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SuisseMobile: un projet de développement durable et mobilisateur

Les individus deviennent de plus en plus sensibles aux enjeux liés à l’environnement. C’est aussi dans ce contexte que plusieurs organisations, afin de prévenir la détérioration et la pollution de l’environnement, adoptent de bonnes pratiques de développement responsable. C’est notamment le cas en Suisse avec la mise en place d’un intéressant projet mobilisateur qui mérite d’être souligné: SuisseMobile. Ce projet a attiré notre attention parce qu’il regroupe plusieurs types d’activités basées sur des déplacements non motorisés dans une offre globale et intégrée.

Une collaboratrice du réseau de veille s’est rendue dans trois destinations européennes afin de comparer les façons de faire dans le développement et la mise en marché du cyclotourisme et d’étudier certains exemples de succès. Voici une deuxième analyse des meilleures pratiques touristiques observées. (Lire aussi: Meilleures pratiques en cyclotourisme, le cas de la Route du Coeur.)

Description du projet

SuisseMobile est un ambitieux projet visant à rendre accessible une offre globale d’activités axées sur des déplacements non motorisés. L’objectif poursuivit est «d’encourager la mobilité par sa propre force musculaire humaine et ses combinaisons avec les transports publics et privés». Avec ce projet initié en 2000 par la fondation «La Suisse à vélo», le pays compte se positionner comme chef de file mondial des voyages à caractère durable.

Plus précisément, ce sont la randonnée pédestre, le vélo de montagne, le patin à roues alignées, le canoë et le vélo de route qui sont intégrés à SuisseMobile. On privilégie le développement d’une offre de qualité et bien intégrée, composée d’itinéraires nationaux, de forfaits et de hauts lieux pour chaque type d’activités.

Par ailleurs, un important volet de communication et de commercialisation accompagne la démarche. La création d’une signalisation distincte, la connexion aux transports publics et l’installation d’infrastructures de communication s’inscrivent en support au projet. Arrivé depuis peu au stade du déploiement, on s’attend à ce que SuisseMobile soit inauguré officiellement au printemps 2008.

Une mobilisation nationale

L’organisation de SuisseMobile ne se limite pas à l’équipe de «La Suisse à vélo». De nombreux partenaires ont accordé leur appui et leur participation financière. Son comité de direction regroupe six instances responsables, dont l’équipe de «La Suisse à vélo» qui assume le leadership. Voici les autres groupes représentés:

  • les partenaires de la Confédération,
  • l’ensemble des cantons,
  • des organisations nationales de transport,
  • des organisations nationales de tourisme,
  • des organisations nationales de sport.

Une signalisation bien orchestrée

Chaque mode de déplacement possède une signalisation qui lui est propre et un pictogramme distinct qui indique clairement le type d’activité proposé. Les schémas colorés illustrent à la fois le contexte dans lequel est pratiquée l’activité et le genre de mobilité suggéré. Cette signalisation demeurera uniforme dans l’ensemble du pays au sein des itinéraires conçus, de même que dans les endroits identifiés comme des hauts lieux (voir schéma).

Une fois la totalité de son réseau complété, le choix des itinéraires et des hauts lieux devrait se répartir à peu près comme suit:

  • La Suisse à pied: 3 itinéraires nationaux et 40 hauts lieux (5300 km);
  • La Suisse à vélo: 9 itinéraires nationaux, 50 itinéraires régionaux et 20 hauts lieux (7500 km);
  • La Suisse en vélo de montagne: 2 itinéraires nationaux et 15 hauts lieux (2500 km);
  • La Suisse en patins à roues alignées: 1 itinéraire national et 10 hauts lieux (1100 km);
  • La Suisse en canoë: 1 itinéraire national et 10 hauts lieux (400 km).

