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Google sera-t-il le prochain géant du voyage en ligne? Partie 2

Suite à l’acquisition de spécialistes du voyage et au déploiement d’outils en ligne, Google entre en concurrence directe avec de nombreux acteurs tels que TripAdvisor, Yelp, Kayak, Expedia, mais aussi avec les organisations de gestion de la destination (DMO). Voici quelques suppositions et éclaircissements dans la deuxième partie d’une analyse dédiée à la stratégie de Google dans l’industrie du voyage.

Lire aussi: Comment Google se rend indispensable pour le voyageur – Partie 1

Une concurrence à venir, mais pour qui?

Si Google décide d’augmenter la visibilité de ses sites et de ses outils dans les pages de résultats de recherche, cela aura un impact pour de nombreux sites Internet.

Les métamoteurs de recherche

Google est surtout considéré comme un danger pour les métamoteurs de recherche (lire aussi: Attention, les métamoteurs de recherche débarquent), même si pour l’instant il ne propose que des nuitées (Google Hotel Finder) et des vols (Google Flight Search). Les acteurs de la comparaison de tarifs vont être mis à rude épreuve pour rester dans la course, d’autant plus que les fournisseurs de services (hôtels et compagnies aériennes) ont un avantage financier à être plus présents sur les nouveaux comparateurs de Google plutôt que sur les sites des agences en ligne. Cependant, selon Experian Hitwise, Google Flight Search est loin d’égaler ses concurrents. En effet, en septembre 2012, il ne générait que 1,4% du nombre de visites sur les comparateurs de voyage aux États-Unis, contre 61% pour Kayak.

Si une plateforme Google Travel devait exister, elle entrerait en concurrence directe avec les moteurs de recherche qui possèdent déjà un portail touristique: YahooTravel et surtout BingTravel de Microsoft, qui agissent comme des métamoteurs de recherche.

Les agences de voyages en ligne

Selon le fondateur d’easyvoyage.com, Jean-Pierre Nadir, le comparateur de vols de Google pourrait éventuellement se convertir en plateforme de gestion des réservations (GDS) où l’internaute réserverait directement sans être redirigé vers un autre site (p. ex.: Opodo, Travelocity, Expedia).

Si la firme prenait cette direction, il est concevable qu’elle se porterait acquéreur d’une agence de voyages en ligne afin de posséder son propre site de réservation et ainsi offrirait un plus large choix de produits de voyage.

Les sites de commentaires

Zagat est déjà intégré à Google+ Local et à Google Map, ce qui laisse envisager la même stratégie pour le guide Frommer’s. Reste à voir si le site frommers.com bénéficiera d’un meilleur positionnement dans les pages de résultats de Google. Ces changements sont de mauvais augure pour les sites de commentaires tels que TripAdvisor et Yelp qui verraient leur visibilité s’amoindrir sur le moteur de recherche.

Google Travel, à quoi cela ressemblerait-il?

Une plateforme regroupant ses outils liés au voyage et permettant une recherche centralisée et améliorée; voilà ce à quoi pourrait ressembler Google Travel. Peut-être s’inspirera-t-il de My Destination, un guide de voyage en ligne et métamoteur (voir image ci-dessous), à la différence près que le contenu serait généré par les internautes.

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Source: MyDestination.com

L’objectif caché de Google?

James van Thiel, responsable de Google Travel aux Pays-Bas, est intervenu sur la vision de la compagnie lors de la conférence sur l’etourisme ENTER 2013 en Autriche. Selon lui, Google va continuer de privilégier des outils permettant de raccourcir les délais de recherche, de fournir des informations pertinentes et de réduire le nombre de sites visités avant de procéder à la réservation. Ainsi, la firme espère être en mesure d’augmenter le coût par clic des liens commerciaux car elle estime que le taux de conversion sera plus élevé (plus de réservations par nombre de visites). Enfin, l’analyste Douglas Anmuth de Barclays Capital est persuadé que Google instaurera le paiement par clic pour les compagnies aériennes et les hôteliers sur Flight Search et Hotel Finder.

Quelques freins à son développement

En plus de faire l’objet d’enquêtes aux États-Unis et en Europe pour abus de position dominante dans la recherche en ligne, la firme subit les attaques de la coalition FairSearch, créée par plusieurs acteurs de l’etourisme (dont TripAdvisor, Kayak, Expedia et Microsoft). Cette dernière dénonce d’ailleurs les pratiques de Google dans un livre blanc. Cela pourrait-il freiner son expansion?

