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Gestion Technologies

Internet, synonyme de rabais : mythe ou réalité ?

Trouver le meilleur tarif pour une prestation donnée a toujours été au coeur des préoccupations de la clientèle. La révolution Internet a bouleversé les modèles à plusieurs égards, notamment au chapitre de la transparence des prix. Les tarifs des sources d’approvisionnement sont maintenant plus facilement comparables et le consommateur peut choisir parmi les meilleures options qui s’offrent à lui. C’est pourquoi sa perception est devenue un enjeu majeur.

La croissance phénoménale du e-tourisme en fait aujourd’hui un canal de distribution de premier ordre, avec des ventes de 85 milliards de dollars américains dans le monde (graphique 1). Plus de 56% des touristes utilisent Internet pour planifier et réserver leurs vacances. Si le Web est devenu si populaire, c’est en grande partie en raison des prix attrayants qui ont séduit les voyageurs. C’est d’autant plus vrai que, d’après une étude de Forrester, 19% des e-touristes considèrent uniquement le prix au moment d’acheter un billet d’avion ou de prendre une chambre d’hôtel, sans tenir compte de la bannière ou du nom du transporteur.

Les canaux traditionnels et les agences en ligne se livrent à une véritable guerre d’image pour déterminer le secteur qui est en mesure d’offrir les meilleurs prix. Si on analyse plusieurs études sur le sujet, on constate que les conclusions varient sensiblement selon la source et le segment de marché. Quelques exemples :

Prix Internet plus élevés

  • Une étude de D. Power and Associates Reports indique que les prix du segment intermédiaire de l’hôtellerie seraient de 2 à 5% plus élevés sur Internet pour une réservation de plusieurs jours.
  • Une étude de la Canadian Corporate Travel Association (CCTA) révèle que les entreprises paient plus cher leurs voyages sur Internet que lorsqu’elles réservent auprès d’agences corporatives (spécialisées en services aux entreprises). Les écarts à l’avantage de ces dernières peuvent atteindre 51% dans le cas de vols transfrontaliers et 37% pour des liaisons internationales.
  • Les enquêtes comparatives que mène Topaz International indiquent que, dans plus de 90% des cas, les tarifs obtenus auprès des agences de voyages corporatives sont moindres que ceux obtenus lors des simulations Internet faites à partir de Orbitz, Expedia, Travelocity et sites de transporteurs aériens.

Prix Internet moins élevés

  • Un sondage de GetThere indique que, selon 95% des dirigeants d’entreprises, les billets d’avion achetés sur Internet étaient en moyenne 15% moins cher que ceux obtenus au moyen de réservations téléphoniques. Une forte majorité (80%) indique également que les frais de commission sont moindres dans 50% des cas.
  • Le rapport sur les voyages d’affaires établi annuellement par Barclaycard révèle que 54% des entreprises interrogées continuent à faire confiance à une agence de voyages, même si seulement 40% jugent qu’elle offre de meilleurs tarifs.
  • Une étude de Consumer Webwatch souligne la performance de Priceline, qui surpasse, dans 47% des cas, les meilleurs tarifs (avion, hôtel et location de voiture) des autres agences en ligne.

On constate qu’il demeure difficile de statuer avec précision quel canal est le plus efficace en termes d’économies. Trop de facteurs entrent en ligne de compte (complexité du trajet, durée, horaire, etc.). Néanmoins, l’utilisation massive d’Internet aura permis aux voyageurs de comparer eux-mêmes les tarifs. Toutefois, en ce qui concerne la perception du consommateur, Internet semble avoir gagné la première bataille. À cet égard, l’étude de PhoCusWright s’avère fort révélatrice : 61% des e-touristes considèrent que les agences en ligne offrent les meilleurs prix, comparativement à 2% seulement pour les agences traditionnelles (graphique 2).

On remarque aussi des initiatives incitant les consommateurs à contourner les intermédiaires. Ainsi, le transporteur Zoom Airlines, établi à Ottawa, invite sa clientèle à «économiser en évitant l’agent de voyages», ce qui a soulevé l’ire de ces derniers. La conquête d’une fidélisation accrue du voyageur sur la base des prix est lancée. La tâche s’annonce difficile auprès des internautes : seulement 40% des e-touristes fréquentent assidûment le même site pour planifier leurs voyages.

