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Faits et chiffres Marchés géographiques

Québécois et Ontariens voyagent surtout au Canada

Dans ce deuxième article sur les résultats de l’Enquête sur les voyages des Canadiens, de Statistique Canada, le Réseau de veille poursuit son analyse. Ainsi, on apprend que les Québécois ont effectué en 2003 plus de 27,8 millions de voyages touristiques d’une nuit et plus, pour un total de près de 100 millions de nuitées et une durée moyenne de 3,6 jours. Ils ont dépensé 7,7 milliards de dollars à cet effet. Près de la moitié (49%) de leurs dépenses touristiques ont été engagées à l’extérieur du Québec.

Le Québec aux Québécois

Dans un article récent, nous avons analysé le comportement de voyage des Québécois à l’extérieur du pays (lire «Où vont les Québécois à l’étranger?»). Toutefois, la majorité des déplacements touristiques des Canadiens s’effectuent à l’intérieur du Canada. En ce qui concerne les Québécois, ils ont réalisé en 2003 quelque 27,8 millions de voyages incluant au moins une nuitée, toutes destinations confondues; 75% ont eu lieu au Québec, soit environ 20,8 millions de voyages (graphique 1). Les autres provinces canadiennes ont obtenu 11% des voyages, comparativement à 10% pour les États-Unis et 4% pour les pays outre-mer.

Environ 56% des 99,4 millions de nuitées des Québécois se sont déroulés au Québec (graphique 2). La durée moyenne des voyages au Québec était de 2,6 jours, comparativement à 8 jours pour les séjours à l’étranger. Les États-Unis et les destinations outre-mer ont obtenu chacun approximativement 16% des nuitées, alors que les autres provinces canadiennes complétaient le portrait avec 12%.

Les dépenses des Québécois

Les Québécois ont dépensé 7,7 milliards $ en 2003 – excluant les dépenses réalisées dans le cadre d’excursions. Un peu plus de la moitié (51%) ont été effectuées au Québec, ce qui représente près de 4 milliards $ (graphique 3). Voici comment ces sommes se répartissent pour les autres destinations: 19% dans les pays outre-mer, 17% aux États-Unis et 13% dans les autres provinces canadiennes.

Quel est le poids des excursionnistes dans les dépenses touristiques?

Les visites d’excursionnistes jouent un rôle important sur les retombées économiques et cette tendance ne fera qu’augmenter puisque, à compter de 2005, le gouvernement canadien mettra en application sa nouvelle définition d’un touriste, laquelle se lit ainsi: une personne qui «effectue un déplacement de plus de 40 km, incluant une nuitée» alors qu’actuellement, le seuil s’établit à 80 km.

En 2003, environ 23% des dépenses touristiques effectuées au Canada par les Québécois provenaient des excursionnistes, soit 1,5 milliard $
(graphique 4), dont la majeure partie (1,4 milliard $) a eu lieu au Québec.

Déplacements domestiques des Québécois

Regardons de plus près la répartition des déplacements des Québécois dans les autres provinces canadiennes (tableau 1). L’Ontario est celle qui accueille le plus de Québécois (2,1 millions de visites et 7 millions de nuitées), ce qui se traduit par des dépenses totalisant 638 millions $, pour une moyenne de 92$ par jour et de 298$ par voyage. Le Nouveau-Brunswick arrive en deuxième position avec 319 000 visites. Fait intéressant, même si seulement 125 000 Québécois se sont rendus en Colombie-Britannique en 2003, ils ont tout de même dépensé 122 millions $, soit davantage qu’au Nouveau-Brunswick, et ce, principalement en raison de séjours plus longs.

  Visites Nuitées Dépenses
Ontario 2 140 6 964 637 880
Nouveau-Brunswick 319 1 551 86 977
Colombie-Britannique 125 1 276 121 795
Nouvelle-Écosse 122 643 53 498
Alberta 84 578 42 212
Île-du-Prince-Édouard 83 423 39 614
Terre-Neuve 45 323 23 094
Manitoba 32 258 13 007
Saskatchewan 22 80 12 804
Yukon, T-N-O et Nunavut 5 27 5 668
Total 2 977 12 123 1 036 549

Source: Statistique Canada

Un coup d’oeil sur les Ontariens

Les Ontariens sont plus nombreux à visiter le Québec (3 millions) que les Québécois à se rendre en Ontario (tableau 2). En moyenne, les Ontariens séjournent au Québec durant 3,1 jours et dépensent 286$. On remarque également que les voyages des Ontariens sont assez bien répartis entre les provinces canadiennes, puisqu’ils effectuent 9,4 millions de nuitées au Québec, 4,7 millions en Colombie-Britannique, 3,4 millions en Nouvelle-Écosse et 3 millions en Alberta. Les dépenses touristiques totales (une nuit et plus) des Ontariens dans les autres provinces canadiennes ont atteint
2,2 milliards $.

  Visites Nuitées Dépenses
Québec 3 099 9 375 869 030
Colombie-Britannique 565 4 677 432 793
Alberta 496 3 050 244 295
Nouvelle-Écosse 440 3 407 239 730
Nouveau-Brunswick 387 1 599 101 710
Manitoba 328 1 712 103 065
Terre-Neuve 190 1 519 136 274
Île-du-Prince-Édouard 172 960 48 647
Saskatchewan 171 1 225 41 534
Yukon, T-N-O et Nunavut 28 260 31 062
Total 5 816 27 784 2 248 140

Source: Statistique Canada

Pour conclure, bien que le Québec constitue la destination privilégiée des Québécois (75%), près d’un dollar touristique sur deux (49%) est néanmoins dépensé à l’extérieur de la province. Les Québécois consacrent 3,8 milliards de leur budget à des dépenses à l’extérieur du Québec, soit l’équivalent de 44,3 millions de nuitées. Près de 72% des déplacements touristiques d’une nuit et plus des Québécois vers d’autres provinces canadiennes se font vers l’Ontario, ce qui représente 62% des dépenses. Quant aux Ontariens, leurs choix de destinations canadiennes sont plus variés. Seulement 34% des nuitées vers d’autres provinces s’effectuent au Québec, soit 39% en termes de dépenses.

