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La tentation quatre-saisons des stations de ski

Au cours des dernières années, le tourisme de villégiature quatre-saisons a connu un essor considérable au Québec, surtout grâce au développement de Tremblant. D’autres projets majeurs sont en gestation, notamment ceux du Massif de Petite-Rivière-Saint-François et de la Station touristique Mont-Orford. La mise en oeuvre de tels chantiers interpelle de nombreux intervenants et suscite d’importants débats.

Développement tous azimuts

On assiste à travers le monde à une multiplication des projets de centres de villégiature au sein de stations de ski, projets conçus pour diversifier l’offre et créer une «destination en soi». Dans la majorité des cas, le sport de glisse constitue la composante centrale, à laquelle s’ajoutent de nouveaux services et activités.

Dans le cas de la Station touristique Mont-Orford, la direction a déposé un ambitieux plan de développement visant à créer un véritable centre de villégiature, dont les volets immobilier et récréatif seraient étroitement intégrés pour constituer un produit quatre-saisons.

Pour les stations de ski de plus grande envergure, l’heure est souvent aux choix et l’absence de décision peut se traduire par des baisses d’achalandage, une diminution des marges de profit, des difficultés de renouvellement de la clientèle, etc. Des experts ont réfléchi à l’avenir des resorts de ski et aux changements à surveiller. Voici quelques-unes de leurs observations:

  • Les stations de ski se réinventeront pour se transformer de plus en plus en centres de villégiature quatre-saisons.
  • Les stations qui persistent à miser sur la clientèle traditionnelle, soit les baby-boomers vieillissants, rencontreront davantage de difficultés pour maintenir leur achalandage.
  • Celles qui miseront sur les jeunes planchistes (surfers des neiges) obtiendront du succès.
  • Les nouvelles installations intégreront autant des composantes extérieures qu’intérieures (ex.: pistes aménagées pour les planchistes, stations de ski «intérieures», parcs de planches et patins à roulettes quatre-saisons, terrains de jeu de waveboard, etc.).
  • Les centres devront diversifier leurs activités hivernales (ex.: traîneau à chiens, luge, motoneige, balades en carriole, parapente, escalade de glace, ski en hélicoptère, courses d’orientation, etc.) afin de rejoindre tous les groupes d’âge.
  • Ceux qui parviendront à générer des revenus durant les saisons intermédiaires en ajoutant une panoplie d’activités estivales (vélo de montagne, parcours de golf, murs d’escalade, équitation, randonnée pédestre, pêche, activités éducatives, etc.) remporteront le plus de succès. 
  • Plusieurs propriétaires considéreront l’ajout de parcs aquatiques intérieurs afin de stabiliser les entrées financières toute l’année.
  • Pour plaire à la clientèle qui se contente de moins de cinq heures de glisse par jour et qui recherche davantage une expérience touristique globale, les stations bénéficieraient de la présence de services ou d’activités complémentaires sur les lieux (ex.: un spa ou une bonne table).  
  • La construction de condotels comme nouvelle forme de levier financier attirera un nombre de plus en plus grand d’investisseurs.
  • Dans leurs efforts de devenir une destination quatre-saisons, les centres qui se dotent d’installations pour accueillir des conférences attireront davantage les voyageurs d’affaires (et leur famille) durant les mois d’automne et du printemps.

Le développement ne plaît pas à tous

Les projets de développement des lieux de villégiature sont souvent accueillis avec beaucoup d’enthousiasme par l’industrie touristique, mais pas toujours par les organismes environnementaux et les coalitions représentant les intérêts des citoyens. Si l’on prend le cas du projet de développement du Mont-Orford, la proposition du promoteur a soulevé de nombreuses réactions, notamment en raison de sa situation géographique. Plusieurs s’y opposent, arguant que le parc national du Mont-Orford devrait rester exempt de tout développement immobilier.

Pourtant, l’établissement d’un mariage équilibré entre la protection de l’environnement et un développement touristique durable et intelligent présente des avantages indéniables. Plusieurs centres de villégiature jouent efficacement cette carte. Dans de tels cas, c’est toute la philosophie de gestion de l’organisation qui emprunte cette voie du tourisme vert et responsable.