Comment les professionnels du tourisme peuvent-ils se préparer?

Si Google Travel devait faire surface, les DMO auraient de plus en plus de difficulté à se distinguer et à être visibles sur Google Travel face à la communauté de voyageurs qui publie des milliers de contenus, sans compter sur la base de données touristiques composée des pages Google+ Local. Selon Mathieu Bruc, blogueur sur etourisme.info, l’enjeu pour les gestionnaires de destination serait double: produire du contenu à valeur ajouté et organiser le contenu généré par les utilisateurs sur leur territoire. L’ensemble pouvant être repris sur Google Travel qui pourrait agir ainsi comme un agrégateur de contenus. Il restera bien entendu la possibilité d’activer le levier du référencement payant pour améliorer artificiellement son positionnement dans les résultats de recherche.

Le ministère du Tourisme brésilien a déjà pris les devants en créant la chaîne VisitBrasil sur YouTube en partenariat avec Google. L’internaute visualise des vidéos de la destination en lien avec ses critères de voyage (durée, mois, composition du groupe, activités désirées). Le lieu est indiqué automatiquement par Google Maps et les vidéos peuvent être partagées sur Facebook.

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Source: YouTube.com

James van Thiel conseille aux entreprises touristiques de s’assurer de disposer de ressources compétentes en emarketing, capables de maîtriser les technologies et les outils qui gèrent les données et les contenus de leur site (lire aussi: Doit-on s’intéresser au Big Data?).

Selon Thomas Steinbrecher, directeur du secteur voyage chez Google France, la firme peut aider les professionnels touristiques car elle est capable de connaître les besoins des clients actifs sur le Web. En effet, elle détient 60% de l’univers de la recherche en ligne aux États-Unis et 90% en Europe (lire aussi: Comment utilise-t-on les moteurs de recherche pour planifier son voyage?). Grâce à Google Analytics, son outil d’analyse permettant de mieux comprendre le comportement des internautes à travers leurs requêtes, les entreprises ont davantage d’informations sur leurs processus de décision. De plus, ces dernières peuvent consulter la page Business Owners afin de savoir comment améliorer leur visibilité en ligne.

Alors, à savoir si Google Travel se range du côté des alliés ou des ennemis, c’est selon l’utilisation que l’entreprise touristique décide d’en faire. Mais une chose est sûre, il faut surveiller ce géant que rien ne semble pouvoir arrêter.

 

Commentaire – Mathieu Bruc

Il est intéressant d’opposer à Google les différentes stratégies des moteurs de recherche que sont Yahoo! et Bing avant l’arrivée attendue de Facebook dans la recherche sociale et sémantique. Les deux premiers déclinent un guichet d’entrée unique sur le voyage à partir d’une interface peu aguichante notamment celle de Yahoo! qui mélange tant bien que mal informations et outils de réservation. En opposition et en parfaite adéquation avec sa philosophie, Google déploie horizontalement et insidieusement ce que l’on pourrait appeler le «Googlécosystème» en disséminant ses services, rachetés ou développés, les uns à côté des autres, chacun répondant à un besoin spécifique comme la réponse à “la meilleure expérience utilisateur possible”.

A la vitesse d’évolution d’Internet et aux changements de paradigmes, bien malin celui qui prédira la stratégie de Google ces prochaines années, mais si je devais me risquer à un pronostic, compte tenu des informations dont on dispose publiquement, je ne pense pas que le moteur puisse lui-même agir comme une agence de voyages en ligne. Il viendrait de fait marcher sur les plates-bandes des OTA, DMO et autres gros annonceurs sur le réseau Adwords dans le domaine du voyage (troisième secteur en matière d’achat évalué à $2,4 milliards en 2011!) et ainsi mettre en péril son redoutable modèle économique dont il tire encore et toujours sa richesse. À l’inverse, on risque de voir fleurir dans les pages de recherche sur Google, l’apparition de ses différents services directement dans les pages de résultats selon le contexte comme la mise en avant de Google Flight sur mobile lorsque l’on tape une requête liée à un trajet aérien.

