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La diversification des activités de plein air dans les pourvoiries du Québec

Face à cette tendance, de nombreuses pourvoiries cherchent à diversifier leur offre.

Une clientèle de plein air variée

Les données de Statistique Canada de 2010 démontrent que les Québécois et les Canadiens en visite au Québec pratiquent une variété d’activités de plein air, principalement la randonnée pédestre, l’observation de la faune, la détente à la plage et le camping (voir graphique 1). Les touristes canadiens au Québec semblent également intéressés par les activités nautiques. Que ce soit par le développement de sites d’hébergement insolites ou par l’élargissement des activités disponibles, les pourvoyeurs tentent de s’adapter aux demandes d’un segment de clientèle bien présent.

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Le rapport Outdoor Recreation Participation de 2012 précise que près de 50% des Américains âgés de six ans ou plus ont participé à des loisirs de plein air en 2011, soit le plus haut taux de participation des cinq dernières années. Ces résultats démontrent bien le potentiel de développement de cette clientèle pour les pourvoyeurs. Qu’en est-il maintenant de la diversification de l’offre des pourvoiries du Québec?

Des produits diversifiés pour une clientèle élargie

L’auberge du Lac-à-l’Eau-Claire et la pourvoirie du Lac Blanc, en Mauricie, ont développé une offre d’activités très étoffée. Outre la pêche et la chasse, on peut y pratiquer la randonnée pédestre, l’observation de la faune et de la flore, des activités nautiques (pédalos, kayaks, canots, etc.), du quad ainsi qu’une variété de sports (volleyball, tennis, badminton, etc.). En hiver, il est possible d’y faire du traîneau à chiens, de la motoneige, de la glissade sur tube, de la raquette, du ski de fond, de la pêche sur glace et du patin. L’étalement de leur offre leur a permis de prolonger leur période d’exploitation, en plus d’en faire de réels centres de plein air. Les deux destinations mettent également de l’avant des activités intérieures comme les jeux de table, les jeux pour enfants, l’espace santé (Lac-à-l’Eau-Claire) et le centre aquatique (Lac Blanc).

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Source: Auberge du Lac-à-l’Eau-Claire

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Source: Pourvoirie du Lac Blanc

Ces pourvoiries ont aussi su se positionner comme des destinations haut de gamme par le développement de nombreux forfaits. Leurs thématiques sont la gastronomie, la détente, le tourisme d’affaires, les activités estivales ou hivernales, les événements, l’expérience autochtone ainsi que la pêche et la chasse. On retrouve également sur place un centre de location pour la pêche, la motoneige et les autres activités de plein air, ce qui permet l’accueil d’une clientèle néophyte et internationale. La pourvoirie du Lac-à-l’Eau-Claire offre aussi la possibilité de louer un équipement audiovisuel complet pour les mariages ou les réunions d’affaires.

Des loisirs pour toute la famille

La pourvoirie Évasion plein-air Trudeau, située dans la région de Lanaudière, s’est davantage positionnée comme une destination familiale avec le développement d’aires de jeux extérieures et intérieures pour enfants. En plus de la présence d’animaux de la ferme, les enfants peuvent s’amuser avec les jeux aquatiques (trampoline sur l’eau, pédalo, kayak, baignade, etc.). D’autres activités, comme la randonnée pédestre, le vélo de montagne, le ski de randonnée, la raquette et la glissade sur neige sont aussi disponibles sur place. Cette pourvoirie offre également des forfaits corporatifs et pour des événements.

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Source : Pourvoirie Évasion Plein Air Trudeau

De multiples activités d’interprétation

La seigneurie du Triton, en haute-Mauricie, se démarque en misant sur ses sentiers pédestres et ses activités d’interprétation de la faune et de la flore. Accompagnée d’un guide ou d’un animateur, la clientèle est invitée à observer l’ours noir, le castor, les frayères à truite, etc. En plus d’offrir de nombreuses activités de plein air, cette pourvoirie propose un terrain de jeux et un service de garde afin que les parents puissent passer du temps en couple. De plus, les contes et légendes autour du feu de camp en soirée plaisent à tous.

