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La consommation collaborative: une révolution par le partage?

Consommer différemment

L’insatisfaction liée à la consommation traditionnelle a poussé certaines personnes à réfléchir sur de nouvelles façons de subvenir à leurs besoins. Les conséquences de la surconsommation – sa lourde empreinte environnementale, notamment –, mais aussi les effets de la crise sont certainement des facteurs clés dans ce mouvement vers une utilisation partagée des biens qui, par le fait même, deviennent des services.

«Utiliser» plutôt que «posséder», voilà l’idée véhiculée par le concept de la consommation collaborative. On observe aussi une culture de la «bonne affaire». Ce n’est plus ce que nous possédons qui compte, mais plutôt notre capacité à dénicher des bons plans.

Des plateformes de toutes sortes

Le concept des plateformes collaboratives croît à vitesse grand V. La technologie mobile, Internet, les réseaux sociaux et les possibilités de géolocalisation mettent en relation ceux qui offrent et ceux qui cherchent.

Les réseaux se multiplient et se segmentent selon les motivations et les clientèles: covoiturer pour assister à un événement culturel ou pour aller faire du ski, ou encore louer un appartement s’adressant à la communauté gaie (Misterbnb). Cette consommation collaborative touche une grande variété de secteurs. On partage des biens entre voisins (Street Bank), des machines à laver (La machine du Voisin); on échange même le contenu de sa garde-robe (pretachanger.fr).

Des réseaux à succès

La plateforme communautaire Airbnb, qui fait les manchettes ces temps-ci parce qu’elle soulève des enjeux de légitimité, a été créée à San Francisco en 2008. Elle rassemble aujourd’hui plus de 300 000 offres de logements uniques à travers 34 000 villes du monde. Le particulier peut y offrir une chambre et accueillir les voyageurs, ou louer sa maison pendant son absence (lire aussi: La location de propriété en ligne bouleverse l’hôtellerie traditionnelle).

Plus de dix millions de nuitées ont été réservées sur ce site Web, qui fait office d’intermédiaire entre le loueur et le visiteur. Née de la nécessité des fondateurs de trouver des revenus pour payer leur loyer élevé, l’entreprise Airbnb constitue aujourd’hui la référence en matière de succès de commerce du partage ou de consommation collaborative. Néanmoins, ce type de formule s’attire les foudres de certains acteurs de l’industrie touristique et hôtelière qui y voient notamment une absence de standards de qualité pour la clientèle touristique et une concurrence illégale.

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 Source: Airbnb.ca

Zipcar, le plus grand réseau d’autopartage au monde, regroupe 767 000 membres pour une flotte de 10 000 véhicules répartis dans 20 zones métropolitaines et 300 campus universitaires. L’entreprise est présente dans 11 aéroports nord-américains, permettant ainsi aux membres de recourir à cette formule lorsqu’ils voyagent dans les villes desservies (lire aussi: Un concentré d’innovations et une dose de provocation).

BlaBlaCar est un réseau de covoiturage européen qui met en relation les automobilistes et les passagers à la recherche d’un siège. Il est présent dans 10 pays et rassemble aujourd’hui 3 millions de membres, dont 600 000 y ont recours tous les mois.

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Source: BlaBlaCar

De nouvelles plateformes de partage et de location de particulier à particulier voient le jour pratiquement chaque semaine. Il existe certainement un mouvement de masse vers une forme alternative de consommation, et le Québec n’est pas en reste. Des initiatives à succès comme AmigoExpress et Communauto (lire aussi: La location de voiture: l’éclatement du modèle d’affaires), ou encore les nombreuses plateformes Web qui permettent aux particuliers d’échanger leurs biens et services, comme LesPAC et Kijiji, démontrent l’intérêt des Québécois pour la consommation collaborative.

À la recherche d’authenticité

Comme le présente Loïc Le Meur, organisateur de la conférence technologique LeWeb, la jeune génération d’adultes grandit avec de nouvelles valeurs en matière de consommation. Ils croient notamment:

  • en l’authenticité;
  • en la durabilité;
  • que «faire le bien fait du bien»;
  • au partage avec la communauté;
  • en la création collective;
  • au financement collectif;
  • que «c’est l’avidité qui est mauvaise, pas l’argent».

Monsieur Le Meur définit aussi l’état d’esprit du nouveau consommateur. Que ce dernier soit jeune ou moins jeune, des mots clés reviennent dans sa façon de se procurer des biens et services:

  • simplicité;
  • traçabilité et transparence;
  • communauté;
  • participation;
  • collaboration.

La consommation touristique embrasse cette tendance. Le touriste y voit une façon de voyager plus économique, plus authentique, plus locale et qui se situe hors des sentiers battus. Le site de réservation Onefinestay, lui, propose de vivre un séjour comme un résident en louant une propriété et en lui offrant des applications pour mieux apprivoiser le quartier. Voilà une plus-value pour le touriste en quête d’immersion dans la culture locale (lire aussi: Découvrir la destination comme le ferait un résident).

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Source: Onefinestay

Un mouvement qui bouscule

Ces initiatives créent des remous dans l’offre traditionnelle. Certaines organisations, comme Euromonitor, se veulent rassurantes, alors que d’autres experts et entreprises sonnent l’alarme ou cherchent à s’adapter. C’est le cas de Hertz, l’entreprise de location de voiture qui a mis sur pied Hertz on demand, un service qui se rapproche de la location en libre-service. Il ne serait donc pas surprenant de voir les entreprises développer des modèles hybrides pour mieux répondre aux besoins de leurs clients, tout en maximisant l’utilisation des ressources lorsqu’elles sont inoccupées, tels les espaces communs dans les hôtels, par exemple.

Un autre enjeu de taille est celui de la réglementation. La location à court terme de résidences de particuliers doit se faire dans le respect de lois très restrictives, dans certains cas. Les réseaux de covoiturage ou de partage de voitures entre particuliers sont aussi parfois problématiques sous certaines juridictions. À San Francisco, le maire souhaitait assouplir ce système afin de favoriser le développement de cette nouvelle économie. Il a donc créé, en 2012, le Sharing Economy Working Group qui se penche sur ces défis pour protéger les consommateurs, les propriétaires qui offrent leurs biens et le voisinage, mais aussi sur la façon de collecter des taxes pour assurer un contrôle de ce nouveau mode de commerce.

Ainsi, ce mouvement de fond nécessitera certainement des ajustements de part et d’autre.

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Tendances

Découvrir la destination comme le ferait un résident

Rechercher une expérience authentique, rencontrer du «vrai monde», aller dans les lieux fréquentés par les résidents, découvrir leurs quartiers, leurs restaurants, explorer la destination comme le fait un habitant de l’endroit: voilà une tendance qui est appelée à prendre de l’ampleur grâce aux médias sociaux et au Web mobile. Les grandes villes, comme Montréal, engagent des blogueurs qui partagent leurs intérêts, leurs coups de cœur; le président de l’Islande invite les gens à déjeuner chez lui; Google propose aussi des lieux recommandés par les gens de la place; les initiatives sont diverses et très nombreuses.

Cette tendance à vouloir vivre des expériences comme le ferait un résident du lieu visité englobe plusieurs concepts. Mentionnons, entre autres, les voyages d’immersion pour apprendre une langue ou pour vivre une expérience de volontariat; ou encore le phénomène de couchsurfing (Lire aussi: CouchSurfing: profil d’une communauté virtuelle de voyage), cette communauté Web regroupant des hôtes à travers le monde qui mettent leur chambre d’ami ou leur divan à la disposition des couchsurfeurs. Soulignons aussi les principes du développement durable ainsi que ceux du slow travel qui, dans les deux cas, favorisent les rapprochements avec la communauté locale, sa culture, son économie. Mais voyons plutôt ici comment l’idée d’explorer une destination comme un résident est devenue courante.

