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Segments de clientèles

«Les copines d’abord»

Il y a la femme qui voyage seule pour affaires ou agrément et celles qui voyagent en groupe. Mais il y a aussi les femmes qui veulent se retrouver entre amies et «décrocher» de leur quotidien; celles-ci constituent un segment de marché en croissance qui vaut la peine que l’on s’y attarde.

C’est ce que l’on appelle communément des «voyages entre filles», peu importe l’âge!

Contrairement au voyage de groupe qui rassemble des femmes d’horizons différents, les escapades «de filles» sont composées de femmes qui se connaissent bien: des amies de longue date, des mères et leur(s) fille(s), des soeurs, même des grands-mamans et leur(s) petite(s)-fille(s), ou encore des copines de classe ou de travail.

Traditionnellement, les femmes voyageaient avec leur famille ou avec leur conjoint. Désormais, leurs périples prennent de nouveaux visages. Que ce soit pour se retrouver entre amies, «décrocher» du quotidien trépidant et recharger leurs batteries, prendre soin d’elles-mêmes ou fêter un événement, on observe un segment de marché qui se développe avec les années.

Bien qu’il s’avère difficile de quantifier la taille du marché, les propositions d’escapades se multiplient dans les magazines féminins (Oprah Magazine aux États-Unis, Châtelaine au Québec, etc.) et sont révélatrices de l’ampleur du phénomène. Le Travel Institute of America estime que 98 millions d’Américaines ont, dans les cinq dernières années, effectué de tels voyages et que ce segment de marché est en pleine croissance. En outre, après le 11 septembre, les gens de l’industrie touristique ont constaté que de plus en plus de gens privilégiaient la voiture et que plusieurs des déplacements étaient effectués par des femmes. Kathleen Laing et Elizabeth Butterfield ont consacré un livre à ce sujet: Girlfriends Getaway.

Les raisons suivantes expliquent en grande partie la croissance de cette clientèle:

  • Avant, les femmes au foyer avaient davantage de temps pour socialiser entre elles, mais maintenant qu’elles sont sorties de la maison, elles ressentent le besoin de se retrouver.
  • Aux États-Unis, une proportion de 40% des femmes âgées de 35 ans et plus n’ont pas de partenaire masculin de voyage; elles sont donc plus disponibles pour voyager avec les amies.
  • N’habitant plus nécessairement là où elles ont grandi, elles aiment retrouver leurs amies d’enfance.
  • Plus nombreuses sur le marché du travail, les femmes ont acquis une indépendance financière.
  • Un nombre grandissant de couples n’ont pas d’enfants ou ont des enfants tardivement, ce qui laisse une liberté accrue à ces femmes.
  • Le stress et les inconvénients liés au travail et à la vie familiale obligent à trouver des moments propices au «décrochage».
  • L’effervescence du quotidien restreint les occasions de rencontres, d’où le besoin de les provoquer occasionnellement.
  • Les intérêts de voyage des femmes divergent bien souvent de ceux des hommes.

À la recherche du «pratico-pratique»

On ne leur passe pas facilement un sapin car les femmes sont réputées être des consommatrices averties. Il faut leur présenter des éléments qui offrent un bon rapport qualité/prix. La facilité d’accès et de déplacement, auquel s’ajoute l’élément sécurité, constitue un critère important pour cette clientèle. Celle-ci privilégie des entreprises qui offrent une image d’ouverture envers les femmes. Par ailleurs, elles sont plus nombreuses que les hommes à planifier leur voyage sur Internet.

Pour développer un produit qui leur plaît, il faut bien comprendre leur style de vie et leurs besoins. Les femmes développent une relation avec une marque, un lien émotionnel avec un produit. (Lire aussi: Savez-vous parler aux femmes?) Il faut en conséquence mettre de l’avant les avantages ou l’émotion que procure ce produit beaucoup plus que ses caractéristiques.

Le forfait, la cerise sur le sundae!

Peu d’entreprises offrent des forfaits destinés à ce marché. Comment peut-on expliquer que cette clientèle soit négligée? Est-ce en raison de son profil «organisatrice», alors que glaner à gauche et à droite de l’information, commander des brochures, rechercher sur Internet, planifier un séjour la caractérise?

Quoiqu’il en soit, la conciliation travail-famille, les horaires serrés et le stress du quotidien font en sorte que les femmes manquent de temps et tout ce qui peut leur faciliter la vie devient une avenue intéressante à explorer. Aussi, l’offre d’un forfait escapade représente-t-elle pour elles la cerise sur le sundae!

Elles craquent pour…

Contrairement à la clientèle masculine où les forfaits offerts gravitent le plus souvent autour de la thématique du sport (chasse, pêche, golf, course automobile, etc.) ou requièrent un niveau d’adrénaline élevé (la lutte avec les alligators – Lire aussi: «Les copains ensuite…Que devient l’univers masculin du voyage?»),le segment des femmes semble être moins typé. Même si le contenu se concentre fortement sur le bien-être et la relaxation comme les soins du corps et la mise en forme (spa, massage, esthétique…), de multiples autres produits présentent un intérêt pour cette clientèle: le magasinage, les bons restaurants, les arts et la culture (théâtre, musées, galeries d’exposition), la pratique de sports (natation, équitation, randonnée pédestre, golf, etc.), une petite retraite de luxe sur le bord d’un lac et même le pyjama-party.

Mais la différenciation et la diversification sont de mise car trop souvent on retrouve le traditionnel forfait massage, manucure et magasinage. Il faut comprendre que, pour certaines femmes, l’aventure et la découverte peuvent être des avenues séduisantes. C’est pourquoi une variété de forfaits doit répondre à leurs goûts, à leur style et à leur bourse. Il s’agit de déterminer quelle niche on veut occuper pour être en mesure de rejoindre plus aisément les consommatrices.

Pourquoi pas?

La carte de l’humour semble avoir la cote: le Fairmont Waterfront à Vancouver offre le forfait SPM (shopping, pralines et martinis), tandis que certains hôteliers, tant au Canada qu’aux États-Unis, se sont inspirés de l’émission de télé «Desperate Housewives» (Beautés désespérées) pour baptiser leur forfait. Le Four Seasons Hotel de Chicago propose «Girls Just Want to Have Fun».

D’autres osent sortir des sentiers battus: le Knickerbocker Hotel à Chicago a combiné le spa à des billets pour une partie de baseball des Cubs, des ailes de poulet et de la bière; un autre forfait a pris la forme de randonnée pédestre et d’une sortie à voile; et que dire de la combinaison casino et fondue au chocolat à volonté?

Toutes les raisons sont bonnes: en France, pendant le Mondial du foot, Expedia.fr proposait des escapades entre copines du type bronzage à Marbella, «night-club» à Londres, farniente à Marrakech et shopping à Florence. La fête des Mères devient une belle occasion pour Diva Expéditions d’offrir un forfait «mère-filles». Le Fairmont Château Frontenac propose la «Vie de château pour filles».

Brenda Pesce, directrice du marketing au Flatotel de New York, soulignait l’importance de miser sur les composantes qui peuvent faire le succès de son établissement. Par exemple, dans cette ville, la clientèle recherche les restaurants et les théâtres branchés. Un forfait initial peut donc comprendre une ou ces deux composantes, que le concierge peut compléter avec des éléments sur mesure pour les clientes et l’ajout d’un petit «plus» (l’apéro, les fleurs, les petites bouchées à grignoter ou l’offre de livrer les achats à l’hôtel).

Trouvez ce petit «plus», cette petite attention qui impressionnera ces dames ou la combinaison de produits qui sortira du forfait classique et les surprendra. Cela peut s’avérer gagnant pour le bouche-à-oreille, un des sports favoris de ces dames! Elles aiment tellement partager leurs petits plaisirs entre elles.

Voir aussi

www.divaexpeditions.com
www.women-traveling.com/journalists.htm
www.fodors.com/wire/archives/001018.cfm
momstoday.com/resources/articles/girlfriendgetaway.htm
www.girlfriendsgetaway.com/

www.girlfriends-getaway.com
www.girlfriendsgetaway.org/
www.million-dollar-mama.com/

Sources:
– Chipkin, Harvey. «Girlfriends – A Niche Market Worth Cultivating», HSMAI Marketing Review, automne 2005, p. 40-44.
– Bean Yancey, Kitty. «Where the Boys Aren’t», USA Today, 28 avril 2005.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Deux approches de commercialisation du golf: des cas concrets

Ce complément d’analyse présente des destinations golf dignes d’intérêt pour illustrer deux approches distinctes en matière d’organisation de l’offre et de stratégie de commercialisation. La première partie s’intéresse plus particulièrement à deux exemples de régions touristiques ayant développé une approche de circuit comme outil de promotion de leur produit golf. La deuxième partie apporte un éclairage sur deux destinations de golf qui correspondent davantage à l’approche classique de mise en marché, mais qui n’en demeurent pas moins des lieux reconnus sur la scène internationale.

L’approche circuit

  • The Audubon Golf Trail, Louisiane – Une signature verte

L’Audubon Golf Trail consiste en un regroupement de 11 parcours de golf situés dans l’État de la Louisiane. Le principal objectif qui a amené les propriétaires de terrains de golf à s’associer consistait à commercialiser une offre globale, unifiée, plutôt que sur une base individuelle. Environ 225 000 rondes de golf sont jouées annuellement au sein de ce réseau.

Le nom du regroupement a été sélectionné en l’honneur du célèbre artiste-naturaliste John James Audubon. Tous les parcours sont membres de l’Audubon Cooperative Sanctuary for Golf Courses, une association vouée à la protection de l’environnement et à la préservation du patrimoine naturel du golf.

Les autorités touristiques misent beaucoup sur le produit golf dans leur stratégie marketing. Le slogan retenu pour vendre l’Audubon Golf Trail est: «Great Golf, Among Other Things». On vise à positionner le golf en Louisiane comme un concept d’«expérience».

