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Faits et chiffres Gestion

Intentions de vacances et concrétisation, deux réalités

On observe une prolifération de sondages visant à connaître les intentions de vacances de la population, qui s’ajoutent aux nombreux outils à la disposition des gestionnaires. Malheureusement, davantage de sondages n’équivalent pas nécessairement à une vision plus précise de l’avenir. En fait, un regard rétrospectif permet de constater d’importants écarts entre les intentions de vacances manifestées par les Canadiens et les résultats réels.

Il est pratique courante pour les intervenants touristiques de s’inspirer des prévisions de la demande pour établir des stratégies d’affaires. Régulièrement, des sondages sont menés auprès de la population afin de connaître leurs futures intentions de voyages et d’anticiper les flux touristiques à court terme. On regarde presque toujours vers l’avant, mais qu’en est-il derrière? Rarement avons-nous l’occasion de confronter les scénarios d’intentions de vacances avec leur concrétisation tangible.

Pour effectuer cette analyse, nous avons retracé les intentions de vacances des Canadiens au cours des cinq dernières années. Dans l’objectif d’une démarche fiable et homogène, nous avons compilé les résultats d’un seul sondage, celui que publie le Conference Board du Canada deux fois par année. Les enquêtes, réalisées à des périodes fixes dans l’année, observent la même méthodologie et peuvent être comparées.

Aux fins de l’exercice, nous avons jugé préférable de mettre en parallèle les taux de croissance des intentions de vacances et ceux des réalisations (soit les réels départs en vacances). Les nombres absolus sont difficilement conciliables puisque les vacances font normalement référence à des séjours de plus de trois jours, alors que les données sur les réalisations sont tirées des enquêtes de Statistique Canada, qui portent sur tout séjour d’une nuit et plus, avec l’agrément comme but de voyage.

Efficacité des sondages, mythe ou réalité?

Faut-il remettre en question la fiabilité des projections? L’analyse du graphique 1 indique que les prévisions se sont avérées diamétralement opposées aux tendances réelles, en ce qui concerne le nombre de départs pour les vacances des Canadiens.

L’écart moyen de croissance annuelle entre les intentions et les réalisations pour les cinq années étudiées se situe à 17%, ce qui constitue un écart considérable. Sur la période étudiée, jamais l’écart entre la prévision et la réalité ne fut moins de 10%.

Évidemment, plusieurs facteurs, dont certains de nature imprévisible, influencent grandement les résultats d’une saison touristique. On n’a qu’à penser à la crise du SRAS qui a pénalisé fortement le tourisme au Canada.

Un regard rétrospectif nous permet de mieux comprendre les raisons de chacun des décalages.

  • En 1999, l’économie roulait à plein régime et la bourse atteignait des sommets vertigineux. Les résultats ont surpassé les attentes de 10%.

  • En 2000, on assistait à l’éclatement de la bulle spéculative des titres technologiques et l’économie montrait des signes de ralentissement. On constate un écart de 14% qui indique que davantage de Canadiens sont restés chez eux.

  • En 2001, l’industrie touristique a vécu un scénario catastrophe avec les événements du 11 septembre. Mais, comme la plupart des vacances avaient été prises avant la date des attentats, on observe néanmoins un écart positif de 14%. Quant aux prévisions, elles ont sous-estimé la vigueur économique des trois premiers trimestres de 2001.

  • En 2002, l’effet «après 11 septembre» se fait lourdement sentir dans les intentions de départs, qui atteignent un creux sans précédent. Dans les faits, toutefois, les Canadiens reprennent leurs habitudes plus rapidement que prévu et surpassent de 15% les projections.

  • En 2003, l’effet du SRAS, avec en toile de fond la guerre en Iraq, a joué un rôle majeur comme facteur d’influence pour de nombreux Canadiens au moment de leur prise de décision. Les sondages n’avaient pu prendre en compte l’ampleur des effets de la crise, d’où l’écart négatif de 21%.

  • En 2004, les prévisions reviennent dans le rouge alors que l’industrie demeure inquiète quant aux résultats de la fin de l’année.

Un désir n’est pas une action!

Sans tenir compte des facteurs imprévisibles, on remarque un écart important entre le nombre absolu de départs par rapport à celui des intentions. On constate que, règle générale, quelque 60% des Canadiens réalisent concrètement les projets de vacances qu’ils prévoyaient effectuer six mois plus tôt.

Selon le Conference Board, quelque 20 millions de Canadiens ont manifesté le désir de partir en voyage au cours de l’année 2004. Il s’agit d’une baisse de 8% par rapport aux intentions de 2003.

Si l’on peut raisonnablement anticiper le contexte économique, d’autres facteurs tels que les conditions climatiques, le taux de change et les événements perturbateurs sont difficiles à prévoir et influencent fortement la prise de décision des consommateurs.

Pour le gestionnaire, les prévisions d’intentions de vacances figurent parmi les variables d’une équation complexe composée notamment d’éléments tout à fait imprévisibles. Les sondages d’intentions peuvent s’avérer annonciateurs d’une tendance annuelle, mais ne sauraient se substituer à l’instinct du dirigeant et servir de pilier décisionnel.

Sources:
– Conference Board du Canada. Travel Exclusive, 1997-2004.
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages des Canadiens», 1999-2003.

