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Marchés géographiques

6 marchés touristiques internationaux comparés

Expedia Media Solutions a réalisé une enquête en mars et avril 2017 auprès de touristes de quelques pays. Pour se qualifier, les répondants devaient avoir réservé un voyage en ligne au cours de la dernière année. Les six marchés qui ont été retenus pour les fins de cette analyse comptent tous un échantillon de 1000 répondants.

Avant d’aborder quelques faits marquants de cette enquête, rappelons le volume de visites-personne en provenance de ces marchés au Canada et au Québec (voir le tableau 1). Tous ont connu une hausse considérable en 2016 par rapport à 2015, la Chine en tête. La France et l’Allemagne visitent le Québec dans une plus importante proportion.

Tableau1_importance_voyages

Tous les voyages ne sont pas créés égaux

Selon Expedia, ce sont les Chinois qui ont effectué le plus grand nombre de voyages, mais les séjours des Allemands et des Français sont de plus longue durée (voir le tableau 2). Les Japonais ont tendance à effectuer de plus courts déplacements. La prochaine liaison aérienne directe d’Air Canada entre Montréal et Tokyo favorisera certainement la venue de ces voyageurs. Les Européens voyagent hors de leurs frontières dans des proportions beaucoup plus grandes que les autres marchés comparés. La proximité et l’accessibilité des États voisins y sont bien sûr pour beaucoup.

Le budget alloué au voyage est un élément important pour tous, particulièrement pour les Chinois et les Français.

Tableau2_caracteristiques_voyages

D’un marché à l’autre, les types de voyages effectués varient considérablement (voir le graphique 1). Les Chinois s’intéressent fortement à la détente et aux visites touristiques. Dans plus de la moitié des cas, le dernier voyage des Américains consistait à visiter de la famille ou des amis ainsi qu’à se détendre. L’ensemble de ces clientèles ont effectué des séjours romantiques dans des proportions similaires, à l’exception des Japonais.

graphique1_type_voyageLe dernier voyage a été réservé majoritairement dans les trois mois précédant le départ. Le comportement des Chinois détonne par rapport aux autres marchés (voir le graphique 2) ; ils réservent moins longtemps à l’avance. Les Français et les Allemands se sont organisés légèrement plus tôt que les voyageurs provenant des autres pays comparés.

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Encore ouverts à l’inspiration

Pour les organisations de promotion de destination ou les agences de voyages en ligne comme Expedia, il importe de savoir dans quelle mesure il est possible d’influencer le choix d’un lieu de vacances ou s’il est déjà déterminé dans l’esprit du voyageur avant de réserver. De 43 % à 60 %, des répondants hésitaient entre quelques destinations au moment de décider d’entreprendre un voyage (voir le graphique 3). La moitié des Chinois et 43 % des Américains avaient déjà choisi leur lieu de séjour. Les campagnes inspirationnelles ont ainsi moins d’impact auprès d’eux. Les Japonais semblent avoir une opinion légèrement moins arrêtée sur la destination lorsqu’ils prévoient un voyage. 

3-inspiration_voyage Voyager pour explorer ou selon ses valeurs

Tous ces voyageurs accordent une grande importance au rapport qualité-prix dans le choix d’un lieu de vacances, les Allemands y sont toutefois un peu moins sensibles. La possibilité de pratiquer des activités sportives et de plein air motive fortement ces voyageurs, bien que dans une moindre proportion pour les Japonais. Motivés par tous ces éléments, les Chinois se démarquent particulièrement pour la gastronomie, les vacances familiales et les attraits culturels et historiques d’une destination. L’envie de sortir des sentiers battus ou de vivre une expérience unique et peut-être risquée (You only live once — YOLO) représente aussi un critère de choix d’un voyage, particulièrement pour les Américains, les Chinois et les Français.

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Joindre ces voyageurs n’est pas chose simple pour un gestionnaire touristique. Cependant, mieux connaître leurs habitudes de voyage et leur comportement de planification permet de bien choisir les contributions à des campagnes nationales, régionales ou sectorielles. Pour aller plus loin dans la connaissance des marchés touristiques internationaux, les profils de marché de Destination Canada et de Tourisme Québec constituent de précieuses sources.

 

Source de l’image à la une : Stockio.com

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Segments de clientèles

4 profils de voyageurs asiatiques

L’Asie-Pacifique est maintenant le marché touristique le plus important au monde. D’ici deux décennies, il représentera 42 % du trafic aérien mondial, selon l’IATA. Plus important encore, l’attitude des Asiatiques à l’égard des voyages a changé : quatre voyageurs sur cinq affirment qu’il ne s’agit plus d’un luxe, mais d’une nécessité.

Sabre Corporation, fournisseur de technologies pour l’industrie du voyage, s’est associé à The Futures Company, pour mener une recherche sur les attitudes et les aspirations, actuelles et anticipées, des voyageurs asiatiques. Ils en ont tiré quatre profils type selon deux dimensions principales : le degré de contrôle dans la planification du voyage et la motivation à voyager. Chaque profil comprend une combinaison de voyageurs d’affaires et d’agrément, ainsi qu’une bonne répartition entre les genres et les différents groupes d’âge.

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Source : Sabre et The Futures Company

L’Explorateur : à la découverte de lui-même et du monde !

L’Explorateur décrit le voyage comme un moyen de sortir du quotidien, de lâcher prise, de découvrir le monde. Il sert aussi de tremplin pour grandir en tant qu’individu : un Explorateur sur quatre se déplace pour reconnecter avec lui-même; le score le plus élevé de toutes les catégories. Il est également plus susceptible de voyager en solo.

L’inspiration pour ses voyages, l’Explorateur la puise auprès de ses parents et de ses amis, mais aussi dans les blogues et les guides touristiques. Le temps de la planification venu, il semble le seul maître à bord. En effet, la grande majorité (85 %) préfère investir de son propre temps pour être certain d’élaborer le voyage parfait. Il effectue l’achat de ses billets d’avion et ses réservations hôtelières directement sur les sites Web des fournisseurs ou à l’aide de comparateurs de prix, sur son appareil mobile ou son ordinateur. Malgré ce souci de bien planifier son séjour, l’Explorateur est le type de voyageurs asiatiques qui laisse le plus de place à l’improvisation au cours de son voyage.

Plus des trois quarts des Explorateurs (79 %) estiment qu’il est important d’adopter les coutumes et les traditions de la destination visitée, même si cela signifie qu’ils doivent mettre les leurs de côté (66 % tous types confondus).

 Près d’un touriste chinois sur deux appartient à cette catégorie de voyageurs.

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Source : Sabre et The Futures Company

 L’Engagé, cet organisateur influent !

L’Engagé voyage pour s’exprimer et pour exposer son statut social. Il partage ses aventures avec ses proches sur de multiples plateformes. Cela constitue d’ailleurs une composante essentielle de son expérience de voyage. Il est motivé par un désir de se rapprocher de ceux qui restent à la maison et de partager ses sentiments. L’Engagé est inspirant et influent : 61 % de ce type de voyageurs admettent avoir encouragé quelqu’un à voyager, soit le pourcentage le plus élevé de tous les types de touristes asiatiques. Bien qu’il soit source d’inspiration pour son entourage, l’Engagé se base lui aussi sur les recommandations de parents et d’amis pour rêver ses voyages, mais aussi sur les blogues et les promotions.

Tout comme l’Explorateur, l’Engagé préfère prendre le contrôle des opérations : près de trois touristes sur quatre planifient eux-mêmes leur séjour. Fort possiblement parce qu’ils sont des voyageurs aguerris : plus de la moitié d’entre eux ont voyagé plus de 20 fois au cours de leur vie et 39 %, plus de 3 fois par année. La majorité (plus de 50 %) a joué un rôle clé dans la planification de ses voyages dès la fin de son adolescence et au début de sa vingtaine.

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Source : Sabre et The Futures Company

Le Suiveur : en famille et avec les amis

Le Suiveur aime être pris en charge. De tous les types de voyageurs, il est le plus susceptible de s’allier les services d’un agent de voyage pour la planification de son séjour (72 %). S’il réserve son billet d’avion sur le site Web des transporteurs, le Suiveur préfère réserver son hébergement auprès de son agent de voyages.

