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Voyages d’affaires: les femmes sont-elles moins prévisibles que les hommes?

Compte rendu de la conférence prononcée par Wayne W. Smith, candidate au doctorat, Department of Geography and Environmental Studies, Wilfrid Laurier University (Waterloo, Ontario). En 2000, au Canada, les voyages d’affaires ont compté pour 12,8% de tous les voyages intérieurs. Approximativement un tiers de ces voyages d’affaires ont été réalisés par des femmes. Mais en dépit de la taille de ce segment de marché, il existe encore peu d’études sur le sujet. Le travail de recherche de la doctorante Mme Wayne W. Smith vise à décrire et modéliser (modèle SPSS) le voyage d’affaires à l’intérieur du Canada sur la base du sexe de la personne qui voyage. Les résultats indiquent que, si quelques similitudes existent, les voyageuses d’affaires présentent des particularités qu’il est bon de ne pas négliger. Après analyse, Mme Smith dresse leur profil. Les femmes d’affaires canadiennes qui voyagent sont généralement:

  • célibataires;
  • plus jeunes et plus instruites que leurs collègues masculins;
  • oeuvrent plus souvent dans des emplois «à but non lucratif», comme des organismes, des gouvernements, des fondations, etc.;
  • voyagent moins fréquemment, mais plus longtemps (selon une moyenne de 4 à 5 jours);
  • sont plus enclines à utiliser d’autres moyens de transport que l’auto et l’avion;
  • dépensent entre 100 et 999$ par voyage;
  • n’ont pas de considérations particulières pour la saison, ni la distance du voyage.

Mais, à la différence des hommes, elles participent plus volontiers aux activités extérieures proposées lors de congrès ou se réservent des moments de loisir même en voyage d’affaires. En effet, elles visitent plus souvent les musées et les expositions, profitent de l’occasion pour rencontrer des amis ou de la famille, font du magasinage, etc. En comparaison, selon les dires de Mme Smith, leurs collègues masculins, sitôt la conférence ou la journée de travail terminée, «terminent la soirée le plus souvent dans les bars et les night-clubs avoisinants»).

TTRA 2004 – Autres comptes rendus disponibles:

L’expérience touristique, une réelle valeur économique
Le pouvoir persuasif de la publicité et du reportage
La saisonnalité dans les destinations de sports d’hiver: causes, conséquences et possibilités
Perceptions de l’impact du tourisme sur la communauté
Les femmes et le tourisme sportif: examen sociodémographique
Impact économique du mariage gai sur le secteur du tourisme

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Les grands-parents voyagent de plus en plus avec leurs petits-enfants

Un sondage réalisé en 2003 par Yesawich, Pepperdine, Brown & Russell (YPB&R) démontre qu’un grand-parent sur trois a voyagé avec ses petits-enfants au cours des douze derniers mois. On note qu’aux États-Unis, c’est plus de 15% de l’ensemble des voyages incluant des enfants qui s’effectuent en présence des grands-parents. Quelque 21% de ces derniers font au moins un voyage avec leurs petits-enfants sans la présence des parents. ++L’AVIS DE THOMAS P. CULLEN++

Les voyages au coeur de la cellule familiale

Au cours de la dernière décennie, et particulièrement dans le contexte de l’après-11 septembre 2001, on accorde de plus en plus d’importance aux valeurs familiales. Alors que le temps libre se raréfie, les moments passés en famille deviennent souvent une priorité. Quand on pense famille, on se limite parfois à la relation parents/enfants, mais en réalité, les grands-parents jouent un rôle d’importance au sein de la cellule familiale. Ce sentiment de rapprochement se traduit par une augmentation des départs en vacances des aînés avec leurs petits-enfants.

Une telle évolution sociodémographique laisse présager de nouvelles opportunités et exige par la même occasion une révision des modèles traditionnels de segmentation des clientèles. Déjà on voit apparaître des campagnes promotionnelles s’adressant spécifiquement à ce tandem. La chaîne Hilton offre aux moins de 18 ans de séjourner gratuitement dans la chambre de leurs grands-parents. Aux hôtels Loews, les aînés accompagnés de leurs petits-enfants se voient offrir des rabais, des surprises et des activités spéciales. Certaines agences de voyages se spécialisent même dans le grandtravel en concevant des forfaits pour cette clientèle spécifique.

Phénomène passager ou tendance lourde?

Les parents d’aujourd’hui sont entraînés dans le tourbillon de la vie active et dans une carrière professionnelle exigeante. Le rythme de consommation des familles nécessite souvent deux salaires. Les grands-parents, ces baby-boomers retraités ou semi-retraités, ne demandent souvent pas mieux que de jouer un rôle dans la sphère parentale. Ils veulent profiter de ces possibilités de rapprochement et certaines activités touristiques peuvent leur fournir le temps de qualité recherché.

Autre phénomène, les occasions de partir en vacances sont facilement conciliables avec les disponibilités de chacun. Aux États-Unis, plus de 60% des parents se montrent favorables à l’idée que leurs enfants prennent des vacances durant la période scolaire et les grands-parents ont, quant à eux, généralement beaucoup de temps libre. À la disponibilité, s’ajoutent les ressources financières des grands-parents, qui rendent possible la prise de vacances en complément ou en substitution des parents. Ajoutons à cette réalité la difficulté de faire coïncider les vacances des conjoints.

