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Les défis de la commercialisation des résidences de tourisme au Québec

Le marché de la location des résidences de tourisme semble en croissance sur la scène mondiale. Entre les mois de mars et de juillet 2010, le nombre de propriétés à louer sur le site HomeAway.com, le plus important portail de location de vacances au monde, est passé de 185 000 à 230 000 propriétés affichées, en augmentation de près de 25%. Au Québec, c’est la forme d’hébergement touristique qui a connu la plus grande croissance de son offre au cours des dernières années. Dernière analyse d’une série de trois portant sur le marché des résidences de tourisme de villégiature.

Le portrait des chalets loués au Québec

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Entre 2002 et 2009, le nombre d’attestations de classification pour les résidences de tourisme, officiellement répertoriées par la Corporation de l’industrie touristique du Québec (CITQ), est passé de 1119 à 2063, ce qui représente une hausse de 84% (graphique 1). L’attestation de classification tient lieu d’autorisation pour exploiter un établissement d’hébergement touristique. Elle est obligatoire depuis l’entrée en vigueur de la Loi sur les établissements d’hébergement touristique en décembre 2001, ce qui a fortement contribué à l’augmentation et à la structuration de l’offre.

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Quant au nombre de résidences de tourisme disponibles, il est passé de 7020 à 9304 durant cette même période, en augmentation de 33%. Selon les données de la CITQ, les établissements hôteliers génèrent 60% de l’offre d’hébergement commercial. De leur côté, les résidences de tourisme représentent environ 7% du nombre total d’unités disponibles sur le marché (tableau 1).

Ces données sont toutefois difficilement comparables. Dans le cas des établissements hôteliers, les unités représentent généralement une chambre, alors que dans le cas des résidences de tourisme, elles signifient soit un appartement, une maison ou un chalet, incluant une ou plusieurs chambres. Par ailleurs, il est généralement convenu que l’offre de résidences de tourisme est beaucoup plus importante. En dépit de la Loi sur les établissements d’hébergement touristique, il existe un vaste marché de résidences secondaires non répertoriées. Ces propriétés sont louées à court terme ou pour la saison, sans déclaration de revenus, le plus souvent à des proches, mais aussi à d’autres particuliers.

En plus du pouvoir persuasif de la Loi et du travail des classificateurs de la CITQ, la croissance du marché immobilier des résidences secondaires a également favorisé le développement de l’offre, les nouveaux propriétaires cherchant à financer une partie de leur acquisition. Enfin, Internet a favorisé l’essor de ce type d’hébergement; à preuve, les nombreux portails offrant la possibilité de trouver des chalets, notamment avec des outils de gestion de la disponibilité en ligne (tableau 2).

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Trois types de détenteurs d’une attestation de classification

Le marché locatif des résidences de tourisme peut être divisé en trois types de détenteurs d’une attestation de classification: les résidences de tourisme gérées par les propriétaires, celles administrées par des gestionnaires et les locataires.

Les résidences de tourisme gérées par des gestionnaires représentent 15% des attestations de classification et 29% des unités de résidences de tourisme (tableau 3). Tremblant Sunstar et Wyndham Cap Tremblant en sont des exemples. Quant aux détenteurs d’une attestation de locataire, ce sont généralement des compagnies spécialisées dans le domaine de la location de résidences de tourisme qui se voient attribuer un contrat pour gérer un immeuble ou un regroupement de plusieurs résidences de tourisme à louer.

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Une majorité de clients magasinent en ligne, une minorité achète sur la toile

En raison de la spécificité du produit, le processus de location des résidences de tourisme est complexe. La firme PhoCusWright s’est intéressée au phénomène et malgré le fait que les données se limitent à la clientèle étatsunienne, les constats qui en ressortent offrent une meilleure compréhension du défi que représente la commercialisation des résidences de tourisme.

Aux États-Unis, environ 64% des voyageurs d’agrément ayant séjourné dans une résidence de tourisme ont effectué une recherche en ligne. Il s’ensuit une série d’échanges par courriel ou par téléphone pour ultimement effectuer la réservation. Seulement 12% ont fait une réservation en ligne et près de 100% de ces revenus sont générés par les compagnies responsables de la gestion de résidences de tourisme. Si la réservation est effectuée directement auprès du propriétaire, les deux parties doivent également s’entendre sur le mode de paiement. Très souvent, peu ou pas de garanties sont offertes aux consommateurs. Les propriétaires qui désirent louer leur propriété ont intérêt à s’annoncer dans différentes catégories de sites, car seulement 15% des répondants affirment visiter les sites des propriétaires (graphique 2).