Sources:
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages des Canadiens», traitement spécial, 2003.
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2003.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Où vont les Québécois à l’étranger?

Les Québécois représentent le marché touristique le plus important pour le Québec, mais trop souvent en panne de statistiques, ce dernier est à certains égards le moins connu. Pour en savoir plus et pallier ce manque de données, le Réseau de veille en tourisme commandait à Statistique Canada un traitement spécial des résultats de l’Enquête sur les voyages internationaux de 2003. Voici donc un portrait plus détaillé du comportement de voyages des Québécois. Combien vont en Floride chaque année et combien dépensent-ils? Combien vont en France? Quels sont les États américains les plus populaires? Outre Cuba et la République dominicaine, quelles sont les destinations soleil les plus prisées?

Le Québec, avant l’étranger

  • Les Québécois effectuent la majorité de leurs voyages dans la Belle Province, soit environ 21 millions de voyages.
  • C’est également au Québec qu’ils dépensent le plus:
    3,6 milliards $ contre 1,25 milliard aux États-Unis et 1,47 milliard dans les pays outre-mer.

La Floride et les autres États américains

Les Québécois ont passé plus de 16,4 millions de nuitées lors de leurs déplacements touristiques aux États-Unis en 2003.

  • La Floride demeure la destination américaine de prédilection, merci aux snowbirds (graphique 1).
  • Les États de New York, du Vermont et du Maine suivent, mais loin derrière.
  • La Californie et le Nevada, en dépit de leur éloignement, attirent également un grand nombre de Québécois.
  • Quant aux principaux États visités par les Canadiens, il s’agit de ceux de New York, de la Floride et de Washington.

 

  • Les dépenses touristiques des Québécois en sol américain pour des voyages d’une nuit et plus ont totalisé, en 2003, 1,25 milliard $
    – toutes les dépenses excluent les transactions engagées au Canada.
  • Ils dépensent en moyenne 76$ par jour lors de leurs séjours.
  • La Floride accapare une grande partie (39%) des dépenses,
    soit 486 millions $ (graphique 2).
  • On remarque que la Californie et le Nevada figurent haut au classement en raison de séjours plus longs et de dépenses quotidiennes plus élevées.
  • Parmi les principaux États visités, les trois endroits où les Québécois dépensent le plus quotidiennement sont le Nevada (182$) – Las Vegas et ses casinos y jouent certainement un rôle important -, Hawaï (169$) et la Californie (127$); 
  • À l’autre bout du spectre, le Vermont (44$), le New Hampshire (57$) et la Virginie (60$) sont les endroits où les Québécois dépensent le moins quotidiennement.

La France contre les destinations «soleil»

  • Fait qui pourrait en surprendre plusieurs, les Québécois passent presque autant de nuits dans les pays outre-mer (15,8 millions) qu’aux États-Unis (16,4 millions).
  • La France demeure une valeur sûre. Elle figure toujours au premier rang des destinations des Québécois avec 3,3 millions de nuitées en 2003 (graphique 3).
  • Les trois pays qui suivent constituent des destinations «soleil» recueillant chacune entre 1,2 et 1,5 million de nuitées annuellement.
  • Quant aux principaux pays visités par les Canadiens, le Mexique, le Royaume-Uni et la France occupent les trois premiers rangs.

  • Lors de la récente catastrophe du tsunami dans la région de l’Asie du Sud-Est, on a beaucoup parlé du grand nombre de touristes présents sur les lieux, particulièrement dans la région de Phuket, durement touchée par le sinistre. Or, on constate que parmi les destinations plus exotiques particulièrement prisées par les Québécois, on retrouve la Thaïlande (22 100 séjours et 524 000 nuitées), suivie de l’Australie, de l’Inde et des Philippines. À titre de comparaison, les Ontariens qui effectuent 2,3 fois plus de nuitées que les Québécois dans les pays outre-mer ne comptent que 300 000 nuitées en Thaïlande.
  • Parmi les destinations les plus populaires, l’Australie remporte la palme pour la durée des séjours avec une moyenne de 19,2 jours par séjour.
  • Du côté des destinations balnéaires traditionnelles comme Cuba et la République dominicaine, les vacances durent majoritairement sept jours (9,9 jours pour Cuba).
  • Les problèmes récents liés à la santé des voyageurs (épidémies de malaria et de maladie gastro-intestinale) qu’a connus la République dominicaine pourraient avoir une incidence à court terme sur le classement de la destination pour les prochaines années.

  • En 2003, les Québécois ont dépensé au total 1,47 milliard $ pour leurs voyages dans les pays outre-mer.
  • Bien que l’on associe souvent les voyages outre-mer aux vacances dans le Sud, la France recueille une importante partie des dépenses des Québécois (graphique 4). 
  • L’ordre du classement des destinations pour les dépenses s’apparente sensiblement à celui du nombre de nuitées, à l’exception de l’Australie apparaissant au neuvième rang en termes de nuitées, mais absente du tableau des dépenses.
  • La popularité de certaines destinations comme l’Inde et les Philippines est probablement attribuable à un tourisme d’affaires en forte croissance.
  • Parmi les destinations les plus populaires, c’est en Italie (121$), au Royaume-Uni (113$) et en Allemagne (102$) que les Québécois dépensent le plus quotidiennement. Soulignons également, à titre indicatif, que les Québécois dépensent 90$ par jour en France et
    83$ en Espagne. 
  • À l’opposé, les dépenses quotidiennes sont les moins élevées en Australie (53$), en Inde (73$) et en Thaïlande (73$).

