Catégories
Technologies

Diagnostic numérique: où en sont les entreprises touristiques du Québec? – partie 2

En novembre 2013, la Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM a réalisé un diagnostic numérique visant à mesurer l’état d’avancement technologique des entreprises touristiques du Québec. Faisant suite à une première analyse issue des résultats de cette enquête, cette seconde partie traite de la situation des entreprises touristiques québécoises quant à la mobilité, à la réservation en ligne et à l’utilisation des médias sociaux.

Les données proviennent d’un sondage Web effectué auprès de 2 393 intervenants œuvrant en tourisme au Québec (pour la méthodologie détaillée, lire l’analyse « Diagnostic numérique, partie 1).

La mobilité

Près du quart (24%) d’entre elles ont développé une version mobile de leur site, alors que pour 19%, ce processus est en cours

La technologie mobile a changé les pratiques de gestion et de marketing des entreprises touristiques. Près du quart (24%) d’entre elles ont développé une version mobile de leur site, alors que pour 19%, ce processus est en cours (voir le graphique 1).

Le manque de budget (43%) est la principale raison qui freine les intervenants touristiques dans la mise en place d’une version mobile, suivi par:

  • l’absence de ressources humaines qualifiées (29%);
  • le manque de temps (28%);
  • des activités qui ne justifient pas la création d’une version mobile de leur site (22%);
  • un manque de conviction en ce qui concerne la pertinence, l’utilité ou la valeur ajoutée de la version mobile (19%);
  • le développement trop complexe de cette technologie (11%).

CL_Diagnostic_2_graphique_1

La présence d’une application mobile est quant à elle encore plus rare. Environ les trois quarts (72%) des entreprises touristiques du Québec n’en possèdent pas.

L’utilisation de codes-barres — codes QR, Flashcodes, Datamatrix, etc. — reste une pratique marginale pour les entreprises touristiques québécoises. La majorité (79%) d’entre elles n’utilisent pas les codes 2D, et 36% des répondants ne connaissent même pas cette technologie.

La réservation en ligne

Pour plusieurs services et attraits touristiques, la réservation en ligne est possible. Comme il a été mentionné dans une analyse précédente, dans le cas de l’hébergement, le site Web de l’hôtel reste le principal outil de réservation des voyageurs québécois. Sur les 85% de répondants qui détiennent un site Web, 76% offrent une option de réservation à partir de celui-ci.

  • 48% d’entre eux proposent une réservation uniquement par courriel;
  • 13% indiquent leurs disponibilités en ligne, mais la réservation et le paiement se font en différé;
  • 15% affichent leurs disponibilités, et la réservation ainsi que le paiement se font en temps réel.

Parmi les entreprises touristiques, ce sont les établissements d’hébergement qui sont les plus nombreux à proposer la réservation en ligne (51%), suivis des restaurants (22%) (voir le graphique 2).

 CL_Diagnostic_2_graphique_2

Les grands établissements d’hébergement offrent davantage l’option de réservation et de paiement en ligne en temps réel à partir de leur site Web. En effet, ce sont 75% des hôtels de grande capacité (plus de 200 chambres) qui offrent cette option et 51% des hôtels de moyenne capacité (40 à 199 chambres). Les petits hôtels (moins de 39 chambres), les pourvoiries, les auberges de jeunesse et les gîtes touristiques gèrent majoritairement leurs réservations par courriel (voir le graphique 3).

CL_Diagnostic_2_graphique_3

Ce sont principalement les coûts trop élevés (liés aux frais d’adhésion ou au pourcentage de commission) associés à la réservation en ligne qui détournent les entreprises de cette fonction.

La réservation sur des sites externes à l’organisme

Que les entreprises aient un site Web propre à leur établissement ou non, leurs produits ou services peuvent parfois être réservés en ligne à partir de sites externes. Pour une majorité d’entre elles (56%), il ne s’agit pas d’une option possible. Toutefois, plusieurs répondants disent être présents sur différents portails d’information, la plupart (80%) sur bonjourquebec.com (voir le graphique 4).

CL_Diagnostic_2_graphique_4

Plus de la moitié (67%) des répondants s’affichent également sur le site Web de leur ATR.

Les médias sociaux

La place des médias sociaux dans les communications sur le Web est de plus en plus importante. La majorité (62%) des entreprises touristiques québécoises ont pris ce virage et y ont recours à des fins professionnelles. Facebook et YouTube sont les réseaux sociaux les plus connus et les plus utilisés. 

La plupart des entreprises touristiques sont présentes sur les médias sociaux pour y diffuser de l’information sur leurs produits et services (84%). Plus du tiers (36%) d’entre elles les utilisent également dans le but de présenter des offres promotionnelles (voir le graphique 5).

CL_Diagnostic_2_graphique_5

Les données du diagnostic numérique ont mis en évidence la place accordée à Internet au sein des entreprises touristiques québécoises. Bon nombre d’entre elles ont pris part au mouvement numérique, mais certaines avenues de perfectionnement persistent. Nous avons également relevé chez elles un fort désir d’accompagnement afin qu’elles puissent améliorer certaines lacunes.

 

NB: L’étude complète est maintenant disponible en ligne.

 

Catégories
Technologies

Diagnostic numérique: où en sont les entreprises touristiques du Québec? – partie 1

En novembre 2013, la Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM a réalisé un diagnostic numérique visant à mesurer l’état d’avancement technologique des entreprises touristiques du Québec. La démarche s’est effectuée en partenariat avec Tourisme Québec, ATR associées du Québec et ATS Québec (associations touristiques sectorielles). Les données proviennent d’un sondage Web conduit auprès de 2 393 intervenants œuvrant en tourisme au Québec (dont 46% du secteur de l’hébergement). Abordant la présence de la technologie dans les entreprises, cette analyse constitue le premier de deux textes consacrés au sujet.

Présence Web

Bonne nouvelle: plus de 85% des entreprises détiennent leur propre site Web. Celles qui n’en ont pas se retrouvent d’abord dans les catégories des centres de ski alpin (22%) et des résidences de tourisme, chalets, copropriétés ou studios (33%). Outre la raison évidente du manque de budget, les motifs les plus souvent évoqués sont les suivants:

  • des activités qui ne le justifient pas (33%);
  • un manque de temps (30%);
  • une absence de ressources humaines qualifiées (28%);
  • un processus trop complexe (22%);
  • un manque de conviction en ce qui concerne sa pertinence ou son utilité (18%).

Par ailleurs, le cycle de refonte du site Web des entreprises affiche un rythme intéressant (voir le graphique 1). Parmi les répondants qui en ont un, près de la moitié (46%) en ont effectué une refonte au cours de la dernière année, alors que plus du quart (27%) l’ont fait il y a un an ou deux.

