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Découvrir la ville pas à pas

Quelle est la meilleure façon de découvrir une ville? Tout le monde s’entend, c’est à pied. Et les villes les plus agréables à visiter sont souvent celles dont les aménagements urbains favorisent la marche. Pour apprécier l’architecture, le patrimoine bâti, pour entrer spontanément dans une boutique, une galerie d’art, un musée, un café, pour s’asseoir à une terrasse, pour voir, écouter et rencontrer les «locaux», pour s’imprégner de l’âme des lieux, il faut marcher.

Les changements climatiques nous forcent à revoir la place de l’automobile dans nos vies et dans nos villes et impliquent une remise en question de l’aménagement urbain. Autrefois planifiée en fonction de l’automobile, la rue est revue en fonction des différents modes de déplacement, mais aussi comme lieu de rencontres, d’échanges, de vie. Rappelons-nous qu’une ville vivante, grisante par l’énergie de ceux qui l’habitent, s’avère souvent un préalable à l’émergence et au maintien d’une destination touristique convoitée.

Le nouvel urbanisme

Dans la lignée du développement durable s’inscrit le «nouvel urbanisme» – nouveau depuis plus d’une dizaine d’années, voire une vingtaine, selon les sources. Ce courant, créé en réaction aux développements qui privilégient les déplacements en voiture et les aménagements déployés sur de grands territoires, cherche à «réhumaniser» l’espace urbain. Les principes de base du nouvel urbanisme s’articulent autour des éléments suivants:

  • accessibilité et aménagements qui favorisent les déplacements à pied,
  • mixité et diversité des usages et des résidants,
  • densités augmentées,
  • diversité de l’habitation,
  • structure traditionnelle – un centre bien distinctif, plus dense, avec une place publique, l’intégration judicieuse de l’art public, la variété d’usages, de commerces et de services de proximité facilement accessibles à pied, etc.,
  • qualité de l’architecture et du design urbain,
  • réseau de transport intelligent,
  • développement urbain durable,
  • développement social inclusif,
  • qualité de vie.

La piétonnisation

Pour rendre les rues plus agréables aux piétons, aux «locaux» et aux visiteurs, de nombreux élus municipaux envisagent la piétonnisation provisoire de certaines avenues. L’idée peut sembler séduisante. De nombreuses rues piétonnes sillonnent les villes européennes. Souvent étroites, parfois tortueuses, bordées de bâtiments riches en histoire et abritant commerces, terrasses et restaurants très fréquentés, ces rues font la joie des touristes. Outre les piétonnisations temporaires pour la durée d’un festival ou d’un événement ponctuel, Montréal souhaite voir certaines sections de ses rues fermées à la circulation automobile pour des périodes prolongées, comme ce sera le cas d’un tronçon de la rue Sainte-Catherine Est, dans le quartier gai, dès l’été 2008. D’autres rues de la ville pourraient, éventuellement, être en partie transformées en voies piétonnes. Parmi les projets à l’étude:

  • rue Saint-Paul, dans le Vieux-Montréal (entre la rue du marché Bonsecours et le boulevard Saint-Laurent),
  • rue Gilford, sur le Plateau Mont-Royal (entre la rue Saint-Denis et la station de métro Laurier),
  • rue Duluth, sur le Plateau Mont-Royal (entre le parc Jeanne-Mance et le parc La Fontaine),
  • projets de zones piétonnes dans le réaménagement du quartier Griffintown.

Les zones de rencontres

Mais, pour encourager la fréquentation piétonnière de la rue, il existe d’autres solutions moins radicales. La création de zones de rencontres, mieux connues sous le vocable de shared spaces*, semble être une avenue très convoitée pour y arriver. Le principe consiste à mieux aménager l’espace public pour favoriser une cohabitation respectueuse entre automobilistes, cyclistes et piétons. Et le concept est plutôt audacieux. Il s’appuie sur une meilleure communication entre les individus et une vigilance stimulée par l’environnement immédiat. Les façons de procéder impliquent généralement une réduction significative de la limite de vitesse, le retrait des feux de circulation et des arrêts obligatoires et, dans certains cas, le recours à des revêtements de pavés colorés. Cette approche a été expérimentée dans de nombreuses villes européennes, dont Drachen au Pays-Bas, Londres, Barcelone, Nice, ainsi que dans quelques villes nord-américaines comme West Palm Beach en Floride. Les répercussions sont positives: moins d’accidents, surtout entre autos et piétons, une circulation toujours fluide, une cohabitation beaucoup plus harmonieuse puisque, étant donné l’obligation de partager la voie, les gens sont plus vigilants. En outre, la réduction de la vitesse permet un contact des yeux et inciterait à communiquer ses intentions; cette façon de circuler renforcerait l’esprit de communauté.

Quelques exemples

La célèbre intersection Seven Dials, à Londres, a subi des transformations selon le principe des zones de rencontres; son aménagement incite les piétons à s’y déplacer aisément et les automobilistes à y rouler lentement. Les exemples de High Street Kensington, toujours à Londres, de Lyngby au Pays-Bas et de Bilbao en Espagne – voir les photos ci-dessous – illustrent bien le concept.

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D’autres exemples d’aménagements favorisant une meilleure cohabitation

New York City Streets Renaissance, coalition de groupes qui proviennent de divers milieux, fait campagne pour une meilleure planification de l’espace public. Ce regroupement scrute les concepts développés ailleurs et élabore des projets qui valorisent la fréquentation de la rue par les cyclistes et les piétons et restreignent la circulation automobile. Voici quelques idées imaginées par cette association: Réaménager Astor Place et en faire une destination pour les piétons.

 

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Pour favoriser une fréquentation accrue des commerces et des restaurants d’une section de West Broadway, NYC Streets redessine une intersection de la célèbre avenue.

 

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Plus fréquentée par les piétons que les automobilistes, la rue Grand Street se voit dotée d’un large trottoir.

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Favoriser des expériences urbaines authentiques

Pour créer des milieux de vie de qualité, il faut revoir nos façons d’aménager la ville en favorisant un meilleur partage de ses lieux et faire de la rue un espace de vie où transpire la culture locale. En marchant dans la ville, un nombre grandissant de visiteurs cherchent à capter l’essence de cette dernière. Outre la visite des principales attractions, le tourisme urbain consiste surtout à explorer un autre milieu de vie, une autre façon de vivre et de saisir une portion de cette énergie propre à chacune des villes.

* Le concept de shared spaces a été mis de l’avant par un groupe d’experts dirigé par Hans Monderman, leader de ce modèle d’aménagement.

Sources: – Champagne, Sarah. «Piétonnisation dans le Vieux-Montréal», La Presse, 12 mars 2008.
– Clément, Éric. «Projets de rues piétonnes dans cinq arrondissements», La Presse, 12 mars 2008.
– Millonig, Alexandra et Katja Schechtner. «City Tourism – Pedestrian Orientation Behaviour», Walk21-VII, «The Next Steps», The 7th International Conference on Walking and Liveable Communities», octobre 2006.
– Montgomery, Charles. «La ville du bonheur. Sous les pavés, la plage! De Paris à Bogotá, les villes sont repensées dans un seul but: assurer votre bien-être», enRoute, février 2008.
– White, Ted. Sans titre, [http://www.urbanitebaltimore.com], no 39, septembre 2007.

Sites Internet: Congress of New Urbanism
Hamilton-Baillie Associates
New Urbanism
NYC Streets Renaissance
Shared Spaces

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Tourisme durable

Évaluation de la demande en matière de tourisme durable

Rachel Dodds, experte associée au Réseau de veille en tourisme, directrice, Tourisme durable, et professeure adjointe à l’université Ryerson de Toronto, ainsi que Marion Joppe, présidente, Tourism Environment et professeure à la School of Hospitality & Tourism Management & University Research Chair in Tourism, présentent une évaluation de la demande en matière de tourisme durable.

Bien qu’il ne fasse aucun doute que le tourisme doit être durable, la demande actuelle en la matière est difficile à évaluer puisque la plupart des données ne présentent que des preuves anecdotiques en parts de marché. Au cours des dernières années, un certain nombre de sondages ont été menés en vue de connaître la demande en tourisme durable et, dans certains cas, le désir des personnes sondées de compenser financièrement l’impact de leurs déplacements sur l’environnement.

Un bon nombre d’études montrent que le consommateur s’intéresse de plus en plus au tourisme durable. En Europe, 95% des touristes suisses considèrent le respect de la culture locale comme un élément très important dans le choix d’un voyage (1) et environ 87% des répondants au sondage du responsibletravel.com (2004) indiquent qu’ils sont également intéressés à découvrir la nourriture et la culture locales ainsi qu’à utiliser les guides locaux lors de leurs voyages. Les personnes interrogées par l’Association of British Travel Agents (2), quant à elles, jugent très important que leurs vacances ne nuisent pas à l’environnement (45%) et qu’elles profitent aux collectivités locales (pour 30% des répondants, par le biais d’emplois et d’occasions d’affaires, par exemple). Selon le National Geographic (3), 55 millions de voyageurs américains se disent soucieux de l’environnement et de la société. Ces geotravellers cherchent «des expériences de voyage uniques et culturellement authentiques tout en protégeant et en préservant le milieu écologique et culturel» (p. 4). De ces voyageurs, 38% seraient prêts à payer une prime pour recourir à des compagnies de voyages respectueuses de l’environnement (notons que seulement 6% des touristes américains voyagent à l’étranger).

C’est en 2007 que semble s’être amorcé le virage environnemental, avec des résultats contradictoires. Plus optimiste, le sondage de Lonely Planet auprès de 24 500 consommateurs de 144 pays énonce que 93% de ceux-ci voyageraient dorénavant dans le respect de l’environnement ou pourraient le faire (4). Les voyageurs qui consultent Lonely Planet sont probablement déjà beaucoup plus sensibilisés aux questions de développement durable, ce qui explique ce pourcentage élevé, qui n’est pas soutenu par d’autres recherches. Par exemple, en avril 2007, la communauté virtuelle de voyage TripAdvisor (5) a sondé 1000 voyageurs dans le monde: 38% ont dit qu’ils prenaient en considération le respect de l’environnement lors des voyages, 38% logeaient dans un hôtel «vert» et 9% cherchaient spécifiquement ces hôtels. De plus, 34% se sont dits prêts à payer davantage pour rester dans un hôtel «vert», 25% accepteraient de payer une prime de 5 à 10% et 12% paieraient une prime de 10 à 20%. Enfin, 24% des répondants pensent que le transport aérien devrait être évité, question sur laquelle devra se pencher éventuellement l’industrie touristique.

