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Ailleurs dans le monde Tendances

L’ouverture de l’UE vers les pays de l’Est constitue-t-elle une menace ?

Le 1er mai 2004, l’Union européenne a intégré 10 nouveaux pays. C’est le plus grand élargissement de son histoire. Cette ouverture n’aura bien sûr guère d’incidence sur le tourisme et le touriste québécois, mais qu’en est-il de la concurrence des touristes européens ?

La majorité de ces pays sont d’anciens pays d’Europe de l’Est, soit : l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, la Pologne, la Slovénie, Chypre et Malte. La Bulgarie et la Roumanie, elles, seront accueillies en 2007.

Si tant est que l’attrait de la nouveauté fait partie des raisons principales pour lesquelles les touristes choisissent une destination plutôt qu’une autre, ceux-ci ne seront-ils pas attirés vers ses nouveaux paysages ? D’autant plus que ceux-ci, situés à courte distance de Bruxelles, de Paris ou de Berlin, offrent la possibilité de se faire découvrir, en voiture, pour de courts séjours ?

Outre la distance, les principaux avantages qu’ont les Européens à visiter ces nouvelles destinations sont :

  • les destinations peu coûteuses;
  • l’attrait de la nouveauté;
  • une certaine nostalgie envers l’ancien régime (Ostalgie, voir plus loin);
  • l’utilisation d’une monnaie identique : l’Euro (avantage à venir);
  • l’absence de paperasseries administratives de type visa ou passeport (libre circulation des biens et des personnes), puisque ces pays font partie de la Communauté européenne (avantage à venir).

Tous membres de l’OMT sauf un

Les pays qui ont rejoint l’Union Européenne le 1er mai sont tous membres de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), à l’exception de la Lettonie, qui y adhérera en 2005 et de l’Estonie.

La Commission européenne estime que le tourisme représente directement 5 % du PIB total de l’UE, 2,2 millions d’entreprises et 7,7 millions d’emplois.

La Pologne, hôte d’honneur à Bruxelles

Cette année, la Pologne était l’hôte d’honneur du 48e salon des vacances de Bruxelles (Belgique). On y a donc fait la promotion intensive de ses villes culturelles historiques, de ses 23 parcs nationaux, de ses chaînes de montagnes, de ses 2 000 lacs et ses vastes forêts, etc.

La Pologne est largement identifiée comme une destination importante pour le tourisme global. Elle se classe actuellement au 12e rang mondial des pays les plus visités. En effet, la croissance du tourisme en Pologne a maintenant dépassé la croissance de destinations touristiques traditionnelles comme la Grèce ou la Suisse. En 2000, ce ne sont pas moins de 84.5 millions d’étrangers qui ont visité le pays, soit cinq fois plus qu’en 1990.

Le développement du tourisme a favorablement déteint sur le développement de l’infrastructure hôtelière, puisqu’en 2000, le nombre d’hôtels avait atteint un total de 924. Cependant, cette infrastructure hôtelière nécessite encore de gros investissements. Mais le développement des activités touristiques y est déjà bien développé et les dispositifs géographiques bien diversifiés (montagne, bord de mer, lac et campagne).

Attractivité touristique ?

Globalement, l’attractivité touristique des nouveaux adhérents est encore à la traîne comparée à celle de l’Europe des 15. Mais selon certains experts réunis dernièrement au 38e Salon mondial du tourisme de Berlin (ITB), elle devrait décoller rapidement dans les prochaines années.

En 2001, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, la Slovénie, la Pologne et les trois États baltes (Estonie, Lituanie et Lettonie) comptaient tous au plus deux nuitées par habitant, selon Eurostat, l’Office des statistiques de la Commission européenne. A titre de comparaison, l’Espagne en dénombrait six par habitant.

Mais ces pays de l’Europe de l’Est devront cependant faire de gros efforts. En effet, la faiblesse des infrastructures, un système de transports encore sous-développé, des régions parfois peu accessibles, une qualité inégale de l’hôtellerie et de la gastronomie, associé à faiblesses notoires dans la promotion et la mise en marché font d’eux des novices en la matière.

De plus, l’absence de vision stratégique en matière de politique touristique risque de ralentir l’activité de ce domaine.

Les capitaux étrangers au rendez-vous

Les investissements privés sont cependant au rendez-vous : de nombreux pays participent déjà à l’aide financière : les pays de l’UE des 15, les États-Unis et dans une moindre mesure, le Japon.

La répartition est cependant inégale d’un pays à l’autre : la Pologne, la République tchèque et la Hongrie ont ouvert leurs frontières plus radicalement à la privatisation et aux capitaux étrangers. Mais la République tchèque et la Roumanie ont également la mauvaise réputation de faire la part belle à la corruption.

Les autorités de certains pays (Hongrie, République tchèque) ont mené des politiques visant à attirer les investissements étrangers, sous forme d’incitations fiscales et d’avantages attribués au cas par cas.

Au programme : ski, montagne et eaux thermales

Selon certains analystes, l’entrée de ces pays dans l’UE devrait doper l’économie en général (construction de nouvelles routes, modernisation des ports sur la Mer Baltique, etc.) et le tourisme en particulier. Beaucoup de pays d’Europe de l’Est misent – outre sur leur riche patrimoine culturel – sur le tourisme thermal, le ski et la montagne.

