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Hébergement Tendances

Yotel! Quand l’hôtellerie s’éclate

La segmentation de l’offre hôtelière, secteur autrefois conservateur, ne cesse de nous surprendre. Après les hôtels «boutiques» et les condotels, voici maintenant Yotel qui tente d’écrire une autre page de la petite histoire de l’hôtellerie. Les initiateurs entendent révolutionner le secteur avec un concept, lancé à l’automne 2004, de chambres miniaturisées inspirées du modèle japonais et de la première classe des avions.

Yotel! Tendance ou coquetterie passagère?

Initiative du fondateur de Yo! Sushi, Yotel est le dernier-né de la segmentation du secteur hôtelier. Le concept: de luxueux habitacles… de dix mètres carrés répondant à des normes de 4 ou 5 étoiles.

Les premières chambres Yotel seront en service à Londres en 2005. Une nuitée au coeur de la métropole britannique coûtera environ 170 $CAN. C’est cher pour une chambre de dix mètres carrés, mais c’est bien peu pour une expérience de première classe au milieu de l’action, car les Yotel s’établiront dans les quartiers les plus en demande et dans des lieux difficilement accessibles aux hôtels classiques. On les verra dans les aéroports, dans les sous-sols, sur le toit des édifices, etc.

Les espaces, environ le tiers de ceux d’une chambre régulière, se compareront à ce que l’on peut retrouver sur un yacht luxueux.

Voici quelques caractéristiques particulières prévues: 

  • Télévision à écran plat et chaîne stéréo avec son surround
  • Accès Wi-Fi
  • Vaste sélection de films et de musique
  • Lits doubles rotatifs
  • Éclairage feutré
  • Accessoires de luxe pour la chambre de bain, incluant une douche «averse de pluie»
  • Literie de luxe
  • Espaces de rangement
  • Arrivées et départs automatisés

 

Le renouveau d’un secteur «à maturité»

L’industrie hôtelière s’est singulièrement transformée au fil des ans. Bien que cette évolution repose sur un historique de plus de 200 ans, ce sont les dernières années qui ont été les plus marquantes. Comme le souligne Gilles Larivière de Horwath Horizon Consultants, les innovations que l’on observe dans l’hôtellerie ne sont qu’une réaction à d’autres changements sociaux.

Au cours des années 1990, un important mouvement de concentration a considérablement modifié le paysage. L’épuration du parc hôtelier qui s’en est suivie s’est traduite par des acteurs en meilleure santé, et les perspectives sont fort encourageantes. Mais l’hôtellerie, que l’on croyait à maturité, continue d’évoluer alors que l’on assiste, de plus en plus, à l’éclatement de son produit.

Yotel! L’idée a du style et devrait certainement séduire un segment de clientèle. En attendant de voir la réponse du marché, les promoteurs recherchent activement de nouveaux emplacements. Les prochaines villes envisagées : Amsterdam, Barcelone, Bucarest, Berlin, Copenhague, Hong Kong, Singapour, Madrid, Paris, Rome et Sydney. À quand Montréal?

Sources:
– Roux Caroline. «Living in a box», The Guardian [travel.guardian.co.uk], 25 septembre 2004.
– Rasetti, Jerome. «Say yello to the Yotel!», Independent Online [www.iol.co.za], 11 octobre 2004.
– Larivière, Gilles et Jocelyn Jussaume. «Émergence des nouvelles formules en hôtellerie», Téoros, vol. 23, no 3, automne 2004.
– Carlile, Jennifer. «Japanese pod hotels to make London debut», MSNBC [msnbc.msn.com], 4 octobre 2004.
– Hospitality Net. «Yotel / A New Concept Hotel Launching At 100% Design 2004», 7 septembre 2004.

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Produits et activités

La TOHU: projet environnemental, engagement social ou site touristique?

Mot d’origine hébraïque, TOHU (issu de tohu-wa-bohu) signifie «le chaos avant la création». Il évoque «le bouillonnement des idées et des gestes, le désordre précurseur du renouveau ou encore le tumulte de la grande ville». La TOHU, c’est aussi un projet québécois de site touristique sur fond de valeurs environnementales et communautaires. Novateur et structurant, celui-ci se présente comme un véritable exemple de société, une formidable leçon de vie qui a le mérite d’être relevée.

La TOHU, la Cité des arts du cirque est un organisme à but non lucratif créé en 1999 par le Cirque du Soleil, l’École nationale de cirque et En Piste (le regroupement national des artistes et des professionnels en arts du cirque).

Situé à Montréal, dans le quartier Saint-Michel, il émerge de l’ancien site de la carrière Miron, le deuxième plus grand site d’enfouissement urbain en Amérique du Nord (lieu symbolique, s’il en est, pour les gens du voyage souvent accueillis sur les terrains vagues proches des dépotoirs).

Projet de longue haleine, puisque étalé sur vingt ans, sa mission se décompose en trois volets distincts: touristique, environnemental et communautaire.

Un site touristique

Avec la TOHU, les initiateurs souhaitent faire de Montréal l’une des capitales internationales des arts du cirque.

Le bâtiment de la TOHU abrite actuellement:

  • la première salle de spectacle circulaire au Canada, servant à la fois pour des spectacles (activités culturelles et environnementales), des cinéconférences, ainsi que des réunions ou événements corporatifs;
  • une exposition permanente (Terra cirqua), regroupant près de mille objets reliés à l’histoire du cirque à travers le monde, dont 150 sont exposés dans les coulisses;
  • le pavillon d’accueil du Complexe environnemental de Saint-Michel (CESM).