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Produits et activités Segments de clientèles

Les femmes et le tourisme sportif: examen sociodémographique

TTRA, Montréal, juin 2004 – Compte rendu de la conférence prononcée par A.J. Weighill, candidate au doctorat, Faculty of Physical Education and Recreation, University of Alberta (Edmonton, Alberta).

Partir en voyage pour assister à des activités sportives ou même y participer n’est pas un phénomène nouveau. Cependant, l’étude étendue de ce créneau est, elle, relativement récente. Au vu du peu de documentation disponible sur le sujet, Mme A.J. Weighill a décidé d’étudier les caractéristiques et les comportements sociodémographiques des femmes canadiennes qui ont voyagé dans un but sportif, en 2001.

Situation canadienne en 2001

Sur plus de 37 millions de voyages intérieurs effectués par des femmes en 2001, 23,5% ont eu lieu dans le contexte d’une activité sportive. L’examen sociodémographique de ces femmes illustre des différences significatives entre «voyages actifs» et «inactifs». Spécifiquement, on a constaté que ces voyageuses actives:

  • ont, en moyenne, 35 ans;
  • possèdent un niveau d’éducation plus élevé que la moyenne (universitaire);
  • sont plus susceptibles de faire partie du marché du travail;
  • rapportent des revenus de ménage de 60 000$ ou plus;
  • passent d’une à trois nuits hors de la maison (61% contre 34,3%);
  • voyagent plus pour le plaisir (65,2% contre 30,5%);
  • sont plus susceptibles que les autres d’emmener avec elles deux ou trois enfants (21,1% contre 13,4%);
  • et voyagent donc plus volontiers entre juillet et septembre (47,8% contre 29,7%).

Les résultats de cette étude démontrent que même si ce segment de marché n’est pas très important en nombre, il n’en est pas moins un créneau viable et potentiellement plus lucratif que d’autres marchés féminins.

L’idée préconçue selon laquelle ce sont les hommes qui sont actifs (au golf ou ailleurs) tandis que les femmes, elles, préfèrent faire du shopping ou se prélasser sur la plage ou au bord de la piscine avec les enfants, est erronée. Ces constatations sont importantes, car elles peuvent aboutir au développement et à la promotion des produits de tourisme sportif spécifiquement conçus pour les femmes.

TTRA 2004 – Autres comptes rendus disponibles:


L’expérience touristique, une réelle valeur économique
Le pouvoir persuasif de la publicité et du reportage
La saisonnalité dans les destinations de sports d’hiver: causes, conséquences et possibilités
Perceptions de l’impact du tourisme sur la communauté
Impact économique du mariage gai sur le secteur du tourisme
Voyages d’affaires: les femmes sont-elles moins prévisibles que les hommes?

 

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Gestion Ressources humaines

La planification des horaires de travail, tout un défi!

Pour l’industrie touristique, le principal défi relatif à la planification de la main-d’oeuvre consiste à établir un équilibre entre le nombre de travailleurs disponibles et la demande touristique qui, elle, fluctue considérablement selon les différentes périodes de l’année. Les gestionnaires doivent donc être en mesure de prévoir cette demande et de traduire ces prévisions en planification des effectifs. L’Université de Cornell s’est récemment penchée sur la question, afin de proposer un guide à l’endroit des dirigeants.

L’importance d’une bonne planification des ressources humaines

La planification du personnel représente souvent un véritable casse-tête pour les gestionnaires d’entreprises touristiques. Elle demeure néanmoins critique au bon déroulement des opérations d’une industrie caractérisée par sa forte saisonnalité. Pour ces entreprises, la main-d’oeuvre représente souvent la plus grande partie des coûts d’exploitation.

L’adoption d’un outil dédié à la planification de la main-d’oeuvre peut faire une grande différence sur la productivité de l’organisation. Lorsque cette dernière se voit forcée de composer avec un effectif insuffisant ou des employés dont la formation est inadéquate, les conséquences peuvent s’avérer fâcheuses: piètre service à la clientèle, frustration du personnel sur-utilisé, perte de ventes, etc. À l’inverse, l’embauche d’un surplus de main-d’oeuvre entraîne une réduction des marges bénéficiaires et peut miner l’enthousiasme des employés si la répartition de l’ensemble des heures ne rejoint pas leurs attentes.

Par où commencer?

Concilier prévision de la clientèle et gestion des opérations, voici le défi du gestionnaire. Pour y parvenir, le processus de planification des ressources humaines devrait s’effectuer en trois grandes étapes:

  • Procéder à l’évaluation la plus précise possible de la demande, c’est-à-dire des facteurs qui génèrent ou influencent la quantité de travail pour le personnel. Si, à la base, le gestionnaire ne dispose pas d’indicateurs précis quant à sa clientèle, il ne pourra y parvenir.
  • Traduire cette projection de la demande en quantité réelle et segmentée du personnel nécessaire, soit le nombre d’heures et l’effectif nécessaire pour chacune des compétences requises, et établir des normes de productivité précises (ex.: combien de femmes de chambres pour un nombre X de clients, connaissant le temps moyen requis pour faire une chambre, ou encore selon un critère de délai maximum d’attente de la clientèle, peu importe le moment de la journée et des pointes d’achalandage). Évidemment, le gestionnaire voudra également conserver le portrait le plus clair possible des conséquences économiques des objectifs fixés, ainsi que d’une déviation potentielle de ceux-ci.
  • Développer la grille de travail des ressources humaines en s’appuyant sur les supports (humain ou informatique) disponibles.

