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Faits et chiffres Marchés géographiques

Les voyageurs d’outre-mer au Québec en 2005

Le Québec a accueilli quelque 1,06 million de touristes étrangers en provenance d’autres pays que les États-Unis en 2005, soit une hausse de quelque 84 000 voyageurs par rapport à l’année 2004. La différence se fait toutefois sentir sur le plan des nuitées puisqu’elles affichent une croissance spectaculaire de 17% en raison d’une moyenne supérieure de la durée des séjours. Nous présentons l’état de la situation de ce marché en nous appuyant sur des données qui proviennent d’un traitement spécial effectué à partir de l’Enquête sur les voyages internationaux de Statistique Canada.

Répartition par continent

L’Europe demeure le pain et le beurre du Québec en ce qui a trait à la clientèle d’outre-mer (y compris le Mexique). Les 703 000 touristes du vieux Continent représentent plus des deux tiers des voyageurs (graphique 1). On remarque aussi que le nombre de touristes en provenance de l’Asie est bien réparti entre les trois segments de clientèle. Le tourisme d’affaires y est certes florissant, plus de 26% de cette clientèle étant issue de ce continent.

Des séjours plus longs

En dépit d’un nombre stable de voyageurs, le bilan de l’année 2005 s’avère fort positif alors que les touristes d’outre-mer sont restés en moyenne plus longtemps (11,6 nuitées) au Québec qu’en 2004 (10,5 nuitées) (Lire aussi:Les voyageurs d’outre-mer au Québec en 2004). En raison de leur faible nombre, nous n’avons pas pris en compte les séjours d’excursionnistes dans cet article.Les voyages de type personnel, par exemple pour des raisons de santé,sont compris dans la catégorie voyages d’agrément. La répartition de la clientèle touristique selon le but du voyage se présente comme suit:

  • 553 000 touristes dont l’agrément est le but du voyage (+2,6% vs 2004),
  • 303 000 touristes dont la principale raison du voyage est la visite de parents et d’amis (+26% vs 2004),
  • 206 000 touristes d’affaires (-6,8% vs 2004).

On constate que les gains sont principalement attribuables à la bonne performance du segment des visites de parents et d’amis qui enregistre une hausse spectaculaire de 26%. Voyons maintenant comment se répartissent les 12,3 millions de nuitées effectuées par les touristes d’outre-mer au Québec en 2005:

  • 6,1 millions proviennent des voyages d’agrément (+11% vs 2004),
  • 4,5 millions sont effectuées lors de visites de parents et d’amis (+25% vs 2004),
  • 1,7 million sont issues des voyages d’affaires (+21%).

On remarque que la durée des voyages s’est améliorée sur tous les plans, le Québec enregistrant des hausses significatives du nombre de nuitées pour tous les segments de clientèles.

Le marché français d’agrément explose

Non seulement le marché français continue-t-il de dominer, mais il affiche également une croissance remarquable du nombre de nuitées par rapport à 2004, grâce aux voyages d’agrément (graphique 2). Plus de 750 000 nuitées additionnelles, soit une hausse de 39%, sont spécifiquement attribuables à ce segment. Toujours du côté de l’agrément, des gains intéressants sont à signaler de la part des voyageurs britanniques (+48%), allemands (+16%), mexicains (+19%), japonais et néerlandais (+94%). Quant aux marchés en baisse, il s’agit notamment de l’Italie (-16%), de la Belgique (-39%) et étonnamment de la Chine (-36%). Ce dernier marché se reprend toutefois du côté des visites chez des parents et des amis, dont les nuitées affichent une hausse de 46%.

La durée des séjours

L’analyse de la durée des séjours apporte un éclairage sur la contribution des principaux marchés (ceux dont les données sont significatives) quant au nombre de nuitées générées (graphique 3). Le total du nombre de touristes apparaît entre parenthèses, en milliers. Le plus important contingent des touristes britanniques, allemands et italiens vient pour moins de quatre jours. Il semble que l’on ait de la difficulté à les retenir au Québec lors de leurs voyages en sol canadien. Dans le cas des Mexicains, la plus grande proportion séjourne de 4 à 6 nuitées. Fait intéressant, plus de 150 000 Français passent au moins 10 jours au Québec lors de leur visite, comportement contraire à celui des Britanniques qui, eux, ne sont que 17% à séjourner au moins 10 jours et 46% à faire des voyages de trois nuitées ou moins.

D’abord les villes

Les pôles urbains du Québec attirent la grande majorité des voyageurs en provenance d’outre-mer (graphique 4). Pour illustrer leurs déplacements touristiques, nous n’avons conservé que les régions touristiques dont le nombre de touristes était significatif. Le total dépasse le nombre de voyages-personnes puisque plusieurs mentions étaient possibles. Globalement, la métropole s’en tire mieux que la région de Québec, enregistrant une hausse de 9 % du nombre de voyageurs d’outre-mer, comparativement à une baisse de 4% pour la vieille capitale. La performance de Montréal s’explique surtout par un accroissement de 50 000 visites de parents et d’amis par rapport à l’année 2004.

On constate que les baleines et la popularité de Tadoussac continuent d’exercer un fort pouvoir d’attraction auprès des touristes étrangers, consolidant la troisième position de la région de Manicouagan avec ses 75 000 visiteurs.

Un meilleur étalement

Les touristes d’outre-mer en visite pour des motifs d’agrément ou chez des parents et amis continuent de privilégier massivement l’été (graphique 5). L’écart entre les deux segments à cette période se rétrécit toutefois. En effet, la courbe s’aplanit quelque peu du côté des voyageurs d’agrément par rapport à l’année 2004, le nombre de visites augmentant dans les 1er, 2e et 4e trimestres, mais diminuant au 3e trimestre. Les visites chez des parents et des amis durant l’été sont quant à elles en forte hausse (+24%) comparativement à l’année précédente.

Composition des groupes

Pour mieux juger du comportement de voyages des différents marchés en ce qui concerne la taille des groupes, nous avons réuni les touristes en voyage d’agrément ou en visite chez des parents et amis (graphique 6). Comme les voyageurs d’affaires se déplacent habituellement seuls, nous les avons exclus de l’analyse afin de mieux faire ressortir les traits culturels de chacun des marchés.

Il faut par ailleurs savoir que, selon les paramètres de l’Enquête sur les voyageurs internationaux (EVI) de Statistique Canada, on considère qu’une personne voyage seule si elle n’est pas en mesure de donner de l’information sur les dépenses et les activités des personnes qui l’accompagnent ou si elle fait partie d’un groupe de voyage. Pour cette raison, le tourisme de groupe proprement dit ne fait pas partie de cette nomenclature.

On constate d’abord que les clientèles asiatiques ont davantage tendance à venir au Québec en solitaire, alors que, en réalité, on peut supposer que plusieurs de ces individus font partie de groupes organisés. Cela est dû à l’application de la règle statistique mentionnée précédemment. Les Français, les Mexicains et les Suisses semblent avoir une propension plus élevée à voyager en grands groupes. Les Britanniques, les Italiens et les Néerlandais sont ceux qui apprécient le moins le tourisme solo, préférant largement les vacances en duo.

Pour conclure, voici quelques renseignements complémentaires qui permettent de comparer certains éléments du profil touristique des trois catégories de clientèles, selon leur motivation de voyage:

En 2005, des différences notables apparaissent du côté de la durée moyenne du voyage des touristes d’agrément, qui est passée à 11,09 nuitées, comparativement à 10,22 en 2004. Même son de cloche du côté des voyageurs d’affaires (8,3 vs 7 nuitées). On remarque également depuis l’an dernier une hausse significative des dépenses moyennes par visite, soit 789$ vs 735$ pour le segment des parents et amis et 1290$ vs 1165$ pour le segment du tourisme d’affaires.

Voir aussi
Le profil des Canadiens au Québec
Profil des Américains au Québec en 2004
Profil des touristes en visite chez des parents et des amis au Québec

Source:
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2005.

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CAPSULE – D’ici 2020, 1,6 million de clients potentiels en moins!

L’analyse des tendances démographiques pour le Nord-Est des États-Unis révèle que, d’ici 2020, le nombre de seniors connaîtra un essor formidable alors que le segment des 35 à 55 ans, habituellement ciblé par les campagnes touristiques du Québec, diminuera de 10%, soit d’environ 1,6 million de personnes.