Même si la majorité des Suiveurs sont enclins à voyager de façon autonome, en famille et entre amis (93 %), quatre sur dix se déplacent généralement en groupe organisé, ce qui reflète les préférences des voyageurs plus âgés qui se trouvent en plus grand nombre dans cette catégorie de touristes. Le Suiveur partage ses expériences de voyage principalement pour se connecter avec ses amis et sa famille à la maison, très peu (10 %) pour faire part de ses accomplissements.

Les Japonais représentent la plus grande proportion de voyageurs de cette catégorie. Toutefois, ils diffèrent des autres Suiveurs asiatiques puisqu’ils préfèrent une expérience de voyage spontanée et flexible (45 % comparativement à 36 %). Ils préfèrent aussi bâtir leur propre itinéraire et sont plus ouverts à la culture de leur destination de voyage.

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Source : Sabre et The Futures Company

L’Opportuniste : spontané et techno

L’Opportuniste veut simplement voyager. Toute occasion est bonne pour explorer le monde et s’immerger dans une nouvelle culture. Bien qu’appartenant au plus petit groupe de voyageurs asiatiques (18 %), l’Opportuniste offre peut-être le plus grand potentiel de dépenses compte tenu de son grand intérêt pour le luxe et le bien-être. On trouve l’Opportuniste en plus grand nombre en Chine et à Taiwan ainsi que, dans une plus petite proportion, en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Indonésie.

L’Opportuniste est spontané. Plus des deux tiers passent une semaine ou moins à planifier leur voyage, la proportion la plus élevée toutes catégories confondues. Cela découle de leur désir d’être pris en charge, souvent par un agent de voyages.

Bien que la majorité des Opportunistes voyagent principalement pour se détendre et relaxer, ils le font dans l’espoir d’en retirer une expérience significative pour eux-mêmes. Les deux tiers mentionnent qu’ils voyagent pour se découvrir et s’améliorer eux-mêmes, non pas pour éblouir leur entourage. Ils tentent de tirer le meilleur parti de l’expérience sans être encombrés par les aspects pratiques. Ils accordent plus d’importance que les Explorateurs et les Engagés à avoir un guide touristique « humain », mais ils sont aussi les plus disposés à essayer les nouvelles technologies comme la réalité augmentée.

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Source : Sabre et The Futures Company

Cette étude confirme que le touriste asiatique ne forme pas un bloc monolithique, qu’il existe plusieurs facettes à sa personnalité et une grande diversité dans ses motivations et sa manière de voyager.

Source de l’image à la une : Sabre

 

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Tendances

Qui sera le touriste de demain ?

La Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM, en collaboration avec Tourisme Montréal, dévoilait le 18 janvier 2017 les quatre grands mouvements qui exerceront une influence sur le touriste de demain : le changement dans l’ordre mondial, les nouveaux enjeux démographiques, l’environnement sous tension et les technologies disruptives. Selon les deux conférenciers experts de l’industrie touristique, Paul Arseneault et Pierre Bellerose, le secteur du voyage tel que nous le connaissons sera transformé et les effets sur le touriste seront multiples. 

Le touriste de demain sera…

  • Plus libre
  • Plus intolérant à l’inquiétude et au stress
  • Plus confiant en lui
  • Plus spontané
  • Plus proactif face aux questions éthiques
  • Parfaitement autonome
  • Entièrement numérique
  • Connu et mesuré dans toutes ses actions et préférences
  • Prévisible au-delà de sa propre conscience (scruté en permanence sous ses moindres coutures)

Voici comment les grands bouleversements mondiaux occasionneront quelques-uns de ces changements sur le touriste.

Le touriste de demain sera plus libre de voyager

Cette évolution vers plus de liberté s’expliquera par la multiplication de la classe moyenne, par le basculement du pouvoir économique aux pays émergents et par l’accessibilité accrue aux technologies.

Multiplication de la classe moyenne 

À l’horizon 2030, la pauvreté extrême diminuera fortement. Selon KPMG, 60 % de la population fera partie de la classe moyenne, comparativement à 27 % en 2009, et 80 % d’entre elle proviendra des pays en développement. L’entreprise Visa prévoit que près de la moitié de tous les ménages à travers le monde pourront s’offrir un voyage en 2025.

multiplication de la classe moyenne en 2030

Source : KPMG

La croissance des voyageurs asiatiques est déjà bien visible. En 2015, la Chine est devenue le premier pays émetteur en matière de dépenses touristiques selon l’Organisation mondiale du tourisme. Elles totalisaient 292 milliards de dollars américains, soit plus du double de celles des États-Unis, au deuxième rang.

Vers plus d’autonomie et d’émancipation 

L’accès à l’information, favorisé par l’utilisation généralisée d’Internet et des réseaux sociaux, a contribué à l’autonomisation et à l’émancipation des individus, c’est-à-dire à leur faculté d’émettre un jugement, de prendre part aux débats publics et d’exercer une pression sur les gouvernements et les communautés internationales. Ceci est particulièrement remarquable dans les pays en développement. Cette tendance s’intensifiera puisqu’en 2030, 50 % de la population aura accès à Internet, comparativement à 34 % en 2012, selon KPMG.

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Source : KPMG

Ainsi, le touriste de demain sera plus « intelligent », mais son émancipation aura pour conséquence la fragmentation extrême de ses besoins, de ses goûts et de ses opinions. De plus, le voyage sera la nouvelle forme d’affirmation de l’individualité, en particulier avec la multiplication des personnes seules.

Le pouvoir aux économies émergentes 

L’activité économique et la croissance se déplacent vers l’Asie et l’Amérique latine. Selon KPMG, les pays en développement devraient générer 57 % du PIB mondial d’ici 2030. De plus, la Banque mondiale prévoit que la Chine, à elle seule, sera responsable du tiers de la croissance mondiale d’ici 2025. La hausse du pouvoir d’achat dans ces pays est une des conséquences du déplacement du pouvoir économique. Singles’ Day en Chine est le plus important événement de magasinage en ligne au monde. En 24 heures, 17,8 milliards de dollars américains ont été dépensés sur le site Web du leader Alibaba en 2016.

Le touriste de demain sera plus intolérant à l’inquiétude et au stress

Bien que davantage d’individus auront la liberté de voyager, les touristes chercheront à réduire leurs inquiétudes et leur stress face aux tensions mondiales, aux enjeux sécuritaires et au réchauffement climatique.

Tensions mondiales et enjeux sécuritaires

Du référendum néerlandais d’avril dernier à celui plus récent en Italie, en passant par le Brexit et par l’élection de Trump, s’égrène une série de scrutins qui représentent à la fois une réaction, mais aussi une certaine direction vers le protectionnisme. Plusieurs autres signes présagent les tensions mondiales à venir, telles que la remise en question des traités de libre-échange et l’incertitude à long terme de l’équilibre commercial mondial.

Les enjeux sécuritaires, qui étaient jusqu’à présent conjoncturels, se maintiendront dans le temps, en particulier en Europe et au Moyen-Orient. La population souhaite une sécurisation à laquelle elle n’aurait pas consentie auparavant, telle que le retour des frontières, des visas et des contrôles. Le tourisme demeurant une priorité élevée, les voyages s’effectueront davantage à l’intérieur des frontières et dans d’autres destinations perçues plus sécuritaires. Le consommateur recherchera des marques qui le rassureront et réduiront ses anxiétés. Le marketing de réassurance prendra alors toute son importance et les procédures de modification et d’annulation de voyage s’assoupliront.

Réchauffement climatique : de la théorie à la triste réalité   

Ouranos, un consortium sur la climatologie régionale et l’adaptation aux changements climatiques, anticipe des hausses de température au Québec pouvant aller de 2 à 4 °C d’ici 2050. Cela devrait s’accompagner d’une diminution de la durée de la saison d’enneigement, d’une augmentation de la durée des vagues de chaleur et de la quantité de précipitations. Le littoral du Québec maritime est composé à 50 % de côtes en érosion, dont 43 % potentiellement à risque de submersion.

