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Petites villes : des initiatives inspirantes

Plusieurs de ces villes ont gagné des prix pour le dynamisme de leur programme de revitalisation. Elles mobilisent leurs troupes pour améliorer leur sort. Voici des exemples de municipalités inspirantes.

Célébrer la rue principale

Rock Springs, une ancienne ville minière du Wyoming, d’un peu plus de 23 000 habitants, fait partie de la liste des « 15 Best Small Towns to Visit in 2019 » du magazine Smithsonian. Bien qu’elle ne carbure plus au charbon, Rock Springs rend honneur à son passé grâce à des musées et à des sites témoignant de ce pan de son histoire. Mais le centre-ville bat au rythme des activités culturelles actuelles. Après avoir été vacant durant près de dix ans, le théâtre a été rénové et accueille une panoplie de spectacles et d’événements. Des commerçants de nombreuses communautés ethniques ont maintenant pignon sur rue dans le centre-ville, reflétant la grande diversité culturelle de la population de Rock Springs.

Des commerces d’expérience comme Sidewicks Wine & Book Bar, où librairie, bar à vins de la région de Jackson Hole et comptoir de charcuteries occupent un même lieu, proposent une offre intégrée. La gare de marchandises, un bâtiment abandonné pendant plus de trente ans, a été aménagée en centre communautaire déployant de nombreuses activités ainsi qu’en bureau d’accueil pour les visiteurs. Le centre-ville de Rock Springs rassemble maintenant une quinzaine de bars et de restaurants ainsi qu’une trentaine de boutiques indépendantes.

Depuis le début du projet de revitalisation, il y a dix ans, 150 emplois ont été créés dans le centre-ville grâce à l’implantation de 56 nouvelles entreprises. La revitalisation du centre de Rock Springs a permis à la ville de retrouver la croissance économique et démographique, ce qui lui a valu le Great American Main Street Award en 2018. Voici la vidéo illustrant ces transformations :

Vidéo : YouTube

 Mettre en valeur les entreprises identitaires

La petite ville de Le Mars, en Iowa, fait également partie de la liste convoitée du magazine Smithsonian. Les bâtiments bien entretenus qui datent des années 1850 donnent du coffre au centre-ville. Siège social de l’entreprise de crème glacée Wells, Le Mars sait tirer profit de son statut d’« Ice Cream Capital of the World » en organisant des événements (Ice Cream Days) sur cette thématique ou encore par la création de sculptures géantes en forme de cornets de crème glacée, réparties à travers la ville. À cela s’ajoute le centre des visiteurs de l’entreprise Wells, une véritable attraction touristique.

Une autre institution contribue à faire la fierté des résidents de cette municipalité de moins de 10 000 habitants. Il s’agit du restaurant Archie’s Weaside, un steak house dont la réputation n’est plus à faire. L’établissement familial offre un véritable voyage dans le temps, dans une ambiance qui plaît. La file de clients devant la porte en témoigne. Voici une vidéo, publiée à l’occasion de la remise d’un prestigieux prix de restauration, qui explique ce succès :

Vidéo : YouTube

Favoriser l’accessibilité

Le programme de revitalisation du centre-ville de Victoriaville a été lancé par la Ville en 2015. De nombreuses consultations, notamment auprès des jeunes du secondaire et du cégep, des familles, des personnes âgées et des commerçants, ont permis de comprendre les besoins de chacun. La population souhaitait retrouver un centre-ville qui donne le goût d’aller s’y promener à pied, d’y flâner.

Le plan d’investissement de huit millions de dollars a permis, entre autres, de réaménager deux artères importantes du centre-ville par la réfection des rues et des trottoirs, l’aménagement d’espaces réservés aux piétons, la mise en place d’un nouveau système d’éclairage, de mobilier urbain et de végétation. Pour favoriser les personnes à pied, trente espaces de stationnement ont été retirés de la rue. Cela laisse un corridor de 2,1 mètres aux marcheurs et aux personnes à mobilité réduite (fauteuil roulant, poussettes) — une clientèle considérée dans tous les aménagements de ce projet.

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Source : Ville de Victoriaville – Facebook

Ces travaux ont été suivis par la rénovation de façades des commerces du centre-ville. La Ville a mis sur pied un programme de subventions qui finance de tels travaux jusqu’au tiers du coût. De 2016 à 2018, 28 projets de ce type ont été réalisés. Ces améliorations portent fruit aujourd’hui, avec l’arrivée de nouveaux commerces et une qualité de vie rehaussée pour les résidents. Le projet de revitalisation s’est aussi distingué, notamment auprès de l’organisme Rues principales, qui a remis à la Ville le prix Aménagement et design en 2018.

Mobiliser pour stimuler et rayonner

Des villages éloignés des grands centres urbains se mobilisent pour dynamiser leur milieu, créer un sentiment de fierté et faire rayonner leurs atouts.

Caraquet

Le village portuaire de Caraquet, au Nouveau-Brunswick, a misé sur l’identité acadienne pour créer un sentiment d’appartenance et une fierté des résidents envers leur milieu de vie. Depuis une vingtaine d’années, le processus de revitalisation du centre-ville a permis de rénover plusieurs édifices patrimoniaux et d’aménager l’espace public pour accueillir de nombreux événements festifs, caractéristiques de la communauté acadienne. Pour en arriver là, la Ville a tenu des consultations publiques durant lesquelles une question dominait : qu’est-ce qui rendrait vos enfants fiers de leur village? Caraquet jouit aujourd’hui d’une belle vitalité, notamment par le rayonnement de la culture acadienne et la fierté qu’elle inspire.

La Contrée en montagnes de Bellechasse

Voulant freiner la dévitalisation, mieux se positionner et rassembler les forces vives, quatre municipalités de la MRC de Bellechasse (région de Chaudière-Appalaches) se sont regroupées pour créer la Contrée en montagnes de Bellechasse. Ensemble, leurs populations totalisent quelque 3 000 personnes. Le projet implique une mobilisation des résidents, des commerçants, des organisations publiques et privées et des élus afin d’intervenir maintenant pour valoriser les atouts et atténuer les faiblesses.