Le temps semble jusqu’à maintenant donner raison aux grandes agences en ligne qui ont investi des sommes colossales pour développer leur notoriété. Expedia et Hotels.com sont les brand names (marques nominales) les plus fortes en ce moment, même s’ils n’offrent pas toujours les meilleurs tarifs. Sans pour autant négliger les canaux traditionnels, les entreprises s’adressant aux voyageurs d’agrément devraient s’assurer de figurer dans l’inventaire des grandes agences en ligne, populaires auprès de ce segment. Dans le cas des voyageurs d’affaires, ce sont les agences de voyages corporatives qui continuent de se démarquer. En terminant (dans un tel environnement de transparence des prix), les entreprises doivent voir à adopter et surtout à conserver une politique tarifaire cohérente.

Sources :
– Limone, Jerry. « Topaz study: Agents still find lowest air fares », Travel Weekly [www.twcrossroads.com], 1er mars 2004.
– Travelmole. « Growing online threat to business travel agents » [www.travelmole.com], 26 février 2004.
– Blachford, Eric. « IAC Investor Day 2003 », [www.iac.com], novembre 2003.
– Désiront, André. « Zoom sur une compagnie aérienne hors normes », La Presse, 25 février 2004, cahier Actuel, p. 7.
– Harteveldt, Henry H. « Brands Don’t Matter to Web?s Mercenary Travelers », Forrester Research Report, 6 juin 2003.
– Getthere.com. « Survey Indicates Online Travel Booking Is Becoming More Common In Corporations Than Booking Over The Phone » [www.getthere.com], 3 juin 2003.
– McGee, William J. « A Consumer’s Guide to Opaque Travel Web Sites », Consumer WebWatch, 8 décembre 2003.

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Segments de clientèles Technologies

Industrie du voyage d’affaires: les grandes tendances technologiques pour les 5 prochaines années à venir

Une étude du groupe britannique EIBTM (European Incentive, Business Travel & Meetings Exhibition) révèle les différentes technologies et les tendances induites dans le secteur du voyage d’affaires et des congrès pour les cinq prochaines années.

Ce sont:

  • l’évolution des ordinateurs, toujours plus petits et plus rapides;
  • la téléphonie mobile (Wi-Fi, Bluetooth, …), qui intégrera des fonctionnalités d’Internet à large bande et autres services de plus en plus sophistiqués, pour le plus grand bonheur des voyageurs d’affaires: système de navigation intégré aux véhicules automobiles, le Wi-Fi (Wireless Fidelity) à bord des trains et des avions, accès Internet large bande sans fil dans les lieux publics et hôtels/restaurants, etc.;
  • la convergence entre les assistants personnels (PDA) et les téléphones mobiles;
  • le développement de la technologie de transmission de la voix sur Internet (Voice over IP ou technique permettant d’intégrer des messages vocaux aux données transmises par paquets sur un réseau utilisant le protocole IP);
  • l’intégration d’Internet dans les systèmes de distribution, encore timide aujourd’hui, sera généralisée d’ici 10 ans. Selon une étude d’IBM Business Consulting Services, la réservation en ligne devrait presque doubler de 2004 à 2007;
  • la dérégulation du marché des GDS (Global Distribution Systems: Galileo, Worldspan, Sabre et Amadeus) prévue en 2005 devrait faire levier sur la concurrence et la compétitivité et obliger les acteurs de cette industrie à diversifier leurs sources de revenus en s’impliquant dans de nouveaux produits et services.
  • l’intégration d’Internet dans un but de promotion: de nouvelles applications verront le jour, permettant, par exemple, le développement de la photographie panoramique, des images en trois dimensions, la téléconférence, l’envoi de courriels personnalisés, de courriels intégrant le son et/ou la vidéo… Celles-ci remplaceront facilement les brochures publicitaires papiers, du fait de leur disponibilité, interactivité et du coût de leur production;
  • le développement d’une pléthore de sites Web permettant la recherche dans des bases de données de séminaires et conférences et mettant à la disposition des personnes intéressées, des plans de salles interactifs, des menus, des programmes, etc.;
  • l’identification par fréquence radio (Radio Frequency Identification): selon Rob Davidson, dans le secteur des congrès et séminaires tout particulièrement, la technologie d’identification par fréquence radio (RFI) devrait progressivement remplacer les codes à barres (lecture optique) sur les badges des visiteurs, par exemple;
  • la naissance de nouvelles plateformes mobiles pour l’industrie des conférences (exemple, les systèmes d’exploitation Palm OS ou PocketPC, ou encore des systèmes de collaboration à distance permettant à des personnes de suivre une conférence à distance et d’y participer via son assistant personnel, son téléphone cellulaire ou son ordinateur portable);
  • le renforcement des systèmes de sécurité: la sécurité sera renforcée par des mesures biométriques combinées, comme la reconnaissance faciale, de l’iris et des empreintes digitales… en plus de la présentation du visa ou du passeport, qui lui aussi, sera entièrement numérisé.