États-Unis: explosion du nombre de personnes âgées de 55 ans et plus

Selon les projections du U.S. Census Bureau, le nombre d’Américains âgés de 55 ans et plus augmentera de 64,5% d’ici 2020. Ce groupe représentera alors plus de 30% de la population des États-Unis par rapport à 21,1% en 2000.

Nord-Est: plus de seniors, mais surtout moins de jeunes!

Dans les 9 États du Nord-Est, l’accroissement du nombre de personnes âgées de 55 ans et plus (+43,8%) s’établira sous la moyenne américaine. Toutefois, cette région enregistrera une baisse de la plus jeune population, phénomène qui touchera particulièrement le segment des 35-44 ans qui marquera un important recul de 16,7%.

Cette baisse anticipée de 10% du nombre d’Américains âgés de 35 à 54 ans signifie concrètement une diminution de 1,6 million de consommateurs dans le segment le plus ciblé par l’industrie touristique québécoise. Une réalité qui ne semble épargner que l’État du New Hampshire.

Puisqu’en 2004 la région du Nord-Est a généré plus de 66,8% des visites touristiques en provenance des États-Unis au Québec, ces changements démographiques auront une incidence importante sur le tourisme québécois qui devra trouver des façons d’intéresser et d’attirer des Américains, soit plus jeunes ou plus âgés, afin d’assurer le renouvellement de cette clientèle.

Source:

  • U.S. Census Bureau, Population Division, Interim State Population Projections, 2005.
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Les Québécois à l’étranger: évolution du marché, 2005 vs 2003

Comment le marché touristique québécois a-t-il évolué de 2003 à 2005? L’Europe s’avère de plus en plus attirante aux yeux des Québécois, alors que des destinations comme l’Allemagne et l’Italie enregistrent des gains spectaculaires quant au nombre de nuitées touristiques en 2005 comparativement à 2003.

La rareté et la disponibilité des données traitant du tourisme expéditif international n’empêchent pas que cela demeure un volet important de notre industrie touristique. C’est pourquoi, il y a près de deux ans, le Réseau de veille faisait le point sur le comportement de voyages des Québécois vers l’étranger. Nous récidivons, en comparant cette fois les données de 2005 avec les précédentes (2003).

De plus en plus de voyages à l’étranger

Bien sûr, le Québec figure au premier plan pour les voyages des Québécois. Ces derniers ont néanmoins effectué plus de 4,8 millions de voyages d’une nuit ou plus à l’étranger en 2005, soit l’équivalent de 37,4 millions de nuitées. On constate que les Québécois passent de plus en plus de temps à l’extérieur du Québec, alors qu’on enregistre une croissance de 16% des nuitées par rapport à l’année 2003. (Lire aussi: Où vont les Québécois à l’étranger?) Quant aux dépenses touristiques internationales des Québécois, elles ont aussi augmenté de 16% pour la même période, atteignant les 3,17 milliards de dollars. Rappelons que toutes les dépenses excluent les transactions engagées au Canada.

Les destinations outre-mer gagnent du terrain par rapport aux États-Unis. L’ensemble des voyages des Québécois chez nos voisins du Sud a atteint 18,7 millions de nuitées, soit le même nombre que pour les voyages vers des destinations d’outre-mer. En 2003, la différence de nuitées s’élevait à 600 000 en faveur des déplacements vers les États-Unis. Les Québécois ne sont pas différents des autres touristes; ils cherchent à découvrir de nouveaux horizons et délaissent progressivement les lieux plus traditionnels.

États-Unis: domination de la Floride

Déjà confortablement installée en première position, la Floride continue de dominer comme destination, accaparant plus de 8,4 millions de nuitées, soit 45% du total des nuitées (graphique 1, mais non illustrée en raison de son importance disproportionnée). Le Maine obtient le plus grand écart par rapport à 2003, cet État enregistrant une hausse de 331 000 nuitées. Les États du Massachusetts, de New York et du Vermont présentent également des hausses statistiques assez fortes. Soulignons l’étonnante performance du Texas qui a vu son nombre de nuitées québécoises doubler depuis 2003.

Les dépenses touristiques des Québécois réalisées en sol américain pour des voyages d’une nuit et plus en 2005 ont totalisé 1,42 milliard de dollars, soit une augmentation de 14% (graphique 2). À elle seule, la Floride a reçu plus de un demi-milliard de dollars.

Tout comme pour le nombre de nuitées, les États de la Nouvelle-Angleterre et de New York ont réalisé des gains intéressants en matière de recettes touristiques. Viennent s’ajouter au paysage la Californie et le Nevada où les Québécois dépensent beaucoup en raison de séjours plus longs et de dépenses quotidiennes plus élevées. Ces dernières atteignent en moyenne 134 dollars par jour en Californie et 212 dollars au Nevada, lieu du divertissement par excellence. On remarque aussi qu’Hawaï, destination soleil long-courrier, semble en perte de vitesse.

Outre-mer: une forte attirance

Une multitude de destinations s’offre désormais aux Québécois, leur permettant de sortir des sentiers battus. Les voyages vers des pays outre-mer ont enregistré une croissance de plus de 18% en termes de nuitées de 2003 à 2005 (graphique 3). Au cours de la même période, le nombre de nuitées aux États-Unis a augmenté de 14%.

On assiste à un engouement remarquable des Québécois pour les destinations européennes avec, en tête de liste, la France qui a enregistré à elle seule un gain de près de un million de nuitées. Les taux de croissance des départs vers l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne et la Belgique sont encore plus spectaculaires. Le Royaume-Uni toutefois enregistre une baisse de 16%. Le taux de change avec l’euro ne semble pas être un facteur décisif, puisqu’il a peu fluctué par rapport au dollar canadien de 2003 à 2005. On doit toutefois prendre en compte la durée des séjours qui s’inscrit comme un facteur d’influence quant au nombre de nuitées. À titre d’exemple, la durée moyenne des séjours en France est passée de 15,8 à 13,7 nuitées de 2003 à 2005, alors qu’en Allemagne elle a presque doublé, passant de 7,8 à 14,6 nuitées.

Du côté des destinations soleil, les gains sont plus modestes, se rapprochant davantage de la croissance moyenne globale de 18%. Les destinations éloignées semblent avoir été massivement délaissées par les Québécois avec un nombre de nuitées en chute du côté des pays éloignés comme l’Australie et la Thaïlande. L’Inde a par ailleurs enregistré une forte hausse des nuitées (48%). Difficile d’évaluer l’effet réel de la catastrophe du tsunami dans la région de l’Asie du Sud-Est, mais on observe d’importantes baisses de la clientèle québécoise dans certaines destinations.

Quant aux dépenses touristiques en Thaïlande, en Inde et aux Philippines, elles ont diminué de façon importante (graphique 4). À l’exception d’une baisse notable pour le Royaume-Uni, on constate une augmentation significative des dépenses dans toutes les autres destinations populaires. On remarque aussi le retour en force de la Belgique qui a gagné plusieurs positions en quadruplant ses recettes issues du marché québécois.

Les États-Unis, la Floride en tête, continuent d’attirer un grand nombre de Québécois. Plusieurs destinations européennes, hormis le Royaume-Uni qui est en baisse, gagnent du gallon avec des taux de croissance importants. Les plus fortes progressions ont été enregistrées au Maine, au Massachusetts, au Texas, en Belgique, en Italie, en Allemagne et en France.

Quant aux dépenses touristiques des Québécois, elles sont en baisse dans certaines destinations long-courrier telles que la Thaïlande, l’Australie, l’Inde et Hawaï, de même qu’au Royaume-Uni. Les statistiques montrent toutefois une forte hausse en Belgique, en Espagne et en Allemagne, notamment.

Source:

– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2005.

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Faits et chiffres Produits et activités

Qu’est-ce qui influence les habitudes de loisir?

Pour mieux apprendre à connaître notre clientèle, il est parfois utile de l’analyser sous de nouveaux angles. Nous avons cette fois-ci isolé deux variables particulières, l’occupation professionnelle et la taille de la communauté de résidence afin d’évaluer quelle incidence elles pouvaient exercer sur certains éléments relatifs aux loisirs et aux voyages des Canadiens.

Les Canadiens sous la loupe

Selon les données obtenues par le Print Measurement Bureau (PMB) 2006, les opportunités et les traditions familiales diffèrent radicalement selon que l’on habite dans une agglomération de moindre taille (moins de 100 000 âmes), dans une ville d’envergure (plus de 1 million d’habitants) ou dans une municipalité canadienne de catégorie intermédiaire dont la taille oscille de 100 000 à 1 million d’individus. La population canadienne se répartit de façon à peu près égale entre les trois segments.

