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Pas facile de concilier l’utilisation des médias sociaux et le milieu du travail!

Il n’y a pas que les clients qui se servent du cyberespace comme tribune d’expression, les employés aussi. On a posé la question suivante à 2000 employés: si votre employeur réalisait une action avec laquelle vous n’êtes pas d’accord, feriez-vous des commentaires en ligne à ce sujet? 15% ont répondu oui et 74% affirment qu’il est facile d’utiliser les médias sociaux pour nuire à la réputation d’une entreprise. Confidentialité, vie privée, discrimination, perte de productivité… la puissance de ces réseaux bouscule les pratiques et soulève de multiples questions d’éthique.

L’entreprise doit arriver à concilier médias sociaux et milieu de travail

Inutile de dire que les outils du Web 2.0 occupent une part grandissante dans le milieu du travail. Ils ne sont plus dévolus qu’au marketing. Ils donnent naissance à de nouveaux emplois. On les utilise pour communiquer à l’interne, recruter de la main-d’œuvre, mobiliser son personnel. (Lire aussi Le «mix» réseaux sociaux, employés et compagnies, la tendance de l’heure!) Les employés s’en servent comme plate-forme collaborative où ils établissent des contacts, échangent de l’information, cherchent des solutions à des problèmes et se font les ambassadeurs de l’entreprise.

L’entreprise est-elle prête à faire face à la transparence des médias sociaux jusque dans ses façons de fonctionner et de collaborer?

Des statistiques qui font réfléchir

Tenu en avril 2009 aux États-Unis, le Deloitte LLP’s 2009 Ethics & Workplace Survey sur l’utilisation des médias sociaux (Facebook, Twitter, YouTube, FlickR, LinkedIn…) démontre bien la vulnérabilité des entreprises à leur égard et l’importance d’agir. Ce sondage a été effectué par téléphone auprès de 2008 employés (50% hommes et 50% femmes) et en ligne auprès de 500 gestionnaires.

Les employés…

  • 74% affirment qu’il est facile d’utiliser les médias sociaux pour nuire à la réputation d’une entreprise.
  • 53% soutiennent que leurs activités personnelles ne concernent pas l’employeur (ce pourcentage atteint 63% chez les 18-34 ans).
  • plus du tiers ne se préoccupent pas de ce que pensent leurs patrons, collègues ou clients avant de mettre en ligne de l’information (commentaires, photos, vidéos).
  • 27% ne se soucient pas des conséquences morales ou éthiques.
  • 15% ont répondu qu’ils feraient des commentaires en ligne si leur employeur réalisait une action avec laquelle ils n’étaient pas d’accord.
  • 31% pensent que l’utilisation des médias sociaux améliore leur équilibre travail-vie personnelle.
  • 49% disent que les politiques de l’employeur ne changeront pas leur comportement dans le cyberespace.
  • 61% affirment que même si l’employeur exerçait un contrôle de leurs activités, ils ne changeraient pas leur comportement. Ils savent que leur image est publique et ils ont déjà apporté certaines modifications à leur profil.

Les gestionnaires…

  • 30% affirment que les médias sociaux font partie de leurs stratégies d’affaires.
  • 58% estiment que les risques liés à la réputation de l’entreprise sont un enjeu, mais seulement 15% en discutent en réunion.
  • 60% considèrent qu’ils ont le droit de savoir comment leurs employés se présentent dans les médias sociaux et y présentent leur employeur.
  • 56% pensent que l’utilisation des médias sociaux améliore l’équilibre travail-vie personnelle de l’employé.
  • 22% confirment qu’ils ont instauré une politique pour dicter l’utilisation des médias sociaux par les employés.
  • 17% déclarent qu’ils ont créé des programmes pour réduire les risques liés à leur utilisation.
  • 55% soulignent que leur compagnie n’a pas de politique à cet égard.

Selon un sondage effectué récemment par ProofPoint, la fuite d’informations stratégiques, les comportements inadéquats des employés dans les médias sociaux, les poursuites judiciaires et les mises à pied sont en hausse.

Non seulement il faut savoir ce que disent les clients sur l’entreprise, mais il faut aussi surveiller les frasques des employés dans les médias sociaux.

Où se situent les limites de la transparence?

Nouveaux outils de communication, les réseaux sociaux créent de multiples possibilités, mais soulèvent aussi plusieurs questions d’ordre moral et éthique, tant chez l’employeur que chez l’employé.

Où trace-t-on la ligne entre information publique et information privée, entre vie professionnelle et vie privée?

  • La mise en ligne de renseignements personnels (vidéos, photos, commentaires, états d’âme…) par l’employé relève-t-elle de la sphère privée même si ceux-ci deviennent en quelque sorte publics?
  • Est-ce éthique de consulter le profil Facebook, le blogue et le compte Twitter d’un employé ou d’un éventuel candidat?
  • Est-il injuste de juger un candidat selon son cercle d’amis?
  • Est-ce discriminatoire de rejeter un candidat en raison du contenu de son profil en ligne?

Comment arriver à distinguer les chapeaux professionnel et personnel d’un employé?

  • Les compagnies sont conscientes que l’employé devient en quelque sorte un ambassadeur de leur organisation. Peuvent-elles pour autant faire le suivi du profil personnel de l’employé pour s’assurer qu’il ne ternit pas leur réputation?
  • Une personne qui s’exprime sur son blogue reflète-t-elle indirectement l’opinion de son employeur? Devrait-elle souligner que son opinion n’est pas celle de son employeur?
  • Quand un employé s’y exprime au nom de son employeur, son profil personnel peut-il influer sur la crédibilité, la réputation de l’entreprise?
  • Est-ce discriminatoire d’afficher un poste seulement par l’intermédiaire des médias sociaux?
  • L’employé réclame l’utilisation des médias sociaux au travail. Comment départager son utilisation personnelle et son utilisation professionnelle alors qu’elles sont souvent imbriquées?

Certaines pratiques sont même décriées par la blogosphère. Pensons au cas de Best Buy, un géant dans le commerce de détail, qui exigeait pour un poste un minimum de suiveurs (followers) dans Twitter. L’entreprise a retiré ce critère.

Beaucoup d’éléments qui font réfléchir!

Réussir l’intégration des médias sociaux dans l’entreprise

On développe des stratégies pour faire du marketing dans les médias sociaux, mais l’établissement de politiques à leur égard s’impose:

  • établir des politiques de conduite et d’utilisation;
  • déterminer les responsabilités;
  • donner de la formation;
  • mesurer et contrôler les rendements des initiatives telles l’attention retenue et l’influence dans le milieu.

Il est préférable de privilégier l’encadrement et la formation plutôt que l’instauration de réglementations pour inciter les employés à se conduire de façon éthique et morale.

Sources:
– Armano, David. «Five Challenges Social Media Will Bring to Business», Blogue Harvard Business, 14 août 2009.
http://blogs.harvardbusiness.org/cs/2009/08/a_recent_survey_conducted_by.html
– Deloitte. «Deloitte’s 2009 Ethics & Workplace Survey Examines the Reputational Risk Implications of Social Networks», 18 mai 2009.
https://www.deloitte.com/view/en_US/us/press-release/4185f6b085912210VgnVCM100000ba42f00aRCRD.htm
– eMarketer. «The Problem with Social Media in the Office», Hotel News Resource, 27 mai 2009.
http://www.hotelnewsresource.com/article39032.html
– Evangelista, Benny. «Need a job? Show them you can Twitter», San Francisco Chronicle, 25 juillet 2009.
http://sfgate.com/cgi-bin/article.cgi?f=/c/a/2009/07/25/BUAI18UIVQ.DTL
– Heidelberger, Brian. «The 7 Biggest Legal Risks to Your Company When Using Social Media», 15 septembre 2009.
http://www.winston.com/index.cfm?contentid=34&itemid=3547
– Meister, Jeanne C et Karie Willyerd. «How Twitter and Crowdsourcing Are Reshaping Recruiting», Blogue Harvard Business, 25 septembre 2009.
http://blogs.harvardbusiness.org/cs/2009/09/how_twitter_and_crowdsourcing.html
– ProofPoint. «Proofpoint Survey Says: State of Economy Leads to Increased Data Loss Risk for Large Companies», 10 août 2009.
http://www.marketwire.com/press-release/Proofpoint-Inc-1027877.html
– ProofPoint. «Outbound Email and Data Loss Prevention in Today’s Enterprise, 2009», juillet 2009.
http://www.proofpoint.com
– Rigoli, Elaine. «Cheat Sheet on Employment Discrimination and New Media», ere.net, 10 septembre 2009.
http://www.ere.net/2009/09/10/cheat-sheet-on-employment-discrimination-and-new-media/
– Samuel, Alexandra.  «Social Media Usage Policies: Less Lawyering, More Encouraging», Blogue Harvard Business,  8 octobre 2009.
http://blogs.harvardbusiness.org/cs/2009/10/social_media_policy.html

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Ressources humaines

Le «mix» réseaux sociaux, employés et compagnies, la tendance de l’heure!

