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Faire du plein air un produit d’appel : le cas de la Finlande

En marge de la conférence The Future of Winter Tourism qui s’est déroulée en Laponie finlandaise en avril 2017, des membres du Réseau de veille ont pu observer certaines pratiques touristiques liées au plein air. À cet égard, en voici cinq qui contribuent à faire du plein air le produit touristique phare en Finlande.

Un réseau de chalets rustiques gratuits

Le pays compte 39 parcs nationaux financés en grande partie (79 %) par des fonds publics. Ces parcs accessibles gratuitement déploient de vastes réseaux de sentiers, de nombreux emplacements pour faire des feux de camp, des cabines en location ainsi que des chalets rustiques disponibles, sans frais, à l’année.

Ces derniers, les Open Wilderness Huts, sont particulièrement nombreux dans les parcs nationaux situés en Laponie, dans le nord du pays. Il s’agit de cabanes de bois, habituellement équipées d’un foyer, d’un abri pour le bois et d’une toilette sèche. Certaines huttes possèdent deux lits alors que d’autres peuvent accueillir plus d’une dizaine de personnes.

Les randonneurs doivent suivre les règles et adopter les comportements responsables qui font de ces abris des lieux accueillants. Ainsi, les visiteurs doivent remplir la corbeille de bois à leur départ, vider le foyer de ses cendres au besoin et garder les lieux propres. On compte 19 de ces chalets dans le parc national Pallas-Yllästunturi, le plus fréquenté de Finlande. D’autres types de refuges peuvent être réservés et impliquent des frais.

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Source : Réseau de veille en tourisme

Des centaines de kilomètres de sentiers entretenus

La randonnée s’inscrit véritablement comme le produit de plein air par excellence en Finlande. En hiver, c’est le ski de fond. Dans la région du parc national Pallas-Yllästunturi, quelque 330 km de tracés de ski de fond — classique et pas de patin — sont entretenus mécaniquement. Pour financer cet entretien quotidien, l’organisme responsable vend notamment le plan des sentiers qui se détaille à dix euros. Une application vendue au même tarif peut aussi être téléchargée et permet notamment de connaître l’état de l’entretien des tracés. Dans certaines régions de la Laponie, ce sont les commerçants et les municipalités traversées par le réseau qui se partagent la facture.

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Sources : Réseau de veille en tourisme et Ylläs

Des moteurs économiques régionaux

Les parcs nationaux et les aires de randonnée en Finlande génèrent des retombées de près de 200 millions d’euros et l’équivalent de 1916 emplois à temps plein. Selon une étude réalisée pour le compte de l’organisme public qui gère les parcs nationaux de Finlande, chaque euro investi dans les services et aménagements de randonnée dans les parcs nationaux engendre, en moyenne, 10 euros dans l’économie locale.

chaque euro investi dans les services et aménagements de randonnée dans les parcs nationaux engendre, en moyenne, 10 euros dans l’économie locale

Les parcs nationaux agissant comme produits d’appel, de nombreuses entreprises proposent des services comme la location d’équipement de plein air, des circuits avec guides, ainsi que de l’hébergement et de la restauration.

Le projet Village to Village 

Par ailleurs, dans le but d’améliorer l’expérience client durant la période estivale, de développer une offre touristique de qualité et d’attirer ainsi une clientèle internationale, plus d’une centaine d’entreprises locales se sont jointes au parc national de Pallas-Yllästunturi dans le cadre du projet Village to Village. Celui-ci vise à organiser l’offre et à informer le visiteur des services qui se trouvent dans les villages bordant le parc. On propose notamment aux randonneurs de transporter leurs bagages d’un site d’hébergement à un autre. Des circuits de randonnée à pied, à vélo et en canot sont organisés avec les entreprises locales, incluant par exemple des services de traiteurs pour éviter au randonneur d’avoir à transporter de la nourriture.

Globalement, le projet Village to Village consiste à :

  • S’assurer de l’aménagement de sentiers et de signalisation qui permettent aux visiteurs de prendre connaissance des produits et services disponibles dans les villages voisins du parc;
  • Promouvoir les services offerts par les partenaires dans les villages voisins;
  • Rassembler l’offre afin de constituer une attraction touristique significative.

