Le projet Covoiturage Pour Sortir, mis sur pied en partenariat avec l’Opéra de Lyon, l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME) et la Région Rhône-Alpes, est une plateforme de covoiturage événementiel qui gagne en popularité. Après avoir introduit le concept des trajets domicile-travail avec le site covoiturage-grandlyon.com, le Grand Lyon encourage ses résidents et les gens des environs à opter pour le covoiturage lorsqu’ils assistent à un spectacle.
Les amateurs de culture qui se rendent à une représentation et ont des places libres dans leur véhicule peuvent les offrir à d’autres. Depuis 2012, grâce à un partenariat avec Sitra et l’Office du Tourisme et des Congrès du Grand Lyon, le site répertorie au-delà de 500 événements, et plus de 1200 personnes sont inscrites à ce jour.
Les usagers n’ont qu’à consulter le site Web ou encore l’application mobile pour chercher le spectacle auquel ils prévoient assister. Ils ont alors accès aux différentes offres et demandes de covoiturage déposées par les autres participants, et sont ensuite avisés gratuitement par messagerie texte lorsqu’une nouvelle possibilité correspondant à leurs critères s’offre à eux!
Les organisateurs d’événements peuvent quant à eux y annoncer leurs manifestations, si elles se déroulent sur le territoire du Grand Lyon, à condition de promouvoir ce service de covoiturage. Un mode d’emploi à leur intention est d’ailleurs disponible en ligne.
Dans le même ordre d’idées, l’Automobile Club d’Aix-en-Provence et du Pays d’Aix, qui est partenaire de Marseille-Provence 2013, Capitale européenne de la culture, propose un service de covoiturage pour se rendre aux différentes manifestations culturelles. Des espaces de stationnement situés à proximité du lieu où elles se déroulent sont également prévus pour inciter les participants à se prévaloir de ce service. En avril 2013, plus de 17 000 personnes étaient inscrites.
Au Québec, des initiatives en matière d’écomobilité ont déjà vu le jour, notamment pour favoriser l’accès aux espaces naturels et aux régions rurales (lire aussi: (Éco)Mobilité vers les espaces naturels et les régions rurales). De nombreux sites de covoiturage existent, et certains d’entre eux, dont covoiturage.ca, offrent également un volet pour les organisateurs d’événements: congrès, réunions de grande envergure, salons, galas, etc. Les festivals montréalais Pouzza Fest et MUTEK ont recours aux services d’AmigoExpress. Selon le Baromètre 2012 de la consommation responsable au Québec, près d’un Québécois sur trois (31,2%) a partagé sa voiture avec d’autres personnes au cours de la dernière année. Une ouverture d’esprit qui donne lieu à de belles initiatives liées au développement durable!
Les aéroports sont de plus en plus inspirants, ambitieux et stimulants. Les plaques tournantes asiatiques, entre autres, ont fait preuve de créativité pour offrir des services adaptés aux besoins des passagers des vols long-courriers, qui doivent souvent «endurer» de très longues escales. Pensons à l’aéroport international d’Incheon, à Séoul, ou à celui de Changi, à Singapour, tous deux centrés sur des innovations comme une piscine et un spa sur le toit, un terrain de golf, un anneau de glace, ou encore des espaces aérés, naturels et lumineux.
Les multiples fonctions de l’aéroport moderne
À la fin de 2012, le Conseil international des aéroports – Amérique du Nord (ACI-NA) a répertorié plus de 70 services différents offerts aux voyageurs par ses membres. Voici quelques exemples tirés d’aéroports à travers le monde.
Bain de nature…
L’aéroport Changi de Singapour est connu pour ses espaces de verdure intérieurs et extérieurs, et son mur végétalisé qui surplombe l’aire de récupération des bagages au terminal 3. On y a aussi intégré un jardin à papillons. À l’aéroport international de Kuala Lumpur, c’est une forêt tropicale malaisienne qui a été transplantée. Elle entoure le terminal principal, tandis qu’un ruisseau gargouille à travers la végétation.
L’aéroport international O’Hare de Chicago et celui de Sydney, en Australie, possèdent tous deux un jardin urbain vertical auquel s’approvisionnent en herbes fraîches et en légumes les restaurateurs de l’aéroport. Au Canada, l’aéroport international de Vancouver dispose d’un aquarium de 114 000 litres contenant plus de 5 000 créatures marines.