Entrer en contact avec la population locale

L’idée de mettre en contact les voyageurs avec des gens de la place qui partageront leur amour de l’endroit ne date pas d’hier. À San Francisco, on fait appel à des bénévoles passionnés de leur ville depuis la fin des années 1970 pour offrir certains tours guidés à pied. Dans le même esprit, le Global Greeter Network rassemble des guides bénévoles de plusieurs villes à travers le monde, dont la mission consiste à accueillir chaleureusement le visiteur et à lui montrer la ville comme à un ami, avec ses spécificités, ses secrets bien gardés. Aujourd’hui, les médias sociaux permettent aux voyageurs d’entrer en contact avec des habitants de l’endroit bien avant leur départ afin de préparer leur séjour à l’aide de leurs suggestions.

Les blogues de voyageurs, d’experts, de journalistes ou encore de passionnés de leur région abondent. À titre d’exemple, Spotted by locals est une plateforme rassemblant des blogues, des guides touristiques de villes en format PDF et des applications iPhone choisies par des gens membres de la communauté locale à travers une quarantaine de villes européennes.Triptrotting.com met en contact voyageurs et hôtes aux intérêts et profils similaires qui souhaitent partager un repas ou une balade en ville (Lire aussi: L’influence des résidents).

Source: TRIPtrotting

Les organismes de gestion de la destination ont aussi emboîté le pas en créant, à leur tour, de tels blogues: The MontrealBuzz  (Tourisme Montréal), Explore Canada like a local (Commission canadienne du tourisme), Chicago Like a Local  (Chicago Convention &Tourism Bureau) et Portland Spoke (Travel Portland). Parmi les précurseurs, rappelons l’initiative d’Uwishunu  lancée par la Greater Philadelphia Tourism Marketing Corporation (lire aussi: Destinations 2.0: top tendance!).

Faire participer la population: le cas de l’Islande

À l’automne 2011, l’Islande lance une campagne promotionnelle entièrement axée sur la rencontre entre la population locale et les visiteurs. Le président du pays demande aux Islandais d’inviter les touristes chez eux, dans leur maison, pour y partager un repas, leur parler d’une spécialité ou encore pour aller découvrir ensemble un attrait. Le président lui-même lance la première invitation à sa résidence. Visionnez la vidéo qui a circulé à cet effet.

Le site Web Inspired by Iceland rassemble les invitations des Islandais et auxquelles répondent les visiteurs par Facebook (voir l’image ci-dessous).

Se loger et se nourrir comme un habitant de l’endroit

Cette tendance concerne des secteurs clés de l’industrie. Celui de l’hébergement voit une offre parallèle se développer avec les échanges de maisons et la location d’appartements sur des plateformes Web très efficaces (lire aussi: La location de propriétés en ligne bouleverse l’hôtellerie traditionnelle).

Les sites comme Onefinestay.com, à Londres, rassemblent des appartements et maisons de ville momentanément libres de leurs occupants et disponibles pour accueillir des visiteurs. Le message véhiculé est celui-ci: «Vivez la vie d’un Londonien le temps de quelques jours et quelques nuits.» Et l’offre s’organise, se structure, se raffine puisque dans ce cas-ci, chaque appartement comprend un iPhone laissé à l’intention des visiteurs et inclut une foule d’informations sur le quartier, les restaurants et les moyens de transport, ainsi que sur le fonctionnement des appareils du logement ou encore sur l’histoire de certains éléments décoratifs. Bref, tout est pensé pour que le visiteur prenne possession des lieux le temps de son séjour.

On assiste aussi à une prolifération de guides de restaurants de type LocalEats, qui offrent aux touristes un aperçu des restaurants fréquentés et appréciés par la population locale. Le site Google Places tire également parti de cette tendance en présentant les lieux recommandés par des gens de l’endroit. Pour l’instant, les commerces de six villes américaines profitent de cette vitrine sur Google.

Utiliser les technologies pour favoriser une approche plus humaine

Voyager pour entrer en contact avec la population locale est une composante importante du tourisme depuis toujours. Pensons aux gîtes et aux auberges ou encore aux séjours à la ferme. Avec les médias sociaux et les applications mobiles, les possibilités de créer des contacts ou encore de diffuser de l’information personnalisée explosent! Paradoxalement, les technologies sont au service d’une approche plus humaine, d’un contact plus authentique, plus intime avec la communauté d’accueil. Laissez-vous inspirer par ces nombreux exemples pour interpeller les voyageurs qui s’intéressent à la «vraie vie» à destination et surtout, donnez la parole à ceux qui l’habitent!

 

Sources :

– Bohrer, Isabel Eva. «The Local Experience», Multiview Travel, 19 octobre 2011.

– CTC News. «Travelling in Canada? Explore like a local», Commission canadienne du tourisme, 15 septembre 2011.

– Greenstein, Tracey. «10 best Apps For Travelling Like a Local», forbes.com, 19 décembre 2011.

– Holland, Herald. «Stay Smart», KLM’s inflight magazine, février 2011.

 

Sites Web :

Chicago Like a Local

Explore Canada like a local

Global Greeter network

Going local travel

Google City

Inspired by Iceland

Local Eats

Local Travel Movement

Onefinestay.com

Portland Spoke

San Francisco City Guides

Spotted by Locals

The Montréal Buzz

TRIPtrotting

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Hébergement Réseaux de distribution

La location de propriétés en ligne bouleverse l’hôtellerie traditionnelle

La location de propriétés de vacances est l’un des secteurs qui croît le plus rapidement sur le marché du voyage en ligne. Selon une estimation de HomeAway, les revenus se chiffrent à environ 50 milliards de dollars américains en Europe et aux États-Unis. Traditionnellement commercialisées par des agences spécialisées, ces locations ont envahi Internet ces dernières années sous un modèle d’affaires C2C (customer-to-customer), où le propriétaire est en contact direct avec le client. Loin d’être saturé, ce secteur ultrafragmenté est dynamisé par de nouveaux entrants qui stimulent fortement la croissance et concurrencent l’hôtellerie traditionnelle.

Une solution simple pour les particuliers

L’offre pour la location de propriétés de vacances en ligne se partage entre les particuliers et les agences immobilières. Selon une étude de PhoCusWright menée aux États-Unis en 2009, 56% des annonces sont gérées par les propriétaires.

Sur la plupart des sites C2C, les propriétaires versent une cotisation annuelle de l’ordre de quelques centaines de dollars, mais les clients n’ont aucuns frais d’adhésion à payer. Ce sont des locations de courte durée et les annonces sont diffusées de manière ponctuelle ou régulière. Du condo à la villa de luxe en passant par une simple chambre, les offres sont variées.

Pour le loueur, ces locations lui permettent de récolter un revenu supplémentaire afin de financer sa maison principale ou secondaire. Selon un sondage de HomeAway mené auprès de ses membres au premier trimestre de 2011, 48% des propriétaires de maisons secondaires financent 75% de leur hypothèque en louant leur maison, comparativement à 38% à la même période l’année dernière. Les propriétés affichées par HomeAway génèrent en moyenne 35 000 $ US par année en revenus de location.

De nombreux avantages pour les voyageurs

Ces offres se démarquent des autres types d’hébergement en proposant plus d’intimité et d’espace ainsi qu’en étant mieux adaptées pour les groupes et la clientèle familiale. Ce choix peut aussi s’avérer plus économique que l’hôtellerie traditionnelle.