Une occasion à saisir

La demande ira croissante alors que de plus en plus de baby-boomers prendront (partiellement ou complètement) leur retraite. Jugeant le marché suffisamment important, l’Association américaine des automobilistes (AAA) a même publié un livre intitulé Travel With Your Grandkids, afin d’aider les aînés à planifier des vacances. On y aborde certaines préoccupations des grands-parents, notamment comment:

  • gérer des parents réfractaires;
  • impliquer les petits-enfants dans la planification du voyage;
  • renforcer la relation grands-parents/petits-enfants;
  • fixer des limites et adopter des règles.

La palette d’activités susceptibles de les intéresser reste assez variée, allant du ski alpin au musée des sciences en passant par le golf, les croisières-excursions, le parc d’attractions et la randonnée pédestre. La dimension patrimoniale ou commémorative constitue également une corde sensible à exploiter, puisque les aînés apprécient partager leurs connaissances et raconter à leurs petits-enfants certains faits marquants dont ils ont été témoins dans le passé.

Il faut aussi penser à ce qui intéresse les enfants. D’autant plus que la volonté de rapprochement entre ces deux générations ne vient pas seulement des grands. La majorité (56%) des enfants âgés de 6 à 17 ans affirment qu’ils aimeraient vraiment prendre des vacances avec leurs grands-parents. Ce sont les plus jeunes (de 6 à 8 ans) qui se montrent les plus enthousiastes (78%).

Les entreprises qui adopteraient une stratégie promotionnelle ciblée durant les périodes d’achalandage plus faible pourraient également voir leurs efforts récompensés. Des petits détails comme des cadeaux-surprises offerts aux tout-petits ou la présence de jeux qui les captivent peuvent constituer des éléments déclencheurs lors de la planification des vacances. À titre d’exemple, on retrouve à Mexico un véritable petit paradis dédié aux enfants, La Ciudad de Los Ninos. Dans ce parc thématique, les enfants jouent le rôle des grands, prenant la place d’un pilote à l’intérieur d’un véritable cockpit d’American Airlines, fabriquant des pizzas à la pizzeria Domino ou encore s’occupant de nourrir une poupée représentant un bébé à l’hôpital. Et par souci de cohérence, les enfants déboursent le plein prix d’entrée, les parents moitié prix et quant aux grands-parents… c’est gratuit!

Sources:
– White Hutchinson Leisure & Learning Group. «Grandparent/Grandchild Market a Growing Opportunity», octobre 2003.
– The Philadelphia Inquirer. «Travel with « grands » comes in all flavors», 16 mai 2004, p. N02.
– Hugues Court, Paula. «Cruising with Grandchildren», LovinLife.com [www.wwseniors.com], 9 septembre 2003.
– Buhasz, Laszlo. «Marketing to the new senior», The Globe & Mail [www.globetechnology.com], 11 octobre 2003, p. T2.
– American City Business Journals. «New travel trend: « grandtravel »», 8 novembre 2001.
– Gardyn, Rebecca. «The New Family Vacation», American Demographics, 1er août 2001.

L’avis de Thomas P. Cullen

This is a topic which should be of interest to many aspects of the travel industry. I believe it is a symptom of a global change in the way markets are defined and in motivations to travel.

The « business market » has traditionally been differentiated from the « leisure market ». However, these boundaries are changing, and I believe that the industry can no longer assume the business trip is for business only. Children are not only traveling with grandparents, they are traveling with parents – blue suit moms and dads, who increasingly take kids along on a business or convention trip. Las Vegas entrepreneur Steve Wynn recognized this many years ago when almost single handedly he transformed the topless, sin city gambling mecca to a family friendly convention destination.

The other quantum change is related to the nature of demand drivers. A review of intergenerational travel packages offered by Elderhostle is indicative of this change. The traditional « architectural » tourism is being replaced by learning/educationally motivated travel, cultural travel, and health related travel.

Worldwide business travel probably accounts for 60% of all travel demand. Within 15 years, perhaps sooner, leisure oriented travel will account for 60%, and business only travel declines as a percentage of the total.

Communications technologies will replace a lot of business travel as a younger, more technology saavy generation of business people grow into decision making positions in industry. The implications for packaging, pricing, positioning and distributions systems for the hotel, airline, and cruise industries are significant.

Thomas P. Cullen
Professeur
School of Hotel Administration
Cornell University

Voir aussi

Travel – It’s Not Just for Adults Anymore
Un texte complémentaire rédigé par Thomas P. Cullen

Thomas P. Cullen, professeur, School of Hotel Administration, Cornell University (États-Unis)

 

Champs d’expertise:

  • Gestion stratégique de l’hébergement
  • Nouvelles tendances et futur du tourisme
  • Gestion multinationale

Site de l’institution

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Les baby-boomers, le filon de l’industrie touristique

Jeunes, les baby-boomers se promenaient avec «un signe de peace en velours». Désormais, ils s’inquiètent de la chute boursière et de leur Liberté 55. Une courbe de croissance des voyages assurée, mais difficile à profiler.

Caractéristiques générales

  • Individus nés entre 1947 et 1966.
  • Le Canada est le pays industrialisé ayant connu le plus fort baby-boom.
  • Arrivée massive à la retraite des baby-boomers de 2010 à 2020; l’âge médian sera de 55 ans en 2010.
  • 9,8 millions de baby-boomers au Canada, soit 33% de la population (Foot et Stoffman, 1999).
  • 76 millions de baby-boomers aux États-Unis, soit plus du quart de la population (American Demographics, 2004).
  • 140 millions de personnes de plus de 50 ans en 2010 dans les pays de l’Union européenne (Austrian Institute of Economic Research).

