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Faits et chiffres Marchés géographiques

Les Américains: de la visite rare, qui reste plus longtemps… mais dépense moins!

Saviez-vous que, en dépit du fait que le marché américain est en baisse au Québec, les touristes d’agrément qui viennent séjournent de plus en plus longtemps? Toutefois, on apprend aussi que les dépenses moyennes par visite et par nuitée sont en baisse. On constate par ailleurs que le marché de New York se porte plutôt bien alors que le Québec rencontre davantage de difficultés à intéresser les États de la Nouvelle-Angleterre. Voici un portrait détaillé du marché américain en 2006, dans une perspective de comparaison avec les données historiques des années précédentes.

Un regard historique

Depuis 2003, le Réseau de veille établit des profils détaillés de certains marchés comme celui des Américains. Pour les années précédentes, nous avions surtout proposé des portraits statiques puisque nous ne disposions pas de suffisamment de données antérieures pour procéder à une analyse évolutive. L’objectif du présent article consiste à présenter, pour une première fois, l’évolution du marché américain en comparant les données de l’année la plus récente (2006) avec les statistiques des années 2003, 2004 et 2005. Pour connaître les profils de nature qualitative qui traitent notamment des activités pratiquées et du mode d’hébergement utilisé, les articles précédents demeurent une bonne référence. (Lire aussi: Mieux comprendre le déclin du marché américain au Québec en 2005 et Profil des Américains au Québec en 2004.)

Un total de 2,11 millions d’Américains ont effectué un voyage touristique au Québec en 2006, soit une baisse de 4% par rapport à l’année précédente (tableau 1). N’eut été de la performance positive des touristes en visite chez des parents et des amis (+6%), le bilan de 2006 aurait été beaucoup plus sombre. Du côté des excursionnistes, la chute s’avère très significative (-13%) avec un peu plus de un million de visiteurs. On remarque que le tourisme d’affaires a beaucoup moins souffert et qu’il enregistre même une hausse de 10% des visites du même jour.

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L’année 2004 s’est avérée un assez bon cru touristique pour le marché américain (graphique 1), surtout par rapport à 2003, année où l’industrie touristique a dû composer avec les conséquences négatives du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), apparu au printemps. D’ailleurs, on constate que les chiffres des trois derniers trimestres de 2003 demeurent inférieurs à ceux des années subséquentes. Depuis 2004, l’évolution du nombre de touristes américains d’agrément ou en visite chez des parents ou des amis, répartie selon les trimestres, indique que le Québec a subi des pertes à toutes les périodes de l’année.

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Où se fait l’érosion?

L’État de New York maintient sa place de principal marché émetteur de touristes américains au Québec avec 341 000 visites en 2006 (graphique 2). La baisse enregistrée en 2006 se reflète sur la majorité des États, particulièrement le New Hampshire (-41% vs 2004), le Michigan (-37% vs 2004), le Maine (-24% vs 2004) et le Connecticut (-24% vs 2004). Certains États émetteurs tels que New York, le New Jersey et la Pennsylvanie affichent une plus grande constance.

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La saignée des excursionnistes

Le Canada a beaucoup souffert de la baisse drastique du nombre d’excursionnistes américains au cours des dernières années. Le Québec a enregistré d’importantes pertes auprès des deux principaux marchés émetteurs de ce type de touristes, soit les États du Vermont et de New York (graphique 3). Il s’agit d’une baisse totale de 331 000 excursionnistes entre 2003 et 2006, dont plus de 200 000 en provenance du Vermont. Sur une note régionale, ce sont les Cantons-de-l’Est qui en ont accueilli le plus grand nombre en 2006 (377 000), dont 283 000 en provenance du Vermont.

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Ce sont les voyages de quatre à six nuitées qui, au total, sont les plus populaires (plus de 2,4 millions de nuitées en 2006, graphique 4). Même si le nombre de touristes américains est à la baisse, ces derniers prolongent toutefois la durée de leur séjour. De 3,64 nuitées en moyenne en 2005, il est passé à 3,79 en 2006. Ainsi, le total de nuitées enregistrées dans le segment des séjours de 10 à 16 nuitées est en hausse constante depuis 2003.

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Montréal et Québec à la loupe

Les villes de Montréal et de Québec constituent les deux pôles majeurs d’intérêt pour la clientèle touristique internationale. Vu l’importance de ces régions comme destination de voyage des Américains, nous présentons, pour chacune d’elles, l’évolution du nombre de touristes selon l’État de provenance, de 2004 à 2006.

 

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La métropole québécoise a accueilli quelque 1,1 million de touristes américains en 2006, soit une baisse de plus de 155 000 par rapport à 2004. Montréal a enregistré ses plus importantes pertes du côté des touristes en provenance du Massachusetts (une baisse d’environ 37 000 touristes depuis 2004). Le New Hampshire et le Vermont ont également connu de sévères baisses (25 000 et 21 000) depuis 2004. Par contre, le premier marché en importance, celui de New York, est demeuré stable avec plus de 206 000 touristes en 2006.

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La Vieille Capitale a reçu près de 640 000 touristes américains en 2006, c’est-à-dire une diminution d’environ 60 000 comparé à 2004. Par ailleurs, on remarque quelques divergences par rapport aux tendances notées précédemment pour Montréal. D’abord le marché du Massachusetts, qui, s’il a récemment délaissé la métropole, semble se diriger de plus en plus du côté de Québec avec un gain net de 10 000 touristes depuis 2004. On constate aussi l’importance du Maine comme marché primaire pour Québec avec 67 000 visiteurs en 2006, quoiqu’en forte baisse par rapport aux années précédentes. Autre fait intéressant, il y a plus de Floridiens (35 000) qui visitent la ville de Québec que celle de Montréal (32 000).

Profils par but de voyage

Comme dernier segment d’analyse, voici trois graphiques qui démontrent l’évolution du nombre de touristes américains selon les régions touristiques visitées (graphiques 7 et 8). Le premier traite spécifiquement des touristes d’agrément et le deuxième des touristes en visite chez des parents et des amis. La mention «autres» comprend non seulement les autres régions touristiques, mais aussi les voyageurs qui n’ont pas précisé la région visitée.

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Quelques constats associés aux graphiques 7 et 8:

  • Sur le marché de l’agrément, Montréal et Québec enregistrent des pertes respectives de 124 000 et de 103 000 touristes en 2006 par rapport à 2004.
  • L’Outaouais et la Mauricie sont les seules régions qui affichent des hausses significatives sur le marché de l’agrément en 2006.
  • Le nombre de touristes en visite chez des parents et des amis est en baisse dans les régions des Cantons-de-l’Est et de Chaudière-Appalaches, entre autres, mais en hausse à Québec, dans les Laurentides et dans Lanaudière.

Pour conclure, le tableau 2 fournit quelques renseignements complémentaires qui permettent de comparer certains éléments du profil touristique des voyageurs d’agrément, selon l’année de référence.

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La première caractéristique, la taille des groupes, demeure relativement inchangée d’une année à l’autre. Tel qu’indiqué précédemment, on remarque avec intérêt que la durée de séjour prend une tendance positive avec une durée moyenne de 3,79 nuitées en 2006. Malheureusement, cela ne se traduit pas par plus de dépenses des Américains, puisque tant les dépenses moyennes par visite que par nuitée connaissent une baisse significative. Avec la poussée récente du dollar canadien, on peut s’attendre à ce que les données entourant les dépenses moyennes continuent de décliner en 2007 et en 2008.Source:
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2003-2006.

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Ailleurs dans le monde Faits et chiffres Gestion Produits et activités

Mes chiffres sont plus gros que les tiens: démystifier l’évaluation de l’impact économique d’un événement

Les nombreux festivals et événements enrichissent l’offre touristique et participent au rayonnement domestique et international d’une destination. Quoiqu’ils génèrent souvent d’importantes retombées économiques, il s’avère souvent ardu de les évaluer. Par ailleurs, les résultats d’études d’impact économique ont souvent été critiqués ces dernières années, à tort ou à raison. La présente analyse se penche sur les considérations qui affectent ces évaluations.

Il s’agit de démystifier les grandes étapes et les principaux enjeux liés aux études d’impact économique.

Connaître les sources d’impact économique

  • La construction d’installations – si cela s’applique, il est essentiel d’obtenir un estimé réaliste de la portion des coûts de construction (professionnels, matériaux, sous-contrats, etc.) qui sont versés dans la communauté.
  • L’organisation et l’opération de l’événement – par exemple, les salaires, les fournitures, la publicité et toutes les dépenses associées aux activités quotidiennes relatives à l’événement.
  • Les dépenses de l’assistance – celles des spectateurs comme celles des participants, des artistes, des vendeurs, des exposants et des médias. Les dépenses incluent tous les frais de voyages et les autres achats motivés par l’assistance à l’événement.

Déterminer la région d’étude

Il s’agit d’une décision cruciale qui peut avoir des répercussions majeures sur les résultats de l’analyse. La prémisse est que la région devrait inclure tous les endroits où la plupart des dépenses associées à l’événement se produiront. Par exemple, dans le cas d’un événement qui serait tenu à Tadoussac, la région d’étude pourrait être la MRC (municipalité régionale de comté) de la Haute Côte-Nord et tous les visiteurs ne provenant pas de ce comté constitueraient la clientèle touristique. Pour un autre événement, une MRC hôte qui ne compterait pas suffisamment d’unités d’hébergement pourrait inclure les MRC environnantes dans sa zone d’étude. Dans un tel cas, si la zone d’étude se limitait à la MRC hôte, les impacts évalués seraient beaucoup moindres. Il n’y a donc pas de formule précise pour délimiter la région d’étude et c’est plutôt le «gros bon sens» qui est requis.

