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Voyager, mais réduire les dépenses

Une récession économique pousse bien des consommateurs à réviser leur budget et à resserrer les cordons de leur bourse. Les plus touchés par la crise mettront une croix sur les voyages, mais pour un grand nombre de personnes, ils s’insèrent dans leur mode de vie. Alors que certains voyageront comme par le passé, d’autres choisiront plutôt de diminuer le budget ou la durée de leurs déplacements touristiques. Plusieurs sondages ont tâté le pouls de la population pour connaître les intentions des voyageurs à court terme. En voici un bref aperçu.

Le regroupement international BedandBreakfast.com a sondé les voyageurs à propos de leurs vacances d’été 2009.

  • Sur les quelque 3 300 répondants, 80% prévoient réaliser autant sinon plus de voyages qu’à l’été 2008.
  • La moitié d’entre eux planifient des déplacements plus près de la maison.
  • Même s’ils prévoient prendre des vacances cet été, six voyageurs sur dix organiseront leurs séjours différemment à cause de la récession, notamment en:
  1. comprimant les dépenses quotidiennes lors des voyages (51,2%);
  2. réduisant la durée de séjour (43,4%).
  • Les aubaines sur l’hébergement encouragent 76% des voyageurs à se déplacer davantage;
  • La relaxation constitue l’activité la plus souvent mentionnée en regard des prochaines vacances (65%), suivie de la visite de parents et d’amis (56%) et de la baignade à la mer (plage) ou au lac (47%).

Affaires versus agrément

La publication Research Alert dévoilait récemment les résultats d’un sondage d’Ipsos réalisé auprès des Américains concernant l’effet de la récession sur les comportements de voyage. Le graphique suivant illustre comment les touristes d’affaires et ceux d’agrément réduiront leur budget de voyage. Les repas et le divertissement représentent le secteur le plus susceptible de subir les compressions de la clientèle d’agrément (66%) alors que ce n’est pas du tout le cas de celle d’affaires (2%). Cette dernière prévoit plutôt réduire ses dépenses en optant pour des hôtels plus économiques (61%). Diminuer le nombre de nuitées en voyage, loger chez des amis ou de la famille, conduire plutôt que prendre l’avion et choisir des destinations plus près de la maison sont tous des moyens considérés par les deux clientèles, bien que dans des proportions différentes. En fait, le deuxième moyen le plus fréquemment cité par les voyageurs d’affaires en mode «réduction» est le choix sur les vols de places en classe économique plutôt qu’en classe supérieure.

capsule

Plus de Canadiens choisissent de rester au pays

Le contexte économique peu favorable ne semble pas trop dissuader les Canadiens de partir en vacances. Une enquête de Harris-Decima et La Presse canadienne, réalisée en juin 2009, dévoile entre autres que:

  • six Canadiens sur dix planifient voyager pour leurs vacances estivales;
  • parmi ces derniers, le quart (26%) prévoit demeurer à proximité de leur ville de résidence, 35% voyageront à l’intérieur de leur province et 18% comptent sortir du pays;
  • la moitié (54%) de ceux qui ont l’intention de voyager conserve le même budget de voyage que l’année précédente alors que 29% disent vouloir dépenser moins.

Enfin, la hausse fulgurante du prix de l’essence de l’été dernier aura peut-être exercé une plus grande pression sur les voyageurs qui, cette année, connaissent un petit répit à cet égard.

Sources:
–    Hospitality Trends. «Survey Shows Despite Concerns About High Gas Prices And Recession, Travelers Plan Summer Travel», [http://www.htrends.com/trends-detail-sid-39351.html], 15 juin 2009.
–    Hotelmarketing.com. «Summer travel trends according to hotels.com», [http://www.hotelmarketing.com/index.php/article/summer_travel_trends_according_to_hotelscom/], 7 juillet 2009.
–    Ipsos, «How Travelers Plan to Save Money in 2009, Business Travelers VS. Leisure Travelers», Research Alert, Vol. XXVII, No 12.
–    La Presse Canadienne. «Six Canadiens sur dix projettent de partir en vacances cet été», [http://www.cyberpresse.ca/vivre/famille/vie-de-famille/200906/28/01-879665-six-canadiens-sur-10-projettent-de-partir-en-vacances-cet-ete.php], 28 juin 2009.

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Tendances

Les «staycations» ou les vacances à la maison…

La forte hausse du coût de l’essence, le contexte économique défavorable, les irritants liés à l’organisation et à la planification d’un voyage, les longs trajets en voiture avec les enfants, voilà autant de raisons qui poussent un grand nombre d’Américains à passer leurs vacances à la maison.

Phénomène de l’été 2008: les «staycations». Explications et stratégies de destinations touristiques pour inviter les gens à sortir de leur foyer.

«Stay at home vacations» ou «staycations»

Après les «mancations», soit les vacances entre hommes, et les «mothercations», celles entre mères, voici les vacances à la maison ou à proximité: les «staycations». Cette tendance qui se dessine aux États-Unis pour l’été 2008 résulte d’un contexte particulier plus ou moins propice aux voyages:

  • flambée du prix de l’essence,
  • économie incertaine,
  • valeur à la baisse du dollar américain,
  • approche des élections,
  • aéroports bondés et mesures de sécurité contraignantes,
  • surcharges liées aux bagages,
  • nécessité d’obtenir un passeport ou un visa pour des destinations qui n’en n’exigeaient pas auparavant.

D’autant plus que la préparation d’un voyage entraîne déjà son lot de préoccupations, qui, même dans un contexte normal, peuvent engendrer un certain niveau de stress, surtout avec des enfants:

  • réserver les billets d’avion, les chambres d’hôtels, louer une voiture,
  • prévoir un itinéraire et des arrêts lors des voyages en voiture,
  • sécuriser la maison (interrompre le courrier, le journal, prévenir les voisins, etc.),
  • préparer les valises, etc.

Selon une enquête du USA Today/Gallup, les hausses record du prix de l’essence poussent plus du tiers des Américains à revoir leurs plans de voyages pour, entre autres, les écourter ou encore choisir des destinations de proximité. Toujours selon le quotidien USA Today, les Américains ayant déjà planifié leurs vacances estivales ont préféré des destinations situées dans leur État de résidence dans une plus forte proportion qu’en 2007.

Un autre sondage indique qu’un grand nombre d’Américains opteront notamment pour des «staycations». Selon Access America’s National Survey, 41% des répondants qui ont voyagé l’été dernier ont décidé de rester à la maison cette année.

