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Faits et chiffres Marchés géographiques

Touristes américains: où sont-ils passés?

En 2004, les Américains ont massivement repris le chemin des destinations étrangères, mais ont semblé délaisser le Canada. Le nombre de touristes internationaux américains – toutes destinations confondues – atteignait alors le total record de 61,8 millions, surpassant la marque établie en 2000. Pourtant, depuis le début du millénaire, le Canada enregistre un important déclin du nombre de visiteurs américains. De 2000 à 2004, leur nombre a chuté de 21,3% et les données préliminaires pour la période de janvier à octobre 2005 annoncent une baisse de 8,7% par rapport à la même période en 2004.

Baisse des visiteurs américains au Canada

Ce déclin marqué préoccupe l’ensemble de l’industrie touristique canadienne, et ce, même si cette diminution affecte différemment les provinces. En effet, au cours de la période 2000-2004, le Québec semble avoir été moins durement touché par la défection des Américains que les autres provinces canadiennes.

Une analyse de l’évolution des arrivées mensuelles des Américains au pays de 2000 à 2004 (graphique 1) permet de constater que, proportionnellement, la baisse est légèrement moins marquée pendant la période estivale (juin: -18,8%, juillet: -16,5% et août: -19%). Toutefois, en chiffres absolus, les pertes sont plus importantes pendant ces mois de haute saison touristique (juillet: -981 777 visiteurs et août: -1 079 657 visiteurs). 

Baisse majeure des excursionnistes

Il faut toutefois préciser que 98% de cette baisse des visiteurs s’explique par l’importante diminution des excursionnistes au Canada, situation qui touche particulièrement l’Ontario qui, en 2000, accueillait les trois quarts (74,4%) du total des excursionnistes américains (tableau 2). De 2000 à 2004, l’Ontario a vu décliner de plus de 7,5 millions le nombre de ces visiteurs d’un jour.

La baisse de l’achalandage touristique américain prend donc des proportions moindres lorsque l’on considère uniquement le volume de touristes (graphique 2). En effet, de 2000 à 2004, le nombre d’Américains qui ont séjourné une nuitée ou plus au pays a diminué à peine de 1,11%. Au cours de cette même période, le Québec enregistrait même une croissance de 3,38%. 

2002: année de référence ou année atypique?

En 2002, le Canada accueillait un total historique de 16,17 millions de touristes américains. Cette hausse de près de 650 000 touristes par rapport à 2001 est survenue alors que les départs internationaux des Américains baissaient de 1,3 million. Cette performance inégalée s’explique en partie par la réaction aux événements de 2001 qui s’est traduite par une recherche de sécurité dans une destination de proximité.

Cette hausse de 2002 repose principalement sur une croissance du tourisme d’agrément, car, en cette année record, le nombre de touristes d’affaires se chiffrait à 1,96 million, en baisse par rapport aux 2,16 millions enregistrés en 2000 (graphique 3). D’ailleurs, depuis quelques années, le tourisme d’affaires occupe une proportion décroissante de l’achalandage touristique des Américains au Canada.

2005: la vraie diminution s’amorce

Les données préliminaires pour l’année 2005 (janvier à octobre) laissent entrevoir une tendance préoccupante pour l’industrie touristique canadienne et plus particulièrement pour celle du Québec.

Cette baisse semble attribuable aux marchés de proximité, car, au cours des dix premiers mois de 2005, le nombre de touristes américains utilisant la voiture comme moyen de transport a baissé de 13,5%, alors qu’il augmentait de 6,4% dans le cas de ceux qui utilisent un autre mode de transport.

Les Américains partent à la découverte du monde

En 2004, les Américains ont voyagé à l’étranger comme jamais, dépassant le record établi en 2000 (61,8 M vs 61,3 M). Au cours de cette période, le Canada enregistrait pourtant un recul de près de 175 000 touristes. Une analyse des régions visitées (tableau 4) démontre que les habitudes de voyages internationaux des Américains connaissent un bouleversement  important.

On remarque que les destinations non traditionnelles semblent profiter d’un engouement accru de la part des voyageurs américains. D’ailleurs, la part de marché des destinations traditionnelles (Canada, Mexique et Europe de l’Ouest) enregistre une baisse significative de 2000 à 2004 (graphique 4). 

Les données préliminaires du gouvernement américain pour la période du 1er janvier au 1er septembre 2005 démontrent que les départs des Américains vers les destinations outre-mer ont connu une croissance de 5%. Encore une fois, l’Amérique centrale (+14%), l’Asie (+10%), l’Amérique du Sud (+9%) et le Moyen-Orient (+8%) enregistraient des croissances supérieures à l’Europe (+3%). 

L’industrie touristique canadienne, qui rêve encore de revivre le succès de 2002, doit accepter qu’on ne puisse plus évoquer l’espoir d’un «retour à la normale», puisque les réalités américaine et mondiale ont été sérieusement modifiées.

L’état de la situation selon la Commission canadienne du tourisme (CCT)

À l’automne 2005, la CCT a formé un groupe de travail chargé d’examiner la situation du marché américain. Les résultats préliminaires tendent à confirmer que le Canada ne peut pas blâmer des facteurs tels que le SRAS, la guerre, le taux de change ou les problèmes frontaliers pour expliquer la baisse de la compétitivité du pays lorsqu’il s’agit d’attirer les touristes américains. Les Américains interrogés par la CCT mentionnent qu’ils ne peuvent exprimer de raisons particulières de ne pas venir au Canada, mais qu’ils ne voient pas non plus de motifs d’y venir. La destination canadienne ne parvient donc plus à se démarquer d’une concurrence de plus en plus relevée.  Le rapport final est attendu à la fin de janvier 2006.

Sources:
– Commission canadienne du tourisme. «Nouvelles du groupe de travail sur les États-Unis», Tourisme, vol. 002, no 11, novembre-décembre 2005.
– Ontario Ministry of Tourism and Recreation. «Regional Tourism Profile – Provincial Markets Shares», http://www.tourism.gov.on.ca/english/tourdiv/research/rtp/2003/
ComparitiveReportsProvinces/index.html
, 2005.
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», Catalogue no 66-001-PIB, janvier 2000 à octobre 2005.
– U.S. Department of Commerce, ITA, Office of Travel and Tourism Industries. «U.S. Citizen Air Traffic to Overseas Regions, Canada & Mexico 2005», www.tinet.ita.doc.gov, 2005.
– U.S. Department of Commerce, ITA, Office of Travel and Tourism Industries. «U.S. Resident Travel Abroad Historical Visitation – Outbound 1994-2004», Juillet 2005.

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Faits et chiffres Segments de clientèles

Profil des touristes en visite chez des parents et des amis au Québec

La contribution économique du marché des touristes dont la principale motivation de voyage consiste en la visite de parents et d’amis (VPA) est souvent sous-estimée, en raison notamment du manque d’information précise sur le sujet. Il s’agit d’un segment de marché rarement ciblé par les stratégies marketing. Pourtant, quatre voyageurs sur dix viennent au Québec pour cette raison. Cette analyse présente ce marché avec des données qui proviennent d’un traitement spécial effectué à partir de l’Enquête sur les voyages internationaux. Il s’agit du dernier d’une série de quatre articles qui proposent des portraits statistiques de la clientèle touristique visitant le Québec.

Une importance sous-estimée

Selon le professeur Tony Seaton, de la University of Luton Business School, le phénomène des VPA est en forte croissance mondialement, et ce, pour différentes raisons sociales et politiques. Pour plusieurs destinations, les VPA sont en voie de devenir le plus important marché et s’inscrivent comme un générateur de revenus beaucoup plus significatif que ce qui avait été anticipé, particulièrement en ce qui concerne certains segments ethniques. En Alberta, par exemple, 41% des touristes ont comme but de voyage les VPA, comparativement à 40% pour le tourisme d’agrément. Au Québec, les statistiques avantagent les voyages d’agrément avec des proportions de 39,7% et de 50,7%.

Par ailleurs, il convient de briser le mythe voulant que ce type de clientèle dépense peu. Il est vrai que, lorsque l’on compare l’ensemble des dépenses des VPA avec celles des autres touristes, le panier d’achat global s’avère inférieur en raison de l’absence de coûts liés aux forfaits et des dépenses d’hébergement beaucoup moins élevées. Par contre, quand on soustrait ces deux catégories des comparatifs, on obtient un portrait tout à fait différent. Selon une étude réalisée par les chercheurs Seaton et Palmer, ce sont les dépenses liées aux VPA qui sont les plus élevées pour les catégories «voyage», «service», «vêtements» et «autre magasinage». En outre, elles arrivent à égalité dans la catégorie «divertissement». 

De plus, comme l’indique un sondage réalisé en décembre 2005 par Expedia, près de la moitié des gens qui demeurent chez des parents pendant leurs vacances préféreraient séjourner à l’hôtel pour au moins une partie du séjour. Il s’agit là d’une occasion pour les hôteliers de tenter de courtiser ce segment de clientèle pour en faire aussi des clients commerciaux.

D’où viennent-ils?

La grande majorité des touristes VPA qui voyagent au Québec pour une nuit et plus proviennent de la grande région de Montréal (30%) et de la région de Québec (12%). Fait intéressant, une fois que l’on a soustrait les principaux centres urbains et les voyageurs internationaux, il reste encore plus de 30% des séjours qui ont été réalisés par les Québécois des régions (graphique 1).

