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Transport

Une garantie voyage pour atténuer les désagréments du service

Afin d’améliorer son service à la clientèle, la SNCF, compagnie ferroviaire française, propose depuis le 31 mars dernier La Garantie Voyage à tous les acheteurs de billets de train. Elle s’engage à investir 50 millions d’euros par an pour satisfaire six garanties: information, report ou remboursement, place assise, assistance, ponctualité et réclamation. Voici quelques-uns de ses engagements.

Avant le voyage

  • La garantie «Information»

L’application SNCF Direct, mise à jour en mars dernier, permet à l’utilisateur d’être informé des retards de trains et de connaître le quai d’embarquement. Il est aussi possible de consulter l’historique de la ponctualité des trains lors des 60 derniers jours, sur le site infolignes.com.

Source: itunes.apple.com

  • La garantie «Report ou remboursement»

En cas d’annulation ou de report de plus d’une heure au départ, le client peut se faire rembourser immédiatement l’intégralité du prix de son billet, y compris celui du retour.

Pendant le voyage

  • La garantie «Place assise»

Dans une situation de surréservation (overbooking) à bord des trajets d’une durée supérieure à une heure trente, le voyageur qui n’a pas de place disponible reçoit une compensation sous forme de bons de réduction. Jusqu’à présent, les passagers qui restaient debout ou s’asseyaient sur un strapontin payaient le plein tarif.

Après le voyage

  • La garantie «Ponctualité»

Lorsqu’un train est en retard de plus de 30 minutes, les voyageurs peuvent en connaître la raison en se rendant sur le site infolignes.com dès le lendemain, où ils seront informés de leur droit à une compensation de 25% à 75% du prix de leur billet.

Ces garanties ne s’appliquent pour l’instant que sur les lignes TGV et INTERCITÉS; l’extension à celles des trains express régionaux (TER) serait la prochaine étape. Avec ces engagements, la SNCF souhaite faire un effort de transparence et améliorer l’indemnisation, afin de redorer son image auprès de la clientèle.

 

Sources:

– Déplacements Pros. «La SNCF propose une garantie voyages», deplacementspros.com, 27 mars 2012.

– Le Figaro. «La SNCF propose à ses clients une “garantie voyage», lefigaro.fr, 27 mars 2012.

– SNCF. «La Garantie Voyage – avant, pendant et après votre voyage», mars 2012.

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Produits et activités Transport

Les croisières fluviales, ou comment faire d’un voyage un long fleuve tranquille

Depuis une dizaine d’années, les croisières fluviales connaissent une croissance de leur popularité. L’Europe se classe première au monde, mais la Russie et l’Asie tirent également leur épingle du jeu. Selon la Cruise Lines International Association (CLIA), la demande de la clientèle nord-américaine augmente plus rapidement pour ces croisières que pour les croisières maritimes. En pleine expansion, ce secteur se métamorphose, et voit son offre se bonifier et sa clientèle s’élargir. Regard sur l’offre et la demande des croisières fluviales.

Qu’est-ce qu’une croisière fluviale?

Les croisières, dont la durée varie de quelques heures à plus d’une semaine, combinent l’excursion fluviale et des escales à la journée. Elles proposent en général des formules tout inclus alliant la navigation, les nuitées à bord ou sur la terre ferme, la restauration et les visites à destination, essentiellement axées sur les attraits culturels. Les clients profitent de prestations dignes d’un hôtel 3 ou 4 étoiles et d’une plus grande intimité que sur les navires maritimes. Certains paquebots fluviaux, longs d’une centaine de mètres et comptant au plus trois étages, peuvent accueillir jusqu’à 150 passagers.

Les paquebots sillonnent surtout les fleuves européens

En Europe, les croisières fluviales connaissent une croissance soutenue depuis quelques années, et le continent est aujourd’hui la première destination mondiale pour le tourisme fluvial, dont 15 pays profitent. Les croisières se concentrent principalement sur le Rhin et le Danube, et les offres combinent des escales dans des villes de plusieurs pays.

La France, qui possède le plus long réseau fluvial exploitable du continent, voit sa clientèle augmenter de 14% en moyenne par année depuis 2007, pour atteindre 180 000 passagers en 2010. Le futur canal Seine-Nord Europe, dont la mise en service est prévue pour 2017, permettra de relier le Rhin, le Danube et la Seine, afin de développer de nouveaux itinéraires, tels que Paris-Amsterdam.

Les croisières fluviales sont aussi très populaires en Égypte, en Russie, en Chine ou encore aux États-Unis. Voguer sur le Nil, la Volga, le Yangtze ou le Mississippi, permet, tout comme en Europe de l’Ouest, d’allier contemplation des paysages et visite de sites culturels et naturels.

 

 Source: avidcruiser.com, La Marguerite d’AmaWaterways sur le Mékong

Qui sont les acteurs sur ce marché?

Cette industrie est dominée par quatre compagnies internationales: Viking River Cruises (23 navires), AmaWaterways (12 navires), Uniworld (10 navires); Avalon Waterways (9 navires); et une entreprise européenne CroisiEurope. Avec ses 26 bateaux, cette dernière se positionne en tant que chef de file sur ce marché. Elle a atteint en 2011 les 200 000 passagers, dont 60% de Français.

Leurs flottes sont récentes et se renouvellent continuellement, les plus vieux paquebots datant de cinq ou six ans. Ces compagnies sont en activité environ 33 semaines par année, et leur taux d’occupation se situe entre 90 et 95%.

Source: avidcruiser.com, Uniworld Boutique River Cruise devant le parlement de Budapest

En quoi consiste l’offre, quels sont ses atouts et ses contraintes?

La clé du succès de la croisière fluviale réside dans sa capacité à rendre accessibles des endroits où ne pourraient jamais aller les navires de croisière maritimes. Les atouts mis de l’avant pour les croisières en Europe sont le patrimoine historique et culturel, la gastronomie, l’œnotourisme et les paysages naturels. Le tarif de base inclut généralement la croisière et les excursions. Un forfait comprenant le vol aller-retour ainsi que les nuitées avant et après la croisière coûte environ 1000$ de plus pour la clientèle nord-américaine.

Cependant, il existe quelques contraintes au bon déroulement de ces croisières. Les problèmes de niveau d’eau sont fréquents: trop haut au printemps, ils empêchent les paquebots de passer sous les ponts; trop bas le reste de l’année, ils compliquent la navigation. En hiver, à certains endroits, les fleuves peuvent geler, et les bateaux ne sont pas équipés pour traverser les glaces.

Une clientèle qui tend à se diversifier

Traditionnellement, la clientèle est plutôt âgée et possède un fort pouvoir d’achat. Cependant, Voies navigables de France constate une démocratisation de l’industrie, grâce à une clientèle de plus en plus internationale (Russes, Chinois, etc.) et jeune.

