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Segments de clientèles

L’Espagne est la vedette de l’année! Profil des voyageurs d’outre-mer au Québec en 2008

Le marché américain affichant de piètres rendements, le Québec mise de plus en plus sur les pays d’outre-mer pour combler son déficit touristique. Bien que la France demeure une valeur sûre, certains marchés sont surprenants par leur vigueur. En 2008, les projecteurs se tournent du côté de l’Espagne qui montre des signes d’affinités évidents avec le Québec alors que son volume a plus que quadruplé depuis 2004!

La présente analyse s’appuie sur des données qui proviennent d’un traitement spécial effectué à partir de l’Enquête sur les voyages internationaux de Statistique Canada.

La répartition des touristes d’outre-mer

Le Québec a accueilli 1 256 000 touristes en provenance d’autres pays que les États-Unis en 2008 (graphique 1). Heureusement, le segment outre-mer se porte plutôt bien; le Québec enregistre une hausse de plus de 25% par rapport à l’année 2004. La France constitue toujours le principal marché (341 000 visites, soit 27% du volume total).

Fait intéressant, le marché espagnol (pointe grise en retrait) est passé, en quatre ans, du 11e au 6e rang parmi les principaux marchés outre-mer au Québec. Environ 43 000 Espagnols sont venus dans la province en 2008. C’est d’ailleurs le Québec qui en profite le plus à l’échelle canadienne, puisqu’il accapare maintenant la moitié du volume touristique canadien.

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La répartition de la clientèle touristique selon le but de voyage se répartit comme suit:

  • 665 000 touristes d’agrément (+23% par rapport à 2004),
  • 337 000 touristes en visite de parents et d’amis (+40% par rapport à 2004),
  • 233 000 touristes d’affaires (+5% par rapport à 2004).

Les voyages de type personnel, par exemple pour des raisons de santé, n’ont pas été pris en compte. Selon les données, c’est le segment des visites de parents et d’amis qui explique la plus grosse partie de la croissance depuis 2004.

Les marchés latins s’enflamment!

Il est très intéressant d’observer l’évolution des marchés d’outre-mer sur une période de quatre ans. Au cours des dernières années, le Québec a particulièrement bien tiré son épingle du jeu auprès des marchés d’origine latine, notamment la France, le Mexique, l’Italie et l’Espagne. Les quatre affichent en 2008 une croissance supérieure à 30% par rapport à 2004 (graphique 2). L’Australie montre aussi une augmentation significative de 26%. Par contre, certains marchés stagnent ou ont récemment régressé. C’est le cas du Royaume-Uni, de la Belgique, du Japon, de la Corée du Sud et, étonnamment, de la Chine!

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Montréal frôle le cap du million

Les gains réalisés auprès de la clientèle d’outre-mer se répartissent de façon quelque peu inégale entre les régions touristiques du Québec (graphique 3). Toutes proportions gardées, l’Outaouais, Lanaudière, Laval, les Laurentides et Montréal affichent les meilleurs taux de croissance par rapport à l’année 2004. La région de la métropole accueille près d’un million de touristes d’outre-mer, soit 171 000 de plus qu’il y a quatre ans. Les régions du SaguenayLac-Saint-Jean, du Bas-Saint-Laurent, de la Mauricie, de la Gaspésie, de Chaudière-Appalaches, de la Côte-Nord et de l’Abitibi-Témiscamingue ont toutes enregistré des baisses en 2008 par rapport à 2004.

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Les activités pratiquées

Les activités culturelles telles que la visite de sites historiques, de musées et de galeries d’art figurent parmi les attraits les plus populaires auprès de la majorité des clientèles d’outre-mer, particulièrement auprès des Australiens et des Néerlandais (graphique 4). Les Britanniques sont ceux qui fréquentent le plus les bars et les boîtes de nuit, alors que les Japonais apprécient davantage que les autres la visite des parcs naturels. Autre fait intéressant, près de 20 000 Mexicains sont allés à un casino lors de leur passage au Québec. Par ailleurs, le caractère latin des Italiens et des Mexicains se traduit par une importante participation aux festivals et aux foires.

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Le choix des modes d’hébergement évolue

Environ la moitié des voyageurs d’agrément d’outre-mer sélectionne l’hôtel comme unique mode d’hébergement (tableau 1): une croissance importante par rapport à 2004 (43,9%). Cette clientèle opte d’ailleurs de moins en moins pour une combinaison de trois types d’hébergement ou plus. Ceux qui visitent des parents ou des amis se rendent moins à l’hôtel qu’en 2004; désormais, ils demeurent uniquement au domicile de leurs proches (55,6%). Quant à elle, la clientèle d’affaires reste fidèle à l’hôtel (73,3%), mais est plus encline qu’avant (6,1%) à sélectionner des combinaisons de deux types d’hébergement.

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La répartition trimestrielle

On remarque des comportements de voyages très distincts d’une clientèle à l’autre lorsqu’il est temps de choisir la période de voyage au Québec. Par exemple, les Japonais (en gris) sont les seuls à venir en plus grand nombre au cours du trimestre d’automne. Il s’agit d’un inversement de situation pour ce marché, alors qu’en 2005 ils étaient deux fois plus nombreux à voyager au Québec à l’été plutôt qu’à l’automne. Le Mexique constitue un marché fort important au deuxième trimestre, surpassant même le marché britannique. Les voyages des Mexicains au printemps ont d’ailleurs doublé comparativement à l’année 2005. Par ailleurs, il reste beaucoup de travail à faire si l’on souhaite attirer les Italiens et les Espagnols qui sont à peu près absents pour le moment en hiver au Québec.

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En ce qui a trait au principal marché d’outre-mer, c’est d’abord à l’été que les Français (159 000 visiteurs) viennent au Québec (graphique 6). Le premier trimestre continue de donner des résultats intéressants, puisque les Français sont désormais plus de 52 000 à voyager au Québec en hiver. Il s’agit d’une hausse de 30% par rapport à l’hiver 2005.

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Une durée de séjour qui raccourcit

Pour conclure, voici quelques renseignements complémentaires qui permettent de comparer certains éléments du profil touristique des trois catégories de clientèle, selon leur motivation de voyage.

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Il semble que les clientèles d’agrément séjournent de moins en moins longtemps, puisque la durée moyenne du voyage se situe à 9,39 nuitées en 2008, comparativement à 11,09 en 2005. Les touristes en visite chez des parents ou et des amis ont aussi réduit pour la première fois leur moyenne de séjour sous les 13 nuitées, soit une nuitée de moins par visiteur que l’an passé. Quant aux dépenses moyennes par visite d’agrément, elles sont en hausse par rapport à 2006 et à 2007, rejoignant à peu près la moyenne observée en 2004.
Source:
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2008.

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Faits et chiffres Marchés géographiques Perspectives

Indices de compétitivité du Québec pour le troisième trimestre 2009

Grâce aux données compilées par le Conference Board du Canada, la Commission canadienne du tourisme publie trimestriellement un rapport mesurant la compétitivité du Canada et des provinces en regard des autres destinations concurrentes.

Voici quelques extraits de ce rapport qui met en lumière les perspectives touristiques pour le Québec par rapport à ses marchés internationaux prioritaires, et ce, pour le troisième trimestre 2009. Ces indicateurs tiennent compte des principaux indices prévisibles, soit le prix des prestations touristiques, le taux de change et la capacité aérienne pour les vols directs.


Une perte nette de plus de 68 700 sièges

L’analyse de la capacité aérienne en provenance des principaux marchés internationaux du Québec annonce un été 2009 particulièrement difficile (tableau 1). Les données de la firme BACK Aviation Solutions indiquent qu’il y aura près de 69 000 sièges de moins disponibles sur les vols directs vers le Québec en provenance des États-Unis, de la France, du Royaume-Uni, de l’Allemagne et du Mexique au cours du troisième trimestre 2009 (juillet, août, septembre).

Différentiel des sièges disponibles sur les vols directs vers le Québec

On prévoit que la France constituera le seul marché à présenter un solde positif de capacité avec un ajout d’environ 10 000 sièges. Ce gain est toutefois presque complètement annulé par l’importante baisse de 16,4% prévu pour le Royaume-Uni, un marché pourtant de moindre importance que la France pour le Québec. C’est sur le marché américain que la diminution de la capacité aérienne se fait le plus sentir alors que l’on retranchera cet été plus de 68 000 sièges en direction du Québec.