À ce jour, des investissements publics et privés de 73 millions $ appuient le projet. La TOHU côtoie, sur le site, le siège social montréalais du Cirque du Soleil, les locaux de l’École nationale de cirque, l’atelier des costumes, ainsi que le centre d’hébergement des artistes.

Il est prévu que le projet devienne, dans quelques années, une base de plein air «nouveau genre» pour la famille et les amateurs de sorties éducatives.

Une conscience environnementale

À lui seul, le bâtiment vaut le détour. Cet édifice, véritable exemple d’architecture verte, constitue un exemple inégalé de développement durable. En effet, le pavillon se situe juste à côté de Gazmont, une entreprise qui transforme en électricité les biogaz issus du site d’enfouissement.

La combustion des biogaz fait bouillir de l’eau. La vapeur produite fait à son tour tourner une turbine, créant de l’électricité. Une fois cette électricité produite, la vapeur induite est refroidie et une partie de l’eau chaude produite au cours de ce processus est acheminée vers le pavillon de la TOHU et circule à travers un réseau de conduits intégrés au plancher du bâtiment.

Pour réguler la température intérieure du pavillon durant la saison estivale, la TOHU a recours à la géothermie passive et à un bac à glace, que les visiteurs peuvent d’ailleurs observer à travers une section vitrée du plancher du hall d’accueil.

La ventilation naturelle/hybride consomme 70% moins d’énergie que les systèmes de ventilation traditionnels. Ce concept utilise l’effet de cheminée de la salle de spectacle pour diffuser l’air.

Un bassin naturalisé, longeant le bloc administratif du bâtiment, recueille et retient les eaux de pluie, permettant ainsi leur écoulement graduel vers les canalisations d’eau de pluie de la Ville de Montréal.

La décoration intérieure est constituée de matériaux de récupération. Dans le grand escalier, des panneaux recyclés des autos tamponneuses de La Ronde (parc d’attractions) servent de rampe et d’anciennes poutres provenant des usines Angus ont été intégrées à la structure du pavillon.

Enfin, peu à peu, suivant le développement du projet, le bâtiment sera entouré d’un immense parc urbain, construit sur les vestiges de la décharge. D’une grandeur totale de 192 hectares, il comprendra:

  • des sentiers pédestres;
  • des aires de promenade, véritable «galerie d’art environnemental»;
  • des jardins thématiques (le jardin du cerf-volant, etc.);
  • un lac artificiel;
  • un amphithéâtre naturel;
  • une piste cyclable, qui sillonne déjà le pourtour du site;
  • un potager, où sont maintenant cultivées plusieurs variétés de fruits et légumes destinées aux cuisines de l’École de cirque;
  • des marais filtrants, etc.

Implication sociale

Sur le plan social et communautaire, la TOHU souhaite contribuer à la revitalisation du quartier Saint-Michel, au travers:

  • des ressources humaines, puisque tous les employés du site résident dans le quartier. C’est une condition sine qua non à leur embauche;
  • de partenariats avec des entreprises d’insertion (comme CoopérAtout, Production Jeunesse) pour la formation des jeunes de la rue et des sans-emploi;
  • de la revitalisation (nouvel esthétisme) des artères environnantes (comme la rue Jarry);
  • de projets communautaires internationaux, etc.

De plus, la TOHU se veut le catalyseur de l’installation dans le quartier de commerces équitables, de logements coopératifs, etc., dans un des quartiers les plus défavorisés de la ville (l’arrondissement détient le triste record du plus faible taux de scolarité et de la plus forte concentration de population multiculturelle de l’île, soit 65%).

Bref, à l’heure actuelle, il n’existe assurément aucun projet comparable au pays. «La Tohu est un lieu de création extrêmement original alliant culture, cirque et environnement. Cette réalisation représente déjà une vitrine exceptionnelle pour Montréal et favorisera le rayonnement international de notre métropole», affirme Pierre Bellerose, vice-président Recherche et développement à Tourisme Montréal.

La TOHU est financée par le ministère de la Culture et des Communications, la Ville de Montréal, ainsi que par SSQ Groupe financier, principal partenaire privé.

Voir aussi

Le tourisme d’apprentissage fait ses classes dans une multitude de domaines
La TOHU

Sources:
– Tremblay, Mylène. «TOHU. Un modèle à suivre – Revitalisation de l’arrondissement Saint-Michel», Le Devoir, 16 octobre 2004.
– Joanny-Furtin, Michel. «Les coulisses de la Tohu », Transcontinental – Montréal Est, 26 septembre 2004.

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Marketing

Mettez-vous en mode «séduction»!

Dans une décennie, plus de la moitié de l’humanité vivra dans les villes. Pour les régions touristiques, cela représente un beau potentiel d’urbains stressés à courtiser! Les ingrédients sont là pour que la chimie opère: d’un côté, des citadins susceptibles de vouloir s’évader quelques jours, et de l’autre, des régions bénéficiant de grands espaces naturels et de multiples activités propices au décrochage.

