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Le démarketing à la rescousse de la destination

Le secteur du tourisme génère de plus en plus de visiteurs et l’OMT estime que d’ici 2030, 4 millions de touristes s’ajouteront aux 1,4 milliard de personnes qui voyagent déjà. Pour de nombreuses destinations, gérer cet essor représente un défi important. Plusieurs d’entre elles se retrouvent victimes de leur propre succès, alors que leurs infrastructures n’avaient pas été prévues pour soutenir une telle augmentation. Le démarketing offre quelques pistes de solution en réponse à ces enjeux.

Le démarketing, vraiment?

Loin d’être nouveau, ce concept, proposé en 1971 par Philip Kotler et Sidney Levy, repose sur l’idée que les surplus peuvent être aussi problématiques que les pénuries. Les auteurs, respectivement économiste et spécialiste du marketing, définissent le démarketing comme étant l’aspect du marketing qui vise à décourager la clientèle (ou un segment en particulier) sur une base temporaire ou permanente. Ce type de stratégie est déjà largement employé dans certains secteurs, notamment en santé publique. Pensons aux publicités sur les paquets de cigarettes ou encore à celles qui invitent la population à consommer alcools et jeux de façon modérée.

L’idée est donc de limiter l’augmentation de la demande plutôt que de l’encourager, puisqu’une croissance aurait des répercussions négatives sur la société. Dans le contexte touristique actuel, de plus en plus de gestionnaires doivent réfléchir à cette notion. Doit-on à tout prix attirer un maximum de visiteurs au nom du développement économique?

Des stratégies inusitées

Comment développer une approche de démarketing? Les stratégies à adopter se basent sur les mêmes principes que ceux du marketing traditionnel, c’est-à-dire les 4P (promotion, place, produit, prix). À l’aide de quelques exemples, voyons comment s’articulent ces stratégies dans un contexte de démarketing touristique.

Promotion

Lorsqu’un territoire touristique n’arrive plus à gérer les flux de visiteurs qu’il attire et que les attraits et les infrastructures sont sursaturés, l’une des solutions possibles consiste à cesser toute forme de promotion. C’est ce qu’a récemment fait l’organisation de gestion de la destination (OGD) des Pays-Bas en annonçant qu’elle consacrerait maintenant son énergie à gérer la destination plutôt qu’à la promouvoir. Seules les régions méconnues feront l’objet d’une campagne à l’international. Cette mesure vient en dernier recours, après avoir fait la promotion des entre-saisons, relocalisé les fameuses lettres « I amsterdam » et sensibilisé les touristes aux comportements inappropriés.

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Source de l’image : Koen Smilde sur iamsterdam.com

Place

La notion de place fait souvent référence à l’emplacement d’un service ou d’un commerce. La géolocalisation des attraits rend maintenant les trésors les mieux gardés accessibles à tous. Cependant, cette pratique engendre des conséquences sur l’environnement, puisque certains sites, qui seraient autrement restés méconnus, deviennent rapidement très fréquentés. En réponse à ce phénomène, l’OGD de Jackson Hole, au Wyoming, a lancé une campagne invitant les visiteurs à géolocaliser leur photo de façon responsable, en utilisant des coordonnées génériques d’un site plutôt que l’endroit exact où celle-ci a été prise.

Source de la vidéo : YouTube

De façon similaire, le site du patrimoine mondial de Puerto Princesa, aux Philippines, a voulu limiter la fréquentation de certains sites fragiles en retirant tout simplement ceux-ci des cartes touristiques qu’il produit.

Produit

Les caractéristiques du produit influencent directement la demande pour celui-ci. Ainsi, dans une stratégie de démarketing, le produit sera rendu volontairement moins attrayant. Dans le cas d’une destination, on peut penser à des méthodes de gestion des flux touristiques comme l’imposition de quotas ou l’introduction de plages horaires limitées.

Le parc national de la Péninsule-Bruce, en Ontario, a déjà instauré ce genre de mesure. Les visiteurs doivent réserver un créneau de quatre heures pour découvrir le secteur le plus achalandé du parc.

Prix

L’augmentation des tarifs d’accès est la quatrième stratégie dont il est question dans cet article. Il s’agit d’une pratique que la Ville de Venise explore. Reporté plusieurs fois, un de ses projets a pour but d’instaurer une taxe fixe à tous les visiteurs ne séjournant pas au moins une nuitée dans la ville ou qui ne disposent pas de la carte Venezia Unica.

Il faut noter que ce genre d’initiative peut être plus controversé, particulièrement dans un contexte de destination, particulièrement de sites naturels ou patrimoniaux, puisque cela engendre un enjeu d’équité et favorise les personnes qui ont la capacité de payer.

Mieux vaut prévenir que guérir!

Le démarketing peut donc s’avérer utile pour gérer les flux grandissants de touristes. Toutefois, avant d’en arriver là, il n’y a rien de tel qu’une bonne planification territoriale en amont. Et vous, quelles sont vos stratégies pour faire face à la croissance touristique?

Image à la une : © Anne-Julie Dubois

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Marketing

Les avis négatifs au cœur de la promotion touristique viennoise

Une analyse précédente du Réseau de veille en tourisme désigne les avis en ligne comme le deuxième facteur d’importance après le prix dans le processus décisionnel des touristes. Certes, ces évaluations apportent un complément d’information, mais à quel point doit-on s’y fier? Dans sa dernière campagne, le Vienna Tourist Board a pris le pari de démontrer l’absurdité de plusieurs commentaires négatifs sur la destination.

