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Enjeux Tourisme durable

Vers un bilan «carbone neutre» – Le voyage prend le virage écologique

Devant les préoccupations grandissantes que suscitent les changements climatiques, les gens d’affaires, les vedettes du rock et, de plus en plus, les voyageurs ordinaires cherchent à respecter un bilan «carbone neutre» lorsqu’ils voyagent, en contrebalançant leur contribution aux émissions de gaz à effet de serre (GES). Cette tendance constitue un pas important vers l’amélioration de la performance environnementale du voyage.

Le tourisme contribue aux changements climatiques attribuables à l’activité humaine en entraînant la consommation de ressources naturelles non renouvelables, tant durant les déplacements que pendant le séjour à la destination de voyage. Le transport est responsable d’environ 80% des répercussions totales qu’a un touriste moyen sur l’environnement, le reste étant attribué à la consommation de différents biens et services, comme l’hébergement, la restauration, les loisirs et les activités. Toutefois, le tourisme étant une industrie intersectorielle et non traditionnelle, il n’existe pas de données statistiques globales sur le profil exact de consommation des ressources qui y est associé.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat estime que, à l’échelle internationale, le secteur du transport contribue aux émissions de dioxyde de carbone dans une proportion d’environ 13%, le transport aérien de passagers comptant pour 2-3%. La part des émissions provenant du transport terrestre et maritime lié au tourisme n’est, de façon générale, pas connue. On s’attend en outre à ce que le tourisme et le transport de passagers par avion augmentent de 4% et de 5% par année, respectivement, d’ici 2015. La croissance de l’industrie du voyage demeure donc l’un des points chauds du tourisme durable.

Dans l’industrie de l’aviation, on continue d’investir considérabement dans le but de rendre le secteur plus écologique et de réduire sa contribution aux changements climatiques. L’éco-efficacité du reste de l’industrie touristique continue également de s’améliorer, mais les jalons restent à poser dans l’ensemble du secteur. Par exemple, l’efficacité du carburant pour avion s’est améliorée de 5% en 2004 et 2005 seulement et un Airbus A380 ou un Boeing B787 peuvent transporter 100 passagers avec 3 litres de carburant par kilomètre, ce qui est tout à fait comparable au transport automobile, avec la plupart des modèles de voitures. À l’heure actuelle, cependant, le transport aérien sous aucune de ses formes ne peut être considéré comme durable, parce qu’il brûle des combustibles fossiles non renouvelables. En outre, les avions émettent de nombreux gaz nocifs, dont les effets sont 4 fois pires à 30 000 pieds dans les airs qu’au niveau du sol.

Par conséquent, c’est par leurs choix en matière de consommation que les voyageurs pourront devenir plus écologiquement responsables. Malgré une tendance vers un consumérisme plus écologique, des recherches récentes indiquent que la plupart des touristes ne sont pas complètement conscients des conséquences qu’ont leurs choix individuels sur l’environnement ni de leur contribution aux changements climatiques. Malgré l’augmentation des surtaxes imposées sur le transport aérien, le coût réel du voyage n’est pas un reflet fidèle des coûts pour l’environnement.

Options pour atténuer les répercussions du voyage sur l’environnement

Il existe deux options permettant d’améliorer la durabilité écologique du voyage: l’une est de réduire directement les émissions, l’autre, de compenser pour la pollution produite. Parfois, selon l’endroit qu’il visite, le voyageur peut choisir des formes de transport moins polluantes et des produits et services touristiques plus «responsables». Mais, comme voyager moins ne serait pas avantageux sur le plan du développement économique, l’option 2 devient une nécessité.

Le voyage à bilan «carbone* neutre» consiste en l’achat volontaire de crédits de carbone dans le cadre de projets de compensation, qui contrebalancent les émissions polluantes engendrées. Le coût et le choix de ces projets dépendent de la source à laquelle le voyageur achète ces crédits (tableau 1). La plupart des compagnies offrent toute une gamme d’options d’investissement dans la technologie à faible consommation d’énergie ou dans l’achat de certificats d’énergie renouvelable dans les domaines de l’énergie éolienne, solaire, de biomasse et géothermique. La contribution à des projets de stockage du dioxyde de carbone par la plantation d’arbres est une autre option fréquemment offerte.

La compensation volontaire des émissions de gaz à effet de serre est une tendance de plus en plus populaire, étant passée, à l’échelle internationale, de 1 million de tonnes de dioxyde de carbone en 2001 à 9,5 millions de tonnes en 2004. Il n’existe pas, à l’heure actuelle, de statistiques facilement consultables sur la taille du marché de la réduction volontaire des émissions de dioxyde de carbone et encore moins pour le secteur du tourisme. Le protocole de Kyoto souligne des stratégies obligatoires et volontaires de compensation des émissions polluantes. L’industrie du tourisme, y compris le secteur de l’aviation, n’est pas (encore) réglementée et n’est donc actuellement soumise à aucune obligation de se pencher sur la question des changements climatiques. La compagnie British Airways a lancé, en 2005, son propre programme de compensation volontaire et encourage ses clients à contribuer à des projets d’énergie renouvelable. En réalité, le voyage à bilan «carbone neutre» est un moyen de soulager le sentiment de culpabilité que nous ressentons vis-à-vis du voyage et de la consommation. Certaines personnes s’opposent à la compensation des émissions de gaz à effet de serre, parce qu’elles y voient une façon de se donner le droit de polluer.