Effectuer la collecte de données

C’est généralement par la collecte de données qu’il est possible d’établir la provenance des visiteurs, leurs motivations et leurs dépenses. Interroger les visiteurs sur le site ou une fois qu’ils sont retournés chez eux sont les deux façons de récolter de l’information, chacune ayant ses forces et faiblesses. Alors qu’intercepter les visiteurs pendant leur visite signifie souvent qu’ils estimeront leurs dépenses, interroger ceux-ci après l’événement peut aussi comporter des lacunes puisque la justesse des réponses dépendra de leur mémoire. Demander aux visiteurs de tenir un registre de leurs dépenses peut éviter ces problèmes, mais repose sur la motivation du répondant à inscrire correctement ses frais et à retourner le formulaire une fois rentré chez lui.

Également, l’échantillon retenu doit être judicieusement sélectionné pour être le plus représentatif possible. Par exemple, les visiteurs en semaine n’ont peut-être pas le même comportement que ceux du week-end; même chose pour les participants aux activités de jours versus celles en soirée.

Estimer l’assistance à une manifestation touristique peut être très simple ou ardu, dépendant si des billets sont vendus pour l’entrée ou si celle-ci est libre. Ce deuxième cas peut soulever des débats quant à la méthode d’estimation. On peut avoir une bonne idée de la clientèle touristique en sondant quelques établissements hôteliers et en extrapolant à la capacité d’hébergement totale ou encore en comptant le nombre de personnes à chaque entrée du site pendant quelques minutes à chaque heure. Ce ne sont là que de brefs exemples et, selon les circonstances, différentes méthodes peuvent être utilisées ou élaborées.

Estimer les impacts économiques directs et indirects

L’impact économique total est composé de:

  • L’impact direct: l’argent nouveau, c’est-à-dire toutes les dépenses qui n’auraient pas eu lieu sans l’événement (les coûts d’exploitation et d’immobilisations de l’événement, les dépenses des visiteurs – provenant de plus de 40 km – ainsi que les taxes générées par ces frais).
  • L’impact indirect (et induit): les dépenses subséquentes générées par la dépense initiale dans l’économie.

L’estimation de l’impact direct est l’aspect le plus souvent critiqué. Toutes les considérations à prendre en compte ne seront pas expliquées ici et varient selon l’événement. Mentionnons toutefois l’importance de départager la clientèle touristique de la clientèle locale, ainsi que la motivation des visiteurs à participer à la manifestation. Ces renseignements déterminent s’il y a de l’argent nouveau qui est dépensé ou s’il s’agit d’un substitut à un autre divertissement. Dans ce dernier cas, l’effet sur l’économie devrait être nul. En ce qui concerne la clientèle touristique, si le visiteur s’est déplacé principalement pour assister à l’événement, ses dépenses devraient être incluses dans l’impact économique. Encore une fois, il n’y a pas de méthodologie unique, mais une compréhension des motifs de participation à l’événement est fondamentale.

L’estimation des impacts économiques indirects se fait à l’aide de modèles:

  • Les modèles multiplicateurs constituent la plus ancienne méthode de calcul, mais, malgré des lacunes, ils demeurent souvent une alternative simple d’utilisation.
  • Les modèles «entrées-sorties» ont l’avantage de produire des résultats par secteurs d’activité et sont les plus utilisés de nos jours.
  • Les matrices de comptabilité sociale (Social accounting matrices) et le modèle «Computable general equilibrium» sont des variantes plus élaborées des modèles entrées-sorties.

Lors du choix de la méthode de calcul des impacts économiques, il est important de considérer l’ampleur de l’événement, les perturbations économiques pouvant affecter les résultats et les préoccupations des décideurs.

Utiliser et interpréter les résultats

Il a été démontré qu’une évaluation de l’impact économique d’un événement, basée sur une méthodologie rigoureuse et des chiffres conservateurs, peut s’avérer un outil très utile pour les décideurs. Mais encore faut-il bien interpréter les résultats.

Pour les décideurs locaux, l’apport dans la localité est la donnée la plus intéressante et contrebalance les éventuels coûts associés à la tenue de l’événement. Les études d’impact économique servent aussi à décider, parmi quelques événements, lequel choisir ou lequel financer. D’ailleurs, le gouvernement québécois, comme plusieurs autres, augmente d’année en année sa participation au financement, mais instaure de nouvelles règles visant à recentrer l’aide vers les événements qui ont une réelle incidence touristique (dépenses de visiteurs non-québécois) et demande aux organisateurs de fournir différents renseignements.

Pour les organisateurs, l’impact économique est un argument marketing pour les éditions suivantes. De plus, l’utilisation d’un modèle entrées-sorties pour évaluer les impacts indirects permet d’identifier quels secteurs de l’économie sont favorisés, ce qui peut servir à identifier et à convaincre les commanditaires potentiels.

Quelques outils

Réaliser une étude d’impact économique pour un événement requiert donc du temps, des ressources et des connaissances. Ceux qui peuvent se le permettre font appel à des firmes spécialisées, mais la plupart des manifestations de petite envergure ne disposent ni du temps, ni des ressources, ni du budget pour mettre en œuvre des études sérieuses et aboutissent souvent à des résultats peu fiables.

Voici quelques outils pouvant aider les organisateurs à obtenir des données crédibles et cohérentes:

  • Tourism British Columbia propose six guides – personnalisés par type d’événement – sur les méthodes de sondage permettant d’évaluer l’impact du tourisme sur l’économie (http://www.tourism.bc.ca/template_list_research.asp?id=7147), dont deux sont traduits en français par Tourisme Ontario (http://www.tourism.gov.on.ca/french/research/resources/).
  • Tourisme Ontario propose également un Modèle de calcul des répercussions du tourisme sur l’économie régionale, présenté sous forme de questionnaire (http://www.tourism.gov.on.ca/french/research/treim/index.html).
  • Le Modèle d’évaluation économique du tourisme sportif (MEETS) de l’Alliance canadienne du tourisme sportif (pour ses membres seulement) (http://www.canadiansporttourism.com/frn_doc.cfm?DocID=20).
  • L’Office du tourisme de Québec met également un outil à la disposition de ses membres.
  • Le plus fréquemment utilisé est le modèle intersectoriel du Québec (http://www.stat.gouv.qc.ca/services/etudes.htm), qui s’appuie sur les tableaux d’entrées-sorties du Québec, ceux-ci comportant des données très détaillées relatives aux échanges de biens et services entre les agents économiques. Cet outil de l’Institut de la statistique du Québec permet de présenter les effets directs, indirects et totaux sur la main-d’œuvre, les salaires, la valeur ajoutée et les importations. Il fournit également une estimation des recettes fiscales et parafiscales découlant d’un projet de dépenses.

Enfin, les études d’impact économique ne représentent qu’une partie des bénéfices que peut retirer une localité. Il importe de considérer également la visibilité de la destination, l’attention des médias et l’amélioration ou la création de nouvelles infrastructures.

Lire aussi:
Comment mesurer les impacts économiques des événements sportifs sur les communautés hôtesses?
Quels impacts ont les grands événements sportifs sur le tourisme? (compte-rendu de conférence)

Sources:
– Hodur, M. Nancy et F. Larry Leistritz. «Estimating the Economic Impact of Event Tourism: A Review of Issues and Methods», Journal of Convention & Event Tourism, vol. 8, no 4, 2006.
– Ministère du tourisme. «Aide aux festivals et aux événements touristiques – Québec dévoile un programme révisé pour 2008-2009», communiqué de presse, 25 octobre 2007.
– Alliance canadienne du tourisme sportif. «FIFA U-20 World Cup Canada 2007», Economic Impact Assessment, octobre 2007.

Sur le Web:
Alliance canadienne du tourisme sportif
Institut de la statistique du Québec
Ministère du Tourisme de lOntario
Tourism British Colombia

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Faits et chiffres Segments de clientèles

Après les X, les Y et les boomers, voici le marché des seniors

La société de consommation n’a pas toujours répondu aux besoins des voyageurs de 60 ans et plus. Il s’agit pourtant d’une clientèle en pleine croissance en cette ère où le vieillissement de la population domine l’évolution démographique. Quand ils sont en santé et libérés des horaires contraignants et des obligations financières, les seniors représentent un marché en or. Il est grand temps de s’intéresser au profil de nos aînés et à leurs préférences en matière de loisirs. Portrait d’un segment de marché grandissant.

À quel âge devient-on senior?

Les seniors, les personnes âgées, les aînés, les gens du troisième âge ou encore le marché gris, on multiplie les termes pour désigner les gens «d’un certain âge». En fait, selon les études et les statistiques, l’âge d’accès au titre de senior varie de 55 à 65 ans. Pour distinguer les seniors des baby-boomers (1947-1966) qui, à l’heure actuelle, regroupent les 41 à 60 ans et constituent un marché amplement documenté au Réseau de veille, nous tenterons ici de cerner le profil des 60 ans et plus. Naturellement, les prévisions, même à court terme, englobent nécessairement les baby-boomers, qui entrent peu à peu dans ce segment de marché. Certains parlent désormais des papy-boomers. Précisons d’ailleurs que les seniors de demain seront, à coup sûr, très différents de ceux d’aujourd’hui.

La génération silencieuse

Actuellement, le segment des 60 ans et plus est occupé par la «génération silencieuse». Cette dernière, marquée par la guerre, moins choyée que les générations subséquentes sur plusieurs plans, se caractérise notamment de la façon suivante:

  • imprégnée par le sens du devoir,
  • respectueuse de l’autorité,
  • recherchant la stabilité,
  • économe et prudente,
  • souvent néophyte face aux technologies de l’information et des communications.