On mise sur un guide spécialisé, l’Audubon Golf Trail Vacation Planner, pour faciliter la démarche du golfeur qui planifie ses vacances de golf. Celui-ci y trouve tous les renseignements utiles concernant les parcours et l’hébergement ou pour communiquer avec l’équipe du service à la clientèle.

Effet de levier

Au départ, le circuit souffrait d’un manque d’infrastructures pour accueillir la clientèle des golfeurs touristiques à la recherche d’une expérience de qualité pendant leur séjour. La contribution du secteur privé a rétabli la situation depuis, grâce à des investissements importants en périphérie de chacun des parcours. L’ajout d’infrastructures comprenait notamment des établissements hôteliers, des stations-service, des centres commerciaux, des quartiers résidentiels, etc. Même si l’on ne peut conclure à un état de cause à effet direct, il est évident que la création d’une image de marque susceptible d’accroître substantiellement la notoriété des terrains «griffés» et celle de la région comme destination de golf a joué un rôle positif auprès des sociétés d’investissement.

Les clubs de golf ne versent qu’un montant de 1000 USD annuellement pour être membres de l’Audubon Golf Trail. Une importante part du financement dédié à la commercialisation du regroupement provient du Department of Culture, Recreation, and Tourism qui a injecté 250 000 USD au cours de l’exercice financier 2005-2006. L’ensemble du budget de fonctionnement de l’Audubon Golf Trail totalise environ 800 000 USD.

  • The Robert Trent Jones Golf Trail, Alabama – La griffe d’un designer

Reconnu comme l’un des meilleurs modèles de regroupement marketing de golf, le Robert Trent Jones Golf Trail (RTJGT) a été fondé en 1980 par le Retirement Systems of Alabama, fonds de retraite des professeurs de l’État. L’objectif de ces gestionnaires de portefeuilles était de créer un réseau de parcours de championnats répartis dans l’Alabama, qui agirait comme catalyseur du tourisme et de l’économie. On le voyait aussi comme un véhicule d’investissement potentiellement rentable. Le RTJGT constituait l’une des premières initiatives de circuit de golf et demeure une référence et un exemple de succès aujourd’hui.

Il comprend 24 parcours répartis sur 10 clubs de golf, tous signés Robert Trent Jones. Les coûts associés à la construction du projet sont évalués à plus de 145 millions USD. Considérée comme l’une des destinations de golf par excellence en Amérique par Golf Digest, une référence en la matière, le circuit inclut notamment 6 clubs cotés 4 étoiles et demie (sur 5).

Le RTJGT dispose d’infrastructures touristiques bien développées. Par ailleurs, il joue sur deux tableaux quant au type de forfait de vacances de golf, ciblant autant les golfeurs «sédentaires» que les golfeurs «nomades». Des agents de voyages se chargent d’organiser les circuits.

Maximiser les retombées

Le Retirement Systems of Alabama se charge de la forfaitisation du golf afin de maximiser la profitabilité du circuit. Le regroupement s’assure de capitaliser sur les revenus d’unités d’hébergement dont il est lui-même propriétaire et gestionnaire. Il exerce par la même occasion un meilleur contrôle sur la qualité de l’expérience de séjour du visiteur.

Une carte rabais est aussi disponible pour les résidants de l’Alabama, qui peuvent ainsi obtenir de meilleurs tarifs pour pratiquer le golf durant les périodes de plus faible achalandage. On vise ainsi à maximiser les revenus des non-résidants en vacances de golf.

En 2004, le circuit a accueilli plus de 200 000 golfeurs en provenance de l’extérieur de l’Alabama. La clientèle dépense en moyenne 185 USD par jour durant son séjour de golf. L’impact économique direct du RTJGT se chiffrerait annuellement à plus de 1 milliard USD.

L’approche destination

  • Myrtle Beach, Caroline du Sud – Une solide réputation

La région de Myrtle Beach est considérée comme la première destination mondiale en termes de nombre de visiteurs et de rondes jouées. Myrtle Beach jouit d’une réputation presque inégalée en raison d’une densité extraordinaire de parcours de qualité. On y trouve quelque 109 clubs de golf entourés d’établissements hôteliers en bordure de l’océan.

Le Myrtle Beach Golf Holiday (MBGH) est le principal organisme responsable de la commercialisation du golf. Son budget annuel totalise environ 7 millions USD. Quelque 94 clubs de golf en sont membres. La région accueille chaque année plus de un million de golfeurs qui séjournent en moyenne quatre jours et dépensent de 1200 à 1500 USD durant leur voyage.

Plus que du golf

Dans cette région, le golf partage la vedette avec les plages qui attirent un grand nombre de visiteurs durant les mois d’été. Les deux produits se complètent plutôt bien puisque le golf permet d’allonger la saison touristique durant les périodes de mars à mai et de septembre à novembre.

Myrtle Beach s’est néanmoins forgé un solide brand name au fil des ans avec son slogan: «Where the World Goes to Golf». Le message consiste à rappeler aux golfeurs que Myrtle Beach s’avère la première destination de golf au monde. Au-delà du slogan, on insiste sur trois axes pour décrire le produit, soit : «Quality, Variety and Value».

Une clientèle touristique élargie

La destination n’est pas nécessairement associée au tourisme haut de gamme. Plusieurs types de forfaits sont offerts grâce à la variété des parcours et des établissements hôteliers. Le MBGH mise beaucoup sur les voyagistes qui se chargent de vendre le produit dans l’ensemble du réseau de distribution. Les grossistes négocient des tarifs préférentiels de rondes avec les clubs de golf et les commercialisent par l’entremise de leurs hôtels partenaires.

Le marché primaire de Myrtle Beach provient surtout du Nord-Est américain, dont la région de Washington, ainsi que du Québec et de l’Ontario. Il cible de plus en plus des marchés d’outre-mer, alors qu’il travaille avec des tour opérateurs allemands et britanniques.

Myrtle Beach tire aussi son épingle du jeu auprès des touristes d’affaires qui viennent principalement durant la haute saison de golf, au printemps et à l’automne. Elle accueille plutôt des congrès de moindre envergure en raison de l’absence de liens aériens directs avec d’importants marchés.

Île du Prince-Édouard – Un virage majeur

Au Canada, l’île du Prince-Édouard s’inscrit certes comme l’un des fleurons du pays, réussissant à se démarquer sur la scène internationale. Environ 140 000 touristes ont profité de leur séjour sur l’île pour y pratiquer le golf. Il s’agit d’un virage important pour cette destination qui, il y a une quinzaine d’années, ne misait que très peu sur le golf comme produit touristique.

Golf PEI est l’association marketing responsable du développement et de la promotion de l’industrie du golf à l’IPE. Elle a été créée en 1989 par un groupe de six clubs partageant la vision commune de faire évoluer la province comme destination de golf. Un total de 25 clubs de golf sont actuellement membres de Golf PEI sur une possibilité de 30.

Pour parvenir à se tailler une place comme destination de golf de calibre international, l’industrie a sensiblement rehaussé la qualité de son réseau de parcours de sorte que dix d’entre eux figurent désormais parmi les 100 meilleurs au Canada selon un classement publié récemment par Globe Golf, une publication du Globe and Mail.

Un budget imposant

Tout comme Myrtle Beach, l’IPE abrite une forte densité de parcours de qualité, en plus de plusieurs autres produits vedettes. Environ 14% des touristes pratiquent le golf durant leur séjour sur l’île. On injecte tout de même des ressources financières importantes pour assurer le succès de la destination auprès des touristes golfeurs. En 2005, Golf PEI pouvait compter sur une enveloppe budgétaire de un million CAD. Les marchés ciblés sont principalement les provinces de l’Atlantique, le Québec, l’Ontario et la Nouvelle-Angleterre.

L’impact économique du golf à l’IPE se chiffre à 85 millions CAD. Près de 80% de ces retombées, soit 68 millions CAD, ne sont pas directement reliées au golf (restauration, hébergement, divertissement, etc.). Les golfeurs en visite sur l’île dépensent en moyenne 180 CAD par jour, comparativement à 100 CAD pour les autres touristes., divertissement, etc.). Les golfeurs en visite sur l’île dépensent en moyenne les autres touristes.

Lire aussi: Commercialisation touristique du golf: approche destination vs circuit

Sources:
– Chaire de Tourisme de l’UQAM. «Plan stratégique de développement et de commercialisation du golf touristique au Québec», Étude réalisée pour l’Association des terrains de golf du Québec, Avril 2006.
– Duncan Mills. «A Study of the Best Practices of Golf Course Marketing Consortia», mars 2004.
– Myrtle Beach Area Chamber of Commerce. «The Myrtle Beach Area Statistical Abstract», février 2005.
– National Golf Foundation. «Golf Industry Report: Golf Participation Issue», vol. 5, 2005.
– Office of the Lieutenant Governor and the Department of Culture, Recreation and Tourism of Louisiana. «Strategic Plan 2005-06 through 2009-10», 2004.
– Prince Edward Island Tourism Advisory Council. «The Prince Edward Island Strategy for Tourism Competitiveness 2005-2010», juillet 2005.
– The Rudder Group, Georgia Tech. «Georgia Golf Branding Strategy Recommendation», juin 2002.

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Technologies

Le Canada à l’ère du marketing numérique

Le Réseau de veille en tourisme était présent à la première conférence canadienne sur les voyages en ligne, pour recueillir les faits marquants. Voici un premier compte rendu, celui de la conférence de Geoff Ramsey, pdg d’eMarketer, qui trace la situation des nouveaux enjeux du marketing électronique dans le contexte canadien.

Les Canadiens et l’Internet à vitesse grand V… réticents à acheter

D’entrée de jeu, Geoff Ramsey soulignait à quel point Internet est devenu un produit de consommation courante, notamment grâce à l’adoption massive de la connexion haute vitesse. Certains seront sûrement surpris d’apprendre que le Canada est en avance de deux ans à ce chapitre par rapport aux États-Unis. Aujourd’hui, 52% des ménages canadiens sont branchés à haute vitesse, comparativement à 43% chez les Américains. Or, le Canada affichait précisément ce même taux de connectivité en 2004.