Plus tôt dans l’année, le Réseau de veille en tourisme avait fait la lumière sur les façons dont les Québécois passaient leur temps libre, à savoir notamment quelles activités bénéficiaient de la plus forte intensité de pratique. (Lire aussi: Comment les Québécois utilisent-ils leur temps libre?) Cette fois, nous laissons de côté les volumes de participation en utilisant essentiellement des indices de propension à la réalisation d’une activité, d’un voyage ou autre. Ces indices fonctionnent sur la base où un résultat de 100 équivaut à la moyenne canadienne. Par exemple, si un segment de population obtient un indice de 150 pour la pratique du curling, cela signifie que ce groupe d’individus s’avère 50% plus susceptible d’être adepte de cette activité que la moyenne canadienne.

Participation aux activités de loisir

Le premier cas étudié concerne la propension des Canadiens à participer à certaines activités, selon la taille de leur communauté (graphique 1). Par exemple, celles de moins de 100 000 habitants s’adonnent beaucoup plus régulièrement aux activités en lien direct avec la grande nature telles que la chasse, la pêche, la motoneige et le bateau à moteur, alors que celles des villes intermédiaires ont une plus forte propension à pratiquer le golf, le ski de randonnée et la voile. Quand aux résidants des métropoles, on remarque qu’ils se tournent davantage vers le ski alpin et le vélo. Fait intéressant, ces derniers s’avèrent nombreux à s’évader de la ville pour s’adonner à la voile.

Nous avons aussi analysé les types d’activités correspondant à divers profils d’emploi. Fait important à noter, plus du tiers (36%) des Canadiens n’appartiennent à aucune catégorie d’emploi puiqu’ils sont retraités ou sans emploi notamment. Les différentes occupations professionnelles ainsi que la proportion de la population canadienne correpondant à chacune d’entre elles sont les suivantes:

  • professionnels (6%),
  • cadres supérieurs, propriétaires (3%),
  • cadres intermédiaires (13%),
  • cols blancs, techniciens, enseignants (9%),
  • commis, secrétaires (8%),
  • métiers spécialisés (25%),
  • autres (36%).

Évidemment, il existe une forte corrélation entre le niveau salarial, donc la catégorie de profession et le type d’activités pratiquées. Mais, au-delà de ce constat, on obtient d’autres renseignements intéressants, sans compter que des emplois appartenant par exemple à la catégorie des métiers spécialisés s’avèrent souvent aussi rémunérateurs que des professions de type cadre intermédiaire.

Certaines activités plaisent de façon à peu près égale à tous les Canadiens, peu importe leur corps de métiers. C’est le cas notamment de la pratique du camping et du vélo (graphique 2). Les professionnels enregistrent un intérêt marqué pour la voile, le ski de randonnée et le ski alpin, alors que les cadres supérieurs et les propriétaires favorisent davantage le golf, le bateau à moteur et la motoneige. On remarque que les gens oeuvrant dans le domaine des métiers spécialisés ont un profil nettement différent, leurs activités de prédilection étant la chasse, la pêche, la motoneige et la planche à neige.

Destinations de vacances

Nous avons mis en lumière les taux d’incidence des choix de vacances des Canadiens en regard de la taille de leur communauté (graphique 3). Malheureusement dans ce cas-ci, la variable de la proximité géographique vient un peu mêler les cartes puisqu’il est difficile de savoir, par exemple, si le comportement des gens d’une ville québécoise de moindre taille voyageant au Québec est le même que celui des habitants d’une autre ville canadienne d’envergure similaire qui choisit le Québec comme lieu de vacances. Au-delà de cette mise en garde, voici quelques constats intéressants :

  • Les voyages des Canadiens au Canada sont répartis de manière assez égale entre les diverses communautés.
  • Les Canadiens habitant dans les grands centres ont une plus forte propension à voyager au Québec.
  • Les voyages internationaux sont surtout l’apanage des résidants des grandes villes, particulièrement dans le cas des séjours en France.
  • Ce sont les Canadiens des villes intermédiaires qui sont les plus susceptibles de se rendre au Mexique.
  • Les Canadiens des petites communautés ont une moins forte propension que les autres à voyager en général dans ces destinations.

En ce qui concerne le jumelage des destinations avec le profil d’emploi (graphique 4), voici quelques constats:

  • Ce sont les professionnels qui affichent la plus forte propension à voyager pour toutes les destinations étudiées, sauf dans le cas des destinations «soleil», soit le Mexique et la Floride.
  • Le groupe des cols blancs, des techniciens et des enseignants est friand des vacances en France, au Mexique et au Royaume-Uni/Irlande, de même qu’en Floride et au Québec.
  • Les cadres supérieurs et les propriétaires sont ceux qui optent le plus souvent pour des vacances vers le Sud.
  • Les Canadiens oeuvrant dans des métiers spécialisés voyagent nettement moins que les autres travailleurs.

Sélection du mode d’hébergement

La taille de la communauté des résidants canadiens semble également exercer une influence sur le choix du type d’hébergement durant leurs vacances au Canada (graphique 5). On remarque notamment des taux d’incidence élevés chez les habitants des grandes villes à opter pour les gîtes du passant et les centres de villégiature. Les Canadiens des municipalités de taille moyenne affichent une plus grande propension à privilégier des vacances au chalet (commercial ou privé) et chez des parents et amis. Quant aux voyageurs des petites agglomérations, ils optent davantage pour les terrains de camping et les motels.

Par ailleurs, lorsqu’on met en parallèle l’hébergement privilégié avec les occupations professionnelles des Canadiens, un élément ressort clairement du lot (graphique 6): les travailleurs professionnels s’avèrent particulièrement friands des gîtes du passant. De leur côté, les cadres supérieurs et les propriétaires, de même que les cadres intermédiaires, affichent une propension plus élevée à choisir les centres de villégiature.

Activités pratiquées lors des vacances

Sur le plan des activités pratiquées au cours de vacances au Canada selon la taille de la communauté d’origine des Canadiens, on peut dégager d’intéressantes observations (graphique 7). Les résidants de municipalités de moindre taille affichent une forte propension à pratiquer la chasse et la pêche, de même qu’à assister à des conférences. Ce dernier constat s’explique par le fait que les réunions se déroulent habituellement dans les plus grands centres, d’où la nécessité, pour les gens habitant de petites communautés, de se déplacer.

On remarque également la tendance très urbaine du ski alpin/planche à neige, alors que ce sont les Canadiens des métropoles qui s’y adonnent davantage. Par ailleurs, le golf semble très populaire du côté des villes intermédiaires, possiblement en raison de l’accès à un grand nombre de parcours à proximité.

En terminant, on constate que les cadres supérieurs/propriétaires assistent régulièrement à des conférences et jouent souvent au golf lors d’un voyage au Canada (graphique 8). Ils affichent aussi une forte propension à pratiquer le ski alpin/planche à neige. Les professionnels, quant à eux, présentent des taux d’incidence nettement supérieurs à la moyenne canadienne pour à peu près toutes les catégories. On remarque aussi une certaine affinité entre les Canadiens qui occupent des postes de commis/secrétaires et les activités liées aux parcs thématiques/zoos et aux événements sportifs.

Source:
– Print Measurement Bureau 2006.

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Faits et chiffres Segments de clientèles

Portrait des habitudes médias des Québécois: les jeunes privilégient les nouveaux médias

Les jeunes délaissent les médias traditionnels au profit des nouvelles technologies. Les Québécois âgés de 18 à 35 ans ont des habitudes d’écoute et de lectorat tout à fait différentes de celles de leurs aînés.

Télévision: une écoute en baisse et en morcellement!

En 2004, on dénombrait au Québec sept réseaux principaux (Radio-Canada, TVA, TQS, Télé-Québec, CBC, CTV et Global) qui diffusaient leur contenu sur une trentaine de canaux partout en province. À ce nombre, s’ajoutent les chaînes spécialisées et payantes (+ de 20) qui sont en continuelle croissance.

Compte tenu que les Québécois francophones sont les Canadiens qui regardent le plus la télévision et que l’offre télévisuelle s’enrichit, on pourrait croire que l’écoute augmente. Pourtant, il n’en est rien. En fait, l’écoute télévisuelle est en baisse depuis quelques années. En 2004, les Québécois ont consacré en moyenne 23,3 heures par semaine au petit écran par rapport à 26 heures en 1996.

