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L’hôtel s’éclate en Autriche!

Ce n’est pas parce qu’un espace urbain est inutilisé qu’il n’a pas une histoire intéressante à raconter. Voilà l’idée derrière le Pixel Hotel, conçu à Linz à l’intérieur du programme de capitale européenne de la culture 2009.  Grâce à ce projet architectural, touristique et de développement urbain, six espaces dispersés à travers la région métropolitaine ont été convertis en suites d’hôtel peu traditionnelles par de jeunes architectes locaux.

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Les clients peuvent donc choisir de coucher dans un ancien atelier, dans une galerie d’art ou même dans un bateau remorqueur. Pour le forfait avec petit déjeuner, il faut se diriger vers les cafés locaux, à proximité de chacune des suites. Il en est de même pour les autres repas. Au centre d’information touristique, on vous remet, en plus de vos clefs, une carte de Linz et un laissez-passer pour les transports en commun afin de pouvoir découvrir la ville et ses plaisirs culinaires. Les pubs de quartier à saveur locale deviennent ainsi le bar de l’hôtel, et tous les restaurants de la ville servent de salle à manger.

C’est ce qu’on appelle repousser les murs de son établissement!

Sources:
www.pixelhotel.at
www.coolhunting.com

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Quand l’art descend dans la rue et fait tourner les têtes!

L’art de la rue, qui se présente sous la forme d’une intervention artistique urbaine tantôt tout à fait légale et planifiée, tantôt anonyme et dénonciatrice, appartient au paysage urbain et s’inscrit dans la culture même du milieu. Certaines œuvres ont le mérite de surprendre, d’autres de faire sourire, d’embellir ou simplement d’exprimer une idée, un état d’esprit. Une chose est sûre, l’art de la rue est partie prenante de l’art urbain qui contribue à la qualité du cadre de vie en s’intégrant au design urbain, au mobilier, à l’architecture et au paysage en général. Il s’agit aussi d’une composante très visible d’une destination touristique. Ce type d’art favorise l’animation urbaine et dynamise les lieux. C’est également un excellent moyen de faire parler d’une destination, du moins lorsqu’il est question d’œuvres distinctives. Voici quelques exemples d’interventions artistiques urbaines plutôt étonnantes.

Quand l’art se fait messager

FilthyLuker est l’un des artistes de la rue qui laisse sa trace d’une façon plutôt originale. Entre le graffiti et l’art urbain, il envoie un message pour l’environnement. Des structures gonflables pour dénoncer certains gestes discutables ou encore un arbre pourvu de yeux comme s’il disait: «Je suis vivant moi aussi!»

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L’artiste brésilien Nele Azededo a créé récemment une œuvre éphémère symbolique surprenante: des centaines de petites sculptures de glace représentant des humains en position assise en pleine ville, sous le soleil. L’exposition dure le temps de la fonte des statuettes. Métaphore aux changements climatiques ou encore à la vie qui file; les interprétations sont nombreuses.

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Banksy, célèbre créateur de graffiti, est un artiste très prolifique. Ses oeuvres, tantôt humoristiques, tantôts cinglantes, sont d’une esthétique assez léchée et suscitent quelquefois la réflexion.

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L’art caméléon

Dans un autre registre, l’artiste Joshua Callaghan a été choisi par la Ville de Culver, en Californie, pour intégrer différentes boîtes d’équipement – transformateurs, boîtes de fusibles ou de contrôle des feux de circulation, etc. – au paysage environnant. Pour créer ses Almost Invisible Boxes, l’artiste les a recouvertes d’une fine couche de vinyle sur laquelle il a préalablement imprimé une image du décor avoisinant. L’effet est réussi! L’illusion d’optique dépend de l’endroit où l’observateur se positionne.

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Joindre l’agréable à l’utile

Ramener le concept du «jeu» sur la place publique, voilà ce qui a  poussé Bruno Taylor à installer des balançoires dans des arrêts d’autobus. Pour expliquer son projet, il lance quelques chiffres: 71% des adultes ont joué dans la rue étant petits; seulement 21% des enfants le font aujourd’hui: «Donnons plus de place au jeu!».

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En réaction à la prédominance de la «culture automobile» dans nos villes, le Montréalais Peter Gibson s’en est donné à cœur joie il y a quelques années à réinventer le design des lignes et  des passages piétonniers dans les rues. Agissant en toute illégalité, il a été arrêté et condamné à réaliser 40 heures de travaux communautaires liées… à l’art de la rue!

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Montréal est aussi le théâtre de nombreuses interventions artistiques urbaines se déroulant dans un cadre légal. Pensons notamment à l’animation de rue qui se déroule à l’occasion du Festival Juste pour Rire : de curieux personnages arpentent la rue Saint-Denis sur des échasses ou encore sur des véhicules tout à fait inusités. L’événement Paysages Éphémères, sur le plateau Mont-Royal, propose aussi des œuvres étonnantes et contribue à sensibiliser le public à l’impact positif de ce type d’intervention sur leur milieu de vie.

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Animer des symboles

À l’occasion du Pedestrian Project, Yvette Helin et quelques amis ont confectionné et porté des costumes représentant les pictogrammes universels des piétons. Ils ont ensuite déambulé dans les rues de New York, parfois pour réaliser des chorégraphies planifiées, d’autres fois en improvisant une scène. Ces piétons symboliques sont muets. Il s’agit là d’un clin d’œil amusant à l’image que l’on se fait de soi-même. Enfin, à la vue de ces personnages, personne ne reste indifférent.

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L’art de la rue dans les grandes institutions

À l’été 2008, le célèbre Tate Modern à Londres exposait six grandes murales sur la façade de l’institution; œuvres de six artistes internationalement connus pour leur apport créatif au milieu urbain.Les visiteurs
pouvaient aussi se munir d’une carte du secteur pour effectuer une visite à pied et découvrir les œuvres d’artistes de la rue invités pour l’événement.

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L’art de la rue a longtemps été perçu de façon péjorative, car il est souvent pratiqué illégalement et parfois dans un but haineux. Mais il s’agit d’un univers très disparate. Grâce à Internet, on trouve des merveilles sur ce qui se réalise ailleurs parce que les coups d’éclat qui font tourner les têtes font rapidement le tour du monde par les sites Internet, plus particulièrement les blogues. L’art de la rue, accessible à tous, est un bon moyen de faire parler d’une destination.  Le bouche à oreille fait son œuvre et contribue à véhiculer les idées créatives!

Analyse rédigée dans le cadre d’un partenariat avec Tourisme Montréal sur le tourisme culturel

Source:

– Proulx, Denis. «Les ingrédients de l’art urbain pour améliorer la ville», conférence prononcée le 4 février 2008 à l’occasion du Forum URBA 2015.

Sites Internet:

Banksy
Designboom
Environmental graffiti
Joshua Calaghan
Juste pour rire
Paysages Éphémères
Tate Modern
Treehugger
Yvette Helin
WebUrbanist

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En attendant Bixi… le vélo en libre-service

Elle a envahi les villes européennes et vient de traverser l’Atlantique pour conquérir les milieux urbains d’ici. La bicyclette en libre-service connaît un grand succès dans la plupart des endroits où elle s’installe. Au printemps 2009, Montréal aura sa propre flotte de 2400 vélos dispersés à travers quelque 300 stations dans les quartiers centraux de la ville. Voici un tour d’horizon de quelques expériences étrangères du vélo en libre-service.

Bien qu’à la base le concept de vélo en libre-service s’adresse au citoyen, les possibilités touristiques sont nombreuses et devraient intéresser une clientèle grandissante. La découverte des villes à vélo ou le simple fait de pouvoir se déplacer facilement d’un point à un autre à vélo gagnent en popularité auprès des visiteurs à la recherche d’expériences authentiques, hors du commun.