En Europe, le quart de la clientèle provient des États-Unis. Le nombre d’Américains réalisant des croisières fluviales en Europe a atteint 250 000 passagers en 2011. Selon la CLIA, la demande de la clientèle nord-américaine pour les croisières fluviales a augmenté de 65% entre 2005 et 2010, par rapport à 10% pour les croisières maritimes. D’après l’enquête annuelle de l’association nord-américaine Travel Leaders, 75% des agents de voyages constatent un intérêt croissant et une augmentation des réservations outre-mer de la part de leur clientèle pour les croisières fluviales.

Quelques tendances dominantes

Les compagnies veulent attirer une plus large clientèle, et elles proposent pour cela des produits diversifiés. À titre d’exemple, France Cruises, basée aux États-Unis, offre toute une gamme de produits thématiques (gastronomie, œnologie, art, golf, bien-être, séjour romantique, etc.). Pour élargir leur offre de divertissement, les paquebots s’inspirent des clubs de vacances: clubs enfants, soirées thématiques, etc.

Aujourd’hui, les compagnies ont modernisé leur flotte afin de séduire une clientèle de luxe, habituée au confort des croisières maritimes. Pour améliorer l’expérience à bord, les services et les installations sont plus nombreux (piscines, saunas, Wi-Fi, balcons privés, etc.).

Source: avidcruiser.com, le centre de santé d’un des navires d’Avalon Waterways

Les nouveaux navires d’Avalon Waterways offriront le Wi-Fi gratuitement à bord, et des iPad seront disponibles dans les suites royales. La plupart des cabines des six nouveaux navires de Viking River Cruises possèderont de grands balcons et un nouveau design. La compagnie déclare offrir les plus grandes suites jamais construites sur un paquebot fluvial, allant jusqu’à 445 pi2 (voir la photo ci-dessous). De plus, dans le but d’accroître leur rentabilité tout en conservant leurs services haut de gamme, les paquebots prennent du volume pour accueillir jusqu’à 170 passagers.

Source: avidcruiser.com, Viking Longships Boats

Au Québec, l’offre en place se distingue sensiblement de la situation observée en Europe. On y trouve néanmoins une intéressante diversité d’expériences, que ce soit pour des excursions d’une ou plusieurs journées, avec ou sans nuitée à bord. Mentionnons le M/S Jacques-Cartier, qui navigue entre autres sur les rivières Richelieu et des Outaouais; le Cavalier Maxim des Croisières AML, offrant des croisières sur le Saint-Laurent de deux à trois jours incluant l’hébergement terrestre; le Vacancier de CTMA, possédant entre autres une salle d’exercice et un cinéma, et dont les croisières sur le Saint-Laurent sont promues en France par les voyagistes Terre Canada et La Maison des États-Unis; ou encore Relais Nordik, qui propose des visites dans les différents villages de la Côte-Nord.

La demande est bien présente; le Québec, qui cherche à mettre en valeur son fleuve et à en faire un axe de positionnement, se doit de continuer à proposer des offres distinctives et surtout de les faire connaître.

 

Analyse rédigée dans le cadre de la veille thématique réalisée pour le ministère du Tourisme du Québec.

 

Sources:

– Association Française des Compagnies de Croisières. «Le Marché de la croisière. Bilan 2010», conférence de presse, 24 mars 2011.

– Bryant, Sue. «Could Europe Drought Spell Big Trouble for River Cruise Lines?», cruisecritic.com, 3 décembre 2011.

– Dooley, George. «Americans Flocking to European Cruises», travelagentcentral.com, 10 janvier 2012.

– Espaces tourisme et loisirs. «Croisières et promenades fluviales», no 297, novembre 2011.

– Grizzle, Ralph. «River Cruising 2012: Bigger & Better Ships, New Destinations», travel.usatoday.com, 22 novembre 2011.

– Jaladis, Stéphane. «CroisiEurope : 125 M€ de chiffre d’affaires en 2011», pros-du-tourisme.com, 9 décembre 2011.

– River Cruise Advisor. «Getting to Know your Waterways», avidcruiser.com, consulté le 20 décembre 2011.

– Sloan, Gene. «Avalon Waterways executive: River cruise boom to continue», travel.usatoday.com, 23 novembre 2011.

– Travelindustrytoday.com. «Encore and AmaWaterways team up», travelindustrytoday.com, 31 octobre 2011.

– Viking River Cruises. «Inside Europe» [Communication présentée durant l’événement Cruise Shipping Miami, le 15 mars 2011, Miami, États-Unis].

– Wilkening, David. «River Cruising: steaming towards a port near you», travelmole.com, 15 novembre 2011.

 

Sites Web:

– Viking River Cruises

– AmaWaterways

– Uniworld

– Avalon Waterways

– CroisiEurope

– France Cruises

– M/S Jacques-Cartier

– Croisières CTMA

– Relais Nordik

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Marchés géographiques Transport

L’internationalisation des aéroports régionaux au Québec

Le monopole de l’aéroport de Montréal sur les voyages internationaux et transfrontaliers du Québec s’amenuise petit à petit. En plus de l’aéroport Jean-Lesage à Québec, cinq autres sont actifs dans le domaine des liaisons internationales en 2011. Ce phénomène d’internationalisation favorise surtout les voyages des Québécois vers l’étranger. Le vrai défi consiste à offrir des vols internationaux qui amènent des touristes dans les régions, comme le fait l’aéroport La Macaza–Mont-Tremblant.

Le dynamisme de l’aéroport de Québec

En 2010, l’aéroport de Montréal sert 93% des voyageurs transfrontaliers et internationaux des aéroports du Québec, ce qui représente 2,5% de moins que la part de marché qu’il détenait en 2005. L’aéroport de Québec est le principal responsable de cette perte relative(voir le tableau 1).

Quelque 548 000 passagers transfrontaliers et internationaux ont embarqué et débarqué en 2010 à l’aéroport Jean-Lesage, soit 6% de tous les passagers québécois. Il s’agit d’une croissance de 145% par rapport à 2005 (217% pour les seuls voyages internationaux). Dans les onze premiers mois de 2011, les voyageurs transfrontaliers y ont crû de 9%, et les voyageurs internationaux, de 23%.

Quatre transporteurs américains (United, Delta, Continental et US Airways) et quatre transporteurs canadiens (Transat, Sunwing, Canjet et Westjet) offrent des liaisons directes hors du Canada. Six villes des États-Unis, dix destinations soleil et deux villes de France (Transat) sont desservies par l’aéroport Jean-Lesage. Air Canada n’y a pas de liaisons directes vers l’étranger. Elles se font par des correspondances à Montréal ou à Toronto, ce qui est comptabilisé comme des vols domestiques pour Québec.