Tableau 1 : Estimation des émissions et coût des certificats de compensation
correspondants offerts par cinq compagnies pour un voyage aller-retour
en avion entre Montréal et Orlando.

** d’après les calculs des émissions donnés sur les sites Internet des compagnies
respectives pour un voyage de 3500 km. Le coût moyen actuel équivalant à une tonne de C02
sur le marché de la réduction volontaire des émissions est de 1,25$ au tarif d’entreprises.

Certains programmes de compensation sont controversés, la plupart comportant en effet des désavantages inhérents. Par exemple, l’utilisation de biodiésel provenant de produits de l’agriculture comme le sucre ou le maïs soulève des préoccupations en raison du recours au génie génétique. On s’interroge également sur les avantages réels de certains projets menés dans les pays en voie de développement, comme la plantation d’arbres en monoculture avec l’objectif de stocker du carbone. Cette pratique entraîne, entre autres problèmes, une perte de biodiversité et son efficacité est discutable. Dans le district néo-zélandais de Kaikora, le conseil municipal offre aux touristes, au cours de leur séjour, la possibilité de planter un arbre qui porte un numéro et peut ainsi être retrouvé lors de visites ultérieures.

Globalement, le principe de compensation des émissions a été critiqué sur les plans des coûts, des mesures et des certificats et parce qu’il n’incite pas les consommateurs à remplacer les combustibles fossiles qu’ils utilisent par des formes d’énergie renouvelable. La compensation ne permet pas la régulation des activités polluantes, mais doit néanmoins être encouragée comme mesure provisoire. Sans aucun doute, la viabilité et la rentabilité du recours à d’autres formes d’énergie, provenant de sources renouvelables, augmentent en même temps que la technologie progresse.

En attendant de pouvoir faire mieux, les voyageurs peuvent choisir de voyager de façon plus responsable en investissant dans des projets de compensation, et plus particulièrement dans la technologie, qui nous assureront un futur plus vert. D’une façon ou d’une autre, le développement durable implique le principe du «pollueur-payeur» et les voyageurs doivent améliorer leur performance environnementale. Comme on peut le voir au tableau 1, les coûts de ces projets ne sont pas exorbitants. Mais, avant d’en arriver à décider de voyager de façon plus écologiquement responsable, les voyageurs doivent d’abord être informés des répercussions que peut avoir leur contribution à l’effet de serre et des avantages de la compensation des émissions polluantes.

* Par «carbone», on entend le dioxyde de carbone à l’état gazeux. Les projets de compensation des émissions de dioxyde de carbone comprennent parfois la compensation des émissions d’autres gaz à effet de serre.  

Sources:

– Baral, A. et G.S. Guha. «Trees for Carbon Sequestration or Fossil Fuel Substitution: the Issue of Cost Vs Benefit», Biomass and Bioenergy, vol. 27, 2004, p. 41-55. 
– Becken, S. et B. Lane.  «Air Travel and the Environment. An Interview with Hugh Somerville», Journal of Sustainable Tourism, vol. 14, no 2, 2006, p. 216-219.
– Becken, S., D.G. Simmons et C. Frampton. «Energy Use Associated with Different Travel Choices», Tourism Management, vol. 24, 2006. p. 267-277.
– Department for Environment, Food and Rural Affairs. «News Release: Carbon Offset Scheme Launched», 12 septembre 2005, 2 p.
– Gössling, S., M. Bredberg, A. Randow, Sandström et S. Svensson. «Tourist Perceptions of Climate Change: A Study of International Tourist in Zanzibar», Current Issues in Tourism, vol. 9, nos 4-5, 2006, p. 419-435.
– Intergovernmental Panel on Climate Change. «Special Report: Aviation and the Global Atmosphere. Summary for Policy Makers», 1999, 23 p. 
– Lynes, J. K. et D. Dredge. «Going Green: Motivation for Environmental Commitment in the Airline Industry. A Case Study of Scandinavian Airlines», Journal of Sustainable Tourism, vol. 14, no 2, 2006, p. 116-138.
– Van Kooten, G.C., A.J. Eagle, J. Manley et T. Smolak. «How Costly Are Carbon Offsets?
A Meta-analysis of Carbon Forest Sinks», Environmental Science and Policy, vol. 7, 2004, p. 239-251.
– Various authors. «New Internationlist», no 391, juillet 2006

Sur le Web:

– Atmosfair
Climate Care 
Intergovernmental Panel on Climate Change
International Air Transport Association Website
My Climate Via Sustainable Tourism International
Native Energy
– Carbon Neutral Company

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Issues Sustainable tourism

Going Carbon Neutral – The Greening of Travel

In the face of growing concerns about climate change, businesspeople, rock stars, and increasingly ordinary travelers are going ‘carbon neutral’ to counterbalance their contributions to greenhouse gas emissions. This trend is an important step towards improving the environmental performance of travel.

Tourism contributes to human-induced climate change, because it consumes non-renewable natural resources en-route and at the destination. Transportation constitutes approximately 80% of the total environmental impact of an average tourist while the rest is attributed to consumption of various goods and services such as accommodation, hospitality, entertainment, activities and so on. However, since tourism is a non-traditional industry involving many economic sectors, no comprehensive statistics exist on its exact resource consumption pattern.