À la recherche de la recette magique

Lorsque l’on assiste à des colloques, congrès et rencontres de toutes sortes, on espère toujours découvrir les grandes tendances et la recette magique qui nous assureront des heures de gloire. Trop souvent, on revient déçu d’avoir entendu ce que l’on savait déjà: croissance des courts séjours et des voyages de proximité, urbanisation galopante, étalement de la saison touristique, forte concurrence des destinations. Quelles conclusions en tirer?

Et si on mêlait ces tendances?

Nous le savons tous, la concentration de la population en milieu urbain est en forte croissance. En 2015, plus de la moitié de l’humanité vivra dans les villes. En 2020, près de 90% des Canadiens habiteront les 25 plus grandes régions urbaines du pays.

Qui dit urbanisation, dit beaucoup, beaucoup de gens stressés et fatigués, cherchant parfois à s’évader à la campagne pour profiter de la nature. Le phénomène d’urbanisation allant en s’accentuant, nous voici donc, comme Obélix, plongés dans la potion magique. Si on y ajoute les courts séjours, eux aussi en croissance, on obtient deux ingrédients porteurs d’opportunités.

Séduisez d’abord et passez à l’action après

Les régions possèdent un produit espace et nature pouvant répondre aux besoins physiologiques des urbains, et ce, tout au long de l’année. Décrocher, vivre à un rythme lent, respirer l’air pur, goûter au calme, établir des contacts humains, éprouver des sensations de bien-être, quoi de plus séduisant pour l’urbain stressé! Tirer sur ces ficelles devient un élément gagnant pour attirer cette clientèle.

Le Club Med a ainsi concocté une brochure pour donner aux gens le goût de se rendre dans certaines destinations. Sur deux ou trois pages, le pays exhibe ses charmes et mise sur ses éléments les plus séducteurs. Font suite les coordonnées des Clubs Med installés dans ces pays afin de saisir immédiatement le client qui voudrait passer à l’action.

Certaines formules intéressantes

Si, en plus de travailler à donner «le goût de votre région» à la clientèle urbaine, vous segmentez l’information selon son style de vie, votre opération séduction sera encore plus efficace.

Le Comité départemental du tourisme (CDT) de l’Orne en France a mis de l’avant ses week-ends pur plaisir.

Autre région de France, l’Aube en Champagne se présente comme «L’Aube, le pays de toutes vos envies». Durant le mois d’avril, une centaine de voitures ont été habillées aux couleurs du CDT. Elles ont sillonné la capitale afin d’inviter les Parisiens à partir en week-end. On pouvait notamment lire: «Non aux week-ends casse tête», «Oui aux week-ends coup de génie».

Plusieurs organismes français ont repris l’expression «À savourer sans modération», que ce soit pour des week-ends, pour faire la publicité d’un centre de villégiature ou autre.

Si vous désirez miser sur le côté nature, la formule «Pas de couleurs artificielles et sans additifs» peut être appropriée.

À vous maintenant de séduire en utilisant une stratégie d’influence qui passe, non pas par l’énumération des activités possibles, mais plutôt par l’empathie et le charme!

Sources:
– Dany, Carole. «Enjeux et pratiques de désaisonnalisation dans les territoires ruraux», Agence de communication Cadran Solaire, colloque Imatourisme 2004, Moliets – Landes, France, 5 octobre 2004.
– Laliberté, Michèle. «Boule de cristal, que nous prédis-tu?», Réseau de veille en tourisme, 31 mai 2004.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Processus décisionnel des touristes à Montréal

Dans le but de mieux comprendre le processus de décision des visiteurs de la métropole, Tourisme Montréal a réalisé à l’été 2003 une enquête auprès de sa clientèle. On a voulu savoir quels étaient les facteurs d’influence et les sources d’information utilisées relativement au choix des activités pratiquées. Le sondage révèle notamment que les touristes qui choisissent leurs activités à l’avance voyagent souvent par habitude et négligent les outils de planification traditionnels. En ce qui a trait au moment de la prise de décision d’effectuer un voyage à Montréal, on constate que le phénomène du «dernière minute» concerne davantage le tourisme de proximité.

Comportement de voyages des visiteurs

C’est sans surprise que l’on a constaté que les Québécois visitent régulièrement la métropole, alors que 60% s’y sont rendus à plus de 30 reprises (graphique 1). Mentionnons qu’environ 55% des Américains étaient en repeat business, comparativement à 33% du côté des voyageurs d’outre-mer.

Il y a corrélation entre la durée de la visite à Montréal et la provenance des visiteurs: plus ils viennent de loin, plus leur séjour se prolonge. Parmi les Québécois interrogés, 38% sont des excursionnistes et 45% restent entre 1 et 3 nuitées. Près de la moitié des Canadiens et des Américains passent entre 1 et 3 nuits. Quant aux visiteurs en provenance d’outre-mer, le tiers (32%) demeure 10 nuits et plus.

Concernant le lieu d’hébergement choisi, trois touristes sur quatre optent pour le centre-ville, 8% logent dans le Vieux-Montréal et 11% préfèrent l’extérieur de l’île. Alors que plusieurs touristes préfèrent marcher pour découvrir la ville (28%), une grande proportion (38%) utilise le transport en commun, en combinant ou non la marche (graphique 2).

On constate que le magasinage plaît énormément aux touristes puisque 77% d’entre eux affirment s’y adonner (graphique 3). Le pôle culturel de Montréal obtient la cote grâce aux musées, aux attraits liés aux sciences naturelles, aux spectacles en salles, aux festivals et événements. Le Vieux-Port, le Parc olympique et les autres parcs figurent également parmi les attraits de prédilection.