Critères de sélection pour les itinéraires nationaux

Afin de se doter d’une vision cohérente et d’une offre homogène répondant à des standards de qualité, SuisseMobile a adopté certaines normes d’évaluation. Le choix des itinéraires a notamment été basé sur les critères suivants:

  • La portée nationale. Les circuits sont déployés sur l’ensemble du territoire et doivent combler l’objectif d’augmenter la compétitivité touristique de la Suisse.
  • La diversité des réalisations. Les parcours nationaux doivent viser un large public grâce à des activités comprenant des degrés de difficulté variés.
  • La qualité. Les tracés nationaux doivent présenter des paysages attrayants, rejoindre les attraits qui suscitent le plus d’intérêt, relier les itinéraires et les chemins existants et intégrer les modes de transport déjà présents.
  • La facilité de commercialisation. On doit pouvoir créer des forfaits à partir des itinéraires nationaux; s’ils existent déjà, ces forfaits doivent être intégrés aux activités de commercialisation de l’itinéraire.
  • La présence de services. L’itinéraire doit permettre aux utilisateurs de se restaurer et de se loger, en plus de favoriser un arrimage convivial avec les transports publics.

«MobilCenter» pour communiquer l’offre

La stratégie de communication de SuisseMobile repose sur un concept: le MobilCenter. Il s’agit de rendre accessible l’ensemble du réseau à l’aide d’un site Internet convivial ainsi que par des bornes d’information. Le site Web proposera une navigation sur la base d’une carte nationale et s’affichera dans les quatre langues officielles. C’est en cliquant sur la carte que l’on obtiendra des offres d’itinéraires nationaux, régionaux et de hauts lieux. On mise beaucoup sur le Web afin de courtiser la clientèle internationale.

Le deuxième volet du MobilCenter est l’installation de bornes d’information et de centrales de mobilité. Les bornes d’information seront réparties dans plus de un millier de lieux à travers le pays, notamment les gares, les centres d’information touristique et les principaux points de jonction du trafic urbain. À partir de ces bornes, il sera possible d’organiser un voyage ou une excursion pour l’une des cinq activités ciblées. Les centrales de mobilité offriront quant à elles un niveau plus élevé de services. On y trouvera par exemple de l’information sur les attraits et les manifestations touristiques, un guichet de réservation et de location d’équipement et un stationnement.

Le budget annuel du MobilCenter est évalué à 2,7 millions CAD. Quant à la planification et à la réalisation des bornes d’information, il en coûtera environ 17 millions CAD. On estime que 10% du financement du MobilCenter provient du secteur privé.

Un exemple à suivre

Bien que son déploiement ne soit pas encore complété, plusieurs observateurs entrevoient positivement l’avenir de SuisseMobile. On l’associe déjà à un cas de bonne pratique pour les raisons suivantes:

  • il représente un produit qui se démarque par son développement durable;
  • il innove tout en empruntant un modèle éprouvé, soit celui de «La Suisse à vélo»;
  • il bénéficie d’une grande coopération entre les secteurs public et privé;
  • il utilise des stratégies de communication qui avantagent tous les partenaires et qui favorisent une grande accessibilité;
  • il s’agit d’un modèle facilement exportable dans d’autres pays.

Par cette initiative, la Suisse se donne une vision de développement durable. Elle entend bien sûr tirer profit de ce positionnement afin de maintenir une position compétitive comme destination touristique. Rêvons un peu: à quoi pourrait ressembler un QuébecMobile quatre saisons?

En collaboration avec Amélie Racine

Voir aussi

SuisseMobile
Suisse-a-velo

Sources:
– Racine, Amélie et Mark Schanzleh. «Étude sur le cyclotourisme suisse, allemand et néerlandais», Réseau de veille en tourisme, mars 2006.

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La saison estivale arrive: vite, prenez des notes!

Pour de nombreuses entreprises touristiques, l’arrivée de l’été marque le début de la haute saison. Avant que l’effervescence estivale ne vous submerge, le Réseau de veille en tourisme vous propose quelques pistes de réflexion ou d’action et vous invite à redécouvrir certains articles. Profitez de la période estivale pour observer vos clientèles, votre personnel, vos services et vos opérations avec un soin renouvelé!