CP_Diagnostic_1_graphique_1

Internet et sa gestion

Pour la majorité des entreprises, la gestion complète d’un site Web à l’interne ne constitue pas une mince tâche

Pour la majorité des entreprises, la gestion complète d’un site Web à l’interne ne constitue pas une mince tâche. Seul le tiers d’entre elles (34%) affirment être en mesure de la prendre complètement en charge grâce aux ressources internes de l’organisation (voir le graphique 2). Pour une grande proportion (43%), une gestion hybride interne-externe constitue le meilleur scénario, alors que 19% s’en remettent complètement à un tiers externe. Certains gestionnaires (4%) avouent simplement ne pas disposer des ressources nécessaires pour gérer leur site.

CP_Diagnostic_1_graphique_2

Parmi les entreprises qui effectuent une gestion à l’interne de leur site, la majorité (59%) y consacrent moins de cinq heures mensuellement, alors qu’il s’agit plutôt de cinq à dix heures pour le quart (25%) d’entre elles.

Lors d’une analyse antérieure, nous abordions la question des habitudes en matière de planification de voyages, plus particulièrement des types d’informations consultées en ligne par les Québécois. Nous avions constaté que le contenu informationnel joue un rôle primordial comme source d’inspiration pour le choix d’une destination. 

Les entreprises interrogées semblent bien en phase avec ce besoin de la clientèle: en plus des informations de base, une grande proportion d’entre elles (86%) présentent des photos ou des vidéos qui mettent en valeur les produits ou services offerts (voir le graphique 3). Environ les deux tiers (61%) positionnent également leur établissement ou leur attrait sur une carte Google. Mentionnons toutefois que peu d’entreprises (14%) affichent les commentaires des voyageurs ou intègrent un lien vers des sites d’avis tels que TripAdvisor.

CP_Diagnostic_1_graphique_3

Puisque le contenu informationnel revêt une si grande importance pour le consommateur, l’enjeu de son renouvellement l’est tout autant pour les entreprises

Puisque le contenu informationnel revêt une si grande importance pour le consommateur, l’enjeu de son renouvellement l’est tout autant pour les entreprises. À cet égard, 25% d’entre elles parviennent à mettre à jour leur site Web au moins une fois par semaine. Près du quart (23%) effectuent plutôt leurs mises à jour une ou deux fois par mois, alors que 21% ne le font qu’une fois maximum par année.

Mesure de la performance

L’analyse de la fréquentation d’un site Web est au cœur du processus d’évaluation de la performance numérique d’une organisation. Sur cet aspect, environ 60% des entreprises confirment mesurer la fréquentation de leur site. Les outils les plus fréquemment utilisés sont les suivants:

  • statistiques produites par le fournisseur qui gère ou héberge leur site (32%);
  • Google Analytics (32%);
  • compteur des visiteurs sur leur site (10%);
  • autre type d’outil de mesure (5%).

Une autre dimension essentielle à la bonne performance d’un site Web concerne le référencement. À ce sujet, 79% des répondants ont précisé avoir défini des mots-clés au moment de la construction de leur site (référencement naturel). Parmi ces derniers, une vaste majorité (85%) obtiennent des résultats probants en apparaissant sur la première page des moteurs de recherche comme Google ou Yahoo.

Quant aux solutions de référencement payantes, seules 18% des entreprises ont eu recours à des campagnes Adwords réalisées par elles-mêmes (11%) ou par l’intermédiaire d’une agence (7%).

Quant aux solutions de référencement payantes, seules 18% des entreprises ont eu recours à des campagnes Adwords réalisées par elles-mêmes (11%) ou par l’intermédiaire d’une agence (7%).

De nos jours, rares sont ceux qui ne consultent pas les avis d’autres voyageurs au moment de planifier un voyage. Cette facette que constitue le monitoring de réputation représente un enjeu essentiel pour la performance des entreprises.

Pourtant, une majorité d’entre elles (52%) n’effectuent aucune surveillance de leur réputation en ligne (voir le graphique 4). Mentionnons toutefois que 14% des organisations estiment qu’il n’y a aucun commentaire qui les concerne. Le contingent d’entreprises actives sur les médias sociaux répondant aussi aux commentaires représente 11% de l’industrie touristique.

CP_Diagnostic_1_graphique_4

Méthodologie de l’étude  

Afin que soit évalué le degré de connaissance et d’intégration des différents outils numériques, un questionnaire a été acheminé par courriel à 9 305 acteurs et entreprises touristiques du 17 au 31 octobre 2013. La constitution de l’échantillon préliminaire provient d’un extrait de la base de données de Tourisme Québec.

L’échantillon final a été établi à la suite d’ un tri effectué pour que les organisations jugées moins pertinentes (restaurants non touristiques, commerces, bureaux d’information et bureaux d’accueil touristiques, associations touristiques régionales, etc.) aux fins de cette enquête soient retirées. Un total de 2 393 intervenants ont répondu complètement à ce questionnaire pour un taux de réponse de 26%, ce qui est très élevé pour ce type de sondage visant l’industrie. Basée sur le diagnostic sectoriel du CQRHT, la répartition géographique des répondants est fidèle à la distribution des entreprises touristiques sur le territoire québécois.

diagnostic_numerique_metho.jpg

Près de la moitié (46%) des répondants à l’enquête proviennent du secteur de l’hébergement, dont une grande part de gîtes touristiques (17%) et de résidences de tourisme, copropriétés et chalets (17%). 

Une deuxième analyse tirée de la même enquête porte sur les questions liées à la mobilité, à la réservation en ligne et à l’utilisation des médias sociaux.

Image à la une: ©stock.xchng

Catégories
Technologies

#JeudiTourisme 2013: Techno, techno, techno

Suivez les pingouins!

Le Sunshine Aquarium de Tokyo se situe à un kilomètre d’une station de métro. Pour s’y retrouver, les visiteurs n’ont qu’à suivre à l’aide de leur appareil mobile des pingouins en réalité augmentée, une façon amusante d’entamer l’expérience. Rencontrez-les ici!

 

Signalisation intelligente

Des panneaux à DEL, à l’apparence classique, affichent du contenu en temps réel. Un écran de contrôle accessible aux passants leur permet d’interroger le système selon une dizaine de critères. Voir la vidéo.

L’Europe: la porte d’à côté

La Société nationale des chemins de fer français (SNCF) a développé une campagne marketing particulièrement amusante en installant des portes dans différentes grandes villes d’Europe. En ouvrant l’une d’elles, le passant peut interagir en direct avec des gens qui se trouvent dans une autre ville. L’idée est de leur rappeler la proximité de destinations urbaines dynamiques. Découvrez cette expérience en visionnant la vidéo.

