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Enjeux Produits et activités

Le vélo, pour reprendre goût aux déplacements urbains

À Paris, afin de redonner le goût aux déplacements urbains, la Régie autonome des transports parisiens (RATP) tente de promouvoir une circulation combinée bus-vélo. Destinée aux touristes et aux citadins, cette nouvelle initiative vise à désengorger le centre-ville tout en jouant la carte de l’écologie.

Cela fait bien longtemps que le trafic dans Paris est problématique. Aussi, la RATP (établissement public) a décidé de s’engager dans le développement des «circulations douces», en favorisant les modes de transport de proximité (comme la marche, le vélo, etc.). Ainsi, le partage des couloirs protégés entre bus et vélos se négocie avec les associations de cyclistes pour trouver une solution garantissant un maximum de sécurité. La RATP étudie également les besoins des amateurs de patins à roues alignées (rollers).

Concrètement, la société de transports a participé à de nombreuses concertations lancées par la Ville de Paris sur la mise en place de couloirs combinés bus-vélos, à la suite de quoi une entente s’est conclue entre les associations de cyclistes, les services de police et la Ville de Paris, afin d’ouvrir progressivement les voies de bus aux vélos. C’est ainsi que 120 km de couloirs bus ont été créés.

Trois Maisons Roue Libre et quatre Cyclobus

Pour favoriser les déplacements urbains en toute sécurité, la RATP a décidé de se lancer dans la location… de vélos.

Les trois Maisons Roue Libre qui existent actuellement sont des structures permanentes, ouvertes toute l’année, qui offrent le gardiennage et la location de vélos, ainsi que des balades guidées pour faciliter l’usage du vélo en ville. L’accès au service se fait par badge nominatif sans contact qui intègre les différents services choisis par l’utilisateur.

Ce service compte 150 000 locations depuis 1998 et plus de 10 000 participants aux balades guidées.

Un autre service, appelé Cyclobus, propose, aux amateurs de balades et aux touristes, des autobus aménagés pour recevoir 60 vélos, les week-ends et jours fériés. Ces autobus permettent de partir à la découverte de la ville à partir de points fixes, qui sont: le bois de Vincennes (à proximité du parc floral), la porte d’Auteuil (gare routière RATP), le Châtelet (avenue Victoria) et le canal de l’Ourcq (quai de la Loire).

Les cyclobus sont d’anciens autobus reconvertis en points de location Roue Libre. Ils sont également mis à la disposition de municipalités, d’institutions et d’entreprises pour des opérations spéciales de grande envergure – ils disposent de plus de 1000 vélos.

Une volonté identique au Québec

À Trois-Rivières, le projet Vélos de quartier met gratuitement à la disposition de la population et des touristes des vélos pour se déplacer ou se balader. Il est donc possible d’emprunter un vélo pour la journée, au pavillon Saint-Arnaud, au centre Landry, à Comsep ou au Torréfacteur, en présentant une carte d’identité. Ce projet, qui est une demande de la population, est largement inspiré de concepts établis à Saint-Hyacinthe et Victoriaville.

À Montréal, la Féria du vélo se déroule annuellement au début de juin et dure cinq jours. Au cours de cet événement, Voir aussi

Cyclotourisme: exemples de bonnes pratiques de promotion des voies vertes
Bref portrait des cyclistes et cyclotouristes au Québec
Roue libre
Petit manuel à l’intention du cycliste urbain

Sources:
– 20 Minutes. «Le vélo en chiffres pour Paris», 27 avril 2004.
– Vallée, Émilie. «À vos vélos… verts!», L’Hebdo Journal (Cap-de-la-Madeleine), 29 mai 2004.
– Radio-Canada. «Trois-Rivières à vélo», 27 mai 2004.
– CNW. «Le centre-ville au parfum du vélo: des entreprises montréalaises vélodynamiques!», communiqué de presse, 27 mai 2004.
– Morissette, Claudia. «Boulot-vélo: un tandem qui déplace de l’air!», Métro (Montréal), 1er juin 2004, p. 15.

