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Produits et activités

Nous avons glané pour vous dans les textes du Réseau de veille… Section Produits et activités

Croissance et/ou diversification sont à l’ordre du jour dans plusieurs secteurs: spas, croisières, parcs à thèmes, gastronomie, jardins, plein air, raquette. D’autres secteurs se gonflent le torse, dont les événements sportifs. Mais certains sont confrontés à de sérieux casse-tête: les festivals, la motoneige. Et d’autres péripéties se retrouvent sur notre site. Voici une compilation méli-mélo du contenu de la section produits et activités.

Vous n’avez qu’à cliquer sur les liens pour en savoir plus sur le sujet ou à naviguer sur notre site à l’aide des onglets situés au centre de la page d’accueil. L’ensemble de ces textes se retrouve dans la catégorie Produits et activités.

Conjuguer tourisme et bien être: la grande aventure du spa (1ère partie)
L’industrie des spas (SPA – Sanitas Per Acqua en latin signifie «soins par l’eau») est en effervescence. Le Québec offre une expérience distincte, à mi-chemin entre les soins à l’européenne et les techniques américaines. La tendance est à la diversification des produits et des approches. Les spas nordiques gagnent en popularité – sauna finlandais, bain de vapeur norvégien, baignade en rivière à l’année, etc. Bien être et alimentation font la paire et le croisement spa/cuisine risque bien de devenir un «must».
* La grande aventure du spa (2ième partie): mais qui fréquente les spas?
* La grande aventure du spa (3ième partie): les tendances pour 2004 aux États-Unis

Les parcs à thèmes en Amérique du Nord: maturation, consolidation et diversification
En 2004, les maîtres mots de ce secteur sont: maturation, consolidation et diversification. L’industrie des parcs d’attractions aux États-Unis est de loin la plus grande du monde. Initié par Disney et après 30 ans de progression, ce secteur vit actuellement une phase de maturation qui nécessite une diversification et l’instauration de nouveaux concepts. Ces dernières années, l’industrie des parcs à thèmes a connu une expansion rapide, principalement en Europe et au Japon. Le retailtainment (une contraction des mots retail, distribution et entertainment, divertissement) envahit les centres commerciaux où le West Edmonton Mall fait figure de pionnier dans ce domaine.
* L’offre d’hébergement dans un parc d’attractions constitue un avantage concurrentiel

Quels impacts ont les grands événements sportifs sur le tourisme?
Les grands événements sportifs hautement médiatisés, comme les Jeux Olympiques, offrent une vitrine exceptionnelle aux villes organisatrices. Les retombées se répercutent tant sur le plan urbanistique, économique, environnemental que touristique. Mais combien en coûte-t-il? Les retombées sont-elles si alléchantes? Certaines grandes villes réussissent alors que d’autres y perdent gros. Quant à l’industrie du tourisme, elle surfe sur la vague de la publicité.
* Comment mesurer les impacts économiques des événements sportifs sur les communautés hôtesses?
* Vancouver 2010: 2 milliards $ pour 17 jours, est-ce trop cher?

Le vélo, pour reprendre goût aux déplacements urbains
À Paris, afin de redonner le goût aux déplacements urbains, la Régie autonome des transports parisiens (RATP) tente de promouvoir une circulation combinée bus-vélo. Destinée aux touristes et aux citadins, cette nouvelle initiative vise à désengorger le centre-ville tout en jouant la carte de l’écologie. Diverses initiatives voient le jour au Québec.
* État de l’industrie du vélo au Québec en 2000
* Cyclotourisme : exemples de bonnes pratiques de promotion des voies vertes

Financement des festivals, la quête de la stabilité
Onze événements internationaux majeurs tenus au Québec ont injecté plus de 255 millions de dollars dans l’économie québécoise. Ce qui n’empêche pas que les organisateurs soient constamment confrontés au défi de trouver des sources de financement durable. Une étude du gouvernement ontarien conclut que la situation du financement public des festivals en Ontario reste, en comparaison, plus difficile. Dans cette province, les subventions municipales sont particulièrement importantes dans le cas d’événements attirant plus de 12 000 spectateurs. Au Québec, chaque organisme promoteur consacre en moyenne 1682 heures de travail par année à la recherche et à la gestion du financement, privé comme public, de l’événement.
* Des festivals pour quel public?

