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Produits et activités

La plongée sous-marine au Québec: pourquoi pas?

Depuis 40 ans, la plongée sous-marine affiche une croissance soutenue dans le monde. Pour les adeptes, c’est une raison de voyager. Cette activité de niche évoque naturellement des visions de récifs coralliens des mers du Sud, mais elle se pratique également dans les eaux froides. Des aventures subaquatiques sont déjà proposées en Antarctique, en Alaska et près des icebergs de Terre-Neuve. La baie Georgienne et la Colombie-Britannique figurent quant à elles parmi les 10 meilleurs sites de plongée au monde. Où en sommes-nous, au Québec?

Les images féeriques des documentaires, l’amélioration des combinaisons isothermiques, les caissons étanches à prix accessible pour les caméras (certains transforment l’iPhone en véritable ordinateur de plongée) et la création de récifs artificiels contribuent à stimuler la participation à ce sport. Une tendance récente fait de la plongée une activité de mise en forme pratiquée par des célébrités, ce qui en accroît la popularité. L’observation des requins connaît un engouement, mais d’autres grands animaux marins piquent également la curiosité des plongeurs (lamantins, dauphins, baleines).

Aperçu du marché

La principale organisation internationale de formation des plongeurs sous-marins (PADI) décerne depuis 2001 plus de 900 000 nouveaux certificats d’aptitude chaque année, avec un chiffre record de 954 000 en 2004. Le nombre des certificats émis atteignait en 2011 plus de 20 millions, soit deux fois plus qu’en l’an 2000 (voir le tableau 1). Un plongeur certifié n’est pas nécessairement actif, mais la certification démontre son intérêt et sa préparation pour le sport. 

 

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Selon The Outdoor Foundation, 9 320 Américains ont fait de la plongée en apnée en 2011 et 2 580 de la plongée sous-marine. Pour plus d’informations sur le profil des plongeurs américains et canadiens (données 2006), lisez la capsule complémentaire à cette analyse.

La plongée au Québec

Riche en eau, le Québec offre environ 75 lieux de plongée intéressants cités dans les guides les plus utilisés. Après consultation de divers intervenants et sources, on peut nommer parmi les meilleures références à promouvoir:

  • Les Escoumins
  • L’île Bonaventure
  • Les îles de la Madeleine
  • Le parc sous-marin du Lac Saint-François
  • Le lac Sacacomie
  • Le lac Clair
  • Le lac des Piles
  • La carrière Flintkote à Thetford Mines
  • La carrière de Kahnawake
  • La carrière Morrison à Wakefield

 

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Source: Le parc sous-marin du Lac Saint-François offre plusieurs épaves et quatre sites de plongée, dont celui de Saint-Anicet, où l’on peut pénétrer dans un avion bimoteur de 1942.

Le monde de la plongée au Québec est bien organisé par un organisme fédérateur, la Fédération Québécoise des Activités Subaquatiques (FQAS), qui a comme membres:

  • 38 écoles de formation;
  • 21 clubs de plongeurs;
  • 13 bases de plongées;
  • 15 transporteurs nolisés pour accéder aux sites de plongée;
  • 14 organisateurs de voyages de plongée, principalement à l’étranger;
  • le Réseau de Suivi de la Biodiversité Aquatique (RSBA), qui recense et géoréférence sur son site Web la biodiversité des eaux du Québec avec ses membres observateurs; c’est une source de motivation et d’information pour les plongeurs et un canal de diffusion des photos de leurs observations;
  • de bonnes sources de renseignements Web ou imprimées sur les sites de plongée.

Par contre, l’eau froide est un frein à la pratique; difficile de plonger agréablement en mer sans combinaison étanche.  

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Source: Aquart. Un événement unique: Aquart, une galerie d’art sous l’eau à la carrière Flintkote, à Thetford Mines.

Pour des raisons de sécurité, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) impose une certification à renouveler tous les trois ans pour la pratique de la plongée sous-marine au Québec. Les touristes et personnes certifiées hors du Québec peuvent obtenir un permis pour un prix modique.

Pistes de développement touristique

La plongée sous-marine ou en apnée touristique reste un micromarché qui a un potentiel d’expansion au sein de l’offre «aventure écotourisme». Le marché québécois est la meilleure cible. Pour grandir, les différents acteurs du secteur doivent courtiser l’Ontario, le nord-est des États-Unis et l’Europe francophone.

Par la mise en valeur de la biodiversité nordique des expériences subaquatiques en milieu marin, la plongée avec les phoques ou sous la glace pourrait devenir un attrait exotique. Aquart, un événement unique où l’on expose des œuvres d’art sous l’eau (carrière Flintkote, à Thetford Mines), serait une occasion d’attirer l’attention de la clientèle potentielle. Compte tenu de l’intérêt des plongeurs pour le plein air en général et la culture, ce sport doit être associé avec diverses activités.

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Photo: Sonia Giroux, Réseau d’observation de mammifères marins (ROMM). Les phoques peuvent devenir des compagnons de plongée, notamment près de l’île Bonaventure, de Forillon et des îles de la Madeleine.

La promotion par le Web et les médias sociaux de même que la diffusion d’articles dans les magazines spécialisés semblent les approches marketing les plus raisonnables. En 2012, seule une entreprise spécialisée en plongée est membre d’Aventure Écotourisme Québec. L’alliance d’autres intervenants de ce secteur avec cet organisme aiderait à positionner le produit sur de nouveaux marchés.

L’offre de sites de plongée en eau douce est abondante. La visite d’épaves est aussi possible, mais l’offre ontarienne est plus diversifiée qu’au Québec en la matière. L’éloignement des grands centres et l’eau froide restent des contraintes au développement des sites marins. La création de récifs artificiels favoriserait toutefois l’attrait de certains sites, la biodiversité aquatique et la sécurité du sport.

 

Sources:

– Côté, S. «Les naufrages du Québec au XXe siècle, Broquet, 2012.

– Fédération Québécoise des Activités Subaquatiques (FQAS). Compilation spéciale des certificats de qualification émis à des étrangers en 2011 pour la plongée sous-marine au Québec.

– FQAS. «En profondeur», vol. 10 no 4, vol. 11 nos 1, 2, 3 et 4, et vol. 12 no 1.

– Giguère, L. «Guide des sites de plongée du Québec», Broquet, mai 2008.

– Lang Research Inc. «TAMS 2006 – U.S. activity profile: scuba diving & snorkeling while on trips», en-corporate-canada.travel, 2006.

– Lang Research Inc. «Canadian Travel Market. Freshwater Scuba Diving & Snorkeling While on Trips of One or More Nights», it.gov.nt.ca, 19 octobre 2007.

