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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Faire visiter «autrement»!

Nous l’avons déjà dit, la quête d’authenticité s’inscrit comme une tendance lourde. Outre les attraits naturels majeurs et les incontournables, les voyageurs, en visitant un pays, veulent découvrir une autre culture, connaître les façons de vivre des gens de la place. Dans cette perspective, le tourisme rural se prête bien à cet esprit de proximité, mais les grandes villes peuvent y voir un moyen de diversifier leur offre et de fidéliser les visiteurs. Des entreprises ont compris cela et offrent aux touristes la chance de vivre des expériences uniques auprès de la population locale.

Hors des sentiers battus… une planche de salut!

Découvrir le «Paris des Parisiens» et l’âme des quartiers, valoriser l’histoire et la culture populaire d’une ville, manger des mets traditionnels dans une famille, bénéficier d’une visite guidée par des gens de la place et fréquenter des endroits où la population locale a l’habitude d’aller, faire une activité organisée par et avec des gens de la région, être hébergé par eux, etc. Quoi de mieux pour offrir au voyageur cette forme d’interactivité qu’il recherche! (Lire aussi: Les touristes à la recherche d’authenticité, mais que veulent-ils au juste?)

En marge des circuits organisés et des itinéraires classiques se développe une offre parallèle de produits qui s’adresse aux petits groupes ou aux voyageurs solitaires à la recherche d’inédit et de contact avec la population visitée. Dans cette foulée, la diversification de l’offre par des produits authentiques fait partie de la stratégie retenue par la ville de Paris.

Des gens fiers de leur quartier

Des services tels que Meet the Danes, Like-a-local, Global Greeters, la Fédération Stattreisen et Belleville insolite, émergent un peu partout. Ils permettent de mettre en contact la population locale et les voyageurs afin de faire découvrir à ces derniers un coin de pays. Différentes formules, gratuites et payantes, prennent forme, allant du bénévolat aux services personnalisés.

Meet the Danes (au Danemark) permet aux touristes de partager le repas traditionnel d’une famille danoise dans un cadre familial et convivial. Cette entreprise s’occupe de trouver une famille qui a les mêmes âges et les mêmes intérêts que ceux des visiteurs.

Repas, hébergement et visites font partie des expériences uniques de Like-a-local. Cette organisation étend ses activités aux Pays-Bas, à la Belgique, au Portugal, à l’Espagne et à la Suède. Que ce soit pour faire du magasinage à Stockholm, pour découvrir l’ancienne et la nouvelle ville de Lisbonne, pour goûter à la vie nocturne de Porto, pour déguster des «pinchos & tapas» à Madrid ou pour expérimenter un séjour sur un house-boat à Amsterdam, il y a de quoi piquer la curiosité de tous les voyageurs.

Les organismes associés à Global Greeters – Toronto, Fairbanks (Alaska), Melbourne et Adélaïde (Australie), Buenos Aires (Argentine), New York, Houston, Chicago – offrent un service gratuit de guides bénévoles (en différentes langues) afin de faire visiter la ville «autrement». Des amoureux de leur ville, de tous âges et de différents milieux, la font découvrir aux étrangers et deviennent une mine de renseignements pour eux.

En Allemagne, l’offre touristique de la Fédération Stattreisen (qui peut se traduire par voyager autrement) respecte des pratiques de développement durable et de tourisme doux, dont les normes de qualité sont très strictes. Cette fédération compte 19 associations dans 23 villes allemandes et deux autres villes européennes (Bruxelles et Berne). Leurs circuits se concentrent sur la découverte de la ville et de ses quartiers en dehors des îlots touristiques. On y jumelle des rencontres avec les habitants et une vision qui permet de comprendre l’évolution de la ville à travers son histoire, sa politique et ses aspects sociaux. Des aspects insolites et méconnus viennent compléter le tableau.

À Paris, Belleville insolite commence à faire école en matière de tourisme solidaire; l’organisation et ses programmes ne correspondent pas à la démarche classique des circuits touristiques. Les jeunes accompagnateurs, pour la plupart en insertion professionnelle, font découvrir des attraits de ce quartier parisien, entres autres: «Belleville, ses tags, son marché et ses calalous de crabe…». Plusieurs autres volets ont été développés, dont certains ciblent les nouveaux occupants qui arrivent dans le quartier, les personnes âgées ou les chômeurs.

Et si l’on échangeait nos… maisons!

Au-delà des économies réalisées, les échanges de maisons représentent une autre forme qui répond aux besoins des gens en quête d’authenticité. Habiter une maison d’un pays différent, acheter dans les commerces locaux, vivre au même rythme que les gens côtoyés, faire des rencontres fortuites, demander des conseils aux voisins, etc. sont des éléments qui donnent au touriste le sentiment de s’imprégner de la culture du pays.

L’avènement d’Internet a contribué à donner une impulsion à ce mouvement. Des sites comme HomeLink International regroupent 13 500 membres dans 69 pays, tandis que HomeExchange (association avec TrocMaison) s’enorgueillit de ses 9000 membres répartis dans 85 pays.

Faire découvrir sa culture locale

Cela débute par un petit chocolat de la confiserie locale sur l’oreiller du visiteur, par du mobilier qui reflète la culture du pays, par un B&B qui offre au touriste de partager le repas d’une famille, par une soirée organisée qui convie le visiteur à entrer dans la danse, par un circuit de visites inédites, par un rallye qui invite les touristes à découvrir des lieux nouveaux, à entrer dans les commerces et à interroger la population…

En outre, la participation de la population locale contribue à bonifier l’accueil que l’on réserve aux visiteurs et à atténuer les irritants que cause parfois l’affluence touristique.

Voir aussi

www.meetthedanes.dk
www.like-a-local.com
www.adelaidegreeters.asn.au/
www.homelink.org
www.homeexchange.com
www.trocmaison.com
www.echangedemaison.com

Sources:
– Gaboury, Louise. «Des résidants font découvrir leur ville aux touristes», La Presse, 8 avril 2006.
– Holm, Olaf. «De Paris à Berlin, de Bruxelles à New York – Visiter «autrement» les villes du monde», Cahier Espaces, no 78, juillet 2003, p. 134-143.
– Springwise. «Cultural Exchange for a Day», Springwise Newsletter, 2 mai 2006.

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Redonner le canal aux riverains et aux touristes: les cas de Lachine et de Willebroeck

À Lachine (arrondissement montréalais) comme à Bruxelles (capitale de la Belgique), une voie navigable a fait jadis les beaux jours du commerce. Abandonnées, inexploitées, délabrées et polluées, toutes deux tentent un imposant programme de revitalisation et de réaménagement. Voyez comment certains décideurs ont entrepris de jouer la carte récréotouristique, dans des projets de développement durable, à vocation tant sociale que résidentielle.

Le 1er mars dernier, lors de la conférence FORUM URBA 2015, tenue à l’UQAM, le Réseau de veille en Tourisme assistait à une présentation sur la «revitalisation du canal de Lachine et ses effets d’entraînement sur Montréal et la région métropolitaine».

Ouvert en 1825, le canal de Lachine, long de 14 km et parsemé d’écluses, traverse quatre arrondissements montréalais (Verdun, Sud-Ouest, Lachine et LaSalle) sur une dénivellation de 14 mètres.

Le canal connut une intense activité jusqu’en 1959 et fut le berceau de nombreuses industries qui, après cette date, fermèrent leurs portes les unes après les autres, transformant le canal en une zone délabrée et plutôt insalubre.

Ce n’est que dans les années 1970 que certains élus municipaux y ont vu le potentiel récréotouristique non négligeable et qu’ils ont décidé d’entreprendre sa revitalisation. Et il fallut attendre deux décennies, soit jusqu’en 1996, pour que le lancement du projet intermunicipal de développement nautique, connu sous le vo­cable du «Grand Montréal Bleu», voie le jour.

Depuis 2002, après un travail colossal de réaménagement des berges et des quais, d’assainissement des eaux, de réfection des écluses, etc., le canal est rouvert à la navigation. De nombreux randonneurs, cyclistes et amateurs de patins à roulettes parcourent désormais la piste cyclable qui longe ses berges.

Les Croisières canal de Lachine proposent, au départ du quai du marché Atwater et sur un parcours de près de 2 heures, une visite nautique guidée à la découverte des berges, des écluses, des bâtiments et des industries d’hier et d’aujourd’hui.

En 2005, le canal de Lachine fêtait son 180e anniversaire. À cette occasion, diverses manifestations culturelles s’y sont déroulées.

Grande similitude avec le canal de Willebroek

Cette conférence a attiré notre attention sur une réalisation fort semblable: celle du canal de Willebroeck, en Belgique. À bien des égards, le canal de Willebroek ressemble à celui de Lachine. C’est une voie navigable qui relie la capitale au port d’Anvers. Construit dans les années 1550 et en opération jusqu’en 1907, il servait à faciliter le commerce par voie terrestre, ce qui contribua largement à l’essor économique de la région.

Long de 28 kilomètres, ce canal est doté de quatre écluses avec une dénivellation identique à celle du canal de Lachine. Il débouche, outre dans le port de Bruxelles, sur de nombreux bassins destinés au déchargement de marchandises.

Cette voie navigable était bordée d’industries qui utilisaient l’eau comme matière première ou force motrice, comme des blanchisseries, des brasseries, des filatures de coton, des moulins à eau, etc.

Après avoir connu des hauts et des bas, la pollution industrielle, après avoir été recouvert à certains endroits pour faire place à de grands boulevards, la Ville de Bruxelles a décidé, dans un grand vent de revitalisation écologique, de faire revivre ses plans d’eaux. C’est ainsi qu’est né le projet du «maillage bleu».