Et le terme «staycations» fait du chemin. Vu la popularité de la formule, plusieurs sites Internet présentent des trucs pour réussir ses vacances à la maison! Parmi ces derniers:

  • minimiser les tâches ménagères,
  • se «déconnecter» du bureau,
  • jouer au touriste dans sa propre ville et visiter des attraits qui ont souvent été recommandés mais qu’on n’a jamais visités,
  • essayer de nouveaux restaurants,
  • jouer dehors: faire un pique-nique dans un parc, du vélo, de la randonnée, profiter des spectacles en plein air,
  • se gâter: magasiner, aller au spa.

Comment tirer son épingle du jeu

Afin de contrer cette tendance à ne pas s’éloigner, certaines destinations ont décidé d’agir:

Virginia Tourism Corporation
Les vacances dans sa propre ville ou son État font l’objet d’une promotion particulière par la Virginia Tourism Corporation. La campagne «Park the Car and Enjoy a Virginia Getaway» propose une série de forfaits qui, comme son nom l’indique, ne requièrent pas de voiture pour les déplacements. Sur le site Internet de l’organisme, on fait valoir que la Virginie regroupe villes, villages, parcs et centres de villégiature où il est possible de séjourner deux ou trois jours sans avoir besoin d’une automobile.

Phoenix Convention and Visitors Bureau
Les hôtels de la Valley of the Sun, soit la grande région métropolitaine de Phoenix en Arizona, s’adressent aux locaux et offrent des forfaits «staycations». Selon le Phoenix Convention et Visitors Bureau, il s’agit là d’une excellente façon pour les résidants de s’offrir des vacances à bon prix tout en stimulant l’économie locale. Les hôtels offrent, entre autres, des rabais aux résidants de l’Arizona pour la location de chambres, des soins dans les spas, des repas ou encore des cartes prépayées d’essence.

Et ce type d’initiative relative à l’escalade du prix du pétrole est également observable sur le continent européen. En effet, des hôteliers français offrent à leurs clients de rembourser un plein d’essence, moyennant certaines conditions.

Au Québec

Moins touchés que les Américains par le phénomène des «staycations» puisque le ralentissement économique se répercute plus faiblement de ce côté-ci de la frontière, les vacanciers québécois doivent quand même composer avec la hausse fulgurante du prix du carburant. Un sondage CAA-Québec réalisé auprès de ses membres durant le mois de mai révèle que:

  • 47% d’entre eux réduiront leurs déplacements,
  • 29% choisiront une destination vacances à une courte distance du domicile,
  • 24% demeureront dans leur région de résidence.

Aussi, seulement 16% des répondants estiment que le prix de l’essence n’aura aucun impact sur leurs projets de vacances.

Pour minimiser l’influence du prix du carburant, le centre de vacances Pohénégamook santé plein air, dans le Bas-Saint-Laurent, présente des avantages intéressants. D’abord, les villégiateurs bénéficient d’une essence moins chère, exempte de certaines taxes, par le biais des postes d’essence frontaliers. De plus, ceux qui y séjournent au moins 4 nuitées lors de semaines spécifiques de l’été auront droit à un remboursement de 3% de la valeur du séjour en crédit-essence.

La région de la Mauricie joue aussi la carte du coût de carburant. La campagne promotionnelle estivale de Tourisme Mauricie s’adressant notamment aux marchés de Montréal et de Québec met ainsi l’accent sur la proximité de la destination: (…) à 90 minutes de Montréal, 90 minutes de Québec, ça coûte beaucoup moins cher qu’un plein d’essence».

Chacun chez soi? Bien sûr que non!

Malgré les incitatifs à demeurer chez soi, plus de 25 millions d’Américains voyageront à l’international cet été. Un sondage de l’American Automobile Association (AAA) indique qu’il s’agit là d’une hausse de 2,6% par rapport à 2007. Et les Québécois seront nombreux à voyager au Québec pour leurs vacances et à visiter les attraits d’ici!

Sources:
– Arranaga, Tony. «Valley Hotels Lure Locals with ‘Staycation’ Deals», abc15.com, 31 mai 2008.
– CAA. «Sondage CAA-Québec – Le prix de l’essence influence les projets de vacances», 4 juin 2008.
– Cravit, Cynthia Ross. «Need a Staycation?», 50PLUS.com, 5 juin 2008.
– L’Écho touristique. «Les hôteliers remboursent le plein», [http://www.lechotouristique.com/les-h-tels-remboursent-le-plein.141553], 24 juin 2008.
– Lévesque, Cindy. «La campagne estivale franchit le million $», Le Nouvelliste, 3 juin 2008.
– Owens, Charles. «Tourism Officials Emphasize Option of ‘Staycations’», Bluefield Daily Telegraph, 14 juin 2008.
– Rackl, Lori. «A Much-needed Staycation», USA Today, 4 juin 2008.
– Yates, Jennifer C. «Get Away on Vacation – at Home», 12 mars 2008.

Sites Internet:
– Pohénégamook santé plein air
– Virginia Tourism Corporation

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Un topo de la population canadienne qui ne voyage pas

Saviez-vous que, parmi les Canadiens, les Québécois sont les plus nombreux à ne pas voyager? Règle générale, nous tentons de dresser le portrait le plus fidèle possible de notre clientèle cible afin d’orienter nos actions en conséquence. Nous voulons savoir qui nous visite, qui s’intéresse à nos produits. Rarement faisons-nous le raisonnement inverse, c’est-à-dire mesurer l’importance du segment de population qui s’avère le moins susceptible de voyager ou d’utiliser certains services touristiques, ne serait-ce que pour confirmer certaines intuitions et éviter des actions marketing moins efficaces.

Pas seulement les boomers

Selon le Print Measurement Bureau (PMB), environ 36% de la population canadienne adulte a déclaré ne pas avoir effectué de voyage d’agrément au Canada au cours des douze derniers mois. En premier lieu, on constate que l’âge des Canadiens exerce peut-être moins d’influence qu’on aurait pu le croire (graphique 1). Ce sont les jeunes de 18 à 24 ans qui sont les plus susceptibles de ne pas voyager, tant au Canada qu’à l’étranger. Pour les autres tranches d’âge, les résultats concernant la proportion des gens inactifs sont assez similaires. Si l’on ne tient pas compte de la fréquence des voyages, ces statistiques atténuent quelque peu l’affirmation populaire voulant que le titre de grand voyageur appartienne aux baby-boomers.

Les Québécois nombreux à ne pas voyager

Près de la moitié (46%) des Québécois adultes n’ont effectué aucun voyage de vacances au Canada au cours des 12 derniers mois, ce qui représente le plus fort pourcentage parmi les provinces canadiennes (graphique 2). Du côté des voyages internationaux, ce sont les résidants des provinces de l’Atlantique (69%) qui sont les plus casaniers, suivis des Québécois (61%). On remarque qu’une majorité de Britanno-Colombiens (57%), d’Ontariens (56%) et d’Albertains (54%) ont réalisé au moins un séjour à l’étranger au cours des trois dernières années, comparativement à seulement 39% des Québécois. 
 