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Source de l’image : Vienna Tourist Board, Wien Nord, Paul Bauer

La campagne Unrating Vienna, lancée en juin dernier et déployée dans plusieurs villes européennes, encourage les visiteurs à faire preuve de discernement lorsqu’ils consultent les avis en ligne. Les panneaux mettent en contraste des commentaires réels de touristes à l’égard de certains attraits de la destination et des images évocatrices des lieux. Un partenariat a également été réalisé avec le réputé Musée Leopold. L’établissement a projeté sur sa façade une citation selon laquelle « les œuvres sont dégoûtantes » (voir la photo ci-dessous).

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Source de l’image : Vienna Tourist Board, Paul Bauer

D’après l’organisation de gestion de la destination, 95 % des visiteurs lisent au moins sept évaluations avant de réserver. Toutefois, plusieurs d’entre elles se révèlent fausses. Toujours selon le Vienna Tourist Board, 20 % des commentaires sur la plateforme Yelp seraient mensongers. L’initiative a donc pour objectif de faire réfléchir les gens sur l’importance qu’ils accordent à ces avis et de les amener à se forger une opinion à partir de leurs propres expériences.

Alors, qui décide de ce que nous aimons?

 

Image à la une : Vienna Tourist Board, Wien Nord, Paul Bauer.

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Marketing

La baladodiffusion en tourisme : êtes-vous à l’écoute?

La popularité de la baladodiffusion (podcast en anglais) ne s’essouffle pas. Cette technologie permettant aux internautes de télécharger des fichiers audio sur un appareil (ordinateur, téléphone intelligent, etc.) pour une écoute ultérieure s’avère un atout pour l’industrie touristique.

La baladodiffusion constitue une méthode efficace de storytelling. Elle permet de concevoir un espace plus intime pour les auditeurs grâce à un discours axé sur l’humain et les émotions facilitant l’engagement par le récit. En plus, la baladodiffusion favorise l’écoute active dans un monde submergé de contenus rapides et éphémères; idéal pour diffuser un message.

Pour l’industrie touristique, c’est une bonne occasion à saisir. Voici quelques exemples d’utilisation.

Raconter une destination

À l’automne 2019, un regroupement de six communes en Vendée (France) offrira une nouvelle série d’enregistrements afin de valoriser son territoire par le son. Les épisodes toucheront divers thèmes, des personnages et lieux marquants de la région. En collaborant avec la start-up Akken, la destination souhaite inspirer les visiteurs pendant la préparation de leur séjour et leur permettre de se replonger dans l’ambiance du lieu, une fois de retour à la maison.

Aux États-Unis, Meet Minneapolis et l’Office du tourisme et des congrès de Philadelphie offrent chacun une série d’épisodes sur les moyens de se positionner dans le marché des réunions et des événements. Travel Oregon, pour sa part, propose aux plus courageux de brèves histoires sur les lieux hantés de l’État, avec des sons et des ambiances à faire frissonner.

Au Québec, Tourisme Rougemont a produit une série d’épisodes sonores qui permettent de rencontrer les producteurs et les artisans de la région. Les épisodes sont également disponibles en format vidéo.

Source : YouTube

S’il n’est pas possible de réaliser d’enregistrements, n’hésitez pas à participer à une baladodiffusion ou à y faire insérer une publicité pour raconter vos activités et promouvoir votre région.

Inspirer avant de s’envoler

Le transporteur aérien KLM propose la baladodiffusion The Journey. Sept enregistrements d’environ 40 minutes racontent le parcours de personnes qui vivent, de manière inattendue, une expérience spéciale pendant leur voyage (voir la vidéo plus bas).

Selon KLM, il s’agit d’un moyen d’ajouter un élément unique à ses canaux de communication existants et d’une méthode originale pour entrer en contact avec les passagers.

Source : YouTube

Un festival de baladodiffusions

L’engouement pour les baladodiffusions touche directement le milieu des festivals. De nombreux événements liés à cette thématique voient le jour, tels que le Vancouver Podcast Festival, Listen Up ou le Paris Podcast Festival. Au Québec, l’une des start-ups de la première cohorte du Mt Lab, Magnéto, organise le festival Résonance depuis 2017. L’événement offre aux participants de prendre part à de nombreuses séances d’écoute de fictions et de documentaires sonores, ainsi qu’à des entretiens devant public. Enfin, le festival Transistor accueille les amateurs de baladodiffusion depuis maintenant trois ans, dans la région de Gatineau.

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Source : festival Transistor. Crédit : Lévy L. Marquis

Les baladodiffusions constituent également des outils de promotion et de diffusion pour les festivals. Que ce soit en créant sa propre série ou en étant l’hôte d’un enregistrement d’épisode pendant son événement, c’est une bonne manière de fournir du contenu exclusif, de garder contact avec les auditeurs et de les inciter à participer à sa manifestation.

Le Festival en chanson de Petite-Vallée a récemment mis en ligne une nouvelle série de baladodiffusions portant sur son événement. Les huit épisodes racontent les histoires d’artistes, de membres de l’équipe et de festivaliers qui ont vu leur vie changée par le festival.

