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L’art de la segmentation en ligne

Dans un contexte où il devient difficile de s’adresser à tous les consommateurs de manière uniforme alors que la différence dans leurs intérêts et leurs attentes se précise, voilà que le Web apporte un souffle nouveau aux stratégies de segmentation. Il permet aux entreprises d’affiner leur connaissance des clients potentiels et de dépasser les limitations de la segmentation dite traditionnelle. Comment et pourquoi s’y intéresser?

Pourquoi et quand segmenter?

L’organisation d’offres de voyages personnalisés sera le prochain défi des intervenants touristiques et, pour ce faire, l’élaboration d’une stratégie de segmentation de marché devient cruciale. Établir des sous-groupes de voyageurs homogènes ayant des similitudes permet de les approcher avec un discours et selon le canal qui convient le mieux à leurs affinités.

Cela dit, il ne s’agit pas de segmenter pour segmenter et la réussite d’une telle stratégie doit répondre aux critères suivants:

  • l’optimisation de l’homogénéité au sein d’un même segment;
  • la maximisation de l’hétérogénéité entre les différents segments;
  • la mesurabilité des impacts des activités marketing;
  • l’accessibilité, c’est-à- dire la capacité d’atteindre chaque segment séparément;
  • l’ampleur du segment doit être suffisamment large pour permettre de mener des actions marketing et de générer du profit.

De plus, la segmentation ne devient véritablement pertinente que lorsque les coûts liés à son exploitation sont inférieurs aux revenus qui en découlent. On dit alors avoir atteint la taille optimale du segment de marché.

Bien évidemment, la modération est de mise, car trop de segmentation tue la segmentation.

Comment segmenter?

Traditionnellement, on regroupait les consommateurs en fonction de leur situation géographique (lieu de résidence ou de provenance), de leurs caractéristiques démographiques (âge, sexe, revenu familial, occupation professionnelle, niveau d’éducation…), de leurs comportements (historique d’achat, degré de loyauté…) ou encore de leurs caractéristiques psychographiques (valeurs, opinions et attitudes).

Cependant, la globalisation et l’évolution des technologies rendent plusieurs variables désuètes et non pertinentes. En effet, de nos jours, le bassin de voyageurs s’élargit et la délimitation géographique s’estompe. Dès qu’un visiteur détient une carte de crédit et qu’il parle la langue de votre site Internet, il devient un acheteur potentiel indépendamment de sa localisation.

Par ailleurs, l’âge est devenu un état d’esprit. À titre d’exemple, les habitudes de consommation des baby-boomers ont changé comparativement à celles de leurs prédécesseurs.

Face à ces limitations, l’avènement du Web apporte un souffle nouveau au processus de segmentation.

La segmentation à l’ère du Web

Comme il est facile de tracer le marketing en ligne, la stratégie de segmentation la plus développée à travers cet outil est la segmentation comportementale. Internet permet le suivi de la navigation et des actions des visiteurs du site. Ainsi, on peut décortiquer le parcours de l’internaute depuis la source de son arrivée sur le portail, que ce soit par référencement naturel, par la participation à des jeux ou concours, par  envoi massif de courriels ou par liens commandités. On peut suivre la recherche de produits qu’il a effectuée, les pages qu’il a consultées, le temps qu’il y a passé, la gestion de son panier d’achats, la saisie des codes promotionnels, etc.

À titre d’exemple, voici comment on peut segmenter les internautes en fonction de leur style de navigation en ligne.

  • Ensemble d’internautes qui ont le même comportement de navigation (vu les mêmes sections ou pages ou utilisé des chemins similaires).
  • Individus actifs versus passifs: ceux qui réagissent à l’envoi massif de courriels par exemple.
  • Individus qui regardent les produits versus ceux qui vont directement aux offres spéciales.
  • Regroupement fait par historique d’achat: acheteurs/non-acheteurs, achat unique/achats multiples, fidèle/transitoire, engagé/désengagé.

Une fois ces segments déterminés, il est pertinent d’en analyser le ROI (retour sur investissement) pour pouvoir isoler les sous-groupes à fort taux de conversion. Cette analyse donne une très bonne indication sur la qualité de la source d’arrivée sur le site ainsi que sur la structure des coûts d’acquisition des clients.

Par exemple, le coût d’envoi d’infolettres ou d’offres personnalisées peut différer d’un segment à un autre, et cet exercice permet de déterminer les segments à haute profitabilité par rapport à l’action menée.

De toute évidence, cette méthode qui permet de colliger des informations sur les comportements des clients potentiels gagne à être enrichie par des données géographiques et sociodémographiques. Ainsi, lorsqu’un internaute effectue une transaction d’achat sur le site, il met à la disposition de l’entreprise sa localisation et son identification.

Aussi, pour cumuler plus d’informations sur les internautes, l’entreprise peut mener des enquêtes en ligne ou organiser des jeux pour corréler ces données supplémentaires et construire de meilleurs profils de segment.

Il est vrai que la segmentation n’est pas une science exacte et qu’elle peut perdre de sa pertinence si elle est utilisée à outrance. Néanmoins, les dirigeants qui comprennent les besoins et les motivations de leurs clients peuvent déjà mettre à profit les moyens pour répondre à ces exigences et développer des tactiques de commercialisation adaptées à chaque segment de marché.

Sources:

  • Conrady, Roland, et Martin Buck. «Trends and issues in Global Tourism 2008», 2008
  • Grelier, Frédéric. «Développer l’expérience en ligne par la segmentation», 21 janvier 2010.
  • Kelleher, Matthew. «Online segmentation, what does it really mean?», 10 novembre 2008.
  • Marshall, Scott, et Mikel Chertudi. «Online Marketer’s Segmentation Guide», février 2007.
  • Mason, Neil. «Which Type of Segmentation Is Best?», 16 février 2010.
  • Merchant, Nilofer. «Segmentation in a Web 2.0 World—and Beyond», April 10, 2007
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L’expérience client en ligne fait défaut

Bien que les voyageurs soient de plus en plus enclins à effectuer des transactions en ligne, des enquêtes recensent un nombre élevé d’internautes qui continuent d’éprouver des difficultés à compléter leurs achats sur Internet. Invraisemblablement, leur désistement est trop souvent dû à des problèmes techniques et de navigation. Il en résulte une perte de revenus, une baisse de la satisfaction des clients et un manque de fidélisation, sans oublier le risque d’entacher la réputation et l’image de l’entreprise.

Des chiffres parlants

Selon un rapport de iPerceptions compilant les données de plus d’une centaine de sites Web d’hôteliers auprès de plus de 123 000 visiteurs, 40% de ceux-ci n’ont pas réussi à compléter leurs réservations de chambres d’hôtel en ligne à cause de problèmes de navigation sur les sites (graphique 1). Même si le prix est un facteur important dans le processus d’achat, son impact se révèle moins crucial qu’on veut bien le croire (13%).

Malgré l’effort mené par les entreprises pour améliorer l’efficacité des sites Web, les problèmes éprouvés par les internautes sont d’ordre élémentaire. L’enquête en ligne de Tealeaf, réalisée en 2009 auprès de 2223 adultes britanniques, révèle que la réception de messages d’erreur (43%), la difficulté de navigation sur le site (34%) et l’affichage d’informations incorrectes (31%) sont des obstacles récurrents à la finalisation de la réservation (graphique 2).

Ces problèmes influent négativement sur le taux de conversion et ont un effet fâcheux sur les revenus en ligne. D’autant plus que 46% des internautes déclarent vouloir abandonner définitivement une transaction à la suite d’un problème sur le site, et 40% disent passer par un concurrent.

L’expérience en ligne peut également influer sur les ventes hors ligne: 62% des personnes interrogées disent être moins enclines à acheter de la même entreprise si elles ont eu un problème sur son site. Selon la même étude, 11% des personnes ayant éprouvé des problèmes à effectuer des transactions en ligne ont déclaré partager leurs expériences sur un blogue ou un site de réseau social, près de deux fois plus qu’en 2008.

La communication directe avec l’entreprise diminue; les internautes lui font moins part de leurs frustrations et de leurs problèmes. En 2009, seulement 25% des internautes ayant éprouvé des difficultés transactionnelles sur le site ont envoyé une plainte à l’entreprise (contre 29% en 2008) et uniquement 35% ont contacté les centres d’appels contre 42% en 2008.

Les réservations en ligne prennent de l’ampleur, car elles peuvent également être réalisées à l’aide d’un cellulaire. Selon l’enquête Tealeaf, 48% des répondants ont dit avoir une connexion Web sur leur téléphone et, de ce nombre, 31% ont effectué des transactions en ligne avec leur cellulaire.