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Au Québec, 60% des résidences de tourisme officiellement répertoriées par la CITQ ont un courriel et un site Web, alors que 36% ne possèdent pas de site Internet. Seulement 12% n’ont ni courriel ni site Web (tableau 4).

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Un défi majeur: combattre les préjugés et séduire les clientèles touristiques

Parmi les raisons évoquées par les voyageurs américains ne séjournant pas en résidence de tourisme, le manque de notoriété (36%) et la méconnaissance du produit (19%) sont régulièrement cités. Les résidences de tourisme sont également considérées comme plus coûteuses par 31% des répondants. Pour plusieurs propriétaires, plus de 50% des revenus de location proviennent des clients loyaux et des références de ceux-ci. Un des enjeux est donc d’augmenter la proportion de nouveaux utilisateurs de cette forme d’hébergement.

Le Québec, capitale mondiale du chalet?

Avec ses cabanes de bois rond et ses chalets en pleine nature, le Québec aurait avantage à mieux promouvoir son offre de résidences de tourisme dans son ensemble aux visiteurs hors Québec, et plus particulièrement aux visiteurs de la France et de l’Angleterre, qui sont friands de ce type d’expérience. Une section de BonjourQuebec.com pourrait regrouper de façon plus officielle, et surtout sécurisante pour les touristes, l’offre de chalets au Québec.

Le défi de l’industrie touristique du Québec est entier et réside dans sa capacité à mieux structurer son offre, mais aussi à séduire et à sécuriser les touristes potentiels par rapport à ce mode d’hébergement.

À lire aussi:

L’importance du marché des résidences de tourisme de villégiature au Québec
Découvrir le profil des consommateurs des résidences de tourisme de villégiature au Québec

Sources:

CITQ, traitement spécial, 2009.

Connolly, Daniel J. et Douglas Quinby. «Vacation Rental Marketplace: Poised for Change», PhoCusWright, 2009.

Corporation de l’industrie touristique du Québec (CITQ)

HomeAway

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Découvrir le profil des consommateurs des résidences de tourisme de villégiature au Québec

Au Québec, le marché des résidences de tourisme de villégiature gagne à être connu. Saviez-vous que 2,7 millions de voyages-personnes ont été réalisés dans des chalets privés en 2008? Que les séjours dans les chalets loués ont engendré des dépenses de 122 millions de dollars, ce qui représente le second rang en termes de revenus d’hébergement au Québec? Qui sont ces touristes? Que font-ils?

Dans le cadre du deuxième texte d’une série d’analyses portant sur les résidences de tourisme de villégiature, voici un profil détaillé de ces voyageurs, selon qu’ils ont séjourné dans un chalet loué ou privé. Le profil des touristes séjournant dans les hôtels sera également décortiqué à des fins comparatives.

Soulignons tout d’abord que les chalets (type d’hébergement qui regroupe les chalets, cabines et maisons de villégiature selon la définition de Statistique Canada) se divisent en deux catégories:

  • le chalet privé: résidence secondaire fréquentée sans rémunération par le propriétaire, sa famille ou ses amis;
  • le chalet loué: un hébergement commercial ou une résidence secondaire.

Une clientèle québécoise… urbaine

Les touristes d’agrément canadiens qui séjournent dans les résidences de tourisme sont majoritairement des Québécois (graphique 1). En comparaison, 25% de la clientèle d’agrément canadienne qui fréquente les établissements hôteliers provient de l’extérieur du Québec.

Graphique 1
Provenance des touristes d’agrément canadiens, selon le mode d’hébergement et la province d’origine (2008)

Source: Statistique Canada

Sans surprise, le marché de la région métropolitaine de Montréal génère le plus important volume de voyages-personnes, suivi de ceux d’Ottawa-Gatineau et de la région de Québec. À l’exception des visiteurs de la région d’Ottawa, l’hébergement dans les résidences de tourisme de villégiature est peu prisé par les touristes canadiens provenant de l’extérieur du Québec (graphique 2).

Graphique 2
Provenance des touristes d’agrément canadiens au Québec, selon le mode d’hébergement et la région d’origine, en milliers (2008)

Source: Statistique Canada

Un mode d’hébergement touristique dominant dans plusieurs régions

À l’exception des régions de Montréal, Québec et Charlevoix, le volume de voyages-personnes dans les chalets privés surpasse celui des hôtels (graphique 3). Les régions des Laurentides, des Cantons-de-l’Est et de Québec se démarquent par le volume de séjours réalisés dans les chalets loués.