Soignez votre personnel

Recrutement, formation, valorisation, fidélisation, mobilisation… les ressources humaines sont de plus en plus au coeur des préoccupations. Pourtant, pris dans le tourbillon des opérations, il est facile de reléguer au second plan la gestion du personnel. Pour séduire et retenir la main-d’oeuvre qualifiée, vous devez rapidement passer à l’action, car la concurrence des autres secteurs devient féroce.
Lire: Le recrutement de la main-d’oeuvre en tourisme: il est minuit moins une!
et Nous entrons dans l’ère des ressources humaines – Bilan et défis à relever

De plus, le tourisme constitue un des secteurs où l’on doit le plus compter sur l’intervention humaine pour livrer une expérience de qualité. En apprenant à connaître les valeurs et les attentes personnelles et professionnelles de vos employés, vous contribuez à instaurer des relations plus harmonieuses.
Lire: Les ambassadeurs de première ligne, une ressource inestimable
et Seniors, baby-boomers, générations X et Y – des clients, mais aussi des employés

Relevez le défi, mobilisez concrètement votre personnel et offrez une expérience mémorable à vos visiteurs. Portez une attention particulière à votre style de gestion et à l’encadrement de votre personnel, revisitez vos façons de faire et faites évoluer les tâches de vos employés afin qu’ils contribuent concrètement à votre succès. Pourquoi ne pas profiter du début de la saison pour convier le personnel à un événement spécial visant à forger l’esprit d’équipe, à une formation sur le service à la clientèle, à une tournée de découverte de la région ou à une visite de l’entreprise afin de présenter les nouveautés et les objectifs de la saison?
Lire: Mobiliser votre personnel pour surpasser les attentes de vos clients!

Soignez vos clients

Si l’expérience client passe d’abord et avant tout par la qualité du service, elle peut également provenir d’une petite attention, d’un aménagement spécial ou d’un concept global qui fera dire «Wow!» à vos visiteurs et leur donnera l’envie de revenir. Offrir une expérience ne relève pas de l’improvisation. Cela exige une bonne planification et une somme considérable d’efforts afin que votre offre soit unique en son genre.
Lire: L’EXPÉRIENCE touristique, c’est…
et Le service, toujours le service!

La quête d’authenticité s’inscrit comme une tendance lourde dans la demande touristique. Le visiteur veut, par son expérience de vacances, avoir la sensation d’être là où se situe le vrai, l’original. Il veut pouvoir dire qu’il a réellement vécu «le moment» ou «l’émotion». La haute saison devient un moment privilégié pour observer votre clientèle et identifier les améliorations possibles à l’expérience actuellement offerte. N’hésitez donc pas à prendre du temps pour observer le comportement de vos clients au cours de leur séjour, à prendre une journée pour devenir client chez vous, afin de vivre (ou de revivre) l’expérience que vous offrez à vos clients, ou encore offrez cette possibilité à certains membres du personnel en échange de leurs commentaires et de leurs suggestions.
Lire: Les touristes à la recherche d’authenticité, mais que veulent-ils au juste?
et Coup de coeur: le tourisme et l’Art de vivre

Soignez vos partenaires

La haute saison représente également un moment idéal pour mettre à profit les partenariats d’affaires régionaux. En travaillant conjointement, en partageant les ressources, en se référant mutuellement la clientèle, les impacts du tourisme s’en trouvent multipliés, notamment sur les plans de la durée du séjour et des retombées économiques. Cette effervescence estivale et ce rayonnement positif contribuent à sensibiliser les acteurs économiques et politiques quant à l’importance du tourisme. Profitez par exemple du début de la saison pour organiser une journée portes ouvertes, à laquelle vous convierez les élus, les partenaires économiques et le personnel des entreprises touristiques de votre région, et profitez-en pour leur remettre votre documentation promotionnelle.
Lire: La forfaitisation revue et corrigée
et Coup d’éclat: valorisation du tourisme au Québec et dans le monde

Soignez votre environnement

Le tourisme est la planche de salut économique de plusieurs régions. Cependant, il suscite aussi des remises en question quant aux impacts sociaux ou écologiques qui découlent de la pratique touristique. Que l’on soit acteur public ou économique, la perspective qu’offrent le tourisme durable et ses différentes composantes se veut une base solide et salutaire pour contrôler les effets néfastes et s’assurer que l’activité touristique génère des bénéfices pour l’ensemble de la communauté.
Lire: Le tourisme durable, équitable, solidaire, responsable, social… un brin de compréhension
et Le tourisme durable fait des vagues