– Menly. «Coque étanche pour iPhone conçue pour la plongée sous-marine», menly.fr, 26 juillet 2012.

– Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport. Compilation spéciale des certificats de qualification pour la plongée sous-marine au Québec, 2007 à 2011.

– The Outdoor Foundation. «2012 Outdoor Recreation Participation Topline Report», outdoorfoundation.org, 2012.

– PADI. «Worldwide Corporate Statistics 2011», padi.com, mis à jour en février 2012.

– Tourisme Queensland. «Dive Tourism», tq.com, consulté le 30 novembre 2012.

– Walters, J. «New Celebrity Fitness Trend: Scuba Diving», shape.com, 23 janvier 2012.

 

Sites Web:

Aquart

– Fédération Québécoise des Activités Subaquatiques

Neptune

Ocean Quest

Parc sous-marin du Lac Saint-François

– Réseau de Suivi de la Biodiversité Aquatique

– Scubapedia

 

Henri Chapdelaine – Consultant senior Union V
Détenteur d’une maîtrise en aménagement du territoire de l’Université d’Ottawa et d’une licence en géographie de l’Université Laval, Henri Chapdelaine a mené une carrière de 36 ans dans les domaines du développement économique et touristique au gouvernement du Québec.S’étant joint au ministère du Tourisme en 1985, il a occupé divers postes d’encadrement, notamment comme directeur général du développement, directeur général de la recherche et de la planification et directeur général des services aux clientèles touristiques. Il a été responsable du développement du système de gestion de la destination BonjourQuébec.com.Depuis sa retraite en 2007, il agit comme consultant senior. En 2011, il fait partie de l’équipe de l’entreprise Vecteur 5 et il a fondé sa propre entreprise de communications, Union V.
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Produits et activités

Capsule: la plongée en quelques chiffres

Selon PADI, 33% des plongeurs certifiés annuellement depuis 2006 sont des femmes. L’âge moyen d’obtention de la certification est de 29 ans. Deux sondages TAMS (Travel Activity and Motivation Survey) de 2006 donnent un aperçu du marché des voyages pour les plongées sous-marine et en apnée aux États-Unis, et de celui de la plongée en eau douce au Canada. Ceux-ci révèlent notamment les points suivants :

  • Ces activités sont pratiquées par 6,9 millions d’Américains au cours de leur voyage.
  • Pour 33,8% d’entre eux, la plongée est la raison principale d’au moins un voyage au cours des deux années précédentes.
  • Ils ont entre 18 et 44 ans.
  • Ces activités sont pratiquées par 57% d’hommes.
  • Parmi ces adeptes, 73% détiennent un diplôme universitaire.
  • Leur revenu familial moyen est élevé (102 000$/an).
  • Ils voyagent plus que la moyenne des voyageurs américains d’agrément.
  • En voyage, ils s’adonnent plus que la moyenne à d’autres activités physiques et de plein air d’été ou d’hiver; ils aiment pratiquer des activités culturelles, profiter de la vie nocturne, écouter des concerts de rock et se faire dorloter.
  • Plus que la moyenne aussi, ils privilégient l’hébergement en camping ou en milieu sauvage.
  • Parmi eux, 89,5% s’informent sur internet et 67% réservent une partie de leur voyage en ligne.
  • Les adeptes sont 1,3 million à vivre dans les États du Nord-Est (voir le tableau 1).

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Source: U.S. Travel Market

Autre indice du marché potentiel, le tableau 3 montre que 556 000 Canadiens ont fait au moins un voyage en 2004 ou en 2005 lors duquel ils ont plongé en eau douce. Parmi ceux qui l’ont fait, 48% disent que c’était la raison principale de leur voyage. Leur profil ressemble sensiblement à celui des Américains.

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Source: Canadian Travel Market – (1) Cette statistique est une estimation effectuée à partir du pourcentage des plongeurs sous-marins sur le total des plongeurs en apnée et sous-marins au Canada.

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Transport

Les tarifs aériens sont-ils trop coûteux?

Les tarifs aériens au Canada sont élevés. Les Canadiens traversent de plus en plus la frontière pour aller prendre l’avion à meilleur prix. Au Canada, un pays vaste aux attraits dispersés, la compétitivité de l’industrie touristique souffre; le Canada a glissé du 5e au 11e rang mondial de 2009 à 2011, selon l’index de compétitivité du tourisme et des voyages du Forum économique mondial. La plupart des intervenants du monde aérien présents au Comité sénatorial permanent des transports et des communications imputent essentiellement l’écart de prix entre les tarifs au départ du Canada contre ceux à partir des Etats-Unis aux droits et aux taxes imposés aux transporteurs au Canada, selon un rapport publié en juin 2012.

Le Conseil des Aéroports du Canada (CAC) estime à 4,8 millions les Canadiens qui sont partis d’un aéroport américain en 2011, soit 15% de plus qu’en 2010. Cela équivaut au nombre de passagers qui transitent annuellement dans un aéroport de taille moyenne. Selon le CAC, la différence moyenne entre des départs du Canada et des États-Unis pour des vols aller-retour vers des destinations américaines populaires est d’environ 428$. Cet écart peut valoir le détour. Pour illustrer l’ampleur du problème, l’organisme a tenu en mars 2012 une conférence dont le thème était «L’un de nos aéroports a disparu».

En comparant des aéroports canadiens avec quatre aéroports frontaliers américains, Air Canada a calculé que les frais de «structure» (redevances de navigation et d’atterrissage, frais d’améliorations aéroportuaires, droits de sûreté) sont de 229% inférieurs aux États-Unis. Voilà une bonne façon d’inciter les transporteurs à rabais à desservir le marché canadien par ces aéroports.

Les loyers

Les aéroports du Réseau national des aéroports (RNA) paient au gouvernement fédéral un loyer en fonction de leurs recettes brutes. En 2009, les huit plus importants aéroports ont payé 268 millions de dollars en loyer, soit 11% de leurs recettes totales. En 2011, Aéroports de Montréal a déboursé en loyer plus de 43 millions de dollars (3,15$/passager).

Les taxes et les redevances

Plusieurs autres taxes et redevances font monter le coût des déplacements:

  • Les droits pour la sécurité des passagers avant l’embarquement et pour les bagages. Ils seraient les plus élevés au monde, selon le président de l’Association du transport aérien du Canada;
  • Les redevances de contrôle aérien de NAV Canada qui doivent couvrir les coûts occasionnés par ce service.
  • Les frais d’améliorations aéroportuaires. Les infrastructures aéroportuaires du Canada sont les meilleures au monde, selon le Forum économique mondial. Cela se répercute sur le prix des billets.
  • La taxe d’accise perçue sur le carburant. Elle coûterait 100 millions de dollars par an à l’industrie de l’aviation.
  • Les taxes municipales ou les paiements versés en remplacement d’impôts. À Aéroports de Montréal, ce sont des frais de plus de 40 millions de dollars en 2011.
  • La taxe sur les produits et services et la taxe harmonisée qui s’appliquent au coût total des billets d’avion.