Le Québec plus lourdement touché que la moyenne canadienne

L’ensemble des provinces canadiennes verra son nombre de vols directs en provenance des États-Unis diminuer de 7,2%. C’est la Colombie-Britannique qui est la province la plus touchée avec un différentiel négatif de près de 130 000 sièges (-14,3%) à l’été 2009 (graphique 1). Proportionnellement, l’Ontario s’en tire mieux que le Québec avec une diminution prévue de 6,3%. Néanmoins, sa capacité aérienne sera quand même privée de plus de 113 000 sièges.

Capacité aérienne des vols direct vers le Québec

Pour les principaux marchés plus éloignés, l’indice de compétitivité du Québec en matière de capacité aérienne est plutôt décevant lorsqu’on le compare aux autres provinces canadiennes concurrentes. L’érosion la plus sentie pour le Québec se fera sur le marché britannique alors que le nombre de sièges diminuera de 16,4% comparativement à 6,6% pour l’Ontario. Fait à remarquer, la Colombie-Britannique, qui présente des volumes similaires vis-à-vis du marché allemand, enregistrera un gain spectaculaire de 21,8% tandis que le Québec demeurera stable.

Le Canada sera compétitif sur l’indice du prix

Le graphique 2 brosse un portrait de la situation en ce qui concerne la compétitivité de l’ensemble de la destination canadienne en matière de coût des voyages. Les données illustrées affichent la variation par rapport à la même période de l’année 2008 et sont comparées avec le coût des voyages vers d’autres destinations. À l’exception de la Corée du Sud, il en coûtera moins cher voyager au Canada à l’été 2009 pour tous les principaux marchés internationaux en comparaison des autres destinations. Les Américains, les Français et les Australiens détiennent tous un pouvoir d’achat pour des voyages au Canada sensiblement plus intéressant en 2009 comparativement à d’autres destinations concurrentes.

Variation du coût des voyages

L’amélioration de la compétitivité de l’indice du prix pour la destination canadienne est largement attribuable à des baisses importantes des tarifs aériens pour des vols directs vers les principaux marchés touristiques ainsi qu’à un fléchissement de la devise canadienne par rapport à l’été 2008. Le rapport du Conference Board précise également qu’à l’échelle canadienne c’est au Québec et en Ontario que l’on trouvera les meilleurs prix pour les Américains, les Mexicains et les Français. L’indice mesuré des prix de voyages tient compte du tarif aérien, de l’hébergement, des repas et d’autres achats touristiques.

Source:

– Conference Board du Canada. «Voyages en provenance des États-Unis et d’outre-mer à destination du Canada – Perspectives à court terme sur la concurrence», préparé pour la Commission canadienne du tourisme, mai 2009.

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Marchés géographiques Technologies

Portrait des Français au Québec et leur comportement Internet

Savez-vous que les touristes français ne se comportent pas comme les autres visiteurs outre-mer en ce qui a trait aux buts de voyage et aux régions visitées du Québec? Savez-vous qu’ils sont drôlement branchés et qu’ils utilisent amplement le Web pour planifier et réserver leurs voyages? Voici un portrait sommaire des visiteurs français au Québec ainsi que leur comportement en tant qu’internautes.

Une précédente analyse (Nos chouchous: les Français) dressait un bref portrait du contexte intérieur de la France susceptible d’influer sur le comportement de voyage de ses habitants. On en déduisait que, malgré une économie incertaine, les Français tenaient suffisamment à leurs vacances pour s’adapter à un pouvoir d’achat diminué. Le Canada demeure une destination prisée, et le nombre de visiteurs augmente à nouveau après avoir connu une forte baisse en 2003. Deux études distinctes classent d’ailleurs le Canada au premier rang des destinations préférées des voyageurs français.

À la découverte du Québec

Des 294 600 touristes français venus au Québec en 2006, près de 60% ont réalisé un séjour d’agrément, 31% visitaient des parents et des amis et seulement 9% sont venus par affaires. La comparaison avec les autres touristes outre-mer est éloquente; il y a peu de déplacements d’affaires et beaucoup plus de voyages d’agrément ou de visites de parents et d’amis.

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Ce fort pourcentage de voyages d’agrément de même que le désir d’unicité des touristes français les amènent à sortir des sentiers battus et à visiter les régions du Québec dans une proportion beaucoup plus élevée que celle des visiteurs des autres pays. Le graphique 2 illustre cette situation. On y constate la présence des Français dans toutes les régions à l’exception de Montréal et Laval, de Québec et des Laurentides. Ils semblent apprécier particulièrement le Saguenay–Lac-Saint-Jean, la Côte-Nord, la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, la Mauricie ainsi que le Bas-Saint-Laurent.

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Selon une étude réalisée par la Commission canadienne du tourisme (CCT) en 2008 auprès de consommateurs et de l’industrie touristique européenne, la plupart des touristes français au Canada demeurent à l’intérieur de nos frontières (84%); seulement 16% combinent une visite aux États-Unis. La majorité des visiteurs français viennent entre juin et octobre et restent pour une durée moyenne de 16 jours. La dépense moyenne par voyage est de 4400 euros (6700 CAD) par groupe de 3,6 personnes en moyenne. Ils proviennent de toutes les régions de la France.

Les activités les plus populaires recensées par la CCT sont:

  • profiter des paysages naturels (78%);
  • interagir avec la population (61%);
  • faire l’expérience de la culture locale (44%);
  • visiter des aires protégées telles que des parcs nationaux (44%);
  • visiter des sites d’intérêt historique, des musées ou des galeries d’art (35%);
  • se détendre et décompresser (33%).

Complétez vos connaissances sur le portrait des touristes français en consultant l’analyse sur les marchés outre-mer au Québec: l’Italie, le Mexique et la France, leaders de la croissance du tourisme d’outre-mer.

À l’assaut du Web!

Les Français s’avèrent des voyageurs indépendants qui réservent plus souvent par eux-mêmes et organisent leur propre itinéraire. Ainsi, ils ont plus l’impression de répondre à leur envie d’un séjour unique. Ce désir de voyage sur mesure a permis au tourisme en ligne de prendre une place importante auprès de cette clientèle. En effet, près de 60% des utilisateurs d’Internet ont acheté un service de voyage en 2006 selon la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (FEVAD). Rappelons qu’une forte proportion des voyages des Français est domestique.

Le graphique 3 démontre qu’Internet est beaucoup plus utilisé en 2007 qu’en 2004, au détriment des autres méthodes de réservation. Cette transition répondrait autant à un désir d’une plus grande flexibilité qu’à la perception que les prix sont plus compétitifs en ligne. Gagner du temps en ne se déplaçant pas en magasin et en évitant la foule est aussi un critère très motivant pour acheter sur Internet.

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Une étude de Tourisme Aquitaine indique que 40% des Français partis en 2006 ont préparé leurs séjours en ligne (internationaux ou domestiques), soit 12,4 millions d’individus (avec une consultation de plusieurs sites et un temps de recherche important passé sur Internet).

Internet s’impose donc comme le principal outil de réservation de voyages particulièrement pour le transport (40%), l’hôtel (30%), les villas et les campings (16%), les locations de voiture (8%) et les attractions (6%). L’achat en ligne de forfaits organisés traditionnels est en déclin et on observe plutôt une prolifération des grossistes spécialisés dans les produits de niche (randonnée, aventure, tourisme culturel, voyages de ski, etc.). De plus, il y a une croissance très forte du dynamic packaging (lire aussi: La popularité croissante des forfaits en ligne), soit environ 30% par année.

En sondant les attentes des Français qui réservent en ligne, que ce soit pour un hébergement ou un séjour, on apprend qu’ils apprécient en premier lieu des sites de tourisme qui leur fournissent une confirmation immédiate de leurs réservations. Ils s’attendent également à pouvoir se faire une bonne idée de ce qu’ils achètent par des photos ou des vidéos. La possibilité d’annuler ou de modifier la réservation en ligne est aussi importante. Comparativement à d’autres Européens, les Français sont particulièrement attirés par les offres de dernière minute et, bien sûr, les sites procurant cette fonctionnalité. Les éléments dissuasifs sur les sites des grossistes sont:

  • le manque d’informations détaillées sur les produits;
  • l’impossibilité de consulter les disponibilités;
  • l’absence d’avis d’autres consommateurs sur le site.