À suivre dans la prochaine édition du Globe-Veilleur: Le cas Revelstoke, une expérience inédite.

Source:

– Coy, Jeff et Bill Haralson. «12 Predictions On the Future of Ski Resorts», Hotel Online [www.hotel-online.com], janvier 2005.

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Parcs d’attractions: que nous réserve 2005?

La création du mégacentre de divertissement Tropical Islands près de Berlin fait jaser toute l’Europe. Mais quelles seront les grandes tendances en matière de parcs à thèmes et de divertissement en 2005?

De l’eau et des jeux

Un créneau semble se développer plus que les autres: les parcs aquatiques intérieurs jumelés avec de l’hébergement. Sans pouvoir affirmer si cette tendance tient de la mode passagère, force est de constater que sa croissance semble trop importante pour l’ignorer.

En Amérique du Nord, les hôtels disposant d’un parc aquatique intérieur se développent et continueront de progresser plus rapidement que l’industrie hôtelière classique. En effet, certains analystes avancent même qu’en 2005, ces nouveaux types d’hôtels enregistreront un taux de croissance annuel de 23% à 29%, contre 1,3% seulement pour l’hôtellerie traditionnelle.

Plusieurs aménagements ont déjà vu le jour et d’autres investissements sont en cours. Citons l’inauguration, en janvier 2005, d’un complexe hôtel/aquaparc/aquarium aux chutes Niagara, une initiative de Ripley’s Entertainment.

Ce projet de 200 millions $CA constitue l’une des plus récentes grandes réalisations destinées à la famille en Ontario. Le complexe, d’une superficie de 25 acres (10,1 hectares), inclut un hôtel de 406 chambres (le Great Wolf Lodge), un parc aquatique intérieur et un aquarium (dont la construction est prévue en 2006). On s’attend à ce que ce nouveau centre thématique, une fois achevé, attire 2,5 millions de personnes par an.

À l’image d’Orlando en Floride, les chutes Niagara se développent à la vitesse grand V. Les projets touristiques des dernières années ont transformé la petite ville industrielle en une véritable destination touristique. On y a construit plus de 40 hôtels et motels depuis dix ans et l’industrie touristique contribue à l’économie locale de façon significative – plus de 1,73 milliard $CA par année.

Interrogé sur la question de l’évolution des parcs thématiques, Philippe Pichon, directeur de projets de développement chez Grévin & Cie (France)*, souligne que l’hôtel à proximité des attractions (aquarium, parc aquatique, centre commercial, casino, musées, restaurants, etc.) fonctionne selon «l’effet de la rue commerçante», et retient les clients un jour ou deux de plus sur le site. Les visiteurs captifs y privilégient les activités de loisirs «de la maison» et restent aux environs de l’hôtel.

À moyen terme, il ne sera pas étonnant de constater l’émergence de ce type de mariage (hôtel/parc aquatique intérieur) aux abords des stations de sports d’hiver, des terrains de golf, des centres de conférence, etc.

Autres changements à l’horizon en 2005

  • La technologie. Selon Philippe Pichon, l’Europe ne prendra pas part à une course à la technologie. Cela représente des investissements beaucoup trop lourds, que seuls les États-Unis pourront réaliser. Dans cet esprit, mentionnons le LegoLand de Californie, qui vient d’annoncer un investissement de 5 millions $US en janvier 2005, ainsi que l’ajout de cinq nouvelles attractions, grâce à une augmentation significative de son chiffre d’affaires en 2004 (+11%).
  • La montée chinoise. La Chine représente un marché énorme, mais sera-t-elle la manne tant espérée, puisque seule une petite portion de la population pourra assumer de telles dépenses. M. Pichon croit qu’il serait sans doute plus intéressant de développer, chez eux, des projets de divertissement conçus «à la chinoise», en collaboration avec des gens du milieu. Les activités devront se baser sur leur culture et les frais de fonctionnement, être adaptés à la Chine et au niveau de vie de ses habitants. Toutefois, rappelons la popularité incontestée des parcs d’attractions américains tels que Disneyland auprès de cette clientèle asiatique. (Lire aussi: Les touristes chinois seront-ils la manne tant espérée?)
  • Les canaux de distribution. Ces derniers ne devraient pas subir de grands changements. Cependant, une meilleure utilisation d’Internet pourrait mieux fidéliser la clientèle par des campagnes de marketing très ciblées.