Ampleur des frais ajoutés sur les tarifs aériens canadiens

L’exemple 1 (voir image ci-après) nous apprend que le tarif de base d’un vol Toronto- Orlando passe de 118$ à 208$ après l’application des droits et des taxes, qui représentent 43% du prix total. De Buffalo, le prix de base d’un vol vers Orlando grimpe de 124$ à 145$ après les taxes, qui ne représentent que 14,4% du prix total.

Le tableau 2 démontre l’importance des frais ajoutés au tarif de base du transporteur WestJet ainsi que l’écart de ces mêmes frais entre le Canada et les États-Unis et les différences entre les provinces. Le désavantage pour les passagers canadiens est un peu moindre que dans l’exemple 1.

Le départ de Chicago, moins coûteux pour le tarif de base, ne comporte que 12% de frais ajoutés. Les départs du Canada pour des vols intérieurs ou transfrontaliers incluent des frais supplémentaires variant de 24% à 33% du prix total du vol. On note aussi que le vol en partance de Montréal affiche les frais ajoutés les plus élevés (33%) et ceux en partance de Calgary ont les plus bas (entre 24% et 29%).

La philosophie canadienne de l’utilisateur-payeur a un impact majeur sur le prix des vols aériens et nuit à la compétitivité de l’industrie touristique. Elle explique que le Forum économique mondial classe le Canada au 125e rang sur 133 pays pour le critère «taxes et frais d’aéroport». Le rapport du comité sénatorial oublie toutefois de mentionner que les États-Unis et l’Australie surprennent par un classement pire, en occupant respectivement les 129e et 127e rangs. Toutefois, la situation varie beaucoup d’un aéroport américain à l’autre. Les aéroports frontaliers qui visent le marché canadien échappent généralement aux frais significatifs ajoutés au prix de base. De plus l’offre de « voyages à rabais » occupe une place importante aux États-Unis, mais ne parvient pas à s’imposer au Canada.

 Exemple 1

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Source: Rapport du comité sénatorial sur les transports. «L’avenir des déplacements aériens au Canada: poste de péage ou bougie d’allumage»

Composantes du prix de vols de Westjet annoncés pour le 15 août 2012 en dollars canadiens ou américains

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Pour les vols transfrontaliers de ou vers Chicago, les tarifs et les frais sont en dollars américains. Pour les vols à l’intérieur du Canada, les tarifs et les frais sont en dollars canadiens.

Le manque de concurrence

L’abolition ou la réduction des loyers, des redevances et des taxes améliorerait la compétitivité des aéroports canadiens par rapport à leurs concurrents frontaliers, mais ne règlerait pas l’ensemble du problème. Selon le Dr Ambarish Chandra du Rotman School of Management de l’Université de Toronto, les tarifs de base sont sensiblement plus élevés au Canada.

Au Canada, le manque de concurrence est bien réel, tant pour les vols intérieurs qu’internationaux. Air Canada et WestJet occupent 90% du marché. Le transport terrestre n’est pas en mesure de concurrencer l’avion comparativement à l’Europe. Le Dr Chandra critique une politique générale qui protège les intérêts des transporteurs au détriment de ceux des passagers.

Si les frais ajoutés peuvent décourager les transporteurs à rabais d’offrir leurs services au Canada, la règlementation protectionniste qui favorise les transporteurs canadiens, notamment en matière de cabotage, nuit aussi à la concurrence et par ricochet, à une baisse des prix.

Un frein réel à l’industrie touristique canadienne

Par exemple, un voyageur étranger qui souhaiterait visiter la Colombie-Britannique, l’Ontario et le Québec dans un même voyage sera refroidi par le coût du transport aérien. Pourtant, les déplacements intérieurs sont bien souvent accessibles dans d’autres destinations grâce aux entreprises low cost (par exemple en Chine ou au Royaume-Uni). Ce frein important nuit à l’attractivité de la destination. D’autre part, selon le Dr Chandra, le nombre de passagers par mille habitants canadiens sur des vols intérieurs au Canada est plus de deux fois moindre qu’aux États-Unis. Le coût élevé des voyages aériens explique probablement en partie cet écart et décourage les Canadiens de voyager davantage chez eux.

Dans un pays aussi vaste où les attraits sont étalés sur de grandes distances, l’impact des tarifs aériens devient déterminant dans la mise en valeur de l’offre touristique. Il devient plus difficile d’attirer des touristes étrangers et de stimuler le tourisme domestique interprovincial. Du coup, le Canada se retrouve privé d’une partie des recettes touristiques provenant des voyages à l’étranger de ses ressortissants qui prennent leur vol aux États-Unis. La problématique des tarifs aériens au Canada devrait occuper davantage d’importance dans les politiques touristiques futures au Canada.

 

Le comité sénatorial innove en recommandant que le Canada se dote d’une stratégie nationale où le transport aérien serait vu comme un moteur économique et touristique et où les déplacements en avion seraient plus concurrentiels.

 

Sources :

 – Rapport du comité sénatorial permanent des transports et des communications

– «L’avenir des déplacements aériens au Canada : Poste de péage ou Bougie d’allumage»

Témoignages entendus au comité sénatorial 

Témoignage du Dr Ambarish Chandra, Rotman School of Management, Université de Toronto

États financiers vérifiés 2011 et 2010, Aéroports de Montréal

Statistiques passagers, Aéroports de Montréal

 

Henri Chapdelaine – Consultant senior Union V
Détenteur d’une maîtrise en aménagement du territoire de l’Université d’Ottawa et d’une licence en géographie de l’Université Laval, Henri Chapdelaine a mené une carrière de 36 ans dans les domaines du développement économique et touristique au gouvernement du Québec.S’étant joint au ministère du Tourisme en 1985, il a occupé divers postes d’encadrement, notamment comme directeur général du développement, directeur général de la recherche et de la planification et directeur général des services aux clientèles touristiques. Il a été responsable du développement du système de gestion de la destination BonjourQuébec.com.Depuis sa retraite en 2007, il agit comme consultant senior. En 2011, il fait partie de l’équipe de l’entreprise Vecteur 5 et il a fondé sa propre entreprise de communications, Union V.
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Produits et activités

L’ornithologie, une niche à exploiter?

