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Portrait des adeptes du ski de fond

Au Québec, le nombre de skieurs de fond a baissé en 2008 et en 2009.  Cependant, les pistes ne sont pas pour autant désertes, car le taux de fréquentation affiche une hausse pour ces mêmes périodes. Qui sont ces Canadiens et ces Américains qui s’adonnent à cette activité de plein air et qui la pratiquent en vacances? Quels sont leur profil sociodémographique et leurs habitudes de planification de voyage?

Selon Print Measurement Bureau (PMB), le ski de fond au Québec connaît une variabilité quant au nombre d’adeptes. On remarque que les deux dernières saisons ont été marquées par des baisses importantes de 20% et de 10% de la taille du marché (graphique 1).

Taille de marché des skieurs de fond au Québec

Malgré cette diminution, la proportion des fondeurs assidus (10 fois et plus par année) a augmenté, passant de 79 000 à 101 000 participants (graphique 2).

Nombre de skieurs de fond au Québec selon la fréquence de pratique

Depuis les quatre dernières années, le Québec détient le plus haut taux de pratique du Canada. Il a un indice 100 supérieur aux autres provinces sauf en 2009, où l’Alberta se démarque (l’indice étant la propension à pratiquer cette activité par rapport à la moyenne canadienne). En revanche, on constate que l’indice baisse d’une année à l’autre; 161 en 2007, 143 en 2008 et 122 en 2009 (graphique 3). Le Québec réussira-t-il à gagner le titre de province de ski de fond?

Pratique du ski de fond par province selon l’indice 100

Profil sociodémographique

Les skieurs de fond canadiens sont majoritairement des femmes, sont la plupart du temps âgés de 35 à 49 ans (graphique 4) et ont un revenu familial de 75 000$ et plus.

Bien que la tranche des 35-49 ans (428 000 adeptes) soit la plus fortement représentée en matière de volume au Canada, les jeunes de 12-17 ans affichent l’indice de la pratique le plus élevé (145) en 2009. Ils ont un taux de participation de 7,5% comparativement à 5,5% pour les 35-49 ans et à 6,2% pour les 50-64 ans.

Âge des skieurs de fond canadiens

Néanmoins, ce sont les personnes âgées de 50 ans et plus qui pratiquent cette activité de manière plus régulière (graphique 5). Les catégories des 12-17 ans et des 35-49 ans sont plus susceptibles d’en faire une à deux fois par année.

Fréquence de pratique annuelle par segment d’âge en 2009 selon l’indice 100

Profil des Canadiens et des Américains qui pratiquent le ski de fond en voyage

Au-delà de la pratique du ski de fond comme activité de loisir, les adeptes s’y adonnent parfois aussi pendant leurs vacances. Selon une étude réalisée par Lang Research pour TAMS,  4,6% des Canadiens et 1,1% des Américains ont fait du ski de fond lors d’un voyage au cours des années 2004 et 2005. Qui sont vraiment ces voyageurs amateurs du ski de fond?

Les fondeurs canadiens ont une moyenne d’âge de 41,7 ans (tableau 1), et 41% d’entre eux habitent au Québec, 30% en Ontario, 13% en Colombie-Britannique, et 8% en Alberta. Aux États-Unis, 15% des skieurs de fond résident en Californie, 7% au Colorado, 9% à New York, et 6% au Michigan.

Profils des skieurs de fond et des raquetteurs canadiens et américains

Habitudes de planification et de réservation des skieurs de fond et des raquetteurs

Lorsque les skieurs de fond et les raquetteurs planifient leurs vacances d’hiver, on remarque que leurs habitudes diffèrent de celles des autres voyageurs.

  • Ils ont déjà une destination en tête lorsqu’ils entreprennent la planification de leurs vacances et accordent une grande importance aux activités qui y sont offertes.
  • Ils consultent une plus vaste gamme de sources de renseignements touristiques.
  • Ils sont plus susceptibles d’assister à des salons touristiques ou sportifs pour recueillir de l’information utile à la planification de leurs voyages.
  • Ils sont plus enclins à utiliser les guides de voyage comme Fodor, les brochures et les guides touristiques officiels des régions, l’information touristique reçue par la poste, à écouter des émissions télévisées, à consulter les revues et les articles de journaux.
  • Les composantes de voyage qu’ils achètent le plus sur Internet : des chambres d’hôtel, des billets d’avion, la location de voiture et des entrées pour des activités ou des attractions particulières.
  • Ils consultent plus que les autres voyageurs les sites Web d’autocaristes, de compagnies aériennes, les sites officiels des destinations et des attractions touristiques.
  • Environ 77% des Canadiens planifient leurs voyages en ligne et 49% y réservent au moins une composante de leurs vacances.
  • Quelque 86% des Américains se servent d’Internet pour planifier un voyage et 70% y effectuent au moins la réservation d’une partie de leur séjour.
  • Comparativement aux Américains, les Canadiens visitent moins les sites de planification et de réservation du type Expedia et les sites de croisiéristes.
  • Les Américains utilisent Internet plus souvent que les Canadiens pour louer des voitures, acheter des forfaits et des billets pour des activités et des attractions particulières.

Quant l’évènementiel s’en mêle…

Au cours des dernières années, on a assisté à un renouveau dans l’offre de ski de fond au Québec. La  réputation des sentiers québécois n’est plus à faire, que ce soit pour les randonnées en groupe (au Parc national du Mont-Mégantic ou sur le site du Centre de la Montagne-Coupée) ou les grandes traversées (de la Gaspésie ou des Laurentides).

L’activité  physique de ski de fond, ponctuée de haltes dans des refuges et complétée par l’hébergement, des expériences culinaires locales, des activités culturelles ou même des moments de détente dans des spas, constitue une expérience touristique originale et de haut niveau.

Sources

  • Statistique de Print Measurement Bureau
  • Lang Research. «US. Travel Market. Cross-Country Skiing and Snowshoeing While on Trips of One or More Nights.”», mars 2007.
  • Lang Research. «Canadian Travel Market: Cross-Country skiing and snowshoeing while on Trips of one or More Nights. A Profile Report», 26 octobre 2007.
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Faits et chiffres Produits et activités

Les loisirs des Québécois

Connaître les loisirs des Québécois, c’est aussi savoir quelles activités ils sont susceptibles de pratiquer lors d’un voyage. Qu’aiment-ils faire et qu’est-ce qui pourrait faire partie de l’offre touristique d’une destination, d’un hôtel ou d’un centre de villégiature? 47 activités, sports et loisirs sont ici soupesés.

Dans cette analyse, les taux de pratique d’activités de loisirs et de sports sont tirés des données de Print Measurement Bureau (PMB). Les graphiques présentent tous le taux de pratique par rapport au total de la population de 12 ans et plus pour 2003, 2006 et 2009 ainsi que le nombre d’adeptes en 2009. Notez qu’il s’agit d’activités de loisirs et que celles-ci ne sont pas nécessairement pratiquées lors d’un voyage. Les loisirs ont été regroupés en diverses catégories afin de faciliter la lecture.

De plus en plus sportifs ces Québécois!

À l’exception du hockey et de la natation, la pratique (au moins une fois au cours de la dernière année) de tous les autres sports est en hausse. De 2003 à 2009, on observe des augmentations de 174% pour le yoga (de 2% à 6% de la population), de 79% pour la fréquentation des centres sportifs, de 58% pour le jogging et de 56% pour le soccer. Or, par rapport à la population canadienne, les taux de pratique sont souvent inférieurs. Malgré une hausse considérable, le yoga obtient un indice de 70, la natation, de 72, et le jogging, de 73 (un indice de 100 représente la moyenne de l’ensemble de la population canadienne). Le soccer (112) et le volleyball (108) sont légèrement plus pratiqués au Québec.