Pour conclure: les Québécois continuent donc de voyager massivement vers les États-Unis, principalement du côté de la Floride. Ils privilégient aussi la France qui génère à elle seule davantage de nuitées que Cuba et la République dominicaine réunis. En ce qui concerne les destinations éloignées, la Thaïlande exerce une forte attirance auprès des Québécois. Quant aux dépenses quotidiennes aux États-Unis, c’est au Vermont qu’elles sont les plus basses et au Nevada, les plus élevées. En Europe, c’est l’Italie qui enregistre les dépenses quotidiennes les plus marquées.

Source:
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2003.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Le comportement de voyage de l’Ontarien projeté sur 25 ans

En fonction de l’évolution démographique de la population ontarienne, comment le comportement de voyage de cette clientèle va-t-il changer au cours des 25 prochaines années? C’est ce qu’a voulu savoir le ministère du Tourisme et des Loisirs de l’Ontario en effectuant une analyse du comportement de voyage des Ontariens d’après leur statut familial. On constate notamment que les lieux à caractère historique seront de plus en plus recherchés dans les prochaines décennies.

Portrait sociodémographique actuel du voyageur

Il est évident que la situation familiale des individus exerce une influence sur leur propension à voyager. On divisera ici la population en trois segments d’âge: les jeunes (18-30 ans), les matures (31-60 ans) et les aînés (+ de 60 ans). Dans la population ontarienne, ce sont les couples matures qui engendrent la plus large proportion de voyages touristiques, toutes destinations confondues (tableau 1).

Les raisons pour ne pas voyager varient d’un segment de la population ontarienne à l’autre. Dans le cas des aînés, le facteur de l’âge (27%) est surtout évoqué dans le cas des personnes seules (seulement 12% dans le cas des couples). Quant aux ménages avec des enfants, ce sont les coûts élevés reliés aux voyages qui constituent le principal frein. Les jeunes couples qui ont des enfants font état de l’aspect financier (22%), mais aussi de la présence d’un bébé (24%) qui les empêchent de voyager.

Facteurs d’influence

Les profils des TAMS (Travel Activities Motivation Survey) ont permis d’analyser les facteurs qui exercent la plus grande influence sur l’ensemble des Ontariens quant au fait d’avoir ou non effectué un voyage d’une nuit et plus, toutes destinations confondues. Voici les résultats et le poids relatif de chacun:

1. Être né au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni ou en Australie (1,791)
2. Le niveau d’éducation (1,772)
3. Les revenus (1,511)
4. La présence d’un conjoint (1,288)
5. Avoir trois semaines ou plus de vacances payées (1,230)
6. Le segment d’âge (0,716)
7. La présence d’un enfant (0,656)

Tous ne fréquentent pas les mêmes destinations

La segmentation sociodémographique suggère également un comportement de voyage différent quant au choix des destinations (graphique 1). Le Québec plaît davantage aux couples matures et aux jeunes sans enfant. C’est tout à fait le contraire dans le cas des aînés vivant seuls. Notons aussi que les États-Unis surpassent le Québec dans tous les segments. L’Europe semble n’intéresser que les aînés et quelque peu les jeunes sans attaches.

À quoi s’attendre en 2026

Les projections effectuées dans le cadre des TAMS permettent de dresser plusieurs constats quant au comportement de voyage anticipé des différents segments sociodémographiques des Ontariens. Les données suivantes indiquent la variation de la propension à voyager vers les cinq principales destinations d’ici 2026, et ce, pour chacun des segments de voyageurs. C’est auprès des couples âgés que le Québec est le plus susceptible de voir des gains significatifs avec une incidence positive de 22%, suivi des Ontariens matures seuls et sans enfant (+13%). On s’attend à ce que le Québec perde du terrain sur les segments des couples matures sans enfant (-13%) et des jeunes avec enfants (-8%). 

La lecture du marché ontarien en 2026 indique que les segments des jeunes sans enfant et des couples matures avec enfants afficheront la plus importante baisse des voyages d’une nuit et plus (tableau 2). On constate les effets du vieillissement de la population alors que les aînés et les matures seuls sans enfant sont les segments qui feront le plus de gains. 

Comment se préparer au changement?

L’Ontario demeurera toujours un marché primaire pour le Québec. Connaître avec précision la composition de la clientèle ontarienne et son évolution au cours des prochaines années constitue certes un avantage afin de s’y préparer adéquatement. Chacun des segments ne recherche pas la même expérience touristique et on doit s’attendre à ce que certains produits soient privilégiés au détriment d’autres.

Le visiteur ontarien recherchera des produits davantage orientés sur le patrimoine, particulièrement les lieux à caractère historique. Les activités favorisant la participation et l’apprentissage (ex.: fouilles archéologiques, cours de cuisine, rudiments de la langue, etc.) susciteront beaucoup d’intérêt. On dépassera le stade de la simple curiosité envers une culture différente.

On choisira aussi une destination pour sa popularité, son côté «branché» ou encore son caractère intime et romantique. Les voyages seront plutôt l’occasion de passer du temps avec des amis. On continuera de rechercher, dans les expériences touristiques, la découverte de paysages et d’attraits naturels. Nous sommes à l’aube de la vague du changement démographique caractérisé par le vieillissement de la population et les intervenants devront en tenir compte dans leur planification stratégique à long terme.

Sources:
– Ontario Ministry of Tourism & Recreation. «The travel patterns of Ontario’s and how they will change over the next 25 years», Travel Activities & Motivation Survey, février 2003.
– Tourisme Québec. «Le tourisme au Québec – Bilan 2003 et perspectives 2004», 2004.

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Intentions de voyages des Canadiens et des Américains

Alors que les Québécois rêvent de la France, les Ontariens en font tout autant pour l’Australie, et les Américains pour Hawaï. Ces derniers recherchent d’abord la tranquillité d’esprit dans le choix d’une destination, critère surpassant même le désir d’y retrouver beaucoup de choses à voir et à faire. C’est ce que nous révèle un sondage TNS réalisé le 30 juin 2004 pour l’Ontario Ministry of Tourism and Recreation.