Bilan de l’année 2004

Selon les dernières estimations d’Amusement Business, en collaboration avec l’entreprise de recherche Economic Research Associates, la fréquentation dans les 50 parcs d’attractions les plus populaires aux États-Unis enregistre un bond de presque 4%, soit la première augmentation significative depuis les attentats de 2001 (contre 2,2% dans les 50 plus importants parcs du monde).

Pour expliquer cette hausse, mentionnons, entre autres, la faiblesse du dollar américain (qui devrait pousser les touristes européens à rester plus longtemps, ainsi qu’à dépenser davantage) et la volonté des Américains de rester sur le territoire national.

Les grands parcs d’attractions se livrent une concurrence féroce: c’est à coups de millions qu’apparaissent chaque mois de nouvelles attractions, toutes plus gigantesques et plus modernes les unes que les autres. Citons simplement l’exemple du groupe Six Flags qui a annoncé l’ouverture de cinq nouveaux manèges à sensations fortes dans ses parcs, incluant des montagnes russes en forme de fer à cheval, hautes de 30 mètres, à Denver au Colorado.

Remarquons aussi le phénomène du Retailtainement (contraction des mots retail, distribution et entertainment, divertissement), qui prend une ampleur considérable (lire aussi : Les parcs à thèmes en Amérique du Nord: maturation, consolidation et diversification). Le fait de transformer des centres commerciaux entiers en véritable «lieu d’aventure» permet de garder captive, pour quelques heures, une clientèle tant régionale qu’étrangère.

En Europe, on constate deux choses: une diminution de 7 à 9% de la marge d’exploitation et une baisse de fréquentation. Due, entre autres, à une météo défavorable ainsi qu’à un étalement de la demande causé par la démultiplication de l’offre sur le territoire, le tout est heureusement pallié par une augmentation des dépenses moyennes, ce qui tend à stabiliser le volume d’affaires.

Côté clientèle, tout le monde sait qu’elle vieillit. D’une part, bien que les enfants des baby-boomers emmènent leurs propres petites familles dans les parcs d’attractions, leurs enfants sont encore trop jeunes – de 0 à 10 ans – pour constituer une nouvelle clientèle en soi. Quant aux ados, ils ne possèdent pas le pouvoir d’achat des baby-boomers. D’autre part, les jeunes parents sont moins attirés par les parcs de divertissement. Ils recherchent des sorties éducatives et se tournent alors vers des parcs à thèmes de type Vulcania ou Futuroscope.

* La société Grévin & Cie anime treize sites de loisirs (parcs d’attractions, sites touristiques, parcs nature et animaux) aux Pays-Bas, en Suisse, en Allemagne, en Grande-Bretagne et en France, dont le parc Astérix et le Bioscope. En 2005, Grévin & Cie poursuivra sa stratégie d’européanisation. Enfin, rappelons qu’à l’hiver 2000, l’entreprise française désirait acheter La Ronde.

Voir aussi

Prendre des vacances à Berlin ou sur une île tropicale? Et pourquoi pas les deux!
L’offre d’hébergement dans un parc d’attractions constitue un avantage concurrentiel
Amusement Theme Parks (portail spécialisé)
Great Wolf Lodge
Grévin & Cie
Futuroscope

Sources:
– Orlando Sentinel. «Forecast 2005: Theme parks outlook», 10 janvier 2005.
– USA Today. «Attendance at theme parks increases, reversing 2 years of decline», 13 décembre 2004.
– Fink, James. «Ripley’s Great Wolf start $200M N.F., Ont. project», The Business Journal (Milwaukee), 18 janvier 2005.
– Michelmore, Bill. «Indoor water park on tap», The Buffalo News, 15 janvier 2005.
– La Dernière heure. «À la recherche d’armes de distraction massive», 11 juillet 2004.