Une étude menée en octobre 2007 par TNS Travel & Tourism (6) auprès de plus de 6000 personnes en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne et en Amérique du Nord a permis de conclure que le pourcentage des voyageurs susceptibles d’assumer les coûts environnementaux de leurs vacances s’échelonnait de 2% (pour les Allemands) à 12% (pour les Espagnols). Quant il s’agit de prendre les mesures nécessaires pour réduire leur impact sur l’environnement, les Italiens arrivent en tête: 32% sont en effet prêts à opter pour des solutions plus vertes, tandis que les Américains traînent loin derrière avec un maigre 16% d’entre eux ayant exprimé un tel désir.

Dans un sondage effectué aux États-Unis par Sustainable Travel International en 2004 (7), 75,4% des consommateurs interrogés qui se disent soucieux de l’environnement ont affirmé qu’ils seraient prêts à payer de 1 à 20$ de plus par billet pour réduire les gaz à effet de serre (GES) émis pendant leurs voyages; 77% ont également déclaré qu’ils choisiraient le site Internet d’une compagnie qui leur permettrait de compenser financièrement leur portion d’émissions de GES. Le sondage de TNS Travel and Tourism considère donc l’attitude des Américains d’un œil moins optimiste que l’étude de STI, plus ancienne, et que le sondage de travelhorizons entrepris par la Travel Industry Association of America (8) en 2003. Cette dernière étude énonçait que plus de la moitié des Américains d’âge adulte seraient portés à choisir une compagnie aérienne, une entreprise de location de voitures ou un hôtel qui utilise davantage de produits ou de procédés respectueux de l’environnement. Pourtant, seulement 14% des répondants ont dit qu’ils choisiraient un fournisseur en fonction de ses efforts pour préserver l’environnement et 13% seraient prêts à payer davantage pour obtenir des produits verts… alors que 56% le feraient peut-être. C’est le montant ou le taux de la prime qui semble les faire hésiter: 76% paieraient moins de 10% de plus par utilisation, la majorité affirmant qu’elle paierait moins de 5% de plus.

Comparativement à leurs voisins américains, les «voyageurs canadiens se disent prêts à agir personnellement. Le tiers de ces derniers modifieraient leur destination de voyage pour en choisir une qui favoriserait le tourisme durable, tandis que 4 personnes sur 10 feraient appel à une agence de voyages qui adhère à certaines directives environnementales. Plus d’un quart (28%) d’entre eux paieraient une prime pour des vacances éthiques et durables» (9). Selon une étude de Dodds et Leung (10), 25% des Canadiens s’attendent à ce que les agents de voyages les informent sur les changements climatiques et les options de compensation du carbone.

Bien qu’il ait été dit que 44% des voyageurs britanniques opteraient probablement pour une compagnie aérienne réputée pour ses avions à bon rendement énergétique (11), Tiscali (12) a pu constater que 67% de ceux-ci ne pensent même pas à l’impact qu’ont leurs vacances d’été sur l’environnement. Ils veulent bien prendre en considération des critères d’ordre environnemental et social, mais ils n’y voient pas personnellement, disant que c’est aux voyagistes que revient cette tâche. En effet, plus de 80% des répondants croient que ceux-ci devraient assumer la responsabilité de préserver l’environnement et la culture des destinations visitées et de s’assurer que les collectivités locales bénéficient du tourisme. Le même pourcentage de gens est plus susceptible d’acheter son voyage auprès d’une entreprise qui a une politique de voyage responsable – une augmentation de 28% depuis 2001 (13). Un rapport de Tearfund (14), une agence de développement qui vient en aide à des petites communautés peu nanties, mentionnait que, selon 55% des consommateurs, c’est l’affaire des agents de voyages de fournir l’information, alors que 48% croient que c’est du ressort des voyagistes.

Et alors? L’industrie et le gouvernement prennent-ils les mesures nécessaires?

Bien que les consommateurs puissent s’attendre à ce que les considérations sociales ou environnementales soient mentionnées dans la brochure ou sur le site Internet d’un voyagiste ou de tout autre fournisseur, ils ne l’exigent toutefois pas lorsqu’ils achètent leur forfait, puisque bon nombre de fournisseurs n’offrent pas d’options de voyages plus responsables ou durables.

Les recommandations suivantes permettraient d’améliorer la situation.

  1. D’abord, les gouvernements devraient miser sur le renforcement des capacités des fournisseurs en utilisant des méthodes telles que la conformité aux normes (p. ex., environnementales, réputation et probité commerciale), en s’assurant que les ressources sont disponibles pour la formation des fournisseurs et, lorsque nécessaire, en comblant le manque de ressources.
  2. Ensuite, il faudrait créer davantage de partenariats public-privé pour la formation en matière de stratégies de réduction et de sensibilisation environnementale et sociale ainsi que pour l’adoption de mesures incitant les entreprises à dresser un bilan social grâce à des lignes directrices fournies par les associations touristiques. Les gouvernements et l’industrie se doivent de soutenir la formation et le partage des bonnes pratiques tout en encourageant les associations touristiques à rendre compte des progrès et à faire en sorte que le respect des politiques de tourisme durable ou responsable soit une condition d’adhésion.
  3. De plus, la sensibilisation accrue des consommateurs aux questions telles que le changement climatique a pour effet l’augmentation de la demande d’information. La demande de produits et services touristiques durables peut également s’accroître, si l’industrie se met à offrir des choix plus «durables» à ses clients. Les entreprises peuvent se diversifier et se démarquer avantageusement de la concurrence.
  4. Enfin, il est nécessaire d’encourager les voyagistes, les compagnies aériennes, les croisiéristes, les hôtels et les destinations à dresser un bilan de leur responsabilité sociale pour qu’ils puissent saisir leur propre impact sur l’environnement. Ces bilans permettront également d’obtenir des critères mesurables en vue de comparer les entreprises et les destinations.

Sources:

(1) Tourism (South Africa) (2005). Making Tourism More Responsible and More Rewarding, [http://www.fairtourismsa.org.za/getinvolved/index.html], consulté le 5 juillet 2005.
(2) ABTA (2002). Étude Mori. Londres: Association of British Travel Agents.
(3) Travel Industry Association of America (2003). Geotourism: New Trend in Travel Study. Rapport préparé pour le National Geographic Traveller, octobre 2003.
(4) Travelmole (2007). «Travellers Back Radical Moves to Protect Environment». Étude Lonely Planet, [http://www.travelmole.com/stories/1121133.php], consultée le 8 août 2007 .
(5) TripAdvisor (17 avril 2007). «TripAdvisor Travellers Keen on Going Green», [http://www.tripadvisor.co.uk/PressCenter-i120-c1-Press_Releases.html], communiqué de presse, consulté le 16 janvier 2008.
(6) TNS Travel and Tourism (8 novembre 2007). «Quarter of Holidaymakers Say They’ll Switch to Greener Plans», [http://www.tnsglobal.com/news/news-4078B2FF93A14AD084EE03C776EE6009.aspx], communiqué de presse, consulté le 16 janvier 2008.
(7) Anavo et STI (2004). [http://www.sustainabletravelinternational.org/enewsletters/february05travelreport.html], consulté le 5 juillet 2005.
(8) Travel Industry Association of America (2003). Geotourism: New Trend in Travel Study. Rapport préparé pour le National Geographic Traveller, octobre 2003.
(9) TNS Canadian Facts (4 décembre 2007). «Canadian Travellers Express Willingness To Change Their Travel Behaviours Owing to Environmental Concerns: Survey», [http://www.tnsglobal.com/news/news-4CEBC86E3705458FBD60A0D5D960E94A.aspx], communiqué de presse, consulté le 16 janvier 2008.
(10) Dodds, R. et Leung, M. (2007). Climate Change Awareness in the Tourism Industry. Congrès de TTRA Canada, 18-20 octobre 2007.
(11) TNS Travel and Tourism (8 novembre 2007). «Quarter of Holidaymakers Say They’ll Switch to Greener Plans», [http://www.tnsglobal.com/news/news-4078B2FF93A14AD084EE03C776EE6009.aspx], communiqué de presse, consulté le 16 janvier 2008.
(12) Tiscali (2007). Summer Lifestyle Report 2007, [http://www.tiscali.co.uk/presscentre/press_release/2007/july/071807summerlifestyle.html], consulté le 16 janvier 2008.
(13) Taylor Nelson Sofres (2004). Sondage ‘Had Enough’ de Responsible Travel,[http://www.responsibletravel.com], consulté le 5 juillet 2005.
(14) Tearfund (2001). An Ethical Issue, Middlesex (R.-U.).

 

Rachel Dodds, professeure, Ted Rogers School of Hospitality & Tourism Management, Ryerson University

Rachel Dodds est reconnue à travers le monde en tant qu’experte du tourisme durable. Elle est professeure à la Ted Rogers School of Hospitality and Tourism Management à l’Université de Ryerson et directrice de la firme de consultants Sustaining Tourism. Elle est l’auteure des livres “Power and Politics” et “Sustainable Tourism in Islands”. Ses champs d’expertise se concentrent sur le tourisme durable, les changements climatiques et la responsabilité sociale des entreprises. Elle est titulaire d’un Ph.D. de l’Université de Surrey en Angleterre et d’une Maîtrise en gestion du tourisme de l’université de Griffith en Australie. Elle est membre fondatrice de la Canada’s Icarus Foundation, participe au Sustainability Council for the Tourism Industry Association et est ex-membre de la Travel and Tourism Research Association of Canada. Elle a vécu et travaillé sur quatre continents et a voyagé dans plus de 75 pays. 

Champs d’expertise:

  • Tourisme durable
  • Changements climatiques
  • Responsabilité sociale des entreprises

Site de l’institution

Voir les analyse de Rachel Dodds

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Tourisme durable

S’outiller pour organiser des événements responsables

Une foule d’organismes et de ressources diverses rendent disponibles des guides, des stratégies, des boîtes à outils pour instaurer des pratiques vertes. Dans le but de passer à l’action dès maintenant, voici quelques recommandations pour verdir les événements, ainsi qu’un exemple concret, celui de la conférence 2008 Greening the Hospitality Industry.

Par où commencer?