Rouler à vélo gratuitement

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Copenhague est l’une des villes pionnières dans ce domaine avec le déploiement, en 1995, de son réseau city bike. Sa formule novatrice permet l’accès gratuit aux vélos. En effet, il suffit d’insérer une pièce de 20 couronnes (environ 4 dollars) pour libérer une bicyclette de son support, pour ensuite pédaler dans la ville tout en demeurant à l’intérieur du périmètre d’utilisation et récupérer sa pièce de 20 couronnes en ramenant et en verrouillant le vélo sur un support disponible. Le city bike de Copenhague est devenu une véritable attraction, un symbole de la destination reconnu à travers le monde. On a tenté d’implanter le modèle d’accès gratuit de Copenhague dans d’autres villes comme Vienne, mais les nombreux vols ont incité les responsables à revoir la formule.

Le modèle le plus courant: la location de vélo en libre-service

Le concept le plus courant est celui de la location du vélo en libre-service. Lancé en 2005, le Vélo’v de Lyon est reconnu comme étant l’un des premiers du genre. Du moins, son succès en a fait un modèle pour l’Europe. Et cette formule se déploie à la vitesse grand V dans de nombreuses villes européennes depuis quelques années. Mentionnons Vienne, Bruxelles, Aix-en-Provence, Paris, Marseille, Barcelone, Toulouse et bientôt Dijon. Le nombre d’adeptes est en croissance, et le concept ne cesse d’être amélioré.

Comment ça marche

Le principe de base de la location est simple et similaire d’une ville à l’autre. Dans le cas du Vélo’v, il faut d’abord se procurer une carte d’accès – courte durée, longue durée… Plusieurs formules sont proposées; elles sont accessibles aux bornes Vélo’v (aux stations). La carte de courte durée, valide sept jours, coûte un euro et permet de s’inscrire ensuite à la même borne pour obtenir un numéro qui permet de déverrouiller l’un des vélos de la station. Les trente premières minutes d’utilisation sont gratuites; l’idée étant de favoriser les courts déplacements. L’heure suivante coûte un euro, et chaque heure supplémentaire deux euros. L’usager peut rapporter son Vélo’v à n’importe quelle autre station. C’est d’ailleurs sous cette forme – à des tarifs différents – que Bixi, le vélo en libre-service de Montréal, sera offert.

Succès

Étant donné son succès, Vélo’v a fait des petits. Vélib’, implanté à Paris à l’été 2007, fait beaucoup parler de lui. Qui aurait cru qu’il pouvait être agréable, voire possible, de pédaler à même le flux automobile souvent chaotique des rues de Paris? Et apparemment, ça se passe plutôt bien, la cohabitation s’avère relativement harmonieuse. Les chiffres sont pour le moins impressionnants. En septembre 2008, soit un peu plus d’un an après son lancement, on enregistre:

  • une moyenne de 91 500 locations par jour (parfois jusqu’à 100 000);
  • 215 000 abonnés annuels et 50 859 réabonnés;
  • près de 33 millions de locations depuis la mise en place de Vélib’.

Outre les bandes et les pistes cyclables, les cyclistes parisiens bénéficient également de nombreuses voies réservées aux autobus, soit celles marquées par le logo «vélos». Ces couloirs ont été élargis à 4,5 m pour permettre aux autobus et aux taxis de dépasser les cyclistes. On invite aussi ces derniers à rouler en sens inverse sur certaines rues (identifiées à cet effet) peu achalandées.

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À parfaire

En dépit de leur succès, les systèmes de vélo en libre-service sont en rodage et demandent une amélioration d’année en année. D’abord, malgré les précautions contre le vol – vélo indémontable, facilement identifiable, système de serrure antivol, etc. –, un grand nombre de vélos ont disparu, surtout à Paris où quelque 3000 Vélib’ ont été lourdement endommagés ou volés depuis les débuts. À Lyon, une campagne de sensibilisation incite les utilisateurs à prendre soin de leur monture et à signaler tout mauvais usage ou encore tout vélo brisé. Enfin, pour résoudre en partie le problème des stations toujours vides versus celles toujours pleines, Paris vient de désigner une soixantaine de stations «Bonus». Il s’agit en fait de regarnir les haltes situées dans les hauteurs de la ville. Pour ce faire, on accorde aux «grimpeurs» 15 minutes supplémentaires gratuites.

En Amérique du Nord

Des initiatives se créent lentement de ce côté-ci de l’Atlantique. Au printemps 2008, le programme SmartBike DC voyait le jour à Washington DC. Mais la tarification implique un abonnement annuel, limitant ainsi les possibilités sur le plan touristique. Bixi, le modèle qui sera implanté à Montréal, offrira l’option de recourir à un abonnement quotidien. Ce mode de transport qui, espérons-le, remportera beaucoup de succès auprès des citoyens devrait constituer un atout à l’offre touristique. Pour maximiser ses chances de popularité, quelques éléments sont à envisager:

  • trouver la (ou les) station Bixi la plus proche de votre entreprise pour en informer la clientèle (sur votre site Internet entre autres);
  • créer des itinéraires de découvertes de quartier et de visites d’attraits en tenant compte des stations Bixi;
  • déterminer les artères les plus sécuritaires et les mieux adaptées pour les déplacements à vélo, puis informer votre clientèle de leur existence;
  • élaborer des forfaits intégrant un abonnement quotidien à Bixi.

Favoriser les déplacements actifs et créer de l’animation urbaine

Dans ces villes où la population a rapidement adopté le vélo en libre-service, on remarque une progression de l’animation urbaine et de l’activité commerciale. Les déplacements à vélo, comme à pied, redonnent à la ville un visage plus humain, favorisent les contacts, les arrêts spontanés, et dynamisent la rue. Par ailleurs, une récente étude de l’Université de New South Wales révélait que malgré une augmentation des cyclistes dans les rues, le nombre d’accidents impliquant cyclistes et automobilistes était en baisse. Les vélos sur les routes entraîneraient un changement de comportement des automobilistes: ceux-ci adopteraient une conduite plus sécuritaire. Or, il faut sensibiliser tous les usagers à cette cohabitation qui est encore parfois très périlleuse dans les villes nord-américaines. Sans compter que les aménagements permettant des déplacements sécuritaires sont souvent manquants. Il serait souhaitable que la mise en place du vélo en libre-service suscite des initiatives en ce sens!

Sources:

–  Gaffney, Dan. «A virtuous cycle: safety in numbers for riders says research», University of New South Wales, [http://www.science.unsw.edu.au/news/a-virtuous-cycle-safety-in-numbers-for-riders-says-research/], page consultée le 1er octobre 2008.
–  Persiaux, Renaud. «Vélib’, Vélo’v, V’hello… Une vélorution», [scienceshumaines.com], page consultée le 2 octobre 2008.
–  The Associated Press. «Vélib’, un an et beaucoup de succès pour le vélo à Paris», [www.cyberpresse.ca], page consultée le 2 octobre 2008.

Sites Internet :
–    Bixi
–    City bike
–    SmartBikeDC
–    Vélib’
–    Vélo’v

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Ailleurs dans le monde Tendances

La créativité au service du développement urbain

À l’occasion d’une allocution prononcée lors d’une conférence sur le tourisme créatif se déroulant à Santa Fe du 28 septembre au 2 octobre 2008, Charles Landry, consultant en urbanisme, a livré sa vision d’une ville «créative». Selon lui, les problèmes urbains nécessitent des solutions créatives. Il existe mille et une façons de convertir des situations banales, voire irritantes, en des occasions insoupçonnées.