En effet, l’Europe centrale est connue et reconnue pour les bienfaits de ses eaux thermales. La Hongrie présente une forte concentration de centres de thalassothérapie avec des consultations par des médecins attachés à l’établissement, des cures, des massages, des bains de boue, etc. À Budapest même, l’on dénombre plus de 120 sources d’eaux chaudes thermales. Et chaque source présente des qualités curatives propres.

En plus des établissements thermaux publics, certains hôtels proposent des cures dans des piscines d’eau thermale, accompagnés des services d’un médecin. Et de gros investissements dans ce domaine sont attendus sous peu, puisqu’une grande partie des fonds structurels européens distribués par Bruxelles pour développer des régions économiquement faibles, devrait être employée à cet effet.

La région est également riche en terrains montagneux et permet la pratique du tourisme d’aventure : ski alpin, ski de fond, escalade, entre autres.

Plusieurs montagnes dépassent 1500 mètres d’altitude. Les amateurs d’escalade et de spéléologie y trouveront des parois et grottes intéressantes. Les amateurs de ballades à vélo pourront profiter d’un réseau de pistes cyclables qui s’élargit peu à peu (la Bohème du Sud, par exemple, est une région bien adaptée pour cette activité). Pour les sports nautiques, on trouve également de nombreux lacs naturels ou artificiels.

Ostalgie, ostalgie

Quinze ans après la chute du mur de Berlin (1989), une réelle nostalgie de la RDA (l’ancienne Allemagne de l’Est) envahit peu à peu l’Allemagne. Passion pour les anciennes voitures de marque Trabant, engouement pour les marques made in RDA, on parle ici d’une nouvelle mode : l’ostalgie !

Illustrer de belle façon dans le film de Wolfgang Becker, « Good Bye Lenin ! », l’Ostalgie (de Osten, Est en allemand) est avant tout une vague littéraire et culturelle.

Et Berlin a décidé de profiter du mouvement pour mousser sa campagne touristique 2004 puisque d’ores et déjà, l’office du tourisme propose un tour « Ostalgia ». Après la visite du quartier général de l’ex-Stasi, la promenade s’étend aux boutiques spécialisées en reliques de l’Est, permet d’admirer les massifs exemples d’architecture réaliste-socialiste de la Karl-Marx Allee et se termine sur les ruines et vestiges du Mur.

Voir aussi

Eurostat

Sources :
– « Élargissement : « décollage » annoncé pour 10 nouveaux pays. Les nouveaux membres de l’UE devraient doper le tourisme », TourMag, 16 mars 2004.
– « Le secteur du tourisme relève la tête », La Libre Belgique, 17 mars 2004.
– « Tourism Market: Poland », US&FCS Market Research Reports, 11 février 2004.
– « Back in RDA », Lonely Planet.
– Picciotto, Bérénice. « L’investissement direct vers les nouveaux adhérents d’Europe centrale et orientale : ce que l’élargissement pourrait changer », Notre Europe, mai 2003.

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Segments de clientèles Tendances

Vision prospective des experts

À l’occasion, des experts de l’industrie touristique sont interpellés afin de partager leur vision des prochains grands changements à anticiper dans un avenir rapproché. Nous avons rassemblé quelques-unes de ces grandes tendances. Ces constats concernent le tourisme mondial dans son ensemble, certains s’avèrent plus structurants et pratiquement inévitables, alors que d’autres font appel à l’intuition de ces visionnaires.

Offre touristique et destinations

  • À l’instar des agences de voyages traditionnelles, les agences en ligne introduiront des frais de service.
  • L’écart, en termes de services offerts, entre les transporteurs réguliers et les transporteurs à tarifs réduits est appelé à se creuser.
  • Les croisières deviendront de véritables centres de divertissement flottants et de plus en plus abordables (à l’image des Center Parcs).
  • On verra davantage de vacances court séjour long-courrier à prix abordables, où l’on commercialisera par exemple un long week-end en Europe ou une semaine en Australie.
  • On assistera à une segmentation des vacances à la plage qui distinguera les plages paisibles (cellulaire interdit, par exemple) de celles consacrées à la famille, aux festivités ou aux activités de loisirs.
  • De nouvelles destinations émergeront de façon spectaculaire, où le Qatar succèdera aux îles Canaries, Ljubljana (Slovénie) à Prague, la Slovaquie à la Nouvelle-Zélande et où le Brésil est appelé à devenir la prochaine destination du tourisme de masse.
  • La Route de la Soie et la Chine, d’abord découvertes par les touristes d’aventure, figureront parmi les destinations les plus fréquentées.

Clientèles

  • On assiste à l’arrivée d’un consommateur hybride qui combine, par exemple, une nuit dans un 5 étoiles avec un vol low cost et lunch dans un fast food et un souper gastronomique au cours du même voyage.
  • Le do-it-yourself holiday gagnera en popularité alors que les consommateurs sont de plus en plus confiants à réserver sur Internet, ce qui favorisera la popularité du Dynamic Packaging.
  • Les transporteurs à tarifs réduits cibleront les voyageurs d’affaires de manière encore plus énergique.
  • Il y aura une croissance du nombre de voyageurs seuls qui adopteront un processus de décision plus spontané.
  • Il faudra s’adapter à la présence d’une clientèle âgée de plus de 50 ans qui se comportera comme une clientèle jeune.
  • La clientèle voudra pouvoir effectuer un tour virtuel de ses vacances avant de partir.
  • Mieux informés, les voyageurs seront plus exigeants en termes de qualité des services.
  • Les voyageurs deviendront de plus en plus habitués aux situations de crises et deviendront de moins en moins influencés par celles-ci.
  • Grâce à des fonctionnalités de personnalisation, les forfaits pour le voyageur individuel devront refléter ses intérêts personnels.