Par ailleurs, les marchés hors Québec ont généré plus de 1,7 million de VPA au Québec en 2004. À lui seul, le marché de Toronto est presque aussi important (343 000 touristes) que l’ensemble du marché américain (410 000 touristes).  Ce sont les États de New York (85 000 touristes) et du Massachusetts (59 000) qui génèrent le plus de visiteurs. Du côté des voyageurs d’outre-mer, la France arrive loin en tête avec 75 000 touristes. Voici la répartition géographique de la provenance de l’ensemble des visiteurs VPA d’outre-mer vers le Québec: 

Durée en fonction de la distance

La durée des voyages est fortement influencée par l’éloignement du domicile du visiteur puisque, tant qu’à traverser l’océan pour venir voir sa famille, aussi bien en profiter pour la peine. C’est ce que le graphique 2 permet de valider: presque la moitié (48%) des touristes d’outre-mer séjournent au moins dix jours au Québec lors de leur voyage alors que seulement 26% y viennent pour moins de quatre nuitées. Du côté des Américains, la durée de séjour est beaucoup plus courte: 34% optent pour un séjour de 4 à 9 nuitées, alors que seulement 5% passent plus de neuf jours au Québec.

Pour le marché canadien, environ le tiers des Torontois effectuent des séjours de deux nuits, alors qu’un autre segment important (31%) privilégie les voyages de 4 à 9 jours. Quant aux voyages intra-Québec, environ les trois quarts sont constitués de courts séjours de une ou deux nuitées. 

Où habitent les proches visités?

Dans des régions comme les Laurentides, Lanaudière et la Mauricie, une majorité de la clientèle VPA provient de la grande région de Montréal (graphique 3). Dans Charlevoix, c’est clairement la région de Québec qui constitue le premier marché émetteur. Dans plusieurs autres régions, comme l’Abitibi-Témiscamingue, Montréal, la Gaspésie et Québec, plus de 60% de la clientèle provient de l’extérieur des deux grands pôles urbains.

Regardons maintenant la question sous l’angle opposé: où vont les deux grands bassins émetteurs québécois de la clientèle en visite chez des parents et des amis? On constate que les VPA effectuées par des Montréalais se répartissent assez bien aux quatre coins du Québec (graphique 4): environ 14% se dirigent vers la région des Cantons-de-l’Est, comparativement à 13% pour les Laurentides et à 11% pour la Mauricie et Lanaudière, qui sont les principales régions visitées.

Les gens de la région de Québec se dirigent quant à eux d’abord du côté de Montréal (21%) et de Chaudière-Appalaches (17%); suivent ensuite la Mauricie (10%), le Saguenay-Lac-Saint-Jean et le Bas-Saint-Laurent avec chacun 8% de parts de marché (graphique 5).

Profil des dépenses

Les gestionnaires auraient tort de sous-estimer la contribution touristique des visites de parents et d’amis. L’ensemble des voyageurs ont dépensé plus de 1,8 milliard de dollars dans le cadre de voyages de VPA au Québec en 2004. La répartition des dépenses selon les marchés s’établit comme suit:

  • québécois: 1,2 milliard $;
  • autres provinces canadiennes: 291 millions $;
  • américain: 130 millions $;
  • outre-mer: 177 millions $.

Pour mieux connaître le comportement de dépenses des touristes VPA, nous avons analysé de plus près cet aspect du marché canadien qui compte pour environ 84% de l’ensemble des voyageurs (graphique 6). Une bonne partie du budget est consacrée au secteur des transports, soit 30% pour le fonctionnement du véhicule (ex.: essence), 6% pour les frais de transport (ex.: billet d’avion), 1% pour le transport local et 1% pour la location d’un véhicule. Le secteur de l’alimentation récolte aussi une part importante avec 21% des sommes qui sont dépensées pour la restauration et un autre 8% pour l’achat d’aliments et de boissons (ex.: dans les épiceries). Fait intéressant, 14% du budget du voyage, soit 213 millions $, est accordé à l’achat de vêtements.

Composition des groupes

À la lecture du graphique 7, on constate que les voyageurs d’outre-mer ont tendance à être plus souvent (46%) seuls lorsqu’ils visitent un proche au Québec par rapport aux autres marchés, particulièrement aux Américains (22%). Ces derniers voyagent régulièrement par groupes: de trois ou plus (dans 42% des cas) et même de cinq ou plus (17%). On remarque également une proportion relativement élevée (21%) de voyageurs des autres provinces canadiennes qui se déplacent quatre personnes à la fois.

Source:
– Expedia. «Nearly Half of Adults Staying With Relatives During the Holidays Would Prefer to Stay in a Hotel for at Least Part of Their Stay», Hotel News Resource [www.hotelnewsresource.com], 7 décembre 2005. 
– Lee, Gyehee, Alastair A. Morrison, Xinran You Lheto, Jonathan Webb et Jerome Reid. «VFR: Is it Really Marginal? A Financial Consideration of French Overseas Travellers», Journal of Vacation Marketing, vol. 11, no. 4, 2005, p. 340-356.
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2004.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Les voyageurs d’outre-mer au Québec en 2004

Plus de 10,5 millions de nuitées au Québec sont attribuables aux voyageurs d’outre-mer. Nous dressons le portrait de ce marché en nous appuyant sur des données qui proviennent d’un traitement spécial effectué à partir de l’Enquête sur les voyages internationaux de Statistique Canada. Voici donc le troisième d’une série de quatre articles qui présentent des portraits statistiques de la clientèle touristique visitant le Québec.

Un portrait d’ensemble

En 2004, le Québec a reçu un grand total de un million de touristes issus des pays étrangers autres que les États-Unis. L’Europe domine comme marché émetteur avec une proportion de 73%, suivie de l’Asie avec 16%. En raison de leur faible nombre, les séjours d’excursionnistes ne sont pas pris en considération dans cet article. Le marché touristique du Québec pour les pays d’outre-mer se répartit comme suit:

  • 539 000 touristes dont l’agrément est le but du voyage,
  • 241 000 touristes dont la principale raison du voyage est la visite de parents et d’amis,
  • 221 000 touristes d’affaires.

En 2004, les 10,5 millions de nuitées effectuées par les touristes d’outre-mer au Québec se répartissent ainsi:

  • 5,5 millions sont en voyage d’agrément,
  • 3,6 millions visitent des parents et des amis,
  • 1,4 million sont en voyage d’affaires.

L’apport des Français demeure

L’importance absolue des visiteurs français ne fait aucun doute alors que ce marché domine tous les autres, tant pour le segment d’agrément que pour ceux des voyages d’affaires et des visites de parents et d’amis (graphique 1). À lui seul, le marché français représente 28% des touristes d’outre-mer qui viennent au Québec pour des motifs d’agrément. Dans le cas des visites de parents et d’amis, il compte pour 31% des voyages comparativement à seulement 16% pour les déplacements d’affaires.

On remarque par ailleurs que l’Allemagne, quatrième marché émetteur pour l’agrément derrière la France, le Royaume-Uni et le Mexique, se classe bonne deuxième auprès des touristes d’affaires avec 22 000 visites. On constate aussi l’effervescence auprès des pays comme la Chine et le Mexique où l’on effectue de plus en plus de commerce. C’est différent dans le cas de l’Italie, alors que 83% de la demande est générée par des voyages d’agrément. En ce qui concerne les visites de parents et d’amis, c’est le Royaume-Uni qui semble le plus populaire après la France (75 000), avec 27 000 touristes.

Un regard sur les nuitées

La prise en considération du nombre de nuitées permet d’apprécier encore mieux l’importance touristique de la France qui génère environ 34% de l’ensemble des nuitées des voyageurs d’outre-mer tous buts confondus, soit plus de 3,5 millions de nuitées (graphique 2). On remarque aussi la présence en force des Mexicains (342 000 nuitées), presque aussi nombreux que les Britanniques (345 000 nuitées) qui, eux, arrivent au deuxième rang en termes de nuitées pour des motifs d’agrément. Le Québec fait aussi bonne figure auprès du marché suisse avec quelque 299 000 nuitées, ce qui le positionne au cinquième rang, tout juste derrière le marché allemand.

Convergence des activités

On peut observer une certaine uniformité quant aux activités pratiquées par les touristes d’outre-mer en visite au Québec, alors que les proportions, selon les marchés d’origine, ne varient pas beaucoup (graphique 3). On observe néanmoins certains comportements distinctifs:

  • ce sont les Japonais et les Australiens qui démontrent le plus d’intérêt pour la visite de sites historiques;
  • la visite de musées et de galeries d’art constitue l’activité de prédilection des Français, à égalité avec celle des sites historiques;
  • les Japonais, les Suisses, les Allemands, les Italiens et les Mexicains sont les plus friands de parcs naturels;
  • les zoos, les aquariums et les jardins botaniques semblent intéresser également tous les marchés à l’exception des Japonais qui se montrent peu enthousiastes;
  • les bars et les boîtes de nuit séduisent particulièrement les Britanniques;
  • les festivals et les foires suscitent beaucoup d’intérêt auprès des Chinois, mais très peu du côté des Australiens, des Italiens et des Allemands.

Précisons aussi que, tout comme pour le profil des Américains publié précédemment, des activités d’ordre plus général comme le magasinage, les visites touristiques et la participation à des activités sportives ou de plein air ont été exclues du graphique. Pour bien comprendre l’utilisation de ces données, rappelons qu’il s’agit d’activités qui ont été pratiquées par les touristes d’outre-mer lors de leur voyage au Canada. Bien qu’ils soient venus au Québec, l’activité peut avoir été pratiquée n’importe où au Canada durant ce voyage. (Lire aussi la section sur les activités pratiquées dans: Saviez-vous que… les statistiques nous réservent des surprises?)

Le choix de l’hébergement

Les touristes d’outre-mer adoptent une sélection assez variée d’hébergement (graphique 4). Même les voyageurs d’affaires sont relativement nombreux à trouver refuge, en totalité ou en partie, au domicile d’un parent ou d’un ami (12%). Les touristes dont le but du voyage est l’agrément choisissent d’abord les hôtels (45%), mais très peu les motels (3%). À la recherche d’une expérience touristique diversifiée, ils sont aussi très nombreux (28%) à opter pour une combinaison de modes d’hébergement.

Fait intéressant, plus de la moitié des touristes d’outre-mer dont le principal but du voyage est la visite de parents et d’amis choisissent une forme d’hébergement commercial au cours de leur séjour, notamment 32% en partie ou exclusivement l’hôtel.