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Le plein air manque-t-il d’air?

Plus de 40% de la population ont fait de la marche ou de la randonnée au cours des 12 derniers mois précédant le sondage de PMB 2009. Cependant, l’indice du Québec n’est que de 88, comparativement à l’ensemble du Canada, qui est de 100. Or, le cyclisme est non seulement populaire et en croissance mais, dans ce cas, l’indice du Québec est de 148, soit fortement au-dessus de la moyenne canadienne. Des 36% de la population ayant fait du vélo, près de 16% en ont fait 10 fois ou plus. Certaines activités sont en baisse par rapport à 2006 ou à 2003 comme le camping, la pêche, le golf, le bateau à moteur, le patin à roues alignées, l’observation d’oiseaux et le vélo de montagne. Concernant le patin à roues alignées, les Québécois sont les champions canadiens, obtenant un indice de 170.

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À l’exception de la planche à neige, les activités hivernales ne sont pas non plus en croissance, enregistrant une baisse de 26% pour la motoneige, de 22% pour le ski alpin et de 12% pour le ski de fond de 2003 à 2009. C’est le patinage qui regroupe le plus d’adeptes (17%). Néanmoins, pour toutes ces activités sauf la planche à neige, le Québec obtient un indice au-dessus de 100 (ski de fond, 124; motoneige, 120).

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Rendez-vous culturels

La fréquentation de certains types d’attraits ou d’événements culturels se révèle à la hausse pour tous ceux observés à l’exception des concerts de musique classique et de l’opéra. Plus d’un Québécois sur cinq est allé au théâtre au moins une fois selon le sondage de 2009; une hausse de 17% par rapport à celui de 2003. Les musées et les galeries d’art ont également connu une croissance (20% et 36% respectivement). Les autres types de concert sont en hausse de popularité (concert populaire, 35%; rock, 39%; jazz, 41%). Ces activités demeurent occasionnelles. En effet, la majorité des amateurs de culture n’ont fréquenté ces attraits qu’une ou deux fois (musée, 71%; galerie d’art, 72%) ou ont assisté seulement une ou deux fois à des événements culturels (opéra, 81%; concert jazz, 70%; classique, 70%; rock, 72%; populaire, 68% théâtre`, 66%) au cours des 12 mois précédant le sondage. L’indice 100 nous apprend que les Québécois sont beaucoup plus intéressés par les concerts de musique populaire (159) et de jazz (140) que la moyenne canadienne. En revanche, l’opéra (70) et les concerts de musique rock (70) sont moins populaires ici.

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110%!

L’assistance à des événements sportifs, quoique l’on parle pour la plupart de petits pourcentages de la population, est en croissance pour tous les types de sports à l’exception du baseball. Le déménagement des Expos en 2005 n’y est certainement pas étranger. Le hockey est bel et bien le sport national des Québécois. Parmi les fortes hausses, il y a les événements de golf (183%), de football (108%) et de soccer (102%), où l’on devine l’effet d’équipes comme les Alouettes, l’Impact et le Rouge et Or. Par rapport à l’ensemble du Canada, la course automobile est particulièrement populaire au Québec (indice de 140), grâce notamment à la formule 1. Cette course qui attire certainement une part considérable des 359 000 Québécois ayant assisté à ce type d’événement reviendra-t-elle à Montréal?

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Catégorie méli-mélo

Parmi les autres attraits fréquentés et les loisirs pratiqués, il y a la croissance exponentielle des spas. Le nombre de Québécois ayant visité un spa au moins une fois est passé de 213 000 à 703 000, une hausse de 230%. Les parcs d’attractions semblent un peu moins populaires que les zoos ou aquariums. Ces derniers ont d’ailleurs vu leur nombre d’adeptes augmenter de 39% de 2003 à 2009. Les indices de ces activités sont tous en deçà de 100, particulièrement le casino (68) et les parcs d’attractions (76). Cela dit, le cinéma maintient plus ou moins sa popularité (59% de la population) ainsi que le nightlife (18%) et la photographie (17%).

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Quelles sont vos observations quant aux loisirs en général? Ces résultats de sondage sont-ils fidèles à la réalité selon vous? Plus précisément dans votre gestion touristique, cette analyse vous donne-t-elle des idées pour diversifier ou modifier votre offre?

Source:
– Print Measurement Bureau, 2003, 2006 et 2009.

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Produits et activités Segments de clientèles

S’adapter à l’évolution démographique des skieurs et planchistes

Le renouvellement des clientèles des sports de glisse constitue un enjeu majeur depuis plusieurs années. C’est un sujet d’actualité alors que le noyau des skieurs et planchistes (surfeurs des neiges) vieillit et que la sédentarité dont souffrent de nombreux jeunes menace la relève. Des stations ont mis en œuvre des stratégies qui, d’une part, prolongent l’intérêt des skieurs plus âgés et, d’autre part, favorisent la rétention des débutants qui s’initient à l’activité.

Les adeptes québécois

On dénombre au Québec plus de 907 000 personnes âgées de 5 ans et plus qui pratiquent – au moins une fois par année – le ski alpin comparativement à 423 000 pour la planche à neige. Environ 9% de la clientèle s’adonne aux deux sports. On recense quelque 500 000 skieurs ou planchistes de 12 ans et plus dans la seule région métropolitaine de Montréal (PMB 2008).

En dépit du vieillissement de la population, les jeunes skieurs québécois (5-17 ans) continuent d’être au rendez-vous; ils représentent 30% des adeptes même s’ils ne comptent que pour 10% de la population (graphiques 1 et 2).

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Il y a 20 ans, le segment des 50 ans et plus se composait d’à peine 6% de la clientèle au Québec comparativement à 14% aujourd’hui (Lire aussi: La relève des skieurs et planchistes est-elle au rendez-vous?).

Le marché américain

Pour le marché américain, nous avons choisi de nous limiter au bassin des skieurs qui fréquentent les stations situées dans le nord-est du pays. Ces dernières ont produit un volume de 14 millions de visites au cours de la saison 2007-2008, soit une hausse de 15% par rapport à l’année précédente. Précisons qu’environ 85% des voyages d’agrément de ski au Québec en provenance des États-Unis sont réalisés par des résidants de cette région. Voici quelques caractéristiques de la clientèle qui fréquente les stations situées dans le nord-est des États-Unis selon une enquête de la National Ski Areas Association (NSAA):

  • 55% – hommes
  • 35% – âgés de 17 ans et moins
  • 28% – planchistes
  • 6% –   première saison de ski alpin
  • 28% – première saison de planche à neige
  • 30% – détenteurs d’un abonnement annuel
  • 19% – louent des équipements
  • 12% – prennent des leçons
  • 46% – des visites sont des excursions du même jour
  • 54% – voyages d’au moins une nuitée
  • 10% – membres d’un groupe ou d’un club de ski

Une relève inquiétante

D’importants enjeux démographiques auront une forte incidence sur les clientèles des skieurs américains, selon SOS Outreach, et ce, même si la dernière saison montre une croissance. Certaines statistiques concernant la relève inquiètent:

  • 40% des jeunes Américains sont issus de minorités ethniques alors qu’ils ne représentent que 13% de la clientèle actuelle;
  • 25% des jeunes souffrent d’obésité et délaissent les activités extérieures.