L’observation des oiseaux est de plus en plus populaire. Soutenue par de nombreuses associations d’adeptes, l’ornithologie fait aussi l’objet de voyages à forfait proposés par des voyagistes qui se spécialisent dans ce créneau. Curieusement, le tourisme ornithologique est souvent sous-estimé dans les stratégies de promotion. Des destinations comme le Québec, qui misent sur leur milieu naturel pour se développer, ont avantage à considérer cette niche.

Des statistiques qui font réfléchir

Un sondage mené en 2006 aux États-Unis par l’U.S. Fish and Wildlife Service évalue à 48 millions le nombre d’observateurs d’oiseaux de 16 ans et plus, soit 21% de la population. Il s’agit d’une croissance de 4% par rapport à 2001.

La majorité des adeptes s’adonnent à leur activité dans la cour de leur résidence. Tout de même, 20 millions d’ornithologues s’éloignent à plus d’1,5 km de chez eux pour faire de l’observation, soit 8% de plus qu’en 2001. Leurs dépenses liées à ces voyages ou excursions se chiffrent à 12 milliards de dollars américains (voir le tableau 1).

Beaucoup d’adeptes de l’ornithologie sont allés en dehors de leur État de résidence. Ainsi, en 2006, selon le sondage, environ 916 000 non-résidents de l’État sont venus faire de l’observation dans le Vermont, le New Hampshire, le Maine et l’État de New York. On peut y voir un indice du potentiel touristique.

Un sondage SOM réalisé en 2011 pour le Regroupement Québec Oiseaux laisse croire que l’ornithologie est populaire au Québec. Il indique que 20 à 22% des Québécois s’y adonnent et que les retombées économiques s’élèvent à 200 millions de dollars. Selon Statistique Canada, 3 124 000 Canadiens (dont 90% de Québécois) ont participé en 2010 à des voyages au Québec qui incluaient l’observation de la faune et des oiseaux. C’est 97% de plus qu’en 2006.

Le profil des ornithologues selon l’U.S. Fish and Wildlife Service

Aux États-Unis, les ornithologues se décrivent ainsi:

  • Ils ont 50 ans et plus en moyenne; le taux de participation moyen le plus fort revient aux 55 ans et plus, avec 27%.
  • Leur niveau d’éducation est élevé: 28% sont diplômés de l’université.
  • Leur revenu personnel est également important: 29% gagnent 75 000$ US et plus.
  • La proportion de femmes est de 54%.
  • Ils sont 77% à observer la sauvagine et 71% les oiseaux de proie. Cependant, toutes les espèces présentent pour eux un intérêt.

D’autres caractéristiques selon diverses sources

  • Les ornithologues voyageurs dépensent peu en hébergement; ils privilégient souvent le camping et les gîtes. C’est moins vrai pour les 65 ans et plus ainsi que pour ceux qui achètent des voyages organisés.
  • Ils se documentent beaucoup avant un voyage, principalement par Internet.
  • Ils aiment qu’on leur fournisse les listes d’espèces observables pour les lieux ciblés.
  • Ils sont généralement soucieux de la conservation des milieux naturels.
  • Le stéréotype de l’ornithologue fanatique (celui qui est capable d’identifier une très grande variété d’espèces, tient un registre de ses observations ou recherche les oiseaux rares) ne représente que 5 à 10% des ornithologues. Il offre un potentiel plus élevé de voyager.
  • Les haltes migratoires et une grande variété d’espèces sont recherchées.
  • La photographie d’oiseaux est de plus en plus populaire, notamment en raison des possibilités de partage sur Internet.
  • Ils voyagent souvent seuls ou en couple; les voyages organisés se limitent à 12 participants.
  • L’intérêt pour les oiseaux se marie bien avec les voyages éducatifs ou ceux de relaxation, l’observation de la faune en général ainsi que la découverte de cultures et de paysages différents.
  • Avril, mai, septembre et octobre sont les périodes privilégiées par les voyages.

L’ornithologie, un monde organisé

Une multitude d’organisations vouées à la connaissance et à la préservation des oiseaux servent les adeptes. Au Royaume-Uni, la Royal Society for the Protection of Birds regroupe un million de membres. Aux États-Unis, la National Audubon Society compte 500 chapitres. Au Québec, 32 clubs régionaux font partie du Regroupement Québec Oiseaux. Ces organismes attirent les plus motivés; ils servent de véhicules d’information et de promotion, et organisent des sorties d’observation.

De nombreux organisateurs de voyages proposent des forfaits spécialisés en ornithologie, en grande majorité pour des destinations situées à l’extérieur du Québec. Selon une étude menée aux Pays-Bas, une destination désireuse d’attirer des touristes aviaires étrangers doit approcher ces voyagistes spécialisés.

Des macareux moines, les oiseaux vedettes de l’archipel de Mingan. Source: quebecmaritime.ca

Le Québec et l’ornithologie touristique

Le Québec, par la diversité de ses habitats, offre un potentiel exceptionnel. Le Regroupement Québec Oiseaux y dénombre 444 espèces d’oiseaux sauvages, dont 281 sont nicheuses. On y compte aussi 94 lieux désignés ZICO (1). La faiblesse : aucune espèce n’est endémique.

Grande colonie de fous de Bassan au Parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé.

Source: Ministère du Tourisme du Québec.

Réserve nationale de faune du cap Tourmente, foyer de 300 espèces d’oiseaux et halte migratoire des oies des neiges.

Source: Ministère du Tourisme du Québec.

L’Observatoire d’oiseaux de Tadoussac se situe à un point de convergence majeur d’oiseaux migrateurs, où 15 000 oiseaux de proies ont recensés chaque saison. Source: Site Web de l’Observatoire.

Les infrastructures et services d’observation sont de qualité. De même, les structures de gestion des meilleurs sites sont suffisantes pour préserver leur pérennité. La documentation sur les oiseaux est abondante, et on peut compter sur des guides compétents. De plus, l’activité peut facilement se marier avec l’observation des mammifères marins, la découverte d’une culture française différente en Amérique ou la contemplation des couleurs de l’automne. Le site Web Fatbirder décrit le Québec comme un lieu qu’un ornithologue doit visiter dans sa carrière.

Pourtant, le Québec ne jouit pas d’une forte notoriété à l’étranger, dans les milieux ornithologiques. La promotion sur ce marché pointu n’est guère perceptible. Or plusieurs sites exceptionnels justifieraient des démarches plus ambitieuses (voir le tableau 2).Une action concertée des organismes gestionnaires de sites ornithologiques, des associations d’ornithologues et des organismes voués à la promotion touristique pourrait donner naissance à une stratégie Web destinée à mesurer à peu de frais la réponse de cette niche commerciale.

 

(1) Une ZICO est une zone importante pour la conservation des oiseaux, dont la désignation est faite selon les critères et sous la coordination de Birdlife International. Nature Québec (www.naturequebec.org) est responsable du programme ZICO au Québec.

