Catégories
Produits et activités Tourisme durable

Éducation, environnement et tourisme: un ménage à trois prometteur

L’intérêt pour les espaces naturels, la faune et la flore, souvent avivé par les nombreux documentaires écrits et télévisés sur le sujet, a certainement contribué à faire du patrimoine naturel le point de départ de nombreux voyages. Mais attention: finie la simple contemplation des paysages! On veut maintenant comprendre, s’instruire et participer… tout en voyageant.

Les voyages forment la jeunesse… et l’esprit

L’évolution du tourisme mondial se caractérise par une multiplication de l’offre et une diversification des segments de clientèles. Les touristes sont désormais plus expérimentés et exigeants, car ils voyagent davantage et sont en mesure de comparer les destinations les unes aux autres. La venue d’Internet, qui a notamment permis la démocratisation de l’information, a grandement facilité l’autonomie du voyageur dans son processus de planification.

Comme l’affirme Bertrand Labes, auteur d’un guide sur le tourisme industriel, les touristes d’aujourd’hui ne veulent plus bronzer «idiots». Ils recherchent des expériences touristiques qui reflètent leurs motivations, lesquelles prennent la forme des trois «E»: Entertainment, Excitement, Education (divertissement, émotions fortes, apprentissage). Parmi les créneaux qui affichent une très forte croissance, on remarque notamment l’écotourisme et les voyages éducatifs.

Cette recherche d’une véritable expérience signifie une quête de produits sur mesure, personnalisés et authentiques, grâce auxquels le touriste peut participer et apprendre tout en se divertissant.

En raison du code de conduite qu’il propose, l’écotourisme constitue le véhicule tout désigné pour promouvoir l’importance de l’environnement, tout en répondant à la demande d’un créneau de clientèle bien réel.

Le maillage entre l’écotourisme et l’apprentissage du milieu naturel s’avère d’autant plus propice qu’il se prête volontiers à des expériences vécues par de petits groupes (10-15 personnes) désirant bénéficier d’une expérience pratique. Une panoplie de milieux peuvent être envisagés pour développer un tourisme de plein air éducatif.

Le tourisme au service de la science

On note également l’émergence d’un nouveau créneau de spécialisation, soit le tourisme scientifique. Il peut arriver qu’un visiteur passionné émette le souhait d’interagir avec des experts scientifiques. À titre d’exemple, la station de recherche des îles Mingan, un organisme à but non lucratif consacré à l’étude écologique des mammifères marins et de leur environnement, offre aux touristes d’accompagner l’équipe de biologistes pour des excursions en mer et de participer à ses recherches, dans le but de soutenir financièrement ses activités scientifiques. Certains parcs animaliers et aquariums empruntent aussi cette avenue en permettant l’interaction directe du public avec les biologistes sur place.

Plusieurs lieux d’étude ou d’observation peuvent être ciblés pour développer un tourisme proche des valeurs environnementales. Que ce soit au sein d’un milieu naturel comme la réserve de la biosphère du Lac-Saint-Pierre, dans un centre d’interprétation ou dans un laboratoire, de nombreux sites peuvent ainsi être mis à profit.

Le défi réside dans la valeur du contenu et la qualité de l’interaction et de l’apprentissage. En effet, ces voyageurs présentent des attentes très élevées, d’autant plus qu’ils consentent à débourser davantage pour recevoir un produit de qualité. Plusieurs ne se contentent plus des réponses vagues et toutes préparées du guide-naturaliste, souvent formé rapidement dans le cadre d’un emploi d’été.

Des alliances entre des producteurs québécois d’écotourisme, des organismes responsables de la protection de l’environnement (notamment pour déterminer des thématiques pertinentes) et des partenaires gouvernementaux apportent d’intéressants résultats. Soulignons par exemple le partenariat entre l’Institut Maurice-Lamontagne de Pêches et Océans et le Centre de découverte Explorama en Gaspésie visant à jumeler intervention scientifique et qualité d’interprétation des espaces marins visités.

