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Ailleurs dans le monde Produits et activités

L’appellation «parc national» a-t-elle un impact sur la fréquentation?

Québec prévoit créer 11 nouveaux parcs nationaux, dont neuf au nord du 50e parallèle. Ces futurs parcs couvrent une superficie de plus de 40 000 kilomètres carrés. Ils offrent une nature vierge, des paysages spectaculaires et la possibilité, dans certains cas, d’entrer en contact avec des communautés autochtones qui pratiquent un mode de vie traditionnel. Mais jusqu’où la désignation «parc national» favorisera-t-elle la fréquentation des lieux? Une étude européenne se penche sur un cas en Suède.

Appellation «parc national»: qu’est-ce que ça implique?

Lorsqu’un territoire prend l’appellation de «parc national» au Québec, comme ailleurs dans le monde, il doit répondre à deux objectifs:

  • la protection permanente de milieux naturels;
  • l’accessibilité du public à des fins éducatives et de pratique d’activités compatibles avec la mission.

Cette mission consiste en «la protection permanente et la mise en valeur de milieux naturels représentatifs de l’une ou l’autre des 43 régions naturelles du Québec ou de lieux qui possèdent des caractéristiques naturelles exceptionnelles.»

Sur le plan touristique, les parcs nationaux représentent d’incontestables joyaux pour la pratique d’activités de plein air ainsi que pour l’économie des régions d’accueil. Pensons notamment au pouvoir d’attraction généré par les parcs du Mont-Tremblant et du Bic, ou encore ceux du réseau de Parcs Canada, comme Forillon et la Mauricie. Ces territoires accueillent un grand nombre de voyageurs québécois et internationaux. Le label «parc national» est une véritable marque de commerce qui implique la présence de sites naturels exceptionnels, mais aussi de services et d’aménagements de qualité.

Les projets de parcs nationaux du Québec

À l’heure actuelle, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs considère 11 projets: neuf répartis à travers l’immense territoire au nord du 50e parallèle et deux au sud (voir la carte). Ces derniers sont situés dans le Bas-St-Laurent (Lac-Témiscouata) et en Abitibi-Témiscamingue (Opémican).

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Agrandir l’image

Le 23e parc national, Albanel-Témiscamie-Otish (P1 sur la carte), dont la création officielle est prévue en 2008, est situé à 90 kilomètres au nord de Chibougamau, à quelque 10 heures de route de Montréal. Il se compose de paysages exceptionnels formés d’une nature encore intouchée. La communauté locale des Cris est mise à contribution. On souhaite y attirer une clientèle écotouristique… mais sera-t-elle au rendez-vous?

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Exemple de la Suède

La création du Fulufjället National Park en 2002, situé dans une région montagneuse du nord de la Suède, a fait l’objet de deux enquêtes de fréquentation, la première une année avant sa désignation et la seconde une année après. Cette ancienne réserve naturelle est située à 470 kilomètres de Stockholm et se compose d’une nature vierge dont le couvert végétal est de lichen, ce qui est plutôt rare pour la région. La faune y est abondante: ours, orignaux, oiseaux de proie. On y trouve aussi la plus haute chute de Suède. C’est d’ailleurs autour de celle-ci que se sont concentrés les aménagements liés à l’accueil et à la randonnée pédestre.

Une augmentation de 40%
Un an après la création du parc, on observe une augmentation significative de la fréquentation des lieux: de 38 000 à 53 000, soit 39,5% plus de visiteurs qu’en 2001. Deux sondages (en 2001 et en 2003) ont par ailleurs permis de révéler plusieurs distinctions dans la composition de la clientèle. En 2003, cette dernière est formée d’une plus grande part de:

  • femmes
  • personnes âgées de plus de 50 ans
  • personnes provenant de milieux urbains
  • nouveaux visiteurs (1re visite)
  • personnes estimant qu’un «parc national» accroît la valeur des lieux pour les visiteurs
  • personnes estimant que l’appellation «parc national» contribue à préserver la biodiversité de l’endroit.

Ces changements dans la fréquentation du territoire à l’étude sont l’effet de l’image de marque, mais sont aussi rattachés à des facteurs qui s’y rapportent, tels que l’amélioration des infrastructures d’accès au secteur et d’accueil, la couverture médiatique concernant le parc et son inauguration par le roi de Suède. Le parc fait également partie de PAN Parks, regroupement associé à la World Wildlife Foundation (WWF), label reconnu à travers le monde.