Selon comScore, une firme d’analyse du Web, 88% des pages visitées en 2005 et 84% des minutes de session sont attribuables aux internautes canadiens qui utilisent les larges bandes passantes. On remarque également qu’ils dépensent 50% plus que les internautes disposant d’une simple connexion téléphonique. Sur les 19 millions d’internautes Canadiens, 15 millions magasinent en ligne, dont 10 millions effectuent des achats. La proportion des internautes canadiens transigeant en ligne demeure néanmoins nettement inférieure (52%) à celle d’autres nations telles que les Américains (63%) et les Britanniques (70%). Une certaine crainte latente peut expliquer cet écart, alors que de 75 à 81% des Canadiens disent être préoccupés par les risques liés à la sécurité et à la confidentialité sur Internet.

Des tendances marketing révolutionnaires

On retiendra aussi que pour chaque dollar dépensé en ligne, 1,60$ additionnel est dépensé à l’extérieur du Web. En parallèle, on assiste à une explosion des budgets de publicité en ligne. De 2002 à 2005, les dépenses sur le marché canadien sont passées de 176 à plus de 519 MCAD.  À ce chapitre, la sphère canadienne du marketing en ligne est encore relativement inoccupée, puisqu’il se dépense ici 25CAD pour chaque internaute, comparativement à 71CAD aux États-Unis.

Geoff Ramsey a identifié cinq grandes tendances marketing qui sont en voie de révolutionner les façons de faire:

  1. Le scepticisme du consommateur et sa résistance à la publicité.
  2. Le consommateur de plus en plus en contrôle du processus d’information et d’achat.
  3. Une fragmentation des médias sans précédent.
  4. La nécessité de préciser les cibles afin d’améliorer la pertinence et de minimiser le gaspillage.
  5. De plus grandes responsabilités sur les épaules des gestionnaires du marketing.

Ce n’est pas pour rien que, selon Yankelovich, 69% des internautes cherchent des façons pour bloquer les diverses publicités, les esquiver ou s’en désengager. Le phénomène de l’érosion de la confiance des consommateurs envers la publicité est bien présent. Selon Lee Smith d’Insight Express, seulement 10% des gens lui font aujourd’hui confiance.

L’ère de l’audio/vidéo plus efficace

Internet devient évidemment un véhicule publicitaire privilégié pour affronter ces nouveaux défis marketing. On retiendra que des messages plus percutants, voire plus envahissants, génèrent davantage d’impact et obtiennent un meilleur taux de réponse… en autant qu’ils soient pertinents. Il faut ajouter que le contenu Web intègre de plus en plus les vidéos, ce qui permet de bénéficier du même type d’effet que ce qu’apporte la télévision en matière de développement d’une image de marque.

D’ailleurs, une étude menée par Dynamic Logic confirme que les publicités audio/vidéo s’avèrent beaucoup plus efficaces que celles dites statiques (textes et images). Tant sur les plans de la notoriété, de l’association du message, de l’opinion de la marque, que sur les intentions d’achat, les résultats obtenus sont environ trois fois supérieurs. La bonne nouvelle pour le secteur touristique c’est qu’en 2005, 23% des internautes nord-américains disent avoir téléchargé des vidéos relatives à des produits de voyage.

À défaut d’acheter, on y cherche

Selon un sondage mené en juillet 2005 par la firme GMI (Global Market Insite), un Canadien sur deux utilise Internet pour déterminer son choix de vacances, soit environ la même proportion (49%) que ceux qui disent se fier sur des recommandations personnelles. Les agents de voyages, la télévision et les journaux suivent ensuite avec des proportions respectives de 25%, 19% et 17%.

Quant à savoir ce que les Canadiens cherchent en priorité, il s’agit de l’information à propos:

  • des tarifs de voyages (52%),
  • de l’hébergement (51%),
  • des destinations (48%),
  • des conditions météorologiques (44%),
  • du transport (44%).

Aux organisations qui se demandent si elles doivent investir en adoptant une stratégie d’optimisation des moteurs de recherche, Geoff Ramsey soulignait le pouvoir que cela pouvait avoir sur la force de l’image de marque. D’abord, 62% des internautes ne cliquent que sur les résultats obtenus sur la première page. Ensuite, 36% des internautes assument que les entreprises qui apparaissent au haut de la page constituent tout simplement les meilleures marques.

Fait intéressant, lorsque le consommateur effectue une recherche touristique sur le Web, il n’est souvent pas très loin d’un achat. En effet, 32% de ces internautes ont conclu une vente dans les huit semaines suivant leur requête d’information. Et 80% de ces achats ont été effectués en ligne.

En terminant, voici une citation de Geoff Ramsay qui résume bien l’état de la situation de l’ère du marketing numérique:

«When the relevancy of behavioral targeting is combined with the impact of rich media or video units, watch out!»

Source:
– Ramsey, Geoff. «Opening Keynote: Digital Marketing in an Age Where the Consumer is in Control», Online Revealed 2006, Conférence tenue à Ottawa du 15 au 17 mai 2006.

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Marketing

Comment mettre à profit la segmentation des clientèles par le géomarketing

À l’heure où les experts du marketing prônent les vertus de la segmentation et du marketing de niche, le milieu touristique gagnerait à mieux connaître le géomarketing. Cette approche de mise en marché utilise la segmentation et la localisation géographique des clientèles afin d’identifier les marchés potentiels et les meilleures façons de les solliciter.

Il y a la localisation géographique…

La connaissance des clientèles et des marchés constitue un défi primordial pour les entreprises touristiques. Néanmoins, la simple collecte du code postal semble représenter un exercice exigeant pour nombre d’entre elles.

L’effort en vaut toutefois la peine, car le traitement des simples coordonnées d’un groupe de consommateurs permet de localiser géographiquement les marchés actuels de l’entreprise. Les gestionnaires qui connaissent les régions et les municipalités d’où proviennent leurs clients peuvent analyser plus efficacement les propositions publicitaires qui s’offrent à eux.

Toutefois, cette approche traditionnelle, bien qu’elle favorise une meilleure connaissance de la clientèle actuelle de l’entreprise, ne permet pas l’identification et le démarchage de nouveaux marchés sur lesquels repose le défi de la croissance.

Et il y a le géomarketing!

De façon simplifiée, le géomarketing est une approche de mise en marché qui ajoute la variable géographique à l’analyse du comportement et des attentes des consommateurs. La plus-value du géomarketing provient donc de l’application conjointe de la localisation et de la segmentation. Lire aussi: À chacun sa niche!)

En mettant les données démographiques, économiques et sociologiques des segments de clientèles en perspective avec leur milieu de vie, le géomarketing permet d’établir de nouveaux liens entre les marchés géographiques et la segmentation des clientèles selon les habitudes de vie. (Lire aussi: Bienvenue dans le merveilleux monde des sociostyles.)

Qui se ressemble s’assemble!

Une des prémisses du géomarketing suppose que les gens ayant des caractéristiques, des préférences, des valeurs et des comportements similaires ont tendances à vivre dans le même type d’environnement. Donc, si l’entreprise parvient à définir les sociostyles de sa clientèle, le géomarketing permettra d’identifier les quartiers où ce type de clientèle représente un pourcentage significatif de la population.

Les modèles de segmentation par sociostyles

L’engouement pour cette approche marketing a incité plusieurs fournisseurs à développer des modèles de segmentation par sociostyles. Parmi les plus connus, citons :

  • PRIZM CE de la firme canadienne Environics Analytics, qui s’inspire du modèle PRIZM de l’entreprise américaine Claritas. Ce modèle segmente la population du Canada en 66 groupes (www.environicsanalytics.ca). 
  • PSYTE@ADVANTAGE de Mapinfo Corporation et Compusearch Canada propose une répartition de la population canadienne en 65 segments distincts (www.mapinfo.com).
  • FOCUS de la firme québécoise Optima Marketing suggère pour sa part une segmentation différente selon les régions du Canada. FOCUS offre un profil spécifique au territoire québécois qui compte 20 segments (www.optimarketing.com).

Chacun de ces modèles s’alimente à diverses sources de données, telles que Statistiques Canada ou Print Measurement Bureau (PMB), afin de proposer des segments de clientèles qui tiennent à la fois compte des caractéristiques démographiques, économiques et de consommation.

Concrètement, comment ça fonctionne?

Si votre entreprise ou votre regroupement désire expérimenter cette démarche, voici, en bref, quelques-unes des étapes à franchir:

Étape 1: Il faut identifier la provenance géographique de vos clientèles:

  • Parmi l’ensemble de votre clientèle, déterminez le(s) segment(s) visé(s) par votre démarche (agrément ou affaires, clientèle estivale ou hivernale, etc.).Cette segmentation repose habituellement sur différentes caractéristiques telles que le but et la fréquence des visites, les activités pratiquées, les services utilisés, les dépenses moyennes, etc.
  • Établissez la provenance des clients de chacun des segments en utilisant les codes postaux. Avec le fournisseur de votre choix, illustrez ensuite cette provenance à l’aide de cartes géographiques.
  • Identifiez les zones (régions, villes et quartiers) démontrant une forte concentration de clients. Portez attention au nombre absolu de clients, mais aussi au taux de pénétration (pourcentage du nombre de clients sur la population totale).
  • Vous obtenez ainsi les zones à succès, soit celles qui génèrent actuellement de la clientèle pour votre entreprise.

