Catégories
Segments de clientèles

Des exemples de bonnes pratiques pour améliorer l’accessibilité

De la gare à l’auberge de jeunesse en passant par l’office de tourisme, de meilleures pratiques en matière d’accessibilité sont mises en place en France, grâce à la Loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Cette loi reconnaît en effet le principe d’accessibilité pour tous, quel que soit le handicap.

Qu’est-ce qu’une bonne pratique en matière d’accessibilité du tourisme?

Selon un rapport réalisé par Kéroul, en collaboration avec la Commission canadienne du tourisme, une bonne pratique en matière d’accessibilité du tourisme doit:

  • favoriser l’accessibilité par des actions à court, à moyen ou à long terme, qui visent tant les destinations et les municipalités que les entreprises touristiques elles-mêmes;
  • être transférable, donc reproductible ailleurs, avec ou sans modification;
  • inspirer l’action en démontrant l’importance d’agir de façon créative; par exemple, par l’intervention de nouveaux acteurs et leur mobilisation autour d’enjeux communs;
  • encourager l’implication des organismes publics et privés;
  • répondre à des besoins réels.

En France, 6 critères ont guidé le choix des 14 réalisations exemplaires en matière d’accessibilité, sur les 220 dossiers déposés par le ministère de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, soit:

  • la qualité d’usage;
  • la qualité urbanistique, esthétique et l’innovation;
  • la sécurité;
  • la qualité environnementale;
  • la gouvernance et la concertation;
  • l’économie générale de la réalisation.

Ces exemples sont publiés dans le Recueil de bonnes pratiques et de bons usages en matière d’accessibilité de la cité; nous vous en présentons ci-dessous quelques-uns.

Auberge de jeunesse l’Escale

La réalisation répond aux besoins de tous les types de déficiences: mobile, visuelle, auditive ou intellectuelle. Lors de la construction de l’auberge de jeunesse l’Escale, on a privilégié une accessibilité intégrée, dans laquelle les aménagements ne sont perçus que par les usagers qui en ont besoin. Ainsi, le client «ordinaire» ne remarquera pas que le carrelage du hall d’accueil, en partie granuleux, représente un chemin, que les toilettes sont fixées sur un fond plus sombre pour être repérées par les personnes atteintes d’une déficience visuelle, que les associations textes-images ont été créées en grande partie pour ceux qui présentent une déficience intellectuelle, que les ascenseurs parlent ou encore que la hauteur du seuil est abaissée. La communauté urbaine de Dunkerque a su associer l’ensemble des partenaires, notamment la société d’aménagement et le futur exploitant.

Parc de la Vanoise et son refuge

Le refuge du Plan du Lac, construit dans la vallée de la Maurienne, à 2351 m d’altitude, a été rendu accessible aux non-voyants et aux personnes à mobilité réduite, entre autres par l’adaptation de sanitaires, par l’installation d’une signalétique spécifique (panneaux en relief, outils audiotactiles), de plans inclinés et d’une rampe extérieure, ainsi que par l’aménagement du mobilier. Le parc offre également le prêt d’un module «tout chemin» adaptable sur les fauteuils de ville (voir vidéo ci-dessous), d’audioguides et de livrets pour les personnes atteintes d’une déficience visuelle. Ce refuge est le fruit d’une étroite collaboration de tous les acteurs locaux: élus, techniciens, associations.

Gîtes Les Salicornes

Le propriétaire offre deux gîtes: l’un est adapté pour les quatre familles de handicap, l’autre pour les handicaps mental et auditif. L’accès aux sites est facilité par un stationnement dont le sol est compacté, des rampes d’accès et l’absence de seuils, ainsi que par des chemins en relief avec contraste de couleurs. La salle de bain, la cuisine et les chambres sont entièrement adaptées grâce, entre autres, à des barres d’appui, à des contrastes de couleur, à des meubles bas sur roulettes, à des prises et à des interrupteurs placés à la bonne hauteur.

La qualité des services et le haut degré d’accessibilité permettent aux voyageurs en situation de handicap de profiter d’un lieu de vacances dans la plus grande autonomie possible.