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Ailleurs dans le monde Marketing Produits et activités

Cyclotourisme : exemples de bonnes pratiques de promotion des voies vertes

Route verte, voie verte, vía verde, greenway, axe vert, qu’importe son nom, dans le monde entier celui-ci désigne des infrastructures destinées au trafic doux non motorisé, comme le vélo, les promenades à cheval ou le patin à roues alignées. Il en existe de diverses formes, avec des concepts différents, influencées par l’histoire et la culture locale. Mais encore faut-il savoir comment en faire la promotion.

De l’importance du cyclotourisme

L’aménagement de ces voies vertes constitue un atout touristique non négligeable, favorisant la création de commerces, l’implantation d’établissements hôteliers de différents types (hôtels, bed & breakfast, gîtes ruraux, campings, etc.) et de services axés sur les activités de loisirs (location de vélos, de patins, d’équipements pour chevaux et cavaliers, etc.).

Des pays européens comme l’Espagne, la Belgique ou la France ont su amplement tirer parti de cette nouvelle ressource pour promouvoir un tourisme actif respectueux de l’environnement. Sans oublier les Pays-Bas, véritable royaume du vélo en Europe.

Au Québec aussi, la pratique du vélo est en hausse. Celle qu’on appelle La Route Verte constitue un vaste itinéraire cyclable. Née en 1995, elle a fait l’objet de l’annonce de deux nouveaux investissements de la part du Ministère des Transports qui injectera 2,5 millions $ en 2004 et 2,9 millions $ en 2005 pour la aider à la construction des derniers tronçons manquants. Il reste encore un quart du parcours à aménager sur un total de plus de 4 000 km de voies cyclables qui relieront le Québec d’Est en Ouest.

Projet d’autant plus essentiel pour Vélo Québec et les représentants d’associations touristiques que le cyclotourisme et la Route verte sont des investissements économiquement rentables. Selon une étude réalisée en 2003 par la Chaire de Tourisme de l’UQAM, un cyclotouriste dépense le double dans une journée qu’un touriste moyen (soit 105 $ versus 52 $).

Balisage directionnel et un logo unique

Parmi quelques réalisations de voies vertes réussies en Europe, les efforts déployés par l’Espagne fournissent de bons exemples d’actions de promotion pouvant être appliqués ailleurs.

En Espagne, l’existence des voies vertes est née en 1993 d’une volonté politique. Comme nous l’apprend le Guide de bonnes pratiques des voies vertes en Europe édité par la Communauté européenne, ce programme a adopté un logo qui l’identifie et une désignation commune (Vías Verdes ou Voies Vertes) à tous les itinéraires développés sur d’anciens tracés ferroviaires.

Cette image, identique sur l’ensemble du territoire espagnol, est un des grands atouts de ce programme et contribue à sa promotion. Le concept de Vías Verdes est ainsi vite devenu synonyme d’accessibilité, de sécurité, de confort mais aussi de charme. Outre sa fonction de balisage directionnel, le logo est une représentation des traverses ferroviaires, rappelant ainsi l’origine du programme.

Pour faire le rappel avec l’historique du programme, les anciennes traverses ferroviaires en bois ont été récupérées comme support des signaux directionnels et comme bornes kilométriques. Elles sont également utilisées en tant que barrière ou clôtures.

En plus d’une image identique nationale, chacune des voies vertes se distingue des autres par une appellation différente, en rappel, par exemple, de son unicité culturelle, historique, ou géographique.

Plus tard, ces logos ont été repris sur des objets de promotion, comme des tee-shirts, des casquettes, de la vaisselle, etc.

Une maison d’édition nationale

Pour ce qui est de la réalisation, la promotion et la distribution d’un guide format papier reprenant les différents itinéraires, ils mentionnent également l’importance du choix d’une maison d’édition nationale. Dans l’exemple espagnol, le premier volume avait été tiré à 13 000 exemplaires, un peu plus pour le second.