Les transporteurs canadiens actifs à l’international développent essentiellement le tourisme expéditif vers les destinations soleil.

Les liaisons directes pour les États-Unis et la France favorisent aussi le tourisme réceptif pour la région et le Québec. En 2010, le poste de douane de l’aéroport a contrôlé 290 490 passagers entrant au Canada, dont 23% (65 528) sont des non-résidents canadiens. Ce pourcentage est un indice de l’apport des vols transfrontaliers et internationaux au tourisme réceptif. L’amélioration des liaisons vers les États-Unis crée également des conditions plus favorables pour attirer des croisières dont le port d’embarquement et de débarquement est à Québec.

Cinq aéroports régionaux engagés dans des liaisons internationales

Les transporteurs canadiens se livrent une concurrence vigoureuse sur les destinations soleil. Pour se rapprocher de ses clients, Sunwing offre des départs dans quelques régions du Québec en 2006. Transat, en partenariat avec Canjet, a emboîté le pas.

Sunwing réserve un certain nombre de places pour la clientèle des aéroports régionaux, et le reste est attribué à des passagers transitant par un aéroport majeur comme celui de Québec ou de Montréal. Transat–Canjet propose plutôt un vol direct au départ, mais au retour, le vol comprend une escale pour le passage aux douanes.

Cinq aéroports régionaux offrent des liaisons internationales en 2011 (voir le tableau 2). L’aéroport de Bromont a annoncé son intention de le faire, mais le projet est encore à l’étude.

À l’exception de La Macaza–Mont-Tremblant, les quatre autres aéroports favorisent le tourisme expéditif et doivent composer avec l’absence sur place d’un service des douanes. Les services internationaux sont saisonniers.

Situé au Saguenay, l’aéroport de Bagotville est l’aéroport régional le plus actif à l’international; 7 795 passagers sont partis durant la saison d’hiver 2010-2011 pour une destination soleil. C’est 15% de plus que la saison précédente, ce qui laisse croire que le plateau de développement n’est pas encore atteint.

À Sept-Îles, Sunwing offre en hiver un vol par semaine vers Varadero avec escale à Montréal à l’aller et au retour.

À Val-d’Or, Sunwing propose un vol par semaine en hiver vers la République dominicaine avec escale à Québec à l’aller et au retour.

À Rouyn-Noranda, Transat, en collaboration avec Canjet, offre un vol direct par semaine à Cancùn depuis le 21 décembre 2011 avec un appareil de 189 passagers. Au retour, le vol fait escale à Ottawa pour les formalités douanières.

La Macaza–Mont-Tremblant est une exception. L’aéroport met l’accent sur le tourisme réceptif pour soutenir l’achalandage de la Station Tremblant. Porter Airlines y confirme pour l’hiver 2011-2012 un lien direct par semaine vers Newark avec un appareil de 70 sièges. Il propose aussi 16 vols vers Toronto avec des correspondances vers plusieurs villes américaines.

En 2010, 902 passagers de vols commerciaux sont passés à son contrôle douanier. Ce chiffre n’inclut pas les entrées sur les vols de Toronto qui ne passent pas à la douane, et les vols effectués par des avions privés.

 

Aéroport La Macaza–Mont-Tremblant

À Bromont, l’aéroport compte déjà sur un service de douane assuré au besoin par le poste frontalier de Stanstead. Le projet d’internationalisation, toujours à l’étude, s’inspire de l’aéroport international d’Abbotsford situé à proximité de l’aéroport de Vancouver.

Il serait question d’offrir des liaisons régulières d’affaires ainsi qu’une ou des destinations soleil actuellement desservies avec Sunwing ou Transat. La proximité et la concurrence de Montréal, de Plattsburgh et de Burlington constituent le défi. On mise donc sur le marché régional, les problèmes de congestion à Montréal et des délais d’attente plus courts pour rivaliser avec l’aéroport Pierre-Elliot Trudeau.

Le vrai défi reste à relever

Les liaisons internationales favorisent donc essentiellement le tourisme expéditif, c’est-à-dire le tourisme du Québec vers l’étranger. L’aéroport La Macaza-Mont-Tremblant est la seule véritable exception.

L’offre de départs vers le Sud améliore les services offerts à la population des régions. Ces départs évitent aux voyageurs des frais de déplacement et de séjour pour se rendre aux aéroports majeurs québécois. C’est une façon d’encourager les vacances à l’étranger et de réduire les dépenses faites au Québec liées à ces voyages.

Les transporteurs jugent plus rentable d’offrir les destinations soleil aux Québécois que d’attirer les touristes étrangers dans les régions du Québec. Tout de même, en rivalisant les unes contre les autres sur les marchés de petite taille, les transporteurs tentent «un pari risqué» selon Jacques Roy, spécialiste en transports à HEC Montréal. Le potentiel d’expansion restera limité, sauf à Québec.

Est-il possible de développer des services aériens qui soutiendront la venue de touristes en région? L’exemple de La Macaza est inspirant; les efforts de Québec sont encourageants. Bromont peut-il jouer le rôle de La Macaza pour les Cantons-de-l’Est? Peut-on mettre en place d’autres liaisons saisonnières pour les touristes d’agrément ailleurs au Québec ? Voilà le vrai défi.

Sources:

– Site Web des aéroports concernés et validation téléphonique auprès de ces aéroports.

– Statistique Canada, catalogues 51-203-XIF pour 2005 et 51-203-X pour 2010.

– Les affaires.com. «L’offre des vols internationaux s’intensifie en région», 7 mai 2011.

– Mont-Tremblant, «Porter transportera des New-Yorkais vers Tremblant cet hiver», communiqué de presse, 2 octobre 2011.

– Agence des Services frontaliers du Canada, compilation spéciale.