Aux principales intersections dans le réseau de sentiers, le plan général est accompagné d’une affiche qui présente les services touristiques disponibles dans les différents villages (voir l’image ci-dessous).

Le projet Village to Village, qui a d’ailleurs contribué à la nomination du parc Pallas-Yllästunturi comme finaliste au 2017 Tourism for Tomorrow Awards du World Travel and Tourism Council, permet ainsi à toute la région de profiter de l’attractivité touristique du parc national tout en y contribuant.

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 Source : Réseau de veille en tourisme

Des circuits reliant les attraits naturels

Récemment, les parcs nationaux finlandais, en collaboration avec Visit Finland et l’organisme de promotion du plein air Outdoors Finland, lançaient sept circuits mettant en vedette les attraits naturels du pays. Les Self-guided Tours of Finland Natural Attractions présentent des itinéraires en voiture variant de 4 à 13 jours offrant des niveaux de difficulté variés. À titre d’exemple, celui qui s’intitule « 7 Finnish National Parks » s’étend sur 10 jours et propose des randonnées de niveau facile. Certains circuits accessibles pour les jeunes randonneurs sont spécifiquement identifiés Family friendly.

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Source : Nationalparks.fi

Le droit à la nature

L’accès à la nature n’est pas un enjeu en Finlande, il est même garanti par le « droit de tout un chacun » ou Everyman’s Right. Ce droit coutumier, qui s’applique aussi en Suède et en Norvège, permet à tout citoyen finlandais comme à tout visiteur étranger de se déplacer librement dans la nature, qu’elle soit de propriété publique ou privée. Voilà qui démontre bien l’importance que revêtent la nature et les loisirs de plein air aux yeux de la population, mais aussi des institutions du pays.

Image à la une : Visit Finland

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Six pratiques inspirantes de la Finlande

En raison de leur territoire et leur climat qui s’apparentent en plusieurs points à celui du Québec, les pays scandinaves sont dans le radar du Réseau de veille. La Finlande, qui s’est notamment proclamée résidence officielle du père Noël, démontre un grand dynamisme et beaucoup de créativité dans sa façon de promouvoir son offre, de présenter sa culture et de dégager une image, un branding. Découvrez six pratiques qui le démontrent.

1. Transmettre le mode de vie et la culture

Le portail Web de Visit Finland donne le ton avec son approche très inspirationnelle. Il s’est d’ailleurs mérité les éloges des utilisateurs et de designers Web. On y présente habilement les grands espaces, la nature, l’hiver, l’air pur, le dynamisme urbain, mais surtout, la vie à la finlandaise. De nombreuses vidéos et des photos illustrent un rythme, un style de vie. On y parle aussi des jeunes Samis — autochtones de la Laponie —, des Finlandais en général, de leur réputation et de certains codes sociaux.

À cet égard, le gouvernement finlandais publiait à la fin de 2015 une série d’émoticônes pour illustrer, de façon humoristique, certaines particularités caractéristiques des Finlandais. En tout, 56 symboles représentant chacun une émotion, un trait difficile à décrire, mais qui fait partie du langage ou de l’environnement sensoriel des Finlandais ont été créés.

Les émoticônes peuvent être téléchargées sur appareil mobile et partagées sur les messageries par les utilisateurs. Voilà une façon originale de faire connaître le peuple finlandais, ses coutumes, à travers un moyen de communication résolument actuel. À titre d’exemple, voici l’émoticône illustrant l’importance du ski de fond pour les Finlandais :

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Source : This is Finland

2. Identifier les aspects distinctifs et les mettre de l’avant

Pour modeler l’identité de la destination, pour créer une imagerie dans l’esprit de l’internaute et justifier le déplacement, Visit Finland propose des listes. Celles-ci offrent au voyageur potentiel un portrait rapide de la destination. La page d’accueil de Visit Finland présente les 17 raisons de visiter la Finlande en 2017. On trouve aussi les 8 aspects distinctifs de la Finlande ou encore les 21 raisons d’aimer la Finlande. Certains éléments reviennent, ce qui renforce leur importance dans l’image de la destination.