Rien de neuf dans leur profil

  • Éduqués
  • Revenu discrétionnaire élevé
  • Stressés et bourreaux de travail
  • Exigeants et recherchant la qualité
  • Actifs, en santé et voulant rester jeunes
  • Intéressés à apprendre et à vivre des expériences
  • Aventureux

Au-delà de l’âge et du revenu

Il est facile de segmenter les individus en fonction de leur âge et de leur revenu, mais la réalité s’avère plus complexe. Le style de vie et les attitudes envers la vieillesse deviennent des facteurs importants. Il y a des gens de 70 ans en forme et en santé, et d’autres qui se sentent déjà vieux à 50 ans. Au Canada, une étude de 50+ Communication Marketing définit quatre segments chez les 40 ans et plus:

  • les bien nantis (21%) – satisfaits de leur situation financière, vigilants, économes, ayant une vision à long terme, peu satisfaits de leur apparence et ouverts à la chirurgie esthétique, considérant leur santé comme un investissement (bonnes habitudes alimentaires, exercice pour se mettre en forme);
  • les enthousiastes (27%) – accordant plus ou moins d’importance à leur situation financière, éternels optimistes, aimant les plaisirs de la vie, ouverts aux cours de perfectionnement et à la poursuite du travail à leur retraite, sensibles au facteur temps (tout sous un même toit), fréquentant les restaurants par goût et pour gagner du temps, plus ou moins préoccupés par leur santé (bonne alimentation et exercice pour le plaisir);
  • les prudents (30%) – privilégiant l’indépendance (vivre dans leur maison et conduire leur voiture le plus longtemps possible), intéressés à poursuivre le travail à leur retraite, préoccupés par leur sécurité financière, mais encore plus par leur santé physique, recherchant des produits durables et des rabais, ayant de mauvaises habitudes en matière de santé (embonpoint, forte proportion de fumeurs);
  • les inquiets (21%) – pessimistes sur le plan financier et par rapport à leur apparence physique, désirant trouver des produits pouvant les aider à rajeunir mentalement et physiquement, éprouvant le sentiment d’une baisse d’énergie, à la recherche d’un bon rapport qualité-prix, ressentant le besoin d’améliorer leur alimentation.

Une clientèle «branchée»

Aux États-Unis, parmi les 50-58 ans:

  • 62% ont accès à Internet. De ce nombre, 75% lisent les nouvelles en ligne et 55% recherchent de l’information.
  • 76% utilisent un ordinateur sur une base régulière (Pew Internet & American Life Project).

Au Québec, chez les 45-54 ans:

  • 55,4% utilisent Internet hebdomadairement (Cefrio).

Les baby-boomers qui voyagent

Aux États-Unis, les boomers voyagent plus et dépensent plus que toute autre catégorie d’âge:

  • 44% du total des voyages, soit 241 millions de voyages en 2002.
  • 491 $US par voyage, excluant le transport (Travel Industry Association of America).

En France:

  • 48,7% des quinquagénaires français pensent d’abord aux voyages pour dépenser leur argent, contre seulement 40,3% de la moyenne nationale (INsee et le magazine Notre Temps).

Les produits touristiques convoités

  • Croissance du marché haut de gamme.
  • Délaissement graduel des voyages dans le Sud et dans les centres de villégiature pour des produits plus «aventureux» et écotouristiques (observation de la faune au Costa Rica, voyage à Irkutsk à bord du Transsibérien).
  • Augmentation de la demande pour les croisières et diversification de ce produit – plus petits bateaux offrant des voyages de qualité à des groupes restreints.
  • Forfaits et vacances sur mesure en demande.
  • Accroissement des activités passives (golf, marche, ornithologie…) et culturelles.
  • Recherche de destinations sécuritaires.
  • Intensification des déplacements dans les pays de proximité.
  • Hausse des voyages en autocar pour ceux qui aiment se dégager de toute responsabilité et se faire dorloter – itinéraires à faible kilométrage qui permettent de découvrir certaines régions en profondeur ou encore des tournées dans des pays peu connus.

Une croissance qui aura sûrement des ratés

La courbe de croissance anticipée des voyages des baby-boomers nécessitera une révision. Alors que l’on n’en aura que pour cette clientèle, plusieurs prendront une retraite à temps partiel ou progressive, d’autres repousseront l’âge de la retraite ou jouiront de moyens financiers moindres qu’espérés, en raison des facteurs suivants:

  • l’importante baisse de performance des fonds de pension, due à la chute de la valeur boursière et à des taux d’intérêt peu élevés;
  • la disproportion retraités/travailleurs qui s’accroît sans cesse – l’argent sort plus rapidement des fonds de retraite qu’il n’y entre, car il y a moins de travailleurs pour les alimenter;
  • les scandales de gouvernance ayant affecté plusieurs grandes compagnies et compromis le régime de retraite des employés;
  • le report éventuel de l’âge officiel de la retraite;
  • la sollicitation grandissante des personnes pour rester en poste en raison de leur expérience;
  • le retour au travail de gens qui touchent déjà une prestation de retraite.

L’espérance de vie étant accrue, ils doivent échelonner leurs revenus de retraite sur un plus grand nombre d’années, ce qui réduit leur rente annuelle. Nombreux sont ceux qui craignent que leur fonds de retraite ne s’épuise avant la fin…

Sources:
– 50+ Communication Marketing. «Une étude marketing sur le marché des baby-boomers et des personnes âgées», communiqué de presse, 28 avril 2004.
– La Presse canadienne. «Les baby-boomers rêvent maintenant d’une retraite progressive», 16 février 2004.
– Research ALERT. «Leading-Edge Boomers Approach Senior Status, Changing the Face of Aging», vol. 22, no 8, 16 avril 2004.
– Sarrasin, Bruno et Guy-Joffroy Lord. «L’évolution du tourisme international : une analyse prospective à l’horizon 2010», Téoros, automne 2003, p. 5-9.