Google Analytics devient plus humain…

Depuis octobre dernier, Google Analytics, l’outil d’analyse de la fréquentation de sites Web, permet à l’utilisateur d’obtenir davantage d’information qualitative. Les témoins (cookies) générés par Google soutirent des renseignements précieux sur les visiteurs, comme leur tranche d’âge ainsi que leurs centres d’intérêt. Voilà qui peut être fort utile pour le développement de stratégies marketing ciblées.

CB_techno_image1

Source: www.google.com/analytics

Trouver un spectacle, un hôtel et un vol sur un seul site Web

Le site Internet Fantrotter est un métamoteur de recherche de billets de spectacle et une agence de voyages en ligne. Il effectue la requête de prestation artistique ou sportive, puis déniche une chambre d’hôtel, un vol et une location d’auto pour un prix donné.

CB_techno_image2

Source: www.fantrotter.com/

Google Street View à l’office de tourisme

L’office de tourisme du Val de Garonne, qui représente une toute nouvelle mouture des bureaux d’information touristique, s’est prévalu des services de Google Street View, version intérieur, à l’intention des visiteurs virtuels.

CB_techno_image3

Source: google.fr

De l’info en temps réel sur les pistes de ski

À Zermatt, en Suisse, des écrans numériques disposés à différents endroits dans la station informent les skieurs sur l’état des pistes, la température et les risques d’avalanche. Des films sont aussi diffusés au pied des remontées mécaniques pour faire patienter les foules.

CB_techno_image4

Source: hwww.ictjournal.ch 

 

Merci @ChaudApp, @GeleonardMTL, @Julia_WIP, @MaitheLevasseur, @MarionOudenot, @RolandSchegg, @Strattourisme!

Pour en savoir plus sur l’initiative #JeudiTourisme

Catégories
Technologies

Lorsque le multiécran devient la norme

La multiplication des écrans influence les comportements des voyageurs, de plus en plus équipés. Dans ce nouveau contexte multicanal, ils s’attendent à effectuer n’importe quelle tâche voulue au moyen du support choisi, au moment qui leur convient, et ce, à toutes les étapes de leur séjour. Les organisations touristiques doivent s’ajuster en fonction de cette tendance.

Des touristes aux multiples visages numériques

47% des répondants affirment avoir eu recours à de multiples appareils pour réserver leur voyage

Dans une étude de JiWire sur les usagers mobiles, 47% des répondants affirment avoir eu recours à de multiples appareils pour réserver leur voyage au cours des trois derniers mois (voir le graphique 1). Ce pourcentage est appelé à augmenter avec la hausse de l’adoption des équipements mobiles par les consommateurs.

MLV_Multiecran_graphique1

Le rapport «The New Multi-screen World» de Google distingue deux types d’utilisation multiécran : en mode séquentiel, différents dispositifs sont utilisés l’un après l’autre, alors qu’en mode simultané, plusieurs appareils sont consultés en même temps. Pour les tâches considérées comme complexes, telles que la réservation d’un vol ou la planification d’un séjour, l’usage successif des plateformes prédomine (voir l’illustration 1).

MLV_Multiecran_image_1

Source: Google, «The New Multi-screen World», 2012.

Malgré une croissance de l’emploi du téléphone intelligent ou de la tablette pour la recherche de voyages, l’ordinateur portable maintient une longueur d’avance et demeure de loin l’outil privilégié lors de la transaction (voir le graphique 2).

MLV_Multiecran_graphique2

Selon une recherche réalisée par MMGY Global et Harrison Group, l’adoption du téléphone intelligent par les voyageurs américains serait passée de 23% en 2011 à 62% en 2013, et de 7% à 43% dans le même temps pour les tablettes. Cette augmentation exponentielle mène à la multiplication des plateformes numériques utilisées à destination (voir le graphique 3).

MLV_Multiecran_graphique3

Connaître le contexte pour adapter le contenu

Les conclusions de Google sur le multiécran soulignent l’importance du contexte dans le choix de l’appareil. Ainsi, le temps disponible pour effectuer une tâche, le but recherché, la localisation de l’individu ainsi que l’état d’esprit ou l’attitude de celui-ci constituent des facteurs déterminants.

La recherche de destinations pour les voyages d’agrément s’effectue davantage au moyen de la tablette ou de l’ordinateur. Prenant tout leur temps pour se décider sur leur prochain séjour, les touristes à l’étape de l’inspiration et de la planification consultent bon nombre de vidéos, de photos, de cartes et de commentaires en ligne. Se faisant dans la détente, leur démarche exploratoire représente une activité propice à l’usage de la tablette dans le confort de leur domicile.

Les touristes d’affaires sont en revanche plus enclins à recourir à leur téléphone intelligent pour étudier leur destination lorsqu’ils n’utilisent pas l’ordinateur. Puisqu’ils connaissent exactement la durée du voyage et le budget à respecter, leur processus se concentre sur des tâches déterminées, comme obtenir le meilleur vol sans excéder les dépenses permises ou trouver une chambre située à proximité du lieu de réunion. Il s’agit d’une approche centrée sur les objectifs et la productivité, habituellement exécutée pendant les heures de travail. Les services mobiles viennent également bien répondre au caractère urgent de certaines réservations réalisées par les professionnels en déplacement.

La prise en compte de ces différents contextes permettra donc aux entreprises de déterminer les occasions à saisir, les actions à prendre ainsi que les contenus à adapter pour répondre aux attentes de plus en plus pointues des consommateurs en matière d’expériences numériques et touristiques.

Répondre à la multiplicité des besoins et des dispositifs

Pour réussir leur adaptation multicanal, les organisations doivent s’interroger sur la manière de mieux accompagner les visiteurs à travers ces plateformes. Un bon point de départ consiste pour elles à réviser les données liées à leur site Web, qui permettent entre autres de déterminer la source du trafic et d’en extraire les tendances de consultation en fonction de l’appareil choisi. Ces informations devraient leur servir à éclairer les actions à prendre afin d’optimiser les communications avec le client et d’améliorer son expérience.

Par exemple, Hotwire rapporte que 75% des réservations effectuées à partir d’un téléphone sont réalisées à la dernière minute, et ces clients sont moins sensibles à la classification de l’établissement. Ce chiffre tombe à 40% pour les tablettes, mais cette clientèle tend davantage à choisir un hôtel quatre étoiles et plus. Ces profils distincts illustrent la pertinence du développement de stratégies spécifiques à chaque plateforme.

Suivre le voyageur dans son parcours numérique signifie lui offrir un contenu adapté à la taille de son écran, à ses besoins et à ses attentes, et pour y parvenir au mieux, il est nécessaire de faire des choix sur la forme du service mobile à offrir (lire aussi: Clin d’œil – Un seul site Web pour tous les types d’écrans, Comment créer son application mobile et Le Web mobile: choisir sa présence et sa stratégie marketing).