3. Promouvoir les 4 saisons

Avec quatre saisons bien marquées, comme c’est le cas au Québec, la Finlande choisit de présenter chacune d’elle avec de nombreuses illustrations et vidéos, des données sur le type de température et la durée de la saison ainsi que des articles présentant les activités privilégiées et les événements qui s’y déroulent. Voilà qui met en valeur la destination tout au long de l’année.

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Source : Visit Finland

4. Tirer profit des composantes de l’environnement

Températures extrêmes 

La Finlande a développé des produits touristiques adaptés à son milieu. En Laponie, dans le nord du pays où les contrastes sont importants en matière de température, on peut notamment nager dans un lac gelé, mais aussi faire une excursion sur un brise-glace et se baigner en combinaison étanche à travers les glaces. On y organise aussi l’Arctic Challenge, une course d’aventure qui se déroule en été et nouvellement durant la saison froide. Son édition hivernale propose entre autres aux participants de courir dans la neige, de franchir un mur de glace ou de ramper sous une chenille à neige.

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Source : Visit Finland

Aurores boréales et soleil de minuit 

Parmi les attraits du nord de la Finlande, mentionnons le soleil de minuit — les longues nuits claires de l’été — et les aurores boréales durant la saison hivernale. Pour faire profiter les visiteurs de ces phénomènes spectaculaires, de nombreuses options d’hébergement permettent l’observation de la nature et de la voûte céleste. Les Seaside Glass Villas en sont un bon exemple avec leur toiture de verre et leurs grandes baies vitrées.

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Source : Visit Kemi

Par ailleurs, afin de réduire la pollution lumineuse au plus fort de la période des aurores boréales, certains centres de villégiature, comme Ylläs, en Laponie, éteignent l’éclairage de rue à compter de 22 h. Une application pour prévoir les aurores boréales dans la région est aussi disponible.

Environnement pur 

L’eau, l’air et la terre les plus purs au monde : Voilà ce que la Finlande prétend posséder. Elle joue d’ailleurs cette carte de façon plutôt habile dans la vidéo ci-dessous afin de promouvoir la qualité des produits de son agriculture, et ce, sans en montrer un seul.

5. Mousser ce qui est typique

On compte plus de deux millions de saunas en Finlande pour une population de 5,3 millions d’habitants, soit environ un par ménage. Il s’agit du seul mot finnois qui soit entré dans le langage international. Les voyageurs peuvent aisément expérimenter le sauna dans les hôtels, les auberges de jeunesse, les chalets, dans des établissements urbains, etc. Le centre de ski Ylläs propose même une gondole sauna afin de permettre aux clients qui se rendent au sauna du sommet de la montagne de commencer leur expérience au bas des pistes.

En 2017, pour souligner le 100e anniversaire du pays, on prévoit plusieurs événements autour du sauna comme une parade de 100 saunas. On célèbrera également ailleurs dans le monde avec notamment le Travelling Sauna Tour aux États-Unis.

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Source : Gondolisauna 

6. Recourir à l’humour

Le guide de voyage Lonely Planet élevait la Finlande au 3e rang des pays à visiter en 2017… après le Canada et la Colombie. Pour souligner ce classement et faire un clin d’œil à la destination canadienne, l’agence gouvernementale This is Finland publiait sur sa page Facebook une vidéo humoristique qui invite les Canadiens à visiter la Finlande en illustrant les similarités entre les deux pays :

Une image de marque forte

On cite la Finlande en exemple pour son système d’éducation, pour sa capacité à innover et la qualité de son environnement; son image de marque est très positive. Celle du Québec aussi. Misons sur ce qui nous distingue et invitons les voyageurs à découvrir la culture québécoise. Des expériences authentiques, voilà ce que recherche le voyageur après tout!

Image à la une : Visit Finland

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Produits et activités

Aménagements urbains et plaisirs d’hiver

Il y a quelque chose de spécial dans le sentiment d’être heureux dans le froid, dans le moment précis où nous nous libérons du stress climatique pour apprécier la beauté subtile d’un paysage qui se cristallise. Pour créer cette impression et attirer les gens dehors, l’aménagement des espaces extérieurs doit toutefois remplir certaines conditions, dont voici quelques principes de base.