Croisières: à quoi s’attendre en 2004?
Les parts de marché du secteur des croisières sont en croissance constante. Les grandes tendances dans ce domaine: explosion dans les destinations et itinéraires peu communs, développement du concept «à la carte»,  retour d’un «système de classes», installation à bord d’équipements de spa et de thalassothérapie, rajeunissement de la flotte avec une diversification des modèles de même que des bateaux de plus en plus imposants.
* Tourisme nautique : la carte cachée des régions

Quand manger fait partie intégrante de la culture
La «cuisine et la gastronomie sont des éléments qui s’ajoutent à l’expérience culturelle». La gastronomie en tant que champ d’étude en science sociale se développe dans plusieurs institutions à travers le monde. On note un intérêt croissant dans plusieurs segments: «ballades gourmandes», circuits agrotouristiques, festivals et événements culinaires, tables champêtres, etc. La tendance actuelle du consommateur est de privilégier des activités touristiques locales pouvant lui faire vivre des expériences personnalisées. De plus en plus, le tourisme gastronomique souligne la production plutôt que de se concentrer seulement sur la consommation. L’émergence de La route des vins ou La route des fromages au Québec en sont de très bons exemples.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

La motoneige en harmonie: deux exemples de réussite

La gestion de la cohabitation entre les utilisateurs de véhicules récréatifs, les adeptes de plein air et les propriétaires habitant à proximité relève du défi. Nous avons identifié deux exemples intéressants à l’étranger qui sont susceptibles d’inspirer de nouvelles pistes de solution. Dans les deux cas, le fait d’intégrer l’avis des propriétaires terriens dans le modèle de gouvernance a permis de sauvegarder les acquis et de favoriser un développement harmonieux de la pratique de la motoneige.

La coordination simultanée d’un usage multifonctionnel des espaces récréatifs nécessite une planification minutieuse. Dans un souci de développement durable, il est impératif d’obtenir une reconnaissance des communautés locales et même leur participation au processus.

Le cas de Funäsdalen en Suède

Dans le nord de la Suède, la région de Funäsdalen s’est attaquée aux conflits entre les motoneigistes, les résidants et les adeptes de ski de fond. Les décideurs locaux ont formé une coalition regroupant les différents groupes d’intérêts. Ces derniers sont représentés par une corporation privée (à but lucratif), Funäsdalsfjällen Skoterled AB, qui gère les contrats pour les droits de passage, la tarification pour l’usage des sentiers, ainsi que le zonage.

Il s’agit d’une première en Europe, d’autant plus que certaines destinations hésitent de plus en plus à promouvoir la pratique touristique de la motoneige. Les autorités du comté de Jämtland parient qu’une fois les conflits entre usagers réglés de façon définitive, les investissements consentis se traduiront par des retombées économiques positives.

Mentionnons qu’il s’agit d’une initiative qui s’insère dans un programme plus large, financé par l’Union européenne et le ministère de l’Environnement de la Suède (7,5 millions couronnes, soit 1,35 million $), qui vise à créer un espace terrestre prônant le développement durable. La corporation s’est dotée d’une vision et d’un plan d’action à long terme où amants de la nature et amateurs de motoneige pratiquent leurs activités respectives en toute collaboration. Ses actions visent notamment à isoler les circuits de motoneige des pistes de ski de fond et à adopter un zonage qui respecte les préoccupations écologiques.

La corporation est détenue à 51% par l’association représentant les propriétaires terriens. Les clubs de motoneigistes et les entreprises touristiques figurent quant à eux comme actionnaires minoritaires. Le rôle de la coalition consiste à collecter les frais d’utilisation du réseau auprès des usagers et à gérer l’entretien et la surveillance des sentiers.

Pour assurer la pérennité des 450 km de sentiers, des contrats à long terme sont signés avec les propriétaires concernés. Selon Sven-Erik Hammar, un des responsables du projet, les ententes consistent en des contrats renouvelables de cinq ans. Les propriétaires reçoivent des redevances de 0,30 couronne (environ 0,05$) par mètre de sentier de motoneige traversant leur terrain. Un total de 120 000 couronnes (22 000$) ont été versées aux 380 propriétaires concernés par le programme. Comme incitatif additionnel, ces derniers obtiennent un tarif préférentiel pour l’achat de leur droit annuel d’accès au réseau de sentiers, 250 couronnes (45$) au lieu du tarif régulier de 800 couronnes (144$).