Le phénomène du «dernière minute» touche particulièrement le tourisme de proximité. En effet, plus de 77% des Québécois et 58% des Canadiens prennent leur décision moins d’un mois avant de partir (graphique 4). Du côté des Américains, près d’un touriste sur deux (44%) planifie son voyage à Montréal moins d’un mois à l’avance, alors que 23% préfèrent décider plus de 7 mois auparavant. La majorité des voyageurs (70%) en provenance d’outre-mer arrêtent leur plan plus de deux mois avant leur départ. 

Processus décisionnel et outils de planification

L’enquête a porté également sur le processus décisionnel concernant la participation aux activités. On a segmenté les visiteurs de Montréal en trois profils distincts:

– Les réfléchis, soit ceux qui ont décidé avant leur arrivée de réaliser des activités (43%)
– Les organisés, qui ont arrêté leur choix d’activités à réaliser une fois rendus à destination (35%)
– Les spontanés, ceux qui ont décidé «sur le moment» de réaliser des activités (22%)

On a ensuite demandé aux touristes de chacun de ces segments quels outils ils avaient utilisés pour les aider dans la planification de leur visite à Montréal. Les deux tableaux qui suivent font la distinction entre le comportement des profils «réfléchis» et «organisés».

Fait intéressant, une part importante des «réfléchis» viennent par habitude et n’ont besoin d’aucun outil pour préparer leurs activités. Par exemple, un festivalier régulier sait à l’avance à quel restaurant il ira, dans quel bar, etc. Du côté des «organisés», les conseils des parents et amis prennent beaucoup d’importance, de même que les guides de voyages et le bureau d’information touristique.  

Les outils utilisés par les réfléchis

*Autres: comprend essentiellement des sites Internet autres que celui de Tourisme Montréal, des offices de tourisme extérieur du Québec, ainsi que du marketing direct.

Les outils utilisés par les organisés

*Autres: comprend essentiellement des guides de voyages vendus en librairie tels que le Lonely Planet, Let’s go, etc.

Quant aux touristes de profil «spontané», les deux tiers de leurs activités qui ne sont pas planifiées du tout sont réalisées par hasard ou simplement motivées par la curiosité. Par exemple, en se promenant dans le Vieux-Montréal, ils sont passés devant un musée et ont décidé spontanément d’aller le visiter. 

Le sondage a été réalisé du 9 juin au 23 août 2003 auprès de 2065 répondants habitant à l’extérieur de Montréal. L’échantillon était constitué de visiteurs qui provenaient majoritairement de l’étranger (34% d’outre-mer, 26% des États-Unis, 21% du Canada et 19% du Québec). Ces derniers avaient principalement l’agrément (74%) comme but de voyage, suivi des visites de parents et amis (15%) et des affaires et congrès (11%).

Source:
– Tourisme Montréal et Convercité. Enquête sur le processus décisionnel des touristes à Montréal, 8 décembre 2003.

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Enjeux Transport

Le transport en commun vieillit mal

Aux États-Unis, le profil de la pyramide des âges connaîtra de profonds changements dans les 25 prochaines années. Le bureau du recensement (US Census Bureau) prévoit que le nombre d’Américains ayant 65 ans et plus va faire un bond spectaculaire, de 35 millions aujourd’hui à plus de 62 millions d’ici 2025, soit une augmentation de près de 80%! Un bouleversement qui affectera, sans conteste, de nombreuses industries et particulièrement celle des transports.

Plus la population vieillit, plus elle perd en mobilité, et dans 20 ans, les agences et sociétés de transport devront repenser leur offre de services pour attirer une clientèle très différente de celle qu’elle dessert actuellement. Malheureusement, les États-Unis ne sont pas prêts à affronter cette évolution, particulièrement dans les communautés rurales et les petites villes.

Et une récente étude réalisée par Linda Bailey, intitulée Aging Americans: Stranded Without Options, dresse non seulement le portrait du problème, mais propose également certaines solutions.

Portrait d’une population vieillissante

Dans cette étude, on apprend que 21% des Américains âgés de 65 ans et plus ne conduisent pas. Les raisons invoquées sont simples:

  • ils ont une mauvaise santé (problème de vue, déficiences physiques ou mentales);
  • ils ne s’en sentent plus capables et ont décidé de leur plein gré de ne plus conduire;
  • ils n’ont pas de voiture (ou pas d’accès à une voiture);
  • par choix personnel.

Plus de 50% des personnes âgées de 65 ans et plus qui ne conduisent pas (soit 3,6 millions d’Américains) restent tout bonnement chez elles. Lorsqu’elles se décident à sortir (que ce soit pour aller chez le médecin, au restaurant ou pour des activités sociales ou religieuses), elles empruntent les transports en commun ou demandent à des voisins ou à des amis de les conduire. Mais là encore, la moitié des personnes interrogées lors de cette étude ont avoué se sentir gênées de demander de l’aide et considèrent ce «sentiment de dépendance» comme un problème.

Pour les moins valides et les handicapés, les transports adaptés constituent la seule et unique porte de sortie. Et bien souvent, dans leur région, les transports en commun sont soit non disponibles, soit mal adaptés à leurs besoins.