Graphique 3
Destination des touristes d’agrément canadiens au Québec,
selon le mode d’hébergement, en milliers (2008)

Source: Statistique Canada

Un profil qui varie peu selon le mode d’hébergement

  • Les chalets loués sont très populaires auprès des jeunes: 39% des voyageurs qui s’y arrêtent sont âgés de 34 ans et moins (graphique 4). L’âge moyen de cette clientèle est de 43,7 ans, ce qui est similaire à la clientèle des hôtels, dont l’âge moyen est de 44,2 ans. Les utilisateurs des chalets privés sont plus âgés; ils ont en moyenne 50,9 ans.

Graphique 4
Âge des touristes d’agrément canadiens au Québec,
selon le mode d’hébergement (2008)

Source: Statistique Canada

  • Les clientèles ayant séjourné dans un chalet privé, loué ou dans un hôtel sont majoritairement à l’aise financièrement. Plus de 60% de ceux qui séjournent dans un chalet privé ont un revenu du ménage supérieur à 75 000$, alors que cette proportion atteint 51% pour les chalets loués (graphique 5).
  • S’il est vrai que cette catégorie d’hébergement touristique correspond bien aux besoins des familles, on observe que 75% des séjours dans les chalets privés s’effectuent sans enfant, alors que cette proportion passe à 81% pour les séjours dans les chalets loués. Rappelons que 77% de tous les séjours des touristes d’agrément canadiens au Québec sont effectués par des groupes composés d’adultes seulement.
  • Comme les autres formes d’hébergement, l’industrie des résidences de tourisme est saisonnière, quoique cela s’avère un peu moins marqué pour les chalets privés.

Graphique 5
Revenu du ménage des touristes d’agrément canadiens au Québec,
selon le mode d’hébergement (2008)

Source: Statistique Canada

Les activités prisées lors des séjours dans les chalets

Sans surprise, les activités de plein air comme la pêche, la randonnée pédestre, l’observation de la faune et la visite de parcs nationaux sont plus fréquemment pratiquées par les touristes d’agrément canadiens (graphique 6).

Graphique 6
Proportion d’activités pratiquées par les touristes d’agrément canadiens au Québec,
selon le mode d’hébergement (2008)

Source: Statistique Canada

Les touristes qui séjournent dans les chalets privés sont proportionnellement moins actifs que ceux séjournant dans les chalets loués, relativement à leur participation à des activités culturelles. À l’exception de la participation à un festival, ils visitent dans une moindre proportion les musées, les sites historiques, les parcs thématiques et les zoos et les aquariums.

L’influence du type d’hébergement sur la durée de séjour et les dépenses

Il est peu surprenant de constater que les séjours dans les chalets durent plus longtemps que ceux dans les hôtels; 27% des séjours dans les chalets loués durent cinq nuits et plus. Toutefois, il ne faut pas négliger le fait que 47% des voyages-personnes effectués dans les chalets loués sont de deux jours ou moins.

Malgré une durée de séjour moyenne intéressante (3,08 nuits), les touristes d’agrément ayant séjourné dans une résidence secondaire dépensent très peu (tableau 1). Ce phénomène s’explique en partie par les débours en hébergement, qui sont inexistants chez les utilisateurs de chalets privés (graphique 7).

Tableau 1: Caractéristiques des voyages des touristes d’agrément canadiens au Québec selon le mode d’hébergement (2008)


Source: Statistique Canada

Graphique 7
Dépenses moyennes des voyageurs d’agrément canadiens au Québec, selon le mode d’hébergement, en dollars (2008)

Source: Statistique Canada

On remarque également le faible niveau de dépenses des touristes séjournant dans les chalets privés pour les autres catégories répertoriées par Statistique Canada. Plus particulièrement, les débours de ces visiteurs pour les divertissements, les sports et loisirs ainsi que les restaurants et les bars sont minimes.

Quand les défis représentent des occasions d’affaires

D’une part, les organismes locaux de tourisme doivent séduire les touristes qui séjournent dans des chalets privés afin de les encourager à profiter davantage des activités touristiques offertes dans leur région. À l’exception des activités de plein air, le taux d’activité touristique de ces touristes est particulièrement faible. On observe également que le niveau de dépenses dans les restaurants et les bars est également très bas. Est-il possible que cette clientèle touristique soit peu sollicitée par les organisations touristiques? Sur ce plan, les interventions se réaliseront principalement à l’échelon local et régional (lire aussi: Connaître et amadouer les touristes en visite chez des parents ou des amis).