 Sites Web:

– Aéroport de Bagotville

– Aéroport de Bromont

– Aéroport La Macaza-Mont Tremblant

– Aéroport de Rouyn-Noranda

– Aéroport de Sept-Îles

– Aéroport de Val d’Or

 

Henri Chapdelaine – Consultant senior Union V
Détenteur d’une maîtrise en aménagement du territoire de l’Université d’Ottawa et d’une licence en géographie de l’Université Laval, Henri Chapdelaine a mené une carrière de 36 ans dans les domaines du développement économique et touristique au gouvernement du Québec.S’étant joint au ministère du Tourisme en 1985, il a occupé divers postes d’encadrement, notamment comme directeur général du développement, directeur général de la recherche et de la planification et directeur général des services aux clientèles touristiques. Il a été responsable du développement du système de gestion de la destination BonjourQuébec.com.Depuis sa retraite en 2007, il agit comme consultant senior. En 2011, il fait partie de l’équipe de l’entreprise Vecteur 5 et il a fondé sa propre entreprise de communications, Union V.
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Produits et activités Transport

L’accueil des passagers de croisière en escale: des exemples inspirants

Vous n’aurez jamais une deuxième chance de faire une bonne première impression! Cet adage prend tout son sens lorsque vient le moment d’accueillir des passagers de croisière. Au Québec, le temps passé par ceux-ci sur la terre ferme lors d’une escale est d’environ six heures, ce qui est très court. Puisque 78% de ces passagers visitent le Québec pour la première fois, il s’avère primordial pour les destinations de développer une stratégie d’accueil bien ficelée, d’autant plus qu’elle pourrait être payante à long terme! À l’heure actuelle, 39% des passagers souhaitent revenir au Québec d’ici les trois prochaines années.

Selon un sondage réalisé par Doxa Focus pour le ministère du Tourisme du Québec à l’été 2009, le taux de débarquement moyen observé lors de six escales choisies au hasard dans les villes de Québec, de Montréal et de Saguenay était de 86%. Toujours selon Doxa Focus, mais cette fois en 2010, 49% de ces passagers prenaient part à une excursion. Du reste, 72% affirmaient avoir tout de même participé à une activité de façon indépendante (promenade dans la ville, magasinage, etc.). L’accueil d’un navire de croisière est complexe: un grand nombre de visiteurs débarquent simultanément et nécessitent des services de nature diverse, tels que des informations touristiques ou des services de transport, et ce, pour un éventail d’activités différentes, qu’elles soient organisées ou non. Quel défi!

Certaines destinations ou entreprises ont su trouver des méthodes inspirantes pour satisfaire les exigences élevées de la clientèle et des compagnies de croisière. Que ce soit par des programmes de formation, des stratégies d’accueil ou par un service de navette, chacun des exemples présentés ci-dessous répond aux besoins des passagers.

Aquila Tours: Former pour atteindre l’excellence

Créée en 1982 au Nouveau-Brunswick et spécialisée dans les excursions terrestres pour les passagers de croisière, l’entreprise Aquila Tours est aujourd’hui la plus importante agence réceptive de Saint-John. Elle offre de 15 à 20 excursions différentes, répondant aux attentes de divers types de clientèle. Aquila s’est bâti, au fil des ans, une solide réputation. Motivée par les encouragements et les bons mots des dirigeants des grandes compagnies de croisière, l’entreprise fonde le Aquila’s Center for Cruise Excellence. Ce centre offre des programmes de formation aux voyagistes et aux destinations de croisière qui souhaitent atteindre l’excellence. Ainsi, Aquila leur montre, notamment, comment commercialiser leurs produits auprès des compagnies de croisière.

Plus récemment, l’entreprise a conçu un programme de formation en ligne s’adressant aux guides. Ces derniers comptent pour beaucoup dans la qualité de l’expérience terrestre. Cette formation couvre de nombreux aspects comme l’accueil et l’excellence dans le service, les types de connaissance à acquérir et les outils pour y arriver, la façon de se présenter et de communiquer avec les voyageurs en excursion terrestre ou encore la gestion du risque et des situations problématiques. On trouve aussi des exemples de bonnes pratiques, un forum de discussion entre les membres et des vidéos présentant des guides et leurs trucs du métier. Les participants à cette formation doivent réussir un test pour recevoir l’International Certification in Tour Guide Excellence of Aquila.

Source: Aquila’s Center for Cruise Excellence

Cruise Copenhagen Network: Développer une stratégie d’accueil

La capitale danoise, Copenhague, a reçu plus de 660 000 passagers de croisière en 2010, soit 307 navires appartenant aux plus grandes lignes. Le regroupement Cruise Copenhagen Network, créé en 1992, rassemble les joueurs clés de l’industrie des croisières du Danemark. Avec leur nouvelle stratégie mise en place en 2010, l’organisme compte sur un accueil chaleureux dès l’arrivée des passagers sur le quai. On y prévoit, entre autres, des unités mobiles d’informations touristiques par le biais des fameux vélos triporteurs Christiania, typiques de Copenhague, pour de multiples usages. Des préposés peuvent ainsi donner de l’information et de la documentation touristiques, à même le chariot du vélo, directement au quai. Voilà une initiative à la fois originale et authentique! La capitale du vélo met également des bicyclettes en libre-service à la disposition des passagers au terminal portuaire.

Source: Christiania Bikes

De plus, une section entière du site Web officiel de la destination est consacrée à l’industrie des croisières. On y trouve notamment l’information nécessaire au visiteur en escale, comme les moyens de se rendre au centre-ville à partir du terminal portuaire, un condensé des principaux attraits, une liste des meilleurs lieux pour le magasinage ou encore des suggestions pour un séjour de 24 heures ou de 48 heures. Bref, les croisiéristes qui s’arrêtent à Copenhague sont bien servis.

 

Source : Copenhague Cruise

Une autre destination, cette fois au Québec, a créé un service de navette qui répond non seulement aux besoins des passagers de croisière, mais aussi à ceux de l’ensemble des visiteurs de la région. Promotion Saguenay a mis sur pied une navette touristique qui permet aux usagers de monter à bord et d’en descendre à leur guise le long des trois circuits proposés. L’un d’eux relie le quai de croisières de La Baie au centre-ville de Saguenay.

Source: Promotion Saguenay

La créativité et l’innovation semblent être le moteur de développement de l’accueil des passagers de croisière. Signe que les efforts vont dans la bonne voie, «la gentillesse et l’accueil de la population» figurent au troisième rang des facteurs d’appréciation pendant le séjour au Québec, derrière l’architecture des bâtiments et les paysages. Ne sous-estimons pas l’importance d’un accueil professionnel!

 

Analyse rédigée dans le cadre de la veille thématique réalisée pour le ministère du Tourisme du Québec.

 

Analyse rédigée en collaboration avec Claudine Barry, analyste au Réseau de veille

 

Sources:

– Mathisen, Angela Reale et Oivind Mathisen. «˝Excellence˝ in Shore Excursions», Cruise Industry news Quaterly magazine, automne 2010.

– Sarna, Heidi. «Guiding light», Seatrade Insider daily news www.cruise-community.com, consulté le 12 septembre 2011.

– Sondage auprès des croisiéristes et des membres d’équipage des navires de croisières dans les ports du Saint-Laurent, Doxa Focus, septembre 2011.

– Spinter research Ltd. «Challenges and Future Trends: Ports and Passengers in Europe – The Baltic Range», octobre 2007.

