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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Développer une culture sportive pour assurer le renouvellement des clientèles: le cas de la Norvège

En Norvège, la popularité du ski de fond existe depuis longtemps et repose sur de vieilles traditions. Quoiqu’il en soit, ce pays s’est doté des moyens nécessaires pour entretenir l’intérêt envers cette activité et, surtout, pour s’approprier son hiver, grâce au développement d’une culture sportive qui débute dès les premiers pas des enfants. Et si cette approche inspirante se voulait une solution pour stimuler le renouvellement des clientèles de loisir et de tourisme et freiner le phénomène de sédentarisation qui sévit de plus en plus dans notre société contemporaine?

Un milieu urbain dédié au ski de fond

Les résidants d’Oslo et des 20 municipalités environnantes bénéficient d’un réseau de pistes de ski de fond très élaboré. On y trouve 2600 kilomètres de pistes tracées, dont 2000 sont entretenus mécaniquement. Puisqu’en Scandinavie la noirceur tombe dès 15 heures pendant une bonne partie de l’hiver, la capitale norvégienne s’est également dotée de plus de 200 kilomètres de sentiers éclairés pour permettre les sorties de fin de journée.

Les terres utilisées pour l’ensemble du réseau appartiennent à plus de 2000 propriétaires différents. L’Association de ski de fond obtient les droits d’accès auprès de chacun de ceux-ci. Il n’existe aucune forme de compensation pour ce type de consentement. L’entretien des pistes est assuré par l’Association qui obtient son financement de ses quelque 50 000 membres. Les résidants ont le choix de s’enregistrer pour la saison ou… pour la vie. Les municipalités complètent le financement pour couvrir les frais d’entretien du réseau.

Former la relève dans les écoles

La clé du succès d’un tel réseau de pistes de ski de fond dans la grande région d’Oslo repose sur le maintien de la tradition nationale de cette activité. Depuis les années 1980, c’est-à-dire depuis le début de l’entretien mécanique des pistes, le nombre annuel de membres demeure relativement stable, ne fluctuant qu’en fonction de la qualité des hivers.

 

Mais d’où vient cette culture de la pratique des sports d’hiver et comment a-t-elle été entretenue?

Pour trouver une explication, il faut regarder du côté des programmes scolaires. Chaque année, plus de 10 000 enfants participent à l’école de ski de l’Association, par l’entremise des programmes des garderies et des écoles. Dès l’âge de 3 ans, les enfants sont initiés à cette activité. Cette école contribue ainsi à perpétuer le cycle de la tradition du ski de fond.

Par ailleurs, on constate que les enfants, qu’ils aient fréquenté l’école de ski de fond ou non, ont tendance à abandonner la pratique lorsqu’ils atteignent l’adolescence afin d’expérimenter la planche à neige ou le ski alpin. Néanmoins, lorsqu’ils fondent eux-mêmes leur famille, ils reviennent au ski de fond, deviennent membres de l’Association et inscrivent leurs propres enfants à l’école de ski. Rappelons que la Norvège est un pays qui abrite environ 4,5 millions d’âmes, dont un peu plus de un demi-million habitent la région d’Oslo.

Un engagement bien senti du secteur privé

Il n’y a pas que les individus qui se sentent interpellés par les loisirs d’hiver, la communauté des affaires l’est également. Plusieurs entreprises oeuvrant dans les sports d’hiver proposent aux membres de l’Association d’intéressants rabais sur une sélection de produits et services. Certaines, même, soucieuses de  démontrer leur engagement social, s’associent aux activités de plein air et apportent un soutien financier à l’Association.

Dans la même foulée, la culture sportive du pays se transpose également par la tenue de plusieurs compétitions internationales de ski de fond qui réunissent tant les professionnels que les amateurs. Les deux événements les plus courus après les Coupes du monde sont le Holmenkollen Ski Marathon (photo) et la Birkebeiner Rennet, où 11 000 personnes participent annuellement à cette épreuve de 56 kilomètres.

Source d’inspiration pour le Québec?

Dans le dernier budget Harper, le gouvernement reconnaissait que l’activité régulière comporte de nombreux effets positifs chez les enfants. En même temps, l’accroissement des coûts attribuables à la pratique d’activités sportives devient source de préoccupation pour de nombreux parents. Déjà le gouvernement s’est engagé à mettre sur pied un groupe d’experts en santé et en condition physique chargé de fournir des conseils sur les programmes d’activité physique qui deviendront admissibles au crédit d’impôt. Le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec y va également de son effort, ayant déposé le 10 mai dernier un projet de loi instituant le Fonds pour le développement du sport et de l’activité physique.

L’occasion pourrait être propice pour introduire certaines activités de loisir traditionnellement moins accessibles, ou simplement moins populaires, auprès des enfants en bas âge.

Une conférence pancanadienne tenue à Magog en mars 2001 s’est d’ailleurs penchée sur la question. L’une des trois principales recommandations issues du sommet sur les enjeux de la participation sportive au Canada était la suivante:

    «Favoriser la pratique du sport et de l’activité physique à l’école grâce à un cadre de pratique sportive structuré (dès le primaire), à la mise en place d’incitatifs divers, et à l’accessibilité des installations sportives pour les jeunes.»

Une initiative québécoise à saluer

Dans le même esprit que l’exemple norvégien sur le ski de fond, l’Association des stations de ski du Québec offre depuis 1987 un programme pour faciliter l’enseignement du ski et de la planche à neige aux jeunes enfants et pour développer une culture de sports d’hiver. Ce programme, intitulé Iniski/Inisurf à l’école, vise à initier directement dans leur cour d’école les jeunes de la maternelle et du primaire à cette activité. Le matériel fourni aux commissions scolaires comprend non seulement les skis, les bottines, les casques de sécurité et les planches à neige, mais aussi un devis technique pour construire une butte de neige dans la cour d’école ainsi qu’un cahier scolaire avec dessins, énigmes et jeux pour préparer les enfants à l’activité extérieure. Plus de 13 000 initiations ont ainsi été réalisées durant la saison 2004-2005.

Il existe au Québec un consensus général sur l’importance d’augmenter le temps consacré à la pratique du sport et de l’activité physique à tous les stades du cheminement éducatif, particulièrement à l’école primaire, où les élèves sont initiés aux sports. Il s’agit de véhiculer une image positive du sport dans le milieu scolaire et de mettre l’accent sur le plaisir et l’accessibilité pour tous, plutôt qu’uniquement sur la performance. Un enfant actif, c’est aussi un voyageur de demain qui aura le goût de participer aux diverses activités touristiques.

Devant une anticipation du rôle accru des écoles dans le développement d’une culture sportive, le moment est peut-être venu pour les divers regroupements sectoriels de se positionner judicieusement à cet égard. Pour plusieurs secteurs d’activité tels que le golf et le ski, l’avenir repose sur le renouvellement des clientèles qui, nécessairement, passe par le maintien d’une relève.