Par ailleurs, il faut utiliser les bons canaux de distribution pour rejoindre les clientèles susceptibles d’être intéressées par ce type de produit. De plus en plus de grossistes se spécialisent dans des niches bien particulières, incluant notamment le Learning Travel. Les itinéraires sont alors pleinement «meublés», de manière à maximiser l’enseignement de nouvelles connaissances liées à la thématique de voyage.

Internet constitue un canal de distribution de choix pour atteindre des marchés cibles. La clientèle recherchant de tels produits de créneau est souvent expérimentée et plus à l’aise avec Internet pour la planification de ses voyages.

Voir aussi

Station de recherche des Îles Mingan
Institut Maurice-Lamontagne

Sources:
– Keefe, Cathy. «TIA Shows Continued Growth in Online Travel Bookers; Nearly One-Third Book All Their Travel Online», Tourism Industry Association of America [www.tia.org], 22 janvier 2004.
– Couture, Maurice. «L’écotourisme, un concept en constante évolution», Téoros, vol. 21, no 3, automne 2002.
– Astraud, Louis-Paul. «Bertrand Labes : De plus en plus de personnes ne veulent plus bronzer « idiot »!», L’internaute Magazine [www.linternaute.com], consulté le 5 août 2004.
– Labes, Bertrand. «Guide des sites industriels et techniques», Paris, éditions Horay, 2004.

Catégories
Ailleurs dans le monde Enjeux Produits et activités

Danemark: intégrer les parcs éoliens au paysage touristique

D’aucuns diront que les parcs éoliens dénaturent le paysage et font fuir les touristes. Au contraire, l’exemple du Danemark nous prouve que, bien gérés, ceux-ci constituent un attrait touristique non négligeable. Portrait d’un mariage mixte: environnement et tourisme vert…

Les «champions» de l’éolienne

En 2003, au Danemark, la puissance éolienne totale était de quelque 3000 MW répartis sur environ 6500 éoliennes. Près de 85% de cette puissance appartient à des particuliers ou des coopératives.

Depuis les années 1970, le gouvernement danois favorise le développement de l’industrie éolienne par des politiques fiscales incitatives et des subventions. Ces dernières années, cette industrie est poussée par la volonté de se conformer au protocole de Kyoto pour le contrôle des émissions de gaz à effet de serre. De sorte qu’en 2005, l’éolien représentera 20% de la production d’électricité danoise, contre moins de 1% pour les éoliennes canadiennes.

Selon un sondage réalisé en 2001 par le journal danois Jyllands-Posten, 65% des Danois sont favorables à une augmentation de la part de l’énergie éolienne dans la production d’électricité. Et chose étonnante, ce sont les personnes vivant à proximité d’une éolienne qui sont, en moyenne, les plus favorables à ce type d’énergie, avec un taux dépassant les 80%.

Une éolienne dans ma cour

Petit à petit, arrivera un jour où les éoliennes feront partie du paysage. Elles deviendront transparentes et banales, s’intégrant parfaitement à notre vie économique et sociale. En attendant ce jour, bien des gens sont encore atteints du syndrome «pas dans ma cour».

Pollution visuelle? Pas si sûr!

Au Danemark, les éoliennes tendent à constituer une attraction touristique lorsqu’elles sont nouvelles dans un endroit donné, et les promoteurs de grands parcs éoliens y ouvrent souvent des centres pour visiteurs.

Les fermes éoliennes sont même au centre d’une promotion touristique orientée principalement vers le marché allemand, où le public est connu pour avoir un niveau d’intérêt élevé pour les causes environnementales et la nouvelle technologie.

Il n’existe aucune étude systématique sur la question, mais la Danish Wind Association se plaît à faire la relation entre l’implantation des parcs éoliens et le tourisme: en effet, au Danemark, le tourisme a augmenté de quelque 50% depuis 1980.

Les fermes éoliennes deviennent le paysage à la fois d’un tourisme «écologique» et d’un tourisme «industriel». Les hôtels, les gîtes et les campings utilisent cette image pour la promotion du tourisme vert.