  1.  Limiter les inconforts: Disperser les vents, maximiser l’accès aux rayons du soleil, drainer la «sloche» hors des parcours piétons (y a-t-il un ingénieur civil dans la salle?). Créer des espaces qui incitent à la proximité physique, sont meublés de sources de chaleur, sont bien encadrés par des bâtiments, où l’interaction entre l’extérieur et l’intérieur est fluide et invitante dans les deux directions.
  2. Permettre des activités: Qui font bouger, mettent en valeur l’ambiance hivernale, mettent à profit ce nouvel environnement qui s’offre à nous. Les activités doivent être rendues possibles par des aménagements particuliers, il faut y penser! Par exemple, il est bel et bien possible d’aménager une piste de ski de fond en milieu urbain.
  3. Illuminer l’hiver: Miser sur l’esthétique particulière de cette saison froide et sombre.

Comment matérialiser ces principes en aménagements urbains concrets, et ainsi former des espaces publics hivernaux de qualité? Voici quelques apprentissages tirés d’études d’aménagement d’espaces publics hivernaux de villes scandinaves, offrant un regard différent sur un contexte similaire.

Le réseau blanc: l’hiver tentaculaire

À en juger par la popularité et la nature des activités pratiquées à l’extérieur, les meilleurs exemples d’espaces publics hivernaux observés en Scandinavie possèdent des caractéristiques communes : ils sont variés, proposent différentes activités et sont liés au sein d’un réseau qui met la saison en valeur. Cette mise en réseau des espaces hivernaux est primordiale : au Québec, nos villes et villages sont généralement dotés d’une pente pour glisser, d’une patinoire, de lumières dans le centre-ville, etc., mais il manque un lien entre ces espaces. Un milieu de vie, c’est bien plus que la somme de ses lieux, c’est aussi la manière dont nous transitons d’un espace à un autre. Une ville d’hiver, ce sont des parents qui vont à l’épicerie avec leur enfant dans un traîneau, une patinoire de 12 km, une rue piétonne parsemée de foyers… oui, une rue piétonne, même l’hiver, et oui, un foyer extérieur, en ville. Vous verrez, ça donne envie d’aller jouer dehors!

À travers ces études de cas, nous avons défini six types d’espaces publics aménagés pour accueillir des activités hivernales:

  • L’étendue d’eau est un point central d’activités hivernales et un lieu qui devient accessible lorsque la couche de glace est assez épaisse. Il faut toutefois penser à installer des structures coupe-vent, et pourquoi ne pas y aménager des tables de pique-nique avec un barbecue, comme à Luleå, en Suède? Plus près de chez nous, le village sur glace de Roberval est aussi un très bel exemple.

Activités: sports de patin, ski de fond, sauna et spa nordiques, ski cerf-volant, pêche sur glace, motoneige, traîneau à chiens, plage sur neige, kiosques d’animation et casse-croûtes.

  • Les forêts protègent du vent, constituent des réserves de neige presque inépuisables et sont parmi les plus beaux endroits qu’il est possible de fréquenter pendant l’hiver. Tellement simple, mais plus difficile à conserver dans le centre de nos villes que nous le croyons généralement.

Activités: raquette, promenade, appropriation non planifiée, construction de forts, de bonshommes de neige, ski de fond, glissades.

  • Tout le Québec connaît les joies d’une pente enneigée. Il suffit d’aménager dans ces pentes une glissade sécuritaire et excitante.

Activités: glissades, ski, planche à neige.

  • Le parc hivernal est un concept que nous connaissons bien au Québec. C’est là que des aménagements propices aux activités hivernales sont regroupés autour d’un chalet.

Activités: sculptures sur glace et sur neige, glissades, théâtre en plein air, illuminations interactives, patinoires, variantes du curling, feux à aire ouverte.

  • En Scandinavie, les places publiques dépassent rarement 30 m de longueur. Cela rend l’endroit plus intime et crée un microclimat, où l’interaction entre l’intérieur et l’extérieur est également facilitée. La place devient un endroit parfait où organiser des événements et installer des illuminations féeriques.