Tout en conservant chacune leur identité propre, les municipalités de la Contrée partagent une vision commune et se présentent leurs connaissances, leurs réussites et leurs expériences respectives pour un développement mutuel et transparent. De nombreuses rencontres ont permis de renforcer les liens et de créer des comités qui pilotent quelque 74 projets pour dynamiser la Contrée. L’un des premiers chantiers, concret et rassembleur, a été la mise sur pied d’une coopérative brassicole dont le nom évoque le regroupement : la Contrée de Bellechasse. Un sentier de longue randonnée reliant les quatre cœurs villageois sera aussi aménagé. Les nombreux autres projets sur la table et l’implication de la communauté stimulent les troupes et offrent un second souffle à ces villages.

Renforcer le tissu social

Investir dans le centre-ville nécessite des efforts financiers importants, mais aussi une mobilisation des différentes parties prenantes, y compris la population. L’appropriation de ce milieu amélioré par la communauté sera la pierre angulaire de la réussite de la revitalisation. En investissant adéquatement dans la brique et le mortier, les municipalités enrichissent le tissu social et accroissent le pouvoir attractif du milieu.

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Attirer les visiteurs à travers les cônes orange

Lors du 32e colloque de l’organisation Rues principales, Bianca de La Fontaine, conseillère en communication à la Ville de Magog, a présenté la démarche effectuée par la municipalité pour atténuer les effets du projet de revitalisation du centre-ville.

Des travaux historiques

Au printemps 2019, le chantier le plus important de l’histoire de la Ville de Magog a débuté. Avec un budget global de 22,4 M$, le projet de revitalisation de la rue Principale Ouest comprend, par exemple, la réfection complète des infrastructures souterraines et des aménagements de surface ainsi que l’enfouissement des réseaux électriques et de télécommunications.

Pendant un an, une centaine d’entreprises seront affectées. D’ailleurs, la rue Principale est fermée depuis avril et jusqu’en décembre 2019 afin d’y effectuer des travaux. Consciente que cela touche un lieu névralgique très attractif en touristes pendant la saison estivale, la municipalité a décidé d’agir. Elle a mis en place une série de mesures d’atténuation visant à minimiser l’impact des travaux pour les commerçants, les résidents ainsi que les utilisateurs du secteur. Un budget de 300 000 $ y a été consacré.

Les efforts de la Ville

Les commerçants sont accompagnés tout au long du processus. Des séances d’information visant à expliquer le projet et à s’enquérir des inquiétudes du milieu se sont déroulées avant le début des travaux. L’enjeu de conserver l’accès aux commerces est primordial.

Une agente de liaison, ayant son bureau au cœur du chantier, se trouve en tout temps sur place. Cela facilite la diffusion de l’information, permet une communication rapide et efficace entre les commerçants, les résidents, l’entrepreneur et la Ville, et offre le meilleur soutien possible pendant les travaux.

Mesures d’atténuation

Afin de dynamiser le centre-ville, plusieurs projets sont mis en place pour attirer et fidéliser les clientèles locales et touristiques et, aussi, pour embellir le chantier. En voici quelques-uns :

  • Navette et stationnement incitatif gratuits pour tous;
  • Espace collectif, invitant et convivial, en plein cœur du centre-ville, avec des aires de repos, un carré de sable, des bacs d’agriculture urbaine et de l’animation;
  • Campagne « Pleins feux sur les commerçants » : différents points d’intérêt ont été sélectionnés pour effectuer la promotion des services et des produits offerts au centre-ville et pour mettre en valeur les commerçants. Ainsi, ceux-ci bénéficient d’une visibilité à l’extérieur des zones de travaux. La campagne se trouve également sur les réseaux sociaux et dans les médias papiers;

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Source : Facebook

  • 5 à 7 cap d’acier et cône orange : en collaboration avec la Chambre de commerce Memphrémagog, la Ville a invité les citoyens et les visiteurs à rencontrer les responsables du projet. Ce fut une occasion de poser des questions et d’accéder aux coulisses du plus gros chantier de la municipalité;
  • Les samedis #OhMaGog : activités estivales gratuites touchant divers thèmes tels que la musique, l’histoire, l’agriculture, le cirque, le yoga, etc.;
  • «Faire danser un village » : la population a été mobilisée pour participer à la troisième édition de ce projet collectif qui souhaite montrer, au moyen de la danse, les liens et le sentiment d’appartenance qui unissent la communauté et l’esprit de famille qui y règne. En trois mois, il y a eu plus de 220 000 visionnements de la vidéo. La voici :

Source : Facebook

Tout le monde gagne à s’impliquer

Plusieurs commerçants ont dû redoubler d’efforts pour convaincre les clients de s’aventurer au cœur de la ville. Pour atténuer les effets négatifs des travaux, les organisateurs de la seconde édition du Grand Picnic Magogois ont décidé que l’événement aurait lieu directement dans le chantier de construction. La portion fraîchement asphaltée de la rue Principale a été ensevelie sous le sable pour accueillir une fête sous la thématique du beach party. Une grande pataugeoire, des jeux gonflables, de la musique et des kiosques de nourriture se trouvaient sur place.

Le projet était une initiative citoyenne, mais le promoteur du chantier et la Ville de Magog ont soutenu l’idée. Selon eux, il s’agissait d’une bonne occasion de souligner l’avancement des travaux, de faire rayonner le secteur et d’encourager les commerçants.

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Source : Réseau de veille en tourisme

À ce jour, la Ville dresse un bilan positif des mesures d’atténuation mises en place. Bien qu’il n’y ait pas encore de chiffres officiels pour quantifier l’impact réel des travaux sur l’achalandage dans les commerces, les autorités municipales affirment que l’originalité de la démarche témoigne du dynamisme collectif et a suscité la curiosité, en plus de garder en vie un secteur névralgique pendant la période estivale et touristique.

Il s’agit d’un bon exemple de ville qui relève ses manches et d’une communauté qui met en œuvre les efforts nécessaires pendant une période de travaux majeurs. Comme quoi il ne faut pas baisser les bras devant les cônes orange!

