Catégories
Gestion Hébergement

La baisse des tarifs hôteliers, une méthode inefficace en temps de crise

Des chercheurs de l’Université Cornell ont démontré que la baisse des tarifs n’était pas une stratégie valable en temps de crise, dans le secteur hôtelier. La hausse de fréquentation générée par une réduction des tarifs est loin de compenser la perte de revenus. Pour un établissement de 300 chambres qui réduit ses prix de 20%, la baisse de recettes peut se chiffrer à plusieurs milliers de dollars par jour. ++L’AVIS DE GILLES LARIVIÈRE++

En réaction à la diminution du taux d’occupation de leur établissement, les hôteliers ont souvent tendance, en période de crise, à réduire le prix de leurs chambres afin d’attirer la clientèle. Or, dans une telle situation, la baisse du taux d’occupation n’est pas engendrée par l’affaiblissement du pouvoir d’achat du consommateur, mais plutôt par la crainte ressentie par le voyageur devant certaines destinations. Une baisse des tarifs pourrait difficilement inciter ce dernier à y revenir tant que sa crainte n’est pas dissipée.

L’étude menée, entre 1989 et 2000, par le Center for Hospitality Research at Cornell University portait sur 480 hôtels du centre-ville de 22 grandes régions métropolitaines des États-Unis. Elle révèle que la baisse des tarifs hôteliers constitue une méthode plutôt inefficace. La réduction des tarifs n’augmente pas suffisamment la demande (nouveaux clients) pour contrecarrer la diminution des revenus. Même en temps normal, cette stratégie entraîne généralement une baisse des revenus. En réalité, la diminution de prix profite surtout aux clients réguliers de l’établissement, qui bénéficient des mêmes services pour un prix moins élevé.

L’étude indique que:

  • Une diminution de 1% du taux journalier moyen (ADR: average daily rate) des chambres entraîne l’augmentation de la demande de 0,13%.
    Prenons pour exemple un établissement de 300 chambres qui affiche un taux d’occupation moyen de 50% au tarif de 100 $ par chambre. En période normale, ses revenus s’élèveront à 15 000 $ par jour (300 chambres x 50% x 100 $). Si l’exploitant décide de baisser ses tarifs de 20% (soit à 80 $), la demande augmentera de 3,9 chambres par jour (0,13% x 0,20 x 150 chambres). Par contre, les recettes diminueront de 2 688 $ (153,9 chambres x 80 $ = 12 312 $). Sans compter que le fait de louer un nombre de chambres supérieur entraînera une hausse des frais d’exploitation (femmes de chambres, etc.). Si le taux d’occupation habituel du même établissement se chiffrait à 80%, une baisse de tarif de 10 $ ferait glisser les recettes quotidiennes de 24 000 $ à 21 880,80 $.En revanche, une hausse des prix dans une période plus propice ne diminue pas suffisamment la demande pour engendrer une baisse de revenus.
  • La croissance de 1% du produit intérieur brut (PIB) se traduit par une hausse de la demande de chambres de 0,44%. La vigueur de la demande dépend davantage de la fluctuation du revenu du consommateur que d’une baisse de prix.
  • L’augmentation des revenus du consommateur et de l’entreprise influencent positivement la demande de chambres de 0,29 et de 0,12% respectivement. Le voyageur d’agrément est deux fois plus sensible à la variation de son revenu que le voyageur d’affaires.
  • La croissance de 1% du taux de l’indice de confiance du consommateur (dont notamment les perspectives d’amélioration de son revenu futur) fait croître la demande de 0,03%. Bien que cet indice de confiance ait un impact moindre, il exerce tout de même un certain effet sur la demande.

En temps de crise, il semble préférable de prendre un ton rassurant, de mettre de l’avant la qualité des services et de miser sur une proposition attirante: pas seulement une «tête sur l’oreiller» mais l’offre d’un moment privilégié pour s’éloigner de ses préoccupations, pour s’évader du quotidien, un interlude intéressant…

Sources:
– Canina, Linda et Steven Carvell. «Lodging Demand for Urban Hotels in Major Metropolitan Markets», The Center for Hospitality Research at Cornell University, 2003.
– Enz, Cathy A. «Hotel Pricing in a Networked World», Cornell Hotel and Restaurant Administration Quaterly, février 2003, p. 4-5.