The Intergovernmental Panel on Climate Change estimates that globally, the transportation sector contributes about 13% of all carbon dioxide emissions, with passenger aviation alone representing 2 3%. The percentage attributed to other tourism-related land or sea transport is not commonly documented. Both tourism and passenger aviation are forecast to grow 4-5% respectively per annum till 2015. Thus, the growth of the travel industry remains one of the biggest issues in sustainable tourism.

The aviation industry continues to invest substantially to ‘green’ the sector and mitigate its contribution to climate change. The rest of the tourism industry also continues to improve its eco-efficiency, but milestones are yet to be made across the entire sector. For example, aircraft fuel efficiency improved 5% in 2004-2005 alone and an A380 or a B787 can transport 100 passengers for 3 L of fuel per km, which compares favourably to most cars. However, no air travel can be considered sustainable at the moment, due to the burning of non-renewable fossil fuels. Additionally, airplanes emit many noxious gases, whose impact is 4 times worse at 30 000 feet than at ground level.

Therefore, individual travellers must become more responsible via their consumption patterns. Although there is a trend towards ‘greener’ consumerism, recent research indicates that most tourists are not fully aware of their individual environmental impact or contributions to climate change. Despite the growing surcharges on air travel, the real price of travelling does not reflect its true environmental costs.

Options to mitigate the impacts of travel

Two options exist to improve the sustainability of travelling. One is to reduce emissions directly and the other is to compensate for the pollution. At some destinations, one can sometimes choose less polluting forms of transport, as well as ‘more responsible’ tourism products and services. Since simply travelling less is not favourable in terms of economic development, option 2 becomes a necessity.

Carbon neutral travel involves the voluntary purchase of carbon credits in offset projects, which compensate for the emissions generated. The cost and choice of carbon-offset projects depends on where one buys the offsets (Table 1). Most companies offer a range of investment options in energy efficient technology or Renewable Energy Certificates in wind, solar, biomass or geothermal power. The contribution to carbon sequestration projects via tree plantations is also a common mechanism.

Voluntary emission offsetting is a growing trend and globally it has grown from 1 million tonnes of carbon in 2001 to 9.5 million tonnes in 2004. There are no readily available statistics on the size of the overall voluntary carbon market, and certainly none yet for the tourism sector. The Kyoto Protocol outlines compulsory and voluntary strategies to compensate for emissions. The tourism industry, including the aviation sector is not (yet) regulated, so at present it has no obligation to address matters concerning climate change. In 2005, British Airways launched its own carbon offset scheme and encourages its clients to contribute to sustainable energy projects. In fact, carbon neutral travel is a mechanism to assuage one’s guilt about travel and consumption. For this reason, some people don’t agree with emission compensation because it is perceived as the ‘right to pollute.’

Table 1: Emissions estimates and the equivalent cost of offset certificates
offered by five companies for a return plane between Montreal and Orlando.

** based on emission calculations provided on the websites of respective
companies for a return trip of 3500 km. Currently, the average price for
a tone of C02 equivalent from the voluntary offset market is $1.25 at the corporate rate.

Some offset projects are controversial, as most have inherent disadvantages. For example, biodiesel from crops such as sugar and corn raises issues about genetic engineering. Further questions surround the real benefits of certain projects in developing countries, such as monoculture tree plantations for carbon sequestration. These plantations also lead to biodiversity loss, amongst other problems, and their effectiveness is altogether questionable. In the Kaikora District of New Zealand, the local council provides tourists with the opportunity to plant a tree during their visit, which is numbered and can be revisited in the future.

Overall, emission offsetting has been criticized because of costs, measures and certification and because compensating does not put pressure on people to switch from using fossil fuels to renewable energy. It also does not regulate polluting activities. Nonetheless, it needs to be encouraged as an interim measure. Clearly, the use of alternative energy from renewable sources will appear more viable and cost effective as technology advances.

In the meantime, travellers can choose to travel more responsibly by investing in offset projects, especially in technology, that will ensure a more sustainable future. In any case, sustainable development implies the ‘polluter pay’ principle and so travellers must improve their environmental performance. As Table 1 shows, the costs are not exorbitant. But first and foremost, travellers need to be educated about the consequences of their impact and the associated benefits of counteracting them before they can choose to become more responsible.

* Carbon refers to carbon dioxide gas. Carbon offset projects sometimes involve compensating for other greenhouse gases.

Sources:
– Baral, A. and Guha, G.S. (2004) «Trees for carbon sequestration or fossil fuel substitution: the issue of cost vs benefit.» Biomass and Bioenergy, 27 p.41-55.
– Becken, S. and Lane, B. (2006). «Air travel and the environment. An interview with Hugh Somerville.» Journal of Sustainable Tourism, 14(2) p.216-219.
– Becken, S., Simmons, D. G. and Frampton, C. (2006) «Energy use associated with different travel choices.» Tourism Management, 24. p. 267-277.
– Department for Environment, Food and Rural Affairs (2005) «News Release: Carbon offset scheme launched.» 12 September, 2005. 2 pp.
– Gössling, S., Bredberg, M., Randow, A., Sandström, and Svensson, S. (2006) «Tourist Perceptions of climate change: A Study of International Tourist in Zanzibar.» Current Issues in Tourism, 9(4-5) p.419-435.
– Intergovernmental Panel on Climate Change (1999) «Special Report: Aviation and the global atmosphere. Summary for policy makers.» 23 pp.
– Lynes, J. K. and Dredge, D. (2006) «Going Green: Motivation for environmental commitment in the airline industry. A case study of Scandinavian airlines.» Journal of Sustainable Tourism, 14(2) p.116-138.
– Van Kooten, G.C., Eagle, A.J., Manley, J. and Smolak, T. (2004) «How costly are carbon offsets?
A meta-analysis of carbon forest sinks.» Environmental Science and Policy, 7 p. 239-251.
– Various authors (2006) «New Internationlist.» July 2006. Issue 391.
Sur le web:
Atmosfair
Climate Care
Intergovernmental Panel on Climate Change
International Air Transport Association website
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Issues Sustainable tourism