HomeAway, le leader mondial

HomeAway gère 560 000 offres de particuliers et d’agences dans 120 pays, générant 9,5 millions de visiteurs uniques par mois sur ses sites Internet. Depuis sa création en 2005, le chiffre d’affaires de ce groupe augmente continuellement (40% en 2010). Sa stratégie de croissance est basée sur les acquisitions; il possède aujourd’hui 16 entreprises, dont les plus importantes sont Vacation Rentals by Owner (VRBO) et VacationRentals.

Face aux modèles d’affaires des nouveaux sites de location tels que AirBnB ou FlipKey de TripAdvisor, HomeAway améliore continuellement ses services. Il propose le paiement en ligne aux États-Unis, publie les avis des voyageurs et a créé une plateforme communautaire pour les propriétaires. Depuis 2010, il offre la possibilité pour les voyageurs de souscrire une assurance et commence à tester aux États-Unis l’achat-vente de résidences de vacances. Enfin, le groupe est connu pour réaliser des campagnes de promotion à caractère humoristique et a même créé le «Ministère de Detourism», qui incite les touristes à ne plus fréquenter les hôtels (mise à jour: cette initiative n’existe plus).

De nouveaux acteurs du Web 2.0 font de l’ombre à HomeAway

De nouveaux sites de locations entre particuliers, principalement en milieu urbain, visent des voyageurs avec des goûts et intérêts diversifiés.

Depuis sa création en 2008, le site AirBnB a généré 1,6 million de nuitées. Présent dans 13 000 villes de 182 pays, il ciblait d’abord les voyageurs à petits budgets recherchant une chambre à louer et a récemment étendu son offre à des maisons et à des appartements. On l’a conçu pour faciliter le processus de location aux voyageurs: aucune contribution monétaire pour diffuser une annonce, mise à jour régulière du calendrier des disponibilités, contrats de location et paiements gérés par le site. Tout comme les sites 9flats et misterbnb – ses pendants européens –, il joue le rôle d’intermédiaire entre le propriétaire et le client, et garde une commission de 10% sur chaque vente. Dans la lignée des sites communautaires, il est possible de consulter les commentaires des voyageurs et les profils des propriétaires. Ces derniers peuvent aussi publier leurs avis sur les personnes qu’ils ont accueillies. Voici une vidéo présentant ce nouveau concept:

http://www.youtube.com/watch?v=U1i9UFdW1g0&feature=player_embedded

AirBnB a ouvert la porte à d’autres sites communautaires. Roomorama permet aux clients de trier les offres selon les prestations disponibles (déjeuner, stationnement, salle d’entraînement, portier, etc.). Le site iStopOver propose un tri par évènement mondial (Coupe du monde de rugby en Nouvelle-Zélande, Jeux olympiques de 2012 à Londres). D’autres, comme Luxe Home Swap, surfent sur la tendance des échanges de maisons de luxe, et sur Localo, ce sont les propriétaires qui entrent en contact avec les internautes qui ont publié préalablement leurs demandes. Enfin, le nouveau site MetroGuest diffuse sur son blogue des vidéos de voyages, des récits et des conseils pour choisir une location. On constate une forte popularité sur ces sites, qui connaissent une croissance annuelle de 20% à 40%.

Source: roomorama.com

Source :istopover.com

La clientèle de ces sites communautaires est différente de celle présente sur des sites tels que HomeAway. Elle a tendance à réserver à la dernière minute, accorde beaucoup d’importance aux avis des internautes, dépense moins, réalise des séjours de courte durée et voyage seule ou en plus petit groupe.

Une activité encore embryonnaire au Québec

Une faible proportion des maisons secondaires sont louées sur les 16 millions recensées en Europe et aux États-Unis – on parle de 10% à 15% en France. Selon les données de PMB 2011, 424 000 personnes se déclarent propriétaires de maisons de vacances au Québec. Or seulement 4 939 offres sont inventoriées sur les trois principaux portails québécois (chaletsalouer.ca, chaletsauquebec.com et chaletsqc.ca) et on ne compte que 436 résidences à louer au Québec sur HomeAway.com.

Rappelons qu’au Québec, la Loi sur les établissements d’hébergement touristique exige des propriétaires qu’ils obtiennent une attestation de classification afin d’exploiter un hébergement touristique. Celle-ci présente plusieurs avantages, notamment l’inscription gratuite sur le site de bonjourquebec.com.

Les défis de la location de propriétés au Québec

Le modèle de location C2C gagne du terrain sur le Web, et le Québec n’échappe pas à cette tendance, surtout depuis l’apparition des unités de location en milieu urbain. Il contribue ainsi à l’éclatement du modèle traditionnel de l’hôtellerie en offrant de nouvelles possibilités aux consommateurs. Néanmoins, de nombreux obstacles ralentissent son déploiement. Par exemple, ces sites Internet sont encore très peu présents sur le réseau de distribution, limitant ainsi leur commercialisation, particulièrement auprès des marchés internationaux. Si l’on ajoute à cela la loi rendant obligatoire les attestations de classification, comment ces sites pourront-ils s’intégrer à l’offre touristique du Québec?

 

Sources:

– Connolly, Daniel J. et Douglas Quinby. «Vacation Rental Marketplace: poised for change», PhoCusWright, janvier 2009, 43 p.

– Cometik.blog. «Voyage 2.0, la nouvelle tendance?», Nouvelobs.com, 2 juin 2011.

– Home Away. «Q1 2011 Vacation Rental Marketplace Report», homeaway.com, 25 mai 2011.

– La rédaction. «Fabrice Grinda lance un site de location de vacances entre particuliers», journaldunet.com, 27 mai 2011.

– Le Gonidec, Agnès. «La location de vacances entre particuliers profite de la crise économique», journaldunet.com, 5 mai 2010.

– Print Measurement Bureau, 2011.

– Samiljan Tom. «The New World of Home Rental Websites», travelandleisure.com, 18 mai 2011.

– Strategos. «Nous sommes leaders mondiaux de la location C2C !», Strategos, no 46-47, printemps-été 2011.

– Tourism Review. «Professional: Holiday Home Rentals Going Online», tourism-review.com, février 2010.

– Yu, Roger. «As vacation rentals gain popularity, online sites increase listings», travel.usatoday.com, 9 mai 2011.

– Zhang, Ella. «As Vacation Home Sales Stall, Owners Turn to Renting», cnbc.com, 13 mai 2011.

 

Sites:

CITQ

locasun – VP

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Transport

La location de voiture: l’éclatement du modèle d’affaires

L’adoption de comportements plus écologiques nous amène à repenser notre rapport à l’automobile. Des initiatives sont nées de cette remise en question et transforment aujourd’hui le paysage de l’industrie automobile ainsi que celui de la location de voiture. Le covoiturage, les services d’autopartage, l’échange d’automobiles, la location de voitures hybrides ou encore entièrement électriques occupent de plus en plus de place dans ce marché. Les manières de louer une voiture pour une courte durée sont désormais nombreuses et diversifiées. Les possibilités touristiques aussi.

Concentration chez les grands joueurs

En 1999, on dénombrait neuf grandes entreprises de location de voiture en Amérique. Au cours des dix années qui ont suivi, une vague de concentration a réduit le nombre de joueurs. En 2009, ils étaient quatre: Avis-Budget, Hertz, Dollar-Thrifty et Enterprise Rent-A-Car. En janvier dernier, Avis-Budget négociait une entente visant à acquérir Dollar-Thrifty. Beaucoup d’entreprises indépendantes tirent aussi leur épingle du jeu par le phénomène de la longue traîne (long tail) (Lire aussi: Le voyage déploie sa long tail (compte rendu de conférence)). À titre d’exemple, le portail Web carrentalexpress.com propose quelque 300 agences de location indépendantes dans de nombreuses villes du monde.