À plus long terme, les auteurs de l’étude estiment qu’après l’effet de nouveauté le nombre total de visiteurs devrait diminuer, mais demeurer supérieur à ce qu’il était avant 2002. La proportion de visiteurs internationaux augmentera à la suite d’une diffusion médiatique plus étendue de la présence du nouveau parc.

Des défis de taille

Le cas de la Suède s’apparente à celui du Québec sur plusieurs plans: climat, grands espaces, faible densité de population. Les résultats de l’étude permettent de réaliser la force de la marque «parc national» et du pouvoir d’attraction qu’elle exerce.

Mais, en ce qui concerne les projets québécois identifiés au nord du 50e parallèle, tous loin et certains même très loin des grands bassins de population, ils font face à des défis majeurs. Mentionnons, entre autres:

  • L’accessibilité: certains secteurs sont inaccessibles par route et le prix des billets d’avion est très élevé.
  • L’éloignement et l’isolement: le parc est un produit d’appel, mais, pour attirer les touristes, la région doit offrir d’autres attraits structurés ainsi que des services.
  • Le recrutement et la formation des employés: en région éloignée, il s’avère parfois difficile de trouver, puis de garder une main-d’œuvre qualifiée et motivée.
  • La concurrence: le coût du transport lié à la visite de ces parcs devra concurrencer celui de destinations déjà bien implantées dans le créneau de l’écotourisme (comme le Costa Rica, le Nicaragua ou encore l’État de l’Alaska).

Comme le précisent les objectifs visés par la désignation d’un parc national, la protection des milieux naturels constitue ici le défi premier. On vise d’abord la création d’aires protégées afin de limiter l’étendue du territoire soumis à l’exploitation des ressources. La fréquentation touristique des parcs contribue ensuite au développement économique du secteur.

Préparez-vous!

Les résultats de l’étude suédoise sont plus susceptibles d’intéresser les intervenants impliqués dans les projets de parcs nationaux plus près des grands bassins de population ou qui se situent le long de circuits touristiques déjà fréquentés. À cet égard, les entreprises touristiques ont intérêt à surveiller l’état d’avancement des travaux ainsi que le comportement des clientèles qui fréquentent les parcs afin d’ajuster leurs services, le cas échéant. Aussi, d’autres projets de parc pourraient voir le jour. Gardez l’œil ouvert!

Sources:

– Diotte, Simon. «Les nouveaux parcs nationaux du Québec», L’actualité, août 2007.
– Fredman, Peter et autres. «Increased Visitation from National Park Designation», Current Issues in Tourism, vol. 10, no 1, 2007.

Sites:
Fulufjället National Park.
Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs.
Société des établissements de plein air du Québec.

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Ailleurs dans le monde Hébergement Tourisme durable

Les hôtels passent au vert!

Beaucoup plus qu’un effet de mode, le virage vert deviendra rapidement un incontournable, si ce n’est déjà fait. Des grandes chaînes comme Fairmont et Accor sont engagées depuis déjà un bon moment dans la réduction, entre autres, de leur consommation énergétique. Les mesures vertes permettent une réduction des coûts d’exploitation et un plus grand pouvoir d’attraction, en plus de marquer des points sur le plan de l’image. Cet article présente une série d’actions concrètes pour améliorer votre performance environnementale.

Pourquoi prendre le virage vert?

Les touristes sont de plus en plus sensibles à la question environnementale. Selon un sondage de l’organisme américain Travel Industry Association (TIA), plus des trois-quarts des voyageurs américains estiment important que leurs visites ne génèrent pas de dommages à l’environnement.

Par ailleurs, plusieurs colloques et congrès majeurs favorisent les établissements «verts» dans le choix d’un site. Aussi, des agences gouvernementales américaines et certaines grandes compagnies encouragent-elles leurs employés en voyage d’affaires à séjourner dans des hôtels qui ont adopté des comportements écologiques.

La certification LEED

La certification LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) constitue Le label en matière de design, de construction et de performance environnementale. Son rôle: encourager et accélérer l’adoption de pratiques vertes et durables dans le domaine de la construction et du bâtiment. Elle fournit les outils nécessaires pour implanter des mesures à cinq niveaux:

  • développement durable du site,
  • économie d’eau,
  • efficacité énergétique,
  • sélection des matériaux,
  • qualité environnementale intérieure.