Chaque employé présente ses propres préférences de travail, notamment en ce qui a trait aux tâches assignées, aux pauses, aux jumelages de collègues, au choix et à la répartition des congés, etc. Dans plusieurs cas, les désirs de l’un sont complémentaires aux désirs de l’autre. Par exemple, le choix des congés de semaine et ceux du week-end. Le simple fait de bien connaître les attentes de chacun des membres du personnel permet de bâtir un horaire de travail raisonnablement adapté aux besoins réciproques du personnel et de l’entreprise. Cela se traduira par une efficacité accrue du travail et un meilleur service à la clientèle.

Il existe deux façons d’effectuer une planification évolutive de la main-d’oeuvre, selon la demande et les aspirations du personnel: la méthode humaine et la solution informatique. Si, dans le premier cas, on peut obtenir de bons résultats, la direction devra accepter de consacrer beaucoup de temps à la gestion. L’autre approche suggère l’automatisation de la conception des horaires de travail à l’aide d’une solution informatisée. Celle-ci peut simultanément établir des modèles de prévision de la demande et prendre en compte les attentes des employés.

La sélection de l’outil

L’acquisition d’un bon système de planification des horaires de travail peut s’avérer une solution judicieuse, particulièrement pour les entreprises de plus de 50 employés. Il existe une panoplie de systèmes disponibles. Des logiciels adaptés à la plate-forme Windows se vendent moins de 1000$. Pour quelques centaines de milliers de dollars, les grandes organisations peuvent opter pour le développement d’un système personnalisé. Selon Gary M. Thompson, l’auteur de l’étude de l’Université de Cornell sur le sujet, les aspects suivants doivent être considérés lors du choix d’une solution:

  • Une interface graphique intuitive pour l’édition des grilles horaires.
  • Un outil spécialisé pouvant bâtir, selon les paramètres fournis, une planification des ressources humaines optimalement conçue pour répondre aux besoins de l’entreprise.
  • Une solution pouvant prendre en considération et prioriser les attentes individuelles des employés.
  • La possibilité de prioriser les contraintes dont le gestionnaire doit tenir compte, afin d’accorder davantage d’importance à celles plus difficilement contournables.
  • La flexibilité du système selon la prise en compte de divers scénarios complexes de planification.
  • Le coût de la solution selon les moyens de l’entreprise.

Au Québec, beaucoup de travail reste à faire. Selon Adèle Girard, directrice générale du Conseil québécois des ressources humaines en tourisme, il existe un besoin réel d’outiller les gestionnaires d’une stratégie de planification efficace. Pour ce faire, il faut toutefois que l’entreprise soit préalablement dotée d’une politique d’embauche… ce que plusieurs PME québécoise n’ont malheureusement pas. Aéroports de Montréal, Delta Hôtels ou la Société des casinos du Québec comptent parmi des exemples à suivre en matière de planification de la main-d’oeuvre.

Sources:

– Thompson, M. Gary. «Workforce Scheduling: A Guide for the Hospitality Industry», The Center for Hospitality Research at Cornell University [www.cornell.edu], CHR Report, vol. 4, no 6, avril 2004.
– Tsaur, Sheng-Hshiung et Y.-C.Yi-Chun Lin. «Promoting service quality in tourist hotels: the role of HRM practices and service behavior», Tourism Management, vol. 25, no 4, août 2004, p. 471-481.

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Faits et chiffres Produits et activités

Comment mesurer les impacts économiques des événements sportifs sur les communautés hôtesses?

L’Alliance canadienne du tourisme sportif (ACTS) a mis au point un outil Internet pour évaluer l’impact économique des événements sportifs sur les communautés hôtesses.

Qu’est-ce que le MEETS?

Le Modèle d’évaluation économique du tourisme sportif (MEETS) a été créé en partenariat avec Sport Canada, la Commission canadienne du tourisme (CCT), l’Institut canadien de recherche sur le tourisme (ICRT) du Conference Board du Canada et l’Association canadienne des bureaux de tourisme et de congrès. Cet outil permet d’évaluer l’impact économique des événements sportifs, depuis les compétitions internationales jusqu’aux tournois intercommunautés.

Disponible sur Internet (pour les membres de l’ACTS seulement), MEETS est facile à utiliser, puisque la seule information nécessaire pour obtenir des résultats provient de la connaissance des données socioéconomiques de base des participants et des spectateurs, auxquelles s’ajoute l’information contenue dans le plan d’affaires de l’événement.

MEETS fonctionne sur la base d’une méthodologie d’intrants/extrants et de techniques de modélisation économétrique. Il utilise les dernières données disponibles de Statistique Canada, en plus d’incorporer la structure de taxation locale et provinciale de la communauté.

Ce modèle s’est classé en 2003 parmi les finalistes pour un prix national de l’industrie du tourisme dans la catégorie Innovation de l’année.

Application aux Jeux du Canada – hiver 2003

En septembre 2003, grâce à cet outil informatique, l’ACTS publiait une étude sur l’impact économique des Jeux du Canada (hiver 2003), qui se sont déroulés à Bathurst et à Campbellton, au Nouveau-Brunswick, en février-mars 2003.