D’abord les grands centres

Plusieurs des voyageurs en provenance d’outre-mer en étant à leur première expérience au Québec, ils favorisent donc majoritairement Montréal et Québec comme destination de voyage (graphique 5). Pour illustrer les déplacements touristiques des clientèles en provenance d’outre-mer, nous n’avons conservé que les régions touristiques dont le nombre de touristes s’avérait significatif. À cet égard, les deux pôles urbains du Québec se partagent plus de 83% de la clientèle d’affaires.

Du côté des touristes d’agrément et des touristes en visite chez des parents et des amis, les séjours sont moins polarisés géographiquement alors que le segment autres régions touristiques récolte environ le tiers de la clientèle. Fait intéressant, on peut supposer que les baleines et la notoriété de Tadoussac exercent un fort pouvoir d’attraction auprès des touristes étrangers, comme en témoigne la troisième position de la région de Manicouagan pour le segment de l’agrément avec ses 64 000 visiteurs. Suivent non loin derrière les Laurentides et le Saguenay-Lac-Saint-Jean avec, respectivement, 57 000 et 56 000 touristes.

L’âge des marchés

Il est frappant de constater d’importantes différences quant aux groupes d’âge de chacune des clientèles d’outre-mer qui visitent le Québec (graphique 6). Nous nous sommes attardés spécifiquement aux segments d’âge des touristes d’agrément, classés dans un ordre décroissant selon l’importance des marchés. On remarque une répartition assez équilibrée dans le cas de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni, alors qu’aucune des tranches d’âge ne surpasse 25%.

Par ailleurs, certains marchés ont beaucoup de succès auprès de la clientèle plus jeune. C’est particulièrement le cas des Mexicains alors que 39% d’entre eux sont âgés de 15 à 24 ans et seulement 25% ont plus de 45 ans. On dénombre aussi beaucoup de jeunes parmi les Chinois, mais cette fois dans la catégorie des 25-34 ans qui regroupe à elle seule plus de la moitié (51%) des visiteurs.

Du côté des marchés plus âgés, on remarque le Japon, où 40% des touristes d’agrément ont plus de 54 ans et dont 22% ont 65 ans et plus. Les Australiens et les Britanniques affichent également une moyenne d’âge élevée, alors que respectivement 37% et 42% de ces visiteurs ont 55 ans et plus.

Profil des dépenses

Le comportement de dépenses des touristes en provenance d’outre-mer varie significativement selon le but du voyage (graphique 7). On remarque que tous les segments de clientèle dépensent un montant relativement élevé. Par exemple, même dans le cas des touristes en visite chez des parents et des amis, plus de 40% ont déclaré avoir dépensé plus de 1000$ au cours de leur séjour au Québec. Le niveau de dépenses de ce segment s’explique notamment par une durée moyenne de séjour de 14,8 nuitées.

Dans le cas des voyageurs d’agrément, 39% d’entre eux ont mentionné avoir dépensé plus de 2000$, comparativement à 26% des touristes d’affaires. Cet écart s’explique par une durée de séjour beaucoup plus courte pour les voyages d’affaires (7 nuitées) que pour les voyages d’agrément (10,2 nuitées). Pour bien comprendre ces données, précisons qu’il s’agit des dépenses effectuées par l’ensemble du groupe lors du dernier voyage au Canada qui incluait un séjour au Québec.

Périodes de visite

Les touristes d’outre-mer en voyage d’agrément viennent massivement pendant l’été, alors que les voyages d’affaires sont répartis de manière beaucoup plus égale durant l’année (graphique 8). Environ 55% des touristes d’agrément optent pour des vacances estivales. En dépit du succès qu’ont connu les nouvelles liaisons aériennes d’Air Transat reliant Québec à Paris durant l’hiver, il reste beaucoup de travail à faire au premier trimestre, qui demeure la période la plus faible en termes de tourisme d’agrément. En ce qui concerne les visites de parents et d’amis, le constat s’avère similaire, mais avec une amplitude beaucoup moindre.

Les saisons n’exercent pas le même attrait auprès des différents marchés. C’est ce que nous permet de constater la répartition trimestrielle des voyageurs d’outre-mer au Québec selon leur pays d’origine (graphique 9). On constate notamment que 61% des Australiens et 55% des Japonais et des Italiens choisissent l’été pour séjourner au Québec.

La saison hivernale demeure plutôt impopulaire pour l’ensemble de la clientèle, particulièrement les Australiens et les Italiens. On constate aussi que les marchés asiatiques en émergence comme la Chine et la Corée du Sud viennent en grand nombre au printemps. Finalement, ce sont les Italiens, les Chinois et les Japonais qui privilégient le plus les charmes de l’automne.

Pour conclure, voici quelques renseignements complémentaires qui permettent de comparer certains éléments du profil touristique des trois catégories de clientèles, selon leur motivation de voyage:

Source:
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2004.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Profil des Américains au Québec en 2004

Voici le deuxième d’une série de quatre articles qui présentent des portraits statistiques de la clientèle touristique qui visite le Québec. Cette analyse traite du marché américain avec des données qui proviennent d’un traitement spécial effectué à partir de l’Enquête sur les voyages internationaux.

Portrait d’ensemble

Le Québec a reçu un grand total d’environ 3,8 millions de voyageurs américains (2,4 millions de touristes dont le séjour comprenait au moins une nuitée au cours de l’année 2004) qui ont effectué 8,5 millions de nuitées. À noter que les voyages de type personnel, par exemple pour des raisons de santé, ne sont pas pris en considération. Le marché touristique américain du Québec se répartit comme suit:

  • 1,6 million de touristes dont le but du voyage est l’agrément et 1,1 million d’excursionnistes;
  • 410 000 touristes dont la principale raison du voyage est la visite de parents et d’amis et 212 000 excursionnistes;
  • 381 000 touristes d’affaires et 128 000 excursionnistes;
  • 5,8 millions de nuitées pour des voyages d’agrément;
  • 1,6 million de nuitées pour des séjours chez des parents ou des amis;
  • 1,1 million de nuitées pour des voyages d’affaires.

D’abord le Vermont pour les visites…

Le Vermont est l’État américain qui génère le plus de visites d’agrément, touristes et excursionnistes confondus (647 000), mais il arrive deuxième derrière New York en ce qui concerne les voyages d’affaires et les visites chez des parents et des amis (graphique 1). Fait intéressant, près de la moitié (48%) des voyageurs d’affaires proviennent d’États qui n’appartiennent pas aux principaux marchés émetteurs. On remarque que la Floride se classe au cinquième rang des séjours chez des parents ou des amis, avec 42 000 visites.

 

Sur le plan strict des excursionnistes, le Vermont est responsable à lui seul de près de la moitié (49%) des voyages d’agrément avec 538 000 visites, suivi de l’État de New York avec 253 000 visites. Pour ce qui est des déplacements d’affaires et des excursions chez des parents et des amis, le classement se ressemble, mais le Québec n’enregistre au total que 128 000 visites dans le premier cas et 212 000 dans le deuxième. 

…Mais New York en termes de nuitées

La prise en considération du nombre de nuitées permet de mieux apprécier l’importance touristique des États de New York et du Massachusetts qui génèrent davantage de nuitées (graphique 2). Ensemble, ces marchés comptent plus de deux millions de nuitées, tous motifs de voyages confondus, soit 24% des nuitées attribuables à l’ensemble du marché américain. On remarque aussi que la Floride arrive deuxième pour les visites de parents et d’amis, avec plus de 213 000 nuitées, derrière New York (287 000).

Qui fait quoi ?

Les touristes américains en visite au Québec ne pratiquent pas tous les mêmes activités. On observe des différences selon leur État d’origine (graphique 3). Afin de rendre l’analyse plus claire, nous avons regroupé les cinq principaux États émetteurs de la Nouvelle-Angleterre (Connecticut, Maine, Massachusetts, New Hampshire et Vermont, excluant le Rhode Island). En nombre absolu, on constate sans surprise qu’il s’agit de la région qui enregistre le plus grand nombre d’adeptes pour les différentes activités.

La visite de sites historiques constitue l’activité de prédilection des Américains pour tous les segments géographiques, sauf pour les résidants de la Pennsylvanie qui préfèrent avant tout les sorties dans les bars et les boîtes de nuit. On constate également qu’une autre composante de l’offre culturelle, les musées et les galeries d’art, se classe partout en deuxième ou en troisième position.

Fait intéressant, les résidants du New Jersey et de la Pennsylvanie sont particulièrement friands du ski alpin et de la planche, puisque pour chacun de ces marchés, 20 000 personnes ont indiqué avoir pratiqué cette activité. Autre constat, les résidants du New Jersey ne semblent pas se contenter des casinos pourtant nombreux d’Atlantic City, puisque 21 000 visiteurs au Québec en provenance de cet État ont fait mention de ce produit comme choix d’activité.

Précisons aussi que des activités d’ordre trop général comme le magasinage, les visites touristiques et la participation à des activités sportives ou de plein air ont été exclues du graphique. Pour bien comprendre ces données, rappelons qu’il s’agit d’activités qui ont été pratiquées par les Américains lors de leur dernier voyage au Canada. Bien qu’ils soient venus au Québec, l’activité peut avoir été pratiquée n’importe où au Canada durant le voyage. (Lire aussi la section sur les activités pratiquées dans le texte: Saviez-vous que… les statistiques nous réservent des surprises?)

Le choix de l’hébergement

Pour les touristes d’affaires, la sélection de l’hébergement est assez claire, alors que les hôtels et les motels expliquent ensemble 94% des choix (graphique 4). Les touristes américains dont le but du voyage est l’agrément choisissent également en majorité ces deux types d’hébergement (76%), alors que 4% optent plutôt pour un chalet et un autre 4% élisent domicile chez des parents ou des amis.