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Mode d’emploi du tourisme rose

Les gais et lesbiennes sont de grands voyageurs : aux États-Unis, 84 % détiennent un passeport. Selon l’International Gay and Lesbian Travel Association (IGLTA), 97 % des gais et lesbiennes américains prennent des vacances. Plus des deux tiers prennent au moins trois périodes de vacances chaque année. Fait intéressant, cette clientèle demeure presque insensible aux menaces terroristes et épidémiques (SRAS), leurs intentions de voyages restant inchangées. Mais il faut casser un mythe : les gais et les lesbiennes ne voyagent pas de la même façon.

On sort du placard

Toute destination ne saurait négliger l’opportunité de courtiser ce lucratif segment de clientèle. Bien qu’il soit difficile à évaluer, l’IGLTA estime son apport aux États-unis à plus de 54 milliards de $ US, soit 10 % de l’industrie touristique. Généralement sans enfants, les gais et lesbiennes profitent d’un revenu discrétionnaire plus élevé que la moyenne, qu’ils consacrent en grande partie aux loisirs. Environ la moitié (53 %) dépensent plus de 5 000 $ pour leurs vacances. Plusieurs destinations accordent une attention particulière aux gais et lesbiennes dans leur stratégie marketing. Les métropoles les plus courues étant Berlin, San Francisco, New York, Melbourne et Montréal.

Plus de 76 % disposent d’un revenu supérieur à la moyenne américaine. Ce sont des professionnels, majoritairement des hauts gestionnaires, qui sont plus souvent locataires que propriétaires. Environ 67 % d’entre eux sont membres d’un programme de fidélisation d’un transporteur aérien.

Les produits et activités de prédilection sont :

  • les grandes villes
  • les lieux d’animation nocturnes
  • les grands événements festifs
  • les films et les musées
  • les croisières
  • le nudisme et le naturisme
  • les plages
  • les bons restaurants

Montréal fait bonne figure sur ce marché, en raison notamment de la popularité de son Village gai, du festival Black & Blue et de l’événement Divers/Cité qui bénéficient d’une importante notoriété auprès de cette communauté. Tourisme Montréal estime à 200 millions de dollars les dépenses liées au tourisme rose à Montréal.

Ne pas mettre gais et lesbiennes dans le même panier

Le comportement de voyage des gais diffère de celui des lesbiennes. Ces dernières voyagent autant que les hétérosexuels, alors que les gais le font à une fréquence beaucoup plus élevée. Le choix des destinations diffère également. Les gais optent pour des lieux où l’on n’est pas surpris ou choqué de les voir ensemble. Les lesbiennes attachent moins d’importance à ce critère. Elles préfèrent les voyages dans les régions plus rurales et recherchent l’aventure douce. Tant les gais que les lesbiennes ne recherchent pas nécessairement des endroits exclusifs aux homosexuels.

Quelle recette utiliser ?

Il n’y a pas de formule magique pour courtiser ce créneau de clientèle particulier. Les statistiques officielles du Print Measurement Bureau, organisme d’enquête, établissent à 1,1 % la proportion canadienne officielle de gais et lesbiennes, alors que les experts l’estiment plutôt à 5 ou 6 %. On doit en conclure qu’une part importante des gais et lesbiennes préfèrent demeurer discrets sur cet aspect de leur vie privée.

Les intervenants touristiques désirant s’afficher gay friendly doivent combiner ouverture d’esprit de leur personnel et totale discrétion sur les agissements de leur clientèle. Les employés à l’accueil doivent éviter les présomptions en proposant, par exemple, une chambre avec deux lits séparés à deux hommes qui s’enregistrent. Certaines mesures particulières peuvent également être adoptées. En Europe, on segmente à l’occasion les plages afin de diviser les catégories de clientèles. Les familles s’installent à l’entrée, les familles nudistes un peu plus loin et finalement les gais et lesbiennes à l’extrémité.

Des placements publicitaires à l’intérieur de revues ciblées constituent une stratégie gagnante pour attirer leur attention. Plus de 43 % d’entre eux sont des lecteurs assidus de magazines. Les revues Fugues, The Guide, Passport, le guide Spartakus de même que le site Internet netgai.com sont autant de canaux spécialisés d’intérêt pour les rejoindre directement. Les efforts consentis peuvent rapporter des dividendes à long terme, cette clientèle étant réputée pour sa fidélité envers les entreprises démontrant un intérêt face à leur communauté.

Sources :
– Community Marketing, Inc. CMI’s Gay & Lesbian Travel Profile, Gay & Lesbian Travel Surveys, 2003.
– Zoe Aster, Andrea. « Defining pink consumers », Marketing Magazine, 19 avril 2004.
– Perron, Alexandra. « L’or rose voyage », Le Soleil, Voyages, 14 février 2004.
– Tourisme Montréal. Le tourisme gai et lesbien nord-américain, octobre 2002.

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Un sac à dos avec un petit drapeau aux couleurs du pays, les jeunes canadiens voyagent!

Une récente étude intitulée «Youth Tourism in Canada: A Situational Analysis of an Overlooked Market», commandée par le Youth Tourism Consortium of Canada (YTCC) indique que les jeunes canadiens qui voyagent représentent un segment en développement. Au vu des résultats de cette analyse, l’association suggère que le Canada devrait se préparer à cette augmentation.

Le YTCC définit le jeune comme étant âgé de 10 à 30 ans, voyageant seul, en famille ou en groupe, durant un voyage d’au moins une nuitée.