D’autre part, le défi est tout autre pour le marché des résidences de tourisme à louer. Malgré une offre diversifiée et de qualité, les séjours dans ce type d’hébergement demeurent marginaux auprès de la clientèle hors Québec et internationale. C’est un secteur fortement fragmenté, composé d’un nombre élevé de propriétaires, ainsi que de nombreuses petites et moyennes entreprises responsables de la gestion d’un groupe de résidences de tourisme. Très souvent, peu ou pas de garanties sont offertes aux consommateurs. Cette réalité nuit à la perception de la clientèle et complexifie grandement la commercialisation et le mode de distribution de ce type d’hébergement. Cela joue contre la notoriété du marché et la confiance des consommateurs et des agents de voyages.
Est-ce que l’industrie touristique saura relever le défi?

À lire aussi:
L’importance du marché des résidences de tourisme de villégiature au Québec

Sources:
– Connolly, Daniel J. et Douglas Quinby. «Vacation Rental Marketplace: Poised for Change», PhoCusWright, janvier 2009, 43 p.
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages des résidents du Canada», traitement spécial, 2006-2008.

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L’importance du marché des résidences de tourisme de villégiature au Québec

Saviez-vous que 35% de tous les voyages d’agrément des Canadiens au Québec ont été réalisés dans des résidences de tourisme de villégiature, communément appelées chalets? Cette forme d’hébergement touristique est la plus utilisée par les touristes d’agrément canadiens; elle génère 18% de l’ensemble des dépenses de cette catégorie de voyageurs. Pourtant, il s’agit d’un secteur de l’hébergement qui est méconnu des intervenants touristiques de la province.

D’entrée de jeu, soulignons que les chalets incluent les cabines et maisons de villégiature, selon la définition de Statistique Canada, et se divisent en deux catégories:

  • chalet privé: résidence secondaire fréquentée sans rémunération par le propriétaire, sa famille ou ses amis;
  • chalet loué: hébergement commercial ou une résidence secondaire.

Cette première analyse d’une série de trois vise à cerner la demande liée au marché des résidences de tourisme de villégiature au Québec, alors que les suivantes délimiteront le profil de la clientèle et les défis de la commercialisation de ce type d’hébergement.

Une minorité de touristes internationaux séjourne dans les chalets

Selon les données de l’enquête effectuée auprès des voyageurs internationaux par Statistique Canada (EVI), une forte majorité de la clientèle d’agrément en provenance d’outre-mer (incluant le Mexique) et des États-Unis préfère séjourner dans les hôtels (graphique 1).

Graphique 1
Nombre de voyages-personnes des touristes d’agrément internationaux au Québec, selon le mode d’hébergement (2008)

Source: Statistique Canada

La clientèle d’agrément provenant d’outre-mer ne séjourne presque pas dans des chalets (1 800 voyages-personnes), alors que les Américains ont effectué 47 700 voyages-personnes dans des chalets en 2008, ce qui représente 4% du marché des États-Unis.

Il est important de souligner que les données de l’EVI ne permettent pas de faire la distinction entre l’utilisation des chalets loués et celle des chalets de villégiature privés, mais il est permis de croire que la majorité des touristes internationaux ont payé pour séjourner dans un chalet.

Un mode d’hébergement prisé par les touristes québécois

Plus de 90% des touristes séjournant dans les chalets privés ou loués sont des Québécois. À l’exception des visiteurs de la région d’Ottawa, très peu de touristes canadiens hors Québec demeurent dans une résidence de tourisme durant leur séjour au Québec.

Un volume impressionnant de séjours dans les chalets privés

Plus de 29% des voyages d’agrément des Canadiens ont été réalisés dans des chalets de villégiature privés au Québec, ce qui représente environ 2,7 millions de voyages-personnes et 8,2 millions de nuitées (graphique 2). En comparaison, le nombre de séjours dans les établissements hôteliers du Québec est évalué à 1,9 million de voyages-personnes pour 3,9 millions de nuitées.

Graphique 2
Nombre de voyages-personnes des touristes d’agrément canadiens au Québec selon le mode d’hébergement, en milliers (2006, 2007 et 2008*)

*Données en cours de révision               Source: Statistique Canada

Les chalets loués sont moins populaires auprès des touristes d’agrément canadiens. À ce titre, les séjours dans cette catégorie d’hébergement représentent 6% des voyages-personnes, ce qui équivaut tout de même à 550 000 séjours touristiques et à 1,9 million de nuitées.