Catégories
Technologies

L’essor de l’entrepreneuriat technologique en tourisme

L’expression start-up (entreprise technologique en démarrage) est surtout réservée aux jeunes sociétés innovantes qui présentent un potentiel de croissance rapide et œuvrent généralement dans les domaines de la nouvelle économie. Les primeurs qu’elles introduisent sur le marché provoquent des ruptures avec les modèles d’affaires traditionnels. Leur petite taille et leur naissance à l’ère du Web 2.0 leur confèrent une agilité et une flexibilité que les grandes entreprises peuvent difficilement reproduire. Le tourisme regorge d’occasions pour l’entrepreneuriat technologique. Il attire de plus en plus de capitaux de risque, et le nombre d’investisseurs désirant soutenir de tels projets liés à l’industrie ne cesse de croître.   

État des lieux

Dans la seconde édition de son rapport «State of Travel Startups», la firme de recherche PhoCusWright dresse un portrait de ce phénomène. L’étude recense 528 entreprises fondées entre 2005 et 2012 qui représentent des investissements globaux estimés à 2,6 milliards de dollars américains. La moitié d’entre elles étaient nord-américaines, 32% européennes et 13% de l’Asie-Pacifique.

Alors que les secteurs de l’hébergement et de l’inspiration de voyages comptent le plus grand nombre d’initiatives, ceux de l’aérien et des locations de résidences de vacances/hébergement entre particuliers récoltent des investissements moyens plus élevés par entreprise (voir le graphique 1). Malgré l’exclusion de HomeAway, introduit en bourse en 2011, ce sont les plateformes liées au logement touristique en économie collaborative qui recueillent les plus grosses sommes investies, avec une moyenne estimée à 6,5 millions de dollars américains par jeune pousse.

MLV_Start-up_Graphique1

La nature du service ou du produit offert par ces entreprises révèle une autre facette du phénomène. Parmi les principales catégories définies par PhoCusWright, les initiatives fondées sur le social ou le contenu généré par les utilisateurs surpassent en nombre celles qui sont basées sur la recherche, le mobile ou l’analyse des données volumineuses (big data) (voir le graphique 2). Toutefois, il semble que les investisseurs voient plus de promesses dans les solutions liées à la requête (search) et à l’analyse de données. Ce dernier champ regroupe un bassin plus petit d’entreprises, mais domine en matière de moyenne du capital investi par entreprise (équivalent à environ 4,5 millions de dollars américains).

MLV_Start-up_Graphique2

Un sol fertile pour les jeunes pousses

Le contexte n’a jamais été aussi favorable à la création d’une entreprise numérique

Le contexte n’a jamais été aussi favorable à la création d’une entreprise numérique. Les entrepreneurs sont beaucoup mieux outillés et font face à moins de barrières à l’entrée qu’il y a une décennie. Le capital requis pour lancer une start-up a grandement diminué, grâce au progrès technologique ayant mené à une réduction des coûts de production. 

L’écosystème du financement a aussi beaucoup évolué, avec l’ajout de plateformes de crowdfunding, telles que Fundly, Indiegogo et Kickstarter. De plus, les groupes d’anges financiers, comme Anges Québec et Real Ventures, permettent aux entrepreneurs de recueillir des fonds ainsi que de profiter des conseils et des réseaux relationnels d’investisseurs ayant eux-mêmes une solide expérience en démarrage d’entreprises. Les initiatives d’encouragement et de soutien pour les jeunes pousses, tant au public qu’au privé, semblent se multiplier. Avec les programmes d’accélérateurs et d’incubateurs, les ateliers offerts par les universités et les collèges, les festivals, les conférences et les concours, les ressources abondent dans les villes et pays qui reconnaissent l’apport de cette activité à l’économie.

Se donnant comme mission de devenir la capitale de l’innovation touristique, la Ville de Paris a fondé le premier incubateur au monde consacré à l’industrie touristique, le Welcome City Lab. Ce type de programme procure un accompagnement aux projets de création d’entreprises en leur fournissant des services adaptés visant à améliorer leurs chances de succès.

MLV_Start-up_Image1

Source: Paris incubateurs

Des démarrages qui carburent au tourisme

Il suffit de regarder le nombre d’entreprises liées au tourisme inscrites sur AngelList, ainsi que celui de leurs adeptes, pour constater qu’un intérêt marqué existe pour l’industrie. La catégorie online travel regroupe près de 50 000 abonnés, ce qui en fait l’une des plus importantes sur la plateforme. La taille et la croissance du marché de l’e-tourisme servent d’aimant puissant pour attirer de nombreuses ambitions.

Leurs fondateurs se sentent interpellés par un problème ou un manque, et saisissent ainsi l’occasion de rendre les processus plus efficaces, agréables et personnalisés.

La nouvelle génération de jeunes pousses touristiques, souvent de nature mobile, défie les anciennes solutions Web comme Orbitz et TripAdvisor en offrant aux voyageurs des possibilités innovantes pour chaque étape de leur séjour. Leurs fondateurs se sentent interpellés par un problème ou un manque, et saisissent ainsi l’occasion de rendre les processus plus efficaces, agréables et personnalisés.

Voici des exemples issus du Québec illustrant le potentiel intéressant d’innovations technologiques appliquées au tourisme.

Busbud

Percevant un retard en matière de distribution en ligne des billets d’autobus, les fondateurs de Busbud ont vu là une occasion d’affaires. La jeune entreprise montréalaise aspire à devenir l’équivalent d’Expedia pour le transport en autobus et vient de décrocher un financement de 1,2 million de dollars cette année.

MLV_Start-up_Image2

Source: Busbud

GuestDriven

Certaines start-ups ont choisi de proposer des solutions aux entreprises, particulièrement en hôtellerie, plutôt qu’aux voyageurs. Ces outils tirent profit de l’énorme quantité de données disponibles en ligne afin de répondre aux besoins de prestataires désireux d’améliorer leur gestion et leur performance. GuestDriven, anciennement MConcierge, en est un exemple. Leur plateforme permet aux hôtels de mieux connaître leurs clients, grâce à l’information partagée sur les réseaux sociaux, et ainsi d’améliorer l’expérience qui leur est offerte.

MLV_Start-up_Image3

Source: GuestDriven

Flightfox

Deux entrepreneurs australiens ont choisi de s’installer à Montréal pour démarrer leur nouveau projet d’affaires. Ils ont créé Flightfox, un moteur de recherche spécialisé dans la réservation des billets d’avion qui comprend également la contribution d’experts en voyages. L’utilisateur paie une commission (habituellement entre 30 et 40 dollars) aux spécialistes qui se démènent pour trouver le meilleur vol. 