Les Jeux du Canada constituent un des plus grands événements multisports interprovinciaux/territoriaux du Canada. Ils ont lieu tous les deux ans, les Jeux d’été alternant avec les Jeux d’hiver.

Cet hiver-là, environ 3200 athlètes ont concouru dans 21 disciplines sportives différentes. On estime qu’un total de 5112 visiteurs (touristes et excursionnistes) sont venus dans la région pendant la période de deux semaines. Les sondages révèlent que la plupart des touristes ont passé au moins une nuit à Bathurst ou à Campbellton, alors que seulement 16% des visiteurs venus aux Jeux ont effectué une excursion d’une journée. Et ceci, sans compter les représentants des différentes entreprises de presse, ni les délégations des différentes disciplines.

Les coûts d’exploitation (salaires, télécommunications, fournitures, assurances, etc.) se sont montées à environ 11,5 millions $. Les coûts d’immobilisation ont totalisé près de 21,8 millions $. La plus grande partie de cette somme (soit 19,4 millions $) a été dépensée en vue d’améliorer les installations existantes (le Club de curling, l’aréna, le Club de ski, le Village des athlètes, etc.).

Après calculs, il s’avère que l’impact économique des Jeux sur la région a été considérable. Les dépenses combinées d’exploitation, d’immobilisation et celles des visiteurs ont été estimées à 38,7 millions $, ce qui a généré un potentiel total d’activité économique de 70,4 millions $ dans la province.

De ce montant, une part de 57,6 millions $ a été réalisée dans la région de Bathurst-Campbellton. Un total de 20,5 millions $ a été payé sous forme de traitements et de salaires dans la province, contribuant ainsi au maintien de l’équivalent de 1000 emplois.

En outre, grâce aux importants investissements en infrastructures, la tenue des Jeux profitera aux habitants de la région pendant longtemps, sous forme d’installations sportives, touristiques et autres.

Voir aussi

Quels impacts ont les grands événements sportifs sur le tourisme?
Alliance canadienne du tourisme sportif

Source:
– Alliance canadienne du tourisme sportif. «Jeux du Canada d’hiver 2003: évaluation de l’impact économique», septembre 2003.

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Faits et chiffres Gestion

L’expérience touristique, une réelle valeur économique

TTRA, Montréal, juin 2004 – Compte rendu de la conférence prononcée par Joe Pine de la firme Strategic Horizons LLP, intitulée «The Experience Economy».

Selon monsieur Pine, lorsque le consommateur échange une somme d’argent contre du temps au sein d’une entreprise, cela signifie que cette dernière lui permet de vivre une expérience. Plusieurs facteurs, la plupart intangibles, permettent de viser le «sweet spot» et de lui associer une valeur économique contribuant à son succès touristique.

Dans sa présentation, Joe Pine a démontré la progression de la valeur économique du tourisme. Au sein de la chaîne des valeurs, le tourisme doit être considéré comme une expérience, soit un service auquel on confère une valeur ajoutée (graphique 1). À titre d’exemple, l’événement mémorable entourant un anniversaire représente une expérience inestimable à haute valeur ajoutée si on la compare au coût des matières premières servant à la fabrication du gâteau de fête. 

Plusieurs exemples illustrent la réussite qu’ont eu des destinations à faire vivre de nouvelles expériences aux gens. En Nouvelle-Zélande, un nouveau phénomène est né, le zorbing. Il s’agit d’un sport permettant à des participants, attachés à l’intérieur d’une épaisse capsule ronde et transparente, de dévaler des plaines ou des collines gazonnées (voir photos).

 

À Mexico, on retrouve un véritable petit paradis dédié aux enfants, La Ciudad de Los Ninos. Dans ce parc thématique, les enfants jouent le rôle des grands où ils peuvent simuler plusieurs professions à l’intérieur d’un environnement conçu à cet effet. À Seattle, l’attraction touristique la plus populaire est une boutique de plein air offrant un mur d’escalade intérieur de 65 pieds de hauteur. C’est ce genre de nouvelles sensations que le touriste recherche, ce qui explique l’engouement créé par l’hôtel de glace à Québec. De même, comment expliquer que la clientèle soit disposée à débourser 4$ pour un café chez Starbuck si ce n’est pour l’atmosphère désirée?

Comment faire alors pour bien mesurer l’efficacité d’une expérience? Contrairement au rendement d’une campagne publicitaire qui se traduit essentiellement par:

Efficacité = (# de personnes) x (Notoriété) 
              Coûts

l’équation nécessaire à la mesure d’une expérience demeure plus complexe. Joe Pine propose la formule suivante:

  Efficacité = 

(# de personnes) x (Temps) x (Attention) x (Intensité) x («Mémorabilité») 
Coûts

Le gestionnaire, pour mesurer la portée de l’expérience touristique qu’il propose, doit prendre en compte ces aspects intangibles qui en rehaussent sa valeur. Pour chaque individu:

  • le temps qu’il acceptera d’y consacrer
  • le niveau d’attention qu’il y consentira
  • le degré d’intensité qu’il y vivra
  • l’aspect inoubliable de l’événement

sont autant de facteurs qui conditionneront le succès de l’expérience. 

La nature de l’expérience se divise en quatre axes, soit le divertissement, l’éducation, l’évasion et la beauté. Une expérience située au confluent de ces quatre axes atteint ce que monsieur Pine qualifie de sweet spot. Pour en maximiser l’effet, il faut la construire selon le principe d’une structure dramatique où l’intensité grandit progressivement pour atteindre un point culminant et diminue ensuite vers un dénouement. 