S’attaquer d’abord à la culture organisationnelle

«City managers want good solutions to their problems, but barriers to action always emerge. These underlying obstacles must be removed before we can build a creative environment. Most are generated by bureaucratic mentalities and the rigidity of professional disciplines…»

Selon Charles Landry, les organisations qui n’apprennent pas à innover deviennent hiérarchisées, très compartimentées (syndrome des silos) et orientées vers l’intérieur. La bureaucratie engendre un contexte où la finalité est moins importante que la procédure employée pour y arriver. Tout devient «interdit» à moins que ce ne soit clairement «autorisé». Le Cirque du Soleil représente probablement le meilleur contre-exemple où justement, c’est l’objectif qui compte: mettre en place des œuvres hautement créatives, alors que tout le reste pour y parvenir n’est que secondaire.

Pour atteindre de tels modèles, plusieurs façons de faire ou de penser doivent être transformées au sein de la culture organisationnelle. À l’aide d’un exemple schématisé, Charles Landry illustre sa pensée: la colonne de gauche représente la culture rigide, peu propice à la créativité, et celle de droite, un contexte favorable à l’innovation.

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Idées innovantes pour villes changeantes

Parfois, il faut savoir aborder les choses différemment: «Slow Is The New Fast». À cet égard, M. Landry a cité l’exemple de Barcelone qui prendra l’audacieux pari de conserver son identité propre au risque de réduire son volume touristique.

À la base, c’est une forte présence artistique qui permet à une ville d’être créative, insiste Charles Landry. De plus, l’histoire et la créativité forment d’excellents partenaires comme le démontre la ville de Paris qui a laissé la voie libre à une nouvelle génération de chefs-d’œuvre «de passage». Fresque artistique grandeur nature érigée sur la façade d’un immeuble, le «39, rue George-V» constitue une illustration du surréalisme urbain et contribue à mettre en valeur le patrimoine historique de la ville (photo).

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À Berlin, on a trouvé une façon originale et populaire de profiter de la rivière Spree, qui traverse la ville, en y aménageant une piscine publique construite à l’intérieur d’une barge. Celle-ci procure aux Berlinois un espace hors du commun pour la baignade (photo).

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Beaucoup d’exemples simples évoquent cette volonté de faire les choses autrement et de sortir des zones conventionnelles. Avec une petite dose d’ironie, certaines municipalités ont recouru à l’antithèse de la répression pour remplacer certaines affiches publiques qui marquent toutes sortes d’interdictions. Par exemple, dans un lieu où les chiens sont permis, on y trouve un panneau affichant «3 hours barking». Ailleurs, dans un parc aménagé pour les enfants, on les invite à jouer: «More ball games». Bien qu’anodins, ces exemples témoignent d’une volonté d’agir différemment, avec créativité.

En fait, tout peut devenir intéressant si l’on y ajoute un peu d’imagination. Même un banal stationnement public peut paraître invitant lorsqu’on y aménage une surface gazonnée (photo).

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Quand l’offre d’une ville lui procure un caractère créatif

«Ordinary people make extraordinary things when we let them the chance and the capacity to cross boundaries

C’est ce qu’ont tenté de mettre en application certains gestionnaires de la ville de Rotterdam, aux Pays-Bas, en organisant des safaris urbains pour faire vivre une expérience unique à leurs visiteurs.

Au départ, il s’agit d’une initiative qui favorise une exploration multiculturelle, amenant les touristes à faire la connaissance de résidants. Sous forme d’un rallye, les participants doivent parcourir la ville à la recherche d’indices qui les conduiront à la découverte de l’adresse précise d’un résidant avec qui ils pourront profiter d’un intéressant échange culturel. L’activité est possible grâce aux quelque 400 résidants et entrepreneurs qui ont volontairement accepté de se prêter à l’exercice en accueillant les touristes dans leur maison ou dans leur lieu de travail.

Un autre exemple «créatif» provient de la restauration, où certains établissements ont mis en place de nouvelles approches pour lutter contre les périodes creuses de la demande. Landry cite un restaurant à Hong Kong qui a décidé d’appliquer une grille variable de tarifs. Pour maximiser les plages horaires, les gestionnaires font varier les prix du menu du simple au triple selon le moment de la journée. Cette initiative a permis d’augmenter le taux de roulement de la clientèle de plus de 30%. Pour un autre établissement, le Tohtenko au Japon, c’est plutôt l’approche de la facturation à la minute qui a été adoptée ! Plusieurs clients mangent le plus rapidement possible pour alléger leur facture. La moyenne globale du temps des repas est de 12 minutes.

Les défis marketing du tourisme créatif

Charles Landry observe par ailleurs que l’un des problèmes reliés au tourisme culturel relève d’un manque de créativité. Toutefois, d’un point de vue marketing, faire la promotion d’une destination «créative» peut représenter un défi. En effet, comme le souligne Greg Richard, consultant en tourisme, de 3 à 5% des touristes seulement se qualifient de touristes «créatifs» ou «expérientiels». Par contre, de 25 à 28% des visiteurs se perçoivent comme des touristes «culturels». Dans son intervention, monsieur Richard faisait remarquer que la créativité et l’authenticité sont des termes complexes qui peuvent être difficiles à comprendre et qu’il vaut parfois mieux ne pas utiliser dans un contexte marketing d’une destination.

Bref, on le voit, il existe d’innombrables exemples. Bien qu’ils soient très différents les uns des autres, ils se démarquent tous par leur originalité et permettent de donner une âme créative à une ville. Le message de Charles Landry: ouvrez vos œillères et osez prendre des risques, le potentiel d’enrichissement de votre destination surpassera certainement la perspective d’un échec lié à une mauvaise idée.

Lire aussi:
Innover: une résolution à prendre pour l’industrie touristique en ce début d’année
La créativité et «Thinking outside the box» vont de pair

Sources:
– Charles Landry. «Creative Cities Conversation». Conférence internationale sur le tourisme créatif s’étant déroulée à Santa Fe du 28 septembre au 2 octobre 2008.
– Charles Landry. «The Creative City – A Toolkit for Urban Innovators», deuxième édition, 2008.

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Récupération, réutilisation et recyclage… du patrimoine!

Dans un monde où le recyclage est devenu le mot d’ordre, la récupération de bâtiments délaissés, de lieux inutilisés ou encore de matériaux s’inscrit tout naturellement dans le développement urbain. Le patrimoine bâti, qu’il soit d’origine industrielle, institutionnelle ou encore commerciale, jouit parfois d’une deuxième vie trépidante grâce à l’imagination et à la créativité d’entrepreneurs ou d’artistes qui n’ont pas froid aux yeux. Cette nouvelle vocation, généralement récréative, souvent culturelle, permet aux visiteurs comme aux «locaux» de découvrir des lieux inusités. Tour d’horizon de quelques conversions et récupérations profitables à l’industrie culturelle et touristique.

 

Une ancienne centrale électrique

Dans les années 1990, la Tate Gallery de Londres devait trouver un bâtiment, ou en construire un, pour exposer tout le volet moderne de la Tate collection. L’édifice alors désaffecté d’une centrale électrique s’est imposé de lui-même. Bâtiment d’envergure, disposant de beaucoup d’espace et situé le long de la rivière face à la cathédrale St. Paul, maintenant relié à la ville par le pont piétonnier Millenium Bridge, il répondait à tous les besoins. La firme d’architectes Herzog & Meuron a travaillé durant plusieurs années à cette conversion. L’ancienne salle des machines, notamment, a été transformée en un immense hall d’exposition. Bien visible de l’extérieur, une imposante structure de verre a été ajoutée sur la toiture, permettant ainsi à la lumière de pénétrer en abondance.

