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La planification de voyages : quatre marchés comparés

La Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM a réalisé en décembre 2014 un sondage portant sur les habitudes des voyageurs des principaux marchés du Québec. Voici un aperçu de l’un des volets de cette étude, soit le comportement de planification de voyages. Des détails additionnels sur cette étude sont présentés à la fin de cette analyse. Pour certaines questions, les répondants devaient se référer à un voyage en particulier, réalisé au cours des douze derniers mois.

 

Les sources d’inspiration

La recommandation de parents et d’amis ainsi que le Web et les médias sociaux sont les sources d’information les plus inspirantes dans le choix d’une destination (voir le graphique 1). Les Français s’inspirent dans une plus grande proportion des médias traditionnels (brochures, offices de tourisme, magazines et journaux).

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Source : Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM, 2015.

Pour les jeunes Québécois de 18 à 34 ans, les recommandations de parents et d’amis s’avèrent encore plus déterminantes dans le choix d’une destination (57 %) que pour l’ensemble des Québécois (50 %). Les voyageurs hors Québec qui ont voyagé en groupe organisé privilégient les brochures, les dépliants et les guides dans une plus forte proportion (38 %).

Les sources d’inspiration varient selon la destination qui a ultimement été choisie. Les recommandations de parents et d’amis s’avèrent moins importantes pour une destination soleil (34 %) que pour l’Europe, les États-Unis, le Québec ou le reste du Canada (toutes autour de 50 % ou plus). L’agent de voyages est privilégié pour choisir une destination du Sud (50 %), mais beaucoup moins pour l’Europe (30 %), les États-Unis (10 %), le Québec (5 %) ou le reste du Canada (3 %).

L’utilisation du Web avant le séjour

Pour environ les deux tiers des voyageurs, le Web est utilisé pour la planification d’un séjour (voir le graphique 2).

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Source : Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM, 2015.

De façon générale, les répertoires d’attraits touristiques sont très populaires auprès des Québécois pour planifier leurs voyages (voir le graphique 3), tout comme les avis d’autres voyageurs. Les Français consultent davantage les fiches d’information ou les articles portant sur la destination, alors que les Ontariens privilégient les cartes localisant les services sur le Web. L’analyse plus poussée des résultats permet d’observer que :

  • les Québécois habitant à l’extérieur des régions métropolitaines utilisent en moins grande proportion le Web pour planifier leur voyage (55 %);
  • pour les longs séjours (7 nuitées ou plus), les Québécois consultent davantage les avis (50 %) ainsi que les photos ou les vidéos publiées par d’autres voyageurs (30 %);
  • les touristes hors Québec ayant un revenu familial supérieur à 100 000 $ consultent en plus grande proportion les avis sur le Web d’experts en voyage (24 %).

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Source : Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM, 2015.

Les prochaines informations concernent le principal site Web utilisé lors de la planification du séjour de référence (voir le graphique 4). Alors que les Québécois consultent principalement les sites d’attraits touristiques ou d’activités de la destination, les Français privilégient les sites d’agences de voyages ou de grossistes, ainsi que les moteurs de recherche et les comparateurs de prix. Les Ontariens et les Américains utilisent en plus grande proportion les sites de partage de commentaires sur les voyages.

Pour un voyage au Québec, les sites de destination sont régulièrement consultés par la clientèle hors Québec (22 %). Parmi tous les répondants ayant planifié leur voyage à l’aide d’un site de destination, les fonctionnalités appréciées sont :

  • les offres ou les forfaits complets;
  • un comparateur de produits réservables;
  • la possibilité de réserver des produits autres que l’hébergement;
  • des itinéraires ou des circuits de voyage;
  • des commentaires ou des récits de voyage;
  • une grande variété de vidéos ou de photos.

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Source : Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM, 2015.

La planification une fois à destination

Pour tous les marchés à l’étude et peu importe la destination du séjour, les recherches à destination portent le plus souvent sur la restauration (41 %), suivie de l’hébergement (24 %). Viennent ensuite les attractions, les activités et les forfaits multiactivités.

Le Web ou les médias sociaux sont utilisés pour chercher de l’information une fois rendu à destination par environ le quart des répondants (voir le graphique 5). La proportion est plus forte pour les Ontariens, mais moindre pour les Américains. Les sources traditionnelles (brochures, offices de tourisme, guides touristiques gratuits, etc.) sont davantage utilisées, surtout par le marché français. Pour les Ontariens et les Américains, les recommandations de parents et d’amis demeurent l’une des principales sources d’information à destination. Les Montréalais consultent plus assidûment les cartes géographiques (22 %) que la moyenne québécoise.

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Source : Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM, 2015.

Le choix d’un fournisseur touristique

Le prix et la qualité du service ou du produit sont les deux principaux critères de choix d’une entreprise touristique, peu importe la provenance des touristes (voir le graphique 6). Les Français accordent davantage d’importance aux commentaires des autres voyageurs lus sur le Web, ainsi qu’aux lectures sur le sujet dans les magazines, les journaux, les guides ou sur le Web. Ils sont également plus influencés par la qualité du service et du produit. La possibilité d’avoir accès à un rabais est un critère de choix plus important pour les Américains.

Les Américains et les Ontariens accordent plus d’importance à l’appartenance à une chaîne ou à une association reconnue ainsi qu’à la possibilité d’utiliser ou d’accumuler des points ou des dollars grâce à un programme de fidélisation. Soulignons enfin que les grands voyageurs (4 séjours et plus) accordent légèrement plus d’importance aux avis sur le Web d’autres voyageurs (18 % pour les Québécois et 20 % pour les voyageurs hors Québec).

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Source : Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM, 2015.

Prochaine étape? La réservation. Connaissez-vous bien les habitudes des Québécois? Consultez cette analyse.

À propos de cette étude :

Les deux partenaires principaux ayant contribué financièrement au projet sont AIMIA et le ministère du Tourisme du Québec. Les autres partenaires financiers sont les ATR associées du Québec, l’Office du tourisme de Québec ainsi que la Société des Attractions Touristiques du Québec et Festivals et Événements Québec. Un panel Web a permis de joindre 5520 répondants du Québec, de l’Ontario, de la France et du nord-est des États-Unis. Un rapport détaillé des résultats de cette enquête a été publié en mars 2015.

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Les Québécois, plus sorteux qu’avant!

 

À la lumière des données du Print Measurement Bureau (PMB), voici un portrait évolutif de certains comportements de voyages liés aux séjours d’agrément (d’une nuit ou plus) des Canadiens et des Québécois. À noter qu’à la différence des chiffres fournis par Statistique Canada concernant les voyages des résidents canadiens, les enquêtes du PMB concernent les individus. Ces données du PMB proviennent d’un sondage effectué mensuellement et échelonné sur une période de deux ans. Le nombre total de répondants s’élève à près de 21 500 Canadiens, dont plus de 6700 Québécois âgés de 12 ans ou plus.

Les Québécois en rattrapage

D’après le sondage de 2004, plus de 46 % des Canadiens des autres provinces avaient voyagé à l’international au cours des 3 années précédentes. Chez les Québécois, cette proportion s’élevait à seulement 27 %. Au fil des années, l’écart entre ces moyennes s’amenuise (voir le graphique 1). L’incidence des Québécois qui ont voyagé à l’étranger atteint maintenant 41 % selon les données du PMB 2014, alors que la moyenne des autres provinces canadiennes est de 46 %. Les provinces qui enregistrent les plus fortes proportions de voyageurs internationaux sont l’Ontario (49 %) et les Prairies (47 %). Les résidents des provinces de l’Atlantique sont les moins enclins à avoir réalisé un voyage à l’étranger au cours des 3 dernières années (29 %).

 

CB_Quebecois_plus_sorteux_avant_graph_1

 

Beaucoup plus de voyages qu’il y a 10 ans

Le graphique 2 illustre l’évolution des habitudes de voyage à l’étranger des Québécois au cours des 12 derniers mois. On remarque une forte croissance de la part des Québécois qui ont réalisé au moins 2 voyages. De 10 % en 2004, cette proportion atteint 21 % en 2014, soit plus du double.

 CB_Quebecois_plus_sorteux_avant_graph_2

Des classiques bien ancrés

Le nord-est des États-Unis a connu une recrudescence de popularité comme destination pendant les dix dernières années. En 2004, 7 % des Québécois affirmaient y être allés en voyage d’agrément au cours des 3 dernières années; ils étaient plutôt 13 % en 2012. La France, l’Angleterre et l’Italie figurent toujours parmi les destinations européennes fréquentées par le plus grand nombre de Québécois, mais les proportions restent stables (voir le graphique 3).