La loi de l’attraction

Tout comme lors d’une première rencontre, la première navigation sur un site laisse une impression chez l’internaute qui détermine rapidement sa volonté de vouloir continuer la visite.

Selon Brian Eisenberg (pionnier du marketing en ligne), les bons sites Web touristiques s’adaptent aux quatre grandes personnalités d’internautes: les spontanés, les humanistes, les méthodiques et les compétitifs. Ces groupes d’individus ont des profils de navigation différents. Souvent, ils ne cherchent pas la même information et y accèdent différemment (tableau 1).

Les mesures à prendre pour améliorer l’expérience en ligne

Malgré les améliorations apportées dans le Web, la satisfaction des internautes reste faible et inégale. Voici quelques outils pour y remédier.

  • Observer et surveiller l’expérience en ligne, c’est-à-dire repérer les pages les plus populaires ou les moins consultées du site ainsi que les sections qui provoquent le plus d’abandons de visite. Cette observation expose les obstacles qui entravent le processus d’achat et il est ainsi plus simple de résoudre les problèmes.
  • Tester l’expérience en ligne par des tiers qui ne connaissent pas votre site, soit sous forme de sondage ou de groupe de discussion, soit par des experts du métier.
  • Créer une expérience de réservation simple et accessible qui tient compte aussi bien de l’expérience de navigation des internautes chevronnés que néophytes.
  • Miser sur un contenu pertinent, persuasif et porteur d’une proposition de valeur unique.
  • S’assurer que le processus de réservation ne dépasse pas dix à douze clics (moyenne des transactions en ligne). Un plus grand nombre d’étapes inciterait probablement l’internaute à abandonner.
  • Vérifier que l’aspect et l’information citée demeurent cohérents et consistants dans chaque page et chaque formulaire afin que l’utilisateur se sente sur la bonne voie.
  • Aligner le service à la clientèle et les canaux Web, et ce, par l’élaboration de solutions de gestion de l’expérience client. Les employés de première ligne doivent être en mesure d’aider les clients dans la résolution de problèmes techniques liés à la navigation sur le site.

Les bons sites de voyages offrent essentiellement un contenu qui répond au besoin des visiteurs en matière d’information, d’ergonomie et d’efficacité d’outils de recherche et de réservation et bien sûr qui les motive suffisamment pour passer à l’action.

Commencez à tester votre expérience client, il y a toujours place à l’amélioration.

Sources

  • Davies, Phil. «Travel website transaction problems highlighted», 14 octobre 2009.
  • Guay, Claude. «Is your Site Hospitable? 5 Simple Strategies You Can Use to Improve the Customer Experience and Dramatically Boost Conversion», tiré du magasine Hospitality Upgrade, édition automne 2009.
  • iPerceptions.  «Hospitality Industry Report Q2 2009 1 April-30 June 2009 ».
  • Joyce, Stephen A. «40% of booking failures caused by technology », 20 août 2009.
  • «Tealeaf Survey of Online consumer behavior», conducted by Harris Interactive, 2009
  • The Wanderlust report, «Defining a Website content strategy», vol. 1, Issue no 2.
  • «20 Secrets of Top-Converting Websites and How they can Boost Your Hotel Bookings» Re-cap of Bryan Eisenberg’s presentation at SES Chicago, 22 décembre 2009.
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Qui sont ces C?

Voici la petite dernière: la GÉNÉRATION C! Pour ces 12-24 ans, Internet, réseaux sociaux, jeux vidéo, cellulaire, messages SMS et fichiers balados (podcast) font partie de leur mode de vie. Ils sont multitâches et multibranchés. La génération C utilise la technologie pour Communiquer, Collaborer et Créer. On pourrait y ajouter un autre C pour Changer, car ces jeunes vont tout révolutionner sur leur passage: le milieu du travail, de la consommation, de l’éducation et même de la politique. Ils seront nos consommateurs et nos travailleurs dans les prochaines années. Il importe de les connaître afin de s’adapter efficacement à leur montée en force.

Le Centre francophone d’informatisation des organisations (Cefrio)  a organisé, en octobre dernier à Québec, le Colloque international «ÊTES-VOUS PRÊTS? Génération C – Les 12-24 ans: Moteurs de transformation des organisations». Cefrio a eu l’occasion d’y présenter les résultats de son étude sur la manière dont les jeunes Québécois utilisent les technologies de l’information (TI) et sur les répercussions de ces usages dans différentes sphères d’activité. Afin de mieux les connaître, le Cefrio, en collaboration avec Léger Marketing, a sondé plus de 2000 jeunes Québécois lors d’une enquête réalisée en novembre 2008 et en février 2009.

Les C en chiffres

En 2006, la génération C comptait un million et demi de Québécois (graphique 1).

 

Generation_C_graph1

 

Comme le souligne le Cefrio, dans cinq ans, ces Québécois auront un pouvoir d’achat et d’influence important en tant que consommateurs; une forte proportion d’entre eux seront actifs sur le marché du travail, comme travailleurs étudiants ou permanents; plusieurs seront encore à l’école ou à l’université et beaucoup auront le droit de voter ou s’impliqueront activement, parfois comme entrepreneurs sociaux, pour relever des défis majeurs qui touchent nos sociétés. D’ici dix ans, cette génération représentera 45% de la main-d’œuvre active du Canada.

Ordi sur les genoux, écouteurs aux oreilles, cellulaire à la main

La génération C carbure à la technologie: 85% possèdent un ordinateur, 84% un lecteur MP3, 62% un téléphone cellulaire et 60% une console de jeux vidéo. Elle surfe en moyenne 19 heures par semaine et jusqu’à 36 chez les 21-24 ans: 85% cherchent de l’information ou communiquent par courriel, 74% clavardent, 71 % écoutent de la musique en ligne, 62% visitent des sites de réseautage (Facebook, MySpace, etc.), 49 % participent à des concours et 45 % s’adonnent à des jeux. Les garçons se retrouvent en plus grand nombre que les filles parmi les utilisateurs assidus d’Internet (21 heures et plus).

Les garçons se divertissent et consomment avant tout: achats en ligne, lèche-vitrine virtuel, jeux en ligne, petites annonces, téléchargement ou écoute de films et de vidéos, etc. De leur côté, les filles communiquent davantage: tenue d’un blogue, échange d’information pour les devoirs, participation à un site de réseautage, etc.

La proportion de jeunes qui utilisent Internet pour créer et diffuser de nouveaux contenus est nettement plus faible: seulement 5% écrivent sur un wiki, 8% font connaître leur opinion sur un produit donné, 12% transfèrent des vidéos sur des sites comme YouTube et 13% téléchargent des photos sur un site comme Flickr. Cependant, plus un jeune passe de temps sur Internet, plus il est susceptible de s’y transformer en participant actif.

Mêmes besoins, nouveaux outils

Pour les jeunes, Internet a remplacé les journaux et la télévision, cette dernière étant beaucoup plus utilisée comme écran de jeu. Ils flânent sur les réseaux sociaux au lieu de se retrouver au centre commercial ou au dépanneur du coin. Ils y potinent, discutent et révèlent tout d’eux-mêmes. Ils sont passés du mode texte au contenu multimédia (images, vidéos, son). Pour eux, les barrières culturelles et sociales tombent. Leur réseau, jadis limité à leur quartier, s’étend maintenant aux quatre coins du globe.

Lors du colloque, les conférenciers s’accordaient à dire qu’Internet et les médias sociaux ne sont que de nouveaux outils pour communiquer, échanger, réseauter, faire du bouche-à-oreille et qu’ils s’ajoutent aux autres médias comme le téléphone et le face-à-face. Cependant, l’ampleur des réseaux, l’accès immédiat à l’information de même que la vitesse à laquelle se font les échanges changent grandement la dynamique de ces activités.

Suis-je C, Y, X, BB ou senior?

Pour ceux qui s’interrogent encore, voici une petite récapitulation du lexique des générations. Les années servant de bornes inférieures et supérieures aux différents segments démographiques varient selon les sources d’information et parfois de façon importante. Malgré le chevauchement causé par ces variations, les principales générations sont grosso modo:

  • Senior – née avant 1947
  • Baby-boomer – issue du baby-boom d’après-guerre, soit de 1946 à 1960 et même jusqu’en 1966
  • Génération X – de 1965 à 1980, ce qui regroupe les 30 à 45 ans
  • Génération Y – de 1980 à 1990 soit les jeunes dans la vingtaine
  • Génération C – née entre 1984 et 1996, les 12-24 ans.

La génération C, qu’on appelle aussi la Net Generation, s’imbrique en grande partie dans la génération Y. Toutes deux ne peuvent concevoir le monde sans ordinateurs et autres gadgets électroniques. Les plus jeunes sont nés avec la technologie et ont bien souvent utilisé un ordinateur avant même de savoir écrire tandis que les autres ont grandi avec elle et ne peuvent s’en passer.