Dans le cadre d’un important sondage effectué auprès de 5781 adultes nord-américains, le ministère du Tourisme de l’Ontario a procédé à une évaluation détaillée de la motivation de voyages des Canadiens et des Américains. L’échantillon provient principalement des provinces du Québec, du Manitoba et de l’Ontario, de même que des États de New York, du Michigan, du Massachusetts, de la Pennsylvanie, de l’Ohio, du Minnesota, de l’Indiana, du Wisconsin et de Washington D.C.

La destination de rêve n’est pas la même pour tous

Plus que jamais la concurrence élargit ses frontières. Pour en avoir un aperçu, on a demandé aux Nord-Américains d’indiquer leur destination de rêve. En observant le «top 10» des destinations idéales aux yeux des Américains, des Ontariens et des Québécois, on constate rapidement les affinités naturelles de chacune des clientèles (graphique 1). La langue parlée constitue un critère de première importance. Les Québécois privilégient spontanément la France (13%), bien avant les Américains (5%), alors que le Royaume-Uni intéresse davantage les Américains et les Ontariens. On constate aussi le sentiment patriotique des Américains, qui demeurent fortement attachés à leurs territoires. Ils rêvent de se diriger vers l’archipel d’Hawaï et l’Alaska, lieux où ils se sentent à l’aise.

Destinations des Américains

Au printemps 2004, 30% des Américains prévoyaient prochainement effectuer un voyage à l’extérieur du pays (graphique 2). L’Ontario constitue la première destination internationale de l’échantillon sélectionné (9%), comparativement à 7% pour le Mexique et les Caraïbes, à 9% pour les autres pays et 5% pour l’ensemble des autres provinces canadiennes. Il est important toutefois de préciser que la répartition géographique de l’échantillon n’est pas représentative de l’ensemble de la population américaine.

Il est intéressant d’examiner quelles agglomérations américaines sont les plus intéressées par l’Ontario, principal concurrent du Québec. On remarque que les intentions de vacances à destination de l’Ontario proviennent principalement des régions de Rochester (36%), Buffalo (35%), Détroit (23%), Syracuse (22%) et Cleveland (18%) (graphique 3).

Depuis les dernières années, les Américains accordent de plus en plus d’importance à l’aspect sécuritaire d’une destination d’agrément. En d’autres mots, ils veulent partir l’esprit tranquille. En effet, lorsqu’on leur demande de noter sur une échelle de 1 à 10 l’importance qu’ils attachent à la nécessité que le lieu soit exempt de terrorisme et d’activités criminelles, 62% accordent une note de 10 (graphique 4). Un Américain sur deux (51%) privilégiera un endroit où il n’aura pas à s’en faire sur le plan de la santé. Plusieurs de nos voisins du Sud se montrent également inquiets du ressentiment que certains entretiennent à leur égard et à cet effet, ils recherchent une destination amicale (48%). On remarque que le caractère divertissant (beaucoup de choses à faire et à voir) ne vient qu’en cinquième position parmi les critères essentiels.

Pourquoi les Américains restent-ils chez eux?

De nombreux Américains, pour des raisons variées, n’ont pas l’intention d’effectuer un voyage au cours des 12 prochains mois. Voici les principaux motifs invoqués:

  • Raisons financières (29%)
  • Aucun intérêt (14%)
  • Trop occupé (14%)
  • Cause de maladie (10%)
  • Ne voyage jamais (7%)
  • Raisons familiales (6%)
  • Trop vieux (3%)
  • Prix de l’essence (2%)

Et les Canadiens eux?

Comme pour les Américains, plusieurs Canadiens ne manifestent pas l’intention d’effectuer un voyage au cours des 12 prochains mois. À la différence des Américains, le manque d’intérêt s’avère moins souvent (10%) la cause de leur immobilisme. Voici les principaux motifs évoqués par les Canadiens:

  • Raisons financières (31%)
  • Trop occupé (16%)
  • Aucun intérêt (10%)
  • Cause de maladie (8%)
  • Ne voyage jamais (5%)
  • Raisons familiales (4%)
  • Autres choses à faire (3%)
  • Trop vieux (2%)

La planification à court terme s’affirme chez les Canadiens

Enfin, le sondage permet de discerner le temps de planification d’un voyage selon qu’il sera de courte durée (1 à 3 nuitées) ou de longue durée (4 nuits et plus). Dans le cas des voyages courts, 59% des Canadiens planifient leur séjour moins de deux semaines à l’avance (graphique 5). Pour les longs voyages, 40% s’y prennent plus de deux mois précédant le départ (graphique 6).

Source:
– Ennamorato, Michael. «Travel Intentions Study Report Summer ’04 Intentions», TNS Canadian facts for Ontario Ministry of Tourism and Recreation, 30 juin 2004.

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Processus décisionnel des touristes à Montréal

Dans le but de mieux comprendre le processus de décision des visiteurs de la métropole, Tourisme Montréal a réalisé à l’été 2003 une enquête auprès de sa clientèle. On a voulu savoir quels étaient les facteurs d’influence et les sources d’information utilisées relativement au choix des activités pratiquées. Le sondage révèle notamment que les touristes qui choisissent leurs activités à l’avance voyagent souvent par habitude et négligent les outils de planification traditionnels. En ce qui a trait au moment de la prise de décision d’effectuer un voyage à Montréal, on constate que le phénomène du «dernière minute» concerne davantage le tourisme de proximité.

Comportement de voyages des visiteurs

C’est sans surprise que l’on a constaté que les Québécois visitent régulièrement la métropole, alors que 60% s’y sont rendus à plus de 30 reprises (graphique 1). Mentionnons qu’environ 55% des Américains étaient en repeat business, comparativement à 33% du côté des voyageurs d’outre-mer.

Il y a corrélation entre la durée de la visite à Montréal et la provenance des visiteurs: plus ils viennent de loin, plus leur séjour se prolonge. Parmi les Québécois interrogés, 38% sont des excursionnistes et 45% restent entre 1 et 3 nuitées. Près de la moitié des Canadiens et des Américains passent entre 1 et 3 nuits. Quant aux visiteurs en provenance d’outre-mer, le tiers (32%) demeure 10 nuits et plus.