Pour redonner vie aux berges et s’appuyant sur les Plans particuliers d’affectation du sol (PPAS), le conseil communal de Bruxelles-Ville a travaillé au développement et à l’aménagement de certaines zones portuaires. À de nombreux endroits, la ville a tenté, dès lors, de se réapproprier des terrains en friche pour l’aménagement d’ensembles mixtes: bureaux, logements résidentiels et sociaux, restaurants, espaces verts, etc., le tout relié par le réseau de transports en commun.

Si bien qu’aujourd’hui, en plein centre-ville, le canal dégage une atmosphère touristique spectaculaire. Ce nouvel attrait a séduit des commerces branchés qui s’y sont implantés rapidement (designers de mode, antiquaires, etc.). Et l’on ne compte plus les nombreuses activités, comme des ballades en bateau, la découverte de galeries d’art, l’éclosion de petits marchés typiques (marchés aux fleurs, aux poissons, aux puces, bouquinistes, etc.), qui ont fleuri le long de l’eau.

La Fonderie (Centre d’histoire économique et sociale de la Région bruxelloise) y organise des parcours touristiques, à pied ou en bateau, permettant la découverte des écluses, des ponts levants, de différents quais (dont certains sont toujours en activité), ainsi que du patrimoine architectural et industriel encore présent de nos jours. Y sont aussi proposées des croisières spécialisées, dont une pour les enfants de 6 à 12 ans, intitulée Les moussaillons lèvent l’ancre, qui raconte l’histoire du port et du canal en dessins et en photos.

Aussi, plusieurs appontements sur le canal permettent la pratique de sports nautiques. Le canal est également le lieu de régates en kayak.

Côté architectural, la rénovation de certains quartiers fort délabrés bordant les berges est encore à venir, mais, d’ores et déjà, la réfection des bâtiments va bon train, certains immeubles servant de modèles. Les projets immobiliers y poussent comme des champignons, que ce soit pour faire place à des logements sociaux ou à des édifices de luxe.

Importance du développement riverain au Québec

Le développement riverain est un sujetde préoccupations au Québec. À preuve, le 21 février dernier à Valleyfield, le tourisme nautique était au centre d’un important forum organisé par la Régie intermunicipale du canal Soulanges. Plus de 200 représentants d’organismes associés au tourisme nautique s’y sont réunis pour discuter d’une quinzaine de projets de développement riverains qui représenteraient des investissements de centaines de millions de dollars pour le Québec, dont ceux touchant le vieux canal de Beauharnois, le canal Soulanges, mais aussi le canal Galop de Cornwall, le Réseau bleu de Montréal, le développement Lakes to Locks Passage de l’État de New York, la Société du Havre, le port de plaisance de Lachine, le Vieux-Port de Montréal, le Yacht Club de Montréal et le projet portuaire de Sorel-Tracy.

Le tourisme nautique à Montréal

Le tourisme nautique, à Montréal comme partout ailleurs, s’insère globalement au sein de l’industrie récréotouristique. En effet, bien que les plaisanciers se déplacent selon un mode de transport spécifique, ils n’en demeurent pas moins intéressés par les attraits géographiques, historiques, culturels, gastronomiques, offerts tout au long des régions parcourues.

Cependant, quand on étudie la capacité de l’offre et de la demande en matière de clientèle nautique que l’on pourrait potentiellement attirer, il ne faut pas faire l’erreur, commise trop régulièrement, d’inclure une clientèle potentielle trop large.

En effet, en conférence, Paul-Émile Cadorette (Parcs Canada) affirmait que, selon certaines études et contre toutes attentes, la majorité des touristes nautiques de plaisance n’ont guère tendance à s’éloigner de leur marina de plus de 5 kilomètres! C’est un pensez-y bien!

Si le sujet vous intéresse, voir aussi:

Montréal, futur havre de plaisance pour les touristes, travailleurs et riverains
Tourisme nautique: la carte cachée des régions

Voir aussi

Le Port de Bruxelles
Le Canal de Lachine

Sources:

– Conférence FORUM URBA 2015. «La revitalisation du Canal Lachine et ses effets d’entraînement sur Montréal et la région métropolitaine», UQAM, 1er mars 2006.
– Lévesque, Solange. «La nouvelle vie du canal de Lachine», Le Devoir, 12 août 2005.
– Lhuillier, Vanessa. «Bruxelles l’industrielle se révèle au fil de l’eau», Le Soir, 20 août 2005.
– Pitre, Mario. «Le canal Soulanges, un élément-clé du développement riverain au Québec», Le Soleil de Valleyfield, 25 février 2006.
– Voogt, Fabrice. «Le Willebroeck poursuit sa mue», Le Soir, 23 novembre 2005.

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Les événements ont la vie dure!

La notoriété du Québec en matière de festivals et d’événements est indéniable. Mais les organisateurs sont toujours engagés dans le cercle vicieux de la recherche de financement et se retrouvent constamment sur la corde raide. Il semble que toutes les destinations soient aussi confrontées à cette réalité. Le rayonnement positif des festivals et des événements s’avère incontestable. Dynamisation du milieu de vie, apports économiques, sociaux et culturels, de même qu’attractivité touristique d’une destination en constituent les principales retombées. Dans cette optique, ces manifestations justifient la contribution de fonds publics.

De tels événements contribuent aussi à diversifier l’offre touristique, à contrer la saisonnalité et à devenir une source de différenciation face aux autres destinations. Ils servent également à dépeindre la culture d’une région et à établir un contact avec la population locale, éléments structurants de l’expérience touristique.

Positionnement du Québec

Du célèbre «Festival International de Jazz de Montréal» à «Percu-Phonie le Festival Mondial des Percussions» (Saint-Mathias-sur-Richelieu), en passant par le «Festival Gigue en Fête» (Sainte-Marie de Beauce), le Québec compte des centaines de festivals et d’événements aux formes et aux thématiques variées. Chef de file en la matière, il fait l’envie et sert de modèle à plusieurs grandes destinations. Originalité, capacité d’innover et côté festif caractérisent et distinguent les événements québécois. Plusieurs villes étrangères aspirent à imiter le Québec, entre autres en fermant de grandes artères urbaines pour y tenir leurs événements.

En raison de sa notoriété internationale et de son avantage distinctif dans ce domaine, le Québec possède une longueur d’avance par rapport aux autres destinations. Toutefois, il entre dans une phase de maturité et de consolidation, tandis qu’ailleurs on observe une croissance des festivals et des événements, tant en ce qui concerne leur nombre que leur envergure et leur rayonnement. Les destinations s’empressent d’utiliser les manifestations comme composantes de leurs stratégies de positionnement et de mise en marché.

Les statistiques se raffinent

La majorité des organisateurs se complaisent à diffuser des statistiques sur le nombre de visiteurs ou de personnes ayant assisté à un événement, alors qu’il serait plus juste d’utiliser le terme visite. En effet, visiteurs et visites n’ont pas le même impact sur les dépenses.

C’est ainsi que la notion d’indice de pertinence a été introduite, depuis quelques années, afin de mieux évaluer les retombées économiques liées à une attraction touristique et d’en déterminer l’importance.

Exprimé en pourcentage, cet indice est évalué en fonction de la motivation du visiteur. Un facteur de pondération s’applique si l’attraction ne constitue pas le seul but de la visite, si elle a exigé une modification des plans de voyage, etc. Les retombées économiques qui découlent de l’événement sont ainsi calculées en fonction du pourcentage de l’indice obtenu.

Le Regroupement des Événements Majeurs Internationaux (RÉMI), qui réunit une vingtaine des principaux événements québécois (25 000 spectateurs – billetterie – ou 200 000 visiteurs – site ouvert) dans les domaines de la culture, du sport et du divertissement, utilise un indice de pertinence. Voici quelques données compilées à partir de 21 festivals tenus au Québec en 2004:

  • ces événements ont accueilli 12,9 millions de personnes – participants locaux (71,5%), régionaux (18,4%) et étrangers (10,1%);
  • les dépenses totales de l’ensemble des visiteurs pondérées par l’indice de pertinence (81% pour les visiteurs régionaux et 63% pour les visiteurs étrangers) ont atteint 471,6 millions $. Les visiteurs régionaux ont dépensé en moyenne 571$ et les visiteurs étrangers 1646$;
  • les retombées économiques se sont traduites par 8136 emplois et 71,4 millions $ de revenus de fiscalité et de parafiscalité pour le gouvernement provincial et 49,5 millions pour le fédéral.
  • les 18 festivals et événements qui avaient été étudiés en 2001 ont enregistré une augmentation de 25% des participants.

Des structures organisationnelles traditionnelles

Les organisateurs des festivals et des événements sont majoritairement des organismes à but non lucratif (OBNL). Des entreprises privées telles que L’Équipe Spectra ou Le Groupe Rozon se distinguent des structures traditionnelles rencontrées ailleurs au Québec et à l’étranger dans la mesure où, après avoir mis sur pied des sociétés sans but lucratif pour chapeauter un événement, elles en assurent ensuite l’organisation. Toutefois, en Suisse romande, OPUS ONE s’apparente à ces deux sociétés québécoises.

Dans plusieurs endroits, ce sont les pouvoirs publics municipaux ou régionaux qui organisent les événements, comme la «Féria de Nîmes» en France, le «Mayor’s Office of Special Events» de Chicago (neuf événements), de même que le «Bal de neige» et le «Festival des tulipes» dans la région de la Capitale nationale. D’autres villes apportent leur soutien en coordonnant l’aide ou en octroyant des subventions. Au Québec, c’est l’inverse qui se produit: les structures publiques tendent à disparaître au profit de structures autonomes, comme dans le cas du «Festival de montgolfières» de Gatineau.

Le financement, un casse-tête perpétuel

La structure de financement diffère d’un événement à l’autre. Type d’activités, localisation géographique, historique de l’événement, taille, rayonnement et achalandage sont autant de critères qui peuvent moduler le financement.