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Un musée démontable

Le Nomadic Museum voyage d’une ville à l’autre afin de présenter l’exposition permanente qu’il héberge: Ashes and Snow de Gregory Colbert. Ce dernier est à l’origine de ce concept architectural plutôt audacieux: un musée dont la structure démontable peut s’assembler relativement facilement dans les ports de ville, souvent pourvus de grands espaces. Le premier Nomadic Museum était constitué de 152 conteneurs en acier et de divers matériaux récupérés et recyclables. En tout, le musée occupe 5300 mètres carrés, soit deux galeries d’exposition et trois salles. Le musée a d’abord vu le jour à Venise, puis a visité New York, Santa Monica et Tokyo. Il est actuellement à Mexico, entièrement fait de bambou cette fois.

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Un transatlantique de 1936

Dans un tout autre registre, le Queen Mary, ancien transatlantique, amarré au port de Long Beach en Californie depuis de nombreuses années, est une destination touristique en soi. Inauguré en 1936 en Angleterre, ce paquebot est chargé d’histoire. À bord, on trouve notamment un hôtel, des restaurants, des boutiques, des cafés et des bars. On peut y voir des spectacles, faire un tour guidé historique. Il est même possible de prendre part au Ghosts & Legends Show qui relate entre autres, à travers une visite des lieux, les événements paranormaux qui ont été rapportés au cours des années. Et pour une quatrième année consécutive, le festival Art Deco, en association avec l’Art Deco Society of Los Angeles, se déroulera à son bord en septembre.

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La TOHU

On ne peut parler de conversion d’un lieu sans évoquer la formidable transformation générée par la TOHU dans le quartier Saint-Michel à Montréal. Sis sur une ancienne carrière puis site d’enfouissement en réhabilitation, la TOHU regroupe sur son territoire la première salle de spectacles circulaire au Canada, le pavillon d’accueil du Complexe environnemental de Saint-Michel (CESM) les bureaux d’En Piste, l’École nationale de cirque, ainsi que le siège social international et le centre d’hébergement des artistes du Cirque du Soleil. Elle constitue l’un des plus grands carrefours de formation, de création, de production et de diffusion en arts du cirque au monde. En plus, elle participe activement à la réhabilitation d’un des plus importants sites d’enfouissement en milieu urbain de l’Amérique du Nord, tout en contribuant à la revitalisation du quartier, et elle priorise l’embauche de ses résidants.

Le pavillon d’accueil a été conçu avec un grand souci environnemental. Certifiée Leed (Leadership in Energy and Environmental Design), la structure rassemble de nombreux éléments architecturaux recyclés. Par exemple, les rampes de la balustrade de l’escalier intérieur proviennent des anciennes autos tamponneuses de La Ronde. Des poutres recyclées des usines Angus font partie de la structure du bâtiment et des dormants de chemin de fer ont été nettoyés et décontaminés pour être intégrés à l’entrée et à la terrasse. La TOHU regroupe ainsi une partie du patrimoine industriel de Montréal.

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Quand une librairie devient un attrait

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Une église de Maastricht, aux Pays-Bas, datant de 1294, a récemment subi une transformation extrême. La conversion de l’institution en librairie l’a rendue plus populaire que jamais. Il s’agit maintenant d’une attraction, si ce n’est que pour y découvrir le design architectural du commerce intégré au somptueuxbâtiment restauré. Les nombreuses églises européennes se vident… certains entrepreneurs y vont d’audace et en font des commerces. Mais l’église et les livres devraient faire bon ménage puisque la lecture, le silence, le recueillement et la réflexion forment un heureux mélange.

 

Tirer profit de notre histoire

Une utilisation inventive du patrimoine et le recours à des concepts novateurs pour la diffusion des arts transforment et dynamisent les milieux urbains. Tirons profit des espaces abandonnés, des composantes de notre histoire industrielle et du cadre bâti existant en lui redonnant vie par les arts, la culture et le design. Inspirons-nous de ce qui se fait ailleurs, les exemples ne manquent pas!

Source:
– Castro-Fernandez, Bélen et Rubén C. Lois-Gonzalez. «Se loger dans le passé», Espaces et sociétés, no 126, 2006.
– Glancey, Jonathan. «In the Beginning Was the Bestseller», Guardian, 9 avril 2008.
– Nadeau, Gervais. «La Tohu: Moteur de développement économique», Réseaux, juin-juillet 2008.

Sites Internet:
– Ashes and Snow: http://www.ashesandsnow.org
– La TOHU: http://www.tohu.ca
– Merkx + Girod: http://www.merkx-girod.nl/
– Queen Mary: http://www.queenmary.com
– Tate Modern: http://www.tate.org.uk

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Hébergement Tendances

Faisons grand cas de l’hôtellerie de long séjour

Les hôtels spécialisés en «longs séjours» (extended-stay hotels) occupent une niche unique dans l’industrie hôtelière. Ils desservent des clients qui demeurent dans l’établissement pour environ une semaine en souhaitant se sentir un peu «comme à la maison». Particulièrement bien implantés aux États-Unis, on en compte également plusieurs au Canada et ils envahissent tranquillement l’Europe et l’Asie.

Le concept d’hôtel de long séjour a vu le jour aux États-Unis en 1974 lorsque Marriott a ouvert son premier Residence Inn. Depuis, le pays compte près de 2000 établissements et 273 autres sont en construction (30 000 chambres), soit 51% de plus qu’en 2006.

Description des hôtels de long séjour

La définition communément acceptée décrit le produit comme un hôtel comportant des suites avec cuisinette et aire de travail où les clients logent pendant cinq jours ou plus. Ces établissements n’offrent généralement pas de services auxiliaires comme un bar, un restaurant ou le service des bagages, mais proposent bien souvent une salle à petit déjeuner. Ils sont habituellement composés d’une combinaison de studios et d’appartements à une ou deux chambres.

Aux États-Unis, les hôtels avec service complet ont un ratio de un employé par chambre; ceux des établissements typiques de long séjour, de un pour quatre chambres, ces hôtels nécessitant moins de personnel à l’accueil et à l’entretien.

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La clientèle qui choisit de séjourner dans un hôtel de long séjour souhaite se sentir un peu «chez soi», et ce, durant une période plus ou moins longue. Pour cette raison, le service doit être particulièrement personnalisé.Les principaux joueurs sont présentés dans le tableau suivant.

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Aperçu de la performance du secteur

Les hôtels de long séjour représentent 5,8% de l’offre hôtelière aux États-Unis et leur part des revenus est passée de 4,7% en 2003 à 5,6% en 2007. Smith Travel Research segmente les hôtels de long séjour en trois catégories, soit supérieure, moyenne et inférieure. Depuis 2003, l’offre de chambres a augmenté de façon plus significative dans le cas des établissements de catégorie supérieure.

Le taux d’occupation des hôtels de long séjour est généralement plus élevé que pour l’ensemble de l’hôtellerie américaine, étant moins affecté par l’occupation en semaine en comparaison des fins de semaine et par le taux de roulement de la clientèle. Le taux d’occupation a légèrement diminué de 2005 à 2007, se situant à 74% en 2007, mais conserve son avance de plus de 10 points de pourcentage sur l’hôtellerie en général.

Avec moins d’aires communes de services, ces hôtels engendrent des coûts de construction moindres que l’hôtellerie en général, même si les chambres sont mieux équipées. Puisqu’il s’agit de suites spacieuses avec cuisinette, les tarifs moyens sont souvent plus élevés que ceux des hôtels de qualité comparable. Les prix sont d’ailleurs ajustés en fonction de la durée du séjour. Il en résulte une marge bénéficiaire au-dessus de la moyenne de l’industrie.

Clientèles diversifiées

La clientèle d’affaires prédomine. Les gestionnaires d’aujourd’hui sont particulièrement mobiles et flexibles. Directeurs, consultants, professionnels sont souvent assignés à un lieu de travail différent pour une durée plus ou moins longue. Les voyageurs qui participent à des congrès, à des formations ou à des expositions peuvent également rechercher un hébergement de long séjour. Mentionnons entre autres les artistes, les musiciens et les sportifs qui sont susceptibles de s’arrêter plusieurs jours au même endroit.