Non, les médias sociaux ne se résument pas qu’à des offensives marketing, ils bousculent grandement les pratiques de gestion des ressources humaines. On y recrute. On les consulte pour connaître le profil des candidats et réduire les risques à l’embauche. On exige des compétences dans le domaine. Et on s’interroge sur l’éthique de leur utilisation. Des experts soulignent que les habiletés pour les médias sociaux deviennent une tendance émergente dans la description de poste. Savoir qui sont vos amis et quel est votre cercle d’influence intéresse les recruteurs.

On les utilise, on les ignore, on les fustige

Vous avez décidé de ne pas utiliser les médias sociaux comme canaux de marketing? Soit! Mais ne vous imaginez pas que vous devez ignorer les LinkedIn, Facebook, Twitter, YouTube, blogues, applications mobiles et autres pour autant, car ils vous rattrapent désormais à tous les tournants. Les médias sociaux interpellent tous les gestionnaires, du marketing aux ressources humaines en passant par la direction. S’y attarder est d’autant plus pertinent que les jeunes représentent une grande part de la main-d’œuvre de l’industrie touristique et sont aussi de fervents utilisateurs de ces réseaux. L’entreprise qui y participe activement démontre son ouverture et son dynamisme. Et, les ignorer dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre serait se détourner de canaux de recrutement fort prometteurs. (Lire aussi:
Si la tendance se maintient… grave pénurie de main-d’œuvre dans les prochaines décennies et Pouvons-nous compter sur les étudiants pour pourvoir à nos postes en tourisme?)

Un canal de recrutement qui évolue

Pour le compte de CareerBuilder, une firme de sondage a interrogé, en juin 2009, 419 gestionnaires en ressources humaines au Canada et 2667 aux États-Unis afin de connaître l’utilisation des médias sociaux dans leur processus de recrutement. Selon les résultats de cette enquête, 28% des employeurs canadiens les utilisent pour rechercher des candidats, et ce pourcentage atteint 45% aux États-Unis, soit le double de l’an dernier. De son côté, LinkedIn dénombrait en mai 2009 500 000 membres œuvrant dans le secteur des ressources humaines et du recrutement.

Des entreprises se servent des médias sociaux pour recruter, mais aussi pour rechercher de nouveaux talents ou susciter un intérêt chez celui qui n’est pas en quête d’un emploi.

Le nouvel hôtel de luxe parisien Shangri-La bouscule les façons de faire en lançant son blogue des ressources humaines (areyoushangri-la-paris.com) afin d’embaucher plus de 400 employés pour son ouverture prévue en 2010. Plus performant qu’un site Internet, ce blogue permet l’interaction avec le public, la mise à jour continue des informations et une visibilité accrue sur Internet grâce aux moteurs de recherche et aux médias sociaux. Et une fois le recrutement terminé, il se transformera en outil interne.

En guise d’argument publicitaire, plusieurs sites de recrutement en ligne se servent de la performance de leurs outils de bouche à oreille qui font le pont avec les médias sociaux pour diffuser plus largement les offres d’emploi. C’est le cas notamment de CareerTours qui est passé du mode traditionnel à l’ère YouTube pour apparier entreprises et chercheurs d’emploi (http://www.careertours.com).

La compagnie Burnsoft Ltd annonçait en août le lancement de Recruiter for iPhone/iPod Touch, la première application mobile et autonome dédiée au recrutement. Elle permet d’emmagasiner les données des candidats et d’y avoir accès en tout temps.

Ce que vous pourriez y découvrir sur vos candidats

Nous sommes à des lieux du temps où le postulant allait porter son CV dans les entreprises. Les employeurs savent de plus en plus comment utiliser les médias sociaux et vont y fouiller pour mieux connaître les candidats qui postulent pour un emploi. Certains employeurs leur demandent même leur portfolio en ligne.

Pour réduire les risques à l’embauche, on s’assure que le candidat a les qualifications requises, qu’il cadre avec les valeurs de l’entreprise et sa culture organisationnelle. On évalue sa créativité, sa capacité à communiquer, les références de ses relations et même ses actions sociales.

Selon le sondage de CareerBuilder, 35% des compagnies américaines écartent un candidat en raison de l’information qu’il a trouvée en ligne (graphique 1) et 14% l’ont éliminé à cause de l’utilisation de binettes (smiley faces) et de textos dans leur lettre d’application ou dans leur courriel.

Du côté canadien, 26% des employeurs déclarent que l’information trouvée (graphique 1) les a dissuadés de recruter un candidat. À l’inverse, 14 % rapportent avoir été influencés positivement (graphique 2). Pour la conduite des recherches, Facebook est consulté par 52 % des employeurs canadiens contre seulement 29% aux États-Unis. Suivent LinkedIn (39%), les blogues (25%), MySpace (23%) et Twitter (11%).

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En contrepartie, les candidats utilisent eux aussi les réseaux sociaux pour connaître les employeurs. C’est pourquoi les entreprises doivent soigner leur cyberimage!

Employeur recherche candidats ayant des habiletés pour les médias sociaux

Pourquoi connaître Twitter? Hyatt a décidé d’étendre ses services pour accompagner les voyageurs en tout temps (indications pour trouver un hôtel Hyatt, recommandation pour un restaurant ou une réservation dans un spa) en introduisant dans Twitter un service de conciergerie – HyattConcierge. Des offices de tourisme lancent des bureaux d’informations touristiques virtuels sur Twitter (TravelPortland et le hashtag #inpdx) où des employés doivent converser et répondre aux demandes de la clientèle.

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Service à la clientèle, stratégies publicitaires, recherche d’informations, recrutement…  plusieurs compagnies voient le potentiel des médias sociaux et jugent leur connaissance comme indispensable. De nouveaux emplois émergent et les façons de travailler sont bousculées. Avant d’engager un candidat, celui-ci devra démontrer ses intérêts et ses aptitudes dans le domaine. On lui demandera s’il est à l’aise avec les médias sociaux, s’il a un profil Facebook, un réseau professionnel dans LinkedIn, un blogue, s’il connaît ce qu’est un fil RSS et des acronymes comme SMS, API, B2C…

Les questions d’éthique se multiplient

Dans ce cyberespace, les avenues sont multiples, mais l’anarchie y règne aussi. Violation de la vie privée, réputation de l’entreprise entachée, discrimination… plusieurs questions d’éthique y sont soulevées. Dans un texte subséquent, nous discuterons de ces enjeux.

Lire aussi:
Soyez cool, mettez-vous en mode «cyber-recrutement»!

Êtes-vous «out» en matière de recrutement? (Compte rendu de conférence)

L’Agent Web 2.0, le nouveau James Bond du marketing

Sources:
– Careerbuilder.com. «Forty-five Percent of Employers Use Social Networking Sites to Research Job Candidates, CareerBuilder Survey Finds», 19 août 2009.
[http://www.careerbuilder.com/share/aboutus/pressreleasesdetail.aspx?id=pr519&sd=8%2f19%2f2009&ed=12%2f31%2f2009&siteid=cbpr&sc_cmp1=cb_pr519_&cbRecursionCnt=1&cbsid=e933d612f9ab4b32ac5178985b592e4d-306863921-RS-4]
– Chaal, Dennis. «Hyatt Extends Concierge Service to Twitter», blogue, 17 juillet 2009.
http://dennisschaal.blogspot.com/2009/07/hyatt-extends-concierge-service-to.html
– Duarte, Jonathan. «Job Seekers: Ignore Social Networking your own peril!», ere community, 16 septembre 2009.
[http://community.ere.net/blogs/jonathan-duarte/2009/09/job-seekers-ignore-social-networking-your-own-peri/]
– Evangelista, Benny. «Need a job? Show them you can Twitter», San Francisco Chronicle, 25 juillet 2009.
http://www.sfgate.com/cgi-bin/article.cgi?f=/c/a/2009/07/25/BUAI18UIVQ.DTL
– Hoosta Magazine. «Shangri-La Hotel Paris a choisi Hoosta pour créer son Blog des Ressources Humaines», 2 octobre 2009.
[http://hoostamagazine.com/2009/10/02/shangri-la-hotel-paris-a-choisi-hoosta-pour-creer-son-blog-des-ressources-humaines/]
– La toile des recruteurs. «Le recrutement mobile est arrivé», 31 août 2009.
[http://www.latoiledesrecruteurs.com/newsletter/caldwell-partners-next-generation-consulting-universite-mcgill-robert-half-kpmg-l-fr-i-802.html]
– Marcus, Laure. «28 % des employeurs canadiens utilisent les réseaux sociaux en ligne», La toile des recruteur, 31 août 2009.
http://www.latoiledesrecruteurs.com/newsletter/employeurs-canadiens-utilisent-reseaux-sociaux-ligne-l-fr-i-805.html
– Meister, Jeanne C. et Karie Willyerd. «How Twitter and Crowdsourcing Are Reshaping Recruiting», 25 septembre 2009.
http://blogs.harvardbusiness.org/cs/2009/09/how_twitter_and_crowdsourcing.html
– Travel Portland. http://www.travelportland.com/visitors/twitter.html
– «Twitter “Twisitor Center” Helps Travelers Follow the Tweets to Portland, Oregon», 10 février 2009. http://www.govtech.com/dc/617868

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Perspectives

Pouvons-nous compter sur les étudiants pour pourvoir à nos postes en tourisme?