… et de culture
En partenariat avec des musées, certains aéroports ont transformé quelques surfaces en lieux d’exposition. C’est le cas de Paris-Charles-de-Gaulle, qui inaugurait récemment son nouvel Espace musées au hall M du terminal 2E. Celui-ci accueille sa première exposition gratuite: Rodin, les ailes de la gloire, une sélection de 50 œuvres issues du célèbre musée Rodin, à Paris. Chaque année, deux expositions thématiques seront présentées aux passagers. L’aéroport Schiphol, à Amsterdam, a son Rijksmuseum, une annexe de celui qui a pignon sur rue, tandis qu’à San Francisco, l’aéroport abrite le SFO Museum. Reconnue officiellement par l’American Alliance of Museums, cette zone muséale dispose maintenant de plus de 20 galeries d’exposition réparties dans 4 terminaux; de quoi distraire un grand nombre d’amateurs d’art. L’aéroport de Mexico a lui aussi son musée, qui présente une exposition sur les monuments mayas, et celui d’Incheon, en Corée du Sud, exploite un musée d’art regroupant de précieux objets datant de l’ère Chosŏn (1392-1910). Ce dernier compte également deux galeries consacrées aux métiers d’art. L’Aérogalerie de l’aéroport Montréal-Trudeau comprend quatre volets: arts médiatiques, art lumineux intégré, expositions photographiques et œuvres permanentes.
D’autres aéroports ont plutôt opté pour des espaces musique et offrent régulièrement des concerts gratuits, comme ceux d’Austin, de Nashville, d’Atlanta ou de Washington. Celui de Vancouver présente une programmation estivale, les Take-off Fridays, pendant que le terminal JetBlue de l’aéroport John F. Kennedy se transforme quant à lui en salle de spectacles, pour ses événements «Live from T5».
Le septième art y trouve aussi son compte dans les aéroports de Hong Kong et de Singapour, qui offrent tous deux une expérience Imax en 2D, 3D et même 4D (Changi).
Gastronomie et cuisine locale au rendez-vous
Certaines plaques tournantes créent des microcosmes culinaires de la destination. À Raleigh-Durham, en Caroline du Nord, les restaurants servent des spécialités de l’État: vins locaux, sauces, fromages et viandes. Il en va de même à O’Hare et à l’aéroport de Copenhague, dont les marchés offrent des aliments sains prêts à emporter, incluant des fruits et des légumes cultivés localement. Tous les fournisseurs ont été soigneusement sélectionnés afin de développer un univers culinaire basé sur les principes de proximité, de durabilité et de collaboration avec les producteurs locaux. L’Airbräu, un pub de l’aéroport de Munich, brasse sa propre bière et propose une cuisine bavaroise. Des chefs de renom n’ont pas hésité à se lancer dans l’aventure aéroportuaire. Le Daily Meal a recensé une trentaine de ces restaurants gastronomiques à travers le monde.
Espaces ludiques
L’attente à l’aéroport peut être immensément stressante, lorsque l’on voyage avec de jeunes enfants. Plusieurs l’ont bien compris; à San Francisco, par exemple, petits et grands peuvent s’amuser dans des aires de jeux interactives, louer des films et des lecteurs DVD portables, et effectuer, munis d’un plan, un tour autoguidé d’une trentaine de minutes combinant la visite d’un terminal à un jeu-questionnaire pour mieux comprendre le monde de l’aviation. À l’aéroport de Zurich, on emmène les enfants prendre part à un circuit-découverte de douze stations, un cahier de coloriage sous le bras. À celui de Kuala Lumpur, on glisse, on grimpe et on s’amuse dans les nombreux modules de jeu.
Le Dream Come True Education Park de l’aéroport de Hong Kong propose des installations interactives conçues pour faire découvrir aux enfants divers métiers par des jeux de rôle. À l’aéroport Haneda de Tokyo, ils peuvent faire des courses de voitures sur un circuit de 150 pieds de long.
Santé, bien-être et sport
Aéroports de Paris propose de lutter contre le décalage horaire grâce à la luminothérapie, avec ses trois espaces équipés de lampes GoLITE BLU. Ce service est entièrement gratuit et disponible en libre service. Dans la zone de détente «Recompose» de l’aéroport de San Francisco, on trouve un spa et une salle de yoga, dont le design s’inspire des jardins zen japonais.
Les aéroports d’Incheon et de Los Angeles gagnent des points auprès des sportifs amateurs, avec leur parcours de golf de 18 trous. Incheon possède aussi un champ de pratique de 330 verges et une patinoire dont la surface est en plastique (voir l’image ci-dessous).
Des services pour la clientèle, mais aussi pour les travailleurs
Même les voyageurs les plus chevronnés peuvent parfois oublier quelques effets personnels ou manquer de temps pour effectuer certaines formalités avant leur départ. Qu’à cela ne tienne, ils pourront rafraîchir leur coiffure ou faire un saut à la clinique, puis chez le pharmacien, directement à l’aéroport. Ces services sont aussi très courus par les travailleurs des aéroports de San Francisco et de Düsseldorf.