Towards a realistic sustainable regional tourism?

This year’s Solidarité rurale du Québec’s annual conference highlighted the numerous challenges facing rural areas, which are a direct consequence of globalization, technological change and economic restructuring. The conference looked at many development issues, as well as solutions for a more secure, long-term rural livelihood. Discussion focused on the emergence of integrated rural policy, the mobilization of social capital, decentralization and the role of government intervention. Clearly, there is no panacea for sustainable rural and regional development on a planet where there are no borders.

A striking feature of the conference was the recurring mention of tourism, especially its potential to deliver positive economic and socio-cultural outcomes. Yet, the conference did not provide a formal discussion forum on rural tourism issues and opportunities. Given the on-going regional issues in Quebec, tourism would have really merited a more serious attention.

Many of the solutions discussed during the conference apply directly to tourism, most notably to such aspects as decentralization and governance. Tourism is a complex multifaceted, and therefore fragmented industry comprised mainly of small and medium-sized enterprises. In this sense, tourism is very different from traditional rural sectors, and its successful development hinges on factors common, as well as external to traditional rural industries.

One of the great advantages of tourism is that it can be integrated with relative ease into existing economic and social structures. However, a real inter-sectoral symbiosis, especially with traditional land uses such as agriculture, fishing, forestry and mining, is inherently complex. This challenge also applies to culture and natural resource conservation. Indeed tourism can also have adverse effects, which is the primary reason why the principles of sustainable tourism require that destinations invest in serious planning and visioning exercises involving all major stakeholders, in order to find a REALISTIC BALANCE between the pillars of economy, society and the environment. This also implies a balance between different economic sectors.

Another advantage of tourism is that it can be developed locally to many different extents with the participation of the community, and not necessarily depend on large-scale investments from outside the region. Apart from resorts or similar large-scale infrastructures, tourism can be relatively less costly to develop than other sectors.

The role of tourism varies greatly across Quebec. In most regions, its role could be enhanced in order to capitalize more on the potentials of the province’s natural and cultural resources. Of course, not all regions have the same potential, nor do all regions have a realistic tourism potential, especially in an international context. Nevertheless, a more systematic assessment of issues and opportunities could help establish a priority agenda for both public and private sectors to invest in regional tourism. The challenges of globalization and fierce competition between destinations will not disappear; in fact, they are likely to intensify, due to the rapid evolution of new destinations as well as ever-changing markets.

There is no magic formula for achieving tourism success, since every region has different environmental, economic and socio-cultural characteristics. Realistic solutions must be tailored to reflect local and regional attributes. Fortunately, there is a wide range of guidelines to assist with this endeavor.

Some of the basic key success factors for sustainable rural tourism development include:

  • a diversified natural and cultural attraction base, which can be packaged as a destination and that encourages people to visit, stay, spend and preferably return in the future;
  • promotion done at the destination level;
  • adequate infrastructure for access (roads, rail, airports, ports), signage, parking, power, water, recreation facilities, etc.;
  • adequate accommodation, restaurant, and retail services, to ensure that tourists’ needs are met and, if possible, expectations exceeded, via the delivery of high-quality services and products;
  • hospitality that is genuinely welcoming and positive;
  • good visitor bureaus or convention centers.

In terms of sector level organization at the local or regional scale, success factors include:

  • recognition of issues and problems;
  • identification of local and regional comparative advantages, and maximization of the development of nearby social and natural resources;
  • reduction of overlaps with other destinations;
  • an ability to mobilize and connect people, businesses and the community through appropriate networks and forums;
  • good leadership;
  • widespread community support for tourism;
  • support and participation from government agencies (especially in terms of planning and providing information); and
  • sufficient funds for maintaining and enhancing infrastructure and services.

As tourism involves a wide range of private sector enterprises, it is really important to establish a favorable environment for the development of small and medium-sized enterprises. Maximizing local growth is a major key to success. It is also important to work towards coordination and cooperation between enterprises and the local/regional authorities; collaboration creates power and synergy, which can both attracts investment and projects a positive image.

There must be a clear definition of common aims, otherwise businesses and stakeholders won’t be able to trust one another or truly cooperate. In addition, conscious efforts must be made to reduce economic leakages out of the destination; this can be done by maximizing the use of locally and regionally produced goods and services, with an aim to developing local and regionally unique brands. It is important to aim for partnership, rather than unhealthy competition.