Une étude commandée par le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme révèle que les jeunes de 15 à 24 ans, et plus particulièrement les étudiants, constituent un bassin de main-d’œuvre important pour l’industrie touristique québécoise. Malheureusement, cette tranche de la population diminuera d’ici 10 ans et créera une sérieuse pénurie de main-d’œuvre. Les projections indiquent qu’en 2011, il manquera 4100 jeunes pour occuper des postes dans l’industrie touristique, dont 2700 étudiants. En 2016, la situation sera plus dramatique encore, alors que ce manque s’élèvera à près de 30 000 jeunes, dont 19 200 étudiants.

L’Étude sur la place de la main-d’œuvre étudiante dans l’industrie touristique nous aide à comprendre la dynamique d’emploi des jeunes travailleurs de 15 à 24 ans et propose des stratégies à mettre en œuvre pour contrer les difficultés de recrutement qui s’annoncent.

Dans un premier temps, voici ce que nous révèlent les statistiques.

La population des jeunes au Québec

La population des jeunes de 15 à 24 ans chutera de plus de 13% de 2011 à 2021 (graphique 1).

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Le marché du travail chez les jeunes de 15 à 24 ans en 2008

Les données suivantes quantifient le marché de l’emploi chez les jeunes de 15 à 24 ans:

  • 65,1% travaillaient;
  • 11,6% étaient au chômage;
  • 56,6% fréquentaient un établissement scolaire;
  • 56,2% étaient des étudiants au travail;
  • 12,4% étaient des étudiants au chômage.

L’emploi chez les jeunes a augmenté de 2,3% en moyenne annuellement de 1997 à 2008.

RH - Gr 2 Situation emploi 15 24 ans Qc

L’industrie touristique comme employeur en 2008

Au Québec, l’industrie touristique représente un employeur majeur, et ce, particulièrement auprès des jeunes de 15-24 ans. Elle procure:

  • 11% de tous les emplois durant l’été;
  • 42,3% de tous les emplois des jeunes durant l’été;
  • 44,6% des emplois d’été des étudiants (25 200 étudiants);
  • 61,7% des emplois des étudiants durant l’année scolaire.

L’emploi saisonnier estival (mai à août) dans l’industrie touristique en 2008 représente:

  • 31,2% de tous les emplois saisonniers en été (hausse moyenne de 4,7% de 1997 à 2008);
  • 51 500 emplois chez les 15-64 ans (hausse moyenne annuelle de 4,7% depuis 11 ans);
  • 18,5% dans les régions excentrées et 12,1% dans les régions urbaines.

On constate que l’industrie touristique a recours à de plus en plus de travailleurs saisonniers en période estivale en raison de la croissance du volume des touristes-excursionnistes et des recettes (hausse moyenne annuelle respective de 6,2% et de 7,2% de 1997 à 2008):

  • 33 100 emplois chez les jeunes de 15 à 24 ans en 2008 comparativement à 18 000 en 1997, soit une hausse moyenne annuelle de 5,7%.

Cependant, les étudiants travaillent de moins en moins l’été:

  • malgré une hausse du nombre d’emplois saisonniers d’été dans l’ensemble des industries, l’emploi estival est en baisse pour les étudiants travailleurs de 15 à 24 ans, passant de 25,5% en 1997 à 18,9% en 2008.

Et ils travaillent de plus en plus durant leurs études:

  • 64,2% en 2008 contre 49,2% en 1997.

L’évolution de la rémunération et des heures travaillées des étudiants pendant la période estivale

Depuis les dix dernières années, l’industrie touristique a ajusté les salaires horaires, en offrant notamment un salaire compétitif aux étudiants qui occupent un emploi saisonnier d’été (tableau 1).

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Les étudiants qui ont œuvré en tourisme pendant la période estivale ont travaillé un moins grand nombre d’heures que dans les autres secteurs d’activité (tableau 2). De plus, leur nombre d’heures a régressé de 1997 à 2008: deux heures de moins pour les étudiants occupant un emploi d’été et cinq pour ceux ayant un poste saisonnier estival.

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Pour les étudiants occupant un poste saisonnier estival dans le secteur touristique, la baisse du nombre d’heures est très marquée dans les régions urbaines (moyenne de 30 heures par semaine, soit 9 heures de moins qu’en 1997) alors que dans les régions excentrées, on observe une hausse de deux heures par semaine par rapport à 1997, ce qui porte la moyenne à 29 heures par semaine en 2008.

Des jours sombres à l’horizon

La question de la main-d’œuvre étudiante devient préoccupante. Pour tenter de contrer la saisonnalité qui la caractérise, l’industrie touristique se tourne généralement vers ce bassin de travailleurs.  Cependant, la difficulté de concilier le calendrier scolaire avec la saison touristique, la diminution démographique des 15-24 ans au cours de la prochaine décennie, les prévisions économiques qui annoncent un besoin croissant de travailleurs et la réduction du bassin de main-d’œuvre étudiante en période estivale au profit de la période scolaire laissent planer des difficultés grandissantes en ce qui a trait au recrutement dans les prochaines années.

Dans un prochain texte, il sera question des pistes qui pourront aider l’industrie touristique à contrer les difficultés qui s’annoncent.

L’étude sur la place de la main-d’œuvre étudiante dans l’industrie touristique est disponible à l’adresse suivante: http://www.cqrht.qc.ca/bibliotheque-virtuelle/etudes-et-enquetes. Les faits saillants ont été présentés par M. Normand Dulude du Groupe IBI / DAA à l’occasion de la Matinée RH organisée par le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme à Montréal, le 24 septembre 2009.

Source:
– Groupe IBI / DAA. «Étude sur la place de la main-d’œuvre étudiante dans l’industrie touristique», commandée par le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme, septembre 2009.

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Gestion Ressources humaines

Séduire un client et séduire un travailleur, même démarche!

Lors de la Matinée RH organisée par le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT), Mme Lise Lapierre, consultante et formatrice, a établi un parallèle entre la démarche pour vendre un produit et celle pour embaucher un employé. On séduit sa clientèle de la même façon que l’on séduit un travailleur pour lui offrir un emploi. La démonstration était éloquente et le propos dynamique.

Nous sommes dans un contexte d’offre… offre de produits à une clientèle qui a l’embarras du choix et offre d’emplois à des travailleurs qui l’ont tout autant. Dans une situation comme dans l’autre, le processus est identique, et on peut simplement substituer client et produit par travailleur et poste.