Les effets prévisibles du réchauffement climatique affectent déjà de plein fouet l’industrie touristique mondiale. La montée des eaux sera une triste réalité pour beaucoup de pays. Les touristes choisiront des destinations où les risques d’intempéries seront les moins élevés et opteront pour des marques impliquées dans les causes environnementales, mais aussi sociales et humanitaires. La responsabilité sociale des entreprises sera un critère de choix primordial.

Le touriste de demain sera entièrement numérique

De nombreuses technologies, dont l’intelligence artificielle, l’internet des objets, la voiture autonome et la réalité virtuelle, faciliteront l’intégration du numérique dans toutes les sphères du voyage, mais de manière moins perceptible qu’aujourd’hui.

Abandon de la vie privée   

Selon le Forum économique mondial, 80 % de la population aura une identité numérique en 2023. Il sera de plus en plus ardu de protéger sa vie privée en raison de l’accès illimité à l’information et aux mégadonnées. La gestion de la réputation en ligne sera alors incontournable, tant pour les entreprises que pour les individus, qui se surveillent dès lors entre eux, depuis l’apparition des médias sociaux. Pour recevoir un service personnalisé de la part des entreprises, les consommateurs devront accepter une perte de confidentialité de leurs informations personnelles. À mesure que les algorithmes prolifèreront, leurs actions et leurs préférences seront de plus en plus connues et mesurées.

Nouvelles mutations touristiques   

Avec l’apparition de tous ces bouleversements mondiaux, des mutations numériques émergent dans le secteur touristique :

  • Le terme « e-tourisme » n’a plus lieu d’être puisque le numérique est intégré dans toutes les sphères du tourisme.
  • L’atout premier des technologies est de fluidifier l’expérience de voyage. Amadeus investit 500 millions d’euros par an dans la technologie « pour diminuer les irritants et réduire le stress du voyageur », une demande de la nouvelle génération.
  • Amadeus prédit l’arrivée des agences de voyages mobiles pour accompagner l’utilisateur tout le long de son séjour. Une seule application répondra à tous ses besoins. WeChat est-il un exemple précurseur, comme le démontre cette vidéo ? Serait-ce la fin programmée des acteurs institutionnels du tourisme comme intermédiaires ?

 Paul Arseneault et Pierre Bellerose

Source : © Stef & Stef Photographie

En définitive, selon messieurs Arseneault et Bellerose, le touriste de demain aura modifié son rapport :

  • Au temps : ce qui est mémorable est éphémère;
  • À l’autre : interactions sociales mondialisées;
  • Au monde, à la communauté et à la société : citoyen autonome du monde;
  • Au voyage : une action courante et nécessaire.

Retrouvez l’ensemble des éléments abordés en consultant la présentation complète ou en visionnant la vidéo de la conférence ci-dessous.

Les bouleversements qui auront un impact sur le touriste d’ici 2030 :

Changement dans l’ordre mondial :

  • Tensions mondiales et enjeux sécuritaires
  • Déclin de l’empire américain
  • Alliances nouvelles et multiples entre les États et affaiblissement des régions
  • Le pouvoir aux économies émergentes
  • Perte d’importance des organisations internationales
  • Règne des grands groupes
  • Élargissement des flux mondiaux

Nouveaux enjeux démographiques :

  • Migrations
  • Vieillissement et mutations démographiques mondiaux
  • Personnes seules
  • Multiplication de la classe moyenne
  • L’humanité s’urbanise radicalement
  • Forte aspiration à l’autonomisation et à l’émancipation des individus
  • Les milléniaux au pouvoir

Environnement sous tension :

  • Réchauffement climatique : de la théorie à la triste réalité
  • Enjeux énergétiques et tensions géopolitiques
  • Retour à la nature
  • L’ère de la sensibilité et des défis éthiques

Technologies disruptives :

  • Algorithmes
  • Abandon de la vie privée
  • L’Internet des objets révolutionnera le tourisme
  • Voiture autonome et mobilité
  • Réalités virtuelles et superposées
  • Nouvelles mutations touristiques

 

Source de l’image à la une: © Paul Arseneault 

 

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Marketing

Des selfies géants pour vendre une destination

C’est en tenant compte de cette habitude que Tourism Australia a lancé un nouvel outil qui leur est destiné, le GIGA Selfie. Celui-ci permet aux utilisateurs de créer un égoportrait à une longue distance. 

Pour réaliser leur selfie géant, les touristes doivent d’abord télécharger l’application GIGA, puis se positionner d’une manière particulière à un endroit désigné dans plusieurs lieux emblématiques, et enfin cliquer sur l’application pour déclencher une caméra placée jusqu’à mille pieds d’eux. Le résultat : un court vidéoclip qui commence par un gros plan, mais qui en reculant révèle le paysage environnant. Une excellente façon de mettre en scène la destination en se basant sur les champs d’intérêts de sa clientèle cible !

Pour vous en convaincre, consultez la vidéo suivante.


Source : YouTube.com

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Apprivoisons le Tigre indien

Une croissance des voyages internationaux de plus de 10% annuellement, une classe moyenne qui se multiplie, une population qui devrait dépasser celle de la Chine dans 20 ans et une explosion du tourisme en ligne. Encore timide au Québec, le marché indien suit néanmoins une courbe de croissance qui en surpasse plus d’un.

La classe moyenne: pas du tout en voie d’extinction!

L’Inde, un des quatre pays du BRIC, jouit actuellement d’une économie forte, avec un PIB (produit intérieur brut) qui augmente d’environ 8% par année. (À propos du BRIC, c’est-à-dire les pays émergents que sont le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, lire: Le marché brésilien: une puissance montante.) Sa population s’élève à plus de 1,1 milliard de personnes et les Nations Unies prévoient qu’elle surpassera celle de la Chine en 2030.

Cette situation engendre une croissance de la classe moyenne: le premier facteur favorisant les voyages des Indiens. Environ 300 millions de ménages indiens gagnent plus de 2000 USD par année et 58 millions plus de 4400 USD. Bien que de tels revenus situent ceux-ci dans la classe moyenne, en raison du faible coût de la vie dans le pays, ils sont encore insuffisants pour leur permettre de faire des voyages internationaux.

La Pacific Asia Travel Association (PATA) rapporte que les individus dont le revenu est de 3000 à 5500 USD sont en mesure d’économiser pour s’offrir des biens et des expériences de voyages et qu’ils représentent 22% de la population. Ils devraient compter pour 33% en 2015. Le groupe dont le revenu dépasse 5500 USD équivaut actuellement à 10% des ménages et cette part augmentera à 15% en 2015. Pour être en mesure de faire un voyage long-courrier, par exemple vers le Canada, les revenus doivent être encore plus élevés. Ils le sont d’ailleurs dans les régions urbaines de Chandigarh, de Goa et de New Delhi.

Le pays présente néanmoins d’importantes disparités salariales. Certaines régions s’enrichissent, notamment dans le sud du pays, alors que les très peuplés États du centre et du nord-est de l’Inde demeurent parmi les plus pauvres du monde. Environ 400 millions de personnes y vivent avec moins de un dollar par jour.

La faune voyageuse actuelle et potentielle

Le potentiel du marché indien a souvent été comparé à celui de la Chine. (Lire aussi: L’Inde, un marché à surveiller.) Contrairement à cette dernière, l’Inde permet à sa population de voyager librement, sans contraintes gouvernementales. (Lire: Mettre les pendules à l’heure… de la Chine.) De plus, les Indiens ont davantage d’expérience en matière de voyages et parlent plus couramment l’anglais. C’est, en fait, un des marchés touristiques émetteurs qui enregistre la croissance la plus rapide du monde.

Les campagnes agressives de promotion auprès du marché indien (de plus en plus d’organismes nationaux de promotion touristique ont reconnu le potentiel de l’Inde et envahissent le pays) et l’avancée des transporteurs low cost, avec leurs tarifs abordables, sont d’autres éléments qui ont contribué au désir des Indiens de voyager à l’étranger. Le tourisme expéditif demeure toutefois plutôt désorganisé, avec plus de 20 000 agents de voyages disséminés dans tout le pays.