– Wonderful Copenhagen. «Cruise Copenhagen Network has the wind in its sails», www.wonderfulcopenhagen.dk , consulté le 26 septembre 2011.

 

Sites Internet

– Aquila

– Cruise Copenhagen

– Promotion Saguenay

 

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Ailleurs dans le monde Transport

L’aéroport le plus achalandé des États-Unis se lance dans la culture… de légumes

Laitues, poivrons, haricots verts et fines herbes envahiront bientôt l’aérogare 3 de l’aéroport O’Hare à Chicago avant d’atterrir dans les restaurants de l’aéroport. En effet, le Département de l’aviation de la Ville annonçait récemment la création d’un tout nouveau jardin aéroponique. Cette méthode de culture écologique représente l’une des plus récentes techniques de culture hors sol, où les racines des plantes sont alimentées par de fréquentes vaporisations nutritives (brouillard). Le jardin de l’aérogare produira des produits frais toute l’année, et on y présentera une exposition sur les bienfaits de la culture aéroponique.

Source: NBC News

 Source:

Associated Press. «O’Hare’s new garden to supply airport restaurants» , 22 septembre 2011.

 

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Transport

La concurrence des aéroports frontaliers américains

Les aéroports de Burlington et de Plattsburgh attirent de plus en plus de clients au Québec et dans le sud-est de l’Ontario. Les bas prix sur les billets d’avion ont incité environ 337 000 Canadiens à prendre le départ dans ces deux aéroports en 2010, privant le Québec de recettes touristiques qui auraient dû lui revenir.

Un problème pancanadien

En 2010, un million de Canadiens se sont rendus dans les aéroports frontaliers américains pour prendre l’avion. On prévoit que cette proportion triplera en 2015. Ils sont attirés surtout par les prix des billets et les voyages à rabais. L’écart de prix peut aller jusqu’à 50% par rapport aux prix canadiens. Selon un sondage, les Canadiens réaliseraient une économie de l’ordre de 300 $ par billet d’avion à l’aéroport de Plattsburgh. La nouvelle taxe de 5 $US bientôt imposée par les États-Unis aux passagers qui entrent au pays par air ou par mer favorisera davantage les aéroports frontaliers.

Un rapport du Conference Board du Canada indique que les Canadiens sont prêts à faire jusqu’à quatre heures de route en voiture pour économiser. Un sondage portant sur les intentions de voyage d’hiver 2011-2012 établit que 17,4% de ceux qui planifient un voyage en Floride ont l’intention de se rendre en voiture jusqu’à un aéroport américain pour prendre l’avion. Un autre sondage, cette fois de l’Hotel Association of Canada (HAC), évalue que 21% des Canadiens prétendent s’être rendus aux États-Unis pour prendre l’avion en 2010, comparativement à 18% en 2009.

Le problème est pancanadien. On l’observe à Vancouver, à Calgary, à Windsor, à Toronto et dans les Maritimes. Le Québec n’y échappe pas. Les aéroports de Burlington et de Plattsburgh ciblent avec succès le marché des Québécois qui vont aux États-Unis et dans les destinations soleil.

Une concurrence inquiétante

À Burlington, on estime que 40% des 641 000 passagers embarqués en 2010 sont des Canadiens; à Plattsburgh, ils représentent de 85% à 90% des 95 000 passagers embarqués.

Aéroports de Montréal (ADM) évalue les pertes à 300 000 voyageurs par an. Si l’on se fie aux évaluations de Burlington et de Plattsburgh, la fuite serait plutôt de 337 000 passagers embarqués en 2010. De plus, quand une habitude est prise, elle devient ancrée et répandue.

Burlington stagne

Burlington est le principal aéroport frontalier à proximité du Québec. Situé à 160 km de route de Montréal (2 h), l’aéroport traverse une période difficile; les passagers embarqués en 2010 sont 14,3% moins nombreux qu’en 2008. L’entrée en scène de Plattsburgh est vraisemblablement une des causes de ce déclin (voir tableau 1).

L’orientation actuelle de Burlington favorise les connexions avec les principales plaques tournantes américaines. Les transporteurs Continental Airlines, U.S. Airways, JetBlue Airways et Delta Air Lines y offrent des liaisons vers six grandes villes américaines et deux villes en Irlande. Le tarif journalier du stationnement est fixé à 12 $.

Un article de février 2011 fait état de difficultés financières sérieuses à Burlington. Aucun projet majeur n’est annoncé. Il n’y a donc pas lieu d’anticiper une érosion accrue du marché québécois de ce côté dans l’immédiat.

 

Source: Plattsburg International Airport

Plattsburgh explose

Situé à 105 km (80 min) de Montréal, Plattsburgh est plus près que Burlington du cœur du marché québécois et du sud-est ontarien. En 2007, l’ancien aéroport militaire a été converti en aéroport civil. On le présente comme le U.S. Montreal Airport, confirmant une stratégie de promotion ciblée sur le Québec.

Plattsburgh s’est donné une orientation de destinations resorts. Il couvre 35 villes dans 18 pays. Il compte sur quatre transporteurs: Direct Air, Allegiant Air, U.S Airways et, depuis 2011, Spirit Airlines, qui propose à elle seule 28 destinations dans le sud des États-Unis, aux Antilles et en Amérique latine. Ces compagnies aériennes dites « à rabais » profitent de frais d’aéroports et de taxes inférieurs à ceux de Montréal, du marché de proximité du sud du Québec et d’installations aéroportuaires compétitives et efficaces.

Les consommateurs sont attirés par les tarifs aériens plus bas qu’au Québec. La gratuité du stationnement a été remplacée par des frais de 5 $ et 3 $ par jour, ce qui reste encore nettement moins coûteux qu’à Montréal. On sert les clients en français et en anglais.

De 2008 à 2010, la croissance du nombre de passagers a atteint 106% (voir tableau 1). L’arrivée en 2011 de Spirit Airlines multiplie les options de départ vers les destinations soleil et les pays d’Amérique latine.

 Aéroport international de Plattsburg

Source: Plattsburg International Airport

L’avenir est prometteur. On a prévu 150 000 passagers embarqués en 2011. Laurentian Aerospace réalise un investissement de 175 millions de dollars dans des installations d’entretien et des réparations qui devraient être terminées à la fin de 2012. Un projet d’agrandissement de l’aérogare a été annoncé en septembre 2011.

Des répercussions à ne pas sous-estimer

Les transporteurs aériens canadiens et l’HAC s’inquiètent de la concurrence des aéroports frontaliers. Les répercussions de la tendance actuelle, du comportement des Canadiens en matière de voyage, sont bien réelles sur les dépenses touristiques générées au Canada par les voyages à l’extérieur du pays.