Pour les Canadiens, le taux de participation des jeunes (12-17 ans) est demeuré relativement stable. Chez les planchistes, il passe de 19% à 18% (2001 versus 2008), alors que chez les skieurs, il a augmenté de 17 à 19%.

Cultiver la motivation des tempes grises

Pour les baby-boomers plus âgés, l’accès à des pistes bien damées s’avère prioritaire afin de leur permettre de passer une journée agréable et moins ardue physiquement. Si cette clientèle apprécie les pentes relativement abruptes, elle est généralement peu intéressée par les bosses. Plusieurs stations ont revu leurs procédures de damage pour mieux desservir les baby-boomers.

De plus en plus de grands-parents souhaitent passer du temps de qualité avec leurs petits-enfants. À cet effet, les escapades en ski représentent l’occasion idéale. Les baby-boomers disposent de temps, d’argent et de la santé pour leur faire vivre une expérience amusante, leur enseigner le ski, prendre un repas agréable, échanger et développer une complicité avec eux, etc. Il s’agit d’une combinaison naturelle, surtout au stade de l’apprentissage où les deux se plaisent au même rythme. PMB estime à 70 000 le nombre de skieurs québécois grands-parents.

Le séjour versus l’excursion

Selon une étude de l’université de Georgie, 69% des skieurs et planchistes décident à la dernière minute de pratiquer leur sport préféré en raison des conditions de neige. Les chercheurs ont d’ailleurs noté que lors d’excursions de ski, la distance constitue un critère de décision plus important que celui du coût associé au voyage.

Pour les séjours avec nuitées, les skieurs choisissent davantage une destination en fonction de la variété des pistes alors que les planchistes sont plutôt influencés par les services offerts sur place.

Les stratégies d’adaptation

Aux États-Unis, la participation des jeunes aux sports d’hiver est en baisse. Pour y remédier, les gestionnaires doivent faire preuve d’imagination pour susciter un plus grand intérêt, particulièrement auprès des minorités visibles, et pour améliorer le taux de rétention des débutants. Parmi les skieurs qui essaient ce sport, 16% deviendront des adeptes réguliers.

Pour augmenter ce ratio, la station Loveland, au Colorado, présente le programme «Three-class pass» qui offre un abonnement de saison gratuit aux adultes débutants qui ont complété trois leçons. Le programme s’avère populaire; le nombre d’abonnements émis annuellement ne cesse de croître. À Gunstock au New Hampshire, on remet au skieur qui complète son troisième cours une série de rabais, notamment pour la location ou l’achat d’équipement et de billets de ski.

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Pour ce qui est des skieurs vieillissants, les défis sont similaires. Les baby-boomers atteignent progressivement la soixantaine et la majorité d’entre eux désirent demeurer actifs. L’étude de la NSAA souligne l’importance de cultiver la motivation des clientèles plus âgées envers les sports de glisse.

À cet égard, certaines stations ont mis en place des initiatives intéressantes. Par exemple, Loon Mountain, au New Hampshire, a créé des «cliniques» adaptées à la clientèle vieillissante. Le programme «Flying 50s» s’adresse exclusivement aux plus de 50 ans et offre des cours qui prennent la forme d’activités sociales (soirées d’après-ski, first tracks, etc.). D’autres actions très spécialisées sont mises de l’avant par exemple montrer comment aborder les bosses («Bumps for Boomers»), aller dans les sous-bois, affronter la neige poudreuse, etc. Les instructeurs de ces «cliniques» ont souvent, eux aussi, plus de 50 ans. Au Québec, soulignons notamment la stratégie de Ski Bromont où l’on offre un membership à vie aux skieurs de 70 ans  lors de l’achat d’un abonnement d’une saison.

En conclusion, les gestionnaires ont tout intérêt à bonifier leur offre grâce à des programmes adaptés, de petits compléments, des attentions spéciales qui tiennent compte des tendances démographiques et des aspirations changeantes des différents segments de clientèles.

Sources:
– Conseil canadien du ski. «Le  modèle de croissance canadien – Perspectives de l’industrie canadienne des sports d’hiver», janvier 2009.
– Clark, Jayne. «It’s Time to Learn a Snow Sport», USA Today, [www.usatoday.com/travel/destinations/ski/2009-01-08-winter-trails-day_N.htm], 12 janvier 2009.
– CROP. «Pratique des sports de glisse au Québec», 2008.
– Cummings, Karen. «Skiing with Grandkids», Tripso, [www.tripso.com/traveler/skiing-with-grandkids/]
– Finnell, Janice. «Success Stories», NSAA Journal, octobre-novembre 2008.
– Lang Research Inc. «TAMS 2006: Canadian Activity Profile: Downhill Skiing & Snowboarding While on Trips», 26 octobre 2007.
– Menconi, Arn. «Youth Participation Key to Future Industry Growth», NSAA Journal, octobre-novembre 2008.
– Print Measurement Bureau, 2008
– Roessing Walter. «Boomers on Groomers», NSAA Journal, octobre-novembre 2008.
– Won, Doyeon, Hyejin Bang et David J. Shonk. «Relative Importance of Factors in Choosing a Regional Ski Destination: Influence of Consumption Situation and Recreation Specialization», Journal of Sport & Tourism, vol. 13, no 4, novembre 2008.

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Produits et activités

L’avenir de la motoneige touristique passe-t-il par le marché américain?

Comme destination touristique de motoneige, le Québec jouit d’une bonne réputation à l’échelle mondiale. Il s’agit toutefois d’un secteur à maturité victime notamment des hausses du coût du carburant et de fortes pressions sur le plan environnemental. Des résultats touristiques mitigés génèrent inévitablement des questionnements. A-t-on fait le plein des touristes motoneigistes ou passe-t-on à côté de marchés porteurs peu exploités? Le développement de nouveaux marchés éloignés aux États-Unis pourrait-il s’avérer intéressant pour les voyagistes et le créneau de la location? Serait-il possible de donner un nouveau souffle à l’industrie de la motoneige au Québec?

Recrudescence de la demande québécoise

Les années 2000 coïncident avec le déclin de la demande, particulièrement du côté de la clientèle américaine des motoneigistes qui est en chute libre. Un regard historique sur les droits d’accès vendus nous apporte un éclairage sur l’état de la situation en ce qui concerne plus précisément le marché des propriétaires de motoneige (graphique 1).

Depuis 2000-2001, le nombre de droits vendus n’a cessé de diminuer, sauf la dernière saison qui a connu une croissance spectaculaire de 27% par rapport à 2006-2007 (+35% auprès de la clientèle québécoise). L’hiver précoce de 2007 a certes été un important déclencheur d’intérêt.

En 2007-2008, les Québécois ont acheté 88% des droits d’accès.

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La demande ne se limite pas qu’aux propriétaires, puisqu’un nombre important de touristes pratiquent cette activité avec une motoneige empruntée ou de location. Selon le Print Mesurement Bureau (PMB) 2008, 346 000 Québécois de 12 ans et plus ont pratiqué la motoneige au moins une fois au cours des 12 derniers mois.

Selon la même enquête, l’ensemble du marché canadien atteint 1,16 million de motoneigistes. De ce nombre, quelque 394 000 Canadiens (122 000 Québécois) ont déclaré avoir pratiqué la motoneige à l’occasion de voyages de vacances au Canada.

Voici plus précisément d’où proviennent les 12 765 motoneigistes des marchés extérieurs qui ont acheté un droit d’accès au Québec lors de la saison 2007-2008 (graphique 2).