 

Source de l’image à la une : Unsplash

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Un séjour de volontariat pour promouvoir son village

Depuis peu, ce géant de l’hébergement collaboratif met sur pied des séjours de volontariat offrant des occasions de voyages uniques à quiconque veut s’y inscrire. À vocation sociale ou environnementale, ceux-ci réunissent des volontaires afin de répondre à un objectif précis. Ils peuvent s’échelonner sur une durée d’un à trois mois.

À la suite de l’exode des populations des régions vers les grandes villes, divers villages à travers le monde ont été délaissés. Dans le but de revigorer le village de Grottole, dans le sud de l’Italie, Airbnb et l’organisation Wonder Grottole ont choisi cinq candidats pour y vivre et pour travailler sur le développement d’une offre touristique distincte, comprenant l’apiculture.

Cette collaboration avec un organisme local a permis à Airbnb de bien comprendre les besoins de la population et de mieux y répondre. Les diverses compétences des volontaires ont pu également être mises à profit, afin d’optimiser les résultats. Par exemple, Remo, un professeur d’anglais, a donné quelques leçons aux villageois afin qu’ils puissent mieux communiquer avec les touristes.

Les participants ont été choisis parmi plus de 280 000 candidats. Cette initiative a donc pu répondre au second objectif, soit attirer l’attention des différents médias et du public sur ce village pittoresque, et ce, avant même qu’elle ne débute. Durant le séjour, les journaux ont également souligné l’offre touristique que Grottole a à offrir. Le maire de la Ville a même mentionné que s’il avait investi 100 000 euros en marketing, ce village n’aurait pas pu obtenir autant de visibilité qu’avec ce projet de volontariat.

Il s’agit d’une expérience unique pour les participants qui, le temps de leur séjour, ont vécu comme les résidents, ainsi que pour ces derniers qui sont désormais prêts à accueillir des touristes en quête d’authenticité.

Avez-vous déjà pensé à créer un programme de volontariat afin de redonner vie à votre village en impliquant des touristes?

Comment pourriez-vous faire participer les touristes à la promotion de votre ville?

 

Source de l’image à la une : Kai, Pexels

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Sauver la rue principale

De nombreuses villes, de toutes les tailles, souffrent d’une dévitalisation de leur centre-ville. La transition vers le commerce en ligne et, en banlieue, vers les magasins à grande surface y contribue certainement. Le dynamisme de ces lieux centraux est pourtant essentiel à la santé des collectivités, à la qualité de vie des résidents et à l’attractivité touristique. Comment faire pour inverser la vapeur?

 

Des centres-villes en péril

Certaines artères commerciales de grandes villes comme Montréal ou même New York et Londres connaissent des taux de vacance alarmants. Le commerce de détail vit une crise, notamment due aux changements de comportement des consommateurs. Le coût des loyers et des taxes pour les locaux centraux contribue aussi à cette désaffection. Ces espaces deviennent inabordables pour les entreprises indépendantes qui donnent du caractère à un lieu, cédant ainsi la place aux grandes chaînes plus en moyens, mais beaucoup moins distinctives de l’endroit. Aussi, ces locaux peuvent demeurer vacants très longtemps avant de trouver preneurs, ce qui dévitalise les lieux et appauvrit leur pouvoir d’attraction. Les édifices patrimoniaux ont aussi la vie dure. Les coûts des travaux nécessaires à leur restauration s’avèrent colossaux et, donc, ces bâtiments sont trop souvent laissés à l’abandon.

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Rue Sainte-Catherine Est, Montréal.

Source : Réseau de veille en tourisme

La multiplication des locaux vacants touche aussi les rues principales de nombreuses petites municipalités du Québec. Celles-ci peinent à retenir leurs commerçants, faute d’achalandage. L’exode des jeunes vers les grands centres et la désaffection du centre-ville par les résidents entraînent une dévitalisation. Pour attirer de nouvelles clientèles (des résidents et des visiteurs), il faut leur offrir un centre attrayant et animé, qui stimule les échanges et favorise l’esprit de communauté.

Densifier et favoriser la mixité

Des experts proposent des pistes de solution pour redynamiser les artères commerciales et créer à nouveau des lieux de rencontre pour renforcer les liens dans la communauté. Au Royaume-Uni, ce phénomène est pris très au sérieux par les autorités. Le ministre britannique du Développement économique se fait même appeler le « ministre des Rues principales ». Des urbanistes lui suggèrent de convertir certains locaux commerciaux laissés vacants en leur donnant d’autres fonctions, résidentielles ou institutionnelles. Ainsi, plutôt que de vouloir réintégrer un commerce dans un local vacant, pourquoi ne pas modifier le zonage et y installer une bibliothèque municipale décentrée ou encore y aménager des logements? Un centre-ville vivant est composé de gens qui y vivent, y travaillent, y mangent et s’y divertissent.

Les centres-villes sont probablement appelés à se resserrer et à se densifier pour un plus grand dynamisme. Les autorités municipales devront faire preuve de flexibilité et revoir leurs systèmes de taxation pour encourager ces transformations. On propose aussi d’imposer une taxe à ceux qui conservent des loyers vacants. Celle-ci pourrait être jumelée à une réglementation obligeant de tels propriétaires à entretenir les locaux et leur devanture, à conserver un éclairage en soirée et à maintenir les espaces propres et prêts à recevoir des occupants rapidement.

Offrir des commerces d’expérience

Des commerces de proximité, des entreprises de service, des restaurants, des bars et cafés et des lieux de divertissement sont habituellement nécessaires pour favoriser la fréquentation à pied d’une artère principale. Mais la transformation des habitudes de consommation impose une remise en question du type d’entreprises à accueillir. Les détaillants en ligne offrent des produits à bon prix. Les boutiques ayant pignon sur rue doivent offrir une expérience. Les modèles d’affaires sont appelés à évoluer. Ainsi, le libraire passionné qui conseille pourra aussi servir du bon café, offrir un espace de cotravail et vendre les croissants de la boulangerie du coin. Les commerces de détail de proximité qui offrent un contact personnalisé et des produits de qualité ont une plus grande chance de se tailler une place favorable et de stimuler l’achalandage de la rue.