Accroître les revenus
Les aéroports internationaux sont toujours à la recherche de nouvelles sources de financement pour accroître leurs profits — ou simplement pour se remettre à flot — tout en allégeant le fardeau financier des compagnies aériennes. Selon un sondage de l’ACI-NA, les revenus provenant des concessions (nourriture, boissons, vente au détail et services) s’élevaient à 1,5 milliard de dollars en 2011, en hausse de 12% par rapport à 2010. Ces recettes représentent 20% des revenus totaux qui ne sont pas directement liés à l’aéronautique. Les aéroports les plus ambitieux, ceux qui ont maîtrisé l’art de distraire et finalement d’attirer les voyageurs, ont le potentiel de faire beaucoup d’argent!
Porte d’entrée sur les richesses naturelles indonésiennes et malaisiennes, l’aéroport de Singapour compte bien offrir un avant-goût au visiteur en le plongeant dans un univers floral multisensoriel. Sur les traces des espèces végétales de la région, les touristes seront conquis par l’omniprésence des fleurs et des arbres.
Un «sentier nature» les invite même à découvrir des espaces thématiques spécialement aménagés. Chaque terminal de l’aéroport comporte plusieurs lieux de découvertes comme les jardins des orchidées, des cactus, des bambous, des heliconias ou des fougères. Véritable plaisir visuel et olfactif, ce sentier séduit à la fois les visiteurs qui arrivent à destination mais aussi ceux qui sont en transit, en bonifiant le temps que ces derniers passent à attendre leur prochain vol.
Source: Changi Airport Group
Dans une ambiance tropicale et détendue, vous profiterez même d’une visite éducative, avec la serre aux papillons, ou d’une expérience nocturne, dans le jardin des tournesols, qui fait partie des nouveautés insolites.
Source:
– Aéroport de Singapour. «Butterfly Garden», changiairport.com, 31 mai 2011.
De Montréal à Hangzhou, en Chine, les utilisateurs se multiplient et les touristes urbains se joignent au mouvement. Populaire, pratique et écologique, leur usage fait parfois même la fierté de certaines villes. L’implantation d’un système de vélopartage semble être une tendance qui ne s’essouffle pas.
Aperçu de l’offre autour du monde
L’engouement que suscite l’offre de vélopartage se constate partout à travers le monde. Ces systèmes permettant une mobilité douce sont présents dans plus de 25 pays européens, en Asie, en Océanie, en Amérique du Sud et en Amérique du Nord. Au Canada, nous les retrouvons à Montréal, à Ottawa, à Toronto et à Golden (voir la figure 1). Il serait également question que Vancouver s’ajoute bientôt à la liste.
Figure 1
Les systèmes de vélopartage en Amérique du Nord (mai 2012)
En France, une vingtaine de villes se partagent le marché du vélopartage (voir la figure 2), aussi appelé vélo en libre-service, dont les trois plus importantes sont Paris (Vélib’), Lyon (Vélo’v) et Toulouse (VélÔToulouse).
Figure 2
Les systèmes de vélopartage en France
Les principaux opérateurs qui se partagent le marché international (voir le tableau 1) comprennent notamment Bixi, qui assure une présence à Montréal (5 120 vélos), à Toronto (1 000), à Ottawa/Gatineau (250), à Londres (9 200), à Melbourne (600), à Washington/Arlington (1 395), à Minneapolis (1 200), à la Washington State University (84), à Boston (610) et à Chattanooga (300).
Hangzhou Public Bicycle représente néanmoins le plus important opérateur. En janvier 2013, il a été évalué que le système de vélopartage de la ville de Hangzhou comprenait 69 750 vélos et 2 965 stations, et que près de 94 000 000 de personnes l’employaient annuellement. Mentionnons enfin que la Chine, la Corée du Sud, Taiwan et le Japon constituent les marchés où la croissance de ce phénomène semble la plus importante au monde.
Une offre touristique appliquée au vélopartage
Pour cibler une clientèle touristique internationale, les organismes responsables du vélopartage ont tout avantage à adapter leurs services. Par exemple, voici trois suggestions émises par Atout France dans son étude intitulée «Faciliter les mobilités pour enrichir l’expérience touristique»:
Inclure des abonnements de courte durée à des prix concurrentiels: abonnement à la journée, pour trois jours ou à la semaine.
Faire traduire les informations relatives au service en plusieurs langues et sur divers supports: sur les bornes et les stations, en ligne, sur les applications mobiles ainsi que tout autre média pertinent.