En fait, parmi les voyageurs français qui réservent en ligne, 50% consultent des commentaires d’autres voyageurs, des blogues ou des journaux de voyage en ligne de temps en temps, et 30% le font systématiquement. Bref, ils aiment les sites qui proposent des options sophistiquées à l’exemple de l’ÉcoComparateur de Voyages-sncf, qui compare les tarifs en train, en avion et en voiture pour un même trajet.

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Des touristes avertis, curieux, sociables, en quête d’expériences nature uniques… Et vous, intervenants de l’industrie touristique d’ici, comment décririez-vous les touristes français au Québec? Et finalement, petite question pour nos lecteurs de l’Hexagone, considérez-vous que cette analyse (incluant le volet précédent: Nos chouchous: les Français vous dépeint bien?

Lire aussi:

Nos chouchous: les Français
La popularité croissante des forfaits en ligne
l’Italie, le Mexique et la France, leaders de la croissance du tourisme d’outre-mer

Sources:

–  Commission canadienne du tourisme. «Recherche auprès des consommateurs et de l’industrie touristique en Europe», février 2008
– Émilie Levesque – Journal du net. «Les internautes et le e-tourisme en France», juillet 2008.
–  Mintel. «France Outbound», Travel & Tourism Analyst, no 9, juin 2008.
– PhocusWright. «The French Online Travel Marketplace», Analysis, février 2008.
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», 2006.
– Tourisme d’Aquitaine. «Comportements et attentes des internautes vis-à-vis des sites Internet touristiques – Rapport de synthèse», novembre 2007.

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Marchés géographiques

Nos chouchous: les Français

Qu’arrive-t-il avec nos cousins transatlantiques? La relation affectueuse entre la France et le Québec ne date pas d’hier et a donné lieu à de multiples échanges et à d’innombrables voyages. Où en est le marché français aujourd’hui? À quel point la diminution de son pouvoir d’achat influe-t-elle sur ses choix en matière de voyage? Les mesures pour redresser son économie nuiront-elles au tourisme?

Un contexte intérieur fragile

La situation économique de la France n’est pas au rose et le pays vit des temps d’incertitude. Sa dette est élevée, le PIB croît lentement et l’inflation augmente à son rythme le plus rapide depuis 12 ans, réduisant le pouvoir d’achat des consommateurs français. Cette conjoncture économique joue directement sur la confiance de la population quant au futur.

Concrètement, un sondage réalisé en février 2008 révèle que plus de 80% des Français disent avoir observé une baisse de leur pouvoir d’achat au cours de l’année précédente. D’un autre côté, une autre étude indique que les Français ne sont pas moins nombreux en 2008 qu’en 2007 à être partis en vacances. Néanmoins, un voyageur sur trois ne peut plus débourser autant d’argent qu’avant pour ses voyages. Afin de «partir pour moins cher», 29% ont décidé de voyager hors-saison, 24% ont réservé longtemps avant leur départ, 18% ont opté pour les formules de séjour «tout compris» et 15% ont préféré partir moins longtemps que de ne pas partir du tout. En fait, cette étude montre combien les vacances ont de l’importance aux yeux des Français, et qu’ils sont prêts à adapter leurs habitudes de voyage selon leurs moyens.

Les individus de 45 ans et plus voyagent beaucoup, particulièrement une fois parvenus à la retraite. Par contre, les mesures de redressement de l’économie touchent les généreux programmes de retraite qui seront resserrés au cours des années à venir. En fait, le gouvernement de Sarkozy a déjà entrepris des actions en ce sens. Il est donc à prévoir que ce groupe aura moins l’occasion de voyager sous peu. En outre, ce ne sont pas les jeunes qui voyagent le plus actuellement. En effet, le taux d’emploi général est bon, mais le taux de chômage des 15 à 24 ans demeure très élevé, soit plus de 20%.

Par ailleurs, les résidents de la France jouissent de longues vacances annuelles. Les 25 jours de base correspondent au nombre de jours de congé payé le plus important des pays de l’OCDE. De plus, avec l’instauration de la semaine de travail de 35 heures en 2000, la plupart des travailleurs ont la possibilité d’accumuler des journées de congé additionnelles, jusqu’à un total de 50 jours de vacances payés annuellement. Ces avantages font des Français des touristes de choix qui voyagent souvent et sur de longues périodes.

Malgré une inflation marquée, la force de l’euro par rapport à d’autres devises, le dollar américain en particulier, a une influence sur les destinations de voyage des Français. En ce qui concerne le Canada, les temps sont favorables. Le graphique 1, ci-dessous, illustre l’évolution du taux de change.

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Les Français nous aiment toujours. Ouf!

Selon une enquête effectuée auprès de la population française sur leurs destinations rêvées (sans contraintes budgétaires), le Canada arrive au premier rang. Avec l’Australie et l’Irlande aux deuxième et troisième rangs, on en déduit que les Français ont un fort intérêt pour la nature et les grands espaces. En plus de leurs attrayants voisins que sont l’Italie, la Grèce et l’Espagne, les Français souhaitent également visiter la Suède, la Norvège et le Danemark. Bref, l’offre touristique québécoise a de quoi leur plaire, mais les concurrents sont nombreux.

De plus en plus de voyages internationaux

Les Français ont réalisé plus de 23 millions de voyages internationaux en 2006, une augmentation de 33% depuis 2001. Il s’agit d’une hausse plus forte que pour d’autres pays européens, mais la proportion des voyages internationaux versus celle des séjours domestiques demeure en deçà de ces autres marchés. En effet, les Français voyagent largement en France (49,5 millions en 2006) et les deux tiers d’entre eux séjournent chez des parents ou des amis. Toutefois, cette situation change graduellement et le ratio du nombre de voyages internationaux par rapport à la population du pays est passé de 29% en 2001 à 37% en 2006.

Les premières destinations de voyage sont avant tout européennes. L’intérêt pour les États-Unis, qui a longtemps été très fort, a subi un dur coup avec la guerre en Irak qui a envenimé les relations entre les deux pays. De plus, les passeports français ont dû être adaptés aux nouvelles exigences des États-Unis (passeport à lecture optique) depuis octobre 2006, et le pays n’a pas suffi à la demande. En l’attente de ce passeport, les touristes devaient se procurer un visa, une longue procédure qui a contribué à diminuer les déplacements vers ce pays. Cette situation s’est rétablie en 2007. Malgré tout, les États-Unis attirent plus du double de touristes français que le Canada.

Il y a moins de Français qu’avant au Canada et au Québec, mais depuis le creux de 2003, attribuable à l’incertitude quant aux relations avec les États-Unis, à la guerre en Irak et au SRAS, on observe une remontée. Le Québec reçoit, en moyenne, 80% des touristes français qui viennent au Canada.

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La propension de la population à voyager de plus en plus à l’étranger suppose un potentiel de croissance du marché français pour les prochaines années. Le goût du voyage des Français sera-t-il plus fort que leur incertitude quant à l’économie? Une part de ce questionnement nous concerne et il faudra redoubler d’efforts pour les attirer. Pourquoi? Parce qu’ils sont nos touristes préférés: ils visitent largement les régions du Québec, ils restent longtemps et leurs séjours sont autant d’occasions de tisser des liens d’amitié.

Ne manquez pas, dans le prochain Globe-Veilleur, le profil des voyageurs français au Québec ainsi que leur comportement en tant qu’internautes.

Sources:
–    Commission canadienne du tourisme. «Recherche auprès des consommateurs touristiques en Europe», février 2008.
–    Ministère du Tourisme du Québec. «Le tourisme au Québec en bref», Direction générale du marketing, éditions 2000 à 2004.
–    Mintel. «France Outbound», Travel & Tourism Analyst, no 9, juin 2008.
–    Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», 2006.
–    Visit Britain. «French Market & Trade Profile», mise à jour février 2008.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

L’Italie, le Mexique et la France, leaders de la croissance du tourisme d’outre-mer

Le tourisme provenant des pays d’outre-mer se porte bien au Québec, avec une augmentation globale de 9% en 2006 par rapport à 2004. Pourtant, il semble que ce soit la ville de Montréal qui parvienne le mieux à tirer profit de la croissance de ces marchés alors que, pour plusieurs régions touristiques du Québec, les chiffres sont plutôt à la baisse. Par ailleurs, l’année 2006 se traduit aussi par une excellente performance sur le Mexique grâce à une hausse de 30%.