MLV_Start-up_Image4

Source: Flightfox

Même si une abondance de jeunes entreprises touristiques apparaît sur le marché année après année, le chemin vers la croissance et la rentabilité est long et semé d’embûches. Malgré tout, ce foisonnement contribue au vent d’innovation toujours nécessaire pour la redynamisation de l’industrie. 

Pour découvrir plus de start-ups en tourisme:

18 start-up intègrent le Welcome City Lab !

11 Travel Startups You Need to Know

Around the world in 7 startups: travelling ventures with a twist

Skift.com 

Catégories
Technologies

Réussir le lancement de son application mobile et en assurer la survie

Favoriser le téléchargement

Lancer une application mobile ne sert à rien si elle n’est pas téléchargée. Son futur positionnement dépendra du nombre de fois où elle le sera durant les 15 premiers jours de sa parution. À cet effet, l’App Store offre une rampe de lancement indéniable, puisque dès sa sortie, l’application apparaît dans les nouveautés, la rubrique la plus consultée. Plus elle sera téléchargée, plus elle pourra grimper dans les classements général et par catégorie, ce qui en augmentera la visibilité. L’accès aux premières places d’une de ces catégories est par ailleurs plus facile, comparativement à celles du classement global, et si l’application parvient à se maintenir au moins dans le top 50 de l’une d’entre elles, elle obtiendra une certaine visibilité au-delà des 15 premiers jours fatidiques. D’ailleurs, selon Piranha, une agence de marketing mobile, le «top 25» et le «top 50» figurent parmi les plus puissants facteurs d’incitation au téléchargement (voir le graphique 1).

CN_lancement_application_mobile_graph1

Communiquer sur tous les canaux

Pour que vous profitiez de l’exposition dans l’App Store, les experts recommandent de planifier la sortie publique de votre application de manière à susciter la curiosité. Selon eux, le budget alloué à la communication pour faire connaître une application mobile doit représenter la moitié du budget global de développement de celle-ci. Pour réduire ces coûts, tous les canaux habituels de gestion de la relation client sont excellents, et devraient être utilisés:

– Site Web de l’entreprise. Créez une page destinée à donner aux utilisateurs potentiels un aperçu rapide et visuellement attrayant de votre application. Informez les internautes de sa finalité et suscitez leur intérêt en vue de son lancement prochain. Insérez un champ leur permettant de s’inscrire pour être prévenus dès la sortie de l’application. Certaines entreprises comme Smore peuvent vous aider à la création rapide, facile et gratuite de ces pages.

Après le lancement, ajoutez un «appel à l’action». Cela peut par exemple être «Achetez l’app» ou «Téléchargez l’app», en plus des boutons «App Store» ou «Google Play» en plusieurs endroits sur votre site Web.

– Réseaux sociaux. Créez des comptes Facebook et Twitter de l’application pour y partager l’état d’avancement de son développement. Appuyez-vous sur vos contacts et demandez à vos amis de vous aider à faire circuler l’information. N’oubliez pas, les règles des médias sociaux s’appliquent:

  • maintenir une présence quotidienne;
  • prendre part à la discussion;
  • répondre aux commentaires.

YouTube. Concevez une vidéo démontrant les fonctionnalités de l’application. Elle doit être courte (moins d’une minute) et communiquer le bon message sur votre appli et ses fonctionnalités. Vous pouvez aussi vous servir de YouTube pour raconter l’histoire de sa création (storytelling), en mettant en évidence les personnes qui ont collaboré au projet.  

Courriel et bulletin d’information. Vous l’enverrez à tous ceux qui se seront inscrits sur votre site Web pour recevoir de l’information sur votre application.

Soigner ses relations avec les journalistes et les blogueurs

Les blogues constituent LE principal élément qui pousse un mobinaute à télécharger une application (voir le graphique 1). Il importe donc de choisir efficacement blogueurs et journalistes en fonction de leurs intérêts, de les courtiser, et surtout de leur offrir la possibilité de tester l’appli et de publier des copies d’écran agrémentées de leurs commentaires avant la sortie publique de l’application.

Optimiser le référencement dans les annuaires d’applications

Pour donner un maximum de visibilité à l’application lors de sa sortie et convaincre les visiteurs de l’App Store et de Google Play — les deux principales boutiques en ligne — de la télécharger, vous devez impérativement en optimiser le référencement. En ce qui concerne l’optimisation de l’App Store, seuls le nom de l’application et les mots clés comptent. Il importe alors que vous lui donniez un nom «descriptif», car si l’utilisateur potentiel consulte l’App Store à partir de son cellulaire, il ne voit que les 19 premiers caractères. Une bonne manière de contourner ce problème est de traiter votre première capture d’écran comme une publicité pour votre application, en vous assurant qu’elle décrit bien son but. En ce qui concerne les mots clés, Apple ne laisse que 100 caractères pour les définir, alors pensez-y bien! Comme plus de 80% des recherches dans le magasin d’Apple sont liées à la fonction même de l’application et non à son nom, les mots clés devraient refléter cet aspect. Mobile DevHQ peut vous aider gratuitement à choisir les meilleurs pour une application.

Google Play étant un outil du géant du référencement, les mots clés et la description d’une application doivent être encore plus soignés sur cette plateforme. Pour ne pas être pénalisés, n’ajoutez pas un nombre trop important de mots clés dans la description. Celle-ci doit être claire et répondre aux éventuelles interrogations des mobinautes; elle doit constituer une présentation succincte de l’application, de ses caractéristiques et de ses avantages. 

Si votre application ne figure pas immédiatement dans le classement des 50 applis les plus populaires sur un marché donné, il existe également d’autres services Internet qui permettent d’en améliorer la visibilité, par exemple Appsfire, un service de partage et de découverte des meilleures sélections d’applications publiées sur le Web, ou encore la recommandation par vos amis Facebook.

Assurer la survie de l’application en fidélisant les utilisateurs

Si le lancement de l’application a bien fonctionné, l’un des enjeux consiste ensuite à en assurer la pérennité. Près des trois quarts (74%) des utilisateurs font le tri dans leurs applications une fois par mois et désinstallent celles qu’ils n’utilisent pas. Parmi les principales raisons invoquées pour ne plus se servir de certaines des applications téléchargées, ils sont près d’un tiers (31%) à mentionner des problèmes de fonctionnement. Il s’avère donc important pour vous d’écouter les commentaires des utilisateurs et d’en tenir compte pour améliorer votre application. L’une des façons de prolonger sa durée de vie est de maintenir les utilisateurs en alerte en misant sur des mises à jour régulières, lesquelles sont majoritairement suivies. N’oubliez pas de les promouvoir sur votre site Web, votre blogue et les réseaux sociaux.