Cette réalité varie toutefois énormément selon l’âge, car les 18-24 ans démontrent une habitude d’écoute largement inférieure à la moyenne.

Par ailleurs, le choix accru de canaux entraîne un morcellement croissant de l’écoute. La part des canaux spécialisés et des services payants de langue française auprès des téléspectateurs francophones est passée de 6,3% en 1992 à 19% en 2004, complexifiant ainsi le défi des annonceurs désireux de rejoindre le bon auditoire.

Radio: perte sensible du jeune public!

En 2004, le Québec était desservi par plus d’une centaine de stations de radio privées à but lucratif, une radio publique (Radio-Canada), 34 stations communautaires et cinq radios étudiantes.

Toujours en 2004, les Québécois consacraient une moyenne 20 heures par semaine à l’écoute d’émissions de radio. Il s’agit d’une légère baisse par rapport à une moyenne de 21 heures par semaine au cours des dernières années.

Les stations qui proposent principalement de la musique attirent la majorité de l’auditoire et recueillent plus de 70% des heures d’écoute. Celles à prépondérance verbale (informations, magazines, tribunes téléphoniques et descriptions d’événements sportifs) obtiennent 12,1% des heures d’écoute, alors que la Société Radio-Canada est créditée de 11,3%.

Tout comme pour la télévision, les jeunes semblent responsables de la baisse d’écoute et le temps qu’ils y consacrent est en diminution constante. Au cours des cinq dernières années, l’écoute des hommes de 18-24 ans a connu une baisse de 2,5 heures pendant que celle des femmes de 18-24 ans a chuté de 0,7 heure. La décroissance est encore plus marquée chez les 12-17 avec un recul de 2,9 heures au cours de la même période.

Magazines: un creux historique!

En 2004, selon les plus récentes données du ministère de la Culture et des Communications (MCCQ), le lectorat des magazines québécois a touché un creux historique au Québec. Seulement 53% des Québécois mentionnaient en lire au moins un par mois comparativement à une proportion de 63% en 1994, l’année où les magazines figuraient au sommet de leur popularité.

Cette importante baisse est notamment attribuable au désintéressement des jeunes lecteurs. En 1994, les 15-24 ans étaient les plus grands adeptes et 75% d’entre eux lisaient régulièrement un magazine. En 2004, cette proportion a fondu pour atteindre 50%, le plus faible taux de lecture parmi l’ensemble des groupes d’âge.

Pourtant, au cours de cette période (1994-2004), près d’une centaine de nouveaux titres se sont ajoutés à l’offre québécoise, portant à plus de 550 le nombre de magazines publiés au Québec. Au total, il se publie chaque année près de 200 millions d’exemplaires, soit une croissance de 18% sur 10 ans.

En 2004, 34,5% du tirage total, était attribuable aux magazines généraux, 29,2% aux magazines spécialisés destinés au grand public, 25,1% aux magazines religieux et savants et 9% aux magazines d’affaires ou professionnels.


Journaux: la presse quotidienne

Quatorze quotidiens étaient publiés au Québec en 2004. De ce nombre, douze étaient payants (10 francophones et 2 anglophones) alors que deux quotidiens gratuits étaient aussi disponibles sur le marché montréalais.Dans l’ensemble, le tirage des quotidiens québécois payants a peu varié au cours des cinq dernières années. Toutefois, compte tenu de la croissance de la population, les quotidiens connaissent un léger recul de popularité, puisqu’en 2004 il se vendait chaque jour 165 exemplaires par 1000 personnes de 20 ans et plus, contre 172 exemplaires en 2000.

Bien que le lectorat stagne ou baisse dans les autres régions du Québec, dans le marché montréalais il a connu une hausse de 18% de 2001 à 2004. Ce contraste est attribuable à l’arrivée, en 2001, des quotidiens gratuits (Métro et 24 heures) qui attirent quelque 300 000 lecteurs montréalais, dont plus de la moitié ne lisent jamais les pages d’un quotidien payant.

L’apparition de ces nouveaux quotidiens gratuits semble avoir une incidence sur les habitudes de lecture des 14-34 ans. En effet, selon un récent sondage de l’Association canadienne des journaux, 41% des jeunes répondants affirment lire les journaux plus souvent qu’il y a deux ans, alors que 23% disent le contraire. D’ailleurs, 91% des jeunes répondants se disent en désaccord avec l’affirmation que «les journaux, c’est pour les vieux!».

Journaux: la presse hebdomadaire

Majoritairement gratuits (88% des titres et 96,5% du tirage), les journaux hebdomadaires du Québec ont vu leur tirage augmenter de près du tiers depuis 1987. Selon une étude menée par le regroupement Hebdos du Québec, plus de 90% de la population québécoise habiterait une région desservie par un hebdomadaire.

Toutefois, selon les données du MCCQ, près de la moitié de la population âgée de 15 ans et plus ne lit jamais ou rarement (une parution sur quatre) les hebdos. En fait, la lecture de ces publications croît avec l’âge et semble plus populaire auprès des femmes (56,9% les consultent chaque semaine) qu’auprès des hommes (47,5%).

De plus, la région de résidence a également une forte incidence sur les habitudes de lecture. À Montréal et à Québec, la proportion des lecteurs est de seulement 42% alors que le taux de lecture atteint 73% sur la Côte-Nord. Plusieurs régions telles que la Mauricie, Chaudière-Appalaches, Abitibi-Témiscamingue et la Gaspésie enregistrent un taux de lecture de 60%.

Internet: le média qui explose!

En 2005, près de deux Québécois sur trois habitaient dans un ménage «branché», dont plus des trois quarts avaient accès à la haute vitesse.

Selon les données du CEFRIO, cette accessibilité accrue a fait bondir le taux d’utilisation du Web. De janvier 2000 à l’automne 2005, l’utilisation régulière d’Internet au Québec (soit une utilisation au cours des sept derniers jours) est passée de 39,7% à 63,5%. Cette moyenne cache toutefois des disparités régionales entre les régions très branchées (Outaouais = 69% des ménages) et celles qui le sont moins (Gaspésie/Îles-de-la-Madeleine = 44%).

Les jeunes (18-34 ans) sont sans grande surprise les plus fervents utilisateurs d’Internet. En plus d’avoir la plus forte propension à surfer sur le Web, les segments des 18-24 ans et des 25-34 ans affichent les plus hauts taux de croissances d’utilisation de 2004 à 2005.

Le tourisme profite de cet engouement croissant car plus de 35% des Québécois indiquent qu’ils utilisent Internet pour planifier leurs vacances tandis que cette proportion n’atteignait pas 15% en 2000.

Et le potentiel semble encore énorme puisque les Québécois consacrent en moyenne cinq heures par semaineà l’usage d’Internet par rapport à la moyenne américaine qui est déjà de 13,3 heures par semaine.

Les jeunes: clients d’aujourd’hui et de demain

L’industrie touristique doit garder un oeil attentif à l’évolution des habitudes médias des jeunes Québécois et amorcer dès maintenant une réflexion sur les ajustements à apporter à leurs efforts de communications et à leurs stratégies publicitaires. Les 18-35 ans constituent déjà une clientèle intéressante pour de nombreuses entreprises touristiques et ils formeront la prochaine génération de clientèles adultes. N’attendez pas qu’il soit trop tard pour apprendre à les rejoindre efficacement!

Sources:

  • Cauchon, Paul. «Les journaux, c’est pour les vieux! Pas sûr?», LeDevoir.com, 5 juin 2006.
  • Cauchon, Paul. «Médias: L’internaute sous toutes les coutures», LeDevoir.com, 13 février 2006.
  • Cefrio – Léger Marketing. «NETendances 2005, Utilisation d’Internet au Québec», www.cefrio.qc.ca, février 2006.
  • «Médias et multimedia – Panorama du secteur», Ministère de la Culture et des Communication du Québec, site Internet www.mcc.gouv.qc.ca.
  • Centre d’études sur les médias. Université Laval, www.cem.ulaval.ca, février 2006.
  • Centre d’études sur les médias. «Temps dur pour les magazines», Infopresse, 29 mai 2006.
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Faits et chiffres Marchés géographiques

Une concurrence qui mine la performance du Québec et du Canada

Règle générale, les statistiques touristiques sont abordées sous l’angle des arrivées. Ainsi, on mesure la performance d’une destination d’après le nombre de visiteurs qu’elle reçoit. Lorsqu’on compare le taux de croissance des départs internationaux de certains marchés avec les arrivées touristiques de ces mêmes marchés vers le Québec et le Canada, on obtient un tout autre regard. Le Canada est en perte de vitesse et la vivacité de la concurrence se fait durement sentir.