Le Festival d’été de Québec propose deux séries de baladodiffusions. La première, Chambre 1626, offre des entrevues avec neuf artistes s’étant produits lors de l’édition de 2018. L’autre, Les inédits des nuits FEQ, présente des rencontres avec des chanteurs et des groupes invités aux spectacles hors série du festival, pendant l’hiver. Les auditeurs accèdent à du contenu inédit et intime de leurs artistes préférés.

La baladodiffusion ouvre des portes très intéressantes et originales pour l’industrie touristique comme outil d’attractivité territoriale et, également, de formation. Les professionnels du secteur peuvent approfondir leurs connaissances en marketing ou en gestion des médias sociaux grâce à des séries telles que Talking Tourism ou Brèves de Conteurs.  

La croissance de la baladodiffusion

D’après la plus récente étude de l’Observateur des technologies médias (OTM), un adulte franco-canadien sur 10 aurait écouté au moins une baladodiffusion en 2018, une progression de 300 % en cinq ans. Ce sont les millénariaux qui sont davantage attirés par ce médium.

Les Américains démontrent également un intérêt pour la baladodiffusion. Selon les travaux d’Edison Research, environ une personne sur quatre (26 %) aurait écouté une baladodiffusion en 2018. La croissance est importante, considérant qu’il y a dix ans, seulement 9 % de la population américaine écoutait ce type d’enregistrement.

Selon l’OTM, l’augmentation du taux d’adoption des appareils intelligents au pays pourrait constituer l’un des facteurs expliquant la popularité des baladodiffusions. De plus, cette technologie possède plusieurs avantages pour les auditeurs. C’est un moyen accessible et pratique d’obtenir de l’information, puisqu’il s’avère moins contraignant qu’un texte ou une vidéo. L’écoute du contenu audio peut se faire en parallèle d’une autre activité.

Avez-vous déjà songé à ajouter la baladodiffusion à votre coffre à outils promotionnels?

 

Source de l’image à la une : Pexels

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Marketing

Canicule : se positionner comme « refuge fraîcheur »

Le réchauffement climatique nous amène des étés de plus en plus chauds, et chacun s’y adapte à sa façon. Isère Tourisme, en France, mise sur le tourisme de montagne dans son département. L’office annonce qu’au mois d’août, il s’inspirera de la météo pour faire mousser son dynamisme touristique et mettre de l’avant ses atouts comme « refuge fraîcheur ». Déjà, sur son site Web, les randonnées qui donnent sur des cascades se nomment « balades fraîcheur ».

D’autres, comme le Parc naturel régional de Chartreuse, proposent des journées au lac, la location d’embarcations, des visites dans une grotte, au musée, ou encore la possibilité de concocter des cocktails rafraîchissants dans les Caves de la Chartreuse, à Voiron. Plus d’une vingtaine d’activités figurent sous ce thème. L’office de tourisme du Calvados, en Normandie, a également inventorié une liste de huit attraits qui offrent soit de l’ombre, soit un accès à l’eau.

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Source : Isère Tourisme

Selon MétéoMédia, le mois d’août réserve encore quelques journées de chaleur intense. Saurez-vous en tirer profit? 

 

Source image à la une : Unsplash

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Destinations Marketing

Mobiliser son territoire autour des arts et de la culture

Lors du 32e colloque du réseau Les Arts et la Ville, Geneviève Aubry et Pascale Charlebois, consultantes pour Tourisme Abitibi-Témiscamingue – Culturat, ont présenté la mise en œuvre et l’évolution de la démarche Culturat, avec ses bons coups, ses erreurs et ses impacts sur son milieu.

Culturat en bref

Portée par l’organisation de gestion de destination, Culturat est, depuis 2012, « une démarche de mobilisation citoyenne qui vise à faire de l’Abitibi-Témiscamingue un territoire créatif et accueillant en misant sur la culture comme source d’action, de fierté et de rapprochement ». Devant l’enthousiasme de tous les milieux, la démarche a dépassé le cadre du tourisme culturel pour devenir un projet de société touchant de nombreux secteurs de la communauté.

La mobilisation de la population s’avère indispensable au succès de Culturat. Un argumentaire développé pour chacun des publics visés a permis de les motiver à se joindre au mouvement. Pour soutenir la démarche, de nombreux outils de communication furent adaptés selon les clientèles ciblées (citoyens, municipalités, écoles, communautés autochtones, artistes, milieu culturel et entreprises).

Plusieurs résultats positifs découlent de la démarche. Par exemple :

  • Les entreprises soutiennent davantage le milieu culturel;
  • On remarque une plus grande ouverture à la nation anicinabek et une meilleure connaissance de celle-ci. D’ailleurs, ses activités gagnent en popularité auprès des non-autochtones;
  • Les écoles ont réalisé plus de 250 projets. La présence des artistes est accrue et les enseignants deviennent des passeurs culturels.

À ce jour, 62 municipalités, 7 conseils de bande et 17 organismes de développement ont signé la charte de participation à Culturat. La vidéo suivante présente le bilan du projet.

Source : YouTube

Les facteurs de succès

Fortes de leur expérience, Mmes Aubry et Charlebois relèvent certains éléments essentiels pour qu’une démarche de mobilisation citoyenne comme Culturat soit un succès.