Une entreprise qui souhaite prendre le virage vert devrait d’abord rédiger une politique environnementale ou, plus globalement, de développement durable. L’énoncé de cette politique devrait être clair, simple et traduire la prise de position environnementale. Ensuite, la stratégie de mise en œuvre – ou plan d’action – permettrait d’identifier les gestes à poser. À cet égard, voici deux documents bien étoffés sur le sujet qui peuvent servir de guide. D’autres ressources figurent à la fin de cet article.

Sélection de la destination: la clé!

Le planificateur d’un événement vert recherche une destination qui répond à ses critères et lui permet d’atteindre ses objectifs. Ainsi, une ville verte doit, entre autres, rendre faciles et agréables tous les déplacements, tant à pied que par les moyens de transport en commun. Ces derniers doivent également desservir l’aéroport de façon efficace. La destination verte assiste les planificateurs dans leurs recherches d’un site et de fournisseurs écoresponsables.

À titre d’exemple, Tourism Toronto offre, sur son site Internet, une sélection d’établissements de réunions et de congrès qui ont adopté une politique pro-environnementale. Par ailleurs, cette ville se classait parmi les plus vertes en Amérique du Nord, selon l’édition d’août 2006 du Meetings and Conventions Magazine. La ville de Sherbrooke a également choisi de promouvoir les réunions vertes en proposant aux planificateurs d’événements un Guide de l’organisateur écoresponsable.

Un exemple d’événement vert: la conférence 2008 Greening the Hospitality Industry

Le Green Meeting Industry Council a comme premier but dans l’organisation de son événement de faire tout en son pouvoir pour réduire son empreinte écologique et, en deuxième lieu, de compenser les émissions inévitables de carbone, en s’associant à un programme de compensation. (Lire aussi: «Vers un bilan «carbone neutre» – Le voyage prend le virage écologique».) Voici les actions entreprises pour y arriver:

  • Sélection d’une destination qui a été en mesure de répondre aux exigences environnementales décrites dans l’appel d’offre.
  • Choix d’un hôtel et d’un traiteur qui appliqueront les pratiques vertes reliées à la réduction des déchets, à l’économie de l’eau, à une utilisation efficiente de l’énergie, ainsi qu’à une bonne qualité de l’air et de l’eau.
  • Impression du programme de la conférence et de la liste des délégués sur du papier 100% recyclé postconsommation*, avec de l’encre à base de soja.
  • Pas ou très peu de documentation à remettre aux participants. Les présentations des conférenciers seront disponibles sur le site Web de l’organisme.
  • Sensibilisation auprès des exposants pour les encourager à minimiser les produits dérivés qu’ils distribuent et à choisir plutôt des objets durables.
  • Cueillette et réutilisation des étuis à cocardes et des rubans.
  • Organisation d’une activité de bénévolat avec la Vancouver Food Bank, qui permet aux participants de poser un geste responsable dans la communauté d’accueil.
  • Association à un programme d’achat de crédits de carbone, soit Offsetters Climate Neutral Society, organisation de Vancouver.

Pour la tenue de cet événement, le Four Season Hotel de Vancouver s’est engagé à:

  • Mettre en place un programme de recyclage (papier, verre, plastique, métal) ainsi que de compostage des déchets de table.
  • Établir un partenariat avec une banque alimentaire afin de lui donner les repas non servis.
  • Utiliser de la vaisselle de porcelaine et du linge de table lavable.
  • Présenter les condiments et les confitures dans des contenants et le lait, le jus et l’eau dans des pichets, plutôt que d’avoir recours à des emballages individuels.
  • Élaborer un menu qui met en valeur des produits locaux et biologiques ainsi que des options végétariennes.
  • Donner à un organisme de charité les produits de beauté restants ou non utilisés (shampoing, revitalisant, lotion hydratante, etc.).
  • Décorer avec des accessoires réutilisables (des plantes plutôt que des fleurs, par exemple).
  • Adopter des pratiques écoénergétiques, comme éteindre les lumières et baisser le chauffage et la ventilation lorsque les salles sont inoccupées.

L’organisme encourage également les participants à faire leur part par différents gestes:

  • Emprunter le service de navette ou les transports en commun de l’aéroport à l’hôtel, plutôt qu’un taxi.
  • Choisir la marche ou les transports en commun dans la ville plutôt qu’un taxi.
  • Si le taxi est inévitable, choisir un hybride de la flotte spéciale des Yellow Cabs de Vancouver.
  • Éteindre les lumières et le chauffage de la chambre d’hôtel lorsqu’elle est inoccupée.
  • Réduire la consommation et recycler le plus possible.
  • Participer au programme de crédits de carbone proposé par la Conférence.

Mesurez, pesez, comparez

Pour gérer efficacement les efforts de réduction de consommation, il s’avère essentiel de mesurer les résultats. Cet exercice est nécessaire car il permet de vérifier si les objectifs ont été atteints, d’estimer la valeur des économies et d’en communiquer les résultats: prévoir un tri puis un suivi rigoureux des contenants ou des sacs dédiés aux matières recyclables, au compostage et aux déchets; comptabiliser les quantités de nourriture produites localement ou de façon biologique ainsi que les repas non servis qui sont donnés; comparer la production de documents imprimés par rapport à celle réalisée pour les événements précédents.

Vert et sincère!

Le bureau de normalisation du Québec (BNQ) et le Réseau québécois des femmes en environnement, en association avec plus de 70 intervenants de divers milieux, sont impliqués dans un projet de standardisation pour la gestion d’événements responsables. La mise en place de standards augmentera la crédibilité des pratiques de ceux qui y auront recours. Ces normes, d’abord utilisées comme repères, pourront ensuite être intégrées à un programme de certification.

Mais, en attendant, le recours aux appellations faisant référence à de bonnes pratiques environnementales ou aux principes de développement durable doit traduire une volonté sincère de changer pour des comportements plus responsables. Les imposteurs sont vite démasqués et condamnés… par des consommateurs de plus en plus informés.

* Le papier recyclé postconsommation est fait de papier qui a déjà été utilisé puis recyclé, contrairement au papier recyclé préconsommation, qui est fabriqué avec les retailles et autres déchets réalisés lors de la production de papier.

Sources:
– Conférence «2008 Greening the Hospitality Industry». Green Meeting Industry Council, 19-21 février 2008, Vancouver.
– Green Events Source. «The Green Events Source Book», Special PCMA (Professional Convention Management Association) Edition, janvier 2008.
– Réseau québécois des femmes en environnement en partenariat avec Recyc-Québec. «Guide pour la réduction des matières résiduelles lors de l’organisation d’événements publics», [http://www.rqfe.org/documentation/RQFE-guide.pdf], consulté le 4 mars 2008.
– Tourisme Sherbrooke. Guide de l’organisation écoresponsable, [guideorganisateurecoresponsable.pdf], consulté le 4 mars 2008.

Sites Internet:
Événement Écoresponsable
Green meeting Industry Council
Tourism Toronto (Green Meetings & Facilities)

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Virage vert: certains mythes ont la vie dure

D’abord du papier, pour des centaines, parfois des milliers d’envois postaux, ensuite des tonnes de déplacements en voiture et en avion, puis une grande quantité de vaisselle jetable, d’ustensiles et de bouteilles d’eau en plastique qui rempliront les conteneurs à déchets, d’importants surplus de nourriture intouchée qui seront jetés, des produits dérivés souvent inutiles qui finiront en grande partie à la poubelle… Les réunions et les congrès laissent une lourde empreinte environnementale. Selon le projet «Pour des événements écoresponsables», mis de l’avant par le Réseau québécois des femmes en environnement, chaque participant à une conférence de 3 jours produit 30 kg de déchets, cinq fois plus qu’il ne le fait dans son quotidien. Mais les réunions permettent des contacts privilégiés essentiels et doivent continuer d’offrir des occasions uniques de rassembler des gens autour d’un intérêt commun. Heureusement, on perçoit une volonté de rendre ces événements plus «écoresponsables».

Du 19 au 21 février dernier se déroulait à Vancouver la conférence 2008 Greening the Hospitality Industry. Ce rendez-vous devait permettre aux participants de s’outiller pour prendre le virage vert. Démystifions d’abord cette tendance.

Mythes

De plus en plus d’organisateurs de réunions et de congrès sont interpellés par cette tendance aux événements plus verts, mais il perdure une résistance à une réelle intégration de telles mesures, souvent à cause d’un certain nombre de mythes et d’idées préconçues véhiculés à ce sujet. En voici quelques-uns:

Ça coûte trop cher
Faux: Les réunions vertes ont pour but, entre autres, d’augmenter l’efficacité économique et environnementale en minimisant l’utilisation des ressources et en réduisant les pertes générées par les activités de réunions et de congrès. On peut commencer par intégrer des éléments qui demandent peu d’effort tout en résultant en une diminution automatique des coûts, par exemple le recours à des pichets d’eau et à des verres plutôt qu’à des bouteilles jetables. D’autres mesures, comme la mise en place d’outils écoénergétiques, exigent des investissements qui rapporteront à moyen terme (souvent entre deux et cinq ans).

C’est tout ou rien
Faux: Chaque effort compte! On peut très bien intégrer une seule action pour commencer, la mentionner avant la tenue de l’événement et la rappeler en cours d’activité: «(…) Comme première action pour prendre le virage vert nous avons choisi de réduire les communications papier.»

Ça implique énormément d’efforts
Faux
: Les composantes vertes peuvent remplacer aisément un grand nombre d’activités déjà existantes; il faut simplement garder à l’esprit ce souci d’économie des ressources et de réduction de la consommation et faire des choix en ce sens. Par exemple, on emploie de la vaisselle lavable plutôt que celle en plastique jetable.

C’est pour les environnementalistes
Faux
: un nombre croissant d’organisations provenant de divers domaines prennent le virage vert en incorporant à leurs activités des mesures proenvironnementales. Pensons notamment à:

  • Starbuck, dont la mission même comporte plusieurs mesures vertes, comme s’efforcer à utiliser et à vendre des produits qui sont proenvironnementaux.
  • Toyota avec, entre autres, son Plan d’Action environnemental 2006-2010, qui comprend des mesures spécifiques et des objectifs d’amélioration de sa performance environnementale.
  • Fairmont Hotels & Resorts, en avance sur son temps, qui a mis sur pied en 1990 le Partenariat Vert de Fairmont, un véritable guide de bonnes pratiques vertes pour l’industrie hôtelière.
  • Transat avec, notamment, son programme de soutien pour des projets de tourisme durable.