Les graphiques 1 et 2 présentent quelques études qui permettent de brosser le portrait de la structure moyenne de financement de certains festivals:

  • RÉMI – En 2003, le chiffre d’affaires des membres du RÉMI atteignait 120,3 millions $.
  • MAMM – Bilan 1999-2002 du Fonds de développement de la Métropole, soutien aux festivals et aux autres manifestations touristiques, Ministère des Affaires municipales et Métropole, décembre 2002.
  • OCCQ – Rapport d’enquête sur 32 festivals et événements culturels du Québec, Observatoire de la culture et des communications du Québec, 2000-2001.

Le graphique 2 détaille les différents paliers de l’aide publique présentée au graphique 1. Dans les trois rapports, on observe que le gouvernement provincial (y compris les trois grandes sociétés d’État, Loto-Québec, Société des alcools du Québec et Hydro-Québec), demeure le principal bailleur de fonds.

L’étude du MAMM révélait que les festivals et les événements liés aux arts de la scène et au sport récréatif généraient les niveaux de revenus de commandites les plus élevés. La perte de la commandite du tabac et du programme fédéral de commandites (estimée à 30 millions $ en 2003-2004, soit une diminution de plus de 50% du budget dédié au secteur par rapport à 2001-2002), la fermeture de la Société des événements majeurs internationaux du Québec (SÉMIQ) et plusieurs autres facteurs ont eu un effet déterminant sur le financement de ce secteur d’activités.

Les deux principaux constats sont:

  • le financement est rarement récurrent;
  • l’engagement des partenaires est souvent de courte durée.

Aussi, la recherche de financement devient-elle la principale source d’occupation et de préoccupation des organisateurs.

Certains événements réussissent à accomplir des prouesses en matière de financement

Certains festivals, comme le «Rodéo du Camion» et le «Festival de Saint-Tite», retournent à la communauté les surplus dégagés par la tenue de leur événement. Le «Rodéo du Camion» a réussi un tel tour de force en basant une partie de son financement sur un système de loterie.

Le «Paléo Festival Nyon» (musique et arts du cirque), en Suisse, évolue sans financement public grâce à des milliers de collaborateurs bénévoles ainsi qu’à quelque 40 clubs (sportifs, entre autres). La vente de billets, les revenus de commandites et les ventes sur le site permettent de boucler le budget (évalué à 16,2 millions de francs suisses en 2004).

Le «Birkenbeiner» aux États-Unis, prestigieux marathon de ski de fond en Amérique du Nord, réussit lui aussi à survivre sans fonds publics grâce à la collaboration de quelque 2000 bénévoles. Attirant plus de 8000 participants en provenance du monde entier, les frais d’inscription (variant de 5$ à 120$US) contribuent à financer 67% du budget total auquel s’ajoutent 25% de financement privé et 8% de frais d’adhésion à la fondation et de donations.

Autres destinations, mêmes problèmes

Avec plus de 3000 festivals, la situation du financement public en Ontario semble plus difficile qu’au Québec. (Lire aussi: Financement des festivals, la quête de la stabilité.) Les administrations municipales subventionnent davantage les événements de grande envergure et le palier fédéral se concentre sur les plus petits.

Au Canada, le gouvernement fédéral accordait près de 65 millions $ de subventions aux organisateurs canadiens en 2000-2001 et le Québec récoltait plus de la moitié (56,7%) de ces sommes.

Le modèle américain est plutôt limité en matière d’intervention publique (moins de 10% des revenus) et privilégie souvent les activités de nature culturelle. Le secteur privé (commandites, mécénat et fondations) s’avère le principal bailleur de fonds des festivals et des événements. Le palier municipal s’implique souvent en soutenant la promotion et va même jusqu’à produire des événements.

Le modèle français bénéficie d’une aide publique relativement structurante (quelque 50% du budget des festivals). Dans le mouvement de décentralisation qu’a connu la France, le financement et les responsabilités se sont déplacés vers les instances régionales et locales. Les organisations responsables du tourisme s’impliquent plus dans les activités de promotion que de financement. Afin de stimuler les partenariats et de diversifier les sources de revenus, la France a instauré des taxes dédiées et encourage le mécénat par le biais de mesures fiscales.

Quant au modèle anglo-saxon (Royaume-Uni, Australie et Canada), l’aide publique y reste très présente (30% à 50%). Elle provient principalement du niveau intermédiaire (provinces) et on relève plusieurs sources de financement possibles. Au Royaume-Uni, le palier local assume aussi une grande part. Les instances touristiques et culturelles interviennent tant sur le plan promotionnel que financier par l’octroi de subventions. Par ailleurs, on observe une tendance à la mise en place de structures ou de programmes consacrés au secteur des festivals et des événements. C’est le cas en Australie avec le Tourism Events Australia (au niveau de l’État central) et en Ontario où le ministère du Tourisme a mis en place des programmes dédiés au secteur. Les fonds de dotation – forme de fonds d’investissement à long terme de sommes données par des bienfaiteurs -, encore inexistants au Québec, prennent une importance grandissante.

Les États-Unis et la Suisse utilisent la taxe sur l’hébergement pour financer les festivals et les événements.

Une concurrence accrue

La croissance du nombre d’événements accentue la concurrence non seulement entre les festivals d’une même zone géographique, mais entre les différentes destinations, comme c’est le cas entre Montréal et Toronto avec leur festival sur le cinéma. Ces rivalités obligent les organisateurs à se démarquer, à assurer une programmation originale, voire exclusive, où dimensions artistique et commerciale doivent cohabiter, de même qu’à augmenter le financement auprès de partenaires déjà «sursollicités».

Le besoin constant de hausser les recettes oblige les responsables à développer de nouvelles activités et produits dérivés. C’est le cas notamment pour de grandes manifestations sportives telles que le «Grand Prix de Montréal» et les «Internationaux de tennis» où l’on a opté pour un volet culturel afin d’ajouter à l’attrait et d’accroître les retombées.

Tendances et conclusions

Voici les principaux éléments qui ressortent de l’étude produite par la Chaire de Tourisme sur le benchmarking des expériences étrangères dans le domaine des festivals et des événements:

  • des structures de financement variées;
  • une aide publique représentant généralement une part importante du budget;
  • une décentralisation de l’intervention publique;
  • de nombreuses sources possibles de financement public;
  • une volonté de certaines instances de structurer leur intervention dans le secteur;
  • une part de financement public en diminution pour les festivals et les événements de grande envergure;
  • peu d’exigences contraignantes au financement public;
  • de nouvelles formes de financement en développement;
  • des éléments attractifs de premier plan pour de nombreuses destinations.

Sources:
– Archambault, Michel. «L’impact de la trame événementielle comme élément de notoriété: le cas du Québec», discours prononcé à Juan les Pins en France lors du colloque international L’évaluation de l’événementiel touristique, 8 décembre 2005.
– Chaire de Tourisme. «Analyse de l’environnement externe (benchmarking) des expériences étrangères dans le domaine des festivals et événements», étude non publique, décembre 2004, 112 p.
– Festival Gigue en Fête. [www.gigueenfete.com].
– Morin, Christian. «Étude sur les retombées économiques de l’Industrie des attractions touristiques du Québec», Woods Stratégies Inc. pour la Société des Attractions touristiques du Québec, 2004, 55 p.
– Regroupement des Événements Majeurs Internationaux (RÉMI). [www.remi.qc.ca].
– Rodéo du camion. [www.elrodeo.com].

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Tendances Tourisme durable

Les touristes à la recherche d’authenticité, mais que veulent-ils au juste?

La quête d’authenticité s’inscrit comme une tendance lourde dans la demande touristique car les voyageurs recherchent «une expérience à part, de celles qui font le monde si divers et vivant». Québec n’est pas Venise, les Inuits se distinguent des Aborigènes d’Australie et la cabane à sucre n’a rien à voir avec la traditionnelle raclette dans un chalet suisse. Avec le mouvement du tourisme durable, l’authenticité occupe le devant de la scène, mais elle suscite aussi de multiples questions.

Tout comme l’écotourisme, le concept d’expérience et le tourisme d’apprentissage, la notion d’authenticité laisse le champ libre à de multiples interprétations… selon le point de vue du touriste ou la récupération du terme par le voyagiste et le stratège du marketing.

De la théorie…

L’authenticité représente ce qui est conforme à la vérité, à l’original. Ses antonymes, fausseté et imitation, permettent de mieux cerner sa signification.

L’authenticité en tourisme, c’est:

  • la quête d’un monde différent
  • ce qui représente l’expression identitaire d’une population, d’un peuple
  • ce qui gravite autour des coutumes et des traditions _ faire connaître ses différences et offrir une vitrine sur sa culture, son patrimoine, son histoire, sur ce qui modèle l’identité d’une destination
  • ce qui permet de contrer la mondialisation et la standardisation qui en découle _ aujourd’hui, les plages, les palmiers et les hôtels se ressemblent
  • quand la découverte nous amène là où le modernisme n’a pas encore envahi un coin de pays et modifié les façons de faire et de vivre
  • ce qui rime aussi avec valeur ajoutée et qualité de l’expérience

En outre, pour faire le lien entre authenticité et tourisme durable, il n’y a qu’un pas. C’est un concept qui s’inscrit «de façon naturelle» dans un tel mouvement.

La quête de l’authenticité reflète un besoin du touriste urbain occidental. Ce dernier recherche en effet le contraste avec la vie quotidienne, la différence, la nouveauté, l’évasion. Il veut vivre de nouvelles expériences et avoir la sensation d’être là où se situe le vrai, l’original, de pouvoir dire «qu’il y était». À titre d’exemple, même si le voyageur japonais peut se procurer aisément le vêtement d’un grand couturier parisien à Tokyo, le fait de l’avoir acheté à Paris où le couturier a pignon sur rue revêt une tout autre signification.