Cette certification peut s’appliquer, entre autres, à une nouvelle construction, à un bâtiment existant, au design intérieur, à une habitation ou à un quartier.

Et c’est payant!

Selon le U.S. Green Building Council (USGBC), organisme en charge du programme LEED, un établissement certifié LEED, qui implique grosso modo une hausse des coûts de construction de 1 à 2%, devrait réaliser des économies de:

  • 30 à 50% en utilisation d’énergie,
  • 35% en émissions de carbone,
  • 40% en émissions d’eau,
  • 70% en déchets solides.

À titre indicatif, le programme écoénergétique américain «Energy Star» adapte ces données au langage hôtelier. Il estime qu’une réduction de 30 à 50% en consommation énergétique équivaut à une hausse du tarif quotidien de 1,80 à 3,00 USD pour un hôtel limited service et de 4,00 à 6,75 USD pour un hotel full service.

Sans nécessairement prendre un virage radical, un établissement hôtelier peut cependant effectuer plusieurs petits changements qui lui permettront de faire des économies et d’améliorer sa performance environnementale. En général, les hôtels qui adoptent des mesures écologiques retirent des bénéfices de trois façons:

  • Par la réduction des coûts d’exploitation: en ayant recours à des moyens pour réduire la consommation d’énergie, le gaspillage, l’utilisation de l’eau, etc.
  • Par une image rafraîchie et une réputation favorable: se doter d’une image plus «verte» constitue aujourd’hui plus la norme que l’exception.
  • Par une augmentation des revenus: en réinvestissant les économies réalisées grâce aux mesures vertes dans l’amélioration des services offerts ou pour rehausser l’expérience d’hébergement. Ce qui se traduit finalement par une hausse des tarifs ou du taux d’occupation.

Exemples d’hôtels verts

Le magazine Travel and Leisure, en partenariat avec l’organisme environnemental Conservation International, identifiait récemment leurs 20 hôtels verts préférés. Mentionnons les deux suivants:


CB_2007-11_htl_verts_img2Strattons Hotel Norfolk, Royaume-Uni. Les propriétaires du Strattons Hotel Norfolk ont développé une politique environnementale qu’ils réévaluent chaque année. Les employés doivent y adhérer, l’appliquer et sont invités à émettre leurs idées. Cette politique favorise, entre autres, les produits locaux, la réduction significative des déchets (de 2001 à 2006 ils ont diminué de moitié) et le recours à des outils permettant une gestion écoénergétique du bâtiment.

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Spice Island Beach Resort, Grenade. Dans ce luxueux resort de 64 chambres, l’eau est chauffée grâce à l’énergie solaire, les ampoules électriques sont écoénergétiques (fluocompactes), l’eau de la piscine est traitée à l’eau salée plutôt qu’au chlore. Le compostage et le recyclage font partie des mœurs de l’endroit: on composte tous les déchets de table, on réutilise les restes de savon pour en faire du détergent pour laver les uniformes de l’hôtel.

Un autre exemple de l’intérêt pour des projets verts… La célèbre et extravagante destination touristique de Dubaï, dont les préoccupations environnementales peuvent sembler bien loin, caresse le projet d’un édifice commercial de 322 mètres qui ne produira, selon son architecte, aucune émission de CO². Pour y arriver, on aura notamment recours aux énergies renouvelables générées par le soleil, le vent et l’eau.

Plus près de nous, la chaîne Fairmont agit à titre de pionnière dans le domaine puisque, en 1990, elle mettait sur pied le «Partenariat Vert de Fairmont» (document qui fait office de guide de bonnes pratiques hôtelières), c’est-à-dire qu’elle s’engageait à minimiser l’impact de l’exploitation des hôtels sur l’environnement. Ce faisant, la chaîne a remporté en 2006 le prix du Best Corporate Social Responsibility Program.

