt depuis plusieurs années. Le Bureau international du tourisme social – section des Amériques (BITS) et les associations québécoises de tourisme social, dont le Conseil québécois du loisir, poussés par certains de leurs membres (l’Association des camps du Québec, Tourisme Jeunesse, Kéroul et le Mouvement québécois des camps familiaux), s’intéressent également de près à cette formule.

Présenté sous l’appellation «Carte vacances», le projet a été rendu public lors du colloque Pour un tourisme accessible à tous, durable et solidaire, organisé par le Chantier d’action partenariale Loisir et Tourisme social de l’ARUC-Économie sociale, qui s’est tenu le 2 juin dernier à Montréal.

Dans ce cas-ci, la «Carte vacances» (qui ressemble à une carte débit, mais qui serait réservée à des dépenses touristiques au Québec) vise:

  • à encourager l’épargne des Québécois en vue de séjours et de vacances touristiques dans les diverses régions de la province;
  • à bonifier cette épargne grâce à une réduction d’impôt (crédit d’impôt remboursable);
  • à augmenter les recettes des entreprises touristiques participantes (un très large éventail d’entreprises partout au Québec);
  • et à lutter contre la saisonnalité du tourisme.

Le niveau de bonification de l’épargne par le crédit d’impôt est fixé à 20%, pour un montant annuel maximal d’épargne de 2000$; la période minimale où les sommes épargnées doivent figurer sur le compte est établie à quatre mois.

Le projet est très avancé, nous confirme Louis Jolin, professeur au Département d’études urbaines et touristiques de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM et responsable du comité scientifique du BITS – section des Amériques. En effet, des études de préfaisabilité et faisabilité ont été réalisées (consultations auprès des consommateurs, des intervenants touristiques, étude d’impact économique, etc.). Le tout a été envoyé aux différents ministres concernés (la ministre déléguée au Développement régional et au Tourisme, le ministre des Affaires municipales, du Sport et du Loisir, le ministre des Finances). Jusqu’à présent, la réponse semble très favorable.

Voir aussi

Agence nationale pour les Chèques-Vacances

Sources:
– Le journal du Management. «Des chèques pour les vacances», novembre 2003.
– Le Progrès. «Le chèque vacances: un levier social et économique», (Lyon), 8 juin 2004.
– Tourisme Québec. «Le Québec veut mettre sur pied une formule de chèque-vacances», été 2000.
– ANCV. «Bilan du chèque-vacances – Année 2002».

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Enjeux Tourisme durable

Choc pétrolier : à la recherche de l’or noir

Pas besoin d’une boule de cristal pour prédire la fin des réserves de pétrole dans peu de temps, tous les experts sont unanimes là-dessus: l’or noir s’épuise! Ce sujet a récemment fait l’objet de discussions à la Conférence de Montréal. Selon les dernières prévisions et au vu de notre consommation actuelle, dans 40 ans, les puits de pétrole seront quasiment à sec.

Troisième choc pétrolier?

Aujourd’hui, le pétrole est la principale source d’énergie dans le monde et il y a fort à parier qu’en 2025, ce sera encore le cas. Mais après? Une chose est sûre, nos enfants connaîtront la fin du règne du pétrole.

Selon le récent rapport sur les prévisions énergétiques internationales en 2004 (International Energy Outlook 2004) de l’Energy Information Administration (EIA), l’Agence américaine de statistique sur l’énergie, la consommation internationale de pétrole devrait passer de 28 milliards de barils par an en 2001 à 44 milliards de barils par an en 2025.

Entre 2002 et 2004, la consommation mondiale de pétrole a augmenté de 3,6 millions de barils par jour. La part de la Chine dans cette augmentation est de 36%, celles de l’Amérique du Nord, de 24%, des autres pays asiatiques en voie de développement, de 16%, et de l’Europe, de 11%.

L’Asie, et en particulier l’Inde, la Chine et la Corée du Sud, sera la principale responsable de cette forte progression en demande d’énergie. Ces pays, qui connaissent actuellement une forte croissance économique, sont de gros consommateurs d’énergie. En 2002, la consommation pétrolière chinoise a augmenté de 5,8% (332 000 barils/jour), soit l’équivalent de la totalité de la croissance de consommation mondiale de pétrole. La Chine a donc remplacé le Japon comme deuxième pays consommateur de pétrole au monde.