Sources :
– Thomson. «The Thomson Future Holiday Forum», 2004.
– Jarrett, Ian. «Travel Weekly’s hottest news predictions for 2004», février 2004.
– IPK International. «World Travel Trends 2003-2004», 10 novembre 2003.

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Produits et activités Tendances

La grande aventure du spa (3ième partie): les tendances pour 2004 aux États-Unis

En janvier 2004, HotelMarketing.com présentait le Top 10 des nouvelles tendances à observer, en 2004, dans l’industrie américaine du spa et des stations thermales (article publié par le magazine spécialisé Spa Finder).

Selon eux, si 2003 était l’année record en matière de fréquentation, 2004 sera, assurément, sous le signe de la métamorphose, en proposant d’améliorer la manière dont l’Amérique traditionnelle mange, fait des affaires, contrôle sa santé et son stress.

Les 10 grandes tendances seront:

1- Plus de soins médicaux… moins de cosmétiques

Jusqu’à présent, les clients fréquentaient les spas principalement pour des traitements cosmétiques, comme par exemple, des injections de Botox. En 2004, les baby-boomers tireront profit des spas pour des buts véritablement médicaux, comme, notamment, des traitements et des régimes préventifs, des programmes éducationnels à long terme de santé.

2- Allier affaire et plaisir

Les entreprises auront de plus en plus recours aux spas pour motiver leurs employés et pour contrôler la santé du personnel. Les spas deviendront des endroits à la mode pour les réunions d’affaires. Les certificats cadeaux émis par les spas serviront de primes et de récompenses à l’effort. Les entreprises innovatrices, y compris certains fournisseurs de produits d’assurance, garantiront des visites régulières au spa pour favoriser le maintien en bonne santé des employés et d’abaisser les coûts des frais médicaux et de l’absentéisme.

3- Le spa comme destination d’un jour

Une tendance qui va aller en augmentant: le spa comme destination d’un jour. Vécues comme une «mini retraite», ces visites d’un jour offriront une expérience holistique regroupant corps, âme et esprit, soit une journée pouvant inclure des programmes d’éducation, des programmes de remise en forme, un repas sain et des soins de beauté.

4- Une expérience qui se démocratise

Bien des Américain(e)s, ne pouvant se payer l’expérience du spa, ont tenté de le recréer de toutes pièces à domicile, en s’achetant eux-mêmes les différents produits. L’explosion de la tendance spa incitera l’industrie des cosmétiques à se démocratiser, permettant à tout un chacun de se procurer des bougies aromatiques, de la mousse pour le bain et autres produits professionnels.

5- Des traitements internationaux aux excursions internationales

L’an dernier, les visites aux stations thermales internationales faisaient fureur : massages thaïlandais, rituels de Bali, etc. En 2004, avec une économie américaine plus stable, les clients choisiront d’aller directement à la source.

6- Le bien-être arrive dans votre assiette

Bien être et alimentation font la paire. Bon nombre de spas offriront la possibilité de découvrir la fine cuisine du terroir: poissons, salades, fruits frais et desserts allégés se combinent parfaitement avec détente et soins régénérateurs.

La tendance risque de s’amplifier avec l’apparition de livres de «cuisine détente». Les spas de destination rivalisent d’inventivité et engagent des chefs cuisiniers réputés. Au menu: programmes minceur adapté à la clientèle (Atkins, etc.) ou régimes dissociés (comme Montignac). Le croisement spa/cuisine risque de devenir un «must».

7- Le spa comme critère comparatif

Si la clientèle recherchait des hôtels avec un spa, désormais elle va se mettre à la recherche d’un spa avec un hôtel! Le spa risque de devenir un facteur plus important, voire décisif, dans le choix d’un établissement.

8- Des services pour les animaux de compagnie

Afin de laisser le client se reposer sans avoir la culpabilité de laisser leurs animaux de compagnie seuls durant leur séjour, fut-il même court, les spas sont de plus en plus ouverts aux animaux de compagnie. Ceci se concrétise par l’offre de services directement rattachés: promenades, traitements et toilettages, services de garderie, et plus.

9- Et les hommes dans tout cela?

En 2004, les spas tenteront de rallier la clientèle masculine avec des offres personnalisées, comme le golf, des activités extérieures d’aventure, des traitements cosmétiques masculins et des programmes physiques de (re)mise en forme adaptés. Les établissements espèrent ainsi égaler le nombre de clients féminins et masculins.

10- Et pour finir, la famille toute entière!

L’an dernier a vu l’arrivée des adolescentes, accompagnées par leur mère, pour des traitements de beauté. Elles y ont été charmées par le luxe de l’expérience.

En 2004, les établissements tenteront également de convaincre les adolescents masculins, ce qui complètera le portait de la famille toute entière. Ensuite, pourquoi pas, elles offriront des activités pour les enfants seulement.

Voir aussi

Spa Finder

Sources :
– «Spa Trends to watch in 2004», HotelMarketing.com, 22 janvier 2004.
– Dossier Beauté, Santé, Bien être, Altema, le journal des tendances de consommations.