Activités: places de marché, terrasses hivernales, spectacles en plein air, illuminations interactives, rassemblements populaires, festivals, patinoires, activités commerciales extérieures.

  • Alors qu’une grande partie de la population ne voit toujours pas l’intérêt de piétonniser nos rues principales, le débat est clos depuis bien longtemps chez nos amis nordiques. À Luleå, ville qui s’apparente à Alma à bien des égards, la rue principale est piétonne. L’espace central, qui serait sinon réservé aux voitures, reste enneigé, permettant ainsi aux familles de circuler en traîneau. Assurant la mobilité de tous les usagers, l’eau bouillante rejetée par une industrie locale est réutilisée et canalisée sous les dalles des trottoirs pour faire fondre la glace. Le fait de gérer la neige d’une manière plus créative, de lui laisser une place en ville, et ce, dans une rue qui constitue l’épine dorsale du tissu urbain, permet aux différents types d’espaces hivernaux d’être unis par un lien où l’on transite en ski de fond ou en traîneau.

Activités: terrasses hivernales, illuminations, foyers extérieurs, extension des activités organisées sur la place publique, possibilité d’utiliser la neige de manière plus créative.

Créer un réseau hivernal, c’est identifier des lieux qui possèdent des caractéristiques favorables à la saison froide et y aménager les infrastructures nécessaires pour qu’ils soient confortables et que des activités puissent y être pratiquées. Il est optimal de lier ces lieux par des corridors de transport actif hivernal ou par leur mise en lumière. Pour que les frais d’entretien et d’installation soient limités, ces infrastructures doivent être empreintes de résilience saisonnière, c’est-à-dire s’adapter d’elles-mêmes aux changements saisonniers. C’est en mettant l’hiver au cœur de la réflexion sur la conception de nos espaces publics que nous pourrons créer des villes vivantes tout au long de l’année, où citoyens, touristes et commerçants auront la chance de remodeler leur cadre de vie après chaque tempête de neige.

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Hébergement Produits et activités

Voyager autrement dans les destinations nordiques

D’un réseau de fermes en Islande aux rorbus en Norvège, les lieux inédits révèlent l’histoire et la culture d’une région d’accueil et alimentent l’imaginaire du voyageur. L’hébergement constitue une composante majeure de l’expérience. Qu’ils soient seuls ou en réseaux, certains propriétaires l’ont compris et structurent leur offre pour satisfaire le touriste en quête d’authenticité, ou plutôt d’excentricité.

D’une ferme à l’autre en Islande

Icelandic Farm Holidays, une association formée de près de 180 propriétaires fermiers, propose 4800 lits répartis en Islande, à la limite du cercle arctique. Selon le type d’établissement, de 4 à 150 personnes sont accueillies directement chez l’habitant ou dans un petit hôtel (guesthouse), une maisonnette, un appartement ou un hôtel champêtre. En plus de la vente d’hébergement, l’association peut offrir un séjour complet grâce à sa licence de voyagiste. Les activités, telles que la pêche, la randonnée à cheval et la plongée en apnée, et les forfaits sont offerts de manière organisée ou autonome. Icelandic Farm Holidays est certifiée par le programme EarthCheck.

Il est facile de planifier des circuits semi-organisés en automobile à partir du site Internet de l’Association. D’une durée de 3 à 13 jours, 14 circuits thématiques sont offerts en été et 11 en hiver, dont l’Express Self-drive, qui constitue un grand tour en une semaine. Les circuits s’adressent aux couples, aux familles comme aux aventuriers.

Source: Icelandic farm holidays

Par exemple, l’itinéraire Free as a bird inclut une nuit à Reykjavik, la capitale de l’Islande, et 3 certificats au choix dans les établissements d’hébergement membres. Des tours guidés, des circuits thématiques ponctuels (p. ex., Noël en campagne, aurore boréale) et spécialisés pour les amateurs d’ornithologie font aussi partie des offres.