Le fond du baril

Selon les estimations de la British Petroleum (BP), fin 2002, les réserves mondiales prouvées de pétrole étaient estimées à 1047,7 milliards de barils. Elles se situaient alors dans les régions suivantes: le Moyen-Orient, l’Amérique du Sud et Centrale, l’Europe et l’Eurasie, l’Afrique, l’Amérique du Nord et l’Asie/Pacifique.

Quelles seront les énergies de demain?

Les réserves de pétrole s’épuisent, il convient donc de mettre en place ou de relancer rapidement des politiques nationales et internationales d’économie d’énergie, ainsi que de trouver des alternatives viables.

Déjà (enfin, diront certains), les grands groupes pétroliers amorcent leur virage vers les énergies nouvelles et renouvelables, comme:

  • les éoliennes: production d’électricité à partir du vent;
  • l’hydroélectricité: production d’électricité à partir d’une chute d’eau;
  • le solaire voltaïque: panneaux captant la lumière du soleil pour produire de l’électricité;
  • le solaire thermique: panneaux captant la lumière et préchauffant l’eau de conduites d’eau chaude pour les usages domestiques;
  • le solaire thermodynamique: miroirs concentrant la lumière pour produire de l’électricité;
  • la biomasse: utilisation des produits agricoles et sylvicoles et de leurs déchets pour la production de chaleur et d’électricité;
  • la géothermie: utilisation de nappes d’eau chaude ou de vapeur présentes dans l’écorce terrestre;
  • la marémotrice: utilisation des marées pour la production d’électricité.

Mais selon l’EIA, ces sources d’énergie renouvelable ne devraient guère dépasser les 8% actuels de la part de consommation énergétique (contre 5,5% en 2001). L’agence mentionne à ce sujet que ces types d’énergie ont fortement pâti de la baisse de la recherche publique et des subventions consacrées à ces filières, et ce, à partir de 1982.

Le syndrome du «pas dans ma cour»

Au Québec, plusieurs projets importants d’énergie éolienne ont déjà été réalisés, notamment en Gaspésie (à Cap-Chat), à Kuujuacq, etc.

Et à ceux qui affirment que le développement des fermes éoliennes est incompatible avec le tourisme, je leur suggérerais de se renseigner sur les expériences danoises, françaises (Languedoc-Rousillon, par exemple) et suisses (Neuchâtel) qui allient tourisme «doux» (sentiers pédestres découverte) et prise de conscience sociale.

De même, ici, au Québec, dans le cadre de l’aménagement des parcs éoliens des monts Copper et Miller, le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) affirme, étude à l’appui, que l’impact visuel des éoliennes pourrait constituer un attrait supplémentaire pour le tourisme.

Les projets prévoient, par ailleurs, l’amélioration et/ou la construction de nouveaux chemins forestiers pour accéder au site.

Un tourisme sans pétrole?

Alors, que deviendra le tourisme sans pétrole? Quels seront les impacts sur le transport (aérien et autres)? Est-ce à dire que le pétrole deviendra un produit de luxe et que le transport aérien traditionnel sera réservé à une élite? D’ores et déjà, l’International Air Transport Association (IATA) en appelle à la restructuration de l’industrie, qui se doit d’explorer d’autres solutions alternatives comme source d’énergie.

Note : la Conférence de Montréal a pour mission principale de favoriser l’information, de promouvoir la libre discussion des grands enjeux économiques actuels et de faciliter les rencontres pour développer des échanges internationaux.

Voir aussi

Danemark: intégrer les parcs éoliens au paysage touristique
Conférence de Montréal

Sources:
– SRC Télévision. «Le monde bientôt au fond du baril: mais quelles seront les énergies de demain?», Le Téléjournal/Le Point, 8 juin 2004.
– US Department of Energy. «Annual Energy Outlook 2004 with Projections to 2025», Report #: DOE/EIA-0383(2004) [www.eia.doe.gov], janvier 2004 (errata février 2004).
– US Department of Energy. «International Energy Outlook 2004», Report #: DOE/EIA-0484(2004), avril 2004.
– Voila. «Les énergies renouvelables: du vent au soleil en passant par la houle», 9 juin 2004.
– Le Devoir. «Les énergies renouvelables sont en perte de vitesse», 1er juin 2004, p. A4.