Et un bon plan de communication

En ce qui concerne la politique de communication, là aussi il importe que le message permette de découvrir l’existence de ces voies mais aussi d’encourager l’aménagement de nouveaux itinéraires.

Ainsi, une inauguration officielle a eu lieu en présence des différents organismes administrateurs, sous forme de marches familiales jumelées à des fêtes populaires locales. Dix circuits répartis sur tout le territoire avaient alors participé à cette Journée Nationale des Voies vertes. Les villages avaient participé en organisant diverses activités connexes, comme un marché artisanal, un petit train régional et des promenades en mongolfières.

L’événement a été largement diffusé grâce aux médias : journaux, chaînes de télévision et stations de radio, tant au niveau national que local, et même une chaîne d’informations internationale (Euronews). Des affiches et quelques 4000 fanions commémoratifs, des tee-shirts, des brochures, des casquettes, ont été distribués aux participants.

Le bilan de cette journée nationale du cyclotourisme s’est avéré très positif. Quelques politiciens amateurs de vélo et des groupes de cyclistes professionnels ont alors manifesté le souhait de collaborer à tous types d’initiatives correspondantes. Et depuis lors, cette manifestation a lieu chaque année à même époque, soit le 2ième dimanche de mai. 

Voir aussi

La Route verte du Québec
Vias verdes

Sources :
– Commission Européenne. « Guide de bonnes pratiques des voies vertes en Europe : Exemples de réalisations urbaines et périurbaines », DG Environnement.
– Lemieux, Julie. « Une route à finir », Le Soleil, 4 août 2003, p. A15.
– Chaire de Tourisme de l’UQAM. « Les retombées économiques de la Route verte », [www.routeverte.com/fr/projet/RetEconRV2003.pdf], mars 2003.
– Lefebvre, Sylvain et Maryse Trudeau. « La Route verte, un circuit touristique ? », Téoros, vol. 22, no 2, été 2003.

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Produits et activités Segments de clientèles

Bref portrait des cyclistes et cyclotouristes au Québec

Une étude publiée en mars 2003 pour le compte de Vélo Québec présente six types d’usagers du réseau cyclable québécois. Cette catégorisation tient compte de la provenance des cyclistes, du nombre de sorties à vélo réalisées par année et des dépenses moyennes engagées par randonnée.

Voici une brève présentation de ces cyclistes:

1. le riverain
2. l’excursionniste québécois
3. le cyclotouriste vacancier québécois
4. le cyclotouriste sportif québécois
5. le cyclotouriste vacancier provenant de l’extérieur du Québec
6. et enfin, le cyclotouriste sportif provenant de l’extérieur du Québec

Le riverain

Habitant à proximité de la Route verte, le riverain s’avère un important utilisateur du réseau québécois de pistes cyclables. Selon l’enquête L’état du vélo au Québec en 2000, 27% des cyclistes fréquentent la Route verte. Cela représente 700 000 personnes. L’on estime à cinq par saison le nombre de sorties à vélo des riverains, soit une moyenne d’une randonnée par mois, de mai à septembre.

Bien que la dépense par personne et par randonnée soit peu élevée (7$), les riverains sont nombreux et fréquentent le réseau à plusieurs reprises durant la saison. Leurs dépenses sont ainsi évaluées à 24,5 millions $, la dépense moyenne par riverain étant répartie comme suit:

  • alimentation – 4,5$ (66%)
  • loisirs et divertissement – 0,50$ (11%)
  • achat d’autres biens et services – 2$ (23%)

L’excursionniste québécois

Selon un sondage publié en 1998 dans Vélo Mag, le nombre d’excursionnistes (cyclistes qui prennent leur voiture pour aller faire une randonnée de vélo à plus de 80 km de leur domicile) atteindrait environ 750 000.

Nous leur attribuons également au moins 5 sorties à vélo durant la saison et une dépense moyenne de 25$ par sortie. L’excursionniste arrive au quatrième rang en matière de dépenses totales reliées à la pratique du vélo sur la Route verte, soit près de 5% du total des dépenses.