Le site promotionnel de l’organisation comprend des informations présentées de manière simple et conviviale, ce qui permet au voyageur de bien préparer son itinéraire et d’éviter les mauvaises surprises à destination, telles que:

  • le nombre de jours, le prix, la description générale du circuit et sa localisation sur une carte;
  • le nombre de kilomètres à parcourir et l’itinéraire quotidien, incluant les points d’intérêt;
  • la liste des services et des produits compris ou non dans le forfait (p. ex., la location d’une voiture, les nuitées, la carte routière);
  • le mode de transport à l’arrivée à l’aéroport: location d’une voiture sur place ou transfert en navette jusqu’à l’hôtel avec un représentant (location ultérieure);
  • les indications sur la conduite en Islande: conditions routières et météorologiques et signalisation sur le site Web Safetravel.is, des brochures et une vidéo explicative;
  • la réservation en ligne.

Pour faciliter le parcours du client, l’Association a produit deux logos: «visites à la ferme» (open farm) et «vente de produits sur place» (farm food direct). Ce dernier fait la promotion des produits locaux fabriqués en quantité limitée et non offerts dans les sites marchands. Nouvellement créé, un label qualité est apposé sur les produits agroalimentaires; il sert à assurer la salubrité des lieux par des inspections de l’organisme administrateur. Les logos sont affichés sur l’ensemble des outils promotionnels.

Source: Icelandic farm holidays

Des phares et des rorbus en Norvège

La location d’un phare en Norvège s’avère possible grâce à la Société des phares de la Norvège, qui veille à la préservation de cet héritage patrimonial. Plus de 50 phares historiques ont changé de vocation depuis les années 1990; ils accueillent maintenant des visiteurs. Généralement, le séjour se déroule dans la maison du gardien qui a vue sur la mer. Toutefois, des offres plus insolites existent comme une nuit dans la tour, avec un forfait spécial pour les nouveaux mariés, ou dans un phare isolé sur une île accessible seulement en hélicoptère à cause de l’imprévisibilité des vagues (voir l’image ci-dessous). La liste des phares est affichée sur le site de l’Office de tourisme de la Norvège.

Plus d’une centaine de cabanes de pêcheurs, autrefois appelées «rorbus», longent la côte norvégienne. Elles étaient jadis utilisées par les pêcheurs de passage. Au fil du temps, elles sont devenues une oasis pour les visiteurs étrangers. Très prisés en été, ces rorbus sont équipés minimalement d’une salle de séjour, d’une chambre et d’une toilette.

Source: Visit Norway

Des igloos en été

L’hôtel quatre étoiles Arctic, au Groenland, a construit cinq «igloos estivaux» en remplaçant la glace par une structure en aluminium. Jouissant d’une vue sur le fjord, ils sont disponibles de mai à octobre.

Source: Hotel Arctic

Le Québec détient tout le potentiel nécessaire pour mettre en valeur de façon originale sa nature et son terroir. Très riche de son agriculture, la province compte plus de 80 fermes découvertes certifiées à ce jour; des exploitations agricoles spécialisées en visites récréatives et éducatives. Les tables champêtres, les gîtes, les pourvoiries, les phares, les refuges sur terre ou dans les airs, les yourtes, les fromageries, les vignobles, les microbrasseries et plus encore s’ajoutent à la liste des attraits d’ici. Quelques initiatives méritent d’être soulignées, telles que le site Internet terroiretsaveurs.com, qui met en valeur les atouts des région touristiques.

Dans un élan de continuité, la multiplication des collaborations entre les entreprises et leurs associations respectives, ainsi qu’avec d’autres secteurs non touristiques, est souhaitée pour la mise en marché de produits unifiés et diversifiés. La mise en place de partenariats innovants est nécessaire, car, au final, le mot d’ordre reste encore et toujours l’expérience ainsi que la simplicité d’action pour le client.

 

Sources:

Icelandic Farm Holidays

– Visitnorway.fr. «Séjourner dans une cabane de pêcheur», 20 juillet 2009.

– Hotel Arctic. «Stay overnight in an igloo», consulté le 15 mars 2012.

– Visitnorway.fr. «Louer un phare», 20 avril 2010.