Les habitants de l’Inde ont fait près de 8,3 millions de voyages internationaux en 2006, comparé à 6,2 millions en 2004 et à 4,4 millions en 2000, soit une augmentation moyenne de plus de 10%. Les dépenses touristiques suivent un rythme encore plus déroutant.

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Les destinations de voyages des Indiens varient considérablement selon les sources d’information. En ordre d’importance, on trouve d’abord l’Asie et le Moyen-Orient, l’Europe, les Amériques, la région de l’Australie et du Pacifique et, finalement, l’Afrique.

Le Canada gagne en popularité et les visites suivent un taux de croissance annuel moyen de 15% depuis 2004 (graphique 1).

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La part du Québec était d’environ 16% en 2005, avec 13 100 touristes. Parmi eux, 5600 (43%) étaient entrés directement par le Québec (7600 en 2007). À titre comparatif, l’Ontario a enregistré 54 000 entrées directes en provenance de l’Inde en 2007. Les vols directs ainsi que l’importante communauté indienne favorisent grandement Toronto. Pour le Québec, l’Inde se situait au 14e rang des visiteurs outre-mer en 2005 et au 13e rang pour le Canada, derrière Hong Kong mais devant l’Italie et la Suisse.

Comportement de voyage

Comme c’est le cas pour les destinations, l’information concernant les buts de voyages varie selon les sources. La PATA présente les données d’ACNielsen, qui suggère que le tourisme d’affaires domine les autres motifs primaires (tableau 2). En effet, bien que ce type de déplacement soit stimulé par l’économie effervescente de l’Inde, ces voyageurs ont peut-être aussi fait des visites touristiques ou du magasinage comme second but de voyage.

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Les voyageurs d’agrément deviennent de plus en plus sophistiqués et exigeants. D’ailleurs, selon un sondage de l’agence Thomas Cook, les voyages d’aventure gagnent en popularité, tout comme les activités nautiques et sportives.

Une enquête réalisée par la Commission canadienne du tourisme (CCT) en 2007 auprès d’Indiens ayant voyagé au Canada au cours des trois dernières années nous éclaire sur leur profil et leur comportement de voyage:

  • La population de l’Inde est jeune: 50% a moins de 35 ans; ceux qui voyagent au Canada le sont aussi: les voyageurs indiens au Canada ont de 18 à 49 ans et, de ce groupe, 41% ont 29 ans ou moins.
  • La durée moyenne des séjours est de 9 nuits, certains pouvant durer jusqu’à 21 nuits.
  • La majorité des voyages se font de mars à juin, pour éviter la période la plus chaude en Inde.
  • La plupart sont des voyageurs indépendants (67%).
  • Les principales motivations de voyage sont la visite des points d’intérêts et la détente, alors que d’autres visitent des amis ou des parents (20%).
  • Seulement 21% séjournent chez des parents ou des amis, 54% préférant des hôtels à prix moyen ou modique et 18% choisissant des lieux de villégiature. Parmi les Indiens interrogés par la (CCT) qui ont voyagé au Canada, 89% étaient des professionnels ou des cadres instruits et 82% gagnaient de 6360 CAD à 19 080 CAD, ce qui correspond à des revenus très élevés pour ce pays.
  • Les répondants ont d’ailleurs dépensé en moyenne 6500 CAD par voyage, par groupe, soit plus que ce que gagne un Indien de classe moyenne en une année complète.

Le Tigre est de plus en plus branché!

Alors que seulement 39 millions d’Indiens avaient accès à Internet en 2005, l’Internet & Mobile Association of India prédit que ce nombre s’élèvera à 120 millions en 2010. Internet permet aux Indiens d’être plus au fait des opportunités touristiques et facilite les réservations en ligne. Il y avait 60 millions de téléphones cellulaires en circulation en 2006 et 5 millions s’y ajoutent à chaque mois.

Selon PhoCusWright, le marché indien du tourisme en ligne devrait connaître une croissance retentissante au cours des prochaines années. La propagation d’Internet auprès d’une classe moyenne montante, l’augmentation de la demande pour des voyages, la présence de plus en plus d’entreprises touristiques sur la toile indienne (notamment des low cost) et le développement de plateformes transactionnelles virtuelles sont les principaux facteurs expliquant cette explosion.

PhoCusWright estimait que le marché du tourisme en ligne en Inde, évalué à 295 millions USD en 2005, devrait atteindre 2 milliards USD en 2008. Euromonitor va dans le même sens et prévoit que la vente de voyages par Internet aura augmenté de 272% de 2005 à 2010.

Les entreprises qui souhaitent rejoindre le marché indien par le biais du Web se doivent d’adapter leur mode de paiement aux systèmes de cartes prépayées, très populaires dans le pays. Les cartes de crédit sont encore peu utilisées par les Indiens, traditionnellement économes, quoique la croissance soit forte en cette matière. Les cartes prépayées permettent aux consommateurs de mieux gérer leurs dépenses et peuvent être compatibles avec le paiement en ligne.

En définitive, comme les renseignements statistiques sur l’Inde manquent encore de fiabilité, il est difficile de bien comprendre ce marché et de l’approcher de façon appropriée. Néanmoins, il ne fait aucun doute qu’il continuera de croître à un rythme rapide. Serons-nous dans la course?

Lire aussi:
Le marché brésilien: une puissance montante
L’Inde, un marché à surveiller
Mettre les pendules à l’heure… de la Chine

Sources:
– Commission canadienne du tourisme. «Étude sur les consommateurs et l’industrie touristique de l’Inde», décembre 2007.
– PhoCusWright. «The Emerging Online Travel Market Place in India», 2006.
– Pacific Asia Travel Association. «Total Tourism India», 2006.
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», 2007.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

L’Italie, le Mexique et la France, leaders de la croissance du tourisme d’outre-mer

Le tourisme provenant des pays d’outre-mer se porte bien au Québec, avec une augmentation globale de 9% en 2006 par rapport à 2004. Pourtant, il semble que ce soit la ville de Montréal qui parvienne le mieux à tirer profit de la croissance de ces marchés alors que, pour plusieurs régions touristiques du Québec, les chiffres sont plutôt à la baisse. Par ailleurs, l’année 2006 se traduit aussi par une excellente performance sur le Mexique grâce à une hausse de 30%.

Un regard historique

Tout comme dans un article précédent à propos du marché américain (lire aussi: Les Américains, de la visite rare, qui reste plus longtemps… mais qui dépense moins!), nous présentons une évolution du marché des touristes d’outre-mer en comparant les données de l’année la plus récente (2006) avec les statistiques de 2004 et de 2005. Un profil complémentaire a aussi fait précédemment l’objet d’un traitement et demeure une bonne référence (lire aussi: Les voyageurs d’outre-mer au Québec en 2004 et Les voyageurs d’outre-mer au Québec en 2005). Précisons que les séjours des excursionnistes, en raison de leur faible nombre, ne sont pas pris en considération dans cette analyse.