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L’énigme américaine

Du côté de la clientèle américaine, la situation est beaucoup moins reluisante. Au cours de la saison 2000-2001, plus de 17 000 d’entre eux ont acheté un droit d’accès au Québec. En 2007-2008, ils étaient à peine 6000, soit une chute de 65%. Pourtant, l’étude de Travel Activities & Motivation Survey (TAMS) de 2007 révèle que plus de 3,8 millions d’Américains ont pratiqué la motoneige durant un voyage d’une nuit et plus au cours des deux dernières années. Pour environ la moitié d’entre eux, la motoneige constituait la principale motivation du voyage. Force est de constater que le marché actuel du Québec représente une infime partie de l’ensemble du potentiel américain.

Il faut savoir que parmi les motoneigistes américains, plus de 380 000 ont aussi réalisé un voyage au Québec au cours des deux dernières années. Toutefois, seulement 37 % de cette clientèle potentielle est issue des marchés traditionnels du Québec, soit la Nouvelle-Angleterre et l’Atlantique Centre (New Jersey, New York, Pennsylvanie). Or, ces marchés représentent pourtant 95% de la clientèle actuelle des motoneigistes qui achètent des droits d’accès.

L’adepte américain

L’étude de TAMS de 2007 nous donne d’intéressantes précisions sur le portrait type de l’adepte de la motoneige et du quad:

  • un homme âgé de 18 à 44 ans vivant en couple ou en famille;
  • affiche un niveau de scolarité inférieur à la moyenne;
  • dispose d’un revenu de ménage supérieur;
  • plus actif pour les activités extérieures (ex.: chasse et pêche, équitation, sports extrêmes) et culturelles (ex.: concerts, spectacles et festivals d’humour, casinos, événements sportif, équestre ou western) que le voyageur d’agrément moyen;
  • plus porté à camper dans les parcs nationaux ou dans des lieux isolés;
  • plus susceptible d’avoir effectué un voyage au Canada que le voyageur américain d’agrément moyen;
  • visite l’Ontario 2,5 fois plus souvent que le Québec et considère la Colombie-Britannique comme la province la plus attrayante du Canada;
  • utilise Internet autant, sinon plus, que les autres voyageurs d’agrément.

De nouvelles opportunités

Beaucoup de motoneigistes américains ne sont probablement pas propriétaires d’une motoneige, puisque environ 50% des adeptes proviennent d’États situés au sud du pays.

De plus, la majorité de ceux qui ont pratiqué la motoneige l’a fait lors d’une randonnée journalière à l’occasion d’un séjour touristique multiactivités. Par exemple, près de 525 000 motoneigistes qui habitent la région du Pacifique (majoritairement représentée par la Californie) ont réalisé une excursion de motoneige à l’intérieur de la même journée tandis que seulement 160 000 l’ont fait pendant un périple incluant plusieurs nuitées à l’extérieur de la ville.

Traditionnellement, l’offre touristique de motoneige présentée aux Américains s’est toujours concentrée sur le marché limitrophe, ciblant principalement les propriétaires. Le temps est-il venu de modifier quelque peu la stratégie? Devrait-on réviser notre offre de manière à proposer plus de forfaits multiactivités et à mieux satisfaire les aspirations de l’ensemble de la clientèle américaine, incluant celle des États éloignés? De tels forfaits, mis en marché par plusieurs voyagistes, séduisent depuis longtemps la clientèle européenne.

Concluons qu’il existe un potentiel bien réel d’attirer les Américains, mais qu’il subsiste un défi à relever en ce qui concerne leur perception du Québec.

Avec la collaboration de Olivier Payette

Lire aussi:

Capsule – Le développement durable et la motoneige: un défi à relever
La motoneige au Québec: un leader mondial en questionnement
La motoneige en harmonie: deux exemples de réussite
Winter Use Plans, Final Environmental Impact Statement

Sources:
– Chaire de tourisme Transat de l’ESG-UQAM. «Tourisme hivernal – Motoneige», Diagnostic final préliminaire, 21 mars 2003.
– Ontario Ministry of Tourism & Recreation. «U.S. Travel Market; Snowmobiling and ATVing while on trips of one or more nights», Travel Activities & Motivation Survey, avril 2007.
– Ontario Ministry of Tourism & Recreation. «U.S. Travel Market; U.S. Travelers to Quebec», Travel Activities & Motivation Survey, janvier 2008.
– Print Mesurement Bureau, 2008.
– Robbins, Jim. «Judge Rejects Plan for More Snowmobiles at National Parks», The New York Times, 16 septembre 2008.

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Enjeux Produits et activités

Le développement durable et la motoneige: un défi à relever

En dépit des importantes retombées économiques qu’elle génère, l’industrie de la motoneige continue de susciter des débats en ce qui a trait au développement durable. La contemplation des paysages et le contact avec la nature figurent parmi les principales motivations qui incitent les gens à faire de la motoneige. Cet attrait de la nature sauvage amène donc les motoneigistes à pratiquer leur sport dans des lieux de prédilection tels que les parcs.  Doit-on trouver un compromis afin de permettre une circulation partielle des motoneiges sachant qu’elles constituent une source de pollution et qu’elles sont susceptibles de déranger la faune?

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Au Québec, on a pris la décision de respecter les intérêts environnementaux concernant la présence des motoneiges dans ces zones de préservation. Le gouvernement prévoit se conformer à un règlement de l’an 2000 qui interdit les véhicules hors route dans les parcs provinciaux, au plus tard en 2009.

Aux États-Unis, l’approche des autorités à cet égard diffère quelque peu. Le National Park Service a déposé en 2007 un imposant rapport (Winter Use Plans, Final Environmental Impact Statement) qui dresse un portrait de la situation quant à l’impact de la circulation des véhicules sur la neige, notamment dans les parcs de Yellowstone et de Grand Teton, très prisés des motoneigistes. La position américaine préconise un contrôle de l’accès plutôt qu’une interdiction complète. Le rapport fait état d’impacts mineurs sur la faune, la qualité de l’air et la pollution sonore.

La Cour américaine intervient

Les lobbys environnementaux n’ont toutefois jamais cessé de mettre la pression sur le gouvernement, et récemment un juge fédéral leur a donné raison. Le 15 septembre dernier, la Cour fédérale américaine a renversé la décision de l’administration Bush en statuant que l’autorisation d’accès à plus de 500 motoneiges par jour dans les parcs de Grand Teton et Yellowstone contrevenait à la responsabilité première du National Park Service de protéger les parcs. Le juge a intimé le service des parcs de proposer un nouveau plan.

À l’hiver 2008, ce sont 720 motoneiges BAT (Best available technology) qui ont quotidiennement été autorisées dans ces parcs. Tous ces véhicules sont accompagnés par des guides professionnels, et les périodes de fréquentation sont limitées.

Cette décision aux États-Unis constitue une balise importante en ce qui concerne les politiques de gestion des accès des véhicules hors route aux zones naturelles. La cohabitation entre la motoneige et l’environnement n’a pas fini de faire jaser. La Fédération des clubs de motoneigistes du Québec a d’ailleurs emboîté le pas vers une démarche verte en déposant le 19 septembre dernier son plan quinquennal pour l’environnement.

Le durcissement des politiques gouvernementales dans un souci de favoriser le développement durable pourrait s’avérer porteur de nouvelles solutions technologiques. Il faudra notamment surveiller l’apparition de motoneiges électriques, comme le modèle Symetron de Racer Technologies, qui pourraient un jour ou l’autre révolutionner cette industrie.