Il s’agit bien sûr de généralités. Aussi, ces qualificatifs peuvent-ils s’appliquer à divers degrés selon l’âge des individus de cette cohorte. Ceux de 60 ans, par exemple, sont initiés ou même expérimentés en matière de technologie de l’information, contrairement aux plus de 75 ans.

Les seniors québécois

Au Québec seulement, on dénombrait 1,5 million de personnes de 60 ans et plus en 2006, soit 20% de l’ensemble de la population. Selon l’Institut de la Statistique du Québec, ce nombre s’élèvera à 2,27 millions en 2026 et représentera 28% des Québécois. Le Print Measurement Bureau (PMB) estime à 621 000 le nombre de Québécois de 60 ans et plus ayant réalisé un voyage de vacances d’une nuit ou plus au Canada au cours des 12 derniers mois, dont 475 000 au Québec. Pour cette même période, 356 000 seniors ont voyagé à l’étranger.

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Visiter des parents et des amis

Le premier mode d’hébergement des seniors en voyage au Canada est la résidence de parents et d’amis (44%), suivi par l’hôtel (25%), alors que la population en général préfère l’hôtel.

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Les principales activités de voyage de ces touristes sont la visite (54%) des parents et des amis – plus que la moyenne de la population – , le sight-seeing (38%) et le magasinage (25%). En outre, les seniors pratiquent le golf dans une plus forte proportion (7%) que la moyenne de la population (4%).

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Randonnées, activités culturelles et golf

De façon générale, les 60 ans et plus s’adonnent également à plusieurs activités de loisirs qui peuvent très bien se pratiquer lors d’un voyage: randonnées pédestres ou à vélo, théâtre, concerts de musique classique, visites de musées et golf, par exemple (graphique 4).

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Destinations

Les destinations étrangères les plus visitées par les seniors québécois sont présentées au tableau suivant. On y constate que l’État de la Floride et l’Italie accueillent une plus forte proportion de seniors que de Québécois, tous âges confondus.CB_2007-12_seniors_tbl1

Un marché qui représente aussi:

  • le tiers (32,5%) des voyageurs québécois par autobus (pour un voyage au Canada),
  • 30% des gens qui ont fait une croisière au cours des 3 dernières années,
  • 57% de ceux qui ont utilisé des chèques de voyage,
  • 25% de la clientèle des grossistes québécois (65 ans et plus).

Des produits adaptés aux seniors

Certaines entreprises misent sur ce marché florissant. L’âge médian de la clientèle de l’agence de voyage bostonienne Vantage Deluxe World Travel est de 71 ans. Les voyages et leurs composantes sont choisis en fonction des besoins et des désirs de cette clientèle. Mentionnons, entre autres:

  • des séjours plus longs que la moyenne,
  • des itinéraires moins chargés, offrant la possibilité de visiter à un rythme paisible,
  • des bateaux de croisières plus petits avec des cabines spacieuses,
  • la possibilité de voyager seul ou encore d’être jumelé à un compagnon de voyage.

Pour l’agence de voyage AG2R, ce sont surtout les services périphériques qui accommoderont les seniors. Parmi ces derniers, soulignons:

  • les transferts depuis et vers les aéroports,
  • le transport des bagages et même leur expédition à l’avance,
  • l’accueil particulièrement soigné et chaleureux dans les hôtels.

Certaines stations de ski du Québec offrent des abonnements à vie aux 70 ans et plus. Ces derniers doivent d’abord se procurer un abonnement régulier qui sera automatiquement renouvelé l’année suivante. Comme ces skieurs pratiquent ce sport avec des amis, parfois plus jeunes, ou encore avec leur famille, ils entraînent avec eux des skieurs «payants». Ils fréquentent aussi les stations en dehors des périodes de fort achalandage.

À l’échelle mondiale

Grâce aux progrès de la science, l’être humain vit de plus en plus longtemps et en bonne santé. La pyramide des âges s’inverse peu à peu dans la plupart des pays développés. Voici, en conclusion, quelques faits et chiffres illustrant le phénomène à l’échelle mondiale:

  • Plus d’un Terrien sur 5 (22%) sera âgé de 60 ans et plus en 2050, contre 10% aujourd’hui. Les plus de 60 ans étaient 602 millions en 2000; ils seront près de 2 milliards en 2050.
  • Aux États-Unis, on compte quelque 37 millions de 65 ans et plus, dont 9,2 millions de 80 ans et plus.
  • L’Amérique regroupe 75 millions de seniors (nés avant 1945).
  • La France comptait 200 centenaires en 1950, 3760 en 1990 et 18 962 en janvier 2007. L’Insee (Institut National de la Statistique et des Études Économiques) estime leur nombre à 150 000 en 2050. On répertorie maintenant les «supercentenaires» français, soit ceux qui dépassent 107 ans.
  • Au Royaume-Uni, les loisirs représentent la plus grande part des dépenses des ménages seniors, plus que l’habitation et l’alimentation.
  • Les seniors seront très bientôt le plus grand segment de marché pour l’industrie du tourisme.

Sources:
– Durand, Amandine. «Seniors: les agences de voyage spécialisées», L’Internaute, [www.linternaute.com], consulté le 14 décembre 2007.
– Hunter-Jones, Philippa et Adele Blackburn. «Understanding the Relationship between Holiday Taking and Self-assessed Health: an Exploratory Study of Senior Tourism», International Journal of Consumer Studies, vol. 31, septembre 2007.
– Institut de la statistique du Québec, 2006.
– Institut de la statistique du Québec, «Si la tendance se maintient… Perspectives démographiques, Québec et régions, 2001-2051», novembre 2004.
– Mesmer, Philippe. «Bienvenue dans un monde senior», Vivre en 2020. Le Monde, hors série, octobre 2007.
– Pak, Cabrini et Ajit Kambil. «Over 50 and Ready To Shop: Serving the Aging Consumer», Journal of Business Strategy, 2006, vol. 27, no 6.
– Print Measurement Bureau, 2007.
– Seniorjournal.com. «Travel Agencies that Target Senior Citizens May Best Meet Special Travel Needs», Senior Citizen Travel & Vacation, 10 septembre 2007.

Lire aussi:

Les seniors sont-ils vraiment des touristes différents des autres?
Seniors, baby-boomers, générations X et Y – des clients, mais aussi des employés.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Midwest segmenté: Ohio et Wisconsin

La couverture des clientèles américaines en provenance de la zone géographique du Midwest se poursuit. Les analyses précédentes ont dressé un portrait des deux marchés les plus connus, soit ceux de Chicago et de Détroit. Nous nous attaquons maintenant à deux États moins familiers, mais tout aussi importants en termes de bassin de population: l’Ohio et le Wisconsin. Saviez-vous qu’on y retrouve quatre métropoles dont la population oscille pour chacune entre 1,6 et 3 millions d’habitants?

L’Ohio la populeuse

Dans la même veine que nos deux premières analyses sur le Midwest, notre principale région d’intérêt demeure lEast North Central qui abrite le Michigan, l’Ohio, l’Illinois, le Wisconsin et l’Indiana (voir carte 1). Nous décortiquerons cette fois deux portions importantes de ce territoire, soit l’Ohio et le Wisconsin.

L’Ohio fait partie des huit États américains dont la population surpasse les 10 millions (11,5 M), comprenant quelques marchés d’importance, soit Cleveland (3 M), Cincinnati (1,7 M) et Columbus (1,6 M).

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Un recensement des liaisons aériennes auprès du site d’Aéroports de Montréal fait état de 14 vols par semaine vers Cincinnati et de 19 en direction de Cleveland, mais aucun lien dans le cas de Columbus. On trouve certains vols directs, notamment avec Continental Airlines dont l’une des trois plaques-tournantes se situe à Cleveland. Par ailleurs, c’est dans la ville de Columbus que s’est établi le nouveau transporteur à très bas prix, Skybus.

La carte 2 illustre le découpage géographique de l’Ohio basé sur les marchés de télévision. Tout comme dans les deux premiers textes sur le Midwest, l’attribution des indices provient du rapport «The Lifestyle Market Analyst» publié annuellement par la firme SRDS. Toutefois, les variables concernant la propension aux voyages d’agrément et d’affaires ayant été retirées de l’édition 2007, ces indices spécifiques proviennent du volume de 2005. Rappelons que les variables sont calculées à partir d’un indice 100 qui reflète la moyenne nationale des États-Unis.

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Le marché de Cleveland

Contrairement à ce que l’on observe à Chicago, le marché de Cleveland (zone vert olive dans la carte 2) est fortement constitué de gens de race blanche (81%) dune population vieillissante. La concentration de ménages dont les revenus sont supérieurs à 100 000 USD est plus faible qu’ailleurs avec un indice de 88. Le profil type du résidant correspond à celui dun «col bleu» avec une scolarité de niveau secondaire.

Il s’agit d’un marché qui se situe dans la moyenne américaine pour les voyages à l’étranger (100) et légèrement plus porteur pour les voyages dagrément (102) et daffaires (106) (graphique 1). Au volet des intérêts, les indices les plus élevés sont associés au golf (123) et au casino (115).

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Le marché de Cincinnati

Le marché de Cincinnati (zone orangée dans la carte 2) abrite également une forte concentration de cols bleus et de nombreux travailleurs de la construction. L’homogénéité ethnique est encore plus marquée avec une proportion de 85% d’Américains de race blanche (128). La population est plus jeune, le segment des 18-24 ans obtenant l’indice le plus haut (108). On y trouve un grand nombre de jeunes familles avec des enfants de moins de 13 ans (115).