Le changement méthodologique que Statistique Canada a apporté à l’Enquête auprès des voyageurs résidents du Canada (EVRC) en 2005 ne nous permet pas de comparer les dernières données avec celles des années antérieures. Depuis ce changement, le nombre de voyages-personnes était relativement stable entre 2006 et 2007, mais les données de 2008 sont en cours de révision par Statistique Canada, en raison de l’évolution atypique des voyages-personnes effectués dans les chalets loués et privés.

Importance économique du marché des résidences de tourisme au Québec

En dépit du flou entourant l’évolution de ces deux catégories d’hébergement touristique, l’importance économique des chalets et des résidences de tourisme est indéniable au Québec. Selon Statistique Canada, les touristes canadiens ayant séjourné dans des chalets privés ont déclaré des dépenses atteignant 262 millions CAD en 2008, alors que ceux ayant loué des chalets ont déboursé plus de 249 millions CAD (graphique 3).

Graphique 3
Répartition du nombre de voyages-personnes et des dépenses déclarées par les touristes d’agrément canadiens au Québec, selon le mode d’hébergement (2008)

Source: Statistique Canada

Le marché des résidences secondaires se démarque donc par un grand volume de touristes, alors que celui des chalets loués génère des dépenses totales équivalentes, et ce, malgré un nombre de séjours moins important. Précisons néanmoins que dans le cas des chalets privés, ces données ne tiennent pas compte des autres types de dépenses, notamment les taxes foncières, les dépenses d’entretien des bâtiments, les investissements en rénovation, effectuées par les propriétaires de chalets privés.

Un marché mondial en pleine expansion?

Malgré le fait qu’il soit difficile de circonscrire avec exactitude le marché des résidences de tourisme en France, on peut affirmer qu’il s’agit d’un type d’hébergement touristique populaire. Selon le Syndicat national des résidences de tourisme, 11 millions de personnes ont séjourné dans des résidences de tourisme en 2006, dont 74% de résidents français.

Aux États-Unis seulement, la firme PhoCusWright estime que le marché des résidences de tourisme et des condos génère des revenus annuels de location de 24,3 milliards USD, ce qui représente 8% de l’ensemble des dépenses de voyage aux États-Unis.

Entre septembre 2008 et 2009, l’achalandage du site HomeAway.com, le plus important portail pour la location de résidences de tourisme au monde, a crû de 48% pour atteindre plus de 85 millions de visites sur une base annuelle. En 2009, l’agence de tourisme Orbitz mettait en ligne le site Zonder.com, dont le contenu est dédié à l’offre de résidences de tourisme.

Une clientèle internationale à conquérir

Pour la clientèle européenne, les chalets commerciaux correspondent à la recherche d’une expérience authentique dans la nature et ses grands espaces. Quant à la clientèle canadienne hors Québec et américaine, les chalets représentent pour eux une forme d’hébergement touristique plus abordable en fonction de l’espace disponible, offrant tout le confort de la maison, que ce soit en couple, en famille ou en groupe.

Dans ce contexte, le marché des résidences de tourisme représente une formidable opportunité de croissance pour l’industrie touristique au Québec, à cause du niveau de dépenses de cette clientèle, qui est élevé, et du faible volume actuel de touristes hors Québec.

Sources:

– CITQ. Compilation spéciale à partir de leur calcul des établissements d’hébergement touristique (à l’exclusion des établissements de camping) en exploitation le 24 mars 2010.

– Connolly, Daniel J. et Douglas Quinby. “Vacation Rental Marketplace: Poised for Change”, PhoCusWright, 2009, 43 p.

HomeAway, Homeaway.com, 2010.

– May, Kevin. “Is HomeAway Right When It Says Holiday Rentals Is the Hottest Sector in Travel?”, Twooz.com, 6 novembre 2009.

-Sabbah, Catherine. «Avantages et limites de la résidence de tourisme», Veilleinfotourisme.fr, 14 mai 2007.

– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages des résidents du Canada», traitement spécial, 2006-2008.

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Du piquet de tente au véhicule récréatif, l’évolution de la pratique du camping au Québec

Depuis 2005, les séjours des campeurs utilisant la tente ont chuté de 34%, alors qu’on observe une augmentation des voyages en véhicules récréatifs (VR) de 6,9%. Malgré tout, la pratique du camping est à la hausse au Québec, principalement à cause de l’augmentation importante du nombre de campeurs saisonniers. Les adeptes du camping sont moins nombreux parmi la clientèle hors Québec de l’Ontario et des États-Unis, alors que seulement 3,5% des séjours touristiques des Canadiens et à peine 1,4% des voyages des Américains au Québec sont réalisés en plein air. Voici un portrait sommaire de l’évolution de la pratique du camping au Québec et du profil des campeurs québécois.