Avec la collaboration de Olivier Payette

Lire aussi:

L’avenir de la motoneige touristique passe-t-il par le marché américain?
La motoneige au Québec: un leader mondial en questionnement
La motoneige en harmonie: deux exemples de réussite
Winter Use Plans, Final Environmental Impact Statement

Sources :

– Fédération des clubs de motoneigistes du Québec. «Plan d’action quinquennal de la FCMQ pour l’environnement», 19 septembre 2008.
– National Park Service, U.S. Departement of interior. «Final winter use rule for Yellowstone and Grand Teton», published in Federal Register, décembre 2007.

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Ailleurs dans le monde Hébergement

Dormir à la belle étoile… dans un igloo vitré!

Observer les aurores boréales sous la couette d’un lit des plus douillets, à une température ambiante tout à fait confortable… Les igloos vitrés du Igloo Village Kakslautanen, en Laponie finlandaise, rendent possible une telle expérience. Leur structure de verre à isolation thermique permet de chauffer l’intérieur et de conserver des vitres bien claires – pas de buée ni de frimas – afin de profiter confortablement des belles soirées d’hiver. Vues de l’intérieur, les tempêtes de neige sont apparemment spectaculaires!

Ce village, situé à proximité de l’hôtel du même nom, est composé également d’igloos traditionnels en neige. Il regroupe aussi plusieurs infrastructures faites de glace telles qu’une galerie, un bar, une chapelle – on y célèbre beaucoup de mariages – ainsi qu’un restaurant de 150 places. Sports de plein air et spa nordique au programme.

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Source:
http://www.kakslauttanen.fi/

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Ailleurs dans le monde Marketing Produits et activités

Liftopia, un modèle à cogiter!

De nombreux sites Web facilitent depuis plusieurs années la recherche de billets d’avion et de forfaits de voyage. Ce mode de distribution est avantageux non seulement pour le client, mais également pour le fournisseur, qui écoule ainsi son inventaire. Mais pourquoi ne pas l’appliquer à d’autres secteurs? Le ski, par exemple?

Liftopia.com est conçu pour les amateurs de ski et permet aux stations de montagne de vendre des billets au rabais. Le client y inscrit des dates et une région et il choisit ensuite dans la liste des promotions offertes. Notons qu’il est plus facile pour les stations de réduire leur tarif dans le cas de billets vendus à l’avance et que ceux-ci ne sont pas remboursables.

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Du côté des voyageurs, les promotions influenceront le choix d’une station lors d’un séjour de ski dans une région donnée. Pour faciliter leur recherche, ils peuvent obtenir les résultats à partir de quelques grandes villes sélectionnées. Des liens directs existent vers la météo de la station choisie ainsi que vers la carte des pistes. Outre les voyageurs qui planifient leur séjour à l’avance, le site est également susceptible d’intéresser ceux qui cherchent un projet de dernière minute et qui disposent d’un «petit budget». Le site regroupe actuellement de nombreuses stations de ski américaines ainsi que plusieurs de l’Ouest canadien.

Par ailleurs, le site www.billetdeski.com propose des billets de ski au rabais pour douze stations du Québec ainsi que pour Jay Peak, au Vermont. Mentionnons que Tremblant, le Mont-Sainte-Anne et Le Massif sont absents de ce site.

Le modèle de Liftopia est particulièrement intéressant parce qu’il est applicable à d’autres marchés (auberges, restaurants, croisières-excursion, golf, spa, etc.), pas nécessairement dans son intégralité puisque chaque secteur a ses spécificités. Mais il n’est pas utopique de rassembler un groupe d’entreprises qui offrent un produit comparable et de créer une interface Web simple et conviviale! Voyez-vous les opportunités…?

Sources:
– McMahon, Bill. «Ski Lift Tickets at a Discount», Springwise, 17 janvier 2008.
www.liftopia.com
www.billetdeski.com

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Enjeux Tourisme durable

Changements climatiques: les saisons touristiques se modifient, bon gré mal gré (Compte rendu de conférence)

Les Assises de l’industrie touristique québécoise 2007 ont réuni deux experts et deux dirigeants d’entreprise touristique québécoise afin de discuter des changements climatiques, de leurs impacts, des adaptations possibles ainsi que de la situation ailleurs dans le monde.

Mettre la table!

Rappelant le dernier hiver marqué par une absence de neige au cours de la période des Fêtes, une semaine de relâche extrêmement froide, une apparence de printemps à la fin mars suivie d’une tempête de neige en avril et d’une température supérieure à 20 degrés à peine 10 jours plus tard, Michel Archambault, titulaire de la Chaire de tourisme Transat et animateur de l’atelier, souligne que les effets des changements climatiques semblent déjà se faire sentir au Québec.

Il est donc légitime de se demander si le produit touristique hivernal québécois pourra encore reposer sur le froid et la neige. Par ailleurs, d’un point de vue estival, le réchauffement peut sembler une nouvelle agréable et une promesse d’un allongement de la saison touristique. Toutefois, cette réalité a aussi certains aspects plus sombres: canicule, smog, augmentation des précipitations, etc.

M. Archambault soulève également la question suivante: un climat plus incertain affectera-t-il les habitudes de planification, de réservation et de consommation des touristes? Il rappelle que de 2002 à 2005 le nombre de Québécois qui ont voyagé vers la région de la Caraïbe au 3e trimestre (juillet-août-septembre) est passé de 10 000 à 60 000. Le tourisme québécois doit-il d’ores et déjà se demander comment il attirera une clientèle à qui il ne pourra plus promettre le soleil en été ou la neige en hiver?

Vulnérabilité de l’industrie du tourisme face aux changements climatiques: le contexte québécois

Tout en rappelant que le tourisme contribue indéniablement à l’augmentation des gaz à effet de serre (GES), principalement le secteur du transport qui est responsable de 90% des GES émis par les entreprises touristiques, Bhawan Singh, climatologue et professeur titulaire à l’Université de Montréal, énonce que l’industrie touristique est affectée de trois façons par les changements climatiques:

  1. Les effets directs des changements climatiques: plus grande variabilité météorologique, changements au niveau des précipitations (neige), etc.
  2. Les effets indirects liés aux changements de la nature: transformation de la faune et de la flore, modification des paysages côtiers, hausse du niveau de la mer, difficulté d’approvisionnement en eau, etc.
  3. Les effets tertiaires découlant de politiques de contrôle des GES: possible instauration de mesures restrictives telles qu’une surtaxe sur le carburant ou des limitations sur l’utilisation de l’eau.

Pour le Québec, si la tendance actuelle se maintient, les prévisions laissent entrevoir, d’ici 2080, une croissance de la température de 6 degrés et une hausse des précipitations de plus de 25%. Un tel scénario entraînerait nécessairement une mutation de la réalité touristique du Québec.

Afin d’illustrer l’impact de tels changements sur le tourisme québécois, M. Singh rappelle qu’une récente étude du consortium Ouranos révélait que, malgré les progrès technologiques permettant la production de neige artificielle à une température de -2 degrés Celsius (comparé à 5 actuellement), la saison de ski au Québec sera significativement affectée, surtout dans les Cantons de l’Est.

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 Par ailleurs, cette même étude révélait que la haute saison de golf s’allongerait d’environ 3 semaines au Québec.

Toutefois, selon M. Singh, l’impact le plus immédiat des changements climatiques demeure l’accroissement des précipitations et la plus grande variabilité de la météo.

Le réchauffement climatique et ses effets sur l’industrie du ski

Charles Désourdy, président de SkiBromont.com, rappelle que la variabilité et les caprices de la météo sont déjà le lot des stations de ski québécoises et ce, depuis de nombreuses années. À titre d’exemple, il rappelle la terrible saison 1979-1980, alors que la station n’avait ouvert ses portes que le 22 février, pour seulement 22 jours, et avait accueilli uniquement 22 000 clients (contre 600 000 lors de la saison 2006-2007).