La qualité du service et de l’expérience en sera réduite
Faux
: La plupart des mesures passent inaperçues aux yeux des clients/participants. De plus, comme ceux-ci bien souvent les ont déjà adoptées dans leur quotidien et qu’ils sont de plus en plus soucieux de leur empreinte environnementale, ils s’attendent à ce qu’on agisse de façon responsable. Une alimentation saine interpelle aussi davantage de gens, les menus réalisés à partir de produits locaux et de qualité seront applaudis. Ceux qui poursuivent leur séjour apprécieront en outre la réduction du nombre de produits dérivés et de documents papier à transporter.

Les réunions vertes permettent notamment de:

  • faire des économies et parfois gagner du temps;
  • réduire l’utilisation des ressources non renouvelables et renouvelables;
  • consommer de façon plus responsable et sensibiliser les participants à l’adoption de bonnes habitudes;
  • s’inscrire dans le processus de développement durable;
  • créer un avantage compétitif et bonifier sa réputation;
  • répondre à une demande grandissante.

Le terme «vert» signifie ici «développement durable» et sous-entend, par le fait même, les considérations économiques, sociales et environnementales. Selon le Green Meeting Industry Council (GMIC), une réunion verte se définit comme suit:

«Incorporate environmental considerations throughout all stages of the meeting process in order to minimize the negative impact on the environment and make a positive impact to host communities in terms of environmental and social legacies.»

Tous les acteurs sont interpellés

Malgré la résistance de certains à adopter ce virage pour les raisons évoquées plus haut, les planificateurs d’événements rechercheront de plus en plus des destinations et des fournisseurs qui se soucient de leur empreinte environnementale et qui adoptent un comportement plus responsable. Il peut s’agir de la volonté du client, de la pression exercée par certains intervenants ou encore du bon vouloir du planificateur. Cette voie, chacun devra la prendre un jour ou l’autre.

À suivre dans un prochain Globe-Veilleur: S’outiller pour organiser des réunions «vertes».

Source:
– Conférence «2008 Greening the Hospitality Industry», Green Meeting Industry Council, 19-21 février 2008, Vancouver.

Sites Internet:
Green Meeting Industry Council
Événement Écoresponsable

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Hébergement Segments de clientèles

CouchSurfing: profil d’une communauté virtuelle de voyage

Le secteur de l’hébergement connaît présentement une phase intense de diversification. Les hôtels du monde entier continuent de se distinguer en redéfinissant leur genre et en incorporant des thèmes particuliers à leurs établissements. Le même processus de diversification se manifeste dans le secteur des communautés virtuelles de voyage telles que CouchSurfing.

CouchSurfing est une cybercommunauté qui «a pour but de relier entre eux les gens et les lieux au niveau international, de créer des échanges culturels, de promouvoir la conscience collective et la tolérance ainsi que de faciliter la compréhension entre les différentes cultures». Elle vise à faire vivre des expériences authentiques aux visiteurs, qui logent chez d’autres membres de CouchSurfing, peu importe la destination. Bien que de nombreux voyageurs se joignent à la communauté parce qu’ils veulent épargner sur l’hébergement, les hôtes et leurs invités bénéficient de bon nombre d’avantages sur place.

CouchSurfing: la pratique

Grâce à un site interactif de type Web 2.0, CouchSurfing permet à n’importe qui dans le monde d’y adhérer gratuitement. Chaque membre possède sa page personnelle avec son profil, condition préalable à l’adhésion. Elle précise le degré voulu d’échange avec le reste de la communauté, en indiquant si le membre veut «offrir son canapé» pour que son invité puisse y dormir ou seulement «aller prendre un thé ou un café». La page personnelle montre aussi la participation d’un membre au fil du temps. Elle contient une liste d’amis qui décrit les liens l’unissant à ceux qui y figurent. Ainsi, en cliquant sur le profil d’un membre, on peut savoir qui cette personne a hébergé et quand, où elle a voyagé et chez qui elle est restée. Selon la destination, surtout s’il s’agit d’une grande ville, la communauté peut organiser une variété d’activités sociales, telles que fêtes et réunions, où les membres qui n’ont pas fait connaissance par le biais de la messagerie électronique ou du site Web de la communauté peuvent le faire en personne.

En pratique, lorsqu’un voyageur arrive à destination, il communique avec un des membres pour savoir s’il peut dormir sur son «canapé». Utilisé symboliquement, ce mot représente tout espace privé fourni par un couchsurfer pour une nuit. Bien que variable, la durée moyenne d’une visite par adresse est probablement de 2 ou 3 nuits, mais un voyage d’une semaine ou plus se déroule chez différents hôtes et parfois dans des auberges de jeunesse les nuits où aucun hôte n’est disponible.

Le site Web de CouchSurfing est devenu accessible au grand public en janvier 2004 et, en janvier 2008, il comptait déjà plus de 400 000 membres, faisant de ce réseau le plus vaste en son genre dans le monde. Selon les statistiques du site, les couchsurfers sont surtout originaires des pays industrialisés occidentaux, dont l’Europe (qui en constitue approximativement la moitié) et l’Amérique du Nord (environ 30%) (graphiques 1 et 2). Les États-Unis comptent de loin le plus grand nombre de cyberhôtes, représentant à peu près un quart de tous les cyberhôtes du monde entier. Le couchsurfing est surtout pratiqué par les hommes, les femmes comptant pour environ 40% de tous les membres (graphique 3). Les couchsurfers sont jeunes: 70% d’entre eux ont de 18 à 29 ans, l’âge moyen étant de 26 ans (graphique 4).

Graphique 1

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Source: CouchSurfing, 2008.

Graphique 2

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Source: CouchSurfing, 2008.

Étant donné que les couchsurfers logent chez d’autres membres, ils sont exclus des statistiques officielles d’hébergement. Pourtant, ils participent de façon importante aux activités économiques locales. Ils contribuent également aux recettes touristiques officielles d’une destination en visitant ses attraits touristiques, en prenant part à une variété d’activités culturelles et en fréquentant des bars et des restaurants, tout comme les autres touristes. Ils se différencient surtout par le fait qu’ils sont en quête d’une expérience authentique et qu’ils visiteront, grâce à leur hôte, des endroits qui ne figurent pas sur les cartes touristiques officielles.

Graphique 3

Source: CouchSurfing, 2008.

Graphique 4

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Source: CouchSurfing, 2008.

CouchSurfing s’efforce de bâtir des liens dans le monde afin de susciter et de renforcer la compréhension (inter)culturelle; ses membres recherchent des expériences profondes liées à la découverte, où le tourisme peut servir de véhicule ou d’outil pour changer les choses. Ils tiennent également à tisser des liens profonds avec des étrangers. Basée sur un sondage auprès de 3000 cyberhôtes, une étude a montré que ces derniers (56,21%) désiraient surtout en apprendre davantage sur eux-mêmes et le monde qui les entoure (graphique 5). Les expériences mémorables que favorise CouchSurfing sont d’un tout autre ordre.

Organisation et gestion

CouchSurfing est géré presque entièrement par des bénévoles, mais il existe une structure organisationnelle où certains d’entre eux détiennent davantage de responsabilités en fonction de leur contribution. On compte environ 700 ambassadeurs répartis dans le monde qui partagent des responsabilités organisationnelles à l’échelle municipale ou nationale, telles que la maintenance du site Web et l’organisation de rassemblements et d’activités qui attirent les membres locaux et de nombreux membres visiteurs. À Montréal, les couchsurfers organisent fréquemment de grandes réunions qui coïncident avec des festivals internationaux et d’autres événements majeurs. Celles-ci peuvent varier en fonction de la durée, du lieu, de l’envergure et des membres qui les composent. En janvier 2008, Montréal possédait la communauté de couchsurfers locaux la plus vaste au monde, après Paris.

En tant qu’organisme, CouchSurfing prend de multiples mesures de sécurité, mais cette responsabilité incombe d’abord aux membres. Il offre une série de conseils pratiques sur la façon de se comporter en logeant chez d’autres membres et sur les problèmes qui pourraient survenir.

Graphique 5

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Source: Bialski, 2007.

L’avenir

Le couchsurfing constitue un produit du tourisme moderne, dans cette ère de la mobilité, qui regroupe les adeptes d’Internet et les membres de réseaux mondiaux. C’est une forme de tourisme qui écarte les voyageurs des lieux touristiques traditionnels. Bien que leurs modes de déplacement soient semblables à ceux des touristes «ordinaires», les membres ont tendance à être plus respectueux de la communauté qui les accueille et de son environnement. Les principaux attraits et les lieux touristiques cèdent le pas aux échanges sociaux, qui peuvent se retrouver au cœur de l’expérience du visiteur. Néanmoins, le fait même de chercher un espace privé ordinaire dans un lieu donné et de vouloir y établir des liens avec ses résidents signifie que n’importe quel endroit dans le monde peut devenir un refuge pour les couchsurfers.

Étant donné la voie prise par les télécommunications dans le monde et l’expansion globale du secteur touristique, des communautés telles que CouchSurfing continueront d’exister et de croître. Par conséquent, la création de sous-produits pourrait augmenter, donnant lieu à des communautés plus petites, plus spécialisées et répondant mieux aux besoins d’utilisateurs en quête d’expériences toujours différentes.

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Sources:

– Bialski, P. Intimate Tourism. Friendship in a State of Mobility – The Case of the Online Hospitality Network, thèse de maîtrise, Institut de sociologie, Département de psychologie sociale, Université de Varsovie, Pologne, 2007, 85 p.
– Péloquin, C. Facebook, la nouvelle coqueluche du Web 2.0. L’analyse a été écrite pour le Globe-Veilleur du Réseau de veille en tourisme de l’École des sciences de la gestion, Université du Québec à Montréal, le 6 septembre 2007.
– Péloquin, C. En quoi Facebook exerce-t-il un impact sur l’industrie touristique? L’analyse a été écrite pour le Globe-Veilleur du Réseau de veille en tourisme de l’École des sciences de la gestion, Université du Québec à Montréal, le 21 septembre 2007.

Sur le Web:

CouchSurfing (consulté le 23 janvier 2008).
Hospitality Club (consulté le 23 janvier 2008).
Global Freeloaders (consulté le 23 janvier 2008).
Organisation mondiale du tourisme des Nations Unies (consulté le 23 janvier 2008).
Servas International (consulté le 23 janvier 2008).