Un regard historique

Tout comme dans un article précédent à propos du marché américain (lire aussi: Les Américains, de la visite rare, qui reste plus longtemps… mais qui dépense moins!), nous présentons une évolution du marché des touristes d’outre-mer en comparant les données de l’année la plus récente (2006) avec les statistiques de 2004 et de 2005. Un profil complémentaire a aussi fait précédemment l’objet d’un traitement et demeure une bonne référence (lire aussi: Les voyageurs d’outre-mer au Québec en 2004 et Les voyageurs d’outre-mer au Québec en 2005). Précisons que les séjours des excursionnistes, en raison de leur faible nombre, ne sont pas pris en considération dans cette analyse.

Un total de 1,09 million de voyageurs d’outre-mer font un voyage touristique au Québec en 2006, soit une hausse de 9% sur l’année précédente (tableau 1). Le marché d’agrément se porte bien avec une croissance constante depuis 2004 (+9%). L’année 2006 confirme l’accroissement spectaculaire de 2005 par rapport à 2004 au chapitre du nombre de touristes en visite chez des parents et des amis (+24%). Seule ombre au tableau, le segment d’affaires est en perte de vitesse avec 20 000 touristes de moins qu’en 2004 (-9%).

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En 2005, c’est durant chacun des trimestres que le Québec réalise des gains auprès de la clientèle touristique d’agrément et en visite de parents ou d’amis (graphique 1). Les deux premiers trimestres demeurent stables en 2006 et le trimestre d’été enregistre un gain de 40 000 touristes par rapport à 2005. Le quatrième trimestre montre quant à lui un léger fléchissement en 2006 comparé à l’année précédente.

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Olé ! Olé ! Mexico

La France accentue sa domination comme principal marché émetteur de touristes d’outre-mer au Québec avec 294 000 visites en 2006, en hausse de 34 000 (+13%) par rapport à 2004 (graphique 2). Le fait marquant en 2006 est la réjouissante performance sur le marché mexicain. Avec une explosion de 21 000 touristes additionnels en 2006 (+30%), le Mexique passe au troisième rang devant l’Allemagne parmi les principaux marchés d’outre-mer pour le Québec. Le marché italien, avec un gain de 11 000 visites (+41%) en 2006, montre aussi une hausse intéressante et, surtout, la plus forte progression. Sur le plan des régions en perte de vitesse, des baisses sont à signaler en 2006 pour certains marchés éloignés comme le Japon et l’Australie, de même que la Suisse.

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La manne des longs séjours

Bonne nouvelle, les données concernant les séjours de 17 nuitées et plus sont en forte hausse depuis 2004 (graphique 3). La clientèle touristique d’outre-mer semble privilégier de plus en plus les séjours débordant du circuit traditionnel de 7/14 jours. Cette croissance est toutefois principalement liée au segment des visites chez des parents et des amis. On y retrouve donc certainement un grand nombre de voyageurs autonome de même que de touristes de type «backpacker», en voyage pour étude ou pour une autre forme de séjour prolongé. En 2006, le nombre de nuitées attribuables aux déplacements de plus de 16 jours totalise 6,4 millions de nuitées, soit au-delà de 2 millions de nuitées de plus que pour les séjours de moins de 17 jours (4,3 millions de nuitées).

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Qui fait quoi?

Peut-être inspirés par l’approche du 400e de Québec, les Français sont beaucoup plus nombreux qu’en 2004 (220 000 vs 134 000) à effectuer une visite d’un site historique lors de leur voyage au Québec en 2006 (graphique 4). En proportion, ce sont les Australiens, les Sud-Coréens et les Suisses qui se montrent les plus curieux de notre histoire. On remarque que les Belges et les Suisses sont peu intéressés par la vie nocturne, contrairement aux Français notamment. Les Japonais et les Belges sont les plus friands de nos parcs naturels. Les plus grands consommateurs de plein air se retrouvent du côté des Pays-Bas, alors que les plus avides amateurs de casinos viennent de la Belgique.

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Montréal et Québec à la loupe

Les villes de Montréal et de Québec constituent les deux pôles d’intérêt majeurs pour la clientèle touristique internationale. Vu l’importance de ces deux régions comme destination de voyage des visiteurs d’outre-mer, nous présentons, pour chacune d’elles, l’évolution du nombre de touristes selon le pays de provenance, de 2004 à 2006.

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La région montréalaise reçoit près de 900 000 touristes en provenance des marchés d’outre-mer (graphique 5). Il s’agit d’une augmentation de 115 000 voyageurs par rapport à 2004. Les attributs latins de la métropole semblent porter ses fruits auprès du marché italien dont la hausse au cours des deux dernières années surpasse celle de l’ensemble du Québec. Le nombre de touristes italiens à Montréal augmente de 118% en 2006 par rapport à 2004. À l’opposé, la baisse du nombre de Japonais est plus prononcée à Montréal (22%).

graphique6_outre-mer_2004-2006

La Vieille Capitale accueille environ 427 000 touristes en provenance des pays d’outre-mer en 2006 (graphique 6). Contrairement à ce que l’on observe à Montréal, il s’agit d’une baisse de 15 000 visiteurs par rapport à 2004. Les marchés qui livrent leur meilleure performance en 2006 par rapport à 2004 sont le Royaume-Uni (+5 000), le Mexique (+10 000) et les «autres» pays (+12 000). D’ailleurs, si la tendance se maintient, le Mexique pourrait bientôt devenir le deuxième marché en importance pour la région de Québec. Le marché primaire, la France, affiche un recul de 10 000 visiteurs en 2006 par rapport à l’année précédente.

Avantage Montréal

En terminant, voici l’évolution du nombre de touristes d’outre-mer selon les régions touristiques visitées au Québec (graphique 7). La mention «autres» comprend non seulement les autres régions touristiques, mais aussi les voyageurs qui ont omis de préciser la région visitée.

Il semble que les touristes d’outre-mer privilégient de plus en plus l’expérience urbaine de la métropole. Le nombre de visiteurs à Montréal est en hausse de 9% en 2006 par rapport à 2004. On remarque que toutes les régions du Québec, à l’exception de la Montérégie, de Laval et de la Gaspésie, sont en baisse ou stables en comparaison avec 2004. On constate les plus fortes diminutions du côté de Charlevoix (-27%), de la Côte-Nord (-26%), du Bas-Saint-Laurent (-24%) et des Laurentides (-20%).

graphique7_outre-mer_2004-2006

Pour conclure, voici quelques renseignements complémentaires qui permettent de comparer certains éléments du profil touristique des voyageurs d’agrément, selon l’année de référence:

tableau2_outre-mer_2004-2006

Les gains au volet des longs séjours signalés précédemment ne se reflètent pas du côté des voyages d’agrément, alors que la durée moyenne revient en 2006 sensiblement au même niveau qu’en 2004 (10,39 nuitées). La taille moyenne des groupes est en progression à 1,82. Même si l’euro demeure une devise forte par rapport au dollar canadien, les dépenses moyennes par visite sont en baisse à 976$ en 2006 et les dépenses quotidiennes moyennes s’établissent à 94$.
Qu’en est-il de votre clientèle? Observez-vous des changements sur le terrain?

Source:
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2004-2006.

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Notre côté «voyeur»: les courbes des principales clientèles internationales qui visitent le Canada

Qui visite le Canada? Quels marchés sont en croissance? Lesquels sont en déclin? Comment se profilent les courbes de chacun? Des graphiques et des tableaux qui valent mille mots!

Les données qui suivent, tirées de Statistique Canada, présentent les voyageurs tant excursionnistes que touristes (une nuitée ou plus). Étant donné que les excursionnistes aux États-Unis représentent un nombre moins marginal que pour les autres clientèles étrangères, nous présentons deux tableaux, soit l’ensemble des voyageurs américains (touristes et excursionnistes) et les touristes seulement.

Est-il utile de rappeler que 2001 constitue une année charnière en raison des événements du 11 septembre en plus du marasme économique qui s’installait? De même, l’année 2003 au Canada, avec son épisode du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), a entraîné une plongée significative de toutes ses clientèles, à l’exception de celle en provenance de l’Inde qui est restée stable.

 

Graphique 1

Graphique 2

 

Graphique 3

 

Graphique 4

 

Graphique 5

 

Graphique 6

 

Graphique 7

 

Graphique 8

 

Graphique 9

 

Graphique 10

 

Graphique 11

 

Graphique 12

 

Graphique 13

 

Graphique 14

 

Graphique 15

 

Graphique 16

 

Graphique 17

 

Graphique 18

 

Graphique 19

 

Graphique 20

 

Graphique 21

 

Graphique 22

 

Graphique 23

Source:
– Statistique Canada.