Avez-vous des suggestions, des idées de mise en valeur d’une application que vous pourriez partager avec nos lecteurs?

Catégories
Technologies

Quand les mots-clics de Twitter améliorent l’expérience client

Fréquenté essentiellement par la génération Y, l’hôtel lifestyle Sol Wave House, de la chaîne hôtelière espagnole Meliá, a créé plusieurs mots-clics pour identifier ses événements et ses installations. Ainsi, l’utilisation de Twitter est le seul moyen pour le client de profiter de tous les expériences et privilèges offerts par l’établissement!

 

 

AL_twitter_image_1

Source: melia.com

#SocialWave

À leur enregistrement, les clients accèdent à la communauté virtuelle #SocialWave par l’intermédiaire du réseau Wi-Fi de l’hôtel. Deux concierges consacrent leur temps à répondre aux demandes de ceux qui utilisent ce mot-clic sur Twitter. Ces derniers peuvent aussi discuter entre eux, participer à des concours, partager des photos, etc. Chaque recoin de l’hôtel est conçu pour les engager dans une nouvelle conversation.

#PartySuite

Les clients qui louent la suite #PartySuite, décorée aux couleurs du petit oiseau bleu, disposeront des services d’un «concierge Twitter» qui satisfera leurs demandes grâce au mot-clic #TwitterParty.

#TweetPoolParty

L’événement hebdomadaire organisé à la piscine de l’hôtel dispose de son mot-clic.

 

L’hôtel Sol Wave House va au-delà de la simple utilisation de Twitter, qui consiste à communiquer. Grâce à un service à la clientèle 2.0, cette initiative créative et engageante séduit les fervents utilisateurs des réseaux sociaux!

Catégories
Technologies

Comment créer son application mobile

Conçue pour être utilisée sur un téléphone intelligent ou une tablette, l’application mobile peut être gratuite ou payante. Pour l’acquérir, l’utilisateur doit passer par l’intermédiaire d’une plateforme, soit l’App Store d’Apple, Google Play pour Android, l’Ovi Store de Nokia et le Windows Phone de Microsoft.

Une application efficace offrira entre autres:

  1. une rapidité d’accès à l’information;
  2. une ergonomie simple, fluide et lisible;
  3. une sécurisation des données;
  4. un contenu de qualité et utile. L’appli doit apporter une valeur ajoutée.

Étapes préliminaires: se poser les bonnes questions

  1. À qui va-t-elle servir? Au moment de déterminer le contenu de l’application, il est primordial d’avoir bien défini sa cible de façon à choisir des fonctionnalités adaptées aux habitudes de consommation de cette dernière.
  2. À quoi va-t-elle servir? Chercher ou partager de l’information, jouer, aider à la décision, fidéliser?
  3. Qu’est-ce que l’entreprise y gagne? Une meilleure image de marque, un nouveau mode de commercialisation, une notoriété accrue?
  4. Quel appareil privilégier? La tablette ou le téléphone intelligent? Quel système d’exploitation, Android (Google), iOS (Apple), BlackBerry, Microsoft, Symbian (Nokia)? Le support doit être adapté à l’usage qu’en feront les utilisateurs. Il importe aussi de savoir qu’en 2013, le marché du mobile est dominé par Android (la moitié) et iOS (le tiers), selon comScore.
  5. Quelles fonctionnalités développer? Les combinaisons sont multiples: partage sur les réseaux sociaux, géolocalisation, communication de champ proche (Near Field Communication); toutefois, elles doivent impérativement répondre aux objectifs de départ. Mieux vaut favoriser la navigation et l’interaction, et se concentrer sur un avantage particulier de l’application, plutôt que de la surcharger de fonctionnalités. Il est préférable de développer une application qui fonctionne aussi en mode déconnecté, étant donné que l’accès à Internet n’est pas disponible facilement partout au Québec. De plus, les frais d’accès peuvent être élevés, de même que les coûts d’itinérance pour les touristes étrangers.
  6. Application payante ou non? Quel sera le modèle d’affaires: paiement au téléchargement ou à l’achat, intégration de publicités, version démo gratuite et version complète payante?

 CN_Comment_creer_appli_mobile_image1

Source: marketing-webmobile.fr

Autant de questions qu’il faudra résoudre avant même d’entamer le développement de l’application proprement dite.

Créer une application mobile: trois approches

L’approche économique. Il existe une variété d’outils en ligne d’aide au développement de sa propre appli. Ils sont habituellement économiques et requièrent très peu de maintenance ou de connaissances en informatique. Joshfire Factory, par exemple, est une plateforme de création d’applications multiterminaux, optimisée pour ordinateurs, téléphones mobiles, tablettes et même télés intelligentes, également appelées smart TV (lire aussi: Réserver son voyage en direct à la télé). Elle est gratuite si l’on gère la procédure de bout en bout, soit de la création à sa publication sur l’App Store. GoodBarber, autre compagnie française en démarrage, offre 30 jours d’essai gratuit sans obligation d’achat pour le développement d’une application pour iPhone et Android. AppCooker permet la gestion d’un projet de A à Z, soit à partir de la maquette de l’application jusqu’à la stratégie de commercialisation, pour un très faible coût (20$). Il en existe plusieurs autres: AppArchitect, Mobile Roadie et Glustr, pour n’en nommer que quelques-unes.

L’approche axée sur l’investissement. Une application élaborée de manière professionnelle sera coûteuse. Il faudra embaucher un concepteur pour créer une application adaptée aux besoins de l’entreprise, mais surtout, réaliser un bon cahier des charges, qui devrait idéalement inclure:

  • le contexte du développement de l’appli;
  • les objectifs;
  • la clientèle cible;
  • les fonctionnalités ou les services offerts: liste des hébergements disponibles en temps réel, itinéraires touristiques, cartes (géolocalisation), partage sur les réseaux sociaux, vidéos, photos, fichiers audio, etc. Toutefois, l’accès aux services doit être intuitif et rapide;
  • le type de plateforme, Android ou iOS; gratuite ou payante; consultation en mode connecté ou déconnecté;
  • les contenus à produire;
  • la navigation (les onglets);
  • les langues de diffusion;
  • la gestion du contenu. Il faudra prévoir la maintenance et la mise à jour des informations incluses dans l’application;
  • les statistiques de fréquentation. Il importe de définir une solution qui permettra l’évaluation de la fréquentation (pages vues, heures et durée des visites, origine des mobinautes, mots clés, etc.).

L’approche axée sur les «infomédiaires». Le développement d’une application peut représenter un investissement important, qui n’est pas à la portée de toutes les bourses, d’où l’intérêt de s’allier à des infomédiaires capables de valoriser l’offre des entreprises touristiques.