Cette initiative permet, non seulement de renforcer la démocratie locale en responsabilisant les différents groupes d’intérêts, mais surtout, de légitimer les actions entreprises pour améliorer ce secteur d’activité. Il s’agit d’un modèle innovateur de gouvernance qui a été remarqué par les régions voisines. Deux autres comtés suédois planchent actuellement sur un modèle similaire.

Le cas du Maine aux États-Unis

L’État du Maine constitue un autre exemple intéressant. Le réseau mis en place comporte plus de 20 000 km de sentiers. Environ 4000 km s’insèrent à l’intérieur de l’Interconnected Trail System (ITS), qui joue le rôle «d’autoroute» reliant le circuit local aux réseaux voisins du New Hampshire et du Canada. La Maine Snowmobile Association regroupe 280 clubs de motoneigistes et plus de 15 000 membres payant des cotisations d’utilisateurs. L’industrie de la motoneige contribue pour plus de 300 millions $US à l’économie du Maine selon un groupe de travail formé par le gouverneur John Baldacci. Précisons que 94% du réseau de sentiers se situe sur des terres privées.

C’est au cours des années 70 que les propriétaires terriens ont commencé à manifester leur mécontentement à l’endroit des motoneigistes. Le Department of Conservation (DOC) a alors reçu le mandat de trouver des solutions permanentes à ce conflit. La stratégie retenue: créer des incitatifs pour encourager les motoneigistes à s’organiser et les propriétaires à accepter de négocier des droits de passage.

Pour les motoneigistes, le principal gain, c’est de bénéficier d’un réseau de sentiers intégré de haute qualité, financé majoritairement par une ristourne sur les taxes de l’essence. Quant aux propriétaires concernés, ils ne reçoivent aucune compensation financière directe liée aux droits de passage, mais obtiennent en contrepartie la haute main sur l’emplacement des sentiers. Ils sont dégagés de toute responsabilité légale et, surtout, ils gèrent l’application d’une pratique responsable de la motoneige. Le gouvernement a renforcé le tout à l’aide de campagnes de sensibilisation à l’endroit des motoneigistes, leur rappelant l’importance d’une conduite sécuritaire et d’une reconnaissance à l’endroit des propriétaires terriens.

Le facteur clé de la réussite de la solution instaurée au Maine s’est traduit par le programme Trail Grant. Ce dernier permet de verser aux clubs de motoneige les revenus provenant de la vente des droits d’immatriculation des motoneiges, bonifiés de 0,9045% du total des taxes perçues par l’État sur les ventes d’essence attribuables à la motoneige. Les clubs contribuent par l’apport de leurs bénévoles et les revenus de membership. Instauré en 1986, ce fond spécial s’est apprécié de manière impressionnante, passant de revenus annuels de 286 000$US à 1,8 million $US en 2000.

Le DOC, qui gère le programme Trail Grant, n’accordera toutefois aucune subvention aux clubs de motoneigistes qui n’obtiennent pas tous les accords nécessaires des propriétaires terriens. De plus, cette source de financement peut être retirée advenant le cas où un club ne parvient pas à résoudre ses conflits avec des propriétaires. Ces derniers, rassurés, savent qu’ils peuvent aisément obtenir gain de cause en cas de litige. Avec le temps et l’appui du DOC, l’image de la motoneige s’est grandement améliorée auprès de la population, des élus municipaux et des législateurs. Les motoneigistes sont désormais davantage perçus comme des voisins responsables et non comme une menace.

Il faut toutefois préciser que le modèle du Maine est confronté à de nouvelles réalités qui compliquent les choses. Au cours des dernières années, la forte croissance du nombre de quadistes circulant sur les mêmes territoires, et les dommages qu’ils causent, soulèvent la grogne des propriétaires. Ces nouveaux venus sont beaucoup plus difficiles à contrôler et peu se limitent aux sentiers balisés.

Pour éviter de mettre en péril le modèle adopté pour la pratique de la motoneige, le gouvernement s’est également attaqué aux problèmes causés par les quads. L’objectif premier: restaurer la confiance rudement mise à l’épreuve par une pratique mal encadrée du quad tout en sauvegardant l’accès privilégié par les véhicules récréatifs aux espaces privés.