Although government policies and strategies should guide development, it is important to achieve it through local and regional initiatives. Some regions can achieve successful tourism independently, whereas others need help.
Because sustainable tourism is not a shortcut to regional economic prosperity, successful tourism initiatives must start with strategic planning. Tourism needs to be part of a regional development framework, and its progress must be measured. It is important to acknowledge that rurality and remoteness are not necessarily obstacles to successful tourism.

In the context of current tourism and rural policy for Quebec, as well as recent debates surrounding several tourism projects, it appears there is a need for a more precise vision for tourism in each region, as well as a series of medium and long-term strategies and action plans.

It is often said that understanding the past is the key to the present, and vice versa. In a borderless, constantly changing world it is important to recognize that previously successful regional development strategies will not necessarily work in the future. This statement may also hold true for sustainable regional tourism development.

Sources:
– Branwell, B. and Lane, B. (2000). « Tourism Collaboration and Partnerships: Politics, practice and sustainability (Aspects of Tourism, 2), » Channelview Publications, Clevedon, 343 pp.
– Gouvernement du Québec (2005). « Vers un tourisme durable – Politique touristique du Québec, » 36 pp.
– Gouvernement du Québec (2001). Déclaration en faveur du monde rural, 1 p.
– Hall, D., Kirkpatrick, I. and Mitchell, M. (2005). « Rural Tourism and Sustainable Business (Aspects of Tourism, 26), » Channelview Publications, Clevedon, 370 pp.
– Paquet, G. (2006). « Gouvernance: le scandale de la bonne volonté, Notes on the 14e Conférence nationale de Solidarité rurale du Québec, » March 9, 2006, Sherbrooke, Québec, 4 pp.
– Solidarité rurale du Québec (2006). « 14e Conférence nationale de Solidarité rurale du Québec, Background document – À l’agenda des territoires: ruptures, reconversion et prise en charge, » March 8-10, 2006, Sherbrooke, Québec, 22 pp. [http://www.solidarite-rurale.qc.ca/]
– Wilson, S., Fesenmaier, D. R., Fesenmaier, J. and Van Es, J. C. (2001). « Factors for success in rural tourism development, » Journal of Travel Research, p. 40, 132-138.
– World Tourism Organization (1994). « National and Regional Tourism Planning: Methodologies and Case Studies, » Routledge, London, 249 pp.

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Produits et activités Tourisme durable

Vivre du tourisme d’aventure et de l’écotourisme en 2005: les défis à relever, les perspectives pour réussir (Compte rendu de conférence)

Le secteur du tourisme d’aventure et de l’écotourisme au Québec est formé de petites et moyennes entreprises dont le nombre de clients et les profits varient énormément. Les nombreux défis auxquels l’industrie doit faire face ont été soulignés au cours de la conférence annuelle d’Aventure Écotourisme Québec (AÉQ). Ces défis, sans être exclusifs à la réalité québécoise, sont typiques d’un secteur émergent limité par les principes rigides auxquels il doit adhérer.

En cette ère de développement durable, une grande importance est accordée aux responsabilités sociale et environnementale des entreprises, qui représentent encore un grand défi pour le Québec sur différents plans. Bien que des efforts concrets aient été déployés pour la mise en place du tourisme d’aventure et de l’écotourisme, il y a encore place à amélioration. Les solutions aux problématiques, tels les petits profits, les variations saisonnières importantes en termes de nombre de visiteurs, le leadership, les structures organisationnelles et la gouvernance, sont complexes et interreliées. Le présent article ne traite pas toutes les questions en profondeur, mais résume les différents éléments qui ont été soulignés au cours de la conférence d’AÉQ.

Ressources humaines

Malgré une conjoncture favorable à la croissance du tourisme d’aventure et de l’écotourisme, de nombreuses entreprises éprouvent des difficultés à générer suffisamment de profits, à recruter et à retenir des guides compétents ainsi qu’à assurer l’équité salariale (plus spécialement en région éloignée et au cours de l’hiver). Les guides de tourisme d’aventure et d’écotourisme gagnent de très petits salaires et sont peu reconnus professionnellement puisque, au Québec, l’industrie n’a établi aucune norme relative à leur emploi. Cette réalité est source de situations inéquitables entre les entreprises, entre les guides formés et expérimentés et ceux qui ne le sont pas, et entre les guides formés dans certaines institutions et ceux qui font partie d’une association professionnelle. L’offre – le nombre de guides formés sur le marché et la demande – les offres d’emploi réelles au Québec – posent également problème.

Développement régional

La contribution apportée par le tourisme d’aventure et l’écotourisme au développement régional varie d’une région à l’autre du Québec. En général, le développement régional représente un grand défi, pour diverses raisons, et c’est le cas en particulier des régions éloignées pauvres en infrastructures et en services.

À l’instar des économies régionales qui dépendent traditionnellement des ressources naturelles, le Québec tente avec difficulté de présenter l’écotourisme comme étant avantageux. Par exemple, une entreprise minière qui investit 500 millions de dollars et garantit 300 emplois pendant 30 ans est plus puissante qu’une entreprise d’écotourisme de la même région qui est prête à employer 10 guides pendant la même période, si tout va bien. Il serait important que des études sérieuses évaluent et surveillent les retombées nettes de l’écotourisme au Québec sur les plans social, économique et environnemental.