Sources:

– Caron-Malenfant, Julie, Anne-Marie Hince et Stéphane Roussin. «Étude sur le potentiel touristique de l’ornithologie au Québec», UQAM, avril 1998.

– CBI Ministry of Foreign Affairs of the Netherlands. «Bird Watching Tourism in the Nederlands», 2010.

– Green, Ronda J. et Darryl N. Jones. «Practices, Needs and Attitudes of Bird-Watching Tourists in Australia», Sustainable Tourism CRC, 2010.

– SOM. «Profil et impact économique des amateurs d’ornithologie au Québec. Rapport présenté au Regroupement QuébecOiseaux», juillet 2011.

– U.S. Fish and Wildlife Service. «Birding in the United States: A Demographic and Economic Analysis. Addendum to the 2006 National Survey of Fishing, Hunting and Wildlife-AssociatedRecreation», juin 2009.

– Statistique Canada. «Participation à une activité d’observation de la faune et des oiseaux au Canada et au Québec de 2006 à 2010».

Sites Web:

FatBirder

Heritage Destination Consulting

Nature Québec

Observatoire d’oiseaux de Tadoussac

Regroupement Québec Oiseaux

Henri Chapdelaine – Consultant senior Union V
Détenteur d’une maîtrise en aménagement du territoire de l’Université d’Ottawa et d’une licence en géographie de l’Université Laval, Henri Chapdelaine a mené une carrière de 36 ans dans les domaines du développement économique et touristique au gouvernement du Québec.S’étant joint au ministère du Tourisme en 1985, il a occupé divers postes d’encadrement, notamment comme directeur général du développement, directeur général de la recherche et de la planification et directeur général des services aux clientèles touristiques. Il a été responsable du développement du système de gestion de la destination BonjourQuébec.com.Depuis sa retraite en 2007, il agit comme consultant senior. En 2011, il fait partie de l’équipe de l’entreprise Vecteur 5 et il a fondé sa propre entreprise de communications, Union V.
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Marchés géographiques Transport

L’internationalisation des aéroports régionaux au Québec

Le monopole de l’aéroport de Montréal sur les voyages internationaux et transfrontaliers du Québec s’amenuise petit à petit. En plus de l’aéroport Jean-Lesage à Québec, cinq autres sont actifs dans le domaine des liaisons internationales en 2011. Ce phénomène d’internationalisation favorise surtout les voyages des Québécois vers l’étranger. Le vrai défi consiste à offrir des vols internationaux qui amènent des touristes dans les régions, comme le fait l’aéroport La Macaza–Mont-Tremblant.

Le dynamisme de l’aéroport de Québec

En 2010, l’aéroport de Montréal sert 93% des voyageurs transfrontaliers et internationaux des aéroports du Québec, ce qui représente 2,5% de moins que la part de marché qu’il détenait en 2005. L’aéroport de Québec est le principal responsable de cette perte relative(voir le tableau 1).

Quelque 548 000 passagers transfrontaliers et internationaux ont embarqué et débarqué en 2010 à l’aéroport Jean-Lesage, soit 6% de tous les passagers québécois. Il s’agit d’une croissance de 145% par rapport à 2005 (217% pour les seuls voyages internationaux). Dans les onze premiers mois de 2011, les voyageurs transfrontaliers y ont crû de 9%, et les voyageurs internationaux, de 23%.

Quatre transporteurs américains (United, Delta, Continental et US Airways) et quatre transporteurs canadiens (Transat, Sunwing, Canjet et Westjet) offrent des liaisons directes hors du Canada. Six villes des États-Unis, dix destinations soleil et deux villes de France (Transat) sont desservies par l’aéroport Jean-Lesage. Air Canada n’y a pas de liaisons directes vers l’étranger. Elles se font par des correspondances à Montréal ou à Toronto, ce qui est comptabilisé comme des vols domestiques pour Québec.

Les transporteurs canadiens actifs à l’international développent essentiellement le tourisme expéditif vers les destinations soleil.

Les liaisons directes pour les États-Unis et la France favorisent aussi le tourisme réceptif pour la région et le Québec. En 2010, le poste de douane de l’aéroport a contrôlé 290 490 passagers entrant au Canada, dont 23% (65 528) sont des non-résidents canadiens. Ce pourcentage est un indice de l’apport des vols transfrontaliers et internationaux au tourisme réceptif. L’amélioration des liaisons vers les États-Unis crée également des conditions plus favorables pour attirer des croisières dont le port d’embarquement et de débarquement est à Québec.

Cinq aéroports régionaux engagés dans des liaisons internationales

Les transporteurs canadiens se livrent une concurrence vigoureuse sur les destinations soleil. Pour se rapprocher de ses clients, Sunwing offre des départs dans quelques régions du Québec en 2006. Transat, en partenariat avec Canjet, a emboîté le pas.

Sunwing réserve un certain nombre de places pour la clientèle des aéroports régionaux, et le reste est attribué à des passagers transitant par un aéroport majeur comme celui de Québec ou de Montréal. Transat–Canjet propose plutôt un vol direct au départ, mais au retour, le vol comprend une escale pour le passage aux douanes.

Cinq aéroports régionaux offrent des liaisons internationales en 2011 (voir le tableau 2). L’aéroport de Bromont a annoncé son intention de le faire, mais le projet est encore à l’étude.

À l’exception de La Macaza–Mont-Tremblant, les quatre autres aéroports favorisent le tourisme expéditif et doivent composer avec l’absence sur place d’un service des douanes. Les services internationaux sont saisonniers.

Situé au Saguenay, l’aéroport de Bagotville est l’aéroport régional le plus actif à l’international; 7 795 passagers sont partis durant la saison d’hiver 2010-2011 pour une destination soleil. C’est 15% de plus que la saison précédente, ce qui laisse croire que le plateau de développement n’est pas encore atteint.

À Sept-Îles, Sunwing offre en hiver un vol par semaine vers Varadero avec escale à Montréal à l’aller et au retour.

À Val-d’Or, Sunwing propose un vol par semaine en hiver vers la République dominicaine avec escale à Québec à l’aller et au retour.

À Rouyn-Noranda, Transat, en collaboration avec Canjet, offre un vol direct par semaine à Cancùn depuis le 21 décembre 2011 avec un appareil de 189 passagers. Au retour, le vol fait escale à Ottawa pour les formalités douanières.

La Macaza–Mont-Tremblant est une exception. L’aéroport met l’accent sur le tourisme réceptif pour soutenir l’achalandage de la Station Tremblant. Porter Airlines y confirme pour l’hiver 2011-2012 un lien direct par semaine vers Newark avec un appareil de 70 sièges. Il propose aussi 16 vols vers Toronto avec des correspondances vers plusieurs villes américaines.