Le conférencier a également parlé de l’importance de bien évaluer la notion du sacrifice de la clientèle qui consomme une expérience touristique. La satisfaction du client se mesure par la différence entre ses attentes et sa perception de ce qu’il  a obtenu.

Le concept d’expérience touristique peut s’appliquer à l’ensemble des secteurs d’activités de cette industrie. À une question sur la place qu’occupent les transporteurs à bas prix dans cette ère des expériences touristiques, Joe Pine a eu la réponse suivante: il s’agit d’entreprises offrant des «matières premières» du voyages qui ont leur place dans le contexte actuel alors que les gens préfèrent octroyer une plus grande part de leur budget aux autres expériences représentant davantage de valeur à leurs yeux.    

Claude Péloquin 

Voir aussi

Zorb online

TTRA 2004 – Autres comptes rendus disponibles:

Le pouvoir persuasif de la publicité et du reportage
La saisonnalité dans les destinations de sports d’hiver: causes, conséquences et possibilités
Voyages d’affaires: les femmes sont-elles moins prévisibles que les hommes?
Perceptions de l’impact du tourisme sur la communauté
Les femmes et le tourisme sportif: examen sociodémographique
Impact économique du mariage gai sur le secteur du tourisme

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Comportement de vacances des Québécois

Les Québécois choisissent majoritairement de séjourner dans leur province, lorsqu’ils prennent des vacances de trois jours ou plus. Environ 43% prennent leurs vacances à l’extérieur du Québec. L’Europe (7,4%) et la Floride (6,7%) sont les deux principales destinations de ceux qui voyagent à l’étranger.

C’est ce qui ressort de deux sondages menés par les firmes Léger Marketing et Écho Sondage sur le comportement de vacances des Québécois. Ceux-ci sont un peu moins nombreux à partir en vacances l’hiver que l’été mais, quelle que soit la saison choisie, ils partent généralement plus d’une fois.

Vacances d’hiver 2002-2003 (novembre à avril)

  • 46% des Québécois ont réalisé au moins un séjour touristique au cours de l’hiver. Parmi ceux-ci, 62% ont effectué plus d’un séjour au cours de cette période (graphique 1).
  • Ceux qui voyagent le plus souvent sont les résidants de la région métropolitaine de Québec (53%), les 35-44 ans (54%), les couples sans enfant (54%), les ménages dont le revenu annuel est supérieur à 60 000$ (59%) et les professionnels (60%).

Vacances d’été 2003 (mai à octobre)

  • 49% des Québécois ont réalisé au moins un séjour touristique au cours de l’été. Parmi ceux-ci, 55% ont effectué plus d’un séjour au cours de cette période (graphique 2).
  • La tendance à effectuer plus d’un séjour touristique au Québec est nettement plus marquée chez les 35-44 ans (62%) et les résidants de la région métropolitaine de Québec (64%).
  • Parmi ceux qui voyagent, 79% ont effectué plus d’un séjour touristique.

Le graphique 3 illustre la répartition des choix de destination à l’extérieur du Québec.

Lorsqu’ils partent, que font-ils et combien de temps?

Les activités de loisirs les plus populaires durant les séjours touristiques des Québécois au Québec sont les suivantes (plusieurs mentions possibles):

  • Plein air et aventure (27%)
  • Visites d’attractions touristiques (16%)
  • Vélo, pistes cyclables (12%)
  • Musées, sites historiques (11%)
  • Baignade (9%)
  • Spectacles culturels (8%)
  • Sites naturels, parcs (7%)
  • Fêtes, festivals (7%)
  • Pêche (6%)
  • Ski alpin, planche à neige (4%)
  • Golf (4%)
  • Croisière, croisière-excursion (3%)
  • Nautisme (2%)
  • Chasse (2%)
  • Casino (2%)
  • Motoneige (2%)

On constate que pour la grande majorité des Québécois, les plus longues vacances annuelles au Québec ne dépassent pas sept jours (graphique 4). En fait, seulement 5% des vacanciers ont effectué un voyage d’agrément de plus de deux semaines au Québec au cours des douze derniers mois.

Plusieurs adoptent les forfaits

Plus d’un vacancier québécois sur cinq (22%) privilégie l’achat de forfaits touristiques. Ce sont les ménages disposant d’un revenu supérieur (plus de 60 000$) qui s’avèrent les plus intéressés par les forfaits (29%), de même que les couples avec des enfants (28%). Les touristes ayant acheté des forfaits pour leurs vacances au Québec ont surtout choisi des formules combinant hébergement et restauration (46%), ainsi qu’hébergement et activités (29%).

Pourquoi ne partent-ils pas?

Les raisons invoquées pour ne pas prendre de vacances sont les suivantes (deux mentions possibles) :

  • Raisons financières (23%)
  • Raison de santé/âge (11%)
  • Motifs liés au travail (13%)
  • Pas eu de vacances (5%)
  • Manque de temps (13%)
  • Aucune raison en particulier (14%)
  • Manque d’intérêt (12%)

Le manque d’argent se révèle un facteur encore plus important (30%) pour les familles ayant des enfants.