Les campings saisonniers et les véhicules récréatifs ont la cote

Selon une récente étude du ministère du Tourisme du Québec, l’achalandage des terrains de camping s’est accru de 7,2% entre 2005 et 2009. Cette croissance est le reflet de l’augmentation de 12% du nombre de campeurs saisonniers, comparativement à une diminution de 8,7% du nombre de campeurs de passage (graphique 1). Les campeurs saisonniers louent un emplacement pour lequel il existe un contrat de location valide pour la saison, alors que les campeurs de passage louent un emplacement à la journée. Le marché des campeurs saisonniers est majeur pour les exploitants de campings, puisqu’il représente 79% des emplacements occupés.

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Nombre moyen d’emplacements de location loués quotidiennement à tous les campeurs, 2009 comparé à 2005

Source: ministère du Tourisme

La diminution du nombre de campeurs de passage est directement attribuable au déclin important du nombre d’adeptes du camping traditionnel (graphique 2). Entre 2005 et 2009, l’utilisation de la tente a diminué dans toutes les régions touristiques du Québec, à l’exception de Manicouagan. À l’opposé, la pratique du camping en VR est à la hausse. De plus, il est fort probable que les emplacements loués sur une base saisonnière accueillent essentiellement ce type de véhicule. Veuillez noter que, dans le cadre de l’étude du ministère du Tourisme, la catégorie VR comprend les tentes-roulottes, les roulottes et les véhicules motorisés.

Graphique 2
Nombre moyen d’emplacements de location loués quotidiennement aux campeurs de passage, 2009 comparé à 2005

Source: ministère du Tourisme

Autrefois considéré comme un mode de vacances économiques et populaires, le camping semble évoluer vers ce qu’on appelle en France l’hôtellerie de plein air. Louis Jean, directeur général de Camping Québec, observe que la clientèle adepte du tourisme de plein air cherche de plus en plus de commodités et de confort (lire aussi: Le plein air et le luxe font bon ménage!, Et si l’hôtellerie de luxe diversifiait son offre par le biais du camping). La popularité grandissante des voyages de vacances en VR s’inscrit dans cette tendance. Dans une analyse précédente (lire aussi: Le tourisme lié aux véhicules récréatifs), Claude Péloquin soulignait que plus de 170 000 Québécois ont effectué un voyage en VR en 2008-2009, comparativement à seulement 94 000 Québécois cinq ans auparavant.

Qui sont les adeptes de camping au Québec?

Voici quelques faits saillants du profil des campeurs québécois. Certaines données sont présentées avec celles de l’ensemble des voyageurs d’agrément à des fins comparatives.

  • En plus d’une majorité de campeurs qui proviennent de Montréal (graphique 3), ils sont plus nombreux à provenir de l’extérieur des régions métropolitaines (35%) que la moyenne des touristes d’agrément québécois (29%).

Graphique 3
Répartition de l’origine de l’ensemble des touristes d’agrément québécois et de ceux séjournant en camping en 2008

Source: Statistique Canada

  • Ils sont légèrement plus jeunes (tableau 1). Plus de 54% des adeptes de camping sont âgés de 35 à 54 ans, alors que 32% ont moins de 34 ans.

Tableau 1: Âge, dépenses et durée de séjour de l’ensemble des touristes d’agrément québécois et de ceux séjournant en camping en 2008

Source: Statistique Canada

  • Les campeurs possèdent un diplôme universitaire (18%) dans une proportion moindre que la moyenne des touristes d’agrément québécois (29%).
  • Les travailleurs de la construction (11%) et de la fabrication de biens durables (15%) sont surreprésentés parmi les campeurs québécois.
  • Les revenus des ménages des adeptes du camping sont légèrement inférieurs à la moyenne des touristes d’agrément québécois (graphique 4). Toutefois, ils dépensent presque autant que ceux-ci, notamment grâce à une durée de séjour plus longue (tableau 1).

Graphique 4
Revenu par ménage de l’ensemble des touristes d’agrément québécois et de ceux séjournant en camping en 2008

Source: Statistique Canada

  • Près de 78% des séjours de camping se déroulent entre les mois de juin et d’août, ce qui correspond à la période ciblée par l’étude du ministère du Tourisme du Québec.
  • Ce sont des touristes actifs qui privilégient particulièrement les activités de plein air. De plus, ils pratiquent des activités culturelles et de divertissement dans une proportion similaire à celle des touristes d’agrément québécois (graphique 5).