Les jeunes qui voyagent ne représentent pas un phénomène nouveau. Depuis toujours, les jeunes voyagent en famille, en groupes ou par leurs propres moyens. Ce segment de marché a cependant commencé à croître significativement après la Seconde Guerre mondiale, soutenu par les échanges culturels.

Portrait du jeune qui voyage

L’étude propose un portrait type de l’étudiant voyageur, seul ou en groupe.

Portrait des voyageurs de groupe

Le YTCC définit le voyage de groupe comme un étant composé de six personnes et plus. Cette section se divise entre cadre scolaire et non scolaire.

Selon l’étude, le profil des jeunes voyageant en groupe se décline comme suit :

Destinations privilégiées

Selon une étude conduite par l’UQAM pour Tourisme Jeunesse, les cinq destinations internationales préférées des jeunes canadiens sont : l’Australie, la France, la Nouvelle-Zélande, la Thaïlande et le Royaume-Uni.

La Nouvelle Zélande et le Royaume-Uni attirent également un grand nombre de jeunes voyageurs avec des campagnes promotionnelles ciblées et concentrées sur l’aventure extérieure, la culture, le patrimoine et l’amusement. Le logement y est accessible et peu coûteux.

La France, elle, favorise avec succès des expériences culturelles et des hôtels bon marché. La Thaïlande fait également des efforts pour se vendre comme une destination sûre pour les jeunes et a commencé à encourager les groupes d’étudiants organisés à venir s’imprégner de la culture thaïlandaise et participer à des conférences ou autres grands événements spéciaux.

De nombreux experts considèrent l’Allemagne, les États-Unis et le Canada comme des destinations importantes. Cependant, aucun de ces pays n’est connu pour avoir organisé des campagnes promotionnelles visant spécifiquement la jeunesse.

À ces pays s’ajoutent maintenant d’autres destinations, faisant concurrence avec le Canada, comme le Brésil et le Costa Rica.

Barrières au succès

L’étude du YTTC conclut cependant que l’industrie des voyages destinés aux jeunes est encore mal comprise. L’industrie canadienne du tourisme doit identifier ce créneau comme un segment distinct et important. Elle doit donc prendre des mesures efficaces pour développer ce potentiel.

L’industrie doit chercher à comprendre les modèles de voyage des jeunes tant au pays qu’à l’international. Le Canada doit « agressivement » s’imposer comme destination principale.

Les personnes intéressée par le rapport du YTTC peuvent le télécharger en format pdf à l’adresse Web suivante : http://www.syta.org/uploads/Stat-Research/YTCCSituationalAnalysis.pdf

Sources :
– «Youth Tourism in Canada: A Situational Analysis of an Overlooked Market», Youth Tourism Consortium of Canada (YTCC), mars 2004.
– «Youth Travel booming», CCT, 19 avril 2004.
– Désiront, André. «Les voyages forment la jeunesse», La Presse, 14 avril 2004.
– Huard, Hélène et Bruno Sarrasin. «Le tourisme des jeunes : Les principaux pays promoteurs du tourisme des jeunes», Département d’études urbaines et touristiques, École des sciences de la gestion, Université du Québec à Montréal (UQAM), janvier 2003.

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Bref portrait des cyclistes et cyclotouristes au Québec

Une étude publiée en mars 2003 pour le compte de Vélo Québec présente six types d’usagers du réseau cyclable québécois. Cette catégorisation tient compte de la provenance des cyclistes, du nombre de sorties à vélo réalisées par année et des dépenses moyennes engagées par randonnée.

Voici une brève présentation de ces cyclistes:

1. le riverain
2. l’excursionniste québécois
3. le cyclotouriste vacancier québécois
4. le cyclotouriste sportif québécois
5. le cyclotouriste vacancier provenant de l’extérieur du Québec
6. et enfin, le cyclotouriste sportif provenant de l’extérieur du Québec

Le riverain

Habitant à proximité de la Route verte, le riverain s’avère un important utilisateur du réseau québécois de pistes cyclables. Selon l’enquête L’état du vélo au Québec en 2000, 27% des cyclistes fréquentent la Route verte. Cela représente 700 000 personnes. L’on estime à cinq par saison le nombre de sorties à vélo des riverains, soit une moyenne d’une randonnée par mois, de mai à septembre.

Bien que la dépense par personne et par randonnée soit peu élevée (7$), les riverains sont nombreux et fréquentent le réseau à plusieurs reprises durant la saison. Leurs dépenses sont ainsi évaluées à 24,5 millions $, la dépense moyenne par riverain étant répartie comme suit:

  • alimentation – 4,5$ (66%)
  • loisirs et divertissement – 0,50$ (11%)
  • achat d’autres biens et services – 2$ (23%)

L’excursionniste québécois

Selon un sondage publié en 1998 dans Vélo Mag, le nombre d’excursionnistes (cyclistes qui prennent leur voiture pour aller faire une randonnée de vélo à plus de 80 km de leur domicile) atteindrait environ 750 000.

Nous leur attribuons également au moins 5 sorties à vélo durant la saison et une dépense moyenne de 25$ par sortie. L’excursionniste arrive au quatrième rang en matière de dépenses totales reliées à la pratique du vélo sur la Route verte, soit près de 5% du total des dépenses.

Leurs dépenses sont évaluées à 9 millions $, leur dépense moyenne étant répartie comme suit:

  • alimentation – 11$ (45%);
  • transport – 10$ (38%)
  • loisirs et divertissement – 2$ (7%)
  • achat d’autres biens et services – 2$ (10%)

Le cyclotouriste vacancier québécois

Il s’agit ici du touriste québécois qui, au cours de ses vacances, effectue au moins une randonnée à vélo.