Un plan d’action détaillé, approuvé tant par l’association des motoneigistes que par celle des quadistes et une majorité des propriétaires, a été déposé en décembre 2003 par le gouverneur John Baldacci. À l’instar de la motoneige, les quadistes comptent désormais sur leur programme ATV Trail Grant.

Une série de mesures législatives sont progressivement entrées en vigueur au cours de l’année 2004. Par exemple, depuis le 31 août 2004, une loi stipule que la libre circulation d’un quad sur les terres privées constitue un privilège et nécessite une autorisation écrite du propriétaire. Une violation des droits de passage entraînera des amendes variant de 100 à 500$. On s’attend à ce que la contribution des quadistes injecte 2,65 millions $US additionnels à l’ensemble du programme des véhicules récréatifs.

Voir aussi

Funäsdalen
Jämtland

Sources:
– ATV Task Force. «ATV Solutions – Recommendations of Gov. John Baldacci’s ATV Task Force» [www.state.me.us/ifw/pdf/atvfinalreport.pdf], 19 décembre 2003.
– Anttila, Sten et Charlotta Stern. «The voluntary provision of snowmobile trails on private land in Sweden», Document présenté au Swedish Sociological Association Meeting, Uppsala, 25-26 janvier 2001.
– Scruggs, Roberta. «Landowner Relations – A Practical Guide to Preserving Public Access to Private Land», [www.samcef.org/land_owner_guide.pdf].
– Heldt, Tobias et David Vail. «Governing snowmobilers in multiple-use landscapes: Swedish and maine (USA) cases», Ecological Economics [www.sciencedirect.com], No. 48, 2004.
– Vail, David. «Snowmobiling in Maine: Past Successes, Future Challenges», Maine Policy Review [www.umaine.edu/mcsc/mpr/vol11no2/Vail.pdf], 2002.
– Norton, Patrick. «Commission to Study Equity in the Distribution of Gas Tax Revenues Attribuable to Snowmobiles, All-terrain Vehicules and Watercraft», State of maine 120th Legislature, décembre 2001.
– Hultkrantz, Lars et Reza Mortazavi. «Landowner participation in the regulation of outdoor recreation: some problems in snowmobiling regulation», Centre for Research on Transportation and Society, Dalarna University, Tourism Economics, no. 4, 1998.
– «Härliga Härjedalen har Europas bästa skoterledsområde!», Snowmobile No.2, 2001.

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Enjeux Produits et activités

La motoneige au Québec: un leader mondial en questionnement

La fermeture d’une portion de sentier longue de 38 km dans les Laurentides entraîne beaucoup de remous et de turbulences, confirmant l’importance de la motoneige dans l’économie de plusieurs régions touristiques du Québec. En effet, les infrastructures touristiques reliées à la motoneige sont considérées comme les plus développées et les mieux intégrées au monde. Les acteurs concernés poursuivent l’étude du jugement et des avenues légales à leur disposition afin de trouver une solution rapide au dossier.

Des chiffres éloquents

La pratique générale de la motoneige demeure relativement stable au Québec, la moyenne annuelle du nombre de véhicules se maintenant depuis quelques années à environ 150 000. On compte environ 410 000 adeptes québécois de la pratique de la motoneige (Print Measurement Bureau, 2002). Le Québec dispose d’un réseau de plus de 33 700 km de sentiers balisés, entretenus et signalisés, pour lesquels environ 94 000 droits d’accès sont vendus annuellement.

La pratique de la motoneige à des fins récréotouristiques croît de façon significative depuis quelques années, particulièrement auprès des clientèles provenant des marchés hors Québec (tableau 1). Statistique Canada, dans un traitement effectué pour Pannell Kerr Forster, estime à environ 400 000 le nombre de nuitées au Québec attribuables à cette activité – pour 75% des visiteurs la motoneige constitue le principal but de leur voyage.

Bien que les motoneigistes recherchent habituellement l’évasion, il ne s’agit pas du seul motif considéré lors du choix de la destination. En effet, certaines régions attirent davantage de motoneigistes locaux, alors que d’autres exercent un pouvoir d’attraction important auprès de la clientèle étrangère. Les motoneigistes ont accès à plus de 15 000 chambres réparties sur le territoire du Québec et situées en parallèle au réseau des sentiers.