Il reste beaucoup à faire avant que l’ensemble des entreprises touristiques ne devienne des «personnes morales» socialement responsables et que tous les voyageurs soient respectueux du milieu visité. Par contre, vos efforts en ce sens ont un double impact: ils contribuent à protéger l’intégrité de votre offre touristique pour l’avenir et ils ont un effet positif sur l’image de votre entreprise. Dans un contexte où les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux enjeux sociaux et environnementaux, cet effet n’est pas négligeable. Alors pourquoi ne pas mettre en lumière vos initiatives de développement durable? Vous pourriez notamment accorder une place plus importante aux produits locaux dans vos services de restauration ou dans votre aménagement, permettant ainsi à des fournisseurs régionaux de profiter de l’effet de levier touristique. Et, afin de maximiser l’impact, n’oubliez pas d’en faire mention, de présenter les fournisseurs et d’inviter vos clients à les visiter et à les encourager!
Lire: Le tourisme dans le sillon du commerce équitable
et Verdir son entreprise

Soignez votre mise en marché

Un bel environnement ne suffit pas: il faut donner «une âme» à son produit afin de rivaliser avec une concurrence qui se multiplie. Mais il est possible de se tailler une place au sein de ce monde compétitif en privilégiant une mise en marché de niche ou de créneau. Une telle approche exige toutefois que vous compreniez les besoins, les préférences et les valeurs de votre clientèle. En ce sens, une bonne compréhension de la segmentation vous permettra de mieux définir les caractéristiques des différents créneaux de clientèles (boomers, génération X, femmes, seniors, etc.).
Lire: À chacun sa niche!
et Bienvenue dans le merveilleux monde des sociostyles!

Le défi marketing consiste ensuite à trouver la bonne manière d’acheminer le bon message, au bon moment et à la bonne personne. Les publicitaires ont bien compris l’intérêt de personnaliser un message à l’intention d’un client en particulier à partir de l’information recueillie sur ses habitudes et ses comportements d’achats. Pourquoi ne pas profiter de la haute saison pour vous intéresser à vos consommateurs (observation, sondage, groupe de discussion, etc.)? Découvrez leurs façons de s’informer, d’acheter et de consommer, prenez ensuite note de leurs coordonnées (courriels et codes postaux) et passez à l’action!
Lire: Le «Customer-Made», vous connaissez?
et Le marketing viral ou le bon vieux bouche-à-oreille revisité

Soignez votre entreprise

Les défis à relever sont donc forts nombreux! Profitez de la saison estivale alors que votre entreprise fonctionne à plein régime pour prendre note des actions à poser. Car, à l’heure où la clientèle touristique veut vivre une rupture avec son quotidien, où elle veut vivre des expériences nouvelles, vous devez lui offrir de la qualité et de l’inédit. Regardez autour de vous, il y a de belles idées qui n’attendent qu’à être exploitées!
Lire: La créativité et «Thinking Outside the Box» vont de pair!
et Promotions touristiques originales et insolites

Bonne saison touristique!

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Meilleures pratiques en cyclotourisme, le cas de la Route du Coeur

Pour plusieurs voyageurs, le cyclotourisme constitue une façon inspirante et sportive de découvrir une destination. Malheureusement, la contrainte des reliefs montagneux et le niveau de difficulté des pistes cyclables de certaines régions touristiques représentent un enjeu considérable lorsqu’il est question de rendre accessible le parcours au plus grand nombre d’adeptes possible. Dans la région d’Emmental, en Suisse, l’instauration d’un service de location de vélos électriques s’est avérée une piste de solution novatrice et bénéfique.

Le Réseau de veille était présent sur le Vieux Continent dans le but de comparer les façons de faire dans le développement et la mise en marché du cyclotourisme et d’étudier certains exemples de succès. Voici une première analyse des meilleures pratiques touristiques observées.

La route du coeur dans la région d’Emmental

Reconnue pour ses paysages vallonnés, son caractère rural et, bien entendu, son renommé fromage, la région d’Emmental est un véritable terrain de jeux pour les amateurs de plein air; les touristes sont également séduits par la diversité du paysage.

Mais comment réussir à développer une route cyclable au fort potentiel touristique dans une région montagneuse, sachant que seuls les plus sportifs pourront s’y aventurer? En Europe, le plus important contingent de cyclotouristes est âgé de 50 à 59 ans et s’intéresse davantage aux circuits panoramiques qu’au défi que représentent les inclinaisons prononcées. C’est cette problématique qu’a tenté de résoudre la région d’Emmental, en Suisse, afin d’améliorer la commercialisation de son tronçon cyclable, la route du coeur, qui s’étend sur 55 kilomètres, avec 1400 mètres de dénivellation.