Pour les transporteurs canadiens, ce sont des pertes de ventes de billets ou de forfaits. Pour les aéroports, dont Montréal, c’est un manque à gagner pour les frais d’aéroport, les stationnements, les restaurants et les boutiques sur place. Pour les hôteliers, ce sont des nuitées perdues. Pour les entreprises qui préparent, réparent et ravitaillent les avions, c’est aussi un manque à gagner; même chose pour les stations d’essence, les commerces de détail et les taxis. Pour les gouvernements, ce sont des revenus de taxes qui leur échappent.

On oublie souvent que 11% des recettes touristiques du Québec (1, 211 milliard de dollars canadiens) proviennent des dépenses faites au Québec pour des voyages à l’extérieur du Québec. Les 337 000 départs effectués dans les aéroports frontaliers représentent 8% des voyages transfrontaliers ou internationaux totaux partis des aéroports du Québec. Si, par surcroît, ce nombre va croissant, il apparaît urgent de mesurer l’incidence du phénomène et de chercher des solutions.

Les transporteurs et l’HAC réclament de réduire les frais d’aéroports et les taxes. L’idée mérite d’être considérée. Une telle mesure pourrait réduire l’écart de prix, mais ne suffira probablement pas à contrer la concurrence. On pourrait aussi étudier les possibilités de tirer profit des services offerts par les transporteurs à rabais dans des destinations émergentes ou ayant un certain potentiel pour attirer de nouvelles clientèles au Québec qui passeraient par les aéroports frontaliers.

 

Sources:

– Brain, Ryan. «Uncertain times», Tourism, Hospitality and Leisure update, Deloitte & Touche.

– Cardinal, François. «Exode vers Plattsburgh», LaPresse, 30 novembre 2010.

– Conference Board of Canada. «Industrial Outlook 2011, Canada’s air transportation industry: Industrial Outlook».

– Devau Scott. «More Canadians crossing the boarder to fly», Financial Post, 16 février 2011.

– Kelly, Kevin J. «Airport envy: can PGB (Plattsburgh) compete with BTV (Burlington)», Seven days, 9 février 2011.

– Ministère du Tourisme du Québec, «Tourisme en bref au Québec, 2010».

– Statistique Canada, catalogue 51-203-X 2010.

 

Sites Web:

– Plattsburg International Airport

– The Air DB

– Burlington International Airport

 

Henri Chapdelaine – Consultant senior Union V
Détenteur d’une maîtrise en aménagement du territoire de l’Université d’Ottawa et d’une licence en géographie de l’Université Laval, Henri Chapdelaine a mené une carrière de 36 ans dans les domaines du développement économique et touristique au gouvernement du Québec.S’étant joint au ministère du Tourisme en 1985, il a occupé divers postes d’encadrement, notamment comme directeur général du développement, directeur général de la recherche et de la planification et directeur général des services aux clientèles touristiques. Il a été responsable du développement du système de gestion de la destination BonjourQuébec.com.Depuis sa retraite en 2007, il agit comme consultant senior. En 2011, il fait partie de l’équipe de l’entreprise Vecteur 5 et il a fondé sa propre entreprise de communications, Union V.
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(Éco)Mobilité vers les espaces naturels et les régions rurales

De nombreux Québécois et touristes sont restreints lorsqu’ils visitent la province sans voiture. Se rendre dans des parcs et des campagnes semble parfois même impossible pour ce type de visiteur. Des navettes ou des projets de partenariat avec les compagnies de transport collectif pourraient contribuer à résoudre cette problématique. Nous avons sélectionné trois exemples de bonnes pratiques qui illustrent des solutions d’écomobilité vers des espaces naturels.

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Produits et activités Transport

Les taxis touristiques

Les chauffeurs de taxi interagissent avec de nombreux touristes et constituent même parfois le premier contact qu’a un visiteur à destination. L’importance de leur rôle a insufflé à l’industrie du tourisme un vent de changement aux quatre coins de la planète. Orientée vers l’expérience des visiteurs, sur l’eau comme sur la terre, la mission des taxis touristiques va parfois au-delà du déplacement des clients entre un point A et un point B!

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Transport

La location de voiture: l’éclatement du modèle d’affaires

L’adoption de comportements plus écologiques nous amène à repenser notre rapport à l’automobile. Des initiatives sont nées de cette remise en question et transforment aujourd’hui le paysage de l’industrie automobile ainsi que celui de la location de voiture. Le covoiturage, les services d’autopartage, l’échange d’automobiles, la location de voitures hybrides ou encore entièrement électriques occupent de plus en plus de place dans ce marché. Les manières de louer une voiture pour une courte durée sont désormais nombreuses et diversifiées. Les possibilités touristiques aussi.

Concentration chez les grands joueurs

En 1999, on dénombrait neuf grandes entreprises de location de voiture en Amérique. Au cours des dix années qui ont suivi, une vague de concentration a réduit le nombre de joueurs. En 2009, ils étaient quatre: Avis-Budget, Hertz, Dollar-Thrifty et Enterprise Rent-A-Car. En janvier dernier, Avis-Budget négociait une entente visant à acquérir Dollar-Thrifty. Beaucoup d’entreprises indépendantes tirent aussi leur épingle du jeu par le phénomène de la longue traîne (long tail) (Lire aussi: Le voyage déploie sa long tail (compte rendu de conférence)). À titre d’exemple, le portail Web carrentalexpress.com propose quelque 300 agences de location indépendantes dans de nombreuses villes du monde.

Les Québécois et la location de voiture

Selon les données du Print Measurement Bureau (PMB) 2010, 433 000 Québécois ont loué une voiture pour un usage personnel et 155 000 pour affaires. Dans le premier cas, on observe une hausse de 44% par rapport aux données de 2005 (PMB 2005), alors qu’en ce qui concerne les locations pour affaires, on constate plutôt une baisse de 20%.

Comme l’indique le tableau suivant, les Québécois qui louent une voiture dans un but personnel le font pour la plupart (72%) une ou deux fois par année. La fréquence de location pour affaires est beaucoup plus élevée: 45% le font au moins trois fois par année.

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Mais ces données concernent la location de voiture dans son sens traditionnel alors que ce n’est plus le seul modèle offert. On assiste, depuis environ une dizaine d’années, à une diversification des possibilités, l’autopartage en tête. Même les grandes entreprises de location s’ajustent, puisque la tendance à l’éclatement n’est pas appelée à s’atténuer.