Québec, leader mondial

Sur l’échiquier canadien, l’Ontario et le Nouveau-Brunswick se présentent comme les seules destinations suffisamment organisées sur le plan de l’offre pour concurrencer le Québec, leader mondial. Ce dernier se distingue toutefois par la qualité et l’étendue de son réseau. Les infrastructures touristiques reliées à la motoneige (service de location, hébergement et restauration, concessionnaires, stations services) sont considérées comme les plus développées et les mieux intégrées au monde.

Le Québec est la province canadienne de loin la plus performante pour attirer des motoneigistes non résidants. Il récolte environ 58 000 visites touristiques de motoneigistes en provenance des autres provinces canadiennes, soit plus de 52% de l’ensemble du marché canadien et trois fois plus que l’Ontario. Une grande majorité de ces visites sont attribuables aux Ontariens qui achètent un droit d’accès annuel et qui effectuent de nombreux séjours au cours de la même année.

Une activité touristique compromise

Même si les statistiques confirment les bénéfices économiques engendrés par cette activité et de son apport significatif pour les régions ressources, l’industrie touristique se retrouve aujourd’hui face à un sérieux problème. En effet, la pérennité des sentiers de motoneige constitue depuis de nombreuses années l’un des enjeux soulevés par les intervenants du secteur.

Le maintien des sentiers se trouve souvent remis en cause par la nécessité de négocier chaque année la question des droits de passage avec des propriétaires fonciers, des exploitants forestiers ou des gestionnaires de terres publiques. Continuellement, le tracé est tributaire de la réussite de ces tractations. Souvent, des propriétaires terriens décident de réclamer une part des revenus des clubs de motoneigistes en contrepartie des droits de passage, ce qui oblige certains à renoncer à des portions essentielles de sentiers, faute de revenus suffisants pour payer les propriétaires.

Les conflits d’usages

La cohabitation entre la pratique de la motoneige et le milieu habité conduit souvent à certains heurts. Plusieurs citoyens s’offusquent du passage des motoneiges à proximité de leur lieu de résidence. Il s’agit ici d’un conflit d’utilisation de l’espace récréatif: les villégiateurs ayant acquis terrains et résidences souhaitent la tranquillité, le calme et la solitude. Le bruit et la pollution occasionnés par la motoneige vont à l’encontre de ces valeurs. Il en va de même pour les amateurs d’écotourisme pour qui l’activité touristique doit reposer sur une utilisation « douce » de l’espace naturel, avec un minimum ou sans activités motorisées.

Dans la région des Laurentides, comme on le sait, les conflits d’usage ont pris une tournure juridique lorsqu’un groupe de citoyens-villégiateurs a intenté un recours collectif afin d’empêcher la circulation des motoneiges sur un tronçon du parc linéaire Le P’tit train du Nord. Le jugement prenant effet immédiatement, plusieurs portions de sentier voient leur accès compromis.

Craignant des poursuites civiles, certaines municipalités régionales de comté (MRC) songent maintenant à interdire la motoneige sur des sentiers tracés à proximité de résidences, notamment sur d’anciennes voies ferrées. En Outaouais, les MRC sont d’ailleurs passées aux actes, en décidant de maintenir inaccessibles 120 km de sentiers. Il s’avère essentiel d’identifier des solutions permanentes à cette problématique majeure.

Au delà de la turbulence occasionnée par cette situation, le souci d’un dialogue constant s’avère essentiel dans la mesure où le dossier va sans doute interpeller plusieurs municipalités non seulement pour la problématique de la motoneige, mais bientôt pour celles de la pratique du quad et de la motomarine dans les zones où la population riveraine privilégie la paix, la quiétude et le respect de l’environnement.

Sources:

– Chaire de Tourisme de l’UQAM. «Tourisme hivernal – Motoneige», Diagnostic final préliminaire, 21 mars 2003.
– Pannell Kerr Forster Inc. «Étude nationale sur le produit touristique motoneige », 2001.
– Print Measurement Bureau, 2002.
– Beauchesne et Associés. «Retombées touristiques et économiques de la pratique de la motoneige au Québec», 2002. 

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Marketing Produits et activités

Coup de coeur : motoneige en Abitibi-Témiscamingue

Récemment, l’Abitibi-Témiscamingue a été récompensée pour ses efforts en étant reconnue comme l’une des meilleures destinations de motoneige en Amérique du Nord. Depuis septembre 2003, la région figure au palmarès des 10 destinations les plus appréciées des motoneigistes, compilation établie par le magazine spécialisé Supertrax International (distribué à 250 000 exemplaires).