L’avis de Gilles Larivière

Les conclusions dégagées par les chercheurs de l’Université Cornell après analyse de l’impact de la baisse des tarifs hôteliers sont tout à fait conformes aux impressions laissées par la dernière baisse généralisée des tarifs hôteliers survenue au Québec, et dans l’est du Canada, au début des années 1990.

Ces chercheurs fondent leur calcul sur la base d’un établissement; selon nous, et c’est souvent le cas, le premier établissement qui adopte ce type d’approche peut, à court terme, améliorer sa position. Toutefois, l’expérience a déjà prouvé que lorsque toute l’industrie emboîte le pas, cela provoque un mouvement de baisse incontrôlable et très difficile à freiner.

De la même façon, lorsque la situation de l’offre et de la demande est rétablie, le besoin d’augmenter les tarifs se trouve surmultiplié et ce, afin de reprendre le terrain perdu et d’ajouter, aux besoins normaux de croissance, des tarifs pour rencontrer les coûts ayant subi les effets de l’inflation.

À la suite de la baisse des tarifs survenue entre 1990 et 1993 (près de 10%), les régions de tout le Québec, dont Montréal, ont mis plus de sept ans à récupérer les tarifs moyens de 1989, alors que la demande, elle, n’a baissé que durant une période tout juste inférieure à 12 mois. De plus, lors de la dernière période de croissance des tarifs, de 1997 à aujourd’hui, cette croissance fut souvent de l’ordre de deux à trois fois celle de l’inflation, une situation qui aurait pu être très mal reçue si elle avait été médiatisée.

Aujourd’hui, à la lumière des récents résultats de 2003 et des indicateurs avancés à court terme pour 2004, nous redoutons un mouvement à la baisse des tarifs, qui pourrait avoir un impact à plus long terme sur l’industrie. En parallèle, certaines données dévoilent que les tarifs des marchés du Québec et de Montréal sont parmi les plus élevés au pays, situation qui pourrait créer des pressions encore plus fortes sur la baisse des tarifs. Selon nous, il serait donc important que chaque intervenant fasse preuve de prudence et applique avec discernement sa politique de prix à court terme, car les impacts à moyen terme, dans une perspective de marché, pourraient être décuplés.

Gilles Larivière
Président,
Horwath Horizon Consultants

Catégories
Hébergement Produits et activités

L’offre d’hébergement dans un parc d’attractions constitue un avantage concurrentiel

Une récente étude réalisée par la firme PricewaterhouseCoopers et sa division Hébergement et Loisirs, démontre qu’ouvrir un hôtel dans l’enceinte d’un parc thématique constitue un avantage concurrentiel indéniable. La présence d’hébergement sur le site accroît à la fois les possibilités de revenus et la durée du séjour des visiteurs.

Les touristes logeant à l’hôtel génèrent des recettes beaucoup plus élevées que les excursionnistes ou les touristes qui habitent chez des parents ou des amis. Il faut donc encourager les touristes à demeurer dans le secteur plusieurs jours, en leur proposant un grand nombre d’attractions.

Pour cette étude, réalisée en janvier 2004, PWC a analysé l’opinion des 29 plus importants dirigeants de parcs à thème en Europe. Cette étude a permis d’identifier 14 parcs offrant l’hébergement, pour un total de 10 015 chambres.

Les principaux points forts de ce rapport sont les suivants:

  • 60% des personnes interrogées affirment que l’ajout d’hébergement correspond à une demande des visiteurs;
  • Pour 50%, le but principal de cet ajout constituait une tentative de prolonger la durée du séjour des visiteurs; 33 % des répondants ajoutent que la présence de logement sur le site a réellement permis de prolonger la durée de visite (la longueur moyenne du séjour dans ces hôtels est d’environ 2,8 jours);
  • 77% de la clientèle est constituée de touristes d’agrément et la majorité des visiteurs sont des voyageurs internes (seulement 21% des visiteurs venaient d’un autre pays);
  • 78% des personnes interrogées ont noté une augmentation des revenus secondaires (produits dérivés, restauration, etc.);
  • 80% des hôtels ont également développé leur offre autour d’un thème particulier, contribuant ainsi à créer une ambiance unique et mémorable pour les clients, et à les encourager à revenir souvent;
  • 85% des parcs sont équipés pour recevoir le tourisme d’affaires (salles de réunions, matériel de conférences, chapiteaux pour la restauration, etc.). 77 % d’entre eux prévoient même que le tourisme d’affaires prendra plus de place dans les cinq prochaines années à venir.