Graphique 5
Proportion de quelques activités pratiquées par l’ensemble des touristes d’agrément québécois et par ceux séjournant en camping en 2008
*Source: Statistique Canada
*Plus d’une réponse était acceptée


Un marché important pour le Québec

L’industrie du camping est d’une importance majeure au Québec. En 2008, Statistique Canada estimait que les Québécois avaient réalisé près de 1,4 million de voyages-personnes en camping au Québec et avaient dépensé plus de 346 millions CAD durant leur séjour, excluant les nombreux achats liés aux équipements. Cela représente plus de 16% des dépenses rapportées par les touristes d’agrément québécois au Québec.

Tout comme les chalets et autres modes d’hébergement alternatifs, le camping, en véhicule récréatif ou en tente, est un mode d’hébergement très peu utilisé par les clientèles hors Québec (graphique 6). C’est d’ailleurs la forme d’hébergement la moins utilisée par les touristes en provenance des États-Unis.

Graphique 6
Nombre de voyages-personnes réalisés au Québec par l’ensemble des touristes d’agrément et par ceux séjournant en camping, en fonction de la provenance (2008)

Sources: Statistique Canada, EVI et EVRC

Pourtant, le camping est très populaire auprès des populations des marchés limitrophes du Québec. Selon PMB, 779 000 adultes ontariens ont effectué un séjour touristique incluant au moins une nuitée en camping au Canada en 2009.

Aux États-Unis, une étude de l’Outdoor Foundation estime que 42,4 millions d’Américains ont séjourné en camping en 2008. Ces adeptes du camping sont très actifs et dorment en plein air en moyenne 14 fois par année.

Avec ses grands espaces et son réseau de parcs nationaux et provinciaux, le Québec a les atouts pour séduire les adeptes du tourisme de plein air.

Sources:
– Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air (FNHPA). «Dossier de presse – Les multiples visages du camping», Fnhpa-pro.fr, mai 2010.
– Ministère du Tourisme. «La fréquentation des terrains de camping du Québec – Étés 2005 à 2009», Tourisme.gouv.qc.ca, 2010.
– Outdoor Foundation et Coleman. «A special report on camping», Outdoorfoundation.org, 2009.
Print Measurement Bureau, Pmb.ca, 2009.
– SEPAQ. «Rapport annuel 2009-2010», Sepaq.com, consulté en juin 2010.
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages des résidents du Canada (EVRC)», traitement spécial, 2008.

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Des organismes touristiques qui contribuent au développement de l’offre (Compte rendu des Assises du tourisme 2010)

Qu’est-ce qu’un organisme de promotion culturelle montréalais, une association sectorielle et une organisation vouée au développement de liaisons aériennes ont en commun? Ils contribuent au développement du Québec, et plus particulièrement de leur région, par des interventions structurantes. Lors des Assises du tourisme 2010, un atelier portait sur des exemples récents d’actions concertées ayant permis de faire avancer des projets touristiques québécois. Les trois panélistes, Nadine Gelly, directrice générale de La Vitrine, René Trépanier, directeur général de Croisières sur le Saint-Laurent et Pierre Bertrand, président de Tourisme aérien Laurentides et directeur général de l’Association de villégiature Tremblant, ont présenté la recette du succès de leur projet. En voici un aperçu.

Quelques ingrédients de base

Malgré leurs différences fondamentales, le succès des trois projets repose sur plusieurs dénominateurs communs: un besoin clairement exprimé par les intervenants d’un secteur de l’industrie, des acteurs prêts à se mobiliser et à coopérer en complémentarité, ainsi qu’un message clair et unique à communiquer.

Être à l’écoute

Comment trouver les bonnes idées et les projets qui représentent une véritable occasion d’affaires? Dans le cas de La Vitrine, les intervenants culturels de la région de Montréal ont profité du colloque Culture et tourisme, qui s’est déroulé en 1998, pour exprimer unanimement leur souhait qu’une billetterie centralisée soit implantée.

Pour ce qui est de Croisières sur le Saint-Laurent, les escales majeures, soit Montréal et Québec, ont réalisé qu’elles avaient besoin de s’unir afin d’augmenter leur impact promotionnel auprès des compagnies de croisières. Au fil des années, plusieurs autres escales se sont jointes à l’association.

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Source: Croisières sur le Saint-Laurent

Quant à Tourisme aérien Laurentides, les difficultés touristiques des dernières années ont encouragé les divers acteurs touristiques régionaux à se concerter afin de trouver une solution. Le partage des résultats statistiques a permis de cerner le besoin de diversification de la provenance de la clientèle comme une solution à long terme.