À l’opposé du marché de Cleveland, celui de Cincinnati affiche des indices inférieurs quant à l’aspect des voyages à l’étranger (84), par agrément (93) et par affaires (94), alors que les gens ont tendance à prendre l’avion plus fréquemment (109) (graphique 2). Quant aux indices de participation aux activités retenues, les résidants de Cincinnati obtiennent un indice supérieur à 100 dans les seuls cas de la pratique du golf (119) et du camping/randonnée (101).

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Le marché de Columbus

La région métropolitaine de Columbus se caractérise par une forte présence d’étudiants. Le profil type du travailleur correspond à un jeune âgé de 18 à 34 ans, marié, col bleu, détenant un diplôme du secondaire et dont le revenu de ménage se situe entre 50 000 et 75 000 USD.

À première vue, les indicateurs relatifs aux voyages ne semblent pas très prometteurs (graphique 3). Les quatre grandes variables touristiques présentent des indices inférieurs à 90, dont le plus important est celui des voyages à l’étranger (80). Du côté des différentes sphères d’intérêt, seuls le golf (116) et le camping/randonnée (102) présentent des taux de participation au-dessus de la moyenne américaine.

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La banlieue de l’Ohio: une région à oublier!

Rien ne sert de s’attarder trop longtemps sur le marché de la banlieue de l’Ohio. Le potentiel touristique de cette région n’est tout simplement pas au rendez-vous, puisque les indices reliés au voyage sont parmi les plus bas que l’on puisse trouver (graphique 4). En d’autres mots, si vous souhaitez conquérir de nouveaux marchés, mieux vaut regarder ailleurs pour entamer vos démarches auprès de régions plus propices.

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Les résidants de la banlieue de l’Ohio ne sont guère plus participatifs sur le plan des loisirs (graphique 5). Le golf suscite lintérêt le plus marqué et, à l’opposé, le ski engendre un taux de pratique très bas. La région de Youngstown se démarque avec un indice élevé en ce qui concerne les casinos (128).

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Un topo du Wisconsin

Le Wisconsin compte 5,5 millions d’habitants. Les principaux marchés sont ceux de Milwaukee (1,7 M), de Green Bay (800 000) et de Madison (700 000). Aucun vol direct vers Montréal n’est offert à partir de ces marchés. De nombreux Allemands et Scandinaves étant venus s’y installer au XXe siècle, on y remarque une importante influence européenne. Aujourd’hui, 43% de la population du Wisconsin est d’origine allemande. La carte 3 illustre le découpage géographique du Wisconsin, toujours basé sur les marchés de télévision.

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Un marché de voyageurs?

Les variables relatives aux voyages des résidants du Wisconsin affichent des indices intéressants pour les voyages d’agrément (106) et pour les voyages à l’étranger (98), notamment dans la région de Madison (graphique 6). Environ 90% de la population de cette région est de race blanche (134), dont un important contingent de jeunes âgés de 18 à 24 ans (142). On remarque aussi une propension élevée (111) à réaliser des voyages d’affaires du côté des résidants de Duluth.

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Wisconsin Loves Nature

Avis aux pourvoiries, les mordus de pêche sont nombreux au Wisconsin où deux régions (Wausau-Rhinelander et Duluth) affichent des indices supérieurs à 160 (graphique 7). En fait, c’est le Wisconsin dans son ensemble qui présente des valeurs en symbiose avec la nature et l’environnement alors que toutes les régions recueillent des indices supérieurs à 100 pour cet aspect. Cela se reflète aussi sur le désir de pratiquer le camping/randonnée avec des indices supérieurs à 120 pour cinq des six régions. Fait intéressant, on remarque un comportement diamétralement opposé à celui des résidants de l’Ohio par rapport à la pratique du ski. La pratique du ski est particulièrement populaire dans la région de Duluth, avec un impressionnant indice de 176. En terminant, Duluth (130), Milwaukee (128) et Wausau-Rhinelander (123) se démarquent également pour l’intérêt des gens pour les casinos.

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Source:
– SRDS. «The Lifestyle Market Analyst», Market Profiles, 2005 et 2007.

Lire aussi:
Peut-on dompter le marché de Chicago?
Le marché de Détroit, au-delà des préjugés

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Le marché de Détroit, au-delà des préjugés

Bien qu’il ne soit situé qu’à deux heures de vol, le marché de Détroit demeure méconnu. Avons-nous été trop timides avec celui-ci sur le plan touristique? Cette deuxième analyse d’une série de trois sur le marché du Midwest américain dresse un profil régionalisé en fonction des habitudes de voyages et de loisirs des Américains en provenance du Michigan et plus particulièrement du grand Détroit.

Topo du Michigan

Tel que nous l’expliquions dans notre première analyse sur le Midwest américain, notre principale région d’intérêt concerne l’East North Central, qui regroupe le Michigan, l’Ohio, l’Illinois, le Wisconsin et l’Indiana (voir carte 1).

Le Michigan fait partie des huit États américains dont la population dépasse les 10 millions. On y trouve un marché urbain de première importance, celui de Détroit avec ses 3,8 millions d’habitants.

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On associe souvent le marché de Détroit au tourisme de proximité qui relie la ville de l’automobile à la région de Windsor en Ontario. Au cours des dernières années, ce tourisme d’excursionnistes a connu une baisse spectaculaire et les comportements de voyages des Américains ont continué d’évoluer. Le site Aéroports de Montréal fait état de 27 départs par semaine de Montréal-Trudeau vers Détroit. La plupart de ces liaisons sont assurées par le transporteur Northwest Airlines, dont l’une des plaques tournantes se situe à Détroit.

La carte 2 illustre le découpage géographique du Michigan basé sur les marchés de télévision (Designated Market Areas<class= »msonormal »> – DMA). L’attribution des indices provient de «The Lifestyle Market Analyst 2007», rapport que publie annuellement la firme SRDS. Toutefois, comme quelques variables intéressantes ont été retirées de l’édition 2007, certains indices utilisés proviennent du volume de 2005. Rappelons que les variables sont calculées à partir d’un indice 100 qui reflète la moyenne nationale des États-Unis. Plus l’indice surpasse 100, plus la propension illustrée par la variable est élevée.

Carte 2
Marchés géographiques de l’État du Michigan

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Même si certaines régions DMA chevauchent deux États, elles seront traitées une seule fois. C’est le cas des zones de Duluth, de Green Bay-Appleton et de Toledo qui seront intégrés à la prochaine analyse sur les États du Wisconsin et de l’Ohio.

Détroit, la participative

Le marché de Détroit compte 3,8 millions d’âmes, dont la plus forte concentration (le centre-ville) est représentée par le comté de Wayne (1,5 M). Séparée de Windsor, en Ontario, par une simple rivière, cette ville américaine constitue un bassin important d’excursionnistes au Canada (voir carte 3). Ce segment des courts séjours a toutefois affiché une baisse importante au cours des dernières années, notamment en raison du renforcement des mesures de sécurité aux frontières terrestres. Le Québec pourrait-il mieux performer vis-à-vis ce marché par le biais de ses liaisons aériennes?

Carte 3
Marchés géographiques de la région de Détroit
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Cette métropole abrite une grande proportion de «cols bleus» (114). On y trouve également une forte densité de gens de race noire (176), mais très peu de résidants d’origine latine (23). Comme dans la plupart des grandes villes, le revenu moyen d’un ménage est assez élevé (57 000 USD) et un grand nombre de ceux-ci rapportent des revenus supérieurs à 100 000 USD (132). Mentionnons aussi la densité significative du segment âgé de 35 à 44 ans, dont les revenus sont supérieurs à 75 000 USD (131).

Détroit regroupe plusieurs comtés qui affichent des résultats élevés parmi les différentes variables étudiées. Bien desservi par son aéroport, le grand Détroit obtient un indice meilleur que la moyenne américaine (118) en ce qui a trait aux gens qui prennent souvent l’avion (voir graphique 1). Deux comtés (Oakland et Washtenaw) se distinguent particulièrement pour les quatre variables associées aux voyages, avec des chiffres qui surpassent même l’indice 160 dans le cas des habitués des vols en avion.

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Le marché de Détroit peut certes être considéré très participatif sur le plan des activités de loisirs (graphique 2). Les indices les plus élevés sont associés au golf et au ski, soit respectivement 178 et 149 pour Livingston et 156 et 146 pour Oakland. Concernant les activités de camping/randonnée (143) et de pêche (128), le comté de Lapeer s’illustre avec les plus hauts résultats.

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Des amoureux de la culture

Trois autres familles d’activités ont été retenues: les activités culturelles, le casino et l’intérêt pour la nature et l’environnement (graphique 3). Qui a dit qu’une ville étiquetée «industrielle» ne s’intéressait pas à la culture? Le comté de Washtenaw se démarque nettement avec un indice très élevé (143) au volet des activités culturelles, suivi de près par Oakland (134). Comme la région est bien nantie en casinos, on trouve aussi une grande quantité d’amateurs, avec trois régions affichant des indices supérieurs à 120, soit Macomb (133), Lapper (124) et Monroe (123). Finalement, la région de Lapeer (136) dispose du plus grand capital de sympathie pour la nature et l’environnement.

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Peu de voyages à l’étranger pour les régions

Conformément à ce que l’on observe ailleurs, les habitants des régions sont moins susceptibles de voyager que ceux qui résident dans les métropoles (graphique 4). La région de Lansing, limitrophe au grand Détroit (voir carte 2), est celle qui présente les meilleurs indices relatifs aux voyages. Toutefois, aucune des sept régions du Michigan n’affiche des indices supérieurs à la moyenne en ce qui concerne les voyages à l’étranger.