Une concurrence qui mine la performance

Globalement, l’industrie touristique internationale se porte bien, mais la concurrence est plus vive que jamais. En ce sens, certaines destinations tirent davantage leur épingle du jeu alors que d’autres, qui ne faisaient pas partie du paysage touristique il y a quelques années, font leur apparition dans le radar et grignotent lentement mais sûrement des parts de marché. (Lire aussi: Quand on dit que la concurrence s’intensifie.)

En 1990, la part touristique mondiale des arrivées internationales du Canada se chiffrait à 3,8%. En 1998, elle est passée à 3,1%, alors qu’en 2004 elle n’atteignait plus que 2,5%. Cela illustre bien les effets de la concurrence et du désir des touristes de découvrir de nouveaux horizons. (Lire aussi: Les stars au firmament des destinations.)

Afin de mieux évaluer les conséquences de la concurrence sur les performances relatives du Québec et du Canada, nous avons comparé le taux de croissance des départs vers l’étranger des principaux marchés émetteurs de 1998 par rapport à 2005 avec le taux de croissance du nombre d’arrivées au Canada et au Québec pour ces mêmes marchés et la même période (graphique 1). Précisons que pour les fins de l’exercice, une année de référence (1998) a été utilisée et il est possible qu’elle représente une année atypique pour certains marchés. C’est le cas notamment de la clientèle japonaise qui s’était déplacée en très grand nombre au Québec en 1998. Les conclusions à en tirer doivent ainsi être effectuées avec prudence et analysées globalement. Néanmoins, les résultats s’avèrent fort révélateurs.

Regardons maintenant en détail la façon dont les parts de marché de ces sept principaux pays émetteurs se sont érodées lorsqu’on compare 1998 à 2005.

Allemagne

L’Allemagne demeure le marché émetteur le plus important de la planète, mais il est en perte de vitesse. Les dépenses touristiques internationales des Allemands ont atteint 71 milliards USD en 2004. Depuis 1998, le nombre de départs vers l’étranger ne s’est apprécié que de 10%. Pendant ce temps, les arrivées touristiques des Allemands au Canada et au Québec reculaient respectivement de 14% et de 19%. Précisons que seulement 6% des voyages des Allemands ont été effectués à l’extérieur de l’Europe en 2005.

On observe actuellement beaucoup d’optimisme en ce qui a trait à l’économie allemande. Un récent sondage révèle que 60 millions de voyages de plus de cinq jours ont été planifiés pour 2006. La nature demeure un élément attractif majeur pour ce marché. Les Allemands accordent beaucoup d’importance à la sécurité et rejettent les destinations récemment victimes de catastrophes. L’Australie est considérée comme un concurrent important par la Commission canadienne du tourisme.

États-Unis

Dans un récent article du Réseau de veille, nous soulignions le fait que les Américains ont massivement recommencé à voyager à l’étranger alors que, parallèlement, le Canada ne cesse d’enregistrer des résultats décevants. (Lire aussi: Touristes américains: où sont-ils passés?)

Tout comme pour le marché allemand, les départs à l’étranger des Américains ont augmenté de 10% depuis 1998. Les gains réalisés par le Canada et le Québec en 1998, 1999 et 2000 ont été sérieusement amputés dans les années qui ont suivi les événements du 11 septembre 2001. Le taux de croissance de la clientèle américaine au Québec se solde par une augmentation de 5% de 1998 à 2005, comparativement à 3% pour l’ensemble du pays.

France

L’importance des visiteurs français ne fait aucun doute puisque ce marché domine le tourisme d’outre-mer vers le Québec. En 2004, les Français comptaient pour plus de 28% des touristes d’outre-mer voyageant au Québec pour des motifs d’agrément et pour 31% de ceux qui venaient visiter des parents ou des amis. Bien que 79% des Français qui visitent le Canada viennent au Québec, les dernières années se sont avérées difficiles. Les Français affichent la plus forte progression (+43%) des départs internationaux parmi les clientèles étudiées, mais le Québec enregistre pourtant une importante baisse de 20% depuis 1998.

Selon Barbara di Stefano, directrice générale de Destination Québec à Paris, le fractionnement des séjours constitue une tendance lourde du marché français, en raison de l’offre des compagnies aériennes à rabais et des ventes de dernière minute qui rendent abordables de nombreuses destinations. Le facteur prix demeure primordial dans leur choix de vacances, ce qui favorise notamment les destinations de l’Afrique du Nord.

Italie

Depuis 2001, l’Italie éprouve des difficultés économiques et perd du terrain, tant au chapitre des arrivées que des départs internationaux. Ce marché a glissé de la 8e à la 11e position en termes d’importance pour le Québec depuis 1998. Cette léthargie s’est traduite par une chute de 22% du nombre d’arrivées, comparativement à une baisse de 7% du nombre de départs internationaux. On ne s’attend pas à ce que la situation s’améliore puisque l’année 2005 s’est avérée très difficile sur le plan économique, pesant lourdement sur le portefeuille des familles italiennes.

Japon

Le Japon demeure un marché touristique émetteur d’importance, en dépit du marasme économique dans lequel il est plongé depuis une dizaine d’années. En fait, même si les visites des Japonais sont en chute libre au Canada depuis 1996 (lire aussi: Quel avenir pour le marché japonais?), globalement, ce marché à repris de la vigueur et affiche un solde positif impressionnant de 39% de ses départs vers l’étranger de 1998 à 2005.

Quand on regarde les données concernant le Québec, il faut savoir que la moitié des Japonais y entrent par le biais d’une autre province canadienne. L’absence de vols directs vers le Japon n’avantage pas le Québec. Aussi, ce dernier a-t-il enregistré une diminution de 58% du nombre de visites de cette clientèle de 1998 à 2005. L’ensemble du Canada a toutefois moins souffert avec une baisse d’environ 12%.

Mexique

Nouvel Eldorado du tourisme, plusieurs destinations misent beaucoup sur l’émergence du tourisme mexicain. Désormais, environ deux millions de Mexicains voyagent en avion chaque année vers des destinations étrangères. Depuis 1998, le taux de départ s’est accru de 39%. La performance du Québec se situe légèrement sous la moyenne avec une croissance des arrivées de 25%. Le Canada, pour sa part, tire bien son épingle du jeu alors que les visites ont explosé de 69%. Selon une analyse de marché réalisée par la Commission canadienne du tourisme, le Mexique se classe au cinquième rang en termes de potentiel touristique pour le Canada.

Royaume-Uni

Finalement, le Royaume-Uni s’avère l’un des marchés qui est resté le plus fidèle au Canada et le nombre de visites est demeuré relativement stable au cours des dernières années. Depuis 1998, le nombre de départs des Britanniques est en hausse de 30%, alors que le Canada et le Québec enregistraient des augmentations respectives de 21% et de 16%. Le ski alpin constitue l’un des facteurs de succès. Cette activité jouit d’une excellente popularité depuis au moins 10 à 15 ans et attire un nombre considérable de Britanniques avides de bonnes conditions d’enneigement.

Une réflexion collective

Évidemment, après avoir analysé tous ces constats, il est guère évident de trouver des solutions pour mieux performer. Il faut toutefois savoir que plusieurs destinations voient dans le tourisme une industrie d’une importance majeure pour leur économie et n’hésitent pas à consentir les efforts nécessaires pour conserver ou accroître leur positionnement concurrentiel sur l’échiquier international.

L’industrie touristique souffre actuellement d’un déficit d’affection et de reconnaissance auprès des médias et du public québécois. Pendant ce temps, une destination comme l’Australie prend les grands moyens pour briller parmi les meilleurs et multiplie les partenariats afin de déployer des actions promotionnelles majeures grâce à un budget annuel de 140 millions CAD. La bonne nouvelle c’est qu’il n’est jamais trop tard pour agir.