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Tendances

Des incontournables qui rythment l’industrie touristique en 2008

L’année touristique sera-t-elle un grand cru, bonne ou juste ordinaire? Voici certaines tendances qui, à court terme, conditionnent le succès de l’année 2008 et d’autres qui, à plus long terme, façonnent l’industrie touristique. Voyez ce qui est sous haute surveillance, les inéluctables et les classiques.

Sous haute surveillance

Les voyages d’affaires et d’agrément, les taux d’occupation dans les hôtels seront-ils en croissance? Les facteurs qui suivent conditionnent grandement les flux touristiques et les recettes des entreprises.

  • Économie – les déboires du marché immobilier aux États-Unis se répercutent sur d’autres secteurs d’activité et une récession menace l’économie américaine, mais, pour l’instant, on préfère parler de ralentissement. Cette situation mine la confiance des consommateurs. Inévitablement, le marasme économique américain a des conséquences sur l’économie canadienne et ailleurs dans le monde.
  • Taux de change – on surveille la force du huard et le déclin de la devise américaine. Au Canada, la valeur élevée du dollar canadien favorise la tendance des voyages à l’étranger. D’autres monnaies qui ont pris de la vigueur incitent les voyageurs – européens et australiens, notamment – à sortir de leur pays.
  • Prix du pétrole – l’augmentation du prix du pétrole pousse les consommateurs à réduire leurs déplacements en raison des répercussions sur le prix à la pompe et sur le coût des billets d’avion.
  • Politique – la course à l’investiture pour la présidentielle américaine et les élections à la présidence retiennent l’attention. Généralement, les Américains voyagent moins durant cette période. La politique internationale continue de teinter le choix des destinations des voyageurs.
  • Sécurité, menaces terroriste, sanitaire et climatique – ces éléments influencent la décision des voyageurs dans leur choix de destination et peuvent, à tout instant, compromettre la saison touristique (violences postélectorales au Kenya, ouragan, etc.). La date butoir qui exige pour toute personne, entrant ou retournant aux États-Unis par voie terrestre ou maritime, d’être en possession d’un passeport ou d’un autre document de voyage sécurisé, a de nouveau été repoussée, cette fois-ci au 1er juin 2009. Malgré ces multiples reports qui n’ont réussi qu’à semer la confusion, plusieurs voyageurs, tant canadiens qu’américains, se sont procuré leur passeport, ce qui rend les voyages à l’étranger encore plus accessibles.

Aux États-Unis, les contrecoups de la situation économique, du prix élevé de l’essence, des exigences relatives aux passeports, de la faiblesse du dollar pourraient favoriser les voyages intérieurs. Selon les experts, les Américains voyageront quand même, mais ils feront des voyages plus courts et à proximité de chez eux. Ils feront des compromis. La durée des vacances et des séjours dans les hôtels sera réduite. Ils resteront plus près de la maison ou visiteront des amis ou des proches. De plus, la force du huard par rapport à la devise américaine nuit à la compétitivité des prix des destinations canadiennes.

Les inéluctables

On en a parlé, on en parle et on en parlera encore et encore. Il faut les avoir constamment dans le collimateur, car ces facteurs, dont plusieurs sont interreliés, doivent guider les décisions et les actions des décideurs et des gestionnaires. Attention, certains mouvements pourraient s’accélérer plus rapidement que l’on pense!

  • Tourisme durable – il comporte trois volets: économique, social et environnemental. Il est devenu une condition sine qua non pour développer un type de tourisme respectueux de la nature, des gens visités et de la main-d’œuvre embauchée. Il est une condition aussi pour sauvegarder notre ressource première, pour contribuer à l’essor économique d’une région et pour redorer l’image parfois écorchée de l’industrie.
  • Changements climatiques – avec les gaz à effet de serre (GES) en tête, ils n’ont pas fini d’alimenter les médias, d’alerter les groupes de pression et d’interpeller les gouvernements, les scientifiques et la population. Il faut donc s’y attaquer dès aujourd’hui car les répercussions sur l’industrie touristique sont inévitables.
  • Vert et éco – la «verdure» est de tous les discours, le préfixe éco se greffe à de nombreux produits et les initiatives prolifèrent. Un but: réussir à établir une grande chaîne verte – voyageurs, entreprises, fournisseurs et intervenants.
  • Responsabilité sociale – cela prévaut tant pour le voyageur que pour l’entreprise touristique. Déjà sensibilisés à la protection de l’environnement, les voyageurs démontrent leur volonté de passer à l’action. Ils veulent être des touristes responsables. La croissance des voyages à caractère humanitaire et engagé, des voyages équitables et de l’écotourisme en fait foi. Par conséquent, la responsabilité sociale des entreprises, où il faut montrer «patte verte», constitue un facteur important pour les consommateurs dans le choix des produits et des services.

Dans un autre ordre d’idées…

  • Vieillissement de la population – l’importance de ce phénomène oblige à segmenter une clientèle vieillissante en fonction de ses goûts, de ses revenus et de sa capacité physique, à modifier les infrastructures d’accueil et à redéfinir les modes de voyages et la pratique d’activités.
  • Main-d’œuvre – la pénurie de main-d’œuvre annoncée oblige les entreprises à se bâtir une réputation d’employeur de choix et à élargir le bassin de travailleurs en vue du recrutement: immigrants, préretraités, retraités, personnes en réinsertion sociale (décrocheurs, chômeurs, etc.).

Les classiques

A-t-on encore besoin d’explication pour les suivants?

  • Expérience mémorable – le Wow!
  • Qualité du produit et du service – un must!
  • Valeur ajoutée – le plus qui fait la différence!

À suivre sous peu, les hétéroclites, les populaires, les marginales, les essoufflantes, les étourdissantes.

Sources:
– Commission canadienne du tourisme. «L’appréciation de la monnaie stimule l’ensemble des voyages à l’étranger», Bulletin de renseignements sur le tourisme, no 42, novembre 2007.
– Conference Board du Canada. «Voyages intérieurs et voyages en provenance des États-Unis et d’outre-mer à destination du Canada», Analyse des perspectives du marché à court terme, Premier trimestre de 2008 / Résumé, Commission canadienne du tourisme, décembre 2007.
– Hospitality Net. «Travelodge Building New ‘Lego Style’ Hotels with Modified Shipping Containers», [www.hospitalitynet.org], 8 janvier 2008.

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Ailleurs dans le monde Hébergement Tourisme durable

Les hôtels passent au vert!

Beaucoup plus qu’un effet de mode, le virage vert deviendra rapidement un incontournable, si ce n’est déjà fait. Des grandes chaînes comme Fairmont et Accor sont engagées depuis déjà un bon moment dans la réduction, entre autres, de leur consommation énergétique. Les mesures vertes permettent une réduction des coûts d’exploitation et un plus grand pouvoir d’attraction, en plus de marquer des points sur le plan de l’image. Cet article présente une série d’actions concrètes pour améliorer votre performance environnementale.

Pourquoi prendre le virage vert?

Les touristes sont de plus en plus sensibles à la question environnementale. Selon un sondage de l’organisme américain Travel Industry Association (TIA), plus des trois-quarts des voyageurs américains estiment important que leurs visites ne génèrent pas de dommages à l’environnement.

Par ailleurs, plusieurs colloques et congrès majeurs favorisent les établissements «verts» dans le choix d’un site. Aussi, des agences gouvernementales américaines et certaines grandes compagnies encouragent-elles leurs employés en voyage d’affaires à séjourner dans des hôtels qui ont adopté des comportements écologiques.

La certification LEED

La certification LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) constitue Le label en matière de design, de construction et de performance environnementale. Son rôle: encourager et accélérer l’adoption de pratiques vertes et durables dans le domaine de la construction et du bâtiment. Elle fournit les outils nécessaires pour implanter des mesures à cinq niveaux:

  • développement durable du site,
  • économie d’eau,
  • efficacité énergétique,
  • sélection des matériaux,
  • qualité environnementale intérieure.

Cette certification peut s’appliquer, entre autres, à une nouvelle construction, à un bâtiment existant, au design intérieur, à une habitation ou à un quartier.

Et c’est payant!

Selon le U.S. Green Building Council (USGBC), organisme en charge du programme LEED, un établissement certifié LEED, qui implique grosso modo une hausse des coûts de construction de 1 à 2%, devrait réaliser des économies de:

  • 30 à 50% en utilisation d’énergie,
  • 35% en émissions de carbone,
  • 40% en émissions d’eau,
  • 70% en déchets solides.

À titre indicatif, le programme écoénergétique américain «Energy Star» adapte ces données au langage hôtelier. Il estime qu’une réduction de 30 à 50% en consommation énergétique équivaut à une hausse du tarif quotidien de 1,80 à 3,00 USD pour un hôtel limited service et de 4,00 à 6,75 USD pour un hotel full service.

Sans nécessairement prendre un virage radical, un établissement hôtelier peut cependant effectuer plusieurs petits changements qui lui permettront de faire des économies et d’améliorer sa performance environnementale. En général, les hôtels qui adoptent des mesures écologiques retirent des bénéfices de trois façons:

  • Par la réduction des coûts d’exploitation: en ayant recours à des moyens pour réduire la consommation d’énergie, le gaspillage, l’utilisation de l’eau, etc.
  • Par une image rafraîchie et une réputation favorable: se doter d’une image plus «verte» constitue aujourd’hui plus la norme que l’exception.
  • Par une augmentation des revenus: en réinvestissant les économies réalisées grâce aux mesures vertes dans l’amélioration des services offerts ou pour rehausser l’expérience d’hébergement. Ce qui se traduit finalement par une hausse des tarifs ou du taux d’occupation.

Exemples d’hôtels verts

Le magazine Travel and Leisure, en partenariat avec l’organisme environnemental Conservation International, identifiait récemment leurs 20 hôtels verts préférés. Mentionnons les deux suivants:


CB_2007-11_htl_verts_img2Strattons Hotel Norfolk, Royaume-Uni. Les propriétaires du Strattons Hotel Norfolk ont développé une politique environnementale qu’ils réévaluent chaque année. Les employés doivent y adhérer, l’appliquer et sont invités à émettre leurs idées. Cette politique favorise, entre autres, les produits locaux, la réduction significative des déchets (de 2001 à 2006 ils ont diminué de moitié) et le recours à des outils permettant une gestion écoénergétique du bâtiment.