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Enjeux Produits et activités

Quand le tourisme d’aventure et de plein air devient une aventure pour l’entreprise

La majorité des régions québécoises misent sur le tourisme d’aventure et de plein air pour séduire la clientèle touristique. Mais avant d’affirmer que le Québec dispose d’une offre solide et structurée en la matière, de nombreuses embûches subsistent. En dépit de leur professionnalisme, la situation financière des entreprises spécialisées dans ce domaine se révèle souvent précaire.

Malgré le manque de statistiques, tous s’accordent à dire que ce secteur est en expansion et voué à un avenir prometteur. Les adeptes d’activités de plein air se multiplient en raison de la forte conscientisation sociale à l’égard de la santé et des bienfaits de l’exercice sur celle-ci. La richesse du milieu naturel, l’immensité du territoire et les quatre saisons font du Québec un endroit privilégié pour la pratique du tourisme d’aventure et de plein air.

Aventure douce, aventure extrême et écotourisme, une question de pratique et de marketing

Ce type de tourisme soulève bien des débats quand il s’agit d’établir des définitions et de circonscrire les activités qui le composent. Avec le plein air comme dénominateur commun, le secteur a emprunté différentes avenues au fil des années. L’appellation «aventure douce» est le reflet du vieillissement de la population alors que l’«aventure extrême» cible les gens à la recherche d’un niveau d’activité physique ou de risque plus intense. Quant à l’écotourisme, il se résume trop souvent au respect de l’environnement, ce qui s’avère plutôt réducteur.

Mais où situer les frontières du tourisme d’aventure? Cela a plus à voir avec la façon de pratiquer une activité qu’avec sa catégorisation. Certains adeptes transportent leurs bagages sur leur dos et dorment à la belle étoile alors que d’autres recherchent confort et bonne nourriture le soir venu. La randonnée pédestre peut être une activité «douce» pour le marcheur qui se promène dans la forêt et «extrême» pour celui qui fait du trekking.

En fait, ce secteur rejoint des adeptes de tous les âges chez qui se profilent différents besoins: santé, mieux-être, passion, découverte, activité physique, adrénaline, risque, détente, éducation, etc. On observe une croissance de la clientèle à la recherche d’une expérience de qualité.

L’exploitant vit une aventure à haut risque

Démarrer une entreprise dans ce domaine n’est pas une partie de plaisir réservée aux «tripeux de plein air». Plusieurs dirigeants réalisent que leur exploitation devient une aventure en soi. Regroupant majoritairement des entreprises de petite taille, ce secteur hétéroclite doit composer avec une fragilité financière qui met en péril la viabilité de l’entreprise au moindre coup dur.

Problématiques propres à ce secteur:

  • il s’agit d’entreprises à fort caractère saisonnier; on ferme souvent les portes la saison terminée et le personnel est mis à pied;
  • la sécurité est considérée comme un enjeu crucial, car la pratique peut présenter des facteurs de risque élevé; les adeptes sont parfois téméraires ou néophytes, ce qui peut entraîner des blessures, des accidents ayant des répercussions négatives sur la pratique (ex. accident de rafting);
  • les entreprises requièrent du personnel qualifié souvent difficile à recruter;
  • elles sont soumises aux conditions climatiques;
  • on remarque un manque de barrières à l’entrée; plusieurs entreprises démarrent sans posséder les compétences requises pour exercer dans ce domaine, ce qui compromet la sécurité des visiteurs et crée une concurrence déloyale dans le milieu;  
  • il faut prendre en considération les facteurs d’éloignement et d’accessibilité qui engendrent des coûts supplémentaires;
  • on assiste à des conflits d’usage et de cohabitation; les activités de plein air plus «contemplatives» (vélo, ski de fond, canot, etc.) et les activités motorisées (quad, motoneige, yatch, etc.) ne font pas toujours bon ménage; les activités économiques (coupe forestière, projet hydroélectrique, prélèvement minier, etc.) menacent l’accessibilité au territoire et la qualité des paysages;
  • la pratique de ces activités est soumise à des restrictions environnementales;
  • le financement du développement des infrastructures n’étant pas accompagné des budgets nécessaires pour en assurer l’entretien, cela met en péril la pérennité des équipements (ex. Route verte); le droit d’usage des territoires publics étant accordé pour une période déterminée (ex. sentiers de motoneige), cela occasionne de l’incertitude et entraîne beaucoup de démarches en vue des renouvellements;
  • les moyens financiers réduits et les marchés restreints rendent difficile la mise en marché du produit;
  • il y a une multitude d’intervenants impliqués dans les dossiers ce qui cause des problèmes de concertation (nombreux ministères, MRC, municipalités, ATR, milieux associatifs, etc.);
  • contrairement à d’autres secteurs, l’attribution de l’aide financière publique aux entreprises n’est pas assujettie aux barèmes déjà établis par des organismes responsables;
  • on constate un manque de ressources pour exercer une représentativité dans les différents milieux.