Par ailleurs, il semble que le secteur du tourisme d’aventure et de l’écotourisme n’est pas mis en valeur dans certaines régions et ne participe pas activement au processus décisionnel. En conséquence, il serait peut-être pertinent de faire preuve de proactivité et de communiquer avec les élus et la communauté en vue de les informer de la valeur ajoutée de l’écotourisme. En effet, l’écotourisme s’insère facilement dans les structures économiques et sociales et fait naître un partenariat qui apporte d’innombrables avantages. Le Québec doit se doter d’une vision régionale du tourisme d’aventure et de l’écotourisme et concevoir des stratégies et des plans de mise en oeuvre à moyen et long terme en intégrant les aspects économique, social et environnemental.

Ressources et environnement

La question de l’accès aux ressources naturelles de qualité comme facteur de longévité de l’industrie est revenue fréquemment pendant la conférence. D’autres préoccupations ont également fait surface, notamment la menace que représente l’extraction massive effectuée par les industries (particulièrement l’industrie forestière et les barrages hydroélectriques); le faible pourcentage de zones protégées au Québec par rapport à la tendance mondiale; la façon de rendre accessibles des zones protégéetout en préservant la qualité des ressources.

Le secteur du tourisme d’aventure et de l’écotourisme du Québec met tout en oeuvre pour réduire les répercussions environnementales et sociales négatives au moyen de son programme «Sans trace». Il s’agit d’un programme international proactif qui a été adapté par AÉQ et ses partenaires. L’objectif consiste à réduire et, mieux encore, à enrayer les impacts négatifs du tourisme par l’intermédiaire de l’enseignement, de la recherche et des partenariats, tout en répondant aux besoins des utilisateurs. Bien que tous les participants à la conférence se soient entendus pour dire qu’un tel programme est important, sa mise en oeuvre et son adaptation représentent un grand défi, principalement pour des raisons pratiques.

Produits et marketing

Le Québec offre une variété de produits liés au tourisme d’aventure et à l’écotourisme, mais il doit consolider sa position pour faire face à la compétition féroce des destinations écotouristiques mondiales. Réussir à vendre les hivers québécois de manière adéquate demeure le plus grand défi. Les entreprises devront diversifier leurs activités et se montrer polyvalentes pour contrer les changements extrêmes de température. La création d’un plus grand nombre de réseaux thématiques de produits régionaux, comme la «Route des Appalaches», est un des moyens à envisager. Aussi, le jumelage de la nature et de la culture québécoise offre la possibilité de créer une multitude de produits fascinants. En effet, tel que mentionné pendant la conférence, si les Américains ont réussi à créer des produits comme «In the footsteps of Henri D. Thoreau», pourquoi le Québec ne pourrait-il pas offrir «Sur les traces de Vigneault» sur la Côte-Nord?

Le secteur du tourisme d’aventure et de l’écotourisme peut encore faire de la place aux coopératives locales et régionales basées sur les principes de solidarité tel le cas digne de mention du Cap Jaseux. Ces coopératives  peuvent être créées dans toutes les régions avec les voyagistes, les hôtels, etc. Elles permettent le partage des ressources et des connaissances, tout en diminuant les dédoublements par complémentarité des produits. De plus, les coopératives mettent l’accent sur la création d’expériences uniques et de qualité. Bien que de telles alliances contribuent à la synergie au sein de l’industrie, les risques qu’elles comportent ont clairement été identifiés au cours de la conférence. Le cas du Québec maritime illustre la valeur du réseautage régional en vue de la commercialisation efficiente des destinations. 

Conclusion

Le secteur du tourisme d’aventure et de l’écotourisme au Québec va bon train dans la mise en oeuvre des principes de l’écotourisme, malgré quelques embûches. En général, l’industrie porte de plus en plus attention aux entreprises à mission écologique et à leurs clientèles, mais il reste du chemin à faire. L’écotourisme a un rôle important à jouer au Québec, principalement pour demeurer en tête du reste de l’industrie dans la mise en oeuvre des principes de développement durable et pour démontrer comment le tourisme peut participer positivement et de manière responsable à la diversification économique. Toutefois, le secteur du tourisme en entier doit porter la responsabilité écologique depuis les récentes orientations politiques du Québec. Outre les problématiques mentionnées ci-dessus, l’établissement d’un programme de certification de qualité et la surveillance de l’industrie selon des indicateurs fiables demeurent à l’ordre du jour. De telles mesures pourront améliorer le profil du secteur, mieux informer les preneurs de décisions et rassurer les investisseurs potentiels.

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Products and activities Sustainable tourism

Opportunities and Issues in eco-adventure tourism in Quebec (Conference Report)

The eco-adventure sector of Quebec is comprised of small to medium sized businesses with vast variations in client numbers and profits and this year’s annual AÉQ* conference highlighted the numerous challenges facing this industry. These are not radically different from those in other developed countries, but are typical of an emerging sector constrained by having to adhere to strict principles.

In the era of sustainable development, the social and environmental responsibility of businesses is paramount and this is remains a challenge in Quebec on many levels. Although a clear effort has been invested to organize eco-adventure tourism in Quebec, certain areas need improvement. Many of the issues, as their solutions are complex and interrelated, including small profits, acute seasonal fluctuations in visitor numbers, leadership, organizational structures and governance. This article is not an exhaustive discussion of all issues, but is a general report of what has been highlighted during the conference this year.