Face à cette variabilité et à la courte durée de la saison, la production de neige artificielle est désormais une stratégie incontournable pour assurer le succès et la rentabilité d’une station de ski. Le principal défi est d’assurer une capacité massive de production afin de permettre le début rapide des activités (au plus tard le 26 décembre) et un recouvrement suffisamment épais pour absorber les pluies qui surviennent pendant les périodes de redoux. M. Désourdy souligne que la capacité d’enneigement de Bromont permettrait d’offrir du ski jusqu’au début du mois de juillet, mais que, dès avril, les clients perdent tout intérêt (à Bromont, la fréquentation après le 1er avril ne représente que 1,5% de l’achalandage annuel).

Il reconnaît que l’incertitude liée au climat entraîne aussi des changements dans les comportements des amateurs. Il mentionne par exemple les difficultés vécues sur le plan de l’hébergement de courte durée, la nécessité de revoir la tarification des abonnements annuels en fonction de l’évolution des habitudes des consommateurs ainsi qu’un certain engouement pour les voyages de ski dans l’ouest canadien et américain.

Les investissements nécessaires pour la production de neige étant très significatifs, M. Désourdy estime que plusieurs stations fermeront leurs portes au cours des prochaines années. Le Québec a déjà compté 125 stations, il y en a actuellement 83 actives et il estime qu’il y en aura 50 d’ici dix ans.

Par ailleurs, malgré un certain réchauffement climatique, la saison estivale ne représente pas une réelle opportunité pour les exploitants de stations de ski. Pour le parc aquatique SkiBromont, l’accroissement d’un degré a peu d’incidence sur l’achalandage, d’autant plus que, contrairement au skieur, l’amateur de ce genre de parc ne fait habituellement qu’une seule visite par saison.

Impacts des changements climatiques sur les opérations des croisières-excursions

Yan Hamel, président-directeur général de Croisières AML, souligne que la variabilité du climat représente un important enjeu pour un opérateur de croisières-excursions. Cette variabilité, jumelée à la médiatisation des prévisions météorologiques et à l’accès accru à l’information météo, contribue à l’accroissement des réservations et des annulations de dernière minute, particulièrement pour la clientèle individuelle qui génère un segment très important du chiffre d’affaires.

Afin de minimiser les effets du climat sur les opérations, AML a déployé trois stratégies:

  1. Améliorer les navires afin de proposer une expérience de qualité en garantissant le confort des clients malgré la pluie, le froid ou la chaleur.
  2. Diversifier la clientèle. AML devait diminuer sa dépendance envers la clientèle individuelle en augmentant la clientèle provenant des marchés corporatifs, des voyagistes et des autres groupes.
  3. Assouplir la mise en marché. La météo étant une variable incontournable de la décision de la clientèle individuelle, procéder à des ajustements hebdomadaires de ses actions marketing en fonction des prévisions de la météo, des objectifs et des réservations reçues.

M. Hamel souligne aussi que le réchauffement climatique favorise l’allongement de la saison qui peut désormais débuter plus tôt (dès avril) et se terminer plus tard (jusqu’en octobre). Il souligne toutefois que des problématiques en matière de ressources humaines ne permettent pas d’en profiter pleinement. Le calendrier scolaire prive les entreprises d’étudiants de niveau collégial dès la troisième semaine du mois d’août (désormais le mois le plus achalandé de l’été) alors que le chômage devient un concurrent indirect en assurant des prestations suffisamment alléchantes, ce qui décourage certains employés saisonniers d’amorcer la saison d’exploitation à temps partiel dès le mois d’avril.

Il termine en précisant que le réchauffement climatique permet le développement d’offres que l’on n’aurait jamais cru possibles! En décembre dernier, pour la première fois de son histoire, AML a organisé des soirées corporatives de Noël sur un de ses navires!

Changements climatiques et tourisme: situation actuelle en Europe

Pour conclure, Walter De Schepper, de la firme Neybergh Consulting, a présenté un survol de la situation européenne. Il a souligné que, sur le Vieux-Continent, le réchauffement climatique représente un enjeu qui va au-delà de l’absence de neige. Pour de nombreuses destinations, la hausse des températures est annonciatrice de canicules sévères, de pénuries d’eau et d’une hausse du niveau des océans qui mettront en danger de nombreuses régions côtières. Il cite en exemple les îles Canaries, la Crête (Grèce) et la Côte d’Amalfi et la Toscane en Italie.

L’accroissement des vagues de chaleur dans les pays du sud de l’Europe risque d’entraîner une modification notable des habitudes de vacances et des flux de voyage. En été, les destinations plus nordiques devraient connaître un regain d’intérêt alors que les destinations soleil traditionnelles qui seront délaissées pendant la période chaude deviendront des destinations de printemps et d’automne.

Curieusement, la politique de l’Union européenne (UE) sur les changements climatiques ne comporte aucune mesure spécifique relativement au lien entre ces changements et le tourisme et ce, même si le transport et la protection des zones côtières font partie des principales préoccupations. Toutefois, le secteur aérien est actuellement identifié comme cible dans le contexte de l’élargissement des mesures de contrôle des émissions de GES. Les émissions de l’industrie internationale de l’aviation ont augmenté de 70% de 1990 à 2002 tandis qu’au cours de la même période les émissions totales de l’UE baissaient de 3%.

À l’heure où la planète n’a jamais été aussi accessible, autant physiquement que financièrement (low-cost), et à l’heure où les voyageurs rêvent de tous les exotismes, M. De Schepper indique que le tourisme fait face à un paradoxe important. Pour assurer sa survie globale, l’industrie touristique devra envisager de s’impliquer pour faire changer cette nouvelle culture du voyage. Est-il utopique de croire que les prestataires du tourisme souhaiteront éventuellement que les gens voyagent mieux ou moins? Probablement!

Mais il y a fort à parier que, tôt ou tard, les destinations ou peut-être les touristes eux-mêmes modifieront leurs comportements devant l’ampleur du défi environnemental.

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Les glissades sur tube ont la cote

Les sports de glisse ne se limitent plus au ski alpin et à la planche à neige. Les glissades sur tube gagnent de nombreux adeptes et quantité de stations de ski et d’autres parcs spécialisés ont investi massivement au cours des dernières années afin de se doter d’installations qui permettent la pratique de la glissade sur tube. Déjà offerte par la moitié des domaines skiables américains, cette activité, qui génère déjà en moyenne quelque 22 000 visites annuellement par station, est en voie de devenir un produit vedette.

Une activité universelle

L’une des raisons expliquant l’intérêt pour la glissade sur tube est son accessibilité à tous. Les gens qui n’affichent pas une bonne forme physique peuvent utiliser un remonte-pente ou un tapis roulant pour la remontée et de s’asseoir sur une chambre à air pour glisser. Même les personnes à capacité physique très restreinte (ex.: paraplégiques) peuvent s’y adonner. Selon un sondage américain réalisé par Kottke, l’âge de la clientèle se répartit comme suit:

  • 31% d’enfants de 12 ans et moins,
  • 35% de jeunes de 13 à 17 ans,
  • 34% d’adultes.

D’un simple couloir pour la descente sur chambre à air à de larges bandes de plus de huit mètres de largeur qui permettent de faire descendre simultanément une vingtaine de tubes, la conception des installations se diversifie. Les bateaux pneumatiques de type rafting s’ajoutent aux produits disponibles. La longueur et l’inclinaison varient aussi beaucoup, certaines pistes permettant d’atteindre des vitesses de plus de 60 km/h.