Les comportements de la génération C ne seront pas sans répercussions sur leur façon d’évoluer dans le milieu scolaire, au travail, en tant que consommateur ou acteur social. Dans un texte subséquent, nous verrons de plus près l’influence de ces jeunes dans ces différentes sphères d’activité.

Sources:
– Bindley Daniel et Patrice Dumas. «Génération C, comme dans «consommation» et… «changement», La Direction informatique, 27 octobre 2009.
http://www.directioninformatique.com/di/client/fr/DirectionInformatique/Nouvelles.asp?id=55028
– Blogue du colloque de la génération C – Cefrio. http://generationc.cefrio.qc.ca/blog/
– D’Amours, Liette. «Enquête sur la génération C: les 12-24 ans, utilisateurs extrêmes d’Internet et des TI», Blogue Cefrio, 27 octobre 2009.
http://blogue.cefrio.qc.ca/2009/10/enquete-sur-la-generation-c-les-12-24-ans-utilisateurs-extremes-d%e2%80%99internet-et-des-ti/
– Infobourg, l’Agence de presse pédagogique.  «Colloque international sur la Génération C», 20 octobre 2009. http://www.infobourg.com/sections/chemises/chemise.php?id=71
– Roy, Réjean. «Enquête Génération C – Cefrio 2009 Les 12-24 ans: utilisateurs extrêmes d’Internet et des TI», Réseau Cefrio, vol. 7, no 1, octobre 2009.

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Décortiquer le cheminement d’achat de voyage en ligne

L’internaute est un véritable kangourou du voyage! Il bondit d’un site Internet à l’autre à une fréquence impressionnante. Lorsqu’il sélectionne sa destination, il navigue en moyenne sur 3,6 sites. Pour le choix des différents services touristiques, c’est un autre 3,7 sites. Finalement, pour ses achats touristiques, il en utilise 2,6. Voici les dernières tendances quant à l’utilisation des diverses catégories de sites, transactionnels ou non, qui composent le parcours du voyageur.

Transactionnel vs non transactionnel

Pour réserver leurs vacances en ligne, les consommateurs visitent plusieurs catégories de sites avant d’en arriver à une décision d’achat. Des agences en ligne aux sites de commentaires des voyageurs, en passant par les portails de destination ou les métamoteurs de recherche, l’internaute adopte un processus complexe de planification et de réservation. Une analyse détaillée de ce cycle permet de comprendre l’importance des sites non transactionnels et la grande influence qu’ils exercent sur la décision d’achat. À l’aide de sondages réalisés aux États-Unis, les firmes de recherche Compete et PhoCusWright se sont intéressées à l’utilisation globale du Web touristique.

Le graphique 1 résume le niveau d’achalandage des voyageurs sur les sites à vocation transactionnelle ou non transactionnelle. Depuis les deux dernières années, la situation s’est stabilisée: les deux tiers des visites s’effectuent où il est possible de réserver un service touristique, et les sites non transactionnels accaparent environ 33% des visites.

trafic sites touristiques transactionnels

Où vont exactement les internautes?

Les consommateurs disposent maintenant d’une palette d’outils des plus complètes pour planifier et réserver leurs voyages. Néanmoins, plusieurs d’entre eux sont encore relativement méconnus de la majorité des voyageurs et leur adoption se fait progressivement. Les agences en ligne majeures comme Expedia ont bénéficié d’une grande notoriété grâce à d’imposants budgets marketing. Cet effet s’est quelque peu estompé, et de plus en plus d’internautes réalisent qu’il y a d’autres options intéressantes comme les métamoteurs de recherche (ex.: Kayak) qui permettent de comparer les prix de plusieurs entreprises sur un seul site (graphique 2).

Volume sites touristiques par catégorie

On remarque aussi que les fournisseurs de services, soit les chaînes hôtelières, les transporteurs aériens et les croisiéristes, affichent tous une croissance du nombre de visiteurs. L’analyse mensuelle démontre le caractère saisonnier des visites, selon la catégorie de services. Les mois de janvier et de mars sont les périodes où les gens effectuent le plus de recherches pour des vols. Quant aux sites d’hôtels, les mois de pointe sont ceux d’été.

Le but ultime, convertir chez soi

Savoir quelles catégories de sites de voyage fréquentent les consommateurs est une chose, comprendre comment les visites se traduisent en conversion d’achat en est une autre. Pour ce qui est du volume, les fournisseurs de services s’en tirent bien en attirant une majorité d’internautes sur leur site pour conclure la transaction. Règle générale, 70% des transactions touristiques sur le Web s’effectuent de cette façon, sans passer par un intermédiaire de voyage comme une agence en ligne (graphique 3).

Il est important de distinguer ici volume de transactions et proportion d’internautes. Les consommateurs achètent d’abord leurs billets d’avion sur les sites d’agences en ligne dans une proportion de 53% par rapport aux portails des transporteurs aériens. Or, une majorité de ces internautes sont des voyageurs occasionnels. Les grands voyageurs adoptent un comportement différent, choisissant davantage les sites des fournisseurs. Ces derniers génèrent un volume élevé de transactions; c’est pourquoi ils sont avantagés lorsqu’on considère les visites mensuelles uniques dans le graphique 3.

Ventes online site web fournisseurs

Plusieurs visites sont souvent nécessaires avant qu’un fournisseur génère une vente. Ce sont les compagnies de location de voitures qui transforment la plus grande proportion des visites en réservations avec un taux de 20% au deuxième trimestre 2009. Voici les taux de conversion pour chacun des segments au cours de la même période:

  • Voitures de location par les agences en ligne, 13%
  • Vols par les compagnies aériennes, 12%
  • Chambres d’hôtel par les chaînes hôtelières, 11%
  • Vols par les agences en ligne, 8%
  • Chambres d’hôtel par les agences en ligne, 7%
  • Forfaits par les agences en ligne, 2,5%
  • Croisières par les croisiéristes, 2,4%
  • Croisières par les agences en ligne, 0,5%

Au Québec, un sondage réalisé en mai 2009 par la firme Skooiz a demandé aux Québécois quels étaient leurs sites Web de voyages préférés (graphique 4). Si l’on fait abstraction de la distinction entre le lieu de magasinage et l’endroit de la transaction, on constate que le portrait semble particulier chez nous. Instinctivement, les vacanciers québécois mentionnent d’abord leurs sites de prédilection pour trouver des forfaits vers le Sud. Voyagesarabais, Expedia et Vacances Transat occupent les trois premières positions alors qu’Air Canada ne vient qu’au quatrième rang. Ces résultats sont toutefois difficilement comparables en raison de méthodologies complètement différentes. Précisons aussi que l’échantillon utilisé correspond à celui d’un groupe de Québécois déterminé et non à celui du voyageur moyen.

Sites web préférés des Québécois

L’influence grandissante des sites non transactionnels

En plus de tous les entrecroisés effectués pour valider leur choix d’achat, les internautes s’appuient sur une panoplie de nouveaux acteurs agissant comme aides à la planification (graphique 5). Au deuxième trimestre 2009, 28% des internautes ont affirmé avoir également consulté des sites d’aide à la planification ou de partage de commentaires (ex.: TripAdvisor, igougo, etc.) au cours de leur démarche de réservation d’une chambre d’hôtel. Les sites proposant des rabais ou des promotions de dernière minute (ex.: cheapflights.com, Travelzoo, etc.) font également partie de l’arsenal d’aide à la réservation, utilisés d’abord pour la location d’autos (27%), ensuite pour les vols (25%) et les chambres d’hôtel (22%).

Visites de sites touristiques non transactionnels

On remarque également qu’une proportion importante de consommateurs a utilisé un métamoteur de recherche (ex.: Kayak, Farecompare, etc.) comme outil de comparaison des prix, particulièrement pour le segment aérien (21%). Les sites de destination tels que les portails des DMO sont les sites non transactionnels les moins utilisés au moment du processus de réservation des trois secteurs en question. Leur utilisation s’intensifie davantage à l’étape de la planification des activités à faire à destination.

On le constate, le processus de planification touristique est devenu complexe. Pour chacune des phases de réservation d’un voyage, le consommateur visite plusieurs catégories de sites avant d’arrêter son choix. Il est utopique de croire qu’un seul site pourra combler l’ensemble de ses besoins. Il faut reconnaître la valeur des sites non transactionnels, sachant notamment qu’un voyageur qui en a fréquenté un sera plus susceptible de procéder à une réservation lorsqu’il navigue ensuite sur un site transactionnel. Plus que jamais, l’internaute qui arrive sur votre site est un voyageur potentiel très bien informé!