Étape 2: Il faut identifier ensuite les profils «sociostyles» des clients provenant des zones à succès:

  • Prenez contact avec un fournisseur spécialisé en géomarketing afin de choisir le modèle de segmentation qui vous permettra d’identifier les sociostyles par zone d’habitation.
  • Avec l’aide du spécialiste, analysez chaque zone géographique retenue et identifiez les sociostyles dominants, soit ceux qui représentent un pourcentage élevé de résidants dans la zone.
  • Comparez les caractéristiques de ces profils «sociaux» (habitudes, intérêts, consommation) avec les caractéristiques de vos clients lors de leurs visites au sein de votre entreprise, afin d’identifier le ou les sociostyles qui correspondent à ces clientèles.
  • Vous identifiez ainsi les sociostyles de votre clientèle (du moins le segment ciblé par cette démarche).

Étape 3: Il faut identifier de nouvelles zones où habitent des consommateurs qui ont le même profil «sociostyle»:

  • Avec l’aide de votre fournisseur en géomarketing, établissez une liste des zones géographiques où un pourcentage élevé de la population affiche un profil «sociostyle» similaire à celui de votre clientèle actuelle.
  • Vous obtenez ainsi une liste de nouvelles zones (quartiers, villes ou régions) où les résidants ont une plus grande propension à être intéressés par votre entreprise, puisqu’ils ont le même profil de consommation et les même habitudes de vie que vos clients actuels.

Ensuite, dépendamment des actions marketing que votre entreprise souhaite déployer, les outils de géomarketing peuvent également générer des renseignements très utiles pour en maximiser l’efficacité. Par exemple:

  • La sélection des codes postaux des résidants des zones à fort potentiel permet d’identifier les routes postales à privilégier lors d’un envoi postal massif ou d’un encartage dans les journaux.
  • L’identification d’un aspect du profil de consommation (par exemple la pratique d’une activité) jumelée à une sélection de codes postaux permet de procéder à l’achat ou à la location de listes pour effectuer un envoi postal ciblé.
  • L’identification des habitudes de lecture (journaux, magazines et autres) des profils retenus permet une meilleure sélection des médias à privilégier lors d’achats publicitaires.
  • L’identification des habitudes de consommation (autres que le tourisme et le voyage) ouvre également la voie au développement d’alliances ou de partenariats non traditionnels.

Tirez, vous aussi, profit de vos bases de données

Plus l’information colligée sur vos clients est variée et précise, plus les possibilités marketing sont diversifiées. Puisqu’il devient de moins en moins plausible et rentable pour une entreprise de vouloir parler à tout le monde, il est temps de tirer concrètement avantage des données dont elle dispose sur ses clientèles. Et, pour certaines d’entre elles, le géomarketing pourrait s’avérer une piste intéressante.

Sources:

– Institut d’analyse géographique (ISG), «Qu’est ce que le géomarketing?», [www.iag.asso.fr] http://www.iag.asso.fr/questions/geomarketing.htm.
– Latour, Philippe. «Le Géomarketing, vite!… mais pas trop», [www.visionarymarketing.com] http://visionarymarketing.com/articles/geomarketing.html.
– Niot, Carine. «Géomarketing: un nouvel outil au service des entreprises», Indexel [www.indexel.net], 3 janvier 2002, http://www.indexel.net/doc.jsp?id=1341.

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Marketing Tendances

Les brochures touristiques sont-elles encore efficaces?

Les avancées technologiques remettent en cause plusieurs procédés traditionnels, dont les populaires brochures touristiques. Or, il semble qu’elles ne soient pas prêtes à disparaître. Deux études confirment leur grande utilité, puisqu’elles demeurent parmi les sources d’information les plus utilisées par les touristes. Cela est d’autant plus vrai que la majorité des voyageurs revoit son itinéraire durant le voyage. Les brochures jouent alors un rôle plus important qu’Internet, par exemple, pour influencer leurs décisions.

Mesurer l’efficacité

C’est d’abord l’expérience antérieure du voyageur qui influence l’image qu’il se fait d’une destination, de son choix de vacances et des prestations touristiques. Lorsqu’il choisit pour la première fois un endroit, d’autres sources d’information telles que la familiarité du nom, la réputation, le prix, la publicité, Internet, le bouche à oreille, etc. exercent une influence.

Professeure à l’Arizona State University, Kathleen L. Andereck s’est intéressée à mieux comprendre l’efficacité des brochures touristiques comme outil d’aide à la décision du touriste. Pour y parvenir, elle a administré un sondage auprès d’un échantillon de personnes qui avaient fait une demande d’information en vue d’un éventuel voyage dans la région de Glendale, en Arizona. Selon elle, l’étude permet de conclure que les brochures traditionnelles exercent encore une grande influence sur la décision des voyageurs. Les touristes potentiels ayant demandé une brochure ont démontré un intérêt accru grâce à la documentation reçue (graphique 1). En effet, 51% des répondants ont mentionné être intéressés ou extrêmement intéressés à visiter Glendale après avoir reçu la brochure, alors que seulement 19% déclaraient la même chose avant de la recevoir.

La brochure touristique influence significativement d’autres décisions importantes relatives aux voyages, notamment celle d’ajouter la région à l’itinéraire (33%) ou de séjourner plus longtemps dans la région (15%). L’auteure de l’étude conclut néanmoins que les perceptions préalables du touriste envers une destination demeurent plus fortes que tout le reste quant à la décision de l’inclure ou non dans l’itinéraire du voyage. Par contre, l’efficacité de la brochure accroît très certainement l’intérêt pour la destination et joue un rôle quant au temps qui sera passé sur place.

Le facteur de l’expérience

Deux segments ont été formés pour mesurer l’effet de la brochure: les visiteurs expérimentés (ceux qui ont déjà visité la région de Glendale) et les visiteurs inexpérimentés (ceux qui n’y sont jamais allés). Il est ressorti que les touristes expérimentés présentaient un niveau d’intérêt plus élevé que les autres à voyager dans la région avant de recevoir la brochure. Mais, fait intéressant, il n’y avait aucune différence significative entre les deux groupes après la réception de l’information.

On peut ainsi comprendre qu’une brochure s’avère beaucoup plus efficace pour influencer positivement le niveau d’intérêt envers une destination auprès des touristes qui ne l’ont jamais visitée. Et ce sont aussi les touristes inexpérimentés qui ont indiqué que la publicité avait sensiblement modifié l’image initiale qu’ils se faisaient de la destination.

Les brochures plaisent aux femmes

L’échantillon observé a également permis de dénoter des différences significatives d’efficacité de la brochure touristique selon le profil sociodémographique du visiteur potentiel. Les chercheurs signalent que les femmes sont plus susceptibles que les hommes de se laisser influencer positivement par cette forme de publicité. Ils font le même constat pour le segment des gens d’âge médian avec des revenus moindres.

Pour les destinations plus éloignées ou moins populaires, de même que pour les organisations disposant de peu de moyens, la confirmation de l’efficacité de la brochure traditionnelle représente une bonne nouvelle. Les frais relativement peu élevés de production et de distribution la rendent accessible à tous les intervenants. L’important consiste à bien capitaliser sur ses deux principaux atouts, sa simplicité et son look coloré, ainsi que sur des lieux de distribution pertinents.

Et Internet?

On a beaucoup parlé de l’importance d’Internet comme outil de planification des voyages. Selon les dernières données du CEFRIO (Centre francophone d’informatisation des organisations), 35% des Québécois disent se servir du Web à cet effet (lire aussi  «Touriste ‘branché’, version 2005»). Il n’est évidemment pas question de remettre en cause la pertinence d’une bonne stratégie de visibilité sur le Web pour les destinations. Il faut par contre considérer que toutes les décisions ne se prennent pas avant de partir et que plusieurs détails concernant l’itinéraire se règlent en cours de route. En effet, 62% des voyageurs recherchent de l’information durant le voyage.

Le professeur Patrick Tierney de la San Francisco State University a réalisé, dans des hôtels, sur des sites d’attractions et dans des bureaux d’information touristique, des interviews auprès de 2569 touristes canadiens, américains et irlandais. Son étude révèle qu’une fois le domicile quitté, les brochures deviennent l’outil de planification par excellence (21%) (graphique 2). Viennent ensuite les parents et amis et les guides de voyages (15% chacun). Peu de gens se donnent la peine de consulter Internet sur la route des vacances (11%).

L’étude précise également que, parmi les touristes qui ont pris une brochure sur un présentoir, 37% ont modifié leurs plans de voyages en raison de l’information trouvée et 47% ont effectué un achat en lien avec la publicité.

Adapter le message

De plus, il ne faut pas négliger l’importance du rôle de la femme dans le processus décisionnel des vacances familiales. Combien de fois a-t-on vu des publicités d’abord dédiées aux hommes, alors que c’est plutôt madame qui tranche le débat? Si l’on ajoute à cela le fait que les femmes se laissent davantage influencer par cette forme de marketing, il devient important d’adapter les stratégies promotionnelles afin qu’elles se reconnaissent dans le message véhiculé.

Plusieurs experts envisagent un bel avenir pour la brochure électronique, parce qu’elle coûte moins cher à produire et s’avère plus facile à mettre à jour, sauf qu’elle ne répond pas aux besoins des touristes en déplacement. Il faut aussi garder à l’esprit que les comportements décrits concernent essentiellement les gens qui ont manifesté une certaine volonté de recevoir une brochure touristique. Les résultats pouvant être escomptés à la suite d’envois massifs dans les grands quotidiens ou par la voie d’autres canaux non sollicités ne peuvent certes pas être comparés avec les exemples présentés ici.

Produire une brochure séduisante ne représente qu’une partie du défi. Il reste surtout à s’assurer qu’elle pourra se retrouver entre les bonnes mains au moment opportun.

Sources:
– Andereck, Kathleen L. «Evaluation of a Tourist Brochure», Journal of Travel & Tourism Marketing, vol. 18, 2005.
– Bieger, Thomas et Christian Laesser. «Information Sources for Travel Decisions: Toward a Source Process Model», Journal of Travel Research, vol. 42, mai 2004.
– Riseley, Mark et Adam Daum. «Tour Operators Taking First Steps to Shelve Traditional Brochures».
– Tierney, Patrick. «Comparison of the Effectiveness of Brochure Distribution in Racks to Other Tourist Information Sources», San Francisco State University, 15 décembre 2003.