Au Québec

Cette tendance interpelle aussi les hôteliers québécois. Plusieurs établissements ont développé des comportements responsables pour une meilleure utilisation des ressources, notamment par la récupération, le recours aux produits locaux ou l’installation d’outils écoénergétiques. Parmi les nouveaux projets, le groupe Germain annonçait au printemps 2007 le lancement d’une chaîne d’hôtels, ALT, dont la conception intègre la technologie par géothermie. Ces hôtels comprendront aussi d’autres caractéristiques pro-environnementales tels la récupération de la chaleur de drainage des laveuses commerciales, un système d’éclairage économe d’énergie et des capteurs de qualité d’air dans les salles de réunion, pour ne nommer que celles-là.
Intrawest aussi voit vert. Le promoteur aspire à ce que le développement immobilier du Versant Soleil de la station Mont-Tremblant soit certifié LEED. On fait référence, entre autres, à l’eau de pluie récupérée et à l’utilisation de la matière excavée pour la construction.

Quelques actions simples à envisager dès maintenant

Pour améliorer votre performance environnementale, réduire le gaspillage et, par le fait même, vos coûts d’exploitation, voici quelques solutions vertes applicables au milieu hôtelier.

  • Choisissez des ampoules électriques fluocompactes.
  • Utilisez des compteurs ou des minuteries pour les lieux moins fréquentés.
  • Installez un double mécanisme de chasse d’eau (3 ou 6 litres) dans les toilettes.
  • Sensibilisez vos employés à la cause environnementale et incitez-les à fermer les lumières et à baisser le chauffage ou l’air climatisé (et à fermer les rideaux) dans les chambres inoccupées.
  • Installez des contenants pour le recyclage dans les chambres ainsi que dans les zones communes.
    Achetez les produits biologiques, équitables et si possible locaux.
  • Choisissez des produits de nettoyage, des désinfectants, des peintures et des pesticides non toxiques, ou moins toxiques.
  • Optez pour des items réutilisables comme des serviettes de table en tissu. Évitez les verres en plastique ou, pire, en styromousse.
  • Récupérez les nappes tachées et faites-en des serviettes de table ou encore des tabliers pour les employés de la cuisine.
  • Offrez les surplus de nourriture à un organisme local de charité (genre soupe populaire).
  • Compostez les déchets de cuisine.
  • Choisissez des produits faits à partir de matériaux recyclés pour le matériel de bureau.
  • Utilisez du papier recyclé non blanchi ou encore blanchi à l’aide d’un procédé sans chlore.
  • Minimisez la quantité de papier utilisé pour les clients en réduisant, notamment, la taille des feuilles, ou en favorisant les communications par courriels.
  • Choisissez un système de chauffage à énergie solaire pour la piscine et recouvrez-la d’une toile lorsqu’elle est fermée.

Sources:
– Butler, Jim. «The ‘Real Economics’ Behind GREEN Hotel Development, Conversion and Operation», [www.hotelonline.com], 29 octobre 2007.

– Crous, Yolanda. «Our 20 Favorite Green Hotels», [www.travelandleisure.com], novembre 2007.
– Dubuc, André. «Une place pour l’environnement dans les centres de villégiature», [www.visiondurable.com], octobre 2007.
– Fletcher, Kevin A. «Fitting Greening Efforts Into Your Hotel Operations & Marketing Strategies», HSMAI Marketing Review, hiver 2006-2007.
– Kriscenski, Ali. «Burj Al-Taqa: Zero-Energy Tower for the Middle East», [www.inhabitat.com], 18 octobre 2007.
– Namovich, Richard. «Will a Hotel’s Sustainable Green Program Generate New Revenue and Increased Profits?», [www.hotelonline.com], 2 novembre 2007.
– Globalstewards.org. «Sustainable Solutions for Green Hotels», consulté le 6 novembre 2007.Sites Web:

ACCOR
ALT Hotels
Energy Star
Fairmont
LEED
Spice Island Beach Resort
Strattons Hotel Norfolk

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Marchés géographiques

Le marché brésilien: une puissance montante

Les économies émergentes regorgent d’opportunités d’affaires pour les entrepreneurs de nombreuses industries, dont le tourisme. Pensons aux marchés chinois et indien. La libéralisation de l’économie, l’ouverture sur le monde, l’apparition d’une classe moyenne donnent habituellement naissance à un nouveau marché de voyageurs. Parmi les pays à surveiller: le Brésil. La 10e économie mondiale connaît une forte ascension et les prévisions semblent toutes aussi prometteuses. Une occasion à saisir pour le Canada? Le Québec? Portrait d’un marché émetteur de touristes en pleine expansion.

Connaissez-vous le BRIC?