Le client, le travailleur…

  • est scolarisé, informé, exigeant;
  • compare, consulte (Internet, blogues, forums, Facebook, etc.);
  • est sollicité de toutes parts, est occupé, a peu de temps;
  • cherche quelque chose qui répondra à ses besoins;
  • accepte une offre en lien avec ses valeurs – il  n’achète pas ce produit parce que… il ne travaille pas pour cette compagnie parce que…
  • c’est l’actif le plus important de l’entreprise.
  • La compagnie doit lui inspirer confiance, dire la vérité, être cohérente entre son discours et ses pratiques.
  • Il faut accompagner le client ou le travailleur dans l’expression de ses besoins – poser des questions ouvertes et pertinentes pour découvrir ce qu’il recherche.
  • On doit être prêt à répondre à ses questions, lui démontrer de l’intérêt, arrimer l’expression de ses besoins et de ses priorités à ce que l’on a à lui proposer.
  • On lui offre non pas un produit ou un poste, mais bien une expérience, on veut lui faire vivre des émotions, créer de l’engouement, introduire la notion de plaisir.
  • Il faut être créatif et rendre le produit ou le poste attrayant.
  • Le client ou le travailleur n’achète pas un produit ou ne convoite pas un poste, il recherche des avantages, ce qui rejoint ses aspirations.
  • Il importe de personnaliser son approche et le produit ou le poste – les besoins changent selon les groupes d’âge, selon la personne. Alors que les baby-boomers avaient le travail comme priorité, pour les jeunes, celui-ci ne représente qu’une «case» parmi la chaîne de ses activités.
  • Pour le séduire, il faut lui montrer qu’on s’intéresse à lui.
  • Le jour 1 devient stratégique – on doit  lui faire vivre une expérience hors du commun, lui faire sentir son importance, s’occuper de lui.
  • Il existe des informations opérationnelles – décliner les caractéristiques du produit ou du poste.
  • Il existe des informations relationnelles – adopter une attitude positive et motivante.
  • Peut être sceptique –  il n’est pas assuré que l’entreprise dit toute la vérité, que tout ce qu’elle prône est crédible.
  • L’entreprise doit surtout être à la hauteur de ses promesses!

Une offre, c’est comme une balance!

D’un côté les avantages et de l’autre les désavantages. Quels sont, selon vous, les éléments qui pourraient faire pencher la balance en votre faveur?

Tout comme vendre un produit, attirer un candidat exige des qualités: dynamisme, intégrité, empathie, cohérence, fiabilité. Il faut adopter un discours positif, démontrer de la fierté, avoir un talent de communicateur, connaître le poste, l’entreprise et même la région, avoir une compréhension des humains et expliquer en quoi l’entreprise est attrayante.

Source :
– Lapierre, Lise. «Attirer un client ou retenir un employé, même combat!», Matinée RH organisée par le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme, Montréal, 24 septembre 2009.

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Gestion Ressources humaines

Les précieux conseils d’un gourou du leadership

Monsieur Ram Charan, expert en leadership, consultant, auteur et conférencier décrit comme étant le meilleur de sa profession par le magazine Fortune, a récemment parlé aux gestionnaires québécois des cinq habiletés à développer pour être un bon leader: être à l’affut des tendances, se concentrer sur des choix stratégiques, rechercher de grandes idées porteuses, connaître son équipe de travail, s’assurer de l’exécution. Ses conseils vous intéressent?

Ce compte rendu relate également un point de vue intéressant de Daniel Gélinas, directeur général du Festival d’été de Québec et des Fêtes du 400e anniversaire de Québec.

En plus des cinq habiletés de base à développer, M. Charan propose avant tout aux gestionnaires de ne choisir qu’une ou deux habiletés et de les pratiquer de façon régulière et systématique. Et de persévérer. Et de continuer jusqu’à ce qu’elles fassent partie intégrante des habitudes de travail.  Seulement ensuite, les gestionnaires devraient tenter d’améliorer une autre habileté.

1.    Être à l’affut des tendances
Un bon leader doit s’exercer à voir au-delà de son entreprise et de son industrie. Il doit regarder plus loin que l’horizon. Il sait tirer profit des tendances et s’interroger sur ce qu’elles signifient dans un contexte d’affaires. À cet effet, nous vous suggérons de lire ou de relire le «Petit guide du parfait Globe-Veilleur».

2.    Se concentrer sur des choix stratégiques
Il s’agit de miser sur les ingrédients critiques de l’entreprise. Comment arriver à ces choix? Bien sûr, des études de marché et des conseils peuvent aider, mais les grands leaders choisissent par instinct. Pas n’importe lequel: un instinct développé. L’observation du comportement des consommateurs, quotidiennement et partout autour de soi, contribue à développer son instinct.

Afin d’intégrer ces deux premières habiletés, M. Charan suggère un exercice tout simple. Au début de chaque réunion d’équipe, ce qui veut dire environ chaque semaine, allouez une dizaine de minutes pour discuter d’une tendance observée, d’un comportement qui semble nouveau, d’un article d’intérêt, etc. Cette pratique systématique favorisera le développement du sens de l’observation, de l’analyse et de l’instinct.

3.    Rechercher de grandes idées porteuses
Être à l’affût des nouveautés et tenter de trouver l’idée qui sera porteuse d’avenir est une des habiletés des grands leaders. Apple, qui a décidé de miser sur le design de ses ordinateurs, est un exemple. Or, toutes les idées ne sont pas nécessairement bonnes. En référence, M. Charan citait General Electric qui, au cours des 23 années où il a conseillé l’entreprise, a eu neuf excellentes idées, et qui les a portées jusqu’au bout.

4.    Connaître son équipe de travail
Monsieur Charan a insisté sur l’importance de connaître son équipe et de tenter de découvrir le god’s gift, le talent naturel, en chacun. Qu’est-ce que l’individu aime faire et dans quoi excelle-t-il? L’étape suivante est bien sûr d’exploiter son talent naturel, de lui permettre de prendre de l’expansion. Il s’agit de mettre la bonne personne au bon endroit. Il ne faut pas essayer de rendre les gens parfaits et nécessairement polyvalents en tout, mais plutôt optimiser leur potentiel. M. Charan ajoute aussi qu’il importe de toujours continuer à rechercher et à attirer de nouveaux talents ainsi qu’à les motiver et à les inspirer.

5.    S’assurer de l’exécution
Il est essentiel de veiller à ce que les choses soient faites! Pour cela, il importe de rendre les employés et les équipes de travail imputables de leurs actions. Non seulement les résultats obtenus s’amélioreront, mais encore cette méthode insufflera un sentiment de responsabilité et de fierté. De plus, le conférencier rappelle l’importance de toujours clore les rencontres de travail en ayant clairement déterminé qui fera quoi dans les jours à venir. Enfin, le suivi des actions est indispensable.

La responsabilisation selon Daniel Gélinascharan1

Plus tard dans la journée, Monsieur Daniel Gélinas, directeur général du Festival d’été de Québec et des Fêtes du 400e anniversaire de Québec, a présenté sa vision de l’imputabilité au sein d’une organisation. Une structure organisationnelle où les postes de travail s’entrecoupent et où les fonctions sont mal réparties ne permet pas de bien gérer l’exécution des tâches. Cette structure est illustrée par le schéma ci-contre, où un cercle représente un poste d’emploi. Lorsqu’une erreur survient dans une telle organisation, il n’y a pas de responsable clairement identifié et chacun peut se décharger des conséquences.

charan2Pour M. Gélinas, une structure permettant une saine imputabilité ressemble plutôt au schéma ci-contre où un poste d’emploi correspond à une case dans la pyramide.

Chacun des postes est bien défini et les descriptions de tâches sont claires. Il recommande également de garder le maximum de décisions au plus bas niveau possible afin que les problèmes éprouvés ne remontent pas la pyramide et engorgent les fonctions plus stratégiques. Cette façon de faire favorise aussi une plus grande vitesse de réaction. Une telle organisation du travail est particulièrement profitable pour la gestion d’événements importants, puisqu’elle permet à ses dirigeants de se dégager des responsabilités juste avant et pendant les festivités afin de mieux observer et évaluer la prestation.

Sources:
–    Charan, Ram. «Leaders at all levels», présentation lors du Forum Urgence Leadership 1re édition, Les Grandes Conférences Les Affaires, en collaboration avec Knightsbridge, 1er juin 2009.
–    Gélinas, Daniel. «Leaders et gestion du risque: assurez le succès de vos protégés tout en veillant à la bonne marche des projets», présentation lors du Forum Urgence Leadership 1re édition, Les Grandes Conférences Les Affaires, en collaboration avec Knightsbridge, 1er juin 2009.

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Ressources humaines

Les clientèles non traditionnelles, la nouvelle relève de travailleurs! (Compte rendu de conférence)

Lors de la 8e Journée RH du Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT), quatre panélistes sont venus présenter des expériences réussies avec des clientèles non traditionnelles de travailleurs. Le mot d’ordre: laissez tomber vos préjugés! Vous découvrirez ainsi de nouvelles avenues très intéressantes.

Jeunes et «vieux», un duo hors pair!

Un simple communiqué de l’Association touristique régionale des Cantons-de-l’Est, annonçant un projet pilote visant à recruter des gens de 50 ans et plus pour des postes en accueil et information touristique, a déclenché une vague de CV. «Il a fallu gérer le succès», soulignait Sylvie Vandal, commissaire au tourisme à CommercETourisme Granby et région.