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Source : Pexels

Mobiliser pour changer les mentalités

À l’occasion du colloque de l’organisme Rues principales, qui se déroulait à Québec en octobre dernier, de nombreux élus municipaux sont venus exprimer leur inquiétude sur le phénomène de dévitalisation des rues principales. Plusieurs conférenciers ont aussi parlé de la nécessité d’insuffler un changement de comportement dans le rapport de la population à la consommation et à son engagement dans son milieu de vie. Pour illustrer son propos et favoriser le dynamisme du secteur, le président exécutif de l’organisme, M. Christian Savard, a lancé l’idée d’une campagne d’achat de cadeaux de Noël sur la rue principale : « Mes cadeaux sur la rue principale ».

Des conseillers municipaux ont également présenté des projets de réaménagement ayant fait l’objet de consultations publiques. Aujourd’hui, la volonté des résidents concernant les artères commerciales s’articule autour des éléments suivants :

  • Plus de mixité dans les fonctions;
  • Des bâtiments historiques rénovés et mis en valeur;
  • Plus de cafés et de commerces indépendants qui représentent la diversité du milieu;
  • Des aménagements qui favorisent la fréquentation à pied et à vélo, et du mobilier urbain;
  • De la culture (arts de la scène, arts visuels, etc.);
  • Des lieux de rassemblement;
  • Une connectivité avec le milieu : relations entre les commerces, les services et les institutions.

Le changement de culture nécessite une volonté politique et collective.

Selon plusieurs conférenciers du colloque, l’un des plus grands enjeux se situe dans la résistance au changement. Le changement de culture, soit celui de prioriser les développements urbains qui renforcent la rue principale au lieu de l’étioler, de choisir d’encourager les commerçants locaux pour participer au dynamisme de la collectivité, nécessite une volonté politique et collective.

Une prochaine analyse présentera des exemples de petites villes qui se démarquent par leur dynamisme et le caractère attractif de leur centre-ville.

Source image à la Une : Pexels

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Touristes et population locale peuvent-ils faire bon ménage?

Plusieurs initiatives inspirantes ont été présentées à l’occasion de l’événement français Place Marketing Forum 2019, organisé par la Chaire Attractivité et Nouveau Marketing Territorial. Voici trois cas ayant fait l’objet d’une présélection en vue de la remise des Place Marketing Awards, qui récompensent les réalisations les plus remarquables en matière de marketing territorial.

 

 

Éduquer tout en formant des ambassadeurs : Culture Captcha

Le tourisme au Kenya constitue l’une des principales sources de revenus. Dans le but de mieux guider les visiteurs et d’accroître le tourisme intérieur, l’office de tourisme du Kenya a développé un test ludique destiné aux Kenyans, afin d’améliorer leurs connaissances des principaux attraits et monuments du pays. Le portail Culture Captcha fait référence aux tests d’identification que l’on trouve à la fin de certains formulaires en ligne et qui servent à distinguer un utilisateur humain d’un robot. Le format s’en inspire aussi. Il consiste en de courtes vidéos, de type GIF, illustrant des attraits touristiques du Kenya. L’utilisateur doit écrire le nom de l’attrait qu’il voit (ce nom apparaît dans la vidéo) pour passer au suivant. S’il le souhaite, il peut obtenir davantage d’informations à propos du site en question. La vidéo suivante présente plus en détail l’initiative Culture Captcha :

Source : Vimeo

Voilà qui devrait accroître chez la population la connaissance du territoire et favoriser un sentiment de fierté, tout en suscitant davantage d’interactions avec les voyageurs à la recherche de renseignements.

Créer des lieux hybrides : le Comptoir des Loisirs d’Évreux

À l’été 2018, l’Office de Tourisme et du Commerce d’Évreux, en Normandie, a été remplacé par le Comptoir des Loisirs, dont les locaux ont été relocalisés pour mieux servir, bien sûr, les voyageurs, mais d’abord et avant tout la population locale. En effet, le Comptoir des Loisirs répond à un besoin de la communauté, soit celui de redécouvrir sa ville, en lui faisant connaître l’offre au moyen d’une animation et d’activités jusque-là méconnues. Ce lieu se prête aussi bien aux touristes qu’aux locaux grâce à des services et des équipements utiles pour tous :

  • La présence de conseillers pour un contact personnalisé;
  • Des écrans d’affichage dynamique pour annoncer les événements en cours ou à venir;
  • Une carte géante de la Normandie, avec une application ludique pour la consulter;
  • Un coin de détente et de lecture, avec une bibliothèque;
  • Un lieu d’exposition, de coworking et de réunion;
  • Un espace de divertissement pour les enfants;
  • Une boutique de produits de la région;
  • Une station de recharge pour les appareils mobiles.

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Source : Mise en Sens – Agence de Retail Design et Merchandising

La fréquentation du Comptoir des Loisirs a plus que doublé par rapport à celle de l’Office de Tourisme et du Commerce. Alors qu’elle était de 17 000 visiteurs en 2017, le Comptoir a accueilli 41 000 personnes en 2018. Le nouvel emplacement du bureau, au centre de la ville, de même que l’approche ciblant une clientèle locale ont contribué à cette forte croissance. En valorisant l’offre d’activités auprès des résidents, l’agglomération améliore leur qualité de vie et favorise la création d’ambassadeurs.

Copenhague : engager les résidents dans l’expérience touristique

L’organisation de gestion de la destination (OGD) de Copenhague, Wonderful Copenhaguen (WoCo) a lancé, il y a quelques années, sa stratégie 2020, dans laquelle les résidents occupent une place centrale. Dans cette optique, l’OGD a réalisé une étude pour mieux connaître la perception des résidents par rapport aux visiteurs et vice versa. Cette consultation s’avère d’autant plus pertinente dans un contexte de développement durable et alors que certaines villes européennes semblent victimes de leur succès. Voici quelques-uns des résultats de cette étude :

  • Plus des deux tiers des résidents sondés ne sont pas d’avis que le tourisme à Copenhague leur pose problème;
  • Une forte majorité (81 %) estime que WoCo devrait poursuivre ses efforts promotionnels afin d’accueillir davantage de visiteurs;
  • Néanmoins, les résidents sont moins friands à l’idée qu’il y ait davantage de touristes dans leur quartier;
  • Quelque 87 % des visiteurs de Copenhague explorent le centre-ville. Cette proportion s’élève à 72 % parmi les résidents (pendant leurs temps libres), ils partagent donc le même territoire;
  • Les principaux problèmes évoqués par les résidents relèvent surtout du tourisme en général plutôt que des visiteurs individuels. Ils pointent du doigt, par exemple, le trafic généré au centre-ville par les autocars touristiques;
  • Les résidents apprécient davantage les visiteurs qui se mêlent à la population, qui découvrent les lieux de façon subtile, en petits groupes, plutôt qu’en masse.