Sources :
– Davidson, Rob. «Technology and Travel, March 2004», EIBTM, octobre 2003.

Sur le Web:
– Stratégies Télécom et Multimedia – http://www.strategiestm.com

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Ailleurs dans le monde Marketing Réseaux de distribution

Le « première minute » en riposte au « dernière minute »

L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) affirmait que les crises des dernières années avaient accentué la tendance à la réservation de dernière minute chez le voyageur. Afin de contrer ce type de demande, Voyages-SNCF en France a conçu un nouveau produit : les offres de « première minute », mais il faut se presser !

Malgré le succès des prestations de dernière minute, Voyages-SNCF a tout de même voulu faire sortir les gens de ce modèle d’achat en lançant l’opération « Départs en Or ». Exit les brochures qui obligent à déterminer produits et prix des mois à l’avance. Les voyagistes ont misé sur Internet afin de s’ajuster rapidement aux besoins du marché. Voyages-SNCF a proposé pendant deux semaines aux internautes des séjours à moitié prix pour des dates de départ étalées sur toute l’année. Quotidiennement, il rendait disponible un nombre illimité de places pour une destination, cette proposition étant valide pour 24 heures seulement. Suite à cette initiative, les ventes quotidiennes moyennes de l’entreprise ont doublé. Une agence italienne de voyages en ligne, IschiaOnLine, offre elle aussi des produits « première minute », lesquels permettent de réserver tôt et d’économiser en profitant à l’avance des meilleures occasions.

L’achat de dernière minute permet généralement aux chasseurs d’aubaines d’obtenir un rabais plus intéressant que s’ils réservent tôt. La stratégie du « première minute » vise à inverser ce comportement tout en limitant la durée de l’offre. Les entreprises peuvent utiliser ce type de stratégie non seulement pour briser le moule du « dernière minute », mais pour lancer des offres promotionnelles qui inciteraient les clients à acheter d’autres produits par la suite ou pour stimuler la demande sur une nouvelle destination ou pour un nouveau forfait.

Source :
– Le Journal du Net. « Voyages-sncf invente les offres de « première minute » [www.journaldunet.com], 6 avril 2004.

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Enjeux Technologies

Protection de la vie privée : touche pas à mes données !

L’avènement d’Internet et des nouvelles technologies de communications relance le débat sur la protection de la vie privée. En effet, ces nouvelles techniques augmentent considérablement la masse d’information et facilitent l’accès aux données à caractère personnel circulant sur les réseaux. Aussi, avant de collecter des renseignements personnels et privés, à des fins commerciales ou de publicité, il serait bon de connaître les législations en vigueur et surtout, l’état d’esprit des personnes concernées.

On se rappelle?

On se rappelle qu’en 2003, la compagnie aérienne américaine JetBlue a fait l’objet de vives critiques après avoir remis à Torch Concepts, une entreprise travaillant pour le Pentagone, des fichiers contenant des informations personnelles sur près de 1,5 million de ses passagers ayant essentiellement réservé leurs billets par Internet. JetBlue avait alors été contrainte de s’excuser publiquement.