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Mon pays c’est l’hiver

Le nord du Michigan, souvent identifié comme The Upper Peninsula – Marquette et Traverse City-Cadillac –, constitue un endroit très propice aux activités hivernales et est même réputé comme étant le paradis des motoneigistes. Marquette et Traverse City-Cadillac présentent de très fortes incidences pour la pêche (152 et 155), le camping/randonnée (158 et 151) et surtout le ski (215 et 174). En raison d’un climat similaire à celui que l’on trouve au Québec, on peut supposer que la perspective d’une offre touristique hivernale pourrait intéresser les résidants du nord du Michigan.

On remarque également que le golf et l’intérêt pour la nature et l’environnement obtiennent partout des scores supérieurs à la moyenne nationale de 100. C’est tout le contraire du côté de la participation à des activités culturelles où, pour toutes les régions sauf celle de Lansing (93), les indices sont inférieurs à 90. Finalement, on note qu’en ce qui concerne la propension à se rendre au casino, deux endroits obtiennent des indices supérieurs à 130, soit Flint Saginaw-Bay City (133) et Alpena (140).

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Peut-on réussir le pari de Détroit et du Michigan?

Il faut commencer par poser la question: «Est-ce que le Québec a fait le plein du marché de Détroit?» Serait-il envisageable d’améliorer notre performance et de capitaliser davantage sur cette région qui n’est qu’à deux heures de vol de Montréal et qui bénéficie déjà de plusieurs liaisons directes? À l’heure où le tourisme de proximité est le plus durement touché en raison des irritants aux frontières et du prix élevé de l’essence, le temps est peut-être venu d’investir davantage sur certains marchés américains un peu plus éloignés. (Lire aussi: Provenance géographique des Américains au Québec, selon leur mode de transport).

On sait maintenant que les Américains sont avides de découvrir de nouvelles destinations. Pourquoi de notre côté n’irions-nous pas justement cibler de nouveaux marchés? Dans la logique d’un corridor commercial Québec-Windsor, Détroit constitue un marché naturel. Et, contrairement à Toronto, Montréal peut très bien jouer la carte de l’exotisme et s’imposer comme nouvelle destination à découvrir.

Dans le prochain Globe-Veilleur: les marchés de l’Ohio et du Wisconsin.

Lire aussi:
Peut-on dompter le marché de Chicago?
Provenance géographique des Américains au Québec, selon leur mode de transport

Source:
– SRDS. «The Lifestyle Market Analyst», Market Profiles, 2005 et 2007.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Peut-on dompter le marché de Chicago?

Pour l’industrie touristique du Québec, le marché américain du Midwest suscite depuis longtemps fascination et envie, en raison notamment de son imposant bassin de population. Pourtant, malgré de nombreuses offensives marketing, les résultats ont très souvent été décevants pour le Québec. Ce territoire est loin d’être homogène et certaines de ses régions s’avèrent beaucoup plus prometteuses. Le moment est peut-être venu de raffiner davantage nos stratégies. Cette première analyse d’une série de trois s’intéresse spécifiquement à la grande région métropolitaine de Chicago et à ses banlieues en Illinois.

Définition du Midwest

Le traditionnel Midwest couvre les 12 États suivants: Dakota du Sud, Dakota du Nord, Illinois, Indiana, Iowa, Kansas, Michigan, Minnesota, Missouri, Nebraska, Ohio et Wisconsin. La région qui nous intéresse principalement est celle qui appartient au East North Central, qui comprend les cinq États à la périphérie du lac Michigan (voir carte 1) avec un imposant total de 46 millions d’habitants. Des analyses subséquentes traiteront des autres grands centres urbains tels Détroit, Cincinnati, Columbus, Cleveland et Milwaukee.

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Chicago, la brute indomptable

Le grand Chicago qui s’étend principalement en Illinois, mais déborde aussi du côté de l’Indiana, compte plus de sept millions de résidants. C’est le troisième marché en importance après New York et Los Angeles. L’aéroport de Chicago constitue la deuxième plaque-tournante aux États-Unis, après Atlanta. Les vols en partance de Montréal sont fréquents, à hauteur de 90 par semaine (dont plusieurs vols directs), soit un volume sensiblement identique aux départs vers New York. Il est vrai que la majorité des passagers sont en transit, mais cela signifie tout de même que le Québec peut s’appuyer sur un service de transport de qualité pour mieux développer ce marché. Nous avons analysé en détail les habitudes de voyages et les profils d’intérêts des résidants des 12 comtés du grand Chicago (voir carte 2). Les variables illustrées dans les graphiques sont calculées à partir d’un indice 100 qui reflète la moyenne nationale des États-Unis. Plus l’indice surpasse 100, plus la propension illustrée par cette variable est élevée. La segmentation des régions géographiques est basée sur les marchés de télévision et l’attribution des indices provient du rapport The Lifestyle Market Analyst publié annuellement par la firme SRDS.

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Les grands voyageurs

L’analyse par comté démontre que les habitants de certaines régions semblent beaucoup plus susceptibles de voyager que d’autres (graphique 1). Le marché de Chicago paraît particulièrement porteur pour le segment des affaires, ce qui se traduit aussi par des indices élevés associés aux déplacements en avion.

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Les comtés de Lake (Illinois), de Cook et de Du Page sont ceux qui présentent les indices les plus élevés en ce qui concerne les voyages à l’étranger (en bleu), les voyages d’affaires (orange) et les voyages en avion (vert). On remarque par contre que plusieurs régions affichent des résultats beaucoup plus faibles que la moyenne au volet propension à voyager, notamment les comtés de Kankakee, de Grundy et de Lake (Indiana).

Le pays des golfeurs

Nous avons analysé différents types d’activités de loisir compatibles avec la consommation touristique afin de savoir où précisément se situaient les plus fortes densités d’adeptes. Le grand Chicago abrite une vaste quantité de golfeurs. À l’exception du comté de Cook, tous les autres affichent un taux de pratique supérieur à la moyenne nationale (graphique 2). C’est à McHenry qu’on observe l’indice le plus élevé (153), mais trois autres comtés affichent aussi un indice très fort (supérieur à 140), soit Lake (Illinois), Du Page et Kendall.

Chicago possède un important contingent de skieurs (alpins, de fond ou planchistes) et ce sont les régions de Lake (Illinois) et de McHenry qui renferment les plus fortes concentrations. Quant à la propension à pratiquer la pêche, elle est relativement faible, mais le comté de Grundy se démarque avec un indice de 118. En ce qui a trait au camping et à la randonnée, c’est la région de Dekalb qui arrive en tête.

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La troisième série de données évalue l’intérêt pour des activités culturelles, pour le casino ainsi que pour la nature et l’environnement (graphique 3). Le centre-ville de Chicago représenté par le comté de Cook affichel’intérêt le plus significatif (128) pour les activités culturelles. Celui de Lake (Indiana) se démarque (112) pour son goût pour les sorties au casino. Enfin, le plus fort capital de sympathie pour la nature et l’environnement provient de McHenry (105) et de Dekalb (104).

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D’autres variables permettent de mieux comprendre le marché de Chicago. Voici quelques caractéristiques du profil sociodémographique de ses résidants (indices entre parenthèses):

  • fortement éduqué (117)
  • haute concentration de Noirs (146), d’Hispaniques (128) et d’Asiatiques (112)
  • segment dominant de gens travaillant dans la vente/marketing (118)
  • grand nombre de jeunes célibataires de 35-44 ans (116)
  • forte présence de ménages à haut revenu – 100 000$+ (136)
  • plusieurs professionnels jeunes (18-34 ans) et aisés (75 000 $+) (140)

La banlieue préfère le golf aux voyages à l’étranger

La banlieue de Chicago couvre quatre grandes régions, principalement localisées en Illinois.La carte 3 illustre le rayonnement approximatif de chacun de ces marchés. Ces derniers sont basés sur les zones de couverture de la télévision et rejoignent au total environ 2,2 millions d’Américains.

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Les habitants des autres régions de l’Illinois sont intéressés par des activités orientées vers la nature, telles que la pêche et le golf. De plus, les indices liés au tourisme, particulièrement les voyages à l’étranger, par affaires et en avion, présentent un taux de participation très faible; c’est la même chose pour le ski.

Un nouveau regard sur le profil régional du marché de Chicago permet de mieux cerner les différentes occasions de poser des actions plus précises. Une promotion visant l’ensemble du marché, par le biais par exemple des grands quotidiens, coûte très cher. Des interventions mieux ciblées par l’entremise de canaux marketing régionaux secondaires pourraient avoir un meilleur rapport prix/rendement.

Dans le prochain Globe-Veilleur: le marché du Michigan et plus particulièrement de Détroit.

Source:
– SRDS. «The Lifestyle Market Analyst», Market Profiles, 2005-2007.

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Faits et chiffres Réseaux de distribution Technologies

L’e-touriste canadien enfin dévoilé

Pour la première fois, une enquête majeure de la firme de recherche américaine PhoCusWright dresse un profil détaillé de l’e-touriste canadien. Longtemps soupçonnés d’accuser un important retard par rapport aux Américains, voici enfin l’état de la situation quant au taux d’adoption et aux habitudes Internet liés à la planification des voyages et au comportement d’achats des Canadiens.

Qu’entend-on par e-touriste?

Pour les besoins de sa recherche, PhoCusWright a interrogé près de 1500 Canadiens, dont plus de 200 Québécois, dans le but de décortiquer leur comportement de planification et de réservation de voyage. Pour se qualifier en tant qu’«e-touriste», les répondants devaient avoir effectué au moins un voyage par avion ou par train au cours des 12 derniers mois, en plus d’avoir utilisé un hébergement commercial. Les Canadiens retenus pour l’échantillon devaient également s’être servis d’Internet au cours du dernier mois. Environ 27% de la population adulte correspond à ce profil.