Avec la collaboration de Stéphanie Chrétien

Sources:
– Bégin, Jean-François. «Pour faire bouger le Québec», La Presse, 11 mai 2006.
– Chrétien, Stéphanie. «Le tourisme hivernal en Scandinavie», Réseau de veille en tourisme, 20 mars 2006.
– Ministère des Finances Canada. «Le budget de 2006, cibler les priorités», [www.fin.gc.ca], 2 mai 2006.
– Sport Canada. «Rapport de la Conférence régionale du Québec», Conférence régionale du Québec sur le sport tenue à Magog [www.patrimoinecanadien.gc.ca], 13 mars 2001.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Développer l’hiver avec des produits novateurs (Benchmarking)

Certaines destinations ne se contentent pas de miser sur leurs atouts naturels pour développer le tourisme en hiver; elles font aussi preuve d’originalité et d’audace. Dans la continuité des articles à propos des exemples de succès observés dans les pays scandinaves, voici quelques cas concrets de produits touristiques novateurs. Des excursions en patin sur glace, en passant par des séjours dans des igloos de verre, pourquoi certaines de ces activités ne pourraient-elles pas être tentées au Québec?

Patin de randonnée sur les lacs

En Suède, une activité hivernale des plus originales a gagné en popularité au cours des dernières années: le patin de randonnée. Munis de bâtons pointus, de patins à lames allongées ou de longues lames fixées à leurs bottes,  les Suédois utilisent les étendues glacées pour partir en excursion, à l’image de ce que le Québec connaît pour le ski de fond ou la raquette.

Les patineurs parcourent les canaux de l’archipel de Stockholm, de même que de nombreux plans d’eau gelés répartis dans les régions environnantes. Étant donné que les précipitations de neige s’avèrent limitées dans le sud du pays, lorsque l’eau gèle, la glace reste lisse et ne nécessite aucun entretien. Les pluies occasionnelles de l’hiver permettent de recréer de façon naturelle les conditions idéales pour la pratique du patin.

Au centre et au nord de la Suède, à Östersund par exemple, il neige beaucoup. Ces conditions nécessitent une intervention sur les plans d’eau afin de les rendre praticables. On utilise des tracteurs pour déblayer la neige et former de grands anneaux qui atteignent souvent des circonférences de plus de 20 kilomètres.

Il existe par ailleurs des sites Internet qui permettent de s’enquérir des conditions de la glace aux différents endroits. Des voyagistes ont même commencé à offrir des expéditions de patin de randonnée et plusieurs boutiques de sports proposent la location d’équipement. Parmi les marchés potentiels se trouvent les Pays-Bas où plus de trois millions de résidants s’adonnent au patin de longue distance. Les conditions climatiques de ce pays ne se prêtent toutefois pas au développement de circuits extérieurs naturels. Pour certains segments de la clientèle internationale, la promotion de ce sport relativement unique, à l’intérieur d’une offre multi-activités, pourrait susciter un certain intérêt.

L’hiver de mille et une façons

La Finlande se démarque en vertu d’une offre touristique hivernale des plus diversifiées qui représente l’un de ses avantages concurrentiels. Bien sûr, on y retrouve les activités les plus populaires, à savoir le ski de fond, le ski alpin, la motoneige, les randonnées de traîneau à chiens, les saunas et les spas. Mais si ce pays scandinave tire aussi bien son épingle du jeu, c’est en raison de la richesse de l’ensemble de ses produits.

On trouve en Finlande une grande variété d’activités moins traditionnelles qui permettent aux visiteurs de vivre une expérience hors de l’ordinaire. Par exemple, certains types de séjours misent sur l’utilisation de formes d’hébergement alternatif (lire aussi: Les percées de l’hébergement alternatif). Il est notamment possible de passer la nuit à l’intérieur d’un abri de neige, de louer un igloo moderne en verre ou une chambre dans un hôtel de neige (Mammut Snowhotel à Kemi et Lainio Snowhotel près de Levi).

Par ailleurs, certains circuits incluent des activités des plus variées telles que:

  • la découverte de sites d’architecture de neige et de glace (ex.: le Château de neige à Kemi);
  • des safaris de rennes;
  • des excursions en brise-glaces;
  • des visites de villages lapons;
  • des safaris de «trottineige» (traîneau propulsé avec le pied);
  • la baignade hivernale (dans un trou pratiqué dans la glace);
  • des pique-niques autour d’un feu de camp.

Au nord du pays, en Laponie, les organisations touristiques travaillent en étroite collaboration afin d’offrir un produit commun et ainsi d’augmenter la visibilité de cette région isolée. Le Finnish Tourist Board identifie la Suède, la Norvège, le Canada, l’Autriche, la France et la Suisse comme les principales destinations concurrentes.

Le tourisme auroral

Pour la Norvège nordique, l’observation des aurores boréales représente un élément important de l’offre touristique de la destination. Cette région a bien réussi à jouer la carte du tourisme auroral en raison notamment d’un accès facile et d’un climat hivernal relativement doux.

Ce sont les Norvégiens eux-mêmes qui constituent la principale clientèle du tourisme auroral. La clientèle internationale génère environ 9% des touristes. Les principaux intéressés sont les Anglais et les Asiatiques, dont la plupart sont des Japonais. Pour ces derniers, la croyance veut que l’exposition directe à des aurores boréales stimule la fertilité et engendre un effet bénéfique pour le corps. Annuellement, plus de 2500 Japonais se rendent célébrer leur lune de miel dans le Nord de la Norvège. Ils dépensent près de 500$ par jour pour un séjour moyen de 3,5 nuitées. Précisons qu’avant les événements du 11 septembre la région accueillait plus de 5000 visiteurs.

Les aurores boréales sont communément observées en forêt, mais aussi en avion ou en bateau. Dans le cas de l’observation terrestre, on bonifie l’expérience du visiteur en l’accompagnant à partir de l’hôtel et en lui offrant des vêtements chauds et des bottes, ainsi que des boissons chaudes sous le «lavvo», grande tente apparentée au tipi, avec un foyer au centre.

Le tourisme auroral est habituellement accompagné d’activités additionnelles telles que le traîneau à chiens, la raquette, le ski de fond, la motoneige et la pêche blanche.

Au Canada, ce sont les provinces de la Colombie-Britannique, de la Saskatchewan et du Yukon, de même que les Territoires du Nord-Ouest qui ont le mieux réussi à développer le marché des aurores boréales. Une certaine facilité d’accès et des infrastructures d’accueil adéquates jouent bien sûr un rôle de premier plan.