L’illustration ci-dessous montre également l’intégration de Google Hotel Finder dans les résultats pour une recherche «hôtel Paris» et souligne la prégnance des liens sponsorisés, le premier résultat en terme de référencement naturel étant relégué en bas de page, dans une zone écran beaucoup moins visible. Ainsi pour apparaître dans les zones de résultats les plus visibles, les annonceurs devront irrémédiablement souscrire aux services propulsés par Google et payer sur un principe de monétisation au clic, à moins qu’ils ne souhaitent se couper du trafic hégémonique de Google et ses 90% des parts de marché sur les moteurs de recherche en Europe (Source AT Internet Janvier 2013) contre «seulement» 67% aux États-Unis (Source Comscore 2012), vaste utopie!

Je crois ainsi que la concurrence de Google reste principalement celle du marché de la recherche en ligne avant d’être celle des acteurs du tourisme. Il s’agit, pour les entreprises touristiques, de miser principalement sur la production de contenus à valeur ajoutée, tandis que Google continuera de miser sur leur référencement et les moyens de les rendre accessibles dans les meilleures conditions à l’utilisateur, beaucoup moins à les produire lui-même malgré les contre-exemples des guides Zagat et Frommer’s. Le lancement récent de Art, Copy and Code dont l’objectif est de valoriser des “expériences pour réinventer la publicité“ montre encore une fois tout l’intérêt de Google à être un acteur incontournable de la publicité et en ligne et notamment en mobilité autour des objets connectés. “Mobile first !” proclamait Eric Schmidt (ex CEO Google). Les dernières innovations telles Google Glass (dont le nom de projet laisse à penser que tous les écrans pourraient utiliser cette technologie par exemple sur les pare-brise de voitures avec pilote automatique que Google s’apprête à commercialiser, voir vidéo) et Google Now, comme assistants personnels touristiques, vont probablement changer demain notre façon de voyager et de voir le monde…

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Mathieu Bruc
AL_Google_travel2_Mathieu_BrucAprès un Master Professionnel Auteur Rédacteur Multimédia sur le site EERIE de l’École des Mines d’Alès en France, Mathieu Bruc a été en charge du site de destination Cévennes Tourisme à la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Alès Cévennes pendant quatre ans. Depuis février 2011, il a rejoint le Comité Régional de Développement Touristique d’Auvergne pour la mise en œuvre de projets multimédias dans le cadre de la stratégie e-tourisme de l’Auvergne. Il blogue à titre personnel sur blog-etourisme.com et etourisme.info

 

Site web: about.me/MathieuBruc

Twitter: @MathieuBruc

 

Sources:

– Andrieu, Olivier. «FairSearch : le lobby anti-Google», abondance.com. 12 octobre 2011.

– Bruc, Mathieu. «Google innove dans l’eTourisme ! Quelle place pour les organismes officiels du tourisme ?», etourisme.info, 5 octobre 2011.

– Bruc, Mathieu. «Et si Google Travel n’était qu’un mythe ? Le Googlécosytème touristique ! [infographie]», blog-etourisme.com, 4 octobre 2011.

– Bruc, Mathieu. «GoogleTravel lance Troogle : le géant des voyages en ligne !», blog-etourisme.com, 9 mars 2010.

– Collet, Valérie et Emmanuel Egloff. «Google investit le marché du tourisme», http://bourse.lefigaro.fr, 17 août 2012.

– Duffez, Olivier. «Google rachète les guides de voyages Frommer’s», webrankinfo.com, 15 août 2012.

– Fox, Linda. «My Destination goes on the offensive, calls Google a commodity in travel content search», tnooz.com, 7 septembre 2012.

– Kassous, Robert. «Pourquoi Google Investit dans le secteur tourisme?», obsession.nouvelobs.com, 29 août 2012.

– Krau, Aurélie. «Et si Google devenait le maître de l’e-travel ? (Partie 2)», kraukoblog.fr, 4 octobre 2011.

– Linda Lainé. « Google est-il une menace ? », L’écho touristique, 14 décembre 2012.

– O’Neill Sean. «Where Google Travel is heading, according to one of its employees», tnooz.com, 31 janvier 2013.

– Perronnet, Céline. «Ce que Google peut apporter aux professionnels du tourisme», lechotouristique.com, 1er février 2013.

– Schonfeld, Erick. «The $700 Million Travel Search Deal And Google’s Shift In Strategy», techcrunch.com, 4 juillet 2010.

– Zenou, Aurélia. «Les outils Google pour le tourisme», semaweb.fr, 2 mai 2012.