Sources:

– Katz, Aaron et Cathy Schetzina. «Key 2009 Online Traffic and Conversion Trends», Compete et PhoCusWright, 20 octobre 2009.
– Rheem, Carroll et Cathy Schetzina. «Online Traffic and Conversion Report», Compete et PhoCusWright, septembre 2009.
– Skooiz. «Comment les Québécois utilisent-ils et cherchent-ils sur Internet?», mai 2009.

Lire aussi :
– Dernières tendances dans l’utilisation du Web chez les voyageurs
– Attention, les métamoteurs de recherche débarquent

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Dans la tête des voyageurs: profils décortiqués (volet 1)

L’attitude de chacun par rapport au voyage ainsi que ce qui est prioritaire dans son mode de vie a une profonde incidence sur le style de voyage effectué, sur les sommes dépensées et, parfois, sur les canaux de distribution privilégiés. Dans cette analyse en deux volets, nous présentons d’abord le profil des individus selon l’importance qu’ils accordent aux voyages, leur type de planification et leur utilisation d’Internet.

Un mot sur la méthodologie

L’enquête de PhoCusWright (PCW), Consumer Travel Report Part Two: Psychographic Trends, vise les individus ayant effectué au moins un voyage d’agrément à plus de 120 kilomètres de leur lieu de résidence et incluant de l’hébergement commercial ou un déplacement en avion.  Plus de 2000 voyageurs américains composent l’échantillon du sondage réalisé en ligne.

Pour moi, voyager est essentiel

Le revenu du ménage influe sur l’importance que les consommateurs accordent aux voyages et sur les sommes qui y sont investies (tableau 1). En moyenne, les ménages ayant un revenu de plus de 100 000 USD dépensent annuellement pour voyager près du double du montant de ceux ayant un revenu inférieur à 100 000 USD (5 293$ par rapport à 2 753$). Il y a plus de ménages aisés qui considèrent les voyages comme très ou plutôt importants que ceux ayant un revenu de 100 000 USD ou moins (76% par rapport à 68%).

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L’étude démontre que l’importance accordée aux voyages est similaire peu importe l’âge. Néanmoins, le segment des 55 à 64 ans se démarque légèrement par le pourcentage le plus élevé d’individus considérant les voyages comme très importants (39% par rapport à une moyenne de 34%).

Le graphique 1 illustre la relation entre la densité de la population et l’importance accordée aux voyages. Le segment urbain dont le revenu du ménage est de plus de 100 000$ a le plus fort pourcentage d’individus considérant les voyages comme très importants (48%), ceux habitant la banlieue ont le plus haut pourcentage lorsque l’on inclut la réponse «plutôt important» (81%).

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Laisse-moi te raconter mon voyage

Une vaste majorité de voyageurs aiment parler de leurs expériences avec leurs amis et leur famille. Les sites Web où le contenu est généré par les utilisateurs ainsi que les réseaux sociaux en ligne constituent des plateformes idéales. Le plaisir de partager sur ce sujet augmente avec le budget annuel accordé aux voyages. En fait, alors que 78% des répondants aiment discuter de leurs expériences de voyages avec les autres (36% fortement et 42% un peu), cette proportion est de 84% pour les individus dont les dépenses annuelles en voyage sont supérieures à 6 000$. Cet intérêt à partager les expériences de voyages est plus fort auprès des individus de 44 ans et moins.

Je mets des sous de côté

Près de six voyageurs sur dix mettent de l’argent de côté pour leurs vacances. Fait peu surprenant, plus le budget annuel consacré aux voyages est important, plus ces ménages ont tendance à économiser à l’avance l’argent à cette fin. Les hommes sont plus enclins à prévoir un budget voyage que les femmes (62% par rapport à 55%).

La tendance à budgéter les vacances selon l’âge est plus éloquente lorsque l’on observe le pourcentage de répondants qui planifient très peu. Celui-ci diminue constamment jusqu’à l’âge de la retraite, passant de 26% à 16%. On peut en conclure que la planification devient de plus en plus importante avec l’âge, particulièrement pour les baby-boomers (55 à 64 ans), dont seulement 16% planifient très peu. La génération X (35 à 44 ans) obtient le plus fort pourcentage d’une forte planification (29%), ce qui coïncide avec leur préférence à déterminer l’organisation des vacances (plus de détails à ce sujet dans le second volet de cette analyse).

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Utilisateur tardif, c’est tout moi!

L’étude de PhoCusWright analyse le rythme d’adoption des technologies, plus précisément l’utilisation d’Internet pour acheter des produits ou services liés aux voyages. On y décrit ainsi six types de consommateurs (graphique 3).

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Les modes de réservation selon le rythme d’adoption des technologies présentent des tendances prévisibles (graphique 4). Les suiveux, les hésitants et les résistants démontrent une préférence évidente pour acheter hors ligne. Cette tendance est plus marquée pour l’hébergement que pour les services aériens. Certaines compagnies aériennes exigent des frais supplémentaires pour les réservations par téléphone, incitant ainsi les personnes à le faire en ligne.

Selon les résultats de cette enquête, il est surprenant de remarquer que les précurseurs (les plus branchés) sont plus nombreux à utiliser le téléphone que les utilisateurs précoces. Ce comportement s’explique par le fait que les précurseurs démontrent une plus forte tendance à voyager à l’international (43% par rapport à 26%) et hors des sentiers battus (49% par rapport à 32%) et que certaines informations plus précises sont obtenues de cette façon. Ils sont également les plus grands utilisateurs des métamoteurs. Ce phénomène est un indice prévoyant la hausse de l’utilisation de ces outils par les autres segments d’internautes dans l’avenir, puisque ce sont les précurseurs qui ouvrent la voie!

graph4

Source:

    – PhoCusWright – Rheem, Carroll. «Consumer Travel Report Part Two: Psychographic Trends», mai 2009.
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L’opportunité du Web 2.0 pour les destinations

Un grand nombre d’organisations de marketing de destinations (DMO) ont adopté, ou s’apprêtent à le faire, une stratégie de développement qui inclut des services orientés vers le Web 2.0. La philosophie collaborative du Web offre des occasions favorables pour les portails de destination souhaitant faire participer leur clientèle. Bien que le phénomène soit émergeant, le média social Twitter est déjà massivement utilisé par les DMO qui ont rapidement compris son utilité. De l’intégration de TripAdvisor en passant par les blogueurs experts, voici une incursion dans l’univers des DMO à l’ère du Web 2.0.

Virage 2.0 grand V

Les sites Web publiant les commentaires personnels des voyageurs, les blogues et les autres médias sociaux exercent une influence considérable sur le processus de décision du consommateur. Déjà, près du tiers des DMO interrogées aux États-Unis dans une étude de PhoCusWright mentionnent que leur portail de destination offre la possibilité aux voyageurs de publier leurs photos ou leurs vidéos (graphique 1). Le virage vers les applications Web 2.0 s’accentuera au cours des deux prochaines années. Dès 2010, plus de 63% des DMO afficheront sur leur site les commentaires d’autres touristes. Les autres fonctionnalités telles que les blogues de voyages ou les commentaires d’experts locaux verront des taux d’adoption similaires.

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Selon une étude de Forrester, les utilisateurs de sites des DMO sont davantage portés vers la technologie que la moyenne des voyageurs d’agrément branchés. En effet, 74% d’entre eux peuvent être qualifiés «d’enthousiastes» quant à la technologie comparativement à 67% pour les autres. Pour les DMO voulant cibler les touristes parvenus à destination, soulignons que ces derniers sont notamment plus susceptibles d’utiliser un téléphone cellulaire, un ordinateur portable et une caméra numérique. Avec l’explosion des applications touristiques mobiles, il existe certes un enjeu pour les DMO à cet égard.

Sur le plan de la promotion, les investissements dans les médias sociaux font déjà partie intégrante de la stratégie marketing des DMO américaines. L’étude de PhoCusWright indique que 77% d’entre elles dépensent deux fois plus dans les médias sociaux que pour la télévision (graphique 2).

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Blogues et destinations

La Floride constitue un bel exemple d’une DMO qui a beaucoup misé sur l’apport d’une communauté de blogueurs experts. Chacun d’eux possède sa propre expertise, par exemple la famille, la plage, la culture, le golf, etc. Les experts ne font pas partie du personnel de Visit Florida, ils proviennent pour la plupart du milieu journalistique. Chaque blogueur publie sur une base régulière de courts articles jugés intéressants pour les visiteurs potentiels et abordant la thématique en question. Ils ont aussi bien sûr chacun leur page Twitter.

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Une section du blogue de type Q&A est dédiée aux questions des visiteurs. L’expert de la thématique y répond, et les réponses apparaissent en ordre chronologique. Toutefois, les internautes sont invités à consulter les questions antérieures avant de poser la leur.