De nombreuses entreprises d’excursions nautiques proposent des promenades en bateau pour visiter des fermes éoliennes situées en pleine mer, comme à Middelgrunden près de Copenhague (ferme qui peut être vue depuis les plages par temps clair). À Blavandshuk, l’on constate une augmentation notoire du nombre de visiteurs depuis l’installation d’une ferme de 80 éoliennes. En fait, elles sont reproduites partout: sur les dépliants publicitaires, les cartes postales, etc. Elles font la fierté du bureau local de Greenpeace, qui possède même des parts dans le projet. Elles sont le fier symbole de la prise de conscience sociale collective.

Au Québec, un vent plus favorable souffle

Au Canada, toutes les provinces ont des projets d’éoliennes. Au Québec, la commande est de 1000 MW d’ici 2010, soit moins de 4% de la capacité actuelle d’Hydro-Québec. On estime généralement qu’une production de 20 MW permet de chauffer et d’éclairer environ 6000 résidences.

L’implantation de fermes éoliennes ne réjouit pas seulement les écolos barbus en sandales: l’idée séduit aussi les régions, car c’est une industrie créatrice d’emplois directs et indirects. Surtout que, selon une étude publiée en avril 2004 et réalisée par la firme Hélimax énergie, un consultant indépendant spécialisé en énergie éolienne au Canada, le Québec dispose d’un potentiel éolien gigantesque, à des prix concurrentiels avec les autres filières.

L’étude démontre également que le développement de la filière éolienne n’est pas limité à la Gaspésie. Plusieurs régions du Québec affichent un grand potentiel éolien, dont la Montérégie, le Bas-Saint-Laurent et la Côte-Nord, qui détient à elle seule près du tiers du potentiel. Sur un horizon de 25 ans, l’étude met en lumière le fait que la mise en service de seulement 4000 MW d’énergie éolienne créerait 62 000 emplois directs et indirects et générerait des investissements totaux de près de 6 milliards $.

En Gaspésie, les parcs éoliens de Cap-Chat (76 éoliennes d’une capacité de 57 MW) et Matane (57 éoliennes d’une puissance de 43 MW) ont été mis en service en 1999 par la compagnie Axor. Mais certains affirment que ceux-ci ne seraient pas aussi productif que les prévisions le laissaient entendre. Le président de l’entreprise remettrait en cause la qualité des vents. D’autres invoquent des problèmes avec les éoliennes elles-mêmes (adaptation de la technologie danoise à notre climat plus extrême), ainsi que des problèmes de gestion du chantier.

Voir aussi

Danish Wind Asociation

Sources:
– Radio-Canada. «Un controversé projet éolien au large du Massachusetts», Zone Libre (émission télévisée), novembre 2003.
– AusWEA. «Wind farms and tourism», Australia’s Peak Body for the Wind Energy Industry, 2003.
– Leaning, John. «Danes extol wind farm: Visitors tell legislators the offshore turbines have helped the tourist industry», Cape Cod Times, 11 novembre 2003.
– CNW. «Greenpeace – Pied de nez au Suroît: le Québec a du vent à revendre», communiqué de presse, 20 avril 2004.
– Briand, Naomie. «Parc éolien Le Nordais: faible productivité», Le Soleil, 9 mars 2004.

Catégories
Enjeux Tourisme durable

Choc pétrolier : à la recherche de l’or noir

Pas besoin d’une boule de cristal pour prédire la fin des réserves de pétrole dans peu de temps, tous les experts sont unanimes là-dessus: l’or noir s’épuise! Ce sujet a récemment fait l’objet de discussions à la Conférence de Montréal. Selon les dernières prévisions et au vu de notre consommation actuelle, dans 40 ans, les puits de pétrole seront quasiment à sec.

Troisième choc pétrolier?

Aujourd’hui, le pétrole est la principale source d’énergie dans le monde et il y a fort à parier qu’en 2025, ce sera encore le cas. Mais après? Une chose est sûre, nos enfants connaîtront la fin du règne du pétrole.