L’âge des enfants au foyer constitue un autre facteur qui semble n’exercer que très peu d’influence sur le désir ou la capacité de partir en vacances. Les proportions de familles qui ne partent pas sont les mêmes pour toutes les catégories d’âge des enfants, tant pour les déplacements au Canada (environ 37%) que ceux à l’extérieur du pays (environ 54%). 
 
Par ailleurs, il semble que le voyage en famille fasse moins partie des moeurs au Québec. Seulement 11% des Québécois ont mentionné que des enfants faisaient partie du dernier voyage au Canada au cours des 12 derniers mois. C’est moins qu’en Alberta (20%), au Manitoba/Saskatchewan (18%), en Colombie-Britannique (17%) et en Ontario (14 %). Quant aux voyages avec des enfants à l’étranger, les proportions chutent avec, par exemple, 5% pour les Québécois et 9% pour les Ontariens.

L’éducation et le voyage fortement corrélés

Ce n’est pas pour rien que l’on dit souvent que les touristes sont généralement plus instruits que la moyenne. En effet, la proportion des Canadiens adultes n’ayant effectué aucun voyage d’agrément est nettement plus élevée parmi les gens sans diplôme scolaire (graphique 3). Il est clair que les études donnent l’envie de voyager, alors qu’environ seulement le quart des diplômés universitaires n’ont effectué aucun voyage de vacances au Canada au cours des 12 derniers mois.

Les moins nantis voyagent aussi

Un autre mythe prend du plomb dans l’aile: celui qui dit que seuls les plus riches voyagent (graphique 4). Le comportement de «non-voyage» vers l’international est sensiblement le même pour toutes les catégories de revenus de moins de 75 000$. On peut supposer que plusieurs Canadiens adultes, même s’ils déclarent peu de revenus, peuvent compter sur des actifs pour voyager.

De plus, de nombreux étudiants profitent de leurs temps libres et s’organisent avec des moyens limités pour partir à la découverte. C’est ce qui explique notamment que 41% des gens ayant déclaré des revenus inférieurs à 20 000$ ont tout de même trouvé les moyens de prendre des vacances à l’étranger. Quoiqu’il en soit, considérant qu’il s’agisse d’un segment de population vivant sous le seuil de la pauvreté, cela témoigne de l’importance que l’on porte aux voyages pour son équilibre de vie.

La taille des municipalités

La proportion des gens qui ne partent pas en voyage varie aussi en fonction de la taille de la communauté dans laquelle ils habitent. En ce qui concerne les voyages au Canada au cours de la dernière année, la proportion des gens inactifs se détaille comme suit:

  • 36% pour les communautés de moins de 100 000 habitants,
  • 31% pour les communautés de 100 000 à 1 million d’habitants,
  • 41% pour les villes de plus de 1 million d’habitants.

Du côté des voyages internationaux au cours des trois dernières années, la proportion des gens sédentaires s’établit comme suit:

  • 61% pour les communautés de moins de 100 000 habitants,
  • 49% pour les communautés de 100 000 à 1 million d’habitants,
  • 43% pour les villes de plus de 1 million d’habitants.

On remarque que ce sont les habitants des villes de taille intermédiaire qui comptent la plus grande proportion de gens ayant réalisé au moins un voyage au Canada. Pour les déplacements à l’étranger, ce sont les résidants des municipalités de petite taille (61%) qui sont les plus nombreux à ne pas bouger, à l’opposé des citadins (43%).

Données complémentaires concernant les Québécois (12 ans et plus)

Sauf dans le cas des croisières, les statistiques concernent les 12 derniers mois.

  • 68% des Québécois n’ont pas pris l’avion, comparativement à 48% des Ontariens et à 42% des Britanno-Colombiens.
  • 76% des Québécois n’ont jamais effectué une croisière au cours des trois dernières années, comparativement à 64% des Ontariens.
  • 52% des Québécois n’ont effectué aucun séjour d’affaires en hébergement commercial, comparativement à 33% des Albertains et à 39% des Ontariens.
  • 71% des Québécois n’ont pas procédé à la location d’une voiture automobile pour affaires, comparativement à 57% des Ontariens.
  • 80% des Québécois n’ont acheté aucun chèque de voyages, comparativement à 66% des Ontariens et à 65% des Britanno-Colombiens.
  • 53% des Québécois n’ont visité aucun salon ou exposition.

Évidemment, les données présentées dans cet article demeurent quelque peu générales; néanmoins, elles permettent d’obtenir un aperçu du «non-comportement» de voyage qui constitue l’autre côté de la lorgnette, celui que nous ne sommes pas habitués à voir.
Source:
– Print Measurement Bureau, 2006.

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Ailleurs dans le monde Marketing

Relever le défi des exigences des passeports: la Jamaïque, un cas de bonne pratique

Les autorités touristiques de la Jamaïque sont aux prises avec les mêmes inquiétudes que le Canada en ce qui concerne la clientèle américaine. Les éventuelles exigences de la part des autorités américaines pour détenir un passeport laissent craindre d’autres baisses importantes du nombre des déplacements touristiques. On peut tenter d’estimer à l’avance à combien se chiffreront les pertes en provenance de ce marché. Mais on peut aussi, dès maintenant, se préparer à ce scénario en mettant en place des mesures originales qui pourraient en atténuer les effets.

Au cours des dernières années, le marché touristique des États-Unis affiche des signes d’essoufflement dans certaines destinations traditionnelles. On remarque que davantage d’Américains optent pour des destinations non traditionnelles qui profitent d’un engouement accru. D’autres préfèrent tout simplement voyager à l’intérieur de leur pays.