Malgré des atouts, d’imposants défis

La route du coeur est caractérisée par un paysage de forêts, de sommets, de vallées et de villages pittoresques. Contrairement à la plupart des routes cyclables qui traversent des régions montagneuses, la route du coeur ne serpente pas le creux des vallées, mais sillonne les parois et la cime des montagnes de chaque côté, projetant un panorama qui met en valeur la beauté de la région. La route emprunte les chemins secondaires, offrant aux utilisateurs un contact direct avec la culture locale.

Bien que le fait de pédaler en altitude permette d’avoir une vue scénique fort agréable, il n’est pas donné à tous de franchir aisément les montées que ce type d’ascension impose. Les gestionnaires se sont donc trouvés devant le défi de promouvoir la route du coeur avec un objectif de rendre le produit accessible. Il s’agissait d’intéresser un grand nombre de cyclotouristes, non seulement les adeptes du vélo les plus sportifs, mais aussi ceux qui ne sont pas en aussi grande forme physique. Et si le choix du vélo utilisé constituait la solution à cette contrainte?

Des partenaires non traditionnels à la rescousse

Pro-Emmental, organisme responsable du développement touristique et économique de la région, s’est associé à plusieurs partenaires, dont la compagnie de vélos électriques Biketec AG (Flyer) qui a proposé d’expérimenter sur cette voie cyclable un produit destiné à rendre le trajet plus accessible. Ainsi, les touristes désirant parcourir la route du coeur peuvent louer un vélo électrique auprès de la compagnie Rent a Bike, également partenaire du projet.

Il y a six points de service pour la location ou le retour des vélos électriques (ou réguliers), dont trois se trouvent dans des stations de train. Ainsi, l’itinéraire linéaire de la route du coeur n’oblige pas les utilisateurs à faire demi-tour. L’utilisation du train constitue également une option intéressante pour revenir à son point de départ.

Comme l’utilisation d’un vélo électrique nécessite l’usage de batteries, deux stations d’échange sont aménagées en conséquence, afin que les utilisateurs n’aient pas à porter des pièces de rechange. Fait intéressant, ce sont des partenaires de l’industrie touristique qui sont responsables de ces points de service, soit une fromagerie de démonstration et un hôtel. Inaugurée en 2003, la route du coeur propose aujourd’hui un itinéraire à travers les régions d’Emmental, d’Oberaargau et de Luzerner Hinterland.

Un succès commercial pour la région

La route du coeur constitue un exemple efficace de marketing croisé. La réussite du développement de ce projet n’aurait pas été possible sans la coopération entre les partenaires, en dépit des intérêts distincts de ces derniers. La synergie des efforts déployés dans la promotion, le partage d’information et des réseaux de clients se sont avérés bénéfiques. Afin de mieux vendre la région, on a aussi créé un slogan promotionnel approprié:

«Avec les vélos Flyer, la région d’Emmental devient plane.»

Ce sont notamment l’hospitalité locale des aubergistes, les jolies fermes, une histoire riche et des activités culturelles régionales que l’on vend aux cyclotouristes.

En outre, à compter de 2006, la route du coeur adoptera une nouvelle signalisation conforme à celle de la fondation «La Suisse à vélo». Des panneaux de signalisation respectant le graphisme et les couleurs du réseau national et incluant le logo de la route du coeur remplaceront les premiers logos qui avaient été dessinés sur le sol lors de la phase initiale du développement.

Dès la saison 2006, des forfaits comprenant les services de plusieurs partenaires seront inclus dans l’offre cyclotouristique de la route du coeur. On constate par ailleurs la nature inspirante du projet, puisque d’autres régions de la Suisse souhaitent imiter ce modèle.

Pour conclure, l’exemple de la région d’Emmental représente un cas intéressant, pour les raisons suivantes:

  • il illustre une façon originale de transformer une problématique en opportunité d’affaires;
  • il innove grâce à l’utilisation de technologies de pointe;
  • il améliore l’accessibilité d’une région, tout en misant sur l’énergie propre;
  • il utilise une stratégie marketing qui profite à tous les partenaires du projet; 
  • il constitue un modèle facilement exportable à d’autres situations.