Il faut prendre en considération que cette méthode d’échantillonnage s’avère restrictive dans son approche en éliminant les trois quarts de la population adulte. Par contre, le segment de Canadiens retenu par l’étude de PhoCusWright correspond parfaitement au profil du touriste potentiel recherché par l’industrie, d’où le grand intérêt des résultats.

Par ailleurs, l’étude se limite à la dimension des voyages d’agrément et du tourisme d’affaires «unmanaged», c’est-à-dire des voyageurs qui organisent eux-mêmes leurs déplacements d’affaires sans passer par une agence de voyages corporative ou qui ne sont pas liés à une politique d’entreprise. Au Canada, l’ensemble de ce marché a totalisé plus de 24 milliards CAD en 2006. De cette somme, 27% ont été achetés en ligne, soit l’équivalent de 6,5 milliards CAD. PhoCusWright prévoit que cette proportion atteindra 39% dès 2009. À titre comparatif, 34% des achats touristiques ont été réalisés en ligne aux États-Unis en 2006.

Canaux de planification et d’achat

Environ les deux tiers des e-touristes canadiens se servent d’Internet pour planifier et magasiner leurs projets de voyages. Les agences de voyages en ligne (25%), les moteurs de recherche (23%) et les sites Web des fournisseurs (20%) sont les principales sources consultées afin de comparer les prestations de voyages (graphique 1). En moyenne, les Canadiens consultent quatre sites avant d’effectuer une transaction touristique.

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Quand vient le temps de concrétiser l’achat, près du tiers (31%) préfèrent transiger directement en ligne avec le fournisseur. Malgré cela, les agences traditionnelles demeurent compétitives, récoltant la confiance de 27% des e-touristes (comparativement à seulement 19% pour les agences en ligne) une fois le processus de magasinage complété.

Ce qu’ils achètent en ligne

La composante aérienne domine les achats touristiques en ligne des Canadiens, accaparant 73% du marché. La portion hôtelière arrive en deuxième place avec 12%, comparativement à 10% pour les forfaits et à 4% pour la location de voitures. Par contre, l’e-touriste canadien achète les prestations de transport aérien et d’hébergement dans une plus grande proportion que les Canadiens en général (88%) (graphique 2).

Par ailleurs, les sites Internet des fournisseurs, particulièrement ceux des compagnies aériennes, supplantent clairement ceux des agences en ligne telles qu’Expedia. Les grands joueurs comme WestJet, Air Canada et les grandes chaînes hôtelières parviennent à générer une proportion significative de transactions.

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Facteurs d’influence dans le choix de la méthode d’achat

L’attrait du meilleur tarif continue de séduire une grande partie des Canadiens (37%), qui achètent en ligne d’abord pour cette raison (graphique 3). Cette recherche d’aubaines constitue également un critère d’importance pour ceux qui transigent directement auprès du fournisseur (25%) et à l’aide d’un intermédiaire (26%). Les gens qui achètent leurs prestations de voyages hors ligne le font d’abord par habitude (29%) et à cause d’un meilleur service à la clientèle (28%).

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Facteurs d’influence dans la décision

Peu importe que l’on achète en ligne ou non, plusieurs sites Web exercent une influence majeure sur le processus de planification et de décision de voyage du consommateur (graphique 4). Lorsqu’ils magasinent en ligne, 90% des e-touristes canadiens se servent des moteurs de recherche généraux tels que Google et 63% les jugent déterminant comme aide à la décision.

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Apparus il y a trois ans environ, les sites de commentaires personnels (lire aussi: Sur le Web, vos futurs clients lisent les critiques de vos clients actuels!) tels que TripAdvisor jouent déjà un rôle important, tant au stade de la planification (73%) que pour influencer l’achat (43%). Sans surprise, les portails de destination comme Bonjour Québec continuent eux aussi à occuper une place importante. Fait intéressant, les métamoteurs de recherche, par exemple Kayak et SideStep (lire aussi: Attention les métamoteurs de recherche débarquent), que l’on savait populaires aux États-Unis, commencent également à s’imposer comme des acteurs incontournables au Canada. Déjà 57% des e-touristes canadiens affirment s’en servir et 26% jugent qu’ils exercent une influence au moment de la vente.

Les vacanciers sont aux deux!

Malgré l’ascendance qu’exerce le Web sur les voyageurs, il faut retenir que les canaux traditionnels continuent d’être présents à l’étape du processus d’achat, particulièrement auprès de la clientèle d’agrément. En effet, seulement 22% des e-touristes d’agrément achètent la totalité de leurs voyages exclusivement en ligne (graphique 5). La proportion de ceux qui ne se servent jamais d’Internet est supérieure (27%). C’est près de la moitié (48%) qui adoptent un comportement hybride en jouant sur les deux tableaux pour effectuer leurs transactions. Globalement, c’est environ 35% du budget de voyage qui est dépensé en ligne.

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Encore loin du plein potentiel

Le marché du tourisme en ligne canadien n’a pas encore atteint son sommet. PhoCusWright a mesuré l’intérêt potentiel des e-touristes canadiens qui, pour l’instant, n’achètent pas encore leurs voyages sur le Web. Il semble que ce ne soit qu’une question de temps, puisque 68% d’entre eux affirment qu’ils se montrent intéressés à le faire dans le futur.

On dit souvent que le marché canadien du tourisme en ligne affiche un important retard comparé à celui des États-Unis. Avec les nouvelles données présentées par l’étude, on constate un évident rattrapage concernant l’utilisation des différents outils qu’Internet met à la disposition des voyageurs. Quant aux entreprises, l’heure n’est plus à la tergiversation, mais à l’action, afin qu’elles s’assurent d’une présence Web efficace.

Sources:

– PhoCusWright. «Canadian Consumer Travel Trends Survey», 2007.
– Quinby, Douglas. «Canadian Online Travel Overview», PhoCusWright, juin 2007.

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Enjeux Faits et chiffres Marchés géographiques

Ne blâmez pas trop vite le taux de change!

Maintenant atteinte, la parité du dollar canadien avec la devise américaine soulève une fois de plus de nombreux questionnements. Au cours des dernières années, la performance touristique du Canada vis-à-vis du marché américain s’avère certes décevante. L’irrésistible poussée du dollar canadien en 2007 contribue à attiser les inquiétudes de notre industrie. Mais notre déficit touristique est-il intimement lié aux aléas du taux de change? Doit-on s’attendre à ce que l’envolée de notre huard accentue, inévitablement, nos piètres résultats sur ce marché? Pourtant, en élargissant l’horizon d’analyse, nous découvrons une réalité beaucoup plus nuancée!

Le marché américain inquiète

La montée du dollar canadien par rapport à celui de l’Oncle Sam s’est avérée spectaculaire au cours des cinq dernières années. En 2002, 1 USD s’échangeait contre 1,57 CAD (taux de change annuel moyen). Longtemps le taux de change a fait partie des avantages mis de l’avant pour courtiser nos voisins du Sud avec des slogans tels que «Stretch your dollar». Il est clair que la soudaine parité du dollar suscite beaucoup d’inquiétudes dans un contexte où chacun cherche des solutions pour relancer ce marché en déclin, si névralgique pour notre industrie touristique.

Depuis 2002, année record du nombre de touristes américains au Canada, les chiffres sont en chute libre, mis à part une brève reprise en 2004. Mais doit-on lancer la première pierre au taux de change? Surestime-t-on l’influence qu’il a sur le comportement de voyage des Américains?

Qu’en est-il ailleurs?

Afin de mieux saisir et mettre en perspective l’impact réel du taux de change sur les décisions de voyages des Américains, nous avons comparé la progression du huard avec celle d’autres devises (graphique 1). Nous avons analysé la fluctuation du dollar américain depuis 1995 par rapport au dollar canadien, à l’euro, au peso mexicain et au yen japonais. En parallèle, nous avons mesuré l’évolution du nombre de départs internationaux des Américains vers le Canada, le Mexique et l’outre-mer. Afin de rendre toutes ces données comparables, 1995 constitue l’année de référence se traduisant par un indice 100. L’évolution des courbes illustre la diminution ou l’augmentation observée par rapport à l’année de référence.

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Le graphique permet d’abord de constater que la chute du dollar américain par rapport à la devise canadienne (trait rouge) est beaucoup plus prononcée que la baisse enregistrée du nombre de touristes américains au Canada (pointillés rouges). Précisons qu’il s’agit de voyages d’une nuit et plus, les excursions d’une journée ayant en effet récemment subi des baisses plus drastiques.

Plus loin de nous

Il est erroné de croire que les Américains ne sortent plus en raison d’une combinaison de facteurs tels une devise anémique, des préoccupations liées à la sécurité, un repli sur eux-mêmes, etc. La courbe représentant les déplacements touristiques des Américains vers l’outre-mer (pointillés bleus) illustre de manière éloquente qu’ils démontrent plus que jamais de l’intérêt pour la découverte d’autres destinations. Par exemple, selon une enquête auprès des agences de voyages AAA, les réservations estivales de 2007 des voyageurs américains vers l’Europe de l’Est ont bondi de 55%.

On observe certes un recul momentané durant la période des événements du 11 septembre, mais la croissance a repris toute sa vigueur depuis 2003 sur ces marchés éloignés. Par ailleurs, l’euro représente la principale devise pertinente à l’analyse de l’impact du taux de change des déplacements des Américains vers l’outre-mer (bien que nous ayons ajouté le yen à titre indicatif). À l’instar du dollar canadien, l’euro s’est beaucoup apprécié (trait bleu foncé) vis-à-vis du dollar américain depuis 2001. Pourtant, durant la même période, le nombre de départs des Américains vers des destinations outre-mer affiche une croissance spectaculaire.