Faciliter les opérations bancaires menant à la location du vélo: s’assurer que les bornes acceptent les cartes étrangères ou proposer une solution de remplacement.
En plus de ces trois éléments de base, plusieurs villes à travers le monde alignent leur service avec d’autres besoins des touristes urbains. Voici deux exemples:
Lyon, France
Lyon propose une solution «tout-en-un» facilitant le séjour de ses touristes. En se procurant le laissez-passer touristique Lyon City Card, les visiteurs peuvent à la fois utiliser le système de vélopartage Vélo’v et entrer dans 22 musées, participer à plusieurs activités et profiter d’un accès illimité au réseau de transport en commun. Grâce à la technologie RFID, les visiteurs de la ville jouissent d’une multitude de services par l’intermédiaire d’une seule carte passe-partout.
Melbourne, Australie
L’organisme Melbourne Bike Share, qui exploite les vélos bleus australiens, propose une série de cartes thématiques aux touristes désirant visiter la ville sur deux roues. Celles-ci couvrent onze types d’intérêts, allant de la culture aux visites de marchés publics.
En plus des informations sur la thématique choisie, les cyclotouristes obtiennent des renseignements sur les emplacements des stations de vélopartage, les voies cyclables, les endroits où se procurer un casque et les gares.
L’usage d’appareils mobiles semble se marier naturellement avec l’expérience de vélopartage. C’est pourquoi plusieurs applications bonifiant le service en place voient régulièrement le jour. Par exemple, l’application Spotcycle permet notamment aux utilisateurs de connaître la disponibilité des vélos et la proximité des stations, ou encore de se créer un circuit ou un itinéraire à Montréal, à Ottawa, à Toronto, à Barcelone, à Londres et dans près d’une vingtaine de villes américaines.
En plus d’être pratique et apprécié de ses utilisateurs, le vélopartage cadre avec des objectifs de mobilité durable en ville. Le Vélib’ de Paris a d’ailleurs été primé aux Trophées du Tourisme responsable en 2012, pour ses efforts en matière d’écomobilité.
Le caractère écoresponsable de ce mode de transport transparaît sur les outils de communication des principaux programmes de vélopartage. Ainsi, il est commun de diffuser de l’information à propos du nombre de tonnes de CO2 économisées grâce à de tels déplacements de même que des collaborations effectuées avec des partenaires impliqués dans le développement durable.
Est-ce que d’autres villes québécoises suivront bientôt cette tendance, qui semble s’intensifier à l’échelle mondiale?
Sources:
– Atout France. «Faciliter les mobilités pour enrichir l’expérience touristique», collection Ingénierie et développement touristique, 168 pages, décembre 2012.
Symboliquement baptisée Eden, la nouvelle aire d’autoroute de la Chaponne, située entre Paris et Lyon, rompt avec les codes habituels des aménagements routiers. Imaginée par le célèbre designer et architecte Ora-ïto, elle offre des espaces conçus pour orienter le visiteur intuitivement et l’inviter à flâner plus longtemps sur le site. Cette aire d’autoroute en forme de dôme au toit végétalisé est le premier bâtiment de ce genre certifié haute qualité environnementale (HQE). La zone principale offre aux clients: espace moderne et coloré, jeux pour enfants et garderie, restaurants, toilettes high-tech, zone Wi-Fi, épicerie et écrans d’informations routières, météorologiques et touristiques.
Les voyageurs peuvent visionner, grâce à un totem d’écrans géants, un diaporama des différents sites touristiques de la région (département de l’Yonne, en Bourgogne) avec photos à l’appui et indications géographiques.
À l’extérieur, les concepteurs ont voulu en finir avec les formes et panoramas hostiles; le site tourne le dos au flux de voitures et offre plutôt une vue dégagée sur les prairies, des courbes et des arrondis dessinent les édifices, la végétation cache les stationnements des promeneurs et la signalétique est limitée.
L’aménagement paysager est zen, propice à l’activité physique et il invite à la contemplation: aires de pique-nique fleuries, parcours tonique, marché couvert où les exploitants des environs présentent leurs produits locaux, zone canine, etc.
Également dotée de la première borne de charge rapide universelle, qui permet de recharger 80% des batteries des véhicules électriques en moins de 20 minutes, Eden marque l’émergence d’une nouvelle ère d’arrêts et d’infrastructures (lire aussi: Un vent d’air frais sur notre réseau de haltes routières!). Cette borne est entièrement automatisée; l’utilisateur n’a donc qu’à entrer un code pour lancer la charge et peut par ailleurs profiter pleinement de sa pause sur le site.