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Tendances

Des héros de bandes dessinées pour combattre la saleté et les graffitis, en ville

Qu’ont en commun Tintin, Spirou, Gaston Lagaffe, Lucky Luke, etc.? Ils décorent tous, à Bruxelles, capitale de la bande dessinée, de gigantesques fresques murales réparties dans toute la ville, pour le plus grand bonheur des touristes… ainsi que pour combattre la saleté et les graffitis!

Aujourd’hui, la Belgique ne compte pas moins de 650 auteurs de bandes dessinées. Certains diront, amusés, que c’est «la plus grande concentration au monde de héros de papier au kilomètre carré». Et Bruxelles, outre le fait qu’elle est la capitale de l’Europe, représente sans conteste la capitale de la bande dessinée. C’est un rôle thématique qu’elle assume d’ailleurs fort bien, avec une offre variée, comme son Centre belge de la bande dessinée et le musée Hergé.

  

Coup de pouce à la revitalisation urbaine

Mais le plus original consiste en une série de fresques murales géantes, réparties dans toute la ville. Ces peintures en trompe-l’oeil, imprimées ou peintes, masquent des bâtiments vétustes et des pans de mur dégradés par le temps. Pas moins de 27 de celles-ci décorent la ville de façon insolite.

L’idée est née en 1990 de la volonté de l’administration de la ville de Bruxelles de transformer les murs des vieilles maisons en véritables fresques colorées pour échapper aux tags et graffitis, ainsi qu’aux dépôts clandestins de déchets.

Les responsables municipaux sont d’ailleurs tout à fait enchantés de cette initiative, qui a mis un frein radical aux dépravations.

Une excursion «Parcours BD»

Ces fresques, outre leur vocation environnementale, sont aussi l’occasion d’une formidable excursion BD dans Bruxelles. On organise des circuits touristiques, à pied ou à vélo, pour faciliter leur découverte. Le Parcours BD constitue un fil conducteur pour découvrir la ville, l’histoire des quartiers et des petits cafés.

Toutes les fresques du parcours ont été réalisées par l’association Art Mural d’après un dessin original des auteurs. Elles font désormais partie du patrimoine culturel de la ville et représentent une activité touristique fort distrayante et de plus en plus populaire. Ainsi, chaque année, des quartiers renaissent.

Et Bruxelles n’a pas l’apanage de cette originalité.

La Cité de la création

Depuis 1978, l’entreprise française Cité de la création crée des oeuvres monumentales, des fresques urbaines, dans des espaces publics ou privés, au service des habitants, des touristes, des visiteurs…

Plus de 350 oeuvres variant dans leurs contenus, styles, formes et dimensions ornent à ce jour les murs de nombreuses villes en France (Lyon, Marseille, Brest, Paris, Carcassonne, etc.), mais également ailleurs dans le monde, à Barcelone, Mexico, Leipzig… et Québec.

En effet, ces «muralistes», comme ils se définissent, sont les auteurs de La Fresque des Québécois, une murale de 420 mètres carrés située au coeur du quartier historique de Québec, au pied du Château Frontenac.

Une architecture en trompe-l’oeil y présente quelques Québécois parmi les plus célèbres.

Ces créations affichent des identités culturelles, sociales ou économiques toutes différentes. Elles ont pour vocation de révéler, marquer, embellir des lieux, des quartiers, des espaces urbains ou industriels.

Ailleurs, au Canada

Des régions ont également eu recours à cette forme d’art public pour relancer leur économie. C’est le cas des villes de Chemainus et de Hope (Colombie-Britannique), de Welland (Ontario) et de Moose Jaw (Saskatchewan), où l’industrie touristique s’est faite locomotive de développement par l’intermédiaire de l’art public.

Pionnière canadienne, Chemainus a fortement influencé le mouvement muraliste canadien, dès les débuts en 1982. Jadis, cette petite ville dépendait uniquement de l’industrie du bois. Mais, à la fermeture de la scierie, la municipalité a décidé de créer le Festival of Mural Association, dont les
33 murs peints, à ce jour, attirent annuellement près d’un demi-million de visiteurs. Avec l’appui des citoyens et de gens d’affaires de la région, la localité a ainsi réussi à surmonter la crise économique et sociale.

Une idée pour le Québec?

Rappelons-nous les nombreux articles parus dans la presse l’automne dernier, dénonçant la malpropreté de la ville de Montréal. Le problème n’est pas nouveau.

L’utilité des fresques murales non plus, et à l’hiver 2003, la Commission des biens culturels du Québec (CBCQ) décidait d’étudier la question. Ce projet d’étude visait à enrichir la réflexion sur la délicate opération d’intégrer de grandes surfaces peintes dans un milieu riche de significations historiques.

L’étude relève diverses fonctions associées à la murale urbaine: support à la création artistique, objet de réinsertion sociale, outil pédagogique, outil de propagande sociale, politique ou commerciale, etc.

Mais surtout, elle définit la fresque murale comme une bonne méthode de requalification et de revitalisation urbaine. En effet, le mur peint sert à faire oublier son aspect inesthétique. Selon la CBCQ, la fresque dite «urbaine» est souvent apparue dans des lieux déstructurés par des démolitions massives ou par l’implantation d’infrastructures, comme des autoroutes.

À Québec, les projets muralistes de la Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ) représentent un bon exemple de politique d’embellissement, de réaménagement des espaces publics et de mise en lumière des monuments, afin de préparer la capitale nationale aux célébrations du 
400e anniversaire de la fondation de la ville, en 2008.