 

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Les voyageurs d’outre-mer au Québec en 2005

Le Québec a accueilli quelque 1,06 million de touristes étrangers en provenance d’autres pays que les États-Unis en 2005, soit une hausse de quelque 84 000 voyageurs par rapport à l’année 2004. La différence se fait toutefois sentir sur le plan des nuitées puisqu’elles affichent une croissance spectaculaire de 17% en raison d’une moyenne supérieure de la durée des séjours. Nous présentons l’état de la situation de ce marché en nous appuyant sur des données qui proviennent d’un traitement spécial effectué à partir de l’Enquête sur les voyages internationaux de Statistique Canada.

Répartition par continent

L’Europe demeure le pain et le beurre du Québec en ce qui a trait à la clientèle d’outre-mer (y compris le Mexique). Les 703 000 touristes du vieux Continent représentent plus des deux tiers des voyageurs (graphique 1). On remarque aussi que le nombre de touristes en provenance de l’Asie est bien réparti entre les trois segments de clientèle. Le tourisme d’affaires y est certes florissant, plus de 26% de cette clientèle étant issue de ce continent.

Des séjours plus longs

En dépit d’un nombre stable de voyageurs, le bilan de l’année 2005 s’avère fort positif alors que les touristes d’outre-mer sont restés en moyenne plus longtemps (11,6 nuitées) au Québec qu’en 2004 (10,5 nuitées) (Lire aussi:Les voyageurs d’outre-mer au Québec en 2004). En raison de leur faible nombre, nous n’avons pas pris en compte les séjours d’excursionnistes dans cet article.Les voyages de type personnel, par exemple pour des raisons de santé,sont compris dans la catégorie voyages d’agrément. La répartition de la clientèle touristique selon le but du voyage se présente comme suit:

  • 553 000 touristes dont l’agrément est le but du voyage (+2,6% vs 2004),
  • 303 000 touristes dont la principale raison du voyage est la visite de parents et d’amis (+26% vs 2004),
  • 206 000 touristes d’affaires (-6,8% vs 2004).

On constate que les gains sont principalement attribuables à la bonne performance du segment des visites de parents et d’amis qui enregistre une hausse spectaculaire de 26%. Voyons maintenant comment se répartissent les 12,3 millions de nuitées effectuées par les touristes d’outre-mer au Québec en 2005:

  • 6,1 millions proviennent des voyages d’agrément (+11% vs 2004),
  • 4,5 millions sont effectuées lors de visites de parents et d’amis (+25% vs 2004),
  • 1,7 million sont issues des voyages d’affaires (+21%).

On remarque que la durée des voyages s’est améliorée sur tous les plans, le Québec enregistrant des hausses significatives du nombre de nuitées pour tous les segments de clientèles.

Le marché français d’agrément explose

Non seulement le marché français continue-t-il de dominer, mais il affiche également une croissance remarquable du nombre de nuitées par rapport à 2004, grâce aux voyages d’agrément (graphique 2). Plus de 750 000 nuitées additionnelles, soit une hausse de 39%, sont spécifiquement attribuables à ce segment. Toujours du côté de l’agrément, des gains intéressants sont à signaler de la part des voyageurs britanniques (+48%), allemands (+16%), mexicains (+19%), japonais et néerlandais (+94%). Quant aux marchés en baisse, il s’agit notamment de l’Italie (-16%), de la Belgique (-39%) et étonnamment de la Chine (-36%). Ce dernier marché se reprend toutefois du côté des visites chez des parents et des amis, dont les nuitées affichent une hausse de 46%.

La durée des séjours

L’analyse de la durée des séjours apporte un éclairage sur la contribution des principaux marchés (ceux dont les données sont significatives) quant au nombre de nuitées générées (graphique 3). Le total du nombre de touristes apparaît entre parenthèses, en milliers. Le plus important contingent des touristes britanniques, allemands et italiens vient pour moins de quatre jours. Il semble que l’on ait de la difficulté à les retenir au Québec lors de leurs voyages en sol canadien. Dans le cas des Mexicains, la plus grande proportion séjourne de 4 à 6 nuitées. Fait intéressant, plus de 150 000 Français passent au moins 10 jours au Québec lors de leur visite, comportement contraire à celui des Britanniques qui, eux, ne sont que 17% à séjourner au moins 10 jours et 46% à faire des voyages de trois nuitées ou moins.

D’abord les villes

Les pôles urbains du Québec attirent la grande majorité des voyageurs en provenance d’outre-mer (graphique 4). Pour illustrer leurs déplacements touristiques, nous n’avons conservé que les régions touristiques dont le nombre de touristes était significatif. Le total dépasse le nombre de voyages-personnes puisque plusieurs mentions étaient possibles. Globalement, la métropole s’en tire mieux que la région de Québec, enregistrant une hausse de 9 % du nombre de voyageurs d’outre-mer, comparativement à une baisse de 4% pour la vieille capitale. La performance de Montréal s’explique surtout par un accroissement de 50 000 visites de parents et d’amis par rapport à l’année 2004.

On constate que les baleines et la popularité de Tadoussac continuent d’exercer un fort pouvoir d’attraction auprès des touristes étrangers, consolidant la troisième position de la région de Manicouagan avec ses 75 000 visiteurs.

Un meilleur étalement

Les touristes d’outre-mer en visite pour des motifs d’agrément ou chez des parents et amis continuent de privilégier massivement l’été (graphique 5). L’écart entre les deux segments à cette période se rétrécit toutefois. En effet, la courbe s’aplanit quelque peu du côté des voyageurs d’agrément par rapport à l’année 2004, le nombre de visites augmentant dans les 1er, 2e et 4e trimestres, mais diminuant au 3e trimestre. Les visites chez des parents et des amis durant l’été sont quant à elles en forte hausse (+24%) comparativement à l’année précédente.

Composition des groupes

Pour mieux juger du comportement de voyages des différents marchés en ce qui concerne la taille des groupes, nous avons réuni les touristes en voyage d’agrément ou en visite chez des parents et amis (graphique 6). Comme les voyageurs d’affaires se déplacent habituellement seuls, nous les avons exclus de l’analyse afin de mieux faire ressortir les traits culturels de chacun des marchés.

Il faut par ailleurs savoir que, selon les paramètres de l’Enquête sur les voyageurs internationaux (EVI) de Statistique Canada, on considère qu’une personne voyage seule si elle n’est pas en mesure de donner de l’information sur les dépenses et les activités des personnes qui l’accompagnent ou si elle fait partie d’un groupe de voyage. Pour cette raison, le tourisme de groupe proprement dit ne fait pas partie de cette nomenclature.

On constate d’abord que les clientèles asiatiques ont davantage tendance à venir au Québec en solitaire, alors que, en réalité, on peut supposer que plusieurs de ces individus font partie de groupes organisés. Cela est dû à l’application de la règle statistique mentionnée précédemment. Les Français, les Mexicains et les Suisses semblent avoir une propension plus élevée à voyager en grands groupes. Les Britanniques, les Italiens et les Néerlandais sont ceux qui apprécient le moins le tourisme solo, préférant largement les vacances en duo.

Pour conclure, voici quelques renseignements complémentaires qui permettent de comparer certains éléments du profil touristique des trois catégories de clientèles, selon leur motivation de voyage:

En 2005, des différences notables apparaissent du côté de la durée moyenne du voyage des touristes d’agrément, qui est passée à 11,09 nuitées, comparativement à 10,22 en 2004. Même son de cloche du côté des voyageurs d’affaires (8,3 vs 7 nuitées). On remarque également depuis l’an dernier une hausse significative des dépenses moyennes par visite, soit 789$ vs 735$ pour le segment des parents et amis et 1290$ vs 1165$ pour le segment du tourisme d’affaires.

Voir aussi
Le profil des Canadiens au Québec
Profil des Américains au Québec en 2004
Profil des touristes en visite chez des parents et des amis au Québec

Source:
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2005.

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Une concurrence qui mine la performance du Québec et du Canada

Règle générale, les statistiques touristiques sont abordées sous l’angle des arrivées. Ainsi, on mesure la performance d’une destination d’après le nombre de visiteurs qu’elle reçoit. Lorsqu’on compare le taux de croissance des départs internationaux de certains marchés avec les arrivées touristiques de ces mêmes marchés vers le Québec et le Canada, on obtient un tout autre regard. Le Canada est en perte de vitesse et la vivacité de la concurrence se fait durement sentir.