La clientèle d’agrément est aussi attirée par ce type d’hébergement qui leur procure un espace habitable plus spacieux. Les familles apprécient le bon rapport qualité/prix et la possibilité d’y prendre les repas. Cette clientèle est concentrée en été. On trouve plusieurs hôtels de long séjour autour des grands parcs à thème et ils sont généralement reliés au site par un service de navette.

Selon la firme HVS Research, les établissements situés en milieu urbain reçoivent une majorité de clients (60%) pour une durée de séjour moyenne (pour ce type d’hébergement), c’est-à-dire de une semaine à un mois. Les séjours de moins de une semaine représentent environ 30% des nuitées et les 10% restant séjournent plus de un mois.

Bénéfices multiples

Les hôtels de long séjour présentent des bénéfices pour chacun des intervenants.

  • Pour les développeurs, les propriétaires et les investisseurs: des coûts inférieurs d’exploitation et de développement, un risque plus faible et un meilleur retour sur l’investissement.
  • Pour les acheteurs corporatifs: un produit nouveau et de qualité, souvent à moindre coût.
  • Pour les consommateurs: un éventail large et flexible de choix d’hôtels lorsqu’ils recherchent un établissement et une solution adaptée aux longs séjours.
  • Pour l’hôtellerie en général: les hôtels de long séjour ne concurrencent pas directement l’hôtellerie traditionnelle, s’avérant plutôt complémentaires. Leur présence contribue néanmoins à une hausse de l’offre de qualité.

Les établissements de long séjour sont particulièrement pertinents dans les marchés où il y a un volume d’affaires important et où les déplacements d’affaires représentent de longues distances, ainsi qu’autour des parcs à thème.

Sources:
– Bowers, Bobby. «Extended-stay Hotel Segment Experiences Market Growth», Hotel & Motel Management, 7 mars 2008.
– Baker, Micheal B. «Suite Clarity: Homewood, Homestead Sweep Ext.Stay», Business Travel News U.S. Hotel Chain Survey 2008, 17 mars 2008.
– Geieregger, Elke et Arlett Oehmichen. «A Home For The Modern Nomad: Extended Stay Hotels», HVS London Office, avril 2008.
– Highley, Jeff. «Extended-stay Builds on History», Hotel & Motel Management, 15 octobre 2007.
– PriceWaterhouseCoopers. «Extended-stay Hotels: a US Model Whose Time Has Come in the UK?», PriceWaterhouseCoopers, Hospitality Directions Europe Edition, mars 2007.

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Hébergement

La cohabitation d’hôtels: une concurrence parfois souhaitable

Location, location, location, comme le disent si bien les anglophones. La localisation d’un hôtel joue un rôle déterminant comme facteur d’attraction de la clientèle. Certaines catégories d’hôtels bénéficient de la présence de concurrents, pour d’autres c’est le contraire. Des chercheurs de l’Université de Cornell ont étudié la question en portant une attention particulière sur l’effet de la cohabitation entre les établissements en fonction des différentes catégories d’hôtels.

Méthode de l’enquête

Les chercheurs de l’Université de Cornell ont utilisé un échantillon de 14 995 hôtels répartis sur l’ensemble du territoire américain, dont quelque 1162 établissements indépendants. L’objectif de l’étude consistait principalement à déterminer quel type d’hôtel pouvait tirer des bénéfices d’être situé dans une agglomération regroupant diverses catégories d’établissements et quels autres engendraient des effets négatifs pour leurs compétiteurs.

Pour chacun des hôtels, les caractéristiques suivantes ont été compilées:

  • nombre de chambres,
  • division métropolitaine,
  • localisation géographique précise,
  • type de localisation (urbaine, rurale, zone aéroportuaire, villégiature, près d’une autoroute, etc.),
  • catégorie d’hôtel (de luxe, haut de gamme, intermédiaire avec ou sans service de restauration, économique).

Pour répondre aux objectifs de l’étude, deux importants paramètres ont été pris en considération. D’abord l’aspect de l’«écart stratégique», qui consiste à mesurer l’écart entre la catégorie d’un hôtel et la moyenne attribuée à l’agglomération. Le deuxième paramètre employé visait la performance de l’établissement, où le RevPAR (revenu par chambre disponible) est calculé en divisant le revenu annuel des chambres par le nombre de chambres disponibles.

Les conclusions de l’étude

Les recherches menées par Cathy A. Enz, Linda Canina et Jeffrey Harrison ont permis de tirer quelques conclusions intéressantes:

  • La performance d’un hôtel de catégorie moindre augmente lorsque la moyenne de la classification de son agglomération s’accroît.
  • À l’inverse, la performance d’un hôtel de catégorie supérieure diminue lorsqu’on multiplie le nombre d’établissements de catégorie moindre dans son agglomération.
  • Lorsqu’ils sont localisés suffisamment à l’écart des autres hôtels, les hôtels de luxe enregistrent un meilleur RevPAR et évitent ainsi les effets négatifs de la cohabitation.
  • L’affiliation à une chaîne crée des effets positifs pour presque tous les segments, mais particulièrement dans le cas des catégories intermédiaires. L’exception vient des hôtels de luxe qui sont tout aussi performants, qu’ils appartiennent à une chaîne ou non.
  • On note une performance supérieure des hôtels localisés dans des zones rurales affichant une forte proportion de chaînes hôtelières. La capacité des bannières d’attirer la clientèle dans des zones plus éloignées se répercute positivement sur l’ensemble du parc d’hébergement de l’agglomération.
  • Le caractère hétérogène des segments d’hôtels à l’intérieur d’une agglomération rend cette destination plus attrayante, notamment en offrant une sélection diversifiée et en réduisant les efforts de recherche de la clientèle.
  • Fait intéressant, en présence d’un environnement fortement hétérogène, ce sont les hôtels de luxe qui parviennent le mieux à tirer leur épingle du jeu. Pour leur part, le segment des établissements intermédiaires avec services limités n’obtient aucun effet positif d’être situé au sein d’un parc hôtelier diversifié.

Des retombées concrètes

De façon générale, lorsqu’ils planifient le développement d’un futur hôtel, les gestionnaires doivent s’interroger sur le choix de l’emplacement du site et surtout sur quel segment de marché l’hôtel se positionnera. On pourrait penser que ce sont d’abord les pôles touristiques – attractions, plans d’eau, centres urbains, etc. – qui entraînent la cohabitation d’hôtels. Or, la compilation effectuée dans l’étude n’a identifié que 20% des agglomérations aux États-Unis qui bénéficiaient de tels attributs. Elle démontre toutefois qu’une attention particulière doit être accordée à la densité environnante des autres services similaires.

Les auteurs de l’étude ont poussé la démarche un peu plus loin pour mieux évaluer concrètement les avantages financiers des effets de la cohabitation. Ils ont développé un scénario basé sur l’hypothèse d’un hôtel de 144 chambres de catégorie intermédiaire avec service de restauration situé dans une agglomération comprenant 40% d’établissements de classification supérieure (secteur 1). Ils ont comparé la performance de cet hôtel fictif avec une propriété similaire, mais localisée dans un secteur abritant 75% d’hôtels de catégorie supérieure (secteur 2). Sur une base annuelle, les auteurs estiment qu’il existe un gain potentiel supplémentaire d’environ 800 000$, soit 5600$ par chambre, pour un hôtel situé au sein du secteur 2, démontrant ainsi toute l’importance de la localisation.