De l’argent neuf pour les stations de ski

Il y a 15 ans, l’attrait pour la planche à neige a donné un second souffle à l’industrie du ski et a permis de renouveler significativement le bassin de clientèles. La même histoire est en train de se répéter avec la popularité grandissante des glissades sur tube.

Pour plusieurs centres de ski, l’ajout d’équipements de glissade sur tube a diversifié les sources de revenus et ajouté à la rentabilité de l’entreprise. Beaucoup plus que de modestes collines, les pentes dédiées à ces glissades sont aménagées, à l’image des autres sports de glisse, sur de nouveaux flancs de montagnes à forte inclinaison. Les corridors de glisse peuvent atteindre plus de 400 mètres de long.

Dans bien des cas, la portion de la montagne où l’on trouve les glissades est dotée de son propre chalet, d’une entrée et d’un stationnement indépendants. L’équipement de fabrication de la neige est souvent la seule infrastructure partagée.

Cela permet aux stations de ski qui prennent la décision d’investir dans ce type d’installations d’offrir à leur clientèle un excellent complément. Les skieurs et les planchistes emmènent souvent des adeptes de la glissade avec eux. Sans compter que plusieurs skieurs désirent pratiquer les deux activités. Les sessions de glisse se vendent habituellement par bloc de 60 minutes ou de 120 minutes.

L’autre avantage pour les centres de ski vient du fait que la clientèle des tubes n’a souvent pas l’intention de skier. Sauf que la vision d’une montagne bien enneigée peut devenir un stimulant pour revenir pratiquer d’autres activités de glisse. La clientèle de la glissade constitue donc un terreau fertile de futurs skieurs.

La fièvre américaine

Les dirigeants de plusieurs stations de ski aux États-Unis sont enthousiasmés de l’engouement généré par l’introduction d’équipements dédiés à la glissade sur tube, d’autant plus que ces investissements se traduisent dans la majorité des cas par une rentabilité bien sentie sur le plan de l’exploitation.

Environ la moitié des stations de ski américaines offrent désormais la glissade sur tube. Celle-ci est d’ailleurs considérée comme l’une des activités hivernales qui affichent la plus forte croissance aux États-Unis. Dans un contexte où la neige se fait de plus en plus rare dans la cour arrière des résidences, de tels parcs enneigés continueront d’avoir la cote.


Prenons par exemple le cas du Massanutten Resort, un centre de villégiature quatre-saisons situé dans l’État de la Virginie. En 1998, l’entreprise a ajouté à ses installations un parc à tubes comprenant cinq corridors de glisse de 300 mètres de long. Devant l’immense popularité de l’activité, neuf autres tracés ont été aménagés et un tapis roulant a aussi été ajouté. En dépit d’une plus grande capacité d’accueil, l’établissement enregistre annuellement de 35 à 40 jours d’exploitation à pleine capacité, et le parc à tubes, plus de 65 000 visites annuellement, soit le tiers de l’achalandage généré par la montagne en hiver.

Du côté de la station Perfect North Slopes, située en banlieue de Cincinnati, le succès de l’inauguration des glissades sur tube s’est fait sentir dès la première année de service (2001) avec 35 000 visites. Grâce à de nouveaux investissements qui ont fait passer le nombre de pistes à 25, les dirigeants s’attendent à recevoir cette année plus de 100 000 visites.

Quelques chiffres aux États-Unis

La répartition des parcs à tubes est très inégale chez nos voisins du Sud. Présents marginalement dans certains resorts, ils occupent une place prépondérante de l’activité hivernale dans d’autres. L’étude de la National Ski Areas Association présente un portrait de l’évolution de l’achalandage moyen dans les parcs à tubes des stations de ski (graphique 1). C’est dans le Sud-Est que les stations affichent en moyenne le plus grand nombre de visites pour les glissades sur tube annuellement, soit 35 000. Les régions du Centre (Midwest) et des Rocheuses sont celles qui ont connu des hausses au cours des dernières années. Évidemment, cela n’indique pas la progression du nombre total de visites puisque nous ne connaissons pas l’évolution de l’ensemble de l’offre.


C’est dans la région du Centre que l’apport de la glissade sur tube est la plus importante, comparativement au ski, alors qu’elle a compté pour un ratio de 25% par rapport au total des jours/ski de la saison 2005-2006. Dans l’ensemble du pays, la proportion de cette contribution se chiffre à 6,2%.

Encore loin du potentiel?

Au Québec, les données contenues dans l’Étude économique et financière des stations de ski du Québec indiquent que le potentiel de la glissade sur tube semble loin d’être atteint. Une trentaine de stations offrent actuellement la glissade sur tube, soit des revenus totaux de plus d’un million de dollars. L’apport de cette activité demeure ainsi encore très marginal pour l’industrie du ski au Québec, représentant moins de 1% des revenus de l’ensemble des stations de ski.

À première vue, si l’on compare ces données avec celles des États-Unis où le nombre de visites de glissade compte pour plus de 6% du total national des jours-ski, cela permet d’envisager un potentiel de croissance. Il s’avère toutefois difficile de quantifier l’achalandage global à l’échelle du Québec, puisque plusieurs régions se sont dotées d’installations qui ne figurent pas parmi les opérations d’un centre de ski.

On peut toutefois supposer que la part du lion revient très certainement aux parcs spécialisés dans la glissade. Une importante partie de l’achalandage est généré par trois joueurs majeurs qui ont beaucoup investi dans ce créneau de marché: le Village Vacances Valcartier, la Pente des Pays d’en Haut et les Super Glissades de Saint-Jean-de-Matha.

Voir aussi

Massanutten
Perfect North Slopes
Valcartier
Glissade
Glissade St-Jean-de-Matha

Sources:
– ASSQ, Michel Archambault, Kate Germain et Jean Morin. Étude économique et financière des stations de ski du Québec – Saison 2005-2006, novembre 2006.
– Lomax, Becky. Tubin’ USA, NSAA Journal, février-mars 2007.
– RRC Associates. Kottke National End of Season Survey 2005/06, National Ski Areas Association, mai 2006.
– Wolleson, Nate. Snow Trails to Add New Tubing Park, Snow Trails [www.snowtrails.com], août 2006

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Enjeux Marketing Tourisme durable

Si le climat vous intéresse!

Un peu comme un échantillon que l’on reçoit par la poste, le Québec a eu l’occasion d’expérimenter le produit très médiatisé «facteurs climatiques». Comble de malchance, l’essai s’est effectué durant la période des Fêtes, moment faste pour la pratique des sports d’hiver. Pas de panique à bord, ce n’est qu’un échantillon! Les experts le confirment: les conditions météo qui ont prévalu jusqu’au début de janvier ne sont pas la nouvelle norme, mais plutôt un avant-goût de ce qui nous attend dans quelques décennies. Même si la neige s’est enfin décidée à tomber, cette expérience nous force à réfléchir sérieusement.

Action – réaction!

Pour garder l’intérêt des skieurs au moment où la neige se faisait rare, la station de ski américaine Jay Peak a lancé une offensive promotionnelle invitant les adeptes à consulter le site Jay2pour1.com. Les prochains centimètres de neige tombés détermineront le rabais auquel les skieurs inscrits auront droit sur les remontées mécaniques, l’hébergement, le Passeport Jay Peak, etc.

Tourisme Outaouais a modifié sa campagne publicitaire «Et si on partait en Outaouais» en y ajoutant «Avec ou sans neige».