Pour ce qui est du ciel québécois, bien que des aurores apparaissent de temps à autre au nord de la région de Québec, il faut se rendre dans le Grand Nord pour obtenir de bonnes chances d’admirer ces jeux de lumières.

En collaboration avec Stéphanie Chrétien

Voir aussi

Sampo Artic Icebreaker
Lainio Snow Village
LumiLinna SnowCastle
Winter in Finland

Source:
– Chrétien, Stéphanie. «Le tourisme hivernal en Scandinavie», Réseau de veille en tourisme, 20 mars 2006.

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Ailleurs dans le monde Marketing

Aborder le froid de l’hiver de front

Depuis longtemps, la commercialisation du tourisme hivernal constitue un défi de taille pour l’industrie. L’objectif marketing d’une destination vise, en règle générale, à faire ressortir avantageusement les composantes de l’offre touristique en hiver. Reste que le froid demeure une réalité implacable, que l’on choisisse ou non de l’aborder dans le message publicitaire.

En Islande, on n’y va pas par quatre chemins pour préparer le visiteur à son expérience hivernale (photo).

Le message véhiculé: on n’échappe pas à la réalité du froid de ce pays, mais cela n’enlève rien au plaisir. On y voit une jeune femme, neige dans les cheveux et le collet aux lèvres, qui nous invite d’un regard décidé à vivre un «chilling excitement». C’est aussi l’art de passer le message avec un jeu de mot positif.

Ne serait-ce pas la meilleure approche pour s’assurer que le visiteur international, moins au fait des conditions climatiques du Québec en hiver, sache à quoi s’attendre et se prépare adéquatement à affronter le froid de nos hivers québécois? Nul ne gèle s’il est bien vêtu! Quoi de pire qu’un touriste déçu de son expérience en raison d’un programme altéré pour cause de températures trop «saisissantes» à son goût? La réputation d’un Québec trop froid pour être visité en hiver peut se répandre trop facilement.

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Produits et activités

Plongée sous glace, nouveau plaisir d’hiver?

L’originalité associée à une nuit passée à l’hôtel de glace ou à la possibilité de fréquenter un bar de glace suscite un vif intérêt de la part des touristes à la recherche de nouvelles sensations hivernales. Selon les dires de certains braves, l’expérience nordique par excellence consiste à faire de la plongée sous la glace. La plongée sous-marine est considérée comme un produit d’aventure «dure» au même titre que le rafting, l’escalade, le parapente, le vélo de montagne ou la planche à voile.

Plonger dans le créneau de l’aventure

Selon Lisa Delpy Neirotti, de l’université George Washington , la demande pour le tourisme d’aventure sera forte et l’on anticipe des taux de croissance annuels entre 10 et 15%. Plusieurs touristes ne se contentent plus de vacances relaxantes ponctuées d’activités traditionnelles. Les émotions fortes et l’originalité soulèvent de plus en plus d’intérêt.

La plongée sous-marine constitue une passion pour un grand nombre de voyageurs prêts à franchir de longues distances et à dépenser d’importantes sommes pour l’assouvir. Le Professional Association of Dive Instructors (PADI) évalue à six millions le nombre de plongeurs actifs à travers le monde, dont environ 85% proviennent des États-Unis. Plusieurs personnes s’adonnent à ce sport occasionnellement, lors de leurs vacances par exemple. Il s’agit de l’une des activités les plus populaires auprès des touristes voyageant dans les pays tropicaux. L’industrie du tourisme de plongée génère des dépenses touristiques de deux milliards de $US aux États-Unis. La PADI, le plus important regroupement d’instructeurs, a certifié plus de 13 millions de plongeurs depuis 1967.

Les plongeurs voyagent habituellement de manière indépendante et non en groupes organisés. Ils effectuent une moyenne de trois voyages d’aventure sur une période de cinq ans. Toutefois, plus de 57% des plongeurs réguliers font une ou deux vacances de plongée chaque année et 25% en font trois ou quatre. Mentionnons également que:

  • la majorité des plongeurs sont célibataires;
  • environ 65% sont des hommes;
  • le plus important groupe d’âge est celui des 25-29 ans.

Pourquoi plonger en hiver?

La plongée sous glace peut paraître très périlleuse et inconfortable en raison du froid mais la réalité est tout autre. Il suffit de bien planifier les sorties pour minimiser les risques et en faire une expérience des plus agréables. Cette activité gagne de plus en plus d’adeptes et ceux-ci la jugent incomparable avec tout autre type de plongée puisque c’est l’hiver, sous la glace, que la visibilité dans l’eau est la meilleure de toute l’année.

La couche de glace crée une barrière naturelle contre le vent, réduisant ainsi les mouvements de l’eau responsables de la mise en suspension des particules qui détériorent beaucoup la visibilité. On profite alors d’eaux limpides pour observer une faune léthargique en attente de la belle saison. En eau salée, la plongée d’hiver est l’occasion d’observer des espèces qui remontent des profondeurs tout en profitant d’une visibilité extraordinaire.

Il existe plusieurs grossistes spécialisés dans le tourisme d’aventure qui programment des activités de plongées sous glace. On s’adresse à des voyageurs avides de nouvelles sensations et désireux d’explorer de nouveaux coins de pays. C’est le cas par exemple de Great Excursions qui propose de la plongée en hiver dans les plaines de la Saskatchewan. Cette activité fait également partie des nouveaux plaisirs d’hiver en France, dans les Hautes-Alpes, et en Haute-Savoie, notamment.

Voici quelques destinations parmi les plus renommées mondialement:

  • Lake Wiestal-Stausee, Autriche
  • Antarctique
  • Arctique
  • White Sea, Russie

Au Québec, de plus en plus d’entreprises d’expéditions de plongée proposent des sorties durant l’hiver. Par exemple, Tekdiv Exploration offre des plongées sous glace à la carrière de Kahnawake près de Montréal, tandis que Plongée Nautilus vend des excursions aux Escoumins et à la carrière de Deschambeault. Il existe d’ailleurs un club de plongeurs, adeptes de la plongée sous glace, «Les Baisers Blancs».

Peut-on qualifier la plongée sous glace de produit touristique en émergence? Pourquoi pas. Cette forme de plongée suscite de plus en plus d’intérêt parmi les plongeurs et ne manque pas d’intéresser une niche de voyageurs à la recherche de nouvelles expériences. Si on peut passer une nuit à l’hôtel de glace à Québec ou bien jouer au golf sur la banquise à Rimouski, pourquoi ne pourrait-on vendre de la plongée sous glace dans les endroits les plus propices au Québec?

Voir aussi

Fédération Québécoise des Activités Subaquatiques
Professional Association of Dive Instructors
Baisers blancs

Sources :
– Neirotti, Lisa Delpy. «An Introduction to Sport and Adventure Tourism», Sport and Adventure Tourism, 2003.
– The Higher Education Academy. «Ben Smith: Entrepreneurship in the Dive Industry – Part I», Hospitality, Leisure, Sport and Tourism Network, mai 2005.