Autre cas: celui d’Air Canada, qui en 2003 également, en raison d’un problème technique, selon l’entreprise, a vu publier sur Internet, les noms et profils des membres du programme Aéroplan. Les numéros de cartes de crédit n’avaient toutefois pas été affichés. Air Canada a dû intervenir rapidement pour rassurer les clients qu’il ne s’agissait nullement d’une opération de cyberpiratage.

Quelle importance a la vie privée ?

Selon un sondage «Ipsos Reid Canada» réalisé en novembre 2001, deux Canadiens sur trois se sentent concernés par la protection de la vie privée et le caractère privé des données personnelles.

Selon la firme de recherche «EKOS», dans sa Réflexion sur l’autoroute de l’information (octobre/novembre 2001), 52 % des Canadiens sont d’avis qu’Internet diminue le niveau de la vie privée au Canada et 51 % croient que les ordinateurs produisent le même effet.

Aux États-Unis, selon les données de la firme «Pricewaterhouse Coopers», les personnes ayant des revenus et un niveau d’éducation plus élevés tendent à être plus sujets à protéger leur vie privée. Aussi, les femmes sont plus sensibles que les hommes, les seniors plus craintifs que les jeunes et les personnes mariées plus circonspectes que les célibataires. Mais là aussi, 58 % se disent extrêmement ou très intéressé a préserver leur intimité.

En 2001, «American Demographics» posait la question à savoir quelles étaient les informations considérées comme personnelles.

Voici quelques-unes de ces réponses :

Il est sidérant de voir que nombreuses sont les personnes qui préfèrent donner des informations sur leurs poids et mensurations, plutôt que leur adresse à domicile !

La législation canadienne

Au Canada, une «Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques» (LPRDE) est entrée en vigueur depuis le 1er janvier 2004.

Elle s’applique à tous les renseignements personnels recueillis, utilisés ou communiqués par des organismes du secteur privé qui exercent des activités commerciales.

La Loi prévoit notamment que :

  • les organismes doivent obtenir le consentement d’une personne avant de recueillir, d’utiliser ou de communiquer des renseignements personnels à son sujet;
  • les organismes doivent protéger les renseignements personnels en adoptant des mesures de sécurité appropriées selon le degré de sensibilité des renseignements;
  • les particuliers peuvent avoir accès aux renseignements personnels à leur sujet détenus par un organisme et les faire corriger au besoin.

La Loi confère au Commissaire à la protection de la vie privée du Canada, un rôle d’ombudsman. Celui-ci instruit les plaintes, effectue des vérifications, sensibilise les intéressés aux questions relatives à la protection des renseignements personnels et mène des recherches à ce sujet. Il fait également office d’ombudsman lorsque des plaintes sont déposées aux termes de la Loi sur la protection des renseignements personnels, qui vise le secteur public fédéral.

Avec cette nouvelle législation, le Canada possède l’un des cadres législatifs et politiques de respect de la vie privée les plus exhaustifs au monde.

Les Canadiens sont également protégés par la loi fédérale sur la protection des renseignements personnels.

La législation américaine

Dans le secteur public, la loi fédérale Privacy Act (1974) impose théoriquement un juste traitement des renseignements personnels (collecte/utilisation/archivage).

Mais, à la différence du Canada et de son Commissaire à la protection de la vie privée, les États-Unis ne disposent d’aucun organisme indépendant ayant juridiction sur les questions de protection de la vie privée.

De plus, aucune loi fédérale ne réglemente la collecte, l’utilisation et l’archivage de renseignements personnels par le secteur privé. Faute de réglementation fédérale, certaines industries ont choisi l’autoréglementation : les entreprises se dotent alors de politiques personnelles de protection de la vie privée, expliquant le pourquoi et le comment de leur recherche d’information. Mais rien ne les y oblige légalement.

Seule exception à la règle, le Children’s Online Privacy Protection Act (COPPA), adopté par le Congrès en octobre 1998 et en vigueur depuis avril 2000, qui s’applique aux enfants de moins de 13 ans.