Un total de 1,09 million de voyageurs d’outre-mer font un voyage touristique au Québec en 2006, soit une hausse de 9% sur l’année précédente (tableau 1). Le marché d’agrément se porte bien avec une croissance constante depuis 2004 (+9%). L’année 2006 confirme l’accroissement spectaculaire de 2005 par rapport à 2004 au chapitre du nombre de touristes en visite chez des parents et des amis (+24%). Seule ombre au tableau, le segment d’affaires est en perte de vitesse avec 20 000 touristes de moins qu’en 2004 (-9%).

tableau_outre-mer_2004-2006

En 2005, c’est durant chacun des trimestres que le Québec réalise des gains auprès de la clientèle touristique d’agrément et en visite de parents ou d’amis (graphique 1). Les deux premiers trimestres demeurent stables en 2006 et le trimestre d’été enregistre un gain de 40 000 touristes par rapport à 2005. Le quatrième trimestre montre quant à lui un léger fléchissement en 2006 comparé à l’année précédente.

graphique1_outre-mer_2004-2006

Olé ! Olé ! Mexico

La France accentue sa domination comme principal marché émetteur de touristes d’outre-mer au Québec avec 294 000 visites en 2006, en hausse de 34 000 (+13%) par rapport à 2004 (graphique 2). Le fait marquant en 2006 est la réjouissante performance sur le marché mexicain. Avec une explosion de 21 000 touristes additionnels en 2006 (+30%), le Mexique passe au troisième rang devant l’Allemagne parmi les principaux marchés d’outre-mer pour le Québec. Le marché italien, avec un gain de 11 000 visites (+41%) en 2006, montre aussi une hausse intéressante et, surtout, la plus forte progression. Sur le plan des régions en perte de vitesse, des baisses sont à signaler en 2006 pour certains marchés éloignés comme le Japon et l’Australie, de même que la Suisse.

graphique2_outre-mer_2004-2006

La manne des longs séjours

Bonne nouvelle, les données concernant les séjours de 17 nuitées et plus sont en forte hausse depuis 2004 (graphique 3). La clientèle touristique d’outre-mer semble privilégier de plus en plus les séjours débordant du circuit traditionnel de 7/14 jours. Cette croissance est toutefois principalement liée au segment des visites chez des parents et des amis. On y retrouve donc certainement un grand nombre de voyageurs autonome de même que de touristes de type «backpacker», en voyage pour étude ou pour une autre forme de séjour prolongé. En 2006, le nombre de nuitées attribuables aux déplacements de plus de 16 jours totalise 6,4 millions de nuitées, soit au-delà de 2 millions de nuitées de plus que pour les séjours de moins de 17 jours (4,3 millions de nuitées).

graphique3_outre-mer_2004-2006

Qui fait quoi?

Peut-être inspirés par l’approche du 400e de Québec, les Français sont beaucoup plus nombreux qu’en 2004 (220 000 vs 134 000) à effectuer une visite d’un site historique lors de leur voyage au Québec en 2006 (graphique 4). En proportion, ce sont les Australiens, les Sud-Coréens et les Suisses qui se montrent les plus curieux de notre histoire. On remarque que les Belges et les Suisses sont peu intéressés par la vie nocturne, contrairement aux Français notamment. Les Japonais et les Belges sont les plus friands de nos parcs naturels. Les plus grands consommateurs de plein air se retrouvent du côté des Pays-Bas, alors que les plus avides amateurs de casinos viennent de la Belgique.

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Montréal et Québec à la loupe

Les villes de Montréal et de Québec constituent les deux pôles d’intérêt majeurs pour la clientèle touristique internationale. Vu l’importance de ces deux régions comme destination de voyage des visiteurs d’outre-mer, nous présentons, pour chacune d’elles, l’évolution du nombre de touristes selon le pays de provenance, de 2004 à 2006.

graphique5_outre-mer_2004-2006

La région montréalaise reçoit près de 900 000 touristes en provenance des marchés d’outre-mer (graphique 5). Il s’agit d’une augmentation de 115 000 voyageurs par rapport à 2004. Les attributs latins de la métropole semblent porter ses fruits auprès du marché italien dont la hausse au cours des deux dernières années surpasse celle de l’ensemble du Québec. Le nombre de touristes italiens à Montréal augmente de 118% en 2006 par rapport à 2004. À l’opposé, la baisse du nombre de Japonais est plus prononcée à Montréal (22%).

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La Vieille Capitale accueille environ 427 000 touristes en provenance des pays d’outre-mer en 2006 (graphique 6). Contrairement à ce que l’on observe à Montréal, il s’agit d’une baisse de 15 000 visiteurs par rapport à 2004. Les marchés qui livrent leur meilleure performance en 2006 par rapport à 2004 sont le Royaume-Uni (+5 000), le Mexique (+10 000) et les «autres» pays (+12 000). D’ailleurs, si la tendance se maintient, le Mexique pourrait bientôt devenir le deuxième marché en importance pour la région de Québec. Le marché primaire, la France, affiche un recul de 10 000 visiteurs en 2006 par rapport à l’année précédente.

Avantage Montréal

En terminant, voici l’évolution du nombre de touristes d’outre-mer selon les régions touristiques visitées au Québec (graphique 7). La mention «autres» comprend non seulement les autres régions touristiques, mais aussi les voyageurs qui ont omis de préciser la région visitée.

Il semble que les touristes d’outre-mer privilégient de plus en plus l’expérience urbaine de la métropole. Le nombre de visiteurs à Montréal est en hausse de 9% en 2006 par rapport à 2004. On remarque que toutes les régions du Québec, à l’exception de la Montérégie, de Laval et de la Gaspésie, sont en baisse ou stables en comparaison avec 2004. On constate les plus fortes diminutions du côté de Charlevoix (-27%), de la Côte-Nord (-26%), du Bas-Saint-Laurent (-24%) et des Laurentides (-20%).

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Pour conclure, voici quelques renseignements complémentaires qui permettent de comparer certains éléments du profil touristique des voyageurs d’agrément, selon l’année de référence:

tableau2_outre-mer_2004-2006

Les gains au volet des longs séjours signalés précédemment ne se reflètent pas du côté des voyages d’agrément, alors que la durée moyenne revient en 2006 sensiblement au même niveau qu’en 2004 (10,39 nuitées). La taille moyenne des groupes est en progression à 1,82. Même si l’euro demeure une devise forte par rapport au dollar canadien, les dépenses moyennes par visite sont en baisse à 976$ en 2006 et les dépenses quotidiennes moyennes s’établissent à 94$.
Qu’en est-il de votre clientèle? Observez-vous des changements sur le terrain?

Source:
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2004-2006.

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Enjeux Tendances

Le monde en 2030

Le monde change et il change vite. Skierons-nous encore sur de la vraie neige? Cohabiterons-nous avec des robots? Vivrons-nous jusqu’à 125 ans? Restera-t-il du pétrole pour faire voler nos avions? Beaucoup plus de questions que de réponses donc et les hypothèses sur notre avenir sont aussi nombreuses que contradictoires. Difficile de s’y retrouver dans tout le discours des futurologues, mais amusons-nous à suivre quelques pistes de réflexion. Peut-être celles-ci auront-elles un effet inéluctable sur l’industrie touristique?

La population mondiale

Nous sommes près de 7 milliards de personnes en 2008 et nous serons plus de 8 milliards en 2030. Il faudra donner à manger et à boire à tout ce monde et combler ses besoins en énergie! Vivrons-nous une pénurie de ressources?

Cette croissance démographique proviendra de certaines régions du monde, dont l’Asie et l’Afrique. La déjà si populeuse Chine devrait être dépassée par l’Inde en 2030. En effet, selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies (ONU), l’Inde sera le pays le plus peuplé du monde en 2030, soit cinq ans plus tôt que prévu lors des précédentes estimations. C’est la natalité nettement plus élevée dans le sous-continent qu’en Chine qui explique ce résultat.

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En plus de croître, la population change de profil. En 2006, environ une personne sur 13 avait plus de 65 ans. Cette proportion pourrait passer à une personne sur 8, soit 1 milliard de personnes en 2030. Et ces ratios sont beaucoup plus élevés dans les pays développés. Une forte immigration des pays moins développés vers les plus riches, l’aide robotisée ainsi que la technologie s’occuperont de cette cohorte vieillissante. Qui se prépare à recevoir une clientèle touristique du 3e et même du 4e âge?

Le réchauffement de la planète

Selon un rapport produit par le Benfield-UCL Hazard Research Center, intitulé Holiday 2030, la température globale devrait augmenter de un à deux degré d’ici 2030. Ce changement pourrait avoir des répercussions importantes sur les destinations touristiques. Certaines destinations soleil souffriront d’une chaleur trop extrême; l’Espagne en été par exemple. La hausse du niveau de l’eau contribuera à l’érosion des côtes. L’augmentation des risques d’ouragan, la dégradation des récifs coralliens sont quelques autres conséquences possibles.