Bien avant que des actions d’intervention structurées soient réalisées, le développement de l’offre commence d’abord par le diagnostic des besoins réels.

Se mobiliser, se concerter et coopérer

Source: Tourisme aérien Laurentides

Convertir un besoin en un projet concret nécessite habituellement l’implication de plusieurs intervenants touristiques. Selon monsieur Bertrand, la volonté des partenaires régionaux de mettre en commun leurs forces et de travailler ensemble a mené à la création de Tourisme aérien Laurentides. Pour réussir, les partenaires ont mis de côté leurs intérêts personnels et se sont mobilisés pour établir l’offre touristique de la région, commercialiser les éléments forts, trouver le financement et engager un démarcheur auprès des compagnies aériennes. Ils ont favorisé l’intérêt commun afin de parler d’une voix unique aux instances gouvernementales. Tourisme aérien Laurentides a accueilli 4 115 passagers durant l’hiver 2009-2010 et prévoit augmenter prochainement le nombre de vols et de nouvelles liaisons, notamment en Angleterre et au Mexique.

De leur côté, les divers intervenants des escales du Saint-Laurent, regroupés au sein de l’association des Croisières du Saint-Laurent, ont convenu de doter la destination d’un positionnement clair, le Saint-Laurent. Sous la direction d’un conseil d’administration représentatif de l’industrie, ils ont mandaté l’association d’objectifs communs principalement liés au développement de la destination et à sa mise en marché. Selon monsieur Trépanier, c’est la force et le poids du réseau qui ont favorisé l’appui des partenaires gouvernementaux et la reconnaissance du rôle de chacun pour le développement de la destination du Saint-Laurent, dont les objectifs de croissance sont favorables au cours des prochaines années.

La réussite de La Vitrine repose sur deux éléments clés: la technologie et la concertation. La technologie de La Vitrine, unique au monde, permet d’importer quotidiennement le contenu des bases de données de ses partenaires, ce qui a mené au développement d’un calendrier culturel. Toutefois, ce calendrier aurait bien peu de valeur sans la participation concertée des organismes culturels montréalais. Au cours des derniers mois, La Vitrine a graduellement développé des partenariats de diffusion de contenu avec les réseaux de distribution et les organismes culturels, dans le but de bonifier le calendrier culturel. La production et la diffusion du contenu de ce calendrier ont permis à La Vitrine d’obtenir des placements publicitaires d’une valeur de 1,7 million de dollars jusqu’à maintenant. Un enchaînement positif a suivi. Plus le contenu du calendrier culturel s’enrichit, plus les médias désirent le diffuser. Plus le calendrier obtient de visibilité, plus les intervenants culturels souhaitent y intégrer leur offre.

Source : La Vitrine

Source: La Vitrine

Cette concentration des ressources recèle plusieurs avantages; elle permet d’offrir un guichet unique à la fois à la clientèle locale et touristique, et elle offre une visibilité inespérée pour l’offre culturelle alternative de la région de Montréal, qui autrement passerait probablement inaperçue. Selon madame Gelly, toutes les actions de La Vitrine sont orientées de façon à faire découvrir l’ensemble de l’offre culturelle aux clientèles locales et internationales et permettre les transactions d’achat.

L’ingrédient clé: un message unique pour tous

Par l’entremise de ces trois exemples, il est intéressant d’observer que le développement de l’offre ne passe pas nécessairement par la création de produits. Dans le cas de La Vitrine, le projet répond à un besoin de diffusion de l’offre existante. Celui de Tourisme aérien Laurentides vise à améliorer l’accessibilité de la destination, alors que Croisières du Saint-Laurent permet de promouvoir une destination de croisières.

Il est vrai que ces trois projets ont profité d’une conjoncture favorable:

  • une offre culturelle diversifiée à Montréal;
  • la notoriété d’une destination et la présence d’infrastructures aéroportuaires à Tremblant;
  • une industrie des croisières en forte croissance soutenue par des investissements gouvernementaux importants.

Toutefois, leur réussite repose avant tout sur la volonté des intervenants de se mobiliser, de se concerter et de dégager une voix et un message uniques.

Consulter les présentations des conférenciers lors des ateliers.

Sources:
– Bertrand, Pierre. «Tourisme aérien Laurentides (TAL)», Association villégiature Tremblant, Assises du tourisme 2010.
– Gelly, Nadine. «L’organisme de promotion culturelle du grand Montréal: www.lavitrine.com», La Vitrine, Assises du tourisme 2010.
– Trépanier, René. «Les croisières sur le Saint-Laurent», Croisières du Saint-Laurent, Assises du tourisme 2010.