Or, cette tendance constitue une source d’inquiétude pour la Jamaïque, puisque plus de 70% de ses visiteurs proviennent des États-Unis. Le nombre d’Américains en visite dans ce pays affiche une baisse de 13% depuis 1998. De plus, dès le 8 janvier prochain, les touristes américains désirant se rendre en Jamaïque devront détenir un passeport valide. Étant donné que la majorité des résidants n’en ont pas, les autorités touristiques de la Jamaïque ont décidé de s’attaquer à cette portion du problème et de stimuler la demande. Pour ce faire, le Jamaica Tourist Board, en partenariat avec la Jamaica Hotel & Tourist Association, a inauguré un programme de récompenses ciblant les 74% d’Américains qui ne détiennent pas de passeport. L’initiative, dont l’objectif consiste à inciter les voyageurs à faire la demande d’un passeport le plus tôt possible, comprend:

  • Une mesure visant les touristes de première visite. Ainsi, les visiteurs qui voyageront en Jamaïque après le 8 janvier 2007 et dont le passeport recevra un premier tampon obtiendront des crédits de récompenses équivalant à la somme dépensée pour l’acquisition du passeport. Ces crédits pourront être échangés notamment contre des séances de traitement dans un spa, un surclassement de chambre, un départ de golf, etc. Ces récompenses seront allouées à toutes les personnes qui présenteront des pièces justificatives concernant les frais d’un nouveau passeport.
  • Du café jamaïcain (Blue Mountain) gratuit et de l’information sur les procédures de demande de passeport. Il s’agit d’une opération de charme menée de la mi-novembre à la mi-mars auprès du grand public à l’intérieur de trois stations de train, soit celles de Chicago, de New York et de Washington.

De telles initiatives de la part d’une destination nous semblent tout à fait originales et bien ciblées, dans la mesure où l’obtention du passeport peut constituer un irritant et, ultimement, un frein aux voyages.

De plus, là où ce cas nous semble particulièrement intéressant, c’est que, dans un avenir rapproché, le Canada sera aux prises avec les mêmes réalités alors que l’on exigera des voyageurs canado-américains des papiers d’identité officiels (un passeport ou autre document du même type). On ne pourra plus compter sur cette portion d’Américains qui effectuent spontanément des voyages en traversant la frontière du Nord sans pour autant avoir fait une demande de passeport. C’est le moment d’être créatif.
 

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Segments de clientèles Tendances

Comprendre les décisions de voyage

Alors que l’offre touristique se diversifie de plus en plus, l’adoption en masse d’Internet comme outil de planification procure aux consommateurs plus de choix que jamais dans un environnement où la concurrence au chapitre du prix demeure vive. Plusieurs questions viennent à l’esprit des dirigeants d’entreprises touristiques lorsqu’ils désirent mieux connaître leur clientèle. Où le tarif se situe-t-il dans la hiérarchie décisionnelle du choix de vacances? Quels facteurs jouent un rôle prépondérant lors du processus de planification d’un voyage d’agrément? Un sondage mené à l’automne 2004 par la Travel Industry Association of America, auprès de 5000 touristes américains qui avaient effectué un voyage d’une nuit et plus au cours de la dernière année, tente de répondre à ces questions.

Par où commence-t-on?

Pour l’ensemble de l’enquête, les résultats ont été divisés selon quatre types de voyages, afin de fournir un profil plus précis du processus décisionnel des voyageurs:

  • Voyages axés sur le divertissement ou le sightseeing;
  • Voyages dont la raison première est la visite de parents et d’amis ou un autre motif de nature familiale;
  • Voyages dont le but principal consiste à pratiquer des activités en plein air;
  • Voyages d’agrément qui s’inscrivent comme un prolongement à un déplacement d’affaires.

Lorsqu’ils planifient leurs vacances, les touristes ont tendance à prendre d’abord les décisions clés sur le choix de la destination et ensuite la durée du séjour, avant de statuer sur le budget de vacances à prévoir (graphique 1).

C’est à la toute fin du processus que l’on s’attarde à sélectionner les activités, particulièrement dans le cas des voyageurs qui visitent des parents et amis. De plus, ces derniers priorisent davantage la sélection du mode de transport, qui figure au 3e rang dans leur processus décisionnel, que les touristes effectuant tout autre type de voyage, chez qui, le transport se classe en dernière position. Dans le cas des voyages d’affaires/agrément et dans celui des séjours de plein air, le choix de la destination vient moins souvent au premier rang des décisions.

Facteurs d’influence

C’est le motif du voyage, plutôt que le budget disponible ou les prix, qui exerce le plus d’influence sur l’ensemble du processus de planification du voyage (graphique 2). Ce constat s’avère encore plus marqué dans le cas des visites de parents et d’amis et des voyages qui combinent affaires et agrément. Les compagnons de voyage jouent également un rôle important, particulièrement pour les séjours axés sur le plein air ou sur le divertissement. Fait intéressant, la variable du prix n’arrive qu’au sixième rang comme facteur d’influence. On constate aussi que les sources d’information utilisées n’influencent que très peu les voyageurs, particulièrement ceux qui visitent parents et amis.

Temps de planification

Il vaut mieux connaître le temps nécessaire à la préparation des voyages de sa clientèle si l’on veut mieux coordonner les stratégies promotionnelles qui les concernent. À ce chapitre, on remarque que la période de planification varie sensiblement d’un individu à l’autre (graphique 3).

  • La plus importante partie des touristes (22%) commencent à organiser leur séjour de 30 à 59 jours à l’avance.
  • On trouve aussi d’importants segments de voyageurs dans la tranche des 1 à 13 jours (18%) de même que dans celle des 3 à 6 mois (15%).
  • Ce sont les vacances axées sur le plein air qui demandent davantage de temps de préparation: trois mois pour 39% de ces touristes.
  • Les vacances combinant plaisir et affaires se planifient souvent (29%) de 30 à 59 jours d’avance, tandis que celles incluant la visite de parents et d’amis se prennent de façon plus spontanée.

 

  • Par ailleurs, on ne sera pas surpris d’apprendre que les voyages en automobile exigent moins de préparation, alors que 48% d’entre eux sont décidés moins d’un mois à l’avance.
  • Dans le cas des vacances nécessitant un déplacement en avion, 45% des touristes planifient d’un à trois mois (30-90) à l’avance, comparativement à seulement 19% qui le font moins de 30 jours avant le départ.
  • Autre fait intéressant, plus le revenu du ménage est élevé, plus les vacances sont organisées longtemps avant le séjour.

Sources d’information

Une fois que l’on a décidé du moment propice pour courtiser un touriste potentiel, on doit convenir des canaux d’information les plus appropriés. Comme le démontre le graphique 4, les sources d’information utilisées varient beaucoup selon le motif du voyage.

  • Le traditionnel bouche-à-oreille demeure une valeur sûre, quoiqu’il s’avère un peu moins utilisé  pour les vacances de type sightseeing ou de divertissement (25%). Pour ce genre de séjour, les voyageurs optent davantage pour l’offre en ligne d’attraits et d’hébergement.
  • Les sites Internet d’hébergement et des transporteurs aériens sont particulièrement populaires (40% et 38% respectivement) auprès des vacanciers qui combinent affaires et plaisir.
  • Les méthodes traditionnelles perdent du terrain, alors que les guides de voyages, les réservations téléphoniques, les agences de voyages et les brochures se classent loin derrière.  