Selon le récent rapport sur les prévisions énergétiques internationales en 2004 (International Energy Outlook 2004) de l’Energy Information Administration (EIA), l’Agence américaine de statistique sur l’énergie, la consommation internationale de pétrole devrait passer de 28 milliards de barils par an en 2001 à 44 milliards de barils par an en 2025.

Entre 2002 et 2004, la consommation mondiale de pétrole a augmenté de 3,6 millions de barils par jour. La part de la Chine dans cette augmentation est de 36%, celles de l’Amérique du Nord, de 24%, des autres pays asiatiques en voie de développement, de 16%, et de l’Europe, de 11%.

L’Asie, et en particulier l’Inde, la Chine et la Corée du Sud, sera la principale responsable de cette forte progression en demande d’énergie. Ces pays, qui connaissent actuellement une forte croissance économique, sont de gros consommateurs d’énergie. En 2002, la consommation pétrolière chinoise a augmenté de 5,8% (332 000 barils/jour), soit l’équivalent de la totalité de la croissance de consommation mondiale de pétrole. La Chine a donc remplacé le Japon comme deuxième pays consommateur de pétrole au monde.

Le fond du baril

Selon les estimations de la British Petroleum (BP), fin 2002, les réserves mondiales prouvées de pétrole étaient estimées à 1047,7 milliards de barils. Elles se situaient alors dans les régions suivantes: le Moyen-Orient, l’Amérique du Sud et Centrale, l’Europe et l’Eurasie, l’Afrique, l’Amérique du Nord et l’Asie/Pacifique.

Quelles seront les énergies de demain?

Les réserves de pétrole s’épuisent, il convient donc de mettre en place ou de relancer rapidement des politiques nationales et internationales d’économie d’énergie, ainsi que de trouver des alternatives viables.

Déjà (enfin, diront certains), les grands groupes pétroliers amorcent leur virage vers les énergies nouvelles et renouvelables, comme:

  • les éoliennes: production d’électricité à partir du vent;
  • l’hydroélectricité: production d’électricité à partir d’une chute d’eau;
  • le solaire voltaïque: panneaux captant la lumière du soleil pour produire de l’électricité;
  • le solaire thermique: panneaux captant la lumière et préchauffant l’eau de conduites d’eau chaude pour les usages domestiques;
  • le solaire thermodynamique: miroirs concentrant la lumière pour produire de l’électricité;
  • la biomasse: utilisation des produits agricoles et sylvicoles et de leurs déchets pour la production de chaleur et d’électricité;
  • la géothermie: utilisation de nappes d’eau chaude ou de vapeur présentes dans l’écorce terrestre;
  • la marémotrice: utilisation des marées pour la production d’électricité.

Mais selon l’EIA, ces sources d’énergie renouvelable ne devraient guère dépasser les 8% actuels de la part de consommation énergétique (contre 5,5% en 2001). L’agence mentionne à ce sujet que ces types d’énergie ont fortement pâti de la baisse de la recherche publique et des subventions consacrées à ces filières, et ce, à partir de 1982.

Le syndrome du «pas dans ma cour»

Au Québec, plusieurs projets importants d’énergie éolienne ont déjà été réalisés, notamment en Gaspésie (à Cap-Chat), à Kuujuacq, etc.

Et à ceux qui affirment que le développement des fermes éoliennes est incompatible avec le tourisme, je leur suggérerais de se renseigner sur les expériences danoises, françaises (Languedoc-Rousillon, par exemple) et suisses (Neuchâtel) qui allient tourisme «doux» (sentiers pédestres découverte) et prise de conscience sociale.

De même, ici, au Québec, dans le cadre de l’aménagement des parcs éoliens des monts Copper et Miller, le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) affirme, étude à l’appui, que l’impact visuel des éoliennes pourrait constituer un attrait supplémentaire pour le tourisme.