Human resource problems

Although economic trends suggest eco and adventure tourism continues to grow, numerous businesses seem to struggle with small profits, recruiting and keeping competent guides, ensuring fairness and equality of salaries (especially in remote areas and in winter). The reality of eco-adventure guides is difficult, in the face of very low salaries and limited professional recognition, as there are no industry standards for their employment in Quebec. This creates inequitable situations between businesses, as well as guides who are trained and experienced, and those who are not, and between guides from certain institutions and those belonging to professional associations. The ratio of « real’ employment opportunities in Quebec in adventure and ecotourism guiding vs. the number of trained guides on the job market is also an issue.

Regional development

The contribution of eco and adventure tourism to regional development is variable across the regions of Quebec. In general, regional development remains a big challenge for numerous reasons, notably in remote areas with limited infrastructure and service provision.

As elsewhere in the globe where regional economies are traditionally dependent on natural resources, Quebec struggles to favorably and quantitatively present ecotourism. For example, a mining company is often ready to invest 500 million $ and guarantees 300 jobs for 30 years. In the same region, an ecotourism company can say that 10 guides may be needed over this period (if all conditions remain favorable). This is difficult to resolve, but can be addressed firstly by having reliable studies that monitor the net social, economic and environmental benefits of ecotourism in Quebec.

Furthermore, it appears that the eco and adventure sector has a low profile in certain regions and is not always actively involved in important decision-making processes. A solution may be to be more proactive and communicate with elected members, as well as the general community, who need to be informed and educated about the values of ecotourism. Ecotourism can be relatively easily integrated into existing economic and social structures and harness partnerships that have multiple benefits. It appears that Quebec needs a more precise vision for eco and adventure tourism in each region, as well as a series of strategies and implementation plans for the medium and long-term in an economic, social and environmental sense.

Resources and Environment

The long-term prosperity of the industry depends on access to quality natural resources, which was a recurring theme throughout the conference. Equally, the threats created by extraction industries were emphasized (especially forestry and hydroelectric dams). The question of protected areas is a continuing issue and concern remains over the small % of protected areas in Quebec compared to global trends. The global challenge of providing access to protected areas whilst maintaining the quality of resources is equally pertinent in Quebec.

Quebec’s eco and adventure sector is working towards reducing negative environmental and social impacts through Leave No Trace, a proactive international program, adapted and implanted via AÉQ and its partners. The program aims to reduce and avoid negative impacts via education, research and partnerships, while ensuring the needs and satisfaction and needs of users. Although everyone agreed on the importance of the program, the reality of implementation and adaptation remains a challenge, often due to practical difficulties.

Products and Marketing

Quebec has a range of eco and adventure products, but it could improve its positioning in the face of fierce global competition as an eco-destination. How to sell Quebec’s winter ‘appropriately’ and ‘hot’ remains probably the biggest challenge. Given the climatic extremes, businesses could diversify their product and be more polyvalent. There is a need to create more networks around regional product themes, as highlighted by the noteworthy case of the ‘Appalachian Trail’. Many opportunities also remain to develop more combined ‘nature and culture’ products in Quebec. As it was well noted, if Americans can successfully develop products such as ‘in the footsteps of Henry D. Thoreau’, why can’t Quebec offer ‘along the trails of Vigneault’ on the Côte Nord? The regional product possibilities are festinating.

There is still room in Quebec’s eco-adventure sector to establish more local and regional cooperatives along the principles of solidarity as was highlighted, by the noteworthy case of Cap Jaseux. Similar opportunities exist in all regions between tour operators, hotels and others. Such cooperatives allow resource and knowledge sharing, and encourage product complementarities by reducing doubling-up. Furthermore, cooperatives enable more focus on creating unique, and high quality experiences. Although such alliances give synergy for the industry, the risks associated were well acknowledged. The case of Quebec Maritime also illustrated the values in regional networking for more efficient destination marketing.

Conclusion

Quebec’s eco-adventure sector is well on its way in implementing the principles of ecotourism, despite some challenges. Overall the industry is increasingly conscientious to ecologically manage business and clients, but some work remains in this area. Ecotourism has an important role to play in Quebec, primarily to be ahead of the rest of the tourism industry in implementing the principles of sustainable development and show how tourism can positively contribute to economic diversification in a responsible fashion. The latter is also the responsibility of the whole tourism sector, given recent policy orientations in Quebec. Aside from the above issues, work remains in other areas such as establishing a quality certification program and the monitoring of industry via reliable indicators. This could raise the profile of the sector and better inform decision-makers and reassure potential investors.

Source: http://www.aventure-ecotourisme.qc.ca/

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Tourisme durable

Commentaires du professeure Julianna Priskin sur le texte «Quand l’étiquette écotourisme est utilisée à toutes les sauces»

Expert associé au Réseau de veille en tourisme, Mme Julianna Priskin est professeure en écotourisme et développement régional au Département d’études urbaines et touristiques de l’Université du Québec à Montréal. Voici ses commentaires au sujet de l’analyse intitulée «Quand l’étiquette écotourisme est utilisée à toutes les sauces».

Dans cet article paru dans l’édition du 9 février du Globe-veilleur, on fait bien ressortir l’imprécision qui existe entre les notions d’écotourisme et de tourisme durable. Comment s’en étonner puisque ces deux concepts, qui ne représentent pas la même chose, n’ont pas de définition universellement reconnue. On ne devrait accoler l’étiquette écotouristique à une activité qu’à la condition de respecter un certain nombre de principes.