L’authenticité peut se mesurer selon l’échelle de valeurs du touriste lui-même, lorsqu’il revient à la maison avec l’impression d’avoir été dépaysé ou de mieux comprendre le coin de pays qu’il a visité et son évolution ou encore d’avoir établi un contact avec la population locale.

… à la pratique

La richesse d’une destination réside dans son caractère authentique. Pas besoin des pyramides d’Égypte; chaque collectivité possède une histoire et une culture uniques. Il s’agit d’en faire la mise en scène pour le bénéfice du touriste, par exemple:

  • l’introduction de la cabane à sucre ou de la pêche sur la glace dans un circuit de visites
  • une simple randonnée en forêt qui, guidée par un autochtone, prend une tout autre connotation
  • une soirée où l’on raconte les contes et légendes de la région
  • les économusées qui mettent en valeur les métiers et les savoir-faire traditionnels
  • le tourisme autochtone avec ses manifestations culturelles, sa cuisine et son artisanat
  • les couleurs automnales et un bon repas cuisiné avec des produits régionaux
  • des souvenirs fabriqués par des artisans locaux et la possibilité de les rencontrer
  • la découverte de la migration des oies blanches ou l’observation des baleines
  • simplement le voyageur qui, au détour d’une randonnée, tombe sur une fête locale et côtoie la population.

… à l’ambiguïté

Viviane Hamon, consultante et chargée de cours à l’Institut Universitaire Professionnalisé (IUP) Métiers de la montagne (Gap, dép. des Hautes-Alpes), cite, dans la revue Espaces, l’exemple de la culture de la lavande dans un village de Haute-Provence où toute la production est mécanisée et où le gaz propane remplace la paille dans la distillation du produit, alors que l’image touristique renvoie à celle de gens en costume provençal coupant la lavande à la faucille. Lors de la Fête de la lavande, on ressort un vieil alambic en cuivre et des charrettes, les gens se costument et vendent leurs produits. L’authenticité recherchée par le touriste fait fi de l’activité économique et même du cycle naturel des saisons; il recherche en novembre une distillerie active, alors qu’elles ont toutes déjà terminé leurs activités.

Peut-on s’insurger contre une telle pratique et crier à la fausse représentation?

De même, en ce qui a trait aux souvenirs, on se demande si le fait que l’artisan adapte souvent sa production aux goûts des touristes doive être considéré comme un processus normal ou si l’on doit y voir une menace à l’authenticité du produit.

La fabrication artificielle d’une offre touristique où l’on invente un monde ou encore où l’on reproduit certains attraits d’une autre destination s’oppose à l’authenticité. Pourquoi alors Walt Disney World et Las Vegas sont-ils si populaires et surpassent-ils même le nombre de touristes qu’un pays tout entier peut accueillir? Pourquoi plusieurs destinations, comme Dubaï, se lancent-elles dans la surenchère et la démesure? Ces mondes «fabriqués» constituent un autre type de représentation d’une tendance actuelle.
 
Qui détient la capacité légitime de définir l’authenticité d’un produit? Le voyagiste modèle l’offre à partir de la demande et le stratège reprend les arguments publicitaires qui répondent aux attentes du touriste.

Lors de son allocution au premier Sommet mondial du tourisme en 1999 à Chamonix, Étienne Pauchant, alors chargé du marketing et du développement à IPK International, résumait l’importance de l’authenticité dans le tourisme durable en quelques mots: l’authenticité ou le tourisme «bien fait».

Sources:
– Etienne PAUCHANT. «La part de l’authenticité dans le tourisme durable», 1er Sommet mondial du tourisme, Chamonix, décembre 1999.
– Hamon, Viviane. «Authenticité, tourisme durable et marketing», Espaces 228, juillet-août 2005, p. 42-56.

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Tourisme durable Transport

Les projets de train léger sur rail prennent de la vitesse

Avec le lancement du nouveau plan de développement de la Ville de Montréal (Cap sur le monde – Vision 2025), le projet d’aménagement d’un train léger sur rail (SLR) revient aussi sur la table. Doux rêve et voeu pieux ou projet réaliste? Pour qui? Pourquoi? Et quelles sont les expériences internationales en matière de «transport durable»?

Depuis de nombreuses années, la Ville de Montréal étudie la possibilité d’aménager plusieurs lignes de trains légers sur rails sur les territoires de la CUM et de la Rive-Sud, soit:

  • le long du corridor de l’autoroute 10, de Brossard à la Place Bonaventure à Montréal, via l’estacade du pont Champlain;
  • l’axe du boulevard Henri-Bourassa;
  • l’axe de l’avenue du Parc avec, éventuellement, son prolongement vers le secteur l’Acadie-Chabanel;
  • l’axe du boulevard Roland-Therrien à Longueuil.

L’implantation sur l’axe de l’autoroute 10 a déjà fait l’objet de plusieurs études de faisabilité. Les coûts d’immobilisation d’un système léger sur rail (SLR) dans ce corridor ont été évalués à 547 M$, auxquels il faut ajouter 93 M$ pour l’estacade et des réserves de 15 % pour les dépenses imprévues. Selon l’Agence métropolitaine de Transport (AMT), le financement du SLR pourrait être partagé entre les gouvernements fédéral et provincial et le secteur privé (PPP). Les coûts d’exploitation seraient de 16 M$ et les revenus prévus de 20 M$, ce qui permettrait l’autofinancement des opérations tout en créant un surplus d’exploitation de 4 M$.

Encore à l’étape de l’étude de faisabilité, un projet de train léger qui relierait le Parc Jean-Drapeau au centre-ville pourrait éventuellement s’intégrer au projet du train léger centre-ville/Rive-Sud et ce, au coût de 215 M$.

Dans le nouveau contexte du Havre, le train léger, en plus de répondre à une nécessité, peut devenir une attraction qui permettra d’offrir des visites «guidées» du Havre et, à partir des îles, une vue imprenable sur la ville.

Pourquoi? Pour qui? Avantages et inconvénients?

À l’usage des travailleurs, des touristes, des étudiants, des familles, etc., le train léger sur rail permettra de:

  • favoriser la qualité de vie dans les quartiers (en rendant, par exemple, le centre-ville plus attrayant pour les locataires);
  • réduire la pollution atmosphérique, grâce à l’utilisation de l’électricité pour les trains et à la réduction de la circulation automobile;
  • revitaliser le centre-ville;
  • contribuer au dynamisme économique de la ville;
  • favoriser l’expansion des entreprises;
  • diminuer le nombre de parcs de stationnement;
  • augmenter la fluidité et la rapidité de circulation des personnes (pour les travailleurs, en leur donnant accès aux bureaux et aux zones industrielles; et pour les touristes, en reliant le Vieux-Port au Casino, en passant par les hôtels et les différents centres de loisirs); etc.

Il présente cependant un inconvénient de taille: son prix!

Il nécessite des coûts initiaux d’achat et de mise en place beaucoup plus onéreux que l’autobus. Selon une étude de faisabilité de la Société de transports de l’Outaouais (STO), il en coûte de 15 à 25 M$ pour construire un km de SLR (voies de guidage, système d’alimentation et stations).

Ottawa aussi aura son SLR

Le recours au train léger sur rail semble incontournable, non seulement pour Montréal, mais aussi pour plusieurs villes, dont Ottawa. Cette dernière étudie la faisabilité de doter son réseau de transport en commun d’un train léger écologique, d’ici 2021. Le train léger a vu le jour à Ottawa en octobre 2001, avec le lancement du projet pilote O Train. Celui-ci transporte aujourd’hui plus de 8000 voyageurs quotidiennement.

Un protocole d’entente sur le financement du couloir nord-sud a été signé en mai dernier. Les gouvernements du Canada et de l’Ontario verseront chacun jusqu’à 200 M$ pour ce projet. La Ville d’Ottawa, pour sa part, versera un montant équivalent et investira le solde du coût estimé du projet, soit de 650 à 700 M$. La Ville espère que la construction du couloir nord-sud débutera à l’été 2006 afin que le service soit disponible au début de l’automne 2009.

Un autre projet de train léger est également à l’étude pour relier les centres-villes de Hull et d’Ottawa.

Des exemples qui tiennent la route

D’autres centres-villes du monde ont étudié la question, certains sont même déjà passés à l’action.

L’Europe, par exemple, s’avère très friande de ce type de «transport durable» que l’on retrouve d’ailleurs à Amsterdam (Pays-Bas), à Cologne (Allemagne), à Londres (Grande-Bretagne), à Stockholm (Suède), à Oslo (Norvège), à Lisbonne (Portugal), à Bucarest (Roumanie), etc.

En France, les villes de Strasbourg, de Lyon, de Marseille et de Grenoble ont démontré la fiabilité et l’avantage du projet.

Strasbourg, petite communauté française de près de 450 000 habitants située à la frontière allemande, offre un système de transport de 24 km qui transite par le centre-ville. Pour 2007-2008 et afin de faire face à la demande croissante, la Communauté urbaine de Strasbourg a même décidé de le prolonger de 13,5 km. Le coût total des 37,5 km est estimé à plus de 1,5 milliard $CAN.

Ce réseau a permis d’augmenter de 30% l’achalandage piétonnier au centre-ville historique, lieu où la circulation automobile est désormais interdite. Il a également entraîné une diminution de 15 à 20 % de l’utilisation de la voiture pour se rendre au centre-ville dans les pôles desservis par le tramway.