Les projets prévoient, par ailleurs, l’amélioration et/ou la construction de nouveaux chemins forestiers pour accéder au site.

Un tourisme sans pétrole?

Alors, que deviendra le tourisme sans pétrole? Quels seront les impacts sur le transport (aérien et autres)? Est-ce à dire que le pétrole deviendra un produit de luxe et que le transport aérien traditionnel sera réservé à une élite? D’ores et déjà, l’International Air Transport Association (IATA) en appelle à la restructuration de l’industrie, qui se doit d’explorer d’autres solutions alternatives comme source d’énergie.

Note : la Conférence de Montréal a pour mission principale de favoriser l’information, de promouvoir la libre discussion des grands enjeux économiques actuels et de faciliter les rencontres pour développer des échanges internationaux.

Voir aussi

– Danemark: intégrer les parcs éoliens au paysage touristique
–Conférence de Montréal

Sources:
– SRC Télévision. «Le monde bientôt au fond du baril: mais quelles seront les énergies de demain?», Le Téléjournal/Le Point, 8 juin 2004.
– US Department of Energy. «Annual Energy Outlook 2004 with Projections to 2025», Report #: DOE/EIA-0383(2004) [www.eia.doe.gov], janvier 2004 (errata février 2004).
– US Department of Energy. «International Energy Outlook 2004», Report #: DOE/EIA-0484(2004), avril 2004.
– Voila. «Les énergies renouvelables: du vent au soleil en passant par la houle», 9 juin 2004.
– Le Devoir. «Les énergies renouvelables sont en perte de vitesse», 1er juin 2004, p. A4.

Catégories
Enjeux Tendances

Les éléments marquants de la dernière décennie

Quels sont les changements structurels des dernières années dans l’industrie touristique mondiale? Qu’est-ce qui a bouleversé les façons de faire?

  1. Mondialisation: les importants mouvements de concentration (fusions, acquisitions et alliances) ont créé des géants dans plusieurs secteurs de l’industrie touristique.
  2. Internet: l’arrivée d’Internet dans le milieu touristique a profondément changé les façons de faire. Il a principalement modifié les modes de distribution et la façon d’accéder à l’information.
  3. Changement de la demande: la notion de vacances a éclaté. Les changements sociodémographiques ont fait en sorte que les vacances, au-delà des deux semaines estivales traditionnelles, ont pris de nouvelles formes: escapade de quelques jours, semaine de relâche scolaire, vacances hivernales, etc. La segmentation de la clientèle s’étant raffinée, nous sommes passé du produit de masse au produit de niche.
  4. Technologie: de la clé magnétique de la chambre d’hôtel au billet d’avion électronique, en passant par la gestion des inventaires et des parcs thématiques à fort contenu virtuel, la technologie est devenue un outil concurrentiel. Il devient difficile de suivre la rapidité de son évolution et des investissements financiers importants qu’elle nécessite.
  5. Accessibilité des destinations: grâce aux plaques tournantes et aux alliances, l’augmentation de l’interconnexion dans le transport aérien a facilité l’accessibilité des destinations et augmenté la concurrence entre ces dernières.
  6. Industrie aérienne: en déconfiture, les transporteurs réguliers sont confrontés à une restructuration de leur secteur et aux transporteurs à tarifs réduits qui, en cinq ans à peine, leur ont ravi d’importantes parts de marché domestique.
  7. Nouveau millénaire: des catastrophes (terrorisme, guerre, épidémie, bouleversement climatique) ont fait trébucher à deux reprises la croissance de l’industrie touristique pour la toute première fois de son histoire. À souligner, l’impact des médias dans l’amplification des situations de crise.
  8. Environnement: on assiste à la croissance du niveau de conscientisation des voyageurs, d’où l’émergence de l’écotourisme et du développement durable.