Le BRIC, concept inventé par l’économiste Jean O’Neill de la banque d’affaires américaine Goldman Sachs,est un acronyme qui identifie le regroupement des pays aux économies émergentes que sont le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine. À l’heure actuelle, ces pays représentent 40% de la population mondiale et 27,3% du produit intérieur brut (PIB) de la planète. En 2010, le BRIC devrait regrouper une classe moyenne de plus de 500 millions d’habitants, soit l’équivalent de la population des 27 pays de l’Union européenne. On prévoit qu’en 2035 la taille des économies du BRIC dépassera celle du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni).

Pour le Canada, sur le plan touristique, le BRIC signifie près de 324 000 touristes, soit 7% de l’ensemble des touristes étrangers (autres que des États-Unis) au pays en 2006. Les graphiques 1 et 2 illustrent la répartition des marchés touristiques du BRIC au Canada et l’évolution de chacun d’entre eux au cours des cinq dernières années. La Chine représente le principal pays émetteur du BRIC, suivi de l’Inde, du Brésil et de la Russie.

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Le Réseau de veille s’est déjà penché sur ces pays, sauf le Brésil; en voici un portrait.

Portrait du marché brésilien

Le Brésil compte environ 190 millions d’habitants dont 80% résident en milieu urbain. Le changement de gouvernement en 2003 a insufflé un vent d’optimisme au pays. L’économie s’en ressent ainsi que la propension des Brésiliens à voyager à l’étranger. Le tableau 1 présente un aperçu du marché émetteur brésilien.

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Lorsqu’ils voyagent aux États-Unis, les Brésiliens fréquentent les restaurants, font du magasinage, vont dans les parcs d’amusement, visitent les sites historiques et les sites touristiques des milieux urbains. En plus de ses vacances d’été, la clientèle de classe moyenne supérieure effectue généralement un voyage de ski. À cet effet, les destinations préférées sont l’Argentine et le Chili, en juillet et août, et le Colorado en décembre et janvier.L’hôtel de 3 ou 4 étoiles constitue le mode d’hébergement le plus courant. Les solutions moins coûteuses telles que le recours aux parents et amis ou encore le camping s’avèrent aussi intéressantes.

Les voyages d’affaires des Brésiliens comptent pour 36% des départs à l’étranger. Cette proportion est similaire à celle de l’Allemagne, le plus grand marché émetteur du monde. Les voyages d’études sont également très prisés par les Brésiliens. Selon le Department of Commerce des États-Unis, le Canada a remplacé le géant américain comme destination favorite pour les voyages d’études à l’étranger. En 2004, 42 000 étudiants brésiliens se sont procuré des «forfaits études» pour des voyages à l’étranger et, en 2005,on prévoyait une hausse de 40% à ce chapitre. Les étudiants brésiliens: une niche à surveiller!

Opportunités, menaces et défis

En 2006, le Canada accueillait environ 65 000 voyageurs en provenance du Brésil. La plupart d’entre eux (82%) sont arrivés par l’Ontario, 9% par la Colombie-Britannique et seulement 7% par le Québec. Précisons que seule Toronto offre un lien aérien direct avec le Brésil, via Air Canada. Faute d’information récente sur les mouvements interprovinciaux, on présume que le Québec accueille une part beaucoup plus grande de voyageurs brésiliens, mais que leur entrée au pays se fait par l’Ontario. En 2004, Tourisme Québec estimait à environ 15 000 le nombre de visites-province réalisées au Québec par les Brésiliens.

Pour une meilleure performance du Québec sur ce marché, il faut cerner les opportunités. Déjà, on peut en identifier deux: le fait qu’il s’agisse d’un marché d’urbains provenant de milieux extrêmement denses et pollués laisse présager des besoins de grands espaces; et le Brésil comprend un marché de skieurs ouverts aux voyages de ski à l’étranger.