– Visitnorway.fr. «Deux hôtels norvégiens classés pour leur originalité», 4 février 2009.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Tourisme rural: le cas de la Finlande

Le tourisme rural constitue une avenue intéressante pour le développement des régions ressources. Certains acteurs ont démontré qu’il existe une demande réelle pour ce type de produit. Les activités associées au tourisme rural sont certes compatibles avec la tendance de la quête d’authenticité des voyageurs. Munie d’une nouvelle politique nationale du tourisme rural, la Finlande prend les moyens pour structurer son offre afin de diversifier son économie régionale et de lui donner un second souffle.

Qu’est-ce que la ruralité touristique?

Le tourisme rural n’est pas simple à définir. Pour certains, il s’agit d’une forme de tourisme alternatif se déroulant en milieu rural, souvent chez les agriculteurs. Dans ce cas, on parlera d’agrotourisme. Pour d’autres, il réfère au tourisme chez l’habitant, chez les gens du pays. Le tourisme rural englobe une variété d’activités, allant de la randonnée à la visite de vignobles, en passant par l’agrotourisme et le vélo. Mais encore faut-il établir ce que représente la ruralité. L’Encyclopédie de l’Agora propose la définition suivante: «L’espace rural se caractérise par une densité de population relativement faible, par un paysage à couverture végétale prépondérante, par une activité agricole relativement importante, du moins par les surfaces qu’elle occupe.» L’autre élément très subjectif concerne le critère servant à distinguer une ville d’un milieu rural. Ce seuil est fixé, selon la densité du pays, à un nombre d’habitants limite par agglomération. Voici quelques exemples.

  • Scandinavie, entre 200 et 500
  • Canada, 1000
  • France et Allemagne, 2000
  • États-Unis et Mexique, 2500
  • Inde et Autriche, 10 000
  • Japon, 50 000

Qui sont les «touristes ruraux»?

Une étude de l’Institute for Tourism and Recreational Research in Northern Europe réalisée sur le marché allemand permet de mieux comprendre les motivations de cette clientèle. Lorsqu’on leur demande spontanément à quoi correspond le tourisme rural, 43% des répondants pensent à des vacances à la ferme et 17% à des vacances à la campagne. Voici les motivations les plus importantes pour les «touristes ruraux» par rapport à l’ensemble des voyageurs:

  • famille et retrouvailles;
  • nature et santé.

Quant aux facteurs suivants, ils sont aussi importants que pour les autres touristes:

  • ressourcement (relaxation, temps libre, «recharger ses batteries»);
  • contacts (activités collectives, échanges avec la population locale, création d’amitiés);
  • sports.

Les répondants décrivent (graphique 1) d’abord leurs dernières vacances rurales comme étant l’occasion de relaxer (47%) et d’être dans la nature (46%). Les Allemands dépensent en moyenne 66 euros par jour pendant un séjour de tourisme rural à l’international, comparativement à 72 euros pour l’ensemble des vacanciers.

La Finlande y croit

Au cours des dernières décennies, les régions rurales ont vécu d’importantes difficultés en raison de certaines économies en transition. De nombreuses régions cherchent à revitaliser renouveler leur économie et explorent d’autres industries comme celle du tourisme. C’est le cas de la Finlande qui a choisi de miser sur le développement du tourisme rural pour remplacer ses économies régionales en déclin. Le secteur du tourisme rural finlandais se compose de quelque 3600 microentreprises familiales. Elles génèrent annuellement un chiffre d’affaires de 410 millions d’euros et emploient l’équivalent de 5736 personnes-années. Plus de 69% des entreprises sont actives à l’année, mais seulement le quart considère le tourisme comme leur principale activité. Le taux d’occupation varie sensiblement selon les saisons: il se situe à environ 50% durant l’été, mais il peine à atteindre les 15% pendant les autres saisons. Néanmoins, 90% des entreprises offrent l’hébergement, 58% la restauration et 67% d’autres types d’activités touristiques. En l’an 2000, le gouvernement a dévoilé une politique nationale du tourisme rural. On considère que ce secteur d’activité n’a pas encore été développé à son plein potentiel et qu’une aide additionnelle est nécessaire. Un groupe de travail a mis en place une «Vision du tourisme rural pour 2020», dont le principal objectif consiste à rendre compétitives et prospères les PME de ce secteur. Voici quelques objectifs quantitatifs visés:

  • un taux de croissance annuel des visiteurs domestiques de 3% (5% à l’international);
  • un taux de croissance du nombre d’emplois de 15%;
  • un taux d’occupation de l’hébergement annuel moyen de 50%;
  • une proportion de 40% des recettes provenant de la clientèle internationale.