Soulignons également la performance de la région de Lanaudière, qui trône au sommet du classement. Les critères de sélection concernaient la qualité du réseau de sentiers, les infrastructures en place, l’offre touristique et l’accueil réservé aux motoneigistes.

Le succès obtenu par l’Abitibi-Témiscamingue constitue le fruit d’initiatives entreprises auparavant. À l’aube de la saison 2002-2003, l’association touristique régionale (ATR) avait procédé au lancement d’une première campagne promotionnelle hivernale (200 000 $), axée principalement sur le produit motoneige avec, comme marchés cibles, les États-Unis, l’Ontario et le Québec. Cette campagne incluait la production de dépliants de forfaits, l’achat de publicités dans des revues spécialisées et des journaux, ainsi que la participation à des salons commerciaux. Ajoutons que l’ATR a distribué plus de 200 000 brochures de forfaits et 35 000 cartes des sentiers de la région. Elle a également pris part à deux salons commerciaux s’adressant aux motoneigistes. L’ATR visait une croissance de 15 % du taux d’occupation des hôtels de la région en hiver. Résultat : hausse de 28 % entre décembre 2002 et mars 2003.

Le site Internet de l’ATR proposait des circuits/forfaits variant entre 300 et 500 kilomètres et mettant en vedette quatre régions différentes. Ces prestations, dont les tarifs étaient de 170 à 200 $ par personne pour une durée de trois à quatre jours, comprenaient les repas et un hébergement de 2 à 4 étoiles. La stratégie promotionnelle misait sur « la beauté des paysages à la porte de la région du Nord du Québec », les petits villages de l’Abitibi-Ouest, les charmes des villes du Nord et la qualité supérieure des services offerts.

Soulignons l’apport important de la motoneige pour la région avec notamment des entrées directes de plus de 780 000 $ provenant de la vente des droits d’accès vendus aux motoneigistes. C’est sans compter toutes les autres retombées économiques associées à cette activité.

Le produit motoneige occupe une place importante dans plusieurs régions du Québec. Cette activité exigeant de grands espaces, les régions éloignées constituent des destinations de prédilection. On y trouve également une forte densité d’adeptes. Après la Côte-Nord, c’est en Abitibi-Témiscamingue que l’on compte le plus grand nombre de motoneiges immatriculées par 1000 habitants au Québec. Cette région possède un imposant réseau de plus de 3500 kilomètres de sentiers.

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Produits et activités

Le quad rivalisera-t-il avec la motoneige?

La pratique du quad (VTT – véhicule tout terrain) comme activité récréative gagne rapidement en popularité au Québec. Le quad est-il un produit touristique en émergence au même titre que la motoneige il y a vingt ans ?

Entre 1995 et 2003, le nombre de motoneiges immatriculées au Québec a diminué de 159 000 à 146 000, alors que celui du quad a pratiquement doublé, passant de 148 000 à 279 000 (graphique 1). Près de 21 000 quads neufs ont été vendus au Québec en 2003.

En dépit d’un déclin de popularité parmi les adeptes québécois, la motoneige affiche une croissance marquée de la clientèle hors Québec. Selon Pannel Kerr Forster, quelque 400 000 nuitées sont attribuables à cette activité au Québec.

La pratique du quad gagne la faveur de nouveaux adeptes québécois au détriment de la pratique de la motoneige. Les conditions météorologiques de moins en moins propices, qui raccourcissent la saison de la motoneige, conditionnent en partie cette substitution. La pratique du quad constitue un loisir quatre saisons.

On recense au Québec quelque 140 clubs et 47 000 membres au sein de la Fédération Québécoise des Clubs Quads. Le réseau de sentiers des clubs membres de la Fédération totalise 17 000 km, dont environ 10 000 sont accessibles en hiver et 7 000 en été.

Portait des quadistes

Environ 13 % de la population québécoise adulte a réalisé une excursion de quad (une heure et plus) en 2002. On estime toutefois à près de 120 000 le nombre de quadistes «touristes». La durée moyenne d’un voyage de quad équivaut à 4,6 jours, et plus d’une centaine de kilomètres sont ainsi parcourus quotidiennement. Les adeptes réalisent en moyenne deux voyages annuellement.

La Montérégie compte le plus grand nombre de propriétaires de quads (28 400), suivie par les régions de Chaudière-Appalaches (25 700) et du Saguenay—Lac-Saint-Jean (25 400).