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Enjeux Produits et activités

La tentation quatre-saisons des stations de ski

Au cours des dernières années, le tourisme de villégiature quatre-saisons a connu un essor considérable au Québec, surtout grâce au développement de Tremblant. D’autres projets majeurs sont en gestation, notamment ceux du Massif de Petite-Rivière-Saint-François et de la Station touristique Mont-Orford. La mise en oeuvre de tels chantiers interpelle de nombreux intervenants et suscite d’importants débats.

Développement tous azimuts

On assiste à travers le monde à une multiplication des projets de centres de villégiature au sein de stations de ski, projets conçus pour diversifier l’offre et créer une «destination en soi». Dans la majorité des cas, le sport de glisse constitue la composante centrale, à laquelle s’ajoutent de nouveaux services et activités.

Dans le cas de la Station touristique Mont-Orford, la direction a déposé un ambitieux plan de développement visant à créer un véritable centre de villégiature, dont les volets immobilier et récréatif seraient étroitement intégrés pour constituer un produit quatre-saisons.

Pour les stations de ski de plus grande envergure, l’heure est souvent aux choix et l’absence de décision peut se traduire par des baisses d’achalandage, une diminution des marges de profit, des difficultés de renouvellement de la clientèle, etc. Des experts ont réfléchi à l’avenir des resorts de ski et aux changements à surveiller. Voici quelques-unes de leurs observations:

  • Les stations de ski se réinventeront pour se transformer de plus en plus en centres de villégiature quatre-saisons.
  • Les stations qui persistent à miser sur la clientèle traditionnelle, soit les baby-boomers vieillissants, rencontreront davantage de difficultés pour maintenir leur achalandage.
  • Celles qui miseront sur les jeunes planchistes (surfers des neiges) obtiendront du succès.
  • Les nouvelles installations intégreront autant des composantes extérieures qu’intérieures (ex.: pistes aménagées pour les planchistes, stations de ski «intérieures», parcs de planches et patins à roulettes quatre-saisons, terrains de jeu de waveboard, etc.).
  • Les centres devront diversifier leurs activités hivernales (ex.: traîneau à chiens, luge, motoneige, balades en carriole, parapente, escalade de glace, ski en hélicoptère, courses d’orientation, etc.) afin de rejoindre tous les groupes d’âge.
  • Ceux qui parviendront à générer des revenus durant les saisons intermédiaires en ajoutant une panoplie d’activités estivales (vélo de montagne, parcours de golf, murs d’escalade, équitation, randonnée pédestre, pêche, activités éducatives, etc.) remporteront le plus de succès. 
  • Plusieurs propriétaires considéreront l’ajout de parcs aquatiques intérieurs afin de stabiliser les entrées financières toute l’année.
  • Pour plaire à la clientèle qui se contente de moins de cinq heures de glisse par jour et qui recherche davantage une expérience touristique globale, les stations bénéficieraient de la présence de services ou d’activités complémentaires sur les lieux (ex.: un spa ou une bonne table).  
  • La construction de condotels comme nouvelle forme de levier financier attirera un nombre de plus en plus grand d’investisseurs.
  • Dans leurs efforts de devenir une destination quatre-saisons, les centres qui se dotent d’installations pour accueillir des conférences attireront davantage les voyageurs d’affaires (et leur famille) durant les mois d’automne et du printemps.

Le développement ne plaît pas à tous

Les projets de développement des lieux de villégiature sont souvent accueillis avec beaucoup d’enthousiasme par l’industrie touristique, mais pas toujours par les organismes environnementaux et les coalitions représentant les intérêts des citoyens. Si l’on prend le cas du projet de développement du Mont-Orford, la proposition du promoteur a soulevé de nombreuses réactions, notamment en raison de sa situation géographique. Plusieurs s’y opposent, arguant que le parc national du Mont-Orford devrait rester exempt de tout développement immobilier.

Pourtant, l’établissement d’un mariage équilibré entre la protection de l’environnement et un développement touristique durable et intelligent présente des avantages indéniables. Plusieurs centres de villégiature jouent efficacement cette carte. Dans de tels cas, c’est toute la philosophie de gestion de l’organisation qui emprunte cette voie du tourisme vert et responsable.

À suivre dans la prochaine édition du Globe-Veilleur: Le cas Revelstoke, une expérience inédite.

Source:

– Coy, Jeff et Bill Haralson. «12 Predictions On the Future of Ski Resorts», Hotel Online [www.hotel-online.com], janvier 2005.

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Enjeux Produits et activités

Motoneigistes et skieurs de fond, un cas de conflit entre usagers

La qualité de l’expérience de plein air d’un adepte de ski de fond se trouve significativement atténuée lorsque celui-ci rencontre un motoneigiste sur son parcours. Bien qu’on s’en soit douté, c’est ce que démontre de manière scientifique une étude menée par des chercheurs de Norvège et de Colombie-Britannique.

Des leçons à en tirer

Selon cette étude, la cohabitation entre les skieurs et les motoneigistes se révèle souvent problématique dans les régions où les deux activités sont exploitées à des fins récréotouristiques. Cette situation prévaut régulièrement au Québec, alors que plusieurs régions misent beaucoup sur ces deux produits touristiques. Il s’agit d’une relation que l’on peut qualifier d’«asymétrique» car, si la présence des motoneiges indispose les fondeurs, on ne peut pas nécessairement affirmer l’inverse. Même si les deux catégories d’adeptes peuvent avoir des objectifs similaires, soit profiter de la nature, la façon de les atteindre diverge complètement et peut entraîner une source d’irritation pour les skieurs.

Comme plusieurs régions continueront de miser sur le développement de ces deux activités, elles devront le faire dans un souci de développement durable afin d’y parvenir de façon harmonieuse. Puisqu’il est prouvé que le partage immédiat du réseau des sentiers entre différentes catégories d’utilisateurs est une source importante d’irritants, les autorités locales sont appelées à développer des solutions de cohabitation bien encadrées.

En plus d’un appui essentiel de la part des communautés locales, l’utilisation partagée ou segmentée des réseaux de sentiers par les deux catégories d’adeptes nécessite une planification concertée. Il faut donc éviter, dans la mesure du possible, que les sentiers deviennent accessibles en même temps à tous les utilisateurs. Sans oublier évidemment les riverains, qui doivent faire partie de toute solution intégrée afin de légitimer les actions entreprises et renforcer la démocratie locale.