Concernant le lieu d’hébergement choisi, trois touristes sur quatre optent pour le centre-ville, 8% logent dans le Vieux-Montréal et 11% préfèrent l’extérieur de l’île. Alors que plusieurs touristes préfèrent marcher pour découvrir la ville (28%), une grande proportion (38%) utilise le transport en commun, en combinant ou non la marche (graphique 2).

On constate que le magasinage plaît énormément aux touristes puisque 77% d’entre eux affirment s’y adonner (graphique 3). Le pôle culturel de Montréal obtient la cote grâce aux musées, aux attraits liés aux sciences naturelles, aux spectacles en salles, aux festivals et événements. Le Vieux-Port, le Parc olympique et les autres parcs figurent également parmi les attraits de prédilection.

Le phénomène du «dernière minute» touche particulièrement le tourisme de proximité. En effet, plus de 77% des Québécois et 58% des Canadiens prennent leur décision moins d’un mois avant de partir (graphique 4). Du côté des Américains, près d’un touriste sur deux (44%) planifie son voyage à Montréal moins d’un mois à l’avance, alors que 23% préfèrent décider plus de 7 mois auparavant. La majorité des voyageurs (70%) en provenance d’outre-mer arrêtent leur plan plus de deux mois avant leur départ. 

Processus décisionnel et outils de planification

L’enquête a porté également sur le processus décisionnel concernant la participation aux activités. On a segmenté les visiteurs de Montréal en trois profils distincts:

– Les réfléchis, soit ceux qui ont décidé avant leur arrivée de réaliser des activités (43%)
– Les organisés, qui ont arrêté leur choix d’activités à réaliser une fois rendus à destination (35%)
– Les spontanés, ceux qui ont décidé «sur le moment» de réaliser des activités (22%)

On a ensuite demandé aux touristes de chacun de ces segments quels outils ils avaient utilisés pour les aider dans la planification de leur visite à Montréal. Les deux tableaux qui suivent font la distinction entre le comportement des profils «réfléchis» et «organisés».

Fait intéressant, une part importante des «réfléchis» viennent par habitude et n’ont besoin d’aucun outil pour préparer leurs activités. Par exemple, un festivalier régulier sait à l’avance à quel restaurant il ira, dans quel bar, etc. Du côté des «organisés», les conseils des parents et amis prennent beaucoup d’importance, de même que les guides de voyages et le bureau d’information touristique.  

Les outils utilisés par les réfléchis

*Autres: comprend essentiellement des sites Internet autres que celui de Tourisme Montréal, des offices de tourisme extérieur du Québec, ainsi que du marketing direct.

Les outils utilisés par les organisés

*Autres: comprend essentiellement des guides de voyages vendus en librairie tels que le Lonely Planet, Let’s go, etc.

Quant aux touristes de profil «spontané», les deux tiers de leurs activités qui ne sont pas planifiées du tout sont réalisées par hasard ou simplement motivées par la curiosité. Par exemple, en se promenant dans le Vieux-Montréal, ils sont passés devant un musée et ont décidé spontanément d’aller le visiter. 

Le sondage a été réalisé du 9 juin au 23 août 2003 auprès de 2065 répondants habitant à l’extérieur de Montréal. L’échantillon était constitué de visiteurs qui provenaient majoritairement de l’étranger (34% d’outre-mer, 26% des États-Unis, 21% du Canada et 19% du Québec). Ces derniers avaient principalement l’agrément (74%) comme but de voyage, suivi des visites de parents et amis (15%) et des affaires et congrès (11%).

Source:
– Tourisme Montréal et Convercité. Enquête sur le processus décisionnel des touristes à Montréal, 8 décembre 2003.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Le Top 10 du classement mondial des destinations selon l’OMT

L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) publie chaque année le classement des destinations touristiques en fonction du nombres de visiteurs internationaux qu’elles reçoivent. Le Canada y figure, mais pour combien de temps encore?

Depuis les années 2000, les six premières positions sont plutôt stables. La France affiche une confortable avance, malgré une baisse de deux millions de visiteurs en 2003 par rapport à 2002. La bataille se situe principalement entre le Canada, le Mexique, l’Autriche et l’Allemagne pour les quatre derniers rangs du Top 10.

Pour la première fois de son histoire, en 2003, l’Organisation mondiale de la santé mettait à l’index plusieurs destinations en raison du SRAS. C’est ainsi que le Canada et la Chine affichent les plus importantes baisses d’arrivées internationales avec respectivement 12,7 et 10,3%. L’avance confortable de la Chine sur le Royaume-Uni lui a cependant permis de garder sa 5e position, alors que le Canada, 7e en 2002, a glissé au 10e rang en 2003.

Selon les prévisions de l’OMT pour 2020, le Canada, l’Autriche et l’Allemagne ne figureront plus parmi les dix principaux pays visités par la clientèle internationale. Le Mexique devrait mieux s’en sortir que ses rivaux actuels, en conservant son 8e rang au classement.

Mais… il y aura sûrement beaucoup de facteurs qui viendront brouiller les cartes d’ici 2020. Notamment, l’OMT révise actuellement ses prévisions jusqu’à l’horizon de 2010.

Source:
– Organisation mondiale du tourisme. [www.world-tourism.org]

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Faits et chiffres Gestion

Intentions de vacances et concrétisation, deux réalités

On observe une prolifération de sondages visant à connaître les intentions de vacances de la population, qui s’ajoutent aux nombreux outils à la disposition des gestionnaires. Malheureusement, davantage de sondages n’équivalent pas nécessairement à une vision plus précise de l’avenir. En fait, un regard rétrospectif permet de constater d’importants écarts entre les intentions de vacances manifestées par les Canadiens et les résultats réels.

Il est pratique courante pour les intervenants touristiques de s’inspirer des prévisions de la demande pour établir des stratégies d’affaires. Régulièrement, des sondages sont menés auprès de la population afin de connaître leurs futures intentions de voyages et d’anticiper les flux touristiques à court terme. On regarde presque toujours vers l’avant, mais qu’en est-il derrière? Rarement avons-nous l’occasion de confronter les scénarios d’intentions de vacances avec leur concrétisation tangible.