CB_Quebecois_plus_sorteux_avant_graph_3 

Le Sud attire toujours plus

Les destinations soleil ont la cote auprès des Québécois, ce n’est pas une surprise. Mais la progression du nombre de Québécois qui s’y rendent est remarquable. Certaines îles des Caraïbes, parmi les destinations les plus populaires, sont en forte croissance. Alors qu’en 2004, quelque 3 % de Québécois affirmaient s’être rendus à Cuba au cours des 3 dernières années, cette proportion grimpait à près de 10 % lors du sondage de 2014. 

Alors qu’en 2004, quelque 3 % de Québécois affirmaient s’être rendus à Cuba au cours des 3 dernières années, cette proportion grimpait à près de 10 % lors du sondage de 2014.

La République dominicaine et le Mexique enregistrent aussi une croissance de voyageurs québécois. Dépassée par Cuba depuis le sondage de 2010, la Floride demeure une destination prisée par une part grandissante de Québécois (voir le graphique 4).

 CB_Quebecois_plus_sorteux_avant_graph_4

Les Québécois voyagent moins au Canada que les autres

Les données du sondage PMB 2014 indiquent qu’un peu plus de la moitié (53 %) des Canadiens de 12 ans ou plus ont fait un voyage d’agrément au pays au cours des 12 derniers mois. Cette proportion est plus basse (45 %) parmi les Québécois. En fait, il s’agit du plus bas taux de touristes nationaux de tout le pays. L’incidence la plus élevée est celle liée aux citoyens des Prairies (65 %), suivie par la Colombie-Britannique et les provinces de l’Atlantique (voir le graphique 5). Globalement, ces chiffres ont très peu changé depuis les 10 dernières années.

 CB_Quebecois_plus_sorteux_avant_graph_5

Où vont les Québécois et leurs voisins?

Alors que 35 % des Québécois ont réalisé un séjour d’agrément au Québec, 40 % des Ontariens l’ont fait en Ontario et une grande part des résidents de l’Atlantique se sont promenés dans les provinces de l’est du pays (voir le graphique 6). Aussi, 11 % des Ontariens et 7 % des résidents de l’Atlantique sont venus au Québec. À l’inverse, 13 % des Québécois sont allés en Ontario et 5 %, tout au plus, dans les provinces de l’Est canadien.

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De plus en plus de Québécois voyagent. L’industrie touristique d’ici doit tout mettre en œuvre pour que ceux-ci considèrent leur province comme une destination attrayante. Non seulement ils généreront des retombées économiques importantes au Québec, mais en plus, ils feront d’excellents ambassadeurs.

 

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Pleins feux sur le marché ontarien

Cette analyse se base sur les données issues de l’Enquête sur les voyages des résidents du Canada (EVRC) menée par Statistique Canada. Ce sondage a fait l’objet d’un remaniement en 2011. Les changements méthodologiques apportés sont d’une telle ampleur qu’ils entraînent une discontinuité dans les séries chronologiques. C’est pourquoi les données de l’EVRC de 2011 ne sont pas comparables avec les données historiques de l’enquête. Nous avons donc choisi de présenter un portrait global des voyageurs en 2010.

Propension à voyager… vers les États-Unis

Les Ontariens voyagent beaucoup à l’étranger, principalement aux États-Unis, où ils ont effectué près de 9 millions de visites d’une nuit ou plus en 2010. Ils ont aussi réalisé 3,7 millions de séjours touristiques dans des destinations outre-mer (hors Canada et États-Unis) et 4 millions de visites au Canada. Les prévisions laissent présager qu’au fil des ans, les Ontariens voyageront de plus en plus vers les destinations d’outre-mer (voir le tableau 1).

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Dans les prochaines sections, nous présentons les caractéristiques des voyageurs ontariens au Québec issus des régions métropolitaines d’Ottawa et de Toronto, ainsi que des régions du Sud-Est de l’Ontario, de York, Durham et Hills of Headwaters, et des hautes-terres d’Haliburton à la vallée de l’Outaouais.

Croissance du nombre de voyages au Québec

L’Ontario constitue le principal marché pour le Québec en ce qui a trait aux voyageurs en provenance des autres provinces canadiennes. Entre 2006 et 2010, le nombre de voyages d’agrément des Ontariens au Québec a crû de 35%, malgré des baisses successives en 2008 et en 2009 (voir le graphique 1). La remontée s’est amorcée dès 2010, où le nombre de visites-province a atteint 1,5 million (+50% par rapport à 2009). Les dépenses se sont cette année-là élevées à 643,7 millions de dollars.

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Leurs caractéristiques sociodémographiques

Les voyageurs ontariens au Québec proviennent principalement d’Ottawa et sa campagne (42%), de Toronto et du Grand Toronto (39%). Ils sont jeunes: près du tiers appartiennent à la génération Y, c’est-à-dire qu’ils sont âgés de 25 à 34 ans (voir le graphique 2). Ils disposent d’un revenu familial annuel supérieur à 75 000$ (64%); la moitié gagne des revenus dépassant les 100 000$. D’ailleurs, ces deux segments de clientèle ont connu une croissance respective de 105% et de 33% entre 2006 et 2010.

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Les couples, mariés ou vivant en union libre, sont responsables de 60% des voyages d’une nuit ou plus des Ontariens au Québec (voir le graphique 3). D’ailleurs, les touristes vivant en union libre voyagent de plus en plus dans la province. Entre 2006 et 2010, on a enregistré une croissance de 274% du volume de cette clientèle. Les célibataires représentent également un segment important, avec plus du tiers des voyages effectués par cette catégorie de voyageurs.

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Des voyages en automobile, de courte durée, réalisés en été

Ce sont les adultes voyageant à deux (45%) ou seuls (41%) qui constituent le cœur de la demande actuelle. Les voyages en famille ne représentent que 13% du marché. Ils se déplacent largement en automobile (82%) et séjournent en moyenne trois nuits et moins au Québec (82% des visites), principalement pendant la période estivale (52%). Le mois de septembre fait très bonne figure (voir le graphique 4), particulièrement auprès des gens des régions de Toronto et de York, Durham et Hills of Headwaters. Ce sont également eux qui voyagent le plus au Québec en janvier; ils représentent 69% de toutes les visites-province réalisées durant ce mois par les Ontariens.

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L’hôtel et le chalet privé ont la cote

L’hôtel est le mode d’hébergement privilégié par les touristes ontariens (voir le graphique 5). Le chalet privé et la maison de villégiature arrivent en deuxième place, et sont les préférés de la clientèle en provenance d’Ottawa et de sa campagne. On trouve relativement peu de touristes ontariens qui logent chez des parents ou des amis dans le cadre d’un voyage d’agrément.

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La culture et le plein air se partagent l’horaire des touristes

Les Ontariens sont amateurs d’activités de toutes sortes. Hormis la visite de musées ou de galeries d’art, qui se classe au premier rang, les activités de plein air comme l’observation de la faune ou des oiseaux, les excursions ou la randonnée pédestre, le canot ou le kayak ainsi que le bateau de plaisance sont les plus fréquemment pratiquées par les touristes ontariens pendant leurs voyages au Québec, principalement par les voyageurs en provenance d’Ottawa et de sa campagne (voir le graphique 6). Aller à la plage, visiter un parc ou faire du camping font aussi partie des activités privilégiées par les voyageurs ontariens. Parmi ceux qui ont fréquenté un casino, plus de la moitié (53%) proviennent de la région de York, Durham et Hills of Headwaters.

Un sondage réalisé par Tourisme aérien Laurentides auprès des voyageurs en provenance de Toronto à l’Aéroport International de Mont-Tremblant révèle que le ski, les repas au restaurant, le magasinage, les spas et la visite du casino sont les principales activités pratiquées dans la région. De plus, près d’un voyageur sur deux (47%) manifeste de l’intérêt pour une visite automnale et 32% durant l’été afin de s’adonner à des sports nautiques, à la randonnée pédestre, au vélo, au golf ou pour visiter un spa.

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Montréal, chouchou des Ontariens

Montréal arrive en tête des destinations de voyages d’une nuit et plus effectués par les touristes ontariens dans la province (46%). Étant donné l’importance de la clientèle en provenance d’Ottawa et de sa campagne qui possède une résidence secondaire au Québec, on constate une grande part de séjours en Outaouais, soit 24% des visites (voir le graphique 7). Enfin, les Laurentides arrivent en troisième place, avec 9% des voyages. On remarque que les régions les plus à l’est du Québec sont fort peu fréquentées par les Ontariens.

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Le contexte économique actuel et la concurrence de plus en plus féroce des destinations internationales obligeront le Québec touristique à faire preuve d’imagination et de créativité pour conserver ses parts de ce marché primaire de proximité. Comment pourrait-on attirer un plus grand nombre d’Ontariens dans la belle province? Avez-vous des idées?