Des ressources humaines dévouées

Le succès d’un projet d’une telle envergure ne peut se réaliser sans le travail consciencieux d’une équipe passionnée. Celle-ci doit rapidement se trouver sur le terrain afin de prendre contact avec les divers publics et de sillonner le territoire pour diffuser et répéter le message du projet. À cela s’ajoute du personnel pour développer une solide stratégie de communication.

Des partenaires médias

Les médias contribuent à la mobilisation de l’ensemble de la région et à la diffusion du contenu. Dans le cas de Culturat, les partenariats ont permis d’obtenir des ententes de diffusion d’une valeur de 200 000 $ annuellement. Plus d’une centaine de capsules vidéo ont été diffusées, depuis 2014, à la télévision (TVA), à la radio et sur le Web. L’une d’entre elles souligne d’ailleurs l’engagement de partenaires télévisuels. La voici :

Source : YouTube

Des appuis politiques

L’appui des municipalités et des conseils de bande fut important pour la réussite de la démarche. Les villes et les villages de la région ont investi plusieurs centaines de milliers de dollars au cours des années pour des projets issus de Culturat. Une meilleure solidarité entre eux en a découlé.

Du réseautage

L’insertion de Culturat dans divers réseaux nationaux et internationaux s’avère très bénéfique. Le rayonnement et la crédibilité des projets s’en trouvent grandement augmentés. Que ce soit l’UNESCO, Cités et Gouvernements Locaux Unis ou Creative City Network, toutes ces organisations sont des sources d’apprentissages, de rencontres et de partenariats. Elles constituent également des leviers de reconnaissance et de motivation.

Que pouvons-nous tirer de cette expérience?

Les conférencières ont fait plusieurs constats et apprentissages pendant la démarche Culturat. De cette réflexion, elles proposent cinq éléments clés à retenir.

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Source : Réseau de veille en tourisme

  1. Affirmer le droit à l’erreur

Chaque cas est unique. La mobilisation et l’innovation n’ont pas de formule préétablie. Il s’avère essentiel d’expérimenter et, par le fait même, de prendre des risques afin de trouver la meilleure solution. Dans tous les cas, une organisation doit se donner le droit à l’erreur. En retour, il faut qu’elle soit humble et à l’écoute. C’est une excellente occasion d’apprendre et de s’améliorer.

  1. Adapter son discours

Être à l’écoute des personnes que l’on désire mobiliser et utiliser leur vocabulaire augmente les chances de les joindre et de les faire participer. Il faut éviter les discours génériques. Par exemple, le milieu des arts se sent interpellé par la culture si l’on parle d’émotions, alors que les entreprises le sont davantage si l’on aborde l’impact sur les employés.

  1. Valoriser l’action et l’engagement

La mobilisation devient très efficace lorsque l’engagement des personnes ainsi que les actions et les projets sont mis de l’avant. Stimuler la fierté et les bonnes idées en présentant les initiatives. À l’inverse, le manque de valorisation et de reconnaissance s’avère un frein important.

  1. S’inspirer du désir d’action des milieux

Il est primordial de collaborer avec les milieux où se réalisent les projets et de les écouter. En s’associant aux agents de changement ainsi qu’aux leaders, il est plus facile de transmettre le message. Rien ne sert d’imposer des idées. Il faut plutôt apporter le soutien pour les faire émerger et l’aide aux personnes qui ont une réelle volonté de travailler sur le projet.

  1. Adapter les stratégies et les appels à l’action

Pour convaincre vos publics cibles, déterminez — avant de communiquer avec eux — ce qu’ils auraient à gagner en participant au projet. Si certaines stratégies ne fonctionnent pas, il ne faut pas hésiter à les modifier. Une démarche qui perdure fait face à plusieurs changements politiques, culturels ou sociaux. Elle doit évoluer.

L’avenir de Culturat

Cette démarche constitue un bel exemple de mobilisation citoyenne et de promotion d’une région par les arts, la culture et son identité. Le projet recevra une reconnaissance internationale et rayonnera encore davantage, puisqu’il deviendra bientôt le 14e leader à la Commission culture de Cités et Gouvernements Locaux Unis. Il s’agit d’un programme, où des villes ou des territoires tels que Buenos Aires, Rome et Bilbao sont reconnus pour leur expérience dans le développement durable de la culture.

Installé sur des bases solides, Culturat se renouvelle. Dans les prochaines années, les nouveaux chantiers porteront davantage sur l’aménagement culturel du territoire, les démarches participatives, l’inclusion et la diversité, et l’environnement. À suivre!

  

Source de l’image à la une : Pixabay

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Marketing Produits et activités

Comment se placer en orbite autour d’une nouvelle

Saviez-vous que le 50e anniversaire du premier homme sur la lune était célébré le 20 juillet 2019 ? Difficile de manquer cette nouvelle. VisitScotland a profité de cet événement pour souligner son propre anniversaire et lancer un nouveau projet sur le tourisme astronomique.

Le sentier « Scotland is out of this world » présente les liens qu’entretient le pays avec les planètes du système solaire, ainsi que des faits amusants et des détails sur les centres scientifiques et les meilleurs endroits pour observer les étoiles.