De plus, si le lieu de construction d’une nouvelle propriété est situé trop près des autres hôtels, il sera plus difficile pour les gestionnaires d’utiliser le facteur de la localisation comme argument de vente à titre d’avantage concurrentiel. À l’opposé, si le site sélectionné se trouve trop éloigné de l’agglomération, les efforts marketing de la concurrence ne rejailliront pas autant sur l’établissement. Une importante campagne promotionnelle pourrait alors s’avérer nécessaire pour convaincre la clientèle potentielle des bénéfices d’opter pour cet hôtel et cette localisation.

Sources:
– Chung, Wilbur et Arturs Kalnins. «Co-location Effects and Performance: A Test of the Texas Lodging Industry», Strategic Management Journal, vol. 22, 2001.
– Enz, Cathy A., Linda Canina et Jeffrey Harrison. «The Agglomeration Conundrum: How Co-location Helps Some Hotels and Hurts Others», The Center for Hospitality Research – Cornell University, octobre 2005.

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Tendances

Place à la «starchitecture»!

Dans un monde de plus en plus urbain, pour se renouveler et se démarquer, les villes cherchent à se procurer une signature forte, une icône sur laquelle appuyer leur personnalité et qui les inscrira dans les villes de l’avenir. «L’effet Guggenheim», vous connaissez? Soit l’impact sans précédent du projet de revitalisation urbaine de Bilbao, dont l’objet central a été la construction du spectaculaire musée dessiné par Frank Gehry. Le design se démocratise, les architectes sont des vedettes, les projets affluent et les concepts sont parfois très audacieux! Et les villes canadiennes n’y échappent pas! Regard sur quelques projets audacieux récents ou en devenir.

Toronto

Depuis quelques années déjà, le centre-ville de Toronto jouit d’une vitalité culturelle et d’un renouveau architectural exponentiel. Parmi les grandes transformations récentes ou en cours:

L’agrandissement du Musée royal de l’Ontario (ROM)
La nouvelle structure, inaugurée en juin 2007, tranche le paysage par son style contemporain audacieux. Dessiné par l’architecte de renommée mondiale Daniel Libeskind – il remporta le concours pour la reconstruction du World Trade Center de New York –, le design controversé du Michael Lee-Chin Crystal fait jaser. L’architecte estime, lui, que le design permet de communiquer le passage vers un renouvellement de la ville:

« Why should one expect the new addition to the ROM to be ‘business as usual’? Architecture in our time is no longer an introvert’s business. On the contrary, the creation of communicative, stunning and unexpected architecture signals a bold re-awakening of the civic life of the museum and the city. »
– Daniel Libeskind
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L’agrandissement de l’Art Gallery of Ontario (AGO)
Presque achevée, la transformation très attendue de l’AGO est l’oeuvre du célèbre architecte Frank Gehry, natif de Toronto. C’est d’ailleurs pour ce dernier que l’on créa le terme «starchitecture», qualifiant les ouvrages au design bien distinctif qui deviennent des sites d’intérêt pour les visiteurs. L’inauguration de l’AGO est prévue pour l’automne 2008.

Bell Lightbox

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Le Toronto International Film Festival Group s’offre un nouveau toit et en fera une destination accessible toute l’année à tous les amateurs de cinéma, ainsi qu’aux professionnels de l’industrie. Située au cœur de l’Entertainment District, la structure sera composée d’un édifice «plate-forme» de cinq étages sur lequel reposera une tour de condominiums. La firme d’architectes KPMG a été retenue pour ce projet.

Calgary

Les projets d’envergure ne manquent pas à Calgary. On parle même d’une «révolution architecturale». D’ici 2011, le paysage de cette ville aura considérablement changé. L’un des projets les plus audacieux est celui de l’édifice Bow, qui consiste en une tour de bureaux de 58 étages en forme de croissant et offrant une vue sur la Bow River, d’où son nom. Il a été dessiné par Norman Foster, grand nom de l’architecture. Les travaux, qui ont débuté à l’été 2007, devraient être complétés en 2011.

Edmonton

Le nouvel édifice de l’Art Gallery of Alberta, actuellement en construction, devrait ouvrir ses portes à la fin de l’année 2009. Au cœur du quartier des Arts, cette structure de verre symbolise les courbes de la North Saskatchewan River qui traverse la ville, ainsi que les aurores boréales. Elle se veut aussi une empreinte de la renaissance culturelle d’Edmonton et du tournant de la ville vers l’avenir.

Vancouver

Le Vancouver Library Square, projet de 100 millions de dollars complété en 1995, a été conçu par l’architecte Moshe Safdie, l’homme derrière Habitat ’67. Le complexe occupe tout un îlot de la ville et comprend sept édifices abritant notamment bureaux gouvernementaux, boutiques, cafés et restos, dont un bâtiment particulièrement monumental par son design original inspiré du Colisée de Rome. Le toit de la bibliothèque fait office de grand jardin public.

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Halifax

Même Halifax, ville dont le patrimoine historique très riche domine le centre, ose défier l’opinion publique avec des tours asymétriques en verre. Le projet a fait couler beaucoup d’encre dans la capitale néo-écossaise. Les défenseurs du patrimoine et ceux qui estiment que les édifices vont entraver l’ouverture sur le port et la mer ont tenté de convaincre la Cour suprême des torts que pourrait entraîner la construction de ces bâtiments au design contemporain. Mais le projet est conforme à la Municipal Planning Strategy et ira de l’avant. Surnommées les «Twisted Sisters» à cause de leur forme incurvée, elles sont composées de verre, de cuivre et de pierre. Elles comprendront un hôtel, des condos et des espaces commerciaux.

Audace et vision à long terme

Les concours internationaux d’architecture ouvrent la porte à un renouveau urbain très stimulant. Les projets majeurs, les coups d’éclats, les constructions spectaculaires font souvent l’objet de controverse parce qu’ils dérangent les conventions et choquent parfois par leur design surprenant. Dans une perspective de développement durable, ces concepts doivent respecter certaines règles et s’insérer dans une vision à long terme. À titre d’exemple, le fameux musée Guggenheim de Bilbao constitue l’image forte d’un projet global de revitalisation du centre de la ville et, encore aujourd’hui, le processus de renouvellement se poursuit.

Le design, parfois audacieux, fait de plus en plus partie intégrante des projets de développement, surtout dans le cas d’institutions culturelles. Il s’agit d’un intérêt collectif récent appelé à rejoindre une part grandissante de la population puisqu’il favorise l’émergence de milieux de vie séduisants, dynamiques, et permet de renforcer la personnalité d’une ville, de créer une signature. Le directeur du projet d’agrandissement du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), John Porter, l’a bien compris et clame son ambition de faire du musée une icône de la ville de Québec, l’équivalent pour le 21e siècle de ce qu’à été le château Frontenac pour le siècle précédent. Voilà l’expression d’une vision plutôt emballante! Saura-t-elle rallier la population et les intervenants impliqués? C’est à suivre!

Sources:
– Catto, Susan. «A Revitalized Toronto Pins Its Hopes on the Hobbits», The New York Times, 22 mars 2006.
– CBC News. «Halifax ‘Twisted Sisters’ Development Gets Go-Ahead», 13 septembre 2007.
– McDonald, Roberta. «Calgary’s Architectural Revolution», Where, septembre 2007.
– Radio-Canada. «La beauté et le design des villes», entrevue de Marie-France Bazzo avec Gérard Beaudet et François Cardial, Indicatif Présent, 2 mai 2005.
– Toderian, Brent. «Does Vancouver Need (or Want) Iconic Architecture?», Planitizen: the Planning & Development Network, [http://www.planetizen.com/node/29385], 21 janvier 2008.
– Williams, Patricia. «Building a Future for Art in Edmonton», Journal of Commerce, 14 juin 2006.