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Produits et activités

La pratique de la motoneige au Québec : état des lieux

 

Alors que la clientèle de motoneigistes américains déserte les sentiers québécois, des campagnes promotionnelles pour faire découvrir l’activité aux néophytes ainsi que des forfaits de location comprenant un encadrement sécuritaire s’avèrent intéressants.

 

 

 

Les clientèles potentielles canadienne et américaine

Selon l’International Snowmobile Manufacturers Association (ISMA), il y avait 1,4 million de motoneiges enregistrées aux États-Unis en 2012, dont près du quart dans les bassins naturels du Québec que sont la Nouvelle-Angleterre et l’Atlantique Centre. Au Canada, on comptait un peu plus de 593 000 véhicules enregistrés; le Québec occupait le premier rang (29%), suivi de l’Ontario (25%) et de Terre-Neuve (17%).

Selon un sondage du Print Mesurement Bureau (PMB) de l’automne 2012, 1,1 million de Canadiens ont déjà pratiqué la motoneige. De ce nombre, 340 000 Québécois et 386 000 Ontariens de 12 ans et plus ont pratiqué cette activité au moins une fois au cours des 12 derniers mois. Un peu plus du quart des motoneigistes canadiens (316 000) ont mentionné avoir pratiqué la motoneige à l’occasion d’un voyage d’une nuit ou plus au Canada, dont 61 000 Québécois et 110 000 Ontariens. Par rapport à 2010, cela représente une diminution de 28% pour la clientèle québécoise, et une augmentation de 51% pour le marché ontarien.

La majorité de ces touristes-motoneigistes québécois sont âgés de 18 à 44 ans (66%) ou de 45 à 54 ans (24%) et proviennent de la région de Montréal (47%). Quant aux voyageurs ontariens, ils sont plus âgés: 37% ont de 55 à 64 ans et seulement 33% sont âgés de 18 à 44 ans. Un peu plus du quart (26%) viennent de la région de Toronto.

Plus d’Ontariens, mais moins d’Américains pratiquent la motoneige au Québec

Les années 2000 s’annonçaient catastrophiques pour la motoneige au Québec; le nombre de droits d’accès vendus diminuant sans cesse, et ce, jusqu’à l’hiver 2007-2008, moment charnière où la demande a amorcé sa remontée. L’année dernière, la vente des droits d’accès a crû de près de 8% pour atteindre le même niveau qu’en 2003-2004 (voir le graphique 1).

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Ce sont principalement les Québécois qui achètent ces permis (90% en 2011-2012); les Canadiens des autres provinces (6%) et les Américains (4%) se partagent les autres droits. Notons que le nombre de permis vendus à des Américains a chuté drastiquement depuis le début des années 2000 (-77%), passant de 17 000 à moins de 4000.

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La saison dernière, la clientèle ontarienne constituait la moitié des motoneigistes hors Québec en visite dans la belle province (voir le graphique 3), suivie de loin par celle de l’État de New York (13%) et de la Pennsylvanie (7%). Les Américains de la Nouvelle-Angleterre (Vermont, Maine, Massachusetts, Connecticut et New Hampshire) ont acheté 18% des droits d’accès vendus à des motoneigistes de l’extérieur du Québec.

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Des campagnes «découverte»

Pour attirer de nouveaux adeptes, encourager les anciens motoneigistes à renouer avec le sport et inciter les conducteurs actuels à parcourir encore plus de kilomètres, l’International Snowmobile Manufacturers Association (ISMA) a mis sur pied, il y a quelques années, la campagne «À vos motoneiges!» (Go Snowmobiling) et le concours «Partage ta passion motoneige! Amène un ami» (Take a friend snowmobiling), qui se tient cette année du 1er janvier au 31 mars. Ce concours incite les États et les provinces membres de l’American Council of Snowmobile Association (ACSA) et du Conseil canadien des organismes de motoneige (CCOM) à CN_motoneige_image1parrainer des activités dans le cadre de cette seconde campagne annuelle pour courir la chance de gagner 5 000 $. L’événement a été conçu pour soutenir les associations de motoneigistes de l’ACSA et du CCOM ainsi que leurs clubs dans leurs démarches de partenariats avec les chambres de commerce locales, les bureaux de congrès, les offices de tourisme ou toutes autres entreprises intéressées à accroître la pratique de la motoneige sur leur territoire. Plusieurs idées sont proposées dans un guide à l’intention des clubs.

En Ontario

La Fédération des clubs de motoneiges de l’Ontario (OFSC) publie un guide de planification bilingue téléchargeable à l’intention de tous ceux qui souhaitent pratiquer cette activité sur le territoire de la province. Le guide comprend des informations pratiques (règlements, permis, douanes, signalisation, etc.) de même qu’une liste d’entreprises offrant la location uniquement, la location et l’hébergement ainsi que des circuits, accompagnés ou non, le tout classé par région touristique. Il répertorie également les voyagistes qui proposent des circuits accompagnés par des professionnels.

Dans le Nord-Est des États-Unis

De nombreuses pourvoiries, camps et centres de villégiature de l’État du Maine offrent des forfaits complets incluant la motoneige, les vêtements, le casque et l’essence. La majorité proposent également des sorties de groupe guidées — avec guide certifié par la Maine Professional Guides Association — de quelques heures à plusieurs journées, des repas et l’hébergement. Ces services comprennent également une séance de formation avant de s’élancer sur les sentiers. Il existe aussi près d’une quarantaine de locateurs de motoneiges accrédités par le Department of Inland Fischeries and Wildlife qui offrent, à la carte, la location de motoneige à la demi-journée ou à la journée entière, les assurances et les vêtements; l’accompagnement par un guide est possible avec une réservation préalable.

Au Québec

Grâce au programme «Hôtels sécuritaires» de la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec, auquel participent plusieurs établissements hôteliers, l’offre d’hébergement pour les motoneigistes au Québec se distingue de celle de l’Ontario et des États-Unis avec des services complémentaires mis sur pied dans le but de limiter le vol de motoneiges, notamment des enclos ou des garages fermés, des chaînes pour barrer sa motoneige, des caméras de surveillance ou même des gardiens de sécurité.

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Source: Fédération des clubs de motoneigistes du Québec

Le Québec compte six grandes régions de motoneige qui s’adressent toutes à des clientèles locales et internationales. À ce titre, ces régions proposent des forfaits d’hébergement, des fournisseurs de services (locateurs et forfaits tout-inclus ou sur mesure, avec ou sans guide) et une liste de voyagistes offrant des séjours de motoneige ou de multiactivités aux clientèles internationales. D’ailleurs, selon une récente étude de Zins Beauchesne, 20 voyagistes et 90 locateurs accueillent ces clientèles dans la province. Voir également la campagne de Tourisme Québec.

La sécurité, un élément important, pour tous, mais encore plus pour la clientèle débutante

Le programme «Encadrement sécuritaire» élaboré par le ministère du Tourisme, en collaboration avec celui des Transports et mis en place en 2009 par Aventure Écotourisme Québec, propose des mesures d’encadrement sécuritaire afin de diminuer le nombre d’accidents impliquant des touristes.

Dans le même esprit, l’ISMA, en partenariat avec l’ACSA et l’International Association of Snowmobile Administrators a développé le programme «Safe Riders! You make snowmobiling safe™» et encourage les clubs et associations à participer à la Semaine internationale de la sécurité en motoneige. Un site Internet explique en détail le programme.

Défis

La motoneige au Québec bénéficie d’une bonne réputation sur le plan international, mais elle doit composer avec une demande à la baisse de la clientèle américaine. La crise économique que les Américains ont vécue, et dont ils se sortent à peine, jumelée à une hausse des prix de l’essence n’aide en rien la situation. Comment faire pour reconquérir cette clientèle? Pour combler cette perte de motoneigistes américains, doit-on s’intéresser davantage au marché ontarien ou à celui du FIT outre-mer, particulièrement aux Français?

Bien que la motoneige constitue un important produit d’appel, son développement auprès des clientèles hors Québec devrait-il passer par la promotion d’un produit hivernal diversifié, multiactivités? En attendant la stratégie hivernale du ministère du Tourisme et de ses partenaires prévue pour cette année, quelles sont vos idées? 

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Source: Gracieuseté de Bill Longshaw, FreeDigitalPhotos.net

 Analyse rédigée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme aérien Laurentides sur le transport aérien en milieu de villégiature.

Image à la une: Bill Longshaw, FreeDigitalPhotos.net

 

 Sources:

– Fédération des clubs de motoneige de l’Ontario. «2013 Ontario Snowmobiling Tour Planner».