Pour effectuer cette analyse, nous avons retracé les intentions de vacances des Canadiens au cours des cinq dernières années. Dans l’objectif d’une démarche fiable et homogène, nous avons compilé les résultats d’un seul sondage, celui que publie le Conference Board du Canada deux fois par année. Les enquêtes, réalisées à des périodes fixes dans l’année, observent la même méthodologie et peuvent être comparées.

Aux fins de l’exercice, nous avons jugé préférable de mettre en parallèle les taux de croissance des intentions de vacances et ceux des réalisations (soit les réels départs en vacances). Les nombres absolus sont difficilement conciliables puisque les vacances font normalement référence à des séjours de plus de trois jours, alors que les données sur les réalisations sont tirées des enquêtes de Statistique Canada, qui portent sur tout séjour d’une nuit et plus, avec l’agrément comme but de voyage.

Efficacité des sondages, mythe ou réalité?

Faut-il remettre en question la fiabilité des projections? L’analyse du graphique 1 indique que les prévisions se sont avérées diamétralement opposées aux tendances réelles, en ce qui concerne le nombre de départs pour les vacances des Canadiens.

L’écart moyen de croissance annuelle entre les intentions et les réalisations pour les cinq années étudiées se situe à 17%, ce qui constitue un écart considérable. Sur la période étudiée, jamais l’écart entre la prévision et la réalité ne fut moins de 10%.

Évidemment, plusieurs facteurs, dont certains de nature imprévisible, influencent grandement les résultats d’une saison touristique. On n’a qu’à penser à la crise du SRAS qui a pénalisé fortement le tourisme au Canada.

Un regard rétrospectif nous permet de mieux comprendre les raisons de chacun des décalages.

  • En 1999, l’économie roulait à plein régime et la bourse atteignait des sommets vertigineux. Les résultats ont surpassé les attentes de 10%.

  • En 2000, on assistait à l’éclatement de la bulle spéculative des titres technologiques et l’économie montrait des signes de ralentissement. On constate un écart de 14% qui indique que davantage de Canadiens sont restés chez eux.

  • En 2001, l’industrie touristique a vécu un scénario catastrophe avec les événements du 11 septembre. Mais, comme la plupart des vacances avaient été prises avant la date des attentats, on observe néanmoins un écart positif de 14%. Quant aux prévisions, elles ont sous-estimé la vigueur économique des trois premiers trimestres de 2001.

  • En 2002, l’effet «après 11 septembre» se fait lourdement sentir dans les intentions de départs, qui atteignent un creux sans précédent. Dans les faits, toutefois, les Canadiens reprennent leurs habitudes plus rapidement que prévu et surpassent de 15% les projections.

  • En 2003, l’effet du SRAS, avec en toile de fond la guerre en Iraq, a joué un rôle majeur comme facteur d’influence pour de nombreux Canadiens au moment de leur prise de décision. Les sondages n’avaient pu prendre en compte l’ampleur des effets de la crise, d’où l’écart négatif de 21%.

  • En 2004, les prévisions reviennent dans le rouge alors que l’industrie demeure inquiète quant aux résultats de la fin de l’année.

Un désir n’est pas une action!

Sans tenir compte des facteurs imprévisibles, on remarque un écart important entre le nombre absolu de départs par rapport à celui des intentions. On constate que, règle générale, quelque 60% des Canadiens réalisent concrètement les projets de vacances qu’ils prévoyaient effectuer six mois plus tôt.

Selon le Conference Board, quelque 20 millions de Canadiens ont manifesté le désir de partir en voyage au cours de l’année 2004. Il s’agit d’une baisse de 8% par rapport aux intentions de 2003.

Si l’on peut raisonnablement anticiper le contexte économique, d’autres facteurs tels que les conditions climatiques, le taux de change et les événements perturbateurs sont difficiles à prévoir et influencent fortement la prise de décision des consommateurs.

Pour le gestionnaire, les prévisions d’intentions de vacances figurent parmi les variables d’une équation complexe composée notamment d’éléments tout à fait imprévisibles. Les sondages d’intentions peuvent s’avérer annonciateurs d’une tendance annuelle, mais ne sauraient se substituer à l’instinct du dirigeant et servir de pilier décisionnel.

Sources:
– Conference Board du Canada. Travel Exclusive, 1997-2004.
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages des Canadiens», 1999-2003.

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Faits et chiffres Segments de clientèles

Avoir des vacances et partir en vacances: deux choses très différentes

Un sondage CROP réalisé pour l’Ordre des conseillers en ressources humaines et en relations industrielles agréés du Québec (ORHRI) révèle que 85% des travailleurs québécois prendront des vacances en 2004. Attention! On parle ici de personnes qui auront droit à des vacances, mais rien n’indique si elles se déplaceront pendant cette période. À vous de les courtiser afin de faire en sorte qu’elles partent réellement en vacances!

  • La majorité des travailleurs québécois bénéficient de deux semaines de vacances (31%).
  • On constate qu’une proportion de 27% de travailleurs québécois aura moins de deux semaines, parmi lesquels 13% n’auront pas de vacances.
  • À l’opposé, 19% auront quatre semaines et plus.

  • Juillet demeure le mois le plus populaire pour prendre des vacances (70%).
  • Les classiques «deux semaines de la construction», bien qu’encore très populaires (44%), ont perdu du terrain au profit du mois d’août (49%).

  • Le mois d’août est plus populaire que les deux dernières semaines de juillet chez les travailleurs provenant des régions de Montréal (47%) et de Québec (66%), alors que dans les autres régions, août talonne de près les «vacances de la construction» (47% contre 51%). Il faut cependant noter que même si la région de Québec (66%) affiche un taux supérieur à la région de Montréal (47%), cela représente, en raison de sa plus faible population, un moins grand nombre de travailleurs.