Ayant postulé ces postes par choix, les 50 ans et plus se présentaient avec une ouverture et un plaisir évidents. Cette attitude a séduit les jeunes, et une complicité s’est développée entre les deux groupes: échange, égalité, partage de connaissances et d’expériences, ambiance de travail agréable et changement réciproque de perceptions.

Mais que recherchent ces 50 ans et + réputés pour leur service à la clientèle hors pair?

  • Une expérience enrichissante
  • Un emploi qui rejoint leurs valeurs
  • La mise à profit de leur expérience en rendant service aux autres
  • Le plaisir du contact avec le public
  • Un horaire flexible
  • Un poste qui ne leur impose pas de responsabilités

Autres arguments qui nous obligent à mettre certains préjugés de côté : la gent masculine a été plus nombreuse à postuler (90%) et les sites Internet constituent un excellent moyen pour recruter cette main-d’œuvre (association de retraités, citeboomers.com, etc.).

Une expérience heureuse et concluante!

Faire briller les yeux de jeunes décrocheurs

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Des jeunes travailleurs issus de l’aide sociale ont la chance de voir la lumière au bout du tunnel. Brian Aubé, directeur général de l’Association hôtelière de la région de Québec (AHRQ), a décidé de financer les études de certains d’entre eux par l’intermédiaire de l’organisme de réinsertion sociale Le Piolet et de les jumeler avec des équipes d’établissements hôteliers qui ont bien voulu s’ouvrir à ce type de clientèle. «Il fallait voir les yeux de ces jeunes briller lorsqu’ils préparaient des petites bouchées avec un grand chef».

Que dire de plus!

Faire tomber les préjugés envers les personnes handicapées

Une personne ayant des problèmes de santé mentale au poste de femme de chambre.
Une personne ayant une déficience neurologique au poste d’agent de promotion (Musée du chocolat).
Une personne ayant une déficience auditive au poste de préposé à l’entretien ménager (Restaurant du Vieux Fort).

ML_2008-11_cltlnontradrelvtravallr_img2Les barrières à l’embauche de personnes handicapées sont trop souvent liées aux préjugés et aux limites perçues par les employeurs. Il suffit de discuter quelques minutes avec Martin Prévost du Regroupement des organismes spécialisés pour l’emploi des personnes handicapées (ROSEPH) pour constater que les possibilités d’embauche sont nombreuses et que le support de cet organisme joue un rôle déterminant dans l’intégration de cette clientèle au marché du travail.

Les membres du ROSEPH offrent aux employeurs une gamme de services professionnels:

  • session d’information et de sensibilisation auprès du personnel de l’entreprise;
  • identification des postes et analyse de tâches;
  • présélection des candidats;
  • adaptation des postes de travail et accès aux diverses mesures d’accommodement;
  • accompagnement individualisé et entraînement de l’employé(e) à son poste de travail;
  • suivi individuel en emploi durant plusieurs mois.

Il faut comprendre que pour une multitude de tâches, les handicaps ne font pas obstacle à leur réalisation. Est-ce que le fait qu’une personne soit en fauteuil roulant le rend inapte à répondre au téléphone? Il suffit parfois de solutions bien simples, comme quelques morceaux de bois, pour hausser un bureau afin de résoudre un problème d’accessibilité.

Sachez voir au-delà des apparences!

Une incursion du côté des travailleurs étrangers temporaires

Vous devez faire face à une pénurie de main-d’œuvre ou de compétences spécifiques? Mario Lauzon, conseiller régional à Service Canada (SC), est venu expliquer comment son organisme peut faciliter l’admission des travailleurs étrangers au Canada.

La procédure débute généralement par l’approbation par Service Canada de l’offre d’emploi faite à un travailleur étranger. Plusieurs facteurs sont alors considérés, par exemple la disponibilité de citoyens canadiens et de résidents permanents pouvant pourvoir au poste, les efforts déployés par l’entreprise pour recruter des Canadiens. Par la suite, la candidature du travailleur étranger est évaluée par Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) afin de lui délivrer un permis de travail. Au Québec, la décision de confirmer une offre d’emploi temporaire est prise conjointement par le ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles du Québec (MICC) et Service Canada.

Service Canada possède un bureau au 715, rue Peel à Montréal (sans frais 1-866-840-0222) pour aider les employeurs dans leurs démarches.

Vous avez des ressources, consultez-les!
http://www.rhdsc.gc.ca/fr/competence/travailleurs_etrangers/travailtemp_quebec.shtml

Sources:
– Conseil québécois des ressources humaines en tourisme. «L’entrepreneuriat et l’innovation au secours de la pénurie de main-d’œuvre», 8e Journée RH tenue le 25 octobre 2008 à Orford.
– Panel «Recruter et retenir. Mise à jour sur les clientèles non traditionnelles de travailleurs»:

  • Aubé, Brian. «Les travailleurs issus de l’aide sociale», Association hôtelière de la région de Québec (AHRQ).
  • Lauzon, Mario. «Les travailleurs étrangers temporaires», programme des travailleurs étrangers, Service Canada, région du Québec.
  • Prévost, Martin. «Les travailleurs handicapés», Regroupement des organismes spécialisés pour l’emploi des personnes handicapées (Roseph).
  • Vandal, Sylvie. «Les travailleurs de 50 ans et plus, une expérience pilote dans les bureaux d’information touristique des Cantons-de-l’Est», CommercETourisme Granby et région.
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Marketing Ressources humaines

Ressources humaines et marketing, mariage obligé! (Compte rendu de conférence)

Difficile d’imaginer, il y a quelques années, que le service des ressources humaines travaillerait en étroite collaboration avec le service du marketing dans le but de peaufiner l’image de marque de l’entreprise et de séduire ainsi les travailleurs. Une réputation ça se prépare, n’attendez pas d’être en situation de crise! Voici des méthodes innovatrices pour devenir un recruteur hors pair.

Image de marque et ADN

Séduire un travailleur implique la même démarche que celle utilisée pour séduire un client. Il devient nécessaire d’appliquer les principes marketing à la gestion de la main-d’œuvre comme de connaître les méthodes de recrutement des concurrents et des secteurs d’activité connexes. L’élaboration du plan marketing consiste non seulement à attirer les candidats, mais aussi à retenir les employés en poste.

Pour se vendre et se démarquer de la concurrence, il faut se bâtir une image de marque claire et «colorée». L’ADN de l’entreprise constitue l’essence même de cette image. C’est la vision des dirigeants, la mission de l’organisation, ses valeurs, sa culture, son style de gestion, son milieu de vie, c’est ce qui la caractérise. Définir son ADN permet de capitaliser sur ses forces et sert à découvrir si les candidats possèdent les «gènes» recherchés et compatibles avec la culture de l’entreprise.

«The vast majority of the retention drivers have more to do with an organization’s culture than its specific programs.» (Towers Perrin, WorldatWork Journal 2006)

L’image de marque n’est pas un coup de pub. Elle définit la proposition de l’employeur, la promesse unique et différenciatrice de l’expérience faite aux candidats et aux employés, ce qui les incite à embarquer dans l’aventure. La force de la marque, c’est la livraison concrète de cette promesse, sinon les employés déserteront à leur tour.

Les employés sur tous les fronts

Pour définir l’image de marque, un sondage à l’interne constitue un bon moyen. Il permet de valider la vision de la direction avec la perception des employés, de déterminer ainsi  s’il existe un écart entre ce qu’on leur a promis lors de l’embauche et leur regard actuel et, enfin, de définir ce qui peut être «vendeur».

Pour promouvoir l’entreprise, le meilleur outil marketing demeure le personnel en poste. Trouvez ce qui rend les employés fiers de travailler pour l’organisation et faites d’eux des ambassadeurs par le biais d’une campagne médiatique.

Pour recruter les travailleurs, les employés peuvent s’impliquer de multiples façons: par du bouche-à-oreille auprès de leur réseau de contacts; en faisant vivre l’expérience de l’entreprise aux postulants; en participant à l’entrevue ou de façon plus informelle (ex. lunch avec le candidat) afin de vérifier s’il y a une chimie entre l’équipe de travail et le futur employé.