Leurs dépenses sont évaluées à 9 millions $, leur dépense moyenne étant répartie comme suit:

  • alimentation – 11$ (45%);
  • transport – 10$ (38%)
  • loisirs et divertissement – 2$ (7%)
  • achat d’autres biens et services – 2$ (10%)

Le cyclotouriste vacancier québécois

Il s’agit ici du touriste québécois qui, au cours de ses vacances, effectue au moins une randonnée à vélo.

Côté dépenses, le cyclotouriste vacancier québécois est responsable de moins de 10% des dépenses effectuées dans le cadre de l’utilisation de la Route verte. Au cours d’une randonnée, il débourse la même somme qu’un excursionniste, soit 25$. Les dépenses totales de ces cyclistes totalisent 18,8 millions $, la structure quotidienne s’établissant ainsi:

  • alimentation – 14$ (54%)
  • transport – 6$ (25%)
  • loisirs et divertissement – 2$ (9%)
  • achat d’autres biens et services – 3$ (12%)

Le cyclotouriste sportif québécois

Le cyclotouriste sportif québécois effectue des sorties à vélo d’une durée moyenne de trois jours, selon Tourisme Québec. Il constitue la clientèle la plus importante en termes de dépenses totales. Ces dernières représentent plus de 57% de toutes les dépenses des utilisateurs de la Route verte.

Ses dépenses totales s’élèvent à 109 millions $, ses dépenses moyennes par voyage étant réparties comme suit:

  • hébergement – 40$ (36%)
  • alimentation – 30$ (27%)
  • transport – 24$ (21%)
  • loisirs et divertissement – 13$ (12%)
  • achat d’autres biens et services – 5$ (4%)

Le cyclotouriste vacancier provenant de l’extérieur du Québec

De nombreux touristes provenant de l’extérieur du Québec pratiquent la bicyclette lors de leur séjour ici. Pour ces voyageurs, le vélo représente l’une des activités de vacances, et non le motif principal de leur voyage.

On évalue cette clientèle à environ 140 000 touristes, à qui l’on attribue une dépense moyenne reliée de 25$. Comme le vélo ne constitue pas, pour la majorité d’entre eux, la motivation première dans le choix de leur destination, nous excluons la dépense liée à l’hébergement. Leurs dépenses annuelles s’élèvent donc à 3,4 millions $, la structure des dépenses unitaires reliées à l’activité se répartissant ainsi:

  • alimentation – 14$ (54%)
  • transport – 6$ (25%)
  • loisirs et divertissement – 2$ (9%)
  • achat d’autres biens et services – 3$ (12%)

Et enfin, le cyclotouriste sportif provenant de l’extérieur du Québec

Les données concernant cette clientèle sont plutôt limitées, mais l’on dénombre plus de 245 000 touristes en provenance des États-Unis (excluant ceux dont le motif est le séjour urbain), pendant le troisième trimestre (soit de juillet à septembre), à des fins d’agrément.

Selon certaines études spécialisées du Maine Department of Transportation, combinées aux données de Statistique Canada, on évalue ainsi à près de 250 le nombre d’Américains ayant fait du cyclotourisme sportif au Québec en 2000. En tenant compte d’une durée moyenne de séjour de 3,5 nuitées, soit 4 journées, et d’une dépense moyenne quotidienne de 116$, leurs dépenses totales s’élèvent à 1,3 million $.

La structure des dépenses s’illustre comme suit:

  • hébergement – 44$ (38%)
  • alimentation – 30$ (26%)
  • transport – 17$ (15%)
  • loisirs et divertissement – 13$ (11%)
  • achat d’autres biens et services – 12$ (10%)

Voir aussi

Vélo Québec

Sources:
– UQAM, Chaire de tourisme. «Les retombées économiques de la Route verte», [http://www.routeverte.com/fr/projet/RetEconRV2003.pdf], mars 2003.
– Statistique Canada. «Enquête sur les dépenses des ménages», 2001.
– Vélo Québec. «L’état du vélo au Québec en 2000», 2001.