L’Internet et les vacances

La propension à prendre des vacances est nettement supérieure chez les ménages ayant accès à Internet (à la maison ou au bureau). Quelque 78% de ceux-ci ont pris des vacances au cours des douze derniers mois. Parmi tous les ménages n’ayant pas pris de vacances, près de la moitié (48%) n’ont pas accès à Internet.

Internet est davantage utilisé pour planifier et acheter des prestations de voyage lors d’un séjour à l’extérieur du Québec. Deux Québécois sur trois n’utilisent toujours pas Internet pour la planification de leurs voyages. Cette proportion passe à trois Québécois sur quatre lorsque les vacances sont prises au Québec.

Lorsqu’Internet est utilisé pour acheter des prestations de voyage, c’est principalement pour l’hébergement. Ce sont les 18-34 ans qui profitent le plus d’Internet pour planifier leur voyage (38% contre 16% chez les 55 ans et plus). Fait intéressant, plus de 40% des lookers (ceux qui utilisent Internet pour planifier leurs voyages) deviennent des bookers, c’est-à-dire qu’ils achètent en tout ou en partie une prestation touristique sur Internet.

La première étude, qui a permis de colliger ces données, a été réalisée auprès de 1000 personnes en novembre 2003 par Léger Marketing pour la Société des attractions touristiques du Québec (SATQ). La deuxième, réalisée par Écho Sondage en février 2004 pour le Réseau de veille en tourisme, a été menée auprès de 617 ménages.

Sources:
– Léger Marketing. «Étude auprès de la population – Comportements touristiques des Québécois à l’intérieur de leur province», novembre 2003.
– Réseau de veille en tourisme / Écho Sondage. «Départs en voyage des Québécois, hébergement et Internet», février 2004.

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Faits et chiffres Produits et activités

La grande aventure du spa (2ième partie) : mais qui fréquente les spas ?

Une séance de massage sur chaise entre deux réunions, un gommage pendant la pause de midi, un saut au gymnase après une journée de travail… La mode est de manger et de respirer santé. Que l’on ait 30 ou 60 ans, la prise de conscience est arrivée !

Le miel et le chocolat ne s’étendent plus que sur une tranche de pain. Pour relaxer et prendre soin de notre corps, les spas et centres de beauté nous accueillent dans une ambiance feutrée et acidulée.

Mais qui fréquente les spas? Hommes ou femmes? Jeunes ou vieux?

Au Canada?

Selon une étude du Canadian Spa Association (juin 2003), la croissance de ce segment de marché dépasse toutes les espérances.

La clientèle canadienne d’âge mûr et bien nantie y est fidèle, preuve, selon eux, que les campagnes de promotion et les programmes de fidélisation sont bien reçus. Elle ne semble pas influencée par les saisons et privilégie un bon rapport qualité/prix. Les motivations principales sont la détente, pour régler des problèmes de santé et enfin, pour conjuguer relaxation et exercice modéré. Les traitements les plus populaires sont les massages.

Au Québec?

Selon l’association Spa Relais Santé, les clients du réseau sont, à 59% des adultes âgés de 35 à 54 ans. La clientèle québécoise est essentiellement composée de femmes de 35 à 44 ans, possédant un diplôme d’études universitaires et occupant un poste professionnel.

On remarque que de plus en plus de jeunes professionnels y ont recours, des hommes aussi, dans une proportion de 25 à 30%. Universitaires, ils déclarent un revenu annuel se situant entre 30 et 75 000 $. Les activités sportives sur le site, tel le golf par exemple, constituent des compléments recherchés par cette clientèle.

Aux États-Unis?

Selon l’International Spa Association (ISPA), qui publie chaque année une analyse exhaustive de ce segment de marché en Amérique du Nord:

  • un Américain sur cinq indique avoir visité au moins un type de station thermale durant les 12 derniers mois;
  • 29% de la clientèle des spas et centres de thalassothérapie étaient des hommes (contre 24% en 2002). Cette légère augmentation est le fruit de campagnes de promotion plus ciblées;
  • 14% de la clientèle totales se situe dans la classe d’âge des 16 à 24 ans, tandis que les personnes âgées de 25 à 44 ans en représentent la moitié;
  • 55% des utilisateurs ont un niveau de scolarité élevé (universitaires ou plus) et leur revenu moyen est légèrement supérieur à 72 000 $ US par ménage;
  • 87% de la clientèle est de type caucasien, tandis que les afro-américains ne représentent que 5% et les asiatiques 4%;
  • en bonne santé, la clientèle visite ce genre de station thermale en moyenne deux fois par année et 62% d’entre eux font de l’exercice au moins deux fois par semaine.

Toujours selon l’ISPA, les fins de semaine sont des moments privilégiés, suivies par les heures après le travail, durant la semaine. Les hommes préfèrent y aller après le travail tandis que les femmes choisissent d’y aller pendant les heures de travail. En voyage d’affaires, ce sont les hommes qui sont les plus nombreux à les visiter.

Quand aller au spa?

La principale raison de ces visites est la détente. Les hommes citent également la santé physique comme raison importante.

La majorité des visiteurs s’y rend seul ou entre amis. Plus de la moitié y sont allés accompagnés d’au moins un membre de leur famille.

Quel type de spa privilégier?

Dans un ordre de grandeur décroissant, la clientèle américaine préfère:

  • un complexe hôtelier (créneau en croissance plus rapide);
  • un club sportif;
  • un établissement thermal;
  • un spa médical.