Alors, ainsi averties, les entreprises privées devraient songer à mettre rapidement en place plusieurs règles afin de se conformer à la nouvelle législation et vérifier ses pratiques en matière de protection de la vie privée. La création et la mise en service de bases de données informatisées (que se soit pour de la promotion ou pour du service à la clientèle) doivent tenir compte des nouvelles réalités.

Voir aussi

– La carte d’identité nationale électronique sera-t-elle la réponse à la lutte contre le terrorisme et l’immigration clandestine?
– Les mesures de sécurité, un «topo» de la situation
– Programme NEXUS, plan d’action pour une «frontière intelligente»
– États-Unis: La nouvelle législation en matière de passeport va perturber le flux touristique

Sur le Web
Protection des renseignements en affaires (Industrie Canada)
L’économie numérique au Canada
Commissariat à la protection de la vie privée du Canada

Sources :
– Reidenberg, Joel R. « Setting Standards for Fair Information Practice in the U.S. Private Sector », 1995 80 Iowa L.Rev. 497.
– Quirion, Christian. « Les firmes doivent protéger les renseignements personnels », Les Affaires, 11 octobre 2003, p. 48.
– Paul, Pamela. « Mixed Signals », American Demographics, 1er juillet 2001.
– « JetBlue a trahi la confiance de ses passagers », La Presse, 24 septembre 2003, p. D5.

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Produits et activités Technologies

La popularité croissante des forfaits en ligne

La distribution électronique des forfaits touristiques gagne en popularité auprès des voyageurs. Il en existe deux types: le forfait traditionnel, prenant souvent la forme d’une semaine de vacances tout-inclus dans le Sud, et le forfait que l’on peut assembler soi-même («dynamic packaging»), constitué de divers produits (avion, hôtel, location de voiture, etc.).

Les voyageurs s’attendent à davantage de flexibilité. Ils ne veulent plus se contenter de forfaits aux dates fixes, ils veulent souvent des vacances plus courtes plutôt que l’habituel sept jours. Ils souhaitent découvrir de nouvelles possibilités, ce qu’offre la forfaitisation en ligne. C’est pourquoi les forfaits pré-constitués perdent du terrain devant les vacances do it yourself. En faisant eux-mêmes ces démarches, les voyageurs recherchent une plus grande sélection de marques et de produits et veulent s’assurer qu’ils bénéficient d’une économie. Une étude de PhoCusWright précise que 24% de l’ensemble des principales composantes vendues en ligne en 2003 (l’avion, l’hébergement et la voiture de location) ont été achetées au cours d’une même transaction. Parmi les forfaits achetés en ligne, 79% ont été constitués par les internautes eux-mêmes (graphique 1).

Les grands joueurs du e-tourisme investissent massivement dans ce créneau. Les technologies se raffinent, offrant une expérience améliorée à un internaute de plus en plus expérimenté et confiant. Cette nouvelle tendance menace la distribution traditionnelle des vacances. Qu’en est-il plus précisément des perspectives de ce segment?

Il n’y a pas si longtemps, les détracteurs du e-tourisme affichaient un certain scepticisme face aux vertus de la distribution en ligne pour la masse touristique. Plusieurs fournisseurs se montraient intéressés, au mieux, à offrir aux consommateurs un volet informationnel en ligne, sans toutefois envisager de fonctions transactionnelles. Plusieurs prévoyaient que les seuls produits pouvant connaître du succès sur ce canal de distribution seraient les billets d’avion point à point, les chambres d’hôtel et les voitures de location, soit les composantes à faible marge bénéficiaire. La réalité est tout autre.

Entre 2001 et 2003, Expedia a vu la part de ses revenus issus des forfaits passer de 6 à 27%. Les principaux joueurs en ligne s’affairent à perfectionner les fonctionnalités de leurs outils technologiques, afin de faciliter l’expérience de l’internaute dans son processus de réservation d’un forfait. Travelocity a redoublé d’efforts sur ce segment, qui génère aujourd’hui 20% de ses réservations. Orbitz a suivi en septembre 2003 avec une interface permettant aux consommateurs de comparer les prix de plusieurs fournisseurs aériens et hôteliers sur un seul écran lors de l’assemblage d’un forfait personnalisé. Des produits plus complexes, tels que les croisières, figurent désormais parmi les segments affichant les plus fortes croissances du e-tourisme.