L’exemple du Mexique

Le Mexique représente un exemple très intéressant, notamment par sa situation géographique qui s’apparente à celle du Canada. À l’inverse de ce que nous vivons, le peso mexicain ne cesse de perdre des plumes depuis 1995 par rapport au dollar américain (trait vert). Pourtant, on remarque pendant cette période que l’accroissement du pouvoir d’achat ne s’est pas répercuté sur les décisions de voyages au Mexique, les résultats touristiques étant parallèlement demeurés au beau fixe (pointillés verts).

La loupe sur deux autres indices

«Toutes choses étant égales par ailleurs». Voilà une notion de base en économie qui sert souvent de prémisse pour analyser un phénomène lié à ce domaine. Cependant, dans la vraie vie, les choses ne sont jamais «égales par ailleurs»… Cette mise en garde s’avère nécessaire pour rappeler les limites du modèle d’analyse présenté au graphique 1.

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L’intention de voyager est souvent liée à la performance de l’économie. Pour cette raison, nous avons jugé intéressant de comparer l’évolution des déplacements touristiques des Américains vers le Canada et l’outre-mer avec deux autres vecteurs économiques, soit le niveau des dépenses personnelles à la consommation (trait violet) et le prix de l’essence (trait jaune).

Indéniablement, la montée vertigineuse des prix à la pompe n’aide pas le tourisme de proximité des Américains qui ont l’habitude de venir au Canada en automobile. Au cours des dernières années, la baisse de ce segment de voyageurs a été beaucoup plus prononcée que celle du tourisme par avion. (Lire aussi: Provenance géographique des Américains au Québec selon leur mode de transport.)

L’évolution des dépenses personnelles à la consommation des Américains constitue un autre indice intéressant de leur pouvoir et de leur volonté de dépenser. On remarque justement que la forte croissance des départs vers l’outre-mer calque assez bien la courbe de l’indice lié à la consommation. Sans prétention scientifique, cela illustre assez bien la mouvance de l’intérêt touristique des Américains au détriment du Canada.

Mieux comprendre l’impact

Dans un article précédent du Réseau de veille en tourisme (lire aussi: La fluctuation des taux de change), nous évoquions des études qui démontraient que le taux de change pouvait influencer les intentions de voyages, particulièrement auprès de certains segments de clientèles. Ainsi, les Américains affichent une sensibilité limitée aux fluctuations des devises comparativement aux Canadiens en ce qui concerne la réalisation de voyages à l’étranger.

Certains facteurs contextuels viennent toutefois gonfler l’impact potentiel de la fluctuation des devises. C’est le cas notamment de la couverture médiatique accordée au phénomène. On peut supposer que les médias canadiens s’intéressent plus à la poussée de notre dollar que ne le font les médias américains.

Il est aussi vrai que même si les Américains ne sont pas réellement conscients ou qu’ils sont peu influencés par la perte de leur pouvoir d’achat, l’impact se fait définitivement sentir une fois qu’ils arrivent à destination. La firme Moneris Solutions a étudié les transactions effectuées par cartes de crédit américaines et cartes bancaires auprès de marchands canadiens. Le total des transactions d’espèces américaines a chuté en juillet et août 2007 par rapport à la même période en 2006.

Mentionnons toutefois que l’étude ne tient pas compte du nombre de visiteurs concernés. Les chiffres permettent néanmoins de supposer que le budget des dépenses diminue dans une proportion plus importante que celle du nombre de touristes américains. D’autres facteurs tels que le prix des chambres à la baisse en 2007 ont aussi exercé un impact sur l’assiette des dépenses. L’étude révèle que les secteurs les plus touchés ont été:

  • les commerçants spécialisés (-35%)
  • les terrains de camping et de caravaning (-22%)
  • les terrains de golf publics (-14%)
  • les réservations hôtelières (-13%)
  • les déplacements en autobus (-13%)
  • les restaurants (-8%)

Un défi de taille

Les difficultés qu’éprouve le Canada à reconquérir le marché américain sont profondes et ne se limitent pas aux facteurs conjoncturels. D’autres études arrivent aux mêmes conclusions: les Américains estiment que le Canada n’est plus aussi attrayant et préfèrent jeter leur dévolu sur de nouvelles destinations. Un taux de change défavorable et un prix de l’essence élevé ne viennent que s’ajouter à la liste des aspects dissuasifs, particulièrement en ce qui touche le tourisme de proximité. À l’heure de la parité, c’est maintenant que l’innovation et l’enrichissement de notre offre touristique feront la différence!

Sources:
– Montet, Virginie. «Les touristes américains découvrent l’Europe de l’Est», La Presse, 26 septembre 2007.
– Office of Travel & Tourism Industries.
– Turner, Riva. «U.S. Spending in Canada Sees Significant Decline», Moneris Solutions [www.moneris.com], 24 septembre 2007.
– U.S. Census Bureau.

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Provenance géographique des Américains au Québec, selon leur mode de transport

Le resserrement des mesures de sécurité, la hausse du prix de l’essence, les nouvelles exigences de passeport, la fluctuation du taux de change et l’accès aérien sont tous des facteurs qui peuvent exercer une influence sur les habitudes de voyages des Américains. Ces derniers viennent de moins en moins au Québec, mais tous les marchés géographiques ne sont pas homogènes et il semble que le segment des voyageurs aériens ne s’en tire pas trop mal. Voici un topo statistique des voyageurs américains au Québec, selon leur mode de transport.

Mise en contexte

Le comportement de voyages des Américains a drastiquement changé au cours des dernières années. Même s’il a baissé considérablement, ce marché demeure le principal foyer émetteur de touristes internationaux pour le Québec, comptant à lui seul pour plus de 67% des déplacements touristiques qui comportent au moins une nuitée dans cette province. (Lire aussi: Mieux comprendre le déclin du marché américain au Québec en 2005.)

Pourtant, les dernières années n’ont pas été faciles; en effet, même si les départs à l’étranger des Américains en 2005 sont en hausse de 10% par rapport à 1998, le taux de croissance à destination du Québec n’est que de 5% au cours de la même période. (Lire aussi: Une concurrence qui mine la performance du Québec et du Canada.)

Les changements des habitudes de voyages des Américains peuvent s’effectuer sur plusieurs plans, notamment celui du mode de transport utilisé. À la base, ce sont deux marchés relativement différents; on trouve, d’une part, les vacanciers des États limitrophes qui se déplacent au Québec principalement en voiture et, d’autre part, les voyageurs d’affaires et ceux des autres régions des États-Unis qui utilisent majoritairement l’avion. Voyons maintenant dans le détail comment se partagent ces deux segments de clientèle.

L’avion régresse moins que l’automobile

De toute la dernière décennie, l’année 2002 s’est révélée l’une des meilleures cuvées américaines pour le Québec. Si l’on analyse les données provenant des entrées aux frontières, on constate que cette bonne performance est due principalement aux visiteurs qui se déplacent en automobile (graphique 1). Depuis 2000, les statistiques à propos des autres modes de transport (dont 60% concernent l’avion) sont demeurées beaucoup plus stables: légère baisse de 4% en 2006 par rapport à 2000; du côté des touristes voyageant en automobile, on note un important déclin de 10% pour la même période.

CP_2007-07_provenance_grphq1

En 2006, l’écart entre le nombre d’Américains qui viennent au Québec en automobile et ceux qui optent pour un autre moyen de déplacement est à son plus bas, à 197 000 touristes; en 2002, à son plus haut niveau, cet écart s’élevait à 504 000. Le portrait du tourisme de proximité, soit celui des excursionnistes, est encore plus sombre. (Lire aussi: Touristes américains: où sont-ils passés?)

Portrait par États d’origine

Les Américains qui voyagent en automobile en provenance des États du Massachusetts et de New York constituent les deux principaux marchés touristiques pour le Québec (graphique 2). Selon les données de Statistique Canada issues de l’Enquête sur les voyageurs internationaux, un total de près de 435 000 Américains sont des résidants de ces deux États. Le plus important contingent de voyageurs (423 000) est composé néanmoins des utilisateurs de l’avion en provenance des autres États éloignés, qui ne figurent pas parmi les principaux émetteurs de touristes.

CP_2007-07_provenance_grphq2

Le graphique 2 nous apprend que:

  • La quasi-totalité des touristes du Vermont utilisent la voiture pour venir au Québec.
  • Près de la moitié des touristes américains (41%) qui visitent le Québec en autobus, soit 67 000 touristes, viennent du Maine.
  • Le Massachusetts ne nous envoie que 15 000 passagers aériens (l’Ontario en reçoit 50 000 selon les statistiques tirées de la même enquête), comparativement à 43 000 pour la Pennsylvanie (Ontario: 50 000), 61 000 pour la Floride (Ontario: 131 000) et 104 000 pour l’État de New York (Ontario: 164 000).

Quand on décortique le segment «Autres», on constate que plusieurs États éloignés constituent d’intéressants marchés touristiques sans pour autant qu’ils soient la cible d’offensives marketing.

Les autres principaux marchés éloignés de voyageurs aériens au Québec sont:

  • Californie: 88 000 (Ontario: 148 000)
  • Texas: 45 000 (Ontario: 138 000)
  • Illinois: 31 000 (Ontario: 120 000)
  • Virginie: 23 000 (Ontario: 39 000)
  • Wisconsin: 23 000 (Ontario: 59 000)
  • Caroline du Nord: 21 000 (Ontario: 48 000)

Comme la ville de Toronto bénéficie d’une meilleure desserte aérienne, l’Ontario obtient de bien meilleures performances.