Une approche scientifique pour mesurer l’irritant

Ces leçons sont tirées de l’étude menée par la Norvège et la Colombie-Britannique laquelle visait à mesurer plus précisément l’impact d’une cohabitation concrète entre les fondeurs et les motoneigistes. Selon l’hypothèse de départ des chercheurs, les adeptes de ski de fond accordent habituellement une très haute importance à l’environnement du lieu de pratique, notamment la tranquillité de l’endroit et une nature intacte. Quant aux motoneigistes, on a supposé qu’ils recherchaient davantage l’évasion et l’aspect social de l’activité.

Afin d’évaluer comment les fondeurs pouvaient être affectés émotionnellement par la présence de motoneiges, on a constitué deux groupes d’enquête. Le premier, ou groupe de référence, était formé de skieurs n’ayant pas vu de motoneiges sur leur parcours. Le deuxième regroupait les fondeurs ayant croisé un motoneigiste quelques instants avant de répondre au questionnaire. Les chercheurs ont constaté qu’il existait une différence significative de l’appréciation de l’expérience, laquelle s’avérait moins positive pour les skieurs ayant partagé leur espace avec un véhicule motorisé. Cette rencontre a notamment provoqué un effet négatif sur la sensation de relaxation, un des critères importants dans l’atteinte d’une expérience de qualité.

Idée préconçue ou réalité

L’étude tente aussi de faire la part entre les idées préconçues des skieurs et les sentiments réels découlant d’une rencontre avec un motoneigiste; la prémisse étant que les adeptes de ski de fond possèdent souvent d’emblée une opinion négative de la cohabitation avec la motoneige. Pour ce faire, on a évalué les cinq perceptions suivantes auprès des deux groupes de skieurs, soit : les motoneiges…

  • font du bruit
  • détruisent les pistes de ski
  • détruisent la beauté des paysages
  • perturbent la faune
  • sont illégales (plusieurs régions de Norvège en interdisent la pratique)

L’enquête a révélé une différence significative entre la perception des skieurs ayant croisé une motoneige et celle des autres fondeurs, seulement dans le cas de la pollution sonore. Ainsi, le bruit réel engendré est donc très dérangeant puisqu’il surpasse grandement ce à quoi les skieurs s’attendaient. Pour les autres facteurs, la réalité correspondait bien aux appréhensions.

Deux activités populaires au Québec

Le ski de fond et la motoneige comptent de nombreux amateurs, particulièrement au sein des régions ressources. On dénombre environ
410 000 Québécois pratiquant la motoneige au moins une fois par année (tableau 1). Il s’agit d’une activité populaire particulièrement auprès des 25-49 ans, qui regroupent 54% des motoneigistes.

Quant au ski de fond, il a connu au cours des dernières années un regain de popularité important au Québec où il se pratique par des amateurs de tous âges (tableau 2). On y recense environ 556 000 adeptes (lire: Dernières tendances en matière de tourisme de plein air).

Sources:
– Vitterso, Joar, Raymond Chipeniuk, Margete Skar et Odd Inge Vistad. «Recreationnal Conflict Is Affective: The Case of Cross-Country Skiers and Snowmobiles», Leisure Sciences, vol. 26, pp. 227-243, 2004.
– Print Measurement Bureau. «Two-Year Readership Database, Weighted by Population, 2002-2004.
– Commission canadienne du tourisme, Société du Partenariat ontarien de marketing touristique FedNor, Fonds du patrimoine du Nord de l’Ontario et Communautés ontariennes. «Guide de développement d’un produit VTT touristique communautaire», 2003.
– Pannel Kerr Forster Inc. «Étude nationale sur le produit touristique motoneige», 2001.

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Enjeux Produits et activités

La motoneige au Québec: un leader mondial en questionnement

La fermeture d’une portion de sentier longue de 38 km dans les Laurentides entraîne beaucoup de remous et de turbulences, confirmant l’importance de la motoneige dans l’économie de plusieurs régions touristiques du Québec. En effet, les infrastructures touristiques reliées à la motoneige sont considérées comme les plus développées et les mieux intégrées au monde. Les acteurs concernés poursuivent l’étude du jugement et des avenues légales à leur disposition afin de trouver une solution rapide au dossier.

Des chiffres éloquents

La pratique générale de la motoneige demeure relativement stable au Québec, la moyenne annuelle du nombre de véhicules se maintenant depuis quelques années à environ 150 000. On compte environ 410 000 adeptes québécois de la pratique de la motoneige (Print Measurement Bureau, 2002). Le Québec dispose d’un réseau de plus de 33 700 km de sentiers balisés, entretenus et signalisés, pour lesquels environ 94 000 droits d’accès sont vendus annuellement.

La pratique de la motoneige à des fins récréotouristiques croît de façon significative depuis quelques années, particulièrement auprès des clientèles provenant des marchés hors Québec (tableau 1). Statistique Canada, dans un traitement effectué pour Pannell Kerr Forster, estime à environ 400 000 le nombre de nuitées au Québec attribuables à cette activité – pour 75% des visiteurs la motoneige constitue le principal but de leur voyage.

Bien que les motoneigistes recherchent habituellement l’évasion, il ne s’agit pas du seul motif considéré lors du choix de la destination. En effet, certaines régions attirent davantage de motoneigistes locaux, alors que d’autres exercent un pouvoir d’attraction important auprès de la clientèle étrangère. Les motoneigistes ont accès à plus de 15 000 chambres réparties sur le territoire du Québec et situées en parallèle au réseau des sentiers.

Québec, leader mondial

Sur l’échiquier canadien, l’Ontario et le Nouveau-Brunswick se présentent comme les seules destinations suffisamment organisées sur le plan de l’offre pour concurrencer le Québec, leader mondial. Ce dernier se distingue toutefois par la qualité et l’étendue de son réseau. Les infrastructures touristiques reliées à la motoneige (service de location, hébergement et restauration, concessionnaires, stations services) sont considérées comme les plus développées et les mieux intégrées au monde.

Le Québec est la province canadienne de loin la plus performante pour attirer des motoneigistes non résidants. Il récolte environ 58 000 visites touristiques de motoneigistes en provenance des autres provinces canadiennes, soit plus de 52% de l’ensemble du marché canadien et trois fois plus que l’Ontario. Une grande majorité de ces visites sont attribuables aux Ontariens qui achètent un droit d’accès annuel et qui effectuent de nombreux séjours au cours de la même année.

Une activité touristique compromise

Même si les statistiques confirment les bénéfices économiques engendrés par cette activité et de son apport significatif pour les régions ressources, l’industrie touristique se retrouve aujourd’hui face à un sérieux problème. En effet, la pérennité des sentiers de motoneige constitue depuis de nombreuses années l’un des enjeux soulevés par les intervenants du secteur.