– International Snowmobile Manufacturers Association. «Ideas for running a Take a Friend Snowmobiling Campaign», 2013.

– Print Measurement Bureau, 2012.

– Zins, Michel. «Impact économique de la motoneige au Québec», septembre 2012.

Sites Internet:

Algoma Central railway

Destination motoneige

Fédération des clubs de motoneigistes du Québec

International Snowmobile Manufacturers Association

Maine Snowmobile Association

Northernescape

Ontario Tourism Marketing Partnership Corporation

Ontario Federation of Snowmobile Clubs

Pays de la motoneige

Québec Maritime

Région Québec du Sud

Tourisme Abitibi-Témiscamingue

Tourisme Québec

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Segments de clientèles

Gros plan sur le tourisme d’affaires canadien

Les Ontariens voyagent deux fois plus par affaires que les Québécois, et les Montréalais dans une proportion moindre que l’ensemble des Québécois et que les Canadiens. Le segment des grands voyageurs d’affaires canadiens a augmenté de près de 25% depuis cinq ans, tandis que celui des Québécois a subi une légère baisse. Pendant ce temps, Toronto gagne de plus en plus de terrain comme destination d’affaires des Canadiens, de même que Vancouver. Gros plan sur les touristes d’affaires canadiens.

Cette analyse constitue une mise à jour des données de 2005 présentées dans le texte de Claude Péloquin, Comportement de voyage des touristes d’affaires québécois.

Les Ontariens voyagent deux fois plus par affaires que les Québécois…

Selon les données du Print Measurement Bureau (PMB) 2010 – année où le sondage a été publié; données recueillies dans les 12 à 18 mois précédents –, le plus grand nombre de voyageurs d’affaires au Canada provient de l’Ontario, avec 1,48 million de personnes ayant réalisé ce type de voyage au cours des 12 derniers mois (graphique 1). Il s’agit d’une croissance de 8% par rapport à 2005. C’est le segment des grands voyageurs (ceux qui effectuent au moins 9 déplacements par année) qui a augmenté le plus depuis 2005, soit une hausse de 23,3%.

Graphique 1

Nombre de voyageurs d’affaires canadiens selon certains marchés d’origine et la fréquence (en milliers)

Source: PMB 2010

Les résidants des provinces de l’Atlantique surpassent maintenant ceux des Prairies dans leurs déplacements d’affaires, passant du dernier à l’avant-dernier rang, alors que la Colombie-Britannique s’est laissé devancer par l’Alberta, comparativement aux données de 2005.

Quant aux Québécois, ils sont 695 000 à avoir effectué un déplacement d’affaires en 2010, toutes destinations confondues, comparativement à 665 000 en 2005, en augmentation de 4,5%. Par contre, le nombre de grands voyageurs québécois (9 fois ou plus) a chuté de 6,5% au cours de la même période. On remarque également l’importance du marché de Toronto, d’où proviennent presque autant de touristes d’affaires (652 000) que l’ensemble du Québec.

L’univers des voyages d’affaires demeure un monde à forte prédominance masculine, phénomène qui s’accroît avec la fréquence des voyages (graphique 2).

Graphique 2

Sexe des touristes d’affaires canadiens selon la fréquence des voyages

Source: PMB 2010

Les Montréalais voyagent moins par affaires que les Québécois et les Canadiens

Les Montréalais, de même que l’ensemble des Québécois, voyagent moins par affaires que la moyenne des Canadiens. Dans les faits, 312 000 personnes de 12 ans et plus résidant dans la région métropolitaine de Montréal ont effectué un voyage d’affaires au cours des 12 derniers mois, soit 9,4% de ce segment de population, alors que 10,2% des Québécois et 13,7% des Canadiens ont effectué un voyage d’affaires ou plus (graphique 3). Ces données sont en baisse par rapport à 2005.

Graphique 3

Fréquence des voyages d’affaires au cours des 12 derniers mois, proportion de la population (en %)


Source: PMB 2010

Toronto, la reine des destinations d’affaires canadiennes

Toronto gagne de plus en plus de terrain comme destination d’affaires des Canadiens de même que Vancouver, qui se glisse maintenant au second rang devant Montréal. Au cours des cinq dernières années, les voyages d’affaires à destination de Toronto ont enregistré une croissance de 34,3%. Dans les 12 derniers mois, c’est plus de 908 000 Canadiens qui ont effectué au moins un déplacement d’affaires dans cette ville, dont 570 000 qui en ont réalisé deux ou plus. Vancouver accueillait 530 000 voyageurs d’affaires et Montréal, 494 000. Parmi ces derniers, on compte presque deux fois et demie plus d’Ontariens (280 000) que de Québécois (115 000). Dans le cas de la ville de Québec, les proportions s’inversent alors que des 345 000 touristes en voyage d’affaires, 198 000 proviennent du Québec et seulement 109 000 de l’Ontario. New York et Las Vegas constituent les villes américaines les plus fréquentées par les voyageurs d’affaires canadiens, mais les Québécois se rendent beaucoup moins dans ces destinations que leurs voisins ontariens (graphique 4).

Graphique 4
Destinations d’affaires visitées au cours des 12 derniers mois
(en milliers de personnes)

Source: PMB 2010

Moyens de transport utilisés

Le nombre de Canadiens ayant utilisé l’automobile comme principal moyen de transport lors d’un voyage d’affaires est demeuré stable au fil des ans (deux millions de personnes) malgré une baisse de 12,4% de Québécois (360 000 individus). Par contre, le nombre de Canadiens voyageant par affaires et en avion a crû considérablement (40,9%) de 2005 à 2010 pour atteindre 2,1 millions de personnes, dont 319 000 Québécois. Enfin, même si la popularité du train pour effectuer un voyage d’affaires demeure modeste, ce mode de transport a connu une croissance de 26,7% par rapport à 2005 pour atteindre 228 000 utilisateurs canadiens, dont 32 000 Québécois.

Source:
– Print Measurement Bureau 2010. «Two-Year Readership Database», 2010.
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Faits et chiffres Marchés géographiques

Comparatif des voyages outre-mer des Québécois et des Ontariens

Les Ontariens sont beaucoup plus enclins que les Québécois à effectuer des voyages internationaux. Cela étant dit, nous sommes en présence de deux marchés constitués de plusieurs segments qui eux-mêmes affichent des comportements de voyages différents les uns des autres. Nous avons choisi d’étudier les déplacements à l’étranger de ces deux marchés majeurs en fonction de deux critères, soit les groupes d’âge et la saison des voyages.

Les Ontariens sont plus «sorteux»

Selon Statistique Canada, les Québécois ont effectué plus de 4,8 millions de voyages d’une nuit ou plus à l’étranger en 2005, soit l’équivalent de 37,4 millions de nuitées. Les dépenses touristiques internationales des Québécois se chiffrent à 3,17 milliards de dollars, soit une augmentation de 16% depuis 2003. Le tableau 1 établit la répartition des voyages outre-mer des Ontariens et des Québécois en 2005.

CP_2007-07_comp_Qc_Ont_tbl1

Ces données confirment que, parmi les Canadiens, les Québécois sont les plus nombreux à ne pas voyager, particulièrement vers des destinations outre-mer. (Lire aussi: Un topo de la population canadienne qui ne voyage pas). Bien que la population de l’Ontario soit supérieure de 59% à celle du Québec, le nombre de ses voyages outre-mer est 137% plus élevé que celui des Québécois. Selon les données obtenues du Print Measurement Bureau (PMB), on constate que la propension des Ontariens à voyager à l’international (y compris aux États-Unis) est nettement plus forte que celle des Québécois, et ce, pour toutes les tranches d’âge (tableau 2), particulièrement à compter de 25 ans. Quant à eux, les Québécois de 25 à 34 ans affichent une faible tendance à voyager hors du Canada. En termes d’importance absolue, ce segment représente un volume de voyageurs à peine plus élevé que celui des seniors (16,7% contre 15,7%).

CP_2007-07_comp_Qc_Ont_tbl2

Les individus du groupe des 25-34 ans jouent le double rôle de jeune professionnel et de chef de nouvelle famille. Il s’avère difficile de départager l’incidence des voyages d’affaires par rapport aux voyages personnels (en solo, en couple ou en famille). On constate néanmoins que les jeunes gens d’affaires ontariens voyagent plus à l’extérieur du pays et que les jeunes familles ontariennes ont plus tendance à partir à l’étranger que celles du Québec. En jumelant les deux segments les plus importants, on constate que les 35-64 ans représentent plus de 55% des voyageurs québécois à l’étranger. Du côté du segment des seniors, on voit que le potentiel du marché ontarien est nettement supérieur: quelque 609 800 Ontariens âgés de 65 ans et plus ont fait un voyage international, comparativement à seulement 126 000 Québécois du même âge.