Sources:
– Commission canadienne du tourisme. «Rapports trimestriels du marché», 2006.
– European Travel Commission. «European Tourism Insights 2005», avril 2006.
– IPK International. «German Travel Trends», 2006.
– Maison de la France. «Courrier d’Italie», avril 2006.
– Ministère du Tourisme du Québec. «Stratégie de marketing touristique 2000-2005 – Marchés des autres pays que les États-Unis», 2000.
– Ministère du Tourisme du Québec. «Profils de marché», Direction générale du marketing, 2006.
– Organisation mondiale du tourisme. «Compendium of Tourism Statistics», 2001.
– Organisation mondiale du tourisme. «Annuaire des statistiques du tourisme», 2002.
– Secretaria de Turismo. «Data Tur Certeza Estratégica», 2006.
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», 2006.
– Tourism Australia. «Action Plan for Japanese Tourism», janvier 2006.
– Transport Travel and Tourism of UK. «Travel and Tourism 2003 to 2006», 1er trimestre 2006.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

CAPSULE – Quand on dit que la concurrence s’intensifie…

Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), les dix premières destinations au classement mondial constituaient 88% des arrivées internationales en 1950, proportion qui a diminué à 49% en 2002. Cette tendance devrait se poursuivre, mais dans une moindre mesure, alors que le pourcentage devrait se situer autour de 46% en 2020. Dans un tel contexte, comment ne pas se serrer les coudes pour essayer de contrer la perte de vitesse du Canada?

En une cinquantaine d’années, les arrivées internationales ont connu une augmentation annuelle moyenne de 6,6%, passant de 25 millions en 1950 à plus de 700 millions en 2002. Malgré cette croissance, on observe que les grands acteurs ont perdu une part importante du marché au profit des destinations marginales (graphique 1).

En effet, le Top 5 des principales destinations récoltait 71% des arrivées internationales en 1950 et, en 2002, il n’en obtenait plus que 35%. Les pays occupant les positions 6 à 10 du grand classement mondial ont vu la part de leurs arrivées internationales chuter depuis 1970, passant de 22% à 14% en 2002. Les destinations classées de la 11e à la 15e place ont détenu, pendant ces cinq décennies, une proportion assez stable du marché, autour de 10% (9 à 11%).

Ce sont les pays situés sous la barre des 15 premières destinations qui ont gagné beaucoup de terrain durant toutes ces années, pour finalement s’approprier 40% des arrivées internationales en 2002 et surpasser le nombre total des arrivées des 5 plus importantes nations (35%). (Lire aussi: Les stars au firmament des destinations et Les grandes destinations classiques et les vedettes montantes.)

Quant au Canada, il occupait la 2e position du classement du Top 10 des destinations en 1950. En 1970, il avait glissé au 11e rang et, après avoir oscillé au classement mondial, il retournait au 11e rang en 2004. En 1990, le Canada s’accaparait 3,8% des arrivées internationales à l’échelle mondiale. Ce pourcentage est passé à 3,1% en 1998 et à 2,5% en 2004.

Graphique 1

Source: Organisation mondiale du tourisme

Au fil des années, les traditionnelles vacances d’été «soleil et mer» ont cédé le pas à un monde de découvertes, à la diversification des types de tourisme et à un marché fragmenté. Les destinations se sont multipliées et offrent désormais plusieurs produits et toute une panoplie d’expériences différentes.

En conférence, Jean-Marc Eustache de Transat A.T. inc. soulignait la métamorphose du marché en matière de tourisme international. «Historiquement, le touriste était occidental, et il venait soit des États-Unis, soit d’Europe de l’Ouest. Une poignée de pays fournissait le plus gros du contingent touristique mondial. Et par ailleurs les destinations de prédilection se comptaient sur les doigts de la main. Sans avoir fait le calcul, je pense que la loi du 80/20 s’appliquait: 80% des touristes venaient d’une poignée de pays, toujours les mêmes, et visitaient une poignée de pays, toujours les mêmes. Tout ça est en train de changer très vite. […] Ce ne sont plus quelques dizaines de destinations qui se font concurrence pour se partager la part du lion du tourisme international, mais des centaines.»

Sources:
– Eustache, Jean-Marc. «Tourisme: les défis de demain», conférence prononcée au Cercle de tourisme du Québec – Chaire de Tourisme, ESG-UQAM, Montréal, 22 septembre 2005. http://transatat.com/fr/centre_medias/2.3.discours.asp.
– Eustache, Jean-Marc. «Bâtir la destination touristique internationale de demain», conférence prononcée à la Chambre de commerce de Québec, Québec, 21 février 2006. http://transatat.com/fr/centre_medias/2.3.discours.asp.
– Yeoman, Ian et Colin Munro, Une McMahon-Beattie. «Tomorrow’s: World, Consumer and Tourist», Journal of Vacation Marketing, vol. 12, no 2, avril 2006, p.174-192.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Nombre de touristes ou recettes touristiques?

Doit-on comptabiliser la croissance de l’industrie touristique en nombre d’arrivées internationales ou en retombées économiques? Dans quel classement préfère-t-on performer le mieux? Où le Canada se positionne-t-il? Dans le processus de comparaison entre les pays, nous nous sommes aperçus que nous faisions fausse route en essayant d’analyser les taux de croissance des recettes touristiques internationales de 2004 par rapport à 2003.

Des chiffres déroutants

L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) soulignait que, après avoir diminué pendant trois années consécutives, les recettes du tourisme international ont augmenté de 9% en 2004, tout en précisant que cette augmentation était exprimée en devises locales et en prix constants, c’est-à-dire en faisant abstraction des effets des variations des taux de change et de l’inflation.

Quand on examine les taux de croissance de 2004 par rapport à 2003 des recettes du tourisme international en dollars américains (statistiques de l’OMT), il y a de quoi être ébahi!

  • À l’échelle mondiale, l’augmentation se chiffre à 18,8%.
  • L’Asie-Pacifique affiche une croissance de 31,8% et le Moyen-Orient de 24,8%.
  • En Europe, un seul pays (Hongrie) se situe sous la barre des 10%.
  • En Asie-Pacifique, la majorité des destinations (12 pays sur 15) présentent des taux de croissance supérieurs à 20%.
  • Le Canada peut se réjouir d’une hausse de 21,8% de ses recettes.

Or, quand on examine les taux de croissance de 2004 par rapport à 2003 des recettes du tourisme international en euros (statistiques de l’OMT), il y a de quoi être déconcerté!

  • À l’échelle mondiale, l’augmentation se chiffre à 8%.
  • L’Asie-Pacifique affiche une croissance de 19,8% et le Moyen-Orient de 13,5%.
  • En Europe, deux pays seulement (Ukraine et Pologne) se situent au-dessus de la barre des 10%.
  • En Asie-Pacifique, un peu moins de la moitié des destinations (6 pays sur 15) présentent des taux de croissance supérieurs à 20%.
  • Le Canada fait bonne figure avec une hausse de 10,7% de ses recettes.

À la lumière de ces statistiques, il devient difficile de comparer les taux de croissance des recettes entre les pays. En effet, si le yen a gagné plus de terrain par rapport à l’euro que le dollar canadien durant l’année, le taux de croissance reflète tant l’évolution du taux de change que l’évolution des recettes. Si les statistiques des recettes étaient produites en devises locales et en prix constants, l’exercice serait plus juste et plus révélateur.

Dans quel classement préfère-t-on faire meilleure figure?

La France constitue la destination mondiale numéro un en termes d’arrivées internationales, mais se classe au 3e rang en ce qui concerne les recettes touristiques. Et non seulement c’est elle qui affiche la plus mauvaise performance en ce qui a trait à la dépense moyenne par arrivée internationale parmi le Top 12 des recettes, mais elle est aussi surpassée par de nombreuses autres destinations. À l’inverse, les États-Unis figurent en 3e place en termes d’arrivées, en 1re position pour les recettes, et font très bonne figure sur le plan des dépenses moyennes (tableau 1).