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Spice Island Beach Resort, Grenade. Dans ce luxueux resort de 64 chambres, l’eau est chauffée grâce à l’énergie solaire, les ampoules électriques sont écoénergétiques (fluocompactes), l’eau de la piscine est traitée à l’eau salée plutôt qu’au chlore. Le compostage et le recyclage font partie des mœurs de l’endroit: on composte tous les déchets de table, on réutilise les restes de savon pour en faire du détergent pour laver les uniformes de l’hôtel.

Un autre exemple de l’intérêt pour des projets verts… La célèbre et extravagante destination touristique de Dubaï, dont les préoccupations environnementales peuvent sembler bien loin, caresse le projet d’un édifice commercial de 322 mètres qui ne produira, selon son architecte, aucune émission de CO². Pour y arriver, on aura notamment recours aux énergies renouvelables générées par le soleil, le vent et l’eau.

Plus près de nous, la chaîne Fairmont agit à titre de pionnière dans le domaine puisque, en 1990, elle mettait sur pied le «Partenariat Vert de Fairmont» (document qui fait office de guide de bonnes pratiques hôtelières), c’est-à-dire qu’elle s’engageait à minimiser l’impact de l’exploitation des hôtels sur l’environnement. Ce faisant, la chaîne a remporté en 2006 le prix du Best Corporate Social Responsibility Program.

Au Québec

Cette tendance interpelle aussi les hôteliers québécois. Plusieurs établissements ont développé des comportements responsables pour une meilleure utilisation des ressources, notamment par la récupération, le recours aux produits locaux ou l’installation d’outils écoénergétiques. Parmi les nouveaux projets, le groupe Germain annonçait au printemps 2007 le lancement d’une chaîne d’hôtels, ALT, dont la conception intègre la technologie par géothermie. Ces hôtels comprendront aussi d’autres caractéristiques pro-environnementales tels la récupération de la chaleur de drainage des laveuses commerciales, un système d’éclairage économe d’énergie et des capteurs de qualité d’air dans les salles de réunion, pour ne nommer que celles-là.
Intrawest aussi voit vert. Le promoteur aspire à ce que le développement immobilier du Versant Soleil de la station Mont-Tremblant soit certifié LEED. On fait référence, entre autres, à l’eau de pluie récupérée et à l’utilisation de la matière excavée pour la construction.

Quelques actions simples à envisager dès maintenant

Pour améliorer votre performance environnementale, réduire le gaspillage et, par le fait même, vos coûts d’exploitation, voici quelques solutions vertes applicables au milieu hôtelier.

  • Choisissez des ampoules électriques fluocompactes.
  • Utilisez des compteurs ou des minuteries pour les lieux moins fréquentés.
  • Installez un double mécanisme de chasse d’eau (3 ou 6 litres) dans les toilettes.
  • Sensibilisez vos employés à la cause environnementale et incitez-les à fermer les lumières et à baisser le chauffage ou l’air climatisé (et à fermer les rideaux) dans les chambres inoccupées.
  • Installez des contenants pour le recyclage dans les chambres ainsi que dans les zones communes.
    Achetez les produits biologiques, équitables et si possible locaux.
  • Choisissez des produits de nettoyage, des désinfectants, des peintures et des pesticides non toxiques, ou moins toxiques.
  • Optez pour des items réutilisables comme des serviettes de table en tissu. Évitez les verres en plastique ou, pire, en styromousse.
  • Récupérez les nappes tachées et faites-en des serviettes de table ou encore des tabliers pour les employés de la cuisine.
  • Offrez les surplus de nourriture à un organisme local de charité (genre soupe populaire).
  • Compostez les déchets de cuisine.
  • Choisissez des produits faits à partir de matériaux recyclés pour le matériel de bureau.
  • Utilisez du papier recyclé non blanchi ou encore blanchi à l’aide d’un procédé sans chlore.
  • Minimisez la quantité de papier utilisé pour les clients en réduisant, notamment, la taille des feuilles, ou en favorisant les communications par courriels.
  • Choisissez un système de chauffage à énergie solaire pour la piscine et recouvrez-la d’une toile lorsqu’elle est fermée.

Sources:
– Butler, Jim. «The ‘Real Economics’ Behind GREEN Hotel Development, Conversion and Operation», [www.hotelonline.com], 29 octobre 2007.

– Crous, Yolanda. «Our 20 Favorite Green Hotels», [www.travelandleisure.com], novembre 2007.
– Dubuc, André. «Une place pour l’environnement dans les centres de villégiature», [www.visiondurable.com], octobre 2007.
– Fletcher, Kevin A. «Fitting Greening Efforts Into Your Hotel Operations & Marketing Strategies», HSMAI Marketing Review, hiver 2006-2007.
– Kriscenski, Ali. «Burj Al-Taqa: Zero-Energy Tower for the Middle East», [www.inhabitat.com], 18 octobre 2007.
– Namovich, Richard. «Will a Hotel’s Sustainable Green Program Generate New Revenue and Increased Profits?», [www.hotelonline.com], 2 novembre 2007.
– Globalstewards.org. «Sustainable Solutions for Green Hotels», consulté le 6 novembre 2007.Sites Web:

ACCOR
ALT Hotels
Energy Star
Fairmont
LEED
Spice Island Beach Resort
Strattons Hotel Norfolk

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Enjeux Tourisme durable

Le tourisme actuel est-t-il une espèce en voie de disparition?

L’industrie touristique obtient bien mauvaise presse. Au banc des accusés d’une multitude de problèmes environnementaux et sociaux, le tourisme semble parvenu à un point tournant, partagé entre développement durable, croissance et impératifs économiques. Voici un état des lieux qui incite à prendre action, à virer au vert rapidement et à redorer le blason du tourisme. L’Organisation mondiale du tourisme souligne, à ce titre, qu’il est désormais temps de joindre le geste à la parole, ce qui nous amène à nous demander de quoi sera fait le tourisme de demain. La discussion est ouverte!

«Les vacances salissent. Dégradent. Perturbent.»

Les journalistes Marion Festraëts et Julien Le Bot brossent un bien sombre portrait du tourisme dans un article intitulé «La planète malade du tourisme», publié dans LExpress.fr. En voici quelques grandes lignes.

Près de un milliard de gens se déplacent annuellement et sont responsables d’émissions globales de gaz à effet de serre (GES), pollution qui n’épargne aucun recoin de la planète, des déserts à la banquise, des fosses marines aux plus hauts sommets.

Au banc des accusés, tant le tourisme de masse que d’aventure extrême au bout du monde (près de 30 000 visiteurs par an en Antarctique), lesquels font souvent rimer excursion et dégradation quand ils ne signent pas carrément l’arrêt de mort des lieux qu’ils prétendent faire admirer. Les déchets s’accumulent. Les espèces locales disparaissent ou sont concurrencées par l’introduction anarchique d’espèces exogènes. S’ajoutent la pollution visuelle sur certains sites et le mépris manifesté à l’égard des cultures locales.

Le problème majeur, l’eau! Qu’elle soit polluée, qu’elle fasse défaut ou que les eaux usées s’écoulent de n’importe quelle manière. Le touriste est un grand consommateur d’eau. Il en est de même des golfs et des piscines qui surgissent des sols. Il y a une mer de détritus (canettes, sacs en plastique, ballons crevés…) qui voguent au fil de l’eau, jetés du pont d’un bateau, du quai d’un port ou abandonnés sur une plage. Le ratissage des plages pour obtenir un sable parfait perturbe les écosystèmes du littoral, quand ce ne sont pas les vagues qui finissent par les emporter.

Dix-neuf îles Galapagos (Équateur) viennent de quitter la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO pour allonger celle, plus triste, des sites menacés. Les animaux, dérangés, changent de comportement et tout l’équilibre écologique est en danger. L’instauration d’une écotaxe dans un archipel du Brésil n’a pas réussi à faire diminuer le nombre de vacanciers, résultant en de graves conséquences pour l’environnement, et les autorités locales ont décidé de limiter le nombre de personnes autorisées à y séjourner. La Machu Picchu (Pérou) pourrait bien intégrer, elle aussi, l’inventaire des chefs-d’oeuvre en péril, surtout depuis son récent classement parmi les sept nouvelles merveilles du monde par une fondation suisse.

On abat une partie de la forêt tropicale pour faire place à des routes, des hôtels, des boutiques, et cette déforestation entraîne l’érosion des sols et provoque des glissements de terrain.

Les «safaris cétacés» se multiplient en Méditerranée, pourtant on veut éviter de voir le comportement des mammifères marins se «détraquer», comme dans l’embouchure du Saint-Laurent où le bruit incessant des moteurs de navires contraint ces derniers à chanter de plus en plus fort pour communiquer.

Les cimes ne sont pas épargnées et l’Everest, déjà strictement réglementé, est devenu la plus haute décharge du monde. Les environnementalistes réclament qu’on en ferme l’accès. Un maire de la région de la Haute-Savoie souhaite l’instauration d’un permis pour l’ascension du mont Blanc en raison du passage d’un trop grand nombre de personnes.

S’ajoutent les souvenirs «défendus» et les végétaux rapportés dans les valises qui contribueraient à la dégradation de l’environnement.

Et ce n’est pas terminé car, en 2020, on estime que 1,6 milliard de touristes arpenteront la planète.

Alarmistes ou réalistes?

Les journalistes se posent la question: «Faut-il, alors, se priver de vacances pour épargner la planète?» Ils y répondent par un «Pas forcément» et citent certaines initiatives de développement durable: regroupement d’une quinzaine de professionnels français au sein d’une association Agir pour un tourisme responsable, mise à niveau des bâtiments aux normes environnementales, sensibilisation des clients, incitation des voyageurs à compenser les gaz à effet de serre émis lors de leurs déplacements, etc. Ils soulignent que les professionnels du voyage commencent à prendre conscience de la fragilité de leur outil de travail et multiplient les propositions en vue de développer une autre idée du voyage. Du côté des voyageurs, une sensibilisation se développe.

Et vous? Afin de joindre le geste à la parole, quelles pistes d’actions suggérez-vous?

On peut tout de même se demander: «De quoi sera fait le tourisme en 2020?»

Les avancées technologiques se succédant à un rythme effarant…
Assisterons-nous à l’avènement du Web 10.0? Les complexes hôteliers seront-ils de véritables «usines», modèles écologiques de compostage, de récupération de l’eau de pluie, de traitement des eaux usées, etc.? Les avions bruyants, énergivores et pollueurs seront-ils interdits de vol? L’avenir est-il aux gros-porteurs comme le A380 qui permettent de transporter un grand nombre de personnes?