La proximité frontalière de plusieurs grandes villes américaines (notamment Buffalo et Détroit) ainsi que les meilleures dessertes aériennes, autant transfrontalières qu’internationales, peuvent en partie expliquer cette grande différence entre les deux provinces.

Le top 3 des destinations

Les voyageurs présentent des différences significatives en termes de destinations de prédilection selon leur segment d’âge (graphiques 1 et 2). Pour les Québécois, le top trois des lieux de vacances est généralement composé de la France, de la République dominicaine et de Cuba. Le groupe des 35-44 ans se distingue avec le Mexique en deuxième place. Les personnes âgées de plus de 65 ans ont quant à elles un faible pour l’Italie qui se classe bonne troisième.

CP_2007-07_comp_Qc_Ont_grphq1

 

 

Le topo est passablement différent chez nos voisins de l’Ontario. Ces derniers optent prioritairement pour des voyages du côté du Royaume-Uni ou du Mexique. Pour le reste on constate qu’il y a moins de constance en ce qui concerne les choix de chacun des segments d’âge. L’Italie intéresse les Ontariens comme les Québécois d’âge mûr (55 ans et plus), souvent accompagnés de leurs adolescents (12-19 ans). Les jeunes de moins de 25 ans se tournent avec plaisir vers la République dominicaine. Finalement, plusieurs familles (les groupes des 25-54 ans et des moins de 12 ans) apprécient grandement les plages de Cuba.Dans le groupe des 35-44 ans ayant fait un voyage outre-mer, un Québécois sur deux aura choisi le Sud et moins d’un Ontarien sur trois aura agi de la sorte.

CP_2007-07_comp_Qc_Ont_grphq2

Les Caraïbes ont la cote auprès des Québécois

Pour tous les segments d’âge parmi les Québécois, les destinations des Caraïbes enregistrent des gains importants en 2005 lorsque l’on compare avec l’année 2002 (graphique 3). Cette croissance est particulièrement marquée auprès des jeunes de moins de 20 ans et auprès des gens âgés de 45 à 64 ans, qui marquent tous une progression de plus de 100% du nombre de départs.

CP_2007-07_comp_Qc_Ont_grphq3

L’Amérique centrale et le Mexique sont en perte de vitesse auprès des jeunes Québécois de moins de 25 ans, alors que ces destinations intéressent maintenant davantage les segments des 25-44 ans et des 55-64 ans. On remarque aussi que l’Europe affiche une baisse du côté des 20-24 ans et des 35-44 ans, mais une hausse marquée chez les 12-19 ans et les 55-64 ans. À nouveau, on peut supposer qu’un nombre important de ces baby-boomers voyagent accompagnés de leurs enfants ou petits-enfants.

La France à la loupe

Comme la France représente la destination outre-mer la plus visitée par les Québécois, il est intéressant de regarder spécifiquement l’évolution du nombre de départs de 2002 à 2005, selon les différents segments d’âge (graphique 4). Ce sont les seniors (65 ans et plus) qui inscrivent la plus forte progression (+118%) au cours de cette période. Les groupes des 12-19 ans et des 35-44 ans représentent les segments en baisse. Dans le cas des 12-19 ans, on note au graphique 3 qu’il y a pourtant une croissance généralisée pour l’Europe comme destination de voyage. Ce segment délaisse ainsi la France pour se tourner massivement vers d’autres pays du Vieux Continent.

CP_2007-07_comp_Qc_Ont_grphq4

Les voyages vers les Caraïbes explosent au 3e trimestre

On constate que cinq fois plus de Québécois ont choisi de partir vers les Caraïbes au cours du troisième trimestre de 2005 par rapport à 2002 (graphique 5). Autre changement intéressant, de plus en plus de voyageurs choisissent les mois d’hiver pour visiter l’Europe. L’Amérique centrale et le Mexique récoltent pour leur part un fort gain (+245%) au cours du deuxième trimestre.

CP_2007-07_comp_Qc_Ont_grphq5

Sources:
– Print Measurement Bureau, 2006.
– Statistique Canada. Enquête sur les voyages internationaux, 2005.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Ce que vous avez toujours voulu savoir sur le marché de Toronto

Près de la moitié (42%) de la population ontarienne de 12 ans et plus habite dans la grande région métropolitaine de Toronto. Ces 4,5 millions de personnes constituent un bassin de clientèles touristiques de première importance pour le Québec. Toutefois, ce marché n’est certes pas un bloc homogène et, à cet égard, il s’avère intéressant d’effectuer une analyse basée sur le profil ethnolinguistique de la population.

Composition du grand Toronto

Grâce aux données statistiques produites par le Print Measurement Bureau (PMB), il est possible de segmenter le marché de Toronto en associant des variables géographiques aux caractéristiques linguistiques des habitants.

La métropole canadienne est d’abord composée d’anglophones blancs unilingues, groupe constitué de 1,6 million d’individus de 12 ans et plus (graphique 1). Les Torontois asiatiques représentent le deuxième contingent en importance avec près de un million de personnes. Pour les fins de
cette analyse, les Blancs d’origine européenne, les Asiatiques et les «autres groupes ethniques» sont considérés comme des minorités ethniques.

La base de comparaison des données présentées concernant les habitudes de voyage repose sur la formule d’un index 100, standard moyen de la population canadienne. Par exemple, un indice de 150 indique une propension 1,5 fois supérieure à la moyenne nationale. À titre comparatif, nous analyserons les variables propres aux différents profils ethnolinguistiques avec celles de l’ensemble des résidants de la région métropolitaine de Toronto.

En premier lieu, nous constatons que la clientèle du marché de Toronto voyage à peu près autant au Québec que dans l’ensemble du Canada (graphique 2). Nous remarquons que la crainte linguistique liée au français influence possiblement les anglophones blancs unilingues qui sont plus nombreux à voyager de façon générale au Canada que spécifiquement au Québec. Il est intéressant de voir que les Torontois d’origine ethnique différente ont une propension plus élevée à voyager au Québec qu’au Canada en général. Ce constat est particulièrement marqué dans le cas des Blancs d’origine européenne et des Asiatiques.

Focus sur les Torontois qui voyagent au Québec

Environ 539 000 individus, soit près de 12% de la population de Toronto, ont effectué un voyage au Québec au cours des douze derniers mois. Nous avons réparti ces voyageurs selon leur profil ethnolinguistique, afin d’avoir un portait plus clair des visiteurs au Québec (graphique 3).

Même si les anglophones blancs unilingues s’avèrent les moins susceptibles d’effectuer un voyage au Québec (11% de taux de pénétration), ce segment demeure néanmoins le marché touristique le plus important pour le Québec, générant environ le tiers des touristes. Fait intéressant, le marché asiatique arrive en deuxième position, avec 122 000 visiteurs qui sont venus au Québec au cours des 12 derniers mois.

Activités de prédilection en voyage

En raison de préférences culturelles distinctes, les activités pratiquées par les différents groupes ethnolinguistiques lors de voyages au Canada diffèrent significativement (graphique 4). Nous voyons par exemple que les Torontois anglophones multilingues affichent une très forte propension pour le ski alpin ou la planche à neige à l’occasion d’un voyage au Canada. Nous notons aussi que les anglophones, particulièrement les unilingues, affectionnent beaucoup la vie nocturne. Par ailleurs, les touristes asiatiques semblent beaucoup moins actifs que les autres groupes de voyageurs lors de leurs déplacements touristiques.

Traits du comportement de voyage

Pour chacun des groupes ethnolinguistiques, nous avons cherché à isoler certains comportements touristiques: la préoccupation vis-à-vis la sécurité, l’intérêt pour des destinations moins familières, l’utilisation d’Internet pour la préparation des voyages (graphique 5). Nous avons cette fois-ci ajouté l’ensemble des gens venant de l’Ontario pour les comparer aux groupes de Toronto. Les Torontois d’origine asiatique sont ceux qui se montrent les plus préoccupés par la sécurité à l’occasion de leurs déplacements. Ce sont aussi ceux qui s’intéressent le plus aux destinations non familières.

En ce qui concerne les habitudes d’utilisation d’Internet, ce sont les anglophones blancs multilingues qui sont les plus portés à préparer leurs voyages en ligne. La différence s’avère particulièrement marquée lorsque vient le temps d’acheter l’hébergement sur Internet. À ce chapitre, les Torontois issus des autres groupes ethniques se montrent extrêmement hésitants.