Parmi les travailleurs qui prévoient prendre des vacances en 2004:

  • 65% auront des vacances payées par leur employeur et 28% les prendront à leurs frais.
  • 21% doivent habituellement travailler pendant les vacances (messages, courriels, réponses aux urgences, etc.), nouvelles technologies et compétitivité obligent!
  • C’est dans la région de Québec que l’on retrouve le pourcentage le plus élevé de la population ayant des vacances payées par l’employeur et prenant quatre semaines et plus de vacances.

Voir aussi

Chèque-vacances: un double levier, social et touristique

Source:
– Ordre des conseillers en ressources humaines et en relations industrielles agréés du Québec (ORHRI), sondage CROP-EXPRESS, mai 2004.

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Faits et chiffres Produits et activités

Comment mesurer les impacts économiques des événements sportifs sur les communautés hôtesses?

L’Alliance canadienne du tourisme sportif (ACTS) a mis au point un outil Internet pour évaluer l’impact économique des événements sportifs sur les communautés hôtesses.

Qu’est-ce que le MEETS?

Le Modèle d’évaluation économique du tourisme sportif (MEETS) a été créé en partenariat avec Sport Canada, la Commission canadienne du tourisme (CCT), l’Institut canadien de recherche sur le tourisme (ICRT) du Conference Board du Canada et l’Association canadienne des bureaux de tourisme et de congrès. Cet outil permet d’évaluer l’impact économique des événements sportifs, depuis les compétitions internationales jusqu’aux tournois intercommunautés.

Disponible sur Internet (pour les membres de l’ACTS seulement), MEETS est facile à utiliser, puisque la seule information nécessaire pour obtenir des résultats provient de la connaissance des données socioéconomiques de base des participants et des spectateurs, auxquelles s’ajoute l’information contenue dans le plan d’affaires de l’événement.

MEETS fonctionne sur la base d’une méthodologie d’intrants/extrants et de techniques de modélisation économétrique. Il utilise les dernières données disponibles de Statistique Canada, en plus d’incorporer la structure de taxation locale et provinciale de la communauté.

Ce modèle s’est classé en 2003 parmi les finalistes pour un prix national de l’industrie du tourisme dans la catégorie Innovation de l’année.

Application aux Jeux du Canada – hiver 2003

En septembre 2003, grâce à cet outil informatique, l’ACTS publiait une étude sur l’impact économique des Jeux du Canada (hiver 2003), qui se sont déroulés à Bathurst et à Campbellton, au Nouveau-Brunswick, en février-mars 2003.

Les Jeux du Canada constituent un des plus grands événements multisports interprovinciaux/territoriaux du Canada. Ils ont lieu tous les deux ans, les Jeux d’été alternant avec les Jeux d’hiver.

Cet hiver-là, environ 3200 athlètes ont concouru dans 21 disciplines sportives différentes. On estime qu’un total de 5112 visiteurs (touristes et excursionnistes) sont venus dans la région pendant la période de deux semaines. Les sondages révèlent que la plupart des touristes ont passé au moins une nuit à Bathurst ou à Campbellton, alors que seulement 16% des visiteurs venus aux Jeux ont effectué une excursion d’une journée. Et ceci, sans compter les représentants des différentes entreprises de presse, ni les délégations des différentes disciplines.

Les coûts d’exploitation (salaires, télécommunications, fournitures, assurances, etc.) se sont montées à environ 11,5 millions $. Les coûts d’immobilisation ont totalisé près de 21,8 millions $. La plus grande partie de cette somme (soit 19,4 millions $) a été dépensée en vue d’améliorer les installations existantes (le Club de curling, l’aréna, le Club de ski, le Village des athlètes, etc.).

Après calculs, il s’avère que l’impact économique des Jeux sur la région a été considérable. Les dépenses combinées d’exploitation, d’immobilisation et celles des visiteurs ont été estimées à 38,7 millions $, ce qui a généré un potentiel total d’activité économique de 70,4 millions $ dans la province.

De ce montant, une part de 57,6 millions $ a été réalisée dans la région de Bathurst-Campbellton. Un total de 20,5 millions $ a été payé sous forme de traitements et de salaires dans la province, contribuant ainsi au maintien de l’équivalent de 1000 emplois.

En outre, grâce aux importants investissements en infrastructures, la tenue des Jeux profitera aux habitants de la région pendant longtemps, sous forme d’installations sportives, touristiques et autres.

Voir aussi

Quels impacts ont les grands événements sportifs sur le tourisme?
Alliance canadienne du tourisme sportif

Source:
– Alliance canadienne du tourisme sportif. «Jeux du Canada d’hiver 2003: évaluation de l’impact économique», septembre 2003.

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Faits et chiffres Produits et activités

Quels impacts ont les grands événements sportifs sur le tourisme?

Les grands événements sportifs hautement médiatisés, comme les Jeux Olympiques, offrent une vitrine exceptionnelle aux villes organisatrices. Et les retombées se répercutent tant sur le plan urbanistique, économique, environnemental, que touristique. Mais combien en coûte-t-il? Les retombées sont-elles si alléchantes?

L’événement réel ne dure que quelques semaines, certes, mais les préparatifs débutent jusqu’à une décennie à l’avance et peuvent nécessiter des dépenses d’investissement considérables; et certains s’en sortent bien (comme Los Angeles en 1984 et Atlanta en 1996), alors que d’autres n’atteignent pas les résultats escomptés (comme Séoul en 1988 et Barcelone en 1992).

JO de Montréal en 1976, du plus et du moins

En effet, de tels rassemblements profitent directement à la construction, à la distribution, au tourisme en général et à l’hôtellerie en particulier, ainsi qu’à d’autres secteurs traditionnels (comme l’emploi). Ils créent des opportunités de développement dans l’informatique et les télécommunications, la protection de l’environnement, l’industrie du sport, ainsi que dans d’autres secteurs naissants, sans négliger le développement économique.