Le maintien des sentiers se trouve souvent remis en cause par la nécessité de négocier chaque année la question des droits de passage avec des propriétaires fonciers, des exploitants forestiers ou des gestionnaires de terres publiques. Continuellement, le tracé est tributaire de la réussite de ces tractations. Souvent, des propriétaires terriens décident de réclamer une part des revenus des clubs de motoneigistes en contrepartie des droits de passage, ce qui oblige certains à renoncer à des portions essentielles de sentiers, faute de revenus suffisants pour payer les propriétaires.

Les conflits d’usages

La cohabitation entre la pratique de la motoneige et le milieu habité conduit souvent à certains heurts. Plusieurs citoyens s’offusquent du passage des motoneiges à proximité de leur lieu de résidence. Il s’agit ici d’un conflit d’utilisation de l’espace récréatif: les villégiateurs ayant acquis terrains et résidences souhaitent la tranquillité, le calme et la solitude. Le bruit et la pollution occasionnés par la motoneige vont à l’encontre de ces valeurs. Il en va de même pour les amateurs d’écotourisme pour qui l’activité touristique doit reposer sur une utilisation « douce » de l’espace naturel, avec un minimum ou sans activités motorisées.

Dans la région des Laurentides, comme on le sait, les conflits d’usage ont pris une tournure juridique lorsqu’un groupe de citoyens-villégiateurs a intenté un recours collectif afin d’empêcher la circulation des motoneiges sur un tronçon du parc linéaire Le P’tit train du Nord. Le jugement prenant effet immédiatement, plusieurs portions de sentier voient leur accès compromis.

Craignant des poursuites civiles, certaines municipalités régionales de comté (MRC) songent maintenant à interdire la motoneige sur des sentiers tracés à proximité de résidences, notamment sur d’anciennes voies ferrées. En Outaouais, les MRC sont d’ailleurs passées aux actes, en décidant de maintenir inaccessibles 120 km de sentiers. Il s’avère essentiel d’identifier des solutions permanentes à cette problématique majeure.

Au delà de la turbulence occasionnée par cette situation, le souci d’un dialogue constant s’avère essentiel dans la mesure où le dossier va sans doute interpeller plusieurs municipalités non seulement pour la problématique de la motoneige, mais bientôt pour celles de la pratique du quad et de la motomarine dans les zones où la population riveraine privilégie la paix, la quiétude et le respect de l’environnement.

Sources:

– Chaire de Tourisme de l’UQAM. «Tourisme hivernal – Motoneige», Diagnostic final préliminaire, 21 mars 2003.
– Pannell Kerr Forster Inc. «Étude nationale sur le produit touristique motoneige », 2001.
– Print Measurement Bureau, 2002.
– Beauchesne et Associés. «Retombées touristiques et économiques de la pratique de la motoneige au Québec», 2002. 

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Les marchés de Noël: véritables buts de voyage

En Europe du Nord et en Europe centrale, le mois de décembre est un moment de grande effervescence. Chaque ville y va de son marché de Noël, avec ou sans thème, pour le plus grand plaisir des visiteurs et des touristes. À un point tel que ces marchés deviennent une motivation de voyage en soi. On peut parler ici de créneau en expansion.

Origines et traditions

La tradition du marché de Noël est originaire d’Europe du Nord, d’Alsace plus particulièrement, où les foires accompagnaient de nombreuses fêtes. La foire de Noël la plus ancienne date du Moyen Âge (XVIe siècle). Elle s’est ensuite diffusée avec succès en Europe centrale.

Aujourd’hui, en France, en Allemagne, en Suisse et en Belgique, la renommée de certains marchés de Noël n’est plus à faire (comme à Aix-la-Chapelle, Cologne, Strasbourg, etc.). Et quand vient le mois de décembre, c’est de partout que les touristes arrivent, pour l’ambiance, les odeurs, les couleurs, les lumières, etc. Un succès grandissant que l’on attribue à l’engouement des baby-boomers pour le retour aux traditions anciennes.

Les marchés de Noël étaient d’abord et avant tout des marchés de sapins. Puis, vinrent les décorations, les couronnes et fleurs séchées, les bougies, les cadeaux et cartes de Noël, les jouets en bois, etc.

Aujourd’hui, c’est aussi la fête des produits du terroir: dégustation et vente de charcuteries, pâtisseries, brioches, vins de la région, bières artisanales, marrons grillés, et surtout, le fameux pain d’épices, biscuit dont on fait les figurines servant de décorations dans le sapin.

C’est également un lieu de rencontre, l’occasion de se retrouver entre amis autour d’un verre de vin chaud. Certains marchés proposent des promenades en calèche, des feux d’artifice, une patinoire, des concerts et des animations… Autour du marché, hôteliers et restaurateurs participent de concert.

Des retombées économiques et sociales non négligeables

Le marché de Noël représente également des retombées non négligeables pour la région et ses acteurs économiques. Selon une étude réalisée en 2002 à Montreux (le plus gros marché de Noël en Suisse romande), en moyenne, chaque visiteur a dépensé pas moins de 10 $CA. Cette somme se répartit comme suit: 5,70 $CA pour les produits divers et 4,30 $CA pour boire et manger.

L’événement ayant cette année-là attiré près de 230 000 visiteurs, ce sont 2 263 500 $CA qui ont, grosso modo, été dépensés au cours de la manifestation (dont le budget de base a avoisiné 118 000 $CA). Quant aux nuitées engendrées par le marché, elles ont été estimées à 7150 (visiteurs et exposants).

C’est également une très belle occasion de s’impliquer socialement et communautairement, en faisant participer d’autres collectivités, comme les écoliers ou les aînés, par exemple. À Lyon (France), les seniors de la résidence «La petite Provence» se mobilisent pour confectionner des noeuds servant à la décoration du marché de Noël. En collaboration avec la maison des jeunes et de la culture, l’amicale laïque (une association proposant des activités culturelles, sportives et des animations de quartier), les secouristes et les écoles avoisinantes, c’est le moment de retrouvailles intergénérationnelles autour d’une manifestation joyeuse.

Noël au Québec

À Québec, un marché de Noël se tient tout le mois de décembre au Marché du Vieux-Port; il réunit une centaine de producteurs, transformateurs et artisans de l’agroalimentaire venant des quatre coins de la province et présentant plus de 1000 produits du terroir québécois. Aucune étude sur les retombées économiques de cette activité n’a été réalisée, mais Francis Villeneuve, adjoint aux communications du Marché du Vieux-Port de Québec, évalue à 50 000 les visiteurs de l’an dernier. «C’est manifestement un succès», déclare-t-il.

Plus modeste, mais tenant du même principe que ceux qu’on trouve en Europe, ce marché fait partie des nombreuses autres activités présentées dans le cadre de l’événement Québec fête Noël (du 2 décembre 2004 au 2 janvier 2005). Cette manifestation, qui en est à sa sixième édition cette année, propose, entre autres, une série de concerts de Noël, des expositions variées, une crèche vivante, des visites guidées thématiques.