Au Québec: attraits et hébergement

Au Québec, le Village Vacances Valcartier, qui compte parmi les plus importantes entreprises récréotouristiques de la province, reçoit, bon an mal an, plus de 500 000 visiteurs, dont 300 000 en été et presque autant en hiver. Sa clientèle d’été est à 90 % québécoise, alors que celle d’hiver comporte un nombre plus élevé d’étrangers. Les Américains viennent pour la nouveauté, alors que les Européens «recherchent le pôle Nord». Le site propose l’hébergement en camping (700 places) ou dans les hôtels avoisinants.

Deux millions et demi pour le camping du Parc Safari

Utiliser la notoriété du parc pour développer l’hébergement permet de contrer la saisonnalité. Et le Parc Safari (à Hemmingford) – un espace de divertissement familial saisonnier ouvert de mai à octobre (réserve d’animaux, parc aquatique, insectarium, etc.) – semble avoir compris le message.

Afin de relancer l’entreprise qui, en 2002, a frôlé la faillite, son propriétaire, Jean-Pierre Ranger, a décidé d’investir une vingtaine de millions de dollars au cours des six prochaines années. Plusieurs projets sont sur la table, qui visent l’augmentation de l’achalandage, le prolongement de la saison et des visites, dont un camping de 600 places.

Le camping (qui sera conçu sur le modèle de celui de Valcartier) sera dédié en priorité aux excursionnistes. La durée du séjour maximum sera de sept nuitées. La durée moyenne de la visite au Parc Safari est actuellement de 6h30.

Note : Pour obtenir une copie du rapport de PWC, contactez:

PricewaterhouseCoopers (UK)
Victoria Heaver
Tél.: +44 (0) 0207 212 3467
Courriel: victoria.heaver@uk.pwc.com

Sources:
– Daily Hotel News. « A New Ride For European Theme Parks? PwC Report Shows In-Park Hotels Can Give Theme Parks A Competitive Edge », 16 avril 2004.
– Fournier, Lise. « Village Vacances Valcartier: Le paradis de la glissade en Amérique », Le Soleil, 20 décembre 2003, p. B1.

Catégories
Hébergement Segments de clientèles

L’hôtellerie doit faire des efforts pour s’adapter et satisfaire la clientèle senior

Aujourd’hui, d’après les statistiques officielles du US Census Bureau, 60 millions d’Américains (soit 28 % de la population adulte) ont plus de 55 ans. Mais la majorité des hôtels ne parviennent pas à adapter leurs services aux attentes de ceux-ci, perdant ainsi une clientèle de plus en plus précieuse et représentative du touriste de demain. D’autres secteurs industriels semblent pourtant avoir compris le message, comme l’industrie automobile et de la construction, qui s’adaptent aux nouvelles exigences de consommation.

Dans un article très ironique, publié le 15 mars dernier dans la revue Hotel & Motel Management, Anthony Marshall, doyen de la Florida International University, se laisse aller à certains sarcasmes sur des évidences qui semblent avoir échappé à l’industrie hôtelière. Il y décrit de nombreuses incongruités du système et déplore :

  • la « trop » jeune composition des comités exécutifs et des employés des hôtels, qui ne comprennent pas l’importance et les besoins spécifiques de la clientèle senior;
  • le manque de service vis-à-vis, par exemple, du transport des bagages lourds, depuis l’entrée jusque dans les couloirs et étages;
  • le manque d’éclairage;
  • des consignes d’instruction de sécurité (politique d’évacuation et autres mesures de secours, entre autre) écrits en caractères minuscules;
  • des cruches et pichets trop lourds, sur les tables;
  • la trop grande familiarité (lire la sénilisation) des contacts humains;
  • etc.

Certaines adaptations/améliorations sont cependant faciles et peu coûteuses, comme :

  • l’installation de planchers antidérapants (salles de bains, etc.);
  • un meilleur éclairage intérieur et extérieur, ainsi que des lumières de type « veilleuses »;
  • un réveille-matin qui ne demande pas l’intervention d’un informaticien;
  • des prises électriques accessibles;
  • sans oublier du personnel mieux formé et plus serviable.