Les Québécois et la location de voiture

Selon les données du Print Measurement Bureau (PMB) 2010, 433 000 Québécois ont loué une voiture pour un usage personnel et 155 000 pour affaires. Dans le premier cas, on observe une hausse de 44% par rapport aux données de 2005 (PMB 2005), alors qu’en ce qui concerne les locations pour affaires, on constate plutôt une baisse de 20%.

Comme l’indique le tableau suivant, les Québécois qui louent une voiture dans un but personnel le font pour la plupart (72%) une ou deux fois par année. La fréquence de location pour affaires est beaucoup plus élevée: 45% le font au moins trois fois par année.

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Mais ces données concernent la location de voiture dans son sens traditionnel alors que ce n’est plus le seul modèle offert. On assiste, depuis environ une dizaine d’années, à une diversification des possibilités, l’autopartage en tête. Même les grandes entreprises de location s’ajustent, puisque la tendance à l’éclatement n’est pas appelée à s’atténuer.

L’autopartage: une formule qui fait des petits

Né de la volonté de réduire la circulation automobile et les émissions de gaz à effet de serre ainsi que de la volonté d’utiliser les ressources de façon plus efficace, l’autopartage remporte beaucoup de succès. La firme d’étude de marché Frost & Sullivan estime que, d’ici 2016, ce marché s’élèvera à six milliards USD par année, dont la moitié aux États-Unis, et qu’il comptera dix millions d’usagers.

Ce service met à la disposition de ses membres un parc d’automobiles réparti à travers la ville, moyennant un coût annuel d’abonnement. L’abonné réserve une voiture en ligne ou par téléphone, pour une demi-heure, une heure ou plus, souvent à faible coût et en prend possession à la station de son choix, en libre-service, c’est-à-dire sans la présence d’un préposé. Les usagers de voitures libre-service bénéficient parfois de certains avantages, comme des espaces de stationnement avantageux exclusifs.

Communauto a été la première entreprise d’autopartage à voir le jour en Amérique du Nord. Elle regroupe aujourd’hui plus de 20 000 membres qui peuvent louer des véhicules à Québec, à Montréal (incluant Laval et la Rive-sud), à Gatineau, à Trois-Rivières et même à Ottawa grâce à une entente avec Virtucar, le service d’autopartage de la capitale. Comme de nombreuses autres entreprises d’autopartage, Communauto fait partie de la CarSharing Association, dont l’un de ses objectifs consiste à développer des formules d’abonnements conjoints entre les entreprises membres. Voilà un aspect fort intéressant d’un point de vue touristique.

Aux États-Unis, c’est l’entreprise Zipcar qui détient la plus grande part de marché. Elle regroupe 500 000 usagers, près de 9 000 voitures réparties dans 14 grandes villes, dont Vancouver et Toronto, les seules au Canada. Là aussi, un membre peut louer une voiture Zipcar dans n’importe quelle ville.

Le phénomène prend tellement d’expansion que des locateurs traditionnels adoptent la formule et créent leur propre filiale d’autopartage. Hertz met sur pied le programme Connect by Hertz, Avis-Budget développe la filiale Okigo, Enterprise Rent-A-Car lance WeCar; bref, les services d’autopartage se multiplient.

Des voitures «branchées»

La demande pour les voitures hybrides et électriques incite les entreprises de location de voitures à ajuster leur offre. Par son service d’autopartage Connect by Hertz, l’entreprise Hertz déploie depuis décembre 2010 une flotte de voitures électriques – SmartFortwo Electric Drive – à New York qui dispose de plus d’une centaine de prises électriques spécialement dédiées à la recharge de batteries d’automobile. D’autres villes seront desservies en 2011. Après le Vélib’, Paris propose son service Autolib’, qui, dès septembre 2011, mettra à la disposition des abonnés une flotte de voitures électriques, disponibles sans réservation, en libre-service.

Source: Sympatico.ca Autos

Et les hôtels s’apprêtent à accueillir ces nouveaux «visiteurs branchés». Hertz a récemment développé un partenariat avec Starwood Hotels & Resorts pour rendre disponibles ses véhicules électriques dans les établissements haut de gamme du groupe hôtelier. Par ailleurs, les centres Sheraton de Montréal et de Toronto sont les premiers hôtels au Canada à offrir des bornes de recharge pour véhicules électriques. Tous pourront en profiter.

De nouvelles voies

Outre le modèle de location traditionnel, on observe ainsi une multiplication des possibilités pour le consommateur. Voici quelques initiatives originales.

  • Le combo train-auto, un forfait proposé par Communauto et VIA Rail Canada, permet au voyageur de se rendre à destination (Montréal-Québec ou Montréal-Ottawa, aller-retour) par train et de se déplacer en voiture une fois sur place.
    • En France, Ucar – une entreprise de location de voiture – et Comuto – éditeur de covoiturage.fr – lançaient récemment une offre intégrant location et covoiturage. Le principe consiste à louer une voiture et à vendre les places libres à des covoitureurs. On donne l’exemple de Paris-Reims à 75 euros en location classique, qui revient à trois euros seulement pour le conducteur lorsque les trois autres passagers contribuent aux frais de location à raison de 24 euros chacun.

Source: Ucar

  • En novembre 2010, des voitures Mini Cooper S Clubman incluant les services d’un chauffeur pour trois heures ont été mises à la disposition des clients qui séjournaient en suite dans les hôtels Peninsula à New York et à Chicago.
  • La location entre particuliers est maintenant grandement facilitée grâce aux sites Web comme Voiturelib’ ou Drivemycar qui créent le lien entre les propriétaires de voitures et ceux qui souhaitent en louer.

Source: Voiturelib’

Enfin, les considérations environnementales, économiques et pratiques devraient favoriser la location de voiture à l’avenir. C’est probablement la multiplication des formules en fonction des besoins qui rythmera l’industrie au fil des prochaines années.

Sources:

– Glusac, Elaine. «The Peninsula’s New Fleet: the Mini Cooper», The New York Times, 6 décembre 2010.

– Martinez, Nate. «Hertz to rent Smart Fortwo Electric Drive in Sf, NYC and DC», Motor Trend, 6 décembre 2010.

– Marzloff, Léa. «Ucar-Comuto, le covoiturage en réseau», Groupe Chronos, 14 novembre 2010.

– Mc Kenna, Alain. «L’autopartage: l’avenir de l’industrie automobile?», Sympatico.ca Autos, 19 janvier 2010.

– «NOUS OUVRONS LA VOIE – Le Centre Sheraton Montréal et le Sheraton Centre Toronto Premiers hôtels au Canada à offrir des bornes de recharge pour véhicules électriques», CNW, 7 décembre 2010.

– Print Measurement Bureau (PMB), 2005 et 2010.

– The Economist. «Drive my car», 9 octobre 2010.

– The Economist. «Un volant quand vous en avez besoin», Les Affaires, 30 octobre 2010.

Sites Internet :

Carrentalexpress.com

CarSharing Association

Communauto

Connect by Hertz

Ucar

Voiturlib’

ZipCar

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Enjeux Produits et activités

Le financement privé en culture

Ce n’est un secret pour personne, les fonds publics disponibles pour la culture au Québec sont insuffisants pour alimenter la créativité des artisans et des organismes de la province. Il est donc essentiel de se tourner vers le privé et de faire preuve d’innovation pour préserver la diversité de ce secteur. Entre les pratiques virtuelles, les possibilités de la téléphonie mobile et les recommandations du milieu des affaires, voici quelques pistes qui méritent l’attention des organismes culturels en quête d’idées.