Malheureusement, certaines données manquantes, comme la durée du séjour, nous empêchent de brosser un portrait plus précis de la situation. Mais, en jonglant avec les chiffres (tableaux 1 et 2), on peut tout de même relever d’autres points intéressants:

  • Avec 38% moins d’arrivées, les États-Unis engrangent 45% plus de recettes que la France. Le touriste qui visite les États-Unis dépense trois fois plus qu’en France, soit 1616 USD contre 544.
  • Les États-Unis et l’Allemagne se positionnent avantageusement dans les trois classements (recettes, arrivées et dépenses moyennes).
  • L’Australie est le pays le plus performant quant aux dépenses moyennes selon les données de 2003 (arrivées 4,4 millions, recettes 10,3 milliards USD, dépenses moyennes 2370 USD). Il réussit à occuper le 10e rang pour les recettes en 2004, même s’il n’apparaît pas dans le Top 20 des arrivées (en 20e position, les Pays-Bas avec 9,6 millions). Il enregistre sensiblement les mêmes recettes que le Canada pour quatre fois moins d’arrivées.
  • Le Japon et la Belgique (données de 2003 pour les arrivées) font partie du club sélect des 20 pour les recettes (20e position, la Malaisie avec 8,2 milliards USD), mais ne figurent pas à celui des arrivées. Leur ratio de dépenses moyennes est évidemment très élevé.
  • Même s’ils ne sont pas répertoriés dans les 20 premières positions du classement des recettes, plusieurs pays (tableau 2) réussissent tout de même une meilleure performance sur le plan des dépenses moyennes que d’autres qui y sont présents.
  • Hong Kong, la Pologne, la Hongrie et l’Ukraine, tous situés dans le Top 20 des arrivées, font piètre figure au chapitre des dépenses moyennes avec des montants inférieurs à 500 USD.
  • Malgré ses 6 millions d’arrivées, la Tunisie ne réussit pas à générer des retombées économiques substantielles, avec une dépense moyenne de 318 USD par arrivée internationale.
  • Avec un ratio de dépenses moyennes de 702 CAD en 2004 (3,3 millions de touristes étrangers et 2,3 milliards CAD en recettes), le Québec surpasse la moyenne canadienne.

Que doit-on en conclure?

Quand on voit des chiffres, où la France se targue d’avoir 75 millions d’arrivées internationales et qu’elle ne réussit à obtenir qu’un ratio de dépenses moyennes de 544 USD, on se demande si les statistiques parlent d’elles-mêmes, si l’on doit les remettre en question, s’il manque des renseignements essentiels pour les interpréter efficacement, si les méthodologies sont homogènes ou…

L’analyse des données permet de constater que plus d’arrivées n’égalent pas nécessairement des recettes accrues. Dans cet esprit, plusieurs pays souhaitent que les visiteurs dépensent davantage.

Au Royaume-Uni, l’Office national des statistiques comptabilisait des hausses de 11% des touristes en 2004 (27,3 millions) par rapport à 2003 et de 8% des recettes (12,8 milliards de livres). Malgré ce bilan positif, VisitBritain vise évidemment à augmenter le nombre de touristes, mais surtout à augmenter leurs dépenses.

Parmi les destinations de tête, l’Italie avoue avoir connu une année 2004 plutôt mauvaise par rapport à 2003. La chute de 2,2% du nombre de nuitées (336,8 millions) et le recul de la durée moyenne des séjours (4,06) de 2,4% viennent jeter une ombre au tableau des recettes.

Même discours chez les professionnels espagnols chez qui «moins de touristes et plus de rentabilité» est devenu le nouveau credo des grands groupes hôteliers et des touristiques espagnols. Les autorités gouvernementales aussi estiment qu’il serait préférable de recevoir moins de touristes, mais avec une durée de séjour plus longue. Le nombre de visiteurs a progressé de 3,4% en 2004 (53,6 millions), mais le volume des recettes n’a pas suivi, ce qui constitue un recul au chapitre des dépenses moyennes.

Au Québec, l’Association touristique régionale (ATR) de la Gaspésie a fait le même constat: malgré l’augmentation du nombre de touristes, ces derniers demeurent moins longtemps et dépensent moins qu’auparavant. Pour contrer ce problème, l’ATR a accru sa présence sur les marchés promotionnels, a investi dans les programmes de formation axés sur l’approche client et a entrepris une démarche «Qualité».

Évidemment, la méthodologie et la comptabilisation des données peuvent différer d’un pays à l’autre et rendre difficile les comparaisons (lire aussi: Saviez-vous que… les statistiques nous réservent des surprises?). Mais, au-delà des chiffres, la question posée reste d’intérêt. Est-ce que l’objectif est d’attirer plus de touristes avec toutes les conséquences qui s’ensuivent ou de voir progresser les retombées économiques dans une perspective de développement durable?

Sources:
– Alves, Jose. «L’Espagne remet en cause son modèle touristique», Les Échos, no 19338, 27 janvier 2005, p. 26.
– McGrath, Ginny. «Britain Needs Big Spenders», Travelmole, 9 février 2005.
– Organisation mondiale du tourisme. «Tourism Highlights», Édition 2005.
– Voilà.fr. «L’Italie a connu une mauvaise année touristiques en 2004», [www.voila.fr], 11 février 2005.

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Faits et chiffres Segments de clientèles

Comportement de voyage des touristes d’affaires québécois

Saviez-vous qu’un plus grand nombre d’Ontariens visitent Montréal pour affaires qu’il n’y a de Québécois qui le font? La ville de Québec, pour sa part, surpasse Montréal pour ce qui est du marché québécois. On constate par ailleurs que, si New York est une destination d’affaires plus importante que Boston pour les Québécois, elle l’est encore davantage pour les Ontariens pour qui cette ville semble constituer un lien d’affaires tout à fait naturel. Il y a d’autres constats intéressants à tirer, notamment sur les moyens de transport utilisés, les nuitées commerciales et la location de voitures.

L’Ontario, manne des voyageurs d’affaires

Selon les données du Print Measurement Bureau (PMB) 2005, l’Ontario constitue la province où réside le plus grand nombre de voyageurs d’affaires; en effet, près de 1,37 million de personnes y ont indiqué avoir réalisé une telle sortie au cours des 12 derniers mois (graphique 1). Parmi ceux-ci, 210 000 peuvent être considérés comme de grands voyageurs (ceux qui effectuent au moins 9 déplacements par année). Précisons qu’un voyage compte un trajet simple d’au moins 80 kilomètres.

Quant aux Québécois, ils sont plus de 664 000 à avoir effectué un déplacement d’affaires, toutes destinations confondues, dont 124 000 qui appartiennent à la catégorie des grands voyageurs (9 fois ou plus). Plus de 401 000 Québécois ont spécifiquement déclaré avoir effectué au moins un voyage d’affaires au Québec au cours de la dernière année. On remarque également l’importance du marché de Toronto qui émet à lui seul presque autant de touristes d’affaires (611 000) que l’ensemble du Québec.

Par ailleurs, l’univers des voyages d’affaires demeure un monde à forte prédominance masculine, comme en témoignent les pourcentages suivants:

  • 59% des Canadiens qui effectuent 1 ou 2 voyages annuellement sont des hommes;
  • 66% des Canadiens qui effectuent 3 à 8 voyages annuellement sont des hommes;
  • 79% des Canadiens qui effectuent plus de 9 voyages annuellement sont des hommes.

Gros plan sur les Montréalais

Les Montréalais, de même que l’ensemble des Québécois, voyagent moins par affaires que la moyenne canadienne. En y regardant de plus près, on constate que plus de 349 000 personnes de 12 ans et plus résidant dans la région métropolitaine de Montréal ont effectué un voyage d’affaires au cours des 12 derniers mois, soit 11% de ce segment de population, comparativement à 13% pour l’ensemble des Canadiens (graphique 2).

Proportionnellement, ce sont les Montréalais blancs anglophones qui voyagent le plus (19%) par affaires, alors que les francophones blancs unilingues se situent à l’opposé (5%). Sur le plan de la fréquence, 4,8% des Montréalais effectuent un ou deux voyages par an et 2,9% de 3 à 5. Seulement 1,5% des Québécois environ (97 000 personnes) peuvent être considérés comme des voyageurs d’affaires réguliers, avec 12 déplacements et plus annuellement.

Destinations d’affaires

Plus de 676 000 Canadiens ont effectué au moins un déplacement d’affaires à Toronto au cours des 12 derniers mois, dont quelque 303 000 qui y sont allés plusieurs fois. Montréal se classe en deuxième position, alors que 414 000 voyageurs d’affaires s’y sont rendus. Fait intéressant, il y a plus d’Ontariens (204 000) qui visitent Montréal pour leur travail qu’il n’y a de Québécois (136 000), alors que, pour la ville de Québec, c’est tout le contraire, avec seulement 84 000 Ontariens contre 248 000 Québécois (graphique 3). New York et Boston constituent les villes les plus fréquentées, mais, toutes proportions gardées, les Québécois se rendent beaucoup moins dans la métropole new-yorkaise que leurs voisins ontariens.