Comportement général de loisir

Les minorités ethniques résidant au Canada présentent des habitudes de loisirs très différentes des autres Canadiens. Dans le cas particulier des Torontois, nous constatons qu’ils ne sont pas particulièrement actifs dans la vie de tous les jours alors que, pour la majorité des activités traditionnelles, ils présentent un indice de participation nettement inférieur à la moyenne (graphique 6). Les groupes ethniques de Toronto, tout comme ceux des autres grandes villes canadiennes, affectionnent particulièrement des activités comme le soccer et le basketball.

Parmi les indices d’intérêt les plus forts, on note une propension très élevée à fréquenter un spa de la part des anglophones blancs multilingues. L’ensemble des anglophones blancs se montrent d’ailleurs plutôt actifs pour la plupart des activités. Le golf s’avère particulièrement populaire auprès des anglophones blancs unilingues. Les Blancs d’origine européenne ne détestent pas le ski alpin. Finalement, ce sont les parcs d’attraction et les spas qui suscitent le plus d’engouement auprès de la clientèle asiatique.

Le Golden Horseshoe

Lorsqu’on parle du Sud-Ouest ontarien, on fait souvent référence à la zone du Golden Horseshoe. Il s’agit d’un bassin de population de 5,3 millions de personnes composé des gens qui habitent sur le grand territoire en forme de «fer à cheval» aux abords du lac Ontario. Dans cette région, il y a environ 800 000 personnes qui vivent à l’extérieur des limites des RMR (régions métropolitaines de recensement) de Toronto et de Hamilton (ex.: Durham, Halton, Peel et Niagara). Voici quelques données concernant cette population (au cours des 12 derniers mois):

  • 371 000 ont effectué au moins un voyage d’une nuit ou plus au Canada;
  • 116 000 ont entrepris un voyage au Canada avec des enfants;
  • 61 000 ont visité le Québec;
  • 183 000 ont effectué au moins un voyage personnel à l’extérieur du pays;
  • 155 000 ont pris l’avion.

Profil des voyages d’affaires

Environ 667 000 Torontois (RMR Toronto) mentionnent avoir réalisé au moins un voyage d’affaires au cours des trois dernières années (graphique 7). Cela représente un indice de 93, ce qui est légèrement moindre que la moyenne canadienne, mais supérieur à l’indice de l’ensemble du Québec (75).

Environ 124 000 Torontois affirment avoir effectué un voyage d’affaires à Montréal au cours des 12 derniers mois, dont 51 000 anglophones blancs unilingues et 29 000 anglophones blancs multilingues.

Nous constatons par ailleurs que les Torontois de race blanche, anglophones et multilingues s’avèrent particulièrement actifs sur le plan des voyages d’affaires. Nous remarquons en outre que
les résidants de la région appartenant au Golden Horseshoe réalisent très peu de voyages d’affaires par rapport à la moyenne canadienne.

Source:
– PMB 2006 Two-Year Readership Database, traitement spécial d’un profil selon le modèle « Canada 39 », 2006.

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Faits et chiffres Segments de clientèles

Comportement de voyage des touristes d’affaires québécois

Saviez-vous qu’un plus grand nombre d’Ontariens visitent Montréal pour affaires qu’il n’y a de Québécois qui le font? La ville de Québec, pour sa part, surpasse Montréal pour ce qui est du marché québécois. On constate par ailleurs que, si New York est une destination d’affaires plus importante que Boston pour les Québécois, elle l’est encore davantage pour les Ontariens pour qui cette ville semble constituer un lien d’affaires tout à fait naturel. Il y a d’autres constats intéressants à tirer, notamment sur les moyens de transport utilisés, les nuitées commerciales et la location de voitures.

L’Ontario, manne des voyageurs d’affaires

Selon les données du Print Measurement Bureau (PMB) 2005, l’Ontario constitue la province où réside le plus grand nombre de voyageurs d’affaires; en effet, près de 1,37 million de personnes y ont indiqué avoir réalisé une telle sortie au cours des 12 derniers mois (graphique 1). Parmi ceux-ci, 210 000 peuvent être considérés comme de grands voyageurs (ceux qui effectuent au moins 9 déplacements par année). Précisons qu’un voyage compte un trajet simple d’au moins 80 kilomètres.

Quant aux Québécois, ils sont plus de 664 000 à avoir effectué un déplacement d’affaires, toutes destinations confondues, dont 124 000 qui appartiennent à la catégorie des grands voyageurs (9 fois ou plus). Plus de 401 000 Québécois ont spécifiquement déclaré avoir effectué au moins un voyage d’affaires au Québec au cours de la dernière année. On remarque également l’importance du marché de Toronto qui émet à lui seul presque autant de touristes d’affaires (611 000) que l’ensemble du Québec.

Par ailleurs, l’univers des voyages d’affaires demeure un monde à forte prédominance masculine, comme en témoignent les pourcentages suivants:

  • 59% des Canadiens qui effectuent 1 ou 2 voyages annuellement sont des hommes;
  • 66% des Canadiens qui effectuent 3 à 8 voyages annuellement sont des hommes;
  • 79% des Canadiens qui effectuent plus de 9 voyages annuellement sont des hommes.

Gros plan sur les Montréalais

Les Montréalais, de même que l’ensemble des Québécois, voyagent moins par affaires que la moyenne canadienne. En y regardant de plus près, on constate que plus de 349 000 personnes de 12 ans et plus résidant dans la région métropolitaine de Montréal ont effectué un voyage d’affaires au cours des 12 derniers mois, soit 11% de ce segment de population, comparativement à 13% pour l’ensemble des Canadiens (graphique 2).

Proportionnellement, ce sont les Montréalais blancs anglophones qui voyagent le plus (19%) par affaires, alors que les francophones blancs unilingues se situent à l’opposé (5%). Sur le plan de la fréquence, 4,8% des Montréalais effectuent un ou deux voyages par an et 2,9% de 3 à 5. Seulement 1,5% des Québécois environ (97 000 personnes) peuvent être considérés comme des voyageurs d’affaires réguliers, avec 12 déplacements et plus annuellement.

Destinations d’affaires

Plus de 676 000 Canadiens ont effectué au moins un déplacement d’affaires à Toronto au cours des 12 derniers mois, dont quelque 303 000 qui y sont allés plusieurs fois. Montréal se classe en deuxième position, alors que 414 000 voyageurs d’affaires s’y sont rendus. Fait intéressant, il y a plus d’Ontariens (204 000) qui visitent Montréal pour leur travail qu’il n’y a de Québécois (136 000), alors que, pour la ville de Québec, c’est tout le contraire, avec seulement 84 000 Ontariens contre 248 000 Québécois (graphique 3). New York et Boston constituent les villes les plus fréquentées, mais, toutes proportions gardées, les Québécois se rendent beaucoup moins dans la métropole new-yorkaise que leurs voisins ontariens.

Les retombées en matière d’hébergement

La clientèle d’affaires génère d’importantes recettes touristiques, notamment pour le secteur de l’hébergement. Environ 635 000 Québécois ont déclaré avoir utilisé un hôtel ou un motel au cours d’un déplacement pour le travail au cours des 12 derniers mois (graphique 4). Parmi ceux-ci, quelque 216 000 les utilisent régulièrement, soit plus de 6 fois par an. Le marché de Montréal représente à lui seul 52% du total des Québécois qui utilisent l’hébergement commercial.

Le graphique ci-dessus démontre clairement l’importance de l’Ontario, qui représente le coeur canadien de l’activité économique. Plus de 1,45 million d’Ontariens ont utilisé un hébergement commercial par affaires au cours de la dernière année, soit près de 40% du marché canadien. On recense même 507 000 Ontariens qui effectuent au moins 7 nuitées annuellement.

Moyens de transport utilisés

Près de 2 millions de Canadiens ont utilisé l’automobile comme principal moyen de transport à l’occasion d’un voyage d’affaires. Au Québec, ce segment de clientèle se chiffre à 411 000 individus. Dans le cas de l’avion, cela représente 1,47 million de Canadiens, dont 213 000 Québécois. Lorsque interrogés sur la classe la plus souvent utilisée, tous buts de voyage confondus, 382 000 Canadiens indiquent voyager en première, alors que 698 000 choisissent plutôt la classe affaires ou exécutive. Quant aux Québécois, ils sont quelque 51 000 à opter pour la première classe et 86 000 pour la classe affaires.

Par rapport aux deux options précédentes, la popularité du train pour effectuer un voyage d’affaires demeure modeste, avec 180 000 utilisateurs canadiens, dont 52 000 Québécois. On remarque toutefois un taux d’incidence particulièrement élevé à prendre le train parmi la population de la région d’Ottawa/Gatineau, soit 5 fois supérieur à la moyenne canadienne. L’emplacement stratégique d’Ottawa sur l’axe ferroviaire entre Toronto et Montréal et l’accès direct aux centres-villes expliquent cet intérêt.