Certitudes et incertitudes

Il faut tout de même habiter une autre planète pour ne pas être au courant du branle-bas autour des changements climatiques et de leurs conséquences. Oui, mais… on en parlait pour dans 30, 40 ou 50 ans!

Une certitude: l’ordre mondial climatique est bouleversé. Une autre certitude: les météorologues soulignent que les conditions connues jusqu’au début de janvier ne seront pas la norme à court terme et qu’il y aura encore des hivers au Québec.

Le bouleversement du climat entraînera principalement l’augmentation des températures, la hausse du niveau des océans et la fréquence accrue des dérèglements climatiques (inondation, sécheresse, ouragan, pluie diluvienne, canicule, etc.).

Après le terrorisme, un autre impondérable avec lequel il faudra composer maintenant: le climat. Mais il est encore difficile de prévoir où, quand et comment il frappera, de même que l’ampleur de ses effets. Pour l’instant, le ski et le golf ne font pas encore bon ménage en décembre.

Le ski et le golf au Québec sous la loupe des chercheurs

Au Québec, le consortium Ouranos a pour mission de surveiller les changements climatiques et leurs impacts afin d’informer et de conseiller les décideurs sur l’évolution du climat et d’élaborer des stratégies d’adaptation locales et régionales. Ce groupe a déjà réalisé une imposante étude pour l’industrie touristique: «Impacts et adaptations aux changements climatiques pour les activités de ski et de golf et l’industrie touristique: le cas du Québec».

Des hivers plus doux et des saisons de ski plus courtes s’annoncent. On souligne, entre autres, l’enjeu crucial que constitue la capacité d’investir dans la fabrication de la neige pour les stations de ski au cours des prochaines années. Effet contraire pour le golf, alors que les saisons s’allongeront. Toutefois, des journées très chaudes et une hausse des précipitations perturberont la pratique.

Le tourisme, à la fois coupable et victime

Même si l’industrie touristique subit les frasques de la météo, il faut aussi souligner qu’elle est pointée du doigt dans les dérèglements de dame Nature, le transport étant le principal secteur au banc des accusés. (Lire aussi: Vers un bilan «carbone neutre» – Le voyage prend le virage écologique.)

Si le virage du développement durable n’est pas amorcé par l’industrie touristique, les facteurs climatiques pourraient l’imposer et peut-être de façon peu élégante. Des actions à court, moyen et long terme s’imposent.

1- Comprendre le phénomène et enrayer les facteurs qui perturbent le climat

À l’échelle mondiale, l’Organisation mondiale du tourisme tape sur ce clou depuis quelques années. De sa première «Conférence internationale sur le changement climatique et le tourisme» en Tunisie en avril 2003 est issue La Déclaration de Djerba sur le tourisme et le changement climatique. Cette déclaration devrait constituer les premières pistes d’actions (adhésion au Protocole de Kyoto, études des effets réciproques du tourisme et du changement climatique, application de mesures d’adaptation et d’atténuation pour contrecarrer les effets négatifs, etc.).

Bien qu’il soit difficile de renverser la vapeur, adopter un comportement responsable devient le mot d’ordre pour, à tout le moins, ne pas aggraver la situation.

  • Utiliser des moyens de transport moins polluants et énergivores.
  • Évaluer les retombées de toutes nouvelles infrastructures sur l’environnement.
  • Sensibiliser les touristes à adopter un comportement responsable.
  • Promouvoir les entreprises qui agissent de façon responsable.
  • Encourager le développement de produits respectant les prémisses du développement durable.

2- Saisir les impacts sur l’industrie touristique

Même si les études qui traitent des impacts du climat sur le tourisme ne sont pas légion, certaines perturbations sont à prévoir.

  • Transformation radicale de la nature selon les endroits (absence de neige, érosion des berges, assèchement de plans d’eau, détérioration de la végétation, etc.).
  • Perturbation des activités extérieures.
  • Modification du rythme saisonnier des voyages – les grandes chaleurs estivales déplaceront l’exercice de certaines activités vers le printemps et l’automne (visite de centres urbains, golf, etc.).
  • Changement des flux touristiques – le jeu de la concurrence entre les destinations sera modifié et le déplacement de la demande s’effectuera du Sud vers le Nord. Les chaleurs estivales pourraient faire fuir les touristes des grands centres urbains situés plus au sud. Le temps doux hivernal, compromettant les conditions d’enneigement pour certaines stations de ski, pourrait donner un nouvel essor à d’autres stations bénéficiant de meilleures conditions et ce, malgré une saison hivernale écourtée. En hiver, les destinations du Sud pourraient présenter moins d’attrait en raison des risques de maladies tropicales accrus, de la chaleur accablante, de l’érosion des rives et de la pression sur les ressources naturelles et les écosystèmes.

3- Envisager des mesures alternatives et des activités de remplacement

Si un horizon de vingt ou trente ans peut paraître loin, envisager des solutions de rechange impliquera sûrement des changements majeurs et des investissements financiers importants. Dans cette optique, c’est maintenant qu’il faut y réfléchir.

  • Opter pour des activités de remplacement – ex. quad (véhicule tout-terrain) en remplacement de la motoneige.
  • Diversifier les activités – ex. vélo de montagne quand les conditions ne se prêtent pas au ski alpin.
  • Construire des installations artificielles – ex. patinoire intérieure; domaine skiable intérieur (skidôme).
  • Développer de nouveaux produits – ex. mountainboarding.
  • Modifier le produit – ex. plongée d’exploration d’épaves plutôt que d’observation des coraux.
  • Se tourner vers un autre marché – ex. randonneurs plutôt que skieurs; pour une destination soleil, voyage de noces plutôt que plongeurs.
  • Adopter une nouvelle stratégie promotionnelle – ex. mettre en valeur l’offre des intersaisons (printemps et automne); créer des événements dans les saisons intermédiaires.

Ce qui pourrait aussi arriver

L’effet météo sur les touristes ne date pas d’hier. Il conditionne les déplacements et, immanquablement, un été pluvieux au Québec exerce un effet désastreux sur les retombées touristiques. Quelles conséquences dame Nature pourrait-elle avoir sur le touriste?

  • Décisions de dernière minute – elles pourraient être accentuées par ce phénomène.
  • Coûts supplémentaires – facteur polluant, le transport pourrait écoper de surtaxes et entraîner une hausse significative des coûts de déplacement.
  • Diminution des déplacements – dans le but de minimiser les impacts négatifs liés aux transports, les gens se déplaceraient moins souvent, mais peut-être pour plus longtemps. Les voyageurs d’affaires pourraient rationaliser leurs déplacements et se tourner résolument vers des solutions de rechange comme la vidéoconférence et d’autres moyens de télécommunication.

Voici, en complément d’information, certains textes qui ont été publiés par le Réseau de veille en tourisme sur le sujet :

Sources:
– Consortium Ouranos. «Impacts et adaptations aux changements climatiques pour les activités de ski et de golf et l’industrie touristique: le cas du Québec», mai 2006, [www.ouranos.ca/doc/produit_f.html].
– Journal of Sustainable Tourism. «Special Issue – Tourism and its Interactions with Climate Change», vol. 14, no 4, 2006.
– Organisation mondiale du tourisme. «Changement climatique et tourisme», Actes de la 1re Conférence internationale sur le changement climatique et le tourisme, Djerba, Tunisie, 9-11 avril 2003.
– Yeoman, Ian et Una MacMahon-Beattie. «Understanding the Impact of Climate Change on Scottish Tourism», Journal of Vacation Marketing, vol. 12, no 4, 2006, p. 371-379.