Avec la collaboration d’Amélie Racine

Source:
– Racine, Amélie et Mark Schanzleh. «Étude sur le cyclotourisme suisse, allemand et néerlandais», Réseau de veille en tourisme, mars 2006.

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Boule de cristal, que nous prédis-tu?

Tout bougera de plus en plus rapidement. Nouvelle destination à la mode, engouement pour un nouveau produit, segmentation éclatée de la clientèle, apparition d’un nouvel acteur qui vient bouleverser un secteur d’activités… l’industrie touristique n’est pas près de s’ennuyer.

Facteurs globaux

  • Sociodémographie – La concentration de la population en milieu urbain sera en forte croissance. En 2015, plus de la moitié de l’humanité vivra dans les villes. En 2020, près de 90% des Canadiens habiteront les 25 plus grandes régions urbaines du pays. L’internationalisation du marché du travail causera une augmentation de la migration.
  • Période de croissance – La plus forte progression économique du tourisme mondial devrait se situer entre 2010 et 2020 avec l’arrivée des marchés émergents comme la Chine et l’Inde et la croissance importante des voyages de proximité et courts séjours.
  • Sécurité – Le terrorisme fera partie du paysage et les voyageurs s’y habitueront. L’impact des actes terroristes sera plus localisé. Les mesures de sécurité seront uniformisées à l’échelle mondiale et leur coût contribuera à la hausse des tarifs aériens.
  • Environnement – La conscience environnementale et sociale s’accentuera. Le tourisme se déclinera sous plusieurs formes: écotourisme, tourisme équitable, tourisme responsable, tourisme durable. Certains hôtels prendront le virage écologique. La détraction du tourisme de masse grandira au fur et à mesure que certains lieux seront endommagés.
  • Technologie – Le rythme de développement technologique n’offrira pas de répit et continuera à interpeller tous les secteurs de l’industrie. Il n’y a qu’à mentionner le téléphone portable, qui servira à planifier et à organiser tous les aspects du voyage, et les téléviseurs à haute définition ou les ordinateurs qui permettront une visite virtuelle (comme si l’on y était) d’une destination – images, sons, odeurs, touchers.

Secteurs d’activités

  • Aérien – La rapidité des avions et leur capacité mettront à la portée de plusieurs voyageurs des destinations qui paraissent encore lointaines. Le monde devenant plus petit et accessible, la porte s’ouvrira aux escapades long-courriers à coût abordable.
  • Hébergement – À la fine pointe de la technologie, les chambres d’hôtel permettront de combiner plaisir et travail en se transformant selon les besoins.

Clientèle et produits

  • Clientèle – On dépassera le milliard de touristes internationaux en 2010, pour atteindre 1,5 en 2020. Arrivée massive des baby-boomers à la retraite de 2010 à 2020 : ils constitueront la clientèle majeure et dicteront l’évolution de la demande – actifs, éduqués, en santé, exigeants, plus aventureux, exit le shuffleboard! En termes de marché émergent, les jeunes adultes auront le plus d’impact.
  • Destinations – Une nouvelle hiérarchie des destinations s’installera avec la montée en puissance de l’Asie et de l’Inde. Couplée à la croissance de nouvelles destinations (Qatar, Brésil, Slovaquie, etc.), la concurrence entre les pays s’accentuera. Les différents accords économiques régionaux (CEE, APEC, etc.) faciliteront les déplacements à l’intérieur des zones d’échange et le tourisme deviendra un phénomène régional plutôt que mondial.
  • Produits – Les idées les plus folles ne cesseront d’émerger. De l’aventure extrême à l’apprentissage, en passant par le silence et la relaxation, les produits devront répondre au style de vie de la clientèle. La demande de produits de qualité ne s’estompera pas.

Voir aussi: Les éléments marquants de la dernière décennie
Sources:
– Sarrasin, Bruno et Guy-Joffroy Lord. «L’évolution du tourisme international: une analyse prospective à l’horizon 2010», Téoros, automne 2003, p. 5-9.
– The Thomson Future Holiday Forum, 2004.