La dernière décennie a vu défiler de nombreux changements importants mais, avec un pied dans le nouveau millénaire, on ne peut que constater que tout s’accélère:

  • les deux géants Air France et KLM fusionnent;
  • le téléphone cellulaire permet de réserver un billet de théâtre grâce à une borne publicitaire interactive installée sur le trottoir;
  • les glissades d’eau nous emmènent dans un tunnel à contenu virtuel;
  • Dubaï bâtit une île en forme de palmier qui sera visible de la lune, afin d’augmenter ses plages de 120 kilomètres;
  • l’Union européenne accueille 10 nouveaux pays;
  • les baby-boomers s’inquiètent de leurs fonds de retraite;
  • le terrorisme s’étend aux quatre coins du monde;
  • l’accord de Kyoto sème la discorde.

Demain matin, notre quotidien n’aura pas changé, mais tous ces événements auront un impact sur notre industrie.

Voir aussi: Boule de cristal, que nous prédis-tu?

Catégories
Produits et activités

Tourisme vert: des racines et des ailes

En Grande-Bretagne, en France, tout comme au Québec, le tourisme de jardins fait de plus en plus d’adeptes. Plus qu’une mode, le tourisme vert est devenu une tendance forte de notre société. Pas de doute, ce créneau a des ailes!

Le tourisme de jardins fait un tabac en France

En France, la notion de «tourisme de jardins» est apparue il y a dix à quinze ans et connaît un succès grandissant. Le territoire national compte environ 1658 jardins protégés, dont 530 classés. De nombreux événements ont été créés pour attirer le public: fêtes des plantes, salons, visites guidées, manifestations culturelles.

Côté chiffres, selon l’Agence française de l’ingénierie touristique (Afit), le tourisme de jardins aurait intéressé quelque 25 millions de visiteurs en 2000 (dont 16% d’étrangers) sur 405 sites interrogés parmi 762 jardins. En 2002, le montant national des dépenses municipales consacrées aux espaces verts s’est élevé à 2,5 milliards d’euros.

Toujours selon l’Afit, les dépenses liées au jardin en France dépassent aujourd’hui celles qui ont trait au bricolage.

Les Québécois ont la main verte

Au Québec, on ressent le même engouement. Depuis plus de 10 ans, l’industrie horticole québécoise se porte mieux que jamais. Les Québécois ont la main verte et investissent temps et argent pour colorer l’été et leur jardin.

Selon le ministère québécois de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, l’horticulture ornementale au Québec est un loisir qui ne cesse de se développer. On estime que cette tendance devrait se maintenir et même s’accroître avec le vieillissement de la population, la retraite des baby-boomers et l’intensification du cocooning.

Le profil type du «pouce vert» québécois est une femme, travaillant à temps plein, résidant dans une maison unifamiliale en banlieue, qu’elle partage avec au moins deux personnes, et dont le ménage jouit d’un revenu d’au moins 60 000$ par année.

L’industrie de l’horticulture ornementale au Québec représente un marché annuel de plus de 1 milliard de dollars et compte près de 40 000 emplois permanents et saisonniers. Cet engouement se traduit bien sûr par des investissements (construction de serres gigantesques, recherche et développement de nouveaux spécimens floraux, etc.)

À l’embellissement des jardins s’ajoute aussi, l’été, le phénomène de l’autocueillette (fraises, framboises, etc.).

Le Jardin botanique de Montréal

Sur ses 75 hectares, le Jardin botanique de Montréal regroupe pas moins de 22 000 espèces et cultivars de plantes, dix serres d’exposition, une trentaine de jardins thématiques et un vaste arboretum.

L’Insectarium de Montréal, situé également dans l’enceinte du Jardin botanique, abrite quelque 160 000 spécimens d’insectes vivants et naturalisés et accueille à lui seul environ 400 000 visiteurs annuellement. Il est reconnu comme le plus grand insectarium en Amérique du Nord. Les deux institutions orientent leurs activités autour des trois axes suivants: tourisme, éducation et recherche scientifique.

Pour 2003, le budget d’exploitation du Jardin et de l’Insectarium s’est élevé à environ 24,7 millions $. L’autofinancement des opérations pour les institutions scientifiques atteint près de 35%, la différence étant assumée par la Ville de Montréal, la Communauté métropolitaine de Montréal et le gouvernement du Québec.