En 2010, 902 passagers de vols commerciaux sont passés à son contrôle douanier. Ce chiffre n’inclut pas les entrées sur les vols de Toronto qui ne passent pas à la douane, et les vols effectués par des avions privés.

 

Aéroport La Macaza–Mont-Tremblant

À Bromont, l’aéroport compte déjà sur un service de douane assuré au besoin par le poste frontalier de Stanstead. Le projet d’internationalisation, toujours à l’étude, s’inspire de l’aéroport international d’Abbotsford situé à proximité de l’aéroport de Vancouver.

Il serait question d’offrir des liaisons régulières d’affaires ainsi qu’une ou des destinations soleil actuellement desservies avec Sunwing ou Transat. La proximité et la concurrence de Montréal, de Plattsburgh et de Burlington constituent le défi. On mise donc sur le marché régional, les problèmes de congestion à Montréal et des délais d’attente plus courts pour rivaliser avec l’aéroport Pierre-Elliot Trudeau.

Le vrai défi reste à relever

Les liaisons internationales favorisent donc essentiellement le tourisme expéditif, c’est-à-dire le tourisme du Québec vers l’étranger. L’aéroport La Macaza-Mont-Tremblant est la seule véritable exception.

L’offre de départs vers le Sud améliore les services offerts à la population des régions. Ces départs évitent aux voyageurs des frais de déplacement et de séjour pour se rendre aux aéroports majeurs québécois. C’est une façon d’encourager les vacances à l’étranger et de réduire les dépenses faites au Québec liées à ces voyages.

Les transporteurs jugent plus rentable d’offrir les destinations soleil aux Québécois que d’attirer les touristes étrangers dans les régions du Québec. Tout de même, en rivalisant les unes contre les autres sur les marchés de petite taille, les transporteurs tentent «un pari risqué» selon Jacques Roy, spécialiste en transports à HEC Montréal. Le potentiel d’expansion restera limité, sauf à Québec.

Est-il possible de développer des services aériens qui soutiendront la venue de touristes en région? L’exemple de La Macaza est inspirant; les efforts de Québec sont encourageants. Bromont peut-il jouer le rôle de La Macaza pour les Cantons-de-l’Est? Peut-on mettre en place d’autres liaisons saisonnières pour les touristes d’agrément ailleurs au Québec ? Voilà le vrai défi.

Sources:

– Site Web des aéroports concernés et validation téléphonique auprès de ces aéroports.

– Statistique Canada, catalogues 51-203-XIF pour 2005 et 51-203-X pour 2010.

– Les affaires.com. «L’offre des vols internationaux s’intensifie en région», 7 mai 2011.

– Mont-Tremblant, «Porter transportera des New-Yorkais vers Tremblant cet hiver», communiqué de presse, 2 octobre 2011.

– Agence des Services frontaliers du Canada, compilation spéciale.

 Sites Web:

Aéroport de Bagotville

Aéroport de Bromont

Aéroport La Macaza-Mont Tremblant

Aéroport de Rouyn-Noranda

Aéroport de Sept-Îles

Aéroport de Val d’Or

 

Henri Chapdelaine – Consultant senior Union V
Détenteur d’une maîtrise en aménagement du territoire de l’Université d’Ottawa et d’une licence en géographie de l’Université Laval, Henri Chapdelaine a mené une carrière de 36 ans dans les domaines du développement économique et touristique au gouvernement du Québec.S’étant joint au ministère du Tourisme en 1985, il a occupé divers postes d’encadrement, notamment comme directeur général du développement, directeur général de la recherche et de la planification et directeur général des services aux clientèles touristiques. Il a été responsable du développement du système de gestion de la destination BonjourQuébec.com.Depuis sa retraite en 2007, il agit comme consultant senior. En 2011, il fait partie de l’équipe de l’entreprise Vecteur 5 et il a fondé sa propre entreprise de communications, Union V.
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Transport

La concurrence des aéroports frontaliers américains

Les aéroports de Burlington et de Plattsburgh attirent de plus en plus de clients au Québec et dans le sud-est de l’Ontario. Les bas prix sur les billets d’avion ont incité environ 337 000 Canadiens à prendre le départ dans ces deux aéroports en 2010, privant le Québec de recettes touristiques qui auraient dû lui revenir.

Un problème pancanadien

En 2010, un million de Canadiens se sont rendus dans les aéroports frontaliers américains pour prendre l’avion. On prévoit que cette proportion triplera en 2015. Ils sont attirés surtout par les prix des billets et les voyages à rabais. L’écart de prix peut aller jusqu’à 50% par rapport aux prix canadiens. Selon un sondage, les Canadiens réaliseraient une économie de l’ordre de 300 $ par billet d’avion à l’aéroport de Plattsburgh. La nouvelle taxe de 5 $US bientôt imposée par les États-Unis aux passagers qui entrent au pays par air ou par mer favorisera davantage les aéroports frontaliers.

Un rapport du Conference Board du Canada indique que les Canadiens sont prêts à faire jusqu’à quatre heures de route en voiture pour économiser. Un sondage portant sur les intentions de voyage d’hiver 2011-2012 établit que 17,4% de ceux qui planifient un voyage en Floride ont l’intention de se rendre en voiture jusqu’à un aéroport américain pour prendre l’avion. Un autre sondage, cette fois de l’Hotel Association of Canada (HAC), évalue que 21% des Canadiens prétendent s’être rendus aux États-Unis pour prendre l’avion en 2010, comparativement à 18% en 2009.

Le problème est pancanadien. On l’observe à Vancouver, à Calgary, à Windsor, à Toronto et dans les Maritimes. Le Québec n’y échappe pas. Les aéroports de Burlington et de Plattsburgh ciblent avec succès le marché des Québécois qui vont aux États-Unis et dans les destinations soleil.

Une concurrence inquiétante

À Burlington, on estime que 40% des 641 000 passagers embarqués en 2010 sont des Canadiens; à Plattsburgh, ils représentent de 85% à 90% des 95 000 passagers embarqués.

Aéroports de Montréal (ADM) évalue les pertes à 300 000 voyageurs par an. Si l’on se fie aux évaluations de Burlington et de Plattsburgh, la fuite serait plutôt de 337 000 passagers embarqués en 2010. De plus, quand une habitude est prise, elle devient ancrée et répandue.

Burlington stagne

Burlington est le principal aéroport frontalier à proximité du Québec. Situé à 160 km de route de Montréal (2 h), l’aéroport traverse une période difficile; les passagers embarqués en 2010 sont 14,3% moins nombreux qu’en 2008. L’entrée en scène de Plattsburgh est vraisemblablement une des causes de ce déclin (voir tableau 1).