Citons par exemple, trois murales qui ont été peintes dans l’arrondissement historique du Vieux-Québec. Outre La Fresque des Québécois (1999), on peut admirer celles du Petit-Champlain (2001) et de l’Hôtel-Dieu de Québec (2003), ou encore, Les Fresques des piliers, exécutées sous l’autoroute Dufferin-Montmorency, dans le quartier Saint-Roch.

Partout, ces immenses galeries d’art à ciel ouvert font le bonheur des passants et des touristes!

Voir aussi

Brussels BD Tour
Parcours BD
La Cité de la création

Sources:
– Commission des biens culturels du Québec. «La murale urbaine: pratique et fonctions», 2004 [www.cbcq.gouv.qc.ca/murale.html].
– Québec urbain. «Un cri du coeur pour la mise en valeur des fresques publicitaires de Québec», 22 mai 2003.
– Rowe, Percy. «Une galerie d’art à ciel ouvert», Go Media Canada, 12 avril 2003.

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Tendances

2024: À quoi ressemblera l’hôtel du futur?

De quoi auront l’air nos vacances en 2024? Deux architectes, Ken Hutt et Nadi Jahangari (M3 Architects), ont profité du Forum Thomson 2003 pour présenter leurs réflexions sur «l’hôtel de demain».

Réuni en colloque à Londres, un panel d’experts rassemblés par le voyagiste britannique Thomson a tenté de définir les visions et les défis du secteur touristique en 2024.

Selon eux, les grandes tendances du tourisme en 2024 se résument ainsi:

  • des hôtels mobiles et respectueux de l’environnement;
  • la Chine comme destination numéro un des vacanciers;
  • un aller-retour Londres / New York à 90 $US;
  • l’introduction du Cosmoplane, un avion gros-porteur reprenant la technologie du Concorde;
  • des paquebots de croisière conçus comme de véritables centres de loisirs (avec des parcs d’attractions à thème, des salles de sport, de cinéma et de concert);
  • des croisières sous-marines;
  • etc.

Qu’en sera-t-il des hôtels?

L’hôtel mobile

Le panel d’experts prévoit aussi que les touristes prendront des vacances taillées sur mesure, dans des hôtels en forme de «cocon», ou encore de «cosse à haricot» selon certains, surmontés d’une antenne géante. Ces véritables structures ambulantes, préfabriquées en usine, pourront être démontées et déplacées n’importe où, en fonction des besoins touristiques.

Imaginez un de ces «cocons» futuristes au fin fond de l’Amazonie ou dans l’Antarctique! Ils pourraient demeurer en place jusqu’à 15 ans ou être démantelés, facilement et rapidement, et transportés vers d’autres destinations, advenant un changement de goût des voyageurs.

Érigé sur des échasses, cet hôtel-cocon serait accessible par hélicoptère, directement de l’aéroport ou du port le plus proche.

Il serait situé à proximité des communautés locales indigènes, tout en minimisant le plus possible les dommages causés à l’environnement local. Conçu pour fonctionner de façon maximale en autarcie, il générerait sa propre énergie et serait équipé d’unités de recyclage des déchets.

Un écho au développement durable

Cette vision peut paraître utopique, mais fait écho à tout le phénomène de développement durable et de tourisme écologique, et constitue une formule visant à réconcilier le développement économique et social, la protection de l’environnement et la conservation des ressources naturelles.

Imaginez un hôtel, implanté dans un environnement protégé, mais participant activement à la sauvegarde de la biodiversité avoisinante… un tourisme durable à petite échelle.

Des pièces modulables

Ces hôtels auraient des chambres de différentes tailles. La décoration des pièces, active et mouvante, pourrait être adaptée aux conditions et aux goûts de chacun. Les technologies de l’information associées permettront aux utilisateurs de combiner travail et loisirs sans interférence.

Les vacances du futur seront accessibles à la demande et le cocon et la décoration refléteront les différences de classes économiques, en fonction du budget des vacanciers.

À l’intérieur des pièces modulables, les murs comme les planchers et les plafonds retransmettront des images – vue de l’océan ou fenêtre sur la jungle – qui varieront selon l’humeur et l’état d’esprit des invités.

De la technologie à revendre

Les voyages de l’avenir – définis comme des «vacances douces» – combineront travail et loisirs, le tout savamment encadré par la technologie dernier cri et très sophistiquée. Même les enfants auront accès aux jeux vidéo les plus récents, autant de temps qu’ils le désirent, pendant que papa et maman travailleront dans la pièce à côté.

Réalité ou pure fiction?

Certaines images peuvent faire sourire, mais est-ce vraiment fou de penser que telle pourrait être la réalité d’ici 20 ans?

Si en 1980, on vous avait dit que 24 ans plus tard, vous pourriez:

  • recharger automatiquement et grâce à Internet ou un quelconque système sans fil, le frigo ou le mini-bar;
  • faire des réservations d’hôtels ou des locations de voiture avec un téléphone cellulaire;
  • regarder un écran LCD capable d’afficher des images différentes sur ses faces avant et arrière;
  • payer vos menues dépenses avec un portefeuille électronique…

L’auriez-vous cru?

Voir aussi

Tourisme durable

Sources
– HTR Eurotrends et Marketing, n° 110-111, mars 2004.
– The Thompson Future Holiday Forum, TUI UK.
– Domoclick. «2024: Voyage dans l’architecture des hôtels du futur», 20 janvier 2004.