Quant au taux d’occupation, des experts finlandais se sont montrés sceptiques, jugeant cet objectif irréaliste. Parmi les nombreux autres objectifs du plan stratégique et les outils mis en place, on compte la volonté de rehausser le niveau d’expertise des entrepreneurs à l’aide de formations spécialisées.

LEADER: un programme européen concret

Parallèlement au programme finlandais, il existe une initiative européenne, LEADER (Liaisons Entre Actions du Développement de l’Économie Rurale), qui a connu du succès non seulement en Finlande, mais aussi en Irlande et en République tchèque. Voici une application de LEADER qui a amélioré la performance du tourisme rural dans la région finlandaise de Vammala. L’agence de développement de la région finlandaise a constaté un manque de compétence vis-à-vis la clientèle internationale et la faible maîtrise de l’anglais en entreprise. Pour combler ces lacunes, un comité de LEADER a d’abord repéré deux autres régions, en Italie et en Espagne, aux prises avec les mêmes problèmes. Après quelques cours intensifs d’anglais, des événements de réseautage ont été organisés successivement dans les trois pays. L’exécution de ce projet a permis à une quinzaine d’entreprises d’améliorer leurs habiletés de communication interculturelle tout en étudiant d’autres exemples de bonnes pratiques de tourisme rural. L’initiative a été un succès: les participants ont acquis de nouvelles idées issues de cultures différentes en plus d’être mieux préparés à accueillir la clientèle internationale. Ce projet a coûté 73 000 euros.

Une initiative québécoise digne de mention

Pour conclure, mentionnons une initiative québécoise intéressante en lien avec le tourisme rural. En réaction aux fermetures d’usines forestières et aux pertes d’emplois, quatre villages dans les Hautes-Laurentides se sont associés pour explorer de nouvelles avenues de tourisme rural. Il s’agit de Lac-du-Cerf, de Kiamika, de Notre-Dame-de-Pontmain et de Saint-Aimé-du-Lac-des-Îles, des municipalités comptant de 400 à 800 âmes. Ces municipalités se sont concertées pour créer un village d’accueil, produit destiné à la clientèle européenne. Après 18 mois de planification, le Village d’accueil des Hautes-Laurentides regroupe une cinquantaine de familles et d’artisans prêts à accueillir les touristes. Après un début modeste de 300 nuitées la première année, le succès du concept se matérialise en 2009 avec plus de1800 nuitées. Le réseau d’hébergement des familles a été étendu à l’ensemble du territoire de la MRC Antoine-Labelle pour répondre à la demande. Le Village a mérité le prix de l’organisme rural de l’année à l’occasion des Grands Prix de la ruralité 2009. Il est permis de croire que la ruralité touristique au Québec n’a pas encore pris son plein envol. Les régions, dans une approche globale et concertée, gagneraient à structurer davantage leur offre en ce sens. Sources: – Hall, C. Michael, Dieter K. Müller et Jarkko Saarinen. «Rural Tourism: Tourism as the Last Resort?», Nordic Tourism – Issues and Cases, 2009. – Heneghan, Maria. «Structures and Processes in Rural Tourism», Rural Development Center, 2002. – Komppula, Raija et Saila Saraniemi. «Export Success Determinant in Rural Tourism», University of Joensuu, 2008. – Rinne, Petri et Philip Wade. «A LEADER Dissemination Guide Book», Finnish Rural Policy Committee, mai 2008. – The Rural Policy Committee. «Rural Finland 2015 The future operating environment of rural development work», juillet 2006. – Winkler, Karen. «New trends in tourism demand and their implications for rural tourism», Institute for Tourism and Recreational Research in Northern Europe (N.I.T.), 2007. – Wirekoski, Raija. «Rural Policy in Finland», Theme Group on Tourism, 2000. – Village d’accueil des Hautes-LaurentidesScotland. National Rural Network