Les retombées en matière d’hébergement

La clientèle d’affaires génère d’importantes recettes touristiques, notamment pour le secteur de l’hébergement. Environ 635 000 Québécois ont déclaré avoir utilisé un hôtel ou un motel au cours d’un déplacement pour le travail au cours des 12 derniers mois (graphique 4). Parmi ceux-ci, quelque 216 000 les utilisent régulièrement, soit plus de 6 fois par an. Le marché de Montréal représente à lui seul 52% du total des Québécois qui utilisent l’hébergement commercial.

Le graphique ci-dessus démontre clairement l’importance de l’Ontario, qui représente le coeur canadien de l’activité économique. Plus de 1,45 million d’Ontariens ont utilisé un hébergement commercial par affaires au cours de la dernière année, soit près de 40% du marché canadien. On recense même 507 000 Ontariens qui effectuent au moins 7 nuitées annuellement.

Moyens de transport utilisés

Près de 2 millions de Canadiens ont utilisé l’automobile comme principal moyen de transport à l’occasion d’un voyage d’affaires. Au Québec, ce segment de clientèle se chiffre à 411 000 individus. Dans le cas de l’avion, cela représente 1,47 million de Canadiens, dont 213 000 Québécois. Lorsque interrogés sur la classe la plus souvent utilisée, tous buts de voyage confondus, 382 000 Canadiens indiquent voyager en première, alors que 698 000 choisissent plutôt la classe affaires ou exécutive. Quant aux Québécois, ils sont quelque 51 000 à opter pour la première classe et 86 000 pour la classe affaires.

Par rapport aux deux options précédentes, la popularité du train pour effectuer un voyage d’affaires demeure modeste, avec 180 000 utilisateurs canadiens, dont 52 000 Québécois. On remarque toutefois un taux d’incidence particulièrement élevé à prendre le train parmi la population de la région d’Ottawa/Gatineau, soit 5 fois supérieur à la moyenne canadienne. L’emplacement stratégique d’Ottawa sur l’axe ferroviaire entre Toronto et Montréal et l’accès direct aux centres-villes expliquent cet intérêt.

Voitures de location

Le secteur des compagnies de location de voitures est également intimement associé aux déplacements d’affaires. Parmi les Québécois, 164 000 personnes ont déclaré avoir utilisé personnellement une voiture de location pour leur travail au cours des 12 derniers mois (graphique 5). Environ 41 000 Québécois le font sur une base régulière, soit plus de 5 fois annuellement. On remarque l’importance du marché torontois qui surpasse à lui seul amplement tout le marché québécois avec 265 000 utilisateurs.

Fait intéressant à noter, plus de 88% des voyageurs d’affaires québécois réservent à l’avance leur voiture de location, les autres 12% préférant s’en occuper une fois arrivés à destination. La proportion est un peu moins élevée dans le cas du marché ontarien, où 82% des gens réservent à l’avance. La moyenne canadienne se situe à 84%. Signalons que 65% des utilisateurs de voitures de location dans un cadre professionnel sont des hommes.

Plus précisément, c’est la compagnie Budget qui compte le plus grand nombre d’utilisateurs parmi la clientèle d’affaires, avec 370 000 Canadiens et 40 000 Québécois qui ont déclaré avoir été clients au cours des 12 derniers mois (graphique 6). Les entreprises Avis et Hertz se positionnent respectivement en deuxième et troisième places auprès de ce segment de clientèle, à l’échelle canadienne. Précisons que seules les données significatives sur le plan statistique ont été illustrées.

Sources:
– Print Measurement Bureau 2006. «Two-Year Readership Database», traitement spécial d’un profil selon le modèle «Canada 39», 2006.
– Print Measurement Bureau 2005. «Two-Year Readership Database», 2005.

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Comment les Québécois utilisent-ils leur temps libre?

Il existe un dénominateur commun aux vacances, aux activités de loisir et aux autres passe-temps: il s’agit du temps libre. L’industrie touristique livre bataille à d’autres types d’occupation pour accaparer le temps disponible des consommateurs, principalement celui des Québécois. Comment se divise ce précieux temps discrétionnaire? Quelles sont les activités qui bénéficient de la plus forte intensité de pratique? Adoptons-nous les mêmes comportements lorsque nous sommes en vacances?

Distinction entre quantité et intensité

Il est intéressant de constater que certains adeptes consacrent énormément de temps à leur loisir de prédilection. Pour ce faire, nous avons d’abord segmenté les loisirs en deux grandes familles: les activités de plein air et celles de divertissement. Pour différencier les activités de loisirs de plein air et celles liées au divertissement, soulignons que ces dernières comprennent davantage d’activités intérieures ou réalisées dans des espaces extérieurs plus restreints (ex.: jardin zoologique). Pour chacun de ces segments, nous avons divisé l’intensité de la pratique en trois catégories: les amateurs (une ou deux fois par année), les réguliers (3 à 9 fois par année) et les mordus (10 fois ou plus par année).

Planchistes et golfeurs: des avides

D’après les données du Print Measurement Bureau (PMB), la pêche s’avère l’une des activités les plus populaires des Québécois en termes du nombre total d’adeptes: plus de 954 000 personnes s’y adonnent, dont quelque 232 000 mordus (graphique 1). On remarque que le golf arrive non loin derrière, avec ses 755 000 adeptes, mais qu’il se classe bon premier en matière de participation avec ses 236 000 golfeurs «mordus». Les sports de glisse comptent également une grande proportion de passionnés alors que 152 000 skieurs alpins (26%) appartiennent à cette catégorie. C’est encore plus vrai pour les planchistes car c’est la seule activité qui compte plus de mordus (111 000) que de réguliers (65 000) ou d’amateurs (91 000).

Théâtres et clubs de nuit à l’avant-scène du divertissement

Sur le plan du divertissement, les sorties au théâtre (1,32 million de personnes) et dans les clubs de nuit ou les bars (1,29 million de personnes) occupent une grande partie du temps libre des Québécois (graphique 2). La majorité des activités sont pratiquées une à deux fois annuellement, à l’exception des sorties dans les clubs de nuit et les bars où plus du tiers des adeptes (441 000) sont des mordus. On remarque la place importante qu’occupent les activités culturelles différentes dans la vie des gens. 

Temps libre en vacances

Les vacances occupent une grande partie de nos temps libres de loisirs. Au cours des douze derniers mois, plus de 2,85 millions de Québécois ont effectué un voyage de vacances à l’intérieur du Canada (y compris au Québec) et 1,4 million à l’extérieur du pays, selon le Print Measurement Bureau. Précisons qu’il s’agit ici d’individus et non de voyages personnes.

Les sorties à la plage sont particulièrement prisées par les Québécois, puisque 714 000 personnes s’y sont adonnées lors d’un voyage au Canada et 740 000 lors d’un séjour à l’extérieur du pays (graphique 3). Les randonnées pédestres et la visite de parcs nationaux/provinciaux figurent également parmi les activités les plus populaires.

Si l’on examine les taux d’incidence (tableau 1), on constate que 25% des Québécois qui voyagent au Canada se sont rendus à la plage, comparativement à 53% de ceux qui voyagent à l’extérieur du Canada.

Évolution des dépenses de loisirs

Lorsqu’on traduit certains des temps libres en dépenses des ménages, on constate que les spectacles occupent une part de plus en plus importante du portefeuille (graphique 4). En 2004, les ménages québécois ont dépensé en moyenne 605$ pour cette activité. C’est plus que les voyages à forfait qui génèrent des dépenses moyennes de 374$. À ce chapitre, la catégorie des «véhicules de loisirs et moteurs hors-bord» est celle qui affiche les plus forts taux de croissance depuis 1997, alors que ce type d’achat a plus que triplé au cours de cette période.

Même si cela ne se traduit pas toujours en journées de vacances, il est clair que la société est de plus en plus orientée vers les loisirs. Mais il est vrai aussi que nos temps libres s’entremêlent souvent avec nos occupations professionnelles. Il est de plus en plus difficile par exemple de résister à la prise des courriels le week-end. Nos temps libres sont aussi souvent fragmentés et se limitent de plus en plus à de courts séjours. Chose certaine, rien n’empêche l’industrie touristique de se tailler la part du lion dans cette tarte du loisir qui ne cesse de grandir.

Sources:
– Print Measurement Bureau, 2005.
– Statistique Canada, base de données CANSIM, 1997-2004.