Quand l’annonce classée ne suffit plus

Le bassin de chercheurs d’emplois se rétrécit et tout indique que cette tendance se poursuivra. Quand la petite annonce dans le quotidien ne suffit plus à trouver des candidats, il faut dénicher d’autres avenues de recrutement. Voici quelques pistes pour devenir un agent recruteur hors pair:

  • Lorgnez sur la concurrence où il existe tout un bassin d’employés qui ne consultent pas les offres et ne cherchent pas activement d’emplois, mais qui seraient probablement ouverts à des propositions intéressantes.
  • Étendez votre territoire de chasse en ne vous confinant pas à votre secteur d’activité. Les compétences recherchées peuvent se trouver  dans d’autres types d’organisations.
  • Utilisez des méthodes branchées et passez à l’action avec des concerts, des conférences, des activités sportives, des événements-bénéfice et associatifs, des 5 à 7 qui permettent de côtoyer les employés et les patrons, des campagnes d’attraction avec une série de portraits d’employés (de métiers), des bourses aux étudiants, des cadeaux promotionnels qui démontrent vos valeurs (ex. produits équitables ou faits de matériaux recyclables), des activités de bénévolat pour aider la communauté. Même si les salons de l’emploi constituent un moyen traditionnel de recruter, il est possible d’y retenir l’attention avec un kiosque qui sort de l’ordinaire, qui étonne!
  • Séduisez les plus jeunes en allant au-delà des bancs d’universités et de cégeps et donnez-leur le goût d’envisager une carrière dans votre secteur d’activité en instaurant des camps de jour durant la période d’été, ou simplement en participant à ceux-ci.
  • Soignez votre image de marque. Souvent, elle est aussi importante aux yeux des candidats que le salaire et les avantages sociaux. Qui n’a jamais rêvé de travailler pour le Cirque du Soleil?
  • Maximisez l’utilisation des réseaux.  Utilisez le marketing relationnel par le biais de collègues, d’amis, d’associations, de réseaux sociaux sur Internet comme LinkedIn spécifique aux gens d’affaires ou FaceBook.
  • Utilisez le Web, le Web et encore le Web! qui constitue une vitrine stratégique. La section carrière/emploi de votre site Internet doit être attrayante, dynamique et convaincante. Plus qu’une simple description de poste, elle vend la chimie de l’équipe, la culture de l’entreprise, le style de gestion. Faites-y témoigner vos employés, instaurez un blogue d’employés.
  • Préparez-vous bien à répondre au candidat. Lors de l’entrevue, il vous bombardera probablement de questions sur votre vision, votre politique de responsabilité sociale, etc.
  • Raccourcissez le processus d’embauche,  sinon le candidat s’impatientera ou il aura filé chez un concurrent.
  • Segmentez et ne ségrégez pas, mais misez sur les valeurs du candidat, ses attentes face à son travail, ses motivations.

Tant les chercheurs d’emploi que la concurrence scruteront à la loupe votre image et vos promesses. Il faudra alors savoir vous démarquer et, surtout, tenir vos engagements.

Lire aussi:
– Nouveau marché du travail: union de cœur ou de raison?
– Employeurs de choix ou l’art d’avoir la cote (Compte rendu de conférence)
– Êtes-vous «out» en matière de recrutement? (Compte rendu de conférence)
– Soyez cool, mettez-vous en mode «cyber-recrutement»!

Sources:
– Le Hirez, Carole. «Huit méthodes innovatrices pour recruter les meilleurs candidats», Journal les affaires, 24 mai 2008.
– Le Hirez, Carole. «L’art de se vendre en tant qu’employeur», Journal les affaires, 7 juin 2008.
– Le Hirez, Carole. «Recruter à l’heure de la grande séduction», Journal les affaires, 14 juin 2008.
– Les Grandes Conférences les affaires. «Méthodes innovatrices de recrutement: mode d’emploi», Montréal, 17 et 18 juin 2008.

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Enjeux Gestion Ressources humaines

La pénurie des ressources humaines en tourisme: mythe ou réalité?

Lors des assises de l’industrie touristique 2008, trois panélistes ont discuté d’un enjeu qui préoccupe un nombre grandissant de secteurs d’activités, dont le tourisme, à savoir la pénurie de la main-d’oeuvre. Mais peut-on réellement parler de pénurie? Quels sont les défis des ressources humaines en regard de cette situation? Et, concrètement, comment une entreprise arrive-t-elle à relever ces défis?

Normand Roy, directeur, Centre d’étude sur l’emploi et la technologie (CETECH) et Information sur le marché du travail (DCIMT)

En 2007, la situation de l’emploi au Québec a atteint de nouveaux sommets:
• 61% des Québécois de 15 ans et plus occupent un emploi;
• le taux de chômage touche son plus faible niveau depuis 1974: 7,2%.

Cette tendance devrait se poursuivre et même s’accentuer puisque, dès 2012, la population en âge de travailler amorcera son déclin. La proportion des gens de 55 à 64 ans est en croissance alors que celle des 15-24 ans diminue. Mais s’agit-il réellement d’une pénurie? Selon les économistes, une pénurie peut se définir de la façon suivante:

«Une pénurie se produit lorsque, dans une conjoncture particulière, à un moment donné et dans une région géographique précise, les compétences de la main-d’œuvre qualifiée au sein de la population ne répondent pas aux besoins du marché.»

Dans le cas de l’industrie touristique, il serait alors plus juste de parler de difficultés de recrutement ou encore de rareté de la main-d’œuvre, puisque le facteur «temporaire» ne semble pas sous-tendre le phénomène. Les caractéristiques de l’industrie pourraient expliquer, en partie, les difficultés à recruter:

  • rémunération relativement faible;
  • conditions de travail peu attrayantes;
  • mauvaise image de l’industrie;
  • horaire de travail peu satisfaisant;
  • difficultés de navettage;
  • méthodes de recrutement inadéquates;
  • besoins de compétences très spécialisés ou propres à une entreprise.

Un taux de roulement très élevé de la main-d’oeuvre caractérise aussi l’industrie. Il s’explique surtout par la saisonnalité des emplois, les conditions de travail, y comprisles faibles salaires, l’horaire de travail, dont le temps partiel, ainsi que la proportion élevée de jeunes travailleurs. Comme ces derniers seront moins nombreux à l’avenir, les difficultés de recrutement devraient s’intensifier et inciter les employeurs à se démarquer pour mieux attirer et retenir leurs employés.

Des solutions?

  • Mettre sur pied davantage de programmes études / travail.
  • Favoriser l’embauche des 50 ans et plus.
  • Réorganiser le travail en fonction de la nouvelle réalité de la main-d’œuvre.

La rareté de ressources humaines pose un défi très intéressant qui nous pousse à chercher des solutions, à revoir nos façons de procéder et, par conséquent, à nous rendre plus intelligents!

Florent Francoeur, président-directeur général, Ordre des conseillers en ressources humaines agréés (CRHA) et des conseillers en relations industrielles agréés (CRIA) du Québec

Le nombre d’emplois dans le secteur des services est en croissance alors que celui de la transformation et de la fabrication enregistre plutôt une diminution. Selon un article de la revue L’Actualité, 700 000 emplois seront à combler d’ici les trois prochaines années. Ainsi, le pire est à venir! Mais tous les domaines d’activités devront faire face à cette situation. Dans un tel contexte, la génération Y, soit celle qui représente la relève actuelle, possède un avantage que les générations précédentes n’ont pas eu: elle peut imposer ses conditions.

Les entreprises font face à trois défis majeurs en regard des ressources humaines: attirer de la main-d’oeuvre, la fidéliser, puis la mobiliser.

Attirer… et non pas recruter
Le langage évolue et s’adapte à la nouvelle réalité. On ne parle plus de recruter, mais plutôt d’attirer et même de séduire. Lors d’une opération de «séduction», le candidat posera un certain nombre de questions concernant l’entreprise. Pour y répondre, cette dernière doit d’abord identifier et faire valoir:

  • ce qui la distingue des autres; sa culture et les valeurs d’entreprise qu’elle préconise;
  • les façons dont l’employé peut contribuer au succès de l’entreprise;
  • un travail intéressant – une vision précise du poste;
  • les possibilités d’apprentissage, de développement, d’avancement;
  • un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle; la rémunération globale; la stabilité ou la sécurité d’emploi garantie.

Fidéliser
Pour favoriser la fidélisation des employés, l’élément clé demeure les marques d’appréciation. Un simple «bonjour», «merci» ou encore «bon travail» a souvent beaucoup d’effet et contribue à une bonne ambiance de travail, mais d’autres aspects sont à considérer:

  • établir une relation de soutien, de support entre le gestionnaire et ses employés;
  • offrir de la flexibilité pour mieux concilier travail et vie personnelle;
  • encourager la participation aux décisions;
  • créer un climat de travail sain en favorisant une communication efficace.