Tourisme Montréal s’est aussi lancé dans l’univers des blogues avec sa campagne «Get the local buzz from Montréal Insiders» destinée aux marchés américain et ontarien. Cinq Montréalais, blogueurs contractuels, témoignent de leurs expériences, racontent leurs histoires aux visiteurs potentiels souhaitant savoir comment vivre «à la Montréal», comme quelqu’un de la place.

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Quoi faire de TripAdvisor?

Depuis peu, TripAdvisor permet l’exportation de ses contenus. Il est possible pour un site Internet comme celui d’une DMO d’utiliser la banque de commentaires de TripAdvisor afin d’offrir une section de critiques du public, et ce, tout en bénéficiant de sa crédibilité. Les destinations peuvent intégrer les commentaires sur leur portail par le biais d’un flux RSS qui permet l’affichage de ceux-ci dans une page spécifique de leur site Web.

Jusqu’à présent, les DMO se sont montrées plutôt réticentes à employer cette stratégie. Soulignons toutefois le cas de l’Office du tourisme de l’Arizona qui, pour chacune des fiches d’information de ses membres, affiche l’évaluation obtenue sur TripAdvisor ainsi que le lien vers la page des commentaires.

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L’effet Twitter sur les DMO

Les DMO ont rapidement embrassé la vague Twitter afin de l’insérer au sein de leur stratégie pour les médias sociaux (Lire aussi: Twitter, des cas concrets de son utilisation en tourisme). Une étude publiée en juillet 2009 par Development Counsellors International évaluait à 300 le nombre de DMO aux États-Unis présentes sur Twitter. Parmi les 52 principales DMO, seulement 12 sont encore absentes.

L’usage le plus fréquent (54%) consiste à annoncer des événements locaux ou d’autres informations, suivi par :

•    des «tweets» sociaux (28%),
•    des réponses (20%),
•    des «re-tweets» (13%),
•    des aubaines non liées aux voyages (10%),
•    des aubaines de voyages (7%) et
•    des concours (4%).

Bien que les DMO soient déjà bien présentes sur Twitter, l’utilisation de cet outil de réseau social demeure pour le moment très embryonnaire dans le milieu touristique.  En janvier 2009, une étude de Miles Media estimait que seulement 1% des voyageurs américains s’en servaient durant le processus de planification de voyage. Même si l’engouement général pour Twitter ou d’autres médias sociaux est indéniable, les DMO ayant des ressources limitées devront prioriser judicieusement leur rayon d’intervention.

Jouer la carte YouTube

Le géant Google se montre de plus en plus présent sur l’échiquier du voyage. Selon Rob Torres, directeur de la division touristique de Google, le moteur de recherche compte reprendre le contrôle des possibilités de publicité qu’offre sa nouvelle acquisition: YouTube. En effet, la majorité des vidéos partagées sur YouTube provient du grand public. L’un des objectifs de Google vise à permettre aux destinations d’obtenir un canal particulier pour diffuser certains contenus touristiques que les consommateurs pourront utiliser pour planifier leurs voyages. (Lire aussi: La vidéo en ligne à la portée de tous)

Pour le moment, Google met en application cette stratégie en se limitant à la composante vidéo, grâce à des sections commerciales spécifiques du site YouTube. L’exemple mis en place par la Nouvelle-Zélande est intéressant. Cette page, clairement affichée «100% Pure New Zealand», rassemble en un seul lieu pour les voyageurs potentiels une importante quantité de vidéos, tant les contenus d’entreprises que ceux publiés par le grand public.

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En somme, les tendances Web 2.0 appliquées aux portails de destination évoluent très rapidement… et ce n’est que le début!

Précisons que plusieurs des informations publiées dans cette analyse proviennent d’une étude commandée par le ministère du Tourisme du Québec et réalisée par la Chaire de tourisme Transat.

Sources:
– Development Counsellors International. «The Tweet Elite – How The Nation’s Top Travel Marketers Are Using Twitter», juillet 2009.
– Germain, Kate et Claude Péloquin. «BonjourQuébec.com: analyse comparative, modèle et positionnement – Rapport final», Chaire de tourisme Transat, février 2009.
– GoSeeTell. «State of the Travel & Tourism Industry – Social Media Survey Results», 1er trimestre 2009.
– Landman, Patrick. «Top 20 Best Practices for DMO Websites», Xotels, [http://www.xotels.com/en/marketing/destination-internet-marketing], 10 juin 2009.
– Milesmedia. «Social Media Marketing Best Practices for DMOs», [www.milesmedia.com], 17 juin 2009.
– Schetzina, Cathy. «Destination Marketing: Understanding the Role ans Impact of Destination Marketers», PhoCusWright, mai 2009.
– Serino, David. «How Social is your State DMO?», Gammet Interactive, [http://www.gammet.com/howsocialisyourstatedmo_gammet_7_09.pdf], juillet 2009.

http://www.youtube.com/purenewzealand
http://www.arizonaguide.com
http://www.tourisme-montreal.org/Blogs
http://www.visitflorida.com

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Marketing Technologies

Twitter: des cas concrets de son utilisation en tourisme

Dans une analyse précédente, nous avons brossé un portrait de l’application Twitter afin de mieux saisir sa nature et son utilité générale.  Cette fois-ci, nous tenterons de faire la lumière sur les diverses possibilités d’usage pour l’industrie touristique. Quels sont les meilleurs exemples de stratégies d’affaires intégrant ce nouvel outil ? De quelle façon, concrètement, peut-on tirer profit d’une telle application dans l’univers du tourisme?

Bidirectionnel

Deux grandes approches d’utilisation de Twitter s’offrent à vous (Lire aussi: Démystifier la folie entourant le phénomène Twitter). La première consiste à y puiser de l’information à propos de certaines thématiques, notamment les dernières tendances de votre secteur, ou encore à effectuer un monitoring de conversations ciblées. Dans cette perspective, il vaut mieux suivre un nombre limité de personnes très pertinentes (maximum une centaine) et lire tous les messages publiés, plutôt que de s’investir de manière très partielle avec un trop grand nombre de personnes.

La deuxième approche vise à faire de Twitter un véritable canal de communication avec la clientèle. C’est le pari qu’ont pris plusieurs compagnies aériennes, chaînes hôtelières ou agences de voyages afin d’établir une relation directe avec les clientèles actuelle et potentielle. Les entreprises s’en servent des mises à jour dernière minute de conditions de voyages, pour promouvoir un nouveau service, pour répondre directement à un besoin individuel d’un client, etc.

Le modèle JetBlue

La compagnie aérienne américaine JetBlue représente l’une des références dans le secteur du voyage quant à son utilisation de Twitter comme outil de communication. Dès mai 2007, ce transporteur s’est lancé sur Twitter et a progressivement construit sa communauté de followers qui surpasse désormais le cap du demi-million.

twitter2_1JetBlue s’est montrée très active dans son dialogue avec la clientèle. Mais la plupart de ses interventions se limitent à des «tweets» qui dirigent les gens vers des pages Web déjà existantes et qui traitent notamment du statut des vols ou des alertes météo.

Voici un exemple concret d’une conversation réelle (traduction libre) qui illustre bien la portée d’une application comme Twitter pour une entreprise touristique et son potentiel pour satisfaire la clientèle.

Client X – 16h32
Le nouveau terminal à JFK est superbe mais pas génial pour les conversations  téléphoniques du bureau. Une musique des années 80 y joue à tue-tête !!!

Réponse de JetBlue au client X – 17h21
Dirigez-vous vers la partie Nord au T5, c’est habituellement plus calme pour les appels  téléphoniques.

Client X – 17h55
Yay @jetblue !! Maintenant je connais le meilleur endroit du terminal pour les appels du bureau.

L’exemple Priceline

L’agence de voyages en ligne Priceline constitue un autre exemple qui semble avoir procuré d’excellents résultats. L’entreprise a choisi de se servir de Twitter comme canal de vente. Elle s’est d’abord forgé une identité particulière en utilisant le nom «The Negotiator». C’est William Shatner, monsieur Star Trek, qui incarne le rôle du «Priceline twitter2_2Negotiator».

Le premier objectif de l’agence consistait à augmenter son volume de followers qui se situait à 1470 le 23 avril 2009. L’entreprise a alors publié un «tweet» annonçant qu’elle allait remettre un bon de réduction de 50$ applicable à la réservation d’une chambre d’hôtel à tous ses «suiveurs» si Priceline atteignait les 3000 suiveurs avant le 1er mai. Le concours s’est finalement terminé le 28 avril et «The Negotiator» comptait déjà plus de 7400 followers.

Twitter ne permet pas de recueillir un profil de la clientèle, mais il offre néanmoins la possibilité d’établir un contact direct avec elle.  C’est en utilisant la fonction «message direct» que l’agence de voyages a été en mesure d’envoyer ses rabais promotionnels à chacun de ses «suiveurs».