L’office de tourisme d’Écosse a également lancé une nouvelle campagne de marketing pour promouvoir l’implication du pays dans l’exploration spatiale, l’innovation et l’astronomie. À cette occasion, le premier « Coosmonaute » fut envoyé à près de 40 000 mètres dans la stratosphère dans une combinaison spatiale aux couleurs du tartan du clan Armstrong. Il s’agit de BuzzBò (abréviation entre Buzz Aldrin et le mot vache en gaélique), une peluche représentant la célèbre vache écossaise, la Highland. Le public a pu suivre son entraînement ainsi que son expédition sur les réseaux sociaux. La vidéo suivante présente le résumé de l’aventure.

Source : YouTube

Il s’agit d’un bon exemple de Newsjacking, une technique marketing consistant à s’approprier une nouvelle ou un fait de société qui a fait la manchette ou à créer un certain buzz afin de le transformer à l’avantage de sa marque. Bien qu’elle demande une bonne préparation et une certaine anticipation, cette tactique demeure efficace lorsque l’attention est orientée vers un événement majeur.

Si cette technique vous intéresse, soyez alerte ! Surveillez l’actualité et les événements à venir, il ne faut surtout pas tomber dans la lune !

 

Source de l’image à la une : YouTube

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Marketing

Les contes de Terre-Neuve-et-Labrador, une histoire de storytelling

En janvier dernier, l’organisme de gestion de la destination (OGD) Terre-Neuve-et-Labrador a lancé une campagne publicitaire axée sur le storytelling. Raconter des histoires fait partie du lot quotidien des habitants de ce territoire. Qu’il s’agisse de récits de pêche, de légendes, de coutumes ou de contes, le folklore local permet de faire découvrir les lieux de façon poétique.

Pour cette campagne, l’OGD publie des histoires en formats audio et vidéo. Le ton employé invite à prendre une pause, à réduire la cadence. Il propose à l’internaute une interruption, une possibilité de reprendre son souffle et d’entrer dans un monde où le temps possède une autre résonance. Certaines de ces histoires sont racontées par des résidents; d’autres, par des narrateurs. En voici un exemple ci-dessous.

Vidéo : YouTube

Il s’agit d’une façon efficace d’illustrer l’esprit qui règne à destination. Les vidéos sont partagées sur le microsite Web de Newfoundland Labrador, intitulé Tall, True & Tangled.

 

Image à la une : Newfoundland & Labrador Tourism

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Marketing

Et si on démystifiait les micro-influenceurs ?

Le métier d’influenceur a fait couler beaucoup d’encre récemment. Certaines personnes qui revendiquent ce titre ont été critiquées pour leurs propos et leurs agissements. Leur réelle utilité en marketing a été remise en question.

Solliciter des personnes connues afin de mieux promouvoir son produit est une pratique courante. Cependant, au cours des dernières années, le métier d’influenceur s’est propagé et des célébrités n’en ont plus l’exclusivité. Des individus très actifs qui suscitent de l’intérêt sur les médias sociaux incitent un grand nombre de personnes à suivre leurs activités en ligne. Les micro-influenceurs plus particulièrement, détiennent un pouvoir marketing non négligeable. Ils se spécialisent dans une niche d’activités particulière et se caractérisent par une approche plus personnalisée ainsi qu’une communauté plus engagée.

Comment reconnaître un influenceur ? Dans une étude en ligne effectuée aux États-Unis par CPC Strategy en 2018 auprès de 1571 participants âgés de 13 ans et plus qui utilisent au moins un réseau social, seulement 20 % d’entre eux le définissaient comme étant une célébrité. Dans un article de Hootsuite, on peut lire qu’un bon influenceur crée des contenus originaux, bâtit la confiance de sa communauté et suscite l’engagement. On détermine cet élément par une interaction avec le contenu, que ce soit une mention j’aime, un partage ou encore un commentaire.

Les avantages à travailler avec un micro-influenceur

Il existe plusieurs bénéfices à travailler avec un influenceur. Selon l’étude de CPC Strategy en 2018, près de 70 % des consommateurs sont plus susceptibles de s’intéresser à des nouveaux produits, services ou événements si des personnes qu’ils suivent sur Facebook les partagent, et 22 % sont plus portés à acheter des produits auprès d’influenceurs.

Dans le but d’optimiser son retour sur l’investissement, il est suggéré de faire appel à des micro-influenceurs. Selon Frédéric Gonzalo, ceux-ci comptent entre 10 000 et 100 000 abonnés. En comparaison, les macro-influenceurs en dénombrent entre 100 000 et 1 million et les méga-influenceurs, plus d’un million. Au Québec, les micro-influenceurs détiennent 15 000 abonnés et moins. C’est ce que mentionne Jennifer Doré Dallas, fondatrice de Voyage NumériQc le premier réseau de mise en relation de créateurs de contenu et d’influenceurs Web au Québec avec des marques et destinations dans le domaine du tourisme.  

Dans un étalonnage d’Influencer Marketing Hub réalisé auprès de 830 professionnels de l’industrie, dont des agences de marketing, des marques et des agences de relations publiques, les influenceurs ayant entre 50 000 et 250 000 abonnés auraient un retour sur l’investissement par dollar investi de 30 % supérieur aux influenceurs détenant 250 000 à 1 million d’abonnés. Ce chiffre est de 20 % supérieur à ceux ayant plus d’un million d’abonnés. Moins la communauté est élevée, plus le retour sur l’investissement s’avère intéressant. Contrairement à ce que certaines organisations pourraient penser, la collaboration avec divers micro-influenceurs ne sollicite pas plus de temps ou de ressources des compagnies.