Quatre critères d’importance conditionnent la sélection d’une destination touristique de quad :

  • la qualité de l’aménagement des sentiers;
  • la présence d’une signalisation adéquate;
  • la beauté et la diversité des paysages du circuit;
  • l’offre d’hébergement à proximité des sentiers.

Contrairement aux motoneigistes, seulement 10 % des quadistes utilisent régulièrement les sentiers balisés des clubs fédérés de quad du Québec à des fins touristiques.

Perspectives touristiques

Au Québec, la pratique du quad à des fins touristiques se limite, pour l’instant, presque essentiellement à la clientèle québécoise. Considéré comme produit émergent, le quad se hisse parmi les produits touristiques « moteurs » de certaines régions du Québec.

Le Québec constitue une destination de choix pour le quad grâce à :

  • un réseau de sentiers étendu pénétrant la majorité des régions touristiques du Québec et donnant accès à des zones « grande nature »;
  • un vaste réseau de 17 000 kilomètres de sentiers se diversifiant au fil des saisons;
  • une infrastructure d’accueil (hébergement, restauration, relais) développée initialement pour les motoneigistes et adaptée aux quadistes;
  • plusieurs organisations de bénévoles assurant le développement et l’entretien des sentiers.

Ce n’est pourtant pas suffisant pour élever le Québec au rang de destination quad de calibre international. Parmi les destinations renommées, mentionnons le Maroc, la Tunisie, la Mauritanie, le Utah et le Nevada.

Vers un développement responsable

Le quad demeure un secteur encore jeune et peu structuré d’un point de vue touristique. Le nombre grandissant de quads en circulation amène plusieurs régions touristiques à se questionner sur leur stratégie de développement de ce produit. L’investissement dans la création de sentiers à vocation touristique interpelle plusieurs acteurs et nécessite le développement de collaborations.

Dans un souci de développement durable, il est impératif d’obtenir une reconnaissance des communautés concernant un partage du réseau des sentiers entre différentes catégories d’utilisateurs. Une telle cohabitation des voies entre véhicules motorisés et non motorisés exige une grande planification. Précisons qu’un emploi partagé ne signifie aucunement que les sentiers deviennent accessibles en même temps à tous les utilisateurs.

Dans une perspective de stratégie de développement de l’offre de quad et pour rehausser la qualité du produit, voici quelques facteurs importants à prendre en compte :

  • Les perceptions populaires tendent à voir le quad comme un véhicule bruyant et polluant.
  • L’accès permanent aux sentiers s’avère souvent difficile en raison de la précarité des droits de passage, d’un terrain parfois impraticable ou de la saison de la chasse.
  • La qualité de la signalisation et de l’entretien des sentiers varie sensiblement d’un club à l’autre en raison de l’inégalité des ressources humaines et financières.
  • Le choix actuel du tracé des sentiers ne tient que très peu compte des besoins d’un circuit de nature touristique et présente des lacunes sur le plan de l’interconnexion entre les différentes régions touristiques.
  • Les régions qui choisissent le quad comme produit touristique vedette doivent non seulement présenter un réseau de sentiers bien développé mais également adopter des critères d’aménagement de qualité répondant aux besoins de la clientèle touristique.
  • L’adoption d’une vision à long terme implique la mise en place d’un réseau « labelisé » et d’un « code de conduite » afin de mieux encadrer la pratique et uniformiser les standards de qualité entre les régions.

Bien que le taux de pénétration de l’activité quad auprès de la clientèle hors Québec demeure pour le moment embryonnaire et que plusieurs défis restent à relever, les perspectives touristiques s’avèrent néanmoins fort prometteuses.

Sources :
– Desjardins Marketing Stratégique / Pluram et Léger Marketing. « Étude sur le développement et la commercialisation touristique du quad au Québec », 21 juin 2002.
– Commission canadienne du tourisme, Société du Partenariat ontarien de marketing touristique FedNor, Fonds du patrimoine du Nord de l’Ontario et Communautés ontariennes. « Guide de développement d’un produit VTT touristique communautaire », 2003.
– Pannel Kerr Forster Inc. « Étude nationale sur le produit touristique motoneige », 2001.
– Fédération Québécoise des Clubs Quads. « Info-FQCQ – Statistiques », [www.fqcq.qc.ca], 2004.