Les destinations hivernales seront également touchées. Un récent slogan de la station Aspen au Colorado qui dit «La neige est une espèce en danger» annoncerait-il donc un réel déclin des sports d’hiver? Selon une étude prospective de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le nombre de stations de ski européennes devrait fondre. Au Québec aussi, la saison de ski sera plus courte et reposera de plus en plus sur l’enneigement artificiel (difficile à croire en date d’aujourd’hui!). Mais, dans un contexte d’économie des ressources, les canons à neige gourmands en eau et en énergie auront-ils libre jeu? Et quel sera le prix d’un billet de remontée?

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Lire aussi: Si le climat vous intéresse!

Les enjeux liés aux transports

Nous approchons du moment où le pétrole sera trop dispendieux pour une consommation massive comme maintenant. D’autant plus que, avec une hausse de la population et de la classe moyenne, les besoins énergétiques doubleront dans les 25 prochaines années, malgré une préoccupation grandissante pour l’environnement.

L’époque où la technologie automobile était au service de la vitesse et de la performance achève. Les efforts sont mis à développer des modes de propulsion innovants et bien moins polluants. L’hydrogène ou l’électricité? Les véhicules hybrides se répandent, mais la technologie a encore du chemin à parcourir en matière d’autonomie. En utilisant uniquement sa batterie électrique, la Prius de Toyota ne peut rouler que sur une distance de 2 kilomètres.

On comptait 24 millions de passagers aériens en 1950 et 2,1 milliards en 2006. L’Association internationale du transport aérien (IATA) en prédit 2,75 milliards en 2011… alors combien en 2030? Voici quelques réflexions sur les impacts de cette situation:

  • Le pétrole de plus en plus cher amène les recherches actuelles à réfléchir à des avions qui consommeraient moins et transporteraient encore plus d’individus. Airbus s’est engagé à réduire de 50 % les émissions de dioxyde de carbone de ses avions d’ici à 2020. On parle aussi «d’ailes volantes», c’est-à-dire des machines très plates et triangulaires qui accueilleraient des passagers dans leurs ailes. On fait également des essais pour remettre les dirigeables en service. Près de 80 ans après leur disparition, ils volent à nouveau en 3D sur les écrans d’ordinateur. Ils consommeraient quatre fois moins que les avions et sont envisagés dans le domaine du fret. Leur taille gigantesque demeure un handicap; il faut toujours un mètre cube d’hélium par kilo de charge.
  • Pour que l’essor se poursuive, il faudrait multiplier les aéroports et ce, dans un contexte où les enjeux environnementaux s’accentuent.
  • Comment éviter un encombrement du ciel? En poursuivant le passage des actuelles routes aériennes (marquées au sol par des phares électromagnétiques) vers des routes totalement virtuelles où les avions utilisent les satellites GPS.
  • La question du contrôle aérien demeure. Le système actuel est «humain», donc limité par le nombre d’avions qu’un contrôleur peut diriger à un moment donné. Le monde de l’aviation espère toujours créer des avions totalement indépendants, qui auraient à leur bord les instruments nécessaires pour leur permettre d’éviter les collisions.

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L’avenir du tourisme de masse

Selon une étude du Groupe Cendant, le simple forfait avion-plage ne sera plus au goût du jour en 2020. Les individus préféreront les voyages excitants, ludiques, riches en expériences et en découvertes culturelles. L’industrie touristique devra relever le défi de conjuguer tourisme de masse et authenticité. Il y a cependant un décalage entre les attentes des voyageurs des pays émergents et celles des pays qui ont de l’expérience en matière de voyage. Les exigences des Chinois et des Indiens, par exemple, sont celles d’un Européen des années 1970 ou d’un Japonais d’il y a 10 ans.

La famille nouvelle

Les trente dernières années ont vu la famille se métamorphoser drastiquement. Les tendances actuelles – les différents modes de cohabitation, un nombre élevé de divorces, des naissances hors mariage et des parents célibataires – seront encore plus prononcées en 2020. Les chercheurs s’entendent pour dire que nous pourrons très difficilement parler de «familles typiques» et que ce concept fera place à des familles de tous types et de toutes tailles. De plus, avec la combinaison des dettes étudiantes et de l’augmentation du coût des propriétés, les enfants resteront avec leurs parents plus longtemps!

L’offre touristique devra donc être créative et flexible pour répondre aux intérêts de toute la famille, des grands-parents aux petits-enfants. Chacun aura ses intérêts particuliers, mais ils devront aussi pouvoir se retrouver tous ensemble.

Cependant, tous ne vivront pas en famille, aussi éclatée soit-elle, et la société de demain comptera encore plus de célibataires et de personnes seules. Il faudra leur permettre de se joindre à des groupes qui ont les mêmes centres d’intérêt qu’eux.

Et ce n’est pas tout!

La société comporte combien d’autres facettes qui seront différentes demain. Pensons à la révolution médicale, déjà bien entamée, qui devrait prolonger notre espérance de vie et nous permettre encore plus simplement de subir des retouches esthétiques. Imaginons un monde ou l’Internet sans fil est omniprésent et permet des formules de travail ultra-flexibles, mais aussi une surveillance technologique et un partage de l’information personnelle à grande échelle. Réfléchissons à la présence de robots dans tous les aspects de notre vie quotidienne; cette vision futuriste est certes à nos portes. Spéculons sur l’avenir des grandes villes, toujours plus audacieuses… Mais, surtout, soyons à l’affût de ce qui nous attend, préparons-nous et essayons de préserver ce monde aux mille facettes, qui offre tant à découvrir.

Sources:

– Dugain, Marc. «Le futur, enfin! – Vivre en 2020», Le Monde hors série, 2007.
– Ihaddadène, Luc. «Vous pensiez aller au ski en 2050? – Vivre en 2020», Le Monde hors série, mars 2007.
– Lauer, Stéphane. «Auto: Adieu la frime – Vivre en 2020», Le Monde hors série, octobre 2006.
– Garot, Jean-Marc. Entrevue «La Planète en overbooking – Vivre en 2020», Le Monde hors série, novembre 2005.
– Hopquin, Benoit. «Revoilà le dirigeable! – Vivre en 2020», Le Monde hors série, avril 2007.
– Agence France-Presse. «Le tourisme a encore de beaux jours devant lui jusqu’en 2030», Journal de Montréal, 1er décembre 2007.
– Robertet, Éric. Entrevue «Tourisme – En 2020, « bronzer idiot » ne suffira plus», [LCI.fr], 31 mars 2008.
– Hammond, Ray. «The World in 2030», Plastics Europe, novembre 2007.
– Guardian Special. «The World in 2020», [www.guardian.co.uk], 2004.
– McGuire, Bill, Benfield-UCL Hazard Research Centre. Holiday 2030, Halifax Travel Insurance, 2006.

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Marchés géographiques

Mais qui sont ces Chinois-ci!? Profil des touristes chinois au Canada

Le marché chinois se classe au huitième rang des visiteurs outre-mer au Canada et ce, malgré l’absence du statut de destination autorisée (SDA) qui empêche notre pays de recevoir des groupes de touristes d’agrément et d’effectuer des actions de promotion en Chine. Cette situation particulière explique pourquoi les touristes chinois au Canada n’ont pas exactement le même comportement de voyage que ceux qui se déplacent vers d’autres destinations éloignées détenant le SDA. En outre, considérant le potentiel de ce marché, il y a lieu d’apprendre à le connaître. Pour faire suite à notre dernière analyse sur la Chine (Mettre les pendules à l’heure… de la Chine), voici donc un profil des touristes chinois au Canada et de ceux qui effectuent des voyages hors Asie, tels qu’étudiés par la Commission canadienne du tourisme (CCT) et d’autres sources. Même si les visas pour voyager au Canada ne sont émis que pour visiter un membre de la famille ou par affaires, une fois ici, ces voyageurs en profitent pour faire du tourisme d’agrément. La CCT s’est donc penchée sur les réelles motivations de voyage. Mentionnons que nous traiterons ici de la Chine continentale et que les régions administratives particulières de la Chine que sont Hong Kong et Macau ainsi que l’État de Taïwan ne sont pas inclus.