Selon un sondage réalisé en 1998, la clientèle du Jardin botanique de Montréal se compose majoritairement de visiteurs individuels (90%). Elle est essentiellement féminine (+67%) et âgée de plus de 35 ans (+80%). Près de 65% sont des célibataires ou des couples sans enfants et 72% sont francophones.

À l’automne 2002, deux événements majeurs ont particulièrement fait recette. En effet, près de 250 000 visiteurs ont pu admirer l’exposition La magie des lanternes au Jardin de Chine. Parmi eux, environ 178 000 personnes ont profité de l’occasion pour participer aux activités d’Halloween (soit une augmentation de 36% par rapport à la même période en 2001).

Bien sûr, tous les jardins n’ont pas les mêmes moyens financiers. Certains avouent avoir de la difficulté à fonctionner sans subventions gouvernementales répétées. Les gestionnaires de jardins se doivent d’innover et de se renouveler pour continuer d’attirer les touristes. L’organisation de festivals et d’autres événements axés sur les jardins semble bien fonctionner.

Mosaïculture

Le meilleur exemple est sans doute celui des Mosaïcultures internationales de Montréal (MIM), qui ont suscité un engouement énorme. À l’été 2003, ce sont pas moins de 750 000 visiteurs qui y sont venus pour admirer des oeuvres en provenance de 32 pays. Créé à Montréal, cet événement d’envergure s’est déroulé dans le Vieux-Port de Montréal à trois reprises (2000, 2001 et 2003).

Les prochaines Mosaïcultures se tiendront à Shanghai en 2006 et à Boston en 2009.

Voir aussi

Le Jardin botanique de Montréal

Sources:
– Lacombe, Réjean. «L’industrie horticole québécoise ne dérougit pas depuis 10 ans», Le Soleil, 8 mai 2004.
– Ramsay, Charles-Albert. «Les Mosaïcultures à Montréal pour la dernière fois», La Presse, 27 juillet 2003.
– Voila. «Le tourisme de jardins de plus en plus populaire en France», 8 mai 2004.
– Racine, Michel, Arsène Duret, Pierre Vincent et Michel Saint-Pé. «Le renouveau de l’art des jardins», revue Espaces, no 187, novembre 2001.

Catégories
Enjeux Produits et activités

Chaud devant! Le réchauffement climatique pourrait raccourcir la saison de ski

Selon Alain Bourque, climatologue à Environnement Canada, il faut s’attendre d’ici la fin du 21e siècle à une augmentation de la température moyenne de la surface du globe, d’environ 1 à 3,5 °Celsius (sur base des prévisions actuelles d’augmentation de la concentration atmosphérique de gaz à effet de serre et de sulfates).

Une étude effectuée récemment par le Programme des Nations unies pour l’environnement conclut que le réchauffement climatique aura un effet dévastateur sur l’industrie du ski.

Selon des chercheurs de l’Université de Zurich (Suisse), les précipitations de neige dans les centres de ski à basse altitude vont devenir de plus en plus faibles et difficiles à prévoir au cours des prochaines années. Les centres de ski de la côte Est du Canada, par exemple, pourraient constater un raccourcissement de la saison de ski de 7 à 32% d’ici à 2050.

Alain Bourque fait observer que, au Canada, la température moyenne annuelle pourrait augmenter de 5 à 10°C au cours du prochain siècle, entraînant avec elle une modification du régime de précipitations (pluie, neige, etc.). Au Québec, inutile de rappeler les mauvais souvenirs du déluge du Saguenay (1996) ou la tempête de verglas (1998). Le climat et la météo, en général, ne sont pas seulement des sujets de conversation banales pour personnes en mal de dialogue. C’est également une source de préoccupation majeure pour certains scientifiques, analystes et spécialistes du secteur du tourisme.