Voir aussi

ISPA 2003 Conference
The Canadian Spas Association

Sources :
– «Interest in Health Spas (Profile Report)», Travel Activities & Motivation Survey (TAMS), Lang Research Inc., décembre 2001.
– Research of the Canadian Spas Industry, Canadian Spa Association, juin 2003.

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Marchés géographiques

Les Canadiens abandonnent les États-Unis au profit des autres destinations

De plus en plus de Canadiens préfèrent voyager vers des destinations outre-mer plutôt que se diriger vers les États-Unis. La proportion de voyages outre-mer des Canadiens est passée de 17 % à 29 % sur un horizon de 15 ans.

La balance commerciale du Canada en tourisme fluctue parfois de façon importante d’une année à l’autre. L’examen de l’évolution des déplacements touristiques des voyageurs internationaux à partir et à destination du Canada permet de déceler une mutation significative (graphique 1). Depuis 1988 (année de référence représentée par l’indice 100), on observe une réelle transition dans les voyages internationaux des Canadiens. Ils délaissent progressivement les États-Unis au profit des pays outre-mer.

Le nombre de voyages des Canadiens à l’étranger est passé de 16,5 millions en 1988 à 17,8 millions en 2003 (graphique 2). Le nombre de voyages des étrangers vers le Canada a de son côté augmenté de 1,7 million, de 15,9 millions qu’il était en 1988 pour atteindre 17,6 millions en 2003 (graphique 3).

Après avoir observé, au début des années 1990, une croissance remarquable du nombre de voyageurs d’outre-mer vers le Canada, un déclin s’est ensuite amorcé dès 1996. Aujourd’hui, la proportion du nombre de touristes en provenance des États-Unis par rapport à l’ensemble des touristes internationaux est exactement la même que celle observée en 1988 (graphique 3).

On a aussi segmenté le comportement de voyage des Canadiens pour les trimestres d’hiver et d’été (graphique 4).

  • Depuis 1988, le nombre de départs vers l’outre-mer est en forte croissance pour les deux saisons.
  • Durant la période estivale, les voyages vers les États-Unis enregistrent une diminution de plus de 57 % depuis le sommet de 1991.
  • Force est de constater que nos voisins du Sud conservent leur attrait en tant que destination soleil mais perdent des plumes aux yeux des Canadiens pour les vacances d’été.

Source :
– Statistique Canada. Indicateurs nationaux du tourisme, Enquête auprès des voyageurs internationaux (1988-2003).

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Hébergement

Perspectives fort encourageantes dans l’hôtellerie

Jan Freitag, analyste chez Smith Travel Research, a dressé un portrait extrêmement positif et prometteur de l’industrie hôtelière aux États-Unis. Les principaux indicateurs sont en hausse et, contrairement à ce que l’on observe dans le secteur aérien, le meilleur reste à venir. Freitag constate aussi un ralentissement de l’offre, ce qui est également de bon augure pour les performances à venir.

Perspectives de l’hébergement

Au cours de l’année 2004, tous les importants indicateurs de performance ont affiché une forte hausse par rapport à l’année 2003 (graphique 1). Alors que l’offre de chambres est demeurée relativement stable, la demande, elle, s’est fortement accrue, ce qui s’est traduit par une augmentation du taux d’occupation, du tarif moyen (ADR) et du revenu moyen par chambre (RevPAR).

* Données pour 12 mois, jusqu’en septembre 2004

Autres éléments clés du secteur aux États-Unis:

  • 66 milliards $US de revenus en 2004 (janv.-sept.) par rapport à 63,4 en 2000 (véritable année de référence);  
  • tarif moyen en 2004: 86,41 $US (janv.-sept.) par rapport à 85,14 en 2000;
  • bonne performance, principalement attribuable à l’hébergement haut de gamme, avec de forts taux de croissance par rapport à 2003 (graphique 2);
  • très bonne année pour les hôtels de luxe (taux d’occupation de +5,7%)

En 2004:

  • les taux d’occupation dans les grands marchés touristiques ont explosé (Orlando +12,4%, New York +9,7%, Los Angeles +8,0%, etc.);
  • l’offre a affiché un ralentissement (tableau 1).

La faible croissance de l’offre amènera une performance encore meilleure en 2005, alors que le taux d’occupation et le RevPAR devraient augmenter.

  • L’ajout de nouvelles chambres s’effectuera principalement dans les catégories upper upscale [très haut de gamme] (ex: Hilton, Marriott, Sheraton), upscale [haut de gamme] (ex.: Courtyard, Crowne Plaza, Radisson) et mid without F & B [milieu de gamme sans nourriture ni boissons] (ex.: Hampton Inn, HI Express, Comfort Inn);
  • on prévoit que le tarif moyen atteindra 89,29 $US en 2005;
  • le taux d’occupation devrait se situer à 61,8% en 2005.
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Marchés géographiques

Quand la Chine s’éveille

En février 2004, l’Union européenne (UE) et l’Administration nationale du tourisme de la République populaire de Chine (CNTA) ont signé un important accord visant à faciliter le tourisme de groupe chinois en Europe. Au Canada, l’octroi de ce statut SDA demeure toujours en suspens, malgré que 95 000 touristes chinois se soient rendus au Canada en 2002 (soit une augmentation de 245 % en 10 ans), selon Statistique Canada.