Le Canada comme destination semble plutôt en vogue auprès de la clientèle brésilienne. Dans un sondage en ligne sur les destinations prisées pour un voyage d’agrément alors que l’argent n’est pas un facteur, le Canada arrive parmi les 10 premières. Aussi, les États-Unis considèrent-ils le Canada comme un concurrent majeur sur ce marché.
Malgré ces atouts, les défis et les obstacles sont encore nombreux et certains préalables à l’émergence d’un marché touristique durable sont instables, déficients ou simplement inexistants:

  • La desserte aérienne est insuffisante entre le Brésil et le Canada. Cette situation est également vraie pour un grand nombre de destinations étrangères. Les principales compagnies aériennes brésiliennes ont récemment connu d’importantes difficultés financières et remontent tranquillement la pente.
  • En moyenne, seulement 2% du revenu des ménages est attribué aux loisirs. En 2005, cela représentait 180$. Les voyages en dehors du pays s’avèrent encore impensables pour la majorité de la population.
  • L’équilibre politique et économique du pays demeure fragile.
  • Les Brésiliens doivent se munir d’un visa de séjour pour venir au Canada.
  • Sur quelque 190 millions d’habitants, seulement 26 millions utilisent Internet (janvier 2007). Et comme la pauvreté est une réalité très répandue au Brésil, les technologies de l’information et les voyages sont hors des préoccupations d’une grande partie de la population.

Selon la Commission canadienne du tourisme (CCT), le Brésil a démontré une bonne performance au cours des dernières années comme marché pour le Canada. Le contexte socioéconomique du Brésil rend possible une croissance significative des visites au Canada. Actuellement en mode d’évaluation de ce marché, la CCT prévoit élaborer une stratégie de pénétration ciblée si les perspectives s’avèrent toujours positives.

Voir aussi:
Doit-on s’intéresser au marché russe?
L’Inde, un marché à surveiller
Quand la Chine s’éveille

Sources:

– Britain International Market Research, International Partnerships and Industry Relations. «Brazil Market & Trade Profile», VisitBritain, janvier 2007.
– Commission canadienne du tourisme. Marketing, Europe, Amérique latine.
– Ministère du Tourisme du Québec, «Le Tourisme au Québec en bref – 2004».
– Mintel. «Brazil Outbound», Travel & Tourism Analyst, no 7, mai 2007.
-Motte, Muriel. «Les ‘BRIC’ tiennent leurs promesses», Le Figaro, 23 octobre 2006.
– Normand, François. «L’autre géant des Amériques», Les Affaires, 22 septembre 2007.
– Normand, François. «Le BRIC bouleverse l’économie mondiale», Les Affaires, 1er septembre 2007.
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», 2000 à 2007.
– US Commercial Service. «CS Brazil Market Research: Market Update on Travel & Tourism», décembre 2005.

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Hébergement

Des hôtels hantés… pour un sommeil bien perturbé!

TripAdvisor, la communauté virtuelle des voyageurs, présente les 10 hôtels les plus sinistres des États-Unis. Datant des 18e, 19e et début 20e siècles, ces lieux d’hébergement ont chacun leur lot d’histoires et de phénomènes étranges. À l’hôtel St. James, à Cimarron au Nouveau-Mexique, une des chambres est condamnée parce que hantée par un célèbre cow-boy qui s’y est fait tuer. Sur le bateau de l’hôtel Queen Mary, on propose un Dining and Ghost Tour Experience: le groupe est guidé à travers des lieux, habituellement non accessibles au public, où se sont déroulés des phénomènes paranormaux – bruits mystérieux, ombres suspectes, changements de température soudains… À la Myrtles Plantation en Louisiane, considérée comme l’une des propriétés les plus hantées des États-Unis, on raconte qu’un miroir garde prisonnières une ancienne résidente et ses deux filles, qu’elles y laissent leurs empreintes digitales et même qu’elles y font des apparitions. De belles histoires pour dormir l’esprit en paix!

Votre établissement est-il l’hôte de phénomènes étranges? Est-ce devenu une marque de commerce? Faites-nous part de vos expériences en inscrivant vos commentaires à la fin de l’article!

Dans le même esprit… lire: Le tourisme «sombre»: visites macabres ou commémoration et conscientisation?

 

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Sources:

– «The Ten Spookiest Hotels in the U.S.», [Hotel Online], consulté le 12 octobre 2007.

Sites:

www.myrtlesplantation.com
www.stjamescimarron.com
www.queenmary.com

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Produits et activités

Tourisme d’aventure: de quoi parle-t-on au juste?

Randonnée en montagne, descente de rivière, raid en motoneige, montgolfière, quad, équitation ou encore cyclotourisme, le tourisme d’aventure rassemble toute une variété d’activités qui ont parfois peu de choses en commun. Les touristes qui les pratiquent composent aussi une clientèle au profil plutôt hétérogène. Qu’est-ce qui les unit? Le plein air? Le goût du risque? Le défi sportif? L’envie de sortir des sentiers battus? Mais encore… Comment définir ce type de tourisme pour ensuite mieux cerner ses adeptes?