À noter que plus de 39% des Américains dont le principal but du voyage constitue la visite de parents et d’amis choisissent une forme d’hébergement commercial au cours de leur séjour: 17% exclusivement l’hôtel et 6% exclusivement le motel.

Quels États pour quelles régions?

Pour illustrer les déplacements touristiques des Américains, nous avons regroupé au graphique 5 les trois buts de voyages, soit les voyages d’agrément, d’affaires et de parents et amis. Ainsi, pour chacun des principaux États émetteurs, on y trouve le nombre de voyages d’une nuit et plus effectués dans les régions du Québec les plus visitées.

La Nouvelle-Angleterre représente le principal marché avec, notamment, 445 000 personnes à Montréal. Toutes proportions gardées, ce sont les New Yorkais qui montrent la plus grande préférence pour la métropole. Fait intéressant, il y a davantage de Floridiens qui vont à Québec (37 000) qu’à Montréal (34 000) et ceux-ci sont relativement nombreux (12 000) à se rendre en Chaudière-Appalaches. On remarque également d’importantes proportions de résidants du New Jersey et de la Pennsylvanie qui visitent les Laurentides, ce qui confirme le constat tiré du graphique 3: ces Américains viennent skier en grand nombre.

Par ailleurs, soulignons que 53% des Américains provenant des autres États utilisent l’avion comme mode de transport.

Profil des dépenses

Le comportement de dépenses des touristes américains varie significativement selon le but du voyage (graphique 6). On remarque toutefois que les profils des voyageurs d’agrément et d’affaires se ressemblent beaucoup en dépit d’une durée moyenne de séjour plus longue pour le premier segment (3,68 nuitées) comparativement au deuxième (2,96 nuitées). Dans les deux cas, plus de la moitié des voyageurs ont dépensé un montant supérieur à 1000$. Toutefois, environ 30% des touristes d’agrément disposaient d’un budget de plus de 2000$ contre seulement 20% pour les touristes d’affaires.

Les dépenses des Américains en visite chez des parents et des amis ne sont certes pas à négliger, puisque près de 60% d’entre eux ont dépensé plus de 300$. Pour toutes ces données, précisons qu’il s’agit des dépenses effectuées par l’ensemble du groupe lors de ce dernier voyage au Canada qui incluait un séjour au Québec.

Périodes de visite

Les touristes américains d’agrément viennent principalement durant l’été (41%), alors que les voyages d’affaires et les visites de parents et d’amis sont répartis de manière beaucoup plus égale durant l’année (graphique 7). C’est environ 41% des touristes d’agrément qui optent pour des vacances estivales.

Le phénomène de saisonnalité prend un visage très différent selon la provenance des visiteurs. C’est ce que nous permet de constater la répartition trimestrielle des voyages des Américains au Québec selon leur État d’origine (graphique 8). Par exemple, seulement 27% des visiteurs du Maine viennent durant l’été comparativement à 64% dans le cas des résidants du Michigan. Les habitants du Maine et de la Pennsylvanie, quant à eux, optent d’abord pour l’hiver. Quant aux saisons intermédiaires, les deuxième et quatrième trimestres normalement propices au tourisme d’affaires, elles génèrent les plus fortes proportions de visiteurs (50% ou plus) en provenance des États de la Floride, de New York et du Connecticut.

En terminant, voici quelques renseignements complémentaires permettant de comparer certains éléments du profil touristique des trois catégories de clientèles, selon leur motivation de voyage:

Source:
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2004.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Le profil des Canadiens au Québec

Le Réseau de veille propose une série de quatre articles qui présenteront des portraits statistiques de la clientèle touristique qui visite le Québec. Les données utilisées proviennent d’un traitement spécial effectué à partir des deux enquêtes touristiques de Statistique Canada, soit l’Enquête sur les voyages des Canadiens et l’Enquête sur les voyages internationaux. La présente analyse traite du marché canadien, alors que les suivantes porteront sur la clientèle américaine, celle d’outre-mer et, finalement, le segment spécifique des visites de parents et d’amis.

Le Québec a reçu un grand total de 22,9 millions de touristes canadiens au cours de l’année 2004. À ce nombre s’ajoutent environ 20,2 millions d’excursionnistes, c’est-à-dire les voyages-personnes de plus de 80 kilomètres de Canadiens en visite au Québec. À noter que les voyages de type personnel, par exemple pour des raisons de santé, ne sont pas pris en considération.

La clientèle touristique du Québec se répartit comme suit:

  • 11,2 millions de touristes dont le but du voyage est l’agrément et 7,9 millions d’excursionnistes;
  • 9,8 millions de touristes dont la principale raison du voyage est la visite de parents et d’amis et 9,3 millions d’excursionnistes;
  • 1,9 million de touristes d’affaires et 3,0 millions d’excursionnistes.

Origine et motif du voyage

En examinant plus en détail l’origine des touristes des principaux marchés émetteurs, soit ceux qui génèrent environ 75% de l’ensemble des visites touristiques au Québec, on constate que la part du lion provient de la grande région métropolitaine de Montréal, particulièrement dans le cas des voyageurs d’agrément (graphique 1). Fait intéressant, les régions du Québec à l’extérieur des grands centres urbains sont d’importants marchés émetteurs de visites de parents et d’amis, avec 3,2 millions de touristes. 

Quelques autres points marquants:

  • Le Québec, hors Montréal, reçoit presque autant de touristes d’affaires des autres provinces canadiennes (447 000) que de la région de Montréal (465 000).
  • Plus de 920 000 touristes proviennent de la région de Toronto, si l’on combine tous les motifs de voyages.
  • La région de Hull-Ottawa constitue le second marché émetteur en importance, derrière Montréal, en ce qui concerne le tourisme d’agrément, avec ses 1,1 million de touristes.

En ce qui concerne les cinq principaux marchés hors Québec (excluant Toronto), le Sud de l’Ontario constitue un bassin de clientèle important pour le Québec (illustration). C’est la région de l’Est ontarien qui génère le plus de touristes et ce, pour chacun des motifs de voyages (graphique 2). On remarque un certain volume de touristes d’affaires hors Ontario, soit en provenance des régions de Vancouver et de Halifax-Dartmouth.

Les activités de prédilection

Ce sont les touristes et les excursionnistes en voyage d’agrément qui sont les plus actifs en termes d’activités pratiquées durant leur visite au Québec (graphique 3). Toutefois, pour bien utiliser ces données, il est important de comprendre la méthodologie utilisée par Statistique Canada. Il s’agit d’activités qui ont été pratiquées par les Canadiens lors de leur dernier voyage au Canada qui incluait une visite du Québec. C’est donc dire qu’un touriste qui a, par exemple, visité le zoo de Toronto et qui a poursuivi son voyage au Québec se trouve alors comptabilisé dans la colonne «zoo/aquarium/jardin botanique» (lire aussi la section sur les activités pratiquées dans le texte intitulé: Saviez-vous que… les statistiques nous réservent des surprises?).

Le magasinage/shopping demeure l’activité la plus populaire pour l’ensemble des visiteurs, suivi par les visites touristiques et les randonnées pédestres (lire aussi: Magasiner, l’activité no 1 des touristes). Les sorties dans les bars ou les boîtes de nuits s’avèrent très prisées par les gens en visite chez des parents et des amis, de même que par la clientèle d’affaires. Toutes proportions gardées, certains loisirs se démarquent au niveau de l’écart entre les motivations de voyage, particulièrement auprès de la clientèle d’agrément, à savoir les visites touristiques, le ski alpin /planche, la natation, la visite de sites historiques, de parcs, de musées/galeries d’art, le nautisme, etc.

Le motif dicte le choix de l’hébergement

L’incidence du motif du voyage sur le choix du type d’hébergement est frappante (graphique 4). Les touristes d’agrément choisissent plus souvent un chalet ou une maison de villégiature privé (30%) comme mode d’hébergement, suivi de: parents ou amis (20%), camping (16%) et hôtel (14%). L’hébergement commercial représente environ 48% du total des types d’hébergement choisis.

Les touristes en visite chez des parents et des amis, on s’en doutera, n’optent qu’en quelques rares occasions (9%) pour l’hébergement commercial. En ce qui concerne la clientèle d’affaires, les hôtels constituent le choix de prédilection (67%), suivis loin derrière par les parents et les amis (15%) et les motels (11%). 

Les régions privilégiées

La principale destination visitée varie quelque peu selon le motif de voyage (graphique 5). Pour bien comprendre les chiffres, il est important de prendre en considération que, selon le questionnaire d’enquête de Statistique Canada, la destination du voyage correspond à l’endroit le plus éloigné du domicile de la personne interviewée. C’est donc dire qu’un touriste de Toronto effectuant un voyage au Québec, qui passe trois jours à Montréal et qui continue sa route vers la région de Charlevoix, n’est comptabilisé que dans cette dernière comme destination de voyage. De plus, tout comme dans le cas des activités pratiquées, il s’agit de voyages de plus de 80 kilomètres, avec ou sans nuitée. À des fins de pertinence statistique, nous avons regroupé les régions du Québec maritime ainsi que, sous «autres», toutes les régions touristiques qui enregistraient un trop faible volume de touristes pour être statistiquement significatives par elles-mêmes. 

On constate de cette façon que la région de Lanaudière récolte 7% des visites des touristes canadiens d’agrément, mais seulement 2% de celles des touristes d’affaires. À Montréal, les proportions sont inversées: 13% des voyageurs d’agrément en font une destination finale comparativement à 33% pour la clientèle d’affaires. Par ailleurs, les résultats de la région de Québec sont relativement stables pour les trois segments. On remarque aussi que la région de la Montérégie (10%) est particulièrement populaire comme destination de «parents et amis» contre seulement 5% pour les voyages d’agrément. Pour les Laurentides c’est le contraire, soit 14% de visiteurs d’agrément vs 7% de parents et amis.