Les experts français définissent l’infomédiaire comme «un site d’information ou de communauté qui produit et diffuse une information qualifiée et propose un lien direct pour passer commande auprès d’un marchand en ligne». Les infomédiaires touristiques se positionnent surtout en amont, dans la préparation du voyage, en fournissant des renseignements pratiques. Ils tentent toutefois de plus en plus d’adapter leurs contenus aux voyageurs en situation de mobilité.

Certaines applications touristiques existantes peuvent jouer ce rôle d’intermédiaire. On les classe en quatre catégories principales:

  • les éditeurs de guides touristiques numériques;
  • les sites et services de recommandations de lieux qui recourent à la géolocalisation tels Foursquare, Gowalla et Yelp. Les réseaux sociaux visent la mise en relation des utilisateurs, principalement en fonction de leurs affinités relatives au voyage;
  • les comparateurs de prix (métamoteurs de recherche) spécialisés en tourisme qui agrègent une multitude d’offres dans différents domaines (transports, hébergement, location de voitures, séjours). Les plus connus sont Kayak, Mobissimo, FareCompare, Trivago et Liligo;
  • les géants du Web comme Google, Apple et Facebook sont des acteurs de premier plan qui déploient de plus en plus de services rentrant dans le champ du tourisme mobile; pensons notamment à Google Adresses, Flight Search, Hotel Finder.

La mobilité est dorénavant un incontournable du voyage moderne. Les entreprises doivent s’y adapter, et la création d’applications mobiles est un moyen parmi d’autres.

 

Catégories
Marketing Technologies

L’évolution des blogues de voyage

«Les blogueurs représentent actuellement la force la plus influente en tourisme.» Voilà ce que déclarait Bruce Poon Tip, de G Adventures, à la dernière édition nord-américaine du Travel Blog Exchange (TBEX), qui rassemblait à Toronto près de 1 000 blogueurs de voyage et 120 organisations touristiques.

On assiste présentement à un moment historique dans l’évolution du blogue de voyage. Autrefois, il s’agissait uniquement d’une activité non rémunérée — pouvant parfois offrir un revenu à quelques chanceux. Aujourd’hui, c’est une vraie profession pour un bon nombre de personnes, qui procure des avantages connexes très intéressants (voyages et expériences touristiques toutes dépenses payées) ainsi qu’un potentiel de retombées à ceux détenant l’esprit entrepreneurial. La montée en popularité de ces plateformes a donné lieu à une transformation de cet art du récit, qui rejoint davantage celui du marketing.

De zéro à héros

Avec l’avènement des médias sociaux et la propagation du storytelling en marketing numérique, le rôle des blogueurs au sein de l’industrie touristique se voit valorisé comme jamais auparavant. Les destinations et les marques font de plus en plus appel à ces créateurs de contenu, et les formes de partenariats se diversifient. De ce fait, G Adventures, House Trip et plus récemment Expedia ont embauché une équipe de «blogueurs résidents», annonçant l’ère des fusions entre les entreprises et les personnalités globe-trotteuses du Web.

Dorénavant, les organisations se tournent vers eux non seulement pour la promotion de leur destination ou de leur marque, mais également pour toutes sortes d’autres collaborations. Les sources de revenus se multiplient pour ces blogueurs devenus consultants, gestionnaires de communautés, auteurs autoédités ou guides touristiques spécialisés (voir l’illustration 1).

 MLV_Evolution_blogues_de_voyages_illust_1

Source: The planet D

La force des blogueurs, ce n’est pas seulement la qualité de leurs contenus, mais aussi leur influence auprès d’une clientèle et leur habileté à bâtir une communauté (voir l’illustration 2). Les destinations misent sur ce phénomène et identifient les passions partagées qui s’accordent avec leur offre touristique afin de créer des campagnes visant à rejoindre ces créneaux.

MLV_Evolution_blogues_de_voyages_illust_2

Source: Think Social Media

Quelques tendances et bonnes pratiques

Les aventures où les lecteurs décident

Qu’arrive-t-il lorsqu’une destination applique le concept du crowdsourcing à une campagne en collaboration avec des blogueurs? La Colombie-Britannique et l’État de Nouvelle-Galles du Sud (NSW), en Australie, ont tenté le coup, donnant ainsi aux lecteurs l’occasion de tracer le destin des voyageurs. Faisant appel à la communauté Facebook pour des suggestions, NSW Unmapped a été le premier voyage médiatique organisé pour des blogueurs, dont l’itinéraire dépendait entièrement de la participation de la foule. Une série de vidéos sur YouTube rapporte l’expérience des six participants. Dans l’initiative Explore BC-A Fan-Powered Adventure, deux équipes d’aventuriers ont parcouru la province de l’ouest pendant un mois, participant à des activités choisies par leurs fans et rencontrant ceux-ci sur leur chemin.  

MLV_Evolution_blogues_de_voyages_image1

Source: Think Social Media

Un blogue pour chaque niche

L’évolution de la blogosphère mène vers une diversité des niches qui s’accentue de plus en plus. Ce phénomène va de pair avec la transformation des touristes contemporains, qu’on a tendance à classifier en tribus, selon leurs profils distincts. La segmentation des blogues en fonction d’une passion ou d’un type de tourisme (d’aventure et de plein air, culturel et patrimonial, en famille, etc.) demeure peut-être la plus répandue, mais d’autres formes se popularisent. Il existe en effet des blogues destinés à ceux qui veulent connaître les astuces pour accumuler des points de fidélité efficacement, afin de maximiser leurs récompenses, et d’autres pour les amateurs du transport ferroviaire. La dimension socioculturelle s’avère également pertinente pour une communication adaptée aux préférences et aux mœurs de certains groupes. Par exemple, le site BrownGirlsFly rapporte les récits de voyage de deux sœurs afro-américaines et inclut des thématiques s’adressant plus particulièrement à la communauté de couleur.

MLV_Evolution_blogues_de_voyages_image2 

Source: Trains on the brain

L’invasion des plateformes visuelles

Lors de la conférence, les contenus vidéo ont été identifiés comme le nouveau territoire à conquérir par ceux qui désirent tirer profit de l’essor de ce média dans les sphères sociales numériques (lire aussi: La montée en popularité de la vidéo). Bien qu’ils soient moins nombreux, les vlogs (vidéoblogues) représentent néanmoins une force émergente. À surveiller: Tripfilms, une chaîne spécialisée mais aussi une plateforme sociale collaborative qui permet aux cinéastes de partager leurs créations.