Le ministre d’État (Petite entreprise et Tourisme), l’honorable Maxime Bernier, a assuré les Québécois, et plus particulièrement la communauté montréalaise, qu’il les appuierait dans leurs efforts pour développer des liaisons aériennes vers des destinations asiatiques, compte tenu du fort potentiel de croissance de ce marché. M. Bernier a fait cette déclaration lors de l’ouverture de la saison des Gueuletons touristiques de la Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM, le 5 novembre dernier.
Les dessertes aériennes: le nerf de la guerre!
Les aéroports canadiens desservent de multiples destinations sur plusieurs continents, mais il semble que certains aéroports et certaines clientèles soient favorisés. Par exemple, le Québec fait piètre figure en ce qui concerne les liaisons directes avec l’Asie de l’Est (Chine, Japon et Inde, entre autres) qui pourtant, selon l’OMT, constitue le marché qui enregistrera le plus haut taux de croissance en termes de voyages internationaux au cours des prochaines années. Alors que, pour la semaine du 7 au 13 novembre 2012 le site Internet de l’aéroport international de Vancouver annonçait 125 vols directs vers 10 destinations asiatiques, celui de l’aéroport international Pearson de Toronto proposait 78 vols hebdomadaires vers 9 destinations de l’Asie et 37 vers 6 destinations d’Amérique du Sud au cours de l’été 2012 (25 mars au 27 octobre); et celui de Montréal n’en n’offrait aucun!
Devant ce constat, M. Bernier, comme député de Beauce, a accueilli favorablement l’idée d’une augmentation de vols à destination de l’aéroport international Montréal-Trudeau et s’est dit enclin à soutenir Montréal si une compagnie aérienne asiatique ou sud-américaine voulait accroître sa fréquence de vols à destination du territoire canadien.
M. Bernier a quand même tenu à souligner que, selon le forum économique mondial, le Canada se situe au 10e rang sur 139 par rapport à son ouverture aux marchés dans le transport aérien. Il reconnaît que les aéroports canadiens vivent une problématique structurelle qui les rend moins concurrentiels que les aéroports américains. En effet, ces derniers étant subventionnés par l’État et le gouvernement fédéral, ils sont en mesure d’offrir des tarifs très compétitifs, et ce, même à la clientèle québécoise, qui ne se gêne d’ailleurs pas pour traverser la frontière pour prendre un vol à destination des États-Unis. Le Canada a entrepris une certaine privatisation des aéroports sous l’ancien gouvernement, mais comme celle-ci n’est pas entièrement complétée, les aéroports canadiens doivent vivre avec les revenus qu’ils perçoivent des transactions. L’idée d’une capitalisation boursière, qui permettrait aux aéroports de diminuer les taxes aux voyageurs, est présentement à l’étude au ministère des Transports. Comment tout cela se terminera? À l’avantage, cette fois, du Québec… Espérons-le!
Les tarifs aériens au Canada sont élevés. Les Canadiens traversent de plus en plus la frontière pour aller prendre l’avion à meilleur prix. Au Canada, un pays vaste aux attraits dispersés, la compétitivité de l’industrie touristique souffre; le Canada a glissé du 5e au 11e rang mondial de 2009 à 2011, selon l’index de compétitivité du tourisme et des voyages du Forum économique mondial. La plupart des intervenants du monde aérien présents au Comité sénatorial permanent des transports et des communications imputent essentiellement l’écart de prix entre les tarifs au départ du Canada contre ceux à partir des Etats-Unis aux droits et aux taxes imposés aux transporteurs au Canada, selon un rapport publié en juin 2012.
Le Conseil des Aéroports du Canada (CAC) estime à 4,8 millions les Canadiens qui sont partis d’un aéroport américain en 2011, soit 15% de plus qu’en 2010. Cela équivaut au nombre de passagers qui transitent annuellement dans un aéroport de taille moyenne. Selon le CAC, la différence moyenne entre des départs du Canada et des États-Unis pour des vols aller-retour vers des destinations américaines populaires est d’environ 428$. Cet écart peut valoir le détour. Pour illustrer l’ampleur du problème, l’organisme a tenu en mars 2012 une conférence dont le thème était «L’un de nos aéroports a disparu».
En comparant des aéroports canadiens avec quatre aéroports frontaliers américains, Air Canada a calculé que les frais de «structure» (redevances de navigation et d’atterrissage, frais d’améliorations aéroportuaires, droits de sûreté) sont de 229% inférieurs aux États-Unis. Voilà une bonne façon d’inciter les transporteurs à rabais à desservir le marché canadien par ces aéroports.