Le nouveau message des agences en ligne est clair: assemblez vous-même votre forfait et économisez! Expedia prévoit que ces produits compteront bientôt pour la moitié de ses revenus. Même les transporteurs aériens affichent dorénavant des forfaits en ligne sur leur site d’entreprise, segment responsable d’une part grandissante de leurs revenus. Conscients de la menace, les voyagistes adaptent progressivement leurs inventaires à la vente en ligne, mais le virage s’avère ardu.

Une étude de PhoCusWright / Vividence a étudié le comportement des e-touristes concernant l’achat de forfaits en ligne en 2003:

  • 80% sont favorables à l’idée d’acheter un forfait de vacances auprès d’une agence de voyages en ligne.
  • 84% choisissent un forfait pour l’obtention d’un meilleur prix, 77% pour gagner du temps et 69% pour réserver auprès d’une seule entreprise.
  • 28% ont déjà acheté un forfait en ligne (18% en 2001).
  • Les irritants cités sont le manque de flexibilité (73%) et le sentiment d’être en mesure d’obtenir un meilleur prix par eux-mêmes (68%).
  • 64% sont davantage intéressés par les forfaits personnalisés (dynamic packaging).

Que faire devant ces grandes manoeuvres? Alors que les acteurs principaux placent rapidement leurs pions sur l’échiquier, les entreprises songeant à bien se positionner doivent prendre en considération certains éléments:

  • Le consommateur recherche davantage de flexibilité ainsi qu’une réelle économie (package deal) et non seulement une addition de composantes individuelles.
  • L’accès à la technologie nécessaire à la forfaitisation en ligne ne se limite plus aux grandes agences en ligne. On peut s’attendre à une intensification de la concurrence où la richesse de l’offre fera la différence.
  • Si un jour les transporteurs à coûts réduits se décident à offrir leurs inventaires aux agences en ligne, la donne pourrait changer de manière importante.
  • L’accès en ligne aux inventaires des hôteliers indépendants demeure encore très limité.
  • Les transporteurs aériens ne se limiteront plus à leurs inventaires mais proposeront également un éventail de produits complémentaires.

Peu importe le type de canal de vente, on remarque une certaine constance dans ce que recherche le voyageur. Compter sur un produit adapté à ses besoins constitue un aspect important. À cet égard, l’un des avantages de la forfaitisation en ligne, c’est la grande flexibilité qu’elle procure. De plus, le e-packaging s’avère un outil de prédilection pour cibler des segments haut de gamme. Le tourisme de luxe, c’est aussi le privilège de s’offrir des vacances personnalisées en fonction de ses propres besoins. La forfaitisation en ligne, par sa flexibilité, ouvre une fenêtre intéressante sur ce marché qui, souvent, ne peut être rejoint par le forfait traditionnel.

Sources :
– PhoCusWright et Vividence. «Vacation Packages: A Consumer Tracking and Discovery Study – Preliminary Findings» [www.phocuswright.com], novembre 2003.
– Blachford, Eric. «IAC Investor Day 2003» [www.iac.com], novembre 2003.
– Mowat, Bob. «Exploding Myths: Online Travel Spreads its Tentacles», Commission canadienne du tourime, septembre 2003.
– Greenspan, Robyn. «Online Agencies Lead for Vacation Packages», CyberAtlas, 2004.
– PhoCusWright. «The PhoCusWright Consumer Travel Trends Survey Sixth Edition», The PhoCusWright Channel [www.phocuswright.com], février 2004.
– Wolf, Philip. «A Letter to PhoCusWright’s Customers», The PhoCusWright Channel [www.phocuswright.com], 2003.

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Segments de clientèles Technologies

Profil de l’internaute

Au Québec, plus de 60 % des adultes utilisent régulièrement Internet (graphique 1), soit quelque 3,5 millions de personnes. Chez les adolescents, les touristes de demain, cette proportion grimpe à 88 %. Les achats en ligne gagnent en popularité : près d’un adulte québécois sur quatre aurait effectué au moins un achat sur Internet (23,1 %) en 2003. Qui sont ces internautes ? Sont-ils différents des autres touristes ?