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Marketing Technologies

L’utilisation judicieuse des liens commandités

On parle abondamment de la manière dont les moteurs de recherche sur Internet, principalement Google, révolutionnent l’industrie du voyage, et pour cause. Leur utilisation massive par les internautes, comme outil de planification a conduit les dirigeants à revoir les stratégies marketing du tourisme et à penser la promotion autrement. Ainsi, de plus en plus d’entreprises se tournent vers les liens commandités afin de tirer profit de la popularité des moteurs de recherche.

Une visibilité pour tous

C’est d’abord parce que les voyageurs détiennent désormais un important pouvoir au bout de leur souris d’ordinateur que les règles du marketing à leur endroit ont tant évolué. Internet ne se limite pas à la recherche d’information à propos d’une destination ou des services touristiques qui s’y greffent, c’est aussi une kyrielle d’autres outils tels que des guides touristiques, des cartes, des calculatrices, des planificateurs.

De plus, les joueurs majeurs n’ont plus le monopole de la visibilité sur Internet. L’ère où leur simple notoriété suffisait à leur assurer une fidélité sans compromis de la part des internautes est certainement révolue. Grâce aux moteurs de recherche, les PME du tourisme jouissent d’une visibilité inespérée sur la toile, en vertu non seulement des résultats naturels (dits «liens organiques») des requêtes, mais aussi des liens commandités.  

Qu’est-ce qu’un lien promotionnel?

Un lien commandité (ou «sponsorisé») consiste en un lien acheté pour un mot-clé de recherche précis auprès de sociétés comme Google ou Yahoo et qui apparaît dans les pages de réponses des moteurs de recherche, suivant les requêtes des internautes. Après avoir lancé une recherche, ce lien acheté figurera en position préférentielle par rapport aux liens naturels d’autres sites référencés.

Par exemple, si un internaute recherche des renseignements sur un hôtel à Montréal et qu’il tape les mots «hôtel » et «Montréal» dans Google, il obtiendra deux types de résultats: des liens organiques et des liens promotionnels. Afin de faciliter la lecture de l’exemple illustré, nous avons scindé l’image de l’écran de résultats en deux parties. L’image 1 représente les principaux résultats de cette requête, soit ceux qui apparaissent à gauche de la page et vers lesquels les internautes posent un premier regard. Quant à l’image 2, elle traduit une deuxième série de résultats, disposés en étroite bannière latérale sur le côté droit de l’écran.

Image 1

Image 2

En examinant les résultats obtenus, on constate que les trois premiers liens, stratégiquement positionnés tout juste devant les résultats «naturels», représentent un placement publicitaire ciblé. Dans ce cas-ci, Hotel.ca, Expedia.ca et Holiday Inn ont «acheté» des mots-clés pour obtenir une telle visibilité. L’internaute avisé peut les reconnaître en tant que liens commandités, du fait qu’ils apparaissent à l’intérieur d’une zone ombragée. D’autres entreprises, comme BBSelect.com et Hotels-Direct-Montréal.com (image 2), s’inscrivent comme une deuxième forme de liens commandités qui s’affichent latéralement aux résultats.

Les coûts promotionnels liés à cette pratique correspondent à une redevance à chaque fois qu’un internaute cliquera sur le lien commandité en question. Si, par exemple, Google établit que l’achat des mots «hôtel» et «Montréal» pour une période de temps déterminée vaut 1$ et que les internautes cliquent 1000 fois sur le lien, cette stratégie coûtera 1000$ à l’entreprise. Dans un index présenté par eMarketer, se basant sur les 500 termes les plus souvent demandés, l’achat d’un mot-clé dans le secteur du voyage coûtait 0,97 USD par clic en octobre 2005, en hausse de 14% par rapport à 2004. Les prix varient en fonction de l’offre et de la demande liées aux termes utilisés.

Leur importance grandissante pour l’industrie du voyage vient du fait que l’utilisation d’un moteur de recherche est précurseur de plus de 80% des visites des sites sur Internet. L’enjeu pour une entreprise de compter sur une stratégie efficace qui lui permettra d’être repérée facilement sur le Web s’avère donc crucial (lire aussi: L’art d’être repéré sur le Web). Il existe à cet égard plusieurs stratégies bien distinctes pour permettre aux acteurs de tirer leur épingle du jeu, et l’achat de liens commandités constitue l’une d’elles.

Les avantages sont nombreux

L’utilisation des liens commandités présente plusieurs avantages pour l’entreprise. Elle:

  • constitue une façon judicieuse de positionner son site Internet sans dépenser des sommes colossales dans l’optimisation des moteurs de recherche;
  • repose sur la base de coûts proportionnels aux résultats obtenus (pay per click);
  • représente un canal de communication direct avec le consommateur;
  • rejoint les consommateurs de manière ciblée et contextuelle;
  • permet de s’assurer de préserver l’intégrité de la marque;
  • agit comme un outil idéal pour écouler des inventaires de dernière minute;
  • constitue un canal efficace pour courtiser de nouveaux segments de clientèle;
  • permet de tirer profit d’événements locaux en achetant des liens qui y sont reliés.

Des entreprises de voyages comme des métamoteurs de recherche ont déjà intégré l’utilisation des liens commandités dans leur modèle d’affaires (lire aussi: Attention, les métamoteurs de recherche débarquent). C’est le cas de Kayak, par exemple, qui reçoit une ristourne du fournisseur (compagnie aérienne, hôtels et compagnies de location de voiture), lorsque qu’un consommateur sélectionne le lien vers son site. De plus, à l’instar de Google, Kayak vend des liens promotionnels qui accompagnent les résultats de recherche en bannière gauche.

Ce qu’il faut aussi savoir

Tant pour les internautes que pour les dirigeants, cette distinction entre les liens organiques et les liens commandités demeure plutôt floue, voire inconnue. Selon une étude réalisée en janvier 2005 par Pew/Internet, la majorité (82%) des Américains qui utilisent des moteurs de recherche ne savent pas faire la distinction entre les deux types de résultats. Qui plus est, 45% des internautes conscients de l’existence des liens commandités affirment ne pas être en mesure de reconnaître leur caractère publicitaire.

Il faut aussi retenir qu’à moins de figurer parmi les premiers résultats naturels obtenus à l’aide des moteurs de recherche, les internautes commencent à décrocher dès le troisième résultat et, au-delà du huitième, 50% abandonnent. À moins d’y accorder les budgets nécessaires, il est très difficile de régulièrement faire figurer son entreprise dans le «haut de la page». Par contre, le lien commandité apparaissant en première position a été remarqué dans 28% des cas.

De tels constats indiquent que les liens commandités constituent une intéressante opportunité de marketing pour les entreprises, dans une ère où le consommateur devient de plus en plus immunisé contre la publicité envahissante qui manque de subtilité. On se montre beaucoup plus réceptif à un message pertinent et contextuel. Selon l’étude de Pew/Internet, cette approche marketing semble assez bien perçue des consommateurs, puisque 70% d’entre eux se disent favorables au concept de liens promotionnels. On note également la confiance des annonceurs américains alors qu’ils ont investi plus de huit milliards USD dans ce type de publicité en 2004.

Des chercheurs du Penn State School of Information Sciences and Technology (IST),  dans une étude publiée en juin 2005, émettent néanmoins certaines réserves par rapport à cette approche. Ils concluent que les liens promotionnels obtiennent des résultats mitigés puisque, règle générale, ils ne sont sélectionnés avant les liens naturels que dans 6% des cas. Selon eux, une stratégie promotionnelle Web basée uniquement sur les liens commandités ne peut être viable. Par contre, le portrait qui apparaît dans une étude de XiTi s’avère fort différent quant à l’analyse des données liées spécifiquement au secteur du voyage. La part des liens promotionnels parmi les visites en provenance des moteurs de recherche s’y élève à 45%.

Reste que pour les organisations qui ne disposent que d’un budget promotionnel limité, choisir une telle stratégie pour améliorer leur positionnement dans les moteurs de recherche peut s’avérer profitable et vaut la peine d’être considéré à titre de composante d’une stratégie marketing globale.

Sources:
– eMarketer. «Are Internet Ad Prices Slipping ?», The eMarketer Daily [www.emarketer.com], 9 novembre 2005.
– Fallows, Deborah. «Search Engine Users», Pew Internet & American Life Project [www.pewinternet.org], 23 janvier 2005.
– Karayan, Raphaële. «Liens sponsorisés: 40% des visites issues des moteurs», Le Journal du Net [www.journaldunet.com], 5 décembre 2005.
– Le Journal du Net. «Liens sponsorisés : 4 Américains sur 5 ne font pas la différence», [www.journaldunet.com], 26 janvier 2005.
– Penn State. «Consumers Suspicious of Sponsored Links», PhysOrg.com [www.physorg.com], 8 juin 2006.
– Starkov, Max et Jason Price. «Search Engine Marketing in Hospitality», Hotel News Resource [www.hotelnewsresource.com], 19 septembre 2005.
– Stylman, Joshua et Peter Hershberg. «The Googlization of Business: Travel», iMedia Connection [www.imediaconnection.com], 14 novembre 2005.

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Ailleurs dans le monde Transport

Les aéroports à l’ère du marketing +++ Commentaire du professeur Nigel Halpern+++

Dans le territoire nordique de l’Europe, on recense un nombre important d’aéroports secondaires, plusieurs ayant été construits à des fins militaires ou de développement régional. Jusqu’à récemment, leur mission première se limitait à offrir un service public aux petites communautés éloignées des grands centres en les reliant aux principaux réseaux de transport. Dans un environnement plus ouvert, moins réglementé et avec de nouvelles réalités économiques, la donne est appelée à changer. Nigel Halpern, chercheur au Centre for Civil Aviation de la London Metropolitan University, s’est intéressé à ces changements et remet en question les pratiques marketing traditionnelles des aéroports. C’est ce que l’on retient de sa présentation livrée à l’occasion du 14e symposium sur le tourisme nordique tenu en Islande. Plusieurs parallèles d’intérêt peuvent certainement être tracés en fonction de la situation du réseau des aéroports au Québec.