Un secteur à fort potentiel en voie de structuration

Regroupant plusieurs intervenants au Québec, Aventure Écotourisme Québec (AEQ) est l’organisme chargé de représenter, de défendre, de promouvoir les intérêts des producteurs professionnels en tourisme d’aventure et écotourisme et d’assurer un produit de qualité et sécuritaire. Dans cet esprit, le milieu s’est doté de normes développées par le Bureau de normalisation du Québec (BNQ). L’adhésion de l’entreprise à ces normes s’effectue toutefois sur une base volontaire. Les institutions d’enseignement collégial et universitaire ont développé des programmes liés au secteur du plein air, afin de former gestionnaires, organisateurs et professionnels. Grâce à ces initiatives, on constate une nette amélioration du niveau de professionnalisme depuis les cinq dernières années.    

Les valeurs positives véhiculées par les activités de plein air ne peuvent qu’être des ambassadrices de ce type d’activités. Couplées à la qualité du milieu, les perspectives d’avenir de ce secteur s’annoncent fort prometteuses. Mais les difficultés que connaissent les entreprises ralentissent le développement d’une offre structurée et de qualité. Maillage, regroupement et concertation devraient être à l’ordre du jour.

Publications d’intérêt:
– Hudson, Simon (directeur de publication). «Sport and Adventure Tourism», The Haworth Hospitality Press, 2003, chapitre 7: Adventure Tourism par Paul Beedie, p. 203-239; chapitre 8: The Business of Adventure Tourism par Ross Cloutier, p. 241-272.
– Morgan, Damian. «Risk Management For Australian Commercial Adventure Tourism Operations», The Journal of Hospitality and Tourism Management, vol. 10, janvier 2003, p. 46-59.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Une saison de ski… sans neige. Que faire?

Il existe, à proximité des stations de ski, des villages où presque toute la population vit, directement ou indirectement, du tourisme. Mais que faire quand l’hiver arrive et qu’il n’y a pas de neige? Tout le monde en pâtit: des locations de skis aux remontées mécaniques, en passant par l’hébergement et la restauration. Pour pallier au manque de neige, la folie des stations de ski «indoor» commence à gagner les grands centres urbains européens.

Noël au balcon, primevères en bouton

En raison du réchauffement climatique et des caprices de Dame Nature, les domaines skiables présentent des conditions d’enneigement de plus en plus variables. Pour sauver la saison hivernale, il faut alors avoir recours aux canons à neige. Mais comme ceux-ci ne fonctionnent pas au-dessus de 0oC, bien des régions ne pourront pas utiliser ce système.

Et que faire quand il pleut au lieu de neiger?

Des pistes de ski indoor

Alors, quand il n’y a plus ou pas de neige, pourquoi ne pas se tourner vers des pistes de ski intérieures?

Celles-ci présentent des conditions idéales:

  • elles sont ouvertes douze mois par an, hiver comme été, en journée ou en soirée;
  • elles présentent une température, un enneigement et un éclairage constants;
  • elles sont situées dans ou près des grands centres urbains;
  • elles sont généralement jumelées avec un complexe associant centre commercial et parc de loisirs.