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Marchés géographiques Tendances

Nouvelle réalité chez les Américains, on repart à zéro

Depuis quelques années, il est fréquent de tabler sur un éventuel retour à la normale de l’industrie touristique. Or, l’éclatement de la bulle technologique, les attentats du 11 septembre 2001, le terrorisme, la guerre en Irak, la morosité économique, les scandales financiers constituent une accumulation d’événements qui ont influé sur la façon de penser des Américains et qui ont altéré fondamentalement l’attitude et le comportement du consommateur.

Yesawich, Pepperdine, Brown and Russell ont étudié ce phénomène appelé The New Normal. Selon cette firme, il faut repartir à zéro et définir de nouvelles bases de profil de la clientèle touristique américaine afin de mieux comprendre ce qui influencera son comportement de voyages à court terme. Cinq tendances lourdes sont identifiées.

Stressés

Les Américains sont plus stressés que jamais et entrevoient l’avenir avec un certain scepticisme. Les indices de confiance ont atteint, en 2003, leur plus bas niveau depuis dix ans.

  • 26% ont besoin de quelque chose pour se calmer les nerfs.
  • 15 millions d’Américains pratiquent le yoga régulièrement.
  • 70% estiment que la vie est devenue trop compliquée.
  • 40% manquent de temps.
  • 60% ne disposent pas suffisamment de temps de vacances.

Cet état d’esprit fera en sorte que les Américains auront besoin, plus que jamais, de fuir leur environnement immédiat, ne serait-ce que pour de courtes périodes, pour refaire le plein et se distraire.

Centrés sur la famille

Les événements du 11 septembre 2001 ont ravivé les valeurs familiales des Américains. Le temps passé avec les êtres chers est devenu une denrée précieuse.

  • 80% des parents souhaitent passer plus de temps en famille.
  • 40% des touristes font au moins un voyage avec leurs enfants.
  • 60% des parents sont favorables à l’idée de faire un voyage avec leurs enfants durant la période scolaire, ce qui signifie que la période des classes n’est pas un frein pour la prise de vacances en famille.
  • 21% des grands-parents font au moins un voyage avec leurs petits-enfants sans la présence des parents.

Ce rapprochement familial place les produits touristiques à caractère familial à l’avant-scène. Par contre, le rayon de déplacement et le budget alloué peuvent s’avérer limités.

Exigeants

Le consommateur n’a jamais été aussi bien informé. Internet a évidemment joué un immense rôle dans la démocratisation de l’information. Résultat : nous avons affaire à une clientèle des plus exigeantes tant sur le plan de la qualité que du prix.

  • 80% tentent toujours de négocier le meilleur tarif possible lors d’une réservation d’hôtel.
  • 80% sont disposés à modifier leurs projets de voyage s’ils trouvent de l’hébergement de même qualité à meilleur prix.
  • 70% des Américains se fient davantage à leur opinion qu’à celle d’un expert.
  • 60% estiment que le personnel de service ne se soucie pas de leurs besoins.
  • 60% jugent qu’il est très/extrêmement important d’obtenir le meilleur prix possible pour des vacances.
  • 60% souhaitent acheter des produits et services qui reflètent leurs besoins individuels.
  • 30% sont disposés à payer davantage pour obtenir ce qu’ils veulent.

La clientèle s’attend à être valorisée, à recevoir un traitement spécial et un service personnalisé. Même si l’aspect du prix est essentiel, c’est la qualité du produit qui fait revenir la clientèle.

Branchés

Selon la Travel Industry Association of America (TIA), plus de 42 millions d’Américains ont acheté des produits touristiques en ligne en 2003, ce qui représente des dépenses d’environ 43 milliards de dollars américains. L’hébergement sera l’un des segments qui profitera le plus de la croissance du tourisme en ligne au cours des prochaines années.

  • 60% des Américains estiment que la principale conséquence de la venue d.Internet a été de leur fournir un meilleur contrôle de l’information.
  • 35% seulement des e-touristes se considèrent comme des clients « fidèles ».
  • Le e-consumer est âgé de 42 ans, il dispose d’un revenu de ménage de 83 400 dollars américains, fait 3,7 voyages d’agrément par année et dépense annuellement 2 900 dollars américains pour ses vacances.

Les paramètres pour saisir ce touriste « branché » sont différents de ce qu’ils étaient il y a cinq ans. Internet accentuera son influence sur des aspects tels que la transparence des prix et la personnalisation des produits touristiques.

Patriotes

L’opinion publique américaine a rarement été aussi teintée de patriotisme en raison des événements récents.

  • 61% des Américains jugent qu’ils devraient faire un effort particulier pour éviter de voyager vers des pays qui n’avaient pas appuyé les États-Unis lors de la guerre en Irak.
  • 55% estiment que la plupart des Américains sont très/extrêmement patriotes.
  • 24% des Américains se considèrent extrêmement patriotes, soit une augmentation de 5 % depuis 1999, selon le Harwood Institute.

Il s’agit d’une occasion de capitaliser sur des produits touristiques qui permettent aux Américains de renouer avec leur passé et par lesquels ils se reconnaissent (musées, sites historiques, etc.)

Le profil sociologique de l’Américain a sensiblement changé au cours des dernières années. C’est grâce à une meilleure compréhension des facteurs d’influence propres à cette clientèle que les entreprises touristiques seront en mesure de mieux adapter leurs stratégies et de mettre à profit ce « petit quelque chose » qui fera vibrer sa corde sensible.