Les dirigeants de Priceline ont indiqué que la stratégie avec Twitter visait d’abord à augmenter la base de leur clientèle potentielle avec laquelle ils peuvent construire une relation directe d’échanges.  C’est avant tout un objectif à long terme.

Le cas de Marriott

Selon le directeur des relations publiques de Marriott, Twitter constitue un prolongement naturel du blogue corporatif lancé en 2007. La chaîne utilise l’application sur deux fronts, avec deux profils Twitter distincts. Le premier est dédié aux relations publiques et au service à la clientèle. L’autre met l’accent sur les efforts de la chaîne à prendre le virage vert.

La présence de Marriott sur Twitter s’est avérée particulièrement efficace en temps de crise. twtwitter2_3Lors de l’attaque terroriste contre l’hôtel Marriott à Islamabad en 2008, l’entreprise disposait d’un puissant outil de communication pour transmettre rapidement les mises à jour, combinées aux répliques des gens concernés qui avaient eux aussi de l’information utile à partager.

HostelBookers, un fournisseur d’hébergement économique, est un autre exemple intéressant, mais cette fois à plus petite échelle. Dans la période de Pâques, il a lancé une chasse aux œufs sur Twitter dans quatre villes européennes. L’enjeu: gagner un séjour de sept nuits à Amsterdam. Les participants recevaient quotidiennement des indices sur Twitter, selon les endroits visités par «l’œuf backpacker».  Une consommation gratuite était aussi offerte au premier voyageur à rejoindre l’œuf dans un bar à la fin de la journée.

Les villes se lancent aussi

De plus en plus de voyageurs aguerris se servent de Twitter pour flairer les occasions intéressantes et connaître les derniers développements liés à leur prochaine destination. Les gestionnaires des offices touristiques de Baltimore, Chicago et Philadelphie figurent parmi les utilisateurs très actifs de Twitter. Ils répondent à des requêtes variées, par exemple en lien avec la programmation culturelle. L’intervention des autorités touristiques comporte toutefois des limites et ce sont souvent des gens de la communauté qui y vont de leurs commentaires et suggestions.

Mentionnons aussi l’exemple de Portland qui a lancé sur Twitter son centre d’information touristique virtuel, le «Twisitor Center». Toute requête publiée suivie de la mention #inpdx sera repérée et obtiendra une réponse du personnel de l’office.

Le San Francisco Zoo s’en sert de son côté pour aviser la clientèle lorsqu’un animal vedette sera retiré de son habitat de visite ou quand une attraction est fermée pour la journée. Selon les gestionnaires, cette approche permet de désamorcer certaines frustrations.

L’environnement Twitter évolue très rapidement et il existe déjà une panoplie d’applications permettant d’améliorer l’efficacité de son utilisation. Parmi les plus populaires, mentionnons TweetDeck, Twhirl, Tweetizen, Twitscoop, TweetChannel, Tweetscan et Monitter.  Par exemple, TweetDeck permet de faire le monitoring de tous ceux qui ont la mention de votre nom, même si vous ne les suivez pas. Il crée aussi des colonnes distinctes pour chaque groupe de Tweeters que vous souhaitez rassembler, comme un groupe «développement durable». Des colonnes s’ajoutent à chaque requête par mots clés lorsque vous surveillez un sujet, par exemple la grippe porcine.

Quoique les opportunités liées à Twitter semblent illimitées, vous devez y réfléchir attentivement et analyser vos besoins avant de vous y lancer professionnellement, que ce soit à titre individuel ou au nom de votre entreprise. Mais cela vaut certes l’effort initial de prendre le temps de se familiariser avec ce nouvel univers et de l’explorer.

Entre-temps, vous avez aussi la possibilité de me suivre sur Twitter:  http://twitter.com/claudepeloquin.

Sources:

Black, Susan. «19 Hotel/Airline Brands Share Tweets that Work! How to Get the Most Twitter Buzz for Your Buck…» [http://susanblackassociates.blogspot.com/2009/05/12-hotelairline-brands-share-tweets.html], 28 avril 2009.
– Heslin, Rebecca. «Travel firms respond to évents, share news via Twitter», [http://www.usatoday.com/travel/news/2009-02-02-hotel-airlines-travel-twitter_N.htm] Usa Today, 4 février 2009.
– Hodson, Mark. «Which travel firms do Twitter well (and badly)?» [http://www.timesonline.co.uk/tol/travel/news/article6266791.ece], Times Online, 11 mai 2009.
– Plantevin, Jérôme. «J’exploite le phénomène Twitter, voici comment», Les Affaires, du 16 au 22 mai 2009.
– Schaal, Dennis. «Priceline’s Twitter audience skyrockets with promotion», [http://www.travelweekly.com/article3_ektid193738.aspx ] Travel Weekly, 29 avril2009.

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Faits et chiffres Marchés géographiques Marketing

Les voyageurs allemands au Québec et au Canada

Près de 70 000 Allemands ont visité le Québec en 2007, les plaçant au 4e rang des visiteurs outre-mer. Plus de la moitié effectuent des séjours d’agrément.  Ils apprécient les visites de sites historiques ou touristiques, des parcs naturels, des musées ou des galeries d’art. Ils réservent leur voyage considérablement à l’avance et utilisent grandement Internet. Apprenez à les connaître, car en ces temps d’incertitude économique, aucun marché n’est à négliger.

Une précédente analyse confirmait la très forte propension à voyager de la population allemande (Les Allemands: les plus grands voyageurs).  Cet intérêt pour les voyages semble encore peu touché par la situation économique actuelle.

Depuis 2003, leur nombre ne cesse d’augmenter. En 2007, 69 900 visiteurs allemands sont venus au Québec, et 298 000, au Canada. Il s’agit du quatrième marché outre-mer en importance pour le Canada et le Québec.

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Le Québec se classe au quatrième rang des destinations canadiennes, derrière l’Ontario, la Colombie-Britannique et l’Alberta.

Profil des voyageurs allemands au Québec

Les voyages d’agrément représentent 54%, ceux pour affaires, 29%, et les visites de parents et d’amis, 17%. Par rapport au Canada, la proportion de voyageurs d’affaires est plus élevée alors que celle des visites de parents et d’amis est moindre.

Les voyageurs sont relativement jeunes. Au Canada, 75% ont moins de 55 ans (graphique 1), alors que pour l’ensemble des voyageurs internationaux au Canada, cette proportion est plutôt de 57%. Le Québec reçoit un plus grand nombre de voyageurs allemands de 24 ans et moins et de 55 ans et plus que le Canada.

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Par comparaison avec l’ensemble des visiteurs outre-mer au Québec, les Allemands sont surtout intéressés par la visite de sites historiques, de parcs naturels, de musées ou de galeries d’art ainsi que par les visites touristiques (graphique 2).

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Selon une enquête de la Commission canadienne du tourisme (CCT), ils s’intéressent de plus en plus à la cuisine, à la culture, aux paysages et aux coutumes du Canada.

La durée moyenne des séjours d’agrément des Allemands au Québec est de 8 jours, alors qu’elle est de 10 jours pour l’ensemble des voyageurs outre-mer. Les dépenses moyennes par séjour s’élèvent à 706$, soit en deçà de la moyenne des visiteurs outre-mer. Leur périple au Québec s’articule principalement autour de trois régions: Montréal (42%), Québec (28%) et Manicouagan – surtout Tadoussac – (10%).

Planification et réservation

Les voyages vers des destinations long-courriers comme le Canada sont réservés considérablement à l’avance: 28% sont planifiés plus de six mois à l’avance. Il y a tout de même 18% des répondants qui ont réservé moins d’un mois avant le départ (graphique 3).

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Les Allemands sont bien souvent des voyageurs expérimentés qui ont tendance à voyager individuellement tout en ayant recours à des forfaits taillés sur mesure par les voyagistes. Concernant les voyages internationaux de 5 jours et plus, 58% étaient encadrés par un forfait plus ou moins flexible, en 2008. Trois principaux grossistes dominent le marché: TUI, Thomas Cook et Rewe Touristik. Ils accaparent 62% des revenus totaux des grossistes en Allemagne.

Forte présence sur le Web

L’Allemagne est le plus important marché en ligne d’Europe. Selon Eurostats, 75% de la population allemande était branchée au début de 2008, soit 62 millions de personnes. Environ 23% de la population a acheté des produits ou des services liés aux voyages sur le Web, une augmentation de 130% depuis 2005.

Les stratégies Web semblent donc une bonne approche pour joindre cette clientèle. La CCT est active sur ce marché, tout comme Tourisme Québec. Parmi leurs actions, mentionnons les quatre blogues de la CCT ayant chacun leur propre thématique:

Il s’agit d’un bel exemple d’une stratégie Web 2.0 ciblée.