Plus de doute, les nouveaux pôles commerciaux ont appris à se réinventer pour s’adapter aux récentes tendances de la «consommation plaisir».

Les ski-dômes, nouvelle passion des promoteurs de centres de loisirs

De la Lorraine à Dubaï, en passant par le Japon et la Grande-Bretagne, les pistes couvertes poussent comme des champignons. Les tarifs s’y déclinent à l’heure, à la journée ou sous forme d’abonnement saisonnier, avec ou sans location de matériel, avec ou sans cours. Des prix préférentiels sont proposés aux écoles et aux groupes.
En Lorraine, il sera désormais possible de skier aussi bien en été qu’en hiver dans le site thermal et touristique d’Amnéville. Une piste de ski indoor (longueur: 500 m, largeur: 40 m, surface de 17 000 m² et 360 m d’altitude) ouvrira ses portes à la fin de l’année. Deux pistes recouvertes de 80 cm de belle neige seront bordées de remonte-pente. Une piste sera spécialement réservée aux enfants, l’autre aux adultes, le tout pouvant accueillir 150 personnes à la fois.

Le complexe proposera également les services d’un restaurant avec vue sur les pistes, d’un magasin, d’un centre d’accueil et de location d’équipement, et d’une école de ski.

Le coût des travaux, estimé à 15 millions d’euros (couvert à plus de 9 millions par l’Union européenne et les conseils général et régional), représente une somme considérable pour la région. Mais celle-ci s’attend aussi à des retombées économiques d’envergure. Pour l’amortissement, les promoteurs comptent sur 120 000 entrées par an pour couvrir tous les frais.

En Belgique, un nouveau projet d’environ 300 millions d’euros devrait voir le jour dans la ville d’Antoing, située à 7 km de la frontière française. Il devrait accueillir, en 2008, le plus grand centre de sports de glisse en Europe.

En Espagne, en mai dernier, c’est la ville de Madrid qui créait l’événement en inaugurant un complexe commercial de 135 000 m² dont la principale attraction est une piste de ski couverte de 250 m de long.

En Grande-Bretagne, où les amateurs de glisse ont pris l’habitude d’aller skier en Europe continentale, le groupe de loisirs Xscape a inauguré, en octobre 2003, une deuxième piste de ski indoor d’une longueur de 150 m. Avec 1 500 tonnes de neige, c’est la plus grande piste du pays.

Le complexe situé à Castleford (Leeds) comprend également un mur d’escalade et des pistes de planche à roulettes. Situé au coeur d’un vaste environnement commercial, il jouxtera, dans les prochaines années, des bars, des cinémas multiplex, une salle de quilles et des commerces liés aux sports de glisse.

Le coût global de l’opération devrait s’élever à 80 millions d’euros. Le projet semble être très rentable, à la fois pour l’exploitant de la piste et pour les commerces installés autour.

Enfin, et non le moindre, les Émirats Arabes Unis (à Dubaï, plus précisément) travaillent à la construction d’une station de ski indoor au coût de 272 millions $US, un méga projet touristique qui porte le nom de Dubai Sunny Mountain Skidome.

Lancé en 1998, ce projet de station intérieure de sports d’hiver aux portes du désert devrait être opérationnel en 2006. Le dôme, composé d’une structure métallique, inclura entre autres une pente de ski orientable et des pistes de planche à neige, ce qui représentera plus de 6 000 tonnes de vraie neige. Ouvert toute l’année, il proposera également différentes expériences arctiques, allant du Pinguinarium aux aquariums d’hiver, en passant par des châteaux de neige, une patinoire, des aquariums quatre saisons, des jeux de lumière, un spa froid et chaud, etc.

Le projet sera réparti sur une surface de 1,4 million de pi², dans le DubaïLand.

Le complexe comprendra également un hôtel de luxe, dont la conception architecturale rappelle un iceberg, ainsi qu’un centre commercial, des restaurants et autres magasins de détail. Deux énormes colonnes de vraie glace marqueront l’entrée du dôme.

Un ski-dôme au Québec?

Et que dirait-on d’une telle installation, ici, au Québec?