Penser de nouvelles façons de faire

Les agences de transport et les gouvernements doivent donc, d’ores et déjà, envisager de nouvelles façons de faire:

  • en modernisant les infrastructures routières et ferroviaires;
  • en diversifiant l’offre de services (autobus, autocars, taxis, trains, etc.);
  • en renforçant les investissements dans le secteur des transports publics (ceux-ci constituent un facteur économique important);
  • en soutenant des projets et des équipements visant la sécurité des piétons et des cyclistes (voies cyclables protégées, etc.);
  • en augmentant la flexibilité des transports (quant aux horaires, aux itinéraires de voyages, etc.);
  • en explorant de nouvelles voies, comme des programmes de «conducteurs volontaires» et de covoiturage;
  • en appuyant la coordination entre les agences de services et les agences de transport, tant au niveau fédéral que local;
  • en faisant la promotion des services publics ou privés intégrés (véhicules subventionnés pour les organismes et les programmes);
  • en développant de nouvelles technologies concernant l’équipement et le fonctionnement des véhicules (autobus à plancher surbaissé ou à accès de plain-pied, etc.);
  • en instaurant des services spécialisés à la demande;
  • et enfin, en proposant des> programmes de sensibilisation, d’éducation et de formation.

Voir aussi

L’hôtellerie doit faire des efforts pour s’adapter et satisfaire la clientèle senior
Sources:
– Bailey, Linda. «Aging Americans: Stranded Without Options», Surface Transportation Policy Project, avril 2004.
– Stowell Ritter, Anita, A. Straight et Ed Evans. «Understanding Senior Transportation: A Report and Analysis of a Survey of Consumers Age 50+», AARP, avril 2002 [http://research.aarp.org/il/2002_04_transport_1.html]
– US Census Bureau. «American Housing Survey», 2001.

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Enjeux Produits et activités

Le vélo, pour reprendre goût aux déplacements urbains

À Paris, afin de redonner le goût aux déplacements urbains, la Régie autonome des transports parisiens (RATP) tente de promouvoir une circulation combinée bus-vélo. Destinée aux touristes et aux citadins, cette nouvelle initiative vise à désengorger le centre-ville tout en jouant la carte de l’écologie.

Cela fait bien longtemps que le trafic dans Paris est problématique. Aussi, la RATP (établissement public) a décidé de s’engager dans le développement des «circulations douces», en favorisant les modes de transport de proximité (comme la marche, le vélo, etc.). Ainsi, le partage des couloirs protégés entre bus et vélos se négocie avec les associations de cyclistes pour trouver une solution garantissant un maximum de sécurité. La RATP étudie également les besoins des amateurs de patins à roues alignées (rollers).

Concrètement, la société de transports a participé à de nombreuses concertations lancées par la Ville de Paris sur la mise en place de couloirs combinés bus-vélos, à la suite de quoi une entente s’est conclue entre les associations de cyclistes, les services de police et la Ville de Paris, afin d’ouvrir progressivement les voies de bus aux vélos. C’est ainsi que 120 km de couloirs bus ont été créés.

Trois Maisons Roue Libre et quatre Cyclobus

Pour favoriser les déplacements urbains en toute sécurité, la RATP a décidé de se lancer dans la location… de vélos.

Les trois Maisons Roue Libre qui existent actuellement sont des structures permanentes, ouvertes toute l’année, qui offrent le gardiennage et la location de vélos, ainsi que des balades guidées pour faciliter l’usage du vélo en ville. L’accès au service se fait par badge nominatif sans contact qui intègre les différents services choisis par l’utilisateur.

Ce service compte 150 000 locations depuis 1998 et plus de 10 000 participants aux balades guidées.

Un autre service, appelé Cyclobus, propose, aux amateurs de balades et aux touristes, des autobus aménagés pour recevoir 60 vélos, les week-ends et jours fériés. Ces autobus permettent de partir à la découverte de la ville à partir de points fixes, qui sont: le bois de Vincennes (à proximité du parc floral), la porte d’Auteuil (gare routière RATP), le Châtelet (avenue Victoria) et le canal de l’Ourcq (quai de la Loire).

Les cyclobus sont d’anciens autobus reconvertis en points de location Roue Libre. Ils sont également mis à la disposition de municipalités, d’institutions et d’entreprises pour des opérations spéciales de grande envergure – ils disposent de plus de 1000 vélos.

Une volonté identique au Québec

À Trois-Rivières, le projet Vélos de quartier met gratuitement à la disposition de la population et des touristes des vélos pour se déplacer ou se balader. Il est donc possible d’emprunter un vélo pour la journée, au pavillon Saint-Arnaud, au centre Landry, à Comsep ou au Torréfacteur, en présentant une carte d’identité. Ce projet, qui est une demande de la population, est largement inspiré de concepts établis à Saint-Hyacinthe et Victoriaville.

À Montréal, la Féria du vélo se déroule annuellement au début de juin et dure cinq jours. Au cours de cet événement, Voir aussi

Cyclotourisme: exemples de bonnes pratiques de promotion des voies vertes
Bref portrait des cyclistes et cyclotouristes au Québec
Roue libre
Petit manuel à l’intention du cycliste urbain

Sources:
– 20 Minutes. «Le vélo en chiffres pour Paris», 27 avril 2004.
– Vallée, Émilie. «À vos vélos… verts!», L’Hebdo Journal (Cap-de-la-Madeleine), 29 mai 2004.
– Radio-Canada. «Trois-Rivières à vélo», 27 mai 2004.
– CNW. «Le centre-ville au parfum du vélo: des entreprises montréalaises vélodynamiques!», communiqué de presse, 27 mai 2004.
– Morissette, Claudia. «Boulot-vélo: un tandem qui déplace de l’air!», Métro (Montréal), 1er juin 2004, p. 15.