L’autopartage: une formule qui fait des petits

Né de la volonté de réduire la circulation automobile et les émissions de gaz à effet de serre ainsi que de la volonté d’utiliser les ressources de façon plus efficace, l’autopartage remporte beaucoup de succès. La firme d’étude de marché Frost & Sullivan estime que, d’ici 2016, ce marché s’élèvera à six milliards USD par année, dont la moitié aux États-Unis, et qu’il comptera dix millions d’usagers.

Ce service met à la disposition de ses membres un parc d’automobiles réparti à travers la ville, moyennant un coût annuel d’abonnement. L’abonné réserve une voiture en ligne ou par téléphone, pour une demi-heure, une heure ou plus, souvent à faible coût et en prend possession à la station de son choix, en libre-service, c’est-à-dire sans la présence d’un préposé. Les usagers de voitures libre-service bénéficient parfois de certains avantages, comme des espaces de stationnement avantageux exclusifs.

Communauto a été la première entreprise d’autopartage à voir le jour en Amérique du Nord. Elle regroupe aujourd’hui plus de 20 000 membres qui peuvent louer des véhicules à Québec, à Montréal (incluant Laval et la Rive-sud), à Gatineau, à Trois-Rivières et même à Ottawa grâce à une entente avec Virtucar, le service d’autopartage de la capitale. Comme de nombreuses autres entreprises d’autopartage, Communauto fait partie de la CarSharing Association, dont l’un de ses objectifs consiste à développer des formules d’abonnements conjoints entre les entreprises membres. Voilà un aspect fort intéressant d’un point de vue touristique.

Aux États-Unis, c’est l’entreprise Zipcar qui détient la plus grande part de marché. Elle regroupe 500 000 usagers, près de 9 000 voitures réparties dans 14 grandes villes, dont Vancouver et Toronto, les seules au Canada. Là aussi, un membre peut louer une voiture Zipcar dans n’importe quelle ville.

Le phénomène prend tellement d’expansion que des locateurs traditionnels adoptent la formule et créent leur propre filiale d’autopartage. Hertz met sur pied le programme Connect by Hertz, Avis-Budget développe la filiale Okigo, Enterprise Rent-A-Car lance WeCar; bref, les services d’autopartage se multiplient.

Des voitures «branchées»

La demande pour les voitures hybrides et électriques incite les entreprises de location de voitures à ajuster leur offre. Par son service d’autopartage Connect by Hertz, l’entreprise Hertz déploie depuis décembre 2010 une flotte de voitures électriques – SmartFortwo Electric Drive – à New York qui dispose de plus d’une centaine de prises électriques spécialement dédiées à la recharge de batteries d’automobile. D’autres villes seront desservies en 2011. Après le Vélib’, Paris propose son service Autolib’, qui, dès septembre 2011, mettra à la disposition des abonnés une flotte de voitures électriques, disponibles sans réservation, en libre-service.

Source: Sympatico.ca Autos

Et les hôtels s’apprêtent à accueillir ces nouveaux «visiteurs branchés». Hertz a récemment développé un partenariat avec Starwood Hotels & Resorts pour rendre disponibles ses véhicules électriques dans les établissements haut de gamme du groupe hôtelier. Par ailleurs, les centres Sheraton de Montréal et de Toronto sont les premiers hôtels au Canada à offrir des bornes de recharge pour véhicules électriques. Tous pourront en profiter.

De nouvelles voies

Outre le modèle de location traditionnel, on observe ainsi une multiplication des possibilités pour le consommateur. Voici quelques initiatives originales.

  • Le combo train-auto, un forfait proposé par Communauto et VIA Rail Canada, permet au voyageur de se rendre à destination (Montréal-Québec ou Montréal-Ottawa, aller-retour) par train et de se déplacer en voiture une fois sur place.
    • En France, Ucar – une entreprise de location de voiture – et Comuto – éditeur de covoiturage.fr – lançaient récemment une offre intégrant location et covoiturage. Le principe consiste à louer une voiture et à vendre les places libres à des covoitureurs. On donne l’exemple de Paris-Reims à 75 euros en location classique, qui revient à trois euros seulement pour le conducteur lorsque les trois autres passagers contribuent aux frais de location à raison de 24 euros chacun.

Source: Ucar

  • En novembre 2010, des voitures Mini Cooper S Clubman incluant les services d’un chauffeur pour trois heures ont été mises à la disposition des clients qui séjournaient en suite dans les hôtels Peninsula à New York et à Chicago.
  • La location entre particuliers est maintenant grandement facilitée grâce aux sites Web comme Voiturelib’ ou Drivemycar qui créent le lien entre les propriétaires de voitures et ceux qui souhaitent en louer.

Source: Voiturelib’

Enfin, les considérations environnementales, économiques et pratiques devraient favoriser la location de voiture à l’avenir. C’est probablement la multiplication des formules en fonction des besoins qui rythmera l’industrie au fil des prochaines années.

Sources:

– Glusac, Elaine. «The Peninsula’s New Fleet: the Mini Cooper», The New York Times, 6 décembre 2010.

– Martinez, Nate. «Hertz to rent Smart Fortwo Electric Drive in Sf, NYC and DC», Motor Trend, 6 décembre 2010.

– Marzloff, Léa. «Ucar-Comuto, le covoiturage en réseau», Groupe Chronos, 14 novembre 2010.

– Mc Kenna, Alain. «L’autopartage: l’avenir de l’industrie automobile?», Sympatico.ca Autos, 19 janvier 2010.

– «NOUS OUVRONS LA VOIE – Le Centre Sheraton Montréal et le Sheraton Centre Toronto Premiers hôtels au Canada à offrir des bornes de recharge pour véhicules électriques», CNW, 7 décembre 2010.

– Print Measurement Bureau (PMB), 2005 et 2010.

– The Economist. «Drive my car», 9 octobre 2010.

– The Economist. «Un volant quand vous en avez besoin», Les Affaires, 30 octobre 2010.

Sites Internet :

– Carrentalexpress.com

– CarSharing Association

– Communauto

– Connect by Hertz

– Ucar

– Voiturlib’

– ZipCar

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Transport

L’aéroport en pleine mutation

Véritable porte d’entrée et de départ d’une destination, l’aéroport joue un rôle charnière dans l’expérience du voyageur. Il s’agit de la première et de la dernière impression que le visiteur conserve. Celui-ci y passe plusieurs heures, souvent à ne rien faire. Mais pourquoi donc? Cette clientèle en attente forcée ne demande pas mieux que de se divertir, se faire dorloter, manger un bon repas, magasiner ou encore voir un film. Plusieurs aéroports l’ont compris et adaptent leurs espaces pour répondre à différents besoins, et vont même jusqu’à séduire les résidants de l’endroit!