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Source: La Seigneurie du Triton

Située dans les Cantons-de-l’Est, la station de montagne Au Diable Vert est lauréate du prix Or des Grands Prix du tourisme 2012 dans la catégorie hébergement – pourvoiries. C’est sa capacité à innover, à renouveler et à développer des activités d’interprétation originales et écotouristiques qui distingue cette destination des autres. Sur le site, la clientèle est invitée à participer à de nombreuses activités guidées d’interprétation: photographie, mycologie, herboristerie, initiation à la pêche sportive, excursion guidée en kayak à la pleine lune, etc. Pour ajouter à l’expérience, les visiteurs peuvent acheter de la viande de bœuf Highland, élevé sur place.

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Source: Au Diable Vert

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Source: Au Diable Vert

De l’hébergement original

La station de montagne Au Diable Vert présente aussi une offre d’hébergement variée et originale, du site de camping rustique à l’hébergement en auberge. Pour ceux désirant se dépayser davantage, des refuges dans les arbres sont disponibles autant en été qu’en hiver.

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Source: Au Diable Vert

Pour sa part, la pourvoirie Pignon Rouge Mokocan de Lanaudière propose de l’hébergement en yourte traditionnelle. Ce type d’hébergement, en plus de bien s’intégrer au climat québécois, s’inscrit directement dans la tendance glamping (lire aussi: Du camping au glamping: l’hébergement de plein air se diversifie). Avec l’engouement des touristes pour le camping de luxe et l’hébergement alternatif écologique, le développement de ce type d’habitation est une occasion de cibler des segments de clientèle en plein essor.

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Source: Pourvoirie Pignon Rouge Mokocan

Ainsi, l’évolution des besoins de leur clientèle et la forte compétitivité entre les destinations en milieu naturel incitent les pourvoyeurs à adapter et à diversifier leur offre touristique. Tout porte à croire que le développement du plan d’action conjoint entre Aventure Écotourisme Québec, Tourisme Autochtone Québec et la Fédération de pourvoiries du Québec favorisera le développement de l’offre de produits des pourvoiries.

 

Sources:

– Fédération des pourvoiries du Québec. «NOUVEAUTÉ: Hébergement en Yourte à la Pourvoirie Pignon Rouge Mokocan». Janvier 2013.

– Daigle / Saire. « Étude sur la performance économique des pourvoiries du Québec – Année 2010 ». Fédération des pourvoiries du Québec. 2012.

– Gouvernement du Québec. 2012. « Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune ». Art. 78.1. 2012.

– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages des résidents du Canada», traitement spécial, 2006-2010.

– The Outdoor Foundation. « Outdoor recreation participation report 2012». Janvier 2013.

Sites Web:

– Auberge Lac-à-l’Eau-Claire. Lac-à-l’Eau-Claire : St-Alexis-Des-Monts

Pourvoirie du Lac Blanc

– Pourvoirie Trudeau. Pourvoirie Trudeau : Évasion Plein-air

– La Seigneurie du Triton. La Seigneurie du Triton : depuis 1893

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Produits et activités Segments de clientèles

Mise-t-on suffisamment sur la pêche sportive au Québec?

Peu souvent mise en vedette parmi les produits touristiques du Québec, la pêche sportive génère néanmoins annuellement 11,4 millions de journées de pêche effectuées par des Québécois. Le nombre d’adeptes québécois est relativement stable depuis quelques années. Par contre, même si nous disposons d’un produit de haute qualité, la demande provenant des visiteurs de l’extérieur de la province est en forte baisse. La pêche peut prendre plusieurs formes et se commercialiser de diverses façons, par exemple sous une forme plus traditionnelle, nommément en pourvoirie, combinée avec d’autres activités plus spécialisées, comme le saumon, ou même prendre la forme d’une expérience tout urbaine. Ancien fleuron de notre industrie touristique, pourrait-on lui faire regagner ses lettres de noblesse?

Un taux de pratique stable auprès des Québécois

Ce n’est pas d’hier que l’être humain s’intéresse à la pêche. Pratiquée d’abord à des fins de subsistance ou pour des raisons commerciales, c’est l’aspect ludique de la pêche qui la rend intéressante comme produit touristique. Même si pour les Québécois cette activité fait partie du domaine du loisir plus que du tourisme, reste que 16% de ceux-ci s’y adonnent au moins une fois par année. Contrairement à ce que plusieurs pourraient penser, le taux de pratique de la pêche au Québec est resté relativement stable au cours des dernières années (graphique 1). Lors de sa dernière enquête, le Print Measurement Bureau (PMB) recensait 1,07 million de Québécois qui étaient allés à la pêche au moins une fois au cours des douze derniers mois.