Profil sociodémographique

Les profils démographiques des voyageurs au Canada et hors Asie se ressemblent. En effet, ces touristes long-courrier, et encore plus ceux du Canada, représentent un groupe d’élite par rapport à la population chinoise. Leur niveau de scolarité, leur salaire et leur poste dans la hiérarchie du travail sont plus élevés et le quart sont retraités. Ils sont instruits, les trois quarts ayant fait des études postsecondaires. Ces voyageurs sont aussi plus âgés, particulièrement au Canada où 34% d’entre eux ont 55 ans ou plus.

Plus de 60% ont un revenu mensuel de plus de 10 000 yuans (1380 CAD), comparativement à environ la moitié des voyageurs hors Asie. Il s’agit de revenus largement au-dessus de la moyenne chinoise où seulement 10% de l’ensemble de la population peut s’offrir des biens de luxe tels que des voyages. Il convient toutefois de rappeler que 10% de la population représente quand même 130 millions d’individus…

Tableau 1
Caractéristiques sociodémographiques
des voyageurs récents
au Canada et hors Asie
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Source: CCT, 2006

Buts et types de voyages

Les voyages d’agrément comptent pour la moitié des déplacements hors Asie, mais les voyages au Canada présentent une tendance différente, soit 26%. Il s’agit de touristes chinois venus au Canada grâce à un visa, soit pour visiter des parents, soit par affaires, mais qui en profitent pour faire du tourisme d’agrément.

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Rappelons que, officiellement, le gouvernement chinois reconnaît deux types de voyages, soit les voyages d’affaires et les voyages personnels. Les premiers englobent quelques segments tels que les voyages officiels (fonctionnaires de l’État ou employés d’entreprises d’État en petites délégations de moins de 10 personnes), les voyages d’entreprises (propriétaires ou employés d’entreprises privées) et les voyages de motivation. Pour tous les voyages d’affaires, la portion relative au travail est négligeable et les voyageurs consacrent la majeure partie de leur séjour à des activités d’agrément. Les voyages personnels incluent les visites de parents et d’amis (VPA), les séjours d’étude ainsi que les voyages d’agrément en groupe.

Les Chinois voyagent seulement depuis quelques années et, en tant que nouveaux touristes, ils choisissent des types de séjours classiques tels que la visite des grandes villes et les visites touristiques générales. Avec le temps, les voyages se spécialiseront de plus en plus. Au Canada, les voyages sont plus susceptibles d’être entrepris pour visiter des membres de la famille et peu de voyages ont pour but de se renseigner sur l’histoire ou la culture ou de faire d’autres activités (magasinage, ski, etc.). Pourtant, le tourisme de plein air représente 11% des voyages hors Asie, principalement axés sur des activités douces en nature. La forte popularité de ce type de voyage en Asie (21%) annonce peut-être une tendance qui pourrait s’étendre aux pays plus éloignés et donc une occasion pour le Canada qui a beaucoup à offrir sur ce plan.

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Origine des touristes et destinations canadiennes visitées

Les touristes chinois proviennent des principales grandes villes – Beijing, Guangzhou, Shanghai et Shenzhen –, où le niveau de vie est largement plus élevé que dans les zones rurales.

En raison de leur importante communauté chinoise et des liaisons aériennes directes et quotidiennes avec Toronto et Vancouver, les provinces les plus visitées sont l’Ontario (85%), suivie de la Colombie-Britannique (80%). En fait, une majorité (66%) des voyageurs visitent ces deux provinces lors d’un voyage au Canada (66%). Environ 15% des visiteurs en provenance de la Chine visitent le Québec.

Comportement de voyage

Comme l’indique le graphique 3, une part importante (57%) des voyages se font à l’intérieur d’un forfait de groupe. Si l’on tient compte des autres types de voyages à forfait, le total est de 65%. Cette proportion est moindre au Canada (47%), où les VPA et les voyages d’affaires peuvent s’effectuer individuellement.

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  • Les voyageurs chinois interrogés préfèrent les hôtels à prix moyen lors de leurs voyages d’agrément long-courrier (56%). Les hôtels de luxe sont également populaires (25%). Évidemment, l’hébergement chez des parents et des amis est très fréquent pour les voyages au Canada (49%).
  • Ces touristes dépensent en moyenne 4496$ par personne pour un voyage au Canada et 4062$ pour ceux hors Asie. Avec une moyenne de 456$ par jour, les dépenses au Canada sont comparables à celles qu’on observe dans les autres destinations extérieures à l’Asie.
  • La durée moyenne de séjour est de 6 jours pour les voyages hors Asie et de 10 jours au Canada.

Les activités pratiquées se regroupent en trois classes: grand public (plus de 50% des voyageurs), spécialisées et créneaux. Ces dernières sont celles qui, sans exercer un attrait de masse en tant qu’activités de vacances, ont la faveur des groupes restreints de voyageurs. Il y a peu de différences entre les activités pratiquées lors des voyages au Canada et ceux hors Asie en général. On observe néanmoins dans le tableau suivant que le magasinage et la visite de points d’intérêt touristique ou de musées sont légèrement moins populaires au Canada que dans les autres voyages hors Asie. Par ailleurs, les visites de jardins, de parcs nationaux, de sites fauniques sont plus souvent choisies au Canada que dans d’autres destinations. La disponibilité de ce type d’expérience en est probablement la principale raison.

Tableau 2
Principales activités des voyageurs

MtL_2007-05_voygrChinois_tbl1

Source: CCT, 2006

Si l’approche du marché chinois vous intéresse, les sources ci-dessous vous informeront de son comportement en matière de planification de voyage. Et n’oubliez pas d’adapter votre accueil:
– Hôteliers, embauchez un membre de votre personnel qui parle le mandarin!
– Restaurateurs, faites traduire votre menu!
– Destinations, avez-vous un portail Web adapté? Prenez exemple sur Tourisme Ontario.
– Tous, apprenez quelques formules d’accueil!

Zai Jian! (Au revoir!)

Lire aussi
Mettre les pendules à l’heure… de la Chine

Sources:
– Commission canadienne du tourisme. «Recherche auprès des consommateurs en Chine», 2006.
– Commission canadienne du tourisme. «Rapport trimestriel sur le marché, Chine», juillet à septembre 2007.
– Mintel. «China Outbound, Travel & Tourism», Analyst no 19, novembre 2007.
– Visit Britain. «China, Market & Trade Profile», mise à jour janvier 2007.

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Enjeux Marchés géographiques

Mettre les pendules à l’heure… de la Chine

La Chine… et ses 41 millions de voyageurs internationaux en 2007 – en hausse de 290% depuis 2000 et de 18,6% par rapport à 2006 – …fait rêver. Pourtant, le Canada n’est toujours pas intégré à la liste des 134 destinations autorisées par le gouvernement chinois. Mais que cela signifie-t-il au juste? Où se situe le Canada par rapport à ce marché? Comment la situation évolue-t-elle? Quel est le potentiel auquel on peut s’attendre?

Le fameux «Statut de destination autorisée (SDA)» que le Canada n’a pas

D’une part, malgré une ouverture beaucoup plus grande, le gouvernement chinois surveille encore de près les déplacements de sa population. Officiellement, seuls les voyages effectués dans le but de visiter des membres de la famille qui vivent à l’étranger, d’étudier ou de faire des affaires sont permis. Il est possible de se procurer un visa pour ces raisons et les procédures s’assouplissent de plus en plus.

D’autre part, depuis 1997, la Chine accepte les touristes d’agrément en son sol et permet à sa population de réaliser des voyages d’agrément dans des destinations approuvées, soit dans les pays qui ont conclu une entente bilatérale avec la Chine et ont ainsi obtenu le SDA. Un visa peut être délivré aux résidants chinois qui feront partie d’un voyage de groupe (minimum de cinq personnes) organisé vers ces destinations par un grossiste autorisé par la Chinese National Tourism Association. Les voyages indépendants ne sont pas encore permis. Outre la possibilité d’accueillir les voyageurs d’agrément, l’autre avantage considérable pour les «destinations approuvées» est que celles-ci peuvent réaliser des activités de promotion auprès du marché chinois. C’est le début d’une nouvelle ère pour le tourisme chinois qui, depuis, ne cesse de progresser.