Pour mieux tenir compte du fait que Montréal domine complètement le marché du tourisme d’affaires auprès des Canadiens des autres provinces et que les régions reçoivent principalement une clientèle québécoise, nous avons subdivisé les clientèles d’origine en deux segments: les voyageurs issus des autres provinces canadiennes (graphique 6) et les Québécois (graphique 7).

On constate, par exemple, que les régions de Québec, de l’Outaouais et des Laurentides accueillent une importante proportion de voyageurs d’agrément en provenance des autres provinces canadiennes, mais qu’elles sont beaucoup moins présentes auprès de la clientèle d’affaires. La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean n’apparaît pas dans le radar des destinations des Canadiens au Québec _ y compris les Québécois _, en raison du faible nombre de visiteurs en provenance des autres provinces canadiennes, mais elle attire un nombre significatif de Québécois avec une part de 4% de ce marché. Par ailleurs, il ne fait pas de doute que les touristes d’agrément ontariens jouent un rôle majeur pour la région de l’Outaouais, alors que cette dernière compte pour 18% des visites d’agrément des autres Canadiens au Québec, contre seulement 6% lorsque l’on considère l’ensemble des Canadiens _ y compris les Québécois.

Comportements de dépenses

La mise en garde émise à la section traitant des activités pratiquées prévaut également au chapitre de l’analyse des dépenses touristiques. Ainsi, il s’agit  des dépenses effectuées par l’ensemble du groupe lors du dernier voyage au Canada qui incluait un séjour au Québec (graphique 8). Comme il n’était pas possible d’isoler les excursionnistes, on obtient une portion importante des voyageurs qui déclarent avoir dépensé moins de 200$ durant leur périple.

On constate aussi que la clientèle d’affaires présente sensiblement les mêmes statistiques de dépenses que celle d’agrément. Par contre, il s’agit des dépenses du groupe et c’est sur la composition de ce dernier que la réelle différence apparaît. En effet, la taille moyenne d’un groupe de voyage d’affaires est de 1,17 personne, alors qu’elle est de 2,11 personnes pour celui d’agrément. Sur une base individuelle, la clientèle d’affaires dépense ainsi presque deux fois plus que celle d’agrément (283$ vs 160$). Quant aux gens en visite chez des parents et des amis, moins de 20% d’entre eux dépensent plus de 200$ par voyage.

Périodes de visite

Les visites chez des parents et des amis, de même que les voyages d’affaires, sont de caractère beaucoup moins saisonnier que les voyages d’agrément (graphique 9). Le mois de décembre s’avère le plus populaire auprès du segment parents et amis, alors que les mois d’avril et de novembre sont privilégiés dans le cas du segment «affaires». On remarque d’ailleurs une importante baisse de la demande pour des voyages d’agrément durant les mêmes mois d’avril et de novembre.

En terminant, voici quelques renseignements complémentaires qui permettent de comparer certains éléments du profil des trois catégories de clientèles, selon leur motivation de voyage:

À suivre: les profils des voyageurs américains et en provenance d’outre-mer, ainsi qu’un topo particulier sur les voyages de parents et d’amis.

Source:
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages des Canadiens», traitement spécial, 2004.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Saviez-vous que… les statistiques nous réservent des surprises?

Tout le monde, gens de l’industrie, autorités gouvernementales, universitaires, journalistes et autres, s’appuie sur les statistiques de l’Organisation mondiale du tourisme et de Statistique Canada et véhicule leurs données. Mais, attention! Quand on fouille ces statistiques, on y trouve des surprises. Sans entrer dans toutes les considérations méthodologiques, voici quelques exemples de la face cachée de la lune!

Le Canada ne fait plus partie du Top ten mondial des destinations de l’OMT, mais saviez-vous que…

En matière de statistiques touristiques produites par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), les méthodes de collecte des données diffèrent d’un pays à l’autre?

Certains pays produisent leurs données en comptabilisant les touristes seulement, d’autres incluent les touristes et les excursionnistes et certains vont même jusqu’à compter un touriste plusieurs fois lors de son séjour, car ils le calculent chaque fois qu’il fréquente un hébergement différent (voir tableau).

Si tous les pays disposaient d’une méthode de collecte de données uniforme, l’établissement du «célèbre» classement mondial de l’OMT serait tout autre et le Canada pourrait reprendre du galon:

  • Occupant actuellement la 11e place au classement, le Canada comptabilise ses statistiques selon la méthode TF (voir tableau), soit en comptant seulement les touristes internationaux aux frontières.
  • Le Royaume-Uni et Hong Kong, respectivement 6e et 7e au classement, incluent les touristes et les excursionnistes dans leurs chiffres (méthode VF).
  • Si le Canada appliquait la même méthode de calcul (touristes + excursionnistes) que le Royaume-Uni (27,7 millions) et Hong Kong (21,8 millions) et qu’il ajoutait aux quelque 19 millions d’arrivées internationales en 2004 les 17,8 millions d’excursionnistes qui sont venus en automobile, le Canada les surpasserait au classement.
  • L’Allemagne et l’Autriche, qui occupent les 9e et 10e rangs, présentent leurs données selon la méthode TCE, ce qui signifie que si un touriste fréquente quatre établissements lors de son séjour, il sera comptabilisé quatre fois.

Les recettes touristiques s’expriment en devises de toutes sortes
dollar US, euro, dollar australien, yen japonais et autres –
mais saviez-vous que…

Les statistiques des recettes touristiques internationales de l’OMT s’expriment en dollars US et en devises locales à prix constants?

Les recettes touristiques (yen, pesos, euros, etc.) converties en dollars US permettent d’analyser les chiffres sur une base comparative et ainsi d’établir un classement mondial alors que l’expression des recettes en monnaies locales à prix constants neutralise l’effet des variations des taux de change et de l’inflation.

En effet, l’essor du taux de change d’une devise par rapport au dollar américain fait gonfler les recettes touristiques lorsqu’elles sont converties en dollars américains. À titre d’exemple, la variation des recettes de l’Espagne de 2003 à 2004 représente une augmentation 14,1% quand elle est exprimée en dollars américains, alors qu’elle n’est que de 3,8% en euros (monnaie locale). Idem pour l’Australie où, en 2004, la croissance des recettes converties en dollars américains s’établit à 25,5%, et elle se chiffre à seulement 10,7% en dollars australiens.

Saviez-vous aussi que… la comptabilisation des recettes touristiques internationales inclut les revenus générés par les touristes et par les excursionnistes?

On veut tous connaître les activités pratiquées par les touristes, mais saviez-vous que…

Statistique Canada a développé une méthode particulière pour établir combien de personnes ont pratiqué une activité lors de leurs voyages, et qu’elle les comptabilise différemment dans l’Enquête sur les voyageurs canadiens (EVC) et l’Enquête sur les voyageurs internationaux (EVI)?

Prenons, par exemple, trois personnes qui voyagent ensemble. Lors de leur séjour, une de ces personnes a couru les magasins alors que les deux autres ont joué au golf:

  • EVI – Peu importe la personne du groupe qui répond au questionnaire, Statistique Canada comptabilisera 3 personnes à l’activité magasinage et 3 personnes à l’activité golf.
  • EVC – Si la personne qui complète le questionnaire est celle qui a magasiné, Statistique Canada comptabilisera 3 personnes à l’activité magasinage et 0 à l’activité golf.
  • EVC – Si la personne qui répond au questionnaire est celle qui a joué au golf, Statistique Canada comptabilisera 3 personnes à l’activité golf et 0 à l’activité magasinage.

Un voyageur solo est, par définition, une personne qui voyage seule, mais saviez-vous que…

Statistique Canada donne une définition très différente du voyageur solo?

Pour l’EVC, une personne est considérée comme «voyageant seule» si elle n’est pas accompagnée d’une personne qui fait partie du même ménage qu’elle (lire aussi: Le voyage solo en vogue). Ainsi, une personne voyage seule même si:

  • elle est accompagnée d’une personne (mère, fille, frère, etc.) qui ne vit pas sous le même toit qu’elle;
  • elle effectue un voyage avec des amis;
  • elle prend part à un voyage de groupe.

Pour l’EVI, la méthode est différente. Une personne voyage seule si elle n’est pas en mesure de donner de l’information sur les dépenses et les activités des personnes qui l’accompagnent ou si elle fait partie d’un groupe de voyage.

Saviez-vous aussi que… à partir de 2005, l’EVC est remplacé par l’Enquête des voyages des résidants du Canada et que la même définition d’une personne voyageant seule est utilisée?

Après ces constatations, on ne regarde plus les statistiques de la même manière

Lorsque le Top Ten de l’OMT est publié, les données font le tour de la planète, mais jamais on ne fait mention des différences de comptabilisation. Évidemment, il faut comprendre que plusieurs contraintes obligent les statisticiens à faire des tours de force pour réussir à récolter de l’information. Toutefois, la compréhension de la méthodologie jette un tout autre éclairage sur le dédale des statistiques et sur la façon de les interpréter!

Sources:
– Organisation mondiale du tourisme. [http://www.world-tourism.org/facts/menu.html].
– Statistique Canada. Formulaire Enquête sur les voyageurs canadiens.
– Statistique Canada. Formulaire Enquête sur les voyageurs internationaux.
– Statistique Canada. «Voyages internationaux __ Renseignements préliminaires», vol. 20, no 12, février 2005.

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Ailleurs dans le monde Faits et chiffres Marchés géographiques

Les grandes destinations classiques et les vedettes montantes

Toutes les régions de la planète possèdent leurs stars. Bien souvent, elles n’enregistrent pas de taux de croissance spectaculaires et subissent parfois même des baisses, mais elles figurent toujours en tête de liste du classement. Par contre, les vedettes montantes, au gré du taux de change, de campagnes publicitaires efficaces, de changements géopolitiques et de multiples autres facteurs, affichent d’importantes augmentations des arrivées internationales et grugent les parts de marché des plus grands.

Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), les dix premières destinations au classement mondial constituaient 88% des arrivées internationales en 1950, proportion qui a diminué à 47,6% en 2004; cette tendance devrait se poursuivre, mais dans une moindre mesure.