Voitures de location

Le secteur des compagnies de location de voitures est également intimement associé aux déplacements d’affaires. Parmi les Québécois, 164 000 personnes ont déclaré avoir utilisé personnellement une voiture de location pour leur travail au cours des 12 derniers mois (graphique 5). Environ 41 000 Québécois le font sur une base régulière, soit plus de 5 fois annuellement. On remarque l’importance du marché torontois qui surpasse à lui seul amplement tout le marché québécois avec 265 000 utilisateurs.

Fait intéressant à noter, plus de 88% des voyageurs d’affaires québécois réservent à l’avance leur voiture de location, les autres 12% préférant s’en occuper une fois arrivés à destination. La proportion est un peu moins élevée dans le cas du marché ontarien, où 82% des gens réservent à l’avance. La moyenne canadienne se situe à 84%. Signalons que 65% des utilisateurs de voitures de location dans un cadre professionnel sont des hommes.

Plus précisément, c’est la compagnie Budget qui compte le plus grand nombre d’utilisateurs parmi la clientèle d’affaires, avec 370 000 Canadiens et 40 000 Québécois qui ont déclaré avoir été clients au cours des 12 derniers mois (graphique 6). Les entreprises Avis et Hertz se positionnent respectivement en deuxième et troisième places auprès de ce segment de clientèle, à l’échelle canadienne. Précisons que seules les données significatives sur le plan statistique ont été illustrées.

Sources:
– Print Measurement Bureau 2006. «Two-Year Readership Database», traitement spécial d’un profil selon le modèle «Canada 39», 2006.
– Print Measurement Bureau 2005. «Two-Year Readership Database», 2005.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Le profil des Canadiens au Québec

Le Réseau de veille propose une série de quatre articles qui présenteront des portraits statistiques de la clientèle touristique qui visite le Québec. Les données utilisées proviennent d’un traitement spécial effectué à partir des deux enquêtes touristiques de Statistique Canada, soit l’Enquête sur les voyages des Canadiens et l’Enquête sur les voyages internationaux. La présente analyse traite du marché canadien, alors que les suivantes porteront sur la clientèle américaine, celle d’outre-mer et, finalement, le segment spécifique des visites de parents et d’amis.

Le Québec a reçu un grand total de 22,9 millions de touristes canadiens au cours de l’année 2004. À ce nombre s’ajoutent environ 20,2 millions d’excursionnistes, c’est-à-dire les voyages-personnes de plus de 80 kilomètres de Canadiens en visite au Québec. À noter que les voyages de type personnel, par exemple pour des raisons de santé, ne sont pas pris en considération.

La clientèle touristique du Québec se répartit comme suit:

  • 11,2 millions de touristes dont le but du voyage est l’agrément et 7,9 millions d’excursionnistes;
  • 9,8 millions de touristes dont la principale raison du voyage est la visite de parents et d’amis et 9,3 millions d’excursionnistes;
  • 1,9 million de touristes d’affaires et 3,0 millions d’excursionnistes.

Origine et motif du voyage

En examinant plus en détail l’origine des touristes des principaux marchés émetteurs, soit ceux qui génèrent environ 75% de l’ensemble des visites touristiques au Québec, on constate que la part du lion provient de la grande région métropolitaine de Montréal, particulièrement dans le cas des voyageurs d’agrément (graphique 1). Fait intéressant, les régions du Québec à l’extérieur des grands centres urbains sont d’importants marchés émetteurs de visites de parents et d’amis, avec 3,2 millions de touristes. 

Quelques autres points marquants:

  • Le Québec, hors Montréal, reçoit presque autant de touristes d’affaires des autres provinces canadiennes (447 000) que de la région de Montréal (465 000).
  • Plus de 920 000 touristes proviennent de la région de Toronto, si l’on combine tous les motifs de voyages.
  • La région de Hull-Ottawa constitue le second marché émetteur en importance, derrière Montréal, en ce qui concerne le tourisme d’agrément, avec ses 1,1 million de touristes.

En ce qui concerne les cinq principaux marchés hors Québec (excluant Toronto), le Sud de l’Ontario constitue un bassin de clientèle important pour le Québec (illustration). C’est la région de l’Est ontarien qui génère le plus de touristes et ce, pour chacun des motifs de voyages (graphique 2). On remarque un certain volume de touristes d’affaires hors Ontario, soit en provenance des régions de Vancouver et de Halifax-Dartmouth.

Les activités de prédilection

Ce sont les touristes et les excursionnistes en voyage d’agrément qui sont les plus actifs en termes d’activités pratiquées durant leur visite au Québec (graphique 3). Toutefois, pour bien utiliser ces données, il est important de comprendre la méthodologie utilisée par Statistique Canada. Il s’agit d’activités qui ont été pratiquées par les Canadiens lors de leur dernier voyage au Canada qui incluait une visite du Québec. C’est donc dire qu’un touriste qui a, par exemple, visité le zoo de Toronto et qui a poursuivi son voyage au Québec se trouve alors comptabilisé dans la colonne «zoo/aquarium/jardin botanique» (lire aussi la section sur les activités pratiquées dans le texte intitulé: Saviez-vous que… les statistiques nous réservent des surprises?).

Le magasinage/shopping demeure l’activité la plus populaire pour l’ensemble des visiteurs, suivi par les visites touristiques et les randonnées pédestres (lire aussi: Magasiner, l’activité no 1 des touristes). Les sorties dans les bars ou les boîtes de nuits s’avèrent très prisées par les gens en visite chez des parents et des amis, de même que par la clientèle d’affaires. Toutes proportions gardées, certains loisirs se démarquent au niveau de l’écart entre les motivations de voyage, particulièrement auprès de la clientèle d’agrément, à savoir les visites touristiques, le ski alpin /planche, la natation, la visite de sites historiques, de parcs, de musées/galeries d’art, le nautisme, etc.

Le motif dicte le choix de l’hébergement

L’incidence du motif du voyage sur le choix du type d’hébergement est frappante (graphique 4). Les touristes d’agrément choisissent plus souvent un chalet ou une maison de villégiature privé (30%) comme mode d’hébergement, suivi de: parents ou amis (20%), camping (16%) et hôtel (14%). L’hébergement commercial représente environ 48% du total des types d’hébergement choisis.

Les touristes en visite chez des parents et des amis, on s’en doutera, n’optent qu’en quelques rares occasions (9%) pour l’hébergement commercial. En ce qui concerne la clientèle d’affaires, les hôtels constituent le choix de prédilection (67%), suivis loin derrière par les parents et les amis (15%) et les motels (11%). 

Les régions privilégiées

La principale destination visitée varie quelque peu selon le motif de voyage (graphique 5). Pour bien comprendre les chiffres, il est important de prendre en considération que, selon le questionnaire d’enquête de Statistique Canada, la destination du voyage correspond à l’endroit le plus éloigné du domicile de la personne interviewée. C’est donc dire qu’un touriste de Toronto effectuant un voyage au Québec, qui passe trois jours à Montréal et qui continue sa route vers la région de Charlevoix, n’est comptabilisé que dans cette dernière comme destination de voyage. De plus, tout comme dans le cas des activités pratiquées, il s’agit de voyages de plus de 80 kilomètres, avec ou sans nuitée. À des fins de pertinence statistique, nous avons regroupé les régions du Québec maritime ainsi que, sous «autres», toutes les régions touristiques qui enregistraient un trop faible volume de touristes pour être statistiquement significatives par elles-mêmes. 

On constate de cette façon que la région de Lanaudière récolte 7% des visites des touristes canadiens d’agrément, mais seulement 2% de celles des touristes d’affaires. À Montréal, les proportions sont inversées: 13% des voyageurs d’agrément en font une destination finale comparativement à 33% pour la clientèle d’affaires. Par ailleurs, les résultats de la région de Québec sont relativement stables pour les trois segments. On remarque aussi que la région de la Montérégie (10%) est particulièrement populaire comme destination de «parents et amis» contre seulement 5% pour les voyages d’agrément. Pour les Laurentides c’est le contraire, soit 14% de visiteurs d’agrément vs 7% de parents et amis.

Pour mieux tenir compte du fait que Montréal domine complètement le marché du tourisme d’affaires auprès des Canadiens des autres provinces et que les régions reçoivent principalement une clientèle québécoise, nous avons subdivisé les clientèles d’origine en deux segments: les voyageurs issus des autres provinces canadiennes (graphique 6) et les Québécois (graphique 7).