Gestion de la capacité de charge des sites, écotaxe et limite des accès étant déjà à l’ordre du jour…
Y aura-t-il de plus en plus de reproductions de sites célèbres comme c’est le cas actuellement des grottes de Lascaux? L’accès aux sites renommés mais fragiles sera-t-il contingenté et faudra-t-il réserver des années à l’avance pour les visiter, et ce, à prix fort?

Après le 11 septembre 2001, le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) et bien d’autres…
Des catastrophes d’ordre climatique, sanitaire, politique ou terroriste viendront-elles régulièrement assombrir notre industrie et réussiront-elles à créer un grand climat d’insécurité?

Destinations et produits étant déjà confrontés à une vive concurrence…
De quelle façon les destinations arriveront-elles à tirer leur épingle du jeu? Surenchère, démesure, originalité seront-elles l’avenir pour se démarquer? Le tourisme de masse cédera-t-il le pas au tourisme de niche pour satisfaire le fanatique du golf, l’amateur d’ornithologie, l’amoureux du grand art, le dingue du vélo, le voyageur en quête de spiritualité, de sensations fortes, de farniente?

La sensibilisation croissante des gens à l’égard de l’environnement étant indéniable…
De quelle façon, cela se traduira-t-il dans le comportement du voyageur? Le boycott de l’avion par souci environnemental restera-t-il un phénomène marginal ou prendra-t-il de l’ampleur? Le poids des lobbys environnementaux changera-t-il le cours des choses (ex. bloquer le projet d’expansion d’un aéroport)? Existera-t-il des labels gouvernementaux ou même internationaux certifiant le comportement responsable d’une entreprise?

Selon vous, de quoi sera fait le tourisme en 2020? La discussion est ouverte! Entrez dans l’ère du Web 2.0 et réagissez en utilisant la fonctionnalité «Commentaires» de notre site.

Source:
– Festraëts, Marion et Julien Le Bot. «La planète malade du tourisme», LEXPRESS.fr, [www.lexpress.fr/mag/sports/dossier/tourisme/dossier.asp], 26 juillet 2007.

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Enjeux Produits et activités Tourisme durable

La forêt, un enjeu majeur pour l’industrie touristique – (Compte rendu de conférence)

Multiplicité des acteurs et des intérêts, harmonisation des usages, protection et conservation du territoire, développement durable, gouvernance et représentativité du volet récréatif occupent l’avant-plan des enjeux liés au territoire forestier québécois. L’intérêt grandissant pour la forêt suscite de nombreux débats où vision commune et dialogue s’imposent. Nous ne sommes pas sortis du bois!

Au 75e congrès de l’ACFAS (Association francophone pour le savoir) en mai 2007, le colloque intitulé «Tourisme et territoires forestiers: vers de nouvelles perspectives de mise en valeur» analysait, entre autres, les multiples enjeux de ce secteur. En voici quelques grandes lignes…

Quand tout le monde s’en mêle et s’emmêle

Plusieurs voix se font entendre: industrie forestière, villégiature, conservation et restauration, activités agricoles, minières, hydroélectriques, récréatives et de plein air. Tous, industriels, intervenants et adeptes, revendiquent leur droit à la forêt et chacun y joue du coude. En outre, l’industrie forestière vit une période très difficile et les intérêts divergents pour la ressource viennent compliquer la situation.

Voici quelques chiffres issus de la présentation du colloque:

  • forêts québécoises: 90% du domaine public;
  • secteur forestier: 150 000 emplois directs et indirects;
  • activités récréatives liées à la faune et à la flore: 15 600 emplois;
  • pratique d’activités de plein air dans la nature: 2,4 millions de Québécois;
  • baux de villégiature: 40 000 détenteurs;
  • conservation et restauration de sites naturels forestiers: 40 000 personnes.

Trop souvent, les usages économiques, sociaux et environnementaux cohabitent difficilement sur le même territoire. Et qui veut s’aventurer dans le dédale de la gouvernance du milieu forestier doit s’armer de patience et d’une bonne dose de compréhension pour remonter la filière.

Dans ce contexte, l’adoption d’une vision commune et l’harmonisation des usages ne peuvent que mener à un terrain d’entente. À ce titre, certaines pourvoiries à droits exclusifs localisées en territoire sous contrat d’aménagement et d’approvisionnement forestier (CAFF) constituent un exemple où tourisme en milieu naturel et exploitation forestière s’avèrent conciliables.

La petite histoire des activités de plein air

Bien que la pratique des activités de plein air en forêt soit en pleine croissance, la confusion règne toujours.

  • Instabilité du loisir de plein air au sein de la structure gouvernementale. À chaque changement de gouvernement, on se demande quel ministère en obtiendra la responsabilité.
  • Diversité des activités et manque de concertation. De façon éclatée, chacun (associations touristiques régionales [ATR], milieu associatif [camps de vacances, marche, canoë-kayak, motoneige, etc.], unités régionales de loisir et de sport [URLS], etc.) revendique ses besoins auprès des différents paliers gouvernementaux.
  • Secteur constitué d’un important contingent de bénévoles. Ces derniers démontrent des signes d’essoufflement.
  • Études quasi inexistantes sur la pratique des activités de plein air au Québec.
  • Manque de reconnaissance des retombées sociales et économiques.

L’intérêt pour les volets récréatif et touristique de la forêt croît constamment:

  • La forêt devient un antidote à l’activité urbaine et une réponse à la recherche d’authenticité;
  • les paysages constituent un des principaux critères dans le choix d’une destination;
  • la diversité des activités pratiquées en forêt s’accroît: véhicules tout terrain (VTT), vélo de montagne, traîneau à chiens, parcs d’hébertisme aérien, observation du ciel avec télescopes;
  • la clientèle familiale augmente dans les pourvoiries.

Au sein même des activités de plein air, il existe des conflits de cohabitation, notamment entre les motoneigistes et les adeptes du ski de fond. De plus, on remet souvent en question les activités motorisées (VTT, motoneige, embarcation à moteur) en territoire forestier.

L’accessibilité au territoire, la protection des paysages et la qualité du milieu naturel, ressource première des activités de plein air, constituent des enjeux fondamentaux. Malgré le nombre croissant d’adeptes et d’activités, l’absence de pouvoir central, de leadership et d’actions concertées affaiblit le poids de la représentativité de ce secteur ainsi que son impact dans les dossiers de la forêt.

Le développement durable et l’augmentation des aires protégées

Voulant combler son retard en matière d’aires protégées, le gouvernement québécois étudie présentement la création de plusieurs nouveaux parcs, presque tous situés dans le Nord du Québec.

D’un point de vue touristique, cette réalité nordique complique l’accessibilité, le déploiement des services, le financement des aménagements, de même que le positionnement international. En effet, le coût des prestations pourra difficilement concurrencer les destinations plus facilement accessibles et déjà engagées dans ce créneau. La participation des communautés autochtones et la rencontre des différentes cultures représentent d’autres défis à relever.

Évidemment, lorsqu’on parle de territoire forestier, le développement durable devient un impératif. Cependant, on soulignait que l’écotourisme devient trop souvent une panacée pour réhabiliter le développement durable en milieu forestier. De ce fait, il obtient une trop grande visibilité pour ce qu’il est réellement: un marché de niche avec une participation limitée du public et peu de retombées économiques. On constate une absence de gestion, de planification et de recherche dans ce secteur, de même qu’un manque de personnel qualifié.

L’éducation du public constitue un élément essentiel pour assurer la pérennité de la ressource.

Vers une gestion intégrée de la forêt

Depuis le dépôt du rapport Coulombe (rapport de la Commission d’étude sur la gestion de la forêt publique québécoise – 2004), le gouvernement du Québec s’affaire à moderniser l’ensemble de sa gestion forestière et à mettre en place des commissions régionales (CRRNT – Commission régionale sur les ressources naturelles et le territoire) dans le but de favoriser la gestion intégrée des ressources du territoire.

Voir la forêt comme un tout et adopter une vision commune du territoire deviennent des prémisses à la gestion de la multifonctionnalité du territoire forestier et à l’harmonisation des usages sous le chapeau du développement durable. Tout en tenant compte des particularités du territoire, il faut viser l’équilibre entre les fonctions économique, écologique et sociale. À ce chapitre, le secteur des activités de plein air doit faire le poids.

Sources:

– Téoros. «Dossier forêt», vol. 25, no 3, automne 2006.
– 75e Congrès de l’Acfas. Colloque «Tourisme et territoires forestiers: vers de nouvelles perspectives de mise en valeur», 8 et 9 mai 2007, Trois-Rivières.

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Enjeux Tourisme durable

Est-ce un péché de voler en avion? (Compte rendu de conférence)

L’industrie touristique a déjà une multitude de problèmes environnementaux à résoudre, mais voler en avion est désormais considéré comme le plus grand des péchés. Les voyageurs se préoccupent de plus en plus de l’éthique environnementale et sociale de leurs habitudes de consommation. Plusieurs recherches démontrent d’ailleurs que plus de gens choisissent de ne pas voyager pour tenter de freiner les effets des activités humaines sur le réchauffement climatique. Ainsi, selon un rapport émis par la Commission canadienne du tourisme, 29% des voyageurs britanniques affirment avoir déjà réduit leurs déplacements en avion par souci environnemental. Les secteurs du transport et du tourisme doivent donc montrer qu’ils assument leur part de responsabilité au chapitre du développement durable. Sans cela, de plus en plus de consommateurs pourraient continuer à éviter de voyager en avion. C’est l’ensemble de l’industrie touristique qui en souffrirait.

La pollution atmosphérique causée par les avions représente de 2% à 3% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, un pourcentage moins élevé que celui d’autres secteurs tels que les transports routiers, la foresterie ou l’agriculture. D’après les scénarios actuels, le volume d’émissions de dioxyde de carbone produit par l’aviation civile se multiplierait par 3,3 à 5 fois d’ici 2050. Si les émissions gazeuses résultant de l’aviation continuent de croître, alors que les autres secteurs réduisent les leurs, la contribution relative du tourisme aux émissions de gaz à effet de serre augmentera. Par conséquent, la contribution du transport aérien à l’ensemble des problèmes environnementaux s’accroîtra.