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Source : Mytravelproject

Les facteurs déterminants pour choisir son micro-influenceur

Avant toute chose, il est primordial de déterminer les objectifs à atteindre dans sa campagne de marketing. Par la suite, il faut trouver le micro-influenceur qui convient à celle-ci. Jennifer Doré Dallas affirme qu’un bon jumelage est essentiel. Selon elle, sa personnalité sera déterminante. Plus il est facile de travailler avec cette personne, plus il y a de chances de reconduire cette collaboration.

Selon Frédéric Gonzalo, spécialiste du marketing Web, le degré d’influence s’explique par trois éléments :

  1. La portée : la capacité à communiquer ses contenus ;
  2. La pertinence : la force du lien entre le marque et l’influenceur et ;
  3. La proaction : le potentiel à inciter un comportement précis ou une action concrète.

Voici d’autres éléments déterminants dans le choix d’un micro-influenceur : 

La transparence :

Afin de garantir la réussite d’une campagne marketing, il est important d’établir clairement par une entente écrite en quoi consisteront les futures publications. En la signant, le micro-influenceur atteste sa transparence quant au partage de ses données telles que sa portée et son engagement sur ses divers médias sociaux, ainsi que les statistiques liées à Google Analytics. Ce contrat permet de respecter les demandes des deux parties prenantes et de garder le contrôle de son image de marque tout en laissant libre cours à la créativité du micro-influenceur.

 La niche d’activités et le public cible :

Le créneau dans lequel l’organisation se spécialise doit être similaire à celui du micro-influenceur. S’il s’agit d’une entreprise en tourisme d’aventure, la niche d’activités de ce dernier pourrait être le plein air. Une simple recherche sur Google peut aider à trouver celui qui conviendra le mieux à la campagne marketing planifiée. Des sites payants, tels que Klear de Meltwater, donnent accès à un bassin encore plus vaste d’influenceurs.

Afin de s’assurer que le public cible concorde avec la communauté de l’influenceur, HypeAuditor offre un premier rapport complet gratuit sur l’audience évalué à partir du compte Instagram. Ce site s’assure que les comptes ne soient pas faux, c’est-à-dire que les abonnés n’ont pas été achetés. Il permet également de connaître l’âge, le pays d’origine, la langue, ainsi que les champs d’intérêts de la communauté. Le taux d’engagement par publication est aussi calculé tout comme le taux d’accessibilité. Ce dernier consiste en la possibilité que le contenu soit visible pour les abonnés. Plus ils suivent de comptes Instagram par exemple, moins la page de ce micro-influenceur sera visible dans leur fil d’actualité.

Le type de médias utilisés :

Le type de médias utilisés par le micro-influenceur doit aussi être pris en considération. D’après l’étude de CPC Strategy, Instagram rejoint davantage les gens âgés de 18 à 34 ans et plus particulièrement ceux issus de la génération Z, alors que Facebook rejoint pratiquement tout le monde et plus particulièrement ceux  âgés de 35 ans et plus. Le choix des plateformes se fera selon le public cible désiré.

Comment calculer son retour sur l’investissement ?

La première chose à établir avant de calculer son ROI consiste à déterminer quel système de mesure utiliser. Selon les objectifs marketing visés, le ROI sera analysé de façon différente. Par exemple, une campagne misant sur la notoriété recensera l’engagement, la portée ou encore le trafic suscité, alors qu’une autre ayant pour but de faire mousser les ventes identifiera le nombre de produits vendus.

Source : Trill Travel

Un système de codage permet de cibler les ventes liées aux publications du micro-influenceur. L’application Trill Travel permet de cliquer directement sur une photo d’Instagram et de réserver le produit. Celui-ci étant codé, il devient ainsi plus facile de repérer la provenance des ventes. Les codes promotionnels écrits avec des mots-clics peuvent aussi être personnalisés à l’image de l’influenceur en y mettant le nom de son blogue, comme c’est le cas de Destination Aventure (image ci-bas).

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Source : Destination Aventure 

Micro-influenceur et entreprise : un mariage qui perdure ?

Une collaboration à moyen-long terme est aussi profitable. Le micro-influenceur avec lequel travaille l’entreprise pourrait devenir un ambassadeur de la marque ce qui témoignerait d’une confiance soutenue envers le produit. Les membres de sa communauté pourraient ainsi être plus sujets à l’acheter. Selon l’étude de CPC Strategy, l’utilisation du produit ou du service par le micro-influenceur constitue une recommandation digne de confiance.

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Source : Clouzote

Bien qu’une entreprise veuille s’assurer du succès de ses tactiques, il faut laisser de la liberté au micro-influenceur dans la création de contenu. Après tout, sa communauté le suit pour son style particulier et ses intérêts. Plus les publications seront personnalisées et plus l’engagement a des chances d’être élevé !

Dans quelle niche d’activités vous situez-vous ?

Travaillez-vous actuellement avec les micro-influenceurs ?