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Le nombre de permis de pêche vendus constitue un autre indicateur de la variation de la popularité de l’activité. À cet égard, les chiffres indiquent une baisse progressive depuis 1996, année où les Québécois ont acheté 690 000 permis, pour atteindre un creux en 2006 de 607 000.

Selon les données du PMB, la majorité des amateurs sont des pêcheurs d’occasion et ils pratiquent cette activité une ou deux fois l’an (graphique 2). À l’opposé, 188 000 Québécois (18% des pêcheurs) sont des mordus qui se consacrent à leur passion à au moins dix reprises par année. Ressources naturelles et Faune Québec (MRNF) estime que les Québécois effectuent annuellement 11,4 millions de jours de pêche récréative.

 

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Selon les données du gouvernement, en 2007, c’est dans les régions de la Montérégie, de Montréal, de la Capitale-Nationale et des Laurentides que l’on trouve le plus grand nombre d’adeptes ou de personnes intéressées (tableau 1). L’évaluation du nombre total de pêcheurs établie par le gouvernement du Québec varie par rapport à celle du PMB (814 000 vs 1 071 000). Le marché potentiel global des Québécois qui portent un intérêt à ce loisir sans pour autant le pratiquer est deux fois plus important, étant évalué à quelque 1,6 million de personnes par le MRNF.

CP_2007-08_peche_tbl1L’étude de Ressources naturelles et Faune Québec révèle également que les deux tiers des pêcheurs sont des hommes. Toutefois, la relève ne semble pas être au rendez-vous: alors que les jeunes âgés de 15 à 34 ans forment 33% de la population, ils ne composent que 21% des pêcheurs. On recense par ailleurs 244 000 ménages québécois qui comptent un pêcheur sportif possédant une embarcation.

D’où viennent les voyageurs-pêcheurs?

La pêche sportive constitue un produit touristique de calibre international. Plusieurs destinations livrent une concurrence au Québec, qui jouit néanmoins d’une image de marque enviable auprès de la clientèle. Les principaux facteurs qui font la force d’une destination de pêche sportive sont les suivants: l’abondance de la ressource et le succès de pêche, la possibilité de pêcher un spécimen «trophée», la qualité de l’accueil et de l’hébergement et la beauté de l’environnement. Dans le cas de la pêche au saumon, la disponibilité de services de guide pouvant communiquer en anglais constitue aussi une priorité.

Selon l’enquête de Statistique Canada sur les voyages des Canadiens, le plus important contingent de pêcheurs ayant pratiqué la pêche sportive au Québec lors d’un voyage d’agrément provient de Montréal, avec 524 000 voyages-personnes en 2004 (graphique 3). Plus de 130 000 voyages de pêche ont été réalisés par des Canadiens d’autres provinces.

 

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La pêche comme activité touristique capable d’attirer des visiteurs de l’extérieur du Québec semble néanmoins en perte de vitesse depuis quelques années. Alors que le nombre de permis de pêche vendus à des non-résidents totalisait 33 700 en 1996, il n’était plus que de 15 000 en 2006.
Nos voisins du Sud représentent depuis longtemps un bassin de clientèle intéressant pour la pêche sportive au Québec. Selon l’étude Travel Activities & Motivation Survey 2006 réalisée par Lang Research, 32 millions d’adultes Américains ont effectué un voyage de pêche incluant au moins une nuitée à l’extérieur du domicile au cours des deux dernières années. De son côté, The Lifestyle Market Analyst 2005 évalue à 32,5 millions le nombre de ménages américains qui s’adonnent à la pêche sur une base régulière. Selon la même source, les activités les plus compatibles avec ce segment de population sont les suivantes (les chiffres entre parenthèses représentent l’indice de cette compatibilité; un indice 100 représente la moyenne de l’ensemble de la population américaine):

  • chasse, tir (244),
  • bateau à moteur, voile (209),
  • véhicules récréatifs (194),
  • camping, randonnée (190),
  • équitation (184),
  • mécanique automobile (170),
  • jardinage (159),
  • nature, environnement (156),
  • jeux vidéos (153),
  • collection de monnaie ou de timbres (152).