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Enjeux Tendances

Boule de cristal, que nous prédis-tu?

Tout bougera de plus en plus rapidement. Nouvelle destination à la mode, engouement pour un nouveau produit, segmentation éclatée de la clientèle, apparition d’un nouvel acteur qui vient bouleverser un secteur d’activités… l’industrie touristique n’est pas près de s’ennuyer.

Facteurs globaux

  • Sociodémographie – La concentration de la population en milieu urbain sera en forte croissance. En 2015, plus de la moitié de l’humanité vivra dans les villes. En 2020, près de 90% des Canadiens habiteront les 25 plus grandes régions urbaines du pays. L’internationalisation du marché du travail causera une augmentation de la migration.
  • Période de croissance – La plus forte progression économique du tourisme mondial devrait se situer entre 2010 et 2020 avec l’arrivée des marchés émergents comme la Chine et l’Inde et la croissance importante des voyages de proximité et courts séjours.
  • Sécurité – Le terrorisme fera partie du paysage et les voyageurs s’y habitueront. L’impact des actes terroristes sera plus localisé. Les mesures de sécurité seront uniformisées à l’échelle mondiale et leur coût contribuera à la hausse des tarifs aériens.
  • Environnement – La conscience environnementale et sociale s’accentuera. Le tourisme se déclinera sous plusieurs formes: écotourisme, tourisme équitable, tourisme responsable, tourisme durable. Certains hôtels prendront le virage écologique. La détraction du tourisme de masse grandira au fur et à mesure que certains lieux seront endommagés.
  • Technologie – Le rythme de développement technologique n’offrira pas de répit et continuera à interpeller tous les secteurs de l’industrie. Il n’y a qu’à mentionner le téléphone portable, qui servira à planifier et à organiser tous les aspects du voyage, et les téléviseurs à haute définition ou les ordinateurs qui permettront une visite virtuelle (comme si l’on y était) d’une destination – images, sons, odeurs, touchers.

Secteurs d’activités

  • Aérien – La rapidité des avions et leur capacité mettront à la portée de plusieurs voyageurs des destinations qui paraissent encore lointaines. Le monde devenant plus petit et accessible, la porte s’ouvrira aux escapades long-courriers à coût abordable.
  • Hébergement – À la fine pointe de la technologie, les chambres d’hôtel permettront de combiner plaisir et travail en se transformant selon les besoins.

Clientèle et produits

  • Clientèle – On dépassera le milliard de touristes internationaux en 2010, pour atteindre 1,5 en 2020. Arrivée massive des baby-boomers à la retraite de 2010 à 2020 : ils constitueront la clientèle majeure et dicteront l’évolution de la demande – actifs, éduqués, en santé, exigeants, plus aventureux, exit le shuffleboard! En termes de marché émergent, les jeunes adultes auront le plus d’impact.
  • Destinations – Une nouvelle hiérarchie des destinations s’installera avec la montée en puissance de l’Asie et de l’Inde. Couplée à la croissance de nouvelles destinations (Qatar, Brésil, Slovaquie, etc.), la concurrence entre les pays s’accentuera. Les différents accords économiques régionaux (CEE, APEC, etc.) faciliteront les déplacements à l’intérieur des zones d’échange et le tourisme deviendra un phénomène régional plutôt que mondial.
  • Produits – Les idées les plus folles ne cesseront d’émerger. De l’aventure extrême à l’apprentissage, en passant par le silence et la relaxation, les produits devront répondre au style de vie de la clientèle. La demande de produits de qualité ne s’estompera pas.

Voir aussi: Les éléments marquants de la dernière décennie
Sources:
– Sarrasin, Bruno et Guy-Joffroy Lord. «L’évolution du tourisme international: une analyse prospective à l’horizon 2010», Téoros, automne 2003, p. 5-9.
– The Thomson Future Holiday Forum, 2004.

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Tendances

Des héros de bandes dessinées pour combattre la saleté et les graffitis, en ville

Qu’ont en commun Tintin, Spirou, Gaston Lagaffe, Lucky Luke, etc.? Ils décorent tous, à Bruxelles, capitale de la bande dessinée, de gigantesques fresques murales réparties dans toute la ville, pour le plus grand bonheur des touristes… ainsi que pour combattre la saleté et les graffitis!

Aujourd’hui, la Belgique ne compte pas moins de 650 auteurs de bandes dessinées. Certains diront, amusés, que c’est «la plus grande concentration au monde de héros de papier au kilomètre carré». Et Bruxelles, outre le fait qu’elle est la capitale de l’Europe, représente sans conteste la capitale de la bande dessinée. C’est un rôle thématique qu’elle assume d’ailleurs fort bien, avec une offre variée, comme son Centre belge de la bande dessinée et le musée Hergé.

  

Coup de pouce à la revitalisation urbaine

Mais le plus original consiste en une série de fresques murales géantes, réparties dans toute la ville. Ces peintures en trompe-l’oeil, imprimées ou peintes, masquent des bâtiments vétustes et des pans de mur dégradés par le temps. Pas moins de 27 de celles-ci décorent la ville de façon insolite.