Le fond du problème

Au moins, l’industrie aérienne se penche sur la question. Elle a été la première à commander un rapport spécial pour évaluer sa performance auprès du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), en 1999. Plus récemment, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI)1 a organisé, pour la première fois, un colloque sur les émissions de l’industrie où les grandes lignes de la nature et de l’ampleur du problème actuel ont été discutées. Les discussions ont également porté sur les mesures de mitigation, où le secteur touristique doit jouer un rôle important. La quasi-absence de représentants de l’industrie touristique à la conférence démontre toutefois clairement qu’il reste à explorer de nombreuses occasions de collaboration pour trouver des solutions aux problèmes actuels.

Selon les scientifiques, les nouveaux avions sont aujourd’hui plus efficaces que la moyenne des automobiles sur la route. La consommation de carburants s’est améliorée de 70% par siège d’avion, depuis 1960. Néanmoins, les avions utilisent des ressources naturelles non renouvelables et la consommation de carburants par le secteur aérien a augmenté de 2% à 3% annuellement de 1990 à 2004. Malgré le développement de technologies alternatives en ce domaine, le kérosène reste principalement utilisé à court et à moyen terme. Bien que les progrès sur ce plan soient importants, la source et la production des nouveaux produits causent d’autres soucis environnementaux. De plus, contrairement aux carburants habituels, les combustibles tels que le biocarburant ne sont pas réglementés ni normalisés.

Les émissions produites par les avions sont complexes et beaucoup d’incertitude scientifique les entourent. La pollution issue des combustibles fossiles est présente aussi bien sur le sol qu’en haute altitude. Par ailleurs, en plus des émissions de dioxyde de carbone, les avions émettent de la vapeur d’eau, des oxydes nitreux, des hydrocarbures, du monoxyde de carbone, des gaz sulfureux ainsi que des particules de suie et de métal. À de hautes altitudes, ces gaz se comportent différemment et contribuent au déséquilibre de la radiation dans la troposphère. Qui plus est, en vol, les avions produisent des traînées de condensation et forment des cirrus. Cette contribution aux changements climatiques est propre à l’aviation.

Le secteur de l’aviation s’est donné comme objectif de réduire sa consommation de carburants et ses émissions de dioxyde de carbone de 50% d’ici 2020. Uniquement grâce aux développements technologiques, la performance environnementale peut s’améliorer de plus de 1% par année. Pour réaliser des innovations mécaniques poussées, des compromis devront être faits entre le niveau des émissions de gaz (notamment les oxydes nitreux) et le bruit, tout en tenant compte des coûts d’exploitation. Il est essentiel de pousser les recherches et la technologie tout en mettant en place des programmes et une collaboration entre les divers intervenants tels que les compagnies aériennes, les aéroports, les contrôleurs aériens, les régulateurs ainsi que les gouvernements.

La conférence de l’OACI s’est également penchée sur la question de la qualité de l’air local et sur les normes d’émission de l’aviation. Bien qu’il existe des normes pour plusieurs gaz2, il n’en existe actuellement aucune concernant les matières particulaires et le dioxyde de carbone. L’instauration de telles règles découle d’un processus complexe. Des efforts de recherche se concentrent sur l’élaboration d’un système approprié de surveillance et de normes concernant les émissions du secteur de l’aviation.

Dans les aéroports, les avions sont responsables en moyenne de 50% des émissions de gaz. Les autres émissions proviennent des transports routiers et de l’utilisation d’équipements de soutien. L’efficacité des aéroports varie grandement selon les destinations et plusieurs améliorations peuvent être apportées sur le plan des opérations. Les émissions associées aux déplacements des passagers au sol, aux décollages et aux atterrissages sont très variables. En moyenne (sur l’ensemble des vols), il est estimé que 6,5 kilogrammes de carbone sont émis par passager durant les décollages et les atterrissages, comparativement à 0,02 kilogramme durant les vols. L’optimisation de l’altitude de certains avions pourrait réduire de façon importante les émissions ainsi que la consommation de carburants. Les calculs montrent également que le trafic aérien actuel est inefficace. Un réacheminement pourrait aider à réduire les émissions ainsi qu’à prévenir d’éventuels accidents (collision avec d’autres avions, au sol ou en vol). Une simple réduction de 2 kilomètres de vol par avion pourrait retrancher au total 200 millions de kilomètres de trajet et donc plus de 2 millions de tonnes de dioxyde carbone.

Les principaux enjeux demeurent

Bien que les mesures de mitigation grâce à la technologie et à la gestion du trafic promettent des améliorations continues, les solutions basées sur le marché doivent également être considérées. Toutefois, des questions demeurent, à savoir qui est réellement responsable des émissions produites par les avions. Est-ce que ce sont les fournisseurs de carburants, les opérateurs d’avions, les aéroports et les fournisseurs de services de navigation ou les manufacturiers? Ou peut-être s’agit-il des utilisateurs (les voyageurs)? Ou encore de l’industrie du tourisme, responsable du marketing des destinations?

Les solutions actuelles basées sur le marché regroupent la taxation, la bourse du carbone et les mécanismes de réduction volontaire tels que des systèmes de compensation des émissions de carbone. Les taxes environnementales ont déjà été intégrées sous différentes formes dans plusieurs domaines du secteur touristique, mais ne sont pas appréciées par tous. Depuis le début des années 1990, plusieurs aéroports européens, comme en Suisse, en France, en Suède, en Grande-Bretagne et en Allemagne, appliquent des tarifs sur la qualité de l’air local afin de réagir aux problèmes de pollution.

Actuellement, le carburant utilisé en aviation est exempt de taxes. Plusieurs recherches sur les transports3estiment que l’application de taxes sur les émissions de carbone dans l’industrie du tourisme international n’aurait que peu d’impacts. Même si l’on appliquait en 2010 une taxe globale de 1000$ pour chaque tonne de dioxyde de carbone émise, les comportements des voyageurs ne changeraient pas et le taux de dioxyde de carbone produit par l’industrie de l’aviation ne diminuerait que de 0,8%. Avec un tel scénario, les vols de courte durée pourraient perdre un nombre significatif de touristes internationaux, les destinations vers les îles étant les plus grandes perdantes. L’Europe centrale, l’Europe de l’Est ainsi que les pays comme la Chine et l’Inde y gagneraient, alors que l’Europe de l’Ouest, les Amériques et l’Afrique y perdraient. La modélisation suggère aussi que l’application d’une taxe sur le carburant destiné à l’aviation affecterait moins les vols de durée moyenne.

La conférence de l’OACI a également porté sur les systèmes de réduction volontaire. Les voyages neutres en carbone ont déjà considérablement augmenté et le marché du carbone se développe de façon exponentielle. Cependant, ces résultats soulèvent un nouveau problème concernant la crédibilité et l’efficacité des systèmes de compensation des émissions de carbone (à lire dans le prochain Globe-Veilleur).

Et ensuite?

La conférence de l’OACI suggère la participation de l’industrie de l’aviation aux initiatives post-Kyoto (2012) pour appuyer le développement d’un système de bourse du carbone au sein de l’industrie internationale de l’aviation civile. Les transports aériens ont été et demeurent des incitateurs et des catalyseurs de la croissance économique. L’OACI croit que les problèmes globaux nécessitent des solutions globales et qu’une approche de co-coordination est essentielle pour résoudre ces problèmes. L’industrie de l’aviation sait aussi que les solutions apportées devront être prométhéennes pour améliorer la performance environnementale du secteur.

Comme le suggèrent les prévisions, les arrivées internationales par voie aérienne devraient croître en moyenne jusqu’à 5% d’ici 2015. L’industrie du tourisme ne peut donc plus continuer à se cacher derrière cette image propre qui est celle du secteur de services. Elle ne peut pas non plus se concentrer uniquement sur les destinations sans prendre en compte les déplacements qui sont les grands responsables (jusqu’à 90%) des problèmes environnementaux tels que les émissions de gaz à effet de serre.

La bonne nouvelle est que plusieurs segments du marché du tourisme montrent des signes de motivation pour payer, malgré les diverses réactions (figure 1). En mai dernier, la Commission canadienne du tourisme a rapporté que près de 70% des Canadiens seraient prêts à payer 10$ supplémentaires ou plus sur chaque 1000$ dépensé en transport aérien, à condition que cet argent serve à développer les ressources d’énergie durable (graphique 1).

Graphique 1 : Montant que les Canadiens sont prêts à payer pour compenser les émissions de carbone produites lors de leurs déplacements par avion.
JP_2007-07_vol_avion_conf_grphq1

Notes:

1. L’organisation de l’aviation civile internationale (OACI) est une agence spécialisée des Nations Unies qui a été créée lors de l’adoption de la Convention de Chicago en 1944. Elle compte 190 États membres et un de ses principaux objectifs consiste à minimiser les effets négatifs de l’industrie de l’aviation civile sur l’environnement. L’OACI comprend un Comité de la protection de l’environnement en aviation (CAEP), composé de membres et d’observateurs des secteurs publics et privés et de représentants de l’industrie de l’aviation.

2. Il existe actuellement des normes pour le monoxyde de carbone, les oxydes nitreux, les hydrocarbures non brûlés et la fumée.

3. La recherche a porté seulement sur le tourisme international et a exclu les voyages d’affaires, pour des raisons de fiabilité des données en ce qui concerne les arrivées internationales par voie aérienne.

Sources:
– Canadian Tourism Commission. «Travelers Keen on Going Green», Tourism Intelligence Bulletin, no 39, mai 2007. Canadian Tourism Research Institute, The Conference Board of Canada, Vancouver, 2007, 5 p.
– International Civil Aviation Organization 2007. Presentations and Statements from the ICAO Colloquium on Aviation Emissions with Exhibition, tenu à Montréal, Canada, 14-16 mai 2007, [www.icao.int/EnvClq/CLQ07/Documentation.htm].
– Intergovernmental Panel on Climate Change. Special Report: Aviation and the Global Atmosphere. Summary for Policy Makers, Geneva, 1999, 23 p.
– Tol, R.S.J. «The Impact of a Carbon Tax on International Tourism», Transportation Research, Part D 12, 2007, p. 129-142.
– United States Environmental Protection Agency. Aircraft Contrails Factsheet, EPA430-F-00-005, Washington DC, 2000, 6 p.
– Weissman, A. Binge Flying, Sinful Travel and Paranoia, [www.travelweekly.com].