Le tourisme d’aventure représente une part importante de l’offre touristique du Québec. Il s’avère plutôt hasardeux de chiffrer l’ampleur du phénomène vu le caractère éclaté de ce secteur et la difficulté à le circonscrire. Néanmoins, tous s’entendent pour parler d’un produit en croissance, tant dans le monde en général qu’au Québec en particulier.

Mais de quoi s’agit-il?

D’abord, qu’est-ce que l’aventure? Le Petit Robert la décrit comme suit: «Ensemble d’activités, d’expériences qui comportent du risque, de la nouveauté, et auxquelles on accorde une valeur humaine».

Et le tourisme d’aventure? Pour le resituer dans le temps (du moins pour l’Amérique du Nord), on peut reculer jusqu’à l’époque de la colonisation où les voyageurs parcouraient les rivières, défrichaient la terre, découvraient des contrées vierges. Jusqu’à tout récemment, lorsqu’ils parlaient de tourisme d’aventure, les auteurs faisaient référence aux pionniers, à l’exploration de territoires peu fréquentés, à une forme de tourisme où le voyageur doit renoncer en quelque sorte aux standards de confort et expérimenter un pan de l’aventure humaine.

Aussi, les activités de transport telles que le canot, le kayak, la motoneige ou le vélo, qui s’inscrivent aujourd’hui dans le créneau du tourisme d’aventure, étaient alors considérées, par les puristes, comme des outils secondaires permettant de vivre l’expérience plutôt que de constituer eux-mêmes l’objet de l’aventure, ou sa majeure partie.

Comment le définir aujourd’hui?

Comme pour le tourisme en général, le tourisme d’aventure s’est démocratisé, l’offre et la demande ont crû et les produits se sont adaptés. On observe maintenant une offre diversifiée, accessible au néophyte comme au plus avancé, et proposant des produits clé en main (location d’équipement, guide, formation, forfaits divers). Le tourisme d’aventure n’interpelle plus uniquement les aventuriers…

Tourisme de plein air, écotourisme, tourisme de nature et tourisme d’aventure sont maintenant des appellations qui se recoupent et sont souvent associées aux mêmes produits. Certains termes reviennent dans la littérature pour qualifier spécifiquement le tourisme d’aventure. D’abord, comme on parle de tourisme, les notions d’éloignement (40 km ou plus du domicile principal) et de nuitée doivent être considérées, éliminant ainsi la notion de loisir. Ensuite, le tourisme d’aventure suppose une activité réalisée dans un cadre naturel, nécessitant un effort physique et comportant un risque relatif.

Le regroupement Aventure Écotourisme Québec (AEQ), dont la mission consiste à représenter et à promouvoir les producteurs de tourisme d’aventure et d’écotourisme du Québec, définit le tourisme d’aventure de la façon suivante:

«Le tourisme d’aventure est une activité de plein air ou combinaison d’activités se déroulant dans un milieu naturel particulier (endroit inusité, exotique, isolé, inhabituel ou sauvage). En tourisme d’aventure on utilise des moyens de transport non conventionnels, soit motorisés (motoneige, quad, etc.) ou non motorisés (marche, canot, kayak, etc.). De plus, l’activité implique nécessairement un niveau de risque, lequel peut varier selon l’environnement (isolement, caractéristiques géographiques, etc.) ou selon la nature des activités et des moyens de transport impliqués.»

Quelles activités?

Selon Pierre Gaudreault, directeur général de l’AEQ, le kayak de mer, le rafting et l’hébertisme aérien représentent les activités estivales types associées au tourisme d’aventure au Québec. En hiver, le traîneau à chiens et la raquette sont les images fortes.

Le Bureau de normalisation du Québec (BNQ) identifiait, en 2003, les disciplines pouvant être associées au tourisme de nature et d’aventure. Elles sont regroupées en cinq catégories d’activités:

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Certaines de ces activités font davantage référence au tourisme de nature que d’aventure, bien qu’il s’avère plutôt difficile de les discerner. L’observation de la nature, par exemple, peut se faire en kayak de mer et ainsi associer les notions d’effort et de risque. On pourrait aussi en ajouter qui se sont développées depuis 2003, comme l’hébertisme aérien.