Sauf indication contraire, les données du texte indiquent les arrivées touristiques internationales de 2004 et les taux de croissance de ces arrivées par rapport à 2003. Ces chiffres proviennent de l’OMT et sont provisoires.

L’Europe demeure la star incontestée

Cette région regroupe le plus grand nombre de pays au Top Ten du classement mondial (six pays sur dix) et accapare plus de la moitié des touristes internationaux en 2004 (54,4%) (lire aussi: Les stars au firmament des destinations). Malgré ses monuments, d’autres destinations gagnent en popularité.

  • L’étoile filante est sans contredit la Turquie (16,8 millions) qui présente des taux de croissance substantiels de ses arrivées internationales de 2000 à 2004 (39,1%, 12,5%, 18,6%, 3,8% et 26,9%).
  • Les pays de l’Europe centrale et de l’Est ont le vent dans les voiles. Avec l’Ukraine en tête (15,6 millions, 24,9% et 19% en 2003), la République Tchèque (6 millions, 19,4% et 10,8% en 2003) et la Bulgarie (4,6 millions, 14,4% et 17,9% en 2003) réalisent elles aussi des avancées intéressantes.
  • Quant à la Croatie, elle est devenue la nouvelle coqueluche de la région méditerranéenne (7,9 millions, 6,8%).

L’Asie-Pacifique est sans contredit l’enfant prodige de la planète

Bien que le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) soit venu interrompre son ascension en 2003, tous les yeux sont tournés vers la région Asie-Pacifique. Outre la Chine et Hong Kong, plusieurs autres pays prennent du galon. Une vingtaine de destinations ont, non seulement surmonté les reculs de 2003, mais réussi à atteindre des taux de croissance notables.

  • La Malaisie (15,7 millions) avec des hausses spectaculaires de ses arrivées internationales, brille au firmament des stars asiatiques. En 2003, elle a connu une baisse touristique de 20,4% et dès 2004, elle rebondissait avec une augmentation de 48,5% (28,9% en 2000, 25% en 2001).
  • La Thaïlande (11,7 millions, 16,4%) et Macao en Chine (8,3 millions, 31,9%) constituent deux autres destinations qui tirent bien leur épingle du jeu.
  • Le Japon (6,1 millions, 17,8%) a obtenu des taux de croissance intéressants trois années durant et n’a enregistré qu’une très faible diminution lors du SRAS (-0,5%).
  • Suivent la République de Corée (5,8 millions, 22,4%) et l’Indonésie (5,3 millions, 19,1%).
  • L’Inde (3,4 millions, 23,5% et 14,4% en 2003) est aussi à surveiller. À l’instar de celles de la Chine, ses perspectives de croissance sont grandes et le gouvernement indien met les bouchées doubles afin de dynamiser ce secteur.
  • Taïwan (2,9 millions, 31,2%) et les Philippines (2,3 millions, 20,2%) affichent un volume de touristes plus modeste, mais obtiennent un niveau de croissance appréciable.
  • Malgré la baisse généralisée en Asie-Pacifique en 2003, la Nouvelle-Zélande (2,3 millions, 11,6%) a réussi à conserver une croissance positive de ses arrivées (2,9%). Avec l’effet combiné du film Le Seigneur des anneaux et de son plan marketing efficace, ce pays continue sur sa lancée.

L’Amérique Latine émerge des Amériques

Les États-Unis représentent toujours la destination phare de ce continent, malgré les importantes baisses subies lors des trois dernières années. Quant au Canada, il lutte surtout avec le Mexique pour obtenir une plus grande part de marché. Les années 2001 et 2002 se sont soldées globalement par un bilan négatif pour l’ensemble des Amériques, mais 2003 et 2004 ont sonné le coup d’envoi pour plusieurs pays.

  • L’Amérique latine se réclame de plusieurs vedettes montantes: le Brésil (4,7 millions, 15,5%), l’Argentine (3,4 millions, 11,9%), l’Uruguay (1,8 million, 23,7% et 12,9% en 2003), le Chili (1,8 million, 10,6% et 14,3% en 2003), le Costa Rica (1,5 million, 17,3% et 11,3% en 2003), le Guatemala (1,2 million, 34,3%) et le Pérou (1,2 million, 24,6%).
  • Et plusieurs autres pays, se classant sous la barre du million de touristes, ont obtenu des hausses supérieures à 15% en 2004.
  • Les Caraïbes font aussi bonne figure. La République dominicaine (3,4 millions, 5,1% et 16,8% en 2003), Cuba (2 millions, 9,2% et 11,5% en 2003) et Porto Rico (3,5 millions, 9,4%) présentent de bonnes performances.

Le Moyen-Orient met de l’avant des projets hors du commun

Les données préliminaires de 2004 démontrent une croissance de 20,5% des touristes pour le Moyen-Orient. L’Arabie saoudite (8,6 millions, 17,3%) représente la principale destination de cette partie du globe et certains pays progressent de façon notable.

  • Avec Dubaï et ses mégaprojets touristiques, les Émirats arabes unis (5,9 millions en 2003, 7,8% et 31,7% en 2002) se taillent progressivement une place au sein de cette région et caressent l’ambitieux objectif de tripler leur nombre de touristes étrangers d’ici 2010.
  • L’Égypte (5,7 millions en 2003, 17,1%) cherche à reprendre la deuxième place.
  • La République arabe syrienne (4 millions) impressionne avec un taux de croissance de 43,9% en 2004.
  • Malgré une année difficile en 2003, le Bahreïn (2,9 millions en 2003, -6,7%, en 2002 13,6% et en 2001 15,2%) réussit à tirer son épingle du jeu.
  • Le Liban a connu aussi des hausses appréciables (12,9% en 2001, 14,3% en 2002 et 26% en 2004) pour atteindre 1,3 million d’arrivées internationales.

L’Afrique est engagée sur le sentier de la croissance

En 2004, l’Afrique du Sud (6,8 millions, 2,6%) figure en tête des arrivées internationales du continent africain. Suivent les pays du Maghreb, qui connaissent de bonnes années.

  • La Tunisie (6 millions, 17,3%) voit le Maroc (5,5 millions, 15,5%) se rapprocher, tandis que l’Algérie (1,2 million) obtient des taux de croissance intéressants depuis cinq ans (15,6%, 4,1%, 9,6%, 18%, 5,8%).
  • Le Kenya (1,1 million) a joui d’une hausse impressionnante de 30,7% en 2004.
  • Bien que le volume de touristes étrangers se situe sous le seuil du million, plusieurs autres pays d’Afrique ont enregistré des taux de croissance surpassant les 30% (Ouganda 68,2%, Mali 61,6%, Madagascar 43,6% et Togo 36,5%).

Une concurrence accrue

La concurrence s’intensifie, dit-on! Oh que OUI! Première destination mondiale, la France, qui courtise ses marchés limitrophes (Anglais, Allemands, Italiens, Belges et autres), doit désormais rivaliser avec la Croatie, Dubaï et de nombreuses destinations asiatiques. Et la concurrence irradie de multiples façons.

Elle s’intensifie – de nombreuses destinations bataillent fort pour affirmer leur présence (investissements promotionnels, projets audacieux, etc.).

Elle s’étale – l’Europe de l’Est gagne du terrain, les gens se rendent jusqu’en Antarctique et la Route de la soie devient accessible.

Elle se diversifie – les gros canons ont toujours la cote, mais les destinations plus marginales gagnent du terrain.

Elle se démocratise – quoi de plus facile que de se rendre en Thaïlande, à Bali ou en Russie?

Ce texte fait suite à l’article Les stars au firmament des destinations

Sources:
– Organisation mondiale du tourisme. «WTO World Tourism Barometer», vol. 3, no 2, juin 2005.
– Organisation mondiale du tourisme. «Le tourisme international obtient ses meilleurs résultats depuis vingt ans», communiqué de presse, Bangkok, 2 février 2005.
– Organisation mondiale du tourisme. «Tourism Highlights 2004», [www.world-tourism.org].
– Organisation mondiale du tourisme. «Tourism Highlights 2003», [www.world-tourism.org].
– Organisation mondiale du tourisme. «Tourism Highlights 2001», [www.world-tourism.org].
– Organisation mondiale du tourisme. «Tourisme Horizon 2020», Madrid, Espagne, 1999.

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Faits et chiffres Technologies

18 pays sous la loupe: point de mire sur les internautes

La firme Global Market Insite a réalisé une étude afin de connaître le comportement de la population branchée à l’égard des critères présidant au choix de leurs destinations de vacances. Il s’agit d’un imposant sondage réalisé auprès de 18 000 voyageurs branchés habitant 18 pays différents, soit 1000 répondants par pays. L’intérêt de cette enquête consiste à permettre de comparer les résultats d’un pays à l’autre grâce à l’utilisation d’une méthodologie unique.

Un sondage international

L’information est d’autant plus pertinente que, dans le cas des marchés touristiques éloignés du Québec, les internautes sont plus enclins à effectuer des voyages internationaux. Les marchés étudiés sont l’Allemagne, l’Australie, le Brésil, le Canada, la Corée du Sud, la Chine, le Danemark, l’Espagne, les États-Unis, la France, l’Inde, l’Italie, le Japon, le Mexique, les Pays-Bas, la Pologne, le Royaume-Uni et la Russie.

Pour chacun des aspects à l’étude, nous avons divisé les résultats en deux segments: les 9 pays présentant, pour un critère donné, les résultats les plus faibles et les 9 pays affichant les statistiques les plus élevées.

Intentions de vacances

Observons tout d’abord les intentions de vacances. Aux populations des pays à l’étude, on a demandé si elles prévoyaient effectuer un déplacement outre-mer pour un voyage d’agrément. Les moins susceptibles de prendre des vacances outre-mer, en ne considérant que les réponses affirmatives, sont les Italiens, les Américains et les Japonais (graphique 1). Des préoccupations relatives à la sécurité et à une économie en croissance de rattrapage expliquent sans doute les cas respectifs des États-Unis et du Japon, mais celui de l’Italie s’avère un peu plus étonnant.