L’orientation actuelle de Burlington favorise les connexions avec les principales plaques tournantes américaines. Les transporteurs Continental Airlines, U.S. Airways, JetBlue Airways et Delta Air Lines y offrent des liaisons vers six grandes villes américaines et deux villes en Irlande. Le tarif journalier du stationnement est fixé à 12 $.

Un article de février 2011 fait état de difficultés financières sérieuses à Burlington. Aucun projet majeur n’est annoncé. Il n’y a donc pas lieu d’anticiper une érosion accrue du marché québécois de ce côté dans l’immédiat.

 

Source: Plattsburg International Airport

Plattsburgh explose

Situé à 105 km (80 min) de Montréal, Plattsburgh est plus près que Burlington du cœur du marché québécois et du sud-est ontarien. En 2007, l’ancien aéroport militaire a été converti en aéroport civil. On le présente comme le U.S. Montreal Airport, confirmant une stratégie de promotion ciblée sur le Québec.

Plattsburgh s’est donné une orientation de destinations resorts. Il couvre 35 villes dans 18 pays. Il compte sur quatre transporteurs: Direct Air, Allegiant Air, U.S Airways et, depuis 2011, Spirit Airlines, qui propose à elle seule 28 destinations dans le sud des États-Unis, aux Antilles et en Amérique latine. Ces compagnies aériennes dites « à rabais » profitent de frais d’aéroports et de taxes inférieurs à ceux de Montréal, du marché de proximité du sud du Québec et d’installations aéroportuaires compétitives et efficaces.

Les consommateurs sont attirés par les tarifs aériens plus bas qu’au Québec. La gratuité du stationnement a été remplacée par des frais de 5 $ et 3 $ par jour, ce qui reste encore nettement moins coûteux qu’à Montréal. On sert les clients en français et en anglais.

De 2008 à 2010, la croissance du nombre de passagers a atteint 106% (voir tableau 1). L’arrivée en 2011 de Spirit Airlines multiplie les options de départ vers les destinations soleil et les pays d’Amérique latine.

 Aéroport international de Plattsburg

Source: Plattsburg International Airport

L’avenir est prometteur. On a prévu 150 000 passagers embarqués en 2011. Laurentian Aerospace réalise un investissement de 175 millions de dollars dans des installations d’entretien et des réparations qui devraient être terminées à la fin de 2012. Un projet d’agrandissement de l’aérogare a été annoncé en septembre 2011.

Des répercussions à ne pas sous-estimer

Les transporteurs aériens canadiens et l’HAC s’inquiètent de la concurrence des aéroports frontaliers. Les répercussions de la tendance actuelle, du comportement des Canadiens en matière de voyage, sont bien réelles sur les dépenses touristiques générées au Canada par les voyages à l’extérieur du pays.

Pour les transporteurs canadiens, ce sont des pertes de ventes de billets ou de forfaits. Pour les aéroports, dont Montréal, c’est un manque à gagner pour les frais d’aéroport, les stationnements, les restaurants et les boutiques sur place. Pour les hôteliers, ce sont des nuitées perdues. Pour les entreprises qui préparent, réparent et ravitaillent les avions, c’est aussi un manque à gagner; même chose pour les stations d’essence, les commerces de détail et les taxis. Pour les gouvernements, ce sont des revenus de taxes qui leur échappent.

On oublie souvent que 11% des recettes touristiques du Québec (1, 211 milliard de dollars canadiens) proviennent des dépenses faites au Québec pour des voyages à l’extérieur du Québec. Les 337 000 départs effectués dans les aéroports frontaliers représentent 8% des voyages transfrontaliers ou internationaux totaux partis des aéroports du Québec. Si, par surcroît, ce nombre va croissant, il apparaît urgent de mesurer l’incidence du phénomène et de chercher des solutions.

Les transporteurs et l’HAC réclament de réduire les frais d’aéroports et les taxes. L’idée mérite d’être considérée. Une telle mesure pourrait réduire l’écart de prix, mais ne suffira probablement pas à contrer la concurrence. On pourrait aussi étudier les possibilités de tirer profit des services offerts par les transporteurs à rabais dans des destinations émergentes ou ayant un certain potentiel pour attirer de nouvelles clientèles au Québec qui passeraient par les aéroports frontaliers.

 

Sources:

– Brain, Ryan. «Uncertain times», Tourism, Hospitality and Leisure update, Deloitte & Touche.

– Cardinal, François. «Exode vers Plattsburgh», LaPresse, 30 novembre 2010.

– Conference Board of Canada. «Industrial Outlook 2011, Canada’s air transportation industry: Industrial Outlook».

– Devau Scott. «More Canadians crossing the boarder to fly», Financial Post, 16 février 2011.

– Kelly, Kevin J. «Airport envy: can PGB (Plattsburgh) compete with BTV (Burlington)», Seven days, 9 février 2011.

– Ministère du Tourisme du Québec, «Tourisme en bref au Québec, 2010».

– Statistique Canada, catalogue 51-203-X 2010.

 

Sites Web:

Plattsburg International Airport

The Air DB

Burlington International Airport

 

Henri Chapdelaine – Consultant senior Union V
Détenteur d’une maîtrise en aménagement du territoire de l’Université d’Ottawa et d’une licence en géographie de l’Université Laval, Henri Chapdelaine a mené une carrière de 36 ans dans les domaines du développement économique et touristique au gouvernement du Québec.S’étant joint au ministère du Tourisme en 1985, il a occupé divers postes d’encadrement, notamment comme directeur général du développement, directeur général de la recherche et de la planification et directeur général des services aux clientèles touristiques. Il a été responsable du développement du système de gestion de la destination BonjourQuébec.com.Depuis sa retraite en 2007, il agit comme consultant senior. En 2011, il fait partie de l’équipe de l’entreprise Vecteur 5 et il a fondé sa propre entreprise de communications, Union V.
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Faits et chiffres Marchés géographiques

Des changements majeurs pour les marchés touristiques du monde

La récession de 2009 et la reprise hésitante de 2010 marquent un tournant dans le secteur des voyages touristiques à travers le monde. Perçus comme de nouvelles destinations concurrentes sur le marché touristique global, les pays émergents deviennent les moteurs de la croissance des voyages de loisirs. Les séjours domestiques ont continué de progresser malgré la crise de 2009 (2,8%). Quant aux voyages de loisirs internationaux, ils ont chuté de 4% en 2009 pour rebondir de 5% en 2010.