L’idée est née en 1990 de la volonté de l’administration de la ville de Bruxelles de transformer les murs des vieilles maisons en véritables fresques colorées pour échapper aux tags et graffitis, ainsi qu’aux dépôts clandestins de déchets.

Les responsables municipaux sont d’ailleurs tout à fait enchantés de cette initiative, qui a mis un frein radical aux dépravations.

Une excursion «Parcours BD»

Ces fresques, outre leur vocation environnementale, sont aussi l’occasion d’une formidable excursion BD dans Bruxelles. On organise des circuits touristiques, à pied ou à vélo, pour faciliter leur découverte. Le Parcours BD constitue un fil conducteur pour découvrir la ville, l’histoire des quartiers et des petits cafés.

Toutes les fresques du parcours ont été réalisées par l’association Art Mural d’après un dessin original des auteurs. Elles font désormais partie du patrimoine culturel de la ville et représentent une activité touristique fort distrayante et de plus en plus populaire. Ainsi, chaque année, des quartiers renaissent.

Et Bruxelles n’a pas l’apanage de cette originalité.

La Cité de la création

Depuis 1978, l’entreprise française Cité de la création crée des oeuvres monumentales, des fresques urbaines, dans des espaces publics ou privés, au service des habitants, des touristes, des visiteurs…

Plus de 350 oeuvres variant dans leurs contenus, styles, formes et dimensions ornent à ce jour les murs de nombreuses villes en France (Lyon, Marseille, Brest, Paris, Carcassonne, etc.), mais également ailleurs dans le monde, à Barcelone, Mexico, Leipzig… et Québec.

En effet, ces «muralistes», comme ils se définissent, sont les auteurs de La Fresque des Québécois, une murale de 420 mètres carrés située au coeur du quartier historique de Québec, au pied du Château Frontenac.

Une architecture en trompe-l’oeil y présente quelques Québécois parmi les plus célèbres.

Ces créations affichent des identités culturelles, sociales ou économiques toutes différentes. Elles ont pour vocation de révéler, marquer, embellir des lieux, des quartiers, des espaces urbains ou industriels.

Ailleurs, au Canada

Des régions ont également eu recours à cette forme d’art public pour relancer leur économie. C’est le cas des villes de Chemainus et de Hope (Colombie-Britannique), de Welland (Ontario) et de Moose Jaw (Saskatchewan), où l’industrie touristique s’est faite locomotive de développement par l’intermédiaire de l’art public.

Pionnière canadienne, Chemainus a fortement influencé le mouvement muraliste canadien, dès les débuts en 1982. Jadis, cette petite ville dépendait uniquement de l’industrie du bois. Mais, à la fermeture de la scierie, la municipalité a décidé de créer le Festival of Mural Association, dont les
33 murs peints, à ce jour, attirent annuellement près d’un demi-million de visiteurs. Avec l’appui des citoyens et de gens d’affaires de la région, la localité a ainsi réussi à surmonter la crise économique et sociale.

Une idée pour le Québec?

Rappelons-nous les nombreux articles parus dans la presse l’automne dernier, dénonçant la malpropreté de la ville de Montréal. Le problème n’est pas nouveau.

L’utilité des fresques murales non plus, et à l’hiver 2003, la Commission des biens culturels du Québec (CBCQ) décidait d’étudier la question. Ce projet d’étude visait à enrichir la réflexion sur la délicate opération d’intégrer de grandes surfaces peintes dans un milieu riche de significations historiques.

L’étude relève diverses fonctions associées à la murale urbaine: support à la création artistique, objet de réinsertion sociale, outil pédagogique, outil de propagande sociale, politique ou commerciale, etc.

Mais surtout, elle définit la fresque murale comme une bonne méthode de requalification et de revitalisation urbaine. En effet, le mur peint sert à faire oublier son aspect inesthétique. Selon la CBCQ, la fresque dite «urbaine» est souvent apparue dans des lieux déstructurés par des démolitions massives ou par l’implantation d’infrastructures, comme des autoroutes.

À Québec, les projets muralistes de la Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ) représentent un bon exemple de politique d’embellissement, de réaménagement des espaces publics et de mise en lumière des monuments, afin de préparer la capitale nationale aux célébrations du 
400e anniversaire de la fondation de la ville, en 2008.

Citons par exemple, trois murales qui ont été peintes dans l’arrondissement historique du Vieux-Québec. Outre La Fresque des Québécois (1999), on peut admirer celles du Petit-Champlain (2001) et de l’Hôtel-Dieu de Québec (2003), ou encore, Les Fresques des piliers, exécutées sous l’autoroute Dufferin-Montmorency, dans le quartier Saint-Roch.

Partout, ces immenses galeries d’art à ciel ouvert font le bonheur des passants et des touristes!

Voir aussi

Brussels BD Tour
Parcours BD
La Cité de la création

Sources:
– Commission des biens culturels du Québec. «La murale urbaine: pratique et fonctions», 2004 [www.cbcq.gouv.qc.ca/murale.html].
– Québec urbain. «Un cri du coeur pour la mise en valeur des fresques publicitaires de Québec», 22 mai 2003.
– Rowe, Percy. «Une galerie d’art à ciel ouvert», Go Media Canada, 12 avril 2003.