Gare de Saint-Cloud/Val d’Or

Depuis février 2006, la SNCF a mis en place un conseil consultatif des personnes handicapées ou à mobilité réduite regroupant huit associations nationales relatives à tous les types de handicap. Le projet de la gare de Saint-Cloud/Val d’Or a vu le jour grâce à cette collaboration. Il comprend une nouvelle passerelle surplombant l’ensemble des voies et servant de lien entre les deux quais, qui ont été totalement rénovés et équipés, en bordure, de bandes d’éveil de vigilance. On y accède par des ascenseurs ou des escaliers mécaniques. Les principaux aménagements et équipements sont les suivants:

  • une flèche sonore qui aide les personnes ayant une déficience visuelle à se déplacer en gare;
  • des bandes de guidage doubles reconnaissables et sécurisantes pour les personnes présentant une déficience visuelle, mentale ou intellectuelle;
  • des rampes qui favorisent les déplacements des personnes à mobilité réduite, ou encombrées de valises ou de poussettes;
  • un personnage virtuel, Jade, qui traduit les annonces sonores en langue des signes française.

 

Source: developpement-durable.gouv.fr

 Office de tourisme Vitrine des métiers d’arts de Villedieu-les-Poêles

Lors de la construction de l’office de tourisme Vitrine des métiers d’arts de Villedieu-les-Poêles, l’accessibilité a été abordée de manière très complète, tant du point de vue des aménagements réalisés pour l’ensemble des handicaps que de ceux des outils pédagogiques mis à la disposition des visiteurs (mallettes tactiles, guides en braille, boucles magnétiques portatives dans toutes les pièces permettant aux personnes atteintes d’une déficience auditive d’entendre les informations, etc.) et de la formation du personnel. Initialement destinés à un public présentant un handicap, un certain nombre d’aménagements ont été généralisés: visites commentées, jeu interactif pour personnes souffrant de handicap intellectuel, ou amélioration du confort visuel des espaces d’exposition.

 

On a réaménagé les abords du bâtiment afin d’en faciliter l’accès et de le relier au centre-ville ainsi qu’aux équipements qui en sont proches, par un itinéraire accessible et sécurisé.

En France, on comptait, en 2011, 5 000 sites certifiés (30% de gîtes et de meublés, 12% d’hôtels, 17% d’hébergements de vacances et 10% de lieux de patrimoine). Au Québec, La Route Accessible comprend 170 établissements culturels et touristiques: hôtels, parcs d’attractions, sites patrimoniaux, attraits culturels, lieux d’information touristique, jardins et parcs naturels, entre autres. Aux États-Unis, l’accessibilité des lieux touristiques devrait s’accentuer avec l’instauration, en mars 2012, de nouvelles lignes directrices pour les hôtels, les compagnies aériennes, les attractions, etc., dont l’objectif sera d’accroître l’accessibilité aux personnes handicapées et de faciliter leurs voyages. Il existe donc assurément d’autres exemples de bonnes pratiques. Vous en connaissez? Faites-nous-en part en laissant un commentaire au bas de cette analyse.

 

Sources:

– Kéroul et Commission canadienne du tourisme. «Best Practices in Tourism Accessibility for Travellers with Restricted Physical Ability», APEC Tourism Working Group, octobre 2003.

– Masson, Annette. «Tourisme et handicaps: déjà 10 ans et 5 000 sites labélisés», handicap.fr, 1er décembre 2011.

– Michaud, Annick. «Accessibilité aux divers handicaps: des lauriers pour L’Escale», La Voix du Nord, 14 mars 2012.

– Ministère de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement. «Recueil des belles pratiques et des bons usages», developpement-durable.gouv.fr, consulté le 23 mars 2012.

Sites Web:

Gîtes Les Salicornes

Parc national de la Vanoise

 

Catégories
Segments de clientèles

Les voyages des personnes à capacité physique restreinte, un potentiel intéressant pour le Québec

Malgré certaines incapacités physiques, plus de 430 000 personnes ont voyagé au Québec ou à l’étranger au cours des deux dernières années, générant des dépenses totales de 494 millions de dollars. Seulement 40% d’entre elles ont bénéficié de services adaptés à leur condition, et ce, surtout dans les lieux d’hébergement ou d’accueil. La majorité prévoit effectuer un séjour au Québec au cours de la prochaine année.

Ces résultats proviennent d’une récente étude commanditée par Kéroul et portant sur les comportements et les attitudes des personnes ayant une incapacité physique en ce qui a trait à la culture, au transport et au tourisme. Cette analyse présente les conclusions du volet touristique.

Le profil des répondants

Les répondants du sondage vivent avec divers types d’incapacité, principalement liés à des problèmes de motricité, à l’arthrite, à des problèmes cardiaques, à de la fatigue chronique ou à l’obésité (voir graphique 1). Plus de la moitié d’entre eux (57%) doivent se servir d’un appareil ou d’une aide technique: canne (32%), fauteuil roulant (16%), marchette (14%), orthèse ou prothèse (13%).