Un rôle régional et limité

Règle générale, les aéroports de moindre taille se voient confinés à jouer un rôle limité, dominés par la plaque tournante utilisée par un transporteur majeur. Les liaisons offertes sont souvent desservies par de petits appareils et les situations de quasi-monopoles entraînent des tarifs particulièrement élevés. Le Québec n’est certes pas seul à vivre ce type de situation.

Les aéroports secondaires sont habituellement des entités publiques qui relèvent des autorités municipales ou gouvernementales. La plupart d’entre eux, sous-utilisés, enregistrent des pertes et ont besoin de subventions pour demeurer en exploitation. La présence d’un contexte monopolistique, comme dans le cas d’Air Canada, a créé une situation particulière où les aéroports se sont retrouvés avec un minimum de concurrence et, donc, une absence d’incitatifs à réduire leurs coûts de fonctionnement et à améliorer leur efficacité. Résultat: les stratégies de commercialisation de ces aéroports sont presque inexistantes et se limitent à des actions passives telles que la publication de l’horaire des vols.

Un environnement changeant

Selon Nigel Halpern, le marketing des aéroports évolue rapidement, obéissant à un environnement différent, influencé notamment par des changements structurels dans l’industrie aérienne et dans les comportements de voyages. En Europe du Nord, plusieurs aéroports ont embrassé ces nouvelles réalités d’affaires en adoptant une approche commerciale inédite. La concurrence prend dorénavant une dimension globale, que l’on parle de forfaits tout compris ou de voyages organisés sur une base indépendante. Notons aussi que, dans plusieurs régions, la présence des transporteurs low cost dynamise énormément le marché.

Dans un contexte d’affaires de plus en plus ouvert, les gestionnaires d’aéroports doivent toutefois composer avec des décisions souvent imprévisibles de compagnies aériennes qui n’ont d’autres choix que de s’ajuster rapidement aux forces du marché. Les aéroports qui désirent se positionner avantageusement comme destination doivent adapter leurs pratiques de gestion en conséquence, notamment leurs stratégies marketing doivent être beaucoup plus proactives.

De plus en plus d’aéroports, comme celui d’Oslo, se lancent dans des offensives publicitaires en visant des clientèles cibles (voir photo). En raison des coûts élevés de telles initiatives, elles sont habituellement réservées aux aéroports plus importants ou nécessitent à tout le moins des campagnes conjointes avec d’autres partenaires. Certains groupes s’assurent également d’une présence dans des foires commerciales dédiées aux intervenants touristiques afin de stimuler le développement de nouveaux marchés.

Une clientèle qui ne se limite plus qu’aux transporteurs

En outre, les aéroports sont de plus en plus appelés à offrir directement des services aux touristes en proposant notamment des outils pour la planification des voyages tels que des horaires en ligne et des liens vers des agences en ligne. Aussi surprenant que cela puisse paraître, seulement 10% des aéroports dans le monde affichent l’horaire de leurs vols sur Internet. Le site Internet de Highlands and Islands Airports, avec des critères avancés de recherche (voir photo), constitue un exemple intéressant à ce chapitre. Sur le site Aéroports de Montréal, par ailleurs, on ne trouve que l’information concernant les vols de la journée.

Vers un développement d’affaires

Il existe un certain nombre de pratiques qui peuvent être utilisées afin d’exploiter des tendances du marché qui combleront les besoins de la clientèle, en l’occurrence les transporteurs. Pour être en mesure de tirer leur épingle du jeu dans un contexte concurrentiel et de s’adjoindre de nouvelles destinations, les aéroports doivent prendre conscience des incitatifs susceptibles d’améliorer leur position.

À cet égard, le niveau des tarifs exigés et le développement de campagnes promotionnelles par l’entremise de partenariats stratégiques s’inscrivent comme des facteurs déterminants dans la poursuite d’un objectif de développement d’affaires. À titre d’exemple, les transporteurs qui choisissent l’aéroport de Cork en Irlande pour offrir une nouvelle liaison régulière se voient octroyés des rabais substantiels liés aux frais aéroportuaires. Le modèle d’affaires proposé est basé sur cinq ans et comprend des réductions de:

  • 100% la première année,
  • 80% la deuxième,
  • 60% la troisième,
  • 40% la quatrième et
  • 20% la cinquième année.

La stratégie semble avoir porté fruits puisque l’achalandage de l’aéroport de Cork a presque triplé en dix ans (1994-2003), même si ce dernier doit partager sensiblement le même marché que l’aéroport de Shannon, domicile du transporteur low cost, Ryanair. Cette concurrence demeure toutefois limitée par le fait qu’un même organisme, Aer Rianta, est le propriétaire des deux aéroports. Précisons par ailleurs que, depuis 2005, l’aéroport de Cork utilise un programme incitatif différent basé cette fois sur des réductions de tarifs par passager.

Évidemment, il est possible que le transporteur cesse les activités de la nouvelle route une fois le bail expiré. Mais les incitatifs financiers permettent aux compagnies aériennes de prendre des risques pour des liaisons aériennes dont il est difficile de prévoir avec justesse le succès. Sur une période de cinq ans, il est habituellement possible de générer un bassin de clientèle suffisant pour assurer la rentabilité de la route. C’est surtout durant les premières années de son introduction que le transporteur a besoin d’un support de l’aéroport.

Mentionnons aussi la tenue d’un événement annuel conçu pour encourager les aéroports à s’ouvrir vers de nouveaux horizons et faciliter ce processus. Il s’agit de Routes (World Route Development Forum), genre de speed dating (approche favorisant un grand nombre de rencontres de courte durée entre des intervenants qui ne se connaissent que très peu) leur permettant de maximiser les occasions de tisser de nouveaux liens d’affaires avec divers acteurs de l’industrie touristique.

Des avenues pour une spécialisation

Un aéroport qui désire courtiser les marchés d’agrément peut choisir de se spécialiser et de miser notamment sur les aspects suivants:

  • les coûts (ex.: en adoptant un terminal des plus simples et en offrant un minimum de services);
  • la flexibilité (ex.: en disposant d’un personnel polyvalent et en confiant à un intermédiaire privé le travail de manutention);
  • la rapidité (ex.: en offrant de courts cycles de rotation et un positionnement avantageux des avions);
  • l’accès (ex.: en proposant des heures de services allongées et en insistant sur sa proximité de la destination) ;
  • les infrastructures (ex.: en disposant d’une piste d’atterrissage plus longue et d’une capacité supérieure du terminal).

Les aéroports qui souhaitent accroître leur marché demeurent néanmoins tributaires d’une demande potentielle. Les efforts marketing ne peuvent, à eux seuls, constituer un gage de succès. Mais les aéroports gagneront certes à mettre en place une intelligence de marché et à collaborer étroitement avec les autorités locales de tourisme et les organismes locaux de développement.

Source:
– Halpern, Nigel. «Airport Marketing as a Means of Exploiting the Potential for Tourism in Europe’s Northern Periphery», The 14th Nordic Symposium in Tourism and Hospitality Research, Conférence tenue à Akureyri, en Islande, du 22 au 25 septembre au 2005.

+++ Commentaire du professeur Nigel Halpern +++

[15 novembre 2005] M. Nigel Halpern est professeur au Centre for Civil Aviation, Department for Business & Service Sector Management de la London Metropolitan University.

Le présent texte vise à lancer la discussion sur les défis que doivent relever les aéroports des territoires nordiques de l’Europe qui désirent opter pour un marchéage (marketing mix) orienté vers le tourisme d’agrément en vue d’attirer des transporteurs de type charter, low cost ou régional) ainsi que sur les opportunités qui s’offrent à eux. Bien qu’une réflexion collective sur le sujet s’avère nécessaire avant de pouvoir mener à bien une étude juste et détaillée, des discussions préliminaires ont permis d’identifier les enjeux suivants.

Premièrement, les aéroports doivent prendre conscience des besoins en infrastructure des marchés cibles ainsi que de la nécessité de passer à un autre niveau de concurrence, en ayant recours à la stratégie de marque par exemple. Le pari étant de faire le choix entre la spécialisation ou l’offre de différents produits qui couvriront une gamme de services. Un tel choix s’applique non seulement à l’infrastructure et aux services disponibles, mais également à la «marque» (brand) de l’aéroport.

Deuxièmement, les aéroports doivent adopter des moyens de communication plus directs et plus agressifs. À ce titre, des événements comme «Routes» offrent d’énormes possibilités. Cependant, ces moyens de communication doivent être évalués par des études marketing détaillées. Dans le cas des aéroports qui ne disposent pas des ressources suffisantes pour mener ce genre de recherche, une collaboration stratégique avec des partenaires locaux s’avère cruciale et permet la mise en commun des ressources. Par ailleurs, une telle collaboration facilite une approche plus globale et intégrée en terme de développement du tourisme et est par conséquent d’une grande importance pour tous les aéroports et pas seulement pour ceux ayant des contraintes en terme de ressources.

Troisièmement, les aéroports peuvent proposer des incitatifs afin de promouvoir des routes qui, autrement, n’auraient pas été envisagées. Toutefois, la décision de la Commission européenne a changé la donne quant à l’utilisation de ces incitatifs et les aéroports devront rechercher des investisseurs privés afin de pallier les effets de cette décision.

Finalement, les aéroports devraient davantage appuyer les réseaux de distribution de leurs compagnies aériennes ou de leurs voyagistes et répondre aux besoins de planification de voyage de leur clientèle. En effet, les aéroports faisant partie de groupes d’aéroports nationaux ont tendance à n’offrir que le strict minimum dans ce domaine et devraient opter pour une approche proactive et personnalisée.