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Comment Google se rend indispensable pour le voyageur – Partie 1

Google rachète depuis 2010 d’importantes compagnies spécialisées dans le voyage en ligne, élargissant ainsi sa présence dans ce secteur qui lui apporte déjà plus de deux milliards de dollars de chiffre d’affaires en publicités. La récente acquisition de Frommer’s, célèbre guide de voyage américain et moteur de recherche, continue d’alimenter les nombreuses spéculations entourant Google Travel. Essayons d’y voir plus clair dans la stratégie de Google: l’entreprise prépare-t-elle un géant dans l’ombre?

Un rapprochement significatif avec l’industrie touristique…

En 2010, Google mettait la main sur ITA Software, un spécialiste de la base de données sur le transport aérien – dont le logiciel est utilisé par plusieurs compagnies aériennes, mais aussi par Kayak, Orbitz et Hipmunk – pour 700 millions de dollars. Cette année-là, 25 millions de dollars sont également investis dans des parts de HomeAway, spécialiste des locations de maisons de vacances. En 2011, Zagat, un guide gastronomique, est acquis pour 151 millions de dollars. Enfin, Google prend possession à l’été 2012 du célèbre guide de voyage américain Frommer’s, également présent sur Internet en tant que moteur de recherche, pour 25 millions de dollars. En dehors de ces acquisitions qui en disent long sur sa stratégie, Google s’est approprié des sites communautaires tels que YouTube, Quicksee (site de géolocalisation permettant aux utilisateurs de partager des itinéraires sous forme de vidéos) et Panoramio (site de partage de photos géopositionnées).

Google s’outille… doucement, mais sûrement!

En créant Google Maps en 2005, la firme a su développer un outil de planification touristique (lire aussi: La vague Google déferle sur les voyages), pour ensuite le bonifier avec Google Street View et Google Maps Navigation, une application GPS pour téléphone Android. Mais Google, c’est avant tout un moteur de recherche, et puisqu’une grande part des requêtes faites sur Internet passe par son site, il était en très bonne posture pour développer d’autres outils liés au voyage:

Probablement parti du principe que l’on ne cherche pas une chambre d’hôtel de la même manière qu’un billet d’avion, Google a créé en 2011 deux plateformes distinctes.

  • Google Flight Search. À la suite du rachat d’ITA Software, Google a mis en place une plateforme de recherche de vols au départ des États-Unis, élargie plus récemment à 500 autres villes. Les dernières mises à jour permettent à l’utilisateur de comparer les prix pour toutes les destinations à partir d’une ville de départ (voir l’image ci-dessous). D’autres critères de recherche innovants sont proposés, tels que le temps de vol, la compagnie aérienne et le pays/région/continent/île (au lieu de la ville d’arrivée) pour des départs d’Amérique du Nord.

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Source: Google flight

Google ne s’est pas arrêté là, puisqu’il a lancé un autre moteur de recherche en décembre 2012, Explore flights. Celui-ci affiche dans un graphique la fluctuation des tarifs semaine après semaine, et ce, pour plusieurs destinations sur une même page. Ce service est disponible pour des départs d’Amérique du Nord (voir l’image ci-dessous).

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Source : Explore flights

  • Google Hotel Finder est un comparateur d’hôtels connecté aux sites d’agences de voyages en ligne (OTA). Google a constaté que les internautes, qui privilégient la rapidité dans leur processus de recherche, se rendaient plus souvent sur le site d’un comparateur pour trouver un hôtel plutôt que sur son moteur de recherche. Il a donc développé un outil qui leur permet de comparer les prix, tout comme sur le site des OTA, à la différence près que le canal de vente en direct est présent. L’internaute peut également filtrer les résultats en choisissant un quartier ou en définissant lui-même une zone sur la carte. Enfin, il pourra bientôt indiquer le temps de trajet maximal souhaité pour se rendre à l’hôtel. Google facture au clic (0,2% du montant affiché de la chambre) et non à la réservation, mais l’hôtelier a tout de même intérêt à y être visible, car cela lui coûtera moins cher que la commission payée aux OTA, fixée entre 15 et 25%.

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Source: Hotel Finder

  • Google Now, lancé en juillet 2012, est un assistant personnel pour téléphone Android. Des informations personnalisées sont rassemblées sur une même interface. Elles correspondent à l’emploi du temps de la journée et du lieu où l’on se trouve: météo, prochains rendez-vous, trafic routier, statuts de vol, indications pour se rendre à son hôtel, suggestions de visites, restaurants proches, etc. L’application est en phase de développement à l’extérieur des États-Unis (voir la vidéo).