L’Australie a été le premier pays à obtenir ce statut en 1999 et la liste atteint maintenant 134 destinations. Le dernier en liste et non le moindre, les États-Unis, a conclu une entente en décembre 2007. Ce pays pourra recevoir des touristes d’agrément dès ce printemps. Le Canada accuse donc un retard évident dans l’avancement des discussions. Divers facteurs ont joué sur cette situation:

  • Notre proximité des États-Unis inquiétait la Chine en raison des risques de voir des déserteurs ou des réfugiés tenter d’entrer aux États-Unis par le Canada. Maintenant qu’ils ont obtenu le SDA, ce facteur n’est plus un enjeu et peut même faire avancer la cause du Canada.
  • Un conflit concernant un fugitif chinois a longtemps joué sur les relations avec la Chine, mais ce différend s’est adouci.
  • Les nouveaux irritants sont plutôt attribuables aux relations houleuses de l’administration du premier ministre Harper avec la Chine. Le gouvernement de M. Harper a en effet critiqué ses politiques en matière de droits de l’homme et qui a en outre officiellement reçu le Dalaï Lama, perçu par le gouvernement chinois comme étant un séparatiste.

Avec l’arrivée des États-Unis parmi les pays à SDA, beaucoup de Chinois souhaiteront probablement profiter de leur séjour dans ce pays pour faire un détour par le Canada (en utilisant les circuits classiques tels que New York – Toronto), mais ce ne sera pas possible tant que ce dernier n’aura pas obtenu ce fameux statut. Bref, toute l’industrie touristique attend ce moment avec impatience

Évolution du tourisme… qui dit mieux?

Selon l’Organisation mondiale du tourisme, la Chine sera le quatrième pays émetteur de touristes d’ici 2020, avec environ 100 millions de voyageurs dans le monde. Cette hausse est conditionnée par divers facteurs, dont:

  • L’augmentation de la population: après des années de croissance fulgurante (51% de 1960 à 1980), le rythme ralentit (6,2% de 2000 à 2010), mais devrait se poursuivre jusqu’en 2040.
  • L’économie en plus forte croissance: 8% en moyenne par année depuis 25 ans et la Banque Mondiale se dit optimiste concernant l’avenir de la Chine, malgré les défis et les incertitudes (pauvreté encore très présente, inflation, pollution, etc.). Le PIB (produit intérieur brut)de la Chine devrait progresser de plus de 11% en 2008. À titre comparatif, les pays à revenus élevés ont connu une croissance annuelle moyenne de 2,3% depuis 1996.
  • Une classe moyenne qui prend de l’ampleur: selon la China Brand Strategy Association, environ 175 millions de Chinois peuvent s’offrir des biens de luxe, soit 13% de la population. En 2010, ce nombre passerait à 250 millions.
  • Plus de vacances: depuis 1999, les Chinois bénéficient de trois semaines de congés fériés réparties dans l’année (la plupart des voyages se font durant ces périodes); en outre, les employés du gouvernement disposent, depuis 2000, de 14 jours de vacances supplémentaires par année et cette pratique rejoint d’autres secteurs d’emploi dans les villes.

Il est important de modérer les données concernant les voyages internationaux des Chinois en raison de la comptabilisation des régions administratives spéciales de la Chine que sont Hong Kong et Macau ainsi que l’État de Taïwan. Hong Kong et Macau accueillent à eux seuls 58% des 41 millions de voyageurs chinois internationaux. Par ailleurs, ces territoires représentent d’importants marchés pour le Canada (Taïwan 92 900 visiteurs et Hong Kong 109 700 visiteurs en 2006) et ne sont pas assujettis aux règles relatives au Statut de destination autorisée.

Mais où voyagent-ils? Viennent-ils au Canada?

Quoiqu’il s’agisse d’un petit pourcentage de la population, près de 41 millions de Chinois ont voyagé à l’étranger en 2007. De ce nombre, 36,3 millions de voyages s’effectuent en Asie: Hong Kong, Macau, Singapour, la Thaïlande, le Japon, le Vietnam et la Corée du Sud totalisent ainsi 86% des voyages internationaux.

Parmi les destinations long-courrier se trouvent l’Australie, l’Allemagne, les États-Unis, l’Italie et la France, l’ordre d’importance de ceux-ci variant selon les sources.

Malgré l’absence de ce précieux statut, le Canada reçoit un nombre important de touristes chinois qui voyagent principalement par affaires ou pour visiter de la famille, mais qui en profitent très souvent pour faire du tourisme d’agrément.

Potentiel pour le Canada

Selon le profil du marché chinois réalisé par VisitBritain, le Canada se place en quatrième position parmi les destinations rêvées (sans contraintes budgétaires). Il y a déjà un plus grand nombre de touristes chinois qui viennent au Canada plutôt qu’au Royaume-Uni ou en Nouvelle-Zélande, qui pourtant détiennent le SDA, ce qui porte à croire qu’une fois ce statut obtenu la croissance des arrivées pourrait s’accélérer.

À la suite d’une étude de consommation en Chine réalisée en 2006, la Commission canadienne du tourisme confirme que l’intérêt de ce marché pour le Canada est élevé. Même avec une estimation prudente réalisée à partir des résultats de l’enquête sur l’intérêt à visiter le Canada, la CCT évalue que cet intérêt représente un marché de quelque 500 000 visiteurs chinois potentiels dans les années suivant l’obtention du SDA.

Qui, parmi notre industrie touristique, se prépare à recevoir ce marché? Faites-nous part de vos initiatives en laissant un commentaire au bas de cette page!

Ne manquez pas le profil du marché chinois dans la prochaine édition du Globe-Veilleur.

Sources :
– CANSIM. «Enquête sur les voyages internationaux».
– Commission canadienne du tourisme. «Recherche auprès des consommateurs en Chine», 2006.
– Commission canadienne du tourisme. «Rapport trimestriel sur le marché, Chine», juillet à septembre 2007.
– McEwen, Anne. «Waiting for China’s Tourism Tiger», Capital News Online, 30 mars 2007.
– Mccabe, Aileen. «China Approves U.S. as Tourist Destination», 13 décembre 2007.
– Mintel. «China Outbound, Travel & Tourism», Analyst, no 19, novembre 2007.
– Tourism Australia. «China, ADS Visitor Experience Study», 2003.
– Visit Britain. «China, Market & Trade Profile», mis à jour en janvier 2007.

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Notre côté «voyeur»: les courbes des principales clientèles internationales qui visitent le Canada

Qui visite le Canada? Quels marchés sont en croissance? Lesquels sont en déclin? Comment se profilent les courbes de chacun? Des graphiques et des tableaux qui valent mille mots!

Les données qui suivent, tirées de Statistique Canada, présentent les voyageurs tant excursionnistes que touristes (une nuitée ou plus). Étant donné que les excursionnistes aux États-Unis représentent un nombre moins marginal que pour les autres clientèles étrangères, nous présentons deux tableaux, soit l’ensemble des voyageurs américains (touristes et excursionnistes) et les touristes seulement.

Est-il utile de rappeler que 2001 constitue une année charnière en raison des événements du 11 septembre en plus du marasme économique qui s’installait? De même, l’année 2003 au Canada, avec son épisode du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), a entraîné une plongée significative de toutes ses clientèles, à l’exception de celle en provenance de l’Inde qui est restée stable.

 

Graphique 1

Graphique 2

 

Graphique 3

 

Graphique 4

 

Graphique 5

 

Graphique 6

 

Graphique 7

 

Graphique 8

 

Graphique 9

 

Graphique 10

 

Graphique 11

 

Graphique 12

 

Graphique 13

 

Graphique 14

 

Graphique 15

 

Graphique 16

 

Graphique 17

 

Graphique 18

 

Graphique 19

 

Graphique 20

 

Graphique 21

 

Graphique 22

 

Graphique 23

Source:
– Statistique Canada.