Des voyageurs réguliers

La majorité des répondants (59%) a effectué au moins un voyage d’une nuit ou plus à l’extérieur de son domicile au cours des 24 derniers mois, ce qui représente un bassin de 430 572 personnes. De plus, près de 40% des sondés ont réalisé de 3 à 5 séjours au cours des 2 dernières années et 20%, 6 fois et plus, majoritairement des personnes âgées de 65 ans et plus (27%). Les gens qui utilisent une canne ou des béquilles voyagent dans une plus forte proportion (67%) que ceux qui se déplacent en fauteuil roulant (38%) ou en marchette (32%).

Encore et toujours le bouche à oreille

Les sources d’information utilisées lors de la planification du séjour sont assez variées; les parents ou les amis et Internet étant les principales (voir graphique 2). Notons que le quart des répondants mentionne n’avoir consulté aucune source d’information pour planifier son voyage. Ces personnes se laissent-elles guider par leur accompagnateur pour cet aspect du voyage ou effectuent-elles régulièrement le même genre de séjour?

Le Québec, la destination par excellence pour visiter des parents ou des amis

Le Québec est la principale destination visitée au cours des 24 derniers mois, suivi de loin par les États-Unis et l’Ontario (voir graphique 3).

Les régions du Québec les plus visitées sont:

  • Québec et Charlevoix;
  • Montréal, Laval et Montérégie;
  • Bas-Saint-Laurent, Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine;
  • Laurentides;
  • Mauricie et Centre-du-Québec;
  • Cantons-de-l’Est.

Dans l’ensemble, les personnes à capacité physique restreinte voyagent pour visiter des parents ou des amis (47%) ou pour se reposer (23%); très peu pour d’autres raisons, comme le démontre le graphique 4. Ils résident donc majoritairement chez des parents ou des amis (46%) ou dans un hôtel ou un motel (37%). Lors de leurs séjours à l’étranger, le principal but de voyage est le repos (41%).

Ils voyagent en auto avec leur conjoint ou avec leur famille (64%). En outre, le tiers des personnes qui n’ont pas voyagé seules et plus des trois quarts (86%) des personnes en fauteuil roulant ont mentionné avoir voyagé avec un accompagnateur, principalement un membre de leur famille, 3 fois sur 4.

 

La durée de séjour et les dépenses totales

La durée de séjour des personnes à capacité physique restreinte lors de leur plus récent voyage varie considérablement selon la destination; les séjours au Québec sont relativement plus courts − 1 ou 2 nuitées (55%) − que ceux à l’extérieur de la province – 6 nuits et plus (63%). Les dépenses sont donc beaucoup moins élevées au Québec (625$ en moyenne) qu’à l’étranger (2 107$). Les dépenses totales sont évaluées à 494 millions de dollars, soit 1 146$ en moyenne par séjour.

 

Les activités culturelles ont la cote

Au cours de leur dernier voyage, les personnes à capacité physique restreinte ont mangé au restaurant, participé à une fête ou à un festival, assisté à un spectacle, visité un site ou un monument historique, un musée ou une galerie d’art, et ce, dans de plus fortes proportions que dans leur municipalité.

Des services pas toujours adaptés

Dans l’ensemble, 40% des répondants indiquent avoir eu accès à des services adaptés à leur condition lors de leur voyage, surtout les gens en fauteuil roulant (66%). Ceux qui se déplacent à l’aide d’une marchette ou d’une canne ont reçu les services les moins bien adaptés. Par ailleurs, les visiteurs se sont montrés plutôt satisfaits de l’accessibilité des lieux d’hébergement ou d’accueil; cette proportion ne varie guère selon qu’ils ont voyagé au Québec ou hors Québec (voir graphique 5).

Un peu plus du quart (27%) des répondants mentionnent avoir été au courant, avant leur départ, de l’existence de services adaptés; 47% dans le cas des usagers de fauteuils roulants. La majorité des personnes qui connaissaient à l’avance l’existence de services adaptés ont affirmé que cette information a beaucoup (29%) ou assez (26%) influé sur le choix de leur destination ou des activités qu’ils ont effectuées, et ce, encore plus pour les voyageurs hors Québec. La plupart (56%) ont donc pu faire tout ce qu’ils souhaitaient lors de leur séjour. Toutefois, parmi ceux qui n’ont pu entreprendre tout ce qu’ils désiraient, un peu plus du quart (27%) jettent le blâme sur le manque d’équipements adaptés; ce pourcentage passe à 65% parmi les usagers de fauteuils roulants.