Sites Internet:
Art Gallery of Alberta
Art Gallery of Ontario
Bell Lightbox
Foster & Partners
Royal Ontario Museum
Vancouver Public Library

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Produits et activités

Les visites guidées revues et améliorées!

Des voyageurs expérimentés, le retour à des destinations déjà visitées, la recherche d’expériences uniques, nouvelles, authentiques et davantage personnalisées, voilà quelques-unes des raisons qui expliquent l’engouement pour les visites guidées spécialisées. Les thèmes empruntés par les organismes qui proposent de découvrir la ville différemment sont nombreux: le design, la mode, les marchés publics, les secrets bien gardés, ou encore des visites sur mesure, selon le thème prescrit préalablement par le visiteur. Voici un tour guidé de quelques initiatives originales.

Vers des expériences authentiques

Bien qu’il réponde toujours à la demande d’une clientèle aux comportements plus traditionnels, le classique tour guidé en autobus à travers la ville, qui en identifie les principaux points d’intérêt, ne suffit plus. À la recherche d’authenticité (lire aussi: Les touristes à la recherche d’authenticité, mais que veulent-ils au juste?), un nombre grandissant de voyageurs expérimentés souhaitent visiter et découvrir des lieux véritablement habités, c’est-à-dire des endroits où l’on vit, où l’on crée, travaille, mange, s’amuse, dort. Ils veulent voir et savoir comment ça se passe dans la «vraie» vie des autres!

Des visites guidées personnalisées

Souvent créées par des artistes, des designers, des journalistes ou encore des professionnels en marketing, les visites guidées spécialisées semblent avoir la cote. À Londres, l’entreprise Urban Gentry propose des tours «hors des sentiers battus» et offre d’explorer la ville comme le ferait un urbain local très branché et sophistiqué. Authentic, eclectic, selective: voilà la devise supportant la conception des itinéraires. Chaque petit groupe (jusqu’à 4 personnes) peut choisir à partir de thématiques, comme London Cool, qui comprend le Fashion Forward Tour – tournée des commerces de mode –, ou encore selon ses intérêts, comme les arts, la mode, le design ou ce qu’ils appellent Village London, qui regroupe des tours permettant de découvrir la vie de quartier dans différents secteurs.

Urban Gentry ne fait pas dans la visite historique. Bien que le guide-interprète donne un aperçu du contexte historique du lieu visité, sa force réside dans sa capacité à faire entrer les gens en contact avec les locaux: propriétaires de galeries d’art, designers, entrepreneurs, gérants de boutiques. L’expérience du visiteur s’en trouve grandement enrichie. Étant donné son caractère personnalisé, il s’agit d’un produit relativement luxueux: un tour d’une demi-journée coûte environ 159 livres, soit un peu plus de 320$/groupe de quatre.

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À Paris, une initiative similaire est offerte: eye prefer PARIS tours. L’instigateur et guide de l’entreprise, Richard Nahem, est un ex-New-Yorkais devenu francophile à la suite d’un voyage dans la ville lumière. Auteur d’un blogue du même nom sur lequel il partage ses coups de cœur de la ville, il offre des visites guidées sur mesure. Son slogan: «See the Paris tourists never see!» Déjà, sur son site Internet, il met en appétit en suggérant quelques découvertes:

  • un manoir du 19e siècle rassemblant la plus grande collection de Monet;
  • l’atelier d’un artisan-joaillier à l’œuvre;
  • le meilleur marché public de Paris, dissimulé dans une cour intérieure;
  • un charmant café où l’on sert les meilleurs desserts de Paris;
  • le designer du Marais, quartier branché de Paris, où l’on trouve de véritables aubaines.

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Mis sur pied par des professionnels en marketing, le concept de guides Unlike s’adresse plus particulièrement à la mobile generation, soit celle qui ne se déplace jamais sans son cellulaire ou son «BlackBerry». Ce sont des guides urbains téléchargeables sur téléphone ou appareil «iPod Touch». À partir des renseignements fournis sur le site Internet, chaque personne peut élaborer son itinéraire à même le site, supporté par Google Maps. Ces tours sont ensuite partagés en ligne. À l’heure actuelle, il existe un guide Unlike de Berlin et on prévoit en créer pour les villes de Los Angeles, de Barcelone, de Vienne, de Capetown, de Shanghai et de Tokyo.

Les initiatives originales sont nombreuses. À Tokyo, deux journalistes britanniques qui ont élu domicile dans la capitale japonaise il y a 18 ans ont créé Bespoke Tokyo, qui offre des «urban safaris for savvy city trekkers». À Toronto, City Surf élabore des itinéraires pour les voyageurs qui souhaitent découvrir à pied les différents quartiers de la ville. Pour 10$, il est possible de télécharger de leur site Web la visite commentée en format MP3 et de la transférer sur un lecteur approprié. Les San Francisco City Guides, grâce au Tides Center et à la San Francisco Public Library, offrent depuis 1978 des visites à pied gratuites, pilotées par leurs 200 bénévoles passionnés pour leur ville. En 2006, près de 22 000 personnes ont participé à l’une ou l’autre des nombreuses visites spécialisées dans les différents quartiers de San Francisco.

Deux exemples d’ici

À Montréal, l’entreprise Guidatour, en plus de ses tours guidés plus classiques, a égalemeCB_2008-05_visites_guidees_img3nt développé toute une série de visites thématiques: L’histoire du jazz, Cinéma à la Montréal, Montréal insolite ou encore Le sexe et la cité, pour ne nommer que celles-là. À Québec, dès ce printemps, il sera possible de participer à une visite guidée au pas de course! L’entreprise Québec Jogging Tours propose en effet de découvrir les attraits de la ville à l’aide d’un guide-interprète, tout en faisant son jogging. Ce produit s’adresse donc tout particulièrement aux touristes soucieux de leur forme physique et qui souhaitent sortir de la salle de gym de l’hôtel. (Lire aussi: Clin d’œil – Quand course à pied rime avec tour guidé.)

Et le guide-interprète dans tout ça?

Dans cette recherche d’authenticité, l’interprétation joue un grand rôle. Le sens que prendra l’interprétation d’un lieu, d’un événement ou d’un fait historique dépendra d’une foule d’éléments, dont le contexte dans lequel le visiteur est plongé, le comportement du guide, la qualité de l’interprétation, ainsi que tout le bagage et les références que possède le voyageur.

À cet égard, le rôle du guide-interprète, dans les cas où il y en a un, est crucial. Lorsqu’il s’agit de visiter des sites historiques ou patrimoniaux, le volet éducatif prime. Mais dans le cas de découvertes de quartiers, de lieux inhabituels, l’information, en plus de l’attitude du guide et sa capacité à mettre en relation le commerçant ou l’artiste local avec le visiteur y seront pour beaucoup dans la qualité de l’expérience. Le recours à l’humour, la participation des visiteurs, l’incitation à se questionner, l’ouverture d’esprit… les guides disposent de plusieurs moyens pour faire de leur tour une visite hors de l’ordinaire.

Des opportunités

Les services qui s’adressent à un marché de masse tendent de plus en plus à se spécialiser et à se personnaliser. Et les opportunités peuvent s’avérer nombreuses! Les thématiques abordées par certaines entreprises citées plus haut sont plutôt inspirantes… Sachez dévoiler aux visiteurs vos secrets bien gardés!

Lire aussi:
Les touristes à la recherche d’authenticité, mais que veulent-ils au juste?
Clin d’œil – Quand course à pied rime avec tour guidé

Sources:
– Croughton, Paul. «Guided London Tours Get Hip», The Sunday Times, 6 janvier 2008.
– Reisinger, Yvette et Carol Steiner. «Reconceptualising Interpretation: The Role of Tour Guides in Authentic Tourism», Current Issues in Tourism, vol. 9, no 6, 2006.