Pourquoi choisit-on une destination?

Évidemment, le choix de la destination représente l’enjeu ultime. Sur quoi les touristes se basent-ils pour sélectionner le lieu de leurs vacances? Le graphique 5 présente les facteurs jugés extrêmement ou très importants par les voyageurs américains dans le choix de leur destination. À la différence des autres variables mesurées lors de l’enquête, il est fort probable que les résultats obtenus sous ce volet sont propres aux Américains. Il est néanmoins raisonnable de croire que les données présentées aux graphiques 1 à 4 sont applicables de manière générale à tous les touristes nord-américains, y compris aux Québécois.

Dans le cas des facteurs d’influence du choix de la destination, le contexte est différent en raison des valeurs fondamentales des Américains qui, particulièrement depuis le 11 septembre 2001, se distinguent sensiblement de celles des Canadiens. Cela étant dit, on constate que le caractère sécuritaire d’une destination trône au premier rang des facteurs de considération, suivi non loin derrière par la variété des activités et des attraits offerts, de même que par la présence de parents et d’amis. Les entreprises québécoises désirant reconquérir le terrain perdu ou simplement améliorer leur performance sur le marché américain devraient conséquemment tenir compte de ce classement lors de l’élaboration de leur stratégie marketing.  

Source:
– The Research Department of the Travel Industry Association of America. «Leisure Travel Planning: How Consumers Make Travel Decisions», TIA, 2005.

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Faits et chiffres Technologies

18 pays sous la loupe: point de mire sur les internautes

La firme Global Market Insite a réalisé une étude afin de connaître le comportement de la population branchée à l’égard des critères présidant au choix de leurs destinations de vacances. Il s’agit d’un imposant sondage réalisé auprès de 18 000 voyageurs branchés habitant 18 pays différents, soit 1000 répondants par pays. L’intérêt de cette enquête consiste à permettre de comparer les résultats d’un pays à l’autre grâce à l’utilisation d’une méthodologie unique.

Un sondage international

L’information est d’autant plus pertinente que, dans le cas des marchés touristiques éloignés du Québec, les internautes sont plus enclins à effectuer des voyages internationaux. Les marchés étudiés sont l’Allemagne, l’Australie, le Brésil, le Canada, la Corée du Sud, la Chine, le Danemark, l’Espagne, les États-Unis, la France, l’Inde, l’Italie, le Japon, le Mexique, les Pays-Bas, la Pologne, le Royaume-Uni et la Russie.

Pour chacun des aspects à l’étude, nous avons divisé les résultats en deux segments: les 9 pays présentant, pour un critère donné, les résultats les plus faibles et les 9 pays affichant les statistiques les plus élevées.

Intentions de vacances

Observons tout d’abord les intentions de vacances. Aux populations des pays à l’étude, on a demandé si elles prévoyaient effectuer un déplacement outre-mer pour un voyage d’agrément. Les moins susceptibles de prendre des vacances outre-mer, en ne considérant que les réponses affirmatives, sont les Italiens, les Américains et les Japonais (graphique 1). Des préoccupations relatives à la sécurité et à une économie en croissance de rattrapage expliquent sans doute les cas respectifs des États-Unis et du Japon, mais celui de l’Italie s’avère un peu plus étonnant.

Les Néerlandais, les Britanniques et les Danois se montrent les plus intéressés à prendre des vacances outre-mer (graphique 2). On remarque beaucoup d’incertitude du côté de certains marchés tels la Chine, l’Inde, le Brésil et le Mexique.

Pourquoi ne prennent-ils pas de vacances?

On a aussi demandé aux gens pourquoi ils ne prenaient pas de vacances. Les résultats s’avèrent intéressants pour mieux comprendre les raisons culturelles se cachant derrière les comportements touristiques. Comme le coût constitue la principale variable, l’ordre des pays apparaît en fonction de cette dernière. Dans le cas des Japonais, on constate qu’ils sont très peu influencés par l’aspect monétaire, alors qu’ils craignent beaucoup plus d’être débordés au travail s’ils s’absentent (graphique 3). Pour la Chine, des facteurs tels que les engagements familiaux, la peur de perdre son emploi ou d’être débordé au travail, de même que l’insécurité reliée au voyage peuvent constituer des freins majeurs.

Dans le cas de pays comme la Pologne, l’Australie, le Canada et les États-Unis, c’est justement la variable du coût qui joue le rôle le plus important (graphique 4). Apparaissant comme le deuxième facteur d’influence, les engagements familiaux préoccupent plusieurs marchés, particulièrement l’Inde, la Chine, l’Espagne, l’Australie, l’Italie et le Mexique. Fait intéressant, à l’exception de la Chine et, dans une moindre mesure de l’Australie et des États-Unis, le critère de l’insécurité s’avère peu significatif et arrive au dernier rang des considérations.

Facteurs d’influence

On a demandé aux internautes quels étaient les critères présidant au choix d’une destination de vacances, en retenant le degré d’influence du Web pour classer les 18 pays (graphiques 5 et 6). De façon générale, les recommandations de proches et les recherches Internet représentent les aspects exerçant le plus d’influence.

Dans des pays comme la Corée du Sud, la Chine, le Royaume-Uni et la France, les recherches effectuées sur le Web ont joué un rôle prépondérant. Le Canada se retrouve dans le peloton de queue à ce chapitre avec un taux de 50%. Les Mexicains, les Brésiliens et les Russes apparaissent comme les moins sensibles à Internet.

Fait à retenir, les Français et les Espagnols ne sont que très peu influencés par les reportages ou les publicités à la télévision ou dans les journaux. À l’opposé, plusieurs internautes chinois s’appuient encore sur les sources d’information traditionnelles, tout comme les Indiens, les Allemands et les Australiens. Les internautes du Danemark, des États-Unis, du Brésil et des Pays-Bas s’avèrent les moins enclins à se fier aux agences de voyages alors que les Chinois, les Italiens et les Japonais continuent de faire confiance aux agents de voyages dans une proportion atteignant le tiers de la population branchée.

Qui achète en ligne?

Le sondage démontre que les Britanniques sont les plus nombreux (22%) à acheter la totalité de leurs voyages sur Internet, suivis des Américains (17%), des Australiens (16%), des Néerlandais (15%) et des Danois (15%) (graphiques 7 et 8). On remarque également que 65% des Sud-Coréens effectuent en ligne plus de la moitié de leurs dépenses touristiques. Les Russes, les Polonais et les Mexicains sont les plus frileux. Le classement des 18 pays suit l’ordre de ceux qui sont les plus nombreux à acheter en ligne au moins 25% de leurs prestations touristiques.