Le climat présente depuis toujours une tendance naturelle et normale à la variation: en fonction du flux solaire, des courants océaniques, de la couverture de neige et de glace, des éruptions volcaniques, etc. Mais, les changements climatiques actuels sont amplifiés par des modifications de la composition de l’atmosphère (accroissement des concentrations de gaz à effet de serre et des taux de sulfates).

Les données recueillies pour le Québec illustrent clairement le réchauffement «anormal» observé dans le Sud du Québec entre janvier 1998 et mars 2000.

De telles fluctuations auront une influence notoire sur l’industrie, l’environnement et l’économie en général, provoquant notamment:

  • la modification des ressources en eau (niveau, température et qualité), ce qui se répercutera inévitablement sur le secteur de la pêche et des transports fluviaux;
  • la dégradation du système routier et en général, du transport terrestre;
  • l’apparition de problèmes de réseaux d’égouts pluviaux et de drainage, causant des débordements et refoulements;
  • la modification du rendement et la productivité agricole;
  • la migration et développement de nouvelles maladies (comme le virus du Nil);
  • la modification du taux de natalité/mortalité des animaux et donc, la modification de la biodiversité.

Répercussions à envisager pour les stations de ski

Selon certains experts réunis lors de la 1ère Conférence internationale sur les changements climatiques et le tourisme (Tunisie, avril 2003), les répercussions seraient les suivantes:

  • des hivers plus humides, c’est-à-dire davantage de neige en haute altitude et de la pluie plus bas;
  • une saison de neige plus courte;
  • une saison de ski plus courte;
  • une demande accrue pour les stations de ski de haute altitude;
  • un risque d’avalanches accru;
  • etc.

Le changement climatique affecte à peu près de la même façon toutes les régions montagneuses du monde. Cette menace pour les sports hivernaux se manifeste déjà dans certaines régions de l’Europe (comme la Suisse et l’Autriche), alors que l’Écosse enregistre de plus en plus fréquemment des hivers sans neige.

Mesures d’adaptation

Pour les stations de ski, les stratégies d’adaptation à ces phénomènes sont variées. Elles vont de l’atténuation des effets négatifs du changement climatique à une modification complète du produit touristique.

Entre autre, ces stratégies sont les suivantes:

  • aux altitudes limites, utiliser davantage la neige artificielle pour élargir et compléter la couverture neigeuse naturelle au fur et à mesure du relèvement des températures;
  • les stations de haute altitude deviendront sans doute plus prisées et vont devoir s’adapter à une demande accrue;
  • les stations de plus basse altitude, avec une couverture neigeuse réduite, risquent de devoir mettre en place une vaste gamme d’activités de remplacement du ski pendant la saison d’hiver;
  • la neige devenant moins stable, il faudra des protections accrues contre les avalanches;
  • les stations qui ne peuvent plus compter à coup sûr sur des hivers neigeux devront «se réinventer» et se tourner vers des marchés de remplacement;
  • etc.

Il faudra peut-être réaménager l’année scolaire de manière à éviter que les périodes de vacances ne soient trop concentrées et revoir les dates des congés de la relâche. Une ébauche d’aménagement du calendrier scolaire et d’étalement des vacances est déjà en cours pour augmenter les potentiels touristiques.

Il est à noter qu’actuellement, les semaines d’achalandage dans les stations de ski ne correspondent pas aux semaines présentant les meilleures conditions climatiques.

Bref, il nous reste deux solutions: faire l’autruche… ou crier au loup!

Voir aussi

Programme des Nation unies pour l’Environnement

Sources :
– Organisation mondiale du tourisme. «1ère Conférence internationale sur le changement climatique et le tourisme», Djerba (Tunisie), 9-11 avril 2003.
– Bourque, Alain. «Les changements climatiques et leurs impacts», VertigO, vol. 1, no 2, septembre 2000.
– Bueckert, Dennis. «Réchauffement climatique: L’industrie du ski pourrait souffrir grandement», Le Nouvelliste, 15 décembre 2003.
– Watson, Robert T. «Bilan 2001 des changements climatiques: Rapport de synthèse», UNEP.