Mobiliser
Enfin, pour sensibiliser les travailleurs aux objectifs de l’entreprise et les mobiliser à sa réussite, les éléments suivants sont indispensables:

  • la reconnaissance, le bon rendement récompensé;
  • les perspectives d’apprentissage, de développement de carrière;
  • l’implication des employés dans la gestion des ressources humaines;
  • une équipe de direction inspirante pour les employés;
  • la relation entre les tâches à effectuer et les résultats pour ainsi donner au personnel le sentiment qu’ils participent à la réussite de l’entreprise.

Christian Champagne, vice-président exécutif pour les restaurants Pacini et Commensal

Concrètement, l’application de ces méthodes de gestion donne-t-elle réellement des résultats? Pour les restaurants de la chaîne Pacini qui a pris le virage de la reconnaissance en 2003, c’est même devenu payant!

En 2001, pour remédier au taux de roulement élevé des employés, alors de 146%, la direction s’engage à changer sa façon de gérer les ressources humaines. En 2003, elle implante un généreux programme de récompense composé de 3 volets:

Reconnaissance de l’ancienneté
À 6 mois d’ancienneté, l’employé reçoit un porte-clés lumineux; pour les années 1, 3, 5, 10, 15 et chaque tranche de 5 années supplémentaires, il obtient un chèque-cadeau d’un commerce partenaire.

Apport à l’esprit d’équipe
Un sondage annuel réalisé auprès des employés permet d’identifier une personne qui s’est démarquée par son esprit d’équipe et ce, pour chaque restaurant. Cet employé pourra ensuite participer à l’activité de team building, souvent une sortie de plein air, qui est par ailleurs très attendue d’une année à l’autre.

Compétences reliées aux objectifs
Ce volet regroupe des méthodes d’évaluation qui, lorsque franchies avec succès, peuvent donner lieu à des récompenses comme un voyage formatif en Italie ou au Chili.

Le programme de reconnaissance porte ses fruits… D’abord, Pacini a reçu plusieurs prix relativement à la gestion des ressources humaines, dont le Prix québécois de l’entreprise citoyenne 2007. Ensuite, le taux de roulement des employés est passé de 146% en 2001 à 50% en 2007. Les économies réalisées grâce à une meilleure gestion des ressources humaines s’élèvent à plus de 415 000$ par rapport à 2001 – y compris une économie de 200 000$ pour le recyclage des bouteilles d’eau, une initiative des employés –, alors que le coût du programme de reconnaissance est d’environ 100 000$. Enfin, la satisfaction des employés se fait également sentir sur les ventes: ces dernières ont crû de 24% (2001-2007). Comme les factures moyennes augmentent, les pourboires sont à la hausse et, pour boucler le tout, les hausses de revenus ont permis d’augmenter les salaires des cuisiniers.

«Bien traiter ses employés, c’est payant!», comme le clame M. Champagne: «Les clients d’abord, mais les employés avant tout!»

Sources :
– Champagne, Christian. «La reconnaissance, c’est payant!», Restaurants Pacini et Commensal, Assises du tourisme 2008.
– Francoeur, Florent. «Le cadre dans lequel nous mobilisons», Ordre des conseillers en ressources humaines agréés (CRHA) et des conseillers en relations industrielles agréés (CRIA) du Québec, Assises du tourisme 2008.
– Roy, Normand. «La pénurie des ressources humaines en tourisme: Mythe ou réalité», Centre d’étude sur l’emploi et la technologie (CETECH) et Information sur le marché du travail (DCIMT), Assises du tourisme 2008.

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Ressources humaines

Capital humain: facteur de réussite – Assises du tourisme 2008

Comment donner le goût aux employés de rester dans l’entreprise et de mieux performer? Comment capter leur intérêt? Trois conférenciers sont venus partager leur expérience et expliquer l’importance des ressources humaines comme facteur de réussite. Avec pour fil de trame… la mobilisation des employés.

Réinventer la façon de faire pour «capter l’intérêt» – Marc Éthier, consultant en ressources humaines, Actitude Plus, présentation du Parc Safari, Hemmingford en Montérégie

L’entreprise doit être reconnue dans son secteur d’activité pour susciter le désir des travailleurs à faire partie de cette organisation.

Au recrutement, le candidat doit sentir que faire partie de l’organisation constitue un privilège. Une première sélection s’effectue massivement alors que les postulants sont tous réunis dans une salle. Les employés de deux ans et plus d’ancienneté choisissent les candidats potentiels car ce sont eux qui travailleront avec les nouveaux employés recrutés. L’entreprise explique clairement ses objectifs et ses attentes.

Dans un souci de repenser l’organisation du travail, les gestionnaires séniors (plus de 25 années) délaissent les opérations au quotidien et deviennent des experts conseils, tandis que les gestionnaires juniors agissent à titre de coachs. L’«université du Parc» assure une formation sur mesure. De nombreux employés choisissent librement de poursuivre leur formation en dehors des heures de travail afin de s’améliorer et de pouvoir progresser dans l’organisation.

La responsabilisation des employés constitue un facteur de réussite important. La première année, les employés sont encadrés par des coachs. Par la suite, afin de donner un sens à leur travail et de renforcer leur engagement, des responsabilités leur sont progressivement assignées et ils ont voix quant à l’organisation de leurs tâches. La reconnaissance de leur travail à plusieurs niveaux (événements sociaux, etc.) et la rétroaction à 360° (évaluation de l’employé par l’employeur et vice versa) contribuent positivement à la mobilisation des troupes.

Donner le goût de rester – Louis Lessard, président-directeur général, Auberge Le Baluchon, Saint-Paulin en Mauricie

Le Baluchon regroupe 220 employés répartis dans des unités autonomes de gestion, lesquelles ne comptent pas plus de 30 personnes.

La philosophie s’avère bien utile quand il s’agit de gérer la plus grande ressource de l’entreprise: les employés. Le gestionnaire devient alors un guide, un gardien des valeurs de l’organisation. La participation, l’écoute, la communication, le respect, l’engagement et la créativité constituent l’essentiel de ces valeurs. Il faut prendre le temps de s’intéresser aux employés, leur accorder de l’attention et faire en sorte qu’ils adoptent une attitude positive et accomplissent leurs fonctions avec entrain et plaisir.

Mobiliser les employés, c’est donner un sens à leur travail, leur donner des objectifs à atteindre, offrir une qualité de vie au travail et leur manifester de la reconnaissance et de la considération. Quant aux conditions salariales, l’entreprise se fait un devoir d’offrir les meilleures de la région.

Plusieurs actions concrètes ont été mises de l’avant pour fidéliser le personnel:

  • les groupes de référence (8 groupes) – trouver des solutions pour améliorer l’organisation du travail, la satisfaction de la clientèle et le développement durable (lire aussi: Bonnes pratiques: les groupes de référence de l’Auberge Le Baluchon);
  • le comité de bonne entente – prendre des décisions concernant les conditions de travail (ex. partage des pourboires);
  • la table de gestion participative – faire circuler l’information (événements qui se sont passés dans la semaine et ceux à venir);
  • le comité social;
  • le programme de reconnaissance.

Si Le Baluchon ne se voulait qu’une occasion d’affaires, l’ambiance au travail serait bien différente. Par sa mission, ses valeurs et ses philosophies, l’entreprise suscite le dynamisme au sein des employés. Ce qui anime l’équipe : le service à la clientèle!

Coacher pour performer – Pierre Provencher, directeur des ressources humaines, Station de ski Mont Saint-Bruno, Saint-Bruno en Montérégie

L’entreprise compte, en 2007-2008, 741 employés et plus de 150 bénévoles.

En 2002, l’entreprise poursuivait sa croissance et le recrutement se faisait de plus en plus laborieux. Avec les sombres perspectives du marché de la main-d’œuvre, il fallait garder le personnel et adopter une image de marque qui attire et fidélise les employés. Pour rencontrer cet objectif, un changement de culture s’imposait. Le gestionnaire a modifié son approche avec les employés, c’est-à-dire qu’il est passé du statut de patron à celui de coach. L’appui de la haute direction et des programmes de formation adaptés sont venus soutenir ce virage.

Plusieurs démarches ont été mises en place pour mobiliser les employés: communiquer clairement la mission et les objectifs de l’entreprise, stimuler les communications intergénérationnelles, souligner les bonnes actions, créer un lien socio-affectif envers l’organisation, désamorcer les situations de crise, préparer un guide d’employé pour chacun des secteurs, donner de la formation, etc.

Dans un effort collectif, la culture de l’entreprise s’est assainie, l’esprit d’équipe s’est renforcé et la mobilisation est désormais au rendez-vous. Par ces actions, le taux de rétention est passé de 47,9% en 2003 à 69,7% en 2007, soit 200 employés de moins à recruter, pour une économie estimée à 20 000 dollars.