Les loyers
Les aéroports du Réseau national des aéroports (RNA) paient au gouvernement fédéral un loyer en fonction de leurs recettes brutes. En 2009, les huit plus importants aéroports ont payé 268 millions de dollars en loyer, soit 11% de leurs recettes totales. En 2011, Aéroports de Montréal a déboursé en loyer plus de 43 millions de dollars (3,15$/passager).
Les taxes et les redevances
Plusieurs autres taxes et redevances font monter le coût des déplacements:
Les droits pour la sécurité des passagers avant l’embarquement et pour les bagages. Ils seraient les plus élevés au monde, selon le président de l’Association du transport aérien du Canada;
Les redevances de contrôle aérien de NAV Canada qui doivent couvrir les coûts occasionnés par ce service.
Les frais d’améliorations aéroportuaires. Les infrastructures aéroportuaires du Canada sont les meilleures au monde, selon le Forum économique mondial. Cela se répercute sur le prix des billets.
La taxe d’accise perçue sur le carburant. Elle coûterait 100 millions de dollars par an à l’industrie de l’aviation.
Les taxes municipales ou les paiements versés en remplacement d’impôts. À Aéroports de Montréal, ce sont des frais de plus de 40 millions de dollars en 2011.
La taxe sur les produits et services et la taxe harmonisée qui s’appliquent au coût total des billets d’avion.
Ampleur des frais ajoutés sur les tarifs aériens canadiens
L’exemple 1 (voir image ci-après) nous apprend que le tarif de base d’un vol Toronto- Orlando passe de 118$ à 208$ après l’application des droits et des taxes, qui représentent 43% du prix total. De Buffalo, le prix de base d’un vol vers Orlando grimpe de 124$ à 145$ après les taxes, qui ne représentent que 14,4% du prix total.
Le tableau 2 démontre l’importance des frais ajoutés au tarif de base du transporteur WestJet ainsi que l’écart de ces mêmes frais entre le Canada et les États-Unis et les différences entre les provinces. Le désavantage pour les passagers canadiens est un peu moindre que dans l’exemple 1.
Le départ de Chicago, moins coûteux pour le tarif de base, ne comporte que 12% de frais ajoutés. Les départs du Canada pour des vols intérieurs ou transfrontaliers incluent des frais supplémentaires variant de 24% à 33% du prix total du vol. On note aussi que le vol en partance de Montréal affiche les frais ajoutés les plus élevés (33%) et ceux en partance de Calgary ont les plus bas (entre 24% et 29%).
La philosophie canadienne de l’utilisateur-payeur a un impact majeur sur le prix des vols aériens et nuit à la compétitivité de l’industrie touristique. Elle explique que le Forum économique mondial classe le Canada au 125e rang sur 133 pays pour le critère «taxes et frais d’aéroport». Le rapport du comité sénatorial oublie toutefois de mentionner que les États-Unis et l’Australie surprennent par un classement pire, en occupant respectivement les 129e et 127e rangs. Toutefois, la situation varie beaucoup d’un aéroport américain à l’autre. Les aéroports frontaliers qui visent le marché canadien échappent généralement aux frais significatifs ajoutés au prix de base. De plus l’offre de « voyages à rabais » occupe une place importante aux États-Unis, mais ne parvient pas à s’imposer au Canada.
Exemple 1
Source: Rapport du comité sénatorial sur les transports. «L’avenir des déplacements aériens au Canada: poste de péage ou bougie d’allumage»
Composantes du prix de vols de Westjet annoncés pour le 15 août 2012 en dollars canadiens ou américains
Pour les vols transfrontaliers de ou vers Chicago, les tarifs et les frais sont en dollars américains. Pour les vols à l’intérieur du Canada, les tarifs et les frais sont en dollars canadiens.
Le manque de concurrence
L’abolition ou la réduction des loyers, des redevances et des taxes améliorerait la compétitivité des aéroports canadiens par rapport à leurs concurrents frontaliers, mais ne règlerait pas l’ensemble du problème. Selon le Dr Ambarish Chandra du Rotman School of Management de l’Université de Toronto, les tarifs de base sont sensiblement plus élevés au Canada.
Au Canada, le manque de concurrence est bien réel, tant pour les vols intérieurs qu’internationaux. Air Canada et WestJet occupent 90% du marché. Le transport terrestre n’est pas en mesure de concurrencer l’avion comparativement à l’Europe. Le Dr Chandra critique une politique générale qui protège les intérêts des transporteurs au détriment de ceux des passagers.
Si les frais ajoutés peuvent décourager les transporteurs à rabais d’offrir leurs services au Canada, la règlementation protectionniste qui favorise les transporteurs canadiens, notamment en matière de cabotage, nuit aussi à la concurrence et par ricochet, à une baisse des prix.