 

Source image à la une. : Pexels

 

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Marketing

Les emoji : sérieusement utiles pour une stratégie marketing

Les emoji sont utilisés par 92 % de la population en ligne et ont été envoyés dans 2 300 milliards de messages mobiles ? en 2016. Déjà cette même année, on observait une augmentation de 777 % de leur utilisation dans les campagnes marketing par rapport à l’année précédente.

Jing Ge est une chercheure postdoctorale au département d’anthropologie et coprésidente du groupe de travail sur les études touristiques de l’Université de Berkeley en Californie. Elle détient un doctorat ? en marketing et communication de l’Université du Queensland, en Australie, et compte près de 10 ans d’expérience dans le domaine de la communication en ligne. Ses recherches portent sur la communication Web ainsi que sur le langage utilisé par les entreprises et les consommateurs sur les médias sociaux.

Susciter l’engagement

L’utilisation des emoji dans une approche marketing est une question d’engagement.

Les conseils de la chercheure Jing Ge publiés dans un article s’inspirent des recherches de son équipe et de son expérience auprès des organisations de gestion de la destination (OGD). L’utilisation des emoji dans une approche marketing est une question d’engagement.

Capter l’attention

Visuellement attrayants, les emoji contribuent à rendre un contenu accrocheur qui parle aux utilisateurs des médias sociaux et des outils de messagerie ?, dans le contexte où leur attention est très sollicitée.  

ClicAlsace

L’Observatoire Régional du Tourisme d’Alsace utilise ici des emoji qui résument l’essence de son message. Source : compte Twitter de ClicAlsace

Susciter des interactions ludiques et entretenir des conversations 

Le marketing de destination consiste essentiellement à créer un phénomène de bouche à oreille (?à?) positif, grâce à des expériences remarquables. Puisque les interactions avec une marque influencent le bouche-à-oreille et les décisions de voyage, les spécialistes doivent communiquer dans la même « langue » que leur clientèle actuelle, passée ou potentielle. Les emoji permettent d’ajouter une touche dynamique ou humoristique aux messages, rendant la communication plus amicale.

Favoriser les relations

Le marketing dans les médias sociaux consiste essentiellement à établir des liens. Les spécialistes du marketing de destination doivent créer une affiliation avec les consommateurs, ce qui représente un défi dans cet univers encombré. Selon l’auteur, les emoji améliorent la connexion émotionnelle ?; ils intensifient la perception d’intimité et de proximité.

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Cette publication de Tourisme Québec sur Facebook cherche à susciter l’émerveillement de sa communauté. Source : compte Facebook de Tourisme Québec

Humaniser la marque de la destination 

L’humanisation aide les touristes à faire confiance à la marque, à l’aimer et à la respecter. Les emoji — du moins une partie — reflètent des émotions et aident les marques à communiquer leur personnalité et leurs caractéristiques humaines, les présentant ainsi comme des acteurs fiables ?.

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Sur son compte LinkedIn, Tourisme Laurentides accorde une attention spéciale à la fête des Pères. Source : compte LinkedIn de Tourisme Laurentides

Les emoji  laissent libre cours à l’innovation et à l’audace

En 2015, la Finlande était le premier pays à créer ses propres emoji. Chapeauté par le ministère des Affaires étrangères, ce projet visait à transmettre de façon humoristique, l’unicité de la culture finlandaise.

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Source : finland.fi/emoji

En deux ans, les emoji finlandais comptaient plus de 240 millions d’utilisateurs à travers le monde. Le projet a reçu plusieurs distinctions dont celle de la catégorie « Best Use of Social Media » de la City Nation Place 2016.

Quelques astuces et conseils 

Utiliser brillamment les emoji n’est pas sorcier. Voici quelques suggestions :

  • Répéter les mots du texte pour illustrer et amplifier le message : Journée parfaite pour le ski ? ?!
  • Remplacer certains mots par des emoji: Nous avons un ? pour vous !
  • Ajouter des émotions positives à votre message : Nous avons hâte ? de vous rencontrer !
  • Égayer des messages généraux ou ajouter une touche d’humour ?.

Si vous ne savez pas bien les utiliser, rappelez-vous qu’une grande partie de votre clientèle, particulièrement les plus jeunes, est experte. Observez ? et apprenez !

Source de l’image à la une : Pexels

 

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Les rencontres, au cœur du développement culturel

L’offre culturelle constitue un atout majeur pour les villes. C’est une voie de développement et d’attractivité qui génère un sentiment de fierté dans les communautés et enrichit les milieux de vie.

La vitalité culturelle d’une ville ou d’un territoire découle des rencontres qu’elle provoque. Elle l’est également par des rencontres où émergent très souvent de nouvelles idées. Dans ce contexte, il s’avère intéressant de s’interroger sur les manières de créer et de favoriser les occasions de rencontre.

Lors du 32e colloque du réseau Les Arts et la Ville (5-6-7 juin 2019), plusieurs intervenants ont présenté des initiatives inspirantes ; en voici quelques-unes.

Utiliser la médiation culturelle

Selon l’organisme québécois Culture pour tous, la médiation culturelle : « désigne le processus de mise en relation entre les sphères culturelles et sociales, la construction de nouveaux liens entre politique, culture et espace public. Elle chapeaute un vaste ensemble de pratiques allant des actions de développement des publics à l’art participatif et communautaire. Ultimement, elle vise à faire de chaque personne, visiteur ou spectateur, un véritable acteur culturel ». La médiation crée des lieux de rencontre entre les artistes et les citoyens où l’échange interpersonnel, l’apprentissage et l’engagement sont promus. Elle permet aux citoyens de tisser des liens avec leur environnement, de développer un fort sentiment d’appartenance et de devenir les meilleurs ambassadeurs de leur milieu.