Une concurrence qui mine la performance

Globalement, l’industrie touristique internationale se porte bien, mais la concurrence est plus vive que jamais. En ce sens, certaines destinations tirent davantage leur épingle du jeu alors que d’autres, qui ne faisaient pas partie du paysage touristique il y a quelques années, font leur apparition dans le radar et grignotent lentement mais sûrement des parts de marché. (Lire aussi: Quand on dit que la concurrence s’intensifie.)

En 1990, la part touristique mondiale des arrivées internationales du Canada se chiffrait à 3,8%. En 1998, elle est passée à 3,1%, alors qu’en 2004 elle n’atteignait plus que 2,5%. Cela illustre bien les effets de la concurrence et du désir des touristes de découvrir de nouveaux horizons. (Lire aussi: Les stars au firmament des destinations.)

Afin de mieux évaluer les conséquences de la concurrence sur les performances relatives du Québec et du Canada, nous avons comparé le taux de croissance des départs vers l’étranger des principaux marchés émetteurs de 1998 par rapport à 2005 avec le taux de croissance du nombre d’arrivées au Canada et au Québec pour ces mêmes marchés et la même période (graphique 1). Précisons que pour les fins de l’exercice, une année de référence (1998) a été utilisée et il est possible qu’elle représente une année atypique pour certains marchés. C’est le cas notamment de la clientèle japonaise qui s’était déplacée en très grand nombre au Québec en 1998. Les conclusions à en tirer doivent ainsi être effectuées avec prudence et analysées globalement. Néanmoins, les résultats s’avèrent fort révélateurs.

Regardons maintenant en détail la façon dont les parts de marché de ces sept principaux pays émetteurs se sont érodées lorsqu’on compare 1998 à 2005.

Allemagne

L’Allemagne demeure le marché émetteur le plus important de la planète, mais il est en perte de vitesse. Les dépenses touristiques internationales des Allemands ont atteint 71 milliards USD en 2004. Depuis 1998, le nombre de départs vers l’étranger ne s’est apprécié que de 10%. Pendant ce temps, les arrivées touristiques des Allemands au Canada et au Québec reculaient respectivement de 14% et de 19%. Précisons que seulement 6% des voyages des Allemands ont été effectués à l’extérieur de l’Europe en 2005.

On observe actuellement beaucoup d’optimisme en ce qui a trait à l’économie allemande. Un récent sondage révèle que 60 millions de voyages de plus de cinq jours ont été planifiés pour 2006. La nature demeure un élément attractif majeur pour ce marché. Les Allemands accordent beaucoup d’importance à la sécurité et rejettent les destinations récemment victimes de catastrophes. L’Australie est considérée comme un concurrent important par la Commission canadienne du tourisme.

États-Unis

Dans un récent article du Réseau de veille, nous soulignions le fait que les Américains ont massivement recommencé à voyager à l’étranger alors que, parallèlement, le Canada ne cesse d’enregistrer des résultats décevants. (Lire aussi: Touristes américains: où sont-ils passés?)

Tout comme pour le marché allemand, les départs à l’étranger des Américains ont augmenté de 10% depuis 1998. Les gains réalisés par le Canada et le Québec en 1998, 1999 et 2000 ont été sérieusement amputés dans les années qui ont suivi les événements du 11 septembre 2001. Le taux de croissance de la clientèle américaine au Québec se solde par une augmentation de 5% de 1998 à 2005, comparativement à 3% pour l’ensemble du pays.

France

L’importance des visiteurs français ne fait aucun doute puisque ce marché domine le tourisme d’outre-mer vers le Québec. En 2004, les Français comptaient pour plus de 28% des touristes d’outre-mer voyageant au Québec pour des motifs d’agrément et pour 31% de ceux qui venaient visiter des parents ou des amis. Bien que 79% des Français qui visitent le Canada viennent au Québec, les dernières années se sont avérées difficiles. Les Français affichent la plus forte progression (+43%) des départs internationaux parmi les clientèles étudiées, mais le Québec enregistre pourtant une importante baisse de 20% depuis 1998.

Selon Barbara di Stefano, directrice générale de Destination Québec à Paris, le fractionnement des séjours constitue une tendance lourde du marché français, en raison de l’offre des compagnies aériennes à rabais et des ventes de dernière minute qui rendent abordables de nombreuses destinations. Le facteur prix demeure primordial dans leur choix de vacances, ce qui favorise notamment les destinations de l’Afrique du Nord.

Italie

Depuis 2001, l’Italie éprouve des difficultés économiques et perd du terrain, tant au chapitre des arrivées que des départs internationaux. Ce marché a glissé de la 8e à la 11e position en termes d’importance pour le Québec depuis 1998. Cette léthargie s’est traduite par une chute de 22% du nombre d’arrivées, comparativement à une baisse de 7% du nombre de départs internationaux. On ne s’attend pas à ce que la situation s’améliore puisque l’année 2005 s’est avérée très difficile sur le plan économique, pesant lourdement sur le portefeuille des familles italiennes.

Japon

Le Japon demeure un marché touristique émetteur d’importance, en dépit du marasme économique dans lequel il est plongé depuis une dizaine d’années. En fait, même si les visites des Japonais sont en chute libre au Canada depuis 1996 (lire aussi: Quel avenir pour le marché japonais?), globalement, ce marché à repris de la vigueur et affiche un solde positif impressionnant de 39% de ses départs vers l’étranger de 1998 à 2005.

Quand on regarde les données concernant le Québec, il faut savoir que la moitié des Japonais y entrent par le biais d’une autre province canadienne. L’absence de vols directs vers le Japon n’avantage pas le Québec. Aussi, ce dernier a-t-il enregistré une diminution de 58% du nombre de visites de cette clientèle de 1998 à 2005. L’ensemble du Canada a toutefois moins souffert avec une baisse d’environ 12%.

Mexique

Nouvel Eldorado du tourisme, plusieurs destinations misent beaucoup sur l’émergence du tourisme mexicain. Désormais, environ deux millions de Mexicains voyagent en avion chaque année vers des destinations étrangères. Depuis 1998, le taux de départ s’est accru de 39%. La performance du Québec se situe légèrement sous la moyenne avec une croissance des arrivées de 25%. Le Canada, pour sa part, tire bien son épingle du jeu alors que les visites ont explosé de 69%. Selon une analyse de marché réalisée par la Commission canadienne du tourisme, le Mexique se classe au cinquième rang en termes de potentiel touristique pour le Canada.

Royaume-Uni

Finalement, le Royaume-Uni s’avère l’un des marchés qui est resté le plus fidèle au Canada et le nombre de visites est demeuré relativement stable au cours des dernières années. Depuis 1998, le nombre de départs des Britanniques est en hausse de 30%, alors que le Canada et le Québec enregistraient des augmentations respectives de 21% et de 16%. Le ski alpin constitue l’un des facteurs de succès. Cette activité jouit d’une excellente popularité depuis au moins 10 à 15 ans et attire un nombre considérable de Britanniques avides de bonnes conditions d’enneigement.

Une réflexion collective

Évidemment, après avoir analysé tous ces constats, il est guère évident de trouver des solutions pour mieux performer. Il faut toutefois savoir que plusieurs destinations voient dans le tourisme une industrie d’une importance majeure pour leur économie et n’hésitent pas à consentir les efforts nécessaires pour conserver ou accroître leur positionnement concurrentiel sur l’échiquier international.

L’industrie touristique souffre actuellement d’un déficit d’affection et de reconnaissance auprès des médias et du public québécois. Pendant ce temps, une destination comme l’Australie prend les grands moyens pour briller parmi les meilleurs et multiplie les partenariats afin de déployer des actions promotionnelles majeures grâce à un budget annuel de 140 millions CAD. La bonne nouvelle c’est qu’il n’est jamais trop tard pour agir.