Voyageur un jour, voyageur toujours

Parmi les répondants qui ont effectué au moins un voyage au cours des 24 derniers mois, 52% envisagent une destination hors Québec et 81% comptent réaliser un séjour dans la province au cours de la prochaine année, un potentiel intéressant pour les entreprises touristiques québécoises.

Selon Kéroul, les personnes à capacité physique restreinte représentent 15% de la population, soit environ 900 000 personnes au Québec, 4 millions au Canada, de 40 à 50 millions aux États-Unis. Compte tenu du vieillissement de la population, ce pourcentage s’accroîtra dans les prochaines années. Alors, adaptons-nous à cette clientèle!

 

Source:

Barbeau Louis-Philippe et SOM. «Étude sur les comportements et attitudes des personnes ayant une incapacité physique en matière de culture, de transport et de tourisme», août 2011.

 

 

Catégories
Ailleurs dans le monde Produits et activités

Concevoir et organiser des visites adaptées aux clientèles en situation de handicap

Selon Kéroul, le marché touristique des personnes à capacité physique restreinte représente environ 15% de la demande touristique au Québec, et l’accessibilité est au cœur de leurs préoccupations lors de leurs voyages. Dans le cas des personnes à capacité physique restreinte, l’accès à des établissements aménagés pour elles joue un rôle primordial dans la décision de voyage. Comment agrémenter les visites culturelles de ces clientèles en situation de handicap?

Capacité physique restreinte, handicap et certification

Depuis plus de vingt ans, Kéroul évalue l’accessibilité des établissements touristiques et culturels de la province de Québec et il s’agit de la seule certification reconnue par le ministère du Tourisme. Cette évaluation permet de connaître le niveau d’accessibilité aux personnes à capacité physique restreinte.

Plus de 6000 infrastructures touristiques et culturelles ont été recensées au Québec jusqu’à ce jour: des salles de spectacle, des musées, des attractions touristiques, des festivals et des événements.

Les différents outils d’aide à la visite

Pour tous ceux qui veulent rendre leur établissement culturel accessible aux personnes en situation de handicap – incluant les femmes enceintes, les personnes obèses et les personnes âgées, qui, ne l’oublions pas, constitueront une large part de la clientèle touristique dans les années à venir –, sachez qu’il existe différents dispositifs d’aide à la visite pour faciliter et agrémenter l’expérience de TOUS vos clients. En voici quelques exemples.

Les systèmes d’amplification pour aider à l’audition
Il en existe trois types:

  • le système FM;
    le système infrarouge;
    le système de boucle magnétique.

L’audiodescription
Pour enrichir l’écoute et nourrir l’imagination des personnes ayant une déficience visuelle, le service d’audiodescription consiste à transmettre par casque sans fil des informations préalablement enregistrées et diffusées en même temps qu’un spectacle, par exemple.

Le surtitrage individuel
Sur un écran individuel, le spectateur sourd lit le texte des répliques des comédiens au fur et à mesure du déroulement du spectacle. Les effets sonores (musique, bruitage, voix hors champ) sont également mentionnés.
Le langage des signes québécois (LSQ) et le langage parlé complété (LPC)
Traduction simultanée en langage des signes ou en langage parlé complété. Ce dernier complète la lecture sur les lèvres.

Le lutrin et les parcours tactiles
Ces outils permettent à l’utilisateur d’écouter avec un casque une description complète d’une œuvre artistique, tandis qu’il en découvre par le toucher la technique, la composition et le sujet.
À la tour de la Lanterne du port de La Rochelle, une ancienne prison qui contient près de 600 graffitis de prisonniers, on a eu l’idée de construire un ensemble de reproductions tactiles de ces graffitis que la fragilité de la pierre, le vent et l’air marin destinent à disparaître. Il s’agit d’un ensemble de 32 moulages de ces inscriptions gravées et présentées autour de 4 thèmes. Ainsi, les personnes handicapées visuelles peuvent profiter pleinement de leur visite.

Les programmes et les plans
On peut remettre au visiteur un document (ou des fiches descriptives) en braille, en gros caractères ou écrit dans un vocabulaire simplifié et une version imagée pour les enfants ou les personnes vivant avec un handicap intellectuel ou de communication. Ce document donne des informations essentielles sur la visite. On les agrémente, si nécessaire, d’un plan en relief. La version audio de ce texte est également diffusée par casque.