Pratiques virtuelles et e-philanthropie

Nous vous avons déjà présenté le crowdsourcing (lire aussi: Le crowdsourcing, un phénomène émergent!); voici maintenant le crowdfunding, suivant un principe similaire. Le concept n’est pas nouveau; tout comme les collectes de fonds traditionnelles, il consiste à faire appel aux individus pour financer des projets. Cette pratique bénéficie des avantages du Web en rejoignant un nombre encore plus grand de mécènes potentiels.

Il existe une panoplie de portails qui mettent en vitrine des projets de différentes natures, dont ceux en arts et culture, à la recherche de financement. Par exemple, sur Ulule.com, des porteurs de projets indiquent le montant dont ils ont besoin pour réaliser leurs objectifs et font appel à la communauté pour les aider.

Source: Ulule

S’afficher sur ce type de sites n’est pas garant de succès, mais représente une avenue supplémentaire qui mérite d’être explorée. Les sommes cumulées à l’aide du crowdfunding proviennent de plusieurs sources et sont généralement composées de petits montants qui, une fois additionnés, peuvent combler les besoins établis au départ.

Ce type de portail gagne en popularité; le milieu de la production cinématographique s’est d’ailleurs démarqué dans les médias grâce à la collecte de fonds du troisième long métrage de Xavier Dolan sur Touscoprod.com.

Source: Touscoprod

Parallèlement, pour maximiser la performance des collectes de fonds virtuelles, il est avantageux de faire connaître la démarche du projet sur des sites tels que Facebook, Twitter, MySpace ou autres sites de niche, selon le secteur d’activités, afin de bénéficier de leurs effets viraux. Les motivations qui poussent un individu à effectuer un don sont multiples, et les réseaux sociaux en ligne contribuent à celles-ci de quatre façons.

  1. L’effet d’imitation: voir des amis faire des dons peut influencer le comportement de certains.
  2. La pression des pairs: recevoir plusieurs messages d’amis qui encouragent fortement de contribuer à leur projet peut être convainquant;
  3. Le sentiment de compétition: vouloir donner plus que les autres pour porter le titre de champion.
  4. Le besoin de reconnaissance: montrer publiquement ses contributions et sa générosité pour gagner le respect de son entourage.

Il est désormais évident que les technologies de l’information influent sur les modèles de financement de l’industrie culturelle et invitent de plus en plus les consommateurs à s’impliquer. Cette tendance représente une occasion à saisir rapidement.

Le don sans fil

Depuis 2009, la Fondation des dons sans fil du Canada (FDSF-C) permet à des organismes de bienfaisance enregistrés de procéder à des campagnes de communication et de financement sur téléphone cellulaire. Par exemple, il est possible de faire un don de 10 CAD au Royal Ontario Museum Foundation en textant le mot clé ROM au numéro abrégé 30333.

Le rôle de la FDSF-C est d’assurer la liaison entre les fournisseurs de services sans fil, auxquels sont imputés les coûts de messagerie, et les 21 millions d’utilisateurs au Canada. La rapidité et la facilité d’exécution du don sont des avantages pour les donateurs toujours plus occupés et pour qui des démarches plus laborieuses suffiraient à les décourager.

Des exemples de bonnes pratiques

Une étude réalisée en 2010 par WealthEngine regroupe quelques bonnes pratiques de collecte de fonds en art et culture. En voici deux exemples.

  1. Conserver les données obtenues lors du processus d’admission de la clientèle et identifier des donateurs potentiels. Il est avantageux de recueillir certaines informations lors de la vente de prestations culturelles afin de créer une liste de noms à contacter lors des campagnes de financement ou des collectes de fonds. L’achat de billets en ligne facilite cette cueillette de données, puisqu’un minimum de renseignements est normalement exigé pour effectuer une transaction, notamment le nom, l’adresse et le courriel de celui qui effectue le paiement. Certes, ces données présentent une grande valeur, mais on doit les utiliser avec beaucoup de précaution pour éviter d’irriter la clientèle.
  2. Établir une catégorisation du membership pour optimiser ses dons. Bien connaître ses membres permet de leur proposer des offres supérieures qui répondront  à leurs réels besoins ou intérêts. Par exemple, si vous remarquez qu’un membre fréquente normalement votre établissement accompagné d’enfants, vous pourriez lui proposer un forfait familial et ainsi vendre un abonnement mieux adapté à ses besoins. Il est plus ardu de trouver de nouveaux donateurs que de renouveler ou bonifier l’abonnement des membres déjà existants.

La contribution du milieu des affaires

Les entreprises privées peuvent, elles aussi, offrir un support aux organismes culturels. Selon un rapport publié en 2009 par Desjardins Marketing Stratégique, les formes d’aide les plus répandues dans le milieu des affaires de la région de Québec sont les commandites, les dons et l’achat ou l’échange de biens et de services. Les deux facteurs qui influent le plus sur la volonté des entreprises à soutenir la culture sont la cohérence du projet ou de l’organisme avec leur mission et le rapprochement des actions promotionnelles avec leurs objectifs de notoriété. On mentionne également qu’offrir plus de visibilité aux donateurs serait un incitatif à considérer.

Le maillage entre les artistes et les gens d’affaires n’est pas toujours naturel. Basée sur ce constat, la société montréalaise ArtAnywhere propose une solution qui favorise mutuellement les deux parties. D’une part, les entreprises peuvent faire la demande d’exposer des œuvres dans leurs bureaux, voire créer des galeries d’art temporaires sur mesure. D’autre part, les créations sont mises en valeur plutôt que d’être entreposées.


Source: ArtAnywhere, bureau IATA

Un risque qui en vaut la chandelle

Lors du symposium de l’UNESCO sur le thème de «La gestion des risques dans le financement de la culture» en avril 2010, Christian Verbert de la SODEC mentionnait que dans la province, près de 140 000 personnes travaillent dans le domaine de la culture et qu’environ dix milliards CAD y sont générés annuellement.

Investir dans le domaine de la culture comporte des risques, certes, mais en constatant son potentiel de rentabilité, ses multiples bénéfices, ses possibles retombées économiques et son influence sur le commerce de biens traditionnels, on comprend l’importance de soutenir ce secteur au Québec.

Analyse rédigée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel

Sources:

  • Desjardins Marketing Stratégique, «Le financement privé de la culture», 23 février 2009,
  • WealthEngine, «2010 Arts & Culture report, best practices in arts & culture fundraising», consulté en janvier 2011

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Technologies

Le crowdsourcing, un phénomène émergent!

Saviez-vous qu’il existe des milliers d’internautes prêts à vous aider à résoudre un problème, à développer un produit, à parler de vous, à donner son opinion? Les consommateurs sont désormais au service de l’entreprise. Le crowdsourcing est un phénomène émergent que l’on ne peut ignorer et qui changera rapidement les façons de faire. Ne vous demandez plus ce que vous pouvez faire pour la communauté, demandez-vous plutôt ce que la communauté peut faire pour vous. C’est le monde à l’envers!

B2C, C2C, C2B

Jusqu’à tout récemment, l’entreprise était au service du consommateur (B2C). Désormais, avec le crowdsourcing, les rôles sont inversés. Voyant la richesse des contenus et des échanges générés par le consommateur grâce au Web 2.0 (C2C), les entreprises sautent sur l’occasion pour solliciter l’internaute: le consommateur est maintenant au service de l’entreprise (C2B).
(Note: B: Business, 2: to, C:Customer)

Demander de l’aide à l’univers

Terme inventé en 2006 par Jeff Howe et Mark Robinson, rédacteurs au Wired Magazine, le crowdsourcing est la juxtaposition du mot crowd (la puissance du nombre et la facilité d’y accéder par Internet) et du mot outsourcing (impartir, donner en sous-traitance une tâche plutôt que de l’assurer à l’interne). Il consiste à faire appel, sous un mode collaboratif ou individuel, à la créativité, à l’intelligence, à la connaissance et au savoir-faire des internautes.