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Source: Travopia

D’autres sites et applications se démarquent par leur originalité et leur caractère innovant:

  • Google Art Project permet aux internautes de visiter virtuellement 151 musées présents dans 40 pays.
  • Google Goggles offre la possibilité d’effectuer une recherche à partir d’une photo téléchargée. Le logiciel reconnaît entre autres les lieux, les œuvres d’art, les livres et les logos.
  • Google Glass, le dernier projet innovateur de Google, se présente sous la forme de lunettes à réalité augmentée (voir la vidéo ci-dessous), où des informations sont projetées sur les verres. Un tel outil laisse songeur quant à son utilisation en tourisme!

  • Field Trip est une application d’informations touristiques géolocalisées. Dès que le voyageur s’approche d’un attrait touristique ou encore d’un restaurant, il reçoit des informations détaillées et des offres promotionnelles sur son téléphone Android.

Une stratégie d’intégration verticale

Google Travel est maintenant présent à chaque étape du cycle du voyageur, lequel est défini de la manière suivante: «Rêver, Rechercher, Réserver, Vivre une expérience et Partager». Le graphique ci-dessous illustre l’étendue des outils présents à chaque phase du voyage.

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Source: Travopia.com

Ainsi, Google a consolidé son assise dans le voyage en ligne en proposant un éventail d’outils pour le voyageur. La suite de sa stratégie sera-t-elle de rassembler toutes ces fonctionnalités dans une même interface? Les acteurs de l’industrie doivent-ils craindre l’éventuelle arrivée de Google Travel? Comment peuvent-ils s’y préparer? Une seconde analyse fera état de ces questionnements et tentera de déterminer les conséquences directes pour les acteurs du voyage en ligne.

Lire aussi: Comment Google se rend indispensable pour le voyageur – Partie 2

Sources:

– Bruc, Mathieu. «GoogleTravel lance Troogle: le géant des voyages en ligne!», blog-etourisme.com, 9 mars 2010.

– Burns, Matt. «Google Finally Shows Off Google Glass UI, Announces #ifihadglass Purchase Campaign», techcrunch.com, 20 février 2013.

– Hotel Marketing 35. «Nouvelles fonctionnalités sur Google Hotel Finder», hotelmarketing35.com, 6 février 2013.

– Hotel Marketing 35. «Voici pourquoi Google Hotel Finder est votre meilleur ami ! (ou presque)», hotelmarketing35.com, 6 décembre 2012.

– Kassous, Robert. «Pourquoi Google Investit dans le secteur tourisme?», obsession.nouvelobs.com, 29 août 2012.

– Lainé, Linda. «Google est-il une menace ?», L’écho touristique, 14 décembre 2012.

– May, Kevin. «The new Google travel ecosystem… from the user point of view», tnooz.com, 20 août 2012.

– O’Neill, Sean. «Google updates Hotel Finder with date, neighborhood, brand, and travel time search», tnooz.com, 7 février 2013.

– Prabu, Karthick. «Google Now – The Revolution In Travel Industry Has Just Begun, In Google’s Style», travopia.com, 30 octobre 2012.

– Reisinger, Don. «Google acquires Frommer’s, pushes further into travel info», news.cnet.com, 13 août 2012.

– Think with Google. «The 5 Stages of Travel», thinkwithgoogle.com, consulté le 8 février 2013.

– Vivion, Nick. «Latest assault on travel from Google: A virtual tour guide for mobiles», tnooz.com, 27 septembre 2012.

– Zenou, Aurélia. «Les outils Google pour le tourisme», semaweb.fr, 2 mai 2012.

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Comment tirer parti de la géolocalisation grâce à Google Adresses

De plus en plus de personnes privilégient Internet pour chercher des entreprises et des services plutôt que toute autre source d’information. La recherche d’établissements ou d’attraits touristiques, presque toujours géolocalisée, n’échappe pas à cette tendance: les internautes cherchent un hôtel à Québec ou à Rimouski ou encore un spa en Estrie ou dans les Laurentides. De là l’importance pour une entreprise d’être bien référencée dans Google Adresses.

Qu’est-ce que Google Adresses?