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Source : 10xCopenhagen

Plusieurs autres aspects font l’objet des travaux de WoCo afin de développer un tourisme durable, en harmonie avec la volonté de la population locale et l’ADN de Copenhague. En procédant ainsi, l’OGD souhaite mieux cerner les perceptions des uns et des autres, orienter le développement touristique en conséquence et, ainsi, faciliter les échanges entre les résidents et les visiteurs. 

Voilà des initiatives inspirantes dans un contexte où l’intégration de la population locale à l’expérience touristique s’impose de plus en plus pour créer une offre authentique et, surtout, pour favoriser un développement touristique qui profite à tous.

Image à la une : Stock Snap

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Mobiliser son territoire autour des arts et de la culture

Lors du 32e colloque du réseau Les Arts et la Ville, Geneviève Aubry et Pascale Charlebois, consultantes pour Tourisme Abitibi-Témiscamingue – Culturat, ont présenté la mise en œuvre et l’évolution de la démarche Culturat, avec ses bons coups, ses erreurs et ses impacts sur son milieu.

Culturat en bref

Portée par l’organisation de gestion de destination, Culturat est, depuis 2012, « une démarche de mobilisation citoyenne qui vise à faire de l’Abitibi-Témiscamingue un territoire créatif et accueillant en misant sur la culture comme source d’action, de fierté et de rapprochement ». Devant l’enthousiasme de tous les milieux, la démarche a dépassé le cadre du tourisme culturel pour devenir un projet de société touchant de nombreux secteurs de la communauté.

La mobilisation de la population s’avère indispensable au succès de Culturat. Un argumentaire développé pour chacun des publics visés a permis de les motiver à se joindre au mouvement. Pour soutenir la démarche, de nombreux outils de communication furent adaptés selon les clientèles ciblées (citoyens, municipalités, écoles, communautés autochtones, artistes, milieu culturel et entreprises).

Plusieurs résultats positifs découlent de la démarche. Par exemple :

  • Les entreprises soutiennent davantage le milieu culturel;
  • On remarque une plus grande ouverture à la nation anicinabek et une meilleure connaissance de celle-ci. D’ailleurs, ses activités gagnent en popularité auprès des non-autochtones;
  • Les écoles ont réalisé plus de 250 projets. La présence des artistes est accrue et les enseignants deviennent des passeurs culturels.

À ce jour, 62 municipalités, 7 conseils de bande et 17 organismes de développement ont signé la charte de participation à Culturat. La vidéo suivante présente le bilan du projet.

Source : YouTube

Les facteurs de succès

Fortes de leur expérience, Mmes Aubry et Charlebois relèvent certains éléments essentiels pour qu’une démarche de mobilisation citoyenne comme Culturat soit un succès.

Des ressources humaines dévouées

Le succès d’un projet d’une telle envergure ne peut se réaliser sans le travail consciencieux d’une équipe passionnée. Celle-ci doit rapidement se trouver sur le terrain afin de prendre contact avec les divers publics et de sillonner le territoire pour diffuser et répéter le message du projet. À cela s’ajoute du personnel pour développer une solide stratégie de communication.

Des partenaires médias

Les médias contribuent à la mobilisation de l’ensemble de la région et à la diffusion du contenu. Dans le cas de Culturat, les partenariats ont permis d’obtenir des ententes de diffusion d’une valeur de 200 000 $ annuellement. Plus d’une centaine de capsules vidéo ont été diffusées, depuis 2014, à la télévision (TVA), à la radio et sur le Web. L’une d’entre elles souligne d’ailleurs l’engagement de partenaires télévisuels. La voici :

Source : YouTube

Des appuis politiques

L’appui des municipalités et des conseils de bande fut important pour la réussite de la démarche. Les villes et les villages de la région ont investi plusieurs centaines de milliers de dollars au cours des années pour des projets issus de Culturat. Une meilleure solidarité entre eux en a découlé.

Du réseautage

L’insertion de Culturat dans divers réseaux nationaux et internationaux s’avère très bénéfique. Le rayonnement et la crédibilité des projets s’en trouvent grandement augmentés. Que ce soit l’UNESCO, Cités et Gouvernements Locaux Unis ou Creative City Network, toutes ces organisations sont des sources d’apprentissages, de rencontres et de partenariats. Elles constituent également des leviers de reconnaissance et de motivation.

Que pouvons-nous tirer de cette expérience?

Les conférencières ont fait plusieurs constats et apprentissages pendant la démarche Culturat. De cette réflexion, elles proposent cinq éléments clés à retenir.

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Source : Réseau de veille en tourisme

  1. Affirmer le droit à l’erreur

Chaque cas est unique. La mobilisation et l’innovation n’ont pas de formule préétablie. Il s’avère essentiel d’expérimenter et, par le fait même, de prendre des risques afin de trouver la meilleure solution. Dans tous les cas, une organisation doit se donner le droit à l’erreur. En retour, il faut qu’elle soit humble et à l’écoute. C’est une excellente occasion d’apprendre et de s’améliorer.

  1. Adapter son discours

Être à l’écoute des personnes que l’on désire mobiliser et utiliser leur vocabulaire augmente les chances de les joindre et de les faire participer. Il faut éviter les discours génériques. Par exemple, le milieu des arts se sent interpellé par la culture si l’on parle d’émotions, alors que les entreprises le sont davantage si l’on aborde l’impact sur les employés.

  1. Valoriser l’action et l’engagement

La mobilisation devient très efficace lorsque l’engagement des personnes ainsi que les actions et les projets sont mis de l’avant. Stimuler la fierté et les bonnes idées en présentant les initiatives. À l’inverse, le manque de valorisation et de reconnaissance s’avère un frein important.