Côté dépenses, le cyclotouriste vacancier québécois est responsable de moins de 10% des dépenses effectuées dans le cadre de l’utilisation de la Route verte. Au cours d’une randonnée, il débourse la même somme qu’un excursionniste, soit 25$. Les dépenses totales de ces cyclistes totalisent 18,8 millions $, la structure quotidienne s’établissant ainsi:

  • alimentation – 14$ (54%)
  • transport – 6$ (25%)
  • loisirs et divertissement – 2$ (9%)
  • achat d’autres biens et services – 3$ (12%)

Le cyclotouriste sportif québécois

Le cyclotouriste sportif québécois effectue des sorties à vélo d’une durée moyenne de trois jours, selon Tourisme Québec. Il constitue la clientèle la plus importante en termes de dépenses totales. Ces dernières représentent plus de 57% de toutes les dépenses des utilisateurs de la Route verte.

Ses dépenses totales s’élèvent à 109 millions $, ses dépenses moyennes par voyage étant réparties comme suit:

  • hébergement – 40$ (36%)
  • alimentation – 30$ (27%)
  • transport – 24$ (21%)
  • loisirs et divertissement – 13$ (12%)
  • achat d’autres biens et services – 5$ (4%)

Le cyclotouriste vacancier provenant de l’extérieur du Québec

De nombreux touristes provenant de l’extérieur du Québec pratiquent la bicyclette lors de leur séjour ici. Pour ces voyageurs, le vélo représente l’une des activités de vacances, et non le motif principal de leur voyage.

On évalue cette clientèle à environ 140 000 touristes, à qui l’on attribue une dépense moyenne reliée de 25$. Comme le vélo ne constitue pas, pour la majorité d’entre eux, la motivation première dans le choix de leur destination, nous excluons la dépense liée à l’hébergement. Leurs dépenses annuelles s’élèvent donc à 3,4 millions $, la structure des dépenses unitaires reliées à l’activité se répartissant ainsi:

  • alimentation – 14$ (54%)
  • transport – 6$ (25%)
  • loisirs et divertissement – 2$ (9%)
  • achat d’autres biens et services – 3$ (12%)

Et enfin, le cyclotouriste sportif provenant de l’extérieur du Québec

Les données concernant cette clientèle sont plutôt limitées, mais l’on dénombre plus de 245 000 touristes en provenance des États-Unis (excluant ceux dont le motif est le séjour urbain), pendant le troisième trimestre (soit de juillet à septembre), à des fins d’agrément.

Selon certaines études spécialisées du Maine Department of Transportation, combinées aux données de Statistique Canada, on évalue ainsi à près de 250 le nombre d’Américains ayant fait du cyclotourisme sportif au Québec en 2000. En tenant compte d’une durée moyenne de séjour de 3,5 nuitées, soit 4 journées, et d’une dépense moyenne quotidienne de 116$, leurs dépenses totales s’élèvent à 1,3 million $.

La structure des dépenses s’illustre comme suit:

  • hébergement – 44$ (38%)
  • alimentation – 30$ (26%)
  • transport – 17$ (15%)
  • loisirs et divertissement – 13$ (11%)
  • achat d’autres biens et services – 12$ (10%)

Voir aussi

Vélo Québec

Sources:
– UQAM, Chaire de tourisme. «Les retombées économiques de la Route verte», [http://www.routeverte.com/fr/projet/RetEconRV2003.pdf], mars 2003.
– Statistique Canada. «Enquête sur les dépenses des ménages», 2001.
– Vélo Québec. «L’état du vélo au Québec en 2000», 2001.

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Industrie du voyage d’affaires: les grandes tendances technologiques pour les 5 prochaines années à venir

Une étude du groupe britannique EIBTM (European Incentive, Business Travel & Meetings Exhibition) révèle les différentes technologies et les tendances induites dans le secteur du voyage d’affaires et des congrès pour les cinq prochaines années.

Ce sont:

  • l’évolution des ordinateurs, toujours plus petits et plus rapides;
  • la téléphonie mobile (Wi-Fi, Bluetooth, …), qui intégrera des fonctionnalités d’Internet à large bande et autres services de plus en plus sophistiqués, pour le plus grand bonheur des voyageurs d’affaires: système de navigation intégré aux véhicules automobiles, le Wi-Fi (Wireless Fidelity) à bord des trains et des avions, accès Internet large bande sans fil dans les lieux publics et hôtels/restaurants, etc.;
  • la convergence entre les assistants personnels (PDA) et les téléphones mobiles;
  • le développement de la technologie de transmission de la voix sur Internet (Voice over IP ou technique permettant d’intégrer des messages vocaux aux données transmises par paquets sur un réseau utilisant le protocole IP);
  • l’intégration d’Internet dans les systèmes de distribution, encore timide aujourd’hui, sera généralisée d’ici 10 ans. Selon une étude d’IBM Business Consulting Services, la réservation en ligne devrait presque doubler de 2004 à 2007;
  • la dérégulation du marché des GDS (Global Distribution Systems: Galileo, Worldspan, Sabre et Amadeus) prévue en 2005 devrait faire levier sur la concurrence et la compétitivité et obliger les acteurs de cette industrie à diversifier leurs sources de revenus en s’impliquant dans de nouveaux produits et services.
  • l’intégration d’Internet dans un but de promotion: de nouvelles applications verront le jour, permettant, par exemple, le développement de la photographie panoramique, des images en trois dimensions, la téléconférence, l’envoi de courriels personnalisés, de courriels intégrant le son et/ou la vidéo… Celles-ci remplaceront facilement les brochures publicitaires papiers, du fait de leur disponibilité, interactivité et du coût de leur production;
  • le développement d’une pléthore de sites Web permettant la recherche dans des bases de données de séminaires et conférences et mettant à la disposition des personnes intéressées, des plans de salles interactifs, des menus, des programmes, etc.;
  • l’identification par fréquence radio (Radio Frequency Identification): selon Rob Davidson, dans le secteur des congrès et séminaires tout particulièrement, la technologie d’identification par fréquence radio (RFI) devrait progressivement remplacer les codes à barres (lecture optique) sur les badges des visiteurs, par exemple;
  • la naissance de nouvelles plateformes mobiles pour l’industrie des conférences (exemple, les systèmes d’exploitation Palm OS ou PocketPC, ou encore des systèmes de collaboration à distance permettant à des personnes de suivre une conférence à distance et d’y participer via son assistant personnel, son téléphone cellulaire ou son ordinateur portable);
  • le renforcement des systèmes de sécurité: la sécurité sera renforcée par des mesures biométriques combinées, comme la reconnaissance faciale, de l’iris et des empreintes digitales… en plus de la présentation du visa ou du passeport, qui lui aussi, sera entièrement numérisé.