Google Adresses (Google Places) est un service de recherche géolocalisé. Cette fonctionnalité permet aux dirigeants d’entreprises de créer, de gérer et de mettre à jour une fiche d’entreprise qui sera ensuite disponible sur Google Maps et les sites Google associés.

Lorsque l’internaute effectue une requête sur Google, celui-ci affiche les résultats locaux, qui sont désormais totalement intégrés aux résultats naturels et souvent en position dominante dans le classement des résultats de recherche liés à des lieux spécifiques. Ils sont repérables à l’icône rouge, symbole de Google Maps. Google fournit des détails sur chaque lieu et affiche à la droite de chaque résultat local la mention «Page Google Adresses», qui renvoie à une fiche d’entreprise (voir image).

Google Adresses fonctionne par localisation géographique. Il détecte automatiquement le lieu où se trouve l’internaute et l’affiche dans la marge de gauche près des options de recherche. Mais plus importants encore sont les mots-clés géolocalisés, qui ont d’ailleurs préséance sur la localisation de l’internaute. Ainsi, un consommateur montréalais qui effectue une recherche de restaurants italiens obtiendra une liste de restaurants à Montréal dans les résultats de recherche Google, sauf s’il précise un autre lieu dans sa requête, par exemple Trois-Rivières (mots-clés géolocalisés).

Son importance

En avril dernier, la société britannique BrightLocal publiait une étude qui mesurait la provenance du trafic Internet pour des entreprises locales. Les résultats sont clairs: Google Adresses engendre 33% du trafic dirigé vers le site Web des entreprises locales suivi du moteur de recherche classique de Google (25%). Le trafic direct (adresse URL connue) génère moins du quart des visites sur les sites et les autres moteurs de recherche affichent des volumes négligeables d’achalandage (voir graphique 1). De plus, près des trois quarts des internautes américains apprécient les informations contenues dans les résultats de recherche locale.

Comment créer une fiche d’entreprise?

Rien de plus facile.

1. Premièrement, il faut s’inscrire. Si vous avez un compte gmail, connectez-vous; si ce n’est pas le cas, inscrivez-vous à ce service.
2. Une fois que vous êtes connecté à votre compte gmail, allez sur Google Adresses et cliquez sur «Ajouter une nouvelle entreprise».

Google vous demandera ensuite d’entrer le numéro de téléphone de votre entreprise pour voir si Google Maps contient déjà des renseignements vous concernant. Si tel est le cas, vous pourrez modifier les détails existants et ajouter de l’information pertinente, y compris des photos et des vidéos; sinon, vous serez dirigé sur la page de création d’une nouvelle fiche (voir image ci-dessous).

3. Remplissez tous les champs. Une fiche complète fournit à Google un indice de confiance par rapport à votre entreprise et sera donc favorisée dans le classement des résultats de recherche. Voici quelques pistes pour remplir cette section.

  • Dans le champ «Société/organisme», inscrivez le nom exact de votre établissement, celui que vous utilisez au quotidien. N’ajoutez pas la localité dans le nom; Google n’aimera pas. Précisez plutôt votre localité dans le champ «Description».
  • Vous disposez de 200 caractères pour décrire votre entreprise. Insérez quelques mots-clés comme la localité, les villes proches, votre activité, vos spécificités. Mettez en exergue ce que vous souhaitez apporter à vos futurs clients.
  • Vous pouvez choisir jusqu’à 5 catégories, mais il faudra en sélectionner au moins une qui vous est proposée par Google afin d’améliorer votre référencement. Les catégories permettent à Google de classer votre établissement en fonction du type d’exploitation.

4. L’étape suivante consiste à décrire votre entreprise en détail: modes de paiement acceptés, heures d’ouverture, services offerts. Pour décrire ces derniers, n’utilisez pas

de phrases complètes; optez plutôt pour des mots précis: concierge, piscine intérieure, accès Internet gratuit, etc.

Cette étape permet aussi d’ajouter jusqu’à 10 photos et 5 vidéos. Ne vous gênez pas, mettez-en le plus possible, visez le maximum. Plus le contenu de votre fiche sera riche, meilleure sera sa qualité. D’ailleurs, selon BrightLocal, 60% des consommateurs accordent plus d’attention aux résultats qui sont accompagnés d’une image et 23% sont beaucoup plus susceptibles de communiquer avec une entreprise locale dont une image se rattache à l’inscription. Optimisez les images en y intégrant quelques mots-clés variés (synonymes) pour augmenter votre visibilité.