Au Canada, le SkyTrain de Vancouver
a vu le jour lors d’Expo ’86. Premier réseau de transport rapide entièrement automatisé au Canada, le SkyTrain compte deux lignes, 150 véhicules et dessert 20 stations échelonnées sur un trajet réservé de 28,9 km. Le système utilise la même technologie (moteur à induction linéaire) que le Scarborough RT à Toronto (Ontario) et le métro léger Putra de Kuala Lumpur.

En vue des Jeux Olympiques de 2010, une troisième ligne nord-sud est en discussion pour joindre le centre ville à l’aéroport et Richmond. Le gouvernement de la Colombie-Britannique a exigé que cette entreprise d’environ 1,9 milliard $CAN fasse partie d’un partenariat public-privé.

Outre le financement consenti par le gouvernement fédéral et celui de la Colombie-Britannique, l’Agence métropolitaine des transports de Vancouver (GVTA) et l’aéroport international de Vancouver, les partenaires de InTransitBC investiront 120 M$ de capitaux propres dans ce projet. Le partenariat a aussi obtenu un prêt à long terme de 600 M$ dirigé par la Société Générale, la Norddeutsche Landesbank Girozentrale et la Bank of Ireland.

Aux États-Unis également de nombreux trains légers circulent déjà, comme au New Jersey, à Minneapolis (Minnesota), à Portland (Oregon), à Houston (Texas), etc.

Voir aussi

Montréal, futur havre de plaisance pour les touristes, travailleurs et riverains
TransLink
Talent de Bombardier

Sources:

– Boivin, Matthieu. «La réussite de Strasbourg», Le Droit, 11 juillet 2005, p. 2.
– Booz-Allen & Hamilton. «Organizing for Regional Transportation Operations: Vancouver TransLink Case Study», juillet 2001.
– Lampron, Alexandre. «430 millions $ pour relancer le transport en commun», Le Journal de Saint-Hubert, 20 septembre 2005.
– Société de Transports de l’Outaouais (STO). «Étude de faisabilité d’un système de transport régional et interprovincial: Document de synthèse», (sans date).
– Wolinsky, Julian. «What Follows the Millennium?», Railway Age (Bristol), juillet 2004, vol. 205 no. 7.

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Produits et activités

Montréal, futur havre de plaisance pour les touristes, travailleurs et riverains

Le 13 septembre dernier, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, dévoilait officiellement un ambitieux plan de développement qui s’échelonnera sur les vingt prochaines années. Parmi les 130 projets proposés, la Ville continue d’aller de l’avant avec le projet de développement du Havre de Montréal. En quoi consiste ce projet et que représente-t-il pour l’industrie touristique?

D’ici 2025, Montréal entend réaliser des investissements qui pourront atteindre trois milliards de dollars par année sur une période de 20 ans (soit 60 milliards de dollars au total) dans le développement et la création d’une bonne centaine de projets d’envergure en lien avec la culture, le transport en commun, l’éducation, etc.

Outre le développement urbain, la mise en place de pôles universitaires et économiques, l’aménagement des abords de l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau et l’implantation d’une navette ferroviaire desservant l’aéroport de Dorval, le prolongement de l’autoroute 25, ainsi que la création d’un centre de foires commerciales, la Ville continue à progresser avec le projet de développement du Havre de Montréal.

Le Havre de Montréal consiste en une zone d’une superficie de 10 km2 comprise entre les ponts Champlain et Jacques-Cartier, incluant les îles du parc Jean-Drapeau, soit 31 km de berges. Elle couvre trois arrondissements: le Sud-Ouest, Verdun et Ville-Marie.

Un investissement de 8 milliards de dollars est prévu pour ce projet qui comprend:

  • la réappropriation du fleuve et de ses berges (valorisation du Saint-Laurent et développement de son potentiel nautique de manière à rendre son accès public);
  • l’amélioration de l’image de la principale porte d’entrée au Centre (animation du parcours des rues et développement d’activités urbaines diverses);
  • la réhabilitation de grands sites contaminés;
  • la mise en valeur d’un patrimoine bâti et naturel exceptionnel;
  • le développement résidentiel (avec un potentiel de 12 500 unités);
  • le développement commercial et de grands équipements (avec un potentiel de plus de 1,9 million de m2);
  • l’aménagement des quatre principaux axes routiers qui descendent vers le fleuve;
  • la rationalisation des aires de stationnement;
  • l’aménagement de pistes cyclables;
  • le dégagement du bassin Peel, véritable charnière pour les différents plans d’eau;
  • la préservation du silo no 5, témoin historique de l’industrie agroalimentaire passée;
  • l’intégration d’un volet de «développement durable»; etc.

Du côté des transports, si la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) obtient le financement souhaité, l’Agence métropolitaine de transport (AMT) pourrait enfin réaliser les nombreux projets d’expansion qu’elle a projetés d’ici 2012. Afin de relier les différents points d’intérêt touristiques et les hôtels, l’AMT étudie l’ajout de 73 circuits d’autobus supplémentaires, 90 km de voies réservées, six terminus, 6000 nouvelles places de stationnement incitatif, ainsi que le déploiement de trois nouveaux express métropolitains.

Par ailleurs, la Ville ausculte l’intégration d’une desserte en transport collectif efficace qui relierait l’aéroport de Dorval au centre-ville et à la rive Sud par la construction de carrefours intermodaux (trains légers, métro). Elle a aussi l’intention de remettre sur la table un projet qui stagne depuis plusieurs années, soit celui d’étendre un train de banlieue vers les villes de Mascouche et de Repentigny.

De nombreux promoteurs sont impliqués dans ce mégaprojet, tout comme les gouvernements du Canada et du Québec, la Ville de Montréal, l’Administration portuaire de Montréal, la Société du Vieux-Port de Montréal, ainsi que d’autres promoteurs du secteur privé.

La Société du Havre de Montréal, organisme sans but lucratif né à l’issue du Sommet de Montréal grâce à l’appui financier des trois paliers de gouvernement, travaille depuis plusieurs années sur le projet d’aménagement d’espaces urbains ainsi que sur un plan de développement et d’aménagement pour le Havre. Elle est aussi responsable de la mise en oeuvre d’une stratégie de financement.

Ce projet d’envergure titanesque, s’il voit le jour, représentera une aubaine pour l’industrie touristique, car il permettra la mise en valeur de nombreux projets récréotouristiques et l’augmentation de l’achalandage des visiteurs sur les divers lieux de divertissement grâce à une meilleure desserte de transport.

La mise à niveau des quais récréotouristiques (Alexandra, de l’Horloge et King Edward) en une seule et même zone de loisirs et de détente rivalisera avec le développement des îles Sainte-Hélène et Notre-Dame (vélo, patin à roulettes, course à pied, baignade, déjeuner sur l’herbe, kayak, canot, pédalo, randonnées pédestres, ornithologie, le tout, à deux pas du centre-ville).

Si tout se déroule comme prévu, cette nouvelle vision devrait être porteuse de retombées touristiques importantes. Il s’agit là d’un investissement majeur qui permettrait de créer un véritable pôle de développement touristique donnant enfin à Montréal la possibilité de rivaliser avec d’autres grandes villes comme Toronto.

C’est également un projet qui comporte un volet industriel important puisqu’il prévoit intégrer les entreprises agroalimentaires situées dans le Sud-Ouest et élargir la vocation du Techno Parc.

Cure de rajeunissement pour le Vieux-Port

En parallèle, dans le Vieux-Port, d’autres aménagements verront peu à peu le jour, comme:

  • le réaménagement des secteurs de l’Esplanade et de la Promenade pour leur conférer une signature urbaine distinctive;
  • la mise en valeur de la zone des Écluses et du quai Alexandra;
  • l’aménagement paysager du parc des Écluses et la mise en lumière du silo à grain;
  • la restauration de la tour des Convoyeurs (quai des Convoyeurs);
  • le parachèvement du bâtiment du Centre des sciences;
  • la consolidation des activités artistiques et culturelles du quai Jacques-Cartier;
  • la mise en valeur et la restauration du quai de l’Horloge.

Consultations publiques

À noter que chacun des 130 projets sera documenté sur le site Web de la Ville afin que les citoyens puissent consulter l’état d’avancement de ceux-ci. Dans certains cas, la Ville sollicitera la participation des citoyens et des partenaires afin de débattre des projets.

Du 20 mai au 4 juin dernier, une commission de consultation publique a par ailleurs sillonné le territoire de la CMM afin de recueillir commentaires et opinions sur ce que sera le Grand Montréal en l’an 2025.

Voir aussi

Reconversion des silos à grain: joindre l’utile au visuel
La «ville ludique»: nouvelle destination touristique
Société du Havre de Montréal
Cap sur le monde, Vison 2025

Sources:

– Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). «Cap sur le monde, Vision 2025; document d’énoncé», dévoilé en septembre 2005.
– Dubuc, André. «60 milliards pour construire le Montréal de demain», Les Affaires, 17 septembre 2005, p. 48.
– Dumont, Jean-Guillaume. «Un avenir prometteur, si l’argent suit », Le Devoir, 19 mars 2005.
– Tourisme Montréal. «Plan de développement touristique de Montréal 2003-2010», novembre 2003.
– Ville de Montréal. «Imaginer – Réaliser Montréal 2025; Un monde de créativité et de possibilités», septembre 2005.
– Ville de Montréal. «Premier plan stratégique de développement durable de la collectivité montréalaise», avril 2005.
– Ville de Montréal. «Plan de transport de Montréal, vision et objectifs», 14 mars 2005.