Sources :
– Davidson, Rob. «Technology and Travel, March 2004», EIBTM, octobre 2003.

Sur le Web:
– Stratégies Télécom et Multimedia – http://www.strategiestm.com

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Hébergement Segments de clientèles

L’hôtellerie doit faire des efforts pour s’adapter et satisfaire la clientèle senior

Aujourd’hui, d’après les statistiques officielles du US Census Bureau, 60 millions d’Américains (soit 28 % de la population adulte) ont plus de 55 ans. Mais la majorité des hôtels ne parviennent pas à adapter leurs services aux attentes de ceux-ci, perdant ainsi une clientèle de plus en plus précieuse et représentative du touriste de demain. D’autres secteurs industriels semblent pourtant avoir compris le message, comme l’industrie automobile et de la construction, qui s’adaptent aux nouvelles exigences de consommation.

Dans un article très ironique, publié le 15 mars dernier dans la revue Hotel & Motel Management, Anthony Marshall, doyen de la Florida International University, se laisse aller à certains sarcasmes sur des évidences qui semblent avoir échappé à l’industrie hôtelière. Il y décrit de nombreuses incongruités du système et déplore :

  • la « trop » jeune composition des comités exécutifs et des employés des hôtels, qui ne comprennent pas l’importance et les besoins spécifiques de la clientèle senior;
  • le manque de service vis-à-vis, par exemple, du transport des bagages lourds, depuis l’entrée jusque dans les couloirs et étages;
  • le manque d’éclairage;
  • des consignes d’instruction de sécurité (politique d’évacuation et autres mesures de secours, entre autre) écrits en caractères minuscules;
  • des cruches et pichets trop lourds, sur les tables;
  • la trop grande familiarité (lire la sénilisation) des contacts humains;
  • etc.

Certaines adaptations/améliorations sont cependant faciles et peu coûteuses, comme :

  • l’installation de planchers antidérapants (salles de bains, etc.);
  • un meilleur éclairage intérieur et extérieur, ainsi que des lumières de type « veilleuses »;
  • un réveille-matin qui ne demande pas l’intervention d’un informaticien;
  • des prises électriques accessibles;
  • sans oublier du personnel mieux formé et plus serviable.

Le touriste senior est un client difficile mais très rentable, du fait de son niveau de vie plus élevé que la moyenne de la population.

Sources :
– « États-Unis – L’hôtellerie a des progrès à faire afin de satisfaire la clientèle senior », Senior Actu (France), 14 avril 2004.
– Benoit, Jacques. « Tourisme : la manne des baby-boomers », La Presse, 2 avril 2004.
– Marshall, Anthony. « Gray matters: How to profit from an aging marketplace », Hotel & Motel Management, 15 mars 2004.

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Segments de clientèles Tendances

Vision prospective des experts

À l’occasion, des experts de l’industrie touristique sont interpellés afin de partager leur vision des prochains grands changements à anticiper dans un avenir rapproché. Nous avons rassemblé quelques-unes de ces grandes tendances. Ces constats concernent le tourisme mondial dans son ensemble, certains s’avèrent plus structurants et pratiquement inévitables, alors que d’autres font appel à l’intuition de ces visionnaires.

Offre touristique et destinations

  • À l’instar des agences de voyages traditionnelles, les agences en ligne introduiront des frais de service.
  • L’écart, en termes de services offerts, entre les transporteurs réguliers et les transporteurs à tarifs réduits est appelé à se creuser.
  • Les croisières deviendront de véritables centres de divertissement flottants et de plus en plus abordables (à l’image des Center Parcs).
  • On verra davantage de vacances court séjour long-courrier à prix abordables, où l’on commercialisera par exemple un long week-end en Europe ou une semaine en Australie.
  • On assistera à une segmentation des vacances à la plage qui distinguera les plages paisibles (cellulaire interdit, par exemple) de celles consacrées à la famille, aux festivités ou aux activités de loisirs.
  • De nouvelles destinations émergeront de façon spectaculaire, où le Qatar succèdera aux îles Canaries, Ljubljana (Slovénie) à Prague, la Slovaquie à la Nouvelle-Zélande et où le Brésil est appelé à devenir la prochaine destination du tourisme de masse.
  • La Route de la Soie et la Chine, d’abord découvertes par les touristes d’aventure, figureront parmi les destinations les plus fréquentées.