Statistique Canada indique dans son enquête annuelle que les Canadiens utilisent Internet principalement pour obtenir des renseignements ou prendre des arrangements de voyage (30 %), de l’information sur la santé (33 %) ou des données gouvernementales (29 %). Pour des prestations simples (billets d’avion, chambres d’hôtel, etc.), les consommateurs préfèrent de plus en plus planifier leurs voyages sur Internet au lieu de consulter un agent de voyages. Les sources d’information les plus utilisées par les Canadiens, selon Ipsos-Reid, sont, dans l’ordre :

Les internautes qui continuent de fréquenter les agences traditionnelles le font principalement pour obtenir des renseignements (23 %), réserver (22 %) et se procurer un catalogue (18 %). Précisons que l’utilisation d’Internet pour l’achat ou la recherche d’information est loin d’être exclusive. Une large majorité d’internautes (64 %) fréquentent parallèlement les agences de voyages pour leurs achats.

Aux États-Unis, c’est près de 39 milliards de dollars américains qui ont été dépensés pour des produits touristiques en ligne en 2003 (45 % proviennent du tourisme d’agrément).

À quoi doit-on s’attendre dans un avenir rapproché ? Alors qu’actuellement environ 15 % des produits de voyage sont achetés en ligne, dès 2005 cette proportion devrait atteindre 29 % chez nos voisins du Sud, selon PhoCusWright. Du côté européen, on assiste à un rattrapage accéléré. Les recettes du e-tourisme passeront de 13 à 28 millions d’euros au cours de la même période. Les prestations les plus populaires auprès des internautes demeurent le segment aérien, mais dans une proportion moindre que maintenant. (graphique 2).

L’offre touristique sur le Web évolue rapidement. Bien plus qu’un guichet de billets d’avion, Internet offre de plus en plus de produits complexes et les consommateurs y trouvent leur compte. Près d’un e-touriste sur trois a acheté un forfait en ligne en 2003. Fait intéressant, 71 % d’entre eux se sont servis d’Internet pour assembler eux-mêmes leur forfait. Les e-touristes se distinguent également par leur grande régularité — 91 % d’entre eux achètent habituellement en ligne. Le consommateur adopte ce mode parce qu’il le trouve moins cher, plus simple et parce qu’il offre un éventail de choix plus étendu.

Internet n’est plus un phénomène ou une tendance, c’est un mode de vie. Pour beaucoup, c’est un outil de travail incontournable; pour d’autres, c’est une porte d’accès aux loisirs. La fenêtre touristique du Web s’élargit de plus en plus et une forte proportion de consommateurs adoptent ce médium pour planifier leurs vacances.

Le voyage était taillé sur mesure pour embrasser la révolution Internet, les données sont maintenant là pour le démontrer. Devenu de plus en plus confiant dans cet environnement qu’il connaît, c’est un internaute sensible au prix qui préférera se passer des intermédiaires à faible valeur ajoutée. Mais selon Philip Wolf, président de PhoCusWright, le Québec accuse à ce chapitre un retard de deux ans sur les États-Unis. Ignorer le phénomène et ne pas tenir compte de ce canal de distribution s’avérerait une grave erreur.

Sources :
– CEFRIO. « NETendances » [www.cefrio.qc.ca], janvier 2004.
– Statistique Canada. « Ménages qui utilisent Internet à la maison, selon le but de l’utilisation », 22 septembre 2003.
– Ipsos-Reid, août 2003.
– Le Journal du Net. « Les internautes et l’e-tourisme : 2. La génération multicanal » [www.journaldunet.com], 16 décembre 2003.
– PhoCusWright. « PhoCusWright’s Online Travel Overview » [www.phocuswright.com], février 2003.
– PhoCusWright. « European Online Travel Marketplace, Focus on Spain » [www.phocuswright.com], juillet 2003.
– Sileo, Lorraine. « Outlook on Technology – TIA Marketing Outlook Forum », 22 octobre 2003.