Un frein réel à l’industrie touristique canadienne
Par exemple, un voyageur étranger qui souhaiterait visiter la Colombie-Britannique, l’Ontario et le Québec dans un même voyage sera refroidi par le coût du transport aérien. Pourtant, les déplacements intérieurs sont bien souvent accessibles dans d’autres destinations grâce aux entreprises low cost (par exemple en Chine ou au Royaume-Uni). Ce frein important nuit à l’attractivité de la destination. D’autre part, selon le Dr Chandra, le nombre de passagers par mille habitants canadiens sur des vols intérieurs au Canada est plus de deux fois moindre qu’aux États-Unis. Le coût élevé des voyages aériens explique probablement en partie cet écart et décourage les Canadiens de voyager davantage chez eux.
Dans un pays aussi vaste où les attraits sont étalés sur de grandes distances, l’impact des tarifs aériens devient déterminant dans la mise en valeur de l’offre touristique. Il devient plus difficile d’attirer des touristes étrangers et de stimuler le tourisme domestique interprovincial. Du coup, le Canada se retrouve privé d’une partie des recettes touristiques provenant des voyages à l’étranger de ses ressortissants qui prennent leur vol aux États-Unis. La problématique des tarifs aériens au Canada devrait occuper davantage d’importance dans les politiques touristiques futures au Canada.
Le comité sénatorial innove en recommandant que le Canada se dote d’une stratégie nationale où le transport aérien serait vu comme un moteur économique et touristique et où les déplacements en avion seraient plus concurrentiels.
Sources :
– Rapport du comité sénatorial permanent des transports et des communications
Détenteur d’une maîtrise en aménagement du territoire de l’Université d’Ottawa et d’une licence en géographie de l’Université Laval, Henri Chapdelaine a mené une carrière de 36 ans dans les domaines du développement économique et touristique au gouvernement du Québec.S’étant joint au ministère du Tourisme en 1985, il a occupé divers postes d’encadrement, notamment comme directeur général du développement, directeur général de la recherche et de la planification et directeur général des services aux clientèles touristiques. Il a été responsable du développement du système de gestion de la destination BonjourQuébec.com.Depuis sa retraite en 2007, il agit comme consultant senior. En 2011, il fait partie de l’équipe de l’entreprise Vecteur 5 et il a fondé sa propre entreprise de communications, Union V.
Les services de géolocalisation et de communication de champ proche (Near Field Communication, NFC) de même que les systèmes de paiement mobiles changeront profondément la prestation des services touristiques. Alors que les compagnies se demandent encore comment naviguer dans le paysage évolutif des dispositifs et des plateformes, elles doivent aussi s’efforcer de s’adapter aux besoins des consommateurs «en déplacement» et trouver le juste équilibre entre la simplicité et l’abondance des fonctionnalités. La clé du succès à ce stade précoce du développement mobile est d’adapter et de personnaliser l’expérience pour répondre aux multiples besoins des voyageurs. Au fil du temps, les limitations des petits écrans seront compensées par les reconnaissances vocale et visuelle qui faciliteront leur utilisation. Les informations stockées deviendront de plus en plus sophistiquées. Voilà les principales conclusions des entrevues menées par PhoCusWright sur l’impact des nouvelles technologies sur la planification future des voyages auprès de cadres d’agences de voyages en ligne et autres leaders d’opinion à travers le monde.
Des ventes privées «vraiment privées»
Depuis plusieurs années, les marchés sont inondés de promotions, d’offres et de ventes éclair diffusées par des sites tels que Groupon, qui sèment leurs rabais à tout vent, sans distinguer les besoins des uns et des autres. La pertinence de ces offres laisse souvent à désirer et ni le consommateur ni le vendeur n’y trouvent leur compte. Pour soutenir un engagement à long terme, les marques pratiquant l’éloge des rabais devront apprendre à maîtriser un tout nouveau mantra: offrir le bon produit, au bon client, au moment opportun! Au fur et à mesure que la technologie permettra d’affiner la segmentation des consommateurs et de cibler certains types de comportements, les vendeurs pourront offrir des promotions et des produits qui sont réellement pertinents à de minigroupes de consommateurs triés sur le volet, pour un produit bien précis.
Des résultats de recherche intelligents
Actuellement, les acheteurs en ligne sont submergés de centaines d’options. Éventuellement, les programmes informatiques seront capables «d’apprendre» du comportement d’un consommateur par l’observation et l’agrégation de modèles communs ou répétitifs. La microsegmentation aidera les entreprises à analyser le comportement des consommateurs pour leur fournir des résultats de plus en plus «intelligents».