  1. S’inspirer du désir d’action des milieux

Il est primordial de collaborer avec les milieux où se réalisent les projets et de les écouter. En s’associant aux agents de changement ainsi qu’aux leaders, il est plus facile de transmettre le message. Rien ne sert d’imposer des idées. Il faut plutôt apporter le soutien pour les faire émerger et l’aide aux personnes qui ont une réelle volonté de travailler sur le projet.

  1. Adapter les stratégies et les appels à l’action

Pour convaincre vos publics cibles, déterminez — avant de communiquer avec eux — ce qu’ils auraient à gagner en participant au projet. Si certaines stratégies ne fonctionnent pas, il ne faut pas hésiter à les modifier. Une démarche qui perdure fait face à plusieurs changements politiques, culturels ou sociaux. Elle doit évoluer.

L’avenir de Culturat

Cette démarche constitue un bel exemple de mobilisation citoyenne et de promotion d’une région par les arts, la culture et son identité. Le projet recevra une reconnaissance internationale et rayonnera encore davantage, puisqu’il deviendra bientôt le 14e leader à la Commission culture de Cités et Gouvernements Locaux Unis. Il s’agit d’un programme, où des villes ou des territoires tels que Buenos Aires, Rome et Bilbao sont reconnus pour leur expérience dans le développement durable de la culture.

Installé sur des bases solides, Culturat se renouvelle. Dans les prochaines années, les nouveaux chantiers porteront davantage sur l’aménagement culturel du territoire, les démarches participatives, l’inclusion et la diversité, et l’environnement. À suivre!

  

Source de l’image à la une : Pixabay

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Enjeux des offices de tourisme urbains de la francophonie

La Chaire de tourisme Transat de l’ESG UQAM, en collaboration avec l’Association des hôtels du Grand Montréal et Tourisme Montréal, a organisé une nouvelle édition des Gueuletons touristiques, le 12 juillet dernier.

 

Sous la forme d’un panel, le titulaire de la Chaire, Paul Arseneault, a discuté des grands enjeux du tourisme urbain de la francophonie avec Maxime Tissot, Olivier Occelli et Patrick Bontinck, respectivement directeurs généraux des offices de tourisme de Marseille, de Bordeaux et de Bruxelles, ainsi qu’avec le président-directeur général de Tourisme Montréal, Yves Lalumière.

La régulation des flux

Plusieurs villes européennes doivent relever le défi de la gestion d’un nombre croissant de visiteurs. Dans ce contexte, les offices de tourisme s’emploient à préserver l’équilibre après des années de développement. Comme l’explique M. Occelli, après du marketing de destination, il s’agit de faire du management de destination. Les offices doivent prendre en compte à la fois le visiteur et la qualité de vie des habitants.

après du marketing de destination, il s’agit de faire du management de destination

L’une des solutions pour diminuer les effets de la concentration des visiteurs consiste à répartir les pôles touristiques dans la ville. De plus, il s’avère essentiel que l’ensemble des acteurs remette en question le développement de l’industrie du voyage. En effet, revenir aux besoins des voyageurs serait peut-être une piste de solution, selon M. Bontinck.

La stratégie de déplacement des flux dans divers secteurs de la ville amène à réfléchir sur son impact sur les quartiers et leurs habitants. À ce sujet, M. Lalumière estime qu’il faut impliquer les citoyens et leur expliquer le processus et les conséquences d’un tel développement. Ceux-ci sont, eux aussi, des clients. Être à leur écoute est primordial. D’ailleurs, les offices de tourisme devraient davantage prendre part à la conception de nouveaux quartiers pour s’assurer d’avoir un équilibre entre les dimensions culturelle, commerciale et résidentielle, d’après M. Bontinck.

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Source : Réseau de veille en tourisme

Les OGD : acteurs engagés dans leur milieu

Bien qu’il y ait des différences culturelles et organisationnelles entre eux, les offices de tourisme de la francophonie font face à de nombreux enjeux similaires; parmi eux, la demande des clients pour des initiatives durables. D’après M. Tissot, il faut innover davantage dans ce domaine. M. Occelli soutient que l’écoresponsabilité des destinations sera un avantage concurrentiel ces prochaines années, lors de la phase de planification du voyage. L’industrie touristique doit montrer l’exemple dans ce domaine.

l’écoresponsabilité des destinations sera un avantage concurrentiel ces prochaines années, lors de la phase de planification du voyage

Les offices n’ont plus le choix de s’interroger sur le type de visiteur qu’ils veulent attirer. D’après M. Lalumière, il faut s’intéresser aux touristes qui dépensent, mais qui s’intègrent bien à la population. En ce sens, M. Bontinck ajoute que l’essence du tourisme repose sur les échanges culturels entre les gens. Il n’est pas nécessaire de diminuer leur nombre, mais il faut miser davantage sur leur qualité, car ils apportent une valeur ajoutée à la vie des habitants.

Le tourisme s’associe désormais au milieu des affaires. M. Tissot explique que les offices participent à l’écosystème économique global. Il n’est plus rare de voir des représentants du milieu touristique se joindre à des missions commerciales.

La relation avec les élus

Les offices de tourisme deviennent des leaders en ce qui a trait à l’attractivité territoriale et aux relations entre les acteurs de leur milieu. Depuis quelques années, leurs voix résonnent davantage. Ils sont plus écoutés et sollicités. Ils participent au développement des villes, en concertation avec les instances politiques. D’ailleurs, comme le mentionne M. Tissot, ce changement implique que les équipes des offices deviennent plus polyvalentes pour répondre aux diverses demandes.

La mise en valeur de la francophonie

Les directeurs généraux des offices de tourisme ont établi un constat important : les relations entre les destinations francophones ne sont pas assez développées. M. Occelli souligne que dans un contexte où les offices cherchent à stimuler de meilleurs échanges culturels entre les visiteurs et les habitants, promouvoir le réseau de la francophonie s’avère un bon moyen d’y parvenir. Qui plus est, des touristes recherchent le caractère français des destinations et il ne faut pas avoir peur de le mettre en valeur, rappelle M. Tissot.

 

Des discussions entre les différents panélistes, il ressort qu’il devient primordial pour les destinations francophones d’échanger et de bâtir un réseau. Tout le monde gagne à apprendre des expériences des autres. Voyons-nous comme des partenaires, et non comme des concurrents.