Plusieurs auteurs ont écrit sur ce phénomène qui semble vouloir prendre de l’ampleur. Des millions de personnes produisent et s’échangent de l’information sur le Web. Alors, pourquoi ne pas en tirer profit? Ces auteurs prétendent que la puissance de la foule (du nombre) peut surpasser celle d’un groupe d’experts.

À ses débuts, le crowdsourcing était cantonné au monde du logiciel libre (open source) ou à l’encyclopédie collaborative (Wikipédia). On constate que le logiciel libre évolue plus rapidement que le logiciel commercial vu l’effort communautaire déployé pour son amélioration. Il s’attaque même au géant Microsoft en offrant un meilleur produit et gratuit de surcroît. Aujourd’hui, des milliers de gadgets logiciels (widgets) et d’interfaces de programmation (API – application programming interface) sont conçus par les internautes. (Lire aussi: Les logiciels «libres», des outils technologiques économes et faciles d’accès.

Ce mouvement retient désormais l’attention du monde des affaires en raison de la valeur des contenus et de la puissance du réseautage.

Aidez-nous à nous améliorer

L’entreprise peut tirer parti du crowdsourcing en sollicitant les internautes pour…

  • comprendre leurs besoins;
  • susciter de nouvelles idées ou les valider;
  • créer un nouveau produit ou service, le développer plus rapidement, en augmenter la qualité, l’optimiser, en faire l’essai ou le publiciser;
  • résoudre des problèmes;
  • faire de la recherche et du développement;
  • obtenir une visibilité;
  • accéder à un marché plus rapidement;
  • les fidéliser;
  • réduire les coûts;
  • rechercher du personnel;
  • amasser des fonds pour une cause philanthropique;
  • stimuler l’entrepreneuriat…

Toutefois, une mise en garde s’impose: assurez-vous que votre demande ne soit pas jugée comme du travail à bon marché, de l’exploitation ou un moyen d’avoir de la main-d’œuvre gratuite. Des expériences malheureuses font rapidement le tour du cyberespace et se retrouvent vite dans les journaux.

Le monde du travail pourrait se transformer

Si le crowdsourcing devenait pratique courante, il pourrait supplanter les formes traditionnelles du travail et en bouleverser le milieu – organisation du travail, emploi des talents, conduite de la recherche et du développement, réalisation des produits, mise en marché. De plus, il soulèverait inévitablement des questions d’éthique et la nécessité d’y mettre de l’ordre.

À titre d’exemple, Jeff Howe raconte comment Claudia Menashe, à la recherche de photos pour préparer une exposition dans un musée, s’est tournée vers un marché en ligne (iStockphoto) en raison du coût trop élevé du travail d’un photographe professionnel. Ce site lui a permis d’exploiter les photos de centaines d’amateurs à un dollar pièce. Avec l’avènement des appareils photo numériques, des logiciels pour les retoucher et des multiples canaux Internet pour les diffuser, le crowdsourcing a modifié les règles du jeu dans le monde des photographes professionnels.

Du crowsourcing au guestsourcing

Par le biais de son blogue, Hotel Marketing Strategies, Josiah Mackenzie souhaite aider l’industrie hôtelière à accroître sa visibilité en ligne. Ce blogueur a adapté le concept du crowdsourcing et du contenu généré par l’utilisateur à la réalité de l’hôtellerie: le guestsourcing est né. Le voyageur peut se faire agent de voyage, guide, critique ou agent de marketing. Étant donné que la personne qui planifie son voyage accorde plus d’importance à l’opinion des autres voyageurs qu’à la publicité de l’entreprise, le guestsourcing est tout indiqué pour l’entreprise touristique.

Appel à tous!

Ayant perdu le contrôle de l’information depuis un moment déjà, l’entreprise essaie tant bien que mal de s’insérer dans le dialogue des internautes. De toute évidence, le consommateur s’attend de plus en plus à pouvoir dire son mot sur les produits qu’il consomme, ce qui est particulièrement vrai pour la génération Y qui a grandi avec le Web 2.0. Alors, pourquoi ne pas tirer profit de l’émergence de ce nouveau type de relation commerciale, de cette nouvelle façon de faire et de la force qu’elle représente?

Dans un texte subséquent, vous constaterez, à l’aide d’exemples, comment le crowdsourcing, sous forme de concours, de sondages, de clubs ou autres, peut apporter une plus-value à l’entreprise qui sait s’en servir.

 

Analyse rédigée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel

Lire aussi:
Le «Customer-Made», vous connaissez?
– James Surowiecki – The Wisdom of Crowds: Why the Many Are Smarter Than the Few and How Collective Wisdom Shapes Business, Economies, Societies and Nations (2004)
– Don Tapscott et Anthony D. Williams – Wikinomics: How Mass Collaboration Changes Everything (2006)
– Barry Libert et John Spector – We Are Smarter Than Me: How to Unleash the Power of Crowds in Your Business (2007)
– Jeff Howe – Crowdsourcing: Why the Power of the Crowd is Driving the Future of Business (2008).

Sources:
– Boutin, Paul. «Crowdsourcing: Consumers as Creators», BusinessWeek, 13 juillet 2006, [www.businessweek.com/print/innovate/content/jul2006/id20060713_755844.htm].
– Buhler, Joe. «Destination marketing in the age of Web 2.0 and beyond», HotelMarketing.com,
[www.hotelmarketing.com/index.php/content/article/destination_marketing_in_the_age_of_web_20_and_beyond/].
– Guillaud, Hubert. «La montée du “crowdsourcing”», InternetActu.net,  1er juin 2006, [www.internetactu.net/2006/06/01/la-montee-du-crowdsourcing/].
– Howe, Jeff. «Crowdsourcing: A Definition», blogue du Crowdsourcing, 2 juin 2006, [crowdsourcing.typepad.com/cs/2006/06/crowdsourcing_a.html].
– Howe, Jeff. «The Rise of Crowdsourcing», WiredMagazine, juin 2006, [www.wired.com/wired/archive/14.06/crowds.html].
– Johnson, Emma. «Crowdsourcing: Free Problem-Solving for Your Biz», 25 février 2009, [www.entrepreneur.com/marketing/article200350.html].
– Kembel, John. «Three Essential Market-Research Methods in an Online Community», MarketingProfs, 30 juin 2009, [www.marketingprofs.com/9/online-community-essential-market-research-methods-kembel.asp].
– Lucier, Todd. «What is the Value of Video Like This to a DMO?», blogue, 30 juillet 2009,
[www.tourismkeys.ca/blog/2009/07/what-is-the-value-of-video-to-dmo/].
– Mackenzie, Josiah. «Guestsourcing: The Art of Turning Your Guests Into Content Producers», 18 juin 2009, [www.hotelmarketingstrategies.com/guestsourcing/].

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Hébergement Segments de clientèles

CouchSurfing: profil d’une communauté virtuelle de voyage

Le secteur de l’hébergement connaît présentement une phase intense de diversification. Les hôtels du monde entier continuent de se distinguer en redéfinissant leur genre et en incorporant des thèmes particuliers à leurs établissements. Le même processus de diversification se manifeste dans le secteur des communautés virtuelles de voyage telles que CouchSurfing.