Sources :
– The Roper Center for Public Opinion Research, University of Connecticut, sondage tenu les 8 et 9 avril 2003.
– Travel Industry Association of America (TIA). « Nearly One-third Book all their Travel Online » [http://www.tia.org/], 22 janvier 2004.
– Sain, Gary C. « The New Normal », Yesawich, Pepperdine, Brown and Russell [http://www.ypb.com/], 10 mars 2003.
– PhoCusWright. « The PhoCusWright Consumer Travel Trends Survey Sixth Edition », The PhoCusWright Channel [http://www.phocuswright.com/], février 2004.

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Tendances

Un regard prospectif – un vent de reprise souffle

Les organisations sectorielles et les spécialistes sont unanimes : la reprise est amorcée dans le domaine du tourisme. Mais les experts affichent un optimisme prudent; il faudra vraisemblablement attendre 2006 pour surpasser les chiffres record de l’année 2000. Chaque coin du globe redémarre à un rythme différent.

Les événements des dernières années ont provoqué un changement dans la nature de la demande, caractérisé par un virage du tourisme international vers le tourisme régional et intérieur. Ils ont aussi accentué certaines tendances déjà observées dans le comportement du voyageur : réservations de dernière minute, augmentation du tourisme de proximité et des courts séjours.

Le bilan préliminaire de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) révélait que sous les effets combinés du conflit en Irak, du SRAS et de la faiblesse de l’économie, l’année 2003 a été marquée par la plus forte baisse annuelle des arrivées internationales jamais enregistrée, soit un recul de 1,2 % (694 millions de touristes en 2003, contre 702 millions en 2002). Sur le plan régional, cela s’est traduit par :

  • une baisse de 1 % pour les Amériques, dont 5 % pour l’Amérique du Nord qui accuse un recul pour une 3e année consécutive;
  • une croissance zéro pour l’Europe;
  • une chute de 9 % en Asie;
  • une augmentation de 10 % pour le Moyen-Orient et de 5 % pour l’Afrique.

Francesco Frangialli, secrétaire général de l’Organisation mondiale du tourisme, soulignait récemment qu’il a fallu que le secteur touristique se heurte à une succession de périodes difficiles pour que l’importance de cette industrie – en termes d’impact sur l’économie et l’emploi – soit reconnue.

Reprise en 2004

Les données de l’International Air Transport Association (IATA) confirment que la reprise du trafic international est amorcée. Il faudra toutefois plusieurs années avant d’amortir les pertes de l’industrie aérienne, qui se chiffrent à plus de 30 milliards de dollars américains depuis 2001. Une reprise vigoureuse ne peut suffire à elle seule. Dans une industrie de plus en plus compétitive, un virage s’impose.

Après un repli de 2,4 % en 2003 par rapport à 2002, l’augmentation du trafic-passager s’est élevée à 5,9 % en janvier 2004 (3,3 % sur le continent américain, 3,8 % en Europe) Ce qui laisse présager qu’on obtiendra l’objectif de croissance fixé à 7 % pour 2004.

MKG Consulting anticipe une accélération au deuxième trimestre de 2004 pour le continent européen et une autre amélioration en 2005. Mais il faudra attendre 2006 pour égaler ou surpasser les sommets de l’année 2000.

Pour sa part, la Travel Industry Association of America (TIA) annonce que ce n’est qu’en 2005 que le nombre d’arrivées dépasseront le record établi en 2000. Le bilan négatif de 2003 est principalement attribuable à la baisse des arrivées internationales et au ralentissement dans le secteur des voyages d’affaires. La demande pour les voyages de proximité et la tendance aux réservations de dernière minute se maintiendront. Mais à plus long terme on estime que les Américains reviendront à leurs anciennes habitudes de voyages. Les recettes générées par l’ensemble des voyageurs aux États-Unis devraient croître de 4,4 % en 2004 pour atteindre 568 milliards de dollars américains.

Selon un sondage de la National Business Travel Association (NBTA), le tourisme d’affaires aux États-Unis fera l’objet d’une remontée cette année et l’année prochaine, cela, grâce à l’amélioration prévue des conditions économiques et à l’accalmie des tensions internationales.

Au Canada, l’année 2003 s’étant terminée sur une note positive, l’optimisme est de mise. Toutefois, le rétablissement de l’industrie demeure fragile. La Commission canadienne du tourisme (CCT) prévoit une progression moyenne de 4,6 % des voyages internationaux d’une nuitée ou plus, entre 2004 et 2007. Cependant, l’appréciation du dollar canadien face à la devise américaine pourrait venir freiner cette hausse. Tout comme aux États-Unis, le souci de sécurité reste présent et la tendance aux réservations de dernière minute ne semble pas s’atténuer. Quant aux voyages d’affaires, la croissance sera rythmée par l’évolution de la situation économique, avec pour toile de fond une augmentation des voyages mais une diminution des dépenses et une limitation des budgets des entreprises.

Dans la mire pour 2004

Les facteurs suivants influenceront, à divers degrés, les prévisions de croissance de l’industrie touristique :
Facteurs positifs

  • Amélioration des perspectives économiques aux États-Unis (un taux de croissance de 4,2 % en 2004, 3 % en 2005), au Canada (3 % en 2004, 3,6 % en 2005), en Europe occidentale (2 % en 2004) et au Japon (1,3 % en 2004).
  • Hausse de la confiance des consommateurs.
  • Demande refoulée dans le domaine des voyages.
  • Atténuation des conflits géopolitiques à répercussion mondiale.