À retenir

À la lumière de cette étude, force est de constater que les internautes ne forment pas un groupe homogène. Selon leur nationalité, d’importantes différences dictent leurs comportements de planification de voyages. Les intervenants désirant déployer des efforts marketing afin de courtiser certains marchés internationaux devront en tenir compte.

Retenons aussi que, déjà, les internautes d’importants marchés potentiels comme la Chine et l’Inde adoptent massivement le Web comme outil d’aide à la décision pour la planification des voyages. Comme le taux de pénétration de ce média est appelé à croître de manière exponentielle, particulièrement auprès des Chinois, c’est de bonne augure pour les destinations éloignées comme le Québec qui s’interrogent sur les façons de les rejoindre efficacement à des coûts raisonnables.

Claude Péloquin

Sources:
– Global Market Insite. «Online Travel Sales & Marketing divides Global Travelers on usefulness & quality», GMI Poll Press Kit [www.gmi-mr.com], 22 juin 2005.
– Global Market Insite. «Questionnaire & Results», GMI Poll Press Kit [www.gmi-mr.com], 22 juin 2005.

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Gestion

Compilation méli-mélo du contenu de la section Gestion.

Rêvez-vous de mettre la main sur une potion magique qui rendra votre entreprise invincible? Malheureusement, en gestion comme ailleurs, il n’y a pas de recette unique garantissant le succès… Mais pas question d’improviser non plus! Nous avons fait mijoté, dans notre marmite, quelques ingrédients que tout bon gestionnaire devrait prendre en considération.

Vous n’avez qu’à cliquer sur les liens pour en savoir plus sur le sujet ou à naviguer sur notre site à l’aide des onglets situés au centre de la page d’accueil. L’ensemble de ces textes se retrouve dans la catégorie Gestion.

Intentions de vacances et concrétisation, deux réalités
On observe une prolifération de sondages visant à connaître les intentions de vacances de la population. Un regard rétrospectif permet de constater d’importants écarts entre les intentions de vacances manifestées par les Canadiens et les résultats réels. Évidemment, plusieurs facteurs, dont certains de nature imprévisible comme la crise du SRAS, influencent grandement les résultats d’une saison touristique. Les sondages d’intentions peuvent s’avérer annonciateurs d’une tendance annuelle, mais ne sauraient se substituer à l’instinct du dirigeant et servir de pilier décisionnel.

La baisse des tarifs hôteliers, une méthode inefficace en temps de crise
Des chercheurs ont démontré que la baisse des tarifs n’était pas une stratégie valable en temps de crise, dans le secteur hôtelier. En réaction à la diminution du taux d’occupation de leur établissement, les hôteliers ont souvent tendance à réduire le prix de leurs chambres afin d’attirer la clientèle. La hausse de fréquentation générée par une réduction des tarifs est loin de compenser la perte de revenus. Dans une telle situation, la baisse du taux d’occupation est engendrée par la crainte ressentie par le voyageur devant certaines destinations. Une baisse des tarifs pourrait difficilement inciter ce dernier à y revenir tant que sa crainte n’est pas dissipée. Il semble préférable alors de prendre un ton rassurant. ++L’AVIS DE GILLES LARIVIÈRE++

Le «yield management» pour les nuls
Employé principalement en hôtellerie et dans les compagnies d’aviation, le «yield management» est une méthode qui consiste à faire payer des prix différents selon la demande et le moment. C’est un marché d’opportunité qui se traduit par un impératif simple: vendre le bon produit, au bon client, au bon moment et au bon prix. La vitesse critique remplace la masse critique pour capter les opportunités de marché.

Meilleures pratiques – Taxe de séjour: un outil de gestion
La preuve est faite de l’utilité d’une taxe touristique comme levier financier pour soutenir l’industrie touristique. Pour une majorité de destinations touristiques, la taxe de séjour est généralement utilisée pour des activités promotionnelles. Plusieurs formes de taxation (tarification fixe, taux de taxation fixe, taxe de séjour forfaitaire) ont été instituées mais un défi se pose: optimiser l’utilisation des fonds constitués à l’aide de cette mesure. Le modèle de la France qui a choisi d’y greffer une carte d’hôte constitue un exemple intéressant.

Le concept de bas prix, il faut avoir les moyens de se le permettre
Le concept de bas prix n’est nullement synonyme de cheap. Partant du principe que les gens recherchent les bas prix, certains entrepreneurs ont su remettre en question les façons de faire traditionnelles. Ils ont trouvé des moyens leur permettant de couper les coûts et d’offrir, en bout de ligne, un produit de qualité et des prix avantageux. Il y a un véritable engouement pour ce modèle d’affaires. Le secteur aérien, les aéroports, les chemins de fer, l’hôtellerie, les croisières et même des destinations investissent ce créneau. Mais il faut être clair avec le client sur les notions de qualité, service et prix.

Le service, toujours le service!
En restauration, la qualité du service vole la vedette! Il semble que l’évaluation d’un repas est beaucoup plus liée à l’endroit «où nous mangeons» qu’à «ce que nous mangeons». Vous aurez beau proposer le produit le plus formidable qui soit, si le service que vous offrez est médiocre, vos chances de succès peuvent être compromises. Il faut savoir engager ceux et celles qui ont à coeur de bien servir la clientèle. La mauvaise qualité du service mène souvent à la décision de ne plus revenir à ce restaurant plutôt que de prendre le risque une deuxième fois. La satisfaction ne signifie pas pour autant que la partie est gagnée. Quand la concurrence est intense, il y a de fortes chances que faute d’avoir éprouvé un petit Wow intérieur, le client essaiera un autre restaurant la prochaine fois.

Voici d’autres sujets qui figurent aussi dans la section Gestion

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Produits et activités Segments de clientèles

Les touristes culturels – Marketing Outllook Forum de la TIA (deuxième partie)

Les touristes culturels américains constituent une clientèle particulièrement lucrative: près du tiers d’entre eux dépensent plus de 1000 $US lorsqu’ils voyagent. En comparaison, seulement 11% de l’ensemble des voyageurs américains affichent le même niveau de dépenses. C’est ce que nous apprenait Renee Mitchell, directrice de la recherche pour le magazine Smithsonian, lors du dernier Marketing Outlook Forum de la TIA. Son allocution portait sur la demande pour les voyages à caractère culturel.

Qui sont-ils exactement?