Forts du succès rencontré aux niveaux local et national, les organisateurs de Québec fête Noël souhaitent attirer davantage de visiteurs internationaux. Un projet de jumelage avec Strasbourg et Montreux est en développement. Il vise à accueillir des représentants de ces pays, qui viendraient faire découvrir la tradition entourant leurs marchés de Noël respectifs. Ce jumelage verra peut-être le jour à l’hiver 2006, une délégation québécoise devant se rendre en Europe dans les prochains jours.

En ce qui concerne les actions promotionnelles destinées à la clientèle touristique, Francis Villeneuve déplore le manque de moyens financiers mis à leur disposition, mais annonce qu’ils travaillent actuellement à la conception d’un site Web promotionnel (en français et en anglais, et peut-être même en espagnol, si les fonds le permettent).

Pour ou contre les traditions?

Et vous, si vous aviez à choisir, que préféreriez-vous? Acheter un sapin sur Internet ou déambuler parmi de petites échoppes sentant le sapin et la brioche, sous les douces lumières des lampions colorés, au son de chants de Noël qui nous rappellent notre enfance?

Non, ne me dites rien!

Voir aussi

Marché de Noël de Strasbourg
Marché de Noël de Montreux

Sources:
– Kayler, Françoise. «Les marchés de Noël illuminent l’Alsace», La Presse, 10 novembre 2004.
– Le Progrès (Lyon, France). «Les seniors partants pour le marché de Noël», 21 novembre 2004, p. 12.
– Champagne, Pierre. «Le Marché de Noël», Le Soleil, 13 décembre 2003, p. H6.
– Racine, Jean-François. «Québec fête Noël voit gros», Le Journal de Québec, 6 janvier 2004.

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À quand la «Route blanche» de la raquette au Québec?

Aucune barrière physique à l’entrée! Si vous pouvez marcher, vous pouvez faire de la raquette. De nombreux éléments convergent pour assurer une croissance continue de ce sport. Serait-il utopique de croire que le Québec puisse un jour se positionner comme LA destination mondiale de la raquette?

Populaire au Québec…

En septembre 2004, le Réseau de veille effectuait un sondage sur la pratique des activités de plein air chez les Québécois. Lorsqu’il s’agissait de citer les deux activités de plein air les plus pratiquées à l’hiver dernier, 6,3% ont répondu la raquette. On peut présumer que le pourcentage des adeptes est plus élevé, car certains n’ont pas mentionné la raquette comme étant une de leurs principales activités de plein air, mais s’y sont tout de même adonnés. À cet effet, le dernier sondage omnibus touristique de la firme Zins Beauchesne et associés rapportait que 9% des Québécois pratiquaient la raquette. 

Lors d’une étude effectuée en 2003 par la Fédération des pourvoiries du Québec sur le plein air, la raquette occupait la deuxième place parmi les activités hivernales offertes dans les pourvoiries et arrivait en tête de liste parmi les activités hivernales à mettre en priorité pour le développement.

On constate que l’offre de lieux de pratique s’est développée au cours des dernières années. En plus des pourvoiries, la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) compte trois centres touristiques, quatorze parcs nationaux et six réserves fauniques où l’on peut s’adonner à cette activité. En voie de réalisation, le projet du Sentier national au Québec, chapeauté par la Fédération québécoise de la marche, prévoit l’aménagement d’un sentier continu de 1100 kilomètres dédié à la marche, à la raquette et au ski de fond. Déjà 600 kilomètres sont aménagés et plusieurs refuges reçoivent les randonneurs. Une fois terminé, le Sentier national s’intégrera à un parcours pancanadien.

Sentier national au Québec

Et ailleurs

Selon Matt Schueller, analyste principal pour le Leisure Trends Group aux États-Unis, la raquette est un des sports dont la popularité croît le plus rapidement depuis les dernières années. Il y a cinq ans, on dénombrait 2,9 millions de personnes en ayant fait au moins une fois. En 2002-2003, ce nombre est grimpé à 5,9 millions. Dix États comptaient plus de 150 000 personnes s’adonnant à ce sport en 2002, avec l’État de New York bon premier (621 000), suivi de la Californie (563 000) et du Michigan (259 000). Fait surprenant, la Floride se classait au huitième rang avec plus de 165 000 raquetteurs, comme quoi les Floridiens n’ont pas peur de se déplacer dans les régions enneigées.

Même scénario pour la Suisse, où les taux de croissance annuels varient entre 20 et 40% depuis cinq ans. En France, dans le bilan de la saison hivernale 2002-2003, l’Observatoire National du Tourisme soulignait que les activités hors ski, notamment la raquette, avaient largement augmenté. Et la tendance se poursuit, car ce sport a aussi connu une augmentation en 2003-2004.

Aussi facile que gauche, droite, gauche, droite!

On oublie les raquettes en babiche! En achetant Tubbs Snowshoe Co. en 1988, Ed Kiniry a révolutionné cette industrie et l’a faite entrer dans l’ère du high-tech.

La facilité de la pratique voue cette activité à un essor important:

  • la raquette ne requiert pas d’habileté particulière; des personnes de tous âges peuvent s’y adonner;
  • avec la croissance du nombre de personnes soucieuses de leur santé, la raquette est un excellent moyen de se maintenir en forme et de profiter du plein air;
  • ce sport ne comporte pas de risques de blessure; il devient une excellente avenue pour l’imposante partie de la population qui avance en âge;
  • les raquettes sont légères et peu encombrantes; 
  • l’équipement est peu coûteux;
  • pas besoin d’un support spécial ou d’une voiture avec un espace de rangement spacieux, les raquettes sont faciles à transporter sous le bras ou dans un sac à dos.

Une multitude de créneaux à exploiter

Avec une paire de raquettes, on peut marcher, grimper, courir, partir en expédition avec sac à dos ou faire une longue randonnée. Il devient alors facile de segmenter la clientèle selon les niveaux de difficulté de la pratique.

En Suisse, où la tendance est de pratiquer la planche à neige hors des pentes, le marché de la raquette courtise les planchistes afin qu’ils escaladent la montagne avec cet équipement.

Think Big!

Même si les chiffres sont encore conservateurs, ce sport a un bel avenir devant lui, et ce, surtout avec le vieillissement de la population. Quels pays nordiques peuvent se vanter de réunir autant de conditions pour offrir toute une panoplie de plaisirs d’hiver? Pourquoi ne pas entreprendre une étude qui évaluerait le marché potentiel de ce sport et la possibilité que le Québec se positionne comme la première destination mondiale de la raquette?