Le touriste senior est un client difficile mais très rentable, du fait de son niveau de vie plus élevé que la moyenne de la population.

Sources :
– « États-Unis – L’hôtellerie a des progrès à faire afin de satisfaire la clientèle senior », Senior Actu (France), 14 avril 2004.
– Benoit, Jacques. « Tourisme : la manne des baby-boomers », La Presse, 2 avril 2004.
– Marshall, Anthony. « Gray matters: How to profit from an aging marketplace », Hotel & Motel Management, 15 mars 2004.

Catégories
Hébergement

Perspectives fort encourageantes dans l’hôtellerie

Jan Freitag, analyste chez Smith Travel Research, a dressé un portrait extrêmement positif et prometteur de l’industrie hôtelière aux États-Unis. Les principaux indicateurs sont en hausse et, contrairement à ce que l’on observe dans le secteur aérien, le meilleur reste à venir. Freitag constate aussi un ralentissement de l’offre, ce qui est également de bon augure pour les performances à venir.

Perspectives de l’hébergement

Au cours de l’année 2004, tous les importants indicateurs de performance ont affiché une forte hausse par rapport à l’année 2003 (graphique 1). Alors que l’offre de chambres est demeurée relativement stable, la demande, elle, s’est fortement accrue, ce qui s’est traduit par une augmentation du taux d’occupation, du tarif moyen (ADR) et du revenu moyen par chambre (RevPAR).

* Données pour 12 mois, jusqu’en septembre 2004

Autres éléments clés du secteur aux États-Unis:

  • 66 milliards $US de revenus en 2004 (janv.-sept.) par rapport à 63,4 en 2000 (véritable année de référence);  
  • tarif moyen en 2004: 86,41 $US (janv.-sept.) par rapport à 85,14 en 2000;
  • bonne performance, principalement attribuable à l’hébergement haut de gamme, avec de forts taux de croissance par rapport à 2003 (graphique 2);
  • très bonne année pour les hôtels de luxe (taux d’occupation de +5,7%)

En 2004:

  • les taux d’occupation dans les grands marchés touristiques ont explosé (Orlando +12,4%, New York +9,7%, Los Angeles +8,0%, etc.);
  • l’offre a affiché un ralentissement (tableau 1).

La faible croissance de l’offre amènera une performance encore meilleure en 2005, alors que le taux d’occupation et le RevPAR devraient augmenter.

  • L’ajout de nouvelles chambres s’effectuera principalement dans les catégories upper upscale [très haut de gamme] (ex: Hilton, Marriott, Sheraton), upscale [haut de gamme] (ex.: Courtyard, Crowne Plaza, Radisson) et mid without F & B [milieu de gamme sans nourriture ni boissons] (ex.: Hampton Inn, HI Express, Comfort Inn);
  • on prévoit que le tarif moyen atteindra 89,29 $US en 2005;
  • le taux d’occupation devrait se situer à 61,8% en 2005.
Catégories
Hébergement

L’hôtel « boutique », à l’opposé de la chaîne hôtelière

Stylisé, branché, unique, innovateur, chic, harmonieux, thématique, original, urbain, tendance, exceptionnel, intime, luxueux, éclectique… Autant de qualificatifs qui collent à l’hôtel «boutique». Qu’est-ce qu’un véritable hôtel «boutique»?

Une tentative de définition

Émergeant au cours des années 1980 à New York, le marché de niche des hôtels «boutique» a connu un véritable boom à la fin des années 1990. Ce type d’hôtel comble la place laissée inoccupée par la standardisation des grandes chaînes hôtelières. À l’opposé de ces dernières, chaque établissement développe un style unique basé sur un concept et une personnalité qui lui sont propres.

On parle souvent de feeling quand on veut décrire les hôtels «boutique», mais le concept se définit principalement par :

  • la localisation urbaine – principalement situés dans les grandes villes et dans des quartiers dynamiques et branchés;
  • l’architecture et le design – architecture unique, design recherché et souvent articulé autour de thématiques, souci du détail, décor offrant atmosphère et sentiment d’intimité;
  • le service personnalisé – facteur important de différenciation, anticipation des besoins, le client devient un invité.