Qu’en pensez-vous?

 

Source de l’image à la une : Pexels

 

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Une formule pour rendre les territoires touristiques innovants

Les 9 et 10 juillet derniers, 27 experts de la francophonie (France, Belgique, Suisse, île de La Réunion et Canada) se sont réunis à Montréal pour échanger à propos de l’accueil de l’innovation sur les territoires et destinations touristiques. Le lendemain, ils ont communiqué le fruit de leurs réflexions lors de la plénière des Francophonies de l’innovation en tourisme (#FIT19).

Cette 8e édition s’avère encore une fois riche en contenu. Les experts rassemblés ont fait un travail remarquable pour synthétiser leurs raisonnements en une formule. 

Préambule à la formule

Pour bien comprendre les composantes de cette formule, commençons par un bref retour en arrière. Lors de la 6e édition des Francophonies du e-tourisme 2017 (ancien nom de l’événement), les experts réunis se sont penchés sur la notion de l’innovation (voici le compte-rendu de la conférence). Ensemble, ils ont défini les conditions propices à l’innovation, soit le talent, le terreau et le potentiel.

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La 6e édition fut également l’occasion de déterminer les 10 facteurs favorables au développement de l’innovation.

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Lors de la plus récente édition, les experts ont souligné le fait que les territoires possèdent des réalités différentes face à l’innovation. Celles-ci, aussi appelées postures, se divisent en trois grandes catégories :

  1. Le territoire opportuniste: il innove grâce à une occasion idéale qui se présente;
  2. Le territoire connecteur-expérimentateur: il se dote d’une stratégie pour s’assurer d’accueillir des expérimentations et des innovations;
  3. Le territoire volontaire et provocateur: il développe une politique de l’innovation tous azimuts, dont le but est le développement économique.

Enfin, une quatrième catégorie s’ajoute à cette liste : le territoire onaniste qui se dit innovant, alors qu’il n’innove pas forcément.

Interprétation de la formule

RC < PO x PV x PP = MI

Pour faire émerger la mobilisation autour de l’innovation (MI), il faut s’assurer de vaincre les résistances au changement (RC), tout en concentrant ses efforts sur trois composantes qui, ensemble, génèrent un effet multiplicateur favorable à l’innovation :

  1. Repérer et comprendre les problématiques présentes sur un territoire afin de saisir les opportunités (PO) au moment opportun;
  2. Établir un diagnostic de la posture de son territoire et définir une vision (PV) de la destination, soutenue par un plan de développement;
  3. Entamer les premiers pas (PP) vers l’action.

formule innovation destination

Pour accéder à des exemples des divers éléments théoriques abordés, vous pouvez visionner la plénière des Francophonies de l’innovation en tourisme (#FIT19) grâce au Facebook Live réalisé par le MT Lab. 

Les postures des territoires 

  • Opportuniste : Foresta Lumina et Saint-Élie-de-Caxton – autour de 47 min
  • Connecteur-expérimentateur : Autour du Louvre Lens et Trois-Rivières – autour de 52 min
  • Volontaire et provocateur : Montréal, Aube et Valais – autour de 55 min

Illustration de divers éléments de la formule

  • PO : Île de La Réunion : un territoire lab – autour de 1 h 14 min
  • PV : Autour du Louvre Lens – autour de 1 h 35 min
  • PP : Open Tourisme Lab, accélérateur start-up en tourisme – autour de 1 h 47 min

Études de cas

  • Les forêts d’Ardenne – autour de 2 h 27 min
  • Le département de l’Aube – autour de 2 h 44 min
  • Le MT Lab – autour de 3 h 1 min

 

Source image à la une : Jordane Munger

Source des images se trouvant dans l’infographie :

  1. Gerd Altmann de Pixabay
  2. com de Pexels
  3. Cody King de Pexels
  4. Ashutosh Sonwani de Pexels
  5. Karen Arnold de Pixabay

 

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Destinations

Attirer les touristes grâce aux places publiques

Créer des espaces publics qui se démarquent

Les places publiques s’inscrivent dans l’ADN d’une ville et constituent souvent un repère culturel ou historique important. Pourquoi ne pas profiter de ses espaces pour faire rayonner la destination à l’international ? Une réflexion s’impose donc sur la façon d’aménager ces espaces afin de répondre aux besoins et aux attentes de deux clientèles distinctes : les résidents et les touristes. Alors que les professionnels de l’aménagement connaissent généralement bien les demandes de la population, il n’est pas aussi simple de définir les éléments qui assureront un succès touristique aux places publiques.

La Chaire de tourisme a effectué un étalonnage des meilleures pratiques afin de conjuguer les besoins variés des clientèles qui fréquentent ces espaces. Les facteurs de succès répertoriés sont de nature touristique et urbanistique.

Facteurs touristiques 

  • La proximité des principaux attraits touristiques, qui favorise la fréquentation de l’espace public.
  • Des services touristiques accessibles sur les lieux (bureau d’information, départs de tours de ville, achats de billets de transports, restauration, toilettes publiques).
  • Le dynamisme et l’animation de la place grâce à une programmation d’activités riche et diversifiée, en toute saison.
  • La fréquentation naturelle et l’appropriation par la population locale qui confirment l’authenticité des lieux.

Facteurs urbanistiques

  • La localisation géographique de choix au centre-ville.
  • La convergence d’artères principales autour de la place.
  • Une vocation de nœud de transport qui facilite la mobilité sous toutes ses formes.
  • La mixité des usages privés et publics sur le site et dans ses alentours (concession, kiosques, boutiques).
  • Un endroit propre et sécuritaire en tout temps.

Des places publiques qui font rayonner la destination

Pour illustrer comment ces facteurs de succès se traduisent concrètement, deux exemples sont présentés : le premier est une place publique circonscrite alors que le second est une artère piétonne. Ces cas se démarquent à l’international et remplissent leur mission d’accueillir autant la population locale que les touristes.

Melbourne

Inauguré en 2002, Federation Square (ou Fed Square) est aujourd’hui considéré comme l’âme de Melbourne. Cet espace public, qui tire commémore les 100 ans  de la Fédération de l’Australie, a été créé grâce à l’installation d’une dalle au-dessus de la station de train et de métro Flinders, au centre-ville de Melbourne.