Ce sont quelques faits saillants d’un rapport sur la résilience du tourisme de loisir publié en mai 2011 par Euromonitor International. Par «voyages de loisirs», Euromonitor entend les voyages d’agrément, les visites de parents et d’amis et les autres buts de voyage qui ne concernent pas les affaires.

Les pays émergents soutiennent la croissance des voyages

En 2010, les pays de l’Asie-Pacifique ont accaparé 39% des voyages de loisirs domestiques et internationaux confondus. L’Amérique latine a pris 10,8% de ce type de voyages, l’Amérique du Nord 22%, et l’Europe de l’Ouest 18,3% (voir figure 1).

La Chine (76,6 millions), l’Inde (70,9 millions) et le Brésil (48,2 millions) affichent la plus grande augmentation du nombre de voyages en 2010. Moins touchés par la récession, ces pays comptent de plus en plus de citoyens qui ont les moyens de voyager pour la première fois; ils choisissent d’abord de visiter leur propre pays, mais ils s’ouvrent aussi aux voyages internationaux.

L’augmentation du revenu disponible est un indice marquant de la croissance des voyages dans un marché. L’Inde et le Brésil sont les grands champions de 2010 à cet égard, ayant atteint un taux de croissance de 27,8%, suivis de près par l’Indonésie et l’Australie.

D’ici 2015, Euromonitor prévoit une croissance annuelle des voyages de loisirs domestiques se situant entre 4% et 5%, alignée sensiblement sur celle du PIB et du revenu annuel disponible. Les arrivées internationales devraient croître de 0,5% à 1% de moins que les voyages domestiques. Comme en 2010, les pays émergents devraient soutenir l’augmentation.

Des résultats surprenants aux États-Unis

En 2010, les États-Unis ont connu une hausse absolue de 30,1 millions de voyages de loisirs domestiques et d’arrivées internationales, occupant ainsi le 4e rang mondial. Prudents devant l’économie vacillante, les Américains sont plus soucieux du coût de leurs vacances. Ils restent plus près de chez eux. Les voyages domestiques y représentent 90% des voyages de loisirs et ont augmenté de 2% en 2010.

Les arrivées internationales sont en hausse de 8% la même année. Cette hausse est surtout attribuable aux touristes des pays émergents, notamment du Brésil. Le taux de change favorable et l’attrait exercé par les États-Unis auprès des nouveaux voyageurs contribuent à cette performance.

Une période difficile pour l’Europe de l’Ouest

Les dépenses touristiques de loisirs ont connu un déclin de l’ordre de 3% en 2010 dans l’Europe de l’Ouest. Les voyagistes proposent davantage de forfaits vacances en dehors de la zone euro à des consommateurs sensibles aux prix. Les voyages domestiques en souffrent.

Tout de même, la France a gagné 7,3 millions de voyages de loisirs en 2010; elle se situe au 7e rang mondial sur ce plan. L’infrastructure touristique particulièrement développée et attrayante en Europe, tout comme celle de l’Amérique du Nord, stimulera les arrivées internationales en provenance des pays émergents.

Une sensibilité accrue au prix

La crise a accentué la sensibilité des touristes à l’égard de ce qu’ils reçoivent pour l’argent qu’ils dépensent. Cette situation favorise les destinations où le coût de la vie est plus bas ou ayant une devise plus faible. La vente des forfaits vacances jouissant d’une meilleure perception qualité-prix a mieux résisté à la récession et devrait recouvrer son niveau d’avant la crise dès 2011. Euromonitor anticipe une croissance de 15,6% de 2010 à 2015 pour la valeur des ventes de forfaits vacances.

Un défi pour le Québec touristique

La conjoncture mondiale et l’évolution des flux touristiques ne sont guère favorables au Québec. Les pays émergents d’Asie, qui nourrissent la croissance du tourisme international, sont très éloignés. Les Américains prennent davantage leurs vacances dans leur pays; leurs voyages de loisirs au Québec ont reculé de 32% depuis 2002 et stagnent depuis 2008. Les arrivées d’Europe de l’Ouest en 2010 sont de 6,2% inférieures à celles de 2008 pour les 6 principaux marchés (France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Suisse et Belgique).

Le taux de change actuel nuit au tourisme domestique; les visiteurs québécois ont dépensé une somme record de 4,167 milliards de dollars hors du Canada en 2009, soit 33,7% de plus qu’en 2004. C’est une ponction lourde sur le portefeuille disponible des dépenses de voyage.

Jean-Marc Eustache, dans une allocution récente, a rappelé que le Canada (voire le Québec) est une destination peu compétitive sur le plan du prix, ce qui rend la vente de forfaits très difficile.

On ne peut donc s’étonner que les résultats récents du Québec en matière de croissance soient inférieurs à la moyenne mondiale (voir tableau 1).

Par rapport aux tendances des marchés, le Québec doit:

  • Porter une attention particulière à son marché domestique, surtout à celui des autres provinces canadiennes qui a bondi de 29,4% en 2010.
  • Établir une stratégie pour les pays émergents. Devançant le Japon, le Brésil est entré en 2010 parmi ses dix marchés internationaux importants. Les voyages en provenance de Chine ont doublé depuis deux ans au Québec et crû de 22% dans les 7 premiers mois de 2011 au Canada.
  • Continuer de miser sur les pays de l’Europe francophone. Le Québec y jouit d’une aura particulière toujours porteuse d’avenir. La remontée récente de 7,2% des voyages en provenance de France au Canada dans les 7 premiers mois de 2011 semble confirmer la pertinence d’une telle orientation.

 

Sources:

– Commission canadienne du tourisme. «Tourisme en bref», juillet 2011. Euromonitor International. «The resilience of leisuretravel», mai 2011.

– Jean-Marc Eustache de Transat A. T. Inc. «Allocution du 12 octobre 2011 à l’Association des MBA du Québec».

– Ministère du Tourisme du Québec. «Le tourisme en bref», 2002, 2008, 2009, 2010.

– Ministère du Tourisme du Québec. «La balance touristique internationale en 2009», 2011.

 

Henri Chapdelaine – Consultant senior Union V
Détenteur d’une maîtrise en aménagement du territoire de l’Université d’Ottawa et d’une licence en géographie de l’Université Laval, Henri Chapdelaine a mené une carrière de 36 ans dans les domaines du développement économique et touristique au gouvernement du Québec.S’étant joint au ministère du Tourisme en 1985, il a occupé divers postes d’encadrement, notamment comme directeur général du développement, directeur général de la recherche et de la planification et directeur général des services aux clientèles touristiques. Il a été responsable du développement du système de gestion de la destination BonjourQuébec.com.Depuis sa retraite en 2007, il agit comme consultant senior. En 2011, il fait partie de l’équipe de l’entreprise Vecteur 5 et il a fondé sa propre entreprise de communications, Union V.