Voir aussi

Sentier national de la Fédération québécoise de la marche

Sources:
– Berger, Jodi. «Snowshoes have people of all ages and abilities choosing to take a hike», Rocky Mountain News, 15 novembre 2003.
– Fédération des pourvoiries du Québec. «Le plein air en pourvoirie en 2004: Portrait & Diagnostic», 2004.
– Outdoor Industry Foundation. «Outdoor Recreation Participation & Spending Study: A State-by-State Perspective», 2002.
– von Kaenel, Marianne. «Snowshoe Market Switzerland», U.S. Department of Commerce, International Trade Administration, novembre 2001.

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Enjeux Gestion Marketing

L’impact de la météo sur la fréquentation touristique

Il est bien connu que les aléas de la météo ont un impact significatif sur la fréquentation touristique. Au delà de l’évidence d’un tel constat, quelle est la relation entre les prévisions météorologiques, les conditions observées et les départs touristiques? Deux études apportent un éclairage sur la question. La première a analysé le phénomène en Bretagne, alors que la deuxième s’est penchée sur l’incidence de la météo sur la décision des skieurs québécois de se rendre ou non sur les pistes.

De l’intuition aux faits

Des chercheurs français ont tenté d’évaluer l’impact des conditions météorologiques sur la fréquentation touristique en Bretagne. On a d’abord mesuré l’influence que jouait la météo sur les décisions de visiter ou non la Bretagne lorsque les prévisions ou les conditions observées s’avéraient défavorables. On a estimé à 8% la perte de nuitées touristiques pour les longs séjours (5 nuits et plus) n’ayant pas fait l’objet d’une réservation préalable (graphique 1). Le taux d’annulation est similaire pour les visiteurs n’utilisant pas l’hébergement commercial (parents et amis, résidences secondaires).

Les journées pluvieuses ont incité plusieurs Français à écourter leurs vacances, ce qui a occasionné des pertes d’environ 7% de nuitées au cours des mois de juillet et août. De façon générale, la moitié de cette clientèle perdue pour la Bretagne va chercher son soleil ailleurs, alors que l’autre moitié préfère rester ou retourner à la maison. L’étude démontre également que les deux tiers des Français ne sont aucunement influencés par les prévisions météorologiques quand ils prennent la décision à la dernière minute de visiter la Bretagne.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres

L’étude française a aussi voulu mesurer l’impact de l’évolution des conditions météo sur la fréquentation des attraits intérieurs. Voici les principales conclusions en termes d’évolution de l’achalandage:

  • Le passage d’une journée ensoleillée à une journée mitigée: + 13%.
  • Le passage d’une journée mitigée à une journée pluvieuse: + 25%.
  • Le passage d’une journée ensoleillée à une journée pluvieuse: + 40%.

On constate que lorsque le temps se dégrade, un nombre significatif de visiteurs en profitent pour se mettre à l’abri, préférant les attraits touristiques intérieurs aux activités de plein air.

Le sondage a été réalisé au cours des deux dernières années auprès de 500 Français ayant déjà visité la Bretagne lors des mois de juillet et août. L’étude a été menée par l’Observatoire régional de tourisme de Bretagne, en collaboration avec l’Université de Rennes 2.

Des impacts à long terme

Sur une plus longue échelle, l’étude nous apprend que l’année suivant un été où il a plu deux jours sur cinq présentait un déficit de fréquentation de la région de plus de 10%. Ce sont les intervenants oeuvrant dans le tourisme de plein air qui sont le plus à risque des contrecoups d’une saison maussade. Les pertes de nuitées observées dans de tels cas pouvaient dépasser les 40%.

La météo et le ski alpin

Les aléas de la météo ne sévissent pas qu’en été, le tourisme hivernal en subit également les conséquences. En dépit des efforts des stations de ski pour se prémunir contre ce facteur d’incertitude, en se dotant de systèmes d’enneigement efficaces, la météo demeure un facteur clé dans le désir d’aller skier. Une enquête de Descarie & complices, commandée par l’Association des stations de ski du Québec, a étudié la question.

L’imprévisible hiver québécois

Comme les prévisions météo influent directement sur la décision de partir ou non vers les pentes, les auteurs ont vérifié premièrement l’efficacité de ces prévisions. On constate qu’en hiver au Québec, les prévisions de température:

  • effectuées un jour d’avance se réalisent une fois sur deux avec un écart de + ou – deux degrés;
  • de trois jours ou plus se sont confirmées dans 33% des cas seulement;
  • de plus de trois jours comportaient, dans 9% des cas, un écart de dix degrés ou plus avec la réalité.

D’importants écarts de température entre les prévisions et la réalité entraînent des situations fâcheuses pour les stations de ski, puisque 50% des skieurs délaissent les pentes en dessous de -20 degrés.

Quant aux précipitations anticipées, l’efficacité semble encore plus hasardeuse. Pour les prévisions de quatre jours où l’on prévoyait entre 80% et 100% de précipitations, dans les faits, on en a observé dans seulement 16% des cas.

Baisse de la température… baisse des intentions

Les skieurs et planchistes accordent beaucoup d’importance aux conditions météorologiques au moment de planifier leurs sorties. La majorité d’entre eux recherchent un froid modéré, des précipitations récentes et une journée ensoleillée (graphique 2). Par ailleurs, 56% des gens interrogés affirment que le facteur vent influence leur décision d’aller skier. Mais ce sont avant tout de bonnes conditions générales de ski que les skieurs désirent (84%).

Alerte aux bulletins météo

La conjugaison de prévisions douteuses et de l’importance accordée à la météo par les skieurs occasionne un défi de taille pour les gestionnaires de stations de ski. L’information donnée par les stations de ski est considérée comme aussi importante (68%) que les bulletins météo (67%). Toutefois, lorsqu’on demande aux skieurs la source d’information qu’ils consultent, plus de 61% affirment se fier aux bulletins, alors que seulement 31% se réfèrent aux stations.

En conclusion, les auteurs de l’étude recommandent aux stations de «reprendre le contrôle des bulletins météo» afin de leur ajouter une dose de crédibilité. On remarque que certains médias aiment bien jouer la carte du sensationnel et les prévisions ne font pas exception à la règle.

Il faut faire en sorte que le skieur ait le réflexe de consulter des sources d’information fiables pour avoir l’heure juste au sujet des conditions de ski. Le site Internet www.conditionsdeneige.com de l’Association des stations de ski du Québec, qui donne un portrait quotidien des conditions de neige pour l’ensemble des stations du Québec, devrait jouer ce rôle.

Quant aux prévisions à long terme, il faudrait éduquer le touriste de manière à ce qu’elles ne constituent jamais le facteur déterminant d’une sortie touristique.

Sources:
– Quinton, Éric. «L’impact de la météo sur la fréquentation touristique en Bretagne», Espaces, no 215, mai 2004.
– Descarie & complices. Les prévisions de la météo… ou serait-ce les prédictions de la météo?, 2000.
– Descarie & complices. Freins et déclencheurs face aux sports de glisse, 2000.