Les éléments de confort

Pour que ce soit un moment agréable et que les visiteurs puissent prendre le temps de découvrir tous les éléments de leur visite, il est important de prévoir des temps et des espaces de repos bien pensés dans le parcours. Par exemple, l’installation de bancs permettra aux personnes à grande fatigabilité de se reposer, d’écouter le guide ou l’audio-guide, de consulter un document d’aide à la visite, etc.

Les systèmes de repérage

L’objectif des systèmes de repérage est de faciliter le déplacement et le repérage des visiteurs afin qu’ils se sentent en sécurité et qu’ils soient dans des conditions favorables pour profiter pleinement de leur visite. Il peut s’agir de plans, de cheminement au sol, de mains courantes, de repères sonores et olfactifs, etc. Il est souvent judicieux de combiner plusieurs de ces éléments.
L’exemple qui suit donne un aperçu des réalisations possibles.

La Cour des sens du Jardin botanique de Montréal

Pour faire découvrir le monde végétal, la Cour des sens, un périmètre au sein du Jardin botanique de Montréal, propose une exploration par l’odorat et le toucher. Il s’agit d’un parcours en boucle permettant la circulation dans quatre thématiques sensorielles: doux, piquant, rugueux et visqueux. Les plantes sont classées et disposées dans chacune de ces thématiques. Pour faciliter le déplacement des visiteurs, le jardin a prévu plusieurs aménagements ou dispositifs:

– un sentier unique parcourant le jardin sous forme de boucle;
– un revêtement de sol variant en fonction de la thématique sensorielle abordée;
– une signalétique (proposée en français, en anglais et en braille) contrastée, dont la couleur varie en fonction des sections;
– un bassin, placé au centre, fournissant une indication sonore, douce.

Un exemple de bonne pratique: le Centre des monuments nationaux de France et…

… ses collections Sensitinéraires et Lex-signes
La première propose aux personnes ayant une déficience visuelle de découvrir les monuments à partir de supports tactiles réalisés en gaufrage avec plusieurs niveaux de relief. Un CD audio complète la présentation détaillée du monument, le récit de son histoire ainsi que les commentaires guidant la lecture tactile de chacune des images.

La seconde collection s’adresse aux personnes sourdes, pour leur apporter un vocabulaire propre à l’histoire de l’art. Chaque volume de la collection propose un lexique bilingue, en français et en langage des signes français, et l’assortit d’une riche iconographie destinée à rendre ce vocabulaire accessible aux lecteurs sourds.

… ses mallettes multisensorielles
Il en existe trois qui permettent aux personnes en situation de handicap de préparer, à leur rythme et à l’avance, la visite d’un monument. Chacune de ces mallettes propose une découverte d’un monument à travers une approche «multisensorielle».

La malle-exposition de la Basilique de Saint-Denis est destinée aux personnes en situation de handicap auditif, mental, moteur ou visuel. Reposant sur les quatre sens, la «Basilique sensorielle» permet à chacun d’effectuer une approche multisensorielle des éléments présentés dans la mallette: moulages et maquettes tactiles, planches de bandes dessinées, boîtes d’accessoires, senteurs, DVD sous-titré sur l’histoire de la Basilique, avec audiodescription et insertion en langage des signes français, musique du Moyen Âge et de la Renaissance.

Tous ces outils ou dispositifs conçus pour accueillir les personnes en situation de handicap doivent être bien mis en évidence. Il est donc primordial qu’elles soient informées des outils qui leur sont destinés, autant à l’accueil que dans les documents de promotion et sur le site Internet. Ces informations doivent également être signalées tout au long de la visite.


Source: Site Internet du Centre des monuments nationaux.

L’accessibilité progresse… mais doucement. Pourtant, des solutions techniques et des initiatives exemplaires existent. Aujourd’hui et demain, que faites-vous et que ferez-vous pour rendre vos visites culturelles accessibles?

Sources:
– Association des devenus sourds et des malentendants du Québec. «Répertoire des salles équipées d’un système d’aide à l’audition».
– Caron-Malenfant, Julie, et Jean-François Charest. «Tourisme et culture pour personnes à capacité physique restreinte au Québec» – État de la situation  – septembre 2006, 95 pages.
– Organisation mondiale du tourisme. «Code mondial d’éthique du tourisme», article 2.2.

Site Internet:
Accès culture
Centre des monuments nationaux