Tout un marché!

Afin de donner un ordre de grandeur du marché potentiel, voici quelques données chiffrées relatives au tourisme d’aventure et de plein air:

  • Un sondage réalisé auprès des Québécois révélait que 68% d’entre eux pratiquent des activités de plein air durant leurs vacances (2004).
  • Un peu plus de la moitié des Québécois (51,7%) affirment avoir pratiqué une activité écotouristique ou de tourisme d’aventure au cours de l’année (2004). La marche constitue ici l’activité la plus populaire, suivie, de loin, par le vélo.
  • En 2005, un Américain sur quatre de 16 ans et plus (59,5 millions) a pris des vacances dans le but de pratiquer une activité de plein air.
  • Un sondage auprès du lectorat du magazine américain AARP révèle que 55% des 50 ans et plus se disent adeptes du tourisme d’aventure (2007).
  • Le marché international du tourisme d’aventure représentait, en 2000, de 4 à 5 millions de voyages, soit 7% de tous les voyages entrepris cette même année.

On s’en doute, tous n’ont pas la même perception du tourisme d’aventure. Certains le considèrent comme une occasion de repousser les limites et de vivre des sensations fortes par des activités extrêmes, alors que d’autres l’imaginent très bien en famille, dans un environnement bien encadré où pratiquer des activités de plein air à la portée de tous. Bien cerner le touriste d’aventure s’avère une véritable… aventure! Plusieurs études rapportent des profils de clientèle associés au tourisme de plein air, d’aventure, d’écotourisme ou encore au tourisme de nature. Les appellations sont nombreuses. Mais celles-ci ratissent tellement larges que le profil du voyageur qui s’y rapporte révèle souvent un portrait général et peu significatif.

Segmenter pour mieux cerner la clientèle

Une classification des touristes d’aventure permettrait d’identifier les composantes de ce vaste marché et d’élaborer des stratégies de marketing beaucoup plus ciblées. À titre d’exemple, l’auteur Heidi H. Sung, spécialiste en tourisme d’aventure, publiait une typologie du touriste d’aventure:

  • Enthousiastes
  • Jeunes à petit budget
  • Modérés
  • Fervents naturalistes
  • Familles
  • Solistes actifs

Désuets aujourd’hui parce qu’ils datent, les résultats de l’enquête qui sous-tend cette segmentation permettaient de définir chacun de ces groupes et de révéler leur profil sociodémographique, leur comportement de voyage et leurs attentes face à la pratique d’activités de tourisme d’aventure. Cet exercice révélait des distinctions significatives entre les groupes.

Élaborer une segmentation adaptée à la réalité québécoise permettrait aux producteurs de mieux connaître leur clientèle, de la rejoindre efficacement mais aussi de façonner son offre pour mieux répondre à ses besoins.

Voir aussi: «Quand le tourisme d’aventure et de plein air devient une aventure pour l’entreprise».

Sources:
– Bureau de normalisation du Québec. «Norme: Prestation des services à la clientèles – Tourisme de nature et d’aventure», 2003.
– Bourdeau, Philippe. «Le tourisme d’aventure: pratiques et discours», Téoros, vol. 13, no 3, automne 1994.
– Cazelais, Normand. «Mais de quoi s’agit-il au juste?», Téoros, vol. 13, no 3, automne 1994.
– Groupe DBSF. «Étude sur la valeur économique de l’écotourisme et du tourisme d’aventure», Aventure Écotourisme Québec, 2004.
– Ministère du Tourisme du Québec. «Le Québec grande nature: Plan intégré de l’expérience. Diagnostic et orientations», mai 2007.
– Réseau de veille en tourisme. «Sondage sur la pratique d’activités de plein air chez les Québécois», 2004.
– Scott, Kristin et John C. Mowen. «Travelers and their Traits: A Hierarchical Model Approach», Journal of Consumer Behavior, mars-juin 2007.
– Sung, Heidi H. «Classification of Adventure Travelers: Behavior, Decision Making, and Target Markets», Journal of Travel Research, mai 2004.
– Merritt, Jennifer. «Onsite: AARP Editor Details Baby Boomer Travel Trends», TravelAgent [www.travelagentcentral.com], 19 septembre 2007.
– XOLA: Adventure Industry Consultants. «2006 Adventure Travel Industry Research Round-Up», 2006.