Lire aussi: Bonnes pratiques: les groupes de référence de l’Auberge Le Baluchon.

Source:
– Tourisme Québec. Assises du tourisme 2008, Montréal, 9 mai 2008.

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Ressources humaines

Attention, la génération Y débarque dans vos entreprises!

Qui sont ces êtres bizarres qui n’ont pas de montre au poignet, qui arborent parfois piercing et tatous, qui ont souvent le tutoiement facile et qui bousculent les pratiques de gestion? La réponse: la génération Y. Ces jeunes de moins de 30 ans envahissent le marché du travail et remplacent les têtes grisonnantes qui se dirigent massivement vers la sortie. Voici une idée de ce qui vous attend comme employeur.

Une génération de jeunes dynamiques et «allumés»

La génération Y peut s’avérer déroutante et essoufflante pour les organisations et les dirigeants. Cependant, mieux connaître ces jeunes, c’est comprendre qu’ils sont instruits et curieux, qu’ils peuvent constituer un atout, insuffler un vent de fraîcheur et d’innovation dans les milieux de travail.

Pour les Y, le salaire ne constitue pas la priorité. Ils sont plutôt impatients de gravir les échelons et souhaitent continuer à apprendre. Ils recherchent un travail stimulant et veulent côtoyer des gens dynamiques et compétents.

Comment ajuster vos pratiques de gestion?

Comment ajuster vos pratiques de gestion pour que la génération Y daigne s’intéresser à votre entreprise et pour ne pas engendrer de conflit de générations? Voici ses façons bien à elle d’appréhender le monde du travail à travers ses valeurs et ses caractéristiques ainsi que les répercussions sur le milieu du travail.

  • Tombée dans l’information à la naissance

La génération Y a toujours eu accès à une panoplie de sources d’information. Elle est souvent sceptique, peut remettre en question vos décisions, exige des explications et veut vérifier. Elle ne veut pas exécuter des ordres ou des tâches sans en comprendre le sens.

  • Vaccinée à la techno

Inutile de leur indiquer le fonctionnement du télécopieur car ces jeunes ont dépassé ce stade depuis longtemps. Ils ne peuvent imaginer vivre ou travailler sans cellulaire, laptop performant, BlackBerry, iPod, etc.

  • Accro à la nouveauté et aux changements

Pour les Y, la nouveauté c’est stimulant et ils n’ont pas peur du changement. Ils remettront en question les méthodes établies et deviendront une source de métamorphoses et d’innovations pour l’organisation.

  • Branchée à un réseau de communication efficace

Hors du réseau social et professionnel, point de survie! Cette génération connaît tous les modes de communication – cellulaire, clavardage, texte SMS, blogues, médias sociaux – et dispose d’un imposant cercle de contacts. Une information à trouver, un problème à résoudre, elle sait utiliser le médium le plus efficace et mettre à contribution ses relations.

  • Tout de suite svp!

Pour elle, tout doit aller vite. Elle veut tout, tout de suite. Il ne faut pas la laisser sans réponses, lui imposer des délais inutiles ou remettre à plus tard sans raisons.

  • Allergique à l’autorité

Il est préférable d’oublier les structures très verticales et les titres comme président, vice-président, directeur qui laissent présager hiérarchie et longs processus décisionnels. Cette génération remet en question l’autorité et porte davantage de respect à un supérieur en regard de ses compétences plutôt que son titre. Elle est plus attirée par les structures de gestion aplaties, le travail en équipe, où tous sont partenaires de la même aventure à des degrés divers. Elle veut être autonome et évolue mal dans un milieu de travail encadré. Elle recherche un coach plutôt qu’un boss.

  • En quête de sens

Ces jeunes veulent travailler pour une organisation qui a une vision. Ils ont besoin de souscrire aux valeurs de l’entreprise qui les emploie. Ils recherchent moins le prestige que le poids de leur opinion auprès de la direction, de même que des rapports plus humains. Ils préfèrent donc s’engager dans une petite boîte plutôt que de travailler pour une multinationale. Ils veulent accomplir quelque chose, se réaliser et non pas simplement travailler pour obtenir une montre en or.

  • Ouverte sur le monde multiculturel

Travailler avec des collègues d’autres origines ne lui cause pas de problèmes car la diversité ethnique, elle la côtoie régulièrement.

  • Son carburant, les défis

Les Y préfèrent un travail stimulant et des défis à la stabilité. Cette génération veut continuellement apprendre. Elle veut accumuler de nouvelles expériences pour mieux faire face aux incertitudes du marché de l’emploi. Les organisations devront lui faire miroiter des possibilités de développement de carrière.

  • Son besoin, la flexibilité

Les moins de 30 ans souhaitent des aménagements de travail flexibles: partage de poste, temps partiel, travail à distance, semaine de travail comprimée, congé sabbatique pour voyager, étudier ou explorer de nouvelles avenues.

  • Son travers, l’infidélité

La génération Y a la bougeotte. Elle se comportera comme un agent libre sur le marché du travail car elle a vu des entreprises mettre à pied massivement du personnel, peu importe leur ancienneté et leurs compétences. Elle est indépendante face à son employeur car elle garde toujours la possibilité de retourner chez papa et maman si une difficulté se présente.

  • Sa religion, la qualité de vie

Elle refuse des postes de direction qui exigeraient trop de sacrifices et la priveraient de sa qualité de vie. Elle n’accepte pas d’effectuer de longues heures de travail et est très peu encline à faire des compromis sur le temps consacré à la famille, aux amis et aux loisirs. Elle ne veut pas imiter ses parents qui ont travaillé sans compter en sacrifiant leur vie conjugale et familiale. Forte d’une conscience sociale, elle consacre du temps à certaines causes, en dehors du travail.

Le psychologue Alain Reid, vice-président et associé à la Société de consultants en ressources humaines Pierre Boucher, décrit l’attitude de ces jeunes travailleurs comme suit: «Donne-moi des objectifs précis et des défis stimulants. Ne viens pas me voir toutes les cinq minutes pour savoir où j’en suis. Je vais m’investir à fond pendant que je suis là. Mais à 16h30, goodbye. Je m’en vais rejoindre mes proches, m’entraîner ou organiser un rave.»

Dépoussiérez-vous!

Pour attirer cette génération et surtout la retenir, il vous faudra faire preuve d’imagination et d’ouverture! Oubliez les ennuyantes présentations Power Point de votre entreprise et pensez plutôt gadgets, musique, vidéos, party, réseautage… Démontrez-lui qu’elle aura du plaisir à travailler pour votre organisation et que des avenues intéressantes s’offrent à elle.

Une étude menée auprès d’un échantillon de 4851 étudiants de collèges et d’universités à travers le Canada en 2004 suggère aux employeurs de se rapprocher du milieu étudiant et de participer aux systèmes coopératifs (alternance sessions d’étude et expérience en milieu de travail) afin de faciliter le recrutement et de permettre aux jeunes de se familiariser pendant leurs études avec les réalités de l’emploi en entreprise.

Et, surtout, ne les bernez pas car ils ont le «bye-bye boss» facile!

Lire aussi:
– Êtes-vous «out» en matière de recrutement?
– Soyez cool, mettez-vous en mode «cyber-recrutement»!
– Seniors, baby-boomers, générations X et Y – des clients, mais aussi des employés
– La génération X contre-attaque!
– Client ou employé: même «mode d’emploi»! (Compte rendu de conférence)

Sources:
– Balderrama, Anthony. «Generation Y: Too Demanding at Work?», [CareerBuilder.com], 11 septembre 2007.
– Grenier, Éric. «Le grand débarquement», Magazine Jobboom, vol. 3, no 4, août-septembre 2002.
– Guerrero, Sylvie. « Les attentes au travail de la génération Y: mythe ou réalité?», Chaire de gestion des compétences, ESG-UQAM, 13 mars 2007.
– Hira, Nadira A. «You Raised Them, Now Manage Them», Fortune, 28 mai 2007.
– Hotel News Resource. «Study Reveals Salary Not the Most Important Factor for Students When Deciding Where to Work», [www.hotelnewsresource.com], 23 août 2007.
– Ng, Eddy S.W. et Ronald J. Burke. «The Next Generation at Work: Business Students Views Values and Job Search Strategy Implications for Universities and Employers», Education + Training, vol. 48, no 7, 2006, p. 478-492.
– Rivard, Sylvie L. «L’ABC des Y», [www.Jobboom.com], 8 juin 2007.