Depuis le début du mois de mai, pour souligner l’importance d’inclure des photos dans votre fiche d’entreprise, Google offre entre autres aux hôtels et aux restaurants de plusieurs villes dans six pays — dont les États-Unis, mais pas le Canada — la prise de photos panoramiques à l’intérieur de leur établissement, et ce, tout à fait gratuitement. Peut-être que le service sera offert au Canada dans un avenir rapproché, qui sait?

La dernière partie de la fiche concerne les «détails supplémentaires» (voir ci-dessus). Les champs y sont complètement libres; on y inscrit ce que l’on veut. Profitez-en pour y noter les mots-clés ou pour géolocaliser votre établissement. Par exemple, aéroport: grande-ville-la-plus-proche; attrait: grande-ville-la-plus-proche, etc.

Une fois toutes les étapes réalisées, Google vous demandera de confirmer que vous êtes bien le propriétaire de cette fiche. Il vous enverra un code de validation, par courrier postal, que vous devrez insérer dans Google Adresses avant que votre fiche ne soit mise en ligne.

Pour vérifier si vous êtes bien en ligne, rendez-vous sur Google Maps et tapez le nom et la localité de votre entreprise dans la barre de recherche. Votre établissement devrait apparaître sur la partie gauche de l’écran et sur la carte.

En tout temps, vous pouvez modifier, supprimer, vérifier l’état de votre fiche ou encore la modifier en vous connectant à votre compte gmail, puis en cliquant sur «Paramètres» et ,enfin, sur «Google Adresses».

Comment optimiser sa fiche?

Plusieurs sites Internet suggèrent des astuces pour optimiser sa fiche et augmenter son classement dans les résultats de recherche Google. Voici leurs principaux conseils.

  • L’ancienneté de la fiche joue vraisemblablement un rôle important, alors dépêchez-vous de la créer!
  • Remplissez très précisément les champs pris en compte pour le positionnement: nom, description, catégories.
  • Ajoutez des photos et des vidéos claires, attrayantes et pertinentes que vous aurez pris soin de bien identifier. Bannissez les «accueil.jpg» et préférez un terme «géolocalisé» comme «hôtel-votre ville».
  • Donnez le plus de détails possible pour convaincre les internautes de venir voir votre site.
  • Incitez vos clients satisfaits à laisser un commentaire sur votre page Google Adresses. Pour ce faire, vous pouvez, par exemple, envoyer un courriel à vos clients après leur séjour pour les remercier et leur proposer de laisser un avis.
  • Utilisez la fonctionnalité qui vous permet de publier des messages d’actualité (promotion, événement) sur votre établissement ou de créer des coupons de réduction pour une période allant jusqu’à 30 jours. Reprenez les mots-clés importants de votre entreprise; cela vous donnera une occasion supplémentaire de la géolocaliser.

Et voilà! Passez à l’action et créez dès maintenant votre fiche d’entreprise!

 

Sources:

– Anderson, Myles. «Survey: Where do local business websites get their traffic & do consumers appreciate local search results?», brightlocal.com, 12 avril 2011.

– Blog Conseils Tourisme. «Optimiser votre fiche Google Adresses pour le référencement», conseils-tourisme.com, 7 février 2011.

– Duffez, Olivier. «Les pages de résultats Google pour les recherches locales», webrankinfo.com, 16 novembre 2010.

– EHotelMarketing. «Google Adresses première source de trafic pour les sites locaux», bloguehotelmarketing.fr, 2 mai 2011.

– Farley, Tamara. «HOW TO: Set Up & Optimize a Google Places Page for Your Local Business», blog.getreachcast.com, mars 2011.

– Hotel News Resource. «Hotel Tips for Google Places», hotelnewsresource.com, 11 mars 2011.

– May, Kevin. «Google triggers scramble for free hotel images for Places pages», tnooz.com, 6 mai 2011.

– Passenaud, Mathieu. «Google places: référencez votre activité sur Google Maps», synergeek.fr, mai 2010.

– Truong, Anh-Khoi. «Comment optimiser votre listing dans Google Places?», aktruong.com, 14 juin 2010.

– Yung, Thomas. «Optimiser sa fiche Google Adresses pour un hôtel restaurant», artisan-referenceur.fr, 6 janvier 2011.