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Enjeux Tourisme durable

Perceptions de l’impact du tourisme sur la communauté

TTRA, Montréal, juin 2004 – Compte rendu de la conférence prononcée par Erick T. Byrd, professeur, Department of Recreation, Parks and Tourism, University of North Carolina at Greensboro.

Au 35e congrès annuel de la TTRA, le professeur Byrd présentait les résultats d’une étude sur les différences de perception de l’impact du tourisme sur une communauté rurale. L’enquête a été menée auprès de quatre groupes d’intérêts distincts, soit les résidants, les entrepreneurs, les fonctionnaires du gouvernement et les visiteurs.

Voici les neuf hypothèses qui ont été mesurées afin de préciser la nature distinctive des perceptions selon les groupes d’intérêts:

  1. Le tourisme engendre des effets négatifs à long terme sur l’environnement.
  2. Le développement touristique augmente la qualité de vie de la communauté.
  3. Le développement touristique favorise la visibilité de la communauté.
  4. Le développement touristique accroît le nombre d’opportunités récréatives pour les résidants.
  5. Une hausse du tourisme se traduit par une amélioration de l’économie locale.
  6. Le tourisme réduit la qualité des opportunités récréatives extérieures.
  7. Le développement touristique favorise la criminalité.
  8. Le développement touristique génère des hausses de taxes.
  9. Le développement touristique crée davantage de problèmes de circulation.  

Selon Erick T. Byrd, il existe des différences significatives de perception entre les groupes d’intérêts étudiés. Les deux groupes affichant les plus grandes différences de perception sont les résidants et les fonctionnaires du gouvernement. D’importants écarts d’opinion se traduisent par un niveau d’appui variable que chacun des partis consentira à donner aux projets touristiques. Aussi, une perception défavorable des résidants aura une influence négative sur leur comportement vis-à-vis les visiteurs, alors que cette relation s’avère directement tributaire de la qualité de l’accueil et de l’expérience touristique.  

À l’analyse des résultats détaillés, on constate qu’il existe un clivage particulièrement important entre ce que perçoivent les résidants et les fonctionnaires concernant les aspects de la criminalité, de l’économie, de la notoriété, de la qualité de vie, de la taxation et de l’environnement. La vision des bienfaits du développement touristique affichée par les fonctionnaires est beaucoup plus positive que celle des résidants. Quant à l’idée que le tourisme est source de problème de circulation, les visiteurs y sont les plus sensibles, à l’opposé des propriétaires de commerces.  

Le professeur Byrd prétend que les divergences entre les groupes d’intérêts doivent être mieux comprises par les responsables de la planification et les gestionnaires de destination, afin d’obtenir de meilleures chances de succès dans le développement touristique d’une communauté. Les conclusions de l’étude démontrent le besoin d’une meilleure communication entre les organisations touristiques et les résidants, de même qu’auprès des visiteurs.

Un travail de sensibilisation et d’information auprès de la communauté locale, quant aux enjeux du développement du tourisme et de ses impacts, renforcera l’industrie touristique en permettant à chacun des groupes d’intérêts de prendre des décisions éclairées. Une telle stratégie entraînera une meilleure compréhension des impacts du tourisme perçus par les résidants en regard des impacts réels. Erick T. Byrd conclut que cette réconciliation favorise le développement d’un tourisme plus durable et surtout plus satisfaisant pour chacun des partis.

TTRA 2004 – Autres comptes rendus disponibles:

L’expérience touristique, une réelle valeur économique
Le pouvoir persuasif de la publicité et du reportage
La saisonnalité dans les destinations de sports d’hiver: causes, conséquences et possibilités
Voyages d’affaires: les femmes sont-elles moins prévisibles que les hommes?
Les femmes et le tourisme sportif: examen sociodémographique
Impact économique du mariage gai sur le secteur du tourisme