Voici quelques autres statistiques du marché américain des pêcheurs:

  • près du tiers (31%) sont âgés de 55 ans et plus, 24% de 35 à 44 ans, 23% de 45-54 ans et 17% de 25-34;
  • plus de 37% ont des enfants;
  • une importante proportion des amateurs sont mariés et ont des jeunes enfants;
  • le revenu moyen du ménage se situe à 46 000 USD.

Si l’on se fie aux indices du Lifestyle Market Analyst, l’Américain mordu de la pêche est beaucoup moins susceptible que les autres de voyager par agrément avec un indice de seulement 53.

Pourquoi pas la pêche urbaine?

On associe habituellement la pêche à l’évasion en grande nature, à la recherche de paysages bucoliques et de quiétude totale. C’est vrai, sauf que l’on remarque un certain engouement pour la pêche en zone urbaine. En effet, d’importants efforts ont été consentis au cours des dernières années pour assainir les cours d’eau en périphérie des grandes métropoles. Cela a eu comme résultat de régénérer les populations de poissons et de ressusciter l’intérêt des pêcheurs. On a aussi développé de meilleurs accès aux berges qui profitent aux pêcheurs. Précisons d’ailleurs que, selon la Recreational Boating & Fishing Foundation, 72% des pêcheurs aux États-Unis habitent en milieu urbain. De nombreux opérateurs américains proposent aux touristes de les embarquer pour des voyages de pêche guidés aux alentours des métropoles comme New York, Chicago ou Washington DC.

Mais Montréal n’a rien à leur envier, puisqu’on y trouve une très belle qualité de pêche urbaine, notamment sur les eaux du lac Saint-Louis au sud-ouest de la ville. De nombreux connaisseurs locaux s’y adonnent régulièrement, mais il ne s’agit pas encore d’une activité réellement commercialisée par l’industrie touristique montréalaise. Peut-être y aurait-il un intérêt de la part de la clientèle d’agrément ou d’affaires pour des excursions de pêche guidées à partir du centre-ville de Montréal? D’autant plus que cela procure une vue imprenable sur la ville.

Dans la même veine, soulignons l’initiative du parc de la Rivière-des-Mille-Îles de Laval qui propose, depuis cet été, un nouveau concept clés en main pour les pêcheurs. Destinés d’abord à la clientèle familiale, ce forfait comprend une embarcation avec moteur, des cannes à pêche, un coffre de leurres, des appâts, une glacière, des conseils de pêche, etc. Ce produit offert en périphérie urbaine vise particulièrement les Québécois en quête d’une première expérience de pêche, notamment les communautés ethniques de Montréal.

Par ailleurs, certaines régions peuvent être tentées de développer des créneaux de pêche uniques. C’est le cas par exemple de la région des Îles-de-la-Madeleine qui compte sur un exploitant qui, depuis 12 ans, offre aux touristes une expérience de pêche aux requins. Bref, autant il y a d’espèces à capturer, autant il y a une diversité de régions qui permettent aux touristes d’ajouter à leur voyage une sortie de pêche. Peut-être manque-t-il simplement d’un peu d’innovation et de promotion ciblée pour insuffler un regain d’intérêt à la clientèle extérieure?

Sources:
– Bouliane, Martine. «Un forfait clés en main pour les pêcheurs», La Presse, 25 août 2007.
– Diotte, Simon. «Pêcher à l’ombre des gratte-ciel à Lachine», La Presse, 13 août 2007.
– Lang Research. «Fishing While on Trips, US Travel Market – Travel Activities & Motivation Survey», 21 février 2007.
– Lifestyle Market Analyst. «Lifestyle Profiles», 2005.
– Print Measurement Bureau, 2001-2007.
– Ressources naturelles et Faune Québec. «La faune et la nature ça compte», 2000.
– Simier, Paul. «La pêche sportive au requin», Journal de Montréal, 3 octobre 2006.
– Wilson, Craig. «Urban Fishing Casts Wider Net of Popularity», USA Today, 8 septembre 2006.