Sources:
– Commission canadienne du tourisme. «Rapports trimestriels du marché», 2006.
– European Travel Commission. «European Tourism Insights 2005», avril 2006.
– IPK International. «German Travel Trends», 2006.
– Maison de la France. «Courrier d’Italie», avril 2006.
– Ministère du Tourisme du Québec. «Stratégie de marketing touristique 2000-2005 – Marchés des autres pays que les États-Unis», 2000.
– Ministère du Tourisme du Québec. «Profils de marché», Direction générale du marketing, 2006.
– Organisation mondiale du tourisme. «Compendium of Tourism Statistics», 2001.
– Organisation mondiale du tourisme. «Annuaire des statistiques du tourisme», 2002.
– Secretaria de Turismo. «Data Tur Certeza Estratégica», 2006.
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», 2006.
– Tourism Australia. «Action Plan for Japanese Tourism», janvier 2006.
– Transport Travel and Tourism of UK. «Travel and Tourism 2003 to 2006», 1er trimestre 2006.

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Segments de clientèles

Coup d’oeil: l’évolution du marché français

Destination rêvée des Français le Canada/Québec? C’est ce que nous apprenait Mme Barbara di Stefano, directrice générale de Destination Québec à Paris et représentante du ministère du Tourisme du Québec en France, lors des récentes Assises de l’industrie touristique 2006.

Les vacances, un besoin vital pour nos cousins français

Le nombre de Français qui voyagent à l’étranger enregistre une progression malgré:

  • les nombreux événements ayant pu affecter la confiance des touristes (séisme et tsunami, attentats, catastrophes naturelles, crise sanitaire, etc.);
  • une conjoncture toujours morose en France (taux de chômage élevé, consommation au ralenti, élections prévues en 2007);
  • une hausse du prix des billets d’avion due à la surtaxe de carburant.

Ainsi, deux Français sur trois partent en vacances – alors qu’on parle d’un Américain sur deux -, majoritairement pour de longs séjours (2/3 des voyages). Malgré cela, on assiste à une augmentation des courts séjours (croissance de 20% en 10 ans), lesquels sont facilités par la Loi sur la réduction du temps de travail (RTT) qui fait passer la semaine de travail de 39 à 35 heures et «oblige» les travailleurs à prendre deux semaines de vacances consécutives entre le 1er mai et le 1er octobre de chaque année. En comparaison, en 2004,  27% des travailleurs québécois avaient moins de deux semaines de vacances, parmi lesquels 13% ne bénéficiaient pas de vacances. Quant à nos voisins du Sud, la majorité d’entre eux s’offrira moins de deux semaines de congés par année.

Des séjours plus nombreux mais plus courts

Le fractionnement des séjours constitue une tendance lourde du marché français. Les séjours d’été de plus de quatre semaines ont diminué de moitié (de 16% à 8%), en raison de l’offre des compagnies aériennes à rabais (low costs) et des ventes de dernière minute ou des achats opportunistes qui rendent de nombreuses destinations attrayantes à des prix plus que raisonnables. Il importe en effet de souligner que le prix demeure un facteur déterminant dans le choix d’une destination de vacances pour les Français.

Destinations de vacances préférées

Des centaines de destinations étrangères se disputent le pavé à Paris pour gagner le coeur des Français, qui, d’ailleurs, voyagent de plus en plus à l’étranger, surtout en Europe et en Afrique du Nord. Toutefois, les pays d’Europe de l’Est enregistrent une très bonne croissance par rapport à ceux de l’Europe du Nord et du Sud qui, eux, sont en baisse. Ils aiment les destinations ensoleillées et la mer qui comptent pour 46% de leurs nuitées. Voilà pourquoi la Tunisie et le Maroc sont toujours très prisés tout au long de l’année.

Destination de vacances rêvée

Bien que les Français séjournent majoritairement sur leur continent, le Canada et le Québec enregistrent une très belle progression du volume et des dépenses des touristes français, qui affichent une reprise depuis 2004. Le Canada espère même battre, d’ici 2008, le record historique de 476 000 Français atteint en 1996.

Source: Enquête sur les voyages internationaux
(la donnée 2005 pour le Québec est estimée)

Source: Enquête sur les voyages internationaux
(la donnée 2005 est estimée)

Par ailleurs, selon une étude réalisée par Raffour Interactif, parmi tous les Français partis en vacances en 2005, un sur cinq a identifié le Canada/Québec comme étant sa destination rêvée, avant même les États-Unis qui figurent en huitième position. Ces «rêveurs» constituent un bassin de clientèle déjà favorable à la destination, donc, plus facile à convaincre. Leur profil est le suivant:

  • ils proviennent surtout de Paris/région parisienne et de l’ouest de la France;
  • ils sont âgés de 35 à 64 ans;
  • ils vivent en couple avec des enfants;
  • ils utilisent Internet pour se renseigner (près de 40%) ou pour réserver (17%).

Les Français au Québec

En 2005, la moitié des Français qui visitaient le Québec provenaient de la région parisienne et séjournaient au Québec en moyenne 14 jours, principalement l’été, y dépensaient en moyenne 1200$ par personne, par séjour. Près du tiers d’entre eux voyageait dans le but de visiter des parents et des amis et se rendait dans les villes de Montréal et de Québec, sur la Côte-Nord, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, en Mauricie et dans les Laurentides.
Le Français est un client fidèle qui fréquentera le Québec plusieurs fois et au cours des quatre saisons. En effet, on assiste à une croissance des voyages individuels en hiver pour la pratique de la motoneige et les séjours multi activités (traîneau à chiens, motoneige, gastronomie, etc.).
Le touriste français voyageant au Québec utilise les services d’un agent de voyages pour l’achat des prestations de base (vol, quelques nuitées, location de voiture) et bâtit ses séjours «à la carte».

Les clientèles de groupe et d’affaires

Le cinquième des touristes français voyage encore en groupe et utilise les services des spécialistes (agences réceptives) pour l’organisation de ses voyages.
Les voyages de groupe qui s’effectuent au Québec se réalisent principalement en septembre-octobre et durent une  semaine. Les groupes sont surtout formés de comités d’entreprise, lesquels s’avèrent très sensibles aux événements (sanitaires, politiques, sécurité, etc.), tout comme aux prix d’ailleurs. Il existe donc une vive concurrence pour ce type de clientèle.
Quant au tourisme d’affaires, il constitue près de 14% du volume des voyages au Québec. Les voyageurs d’affaires privilégient la grande nature et les activités hors ville et leur séjour est relativement court, soit de quatre à cinq jours, rarement d’une semaine.
 
Présentation de Barbara di Stefano (fichier pdf) 

Source:
– di Stefano, Barbara. «Tout savoir sur l’évolution du marché français», Assises de l’industrie touristique, Montréal, 26 mai 2006.

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Les voyageurs d’outre-mer au Québec en 2004

Plus de 10,5 millions de nuitées au Québec sont attribuables aux voyageurs d’outre-mer. Nous dressons le portrait de ce marché en nous appuyant sur des données qui proviennent d’un traitement spécial effectué à partir de l’Enquête sur les voyages internationaux de Statistique Canada. Voici donc le troisième d’une série de quatre articles qui présentent des portraits statistiques de la clientèle touristique visitant le Québec.

Un portrait d’ensemble

En 2004, le Québec a reçu un grand total de un million de touristes issus des pays étrangers autres que les États-Unis. L’Europe domine comme marché émetteur avec une proportion de 73%, suivie de l’Asie avec 16%. En raison de leur faible nombre, les séjours d’excursionnistes ne sont pas pris en considération dans cet article. Le marché touristique du Québec pour les pays d’outre-mer se répartit comme suit:

  • 539 000 touristes dont l’agrément est le but du voyage,
  • 241 000 touristes dont la principale raison du voyage est la visite de parents et d’amis,
  • 221 000 touristes d’affaires.

En 2004, les 10,5 millions de nuitées effectuées par les touristes d’outre-mer au Québec se répartissent ainsi:

  • 5,5 millions sont en voyage d’agrément,
  • 3,6 millions visitent des parents et des amis,
  • 1,4 million sont en voyage d’affaires.

L’apport des Français demeure

L’importance absolue des visiteurs français ne fait aucun doute alors que ce marché domine tous les autres, tant pour le segment d’agrément que pour ceux des voyages d’affaires et des visites de parents et d’amis (graphique 1). À lui seul, le marché français représente 28% des touristes d’outre-mer qui viennent au Québec pour des motifs d’agrément. Dans le cas des visites de parents et d’amis, il compte pour 31% des voyages comparativement à seulement 16% pour les déplacements d’affaires.