Facteurs négatifs

  • Instabilité de la situation géopolitique internationale.
  • Poursuite envisagée de la chute du dollar américain pour 2004.
  • Nécessité pour de nombreuses entreprises de renouer avec les profits.
  • Mise en place de nouvelles mesures de sécurité.
  • Inquiétude persistante face au SRAS.
  • Patriotisme américain et contexte électoral limitant les déplacements.

Quand atteindra-t-on les sommets de 2000 ? Prévoit-on une croissance plus grande des arrivées internationales ? Combien d’Européens voyageront outre-mer ? Peu importe ! Au delà des statistiques, ce qu’il faut retenir c’est que les conditions favorables à la reprise sont présentes et qu’il faut tabler sur une demande refoulée par les derniers événements pour inviter les voyageurs à venir nous visiter.

Sources :
– MKG Reports. « Final Results 2003 – Chain Hotels In Europe: Within A Very Difficult Context, A Drop In Activity In 2003 That Met Expectations », [www.hospitalitynet.org], 19 février 2004.
– National Business Travel Association. « Positive Economic Trends Seen Fueling Business Travel Upturn; Business Travel Managers Cautiously Anticipate Recovery », [www.businesswire.com], 30 janvier 2004.
– Organisation mondiale du tourisme. « Recul du tourisme international en 2003, reprise prévue en 2004 », Communiqué de presse, 27 janvier 2004.
– Travel Industry Association of America. « Travel Industry Cautiously Optimistic for 2004 Outlook »,[www.hotelnewsresource.com], 27 octobre 2003.

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Marchés géographiques Tendances

Le temps libre des Américains se raréfie

Les Américains ont à l’égard des vacances le même comportement que les plus puritains d’entre eux à l’égard du sexe. Un sondage réalisé par ComPsych – une organisation spécialisée dans la gestion des ressources humaines – auprès de 700 entreprises révèle que 56 % des employés préfèrent retarder le moment de prendre des vacances, lorsque la conjoncture économique s’avère défavorable. Ce qui n’est pas surprenant, puisqu’un sondage Expedia, mené en mai 2003, démontre qu’un Américain sur cinq se sent coupable de s’offrir ce moment de détente.

Selon l’économiste Pierre Fortin, de l’UQAM, les Américains consacrent en moyenne 13 % plus d’heures au travail que les Québécois. Cet écart, qui ne cesse de croître est surtout attribuable à la durée moyenne des vacances. La majorité de nos voisins du Sud s’offre moins de deux semaines de congés. Même s’il s’agit d’une tradition « autorisée », les employés américains sont peu encouragés à s’en prévaloir, alors que sur le vieux continent, les travailleurs bénéficient généralement de quatre semaines ou plus de vacances et qu’ils sont encouragés à les prendre.

On constate l’évolution du phénomène notamment grâce à l’indice trimestriel instauré par la Travel Industry Association of America et mesurant la propension des Américains à prendre des vacances en fonction du temps disponible (graphique 1).

Le paysage n’est guère plus reluisant à long terme, puisque l’âge moyen auquel l’Américain prend sa retraite atteint maintenant 64 ans alors qu’il est de 59 ans au Québec. On assiste néanmoins à une prise de conscience puisque, selon le YPB/Yankelovich National Leisure Travel Monitor 2003, environ 60 % des Américains considèrent qu’ils ne disposent pas suffisamment de temps de loisirs. Par conséquent, plus de la moitié des baby-boomers envisagent sérieusement de ralentir leur rythme de vie au cours des prochaines années.

Par ailleurs, la planification et la réservation des voyages s’effectuent de plus en plus à la dernière minute et sur de courtes distances. Dans un sondage réalisé pour Travelocity, 61 % des Américains mentionnaient voyager vers une destination située à moins de 200 miles [322 km] de leur domicile en 2003, comparativement à 40 % en 2002. Les forfaits de trois ou quatre jours correspondent à un besoin et le Québec est géographiquement bien positionné pour y répondre.

Les destinations limitrophes (de proximité) seront privilégiées par les vacanciers, ce qui, pour le Québec, justifie le choix de cibler particulièrement le marché de la Nouvelle-Angleterre. La proportion des voyages effectués en voiture est passée de 77 à 81 % entre 2002 et 2003. Les forfaits détente et les centres de santé à l’intérieur de get away week-end s’avèrent des produits porteurs dans ce contexte. On s’adresse à une clientèle plus stressée que jamais – 70 % des Américains considèrent que leur vie est devenue trop compliquée – qui ne demande qu’à relaxer et se faire dorloter. À cet égard, on pourrait penser qu’une offensive marketing du type you’re worth it ou « vous le méritez bien » s’avèrerait une stratégie gagnante pour ce segment de marché.

Sources :
– Fortin, Pierre. « Différences dans les heures annuelles travaillées par les habitants entre les États-Unis et le Canada », Observateur International de la productivité, printemps 2003.
– Zernike, Kate. « The Vanishing American Vacation », The New York Times, 29 août 2003.
– Expedia.com. « Expedia.com Survey Reveals Too Many Americans Put Quality Time on Standby », 21 mai 2003.
– Yesawich, Peter. Superior Small Lodgings Conference in Fort Lauderdale, 7-10 décembre 2003.