Les Néerlandais, les Britanniques et les Danois se montrent les plus intéressés à prendre des vacances outre-mer (graphique 2). On remarque beaucoup d’incertitude du côté de certains marchés tels la Chine, l’Inde, le Brésil et le Mexique.

Pourquoi ne prennent-ils pas de vacances?

On a aussi demandé aux gens pourquoi ils ne prenaient pas de vacances. Les résultats s’avèrent intéressants pour mieux comprendre les raisons culturelles se cachant derrière les comportements touristiques. Comme le coût constitue la principale variable, l’ordre des pays apparaît en fonction de cette dernière. Dans le cas des Japonais, on constate qu’ils sont très peu influencés par l’aspect monétaire, alors qu’ils craignent beaucoup plus d’être débordés au travail s’ils s’absentent (graphique 3). Pour la Chine, des facteurs tels que les engagements familiaux, la peur de perdre son emploi ou d’être débordé au travail, de même que l’insécurité reliée au voyage peuvent constituer des freins majeurs.

Dans le cas de pays comme la Pologne, l’Australie, le Canada et les États-Unis, c’est justement la variable du coût qui joue le rôle le plus important (graphique 4). Apparaissant comme le deuxième facteur d’influence, les engagements familiaux préoccupent plusieurs marchés, particulièrement l’Inde, la Chine, l’Espagne, l’Australie, l’Italie et le Mexique. Fait intéressant, à l’exception de la Chine et, dans une moindre mesure de l’Australie et des États-Unis, le critère de l’insécurité s’avère peu significatif et arrive au dernier rang des considérations.

Facteurs d’influence

On a demandé aux internautes quels étaient les critères présidant au choix d’une destination de vacances, en retenant le degré d’influence du Web pour classer les 18 pays (graphiques 5 et 6). De façon générale, les recommandations de proches et les recherches Internet représentent les aspects exerçant le plus d’influence.

Dans des pays comme la Corée du Sud, la Chine, le Royaume-Uni et la France, les recherches effectuées sur le Web ont joué un rôle prépondérant. Le Canada se retrouve dans le peloton de queue à ce chapitre avec un taux de 50%. Les Mexicains, les Brésiliens et les Russes apparaissent comme les moins sensibles à Internet.

Fait à retenir, les Français et les Espagnols ne sont que très peu influencés par les reportages ou les publicités à la télévision ou dans les journaux. À l’opposé, plusieurs internautes chinois s’appuient encore sur les sources d’information traditionnelles, tout comme les Indiens, les Allemands et les Australiens. Les internautes du Danemark, des États-Unis, du Brésil et des Pays-Bas s’avèrent les moins enclins à se fier aux agences de voyages alors que les Chinois, les Italiens et les Japonais continuent de faire confiance aux agents de voyages dans une proportion atteignant le tiers de la population branchée.

Qui achète en ligne?

Le sondage démontre que les Britanniques sont les plus nombreux (22%) à acheter la totalité de leurs voyages sur Internet, suivis des Américains (17%), des Australiens (16%), des Néerlandais (15%) et des Danois (15%) (graphiques 7 et 8). On remarque également que 65% des Sud-Coréens effectuent en ligne plus de la moitié de leurs dépenses touristiques. Les Russes, les Polonais et les Mexicains sont les plus frileux. Le classement des 18 pays suit l’ordre de ceux qui sont les plus nombreux à acheter en ligne au moins 25% de leurs prestations touristiques.

À retenir

À la lumière de cette étude, force est de constater que les internautes ne forment pas un groupe homogène. Selon leur nationalité, d’importantes différences dictent leurs comportements de planification de voyages. Les intervenants désirant déployer des efforts marketing afin de courtiser certains marchés internationaux devront en tenir compte.

Retenons aussi que, déjà, les internautes d’importants marchés potentiels comme la Chine et l’Inde adoptent massivement le Web comme outil d’aide à la décision pour la planification des voyages. Comme le taux de pénétration de ce média est appelé à croître de manière exponentielle, particulièrement auprès des Chinois, c’est de bonne augure pour les destinations éloignées comme le Québec qui s’interrogent sur les façons de les rejoindre efficacement à des coûts raisonnables.

Claude Péloquin

Sources:
– Global Market Insite. «Online Travel Sales & Marketing divides Global Travelers on usefulness & quality», GMI Poll Press Kit [www.gmi-mr.com], 22 juin 2005.
– Global Market Insite. «Questionnaire & Results», GMI Poll Press Kit [www.gmi-mr.com], 22 juin 2005.

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Ailleurs dans le monde Faits et chiffres Marchés géographiques

Les stars au firmament des destinations

Plusieurs destinations gagnent en popularité et voient croître substantiellement leurs arrivées touristiques. Ces vedettes montantes érodent les parts de marché des destinations classiques et menacent d’en déloger certaines du grand classement mondial. Comment se profile la concurrence du Canada sur l’échiquier international en 2004?

Basés sur les données de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), les chiffres présentés font référence au classement des destinations, aux arrivées et aux recettes touristiques internationales. Afin d’alléger la lecture, certains synonymes sont utilisés. Les données de 2004 sont provisoires et celles de 2003 peuvent ultérieurement être sujettes à modification. Il est important de souligner que la méthodologie utilisée pour la compilation des arrivées peut différer d’un pays à l’autre. Dans les tableaux, la colonne Série fait état de la méthodologie utilisée.

La situation mondiale: 2004 sous le signe de la reprise et 2005 bien amorcée

Après trois années difficiles, l’année 2004 enregistre la plus importante croissance des arrivées touristiques internationales depuis dix ans (10,7%) ce qui porte le volume des arrivées à 763 millions (tableau 1). Une augmentation similaire (10,3%) des recettes a permis de générer 622 milliards $US. Les données du début de l’année 2005 indiquent la poursuite de cette tendance à la hausse amorcée en 2004.

L’évolution du tourisme récepteur chez les dix plus grands de la planète

L’année 2004 a été sans contredit l’année de la Chine, cette dernière ayant détrôné l’Italie de sa quatrième position grâce à une croissance de 26,7% de ses arrivées (tableau 2). De même, Hong Kong a fait une entrée remarquée dans le Top Ten des destinations en s’emparant de la septième place avec une impressionnante augmentation de 40%, alors qu’en 2003, il n’occupait que le douzième rang.

Le graphique 1 permet d’observer l’évolution des arrivées touristiques internationales dans les principaux pays récepteurs au cours des dix dernières années:

  • depuis les deux dernières années, la tendance générale est à la hausse à l’exception de l’Italie qui, depuis 2001, éprouve des difficultés;
  • la France n’arrive plus à reprendre sa vitesse de croisière de l’avant septembre 2001;
  • seule l’Espagne présente un parcours de croissance assez régulier;
  • après quatre années de dégringolade, les États-Unis reviennent en force en 2004;
  • la Chine a entrepris une ascension très rapide et a rebondi de façon spectaculaire après le SRAS de 2003;
  • à la suite d’un parcours plutôt linéaire, la chute de 2001 a secoué le Royaume-Uni, lequel a connu depuis un nouvel essor;
  • Hong Kong, le Mexique, l’Allemagne et l’Autriche bataillent pour les derniers rangs du classement. Si l’on observe les courbes de croissance, Hong Kong ne tardera pas à se détacher du peloton pour aller rejoindre le Royaume-Uni, alors que les autres pays ne semblent pas pouvoir miser sur des augmentations substantielles.

Les principaux rivaux du Canada

En 2004, le Canada a été évincé du Top Ten mondial pour se glisser à la onzième position (tableau 3). En raison de leur taux de croissance annuel impressionnant, la Turquie (26,9%), la Malaisie (48,5%) et l’Ukraine (24,9%), principales rivales du Canada, réalisent des avancées considérables au classement et talonnent le Canada. Dans ce regroupement, seule la Hongrie a connu un recul substantiel en 2004, avec une diminution de 3,5 millions de visiteurs internationaux (-22,2%), glissant ainsi de cinq échelons.

Macao (Chine) se situe en vingt et unième position cette année (8,3 millions, 31,9%) et si, tout comme ses consoeurs chinoises (Chine et Kong Kong), elle continue ses avancées spectaculaires, elle ne tardera pas à grimper dans l’échelle des destinations.

Sur un horizon à long terme

Estimées par l’OMT en 1999, les données de l’année 2020 établissent le nombre d’arrivées de touristes internationaux à 1,5 milliard, soit le double de celui enregistré en 2004. Dans ces mêmes prévisions, les parts de marché seront modifiées (graphique 2). L’Europe et les Amériques perdront du terrain par rapport à 1990, tandis que l’Asie-Pacifique et l’Afrique seront en mode de croissance. Déjà en 2004, l’Asie-Pacifique a surpassé les Amériques et le Moyen-Orient a atteint le niveau de croissance qu’on lui prévoyait pour 2020.

De nombreuses destinations investissent des sommes importantes dans le tourisme et plusieurs possèdent des objectifs ambitieux. À observer la vitesse des changements se profilant à l’horizon, nous pouvons croire, à juste titre, que les prévisions de l’OMT pour 2020 pourraient être sérieusement bousculées.

Serge Trigano, ex-président du Club Méditerranée, exprimait récemment sa vision du tourisme de 2010 en ces termes : «Les pays deviendront de vraies marques, avec leurs personnalités, et se battront à travers de violentes campagnes publicitaires.» Et on peut sûrement lui donner raison.

Comme bien d’autres, le Canada a du pain sur la planche. Où se positionnera-t-il en 2020? Les paris sont ouverts!

Pour d’autres données, consultez «Les grandes destinations classiques et les vedettes montantes».