Il est possible que ce soit le caractère privé ou public de même que le mode de gestion des aéroports qui influent sur leur capacité d’intégrer ces principes de commercialisation. Il n’est d’ailleurs pas évident que l’application de ces principes ait vraiment un impact sur le rendement des aéroports et c’est pourquoi je compte bien faire de ces éléments l’objet de futures recherches.

Nigel Halpern

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Ailleurs dans le monde Technologies

Coup de coeur: planificateur de voyages sur le Web

L’Office de tourisme de la Nouvelle-Zélande innove en inaugurant un outil de planification de voyage en ligne. Il s’agit d’une initiative fort intéressante qui permet aux internautes de prendre le contrôle de la préparation de leurs voyages. De plus en plus à l’aise avec Internet, plusieurs choisissent de jouer eux-mêmes à l’agent de voyages et effectuent l’ensemble de leurs démarches de manière autonome. Le planificateur, intégré au site de la destination, répond très certainement à leurs besoins, tout en leur permettant de partager facilement le fruit de leur travail en ligne avec les parents et les amis concernés.

Réclamé par les internautes

Ce sont des sondages menés auprès des utilisateurs de leur portail de destination qui ont aiguillé les dirigeants de l’Office de tourisme vers cette solution technologique. Les internautes réclamaient des fonctionnalités en ligne qui leur permettraient de constituer, de manière autonome, l’ensemble de leur séjour. Les touristes désiraient planifier, collecter l’information et visualiser le tout et ainsi vérifier comment cela se traduirait sur une carte géographique de la destination ou du site choisi. C’est à partir de ces objectifs que le planificateur de voyages de la Nouvelle-Zélande a été conçu.

Les dirigeants souhaitaient également trouver une façon de mieux cibler un profil type de visiteur de la Nouvelle-Zélande: les voyageurs interactifs. Il s’agit d’une clientèle qui effectue régulièrement des voyages internationaux et qui utilise fréquemment la technologie pour se faciliter la vie. Le planificateur répondait expressément à cette préoccupation des gestionnaires de combler les besoins de ce segment de touristes.

L’interactivité de l’outil rend l’utilisation fort intéressante pour le visiteur incertain du déroulement de son voyage. Le planificateur lui permet, par exemple, de voir un gros plan des cartes routières et ainsi visualiser les artères pertinentes, sélectionner les attraits, les lieux d’hébergement, les composantes de transport ou les autres services touristiques d’intérêt, pour déposer le tout dans son «panier de voyage» (voir photo).

L’internaute peut ensuite répartir chacune de ses sélections à l’intérieur d’un calendrier virtuel (voir photo). S’ensuit une interaction alors que le planificateur interpelle le voyageur pour qu’il effectue des choix additionnels, si nécessaire, par exemple si aucun mode de transport n’a été déterminé entre des activités qui se trouvent dans des lieux différents.

L’ère du «sur mesure»

Dans la plupart des secteurs d’activité, le consommateur recherche des produits «sur mesure», qui répondent à ses besoins spécifiques. C’est d’ailleurs ce qui a incité Disney à lancer son concept des Magical Gatherings (Retrouvailles magiques) lequel utilise une technologie qui facilite une planification personnalisée selon le type de vacances de groupe recherché. Grâce à Internet, chacun des membres du groupe peut concevoir un itinéraire, échanger des messages, clavarder et même voter sur le choix des activités (voir aussi «La portée des nouvelles réalités pour les entreprises touristiques»).

Le planificateur touristique de la Nouvelle-Zélande a été conçu dans la même optique. Cet outil devient une plateforme de travail à partir de laquelle l’organisateur du groupe de voyageurs peut facilement partager le fruit de ses recherches avec ses amis et sa famille. Une fois conçu, l’itinéraire sur la carte présente en un coup d’oeil l’ensemble du voyage et peut être acheminé par courriel (photo). Les fiches d’accompagnement de chacun des fournisseurs sélectionnés fournissent tous les renseignements nécessaires pour procéder aux diverses transactions (numéro de téléphone, adresse courriel, site Internet, etc.) lesquelles s’effectuent alors à l’extérieur du site du planificateur.

Un avantage concurrentiel

Selon Mark Burton, ministre du Tourisme, le planificateur a été développé dans le but de rendre la Nouvelle-Zélande plus compétitive sur la scène internationale. Cette innovation technologique joue un rôle de facilitateur pour le voyageur et peut faire la différence quant à la décision de concrétiser ou non un plan de voyage. C’est d’autant plus vrai qu’une majorité des gens se fient dorénavant à Internet pour découvrir virtuellement des destinations potentielles et, surtout, pour rechercher l’information nécessaire à la préparation de leurs voyages. Aux États-Unis, par exemple, un récent sondage de Feedback Research indique que 88% des internautes adoptent la Toile pour planifier ou réserver leurs vacances estivales.

L’ergonomie et la convivialité d’un portail de destination s’avèrent primordiaux quand il s’agit de procurer une expérience positive au visiteur. L’ajout d’outils concrets, tel un planificateur de vacances qui facilite la démarche de l’internaute, y contribue certainement.

Voir aussi

www.newzealand.com/travel

Sources:
– Claria Corporation. «The Internet: Consumers’ Favorite Travel Destination», Feedback Research [www.feedbackresearch.com/research/fr050810.html], 12 août 2005.
– HotelMarketing.com. «New Zealand Tourism launch online planner», 25 juillet 2005.
– Tourism New Zealand. «Who is the Interactive Traveller?», Interactive Traveller [www.tourismnewzealand.com/tourism_info/market-research/research/research_home.cfm], 2005.

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Segments de clientèles

Le profil du voyageur – un air de déjà vu!

Instruit, revenu élevé… ça vous dit quelque chose? Quand il s’agit d’établir le profil de la clientèle touristique qui pratique une activité, certaines caractéristiques reviennent souvent et d’autres sont éludées. Au cours d’un même séjour, le voyageur peut se muter en touriste culturel parce qu’il visite un musée et le lendemain en touriste de nature parce qu’il fréquente un parc. A-t-il un profil différent pour autant? La détermination des segments de marchés en fonction des activités pratiquées ne se révèle pas une démarche valable.

Le portrait-robot du voyageur

Vieux ou jeunes, hommes ou femmes, mariés ou célibataires, ils voyagent tous. Peu importe les activités pratiquées, le profil de la clientèle est avant tout «touristique». C’est pourquoi lorsqu’elles sont décrites à travers la lorgnette des activités, les caractéristiques du visiteur se ressemblent très souvent; par exemple:

  • instruit
  • revenu élevé
  • gestionnaire ou professionnel
  • fervent utilisateur d’Internet
  • exigeant et expérimenté
  • recherche la qualité

Ajoutez-y quelques attributs propres au produit ou à l’activité pratiquée (culture, écotourisme, aventure, etc.) et vous obtenez le portrait-robot de votre client.

Quelques préceptes généraux sur le voyageur

  • Un Québécois sur deux voyage.
  • C’est généralement s’il est plus scolarisé et plus aisé qu’il voyage davantage et plus loin.
  • Il n’existe pas UN processus décisionnel et UN comportement d’achat uniques pour tous les séjours. Il n’y a pas toujours un grand degré de rationalité dans les décisions prises.
  • Les données sociodémographiques revêtent un caractère important dans la compréhension des besoins et du comportement des voyageurs (baby-boomers, génération X, minorités culturelles, famille, style de vie, etc.)
  • Nous faisons fausse route lorsque nous analysons la clientèle par la lorgnette des activités __ dans son processus décisionnel, le voyageur choisit d’abord sa destination et le choix des activités se situe au bas de sa liste.
  • Le magasinage (ou le shopping) demeure l’activité numéro 1 du voyageur (lire aussi: Magasiner, l’activité numéro 1 du touriste!).
  • Le voyageur recherche des expériences et de l’authenticité; il ne veut pas juste voir.
  • Il ne dépense pas inconsidérément __ il peut opter pour un repas fast food un soir et un repas gastronomique un autre soir.
  • Internet l’a transformé en consommActeur __ il peut facilement obtenir l’information, comparer les prix et réserver n’importe quand.
  • En raison de plusieurs facteurs sociodémographiques (difficulté de concilier les horaires de vacances, éclatement de la famille, concentration de la population en milieu urbain, d’où un facteur de stress accru, etc.), les déplacements de proximité et les courts séjours font désormais partie de la réalité.
  • Les récentes crises ont accentué les décisions de partir à la dernière minute.

Cela étant dit…

Parce qu’une personne visite un musée, peut-on la catégoriser dans le segment des touristes culturels? Si vous êtes tentés de dire «oui», alors accolez-vous l’étiquette de motoneigiste à un Français qui fait de la motoneige au Québec pour la première fois? C’est trop souvent la voie qu’empruntent de nombreux organismes lorsqu’il s’agit d’évaluer un segment de marché.

Une étude conclut que 45% des touristes qui ont visité l’Afrique du Sud sont des touristes de nature, car, lors de leur séjour, ils ont fréquenté un parc. La Travel Industry Association of America affirme qu’il existe une partie importante de touristes culturels et historiques parce que ces gens ont visité un site patrimonial durant leur séjour. Ces méthodes produisent des chiffres attrayants, mais dont la validité reste discutable. De telles extrapolations donnent lieu à une surévaluation du segment de clientèle et de la valeur d’une activité comme générateur de voyage.

On fait fausse route quand on détermine des segments de marché en fonction des activités pratiquées par les touristes. De même, il est injuste d’associer une relation de cause à effet à la pratique d’activités. Telles sont les conclusions qui ressortent d’une étude de deux chercheurs, Bob McKercher et Andrew Chan, qui se sont intéressés à ce phénomène.

Dans un premier temps, ces chercheurs ont analysé 13 enquêtes effectuées dans 6 pays différents (Australie, Canada, États-Unis, Hong Kong, Nouvelle-Zélande et Royaume-Uni) pour conclure que ces questionnaires ne permettent pas de déterminer que les activités pratiquées sont étroitement liées au but du voyage. De plus, ils ont tenu eux-mêmes un sondage afin d’établir une relation entre les activités pratiquées et le but du voyage: les résultats n’ont pas été concluants.