CouchSurfing est une cybercommunauté qui «a pour but de relier entre eux les gens et les lieux au niveau international, de créer des échanges culturels, de promouvoir la conscience collective et la tolérance ainsi que de faciliter la compréhension entre les différentes cultures». Elle vise à faire vivre des expériences authentiques aux visiteurs, qui logent chez d’autres membres de CouchSurfing, peu importe la destination. Bien que de nombreux voyageurs se joignent à la communauté parce qu’ils veulent épargner sur l’hébergement, les hôtes et leurs invités bénéficient de bon nombre d’avantages sur place.

CouchSurfing: la pratique

Grâce à un site interactif de type Web 2.0, CouchSurfing permet à n’importe qui dans le monde d’y adhérer gratuitement. Chaque membre possède sa page personnelle avec son profil, condition préalable à l’adhésion. Elle précise le degré voulu d’échange avec le reste de la communauté, en indiquant si le membre veut «offrir son canapé» pour que son invité puisse y dormir ou seulement «aller prendre un thé ou un café». La page personnelle montre aussi la participation d’un membre au fil du temps. Elle contient une liste d’amis qui décrit les liens l’unissant à ceux qui y figurent. Ainsi, en cliquant sur le profil d’un membre, on peut savoir qui cette personne a hébergé et quand, où elle a voyagé et chez qui elle est restée. Selon la destination, surtout s’il s’agit d’une grande ville, la communauté peut organiser une variété d’activités sociales, telles que fêtes et réunions, où les membres qui n’ont pas fait connaissance par le biais de la messagerie électronique ou du site Web de la communauté peuvent le faire en personne.

En pratique, lorsqu’un voyageur arrive à destination, il communique avec un des membres pour savoir s’il peut dormir sur son «canapé». Utilisé symboliquement, ce mot représente tout espace privé fourni par un couchsurfer pour une nuit. Bien que variable, la durée moyenne d’une visite par adresse est probablement de 2 ou 3 nuits, mais un voyage d’une semaine ou plus se déroule chez différents hôtes et parfois dans des auberges de jeunesse les nuits où aucun hôte n’est disponible.

Le site Web de CouchSurfing est devenu accessible au grand public en janvier 2004 et, en janvier 2008, il comptait déjà plus de 400 000 membres, faisant de ce réseau le plus vaste en son genre dans le monde. Selon les statistiques du site, les couchsurfers sont surtout originaires des pays industrialisés occidentaux, dont l’Europe (qui en constitue approximativement la moitié) et l’Amérique du Nord (environ 30%) (graphiques 1 et 2). Les États-Unis comptent de loin le plus grand nombre de cyberhôtes, représentant à peu près un quart de tous les cyberhôtes du monde entier. Le couchsurfing est surtout pratiqué par les hommes, les femmes comptant pour environ 40% de tous les membres (graphique 3). Les couchsurfers sont jeunes: 70% d’entre eux ont de 18 à 29 ans, l’âge moyen étant de 26 ans (graphique 4).

Graphique 1

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Source: CouchSurfing, 2008.

Graphique 2

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Source: CouchSurfing, 2008.

Étant donné que les couchsurfers logent chez d’autres membres, ils sont exclus des statistiques officielles d’hébergement. Pourtant, ils participent de façon importante aux activités économiques locales. Ils contribuent également aux recettes touristiques officielles d’une destination en visitant ses attraits touristiques, en prenant part à une variété d’activités culturelles et en fréquentant des bars et des restaurants, tout comme les autres touristes. Ils se différencient surtout par le fait qu’ils sont en quête d’une expérience authentique et qu’ils visiteront, grâce à leur hôte, des endroits qui ne figurent pas sur les cartes touristiques officielles.

Graphique 3

Source: CouchSurfing, 2008.

Graphique 4

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Source: CouchSurfing, 2008.

CouchSurfing s’efforce de bâtir des liens dans le monde afin de susciter et de renforcer la compréhension (inter)culturelle; ses membres recherchent des expériences profondes liées à la découverte, où le tourisme peut servir de véhicule ou d’outil pour changer les choses. Ils tiennent également à tisser des liens profonds avec des étrangers. Basée sur un sondage auprès de 3000 cyberhôtes, une étude a montré que ces derniers (56,21%) désiraient surtout en apprendre davantage sur eux-mêmes et le monde qui les entoure (graphique 5). Les expériences mémorables que favorise CouchSurfing sont d’un tout autre ordre.

Organisation et gestion

CouchSurfing est géré presque entièrement par des bénévoles, mais il existe une structure organisationnelle où certains d’entre eux détiennent davantage de responsabilités en fonction de leur contribution. On compte environ 700 ambassadeurs répartis dans le monde qui partagent des responsabilités organisationnelles à l’échelle municipale ou nationale, telles que la maintenance du site Web et l’organisation de rassemblements et d’activités qui attirent les membres locaux et de nombreux membres visiteurs. À Montréal, les couchsurfers organisent fréquemment de grandes réunions qui coïncident avec des festivals internationaux et d’autres événements majeurs. Celles-ci peuvent varier en fonction de la durée, du lieu, de l’envergure et des membres qui les composent. En janvier 2008, Montréal possédait la communauté de couchsurfers locaux la plus vaste au monde, après Paris.

En tant qu’organisme, CouchSurfing prend de multiples mesures de sécurité, mais cette responsabilité incombe d’abord aux membres. Il offre une série de conseils pratiques sur la façon de se comporter en logeant chez d’autres membres et sur les problèmes qui pourraient survenir.

Graphique 5

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Source: Bialski, 2007.

L’avenir

Le couchsurfing constitue un produit du tourisme moderne, dans cette ère de la mobilité, qui regroupe les adeptes d’Internet et les membres de réseaux mondiaux. C’est une forme de tourisme qui écarte les voyageurs des lieux touristiques traditionnels. Bien que leurs modes de déplacement soient semblables à ceux des touristes «ordinaires», les membres ont tendance à être plus respectueux de la communauté qui les accueille et de son environnement. Les principaux attraits et les lieux touristiques cèdent le pas aux échanges sociaux, qui peuvent se retrouver au cœur de l’expérience du visiteur. Néanmoins, le fait même de chercher un espace privé ordinaire dans un lieu donné et de vouloir y établir des liens avec ses résidents signifie que n’importe quel endroit dans le monde peut devenir un refuge pour les couchsurfers.

Étant donné la voie prise par les télécommunications dans le monde et l’expansion globale du secteur touristique, des communautés telles que CouchSurfing continueront d’exister et de croître. Par conséquent, la création de sous-produits pourrait augmenter, donnant lieu à des communautés plus petites, plus spécialisées et répondant mieux aux besoins d’utilisateurs en quête d’expériences toujours différentes.

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Sources:

– Bialski, P. Intimate Tourism. Friendship in a State of Mobility – The Case of the Online Hospitality Network, thèse de maîtrise, Institut de sociologie, Département de psychologie sociale, Université de Varsovie, Pologne, 2007, 85 p.
– Péloquin, C. Facebook, la nouvelle coqueluche du Web 2.0. L’analyse a été écrite pour le Globe-Veilleur du Réseau de veille en tourisme de l’École des sciences de la gestion, Université du Québec à Montréal, le 6 septembre 2007.
– Péloquin, C. En quoi Facebook exerce-t-il un impact sur l’industrie touristique? L’analyse a été écrite pour le Globe-Veilleur du Réseau de veille en tourisme de l’École des sciences de la gestion, Université du Québec à Montréal, le 21 septembre 2007.