Les milieux de villégiature offrant exotisme, éloignement, intimité et intégration de la culture locale présentent un intérêt grandissant.

À Montréal, Le Germain est sans contredit l’hôtel «boutique» type. Le Vieux-Montréal est devenu une zone où ce marché se développe de plus en plus. Occupant un segment haut de gamme, ces hôtels ont désormais fait leur niche. Ils atteignent souvent des taux d’occupation supérieurs de 10 à 15% à la moyenne des établissements hôteliers. Leur marché est constitué de voyageurs d’affaires, dont plusieurs femmes, d’une clientèle branchée et de baby-boomers. Certains associent leur clientèle au lifestyle plus qu’à toute autre caractéristique sociodémographique. Pour ces hôteliers principalement indépendants, le bouche à oreille devient un facteur critique de publicité. Certains hôtels se tournent vers les chaînes volontaires pour optimiser leur commercialisation.

Un débat autour du nombre de chambres

Le nombre de 150 chambres semble être la limite acceptable pour les hôtels «boutique». Selon certains, le concept de service personnalisé et le caractère d’intimité recherchés dans ce type d’hôtel ne peuvent prendre tout leur sens que dans un établissement de faible capacité. Par opposition, d’autres affirment que la quantité n’entre pas en ligne de compte et qu’au-delà du service personnalisé, le design et l’atmosphère théâtrale (architecture, design, couleurs, éclairage, musique, art) font partie intégrante du concept.

Le succès de ce segment a évidemment un impact sur les chaînes hôtelières, qui adoptent elles aussi la formule. Devant ce phénomène grandissant, plusieurs sont perplexes: le concept de l’hôtel «boutique» n’est-il pas le contraire de la chaîne?

Du recherché au «branché», du chic au «griffé»

Il y a non seulement augmentation notable de grands hôtels dans ce créneau, mais la notion de design a éclaté dans tous les sens. Les designers rivalisent d’ingéniosité pour impressionner, surprendre ou séduire la clientèle. D’un design recherché, on passe au design branché. On veut attirer la clientèle avec le Wow et le Buzz. Pour paraphraser Don MacLaurin, professeur associé de l’Université de Guelph, ces établissements engagent du personnel qui semble sortir directement d’un magazine de mode. On verse dans l’ère du You are where you sleep. Suivant un même courant, le segment des hôtels de luxe se tourne vers les grands créateurs de mode, Armani et autres, pour renouveler son image et se démarquer.

Créneau saturé ou voué au déclin?

On constate que «hôtel boutique» est devenu un buzz word et que les puristes ont tout lieu de s’en indigner. Avec l’arrivée des chaînes hôtelières et des hôtels sous le signe de la surenchère du design, on peut parler d’éclatement de ce segment. Selon certains, ce créneau est difficilement viable car le très branché, on s’en lasse! L’effet mode étant voué au changement, l’engouement s’estompe et il faut alors se renouveler. La barre étant toujours de plus en plus haute, un défi grandissant se pose pour les designers et il devient très coûteux de suivre l’évolution des modes.

La vision que la clientèle a d’un hôtel a beaucoup évolué depuis les dernières années et il n’est pas faux de dire que le choix de l’hôtel reflète la personnalité du client. L’hôtel «boutique» dans son essence même n’est pas un produit créé pour suivre une tendance ou une mode, il a été créé pour répondre à un besoin. Il ne faut pas abandonner l’idée d’être différent, mais il faut surtout miser sur la qualité du produit – les gens veulent somme toute une chambre confortable – de même que sur un service personnalisé et irréprochable.

Sources :
– Anhar, Lucienne. «The Definition of Boutique Hotels», HVS International, 13 décembre 2001.
– Binkley, Christina. «Travelers Bypass Boutique Hotels – Quirky Accomodations Are Passe in Era of Restraint ; Schrager Rethinks Recipe», Wall Street Journal, 27 février 2002.
– Nobles, Harry, et Thompson, Cheryl. «What Is a Boutique Hotel?», [www.hotel-online.com], septembre 2001.
– Sheridan, Mike. «You are where you sleep», National Real Estate Investor, 1er mai 2001.
– Swig, Rick. «News of Boutiques? Demise is Greatly Exaggerated», [www.hotel-online.com], mai 2002.