Clientèles

  • On assiste à l’arrivée d’un consommateur hybride qui combine, par exemple, une nuit dans un 5 étoiles avec un vol low cost et lunch dans un fast food et un souper gastronomique au cours du même voyage.
  • Le do-it-yourself holiday gagnera en popularité alors que les consommateurs sont de plus en plus confiants à réserver sur Internet, ce qui favorisera la popularité du Dynamic Packaging.
  • Les transporteurs à tarifs réduits cibleront les voyageurs d’affaires de manière encore plus énergique.
  • Il y aura une croissance du nombre de voyageurs seuls qui adopteront un processus de décision plus spontané.
  • Il faudra s’adapter à la présence d’une clientèle âgée de plus de 50 ans qui se comportera comme une clientèle jeune.
  • La clientèle voudra pouvoir effectuer un tour virtuel de ses vacances avant de partir.
  • Mieux informés, les voyageurs seront plus exigeants en termes de qualité des services.
  • Les voyageurs deviendront de plus en plus habitués aux situations de crises et deviendront de moins en moins influencés par celles-ci.
  • Grâce à des fonctionnalités de personnalisation, les forfaits pour le voyageur individuel devront refléter ses intérêts personnels.

Sources :
– Thomson. «The Thomson Future Holiday Forum», 2004.
– Jarrett, Ian. «Travel Weekly’s hottest news predictions for 2004», février 2004.
– IPK International. «World Travel Trends 2003-2004», 10 novembre 2003.

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Segments de clientèles

Le voyage d’affaires, un segment de marché en mutation

Les voyages d’affaires constituent depuis longtemps la manne de l’industrie touristique en raison de la faible sensibilité au prix des voyageurs. Mais depuis les dernières années, le facteur « prix » est devenu une préoccupation.

Les voyages d’affaires montrent actuellement des signes de reprise. Mais les voyageurs ont modifié leur comportement; ils présentent de plus en plus de similarité avec le touriste d’agrément. Ils sont désormais plus enclins à parler de l’aubaine qu’ils ont dénichée que des prix faramineux déboursés.

Qu’est-ce qui a changé ?

  • Le « prix » devient une préoccupation.

    Désormais, les voyageurs d’affaires sont sensibles au prix et le sentiment « d’en avoir pour son argent » devient important. Ils orienteront leurs choix selon le type de service offert et le rapport qualité/prix.

  • Les conditions économiques sont plus déterminantes que les facteurs géopolitiques ou liés à la santé.

    Bien que la guerre en Irak et le SRAS aient eu un effet négatif sur les voyages d’affaires, la situation économique demeure le principal facteur conditionnant la croissance de ce type de voyages.

  • Resserrement des politiques relatives aux voyages d’affaires dans les entreprises.

    La révision des politiques se traduit de multiples façons :

    • la limitation du nombre de voyages;
    • la réduction de la durée du séjour;
    • la diminution des dépenses et des allocations;
    • la baisse du niveau de prestation des services (transporteurs à tarifs réduits, hôtel de classe intermédiaire, etc.);
    • l’utilisation de systèmes de réservations en ligne;
    • une plus grande utilisation de la vidéoconférence ou de tout autre forme de communication.

Utilisation croissante des transporteurs à tarifs réduits, des hôtels de classe intermédiaire et des réservations en ligne

Les voyageurs d’affaires sont maintenant plus réticents à payer un prix élevé pour les services offerts par les transporteurs réguliers. Ils jugent que le coût du billet des transporteurs à tarifs réduits justifie amplement l’écart dans le service. On observe une importante hausse d’achat de billets non remboursables en cas d’annulation. Bien que les transporteurs à tarifs réduits livrent une concurrence énergique sur le marché de la clientèle d’affaires, la connectivité, la fréquence des vols et la proximité des aéroports des grands centres économiques continuent de favoriser les transporteurs réguliers.

Les gestionnaires des comptes de voyages rapportent une demande croissante pour les hôtels de classe intermédiaire. La localisation de l’hôtel demeure une priorité dans le choix de l’établissement.

Cherchant un moyen de réduire leurs dépenses, les entreprises, et plus particulièrement les voyageurs d’affaires individuels, se sont tournés vers les réservations en ligne. Les grandes agences gérant les comptes corporatifs développent même des outils qui facilitent la réservation par leurs clients. Il faut cependant souligner qu’Internet est loin de détrôner les agences.

S’adapter à cette nouvelle réalité

Pour les entreprises touristiques, cette nouvelle situation exigera :

  • la création de produits adaptés aux besoins de ces voyageurs, non plus une classe affaires mais une version surclassée de la section économique, du style « je ne me retrouve pas dans la queue de l’avion » et plus d’espace pour les jambes;
  • une offre de services pouvant faciliter leurs déplacements, par exemple un service de navette entre l’aéroport et l’hôtel;
  • la simplification de la structure tarifaire;
  • une meilleure promotion des avantages.

Verra-t-on le retour des années fastes où les voyageurs d’affaires dépensaient sans compter ? Peu probable ! L’ère du compte de dépenses sans limites est révolue. Même s’il reste un segment de clientèle haut de gamme, c’est dans la classe intermédiaire que se concentrera la demande dans les prochaines années.

Sources :
– Commission canadienne du tourisme. Bulletin de renseignements sur le tourisme, no 20, janvier 2004.
– Hospitality News Resource. « What Business Travelers Want » [www.hotelnewsresource.com], 20 octobre 2003.
– Runzheimer International. « Travel Industry Spending Forecast 2003 ».
– Stroud, Toni. « Hope’s stirring for a business travel rebound », Chicago Tribune, 28 septembre 2003.
– Études réalisées par la National Business Travel Association et PhoCusWright.