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Selon la firme PhoCusWright, le marché du tourisme en ligne devrait continuer à croître au cours des prochaines années en raison du renforcement de la confiance des Allemands envers les réservations et les achats en ligne. Si, par le passé, la sécurité liée au paiement en ligne inquiétait les consommateurs, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les grossistes en ligne proposent des solutions toujours plus personnalisées et répondent de mieux en mieux aux besoins de chacun.

Pour plus d’information sur le marché allemand, n’hésitez pas à consulter les sources ci-dessous.

Sources:

–    Commission canadienne du tourisme. «Rapport trimestriel sur le marché – Allemagne», octobre à décembre 2008.
–    Commission canadienne du tourisme. «Voyages en provenance des États-Unis et d’outre-mer à destination du Canada», préparé par Le Conference Board du Canada, juillet 2008.
–    Commission canadienne du tourisme. «Veille touristique mondiale – Première année – Allemagne, principales conclusions», 2008.
–    Commission canadienne du tourisme. «Tourisme en bref», 2007.
–    Mintel. «Germany Outbound», Travel & Tourism Analyst, no 3, mars 2007.
–    Merten, Ralph et Zimmermann, Sebastian – PhoCusWright. «The German Online Travel Overview», novembre 2008.
–    Merten, Ralph– PhocusWright. «The German Online Travel Market», 2008.
–    ReiseAnalyse Aktuel. «The 37th Reiseanalyse RA 2009», 2009.
–    Tourisme Alsace. «Fiche marché: Allemagne », mars 2009.
–    Visit Britain. «Germany Market and Trade Profile», mise à jour janvier 2008.

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Technologies

Démystifier la folie entourant le phénomène Twitter

On se remet à peine de la vague Facebook qu’une autre nous frappe de plein fouet avec l’arrivée du tout dernier-né des réseaux sociaux: Twitter. Difficile de l’ignorer, tout le monde parle de ce nouveau phénomène que l’on définit comme du microblogage. Ce site Web a réellement pris son envol en 2008 alors que les médias de masse ont commencé à s’y intéresser au point où Twitter est maintenant sur toutes les tribunes.

Twitter, c’est quoi au juste?

Tout comme Facebook, Twitter est un site Internet conçu pour favoriser les échanges entre les individus. Pour l’utiliser, il faut d’abord s’y inscrire en créant un bref profil: nom, courte description, champs d’intérêt et photo.

Par la suite, c’est très simple. Il suffit d’écrire un message (un «tweet») qui n’excède pas 140 caractères, soit à peine deux lignes de texte (voir image). Le but consiste à transmettre une information, une opinion ou simplement à diriger le lecteur vers une autre source de contenu sur le Web (site intéressant à connaître, article à lire, graphique à consulter, etc.). Les messages peuvent être acheminés vers ou à partir d’un ordinateur ou d’un téléphone intelligent.

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Le principe de Twitter repose sur l’action de «suivre» (follow) des personnes ou des organismes de notre choix. La sélection varie selon notre intérêt personnel ou professionnel. À l’inverse, un certain nombre de «suiveurs» (followers) nous suivront parce qu’ils jugent que nous pourrions leur procurer des renseignements pertinents.

Le concept d’«amis», que l’on retrouve sur Facebook, ne s’applique pas à Twitter. Au contraire, on n’a surtout pas besoin de donner des informations personnelles comme sur le profil de Facebook. C’est la simplicité de Twitter qui attire avant tout, et le taux de croissance de son adoption est plutôt phénoménal.

Twitter en chiffres

C’est en 2008 que l’application Twitter est vraiment sortie de l’ombre, affichant une croissance fulgurante. La firme de recherche Internet Compete estime que plus de 19 millions de visiteurs uniques ont accédé à Twitter en avril 2009, comparativement à 104 millions pour Facebook (voir graphique). Un débat fait rage sur la pérennité d’une telle application, à savoir si les internautes s’en lasseront rapidement.

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Chose certaine, Twitter n’est pas pour tout le monde. Actuellement, plus de 60% des nouveaux utilisateurs aux États-Unis n’y retournent pas le mois suivant. L’hypermédiatisation a récemment attiré de nombreux curieux qui constatent que cet outil n’est tout simplement pas fait pour eux. Plusieurs experts s’attendent à ce que la croissance ralentisse quelque peu.

Lors d’une étude réalisée en 2009, Michael A. Stelzner s’est intéressé à l’utilisation des médias sociaux par les gestionnaires. Twitter se classe au premier rang des outils les plus utilisés, devant les blogues, LinkedIn et Facebook. Plus de 94% des gestionnaires qui se servent depuis longtemps des médias sociaux utilisent maintenant Twitter. Précisons que la majorité (70%) des participants à ce sondage sont propriétaires d’une petite entreprise.

Pourquoi «tweeter»?

On trouve beaucoup de «bruit» dans Twitter, c’est-à-dire une importante proportion de renseignements non pertinents. Mais il existe aussi un grand nombre d’échanges extrêmement utiles. On peut accéder à l’information de façon passive ou active. Dans le premier cas, les «tweets» envoyés par les gens que vous suivez apparaîtront automatiquement sur votre page sans démarche particulière de votre part. Pour déterminer quels sont les gens que vous allez suivre, vous pouvez commencer par ceux que vous connaissez en les cherchant sur Twitter. Vous pouvez ensuite consulter la liste de ceux qu’ils suivent à leur tour afin d’étendre ainsi votre rayon de couverture.

L’autre technique pour élargir votre horizon consiste à chercher certains types de contenu particulier. Par exemple, vous pourriez lancer une recherche sur l’écotourisme et voir défiler toutes les conversations de l’univers Twitter mentionnant ce sujet. Or, puisque le bloc de texte est limité à 140 caractères, les messages sont souvent accompagnés d’un lien Internet qui renvoie à un document de référence sur le Web. C’est aussi l’occasion de repérer de nouvelles personnes à suivre.

En ce sens, Twitter est devenu beaucoup plus utile dans une perspective de niche d’information. On voit d’ailleurs apparaître de plus en plus de groupes spécialisés qui délimitent ainsi la sphère de communication en fonction d’un champ d’intérêt. L’industrie touristique s’est montrée particulièrement active sur Twitter. Les chaînes hôtelières, les compagnies aériennes, les destinations et les autres entreprises touristiques ont joint cette communauté non seulement pour communiquer avec leur clientèle, mais aussi pour savoir ce que les gens disent d’eux.

Outil de monitoring

L’immense avantage de Twitter c’est son caractère instantané. Analyser une situation, aborder un problème après qu’il s’est produit est une bonne chose. Être informé d’une situation pendant qu’elle a lieu et réagir promptement c’est encore mieux. C’est ce que font de plus en plus de gestionnaires en surveillant les conversations de la clientèle en vue d’améliorer l’expérience liée à l’utilisation du produit. On peut ainsi transformer un simple outil de monitoring de la marque ou d’un secteur d’activité en véritable intelligence d’affaires 2.0.

À titre d’exemple, nous avons entré le terme «biodôme» dans le moteur de recherche de Twitter pour vérifier ce qu’on dit sur le  Biodôme de Montréal. On peut y lire des commentaires d’appréciation, des interrogations sur la nature du produit ainsi que des critiques négatives. C’est l’occasion idéale pour les gestionnaires d’obtenir le pouls de la clientèle, de savoir ce qu’elle pense, en temps réel, d’un produit, de l’entreprise, d’une situation, etc.

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Twitter est non seulement un canal pour les médias sociaux, mais aussi un puissant outil de promotion. Puisque l’action de suivre un individu ou une organisation se fait de manière totalement volontaire, la réception d’un «tweet» est perçue comme une façon non intrusive de communiquer avec quelqu’un. Des gestionnaires l’utilisent notamment comme banc d’essai pour tester des idées et recueillir rapidement l’opinion de plusieurs personnes.

Certains exemples récents illustrent bien la portée de Twitter et surtout la dimension d’instantanéité qu’il apporte. La primeur de l’écrasement de l’avion sur la rivière Hudson a été rapportée de cette façon. Même Obama s’en est servi à outrance dans sa campagne, ce qui en a fait le «tweeteur» le plus suivi au monde.

Bref, l’utilisateur n’a pas besoin d’investir beaucoup de temps au départ, de créer un long profil et de fréquenter le site de façon assidue. Il doit seulement être curieux d’expérimenter ce nouvel univers de la conversation et s’y lancer en tant qu’observateur ou participant actif.

Dans une prochaine analyse, nous traiterons d’exemples concrets d’utilisation de Twitter par des entreprises touristiques.