L’écotourisme est une forme de tourisme qui se déroule dans un environnement naturel. Il s’inscrit donc dans le contexte plus général du tourisme de nature. Mais l’écotourisme se distingue des autres formes de tourisme de nature, en ce qu’il est le seul à contribuer à la conservation de la nature, à la sensibilisation environnementale (volet éducatif) et au bien-être de la population hôte.

Alors, comment faire la distinction, en termes concrets? Si vous passez la journée à faire du kayak sur un lac ou une rivière et que vous rentrez chez vous le soir, vous vous livrez à une simple activité de loisirs ou de plein air. Si vous faites du kayak dans un parc national et passez la nuit dans une auberge ou dans le terrain de camping du parc, vous faites du tourisme de nature. Comme le kayak exige un effort physique et peut faire courir un certain degré de risque (selon le cours d’eau choisi), on peut le considérer comme une forme de tourisme d’aventure «douce». Toutefois, si vous pratiquez le kayak dans un parc national, en compagnie d’un guide formé et expérimenté qui vous renseigne sur votre environnement naturel et les moyens de le conserver, et que votre séjour est organisé par un voyagiste, alors vous vivez probablement une forme d’écotourisme. Dans quelle mesure? Cela dépend d’une foule d’autres facteurs, mais en règle générale, l’écotourisme :

  • contribue directement à la conservation de la nature, par des moyens financiers, par exemple, ou par la participation à des activités de gestion environnementale;
  • sensibilise le touriste à l’environnement, au moyen d’une promenade commentée dans un parc national en compagnie d’un guide professionnel qui fournit un enseignement sur l’écologie du lieu;
  • illustre l’adoption de politiques et de pratiques qui réduisent les impacts biophysiques des activités des clients et de l’entreprise: ainsi, un chalet qui utilise des technologies permettant de réduire la consommation d’énergie ou d’eau, ou dont les occupants prônent des pratiques de recyclage ou de réduction des déchets;
  • contribue favorablement au bien-être de la population hôte en créant de l’emploi et en faisant en sorte que les profits ne soient pas tous drainés hors de l’économie locale; et
  • respecte la culture de la population hôte, par exemple en la faisant participer à la planification de l’activité touristique.

En principe, il faudrait répondre à tous les facteurs énumérés plus haut pour mériter l’appellation d’écotourisme. Mais en pratique, une entreprise qui répond à un ou deux de ces critères peut souvent qualifier ainsi ses activités. C’est malheureux, car il devient ainsi impossible de distinguer les véritables produits écotouristiques de ceux qui ne le sont que partiellement. Il serait donc utile d’adopter pour chaque critère des indicateurs de performance, quantitatifs et mesurables, grâce auxquels on pourrait situer sur une échelle le «degré d’écotourisme» de chaque activité. C’est d’ailleurs le principe qui sous-tend bon nombre des étiquettes d’accréditation actuelles. Mais, tout comme l’usage de définitions différentes pour représenter un même concept, la multiplication des étiquettes crée en fait beaucoup d’incertitude, ce qui n’est pas du tout souhaitable pour un secteur d’activités aussi répandu que le tourisme.

Pour ajouter au caractère nébuleux des termes vus ici, plusieurs définitions exigent que l’écotourisme soit une forme de développement durable – une notion elle-même encore plus nébuleuse. On peut dire simplement que le développement durable est un cadre de développement qui vise le long terme et qui s’applique à toutes les sociétés et à tous les secteurs économiques. Il s’agit aussi d’une idéologie qui a pour objectif de trouver l’équilibre entre l’économie, la société et les ressources biophysiques dont tout le reste dépend. Il va de soi qu’un tel idéal devrait aussi s’appliquer au tourisme.

Le tourisme durable constitue une forme de tourisme qui se développe et se gère de manière à rester viable, du point de vue social, économique et environnemental, et ce, de génération en génération. Il s’agit aussi d’une forme de tourisme qui ne nuit en rien au développement d’autres activités dans la même région. Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), le tourisme durable doit :

  • faire un usage optimal des ressources environnementales;
  • respecter l’authenticité socioculturelle des communautés hôtes; et
  • procurer des avantages socioéconomiques à tous les intervenants.

Les règles directrices pour le développement durable du tourisme et les pratiques de gestion qui s’y rapportent s’appliquent à toutes les formes de tourisme, ainsi qu’à toutes les destinations. Un centre de tourisme de masse situé sur une montagne ou sur une plage peut évaluer son degré actuel de durabilité et adopter des mesures qui amélioreront son rendement. Il est vrai que certains secteurs touristiques peuvent plus facilement que d’autres réaliser un tel idéal, mais tous peuvent faire quelque chose. Depuis plus d’une dizaine d’années, on a produit une abondante documentation expliquant comment générer un tourisme durable, mais en pratique, il reste encore de nombreux défis à relever.

À bien des égards, l’écotourisme peut réellement contribuer à la concrétisation d’un idéal de tourisme durable. Et comme l’écotourisme et le développement durable présentent de nombreux avantages pour la société et l’environnement, il serait bon d’évoluer dans ce sens, quelle que soit la difficulté.