À Montréal, les Jeux Olympiques de 1976 ont fait connaître Montréal comme destination touristique d’intérêt en Occident. Ils ont également laissé leurs traces architecturales et touristiques. Aujourd’hui, le Stade olympique est considéré comme l’une des principales attractions touristiques de la ville. Le sport y est encore à l’honneur avec la présentation de matchs de baseball et de football. Il est l’hôte de foires et de spectacles et sa tour (la plus haute tour inclinée du monde) est accessible en funiculaire.

Quant au Vélodrome, il a été transformé pour recevoir le Biodôme, une reconstitution étonnante des plus beaux écosystèmes des Amériques. Des appartements ont été aménagés dans l’ancien village olympique.

D’un autre côté, l’organisation des jeux a coûté pas moins de 1600 millions $. La dette devrait être complètement remboursée en 2006, soit 30 ans plus tard. Mais c’est sans compter les faramineuses dépenses qu’engendrent sa rénovation et son entretien.

Et le Stade olympique se cherche toujours une vocation… et un toit définitif.

L’industrie du tourisme surfe sur la vague de la publicité

Selon une enquête réalisée en 2002 par Jones Lang LaSalle, une entreprise mondiale de services immobiliers et de gestion d’investissements, les villes-hôtes de Jeux Olympiques devraient profiter longtemps de ce momentum.

Selon eux, l’examen des expériences passées, hiver ou été, permet de faire des prédictions sur l’impact qu’ont les Jeux Olympiques sur le développement immobilier et touristique (surtout hôtelier) des villes organisatrices.

L’étude démontre qu’en règle générale le nombre de visiteurs internationaux dans les villes-hôtes augmente en moyenne de quelque 25% dans la seconde année suivant les Jeux. Idem pour l’industrie hôtelière, où l’on constate une forte augmentation des demandes d’hébergement au cours de l’année olympique.

En outre, les Jeux Olympiques constituent un important moteur de croissance pour le marché des congrès. Outre les infrastructures sportives, touristiques et municipales qu’ils lèguent, ils sont la preuve de la capacité de la ville à accueillir des événements majeurs de classe internationale.

Les JO d’Athènes 2004 ratent cependant l’or

Ce succès n’est cependant pas garanti à tout coup. En effet, les Jeux Olympiques d’Athènes (été 2004), qui devraient attirer plus de cinq millions de spectateurs et dont le budget opérationnel s’élève à plus de 2 milliards d’euros, ne semblent pas réunir ces conditions gagnantes. Ils ne font pas recette et n’attirent pas l’afflux de touristes escompté.

À quelques semaines de l’ouverture, un nombre étonnant de billets sont encore disponibles pour beaucoup d’événements. Les uns s’inquiètent pour la sécurité, les autres invoquent les coûts très élevés de l’hébergement.

Et les Jeux n’ont pas encore eu lieu que le ministre du Tourisme grec, Dimitris Avramopoulos, fait déjà son mea culpa. Il met l’échec des opportunités touristiques sur le compte d’une mauvaise promotion touristique attribuée, selon lui, au manque de stratégie du gouvernement antérieur. D’ailleurs, à cette remise en question, il propose une nouvelle stratégie postolympique, sur dix ans, basée sur un axe croissance-promotion-culture.

Il a d’ores et déjà annoncé de nouvelles initiatives pour le développement, ainsi que l’attraction de nouveaux investissements, sans toutefois préciser quoi que ce soit de concret.

L’inquiétude règne également quant aux véritables retombées économiques. Selon un sondage réalisé entre le 11 novembre et le 2 décembre 2003, et publié dans la presse hellénique, 24,2% des personnes interrogées sont d’abord préoccupées par le coût des JO d’Athènes et ses retombées. Un autre sondage, publié celui-là fin décembre 2003, confirme ces craintes.>Il apparaît que:

  • 80,6% des Grecs jugent «énormes» les coûts engendrés par les Jeux;
  • 18,5% craignent une attaque terroriste;
  • 48,1% des Athéniens affirment qu’ils resteront «sûrement» dans la capitale durant les festivités et 19% y resteront «probablement»;
  • et surtout, que 37,1% des répondants ne sont «pas du tout» intéressés à assister aux compétitions.

Mise à jour – 28 juillet 2004

Justement, aujourd’hui était rendue publique la dernière étude de l’Alliance canadienne du tourisme sportif (ACTS) analysant les retombées possibles pour l’industrie touristique canadienne de la tenue des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2010 qui se dérouleront à Vancouver-Whistler.

Le rapport souligne comment il est possible de maximiser l’aspect positif de la tenue des jeux, non seulement en Colombie-Britannique mais également au travers des autres provinces.

L’ACTS estime que les JO d’hiver et Paralympiques de 2010 vont coûter 1,3 milliard $.

  • 86 millions $ du budget d’investissement (financé par les gouvernements provincial et fédéral) seront dépensés pour l’amélioration ou la construction des équipements sportifs.
  • 50% des revenus seront issus de la publicité;
  • 40% proviendront des commandites d’entreprises;
  • 8% de la vente des billets;
  • et enfin, 2% des licences d’autorisation.
  • On estime que les revenus médiatiques (télévision) rapporteront pas moins de 670 millions $.

Voir aussi

Régie des Installations Olympiques
Alliance canadienne du tourisme sportif

Sources:
– PricewaterhouseCoopers. «The economic impact of the Olympic Games», PricewaterhouseCoopers European Economic Outlook June 2004.
– Jones Lang LaSalle. «Salt Lake City 2002: Jones Lang LaSalle évalue l’impact potentiel des jeux Olympique sur les marchés de l´immobilier», communiqué de presse, 8 mars 2002.
– Sallet-Lavorel, Hélène et Paul Lecroart. «Quels sont les impacts des grands événements sur les métropoles?», Cahier Espaces, no 74, août 2002.
– Sloan, Gene. «Myth: Athens Games are booked», USA Today, 11 juin 2004.
– La Lettre du Sport. «Le coût des JO inquiète les Grecs», no 303, 5 janvier 2004.