La crise économique a entraîné d’importantes pertes de revenus pour les aéroports, étant donné la baisse draconienne du nombre de vols. En fait, selon Olivier Jankovec, directeur général de l’Airport Council International, il est important de diminuer la dépendance financière des aéroports envers les transporteurs aériens (frais aéroportuaires). M. Jankovec entrevoit des solutions, notamment par le commerce, la publicité et l’immobilier. La technologie est également une façon de couper dans les coûts d’aéroport. En rendant les visiteurs plus autonomes, on réduit les dépenses en ressources humaines, tout en améliorant l’expérience client.

Dynamisme en ligne et libre-service

Dans cet esprit, certains aéroports ont créé des sites Web très dynamiques. C’est le cas du groupe Aéroports de Paris, qui a mis sur pied sa propre agence de voyages en ligne. Les clients peuvent donc planifier et réserver leur séjour à partir du portail du groupe. Différents outils pratiques sont aussi mis à la disposition du consommateur, comme la création d’alertes qui envoient par courriel les informations relatives au vol: confirmation, modification, retard, annulation, etc. Un service en ligne permet aussi d’estimer le temps de trajet depuis ou vers l’aéroport, tout en tenant compte du risque de congestion routière selon l’heure.

Depuis peu, les applications mobiles se multiplient. Celles de l’aéroport d’Heathrow, à Londres, permettent à l’utilisateur de se familiariser avec l’aéroport et ses services: outils de planification, carte du terminal, nouvelles concernant les vols, liste des restaurants et des bars, etc.

Rappelons aussi qu’un grand nombre de lignes aériennes permettent de s’enregistrer à l’aéroport, à même des bornesMutation_aeroport_image1 prévues à cet effet. L’enregistrement à partir d’un téléphone cellulaire et d’un code-barres, comme c’est le cas à l’aéroport Montréal-Trudeau (lire aussi: La révolution du mobile est enclenchée), devient aussi plus courant. Il est maintenant beaucoup plus facile et rapide de s’enregistrer, ce qui laisse plus de temps au voyageur pour faire autre chose.

S’ennuyer à l’aéroport?

L’aéroport Changi de Singapour, qui a remporté le premier prix du World Airport Awards de Skytrax, propose, sur son site Web, différentes expériences en fonction du nombre d’heures d’attente. Parmi les suggestions offertes pour une attente allant de deux à trois heures :

  • naviguer sur Internet, soit sur son propre ordinateur ou sur un des nombreux postes mis à la disposition de tous gratuitement;
  • se promener dans le jardin de papillons de l’aéroport;
  • se faire masser les pieds gratuitement à l’une des stations prévues à cet effet.

Pour les passagers en transfert dont le temps d’attente varie de quatre à cinq heures, l’aéroport établit un ordre du jour:

  • baignade à la piscine située sur le toit de l’hôtel de l’aéroport (30 minutes);Mutation_aeroport_image2
  • mise en plis ou manucure (45 minutes);
  • visionnement d’une nouveauté cinématographique – gratuit (2 heures);
  • visite de l’un des jardins thématiques de l’aéroport (15 minutes);
  • dégustation d’un bon repas de cuisine locale dans l’un des nombreux restaurants (45 minutes).

Il est également possible de faire un tour de ville gratuitement, de faire la sieste allongé dans des fauteuils avec alarme programmable. Tous ces services s’ajoutent aux nombreuses boutiques, bars karaoké, restaurants, stations de jeux Xbox et PlayStation et spas. L’aéroport Changi de Singapour est une destination en soi. Les résidents en sont fiers et n’hésitent pas à s’y rendre pour une escapade familiale.

Se divertir

Parmi ses nombreuses activités de loisirs, l’aéroport d’Incheon, près de Séoul, offre à ses visiteurs de jouer au golf Mutation_aeroport_image3ou de s’entraîner à frapper des balles (lire aussi: Capsule – Détente, visites guidées, golf et musée de la culture: Destination? L’aéroport d’Incheon!) Celui d’Amsterdam (Schiphol) comprend une bibliothèque de quelque 1200 livres écrits dans une vingtaine de langues. Celle-ci permet de faire découvrir des auteurs néerlandais, la culture et l’histoire du pays. À l’aéroport de Munich, on peut jouer au minigolf, visionner des films ou encore inscrire son tout-petit à une activité thématique d’une heure portant sur l’aviation, pendant laquelle il se déguise, peint et joue. Les aéroports de Paris ont apporté beaucoup d’améliorations à leur offre ces derniers temps. Mentionnons entre autres l’installation d’une centaine de bornes PlayStation proposant 16 jeux accessibles gratuitement. L’aéroport Montréal-Trudeau présente l’Aérogalerie, soit des expositions à saveur montréalaise réparties à travers l’aérogare.

Se reposer

Les voyageurs en transit qui parcourent de longues distances souhaitent surtout trouver un endroit pour se reposer. Fauteuils inclinables, salon de repos, hôtels adjacents, plusieurs possibilités s’offrent déjà à eux. À cela s’ajoutent des prototypes de cabines de repos plutôt ingénieuses. L’aéroport de Munich accueillait, il y a environ un an, la Nap Cabin (lire aussi: Des microhôtels dans les aéroports), un projet d’étudiants qui consiste en une microchambre d’hôtel contenant un lit, une connexion Internet et un écran tactile permettant d’ajuster la luminosité de la cabine selon les besoins. Le prix pour une location de deux heures est de 30 euros. D’autres produits similaires ont fait leur apparition, comme les sleepbox ou encore les Hourly Hotel Pods (voir les images).

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Une initiative inspirante

Afin d’améliorer la qualité du service, le groupe Aéroports de Paris demande à sa clientèle: «Comment imaginez-vous l’aéroport idéal?» Pour recueillir les suggestions et susciter les discussions, le groupe a créé le site Dites-nous.fr. Jusqu’à Noël 2010, les gens sont donc invités à partager leur opinion, à réagir aux propositions des autres et à voter pour la meilleure idée. Voilà une initiative intéressante dont on pourrait s’inspirer! (Lire aussi: Le crowdsourcing, un phénomène émergent!)

Sources:

– Baskas, Harriet. «What makes Singapore’s Changi Airport so charming?», USA Today, 14 octobre 2009.
– Clark, Nicolas. «At Schiphol, an Unlikely Sanctuary of Books», The New York Times, 15 septembre 2010.
– Dunn, Graham. «Airport Special Report: Up for grabs», Airline Business, décembre 2009.

Sites Internet:

– Aéroports de Montréal
– Aéroports de Paris
– Aéroport d’Amsterdam Schiphol
– Airport Council International
– Dites-nous
– Heathrow Airport
– Incheon International Airport
– Munich Airport
– Singapore Changi International Airport
– Skytrax: World Airport Awards