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Hébergement Tendances

Facteurs de succès d’une destination de congrès

Les villes sont sélectionnées comme destinations de congrès en fonction de leur attractivité. Ce qualificatif peut sembler abstrait, mais il existe pourtant une kyrielle de facteurs bien tangibles qui orientent le choix des organisateurs d’événements et qui marquent leur appréciation ainsi que celle de leurs délégués. Deux études analysent la question. On apprend d’une part que la qualité des salles de réunions et de conférences, en plus de constituer l’un des plus importants critères de satisfaction des planificateurs de congrès, influence de façon significative leur intention de revenir pour un autre événement. D’autre part, il est démontré que les villes qui affichent le meilleur dossier quant à leur dynamisme général, celles les plus aptes à générer de nouveaux investissements structurants, s’avèrent également les plus performantes comme destinations de congrès.

L’importance d’une vitalité urbaine

Le choix d’une destination s’effectue sur une base beaucoup plus large que celle des infrastructures de congrès proprement dites. La vitalité du centre-ville d’une destination de congrès joue un rôle primordial dans sa capacité à attirer des événements. Selon David C. Petersen, président de Town Planning Research, le dynamisme d’une ville de congrès s’évalue notamment en fonction de la variété, de la densité et de la proximité de types spécifiques de bâtiments et d’activités au centre-ville (ex.: bureaux, commerces et résidences).

Des chercheurs se sont aussi intéressés à quantifier ces «signes vitaux» qui rendent un centre-ville attrayant aux yeux des investisseurs et des organisateurs de congrès. Ils dénotent cinq attributs déterminants:

  • un centre-ville hétérogène;
  • un environnement sécuritaire;
  • un transport en commun accessible;
  • une zone résidentielle abordable et attrayante;
  • des centres commerciaux à proximité.

Ces chercheurs ont ensuite effectué une analyse de 26 grandes villes américaines afin de comparer celles qui affichent les meilleurs «signes vitaux» avec celles qui présentent les meilleures performances comme ville de congrès en termes de nombre de délégués. Résultat: les deux classements se sont avérés pratiquement identiques.

Les retombées économiques découlant des dépenses des délégués sont d’ailleurs directement associées à l’indice d’«attractivité» de la ville de congrès. Une destination prisée aura des répercussions positives sur l’ampleur des dépenses des participants, sur le nombre de personnes qui accompagnent les congressistes et sur la durée du séjour.

À ce chapitre, soulignons la performance de la ville de Québec et de son Centre des congrès de Québec qui, selon un sondage mené par une université allemande, a été reconnue comme l’une des trois meilleures destinations de congrès au monde (à égalité avec Sofia, derrière Bilbao). En 2003, Montréal figurait en deuxième position en Amérique du Nord et en quatorzième sur la scène internationale.

Identifier les aspects qui font la différence

Plusieurs aspects figurent sur la liste d’épicerie des planificateurs de congrès durant le processus de sélection d’une destination. Une étude menée par l’Université Dongguk de la Corée du Sud visait à identifier les facteurs les plus susceptibles de procurer une expérience d’ensemble positive et, surtout, les raisons pour lesquelles les organisateurs choisiront de retenir à nouveau cette destination de congrès. Cette enquête a été réalisée auprès de plus de 250 associations responsables de l’organisation de congrès.

Voici les huit facteurs retenus pour l’étude:

  1. Le prix (comprend plusieurs aspects tels que le tarif des salles, des chambres et du service de restauration, les espaces de réunions en gracieuseté, etc.). 
  2. La qualité des chambres (grandeur, apparence, confort, suppléments, etc.). 
  3. Le personnel de l’hôtel (amabilité, efficacité, facturation adéquate, résolution de problèmes, etc.).
  4. Le caractère abordable de la destination dans son ensemble (activités et attraits touristiques, accueil des résidents et du personnel de l’office de tourisme et de congrès, etc.).
  5. La qualité des salles de réunions et de conférences (éclairage, ambiance, environnement sonore, disposition des salles, disponibilité de l’équipement audiovisuel, confort des sièges, etc.). 
  6. L’inventaire (nombre de salles de réunion, capacité des salles et du stationnement, espace banquet, nombre de chambres disponibles, etc.). 
  7. La localisation (la proximité des centres commerciaux, des attraits, du quartier des affaires, des restaurants, des équipements de loisirs et la distance à parcourir pour les délégués).
  8. La qualité des services complémentaires (disponibilité, sur le site de l’événement, d’un centre d’affaires et d’infrastructures de loisirs).

Ce qui compte vraiment

L’enquête a démontré que seulement trois parmi ces huit facteurs ont exercé une influence statistiquement significative sur la satisfaction globale de l’expérience, soit:

  • la qualité des salles de réunions; 
  • le personnel de l’hôtel;
  • la qualité des chambres. 

L’étude coréenne a poussé la démarche un peu plus loin en évaluant si l’un de ces trois facteurs affichait une corrélation significative et positive auprès des répondants sur leur intention de revenir à la même destination de congrès. Seule la variable «qualité des salles de réunions et de conférences» répondait à cette condition.

On peut certes conclure qu’il vaut la peine de maintenir un niveau d’investissement adéquat afin de compter sur des salles dédiées aux événements qui sauront combler les attentes des clients les plus exigeants. Pour plusieurs, c’est la composante de l’appréciation globale qui permettra véritablement de créer une expérience positive et qui favorisera le repeat business. Sur le plan marketing, il est aussi important de bien mettre en valeur les meilleurs atouts du centre-ville et de faire la démonstration d’un dynamisme urbain propice à l’accueil de congrès.

Sources:
– Choi, Jeong-Ja. «Factors Influencing State Association Planners’ Overall Satisfaction with a Convention Experience», Journal of Convention & Event Tourism, vol. 6, no 4, 2004.
– Cloutier, Patricia. «Le Centre des congrès parmi les trois meilleurs au monde», Le Soleil, 22 juillet 2005.
– Jolicoeur, Martin. «Le Palais des congrès va jusqu’à offrir gratuitement ses salles», Journal Les Affaires, 7 mai 2005.
– Kouchner, Martin. «Touristes en cravate», Commerce, vol. 106, no. 1, janvier 2005.
– Petersen, David C. «The City as a Destination: Measuring Its Attractiveness», Journal of Convention & Event Tourism, vol. 6, no 1, 2004.
– Priporas, Vasilios. «Is it Difficult to Market a City as a Convention Destination? The Case of Thessaloniki», Journal of Convention & Event Tourism, vol. 7, no 2, 2005.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Les Lifestyles Centers, ou les centres-villes réinventés

Les mégacentres commerciaux font peu à peu place à de nouveaux centres-villes à visage humain (Lifestyle Centers) qui procurent détente et services personnalisés. Cette nouvelle tendance générera-t-elle un impact sur le tourisme? Qu’en est-il au Canada?

Et l’Amérique inventa les centres commerciaux!

Puis, elle les transforma en mégacentres (Power Center) et en magasins entrepôts. Voilà maintenant que, de Puerto Rico à New York en passant par le Québec, elle nous influence encore en transformant notre environnement commercial en «centres style de vie» (Lifestyle Centers): quartier convivial, architecture recherchée abritant, autour d’une artère piétonne, magasins et grandes surfaces, bureaux, centres de divertissement (spa, cinéma, salle de sport, piscine, etc.), place centrale où se restaurer, stationnement en plein air, etc.

Bref, un petit look à l’européenne où le «milieu de vie à échelle humaine» semble reprendre le pas sur la quantité et le commerce de masse.

Une mode qui débarque chez nous

Le Québec, aussi, paraît frappé par cette nouvelle vague. Ainsi, à Boisbriand, les élus ont dévoilé le projet «Faubourg Boisbriand», investissement initial de 200 M $CA.

Situé sur les terrains appartenant jusqu’à récemment à General Motors, en bordure de l’autoroute 15, cette ville dans la ville combinera des fonctions:

  • industrielles (à 37%);
  • commerciales (à 35%). Quelques grandes surfaces côtoieront des commerces de dimension moyenne et une foule de petites entreprises de proximité, des  banques, etc.;
  • résidentielles (à 28%). Dans une première phase de développement immobilier, 2 000 unités seront construites sur les 5 000 prévues. Ce nouveau complexe mixte pourra accueillir environ 7 500 résidants, dont le cinquième travaillera dans les nouveaux commerces et services, et autant dans les entreprises industrielles;
  • touristiques. Les promoteurs comptent sur une clientèle extérieure qui viendra y jouir de l’ambiance, y faire ses achats et se divertir, tout en fréquentant les restaurants et les boutiques.

Même initiative à Brossard sur la rive sud de Montréal, où la construction des «Quartiers DIX30» (intersection des autoroutes 10 et 30) vient d’être lancée. Ce projet, dont les magasins devraient ouvrir leurs portes entre l’automne 2006 et le printemps 2007, comprendra un centre style de vie (épicerie fine, fromagerie, poissonnerie, boucherie, pharmacie, club vidéo, etc.) et un mégacentre commercial, pour un total de 1,3 million de pieds carrés de magasins.

Attention, il faut cependant faire la différence entre un regroupement commercial construit autour d’une rue centrale avec des boutiques spécialisées et les centres de magasins entrepôts qui, depuis quelques temps, fleurissent comme pâquerettes au printemps (comme au Marché central à Montréal, à Lachenaie, Boucherville, etc.).

Un bon point pour le tourisme?

Ces nouveaux centres à l’architecture originale ou à vocation particulière deviendront-ils une destination en soi, tant pour les résidants que pour les touristes et les excursionnistes?

De nombreuses études semblent le démontrer: généralement, les centres-villes ou les quartiers piétonniers attirent plus de touristes, car ceux-ci aiment goûter la vie en communauté et découvrir le mode de vie local.

Les promoteurs de ces nouveaux concepts espèrent qu’en joignant ainsi l’utile à l’agréable, les visiteurs reviendront plus souvent et y resteront plus longtemps. Dans les Lifestyle Centers des États-Unis (une centaine), on constate que l’atmosphère plus conviviale et personnalisée entraîne un taux de dépenses plus élevé. Toutefois, aucune statistique ne vient appuyer cette constatation.