Sur le Web:

CouchSurfing (consulté le 23 janvier 2008).
Hospitality Club (consulté le 23 janvier 2008).
Global Freeloaders (consulté le 23 janvier 2008).
Organisation mondiale du tourisme des Nations Unies (consulté le 23 janvier 2008).
Servas International (consulté le 23 janvier 2008).

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Ailleurs dans le monde Segments de clientèles Tendances

Génération Participation: la société de demain?

Nous vous parlons régulièrement de réseaux sociaux, de communautés virtuelles, de transparence, du pouvoir du consommateur grâce au web 2.0, etc. Derrière ces nouvelles tendances se trame un changement sociétal profond, horizontal et participatif. Voici donc une analyse plus «sociologique» que «touristique» qui tente de synthétiser la vision de l’auteur de Génération Participation et d’expliquer en partie d’où viennent ces changements marqués dans les modes de vie.

Dans son livre Génération Participation. De la société de consommation à la société de participation, Thierry Maillet, un expert du marketing, nous amène à comprendre la génération participation, une classe de valeurs plutôt que d’âge, ainsi que le passage de la société de consommation, telle que nous y étions habitués, à une société de participation. Il s’agit d’un ouvrage crucial pour mieux appréhender la société d’aujourd’hui et de demain alors que les méthodes de travail seront bouleversées et qu’il faudra se réinventer pour gagner la confiance des consommateurs.

Un double essoufflement

La société de consommation, née de l’après-guerre, se transforme parce qu’elle est de moins en moins «possible», et ce, pour deux raisons principales.

La première est que la société, construite sur un modèle de production intensif, surexploite les ressources naturelles de la planète. Ce lien entre consommation et dégradation de l’environnement est devenu évident aux yeux de l’opinion publique au cours des dernières années.

Deuxièmement, les belles promesses du marketing traditionnel ont épuisé les réserves de crédibilité dont elles bénéficiaient. On assiste à un désenchantement face à l’entreprise moderne. Les gens sont désillusionnés et souhaitent de plus en plus une société davantage équitable et responsable.

Ce sont les dommages collatéraux de la société de consommation et ceux-ci ne se résorberont pas en un jour. Toutefois, la prise de conscience de nombreux pays et entreprises permettent un léger optimisme.

Les quatre leviers de la participation: tous interreliés

  • L’apport des progrès de la science. Ils touchent toutes les sphères de la société et personne ne met en doute qu’ils sont spectaculaires. Internet est maintenant le vecteur de la diffusion au plus grand nombre de ces apports.
  • Le basculement des valeurs féminines. L’auteur parle ici des valeurs qui promeuvent l’égalité plutôt que la domination, le sens de l’écoute et de la décision libre plutôt qu’imposée, le droit à la différence plutôt que la recherche de l’harmonisation. La valorisation des sens de l’écoute et du partage nourrirait cette orientation plus équilibrée de la société.
  • Une éducation constamment améliorée. Aussi imparfaits soient-ils, les systèmes d’enseignement cheminent et la transmission des nouvelles valeurs de partage et de sens de l’écoute revient tout naturellement à l’éducation.
  • L’ouverture aux autres. Le développement des pays les plus peuplés de la planète (Chine, Inde, etc.) représente une formidable possibilité d’enrichissements financier et mental. Nous assistons à la rencontre de la jeunesse et de la vitalité des pays en développement avec la maturité et l’expérience des pays développés.

L’accumulation des découvertes de la science, leur transmission grâce à l’éducation et l’utilisation des notions de partage diffusées par les valeurs féminines contribuent à cette volonté de participation croissante des individus. De plus, les nouveaux pays désirent participer.

La participation est technologique

La révolution technologique n’est plus à expliquer. La musique et les films se téléchargent gratuitement depuis longtemps, Microsoft vient de révéler son code source, des milliers d’entreprises ne vivent que par e-Bay, et Wikipedia est l’entreprise universelle qui n’appartient à personne et à tout le monde.

La technologie a façonné la génération des jeunes nés après 1980. Le taux de pénétration d’Internet et des téléphones cellulaires atteste de leur appartenance à une ère nouvelle. C’est avec eux que se construit la Génération Participation, mais ils n’en sont pas les seuls adeptes. Ils expriment leur volonté d’implication et de connexion à travers les nouvelles technologies et s’en servent pour communiquer et participer. Cette idée est bien exprimée par la popularité des réseaux sociaux (Facebook, MySpace, etc.).

Les entreprises s’ouvrent à la participation

La participation s’accroît dans le monde de l’entreprise: entreprise 2.0, entreprise étendue, en réseaux, etc. Toutefois, celles-ci se trouvent dans une situation délicate. D’un côté, les actionnaires s’attendent à recevoir des dividendes et, de l’autre, elles sont confrontées à des pressions sociales et environnementales de la population qui sollicite davantage de transparence, d’éthique et d’engagement de la part des entreprises.

Amazon facilite la communication entre les auteurs et les acheteurs. Une compagnie de téléphonie mobile française permet à ses employés de s’engager au sein d’une association et d’y œuvrer durant les heures de travail. Plusieurs sociétés, telles qu’eBay et Facebook, tentent de s’effacer au profit du besoin du consommateur et se veulent facilitatrices (au service du consommateur) et non prescriptives (de ce qui est bon pour lui). Grâce aux nouvelles technologies, l’implication des citoyens croît et les marques font de plus en plus appel au consommateur pour connaître son opinion et même co-concevoir des produits et des services. Le blogue du vice-président marketing de Boeing offre un bon exemple d’une entreprise qui a échangé avec ses clients sur certains aspects critiques de la conception de la nouvelle génération de l’avion 787 Dreamliner.

Les organisations souhaitant fonctionner sur le mode participatif doivent modifier progressivement leurs méthodes de travail ainsi que la répartition des pouvoirs. Elles sont amenées à décider de leur approche: séduire ou expliquer, vendre ou convaincre, imposer ou faciliter.

Le marketing devient participatif

Les entreprises ne peuvent plus continuer à pratiquer un marketing tourné vers elles-mêmes sans tenir compte de la volonté d’implication du consommateur. C’est un retour au marketing de la demande. Et ces consommateurs désireux de s’impliquer dans la société apportent avec eux 60 années d’apprentissage de la consommation.

Un dialogue s’installe, l’entreprise prend le point de vue du consommateur, fait tester ses produits et crée ses publicités avec son aide. On observe aussi une hausse de la publicité participative (marketing viral, publicité réalisée par les consommateurs, etc.). Enfin, le rôle social de l’organisation devient un élément clé de son marketing.

Coca-Cola apporte un exemple du changement d’orientation de la publicité. Après des années à vendre un style de vie, sa dernière publicité explique comment on fabrique un Coca-Cola. Tout simplement.

Une prédominance de la Génération Participation dans un proche avenir?

L’auteur soulève l’idée que la Génération Participation pourrait devenir la nouvelle classe dominante et concrétiser ainsi le passage d’une société de consommation à une de participation. En effet, cette génération dicte déjà aux entreprises de grande consommation la conception de leurs produits, parfois de façon informelle, d’autres de façon collaborative. Aujourd’hui, le partage d’information est clairement établi. Demain sera-t-il le partage de biens?

Quoiqu’il en soit, et même si beaucoup de questions non résolues ou de contradictions demeurent, il importe de comprendre l’évolution de la société dans laquelle nous vivons pour ensuite y œuvrer efficacement et perdurer.

Sources:
– Maillet, Thierry. «Génération Participation. De la société de consommation à la société de participation», MM 2 Éditions, Paris 2006.
– Richebois, Véronique. «La ‘Génération Participation’ au pouvoir», Les Échos.fr, le web de l’économie, 6 novembre 2007.