Lire aussi:

– L’agent Web 2.0, le nouveau James Bond du marketing
– Est-ce que les médias sociaux peuvent changer le monde? «Yes, they can»!
– «Enlignez-vous» sur le marketing

Sources:
– Buttry, Steve. «Leading your staff into the Twitterverse», Transforming the Gaz [http://stevebuttry.wordpress.com/2009/04/03/leading-your-staff-into-the-twitterverse/], 3 avril 2009.
– Glockner, Phil. «7 Top Twitter Topic Trackers», ReadWriteWeb [http://www.readwriteweb.com/archives/7_top_twitter_topic_trackers.php], 4 avril 2009.
– Martin, Patrice-Guy. «Mon écosystème de productivité – mes réseaux sociaux», L’observateur [http://blogues.directioninformatique.com/patrice/2009/03/04/mon-ecosysteme-de-productivite-mes-reseaux-sociaux/111], 4 mars 2009.
– Rumford, Rodney. «7 marketing mistakes to avoid on Twitter», imediaconnection [http://www.imediaconnection.com/printpage/printpage.aspx?id=22655], 9 avril 2009.
– Stelzner, Michael. «Social Media Marketing Industry Report», [WhitePaperSource.com], mars 2009.
– Verret, Carol. «The long tail revisited», Hospitality Upgrade, printemps 2009.

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Marketing Technologies

«Enlignez-vous» sur le marketing

Tout comme posséder une adresse courriel, faire du marketing en ligne est devenu une avenue inéluctable au cours des dernières années. D’ailleurs, les médias en ligne gagnent sans cesse du terrain par rapport aux outils traditionnels. Dans un contexte de crise économique et de resserrement des budgets, une plus grande mesurabilité des actions rend les opérations sur le Web d’autant plus pertinentes.

Évolution des dépenses marketing dans les médias traditionnels versus en ligne

Non seulement les dépenses marketing globales sont touchées par la situation économique, mais on observe également un déplacement des dollars marketing au profit des médias en ligne. Selon les prévisions d’eMarketer, les dépenses marketing en ligne devraient connaître des taux de croissance frisant une moyenne de 20% annuellement. Le graphique 1 présente la croissance effective en 2007 et 2008 et les prévisions d’eMarketer jusqu’en 2013.

En contrepartie, les dépenses marketing dans les médias traditionnels suivent une toute autre tendance. Par exemple, les dépenses en publicités télévisées devraient décroître de 4,2% en 2009, et les revenus publicitaires des journaux, de 15,9% dans l’année en cours.

Le graphique 2 illustre le pourcentage des dépenses de marketing en ligne par rapport au budget total, toujours selon les prévisions d’eMarketer. En dollars absolus, cela signifie que le marketing en ligne passera de 24,5 milliards USD en 2008 à 28,5 milliards USD en 2009.

La situation économique s’est encore dégradée depuis que ces prévisions ont été avancées et peut-être devraient-elles être revues. Néanmoins, un consensus persiste sur la croissance continue des dépenses marketing en ligne au cours des prochaines années.

Pourquoi le marketing en ligne continuera-t-il de croître

Parce qu’Internet :

  • est fondamentalement plus mesurable et généralement moins cher que les médias traditionnels;
  • permet un ciblage beaucoup plus précis que toute autre forme de média;
  • est interactif et permet donc un plus haut degré d’engagement chez les consommateurs actuels ou potentiels;
  • occupe une place de plus en plus grande dans le temps que les individus consacrent aux médias, particulièrement les jeunes consommateurs;
  • informe les entreprises sur les comportements et attitudes des consommateurs en temps réel grâce au contenu partagé sur le Web 2.0 (blogues, réseaux sociaux, microblogging)
  • fournit une occasion de prendre part aux conversations à propos des intérêts, des opinions et de la planification d’achat;
  • est le seul média qui permet aux responsables marketing de rejoindre les consommateurs tout le long du processus d’achat – de la prise de connaissance jusqu’à la vente et au support après-vente.

Les voyages et les vacances sont les recherches en ligne les plus populaires

Les destinations touristiques et les lieux de vacances figurent au premier rang des produits ou services le plus souvent recherchés sur Internet (graphique 3). Non loin derrière se trouvent les composantes du voyage telles que les vols. Ces informations sur la recherche en ligne devraient interpeller l’industrie touristique.

L’obligation de rendre des comptes

Particulièrement en des temps difficiles, chaque dépense d’entreprise est analysée afin d’être investie le mieux possible. Parce que le marketing est souvent le premier poste de dépenses comprimé, il importe de pouvoir démontrer l’incidence des actions choisies; celles de marketing en ligne sont reconnues comme étant les plus facilement mesurables.

Le référencement par les moteurs de recherche

Optimiser son référencement par les sites de recherche constitue une vraie science. Les stratégies sont multiples et peuvent s’avérer complexes. Il est primordial d’apparaître dans les moteurs de recherche, et ce, parmi les premiers résultats; il ne faut pas négliger cet aspect. Essayer d’optimiser son positionnement dans les moteurs de recherche requiert souvent les services de spécialistes, car vous n’êtes pas seuls à vous bousculer pour obtenir les premières places.

Être près des consommateurs

Aujourd’hui, pour être en contact avec les consommateurs, les responsables marketing doivent les suivre sur le Web social, c’est-à-dire les blogues, les sites de commentaires (exemple TripAdvisor) et les réseaux sociaux.

Environ 44% des usagers américains d’Internet étaient des visiteurs réguliers de réseaux sociaux selon eMarketer en 2008, une augmentation de 38% depuis 2007. Également en hausse, 54% lisent des blogues. Ces usagers s’attendent à ce que les entreprises participent. Selon un sondage d’Opinion Research Corporation, 85% des participants aux réseaux sociaux ont indiqué que les entreprises devraient avoir une présence dans ces médias et interagir avec les consommateurs.

Considérez ces sites Web 2.0 comme une forme de groupe de discussion perpétuel:

  • Vous y saurez comment les consommateurs parlent de votre secteur d’activité et de votre produit ou service: ils utilisent sans doute des mots ou expressions auxquels vous ne vous attendez pas et que vous devriez intégrer à vos communications.
  • Vous y apprendrez peut-être des problèmes ou aspects négatifs liés directement à votre produit et vous pourrez y remédier. N’oubliez pas: que vous les écoutiez ou pas, ces conversations ont lieu…
  • Demandez des suggestions à vos clients, sollicitez leur participation et apportez des solutions à leurs problèmes!
  • Faites essayer votre produit à des personnes influentes du Web (ex. un  blogueur) et invitez-le à en parler librement.

(Lire aussi: L’Agent Web 2.0, le nouveau James Bond du marketing)

Susciter la confiance

La confiance des consommateurs est fragile. La saturation publicitaire et l’ouverture d’Internet aux utilisateurs contribuent à discréditer les messages marketing traditionnels. Avec la transparence actuelle du Web, comment pouvez-vous mettre toutes les chances de votre côté pour gagner la confiance?

  • Faites tout ce qui est en votre pouvoir pour offrir le meilleur produit ou service possible.
  • Écoutez activement ce que vos clients disent de vous, spécialement via le Web 2.0.
  • Adaptez votre message marketing. Les slogans publicitaires sont à délaisser au profit des conversations, particulièrement en ligne.
  • Considérez la possibilité de créer une communauté en ligne ou un forum où les consommateurs peuvent s’impliquer. Il doit être facile pour vos clients d’être entendus.
  • Incitez les gens à émettre leurs commentaires négatifs. Cette attitude témoigne de votre ouverture et de votre vulnérabilité, ce qui suscite un sentiment de confiance.

Le site Internet des friandises Skittles constitue un parfait exemple d’une pleine utilisation du Web 2.0: communautés virtuelles (la section Friends mène directement à Facebook), transparence (la section Chatter affiche tout ce qui se dit sur eux sur Twitter) ainsi que vidéos, musique, etc.

www.skittles.com

Enfin, la recommandation ultime d’eMarketer concernant le marketing en ligne est de faire des tests. Il n’y a tout simplement aucune excuse aujourd’hui pour ne pas expérimenter constamment de nouveaux canaux de communication et de nouvelles applications. C’est toujours la meilleure façon de connaître ceux qui fonctionnent le mieux pour vous!

Sources:
–  Ramsey, Geoffrey. «Digital Marketing Now: Seven strategies for surviving the Downturn», eMarketer, novembre 2008.
–  Statistique Canada. «Enquête canadienne sur l’utilisation d’Internet», Le Quotidien, 12 juin 2008.
–  HeBS Team. «Mastering Internet Marketing in 2009: Results of the Third Benchmark Survey on Hotel Internet Marketing», Hospitality eBusiness Strategies, mars 2009.