Par ailleurs, selon une étude réalisée en 2004 par l’International Association of Shopping Centers (IASC), l’aménagement de magasins et de restaurants autour d’une rue piétonne centrale constitue une combinaison gagnante. En effet, on dénote une augmentation de près de 20% de l’achalandage. Comme les visiteurs fréquentent ces centres autant pour effectuer leurs achats réguliers que pour prendre un repas au restaurant ou tout simplement bénéficier de l’agréable ambiance des lieux, ils y reviennent plus souvent.

Selon les responsables de l’étude, les restaurants et les cafés qui offriront une touche particulière (produits de niche, décoration originale ou typique, etc.) pourraient même voir cet achalandage augmenter de 35%. 

 

Bémol sur le climat

La plupart de ces nouveaux complexes américains se situent dans des villes où le climat est relativement chaud (Floride, Californie, etc.). Ce type de commerce sera-t-il toujours aussi intéressant sous un mètre de neige? Car, si le froid est insupportable, les consommateurs ne voudront pas rester dehors.

Les villes de Boston, New York et Chicago se sont pourtant lancées dans cette aventure. Les promoteurs insistent sur le fait que, pour des climats nordiques, il faudra prévoir des porches et des abris couverts (amovibles ou non), des tunnels piétonniers, un système de trottoirs chauffants, etc. Citons l’exemple du Vestar Desert Ridge dans le nord de la Californie qui, pour contrer les nuits froides, a ajouté un brasero extérieur en béton (2,4 m de haut sur 1,8 m de large), autour duquel les visiteurs peuvent se réchauffer entre deux visites.

Les Lifestyle Centers auront-ils autant de succès au Canada qu’aux États-Unis?

Selon les dires de Maureen Atkinson, associée senior chez J.C. Williams Group (Toronto), firme d’experts-conseils en commerce de détail, les consommateurs urbains canadiens en ont assez des grands centres commerciaux et recherchent de nouvelles expériences d’achats.

Cependant, selon elle, certaines villes telles qu’Ottawa ou Montréal sont probablement trop froides pour un concept de ce genre. Dès lors, on peut prévoir moins d’ouvertures de «centres style de vie» que chez nos voisins américains. De plus, seules quelques villes peuvent réellement fournir la concentration de résidants requise pour soutenir de tels centres, qui risquent ainsi d’être plus petits.

Voir aussi

International Council of Shopping Centers 
Faubourg Boisbriand 

Sources:

– Brouillette, Donald. «Faubourg Boisbriand: une ville dans la ville», Le Courrier (Sainte-Thérèse), 9 avril 2005.
– Canada NewsWire. «Première phase de Faubourg Boisbriand – Un premier investissement de 253 M$», 6 avril 2005.
– Cloutier, Laurier. «Le complexe commercial Quartiers DIX30 prend forme à Brossard», La Presse, 15 juin 2005.
– Cloutier, Laurier. «Place aux lifestyle centers», La Presse, 8 juin 2004.
– Cloutier, Laurier. «Revanche des centres-villes», La Presse, 25 avril 2005.
– Hazel, Debra. «Brave new format: Lifestyle centers look good, but are they earning their keep?», Shopping Centers Today, mai 2003.
– Silva, Tricia Lynn. «Lifestyle centers to be dominant retail product in future», 27 mai 2005.
– Grubb & Ellis Company.  «Retail Market Trends North America», été 2005.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Surenchère, démesure et originalité

Désormais, il faut impressionner et il n’y a pas que Dubaï qui se lance dans la surenchère des projets. Depuis plusieurs années, de nombreux ouvrages architecturaux rivalisent d’audace et d’originalité. Le désormais célèbre musée de Frank O. Gehry à Bilbao a généré «l’effet Guggenheim». On constate que les destinations ne négligent rien pour attirer l’attention. Comment concurrencer une telle démesure?

Bigger is Better

Le Moyen-Orient ouvre sans doute la marche avec Dubaï et son hôtel, le Burj Al Arab, de même que sa dizaine de projets gigantesques – Palm Islands, The World, Dubailand, etc. (lire aussi: Dubaï, région de la démesure). À elle seule, la compagnie aérienne Emirates a signifié son intention d’acquérir 43 appareils du plus gros avion de la planète – le A380 – alors que Lufthansa, deuxième en liste dans le carnet de commandes, en achètera 15.

Que dire de Las Vegas, la Mecque du jeu et du divertissement! Cette ville artificielle et excessive a accueilli plus de 37 millions de visiteurs et 22000 congrès en 2004. Les milliardaires s’y livrent bataille à grands coups de projets colossaux. Oscillant entre le kitsch et le chic, les hôtels reproduisent les principaux attraits du monde (place Saint-Marc, palais des Doges, mini tour Eiffel, Arc de triomphe, Empire State Building, pont de Brooklyn, statue de la Liberté, etc.) Les différentes créations du Cirque du Soleil y trouvent facilement preneur (quatre spectacles permanents y sont présentés, Mystère, O, Zumanity, KÀ et bientôt un cinquième).

Quant à Berlin, elle a créé de toutes pièces le Tropical Island, une station balnéaire sous un dôme (lire aussi: Prendre des vacances à Berlin ou sur une île tropicale? Et pourquoi pas les deux!). Situé au coeur de la ville, le Radisson SAS Hotel exhibe dans le hall son Aquadom, aquarium cylindrique de 25 mètres de haut contenant 2500 poissons tropicaux et un million de litres d’eau salée. La même entreprise érigera à Francfort un hôtel en forme de disque géant, d’une hauteur de 96 mètres (photo), où trônera une «tour à vin» de trois étages comptant 1500 bouteilles.

Dans la foulée de l’hébergement spectaculaire, on peut mentionner l’hôtel Puerte de América à Madrid de même que les projets d’hôtels sous l’eau à Dubaï et aux Bahamas.

L’architecture des édifices culturels s’éclate

L’«effet Guggenheim» à Bilbao en Espagne a incontestablement contribué à l’essor économique et touristique de cette ville industrielle en déclin. Faisant partie d’un vaste projet de restructuration, le musée Guggenheim et le concept architectural de Frank O. Gehry (photo) ont sans aucun doute été le clou du programme. Inauguré à l’automne 1997, il a accueilli 700 000 visiteurs dans les huit premiers mois seulement, et en 2000, 46% des visiteurs provenaient de l’étranger. Lors d’un sondage tenu la même année, plus de 80% des gens ont affirmé que le musée a été un incitatif à leur visite de la région ou a contribué à prolonger leur séjour. Au-delà des chiffres, l’«effet Guggenheim» a aussi réussi à modifier la perception des gens à l’égard de cette ville et à assurer sa notoriété.

D’autres musées s’inscrivent dans un courant d’architecture pour le moins spectaculaire:

  • plus grandes qu’un avion gros porteur, d’immenses ailes s’actionnent tous les jours au-dessus du pavillon Quadracci du Milwaukee Art Museum (photo);
  • surnommé par ses concepteurs le «gentil extraterrestre», le Musée d’art moderne de Graz en Autriche (photo) semble issu d’un autre monde, avec ses canons lumineux et sa structure parsemée de multiples «yeux»;
  • l’opéra de Tenerife aux Îles Canaries (photo), avec sa salle de concert de 1600 places, semble protégé par une immense vague pétrifiée.

À la fois centre d’art, de musique, d’architecture et d’aménagement paysager, le Millennium Park à Chicago (photo) a été inauguré en juillet 2004 et s’étend sur une superficie de 10 hectares. Construit par une équipe de concepteurs de réputation mondiale, ce parc s’enorgueillit principalement du Jay Pritzker Pavilion, salle de concert extérieure dessinée par Frank O. Gehry, de la Crown Fountain, deux blocs de verre de plus de 15 mètres de hauteur projetant des images vidéo réfléchies dans des bassins situés aux extrémités de même que du Cloud Gate, immense sculpture elliptique de 100 000 kilos inspirée du mercure liquide où se reflètent les nuages, les bâtiments environnants et les gens.

Les édifices ne sont pas en reste

Les bâtiments rivalisent entre eux autant en hauteur qu’en effet visuel. Mentionnons à titre d’exemple la concurrence que se livrent, à titre d’édifice le plus élevé au monde, la tour d’habitation Burj Dubaï (hauteur exacte non révélée) planifiée pour 2008 et la future Freedom Tower à New York (541 mètres), prévue pour 2010, qui sera construite sur l’emplacement du World Trade Center. Présentement, les tours Petronas à Kuala Lampur (452 mètres) ont été détrônées par Taipei 101 (508 mètres) à Taiwan.

L’édifice très controversé de la compagnie d’assurance Swiss Re (photo), surnommé «The Gherkin», ne passe pas inaperçu dans le paysage londonien. Et un simple regard jeté sur Shanghai (photo) permet de comprendre que les Chinois sont passés en mode grand V dans le domaine de l’architecture et du modernisme.

La plus grande construction à énergie solaire au monde, la Solar Ark de la compagnie Sanyo (photo) a été inaugurée au Japon, à Gifu, en avril 2002. Dotée de plus de 77200 diodes électroluminescentes (sept fois moins énergivores qu’un néon lumineux), la façade de l’édifice peut afficher une variété d’images visuelles. Déjà des dizaines de milliers de visiteurs sont venus pour les admirer et en apprendre davantage sur les sources énergétiques du futur.

Les infrastructures routières: tout aussi spectaculaires!

Les infrastructures routières offrant un visuel spectaculaire attirent leur lot de visiteurs. Ouvert à la circulation officiellement depuis décembre 2004 dans la région de l’Aveyron (Midi-Pyrénées) en France, le viaduc de Millau (photo), le plus haut au monde, a accueilli plus de 500 000 visiteurs depuis juin 2002.