MLV_Evolution_blogues_de_voyages_image3

Source: Tripfilms

Pinterest et Instagram sont devenus les nouveaux terrains de jeu des blogueurs de voyage, qui explorent leurs usages avec beaucoup de curiosité et de créativité (lire aussi: Utilisation de Pinterest comme outil marketing en tourisme et Instagram: un allié mobile pour l’industrie touristique). C’est ainsi que le duo qui tient le blogue Beers and Beans a trouvé son inspiration dans les Twitter chats et a inventé Pin-Up Live, la première conversation en temps réel ayant lieu sur Pinterest autour du voyage. Chaque mercredi, les intéressés peuvent consulter le tableau conçu à cette fin afin d’échanger au sujet d’une destination ou d’un thème choisi.

MLV_Evolution_blogues_de_voyages_image4

Source: Beers and Beans sur Pinterest

Alors que les médias traditionnels détenaient autrefois l’exclusivité de la création de contenus promotionnels ou éditoriaux d’une destination ou entreprise touristique, ils doivent maintenant partager la scène avec les nouvelles vedettes du voyage. Ils se voient également obligés d’adopter les moyens et techniques utilisés par les «nomades numériques» afin d’ajuster leur métier aux temps changeants. En revanche, au fur et à mesure de leur professionnalisation et de leur commercialisation, les blogues se rapprochent des médias plus traditionnels. La démarcation entre les deux s’atténuant de plus en plus, on prédit que le futur entraînera la fusion complète de ces médias autrefois bien distincts.

Catégories
Enjeux Gestion Technologies

Les enjeux de la gouvernance: revenir au cœur du métier

La deuxième édition de La francoquébécoise du etourisme s’est tenue à La Rochelle en juin dernier. Pendant deux jours, les participants français et québécois ont échangé sur divers enjeux liés au e-tourisme et ont ensuite présenté les fruits de leurs réflexions auprès d’intervenants de l’industrie touristique. Voici un aperçu des conclusions concernant les OGD.

Une rude concurrence pour les OGD

Le modèle d’accueil et de promotion n’a que peu évolué avec les années. La chaîne de fonctionnement et les rôles des intermédiaires sont sensiblement les mêmes. Pendant longtemps, les OGD étaient les seules en piste. Aujourd’hui, les nouvelles technologies et les changements de comportements des consommateurs bouleversent le modèle d’accueil traditionnel. Une nouvelle «concurrence» est apparue. L’ubiquité de l’information et l’autonomie du voyageur rendent les OGD beaucoup moins indispensables qu’elles l’étaient en matière d’information et de planification touristiques. Le numérique change la donne, et la destination est maintenant coconstruite par les visiteurs, notamment au moyen du Web. De plus, les changements se produisent très rapidement, et on devance les pronostics en matière de technologie. Les OGD demeurent des acteurs essentiels, mais elles doivent revoir leur rôle.

La multitude de sites Web de planification de voyage ou de commentaires générés par les utilisateurs ainsi que les applications mobiles répondent aujourd’hui très bien aux besoins des touristes, parfois même mieux que peut le faire une OGD. C’est la désintermédiation. Comment concurrencer des sources d’information comme TripAdvisor ou des systèmes de réservation en ligne tels que Booking.com ou Expedia? Non seulement les OGD ne contrôlent plus le message, mais de plus, elles se débattent dans un océan de destinations essayant de tirer leur épingle du jeu.

Dans ce contexte, le groupe de La francoquébécoise du etourisme croit qu’une réorientation est nécessaire vers une diffusion concertée des messages et un meilleur partage de l’image de marque. Les OGD doivent se préoccuper plus attentivement du développement de produit et de la mutation de la fonction d’accueil. De plus, la fin de la duplication des mandats est à prévoir pour les agences et organisations paratouristiques (organisation de développement économique, branding des villes et des destinations, démarchage auprès des investisseurs). En d’autres mots, ces dernières ont souvent une portée d’action qui recoupe celle des OGD, et il doit y avoir une clarification des rôles de chacun.

Les enjeux des OGD

Sans qu’ils constituent une liste exhaustive, voici quelques défis auxquels les OGD doivent réfléchir et faire face.

  • Les OGD tentent de maintenir un équilibre précaire entre leurs responsabilités et leurs obligations; il existe un conflit entre leur rôle d’agence de promotion et de développement, et celui de représentant d’une association de membres. Le premier client d’une OGD devrait bien sûr être le touriste. Dans les faits, c’est un peu plus compliqué. Rappelons qu’au Québec, les associations touristiques régionales doivent répondre de leurs choix auprès de leurs membres, alors qu’en France, les élus jouent un rôle important.
  • L’échelle géographique des actions de promotion devrait correspondre aux itinéraires naturels des touristes, qui ne sont pas nécessairement le reflet des territoires des OGD. Il importe de suivre une logique de clientèle et de réaliser des projets conjointement avec d’autres régions.Les OGD ont le défi d’agir rapidement et d’être flexibles pour s’adapter aux fluctuations des marchés et des contextes.
  • Les OGD évoluent dans un contexte de responsabilisation budgétaire; le mode de financement coopératif peut amener des distorsions. Par exemple, un acteur touristique participant à une campagne promotionnelle donnée souhaitera voir son établissement mis de l’avant. Cependant, cela n’est pas toujours en parfaite cohérence avec l’image de marque ou le message à transmettre.
  • L’utilisation et l’interprétation des indicateurs de performance ne sont pas acquises; il s’avère difficile d’évaluer avec précision l’influence (ou l’absence d’influence) des actions marketing sur la fréquentation touristique.

Orientations pour amorcer un virage

Les discussions ont amené les participants à suggérer une révision du modèle d’affaires. Le virage viserait à donner une valeur ajoutée à l’expérience touristique. Voici quelques pistes qui ont été abordées.

  • Il y a lieu de susciter une action collective forte, c’est-à-dire de fédérer les initiatives sur tout le territoire.
  • L’OGD a la responsabilité de prioriser les secteurs porteurs, les expériences et les pôles. Elle doit penser en mode «gamme de services».
  • Les investissements en publicité sont à reconsidérer. Les consommateurs y sont de plus en plus immunisés.
  • L’économie collaborative, incarnée entre autres par AirBnB, et participative doit être intégrée et encadrée. Celle-ci a fait l’objet de plusieurs discussions lors de La francoquébécoise du etourisme. Voir la présentation à cet effet.
  • Les OGD pourront se démarquer et assurer leur pérennité en ajoutant de la «valeur» aux produits et aux expériences. En d’autres mots, elles doivent garantir une certaine éthique, conserver leur pertinence et œuvrer à la structuration de l’offre. Elles pourraient avoir un rôle de «certificateur», représenter une assurance qualité pour le client. On pourrait également parler de conciergerie touristique.

La relation avec les prestataires ou les membres est amenée à évoluer, afin que chacun comprenne les avantages liés à la satisfaction du client et vise cet objectif. Tous s’entendent pour dire que le modèle idéal n’existe pas. Cependant, une révision du rôle et du fonctionnement des OGD s’impose.

Consultez la présentation