Elle permet aux citoyens de tisser des liens avec leur environnement, de développer un fort sentiment d’appartenance et de devenir les meilleurs ambassadeurs de leur milieu.

La ville de Vaudreuil-Dorion se démarque par son dynamisme et ses projets en médiation culturelle. Il s’agit de la seule municipalité nord-américaine nommée « Ville leader » par le regroupement international Cités et gouvernements locaux unis, organisme qui gère l’Agenda 21. Pour faire face au boom démographique et ethnique, la ville a misé sur la médiation culturelle pour rapprocher les citoyens de toutes les origines avec le projet « Je suis… ». La culture a permis de développer un sentiment d’appartenance et de favoriser les rencontres. Plus de 20 000 résidents participent annuellement aux activités mises en place. La vidéo suivante explique l’ensemble de leur démarche.

Source : YouTube

Forte de son succès et de son expérience du projet « Je suis… », la Ville a publié en juin 2019 le livre Et si on se rencontrait ! La médiation culturelle — le modèle de Vaudreuil-Dorion. Il s’agit d’un guide et d’un portrait de la ville qui a misé sur la culture comme outil de rassemblement. L’ouvrage est disponible en version électronique.

Créer des espaces de rencontres

Qu’ils soient mis sur pied par des municipalités, par des associations ou par des artistes, plusieurs projets d’espace public voient le jour. Leur aménagement permet à des lieux de devenir des cadres significatifs d’échanges et de rencontres.

La Ville de Montréal s’est dotée en 2015, d’un Programme d’implantation de rues piétonnes et partagées, pour venir en aide aux arrondissements dans la mise en œuvre d’initiatives variées de partage de la rue, de réaménagement, d’embellissement, de verdissement et d’animation du domaine public. Plus de 50 rues participent à ce programme. Pour Marie-Hélène Armand, conseillère en aménagement du Service de l’urbanisme et de la mobilité de la Ville de Montréal, certaines conditions doivent être respectées pour garantir le succès de ce type de projet, notamment :

  • Développer un design de qualité à la jonction de l’approche éphémère et de la durabilité pour les quatre saisons ;
  • Prendre des risques au profit de l’innovation ;
  • Établir des partenariats avec les acteurs locaux et universitaires ;

De son côté, le maire de Saint-Camille, Philippe Pagé, estime que les lieux culturels permettent aux différents groupes du village de se rencontrer et de parvenir ainsi à une meilleure compréhension de l’autre et au maintien d’un équilibre social. De ces espaces d’échanges, tels que le centre culturel Le petit bonheur, émergent de nombreuses idées.

Cette municipalité rurale est d’ailleurs particulièrement innovante, entre autres, grâce à son projet Destination Saint-Camille. L’église, reconvertie en salle multifonctionnelle, accueille des évènements de petite et moyenne envergure. La coopérative responsable regroupe plusieurs entreprises de la région et s’occupe de la gestion et de la promotion des congrès, des colloques et des formations. La vidéo suivante explique davantage le concept.

Source : Destination St-Camille

Favoriser la participation citoyenne

Les citoyens ne veulent plus recevoir la culture comme des spectateurs, ils désirent en devenir des acteurs. Selon Antoine Guibert, expert international pour l’implantation de l’Agenda 21 de la culture, les élus doivent en tenir compte dans la conception et l’orientation de leurs projets. Leur durabilité et leur efficacité seront beaucoup plus grandes s’ils correspondent aux besoins de la population. Alors, pourquoi ne pas leur demander leur avis ? Par exemple, les municipalités peuvent mettre en place un budget participatif. Il s’agit d’une démarche qui implique les citoyens dans les décisions budgétaires de leur ville. La population vote pour des projets soumis par leurs concitoyens. Le conseil municipal s’engage à les réaliser durant l’année suivante.

À l’international : le cas de Lyon

La culture a évolué depuis les 20 dernières années sur le territoire de Lyon. Une Charte de coopération culturelle  a été créée. Il s’agit d’un texte rassemblant les engagements d’établissements (opéra, théâtres, musées, etc.) voulant contribuer, de manière durable, à vie culturelle du territoire et de ses habitants.

D’après Marc Villarubias, responsable de la mission coopération culturelle à la Direction des affaires culturelles de la Ville de Lyon, plusieurs éléments s’avèrent essentiels pour favoriser la vitalité culturelle d’un territoire :

  • La coopération entre les divers acteurs de la ville afin de mettre leurs compétences et leurs expertises à profit ;
  • La collecte et le partage des données pour connaître et comprendre les enjeux (culturels, sociaux, architecturaux, etc.) du territoire ;
  • La médiation pour aider à la compréhension des projets ;
  • Les espaces de travail et de collaboration pour favoriser les rencontres et l’émergence des idées.

En plus d’être bénéfique pour les communautés, la culture constitue un élément d’attractivité pour les voyageurs. Un territoire avec une vitalité et un dynamisme culturel forts contribue à rendre l’expérience touristique québécoise unique et authentique.

 

Source de l’image à la une : Pexels