Puisque l’on sait que sous -20 oC, 50% des skieurs rechignent à chausser leurs skis, ce type de complexe permettrait aux plus frileux de glisser sous des températures extrêmes, qu’il vente ou qu’il neige. Là, qu’importe la température extérieure, froide comme chaude, les amateurs de glisse pourraient s’en donner à coeur joie, 365 jours par an, de jour comme de nuit.

Sources:
– Vandermeir, Marc. «Amnéville glisse toute l’année: une énorme piste de ski couverte», Le Soir, 7 août 2004.
– About.com. «Snowdomes Open for Skiing or Snowboarding Year Round», 29 mai 2003.
– eHotelier.com. «Dubai’s first Ski Resort well under way», 16 août 2004.
– AFP World News. «Dubai to build 272-million-dollar ski dome», 15 décembre 2003.

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La saisonnalité dans les destinations de sports d’hiver: causes, conséquences et possibilités (Compte rendu de conférence)

TTRA, Montréal, juin 2004 – Compte rendu de la conférence prononcée par Simon Hudson, PhD, Haskayne School of Business, University of Calgary (Alberta).

Des hivers plus chauds et plus courts menacent la viabilité économique des stations d’hiver. Plusieurs stratégies peuvent être envisagées afin de contrer les impacts négatifs de la saisonnalité. La période hors saison offre des opportunités de développement et de croissance. Au-delà des facteurs climatiques, d’autres éléments sont source de saisonnalité, comme les vacances de la clientèle qui sont concentrées dans le temps, soit par habitude, soit par obligation.

Nombreuses sont les conséquences négatives dues à ce phénomène. La difficulté de trouver des investissements financiers et le faible retour sur l’investissement arrivent en tête de liste. La forte concentration de gens entraîne congestion, stress et surutilisation, d’où la perte de plaisir de la clientèle, les effets négatifs sur l’environnement et parfois l’animosité de la part du personnel et de la population hôte. Les problèmes de recrutement de personnel et l’inévitable période de chômage constituent des obstacles à l’employabilité.

La saisonnalité n’a pas que des impacts négatifs. La période de relâche permet aux individus et à l’environnement d’abaisser le niveau de stress et de récupérer. Elle permet aussi de procéder à l’entretien et aux réparations. Les postes saisonniers ouvrent des possibilités d’emplois à certaines catégories de gens et offrent parfois des perspectives de rémunération intéressantes.

Plusieurs possibilités permettent de contrecarrer le phénomène de la saisonnalité dans les destinations de sports d’hiver:

  • fabriquer de la neige;
  • améliorer l’équipement, les produits et les services;
  • convertir en centre de villégiature quatre saisons;
  • diversifier les produits (piscines, spas, tennis, festivals et événements, parc d’attractions, centre de conférences, sentiers d’interprétation, etc.);
  • attirer de nouvelles clientèles (aînés, congressistes, groupes d’intérêts, etc.) pendant les périodes moins achalandées;
  • faire du yield management, différencier les prix selon les périodes et la clientèle;
  • offrir des incitatifs pour retenir les employés;
  • collaborer avec l’État afin d’initier des mesures positives (réglementation, employabilité, formation, sécurité, etc.);
  • développer de nouvelles activités économiques connexes (technologies, centre de formation, etc.);
  • cesser les activités pendant les périodes inoccupées.

Dans un monde parfait, tous les intervenants voudraient retirer les profits d’une stratégie à long terme qui permettrait d’aplanir les périodes de pointe et les creux engendrés par la saisonnalité dans une station de sports d’hiver. Dans la réalité, seulement des modèles d’affaires comme Intrawest peuvent être en mesure de développer efficacement une telle stratégie.

TTRA 2004 – Autres comptes rendus disponibles:

L’expérience touristique, une réelle valeur économique
Le pouvoir persuasif de la publicité et du reportage
Voyages d’affaires: les femmes sont-elles moins prévisibles que les hommes?
Perceptions de l’impact du tourisme sur la communauté
Les femmes et le tourisme sportif: examen sociodémographique
Impact économique du mariage gai sur le secteur du tourisme