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Auteur : Aussie Nickuss — Source : Wikimedia Commons

Fed Square occupe une surface d’environ 38 000 m2 et est entouré de bâtiments à l’architecture éclectique qui hébergent de nombreux restaurants, galeries d’art, musées ainsi que les studios de la télévision et de la radio nationales. On y trouve également une , un amphithéâtre de 450 sièges, du mobilier urbain, des toilettes publiques et un bureau touristique — bref de quoi en faire un lieu très polyvalent.

Auteur : Federation Square — Source : YouTube

Pouvant recevoir jusqu’à 15 000 personnes simultanément, l’endroit est devenu le lieu de rassemblement par excellence de la population et accueil de plus de 1800 événements tout au long de l’année. On y trouve notamment le festival light in winter, des activités hebdomadaires de bien-être (méditation, tai-chi, Zumba), des activités culturelles et la diffusion d’événements sportifs.

Dès les débuts du projet, l’organisation responsable de la gestion du site avait pour objectif d’en faire une destination iconique qui reflète la culture de Melbourne, tout en offrant une expérience mémorable aux touristes. On peut donc dire « mission accomplie », puisque Fed Square reçoit près de 10 millions de visiteurs par année, ce qui lui vaut le titre d’attrait le plus visité de la province de Victoria.

Minneapolis

Depuis 1968, un segment d’un kilomètre et demi de l’avenue Nicollet offre aux résidents, aux travailleurs et aux touristes une artère commerciale où les déplacements s’effectuent uniquement à pied ou en transport collectif. Situé entre l’avenue Washington Sud et la place Alice Rainville, Nicollet Mall est le carrefour de plusieurs lignes de bus et de tramway.

Revitalisée de 2015 à 2017, l’artère se positionne comme une destination de Minneapolis à ne pas manquer. Elle se décline maintenant en cinq secteurs, le plus important étant Nicollet Center, situé entre la 6e et la 8e Rue.

Malgré son aspect commercial, la configuration de l’artère combine habilement les usages privés et publics. D’une part, on y trouve des restaurants, des commerces, des bureaux et des résidences, et d’autre part, ses larges trottoirs, son mobilier urbain, ses terrasses, son circuit d’art public et son petit théâtre constituent des espaces publics propices aux rencontres et aux rassemblements.

Auteur : mpls downtown council — Source : YouTube

Le climat de Minneapolis se rapproche de celui du Québec. Malgré les aléas de la météo, l’organisme qui gère Nicollet Mall élabore une programmation diversifiée sur toute l’année. S’y déroulent des événements majeurs comme le Super Bowl Live, qui attire près d’un million de visiteurs en plein mois de février. Des activités de plus petite envergure sont également prévues comme un marché fermier et des prestations artistiques en été. Le système d’éclairage du site, comprenant une promenade illuminée et des lanternes, peut être adapté en fonction des événements qui s’y tiennent.

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Source : Nicollet Mall

Étant donné l’étendue du site, une signalétique guide les touristes, ce qui facilite le repérage et renforce l’identité de l’artère. Le bureau touristique de Meet Minneapolis a pignon sur rue afin de fournir des informations détaillées sur la ville. Des kiosques mobiles, animés par une escouade d’ambassadeurs, sont également déployés le long de l’artère pour fournir rapidement des renseignements. Cette équipe assure également la sécurité des lieux.

Mettre ses espaces publics en valeur

Les petites villes gagnent également à dynamiser leurs espaces publics. Non seulement cela crée un lieu de rassemblement pour la population en plus de favoriser les contacts avec les touristes à la recherche d’authenticité.

 

Source de l’image à la une : Auteur : Daniel Nettesheim — Source : Pexel.

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Destinations Marketing

Promouvoir le bonheur

Pour une deuxième année consécutive, la Finlande occupe le premier rang du World Happiness Report des Nations Unies. Après avoir partagé sa recette du bonheur en 2018, l’organisation de gestion de la destination (OGD) rebondit à nouveau sur cette thématique pour promouvoir son bienheureux ADN.

Louer un Finlandais

La campagne « Rent a Finn » met l’emphase sur le besoin intrinsèque de l’humain de se connecter avec la nature pour trouver un meilleur équilibre de vie. Pour inspirer le public, l’OGD présente huit Finlandais disposés à servir de guide du bonheur. Ceux-ci partagent ce qui les lient à la nature, de la Laponie à Helsinki. L’OGD articule l’ensemble de sa stratégie autour du bien-être, une tendance dominante ces dernières années.

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Source : Rentafinn.com

Le concept de « louer un Finlandais » est habilement ficelé. Les huit guides du bonheur démontrent avec candeur (et un peu d’humour) à quel point se trouver en nature les rend sereins. Après tout, pourquoi passer ses vacances à s’étourdir dans toutes sortes d’expériences quand on peut simplement se balader en forêt, sur le bord d’un lac ou dans de grands espaces, à cueillir des baies ou à se détendre dans un sauna?

Et si le bonheur consistait justement à ne rien faire d’extravagant?

« Au milieu de la bousculade de la vie moderne, c’est à tout ce qui est rare que nous donnons le plus de prix : notamment l’espace, la paix, la densité du temps. Avoir de la place pour respirer, le temps de rêver, faire une randonnée en été, une sortie de ski de fond en hiver, cueillir baies sauvages et champignons ou bien juste faire une balade tranquille en forêt, l’essentiel est là ». Voilà le message que diffuse Visit Finland sur son site Web. L’OGD présente une offre sobre, mais authentique, qui met en valeur une facette du mode de vie finlandais.

À l’automne 2018, Padasjoki, une municipalité finlandaise située au centre-sud du pays, a diffusé la vidéo promotionnelle « Experience nothing ». Le scénario joue sur le fait que comparativement aux villes de New York et de Paris, Padasjoki n’a rien à offrir … ou plutôt rien comme les autres.

Le caractère unique d’une destination est ce qui la rend si intéressante. Pour se différencier des autres, rien de mieux que de miser sur ses atouts, son essence et assumer pleinement son identité.

 

Source image à la une : Rentafinn.com