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L’hôtel « boutique », à l’opposé de la chaîne hôtelière

Stylisé, branché, unique, innovateur, chic, harmonieux, thématique, original, urbain, tendance, exceptionnel, intime, luxueux, éclectique… Autant de qualificatifs qui collent à l’hôtel «boutique». Qu’est-ce qu’un véritable hôtel «boutique»?

Une tentative de définition

Émergeant au cours des années 1980 à New York, le marché de niche des hôtels «boutique» a connu un véritable boom à la fin des années 1990. Ce type d’hôtel comble la place laissée inoccupée par la standardisation des grandes chaînes hôtelières. À l’opposé de ces dernières, chaque établissement développe un style unique basé sur un concept et une personnalité qui lui sont propres.

On parle souvent de feeling quand on veut décrire les hôtels «boutique», mais le concept se définit principalement par :

  • la localisation urbaine – principalement situés dans les grandes villes et dans des quartiers dynamiques et branchés;
  • l’architecture et le design – architecture unique, design recherché et souvent articulé autour de thématiques, souci du détail, décor offrant atmosphère et sentiment d’intimité;
  • le service personnalisé – facteur important de différenciation, anticipation des besoins, le client devient un invité.

Les milieux de villégiature offrant exotisme, éloignement, intimité et intégration de la culture locale présentent un intérêt grandissant.

À Montréal, Le Germain est sans contredit l’hôtel «boutique» type. Le Vieux-Montréal est devenu une zone où ce marché se développe de plus en plus. Occupant un segment haut de gamme, ces hôtels ont désormais fait leur niche. Ils atteignent souvent des taux d’occupation supérieurs de 10 à 15% à la moyenne des établissements hôteliers. Leur marché est constitué de voyageurs d’affaires, dont plusieurs femmes, d’une clientèle branchée et de baby-boomers. Certains associent leur clientèle au lifestyle plus qu’à toute autre caractéristique sociodémographique. Pour ces hôteliers principalement indépendants, le bouche à oreille devient un facteur critique de publicité. Certains hôtels se tournent vers les chaînes volontaires pour optimiser leur commercialisation.

Un débat autour du nombre de chambres

Le nombre de 150 chambres semble être la limite acceptable pour les hôtels «boutique». Selon certains, le concept de service personnalisé et le caractère d’intimité recherchés dans ce type d’hôtel ne peuvent prendre tout leur sens que dans un établissement de faible capacité. Par opposition, d’autres affirment que la quantité n’entre pas en ligne de compte et qu’au-delà du service personnalisé, le design et l’atmosphère théâtrale (architecture, design, couleurs, éclairage, musique, art) font partie intégrante du concept.

Le succès de ce segment a évidemment un impact sur les chaînes hôtelières, qui adoptent elles aussi la formule. Devant ce phénomène grandissant, plusieurs sont perplexes: le concept de l’hôtel «boutique» n’est-il pas le contraire de la chaîne?

Du recherché au «branché», du chic au «griffé»

Il y a non seulement augmentation notable de grands hôtels dans ce créneau, mais la notion de design a éclaté dans tous les sens. Les designers rivalisent d’ingéniosité pour impressionner, surprendre ou séduire la clientèle. D’un design recherché, on passe au design branché. On veut attirer la clientèle avec le Wow et le Buzz. Pour paraphraser Don MacLaurin, professeur associé de l’Université de Guelph, ces établissements engagent du personnel qui semble sortir directement d’un magazine de mode. On verse dans l’ère du You are where you sleep. Suivant un même courant, le segment des hôtels de luxe se tourne vers les grands créateurs de mode, Armani et autres, pour renouveler son image et se démarquer.

Créneau saturé ou voué au déclin?

On constate que «hôtel boutique» est devenu un buzz word et que les puristes ont tout lieu de s’en indigner. Avec l’arrivée des chaînes hôtelières et des hôtels sous le signe de la surenchère du design, on peut parler d’éclatement de ce segment. Selon certains, ce créneau est difficilement viable car le très branché, on s’en lasse! L’effet mode étant voué au changement, l’engouement s’estompe et il faut alors se renouveler. La barre étant toujours de plus en plus haute, un défi grandissant se pose pour les designers et il devient très coûteux de suivre l’évolution des modes.

La vision que la clientèle a d’un hôtel a beaucoup évolué depuis les dernières années et il n’est pas faux de dire que le choix de l’hôtel reflète la personnalité du client. L’hôtel «boutique» dans son essence même n’est pas un produit créé pour suivre une tendance ou une mode, il a été créé pour répondre à un besoin. Il ne faut pas abandonner l’idée d’être différent, mais il faut surtout miser sur la qualité du produit – les gens veulent somme toute une chambre confortable – de même que sur un service personnalisé et irréprochable.

Sources :
– Anhar, Lucienne. «The Definition of Boutique Hotels», HVS International, 13 décembre 2001.
– Binkley, Christina. «Travelers Bypass Boutique Hotels – Quirky Accomodations Are Passe in Era of Restraint ; Schrager Rethinks Recipe», Wall Street Journal, 27 février 2002.
– Nobles, Harry, et Thompson, Cheryl. «What Is a Boutique Hotel?», [www.hotel-online.com], septembre 2001.
– Sheridan, Mike. «You are where you sleep», National Real Estate Investor, 1er mai 2001.
– Swig, Rick. «News of Boutiques? Demise is Greatly Exaggerated», [www.hotel-online.com], mai 2002.