Un « statut de destination autorisée »

Il faut savoir que les touristes chinois ne sont autorisés à voyager en groupe (5 personnes au moins) que dans les pays qui se sont vu attribuer un « statut de destination autorisée » (SDA).

Jusqu’à présent, les groupes de touristes chinois n’étaient pas autorisés à se rendre dans l’Union européenne et seul le tourisme individuel (tourisme d’agrément, voyages d’affaires ou visites familiales) était possible dans certains États membres.

L’accord avec l’UE concernera 12 pays : l’Autriche, la Belgique, la Finlande, la France, l’Allemagne, la Grèce, les Pays-Bas, l’Italie, le Luxembourg, le Portugal, l’Espagne et la Suède. L’Irlande, le Danemark et le Royaume-Uni, qui ne participeront pas à l’accord SDA, négocient en ce moment des accords bilatéraux similaires avec la CNTA.

Le statut SDA est d’abord attribué à un pays, qui doit ensuite faire remplir un formulaire ad hoc aux différentes agences de voyages désireuses de faire partie du programme. La dite liste est ensuite transmise aux autorités chinoises.

Modalité et privilèges

Avec cet accord, les touristes chinois, en passant par l’intermédiaire de certaines agences de voyages ayant reçu cette fameuse accréditation, bénéficieront désormais de procédures simplifiées et facilitées applicables aux visas touristiques délivrés par les États membres de l’UE. L’accord comprend également des dispositions autorisant le retour des ressortissants chinois restés illégalement dans un pays après l’expiration de leur visa.

Ce nouvel accord, qui devrait entrer en vigueur avant l’été 2004, sera certainement source de nouvelles possibilités commerciales.

Millions de chinois… et moi, et moi, et moi !

L’ouverture de ces pays vers la Chine attire également les lignes aériennes étrangères. Celles-ci ont décidé de suivre le mouvement et d’ajouter des vols entre la Chine et l’Europe, intensifiant ainsi la concurrence.

Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), la Chine pourrait bien devenir la destination touristique privilégiée dans le monde et une source importante de tourisme émetteur, avec quelque 100 millions de touristes étrangers attendus dans ce pays en 2020.

En 2002, 645 000 touristes chinois se sont rendus dans l’Union européenne, contre 1,3 millions de touristes européens en Chine. Le TOP 10 des destinations favorites des chinois restent : Hong Kong, Macao, la Thaïlande, la Russie, le Japon, la Corée, les États-Unis, Singapour et l’Australie.

Le Canada, pas dans les 28 pays autorisés !

La Chine a signé à ce jour des accords SDA avec 28 pays et régions dans le monde, dont : l’Australie (qui fut le premier pays signataire en 1999), la Nouvelle-Zélande, la Hongrie, la Croatie, l’île Maurice, le Zimbabwe, la Tanzanie, le Kenya, l’Éthiopie, les Seychelles, la Tunisie et la Zambie?

Quant au Canada, l’octroi du statut SDA est toujours en suspens ! En raison d’un différend sur l’extradition d’un ressortissant chinois, les touristes venant de Chine ne peuvent venir au Canada que sur invitation.

Le nombre de touristes chinois dans le monde, affiche pourtant une forte croissance. C’est encourageant ! Cependant, le tourisme de la Chine vers le Canada est encore assez difficile, en raison d’obstacles bureaucratiques dans les deux pays.

Selon la Fondation Asie Pacifique du Canada (FAPC), une organisation indépendante chargée de mener des réflexions stratégiques sur l’Asie pour tout le Canada, la crainte que plusieurs visas pour visiter le Canada aboutissent en demandes d’asile politique ou servent à entrer secrètement aux États-Unis, a freiné les approbations de visas de touriste. En fait, ce n’est qu’au début de 2002 que des critères pour obtenir un visa de touriste ont été ajoutés sur le formulaire de demande de visa canadien en Chine.

Ottawa a cependant entamé des entretiens bilatéraux qui pourraient mériter au Canada le statut de « destination approuvée » de la part de Beijing, ouvrant la porte à un « déferlement » de visiteurs chinois.

Selon Statistique Canada, 95 000 touristes chinois se sont rendus au Canada en 2002 (soit une augmentation de 245 % en 10 ans).

Il est également mentionné qu’en 2002, et ce pour la première fois, la Chine a enregistré 1,66 million de touristes outbound, surpassant ainsi le Japon, connu jusqu’alors comme étant la plus grande source venant d’Asie.

Par comparaison, au Québec, en 2003, se sont environ 2000 touristes chinois qui sont venus en visite (contre 3000 en 2002), soit seulement 2,5 % du total des visiteurs chinois au Canada. Ce qui constitue tout de même un groupe plus que marginal !

Selon Statistique Canada, d’ici 2010, la Chine se hissera dans les rangs des pays qui sont les principales sources de touristes : comme le Japon, les États-Unis et la Grande-Bretagne.

À nous de voir comment les intéresser?

Sources :
– Secrétariat d’État au Tourisme. « L’Union européenne signe aujourd’hui à Pékin un important accord touristique avec la Chine », France, 12 février 2004.
– « China, EC Sign Milestone Tourism Memo », Xinhua News Agency, 13 février 2004.
– Statistics Canada. « International Travel Survey », (CANSIM II Table 427-0003).
– Commission canadienne du tourisme. « International Travel Survey, 1996-2000 ».