Sites Internet:
Bespoke Tokyo
City Surf
Eye prefer PARIS tours
Guidatour
Québec Jogging Tours
San Francisco City Guides
Unlike City Guides
Urban Gentry

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Ailleurs dans le monde Produits et activités

Découvrir la ville pas à pas

Quelle est la meilleure façon de découvrir une ville? Tout le monde s’entend, c’est à pied. Et les villes les plus agréables à visiter sont souvent celles dont les aménagements urbains favorisent la marche. Pour apprécier l’architecture, le patrimoine bâti, pour entrer spontanément dans une boutique, une galerie d’art, un musée, un café, pour s’asseoir à une terrasse, pour voir, écouter et rencontrer les «locaux», pour s’imprégner de l’âme des lieux, il faut marcher.

Les changements climatiques nous forcent à revoir la place de l’automobile dans nos vies et dans nos villes et impliquent une remise en question de l’aménagement urbain. Autrefois planifiée en fonction de l’automobile, la rue est revue en fonction des différents modes de déplacement, mais aussi comme lieu de rencontres, d’échanges, de vie. Rappelons-nous qu’une ville vivante, grisante par l’énergie de ceux qui l’habitent, s’avère souvent un préalable à l’émergence et au maintien d’une destination touristique convoitée.

Le nouvel urbanisme

Dans la lignée du développement durable s’inscrit le «nouvel urbanisme» – nouveau depuis plus d’une dizaine d’années, voire une vingtaine, selon les sources. Ce courant, créé en réaction aux développements qui privilégient les déplacements en voiture et les aménagements déployés sur de grands territoires, cherche à «réhumaniser» l’espace urbain. Les principes de base du nouvel urbanisme s’articulent autour des éléments suivants:

  • accessibilité et aménagements qui favorisent les déplacements à pied,
  • mixité et diversité des usages et des résidants,
  • densités augmentées,
  • diversité de l’habitation,
  • structure traditionnelle – un centre bien distinctif, plus dense, avec une place publique, l’intégration judicieuse de l’art public, la variété d’usages, de commerces et de services de proximité facilement accessibles à pied, etc.,
  • qualité de l’architecture et du design urbain,
  • réseau de transport intelligent,
  • développement urbain durable,
  • développement social inclusif,
  • qualité de vie.

La piétonnisation

Pour rendre les rues plus agréables aux piétons, aux «locaux» et aux visiteurs, de nombreux élus municipaux envisagent la piétonnisation provisoire de certaines avenues. L’idée peut sembler séduisante. De nombreuses rues piétonnes sillonnent les villes européennes. Souvent étroites, parfois tortueuses, bordées de bâtiments riches en histoire et abritant commerces, terrasses et restaurants très fréquentés, ces rues font la joie des touristes. Outre les piétonnisations temporaires pour la durée d’un festival ou d’un événement ponctuel, Montréal souhaite voir certaines sections de ses rues fermées à la circulation automobile pour des périodes prolongées, comme ce sera le cas d’un tronçon de la rue Sainte-Catherine Est, dans le quartier gai, dès l’été 2008. D’autres rues de la ville pourraient, éventuellement, être en partie transformées en voies piétonnes. Parmi les projets à l’étude:

  • rue Saint-Paul, dans le Vieux-Montréal (entre la rue du marché Bonsecours et le boulevard Saint-Laurent),
  • rue Gilford, sur le Plateau Mont-Royal (entre la rue Saint-Denis et la station de métro Laurier),
  • rue Duluth, sur le Plateau Mont-Royal (entre le parc Jeanne-Mance et le parc La Fontaine),
  • projets de zones piétonnes dans le réaménagement du quartier Griffintown.

Les zones de rencontres

Mais, pour encourager la fréquentation piétonnière de la rue, il existe d’autres solutions moins radicales. La création de zones de rencontres, mieux connues sous le vocable de shared spaces*, semble être une avenue très convoitée pour y arriver. Le principe consiste à mieux aménager l’espace public pour favoriser une cohabitation respectueuse entre automobilistes, cyclistes et piétons. Et le concept est plutôt audacieux. Il s’appuie sur une meilleure communication entre les individus et une vigilance stimulée par l’environnement immédiat. Les façons de procéder impliquent généralement une réduction significative de la limite de vitesse, le retrait des feux de circulation et des arrêts obligatoires et, dans certains cas, le recours à des revêtements de pavés colorés. Cette approche a été expérimentée dans de nombreuses villes européennes, dont Drachen au Pays-Bas, Londres, Barcelone, Nice, ainsi que dans quelques villes nord-américaines comme West Palm Beach en Floride. Les répercussions sont positives: moins d’accidents, surtout entre autos et piétons, une circulation toujours fluide, une cohabitation beaucoup plus harmonieuse puisque, étant donné l’obligation de partager la voie, les gens sont plus vigilants. En outre, la réduction de la vitesse permet un contact des yeux et inciterait à communiquer ses intentions; cette façon de circuler renforcerait l’esprit de communauté.

Quelques exemples

La célèbre intersection Seven Dials, à Londres, a subi des transformations selon le principe des zones de rencontres; son aménagement incite les piétons à s’y déplacer aisément et les automobilistes à y rouler lentement. Les exemples de High Street Kensington, toujours à Londres, de Lyngby au Pays-Bas et de Bilbao en Espagne – voir les photos ci-dessous – illustrent bien le concept.

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D’autres exemples d’aménagements favorisant une meilleure cohabitation

New York City Streets Renaissance, coalition de groupes qui proviennent de divers milieux, fait campagne pour une meilleure planification de l’espace public. Ce regroupement scrute les concepts développés ailleurs et élabore des projets qui valorisent la fréquentation de la rue par les cyclistes et les piétons et restreignent la circulation automobile. Voici quelques idées imaginées par cette association: Réaménager Astor Place et en faire une destination pour les piétons.

 

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Pour favoriser une fréquentation accrue des commerces et des restaurants d’une section de West Broadway, NYC Streets redessine une intersection de la célèbre avenue.

 

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Plus fréquentée par les piétons que les automobilistes, la rue Grand Street se voit dotée d’un large trottoir.

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Favoriser des expériences urbaines authentiques

Pour créer des milieux de vie de qualité, il faut revoir nos façons d’aménager la ville en favorisant un meilleur partage de ses lieux et faire de la rue un espace de vie où transpire la culture locale. En marchant dans la ville, un nombre grandissant de visiteurs cherchent à capter l’essence de cette dernière. Outre la visite des principales attractions, le tourisme urbain consiste surtout à explorer un autre milieu de vie, une autre façon de vivre et de saisir une portion de cette énergie propre à chacune des villes.

* Le concept de shared spaces a été mis de l’avant par un groupe d’experts dirigé par Hans Monderman, leader de ce modèle d’aménagement.

Sources: – Champagne, Sarah. «Piétonnisation dans le Vieux-Montréal», La Presse, 12 mars 2008.
– Clément, Éric. «Projets de rues piétonnes dans cinq arrondissements», La Presse, 12 mars 2008.
– Millonig, Alexandra et Katja Schechtner. «City Tourism – Pedestrian Orientation Behaviour», Walk21-VII, «The Next Steps», The 7th International Conference on Walking and Liveable Communities», octobre 2006.
– Montgomery, Charles. «La ville du bonheur. Sous les pavés, la plage! De Paris à Bogotá, les villes sont repensées dans un seul but: assurer votre bien-être», enRoute, février 2008.
– White, Ted. Sans titre, [http://www.urbanitebaltimore.com], no 39, septembre 2007.

Sites Internet: Congress of New Urbanism
Hamilton-Baillie Associates
New Urbanism
NYC Streets Renaissance
Shared Spaces