On estime à plus de 44 millions le nombre de touristes culturels américains qui utilisent de l’hébergement commercial lors de leurs voyages. Ils génèrent des dépenses touristiques de quelque 29 milliards de $US annuellement. Environ 76% d’entre eux sont des touristes d’agrément (24% sont des voyageurs d’affaires). Le profil particulier de ces touristes culturels est le suivant:

  • Ils sont âgés de 46 ans en moyenne
  • Ils disposent d’un revenu de ménage moyen de 75 800 $US
  • Ils sont mariés, dans 62% des cas
  • 87% possèdent une éducation de niveau collégial ou supérieur
  • 31% ont des enfants à la maison
  • 37% voyagent durant l’été

Amateurs de culture = amateurs de voyages

Selon Renee Mitchell, les Américains passionnés par l’histoire et la culture, comme c’est le cas des lecteurs d’une revue spécialisée sur le sujet comme Smithsonian, sont particulièrement intéressés par les voyages à caractère culturel: 

  • 93% visitent des sites historiques
  • 84% apprennent à connaître une destination le plus possible avant de s’y rendre
  • 76% prennent en considération le patrimoine et la culture lors du choix d’une destination
  • 71% sortent des sentiers battus lors de leurs visites urbaines

À la suite d’un sondage réalisé par TIA/Smithsonian, on a regroupé les touristes culturels américains en quatre segments qui obéissent aux «4L»:

  • Learning – 82 millions qualifient de «mémorables» les voyages où ils apprennent quelque chose de nouveau
  • Leisure Activities – 67 millions affirment que leurs hobbys et intérêts personnels influencent le choix de leur destination de vacances
  • Locals – 63 millions mentionnent que lorsqu’ils sont en vacances, ils recherchent des endroits prisés par la population locale
  • LOVE It! – 34 millions accordent de l’importance à ce que leurs vacances comportent des activités culturelles

Différents des autres voyageurs

Lorsque l’on compare les caractéristiques des touristes culturels avec celles des autres voyageurs, on remarque des différences intéressantes. On constate, par exemple, qu’ils dépensent beaucoup plus que les autres et qu’ils séjournent beaucoup plus longtemps à destination (tableau 1). Il s’agit également de touristes très actifs: près de la moitié de ceux qui hébergent dans les hôtels participent à au moins quatre activités. Ils sont friands de magasinage, de vie nocturne et de visites urbaines.

Intéressantes perspectives pour 2005

La demande sera forte en 2005 pour les produits touristiques à saveur historique ou culturelle. Selon un sondage de Roper, parmi les Américains qui prévoient voyager l’an prochain:

  • 24% visiteront un lieu historique
  • 17% effectueront un voyage de pêche
  • 16% iront dans un casino
  • 16% s’adonneront à de la randonnée ou à du camping
  • 10% participeront à un voyage organisé 
  • 9% fréquenteront un spa santé

Renee Mitchell a souligné l’intérêt de cibler les visiteurs qui s’intéressent à la culture et qui utilisent habituellement l’hébergement commercial en raison de leur comportement de voyages. Selon elle, les hôteliers constituent des partenaires idéaux pour les intervenants du secteur culturel désirant promouvoir des offres spéciales, des forfaits, des événements, etc.

Il faut toutefois demeurer réaliste quant au potentiel touristique global des Américains. Il est de plus en plus difficile de leur faire traverser les frontières. Parmi les critères les plus importants dans le choix d’une destination, l’environnement sécuritaire arrive au premier rang (75%), surpassant dorénavant son rapport qualité-prix (62%). De telles statistiques favorisent évidemment le tourisme intérieur. Néanmoins, la proximité et l’environnement sécuritaire du Canada jouent certainement en notre faveur par rapport aux autres destinations.

Sources:
– The Roper Center [www.ropercenter.uconn.edu]
– TIA et Smithsonian Magazine. «The Historic/Cultural Traveler» [www.tia.org], 2003.

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Faits et chiffres Marchés géographiques

Le comportement de voyage de l’Ontarien projeté sur 25 ans

En fonction de l’évolution démographique de la population ontarienne, comment le comportement de voyage de cette clientèle va-t-il changer au cours des 25 prochaines années? C’est ce qu’a voulu savoir le ministère du Tourisme et des Loisirs de l’Ontario en effectuant une analyse du comportement de voyage des Ontariens d’après leur statut familial. On constate notamment que les lieux à caractère historique seront de plus en plus recherchés dans les prochaines décennies.

Portrait sociodémographique actuel du voyageur

Il est évident que la situation familiale des individus exerce une influence sur leur propension à voyager. On divisera ici la population en trois segments d’âge: les jeunes (18-30 ans), les matures (31-60 ans) et les aînés (+ de 60 ans). Dans la population ontarienne, ce sont les couples matures qui engendrent la plus large proportion de voyages touristiques, toutes destinations confondues (tableau 1).

Les raisons pour ne pas voyager varient d’un segment de la population ontarienne à l’autre. Dans le cas des aînés, le facteur de l’âge (27%) est surtout évoqué dans le cas des personnes seules (seulement 12% dans le cas des couples). Quant aux ménages avec des enfants, ce sont les coûts élevés reliés aux voyages qui constituent le principal frein. Les jeunes couples qui ont des enfants font état de l’aspect financier (22%), mais aussi de la présence d’un bébé (24%) qui les empêchent de voyager.

Facteurs d’influence

Les profils des TAMS (Travel Activities Motivation Survey) ont permis d’analyser les facteurs qui exercent la plus grande influence sur l’ensemble des Ontariens quant au fait d’avoir ou non effectué un voyage d’une nuit et plus, toutes destinations confondues. Voici les résultats et le poids relatif de chacun:

1. Être né au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni ou en Australie (1,791)
2. Le niveau d’éducation (1,772)
3. Les revenus (1,511)
4. La présence d’un conjoint (1,288)
5. Avoir trois semaines ou plus de vacances payées (1,230)
6. Le segment d’âge (0,716)
7. La présence d’un enfant (0,656)

Tous ne fréquentent pas les mêmes destinations

La segmentation sociodémographique suggère également un comportement de voyage différent quant au choix des destinations (graphique 1). Le Québec plaît davantage aux couples matures et aux jeunes sans enfant. C’est tout à fait le contraire dans le cas des aînés vivant seuls. Notons aussi que les États-Unis surpassent le Québec dans tous les segments. L’Europe semble n’intéresser que les aînés et quelque peu les jeunes sans attaches.

À quoi s’attendre en 2026

Les projections effectuées dans le cadre des TAMS permettent de dresser plusieurs constats quant au comportement de voyage anticipé des différents segments sociodémographiques des Ontariens. Les données suivantes indiquent la variation de la propension à voyager vers les cinq principales destinations d’ici 2026, et ce, pour chacun des segments de voyageurs. C’est auprès des couples âgés que le Québec est le plus susceptible de voir des gains significatifs avec une incidence positive de 22%, suivi des Ontariens matures seuls et sans enfant (+13%). On s’attend à ce que le Québec perde du terrain sur les segments des couples matures sans enfant (-13%) et des jeunes avec enfants (-8%). 