On remarque par ailleurs que l’Allemagne, quatrième marché émetteur pour l’agrément derrière la France, le Royaume-Uni et le Mexique, se classe bonne deuxième auprès des touristes d’affaires avec 22 000 visites. On constate aussi l’effervescence auprès des pays comme la Chine et le Mexique où l’on effectue de plus en plus de commerce. C’est différent dans le cas de l’Italie, alors que 83% de la demande est générée par des voyages d’agrément. En ce qui concerne les visites de parents et d’amis, c’est le Royaume-Uni qui semble le plus populaire après la France (75 000), avec 27 000 touristes.

Un regard sur les nuitées

La prise en considération du nombre de nuitées permet d’apprécier encore mieux l’importance touristique de la France qui génère environ 34% de l’ensemble des nuitées des voyageurs d’outre-mer tous buts confondus, soit plus de 3,5 millions de nuitées (graphique 2). On remarque aussi la présence en force des Mexicains (342 000 nuitées), presque aussi nombreux que les Britanniques (345 000 nuitées) qui, eux, arrivent au deuxième rang en termes de nuitées pour des motifs d’agrément. Le Québec fait aussi bonne figure auprès du marché suisse avec quelque 299 000 nuitées, ce qui le positionne au cinquième rang, tout juste derrière le marché allemand.

Convergence des activités

On peut observer une certaine uniformité quant aux activités pratiquées par les touristes d’outre-mer en visite au Québec, alors que les proportions, selon les marchés d’origine, ne varient pas beaucoup (graphique 3). On observe néanmoins certains comportements distinctifs:

  • ce sont les Japonais et les Australiens qui démontrent le plus d’intérêt pour la visite de sites historiques;
  • la visite de musées et de galeries d’art constitue l’activité de prédilection des Français, à égalité avec celle des sites historiques;
  • les Japonais, les Suisses, les Allemands, les Italiens et les Mexicains sont les plus friands de parcs naturels;
  • les zoos, les aquariums et les jardins botaniques semblent intéresser également tous les marchés à l’exception des Japonais qui se montrent peu enthousiastes;
  • les bars et les boîtes de nuit séduisent particulièrement les Britanniques;
  • les festivals et les foires suscitent beaucoup d’intérêt auprès des Chinois, mais très peu du côté des Australiens, des Italiens et des Allemands.

Précisons aussi que, tout comme pour le profil des Américains publié précédemment, des activités d’ordre plus général comme le magasinage, les visites touristiques et la participation à des activités sportives ou de plein air ont été exclues du graphique. Pour bien comprendre l’utilisation de ces données, rappelons qu’il s’agit d’activités qui ont été pratiquées par les touristes d’outre-mer lors de leur voyage au Canada. Bien qu’ils soient venus au Québec, l’activité peut avoir été pratiquée n’importe où au Canada durant ce voyage. (Lire aussi la section sur les activités pratiquées dans: Saviez-vous que… les statistiques nous réservent des surprises?)

Le choix de l’hébergement

Les touristes d’outre-mer adoptent une sélection assez variée d’hébergement (graphique 4). Même les voyageurs d’affaires sont relativement nombreux à trouver refuge, en totalité ou en partie, au domicile d’un parent ou d’un ami (12%). Les touristes dont le but du voyage est l’agrément choisissent d’abord les hôtels (45%), mais très peu les motels (3%). À la recherche d’une expérience touristique diversifiée, ils sont aussi très nombreux (28%) à opter pour une combinaison de modes d’hébergement.

Fait intéressant, plus de la moitié des touristes d’outre-mer dont le principal but du voyage est la visite de parents et d’amis choisissent une forme d’hébergement commercial au cours de leur séjour, notamment 32% en partie ou exclusivement l’hôtel.

D’abord les grands centres

Plusieurs des voyageurs en provenance d’outre-mer en étant à leur première expérience au Québec, ils favorisent donc majoritairement Montréal et Québec comme destination de voyage (graphique 5). Pour illustrer les déplacements touristiques des clientèles en provenance d’outre-mer, nous n’avons conservé que les régions touristiques dont le nombre de touristes s’avérait significatif. À cet égard, les deux pôles urbains du Québec se partagent plus de 83% de la clientèle d’affaires.

Du côté des touristes d’agrément et des touristes en visite chez des parents et des amis, les séjours sont moins polarisés géographiquement alors que le segment autres régions touristiques récolte environ le tiers de la clientèle. Fait intéressant, on peut supposer que les baleines et la notoriété de Tadoussac exercent un fort pouvoir d’attraction auprès des touristes étrangers, comme en témoigne la troisième position de la région de Manicouagan pour le segment de l’agrément avec ses 64 000 visiteurs. Suivent non loin derrière les Laurentides et le Saguenay-Lac-Saint-Jean avec, respectivement, 57 000 et 56 000 touristes.

L’âge des marchés

Il est frappant de constater d’importantes différences quant aux groupes d’âge de chacune des clientèles d’outre-mer qui visitent le Québec (graphique 6). Nous nous sommes attardés spécifiquement aux segments d’âge des touristes d’agrément, classés dans un ordre décroissant selon l’importance des marchés. On remarque une répartition assez équilibrée dans le cas de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni, alors qu’aucune des tranches d’âge ne surpasse 25%.

Par ailleurs, certains marchés ont beaucoup de succès auprès de la clientèle plus jeune. C’est particulièrement le cas des Mexicains alors que 39% d’entre eux sont âgés de 15 à 24 ans et seulement 25% ont plus de 45 ans. On dénombre aussi beaucoup de jeunes parmi les Chinois, mais cette fois dans la catégorie des 25-34 ans qui regroupe à elle seule plus de la moitié (51%) des visiteurs.

Du côté des marchés plus âgés, on remarque le Japon, où 40% des touristes d’agrément ont plus de 54 ans et dont 22% ont 65 ans et plus. Les Australiens et les Britanniques affichent également une moyenne d’âge élevée, alors que respectivement 37% et 42% de ces visiteurs ont 55 ans et plus.

Profil des dépenses

Le comportement de dépenses des touristes en provenance d’outre-mer varie significativement selon le but du voyage (graphique 7). On remarque que tous les segments de clientèle dépensent un montant relativement élevé. Par exemple, même dans le cas des touristes en visite chez des parents et des amis, plus de 40% ont déclaré avoir dépensé plus de 1000$ au cours de leur séjour au Québec. Le niveau de dépenses de ce segment s’explique notamment par une durée moyenne de séjour de 14,8 nuitées.

Dans le cas des voyageurs d’agrément, 39% d’entre eux ont mentionné avoir dépensé plus de 2000$, comparativement à 26% des touristes d’affaires. Cet écart s’explique par une durée de séjour beaucoup plus courte pour les voyages d’affaires (7 nuitées) que pour les voyages d’agrément (10,2 nuitées). Pour bien comprendre ces données, précisons qu’il s’agit des dépenses effectuées par l’ensemble du groupe lors du dernier voyage au Canada qui incluait un séjour au Québec.

Périodes de visite

Les touristes d’outre-mer en voyage d’agrément viennent massivement pendant l’été, alors que les voyages d’affaires sont répartis de manière beaucoup plus égale durant l’année (graphique 8). Environ 55% des touristes d’agrément optent pour des vacances estivales. En dépit du succès qu’ont connu les nouvelles liaisons aériennes d’Air Transat reliant Québec à Paris durant l’hiver, il reste beaucoup de travail à faire au premier trimestre, qui demeure la période la plus faible en termes de tourisme d’agrément. En ce qui concerne les visites de parents et d’amis, le constat s’avère similaire, mais avec une amplitude beaucoup moindre.

Les saisons n’exercent pas le même attrait auprès des différents marchés. C’est ce que nous permet de constater la répartition trimestrielle des voyageurs d’outre-mer au Québec selon leur pays d’origine (graphique 9). On constate notamment que 61% des Australiens et 55% des Japonais et des Italiens choisissent l’été pour séjourner au Québec.

La saison hivernale demeure plutôt impopulaire pour l’ensemble de la clientèle, particulièrement les Australiens et les Italiens. On constate aussi que les marchés asiatiques en émergence comme la Chine et la Corée du Sud viennent en grand nombre au printemps. Finalement, ce sont les Italiens, les Chinois et les Japonais qui privilégient le plus les charmes de l’automne.

Pour conclure, voici quelques renseignements complémentaires qui permettent de comparer certains éléments du profil touristique des trois catégories de clientèles, selon leur motivation de voyage:

Source:
– Statistique Canada. «Enquête sur les voyages internationaux», traitement spécial, 2004.