Le pont piétonnier sur la rivière Yarra à Melbourne, en Australie (photo), dont l’inauguration est prévue plus tard cette année, s’inspire du piège à anguille qu’utilisaient les Aborigènes.

Les galeries marchandes veulent elles aussi impressionner

En Chine, on compte déjà quatre centres commerciaux plus vastes que le Mall of America de Bloomington au Minnesota. Deux d’entre eux surpassent même le West Edmonton Mall en Alberta, ce qui leur confère le titre de plus grands centres commerciaux au monde.

Quant à la galerie marchande de Selfridges à Birmingham (photo), elle attire l’attention par sa forme architecturale bizarre (une image vaut mille mots) et son recouvrement composé de milliers de bulles, un peu comme celles des emballages à bulles que l’on prend plaisir à faire éclater.

Quand on dit que la concurrence s’accentue…

Avec un tel courant de démesure et d’originalité, on constate que plusieurs destinations ont décidé de batailler fort en misant sur des bâtiments architecturalement audacieux, et ce, afin de redonner une impulsion à une ville sur le déclin (Bilbao, plusieurs grandes villes américaines) ou pour affirmer leur présence (Moyen-Orient, Chine).

Mais les investissements colossaux consentis en valent-ils la chandelle? Toute cette démesure architecturale se transformera-t-elle en quelque sorte en icône touristique? Faut-il que le Québec s’inscrive dans ce courant afin de rester dans la course?

Sources:
– Albig, Jörg-Uwe. «Archinature», GEO, no 314, avril 2005, p. 37-50.
– Anderson, Daniel et John Nurick. «Cultural impact? Measuring the economic effects of culture», Locum Destination Review, hiver 2002, p. 15-17.
– Las Vegas Convention and Visitors Authority. [www.lvcva.com].
– Ludwigson, Hakan. «The Next 7 Wonders of the World», Condé Nast Traveler, avril 2005, p. 117-131.
– Miotto, Patricia. «Qué calor!», La Voix du succès, vol. 1, no 1, été 2005, p. 56-57.
– Newzy Magazine. «Un disque bleu veillera sur Francfort», Tendances, [www.newzy.fr].
– Piling, Mark. «Cruise speed», Airline Business, A380 A Flight Group Special Report, juin 2005, p. 4-6.
– Plaza, Beatriz. «Evaluating the influence of a large cultural artifact in the attraction of tourism – The Guggenheim Museum Bilbao Case», Urban Affairs Review, vol. 36, no 2, novembre 2000, p. 264-274.
– Sanyo. [www.sanyo.com].
– The Globalist. «Des faits, juste des faits», La Presse, 2 juillet 2005, Affaires, p. 3.

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Produits et activités

Magasiner, l’activité numéro 1 du touriste!

On se demande toujours ce que les gens aiment faire quand ils voyagent. La réponse: du shopping. Peu importe la nationalité, magasiner fait partie de l’expérience touristique et demeure l’activité favorite du voyageur. Ce phénomène, souvent ignoré ou sous-estimé, est associé généralement au milieu urbain. Une étude présente le potentiel du magasinage en tant que marché de niche dans les milieux ruraux au Canada.

Qui ne veut pas rapporter un souvenir, faire du shopping dans un souk, se laisser tenter par un accessoire à la toute dernière mode dans une grande ville branchée? Courir les magasins fait partie de l’expérience touristique, de la découverte culturelle d’une destination et du plaisir de voyager. Pour certains, cela devient même la raison du voyage.

On se paie une folie?

Au-delà du plaisir, plusieurs autres facteurs incitent les voyageurs à magasiner:

  • un taux de change favorable (euro vs dollar canadien);
  • de nouveaux produits;
  • des produits moins chers;
  • des structures commerciales différentes (mégacentre commercial, factory outlet, marché local, souk, etc.);
  • les boutiques hors taxes.

Le «magasineur» en nous

Des études de marché effectuées par le Département d’État américain démontrent que plusieurs nationalités sont friandes du magasinage et des données fournies par la Travel Industry Association of America (TIA) révèlent que:

  • le shopping est l’activité la plus populaire (30%), suivie de la visite de parents et d’amis (27%);
  • c’est aussi l’activité numéro un des groupes multiethniques, les Asiatiques-Américains ayant la plus forte propension, surpassant même les voyageurs américains en général (39% contre 34%);
  • lors d’un voyage avec des enfants, le shopping fait partie des activités les plus populaires (32%), suivi d’un événement familial ou social (31%);
  • il constitue souvent un complément à la visite de parcs thématiques (40%).

En 2003 au Canada, on dénombrait un peu plus de 60 millions de personnes (voyages-personnes) qui se sont adonnées à cette activité au cours d’un voyage.

À Montréal, c’était d’ailleurs l’activité la plus pratiquée par les touristes (52%) et les excursionnistes (27%) qui visitaient cette ville en 2003. Cette même année, l’Office du tourisme et des congrès de Québec y consacrait une enquête afin d’établir le profil-type des touristes s’y étant adonnés dans cette région.

Les Chinois adorent! Un sondage effectué par la compagnie ACNielsen et la Tax Free World Association (TFWA) révèle que les Chinois sont devenus les plus grands «voyageurs-magasineurs» de la planète avec des dépenses moyennes de 987 $US par voyage, surpassant ainsi les Japonais. Ces derniers restent toutefois premiers en ce qui a trait aux dépenses totales par voyage. Cette enquête indique aussi que près de 100% des Chinois magasineront lors de leurs déplacements. Vêtements à la mode, cosmétiques, confiseries, bijoux et montres ont principalement la faveur de cette clientèle. Fort de la croissance des voyageurs et de l’augmentation de leurs revenus qui se profilent, le potentiel de ce marché s’avère prometteur.

Quand le «magasinage» devient un marché de niche pour le milieu rural

Aucune étude n’a jusqu’à maintenant déterminé, selon les différents types de voyageurs, à quel stade du voyage et à quelle fréquence ceux-ci s’adonnent au shopping. On observe toutefois que le comportement d’achat du voyageur diffère de la rationalité qu’il exerce au quotidien.

Le phénomène du shopping est plus souvent lié au milieu urbain, où le comportement d’achat est associé à l’âge, au sexe et aux statuts familial et socioéconomique. Facteurs d’attraction par eux-mêmes, les mégacentres commerciaux (par exemple le West Edmonton Mall) et les factory outlets incitent les gens à traverser des frontières.

Une étude basée sur les données de l’Enquête sur les voyages des Canadiens (EVC) de 1998 à 2001 (333 428 dossiers) présente le potentiel du magasinage en tant que marché de niche dans les milieux ruraux au Canada. Les conclusions indiquent que ce segment de marché est significatif et viable.

Une des démarches des chercheurs a été de comparer les voyageurs canadiens qui magasinent dans les milieux ruraux (hors des grands centres urbains et des villes de taille moyenne) aux voyageurs canadiens en général. Voici les principales caractéristiques distinctives de cette clientèle:

  • Elle visite plus souvent les parents et les amis.
  • Bien que les deux groupes voyagent beaucoup en été, cette clientèle voyage plus que la moyenne des voyageurs canadiens en automne.
  • Elle voyage plus souvent en famille, avec des enfants.
  • Généralement, le shopping s’insère parmi de multiples autres activités. Entres autres, cette clientèle présente une plus forte propension à visiter les sites historiques, à faire des excursions et à fréquenter les bars et les clubs.
  • Elle part plus souvent pour une escapade d’une journée ou, à l’opposé, un séjour de plus de 7 jours.
  • La personne qui magasine est plus souvent mariée et de sexe féminin.
  • Les groupes d’âge de 18-24 et de 45-64 ans sont plus fortement représentés.
  • Ces personnes sont moins scolarisées que la moyenne des voyageurs et elles sont plus nombreuses à avoir un revenu se situant de 20 000 à 59 000$.

Clientèle non homogène, soulignons que cinq segments se dessinent à l’intérieur des magasineurs ruraux: escapade pour visiter un parent ou un ami (32%), excursion de shopping (28%), séjour de plein air et de sports (19%), court séjour (10%) et, finalement, long séjour (9%).

En général, le voyageur qui magasine stimule l’économie régionale. Les gens associent l’artisanat et les produits alimentaires aux régions rurales alors que ces dernières leur confèrent un caractère d’authenticité. Dans cette dynamique, le magasinage permet de générer des emplois et d’offrir une plate-forme aux artisans. En milieu urbain, cette activité ne revêt pas le même caractère et ses retombées sont donc plus difficilement identifiables.

Michael Nowlis, dans son texte «Les grandes tendances qui révolutionneront l’industrie touristique à l’aube du 3e millénaire», affirme que le magasinage, du mégacentre commercial à la petite boutique d’artisanat, deviendra une activité incontournable pour les destinations touristiques.

Sources:
– Carmichael, Barbara A. et Wayne W. Smith. «Canadian Domestic Travel Behaviour: A Market Segmentation Study of Rural Shoppers», Journal of Vacation Marketing, vol. 10, no 4, septembre 2004, p. 333-347.
– Office du tourisme et des congrès de Québec. «Profil de la clientèle touristique ayant fait du magasinage en 2003», novembre 2004.
– TFWA et ACNielsen. «Hey, Big Spenders!», Communiqué de presse, 19 mai 2005.
– Tourisme Montréal. «Le profil-type du visiteur à Montréal en 2003», [http://www.tourisme-montreal.org], décembre 2004.
– Travel Industry Association of America. «The Domestic Travel Market Report, 2004 Edition».
– Travel Industry Association of America. «Domestic Research: Travel Market Segments», [http://www.tia.org].
– US & Foreign Commercial Service and US Department of State. «US&FCS Market Research Reports», 2002-2005.