La lecture du marché ontarien en 2026 indique que les segments des jeunes sans enfant et des couples matures avec enfants afficheront la plus importante baisse des voyages d’une nuit et plus (tableau 2). On constate les effets du vieillissement de la population alors que les aînés et les matures seuls sans enfant sont les segments qui feront le plus de gains. 

Comment se préparer au changement?

L’Ontario demeurera toujours un marché primaire pour le Québec. Connaître avec précision la composition de la clientèle ontarienne et son évolution au cours des prochaines années constitue certes un avantage afin de s’y préparer adéquatement. Chacun des segments ne recherche pas la même expérience touristique et on doit s’attendre à ce que certains produits soient privilégiés au détriment d’autres.

Le visiteur ontarien recherchera des produits davantage orientés sur le patrimoine, particulièrement les lieux à caractère historique. Les activités favorisant la participation et l’apprentissage (ex.: fouilles archéologiques, cours de cuisine, rudiments de la langue, etc.) susciteront beaucoup d’intérêt. On dépassera le stade de la simple curiosité envers une culture différente.

On choisira aussi une destination pour sa popularité, son côté «branché» ou encore son caractère intime et romantique. Les voyages seront plutôt l’occasion de passer du temps avec des amis. On continuera de rechercher, dans les expériences touristiques, la découverte de paysages et d’attraits naturels. Nous sommes à l’aube de la vague du changement démographique caractérisé par le vieillissement de la population et les intervenants devront en tenir compte dans leur planification stratégique à long terme.

Sources:
– Ontario Ministry of Tourism & Recreation. «The travel patterns of Ontario’s and how they will change over the next 25 years», Travel Activities & Motivation Survey, février 2003.
– Tourisme Québec. «Le tourisme au Québec – Bilan 2003 et perspectives 2004», 2004.

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Ailleurs dans le monde Gestion

AlpSim, un nouvel outil informatique pour l’aménagement des sites touristiques

À Zurich, en Suisse, des scientifiques de l’École polytechnique fédérale (EPFZ) viennent de mettre au point un programme informatique qui devrait s’avérer utile à l’aménagement des sites touristiques. AlpSim est un outil de modélisation permettant d’identifier ce qui est susceptible d’attirer ou non les touristes.

Doublement défavorisée en raison de sa situation en basse altitude (1200 m) et du réchauffement climatique des dernières années, la station d’hiver de Schönried, près de Gstaad, souffre d’un enneigement insuffisant. Aussi, pour pallier la baisse de revenus durant la saison froide, ses dirigeants ont-ils décidé de se tourner vers le développement d’activités estivales.

Pour étudier le marché et surtout la mise en marché de ce nouveau produit, ils ont choisi de faire appel à un outil informatique de simulation et de modélisation.

Pendant deux étés passés à Schönried, les deux chercheurs responsables de cette étude*, Duncan Cavens et Christian Gloor, ont interviewé des centaines de touristes et de promeneurs sur leurs choix de randonnées et les raisons de ces choix.

Les nombreuses données ainsi obtenues ont ensuite été intégrées à un système de modélisation informatique 3D qui, à l’image du jeu informatique SimCity, permet de modifier à souhait le paysage virtuel représenté (changement d’altitudes, implantation d’une halte routière, ajout ou suppression de végétation, d’un point de vue ou d’une terrasse panoramique, etc.).

Modélisation du paysage et promenades virtuelles

Selon Duncan Cavens et son équipe, la qualité visuelle d’un paysage est un facteur important, mais souvent négligé, tant en planification environnementale que dans le domaine du tourisme.

De nouveaux développements en matière de représentation virtuelle des paysages laissent à penser qu’il serait possible d’observer le comportement de personnes et d’en déduire des préférences universelles pour certains types de paysages et ce, dans un environnement virtuel (projection informatique).

Jusqu’ici, les préférences en matière de paysage ont été peu étudiées. Avec cet outil informatique, on espère mieux comprendre ce qui pousse un randonneur à emprunter un sentier plutôt qu’un autre.

Le logiciel en question donne des images modélisées d’un paysage, tel qu’il est réellement, et propose par la suite des situations potentielles permettant d’analyser systématiquement la réaction des visiteurs aux changements.

Le programme informatique, basé sur un concept de simulations artificielles, présente dans un paysage en trois dimensions des personnes virtuelles symbolisées par des petits bâtons rouges appelés des «agents». L’outil modélise ces «agents» lors de leurs déplacements dans des paysages simulés et, chemin faisant, enregistre leurs préférences pour certains sentiers.

Au terme de toute simulation, chaque visiteur fait le point sur les sentiers qu’il a choisis, permettant aux programmeurs de documenter au maximum l’attirance ou l’absence d’intérêt pour chacun des parcours.

Du côté pratique, ce programme permet, par exemple, de conclure que:

  • une végétation de 50% plus dense rebutera entre 30 à 40% des visiteurs;
  • si on retire les vaches, aussi insolite que cela paraisse, le paysage perd soudainement de son attrait;
  • un sentier dont on a retiré le téléphérique et qui, par conséquent, traverse une forêt est moins attirant;
  • etc.

Duncan Cavens espère bien étendre son projet à d’autres stations alpines. Déjà, ce type de programme a été utilisé par l’EPFZ dans le cas de la gare Centrale de Zurich, afin d’évaluer divers scénarios en matière d’évacuation et de trafic en cas de panique.

(*) L’étude, intitulée Planning with Virtual Alpine Landscapes and Autonomous Agents, est une collaboration entre l’Institute of Computational Science (personnes responsables: Kai Nagel et Christian Gloor) et le Netzwerk Stadt und Landschaft (Willy Schmid, Eckart Lange et Duncan Cavens).

Voir aussi

École Polytechnique fédérale (Lausanne)

Sources:
– Hunt, Julie. «Virtual humans show way forward for tourism», Swissinfo, 24 septembre 2004.
– Gloor, Christian, Duncan Cavens, Eckart Lange, Kai Nagel et Willy Schmid. «A pedestrian simulation for very large scale applications», A. Koch et P. Mandl (dir.), Multi-Agenten-Systeme in der Geographie, Klagenfurt, Université de Klagenfurt (Klagenfurter Geographische Schriften, no 23), 2003
– Cavens, Duncan, Eckart Lange et Willy Schmid. «Virtual Alpine Landscapes and Autonomous Agents», E. Buhmann et S. Ervin (dir.), Trends in Landscape Modelling, Heidelberg, Wichmann Verlag, 2003.