Par exemple, lorsqu’un internaute effectue une recherche pour la cinquième fois, les résultats devraient être plus pertinents que la première fois. Autre exemple: après avoir sélectionné un certain hôtel pour voir ses caractéristiques plus en détail, en retournant à la liste des résultats de recherche, l’ordre serait automatiquement rajusté pour déplacer vers le haut de la liste les autres hôtels de même type.
Les systèmes intelligents et les assistants virtuels privés
L’idée que les puces informatiques envahiront de nombreux objets et que les dispositifs eux-mêmes seront «intelligents» et interconnectés est plus que probable. En effet, la programmation manuelle sera vraisemblablement remplacée par l’intercommunication entre les périphériques. Nous continuerons d’utiliser des sites Web différents pour maintes choses. Toutefois, un programme qui collecte et stocke l’information pourra agir comme un assistant personnel virtuel — reconnaissant et traitant les diverses données des sites que nous visitons et ce que nous y faisons — et interagir avec des sites au nom du client.
Par exemple, les compagnies aériennes connaîtront à l’avance les préférences de leurs clients; et les agrégateurs de contenu (p. ex. : Kayak, Mobissimo), leur compagnie aérienne préférée. Les conversations n’auront pas lieu avec des représentants bien vivants, mais plutôt avec des avatars dotés d’intelligence artificielle et de compréhension du langage oral naturel. Déjà, des hologrammes apparaissent aux portes de certains grands aéroports pour guider les voyageurs (New York, Washington, Londres) et certaines compagnies aériennes (United et Alaska) «embauchent» des assistants virtuel, Alex et Jenn pour répondre aux questions de leur clientèle sur leurs sites Internet. Ces assistants pavent la voie d’une plus grande personnalisation des services. L’énorme quantité de renseignements qui peuvent être glanés et analysés à partir des conversations enregistrées permet aux entreprises de se faire une meilleure idée de ce que les clients veulent vraiment puisque ces derniers ne sont pas confinés aux limites des liens et des termes de recherche; ils peuvent s’exprimer dans leurs mots pour demander ce qu’ils recherchent. Tous les secteurs de l’industrie touristique peuvent développer ce genre d’aides virtuelles.
La biométrie, entre l’acceptable et l’inacceptable
De nos jours, la biométrie est généralement basée sur les traits physiologiques et conçue pour des raisons de sécurité. Toutefois, il existe une toute autre facette de la biométrie qui met l’accent sur le comportement. Des données comme l’expression du visage, le mouvement des yeux et les battements cardiaques pourraient un jour être décodées par ordinateur, aussi banalement que la localisation géographique l’est aujourd’hui. Les entreprises auraient ensuite la possibilité d’utiliser ces informations pour déterminer l’humeur et les réactions des consommateurs afin d’adapter leurs offres en conséquence. Comme avec l’assistant personnel virtuel, la question du respect de la vie privée doit tracer la ligne entre ce qui est acceptable ou non, entre les avantages du partage de l’information et les inconvénients.
Au cours des dix dernières années, on a assisté à l’avènement des appareils mobiles, des agences de voyage en ligne, des réseaux sociaux; que nous réserve donc l’horizon 2020?
Le département municipal des transports publics de Londres, Transport for London (TFL), a créé la campagne «It’s quicker than you think», dont l’objectif est d’encourager la marche lors des déplacements cet été. Avec l’arrivée de milliers de personnes en raison des Jeux olympiques, dont des athlètes, des médias et des touristes, on a voulu éviter la surfréquentation du Tube, le réseau de métro londonien.
L’idée mise de l’avant par la campagne consiste à faire réaliser aux Londoniens et aux visiteurs que plusieurs déplacements peuvent être plus rapides à pied, tout en contribuant à la dépense de calories (voir le tableau 1).
Selon une recherche menée par TFL, 53% des voyages effectués en métro au centre-ville seraient plus rapides à la marche. Au total, 47 circuits par métro prendraient moins de 10 minutes à pied. Et si on laissait l’effervescence olympique transformer les courts trajets en déplacements actifs?
Les compagnies aériennes rivalisent d’imagination pour offrir une gamme de divertissements variés à leur jeune clientèle. La récente initiative du transporteur brésilien TAM Airlines s’inscrit dans ce courant. Kid Captain, un des volets du programme TAM Kids, propose aux enfants âgés de 12 ans et moins inscrits au programme d’obtenir leur badge de capitaine. Celui-ci leur permet, une fois à bord, d’aider l’équipage en accueillant les passagers et en distribuant des friandises avant le décollage, puis de visiter le poste de pilotage après l’atterrissage. Une bonne manière de faire coopérer même les plus turbulents!