Sources:
– L’Écho touristique. «Dix patrons nous livrent leur vision», 10 décembre 2004, p. 34.
– Organisation mondiale du tourisme. «WTO World Tourism Barometer», vol. 3, no 2, juin 2005.
– Organisation mondiale du tourisme. «Le tourisme international obtient ses meilleurs résultats depuis vingt ans», communiqué de presse, Bangkok, 2 février 2005.
– Organisation mondiale du tourisme. «Tourism Highlights 2004», [www.world-tourism.org].
– Organisation mondiale du tourisme. «Tourisme Horizon 2020», Madrid, Espagne, 1999.

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Faits et chiffres Produits et activités

Regard sur le tourisme de congrès

Le tourisme de congrès représente des recettes d’environ un demi milliard de dollars pour le Québec. Toutefois, la concurrence s’avère plus vive que jamais avec l’entrée de nouvelles destinations sur le marché. En Chine, par exemple, l’offre a littéralement explosé, passant d’un seul centre de foires et de congrès d’envergure (14 900 mètres carrés ou 160 000 pieds carrés) en 1992, à 16 centres totalisant 120 770 mètres carrés (1,3 million de pieds carrés), en 2003. Dans un contexte où la demande montre des signes d’essoufflement et où les budgets des entreprises s’avèrent un peu plus serrés, les centres de congrès doivent rivaliser d’imagination afin de respecter leurs scénarios prévisionnels.

Les congrès au Québec

Le tourisme d’affaires a rapporté 1,5 milliard $ en 2003 au Québec, dont environ le tiers est attribuable aux congrès et 106 millions aux voyages réalisés par des Américains pour assister à un congrès, à une foire commerciale ou à une conférence. Selon Statistique Canada, l’ensemble du marché américain du tourisme d’affaires au Québec est évalué à
266 millions $. Les principaux foyers émetteurs sont l’état de New York (33,6 millions de $) et, étonnamment, la Georgie (plus de 24,1 millions $) (graphique 1).

En 2004, 659 000 Canadiens ont participé à un congrès au Québec et ont dépensé 259 millions $. Il s’agit de la meilleure année depuis le sommet de 764 000 visiteurs, atteint en 2001 (graphique 2).

En 2003, Montréal a été sélectionnée pour la tenue de 295 congrès, comparativement à 310 pour Québec. Le nombre de délégués accueillis demeure toutefois plus important à Montréal (303 000) que dans la vieille capitale (108 000). 

En ce qui a trait aux congrès majeurs – congrès à hôtels multiples ou attirant plus de 1200 participants -, les résultats s’avèrent fort encourageants. En effet, les données compilées par Tourisme Montréal montrent que l’année 2004 s’est avérée la meilleure cuvée depuis les dix dernières années (graphique 3). L’achèvement de l’agrandissement du Palais des congrès n’est certes pas étranger à cette hausse.

En 2003, les congressistes ont dépensé quotidiennement quelque 356$ lors de leur séjour dans la métropole, selon les statistiques de Tourisme Montréal. Le tiers des délégués provient du Québec, 26% des autres provinces canadiennes, 21% des États-Unis et 20% des autres pays. La durée de visite est de 2,95 jours et la moitié des dépenses sont allouées à l’hébergement. Les congrès se tiennent principalement au printemps (42%).

Perspectives du marché américain

On dénombre plus de 440 centres de foires et de congrès qui accueillent, chaque année, environ 18 000 événements. Selon les données compilées par Tradeshow Week, les événements de grande envergure – nécessitant plus de 464 mètres carrés (5000 pieds carrés) – se portent plutôt bien avec un taux de croissance annuel moyen de 2,5% depuis 1989 et un sommet historique anticipé pour l’année 2005 (graphique 4). Selon l’International Association of Convention & Visitors Bureau, les délégués séjournent en moyenne trois jours et dépensent 750 $US par visite.

Lorsqu’on analyse la tendance à long terme du tourisme de congrès aux États-Unis, on constate une baisse progressive des principaux indices de croissance (graphique 5). L’industrie a connu ses meilleures années durant la période comprise entre 1975 et 1984. Entre 1995 et 2004, les taux de croissance pour l’espace net loué, le nombre de congrès et le nombre de délégués ont avoisiné les 2%, signe d’un secteur à maturité.

Vive compétition et restrictions budgétaires

Dans la foulée des événements du 11 septembre 2001, plusieurs tendances ont émergé. Les entreprises portent désormais une plus grande attention à leurs dépenses et les centres de congrès doivent répondre aux besoins des organisateurs qui oeuvrent dans un contexte budgétaire plus serré. Selon Michael Nowlis, on assistera à une vague de construction d’hôtels et de centres de congrès économiques pour répondre à cette nouvelle réalité. On constate cependant que la menace de la vidéoconférence en substitution aux déplacements pour affaires ne s’est jamais vraiment concrétisée, les gens préférant les contacts directs.

Les destinations traditionnelles de congrès sont confrontées à une compétition de plus en plus vive. Des villes secondaires offrent une concurrence sur de nouveaux segments de marché, entraînant une augmentation des espaces de congrès disponibles et une offre souvent écoulée à rabais. Ce contexte ultra compétitif force même parfois certaines villes comme Montréal à louer ses salles gratuitement. On met l’accent sur l’attractivité de la destination et les services connexes afin de séduire les organisateurs de congrès, car ceux-ci accordent une attention toute particulière à la complicité existant entre l’office de tourisme et le centre des congrès.

Composer avec Internet et le «dernière minute»                      

Autre phénomène observé dans le comportement des planificateurs de congrès: leur tendance à réserver de plus en plus à la dernière minute. Ils ne prennent plus que de 15 à 60 jours environ pour planifier des congrès de moindre envergure comparativement à 90 à 150 jours auparavant. Pour les événements plus importants, le délai est passé de 3-6 ans à 1-3 ans. Une telle stratégie complique évidemment le travail des offices de tourisme et ajoute énormément de pression sur les équipes de vente qui peinent à atteindre des objectifs basés sur les performances du passé. La marge de négociation se voit également compromise en vertu des délais restreints.

Du point de vue des organisateurs de congrès, le nombre de délégués est en faible croissance ou demeure stable à tout le moins. Pour leur part, les offices de tourisme remarquent une baisse du nombre de nuitées générées par la réservation de blocs de chambres. En effet, les organisateurs de congrès préfèrent diminuer le nombre de chambres prévu au contrat, car ils craignent de ne pas atteindre la quantité de réservations anticipée à cause des nombreux délégués qui réservent sur Internet sans opter pour le «tarif congrès», ce qui se traduirait par des pénalités financières prévues au contrat.

On s’attend à ce que les offices de tourisme et les organisateurs de congrès travaillent en étroite collaboration afin de proposer des incitatifs qui convaincront les délégués d’effectuer leurs réservations à partir du bloc de chambre prévu à cette fin. Les grandes chaînes hôtelières oeuvrent dans la même direction, en garantissant à la clientèle qu’elle ne trouvera pas meilleur tarif ailleurs sur Internet que sur le portail corporatif.

Quel avenir?

Les opinions divergent quant à l’avenir du marché des congrès. Selon Heywood Sanders, les beaux jours sont derrière nous et les destinations devront revoir leurs projections à la baisse. Il semble néanmoins exister un consensus moins alarmiste, voulant que le marché se soit stabilisé. Ainsi, on devrait plutôt assister à une baisse des taux de croissance observés au cours des dernières années (graphique 5).

Du reste, les prévisions pour de nouveaux espaces de congrès sont clairement en baisse aux États-Unis, passant de 1,56 million de mètres carrés (16,8 millions de pieds carrés) en 2001 à 641 000 mètres carrés (6,9 millions de pieds carrés) en 2004. Cet état de fait pourrait assurer un juste équilibre entre l’offre et la demande et améliorer le taux d’utilisation des installations: l’année 2004 enregistrait la pire performance des 19 dernières années aux États-Unis avec seulement 16,52% d’occupation. À l’opposé, l’année 1999 s’est avérée la meilleure à ce chapitre avec un rendement de 21,63%. Précisons que les centres de congrès réussissant le mieux peuvent atteindre des taux d’utilisation oscillant entre 40 et 60%.

Pour obtenir du succès, les destinations devront aussi s’adapter à certaines nouvelles réalités, comme la croissance du nombre de femmes parmi les délégués. Par ailleurs, l’accès Internet à l’intérieur des installations s’inscrit parmi les préoccupations les plus importantes, avec la recherche d’un environnement sécuritaire. Finalement, les régions pourraient connaître une augmentation du nombre de congrès, car, par souci d’économie, les organisateurs seront davantage tentés de regarder du côté des marchés secondaires en mesure d’offrir des alternatives intéressantes.

Sources:
– Detlefsen, Hans et Thomas Hazinski. «Is The Sky Falling on the Convention Center Industry?», HVS International [www.hvsinternational.com], mai 2005.
– Gehrisch, Michael D. «Emerging Meeting & Business Travel Trends for 2004», Hospitality Trends [www.htrends.com], 28 janvier 2004.
– Jago, Leo K. «Relationships and Factors Influencing Convention Decision-Making», Journal Of Convention & Event Tourism, vol. 7, no 1, 2005.
– Jolicoeur, Martin. «Le Palais des congrès va jusqu’à offrir gratuitement ses salles», Journal Les Affaires, 7 mai 2005.
– Kay, Andrew L. K. «China’s Convention and Exhibition Center Boom», Journal Of Convention & Event Tourism, vol. 7, no 1, 2005.
– Kouchner, Martin. «Touristes en cravate», Commerce, vol. 106, no 1, janvier 2005.
– Office du tourisme et des congrès de Québec. «ÉCHOtourisme STATistique» [www.quebecregion.com], 2005.
– Sanders, Heywood. «Space Available: The Realities of Convention Centers as Economic Development Strategy», The Brookings Institution, janvier 2005.
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages des Canadiens», 1998-2004.
– Tourisme Montréal. «Le tourisme à Montréal» [www.tourisme-montreal.org], mars 2005.