Évolution du marché d’agrément

Les deux prochains graphiques apportent des éléments de réponse quant à l’évolution du comportement de voyages des Américains qui font des séjours d’agrément au Québec. Dans le cas des touristes en automobile, on note des baisses significatives en 2005 par rapport à 2004 et ce, dans les quatre principaux États émetteurs, soit New York, Massachusetts, Vermont et New Hampshire. Seul le Maine affiche une légère augmentation en 2005.

CP_2007-07_provenance_grphq3

Quant aux voyageurs aériens, toujours pour motif d’agrément, la situation est beaucoup moins négative. Pour certains États, les gains réalisés auprès des touristes qui ont pris l’avion compensent, en nombre, les pertes enregistrées sur le marché des voyageurs en automobile. Le Québec a en effet fait d’importants gains sur les marchés de New York, de Pennsylvanie et de Floride. On remarque toutefois une baisse de 39 000 passagers provenant des marchés éloignés (Autres).

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Voyages d’affaires et visites de parents et amis aux antipodes

Les voyageurs d’affaires américains utilisent principalement l’avion pour leurs déplacements au Québec (graphique 5). New York constitue un marché important avec 43 000 touristes d’affaires, dont 34 000 par avion. Le part du lion de ce segment de clientèle provient toutefois des autres États, qui ont envoyé au Québec 213 000 voyageurs d’affaires presque tous par voie aérienne.

En terminant, les touristes en visite chez des parents et des amis viennent massivement en voiture, sauf les Floridiens, qui sont 25 000 (80%) à opter pour l’avion (graphique 6). Dans les cas spécifiques des États limitrophes du Maine, du New Hampshire, du Vermont et du Connecticut, le choix de l’automobile fait à peu près l’unanimité. Même du côté des États éloignés, ils sont majoritaires (49 000) à prendre les axes routiers.

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L’importance des dessertes

Il est clair que l’accès aérien demeure un enjeu fondamental pour améliorer les performances touristiques d’une destination. Les données indiquent que, en dépit du peu de promotion effectuée pour plusieurs marchés éloignés importants comme le Texas, la Californie et la Floride, on obtient des résultats prometteurs en termes du nombre de passagers aériens américains. Précisons que, selon The Lifestyle Market Analyst 2005, le marché des Américains qui prennent régulièrement l’avion et qui voyagent à l’étranger est évalué à 10 millions de personnes.

On note toutefois que la performance de l’Ontario s’avère largement supérieure sur plusieurs marchés éloignés, en raison de meilleures dessertes aériennes. Cela nous conduit une fois de plus à une question aussi cruciale que complexe: peut-être est-il temps pour l’industrie touristique québécoise, particulièrement pour les destinations, de prendre davantage de risques et d’investir avec des transporteurs, à titre de partenaire, dans la création de nouvelles liaisons aériennes dans le but de développer de nouveaux marchés éloignés?

Sources:
– The Lifestyle Market Analyst, Lifestyle Profiles, 2005.
– Statistique Canada, Enquête sur les voyageurs internationaux, traitement spécial, 2005.

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Comparatif des voyages outre-mer des Québécois et des Ontariens

Les Ontariens sont beaucoup plus enclins que les Québécois à effectuer des voyages internationaux. Cela étant dit, nous sommes en présence de deux marchés constitués de plusieurs segments qui eux-mêmes affichent des comportements de voyages différents les uns des autres. Nous avons choisi d’étudier les déplacements à l’étranger de ces deux marchés majeurs en fonction de deux critères, soit les groupes d’âge et la saison des voyages.

Les Ontariens sont plus «sorteux»

Selon Statistique Canada, les Québécois ont effectué plus de 4,8 millions de voyages d’une nuit ou plus à l’étranger en 2005, soit l’équivalent de 37,4 millions de nuitées. Les dépenses touristiques internationales des Québécois se chiffrent à 3,17 milliards de dollars, soit une augmentation de 16% depuis 2003. Le tableau 1 établit la répartition des voyages outre-mer des Ontariens et des Québécois en 2005.

CP_2007-07_comp_Qc_Ont_tbl1

Ces données confirment que, parmi les Canadiens, les Québécois sont les plus nombreux à ne pas voyager, particulièrement vers des destinations outre-mer. (Lire aussi: Un topo de la population canadienne qui ne voyage pas). Bien que la population de l’Ontario soit supérieure de 59% à celle du Québec, le nombre de ses voyages outre-mer est 137% plus élevé que celui des Québécois. Selon les données obtenues du Print Measurement Bureau (PMB), on constate que la propension des Ontariens à voyager à l’international (y compris aux États-Unis) est nettement plus forte que celle des Québécois, et ce, pour toutes les tranches d’âge (tableau 2), particulièrement à compter de 25 ans. Quant à eux, les Québécois de 25 à 34 ans affichent une faible tendance à voyager hors du Canada. En termes d’importance absolue, ce segment représente un volume de voyageurs à peine plus élevé que celui des seniors (16,7% contre 15,7%).

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Les individus du groupe des 25-34 ans jouent le double rôle de jeune professionnel et de chef de nouvelle famille. Il s’avère difficile de départager l’incidence des voyages d’affaires par rapport aux voyages personnels (en solo, en couple ou en famille). On constate néanmoins que les jeunes gens d’affaires ontariens voyagent plus à l’extérieur du pays et que les jeunes familles ontariennes ont plus tendance à partir à l’étranger que celles du Québec. En jumelant les deux segments les plus importants, on constate que les 35-64 ans représentent plus de 55% des voyageurs québécois à l’étranger. Du côté du segment des seniors, on voit que le potentiel du marché ontarien est nettement supérieur: quelque 609 800 Ontariens âgés de 65 ans et plus ont fait un voyage international, comparativement à seulement 126 000 Québécois du même âge.

La proximité frontalière de plusieurs grandes villes américaines (notamment Buffalo et Détroit) ainsi que les meilleures dessertes aériennes, autant transfrontalières qu’internationales, peuvent en partie expliquer cette grande différence entre les deux provinces.

Le top 3 des destinations

Les voyageurs présentent des différences significatives en termes de destinations de prédilection selon leur segment d’âge (graphiques 1 et 2). Pour les Québécois, le top trois des lieux de vacances est généralement composé de la France, de la République dominicaine et de Cuba. Le groupe des 35-44 ans se distingue avec le Mexique en deuxième place. Les personnes âgées de plus de 65 ans ont quant à elles un faible pour l’Italie qui se classe bonne troisième.

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Le topo est passablement différent chez nos voisins de l’Ontario. Ces derniers optent prioritairement pour des voyages du côté du Royaume-Uni ou du Mexique. Pour le reste on constate qu’il y a moins de constance en ce qui concerne les choix de chacun des segments d’âge. L’Italie intéresse les Ontariens comme les Québécois d’âge mûr (55 ans et plus), souvent accompagnés de leurs adolescents (12-19 ans). Les jeunes de moins de 25 ans se tournent avec plaisir vers la République dominicaine. Finalement, plusieurs familles (les groupes des 25-54 ans et des moins de 12 ans) apprécient grandement les plages de Cuba.Dans le groupe des 35-44 ans ayant fait un voyage outre-mer, un Québécois sur deux aura choisi le Sud et moins d’un Ontarien sur trois aura agi de la sorte.

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Les Caraïbes ont la cote auprès des Québécois

Pour tous les segments d’âge parmi les Québécois, les destinations des Caraïbes enregistrent des gains importants en 2005 lorsque l’on compare avec l’année 2002 (graphique 3). Cette croissance est particulièrement marquée auprès des jeunes de moins de 20 ans et auprès des gens âgés de 45 à 64 ans, qui marquent tous une progression de plus de 100% du nombre de départs.

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L’Amérique centrale et le Mexique sont en perte de vitesse auprès des jeunes Québécois de moins de 25 ans, alors que ces destinations intéressent maintenant davantage les segments des 25-44 ans et des 55-64 ans. On remarque aussi que l’Europe affiche une baisse du côté des 20-24 ans et des 35-44 ans, mais une hausse marquée chez les 12-19 ans et les 55-64 ans. À nouveau, on peut supposer qu’un nombre important de ces baby-boomers voyagent accompagnés de leurs enfants ou petits-enfants.

La France à la loupe

Comme la France représente la destination outre-mer la plus visitée par les Québécois, il est intéressant de regarder spécifiquement l’évolution du nombre de départs de 2002 à 2005, selon les différents segments d’âge (graphique 4). Ce sont les seniors (65 ans et plus) qui inscrivent la plus forte progression (+118%) au cours de cette période. Les groupes des 12-19 ans et des 35-44 ans représentent les segments en baisse. Dans le cas des 12-19 ans, on note au graphique 3 qu’il y a pourtant une croissance généralisée pour l’Europe comme destination de voyage. Ce segment délaisse ainsi la France pour se tourner massivement vers d’autres pays du Vieux Continent.

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Les voyages vers les Caraïbes explosent au 3e trimestre

On constate que cinq fois plus de Québécois ont choisi de partir vers les Caraïbes au cours du troisième trimestre de 2005 par rapport à 2002 (graphique 5). Autre changement intéressant, de plus en plus de voyageurs choisissent les mois d’hiver pour visiter l’Europe. L’Amérique centrale et le Mexique récoltent pour leur part un fort gain (+245%) au cours du deuxième trimestre.

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Sources:
– Print Measurement Bureau, 2006.
– Statistique Canada. Enquête sur les voyages internationaux, 2005.