Il est tout aussi faux de conclure que les personnes qui ont visité un musée dépensent davantage, séjournent plus longtemps ou disposent d’un revenu supérieur. Les chercheurs soutiennent qu’on ne peut établir de telles relations. Cela reviendrait à dire que «le port du pyjama fait en sorte que les personnes mangent des céréales au petit déjeuner».

Un taux de participation élevé à une activité donne des indications qui aident à déterminer les produits d’appel d’une destination, les attractions secondaires et les activités substituables ou complémentaires, mais il n’induit pas nécessairement l’association à un type de touriste. Cela est d’autant plus vrai que certaines activités attirent des marchés hétérogènes et que plusieurs activités sont décidées une fois sur les lieux.

Mais, à défaut de statistiques fiables, il faut prendre les chiffres où l’on peut. À défaut d’un GPS, on regarde où le soleil se couche.

Sources:
– McKercher, Bob et Andrew Chan. «How Special Is Special Interest Tourism?», Journal of Travel Research, vol. 44, août 2005, p. 21-31.
– Travel Industry Association of America. «Leisure Travel Planning: How Consumers Make Travel Decisions», 2005.
– YPB&R Yankelovich Partners. «Which comes first when planning vacations: the decision about what to do, or where to go», eNewsletter, juin 2005.

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Marketing Segments de clientèles

Savez-vous parler aux femmes?

De nos jours, en Amérique du Nord, les femmes effectuent environ 80% des achats de consommation et influencent plus de 95% des acquisitions de marchandises totales. Aucun secteur économique ne leur échappe, pas même les catégories traditionnellement dites masculines comme l’automobile, l’électronique grand public ou la rénovation. En omettant ce détail et en ne sachant pas comment les interpeller, vous risquez fort bien de commettre plusieurs erreurs qui pourraient vous coûter cher…

Selon Tom Peters, gourou américain du management – cité par Marie-Claude Ducas du magazine Infopresse – les entreprises et les publicitaires négligent les femmes. Celles-ci sont cependant responsables de 94% des achats de meubles et équipements pour la maison, de 92% des dépenses liées aux vacances et de 80% de celles liées à la rénovation. Entre 1970 et 1998, le revenu médian des hommes aux États-Unis a augmenté de 0,6%, tandis que celui des femmes augmentait de 63%!

Les agences de publicité et de marketing qui jadis ne s’intéressaient et ne s’adressaient qu’aux pères, aux frères ou aux maris doivent maintenant changer leur fusil d’épaule. Et vite!

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’Ikea, le géant suédois de l’ameublement, s’est engagé à «féminiser» ses manuels d’instruction, après avoir été accusé par le premier ministre norvégien de ne montrer que des hommes en train d’assembler ses meubles.

Le rose ne suffit plus!

Arrêtez de croire qu’il suffit de présenter aux femmes un produit avec des fleurs imprimées sur fond de couleur pastel. Pensez plutôt à leur fournir des explications claires et complètes. Les consommatrices n’ont pas que l’aspect esthétique en tête, elles sont également soucieuses de facilité d’utilisation, de bas prix, de service à la clientèle, etc.

Selon Louise-Hélène Paquette, directrice générale de la recherche chez Astral Média Radio, les femmes recherchent l’équilibre, une saine gestion du budget et des responsabilités liées à la famille. Elles gèrent leurs dépenses de manière stratégique. Pour cela, elles s’informent, comparent, enquêtent et dressent des critères de sélection auxquels produits et services doivent répondre.

Comme ce sont elles qui effectuent la majorité des achats du ménage, elles deviennent de véritables expertes en consommation. Il convient donc de leur vendre de l’information détaillée et réelle, des conseils, des comparatifs et des arguments.

Pour créer un lien de confiance, établissez un contact chaleureux, un lien affectif. Jouez la carte du dévouement et de la loyauté. Proposez-leur un programme de fidélisation, des promotions de groupe, etc.

Quand évasion rime avec affirmation

Lorsque les femmes participent à des activités, elles ne le font pas pour «gagner», mais plutôt dans le but de donner le meilleur d’elles-mêmes tout en recherchant équilibre et autonomie personnelle. Elles tentent de se dépasser sans compétitionner, de s’affirmer tout en s’amusant.

Prenons l’exemple de Rossignol, un fabricant français d’équipement de ski. Il y a quelques années, aux prises avec une diminution du nombre d’adeptes, il décide de parier sur les femmes.

L’entreprise a donc choisi d’aborder sérieusement la question et étudié la morphologie de la skieuse. L’idée de concevoir un ski exclusivement pour les femmes (qui représentent 45% des amateurs de glisse) a fait son chemin. Rossignol a investi 200 000 euros pour lancer la première gamme féminine, Exclusive, en 2001.

Depuis lors, la demande ne cesse de croître.

Les femmes aiment s’octroyer de petits luxes et des moments d’évasion. Vendez-leur du plaisir. Offrez-leur des instants privilégiés – pris au détriment du «devoir» – qui leur serviront à se récompenser, mais déculpabilisez-les de le faire.

Et pourquoi pas une journée par semaine consacrée aux dames? C’est ce qu’a instauré Rossignol cet hiver, au Mont-Sainte-Anne à Québec, en lançant les «Mardis des Femmes Rossignol» où, tous les mardis de février, la station de ski a offert un traitement VIP aux femmes. Celles qui s’étaient procuré un billet de jour ou de demi-journée à tarif régulier obtenaient, tout à fait gratuitement, un billet de remontée pour une amie. Les femmes membres de la station ont pu également profiter de la promotion: en emmenant une amie skier ou surfer, celle-ci bénéficiait d’un rabais de 50% pour un billet de remontée.

De plus, les femmes qui se sont prévalues de cette promotion ont aussi eu accès à une clinique de perfectionnement exclusive d’une heure et demie. Rossignol en a profité pour leur proposer des démonstrations gratuites de ses nouveaux modèles de skis.

Une volonté de fer dans un gant de velours

Même si la femme moderne tente de se donner l’image d’une battante, d’une aventurière, d’une femme autonome, elle n’en reste pas moins sensible et très émotive. Elle ne doit jamais se sentir agressée. Reconnaissez sa différence sans pour autant la marquer.

Communiquez avec respect. Bannissez l’approche marketing d’un produit unique pour tous. La femme rejette toute forme de pression du genre «c’est à prendre ou à laisser». Elle n’aime pas se faire imposer des produits. Au contraire, elles apprécie découvrir ce qu’elle ne cherche pas.

La consommation doit rester une expérience qui procure plaisir et bonheur. Que vous exploitiez un restaurant, un hôtel ou un spa, offrez-leur gracieusement échantillons et cadeaux promotionnels. Lorsque les femmes découvrent et aiment un produit, elles en parlent à leurs amis, leur famille, leurs collègues, etc.

Éthiques et engagées

Outre le fait de se porter garantes de la qualité de vie de leur entourage, les femmes sont plus sensibles que les hommes aux questions éthiques et environnementales. Elles sont plus réceptives aux aspects de santé et de bien-être. Vendez-leur des produits et des services en accord avec leurs valeurs. Vendez-leur un style de vie.

Des souris et des femmes

Arrêtez de croire que les femmes ne sont pas technos. En effet, depuis peu, aux États-Unis, celles-ci ont dépassé les hommes sur Internet. Selon Harris Interactive, en avril 2004, plus de la moitié des internautes américains de 18 ans et plus étaient des femmes (un peu plus de 51%), soit 1 point de moins que dans la population adulte globale.

En Europe, les femmes représentent environ 40% de la population internaute, avec cependant de gros écarts dans certains pays.

Par contre, au Québec, selon le CEFRIO, si Internet semble présent chez presque tous les groupes d’âge, on constate que les femmes de 55 ans et plus sont presque complètement absentes de la toile. Cette situation fait chuter la moyenne totale des femmes et creuse un écart d’utilisation entre les hommes et les femmes, écart propre à la province.

Relevons cependant que si les femmes utilisent moins Internet que leurs homologues masculins, c’est qu’elles ont une moins bonne perception de la sécurité des transactions en ligne.

Gardez donc l’oeil ouvert sur les tendances de comportement en ligne des consommatrices. Leur nombre a encore des chances de croître entraînant une plus grande confiance dans le commerce électronique.

PromoVacances.com
Affiche signée FCB Paris dans le métro parisien
dans le cadre de la campagne «petits prix pour partir plus»

D’aucuns diront que les femmes sont difficiles à saisir et à comprendre. C’est pourquoi il vous faut user d’un type de marketing complexe consistant à attirer leur attention sans les déranger, tout en créant une dépendance.

Votre budget publicité/communication est précieux, ne le gaspillez pas!

Voir aussi

L’hôtellerie s’adapte aux préférences des femmes
Rossignol
Tom Peters’s Blog
Tout sur la com

Sources:
– Ducas, Marie-Claude. «Les femmes et les baby-boomers sont des mines d’or», Infopresse, 27 septembre 2004.
– Learned, Andrea. «A New Perspective on Marketing to Women», MarketingProfs.com, 10 août 2004.
– Learned, Andrea. «Designing Brands With Women in Mind», Rethinkpink.com, 15 mars 2005.
– Learned, Andrea. «The Six Costliest Mistakes You Can Make in Marketing to Women», MarketingProfs.com, 21 may 2002.
– Guinochet, Fanny. «La femme est l’avenir du ski», Le Figaro, 14 février 2005.
– Vachon, Isabelle. «Internet au féminin… le fossé perdure», Bulletin SISTech (CEFRIO), 8 avril 2005.
– Varin, Manon. «RockDétente et Oasis féminisent les pentes», Infopresse, 31 janvier 2005.
– Paquette, Louise-Hélène. «Les femmes en 10 temps», présentation faite aux Assises du tourisme (Québec), 6 mai 2005.