On constate, par exemple, que les régions de Québec, de l’Outaouais et des Laurentides accueillent une importante proportion de voyageurs d’agrément en provenance des autres provinces canadiennes, mais qu’elles sont beaucoup moins présentes auprès de la clientèle d’affaires. La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean n’apparaît pas dans le radar des destinations des Canadiens au Québec _ y compris les Québécois _, en raison du faible nombre de visiteurs en provenance des autres provinces canadiennes, mais elle attire un nombre significatif de Québécois avec une part de 4% de ce marché. Par ailleurs, il ne fait pas de doute que les touristes d’agrément ontariens jouent un rôle majeur pour la région de l’Outaouais, alors que cette dernière compte pour 18% des visites d’agrément des autres Canadiens au Québec, contre seulement 6% lorsque l’on considère l’ensemble des Canadiens _ y compris les Québécois.

Comportements de dépenses

La mise en garde émise à la section traitant des activités pratiquées prévaut également au chapitre de l’analyse des dépenses touristiques. Ainsi, il s’agit  des dépenses effectuées par l’ensemble du groupe lors du dernier voyage au Canada qui incluait un séjour au Québec (graphique 8). Comme il n’était pas possible d’isoler les excursionnistes, on obtient une portion importante des voyageurs qui déclarent avoir dépensé moins de 200$ durant leur périple.

On constate aussi que la clientèle d’affaires présente sensiblement les mêmes statistiques de dépenses que celle d’agrément. Par contre, il s’agit des dépenses du groupe et c’est sur la composition de ce dernier que la réelle différence apparaît. En effet, la taille moyenne d’un groupe de voyage d’affaires est de 1,17 personne, alors qu’elle est de 2,11 personnes pour celui d’agrément. Sur une base individuelle, la clientèle d’affaires dépense ainsi presque deux fois plus que celle d’agrément (283$ vs 160$). Quant aux gens en visite chez des parents et des amis, moins de 20% d’entre eux dépensent plus de 200$ par voyage.

Périodes de visite

Les visites chez des parents et des amis, de même que les voyages d’affaires, sont de caractère beaucoup moins saisonnier que les voyages d’agrément (graphique 9). Le mois de décembre s’avère le plus populaire auprès du segment parents et amis, alors que les mois d’avril et de novembre sont privilégiés dans le cas du segment «affaires». On remarque d’ailleurs une importante baisse de la demande pour des voyages d’agrément durant les mêmes mois d’avril et de novembre.

En terminant, voici quelques renseignements complémentaires qui permettent de comparer certains éléments du profil des trois catégories de clientèles, selon leur motivation de voyage:

À suivre: les profils des voyageurs américains et en provenance d’outre-mer, ainsi qu’un topo particulier sur les voyages de parents et d’amis.

Source:
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages des Canadiens», traitement spécial, 2004.

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Québécois et Ontariens voyagent surtout au Canada

Dans ce deuxième article sur les résultats de l’Enquête sur les voyages des Canadiens, de Statistique Canada, le Réseau de veille poursuit son analyse. Ainsi, on apprend que les Québécois ont effectué en 2003 plus de 27,8 millions de voyages touristiques d’une nuit et plus, pour un total de près de 100 millions de nuitées et une durée moyenne de 3,6 jours. Ils ont dépensé 7,7 milliards de dollars à cet effet. Près de la moitié (49%) de leurs dépenses touristiques ont été engagées à l’extérieur du Québec.

Le Québec aux Québécois

Dans un article récent, nous avons analysé le comportement de voyage des Québécois à l’extérieur du pays (lire «Où vont les Québécois à l’étranger?»). Toutefois, la majorité des déplacements touristiques des Canadiens s’effectuent à l’intérieur du Canada. En ce qui concerne les Québécois, ils ont réalisé en 2003 quelque 27,8 millions de voyages incluant au moins une nuitée, toutes destinations confondues; 75% ont eu lieu au Québec, soit environ 20,8 millions de voyages (graphique 1). Les autres provinces canadiennes ont obtenu 11% des voyages, comparativement à 10% pour les États-Unis et 4% pour les pays outre-mer.

Environ 56% des 99,4 millions de nuitées des Québécois se sont déroulés au Québec (graphique 2). La durée moyenne des voyages au Québec était de 2,6 jours, comparativement à 8 jours pour les séjours à l’étranger. Les États-Unis et les destinations outre-mer ont obtenu chacun approximativement 16% des nuitées, alors que les autres provinces canadiennes complétaient le portrait avec 12%.

Les dépenses des Québécois

Les Québécois ont dépensé 7,7 milliards $ en 2003 – excluant les dépenses réalisées dans le cadre d’excursions. Un peu plus de la moitié (51%) ont été effectuées au Québec, ce qui représente près de 4 milliards $ (graphique 3). Voici comment ces sommes se répartissent pour les autres destinations: 19% dans les pays outre-mer, 17% aux États-Unis et 13% dans les autres provinces canadiennes.

Quel est le poids des excursionnistes dans les dépenses touristiques?

Les visites d’excursionnistes jouent un rôle important sur les retombées économiques et cette tendance ne fera qu’augmenter puisque, à compter de 2005, le gouvernement canadien mettra en application sa nouvelle définition d’un touriste, laquelle se lit ainsi: une personne qui «effectue un déplacement de plus de 40 km, incluant une nuitée» alors qu’actuellement, le seuil s’établit à 80 km.

En 2003, environ 23% des dépenses touristiques effectuées au Canada par les Québécois provenaient des excursionnistes, soit 1,5 milliard $
(graphique 4), dont la majeure partie (1,4 milliard $) a eu lieu au Québec.

Déplacements domestiques des Québécois

Regardons de plus près la répartition des déplacements des Québécois dans les autres provinces canadiennes (tableau 1). L’Ontario est celle qui accueille le plus de Québécois (2,1 millions de visites et 7 millions de nuitées), ce qui se traduit par des dépenses totalisant 638 millions $, pour une moyenne de 92$ par jour et de 298$ par voyage. Le Nouveau-Brunswick arrive en deuxième position avec 319 000 visites. Fait intéressant, même si seulement 125 000 Québécois se sont rendus en Colombie-Britannique en 2003, ils ont tout de même dépensé 122 millions $, soit davantage qu’au Nouveau-Brunswick, et ce, principalement en raison de séjours plus longs.

  Visites Nuitées Dépenses
Ontario 2 140 6 964 637 880
Nouveau-Brunswick 319 1 551 86 977
Colombie-Britannique 125 1 276 121 795
Nouvelle-Écosse 122 643 53 498
Alberta 84 578 42 212
Île-du-Prince-Édouard 83 423 39 614
Terre-Neuve 45 323 23 094
Manitoba 32 258 13 007
Saskatchewan 22 80 12 804
Yukon, T-N-O et Nunavut 5 27 5 668
Total 2 977 12 123 1 036 549

Source: Statistique Canada

Un coup d’oeil sur les Ontariens

Les Ontariens sont plus nombreux à visiter le Québec (3 millions) que les Québécois à se rendre en Ontario (tableau 2). En moyenne, les Ontariens séjournent au Québec durant 3,1 jours et dépensent 286$. On remarque également que les voyages des Ontariens sont assez bien répartis entre les provinces canadiennes, puisqu’ils effectuent 9,4 millions de nuitées au Québec, 4,7 millions en Colombie-Britannique, 3,4 millions en Nouvelle-Écosse et 3 millions en Alberta. Les dépenses touristiques totales (une nuit et plus) des Ontariens dans les autres provinces canadiennes ont atteint
2,2 milliards $.

  Visites Nuitées Dépenses
Québec 3 099 9 375 869 030
Colombie-Britannique 565 4 677 432 793
Alberta 496 3 050 244 295
Nouvelle-Écosse 440 3 407 239 730
Nouveau-Brunswick 387 1 599 101 710
Manitoba 328 1 712 103 065
Terre-Neuve 190 1 519 136 274
Île-du-Prince-Édouard 172 960 48 647
Saskatchewan 171 1 225 41 534
Yukon, T-N-O et Nunavut 28 260 31 062
Total 5 816 27 784 2 248 140

Source: Statistique Canada

Pour conclure, bien que le Québec constitue la destination privilégiée des Québécois (75%), près d’un dollar touristique sur deux (49%) est néanmoins dépensé à l’extérieur de la province. Les Québécois consacrent 3,8 milliards de leur budget à des dépenses à l’extérieur du Québec, soit l’équivalent de 44,3 millions de nuitées. Près de 72% des déplacements touristiques d’une nuit et plus des Québécois vers d’autres provinces canadiennes se font vers l’Ontario, ce qui représente 62% des dépenses. Quant aux Ontariens, leurs choix de destinations canadiennes sont plus variés. Seulement 34% des nuitées vers d’autres provinces s’effectuent au Québec, soit 39% en termes de dépenses.

Sources:
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages des Canadiens», traitement spécial, 2003.
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2003.